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Venezuela

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Message  Roseau le Dim 11 Nov - 18:22

Achille a écrit:Igancio Ramonet question Vénézuela connait nettement mieux la situation que le Mainate Rabacheur sur la touche du Nouveau Parti Autiste.

Toujours Rien sur le fond. Un article qui date d'il y a 5 ans
Achille sait déjà que je connais de près le Vénézuéla...
et j'atteste du sérieux des infos de l'article cité de Saint-Upéry.

PS Menacé de sanctions, Achille s'était calmé une semaine.
Mais il recommence avec attaques personnelles,
bienvenues pour compléter le niveau d'argumentation
d'un charge de com des politiciens du FdG...
https://forummarxiste.forum-actif.net/t2126p105-front-de-gauche#38979



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Message  Achille le Dim 11 Nov - 18:36

Roseau n'a pas un millionième des connaissances d'Ignacio Ramonet qui est un militant, journaliste engagé, spécialiste de l'Amérique centrale, latine et des caraïbes, reconnu pour la finesse et l'intelligence de ses analyses. Il a publié d'innombrables articles qui font référence sur le sujet et celui qui est cité conserve toute son actualité face aux attaques conjointe de l'impérialisme et du gauchisme petit bourgeois.
Roseau continue d’exaspérer les militants sincères (moi-même, MP, DeK, V., ED., C. ...etc.)venus échanger sur ce forum mais cela ce cessera jamais.

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Message  Roseau le Dim 11 Nov - 18:44

Achille a écrit:Roseau n'a pas un millionième des connaissances d'Ignacio Ramonet
Toujours affabulation, sans la moindre démonstration.
Je vais régulièrement au Vénézuéla quand l'article de Ramonet,
que je connais et j'estime par ailleurs comme anti-impérialiste,
date d'il y a 5 ans... lol!
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Message  Achille le Dim 11 Nov - 18:52

Roseau a écrit:l'article de Ramonet,
date d'il y a 5 ans...

On va attendre longtemps pour savoir sur quels éléments il est obsolète. Rolling Eyes



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Message  Roseau le Dim 11 Nov - 19:07

Achille a écrit:
Roseau a écrit:l'article de Ramonet,
date d'il y a 5 ans...

On va attendre longtemps pour savoir sur quels éléments il est obsolète. Rolling Eyes

Quelle méthode...
La seule réponse d'Achille aux informations de Marc Saint-Exupéry de novembre 2012,
un article de 2007...
Restons sérieux

Les lecteurs du FMR viennent chercher des infos et confronter analyses
pas la propagande du chargé de com de JLM.
Voici une série d'articles, sous des angles différents,
traçant l'évolution et les débats dans les années récentes:
http://orta.dynalias.org/inprecor/recherche-article-ayant-sujet?nom=venezuela
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Message  Achille le Dim 11 Nov - 19:18

On attend toujours la démonstration du chargé de com de la tendance Nouveau Parti Autiste pour montré en quoi l'article cité est obsolète.

En voila un autre toujours beaucoup plus récent signé entre autre par Ignacio Ramonet et qui argumente contre l'impérialisme et ses relais que le précédant :

Hugo Chavez est sans doute le chef d'Etat le plus diffamé du monde. À l'approche de l'élection présidentielle au Venezuela, le 7 octobre, ces diffamations redoublent d'ignominie. Tant à Caracas qu'en France. Elles témoignent du désespoir des adversaires de la révolution bolivarienne devant la perspective (que les sondages semblent confirmer) d'une nouvelle victoire électorale de Chavez. Un dirigeant politique doit être jugé sur ses actes, et non sur les rumeurs colportées contre lui. Les candidats font des promesses pour se faire élire ; rares sont ceux qui, une fois élus, les tiennent. Dès le début, la promesse électorale de Chavez a été claire : travailler au profit de ceux, majoritaires dans son pays, qui vivaient dans la pauvreté. Et il a tenu parole.

C'est le moment de rappeler ce qui est vraiment en jeu dans cette élection au moment où le peuple vénézuélien va voter. Le Venezuela est un pays très riche en raison des fabuleux trésors de son sous-sol, en particulier les hydrocarbures. Mais presque toutes ces richesses étaient accaparées par les élites dirigeantes et des entreprises multinationales. Jusqu'en 1999, le peuple n'en recevait que des miettes. Les gouvernements successifs, démocrates-chrétiens ou sociaux-démocrates, corrompus et soumis aux marchés, privatisaient à tout va. Plus de la moitié des Vénézuéliens vivait sous le seuil de pauvreté (70,8% en 1996). Chavez a placé la volonté politique au poste de commande. Il a mis les marchés au pas et stoppé l'offensive néolibérale puis, grâce à l'implication populaire, il a permis à l'Etat de se réapproprier les secteurs stratégiques de l'économie. Il a recouvré la souveraineté nationale. Et a ensuite procédé à une redistribution de la richesse au profit des services publics et des laissés pour compte.

UN ÎLOT DE RESISTANCE DE GAUCHE AU NEOLIBERALISME

Politiques sociales, investissements publics, nationalisations, réforme agraire, plein emploi, salaire minimum, impératifs écologiques, accès au logement, droit à la santé, à l'éducation, à la retraite... Chavez s'est également attaché à la construction d'un Etat moderne. Il a mis sur pied une ambitieuse politique d'aménagement du territoire: routes, chemins de fer, ports, barrages, gazoducs, oléoducs. En matière de politique étrangère, il a misé sur l'intégration latino-américaine et privilégié les axes Sud-Sud, tout en imposant aux Etats-Unis des relations fondées sur le respect mutuel... L'élan du Venezuela a entrainé une véritable vague de révolutions progressistes en Amérique latine, faisant désormais de ce continent un exemplaire îlot de résistance de gauche contre les ravages du néolibéralisme. Un tel ouragan de changements a complètement chamboulé les structures traditionnelles de pouvoir au Venezuela et entrainé la refondation d'une société jusqu'alors hiérarchique, verticale, élitaire. Cela ne pouvait lui valoir que la haine des classes dominantes, convaincues d'être les propriétaires légitimes du pays. Avec leurs amis protecteurs de Washington, ce sont elles qui financent les grandes campagnes de diffamation contre Chavez. Elles sont allé jusqu'à organiser - en alliance avec les grands médias qu'elles possèdent - un coup d'Etat le 11 avril 2002. Ces campagnes se poursuivent aujourd'hui et certains secteurs politiques et médiatiques européens les reprennent en chœur. La répétition étant - hélas - considérée comme une démonstration, des esprits simples en viennent à croire que Hugo Chavez incarnerait "un régime dictatorial où il n'y a pas de liberté d'expression".

Mais les faits sont têtus. A-t-on déjà vu un " régime dictatorial " élargir le périmètre de la démocratie au lieu de le restreindre ? Et donner le droit de vote à des millions de personnes dépourvues jusque là de carte d'électeur? Les élections au Venezuela n'avaient lieu que tous les quatre ans, Chavez en organise plus d'une par an (14 en 13 ans). Dans des conditions de légalité démocratique reconnues par l'ONU, l'Union européenne, l'Organisation des Etats américains, le Centre Carter, etc. Chavez démontre qu'on peut construire le socialisme dans la liberté et la démocratie. Il en fait même une condition du processus de transformation sociale. Il a prouvé son respect du verdict populaire en renonçant à une réforme constitutionnelle refusée par les électeurs lors d'un référendum en 2007. Ce n'est pas un hasard si la Foundation for Democratic Advancement (FDA), du Canada, dans une étude publiée en 2011, situe désormais le Venezuela en tête du classement des pays qui respectent la justice électorale . Le gouvernement d'Hugo Chavez consacre 43,2% du budget aux politiques sociales. Résultat: le taux de mortalité infantile a été divisé par deux. L'analphabétisme éradiqué. Le nombre de professeurs des écoles multiplié par cinq (de 65 000 à 350 000). Le pays détient le coefficient de Gini (qui mesure les inégalités) le plus performant d'Amérique latine. Dans son rapport de janvier 2012, la Commission économique pour l'Amérique latine et les Caraïbes (CEPALC, un organisme de l'ONU) établit que le Venezuela est le pays sud-américain - avec l'Equateur -, qui, entre 1996 et 2010, a le plus réduit le taux de pauvreté. Enfin l'institut américain de sondages Gallup classe le pays d'Hugo Chavez, 6e nation "la plus heureuse du monde".

Le plus scandaleux, dans l'actuelle campagne de diffamation, c'est de prétendre que la liberté d'expression serait bridée au Venezuela. La vérité c'est que le secteur privé, hostile à Chavez, y contrôle largement les médias. Chacun peut le vérifier. Sur 111 chaînes de télévision, 61 sont privées, 37 communautaires et 13 publiques. Avec cette particularité que la part d'audience des chaînes publiques n'est que de 5,4%, celle des privées dépassant les 61% ... Même chose pour la radio. Et 80% de la presse écrite sont contrôlés par l'opposition ; les deux quotidiens les plus influents - El Universal, El Nacional - étant hostiles au gouvernement. Tout est, certes, loin d'être parfait dans le Venezuela bolivarien. Où existe-t-il un régime parfait ? Mais rien ne justifie ces campagnes de mensonges et de haine. Le nouveau Venezuela est la pointe avancée de la vague démocratique qui a balayé les régimes oligarchique de neuf pays dès le lendemain de la chute du mur de Berlin quand d'aucuns annonçait "la fin de l'histoire" et "le choc des civilisations" comme seuls horizons pour l'humanité. Le Venezuela bolivarien est une source d'inspiration où nous puisons sans aveuglement ni naïveté. Mais avec la fierté d'être du bon côté de la barricade et de réserver nos coups à l'empire malfaisant des Etats Unis et de ses vitrines si chèrement protégées au Proche-Orient et partout où règnent l'argent et les privilèges. Pourquoi ses adversaires en veulent-ils tant à Chavez ? Sans doute parce que, tel Bolivar, il a su arracher son peuple à la résignation. Et lui donner l'appétit de l'impossible.

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Message  Roseau le Dim 11 Nov - 19:37

Voici un article très récent, en anglais, par Ian Bruce,
pour ceux qui ne connaissent pas, un camarade journaliste anglais
qui a passé plusieurs années de travail dans les médias Vénézuéliens.
J'attends sa traduction pour le mettre en ligne ici en français
En attendant, la conclusion:
Inside Venezuela, in addition to uncertainties over Chavez’ health, many left observers have noted growing disenchantment among the revolution’s supporters as conservative, bureaucratic or just plain opportunist and corrupt elements strengthen their grip within the Bolivarian government. Still the outcome is uncertain. Revolutionaries in the Marea Socialista current describe how the election was won. First there was a far larger and more combative popular mobilization than expected at the final Chavez rally, changing the tone of a lacklustre campaign. Then on the day, as Bolivarian officials began to panic at worrying early signs from voting stations, the final hours saw a massive surge in turnout from the poor barrios of Caracas and other cities. Marea likened it to the masses descending from the shanty towns to defeat the coup against Chavez in 2002.

Another potentially positive sign came at Chavez’ first cabinet meeting after the election, on 20 October. Chavez made a withering critique of the revolution’s problems that echoed arguments made by revolutionaries inside and outside Venezuela. Quoting Marxist texts, he argued that the basis of economic production has to change, if the revolution’s gains are not to be swallowed up in a sea of capitalism. That, he said, means radically democratising economic activity, because socialism is democracy. By the same token, the urgent task of building popular power through communes could not be entrusted to a ministry. It had to be done by communities themselves. And Venezuela’s public media had to be overhauled to support these priorities of radicalising democracy.

The trouble is, Chavez has said similar things before in the last six years. But it hasn’t happened yet.


PS. Risible. Le charge de com d'un parti qui soutient ouvertement l'impérialisme français
ose parler d'anti-impérialisme ...à des MR qui en plus ont consacré souvent
une grande partie de leur vie à combattre l'impérialisme.
Cet article de plus de Ramonet n'invalide aucune information
de l'interview du militant et spécialiste du Vénézuéla Marc Saint-Upéry.



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Message  Achille le Dim 11 Nov - 19:46

Le diagnostic de Marc Saint-Upéry est très constesté. Voici une contribution très argumenté sur le sujet :

Révolution ? Quelle révolution ? (réponse à Marc Saint-Upéry, auteur de "Le rêve de Bolívar. Le défi des gauches sud américaines")
Santiago ALBA RICO, Luis ALEGRE ZAHONERO
[diminuer taille] [normal] [agrandir taille]

La position de Saint-Upéry sur la gauche en Amérique Latine est quelque peu déconcertante (1). Au lieu de commencer par analyser la situation politique actuelle et les différents modèles de transformation en marche, il commence par diagnostiquer les motifs irrationnels qui ne peuvent que guider ceux qui sont en désaccord avec lui. Il commence en effet par expliquer le mobile émotif pour lequel quelques militants de la gauche européenne cherchent toujours leurs référents mythologiques dans des personnages latino-américains (comme le Ché ou Chàvez). Cette attitude infantile et mythomane (le "fétichisme" de la "mythologie militante") s’expliquerait à son tour par l’"exotisme familier" sous lequel ils perçoivent en général l’Amérique Latine et qui leur fait projeter tous leurs désirs, nostalgies ou fantasmes sur cette terre exotique (à laquelle les relie le substrat latin et catholique de la parenté linguistique).

Après ce diagnostic des causes pathologiques de l’admiration pour Evo Morales, pour Rafael Correa et pour Hugo Chàvez, vient, là oui, une thèse politique : au Venezuela, en Bolivie et en Équateur il n’y a aucune révolution en marche ; on n’y trouve aucun changement structurel véritable ; en réalité, on n’y trouve qu’une hyperinflation rhétorique capable d’alimenter cette mythomanie de la gauche européenne. De fait, St-Upéry soutient que "la Révolution bolivarienne se résume à une couche de peinture rouge sur le modèle de capitalisme rentier d’État" ; couche de peinture qui, d’ailleurs, est en train de "s’écailler". Par contre le Brésil de Lula ou l’Uruguay de Tabaré sont des endroits où ont eu lieu des changements significatifs mais auxquels on s’intéresse moins parce qu’ils n’entrent pas dans ce mécanisme de construction de mythes.

Face au diagnostic clinique initial, il ne nous reste qu’à pratiquer le soupçon envers nos propres convictions : car nous-mêmes avons récupéré une bonne part de l’illusion grâce à la "Révolution bolivarienne" ; nous mêmes plaçons dans ces processus de grands espoirs quant à l’émancipation de l’Amérique Latine. Mais pourquoi ? Serait-ce parce que nous souffrons de la pathologie décrite par Saint-Upéry ? Serions-nous les victimes d’une illusion causée par notre propre mythomanie infantile et gauchiste ? Face à ces doutes, la moindre des choses est de redoubler la vigilance.

Car après tout, une fois cette symptomatologie établie, tout anormal que soit le procédé de faire passer l’examen pathologique avant l’étude des faits, qui sait ? Peut-être qu’en effet au Venezuela aucun changement significatif ne s’est produit et qu’en Équateur non plus. Au-delà des excès rhétoriques, au-delà des harangues enflammées, peut-être ne s’est-il rien produit du tout (ou en tout cas, rien qui vaille la peine comparé au Brésil de Lula ou au Chili de Bachelet). Et il se pourrait, en effet, que notre appui ne soit que la conséquence des projections de nos fantasmes. Après tout, la gauche radicale n’a-t-elle pas tendu à projeter des illusions qui n’en finissaient pas de devenir réalité ?

Certes, on se sent conforté un tantinet dans sa position politique à voir la fureur avec laquelle, par exemple, le Département d’État nord-américain, les oligarchies locales ou les transnationales médiatiques, tellement plus pragmatiques et moins idéalistes que nous, attaquent avec acharnement cet axe de transformation.

Saint-Upéry lui-même a été capable de détecter le "délire" de certains au sujet de la soi-disant "dictature" de Chàvez et des tentatives de le renverser. Aussi, même si le diagnostic clinique de Saint-Upéry fonctionnait pour expliquer ce que la gauche défend dans la révolution bolivarienne, il resterait à répondre à la question : qu’est-ce que la droite y attaque ?

Si nous ne défendons en effet que nos fantasmes, qu’est-ce qui motive donc la fureur des autres ? Celle-ci ne serait-elle que le négatif de la mythologie guévariste ? Pourquoi dépenser tant d’énergie, tant de ressources pour détruire une simple coquille rhétorique ? Tiendraient-ils en si piètre estime leur propre bilan comptable ? En quoi Hugo Chàvez leur est-il insupportable ? Pourquoi de grands médias comme le Groupe Prisa ont-ils dilapidé leur prestige dans la défense du coup d’État d’avril 2002 ? Pourquoi les oligarchies locales se sont-elles lancées dans cette conspiration puis dans des grèves et des sabotages qui ont ruiné des centaines d’entrepreneurs ?

Comment expliquer qu’elles ont trouvé tant d’appui politique, financier et médiatique de la part de grands groupes économiques ? N’est-il pas un peu étrange que Saint-Upéry soit le seul à s’être rendu compte, à droite et à gauche, de ce qu’ici rien ne se passe en définitive, que tout n’est qu’"une couche de peinture rhétorique, qui va s’écaillant" ?

Malgré une vigilance redoublée vis-à-vis de nos propre mythes, nous ne pouvons écarter le soupçon de ce qu’au Venezuela, en Bolivie et en Équateur quelque chose doit se passer qui soit suffisamment réel pour enthousiasmer toute la gauche et indigner toute la droite. Peut-être que Saint-Upéry devrait prendre un peu plus de précautions. C’est à tout le moins audacieux d’échafauder une analyse politique sur ce seul postulat que la gauche radicale souffre de mythologie fétichiste infantile et que la droite est victime d’une paranoïa incontrôlable (tout aussi infantile), sans base réelle qui la supporte.

Car s’il est avéré qu’au Venezuela il se passe quelque chose qui enthousiasme la gauche et qui indigne la droite, ne nous faut-il pas, dès lors, nous interroger : que se passe-t-il ? Si quelqu’un, pour autant qu’il s’y efforce, (en supposant bien sûr qu’il le fasse honnêtement) n’arrive pas à discerner quoi que ce soit, peut-être devrait-il commencer à soupçonner à son tour qu’il souffre de quelque problème de vision. La modestie n’est certes pas la vertu la plus répandue parmi les intellectuels. Le postulat qui veut que tout le monde, à gauche comme à droite, ait perdu la raison, exprime peut-être un brin d’arrogance.

Soit. Qu’est-ce qui pourrait donc bien se produire au Venezuela, en Bolivie et en Équateur ?

Pour commencer, trois républiques se refondent du point de vue juridique, en établissant des Constitutions progressistes qui sont à la source de tout un courant novateur du constitutionnalisme latino-américain Fait que Saint-Upéry méprise complètement en n’y lisant qu’une pure "mystique refondatrice" : "cette idée qu’il faille refonder symboliquement la république ou la nation sur de nouvelles bases".

Bien sûr toute refondation d’un État comporte un élément symbolique fondamental. Couper la tête du Roi de France a une forte portée symbolique et n’en constitue pas moins un de ces événements qui changent pour toujours l’Histoire de l’Humanité. Au Venezuela c’est la IVème République qu’on a mise à mort. Il est vrai que transformer l’ordonnancement juridique et changer les règles du jeu ne signifie pas, pour autant, gagner la partie. Mais la réalité se construit aussi avec des symboles dont il faut savoir détecter les puissants effets.

La mort de la IVème République aurait pu n’être qu’un fait symbolique, puisque l’appareil d’État et le système complet de l’administration publique sont restés (et restent encore en grande partie) intacts. Mais l’explosion d’enthousiasme avec laquelle des millions d’exclus ont accédé à la condition citoyenne a supposé un de ces événements que l’Humanité ne peut oublier (et, comme le disait Kant de la Révolution française, dans ce sens au moins, implique un point de non-retour dans l’Histoire). Le processus constituant par lequel des millions d’oubliés et de marginalisés accédèrent à la condition citoyenne engendra une impressionnante explosion de dignité dont on s’étonne que les effets actuels, réels, ont échappé à Saint-Upéry.

Sans doute est-il difficile de concevoir pour l’intelligentsia de gauche européenne l’authentique révolution que suppose l’accès à la participation politique de millions de personnes qui stagnaient jusque là dans un statut infra-civil.

C’est un phénomène courant dans notre monde que de se situer "en marge de la politique" : la méfiance vis-à-vis de l’activité des partis, la farce de la vie parlementaire ou l’apathie qui marque les rendez-vous électoraux (sans parler de pures postures esthétiques) font que beaucoup de citoyen(ne)s se sentent "en marge" des affaires publiques. Cependant nous sommes ici face à un phénomène complètement différent. Pour des milliers de personnes en Europe, la vie politique manque de dignité suffisante pour mériter de s’y impliquer. Alors que dans la IVème République vénézuélienne, des milliers de personnes se sentaient d’une certaine façon indignes de participer aux affaires publiques.

Les élites qui se relayaient au pouvoir paraissaient avoir remporté une grande bataille idéologique : la politique était une affaire de diplômés, de docteurs, pas d’ignorants, de nègres, d’indigènes, d’analphabètes, d’êtres dépenaillés, d’édentés. L’oligarchie caraquègne ne voyait dans les collines couvertes de baraques pauvres ceinturant la ville qu’une menace dont il fallait se protéger. Quelque chose comme une immense nuée d’insectes, lourde d’une menace permanente ; une périlleuse fourmilière, une masse informe qui pouvait tout raser sur son passage. C’est ainsi que fut perçu le Caracazo de 1989. On fit appel à l’armée comme à l’insecticide.

Ce à quoi nul ne s’attendait était que cette menace puisse se doter d’une forme politique. Ceux qui s’y attendaient le moins étaient les exclus eux-mêmes. Victimes eux-mêmes des représentations idéologiques des élites, ils avaient fini par assumer comme naturelle leur condition infra-civile.

La première chose qu’apporta la révolution fut une authentique reconquête de la dignité citoyenne. Tout le monde se mit à faire partie d’un corps civil qui prend aujourd’hui part aux affaires publiques, confronte des positions idéologiques, discute de lois et participe de plein droit à la vie politique du pays. Le dernier des déguenillés du plus lointain des bidonvilles, en assumant la participation et le "protagonisme" que lui reconnaissait soudain la Constitution, adopta une position politique contraire, par exemple, à celle du magnat Gustavo Cisneros. Mais le fait d’adopter des positions politiques contraires présupposait déjà la conquête d’un certain plan d’égalité sur lequel se confrontaient les positions politiques. Cette construction de l’espace politique dont personne n’était exclus supposa en soi une authentique révolution. La formule de la "démocratie participative et protagonique", répétée à l’infini et avec fierté par les secteurs depuis si longtemps humiliés, ne fait que rappeler cet élément-clef de la révolution.

Ce ne fut pas facile. Non seulement il fut nécessaire de recenser des millions de personnes qui, jusque là, n’avaient aucune existence civile, y compris d’un point de vue strictement formel. Il fut aussi nécessaire de vaincre la réaction violente des oligarchies qui refusaient que cette masse de "déguenillés, d’édentés, d’ignorants" les traite en égaux. Leur intégration à l’activité politique, menée par Chàvez lui-même (ce métis d’origine populaire) fut ressentie comme l’invasion d’un domaine privé.

S’il y eut quelque chose d’insupportable pour les classes privilégiées ce fut précisément cette prétention arrogante de permettre que la masse informe des exclus s’intégrât à la vie politique nationale sur un pied d’égalité. Ce "Tiers-État" singulier qui surpeuple les collines fit voler en éclats les "privilèges" symboliques qui les excluait de la vie civile

Il ne faut pas être un prodige de sensibilité républicaine pour appeler cela une authentique Révolution. C’est ce que semble avoir compris l’oligarchie de Caracas avec plus d’acuité que Saint-Upéry. Le travail de sape et de destruction a été systématique sur tous les fronts. Le coup d’État d’avril 2002 fut l’événement le plus visible d’un guerre soutenue qui a connu depuis bien peu de trêves.

Pour comprendre la violence de la réaction des classes privilégiées il faut faire appel à un élément raciste et de classe pour lequel l’inclusion populaire et la participation politique des exclus restent intolérables. Car il est vrai, si l’on prend les termes relatifs de la distribution de la rente qu’il y aurait pu avoir des changements plus profonds ; qu’on aurait pu mener une réforme fiscale plus ambitieuse ; qu’on aurait pu avancer davantage dans la transformation des structures de production ; qu’en dix ans l’entreprise privée nationale a engrangé des bénéfices réellement fabuleux grâce à l’action du gouvernement et aux mesures prises en faveur de la souveraineté nationale. Une perspective de gauche naïve (celle qui ne prend en compte d’autres paramètres que les revenus en termes monétaires), empêche de comprendre la fureur de la réponse de l’opposition. Les affaires n’ont pas si mal marché pour elle. Et cependant il y a depuis le début quelque chose qui lui reste intolérable et qui provient de la structure raciste et, plus que de classe, de ce "statut", que la révolution a fait voler en éclats.

Ceux qu’on croyait n’être qu’une masse informe se sont articulés comme une force politique capable de stopper un coup d d’État ; de répondre à de constantes attaques ; de s’organiser dans leurs communautés et d’exercer le pouvoir (par exemple à travers des outils comme ceux que leur octroie la Loi des Conseils Communaux). Cette organisation populaire ne signe pas de chèques en blanc, pas même au dirigeant qui se trouve à la tête du processus. Ainsi, la proposition de réforme constitutionnelle de 2007 n’a pas convaincu. Elle fut, par conséquent, rejetée (bien que le président lui-même s’était investi à fond dans sa défense). La révolution voulait une citoyenneté active ? La voici. De la même manière la gestion exécrable de certains gouverneurs et maires du processus fut sanctionnée par les électeurs de novembre 2008. Avait-on cessé d’aimer le président ? Peu après, un référendum populaire approuva par 54,85 % son droit de se représenter au suffrage universel. Et lorsqu’on sait que l’Assemblée Nationale a pris un retard de dix ans dans l’approbation de certaines lois fondamentales (comme la Loi Organique du Travail et d’autres relatives à l’articulation du système de Sécurité Sociale) on ne serait pas étonné de voir certains députés "remerciés" lors des élections législatives de 2010.

Le peuple a fait irruption dans la vie politique et c’est ce qui a provoqué l’enthousiasme de la gauche (à l’exception peut-être de Saint-Upéry) et l’indignation de la droite. Le pouvoir est entre ses mains. Cela lui a coûté beaucoup d’efforts après être arrivé au gouvernement. Naomi Klein rappelle que, pendant les premières années du gouvernement de Nelson Mandela, on avait coutume de dire "Eh, nous avons l’État ! Où est le pouvoir ?". Au Venezuela il a été nécessaire de désactiver les forces putschistes et de construire l’organisation populaire capable d’entrer dans la bataille des réformes. Après dix ans de gouvernement on peut dire raisonnablement qu’on possède les ressorts du pouvoir. Et maintenant... tout reste à faire. Tout ? Tout, non, certes. Car pendant ce temps la pauvreté est passée de 20,3% à 9,5% et l’inégalité entre riches et pauvres a diminué de 13,7%. On a garanti une allocation minimale de retraite et on a universalisé l’accès à la santé. En vérité j’aimerais voir Saint-Upéry expliquer à une mère de quartier populaire, dont les enfants seraient morts auparavant (plus maintenant) d’une simple diarrhée faute de disposer d’un médecin à proximité, qu’en réalité ici rien n’a changé. Quelque chose de semblable s’est produit avec l’éducation. L’ignorance humilie la personne qui subit cette condamnation. Au Venezuela non seulement l’analphabétisme a été éradiqué (comme l’a établi l’UNESCO en 2005) mais en réalité, l’ensemble du Venezuela s’est peu à peu converti en une gigantesque école : en 2001 on comptait 6,9 millions étudiants inscrits ; en 2002 ce chiffre est passé à 9,5 millions. En 2004 il y avait 11,3 millions de personnes dans les classes ; chiffre qui a augmenté à 11,8 millions en 2005 et à 12,1 millions en 2006. En 2007, il y avait 12,7 millions d’étudiants et à l’heure actuelle nous nous trouvons dans un pays dans lequel plus de la moitié des 26 millions d’habitants étudie !

La vérité est que, personnellement, nous n’avons pas d’idées plus originales pour faire une révolution que de garantir l’accès universel aux conditions de subsistance et de santé ; d’ouvrir les espaces de participation politique généralisée (par le biais d’initiatives aussi réussies que les Conseils communaux) et de permettre l’accès massif aux écoles. Peut-être est-ce par manque d’imagination si rien d’autre ne nous passe par la tête. Mais ce qui est sûr c’est que le peuple vénézuélien prendra d’autres initiatives pour développer le projet socialiste. Et Saint-Upéry peut en être certain : toute proposition concrète qui permet d’avancer sera reçue avec chaleur et gratitude. Mais on ne serait pas vraiment surpris si les mesures concrètes qu’il propose ne suscitent au Venezuela qu’un accueil mitigé. Parce que, en définitive, sa proposition la plus concrète est précisément que nous fassions des propositions concrètes, ce qui est une proposition aussi abstraite que celle du socialisme du XXIème siècle qui l’amuse tant. Certes, il nous fait d’autres propositions : "l’émergence de nouvelles configurations de stimulants économiques et moraux et de nouvelles formes institutionnelles enracinées dans des pratiques organisationnelles et matérielles durables" ; "ce que la politique peut faire sous l’influence d’une lutte des masses est d’augmenter le degré de contrôle de la société sur elle-même et de nous éviter une régression sous un seuil civilisationnel qui constituerait un obstacle à toute transition postcapitaliste qui n’aille pas vers la barbarie" ; "générer et appuyer tout schéma de redistribution de la richesse à moyen et à long terme qui soit économiquement durable, institutionnellement bien construit et qui ne repose pas seulement sur les illusions miraculeuses du modèle rentiste-extractiviste" ; "continuer l’effort de combattre toute forme de racisme ou de discrimination et de décolonisation de l’imaginaire et des institutions pour surmonter 500 ans de subordination mentale et matérielle" ; "approfondir l’intégration continentale et stimuler un rôle international actif de l’Amérique du Sud en tant que bloc sur la base de propositions non symboliques mais pratiques, c’est-à-dire créatrices de coalitions efficaces et de consensus alternatifs, qui visent à réformer l’architecture institutionnelle et les normes des relations politiques et économiques internationales". Toutes les propositions expriment de pieux désirs aussi abstraits que de demander la justice, la bonté, la beauté, le courage, la force et le caractère. Si l’une de ces propositions nous semble un peu plus concrète (comme la dernière), c’est sans doute parce que Chàvez a déjà créé l’ALBA, la Banque du Sud, Petrocaribe, le SUCRE, etc. (bien que Saint-Upery oublie soigneusement de nous le rappeler).

Il n’est pas difficile de comprendre la différence qui sépare le fait de détecter un problème de celui de trouver la solution. Il suffit par exemple que notre machine à laver tombe en panne pour que nous comprenions qu’il ne suffit pas de déclarer sur un ton grandiloquent qu’il "serait recommandable d’adopter les mesures nécessaires pour faire en sorte qu’elle recommence à fonctionner". Recommandables, "les pratiques organisationnelles et matérielles durables" et l’idée d’"augmenter le degré de contrôle de la société sur elle-même" ? Faut-il impulser la "redistribution de la richesse" ? Est-il recommandable de "combattre toute forme de racisme et de discrimination" ? La longue liste de mesures concrètes adoptées durant ces dix années pour chacun de ces points permet raisonnablement de supposer que la conscience des problèmes existait bien avant l’illumination de Saint-Upéry. Il est vrai que certaines mesures ont donné de meilleurs résultats que d’autres. Mais si nous voulons vraiment pratiquer une "solidarité active avec des processus de transformation (sans les fétichiser) nous ne pouvons nous limiter à découvrir la Méditerranée en indiquant avec emphase les problèmes auxquels toutes et chacune de ces mesures ont tenté d’apporter une solution (avec plus ou moins de succès). Il est fondamental que la littérature se poursuive mais, s’il vous plaît, que quelqu’un appelle le technicien entretemps.

Luis Alegre Zahonero & Santiago Alba Rico

(1) Voir par exemple l’entrevue accordée à Article XI le 22 octobre sous le titre "Pratiquer une solidarité active avec certains processus de transformation sans les fétichiser" : http://www.article11.info/spip/spip.php?article583

Original publié par Rebelión, le 23-11-2009 :
http://www.rebelion.org/noticia.php?id=95705

Les auteurs :

Luis Alegre Zahonero, philosophe espagnol, est notamment l’auteur avec Carlos Fernández Liria de "Comprendre le Vénézuela, Penser la démocratie". Ed. HIRU 2006, 160 p.. Titulaire d’un Diplôme d’Ètudes Avancées pour "le Capital de Marx". Appartient depuis 1992 a diverses organisations politiques de gauche. Chercheur à Paris-X, au King’s College de Londres et actuellement à l’Université Complutense de Madrid où il enseigne les matières de "Ontologie et Anthropologie".

Santiago Alba Rico a étudié la philosophie à l’Universidad Complutense de Madrid. Essayiste ("Dejar de pensar", "Volver a pensar", "Las reglas del caos", "La ciudad intangible", "El islam jacobino", "Capitalismo y nihilismo"), il parcourt le monde arabe depuis 1988. Traducteur du poète égyptien Naguib Surur et du romancier irakien Mohammed Jydair. Au Venezuela a publié avec Pascual Serrano "Medios violentos (palabras e imágenes para la guerra)".

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Message  yannalan le Dim 11 Nov - 20:43

L'argument de la haine de l'impérialisme est plutôt faible, pour ne pas dire ridicule. A cette aune, le régime des mollahs doit être sacrément révolutionnaire. Et c'est vrai qu'il a ouvert l’université à de nombreux iraniens et iraniennes et que de puissantes milices populaires défendent le régime activement.
Comme le Vénézuela, nous devons les défendre contre' une attaque impérialiste, parce que simplement, c'est aux travailleurs de ces pays de changer les choses.
Mais nous ne sommes pas obligés de nous raconter des histoires parce qu'ici nous ne faisons pas grand-chose. Le régime Chavez a du pognon à distribuer vu la hausse puissante des prix du pétrole.... Ce qu'on a du mal à voir, c'est l'intervention des travailleurs face à une néo- bureaucratie bolivarienne.
L'extrême-gauche e France a toujours aimé chercher des substituts romantiques ailleurs. Ma MCR était spécialiste d'ailleurs.

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Message  Roseau le Dim 11 Nov - 20:53

C'est déjà mieux que de sortir un article d'il y a trois cinq ans pour nier
ce qui se passe sous nous yeux. Razz

Mais ce deuxième article vaseux ne répond pas non plus sur les faits.
Il reconnait tout de même une évidence,
qui explique l'opposition de gauche croissante dans le parti de Chavez
et à l'extérieur:
"en dix ans l’entreprise privée nationale a engrangé des bénéfices réellement fabuleux grâce à l’action du gouvernement"
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Message  Achille le Dim 11 Nov - 22:10

Chacun retient ce qui veut, mais le peuple lui, se rappellera de ceci
Le peuple a fait irruption dans la vie politique et c’est ce qui a provoqué l’enthousiasme de la gauche (à l’exception peut-être de Saint-Upéry) et l’indignation de la droite. Le pouvoir est entre ses mains. Cela lui a coûté beaucoup d’efforts après être arrivé au gouvernement. Naomi Klein rappelle que, pendant les premières années du gouvernement de Nelson Mandela, on avait coutume de dire "Eh, nous avons l’État ! Où est le pouvoir ?". Au Venezuela il a été nécessaire de désactiver les forces putschistes et de construire l’organisation populaire capable d’entrer dans la bataille des réformes. Après dix ans de gouvernement on peut dire raisonnablement qu’on possède les ressorts du pouvoir. Et maintenant... tout reste à faire. Tout ? Tout, non, certes. Car pendant ce temps la pauvreté est passée de 20,3% à 9,5% et l’inégalité entre riches et pauvres a diminué de 13,7%. On a garanti une allocation minimale de retraite et on a universalisé l’accès à la santé. En vérité j’aimerais voir Saint-Upéry expliquer à une mère de quartier populaire, dont les enfants seraient morts auparavant (plus maintenant) d’une simple diarrhée faute de disposer d’un médecin à proximité, qu’en réalité ici rien n’a changé. Quelque chose de semblable s’est produit avec l’éducation. L’ignorance humilie la personne qui subit cette condamnation. Au Venezuela non seulement l’analphabétisme a été éradiqué (comme l’a établi l’UNESCO en 2005) mais en réalité, l’ensemble du Venezuela s’est peu à peu converti en une gigantesque école : en 2001 on comptait 6,9 millions étudiants inscrits ; en 2002 ce chiffre est passé à 9,5 millions. En 2004 il y avait 11,3 millions de personnes dans les classes ; chiffre qui a augmenté à 11,8 millions en 2005 et à 12,1 millions en 2006. En 2007, il y avait 12,7 millions d’étudiants et à l’heure actuelle nous nous trouvons dans un pays dans lequel plus de la moitié des 26 millions d’habitants étudie !

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Message  Copas le Lun 12 Nov - 1:33

Achille a écrit:Chacun retient ce qui veut, mais le peuple lui, se rappellera de ceci
Le peuple a fait irruption dans la vie politique et c’est ce qui a provoqué l’enthousiasme de la gauche (à l’exception peut-être de Saint-Upéry) et l’indignation de la droite. Le pouvoir est entre ses mains. Cela lui a coûté beaucoup d’efforts après être arrivé au gouvernement. Naomi Klein rappelle que, pendant les premières années du gouvernement de Nelson Mandela, on avait coutume de dire "Eh, nous avons l’État ! Où est le pouvoir ?". Au Venezuela il a été nécessaire de désactiver les forces putschistes et de construire l’organisation populaire capable d’entrer dans la bataille des réformes. Après dix ans de gouvernement on peut dire raisonnablement qu’on possède les ressorts du pouvoir. Et maintenant... tout reste à faire. Tout ? Tout, non, certes. Car pendant ce temps la pauvreté est passée de 20,3% à 9,5% et l’inégalité entre riches et pauvres a diminué de 13,7%. On a garanti une allocation minimale de retraite et on a universalisé l’accès à la santé. En vérité j’aimerais voir Saint-Upéry expliquer à une mère de quartier populaire, dont les enfants seraient morts auparavant (plus maintenant) d’une simple diarrhée faute de disposer d’un médecin à proximité, qu’en réalité ici rien n’a changé. Quelque chose de semblable s’est produit avec l’éducation. L’ignorance humilie la personne qui subit cette condamnation. Au Venezuela non seulement l’analphabétisme a été éradiqué (comme l’a établi l’UNESCO en 2005) mais en réalité, l’ensemble du Venezuela s’est peu à peu converti en une gigantesque école : en 2001 on comptait 6,9 millions étudiants inscrits ; en 2002 ce chiffre est passé à 9,5 millions. En 2004 il y avait 11,3 millions de personnes dans les classes ; chiffre qui a augmenté à 11,8 millions en 2005 et à 12,1 millions en 2006. En 2007, il y avait 12,7 millions d’étudiants et à l’heure actuelle nous nous trouvons dans un pays dans lequel plus de la moitié des 26 millions d’habitants étudie !

Oui il y a eut des conquêtes sociales par l'activité et le poids du prolétariat vénézuélien, indéniablement. C'est la poussée dans toute l'Amérique latine qui pèse plus ou moins là.
Il y a des endroits, comme au Venezuela où cette poussée sociale a pris un tour plus conscient qu'ailleurs.
Sur la scolarisation, la santé, etc, sauf à prendre De Gaulle (et d'autres politiciens comparables) pour de grands révolutionnaires il faut faire attention et ne pas se prendre les pieds dans le tapis. Et penser que c'est la queue du chien qui le dirige.

Par contre il est exact qu'existe en Europe, et en France particulierement, une série de personnes qui mythifient les processus en cours et se masturbent copieusement. Car si le gouvernement Chavez est un gouvernement progressiste ayant accompli un certain nombre de réformes sociales, la société dans sa profondeur n'a pas changé, les travailleurs ne dirigent pas et sont des fois réprimés durement par les flics de Chavez. Ce qui n'enlève rien aux conquêtes sociales.

Les courbes d’inscription à des études secondaires et tertiaires dans toute l'Amérique Latine connaissent une croissance vertigineuse, ce phénomène d'ailleurs s'est vu dans le monde entier (et dans les pays dits "arabes" ou "musulmans"), une croissance suivant d'ailleurs de près l'urbanisation des sociétés et pas conséquent le développement d'énormes prolétariats urbains, de plus en plus éduqués, communicants, etc.

Du point de vue des inégalités , en utilisant le coefficient de Gini , le Vénézuela est 85eme (France 31eme , USA 72eme,...), bine loin du Bangladesh et de l'Inde. Tout cela est donc très relatif sauf à penser que la France est hyper-communiste, et que le Danmark et le Japon soient légèrement à gauche de Polpot.

C'est d'ailleurs un problème de toute l'Amérique latine (sauf Cuba), ce sont des sociétés parmi les plus inégalitaires du monde qui sont en fond de classement avec une série de pays d'Afrique noire, alors que ce sont déjà des sociétés développées. Le Vénezuela n’échappe pas beaucoup à cela. http://www.nationmaster.com/graph/eco_inc_equ_un_gin_ind-income-equality-un-gini-index .

Selon l'IDH (indice de développement humain) le Venezuela est vers la 75eme place. Donc des progrès mais bien des états devant et pas seulement des métropoles impérialistes.
Malgré la relativisation sur les stats qu'il est nécessaire d'avoir, non, le Venezuela, avec de beaux progrès, demeure toujours une société avec de terribles inégalités, pires que dans d'autres régions du monde, mais conformes au sous-continent.

la réalité est dure avec les fantasmes mais elle aide à progresser.


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Message  Babel le Mar 13 Nov - 8:11

Achille a écrit:Le diagnostic de Marc Saint-Upéry est très constesté. Voici une contribution très argumenté sur le sujet :

Révolution ? Quelle révolution ? (réponse à Marc Saint-Upéry, auteur de "Le rêve de Bolívar. Le défi des gauches sud américaines")
(...) Luis Alegre Zahonero & Santiago Alba Rico
Sur les quelques 26 ou 27 § de ce texte, seuls les 4 derniers comportent des éléments factuels susceptibles de fonder une évaluation du processus en cours.
Le reste, c'est quand même pas mal de verbiage destiné à épater la galerie, en se la jouant polémiste distingué. Alors, avant de critiquer l'inflation rhétorique des autres, les signataires auraient dû songer à balayer devant leur porte.

Je ne connais pas grand chose du Venezuala, donc je cherche à m'informer, en lisant et en confrontant les avis autorisés. Ce que décrivent les auteurs de ce texte ressemble fortement à une révolution inachevée, où la dynamique des conquêtes démocratiques se serait arrêtée (sinon, figée) sur le seuil de l'expropriation des moyens de production et de son corollaire politique, la destruction de l'ancien appareil de domination de classe et sa substitution par des structures collectives de démocratie directe prenant en mains la totalité de la vie sociale. Un phénomène un peu similaire à celui de l'Algérie d'après la Révolution, au moment l'instauration de l'Etat national, avec confiscation du pouvoir par une caste bureaucratico-militaire... pour aller (très) vite.

A ce titre, les éléments d'appréciation fournis par Copas me paraissent plutôt pertinents. Il en faudrait d'autres, pour avoir une idée plus juste de ce qui s'y passe effectivement.

Ce qui me gêne franchement dans cette histoire, c'est le désir qu'ont certains ténors hexagonaux en mal de "modèles" de faire du Venezuela l'exemple à suivre. C'est-à-dire, en clair, l'illustration en images exotiques de leur misérable tentative de replâtrer les institutions vermoules de l'Etat fort gaullien. Aux prétentions de ceux-là, il m'a semblé que l'interview de Saint-Upéry apportait une salutaire mise au point, en forme de démenti. Il est absurde de vouloir plaquer le Venezuela sur la France. Et il est mensonger de prétendre s'en inspirer, du simple fait des différences existant entre les réalités socio-politiques de ces deux pays.

Autrement, quant à l'attitude politique à adopter, je partage entièrement la position arrêtée par Yannalan : contre les tentatives "restaurationnistes" et les agressions impérialistes de toute nature, on soutient. Mais on conserve son indépendance politique, et on garde les yeux ouverts.

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Message  Copas le Mar 13 Nov - 9:26

Les sociétés comme le Venezuela ne sont pas fondamentalement distinctes des nôtres par certains aspects.

L'urbanisation par exemple duVenezuela et du Brésil, comparée à celle de la France permet d'éviter les discours gatouillants européens sur les paysans d'Amérique latine, le chiapas et le nord-este vus comme des éléments majeurs du sous-continent.

La réalité des chiffres nous raconte ce que nos yeux peuvent y voir, que ces sociétés ne sont pas des sociétés rurales, moins que la France, et l'Europe en général, mais des sociétés profondément urbaines et à très fort prolétariat. Avec de minuscules minorités bourgeoises hyper-friquées, corrompues et à la mentalité latifundiaire toujours présente, jamais lâchée.

Encore une fois le phénomène urbanisation, prolétarisation urbaine, niveau d'instruction, outils numériques, c'est un phénomène qui touche la planète en profondeur et ce que nous dit les chiffres sur l'urbanisation conduit à écouter les conséquences en termes de classes sociales en présence.

Par contre, ce qu'il y a de spécifique en Amérique latine c'est que les inégalités sociales sont d'une violence bien plus grandes qu'ailleurs. Et au Venezuela, comme dans le reste de l'Amérique du sud, elles sont toujours plus puissantes que dans la plupart des autres pays du monde. Il y a de cela un certain nombre de raisons, les désastres de la présence hyper agressive de l'impérialisme américain pendant un siècle, fomentant des dictatures sanglantes dont les conséquences sociales furent énormes, les ressorts de la constitution d'une bourgeoisie endémique et comment elle prospéra de plus en plus.

Si loin de dieu, et si près des USA.... furent les terribles réalités de l'Amérique latine, avec les énormes conséquences sociales encore agissantes aujourd'hui.

La question du chavisme là dessus montre une grande difficulté à changer cet état de choses. Et la question de l'appareil d'état et de l'expropriation, pas vraiment traitées (car nécessitant des affrontements décisifs) font que le Venezuela demeure toujours un pays extrêmement inégalitaire, plus inégalitaire que beaucoup d'autres états du monde, un pays où la bourgeoisie, malgré ses hurlements et l'oncle Sam, domine et mène la barque.

Les progrès établis sont limités. Ils sont à défendre mais butent sur ces questions. Le gouvernement Chavez existe depuis 1999 et on voit que les progrès sont extrêmement difficiles et les choix effectués obligent le gouvernement à réprimer le mouvement social par moment sans réellement lui permettre d'intervenir sur la scène politique comme alternative au pouvoir de la bourgeoisie.

Au delà des aspects colorés et épicés les réalités sociales doivent être pris en compte.
Ce qui n’empêche pas de participer aux batailles contre les manœuvres de l'impérialisme pour discréditer le gouvernement de Chavez, sans être les résistants de la 25eme heure comme certains qui sont d'autant plus dithyrambiques qu'ils étaient godiches il y a quelques années.

Hasta la victoria siempre.
Le choix guevariste était bien plus radical socialement.


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Message  Babel le Mer 14 Nov - 10:32

Le même Saint-Upéry a réalisé un dossier sur la question des rapports entre le Front de Gauche et le chavisme, pour le Journal du MAUSS, intitulé : Mélenchon, Chavez et le Venezuela. Une idylle mal venue.

J'en retiens deux éléments :
1. Saint Upéry est partisan du FdG, il l'écrit en ouverture du dossier, donc la ritournelle accusatrice de l'ultra-gauchiste-sectaire-isolationniste-et-diviseur-etc. tombe à plat.

2. L'intérêt de ce dossier réside moins dans les commentaires de l'auteur que dans les sources qu'il cite et les articles qu'il reproduit en annexe :
- un extrait d’un entretien (paru dans El Universal, le 09-10-2011) avec Marino Alvarado, coordinateur de l’organisation de défense des droits de l’homme vénézuélienne PROVEA, suivi d'un article du même, datant de septembre 2012 ;

- une interview de Enzo del Bufalo (économiste et philosophe), publiée le 30 septembre 2005 dans l'hebdomadaire de gauche uruguayen Brecha, titrée : « Chávez n’a pas de politique économique. »;

- un extrait de Los gobiernos progresistas en debate. Argentina, Brasil, Chile, Venezuela y Uruguay. Segunda Parte : Impactos y tendencias de los cambios, de Margarita López Maya, Enzo Del Búfalo, Atilio Boron et al. : http://bibliotecavirtual.clacso.org.ar/ar/libros/edicion/elias/SegundaParte.pdf ;

- "VENEZUELA : LA BOLIBOURGEOISIE", reportage paru dans le quotidien argentin La Nación le 30 septembre : http://www.lanacion.com.ar/1512547-boliburgueses-los-que-ganaron-con-la-revolucion

Voilà. J'ai dû en omettre un ou deux. A lire.

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Venezuela - Page 2 Empty Après le triomphe électoral du président Chávez

Message  Roseau le Mar 11 Déc - 17:00

par Franck Gaudichaud
http://orta.dynalias.org/inprecor/article-inprecor?id=1380

Lire également dans Inprecor
« Construire un nouveau gouvernement qui serait l’expression réelle du mouvement populaire ! »
Entretien avec la Coordination nationale de Marea Socialista
http://orta.dynalias.org/inprecor/article-inprecor?id=1381

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Venezuela - Page 2 Empty Re: Venezuela

Message  Roseau le Mer 19 Déc - 15:49

Forte abstention et victoire chaviste aux élections régionales du 16 décembre 2012
http://orta.dynalias.org/inprecor/article-inprecor?id=1387
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Venezuela - Page 2 Empty Possible policy scenarios

Message  Roseau le Lun 7 Jan - 20:20

http://www.internationalviewpoint.org/spip.php?article2853
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Venezuela - Page 2 Empty Reportage sur mobilisation du 10 janvier

Message  Roseau le Sam 12 Jan - 20:33

http://venezuelainfos.wordpress.com/2013/01/11/le-jour-ou-miss-mundo-leva-le-poing/
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Message  Roseau le Mer 13 Fév - 14:05

The Political Economy of Social Production Companies in Venezuela
(encore seulement Abstract, mais j'essaierai d'avoir le texte)
http://lap.sagepub.com/content/early/2013/02/10/0094582X13476007.abstract?&location1=abstract&location2=all&row_operator2=and&term1a=economy&term1b=socialism&term_operator1=and&term_operator2=and&ct
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Venezuela - Page 2 Empty Lumières et ombres du processus bolivarien

Message  Roseau le Mer 27 Fév - 14:11

par F. Gaudichaud
Revue TEAN
http://www.npa2009.org/content/lumi%C3%A8res-et-ombres-du-processus-bolivarien
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Venezuela - Page 2 Empty Mort d'hugo Chavez

Message  gérard menvussa le Mer 6 Mar - 10:42

Article du parisien Libéré :


Mort de Chavez : élections dans trente jours, funérailles vendredi

Il laisse son pays sous le choc et dans l'incertitude avant de nouvelles élections prévues dans les 30 jours.

Les autorités ont décrété sept jours de deuil et des funérailles nationales sont prévues vendredi pour Hugo Chavez qui était aussi le chef de file de la gauche latino-américaine.

Réduit au silence pendant une agonie de près de trois mois, l'ancien président vénézuélien avait préparé sa succession en chargeant son vice-président, Nicolas Maduro, d'assurer la transition et de se présenter comme candidat du parti socialiste au pouvoir pour d'éventuelles élections. «Nous allons être les dignes héritiers d'un géant», a assuré Nicolas Maduro, au bord des larmes. Il venait de déclarer, à la télévision: «Nous avons reçu l'information la plus éprouvante et la plus tragique que nous puissions annoncer à notre peuple. A 16h25 (21h55, heure de Paris) aujourd'hui 5 mars, est mort notre commandant président Hugo Chavez Frias après avoir combattu avec acharnement contre une maladie depuis près de deux ans».

Peu après l'annonce du décès de Hugo Chavez, la capitale a plongé dans un silence pesant. De nombreux commerces et l'ensemble des transports publics ont immédiatement cessé de fonctionner et des centaines de partisans du Comandante sont sortis dans la rue. Devant l'hôpital militaire de Caracas où il était soigné, plusieurs centaines de personnes ont improvisé une manifestation, brandissant des portraits du président et chantant des slogans à sa gloire.

Les opposants réclament un intérim du président de l'Assemblée nationale

A l'étranger, Brasilia (Brésil) a évoqué «la perte d'un ami», le président bolivien Evo Morales s'est dit «anéanti» alors que le président Barack Obama a exprimé son soutien aux Vénézuéliens et espéré des «relations constructives» à l'avenir. A Cuba, pays sous perfusion des pétro-dollars vénézuéliens, le gouvernement a décrété trois jours de deuil national. En Asie, les prix du pétrole se sont d'ailleurs appréciés mercredi alors que s'ouvre une période d'incertitude au Venezuela, principal producteur de brut sud-américain.

Le ministre des Affaires étrangères, Elias Jaua, a confirmé que Nicolas Maduro serait président pendant l'intérim et qu'un scrutin présidentiel serait organisé dans les 30 jours. Sur la transition, les interprétations de la Constitution divergent entre le gouvernement et la plupart des opposants, qui réclament un intérim du président de l'Assemblée nationale Diosdado Cabello et non du vice-président.

«Si le gouvernement a la capacité d'organiser les élections même avant un mois, il le fera, a estimé l'observateur politique Luis Vicente Leon. Le plus tôt sera le mieux, ils vont profiter électoralement de l'émotion provoquée par la mort du président», a-t-il renchéri.

Pour cette élection, Nicolas Maduro sera probablement opposé au gouverneur Henrique Capriles, 40 ans, battu par Hugo Chavez en octobre. Devant la presse, ce dernier a souligné que Chavez était pour lui un «adversaire» et non «un ennemi», avant d'appeler le gouvernement à respecter ses «devoirs constitutionnels».

Après avoir annoncé le décès du président, Nicolas Maduro a lancé plusieurs appels au calme et annoncé que l'armée et la police avaient été déployées dans le pays «pour accompagner et protéger notre peuple et garantir la paix».
gérard menvussa
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Message  verié2 le Mer 6 Mar - 11:26

Dans les régimes "bonapartistes" de ce type, la personnalité du caudillo joue un grand rôle. Arriveront-ils à trouver un successeur à Chavez ? Sa disparition va-t-elle renforcer les antagonismes de classe qui avaient été en partie masqués par son charisme ? Difficile à dire...

verié2

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Message  Ephraïm le Mer 6 Mar - 12:53

Bon débarras!
à quand son ami ahmadinejad?

et puis tant qu'on y est obama ou hollande?


Dernière édition par Ephraïm le Mer 6 Mar - 13:15, édité 2 fois

Ephraïm

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Message  Ephraïm le Mer 6 Mar - 12:58

verié2 a écrit:Arriveront-ils à trouver un successeur à Chavez ?

moi, je trouve que pour successeur, ça pourrait être les travailleurs et les habitants des favellas et des bidonvilles de Caracas et du reste du pays organisés en comités d'usines ou de quartier.
Ainsi, le successeur est tout trouvé.

Ephraïm

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