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Venezuela

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Message  élie le Mer 25 Avr - 2:37

cyclops


AFP

Cancer : Chavez fait confiance au Christ

Le président vénézuélien Hugo Chavez, qui se trouve à La Havane pour y subir un traitement contre son cancer, a assuré dans une vidéo diffusée mardi au Venezuela que les radiothérapies auxquelles il est soumis auront "le plus grand succès" grâce à l'aide du Christ.

"C'est comme un pacte avec le Christ, qui n'est pas mort mais a ressuscité. Il interviendra pour que ce traitement que nous suivons rigoureusement ait le plus grand succès (...) et que je puisse reprendre la route en regardant l'avenir", a déclaré Hugo Chavez dans cet enregistrement d'environ 15 minutes diffusé par la plupart des médias vénézuéliens.

Hugo Chavez était intervenu lundi par téléphone sur une chaîne publique de télévision pour indiquer qu'il comptait rentrer jeudi dans son pays, mettant fin à un silence de plus d'une semaine, durant laquelle avaient de nouveau couru des rumeurs alarmantes sur son état de santé.
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Message  Roseau le Mer 1 Aoû - 13:06

Laughing
http://venezuelainfos.wordpress.com/2012/07/27/naissance-dune-puissante-ong-le-centre-chavez/
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Message  Roseau le Ven 17 Aoû - 20:00

The revolution will not be decreed
dans IVP
http://www.internationalviewpoint.org/spip.php?article2716
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Message  Babalu le Mer 19 Sep - 21:32

Chavez serait réélu, mais avec un écart plus faible.

Elections présidentielles au Venezuela

Les prochaines élections présidentielles au Venezuela auront lieu le 7 octobre. Selon la plupart des enquêtes Chavez serait réélu, bien que son avantage diminue depuis plusieurs semaines. Le principal candidat d’opposition est Capriles, candidat de la droite, pro-impérialiste – le président colombien Uribe, par exemple, le soutien publiquement.

Sous le gouvernement de Chavez des acquis de la lutte des travailleurs et du peuple vénézuélien restent préservés. La lutte des travailleurs et leur victoire, la récupération de PDVSA, a permis le financement d’améliorations en matière de santé, d’éducation, d’alimentation des enfants, et maintenant pour le logement en faveur des victimes des inondations. Ces immeubles poussent partout, même dans le centre de Caracas, où des terrains privés utilisés comme parking, ont été achetés par l’Etat. Caracas se présente beaucoup mieux, avec la rénovation de places et de bâtiments anciens, où aujourd’hui sont installés des organismes officiels.

Mais ces améliorations ne font pas oublier les graves problèmes des Vénézuéliens, le coût élevé de la vie, le chômage et la criminalité. Le salaire minimum permet seulement de manger pendant deux semaines, même si l’inflation dans le domaine alimentaire a été contrôlée ces derniers mois. Pour avoir une idée, Caracas est la ville la plus chère en Amérique latine[1]. Trouver un emploi stable est très difficile, en particulier dans la mesure où l’on s’éloigne de la capitale. Pourtant, un autre secteur trouve que le problème le plus grave est l’insécurité[2], la peur d’être agressé ou de se trouver au milieu d’une fusillade. C’est dans les quartiers pauvres où on est plus souvent victime de crimes violents. Les gouvernements bourgeois en Amérique latine n’ont pas été en mesure de trouver la solution à cette guerre qui prend des vies tous les jours, surtout parmi les jeunes. C’est que le capitalisme dans notre région n’a jamais produit qu’exclusion et inégalités.
La situation des femmes, par exemple, ne s’est pas améliorée quant au fond, bien que maintenant il y ait plus d’attention médicale et des dispositifs contre la violence conjugale. Les règles patriarcales dominent, ce sont les femmes qui doivent s’occuper des tâches ménagères et de la corvée de trouver la nourriture bon marché. La femme est rendue responsable de grossesses non désirées même étant enfant, et victime de l’environnement social. Le Venezuela est le pays avec le plus fort taux de grossesse chez les adolescentes. Les adultes les culpabilisent en disant: « Elles l’ont cherché, elles sont très précoces sexuellement » ! Les relations de Chavez avec l’église (qui se sont approfondies récemment, Chavez copiant la démarche de la bureaucratie cubaine) ont empêché tout progrès en ce qui concerne l’avortement, qui est toujours considéré comme un crime par la loi. Et pour comble, les féministes qui en parlaient sont employées par des organismes gouvernementaux, elles se taisent maintenant. Les femmes sont considérées comme des êtres (animaux?) faites par la nature pour la reproduction. Un exemple du faible estime porté au travail « maternel », c’est que les employées des crèches gagnent un salaire bien inférieur au salaire minimum, et en plus leurs salaires ne sont pas payés régulièrement.[3]

Mais avec l’autre candidat potentiel, Capriles, la situation des travailleurs et du peuple connaîtrait une dégradation brutale. Il est le candidat des Etats-Unis, d’un secteur de la bourgeoisie nationale qui cherche une plus grosse part des revenus du pétrole. Ils ont déjà gouverné de 1958 à 1999, lors de la IVe République. Avec Capriles tous les acquis dans la santé et l’éducation seraient perdus[4]. Il y aurait la privatisation des entreprises nationales, une plus grande soumission au capital transnational. La campagne de Capriles vise à capitaliser le mécontentement envers le gouvernement qui se n’a que le mot socialisme dans la bouche, mais qui permet que certains s’enrichissent scandaleusement, il protégé le secteur bancaire, comme le dit le président de PDvSA Rafael Ramirez[5]

Capriles critique l’«étatisme» de Chavez, son personnalisme, et le manque de démocratie. Mais ce sont eux qui ont organisé le coup d’Etat militaire de 2002, avec Carmona Estanga à la tête. Soit dit en passant, la famille de cet homme conserve une propriété énorme sur la côte, à Todasana, tandis que dans ces zones où la nourriture est plus chère que dans la capitale, les jeunes, la plupart noirs, n’ont pas de travail.

Alors, quand je demande aux habitants qui va gagner les élections, ils nous surprennent avec un « Je vote pour Capriles! Il faut changer, avec autant d’argent et pourtant nous sommes dans le besoins, tout est cher et il n’y a pas de travail! » Et souvent, sans le demander, n’importe où, quelqu’un me dit: « Il y a un chemin! Vote Capriles! » Et pas seulement des jeunes qui ne peuvent pas se souvenir de ce qu’était la IVe République, mais des vieux, fatigués d’entendre toujours la même rengaîne de la révolution et du socialisme, que répètent à satiété non seulement Chavez, mais tous ceux qui flattent le gouvernement pour obtenir un privilège… un emploi stable.

Les luttes se poursuivent
La classe ouvrière, concentrée dans l’industrie pétrolière et en Guyane, où se trouvent les entreprises du fer et de l’aluminium, continue de revendiquer, mais les travailleurs en lutte peuvent rarement faire grève, du fait du lien des syndicats avec le gouvernement. Tout groupe de travailleurs qui tentent de lutter pour leurs droits est accusé d’appartenir à l’opposition de droite. Il y a des luttes pour l’augmentation des salaires, le payement de primes et la stabilité de l’emploi [6]. Les syndicats de la fonction publique sont sanctionnés par la diminution de leurs ressources, s’ils osent défendre les employés.

Voter pour Chávez ne va pas améliorer la situation des travailleurs et du peuple

Dès le début de son gouvernement nous avons expliqué que Chavez n’est pas un vrai socialiste, ni un révolutionnaire. Il est l’arbitre de la lutte entre la faible bourgeoisie nationale et l’impérialisme d’un côté, et les travailleurs et le peuple de l’autre. Il est en fait la meilleure alternative pour que les bourgeois anciens et nouveaux continuent à s’enrichir, comme Chavez lui-même l’a souvent affirmé. En fait, c’est le seul qui a réussi à «apaiser» un peu les masses, donnant l’impression que les conquêtes de la population sont un cadeau de son gouvernement, par une propagande incessante sur la participation et le socialisme.

Mais une victoire pour le droitier Capriles serait un coup dur pour le peuple vénézuélien, ses acquis seraient menacés. Et ce serait l’occasion pour l’impérialisme de soumettre encore plus le pays.

Il y a une alternative de vote: Le dirigeant syndical Orlando Chirino, militant trotskiste connu et ancien dirigeant d’un syndicat du textile durant de nombreuses années. Il représente un choix indépendant, avec un programme de classe et il faut appeler à voter pour lui, en dépit de l’erreur qu’il a commis d’apparaitre parfois aux côtés des dirigeants syndicaux pro-impérialistes de la IVe République, et pas seulement pour des actions de rue. Sa candidature réunira un faible pourcentage de votes parce que la propagande et le pouvoir économique de Chavez empêche que de larges secteurs cherchent une alternative indépendante, bien que les travailleurs et le peuple continuent quotidiennement à réclamer leurs droits dans la rue.



[1]www.mmdnewswire.com/mundial-del-costo-113169.html

[2]http://situacional.lara.gob.ve/salasituacional/index.php?option=com_k2&view=itemlist&task=tag&tag=Desempleo

[3]http://www.ultimasnoticias.com.ve/noticias/ciudad/educacion/madres-cuidadoras-reclaman-salarios-justos.aspx

[4] L’accès aux soins médicaux a atteint tous les quartiers, il y a des cliniques avec des médecins cubains, et des centres de diagnostic et de rééducation (CDI) bien équipées.

[5] http://informe21.com/economia/12/08/15/ministro-ramirez-barril-a-100-dolares-garantiza-aportes-al-desarrollo-social

[6] http://www.elmundo.com.ve/noticias/actualidad/analisis/derechos-laborales-y-vivienda-potencian-la-conflic.aspx
Pour les États Unis socialistes, antipatriarcales et antiracistes d'Europe!![/quote]


Dernière édition par Babalu le Lun 8 Oct - 17:34, édité 1 fois
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Message  CCR le Jeu 27 Sep - 18:16

Ni Chávez, ni opposition néo-libérale ! Pour une candidature ouvrière indépendante lors des prochaines élections au Venezuela !


Romain Lamel

Source: http://www.ccr4.org/Ni-Chavez-ni-opposition-neo-liberale-Pour-une-candidature-ouvriere-independante-lors-des-prochaines-elections-au-Venezuela

Le 7 octobre prochain, de nouvelles élections présidentielles se tiendront au Venezuela. Le Président sortant, Hugo Chávez, cherche une troisième réélection. Les conditions de vie au Venezuela ont certes changé. De là à dire que les classes populaires ont réussi à voir quelle était la couleur du fameux « socialisme du XXIème siècle » promis depuis 2005 par Chávez, il y a cependant un pas. L’opposition de droite qui se présente face à lui propose de son côté les vieilles recettes néolibérales qui avaient frappé durement la population dans les années 1980 et 1990. Que peuvent faire les révolutionnaires face à cette fausse alternative ? Ce sont des questions autour desquelles bataillent au quotidien les forces d’extrême gauche vénézuéliennes qui refusent à cautionner la politique de Chávez et qui maintiennent leur indépendance politique à l’égard du parti « socialiste » bolivarien, le PSUV. Et ce sont les défis que relèvent, dans cette campagne, les camarades de la Ligue des Travailleurs pour le Socialisme (LTS), dont nous nous ferons ici l’écho [1].


En Europe, Hugo Chávez est surtout connu pour sa rhétorique révolutionnaire, ses diatribes anti-impérialistes, comme en septembre 2006 où il avait osé qualifier de « diable », de « menteur » et de « tyran » le président des Etats-Unis du moment, George W. Bush, depuis la tribune habituellement si consensuelle de l’ONU. Les récits des tentatives insurrectionnelles de l’opposition pour renverser son gouvernement ont contribué à créer le mythe d’un successeur des barbudos cubains à la tête de l’Etat vénézuélien. En effet, en avril 2002, un coup d’Etat militaire a renversé Hugo Chávez. Un gouvernement dirigé par le chef du patronat et reconnu par les seuls Etats-Unis et l’Espagne de José María Aznar destitue les élus en place et commence à réprimer les quartiers populaires vénézuéliens. Mais quarante-huit heures plus tard, c’est bien la contre-offensive spontanée des classes populaires et des quartiers les plus pauvres des villes, qui reçoivent bientôt le soutien de certains secteurs des Forces Armées, qui permet le rétablissement du gouvernement constitutionnel. Quelques mois plus tard, entre décembre 2002 et février 2003, les cadres de PDVSA, la grande entreprise nationale d’hydrocarbures dont le pays est un des plus importants producteurs, ainsi que le patronat, tentent de paralyser l’économie vénézuélienne. Souvent, les travailleurs rouvrent les usines et redémarrent les machines. L’industrie pétrolière est elle-même partiellement relancée. Un jeune ouvrier de 19 ans témoigne : « Nous sommes plus fiers que jamais. Maintenant, nous avons montré à nos chefs que nous pouvons faire fonctionner cette usine sans eux » [2]. Toutefois, le coup de force du patronat allié à la bureaucratie syndicale échoue. Le récit de ces événements (où le gouvernement a brillé par sa passivité) et l’engouement acritique d’une partie de la gauche radicale a contribué à construire la légende d’un Chávez anti-impérialiste et héros des classes populaires. Mais qu’en est-il vraiment ? Où en est la « Révolution bolivarienne » près de quatorze ans après la première élection d’Hugo Chávez ?

Une opposition toujours liée aux dogmes néolibéraux

S’il est un point sur lequel la légende se vérifie, c’est sur le caractère toujours réactionnaire de l’opposition vénézuélienne. Regroupés autour de la Table Ronde d’Unité Démocratique (MUD), l’opposition regroupe les anciens partis qui gouvernaient avant Chávez (AD, COPEI, MAS, Convergencia) et de nouveaux partis qui s’inscrivent néanmoins dans la même ligne politique (UNTC, PJ). Durant les deux décennies précédant l’accession au pouvoir d’Hugo Chávez, l’inflation multiplie les prix par 9, la part des salaires dans le revenu national diminue de cinq points, les inégalités augmentent et toutes les études montrent un approfondissement de la pauvreté. Face au reflux des cours du pétrole et à la crise de la dette qui secoue l’Amérique latine, les différents gouvernements vénézuéliens choisissent d’appliquer les injonctions des agences financières internationales. Les plans d’ajustement d’inspiration néolibérale se succèdent.

En février 1989, l’ancien président social-démocrate, Carlos Andrés Pérez revient au pouvoir avec les espérances d’un renouveau de l’Etat-Providence. Quelques jours après, il applique un plan cosigné avec le FMI, grevant durement les conditions de vie des classes populaires vénézuéliennes : réduction du contrôle des prix, de l’intervention de l’Etat, des salaires et introduction d’un impôt sur la vente. Une semaine de révoltes réprimées au prix de centaines de morts agite alors le Venezuela.

Rafael Caldera, appuyé par un certain nombre de militants syndicaux ainsi que par le Parti Communiste Vénézuélien, remplace alors Carlos Andrés Pérez et renie également ses promesses de campagne anti-libérales. Il prend en charge la quasi-totalité du système bancaire privé, pour un coût estimé de plus de 8,5 milliards de dollars, soit 75 % du budget national de 1994. Le secteur bancaire est ensuite, peu à peu, repris par le capital étranger. Rafael Caldera finit lui aussi par mettre en œuvre un plan de réformes d’inspiration néolibérale, l’Agenda Venezuela en 1996. Le régime politique est à l’agonie, ce qui s’explique notamment par une crise économique latente depuis deux décennies, des révoltes massives comme le Caracazo, les désillusions créées par l’élection de Caldera et le mépris pour une élite politique dont la corruption est notoire et dont le prestige a été mis à mal par les coups d’Etat de 1992. On comprend alors les raisons de la victoire de Chávez aux élections en 1998, après son coup d’Etat raté contre ce régime corrompu en 1992. L’opposition vénézuelienne continue néanmoins à revendiquer jusqu’aujourd’hui son bilan, celui d’une « démocratie » cogérée entre deux partis pendant quatre décennies avec l’application de plans d’ajustement pendant les deux dernières.

La trajectoire du candidat à l’élection présidentielle de 2012 prouve la continuité du camp social choisi par cette coalition électorale. Henrique Capriles Radonsky est l’héritier du groupe Capriles, puissante entreprise agro-alimentaire et qui étend son empire aux médias, avec plusieurs journaux de diffusion nationale comme Últimas Noticias, et contrôle aussi une maison d’édition…En avril 2002, il participe à la tentative de coup d’Etat en allant à l’assaut de l’ambassade de Cuba en tant que maire d’un des quartiers les plus bourgeois de Caracas, ce qui lui vaut quatre mois de prison par la suite. Aujourd’hui gouverneur d’un des Etats les plus riches du Venezuela, il souhaite s’affirmer comme un modéré, maintenir les programmes sociaux du président Chávez et revendique la filiation politique de Lula. Mais, chassez le naturel, il revient au galop ! Le 1er mai dernier, alors qu’il était interrogé sur sa possible participation aux traditionnelles manifestations, il n’a pas manqué de souligner : « Je suis un employeur et ça ne correspond pas à mon rôle de participer » expliquant que, pour lui, en matière sociale, l’important est qu’« un gouvernement génère de la confiance pour qu’il y ait de l’investissement » [3]. La promesse de « désidéologiser la Chancellerie », en l’occurrence le ministère des Affaires étrangères, relève de la même servilité à l’égard du capital, étranger dans ce cas.

L’impasse de la « Révolution » bolivarienne

Si l’opposition est clairement le porte-parole d’une classe sociale aisée, la légende d’un Hugo Chávez héros des classes populaires relève d’un romantisme européen éloigné de la réalité vénézuélienne. L’épisode le plus connu de cette exaltation, le récit du coup d’Etat militaire d’avril 2002 mérite d’être relativisé. Après son rétablissement au pouvoir, au lieu de profiter du nouveau rapport de forces à l’œuvre dans le pays, Hugo Chávez appelle à la réconciliation avec l’opposition putschiste. Il va même plus loin le 31 décembre 2007 en amnistiant les auteurs des deux tentatives insurrectionnelles. Lors de la tentative de paralysie de l’économie vénézuélienne, les travailleurs ont résisté et ont réussi à vaincre la déstabiliation de l’opposition qui souhaitait maintenir sa grève « jusqu’à ce que Chávez tombe ». Si cet épisode a désorganisé l’opposition en général et le patronat en particulier, il n’a pas débouché sur une auto-organisation plus développée des travailleurs. Le chavisme l’a empêché par la création d’une nouvelle centrale syndicale, liée au pouvoir, puis par la création du parti socialiste bolivarien qui est un appendice du gouvernement au sein du mouvement populaire, le PSUV.

A la suite des deux tentatives de putsch réactionnaire, le gouvernement a mis sur pied les « Missions », permettant une nette amélioration des conditions de vies du peuple pauvre des barrios en termes d’éducation, de santé et d’alimentation, etc. En bonne mesure assistancialistes, ces décisions laissent peu de place à l’initiative populaire à la base, mais ont néanmoins permis une résorption rapide d’une partie de la pauvreté (- 18 points en seulement 4 ans). Toutefois, les structures de l’économie vénézuélienne restent dirigées par la même élite. L’entreprise pétrolière, PDVSA, licencie tous les cadres d’opposition mais ne met pas en place un mode de gestion où les travailleurs auraient un pouvoir décisionnaire. Une nouvelle direction, pro-gouvernementale, est mise en place sans rien changer aux liens hiérarchiques. Autour de 1 200 entreprises sont occupées par leurs travailleurs. Dans quelques cas, le gouvernement promeut un modèle de cogestion comme à INVEPAL, entreprise de production de papier, INVETEX, dans le secteur textile ou INVEVAL, qui produit des valves pour l’industrie pétrolière.

Face à l’impasse que représentent ces expériences, les ouvriers d’une usine de production de sanitaires (Sanitarios Maracay) réclame, en novembre 2006, la nationalisation sous contrôle ouvrier, que l’Etat garantisse les droits sociaux et l’approvisionnement en matière première et que les travailleurs gèrent démocratiquement le quotidien de l’établissement. Après neuf mois d’occupation, de répression gouvernementale, le gouvernement réussit à manœuvrer avec l’ancien patron pour récupérer le contrôle de l’entreprise et finit par la nationaliser plusieurs années plus tard, sous contrôle gouvernemental. Cet épisode est caractéristique de l’incapacité du chavisme, malgré tous les discours proclamant le contraire, à inclure le mouvement ouvrier dans sa dynamique et à prendre en compte la participation à la base, si ce n’est de façon intégrée, verticaliste et bureaucratisée. Quelques exemples suffiront à illustrer ce rapport. Quand, dans la succursale de Mitsubichi à Barcelona, les travailleurs se battent contre un plan de licenciement, en janvier 2008, la police de l’Etat de Anzoátegui dont le gouverneur est inscrit au PSUV, le parti d’Hugo Chávez, assassine deux travailleurs. Le cas de Rubén González est également tout à fait emblématique. Leader syndical dans une entreprise minière de fer, Ferrominera, González est un militant du PSUV. En juin 2009, il dirige une grève d’une quinzaine de jours pour la renégociation des conventions collectives, problème récurrent ces dernières années. En septembre 2009, il est emprisonné pour « délit d’attroupement, incitation à la délinquance, violation de la zone de sécurité et restriction de la liberté du travail ». Après dix-sept mois de détention, il est condamné à sept ans et demi de prison puis libéré quelques jours plus tard sans être amnistié de toute poursuite. En juillet dernier, González a emporté à nouveau la direction du syndicat de Ferrominera malgré les pressions du gouvernement. Il vaut décidément mieux être putschiste que dirigeant syndical pour bénéficier de la clémence gouvernementale !

Ces cas sont les plus emblématiques d’une pratique représentative du divorce relatif entre le gouvernement et les classes populaires, qui n’empêchera pas une troisième réélection de Chavez à la tête de l’Etat mais pose avec d’autant plus d’acuité la question de l’organisation des révolutionnaires et de l’avant-garde ouvrière de manière indépendante de l’appareil chaviste. Hugo Chávez favorise depuis le début de son mandat l’augmentation de ses propres pouvoirs plutôt que l’émancipation autonome des classes populaires, et le mécontentement social grandit. Ces cinq dernières années sont, selon l’organisation non-gouvernementale PROVEA, les années où les manifestations pacifiques ont été les plus nombreuses depuis son arrivée au pouvoir. Les scandales se multiplient : découverte de 130 000 tonnes de nourriture en putréfaction détournées par des membres des plus hautes sphères de l’Etat au printemps 2010, explosion d’une raffinerie pétrolière malgré les alertes de sécurité répétées de dirigeants syndicaux indépendants en août dernier. Ces épisodes témoignent d’une tendance à la coupure entre l’élite et la base populaire. Au sein du chavisme, une partie de la société s’enrichit et forme une nouvelle bureaucratie d’Etat ainsi qu’un patronat dépendant de contrats publics, appelé « bolibourgeoisie », raccourci de « bourgeoisie bolivarienne ».

Un axe de la rhétorique gouvernementale se concentre alors sur la défense de la patrie vénézuélienne. Le slogan de la campagne présidentielle du candidat Chávez est d’ailleurs « Chávez, cœur de ma patrie ». Mais « l’ anti-impérialisme » du président Chávez souffre depuis quelques années de quelques entorses importantes. Alors que, depuis 1975, le gouvernement vénézuélien demeurait seul propriétaire de l’industrie pétrolière, il signe depuis mars 2006 des dizaines de contrats d’entreprises mixtes pour l’exploration et la production de pétrole au Venezuela. Interlocuteur des FARC dans les négociations pour la libération d’Ingrid Betancourt, Hugo Chávez est devenu le « nouveau meilleur ami » du président colombien Juan Manuel Santos au pouvoir, et lui livre régulièrement des guérilleros ou des anciens guérilleros depuis avril 2011.

Ni défenseur des travailleurs, ni fervent combattant anti-impérialiste, Hugo Chávez est devenu, au fil des années, le chef d’Etat d’un processus politique de plus en plus institutionnalisé. Les réponses politiques à son affaiblissement électoral prouvent l’impasse que représente pour les révolutionnaires le processus chaviste. Pour les élections législatives de septembre 2010, alors que le chavisme a obtenu moins de la moitié des suffrages exprimés, la loi électorale a été opportunément modifiée pour permettre au gouvernement d’obtenir une majorité plus nette qu’espérée. Au cours de la campagne actuelle, une politique de logement sensée résorber des décennies de pénurie est développée de manière plus ou moins clientéliste. Chaque fois, ce sont des réponses conjoncturelles, octroyées par le gouvernement, qui ne règlent pas le problème politique de l’affaiblissement du chavisme. Le cancer dont souffre Hugo Chávez depuis juin 2011 pourrait précipiter la fin de ce processus politique reposant principalement sur la légitimité charismatique du leader.

A l’instabilité politique et sociale des années 80 et 90, à l’image du Caracazo, à la situation potentiellement révolutionnaire de 2002 – 2003 où les travailleurs contrôlaient certaines usines, le gouvernement Chávez a opposé une voie qui ne mènera au socialisme ni au XXIème, ni au XXIIème siècle. Face à ces sérieux périls, le gouvernement a maintenu les structures de l’économie vénézuélienne et appliqué sa méthode, l’imposition par en haut plutôt que l’auto-organisation par en bas. Le taux de pauvreté a sans aucun doute baissé au Venezuela mais le chemin pour l’abolir durablement est bouché par les propres forces du gouvernement. Hugo Chávez lui-même ne se trompait pas lorsqu’il déclarait cet été pendant la campagne électorale « que cela convenait à la bourgeoisie » qu’il soit réélu parce qu’il « garantissait aux riches de pouvoir continuer leur vie tranquillement » [4].

Pour une candidature ouvrière indépendante !

Cet automne verra sans aucun doute la réélection d’Hugo Chávez face à l’absence d’une alternative mobilisatrice pour un secteur majoritaire de la population. Le président sortant et Henrique Capriles emporteront vraisemblablement a eux deux la quasi-totalité des suffrages. La polarisation politique au Venezuela est telle en effet que lors du dernier scrutin, Hugo Chávez et son opposant de droite avait réuni sous leurs noms 99,76 % des suffrages exprimés. Pourtant, face au danger réactionnaire de l’opposition s’inscrivant toujours dans le cadre du néo-libéralisme et face à l’impasse que représente pour les classes populaires ladite « Révolution bolivarienne », une voie alternative est nécessaire.

C’est en ce sens que pour les élections du 7 octobre prochain, les camarades de la LTS appellent les travailleurs et les jeunes à porter leur suffrage sur la candidature d’Orlando Chirino. Après les tentatives insurrectionnelles de l’opposition de 2002 – 2003, une centrale syndicale alternative est créée, l’Union Nationale des Travailleurs. Orlando Chirino, militant ouvrier combatif de longue date, en devient l’un des 21 coordinateurs nationaux. Il y constitue la tendance C-CURA, Courant Classiste Unitaire Révolutionnaire et Autonome. Lors du 2ème Congrès de l’UNT, ce courant est majoritaire mais l’élection d’Orlando Chirino à la tête de la centrale syndicale est empêchée par les tendances les plus subordonnées au gouvernement. Chirino continue pourtant à l’époque à soutenir sans réserve le Président Chávez, malgré quelques revendications d’autonomie syndicale [5]. En décembre 2007, Chirino appelle à l’abstention lors de la réforme constitutionnelle permettant la réélection illimitée du président de la République et, en représailles du gouvernement, est licencié de PDVSA. Sa candidature à l’élection présidentielle marque donc un positionnement politique s’opposant aux candidatures « bourgeoises » de Chávez et Capriles.

La LTS a souvent été en désaccord avec la ligne défendue par Chirino et son organisation, le PSL, notamment dans son mouvement de balancier entre opposition et soutien à Chávez puis, après 2007, un rapport parfois problématique avec plusieurs secteurs syndicaux de l’opposition antichaviste bourgeoise [6]. Il y a cependant dans la candidature d’Orlando Chirino les mêmes caractéristiques essentielles que les travailleurs et les jeunes radicalisés ont reconnues dans la candidature de Philippe Poutou : une perspective anticapitaliste et la candidature d’un militant ouvrier. C’est en ce sens que la LTS soutient et fait la campagne de Chirino. C’est en ce sens aussi que le positionnement de plusieurs courants se revendiquant du trotskysme au Venezuela est des plus problématiques. On connaît celui de Marea Socialista, le plus important sans doute, qui entretient de très bonnes relations avec la Gauche Anticapitaliste en France, qui est à l’intérieur du PSUV et fait campagne pour Chávez. C’est un positionnement qui est également partagé par le Secrétariat Unifié de la Quatrième Internationale dont nombre de camarades au sein du NPA sont issus ou se revendiquent.

Comme le disait Karl Marx, « l’émancipation des travailleurs sera l’œuvre des travailleurs eux-mêmes ». Un siècle et demi plus tard, en France comme au Venezuela, cette maxime garde la même actualité. Les travailleurs doivent se représenter eux-mêmes. Ce ne sont ni des professionnels de la politique à la rhétorique « révolutionnaire » ni des pantins plus classiques de la bourgeoisie qui peuvent accomplir cette tâche. Les discours à la Chávez peuvent paraître compatibles avec les luttes des classes populaires tant que les Chávez en question sont dans l’opposition. Pourtant, les quatorze années de gouvernement d’Hugo Chávez sont instructives sur leurs agissements une fois au pouvoir. La volonté d’empêcher toute auto-organisation à la base, de préserver la continuité de l’Etat et des structures économiques font tomber les masques : une société socialiste ne verra pas le jour dans ces conditions… Ce constat établi, les révolutionnaires ont une seule solution : organiser indépendamment leurs propres forces avant que l’opposition de droite ne succède aux réformistes de gauche pour rogner les maigres concessions accordées. C’est le combat que mène aujourd’hui la LTS au Venezuela à travers la campagne de Chirino et qui devrait être soutenu ici par l’ensemble du NPA.

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Le Caracazo : le jour où les pauvres sont descendus des barrios !

Le 27 février 1989, le doublement du prix de l’essence entre en vigueur dans tout le pays. A l’aube, dans les centres de transport collectif des principales villes du pays, les usagers, surtout les étudiants, résistent, occupent les gares routières, fraternisent avec les travailleurs informels. La police, dépassée par la situation, reste spectatrice alors que la population commence à fait irruption dans les centres commerciaux, bloque le trafic routier, crie des slogans contre l’augmentation des prix…C’est le début du Caracazo. Ce n’est que le lendemain soir que le Président de la République déclare l’état de siège pour les jours suivants. Une répression implacable s’abat contre la population et surtout contre les habitants des quartiers populaires de Caracas. En une semaine, on estime qu’un millier de personnes sont assassinées par les forces de l’ordre. Cette vague de révoltes réprimée dans le sang, est l’origine du discrédit qui va frapper les élites politiques du moment et précipiter l’arrivée d’Hugo Chávez au pouvoir.


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NOTES

[1] La LTS est le groupe de la Fraction Trotskyste-Quatrième Internationale au Venezuela. Elle publie le journal En Clave obrera (http://www.lts.org.ve/)

[2] The New York Times, 29 décembre 2002

[3] http://laclase.info/nacionales/capriles-no-marcha-los-primeros-de-mayo-porque-representa-los-patronos-y-no-los-trabajado

[4] http://laclase.info/nacionales/chavez-los-ricos-les-conviene-mi-victoria

[5] A l’époque Chirino défend cette orientation au nom de son opposition aux vieux dirigeants syndicaux qui « continuent de s’occuper de la négociation des contrats de travail, des revendications minimes des travailleurs, mais n’ont aucune perspective politique pour lutter effectivement pour un modèle social nouveau et supérieur. En ce sens, je crois qu’ils ne comprendront jamais ce qu’est le Socialisme du XXIème Siècle que propose le Président Chávez ». Voir O. Chirino, Orlando Chirino…Responde, Caracas, Instituto Municipal de Publicaciones, 2005, p. 16.

[6] Le Partido Socialismo y Libertad est l’organisation de la UIT-QI moréniste au Venezuela.

CCR

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Message  Roseau le Lun 1 Oct - 17:28

October 7, Chavez President – October 8, Cleansing of the bureaucrats from the revolution
Carlos Miranda
http://www.internationalviewpoint.org/spip.php?article2760
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Message  Gayraud de Mazars le Mar 2 Oct - 23:32

Salut camarades,

Pourquoi à La Riposte, et à la Tendance Marxiste Internationale (TMI), nous soutenons Chavez !

Election au Venezuela : pourquoi nous soutenons Chavez
02-10-2012

http://www.lariposte.com/election-au-venezuela-pourquoi,1825.html

L’élection présidentielle du 7 octobre prochain représente un moment décisif dans l’histoire du Venezuela. Le résultat de cette élection aura un impact majeur sur tout le continent et sur la scène internationale. La campagne internationale Pas touche au Venezuela ! soutient activement le candidat bolivarien Hugo Chavez. Elle lutte contre toute tentative de l’oligarchie et de l’impérialisme de saboter les élections. La Tendance Marxiste Internationale soutient fermement la réélection d’Hugo Chavez. Pourquoi avons-nous pris cette position ?

La victoire de Chavez en 1998 représentait un progrès historique pour les ouvriers et les paysans du Venezuela. Selon la Commission Economique des Nations Unies sur l’Amérique latine, il y a eu une baisse de 21 % du taux de pauvreté entre 1999 et 2010. L’analphabétisme a été aboli. Pour la première fois dans le pays, les pauvres ont eu accès à des soins médicaux gratuits.

Toutes ces conquêtes sociales seraient menacées par une victoire de l’opposition. C’est le devoir élémentaire de tout révolutionnaire de les défendre. Celui qui n’est pas en mesure de défendre les conquêtes passées ne pourra jamais aller vers la victoire finale.

L’opposition prétend qu’elle ne reviendra pas sur les réformes de Chavez. Cette affirmation n’est absolument pas digne de confiance. Prenons un seul exemple : le logement. La « Mission Habitat » a permis de construire des milliers de maisons pour les pauvres. En mai, le ministre de l’Information Andrés Izarra a annoncé que le programme avait respecté son objectif en atteignant le chiffre de 200 000 logements construits depuis ses débuts en 2011. Un sondage d’Hinterlaces rapporte qu’avec un taux d’approbation de 76 %, la Mission Habitat est le programme social le plus populaire. Et pourtant, la coalition d’opposition (MUD) la surnomme « Mission de la fraude et de l’échec ». Elle reproche au gouvernement d’avoir exproprié des terrains pour construire les logements.

Lorsque Henrique Capriles Radonski – le candidat de l’opposition – a accédé au poste de gouverneur de l’Etat de Miranda, en 2008, il a mobilisé ses partisans contre les médecins cubains qui participaient aux programmes de soins gratuits mis en place par la révolution. Il a systématiquement tenté de fermer les différents programmes sociaux en les expulsant des locaux appartenant à l’Etat de Miranda. C’est uniquement la mobilisation active du peuple dans les rues qui a permis de défendre les conquêtes de la révolution.

La nouvelle législation du travail a récemment réduit la semaine de travail de 44 à 40 heures. Les congés maternité – avant et après l’accouchement – sont passés de 18 à 26 semaines. De même, lorsqu’il quitte une entreprise, quelle qu’en soit la raison, un salarié recevra désormais une indemnisation basée sur son dernier salaire mensuel multiplié par le nombre d’années d’emploi – ce qui était une revendication syndicale majeure. Au même moment, en Europe, tous les gouvernements aggravent la précarité de l’emploi.

Capriles a attaqué cette loi au motif qu’elle « n’a aucun impact sur le chômage et ne change rien pour les petits boulots occasionnels et non protégés ». Cela signifie que cette réforme serait abolie par l’opposition, si elle arrive au pouvoir.

L’opposition affirme défendre la « démocratie » contre la « dictature ». Mais c’est cette même opposition qui était derrière la tentative de coup d’Etat de 2002. S’ils avaient réussi à renverser Chavez, il n’y aurait plus eu de démocratie au Venezuela. L’exemple du Chili, après septembre 1973, montre quel sort lui aurait été réservé. Capriles lui-même, comme maire d’un arrondissement de Caracas, a participé à la tentative de prendre d’assaut l’ambassade de Cuba lors du coup d’Etat d’avril 2002.

L’opposition bourgeoise a montré son mépris pour la démocratie et les élections lorsqu’elle a décidé de boycotter les élections législatives de 2005. Aujourd’hui, les dirigeants de l’opposition se proclament « les défenseurs » de la constitution de 1999 – celle-là même qu’ils ont toujours violemment combattue, bien qu’elle fût approuvée par une écrasante majorité lors d’un referendum populaire.

Personne ne peut accorder la moindre confiance aux prétentions démocratiques de l’opposition.

Ce que représente l’opposition

L’opposition prétend représenter les classes moyennes. C’est un mensonge. L’opposition représente les intérêts de l’oligarchie – des grands propriétaires terriens, des banquiers et des capitalistes. Elle est complètement subordonnée aux impérialistes et aux grandes compagnies pétrolières qui ont dominé et pillé le Venezuela pendant des générations.

Les riches détestent Chavez car ils craignent qu’il supprime la propriété privée. Ils sont poussés par le ressentiment de leur classe envers les pauvres, qui, après avoir été ignorés pendant des décennies, ont bénéficié des programmes progressistes du gouvernement. L’opposition ne représente pas la classe moyenne ; elle l’exploite politiquement.

Capriles se présente comme un « réformateur ». Il prétend ne défendre aucune idéologie. Nous avons déjà souvent entendu cette histoire : « je n’ai pas d’idéologie – autrement dit, je suis de droite. » En fait, il suffit de jeter un coup d’œil sur le parti auquel appartient ce politicien « non-idéologique » pour comprendre immédiatement ce qu’il en est réellement.

Capriles prétend être un « progressiste ». Il dit qu’il ne répètera pas la « politique erronée » du Venezuela d’avant 1998. Mais tous les partis qui ont soutenu sa candidature sont responsables de ces politiques, qui n’étaient pas du tout des « erreurs », mais l’expression directe des intérêts de la clique des super-riches qui dirigeait le pays.

Les masses vénézuéliennes ne sont pas naïves. Elles ne se laissent pas tromper par la démagogie de Capriles. Elles voient bien que derrière son masque souriant se dissimule le visage monstrueux de l’oligarchie, qui, si elle retourne au pouvoir, les foulera aux pieds.

Capriles appartient au parti Première Justice (MPJ), un parti bourgeois qui défend « les entreprises privées » et s’oppose à l’intervention de l’Etat dans la vie économique. C’est ironique, à une époque où ce qu’on appelle la « libre entreprise » se révèle être une gigantesque fraude à l’échelle mondiale.

M. Capriles ignore-t-il que le système capitaliste est partout dans une crise profonde ? Quand les banques privées aux Etats-Unis se sont effondrées en 2008, qu’ont fait leurs patrons ? Se sont-ils contentés de chanter les louanges de « l’entreprise privée » ? Non, ils se sont précipités vers l’Etat et ont exigé que le gouvernement injecte des milliards de dollars de fonds publics dans les coffres des banques, pour les sauver.

Du fait de la faillite de « l’entreprise privée », tous les gouvernements européens sont profondément embourbés dans la dette. Ils disent qu’il n’y a pas d’argent pour les écoles, les hôpitaux et les retraites, mais curieusement, il y a beaucoup d’argent pour les banquiers.

Ces dernières semaines, un dirigeant de l’opposition a révélé un document rédigé par les conseillers économiques de campagne de Capriles. Ce document contient des détails sur les plans réels du candidat de droite. Il met en avant un paquet de mesures d’austérité classique : coupes dans les retraites, les dépenses sociales et les programmes sociaux. Il prévoit aussi l’« ouverture » de PDVSA et d’autres entreprises publiques aux investisseurs privés, et ainsi de suite. Ce programme est tellement scandaleux que quatre petits partis de la plateforme d’opposition (MUD) ont retiré leur soutien à Capriles – et qu’une foule de personnalités de l’opposition ont également pris leurs distances.

Les ouvriers et les paysans comprennent ce qui est en jeu. A chaque tournant décisif, ils se sont rassemblés pour défendre la révolution contre ses ennemis : les grands propriétaires fonciers, les banquiers, les capitalistes et les impérialistes qui se tiennent derrière eux. Ils comprennent qu’un vote pour Chavez aux prochaines élections est un vote contre le retour des années noires, de l’époque où petite poignée de riches oligarques décidaient de tout tandis que la majorité de la population, vivant dans la pauvreté, ne comptait pour rien.

En dépit des affirmations de l’opposition, qui annonce sa victoire, Chavez est en tête dans les sondages. Le sondage de Datanalisis donne à Chavez une avance comprise entre 27 et 43 % sur Capriles. Il montre aussi que 62 % des électeurs jugent positivement la politique du président, tandis que seuls 29 % d’entre eux la jugent mauvaise. Ces chiffres ont une certaine crédibilité, car le propriétaire de Datanalisis, Luis Vicente Léon, est bien connu pour être un partisan de l’opposition.

Capriles et l’impérialisme américain

Chavez est considéré comme l’ennemi public numéro un par Washington, qui voit en lui le principal instigateur de l’opposition à l’impérialisme américain en Amérique latine. Chavez a condamné énergiquement la tentative de coup d’Etat contre le Président du Paraguay Fernando Lugo. Téléguidé par ses amis du Département d’Etat américain, Capriles a critiqué Chavez pour, à l’époque, avoir rappelé son ambassadeur d’Asunción et coupé les approvisionnements en pétrole vers le Paraguay.

Capriles s’engage à rétablir des relations amicales avec les Etats-Unis, ce qui veut dire asservir le Venezuela à Washington, comme c’était le cas par le passé. Il promet une révision profonde des programmes d’aides et des alliances avec le reste de l’Amérique latine. Cela signifie une rupture avec Cuba, la Bolivie, l’Equateur et le Nicaragua, pour contenter ses « alliés » du nord du Rio Grande.

Peu de temps avant de démissionner de son poste de président de la Banque Mondiale, en juin, Robert Zoellick a déclaré : « les jours de Chavez sont comptés », de sorte qu’avec la fin des aides du gouvernement vénézuélien à l’étranger, d’autres pays comme Cuba et le Nicaragua seront « mis en difficulté ». Zoellick voit dans une victoire de Capriles « une opportunité de faire de l’hémisphère ouest le premier hémisphère démocratique », à l’opposé d’une « région de coups d’Etats, de caudillos, et de cocaïne ».

Ces mots expriment avec précision l’attitude de l’impérialisme américain face aux élections du 7 octobre. Ils les voient comme un évènement décisif. Si l’opposition l’emporte, cela signifiera un retour à la situation d’avant 1998, quand le Venezuela était dirigé par les grands monopoles américains. Mais si Chavez gagne, ce sera un coup dévastateur porté à la contre-révolution, comme s’en inquiète Michael Penfold dans Foreign Affairs : « Si Chavez gagne en octobre, la grande majorité du capital politique de l’opposition sera anéantie ; à bien des égards, ce sera le retour à la case départ ».

C’est pourquoi les impérialistes et leurs agents locaux gratifient Chavez d’un traitement spécial. Les expropriations, le renversement des mesures économiques « néolibérales », la création d’une milice populaire, le refus de se soumettre à la pression de Washington, les attaques contre le capitalisme et les appels en faveur du socialisme – tout ceci constitue un cocktail dangereux et explosif qui agit comme un puissant catalyseur des tendances révolutionnaires en Amérique latine.

Un autre objectif du programme électoral de Chavez est l’expansion du pouvoir des conseils communaux. Plusieurs centaines de « communes en construction » doivent être impliquées dans des domaines tels que la distribution de l’eau et du gaz. Chavez propose de promouvoir la création de nouvelles communes pour représenter 68 % de la population. Les communes doivent se voir accorder les mêmes prérogatives que l’Etat et les gouvernements municipaux, y compris la budgétisation, la participation à la planification étatique et, finalement, la perception des impôts. Toutes ces mesures représentent un empiétement progressif de l’Etat dans la vie économique.

Les impérialistes craignent qu’une victoire électorale de Chavez en octobre se traduise par un changement encore plus profond dans le pays. Chavez a annoncé que la période 2013-2019 verrait de nouvelles incursions de l’Etat dans le commerce et les transports, au détriment des intermédiaires. Cela se ferait à travers la création de « centres de distribution locaux pour la vente et la distribution directe de produits ». L’existence même du capitalisme au Venezuela pourrait se voir menacée par cette tendance à de nouvelles expropriations.

La véritable divergence

La division entre les deux camps est la division entre les deux classes antagonistes : d’un côté, des millions de pauvres, de travailleurs et de paysans, les citadins pauvres et les couches inférieures de la classe moyenne ; de l’autre, les grands propriétaires terriens, les banquiers, les capitalistes et les couches supérieures de la classe moyenne.

La véritable divergence porte sur la question de la propriété privée : la question de la politique économique – et en particulier des expropriations. L’écrasante majorité des partisans de Chavez viennent des couches les plus pauvres de la population, et ils défendent fermement le socialisme, l’expropriation des propriétaires terriens et des capitalistes.

La bureaucratie bolivarienne a tenté d’affaiblir le programme socialiste. Elle parle d’« économie mixte », dans laquelle des monopoles et des oligopoles seront en concurrence avec des entreprises publiques. Il s’agit de la vieille idée d’une « troisième voie » entre le capitalisme et le socialisme, idée que le Président Chavez a correctement qualifiée de farce.

Il n’est pas possible de faire la moitié d’une révolution. En dernière analyse, une classe doit gagner et l’autre perdre. Les nationalisations partielles ne marchent jamais : il est impossible de planifier ce qu’on ne contrôle pas, et il est impossible de contrôler ce qu’on ne possède pas. Une économie qui n’est que partiellement détenue par l’Etat ne peut pas être correctement planifiée.

En même temps, toute tentative de « réguler » le capitalisme dans le but d’améliorer la situation des masses – à travers le contrôle des prix, le contrôle des changes, etc. – empêche le fonctionnement normal d’une économie de marché, créant ainsi une situation chaotique avec de l’inflation, une fuite des capitaux, la chute des investissements, des fermetures d’usines, des pénuries artificiellement créées, de la thésaurisation et de la spéculation sur des produits alimentaires de base, du sabotage et un gaspillage bureaucratique.

Le secteur privé, qui contrôle encore une partie importante de l’économie, est entre les mains des ennemis de la révolution. Les capitalistes utilisent tout leur pouvoir pour saboter l’économie au moyen d’une grève du capital. Il est nécessaire d’exproprier les terres, les banques et les grandes entreprises pour mettre un terme à ce sabotage.

Capriles s’est engagé à mettre un terme à toutes les expropriations. « Je ne vais pas me disputer avec des hommes d’affaires ou qui que ce soit », dit-il. Naturellement ! Comment pourrait-il se disputer avec les personnes dont il représente les intérêts et dont il fait partie ? Capriles lui-même est issu d’une grande famille de capitalistes aux intérêts multiples (immobilier, industrie, médias). Il est également l’ancien maire de Baruta, un quartier prospère de Caracas.

Il promet de créer trois millions d’emplois au cours de sa présidence. Comment compte-t-il accomplir ce miracle ? En levant les restrictions sur les investissements étrangers, c’est-à-dire en servant le Venezuela sur un plateau d’argent aux mêmes grandes sociétés étrangères qui le pillèrent par le passé. Ce n’est pas un hasard si le MUD veut « assouplir » la loi sur le contrôle de l’Etat sur l’industrie pétrolière, « afin de promouvoir la concurrence et la participation du secteur privé dans l’industrie ».

La révolution n’est pas terminée

Une victoire de Chavez renforcera le basculement à gauche de l’Amérique latine au moment où le capitalisme est dans une profonde crise à l’échelle mondiale. Cela minera encore plus l’influence américaine alors que ses projets pour l’Irak et l’Afghanistan sont en ruines. A l’inverse, une défaite de Chavez ferait reculer le Venezuela jusqu’avant 1999. Cela porterait un coup sévère à la gauche dans le monde entier. Cuba serait complètement isolé, ce qui donnerait une puissante impulsion aux éléments pro-capitalistes sur l’île.

L’opposition a cyniquement tenté de tirer profit de la maladie de Chavez avant la campagne présidentielle. Elle a souligné la « fragilité » de Chavez, par opposition à la prétendue bonne santé de son adversaire, plein de jeunesse et d’énergie. En outre, ajoute l’opposition, les chavistes n’ont personne qui pourrait le remplacer. Sur ce point, elle a raison. Et le fait qu’ils dépendent d’un seul homme est une faiblesse incontestable du mouvement bolivarien et du PSUV.

Chavez est allé plus loin que n’importe quel autre dirigeant en Amérique latine. Il a défié l’impérialisme et le capitalisme. Il a remis le socialisme à l’ordre du jour. Cela mérite d’être reconnu. Mais il existe des contradictions profondes au sein du mouvement bolivarien, car tout le monde n’y est pas favorable au socialisme – ou opposé au capitalisme.

Quand Chavez a été élu président pour la première fois, en décembre 1998, il avait un programme assez vague qui ne mentionnait pas le socialisme. Mais la vie enseigne. Sur la base de l’expérience, il s’est prononcé en faveur du socialisme. C’est un grand pas en avant. Mais il reste encore à le mettre en œuvre. Certes, il y a eu certains progrès : il a partiellement nationalisé certains secteurs clés comme les télécommunications, le ciment et l’acier. Il a attaqué à plusieurs reprises la bourgeoisie et l’oligarchie (ce qui est la même chose) et il s’est élevé contre l’impérialisme américain.

Mais l’absence de contrôle ouvrier dans les industries lourdes appartenant à l’Etat, comme l’acier, a engendré de nombreuses difficultés et des mécontentements. Les travailleurs en veulent à la bureaucratie qui est en train de les écarter et d’usurper le contrôle du mouvement bolivarien. Toutes les tentatives des travailleurs pour introduire des éléments de gestion et de contrôle ouvriers, par exemple dans les industries lourdes de base dans l’Etat de Guyana, malgré le soutien du Président, ont rencontré une résistance farouche de la part de la bureaucratie, qui est même allée jusqu’au sabotage. C’est ce qui s’est passé dans la sidérurgie de Guyana. Profitant de la maladie du Président, ces éléments parlent ouvertement de « chavisme sans Chavez. » Ils représentent le plus grand danger pour la révolution.

Chavez a suscité chez les masses un éveil à la vie politique et à la lutte, ce qui explique le lien profond qui les unit. Mais aujourd’hui, treize ans après l’élection de Chavez, la victoire finale de la révolution n’a pas encore été accomplie. Tant que la terre, les banques et les grandes entreprises resteront entre les mains de l’oligarchie, la révolution bolivarienne ne sera pas en sécurité.

La vérité est qu’une grande partie de la bureaucratie bolivarienne n’a jamais été favorable au socialisme. Les bureaucrates bolivariens ont sans cesse conspiré pour freiner la révolution, stopper les expropriations et surtout éviter que les travailleurs ne prennent le contrôle du processus.

Le Monde Diplomatique a récemment révélé l’attitude de l’aile droite du mouvement bolivarien, qui a longtemps rêvé de « chavisme sans Chavez » : « Au cours d’une visite au Brésil, en avril 2010, un journaliste demanda à M. Chavez s’il envisageait de céder un jour la place à un autre dirigeant : "Je n’ai pas de successeur en vue", répliqua-t-il. Est-ce encore le cas aujourd’hui ? L’année dernière, il concédait à l’un de ses anciens conseillers, l’universitaire espagnol Juan Carlos Monedero, qui venait de le mettre en garde contre les dangers d’un "hyperleadership" au Venezuela : "Je dois apprendre à mieux déléguer le pouvoir. " Durant les périodes où ses traitements l’éloignaient des affaires, plusieurs responsables politiques ont comblé le vide et émergé comme de possibles successeurs.

« Notamment le ministre des Affaires étrangères actuel, M. Nicolas Maduro, un ancien dirigeant syndical qui a présidé la commission à l’origine de la nouvelle législation sur le travail et qui dispose d’appuis solides au sein des organisations de travailleurs. Ou encore le vice-président exécutif, M. Elias Jaua, très populaire auprès de la base militante du mouvement chaviste. Sans oublier le président de l’Assemblée nationale, le pragmatique Diosdado Cabello, un ancien lieutenant qui compte de puissants soutiens dans l’armée. Privés de l’omniprésente tutelle de M. Chavez, "certains d’entre nous ont pensé qu’il serait difficile de poursuivre le processus", expliquait l’ex-conseiller Monedero en mai dernier. A présent, nous n’avons plus cette crainte, puisque je vois des douzaines de personnes qui pourraient continuer le travail sans le moindre problème." »

Qu’il y ait « des douzaines de personnes » prêtes à s’emparer du contrôle du mouvement bolivarien dès que Chavez quitte la scène, nous n’en doutons pas. Mais les partisans du « chavisme sans Chavez » n’ont aucun désir de « poursuivre le processus » de la révolution. Au contraire, ils souhaitent « poursuivre le processus » du déraillement de la révolution bolivarienne, c’est-à-dire édulcorer son programme afin qu’il soit acceptable pour l’oligarchie, interrompre les expropriations et faire marche arrière sur tout le programme. En d’autres termes, ils souhaitent mettre en œuvre le programme de la Cinquième Colonne bourgeoise au sein du mouvement chaviste.

La clé du succès de la révolution, c’est le contrôle du mouvement par la base, qui doit le prendre aux bureaucrates et aux carriéristes qui ont fait tant de mal à la cause bolivarienne. Ce sont les ouvriers et les paysans qui ont été la véritable force motrice de la révolution. Ce sont eux et eux seuls qui doivent en prendre le contrôle. Les seuls qui peuvent mener la révolution à la victoire sont les travailleurs et les paysans.

A bas la contre-révolution !
Expropriation de l’oligarchie !
Le pouvoir aux ouvriers et aux paysans !
Mener la révolution à son terme !


Alan Woods
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Message  Babalu le Jeu 4 Oct - 10:11

Declaration de SOB (Socialismo o Barbarie)
http://www.socialismo-o-barbarie.org/venezuela/121003_venezuela_declaracion_sob_elecciones.htm#_ftn3
Chavez ou Capriles: un choix à impact régional
"Dans tous les sondages, cependant, Capriles a gagné du terrain. Bien que le président soit toujours le favori, Capriles semble en voie d'obtenir le meilleur résultat jusqu'à aujourd'hui pour un candidat d'opposition à Chavez, un résultat qui le laisserait placé comme leader de l'opposition pendant des années." (Wall Street Journal, 10/03/2012)

Le 7 octobre prochain se réaliseront les élections au Venezuela. Au pouvoir depuis presque 14 ans, Hugo Chavez affronte une des élections les plus difficiles de sa gestion. Le type de phénomène qu'a produit le chavisme débouche sur une élection de haute tension politique, non seulement vu de l'intérieur, mais aussi de l'Amérique latine dans son ensemble.
En quelque sorte, le résultat donnera une indication sur l'avenir de la politique régionale. Ce scrutin aura des conséquences également pour la dynamique de la situation politique dans les autres pays de la région.

L'élection la plus difficile

Le premier point qu'on doit analyser est que l'administration Chavez dure depuis presque quatorze ans et aucun gouvernement capitaliste -et Chavez est capitaliste- peut durer tant d'années sans subir une usure.
A cette érosion politique s'ajoute une «incarnation» en la personne d'un Hugo Chavez qui n'est pas seulement plus âgée de 14 ans, mais qui a souffert d'un cancer, annoncé comme "guéri" un millier de fois, mais les faits le démentent. En tout cas, ce ne sont que des symptômes de problèmes sous-jacents qui seront discutés plus loin.

Tout d'abord, regardons les prévisions électorales. Les plus sensées semblent être celles qui annoncent que Chavez va finalement remporter l'élection, mais en tout cas, avec une marge plus faible. Il est vrai que dans les élections précédentes on observe des oscillations importantes.

Il y avait des élections où d'autres électorats se sont ajoutés au "noyau dur" des électeurs de Chavez, même de la classe moyenne. Il y avait aussi des circonstances où cette base chaviste a été suffisante pour remporter l'élection. Ceci, cependant, n'a pas eu lieu lors du référendum de 2007, où il fallait voter pour ou contre la deuxième réforme constitutionnelle. Chávez a été défait, obtenant moins de 50% des voix. Même une partie de ce "noyau dur" a refusé de le suivre, comme l'a démontré sa défaite à Petare, énorme quartier populaire sur la périphérie de Caracas.
Il est également un fait qu'aujourd'hui, les «escualidos» (comme on appelle l'opposition de droite) sont beaucoup mieux placés que dans les élections précédentes. Après leurs catastrophes politiques de 2002 et 2003 (avec l'échec complet de l'orientation putschiste) et après le désastre électoral (comme leur refus à participer à l'élection de 2004, laissant l'ensemble du Congrès à Chavez), les "escualidos" ont changé leur stratégie. Maintenant ils combattent Chavez sur son propre terrain, celui des élections.
En tout cas, plus que de faire des prévisions à quelques jours du vote il est important d'expliquer les raisons de l'affaiblissement de Chavez. Cela est nécessaire même si Chavez gagne, ce qui est le plus probable. Il est également impératif d'examiner les conséquences régionales dans les deux cas de figure, en fonction des résultats du dimanche 7.

Pas des changements de la structure économique

Chavez a réalisé une série de réformes et de programmes sociaux d'aide aux secteurs les plus pauvres de la société. Cependant, le grand problème c'est qu'il n'y a eu aucun changement structurel dans le capitalisme vénézuélien.

Ce n'est pas que Chavez ait «fini» avec le capitalisme au Venezuela, parce que ce n'est pas le cas. Des formules telles que «révolution socialiste en cours» ou «socialisme du XXIe siècle", c'est de la pure propagande qui n'a pas de fondement dans la réalité. Le vrai problème n'est pas de savoir si le chavisme ait fini avec le système capitaliste (ou soit en train de le faire). Le gros problème, c'est qu'il n'y a pas eu de modification structurelle du capitalisme dans la période chaviste au Venezuela!
En d'autres termes: le Venezuela est encore un pays capitaliste, vivant essentiellement (plus que jamais) de la rente pétrolière!

Mais il y eu des changements entre le néolibéralisme des années 1990 et aujourd'hui. Il y a eu des changements importants dans la propriété et le partage des revenus pétroliers.

Sous le néolibéralisme des 90, PDVSA, la compagnie pétrolière d'Etat, sans avoir été formellement privatisée, faisait une distribution des revenus du pétrole pour l'essentiel favorisant les capitaux privés et étrangers. Une bureaucratie énorme que l'on appelait la «méritocratie» dirigait l'entreprise de manière relativement indépendante de l'Etat vénézuélien lui-même, en plus de se remplir les poches, en dirigeant le flux des revenus pétroliers vers des capitaux privés.

Dans la «grève-sabotage» de fin 2002 au début 2003, la «méritocratie» a été défaite par l'action déterminée des travailleurs du pétrole, qui ont empêché l'arrêt de la production et du transport. Le gouvernement vénézuélien a pu prendre en charge la totalité des recettes pétrolières (mis à part les joint-ventures avec des entreprises impérialistes mené par Chavez lui-même).
Une partie de cette rente- renforcée par la hausse des prix du pétrole- a permis de financer les programmes sociaux ou les «missions» que Chavez a lancés et qui lui ont donné tant de popularité.

Mais cette redistribution des revenus du pétrole ne signifiait pas un changement structurel, aucune transformation de l'appareil productif. Venezuela dépend encore exclusivement et à grande échelle de l'extraction et de l'exportation du pétrole. Le pays, comme avant Chávez, se caractérise par une industrialisation très faible et une situation encore pire dans la production agricole. Cela oblige à importer 80% des produits alimentaires et de consommation populaires.
En bref: la structure de production qui rend le pays non seulement capitaliste, mais en plus dépendant, n'a pas été changé du tout.

Cela provoque des graves problèmes sociaux. Tout d'abord, le chômage massif et le sous-emploi. Ainsi, au Venezuela ces phénomènes sont très massifs et le «travail indépendant» est considéré comme «naturel». Auparavant Caracas était remplie de commerçants de rue. Pour les cacher, le gouvernement a finalement interdit la vente ambulante et il a enfermé les vendeurs précaires dans des «marchés», faisant appel à une bonne dose de répression. Mais, bien sûr, le problème structurel de la production et de l'emploi ne se résout pas en masquant la situation.

Dans les quartiers entourant la capitale, il y a d'énormes colonies populaires avec des habitants qui, même si aujourd'hui ils sont assistés au moyen des plans sociaux, continuent à vivre dans les mêmes conditions qu'il y a des décennies.

Ce n'est pas par hasard que le déficit de logements est énorme. C'est un déficit auquel le chavisme n'a pas donné une réponse de manière satisfaisante, au-delà des plans et des annonces faites sous la pression de la campagne électorale .

Comme dans d'autres pays, le chômage massif et le sous-emploi, notamment à Caracas, est le terrain sur lequel la délinquance a augmenté de façon spectaculaire. A cela s'ajoute l'effondrement des infrastructures d'électricité, de routes, de l'entretien des centrales électriques, des problèmes d'approvisionnement, etc
Tous ces problèmes sont abordés par la droite et son candidat Capriles : "Dans ses discours, Capriles se concentre sur les maux de tous les jours qui affligent les Vénézuéliens, comme les pannes d'électricité et les pénuries alimentaires, marquant un contraste avec l'ostentation du président." (WSJA, idem).

Chavez a élaboré des éléments non pas de socialisme, mais de capitalisme d'Etat par voie de nationalisations diverses, une plus grande intervention du gouvernement dans l'économie, un ensemble de régulations qui s'éloignent, dans une grande mesure, du «modèle néolibéral».

Malgré la parlote sur le «socialisme du XXIe siècle», Chavez n'a jamais été prêt à s'engager dans une orientation anticapitaliste, condition nécessaire pour changer la structure productive du pays.

Les limites d'une gestion charismatique

En l'absence de changements fondamentaux, Chavez a choisi une autre voie. Il s'est consacré à l'arbitrage des contradictions de classe, ce qui, par ailleurs, dans le contexte de l'effondrement des partis traditionnels de la "IVe République", impliquait une gestion «charismatique» exercée par Chavez lui-même. Autrement dit, une «omniprésence» politique à travers des discours marathon, des émissions de radio comme "Bonjour président", parcourant sans relâche le pays, etc.

C'était une tentative de remplacer, d'en haut, l'absence d'organismes rassemblant les masses exploitées et opprimées. Leur action devrait être la véritable substance du «pouvoir du peuple». Le Venezuela a manqué presque entièrement d'organisations de pouvoir des masses, à l'exception des moments comme la situation radicalisée des années 2002 et 2003. À ces occasions, les mobilisations des masses elles-mêmes ont sauvé Chávez de deux tentatives de coup d'Etat. Pas l'appareil du chavisme!

Bien sûr, les gestions "charismatiques" posent le problème que le chef est «irremplaçable» parce que toutes les relations politiques sont nouées autour d'une «figure» et non de médiations «institutionnelles» plus formelles, comme le sont les vrais organismes du pouvoir du peuple. Les soi-disant «conseils communaux» ne sont qu'une caricature de cela. Ou, plutôt, sont l'exact opposé: des organismes de "clientélisme" et de contrôle, de haut en bas, dans le style des «comités de défense» cubains.

Mais il y a aussi un autre fait très important. Compte tenu de l'absence d'organismes réels de base (lesquels serait la seule façon de constituer le véritable socialisme), et compte tenu également du fait de l'effondrement des vieux partis traditionnels, une «démocratie plébiscitaire» s'est installée, dans le strict respect des mécanismes de la démocratie bourgeoise (vote de tous les citoyens).

La conséquence est que le chavisme se peut prévaloir d'une sorte de record dans les élections générales, où la question était toujours de plébisciter Chavez lui-même.

Mais le problème est que le mécanisme plébiscitaire, au fond, est tout à fait antidémocratique, entre autres raisons, parce qu'il ne laisse pas le choix: soit de voter pour Chávez ou de passer du côté des "escualidos". Alors, évidemment, à ce jour, la plupart ont voté pour Chavez, parce ils craignent un retour à l'ancien état de choses sous des gouvernements libérales.

Mais ce mécanisme plébiscitaire non seulement n'a rien à voir avec un système de «démocratie socialiste» (en fait, c'est juste une sorte d'adaptation de la démocratie bourgeoise et de son souffrage indirect), mais, en même temps il comporte un danger . Il suffit de perdre l'un des plébiscites, et tout peut s'écrouler!

En somme, au Venezuela il y a eu continuité de la démocratie patronale, en tout cas, avec des formes de «démocratie participative». Le vieux système de partis s'est effondré, mais les institutions répressives, colonne vertébrale de l'Etat, existent toujours (les forces armées «bolivariennes» sont le cas le plus emblématique). Chavez a lancé un parti d'état, le PSUV, et l'opposition patronale aussi a reconstruit et "renouvelé" ses instruments de politique.

En bref, et avec l'inexistence d'organisations de travailleurs, les choses sont réglées comme dans tout autre pays, par des élections indirectes, ce qui explique pourquoi le "projet chaviste" peut être saboté seulement en perdant les élections ...

D'où, aussi, non seulement les limites (et la nature non démocratique) de la gestion charismatique, mais aussi de la démocratie (bourgeoise) du plébiscite.

Le monde à l'affût

Cela ne signifie pas que le résultat de l'élection nous soit indiffèrent. Le courant Socialisme ou Barbarie international se prononce pour le vote à la candidature indépendante des travailleurs d'Orlando Chirino, un dirigeant syndical vénézuélien de longue date.

Cependant, au-delà de cela, l'impact du résultat effectif du vote ne sera pas négligeable, selon que ce soit Chavez ou Capriles qui remporte l'élection. Le Wall Street Journal pense que vraisemblablement Chavez gagnera, mais que, dans tous les cas, Capriles se sera installé, y compris de par son âge, comme alternative à long terme.


Clairement la victoire ou la défaite de Chavez aura un énorme impact régional et aussi, bien que de façon limitée, international. Si Chavez réussit le test, ce sera un signe que le cycle politique dans la région, avec des traits de rébellion, de réformisme populaire et de cooptation des mouvements de combat (mais pas encore de révolution sociale) n'est pas achevé.

Inversement, si Capriles surprend en remportant la victoire, les bourgeoisies régionales du continent (avec le soutien américain) qui montrent des signes d'épuisement et de fatigue par rapport à ces gestions "charismatiques" redoubleront la pression. Ils veulent un retour à la «normalité» dans la gestion de leurs affaires sans l'intromission de l'État.

Il sera plus difficile de prévoir le futur si le résultat est douteux. Il y aura des contestations des résultats de la part de Chavez et de Capriles et certainement une telle issue conduirait à une grave crise.

Cependant, nous devons nous rappeler comment Chavez a immédiatement concédé sa défaite quand il a perdu le référendum sur la réforme constitutionnelle de 2007 (ce qui fait que Cristina Kirchner pointe le "respect absolu de la démocratie de Chavez). On a déjà vu le comportement des autres directions réformistes pusillanimes, par exemple lorsque les Sandinistes 3ont perdu les élections en 1990 face à Violeta Chamorro .

La démarche de Capriles est plus difficile de prévoir avec précision. Mais au-delà des vociférations et des plaintes, il semble que très probablement il ne ferait pas grand-chose en cas de défaite. Comme indiqué ci-dessus, le bilan de la bourgeoisie vénézuélienne est que si elle se polarise de façon putschiste, elle perd. Elle devra suivre le jeu institutionnel, tant que Chavez, même si elle ne l'aime pas, ne viole pas le système. Il ne l'a pas fait, ni ne le fera.
________________________
3 -Bien sûr, les garçons (sandinistes) ont eu leur récompense pour ce comportement de vente de la révolution, en gardant la "piñata", comme s'appelait le détournement massif des biens de l'État par les dirigeants sandinistes. Cela a été toléré par la bourgeoisie, comme une «récompense» pour leur respect des institutions.



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Message  Roseau le Ven 5 Oct - 23:54

Une excellent dossier sur la réalité sociale, économique et politique,
loin des affabulations grotesque de JLM et de ses groupies PC ou autres...
http://alencontre.org/ameriques/amelat/venezuela/venezuela-un-antimodele-a-gauche-dossier-en-annexe.html
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Message  Roseau le Dim 7 Oct - 17:25

Il faut gagner le 7 octobre mais la révolution de se décrète pas
GOMEZ Gonzalo
http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article26571
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Message  Babalu le Dim 7 Oct - 20:58

Roseau a écrit:Il faut gagner le 7 octobre mais la révolution de se décrète pas
GOMEZ Gonzalo
je connais bien le camarade. Le PST (troskiste) s'est divisé, Marea rentre dans le parti gouvernemental, et l'autre groupe avec le dirigent ouvrier Chirino se maintient comme parti classiste indépendant . J'ai voté pour lui.http://laclase.info/
Gonzalo "oublié" de critique le principal responsable du problèmes du pays, Chavez!
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Message  Roseau le Dim 7 Oct - 22:03

L'interview mérite d'être lu. Il est très critique de la politique du régime.
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Message  Babalu le Lun 8 Oct - 9:01

Roseau a écrit:L'interview mérite d'être lu. Il est très critique de la politique du régime.
c'est vrai...
Avec 7,4 millions de voix, Chavez fait pratiquement le même nombre de votes qu’en 2006 (7,3 millions), mais obtient le plus bas pourcentage de sa carrière.
______________________
Pour les États Unis socialistes, antipatriarcales et antiracistes d'Europe!![/quote]

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Message  Prado le Lun 8 Oct - 10:20

Voici les résultats de l'élection présidentielle :

Chavez : 54.42%
Capriles Radonski : 44.97%
Reina Sequera : 0.46%
Maria Bolivar : 0.05%
Luis Reyes : 0.05%
Orlando Chirino 0.02%

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Message  Babalu le Lun 8 Oct - 17:29

Prado a écrit:Voici les résultats de l'élection présidentielle :

Chavez : 54.42%
Capriles Radonski : 44.97%
Reina Sequera : 0.46%
Maria Bolivar : 0.05%
Luis Reyes : 0.05%
Orlando Chirino 0.02%
c'est déjà bien que Chirino aie pu se présenter, c'est acte de courage et d’indépendance politique. Les petits candidats n'on pas eu droit à la télévision. Au Venezuela il n'y a que 40 mil ouvriers pétroliers, en toute l'industrie on peut arriver à 100 mil, c'est étrange un candidat "ouvrier" ......
______________
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Message  Babalu le Lun 8 Oct - 17:33

Babalu a écrit:
Prado a écrit:Voici les résultats de l'élection présidentielle :

Chavez : 54.42%
Capriles Radonski : 44.97%
Reina Sequera : 0.46%
Maria Bolivar : 0.05%
Luis Reyes : 0.05%
Orlando Chirino 0.02%
c'est déjà bien que Chirino aie pu se présenter, c'est acte de courage et d’indépendance politique. Les petits candidats n'on pas eu droit à la télévision. Au Venezuela il n'y a que 40 mil ouvriers pétroliers, en toute l'industrie on peut arriver à 400 mil, c'est étrange de présenter un candidat "ouvrier" ......un privilège?
______________
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Message  Roseau le Mar 9 Oct - 21:41

http://alemistas.org/?p=437
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Message  Roseau le Mar 9 Oct - 21:48

Le Venezuela face aux élections
ALMEYRA Guillermo
http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article26597#nb1
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Message  Roseau le Mer 10 Oct - 18:31

7 Octobre, Chavez président – 8 Octobre, débarasser la révolution de ses bureaucrates !
MIRANDA Carlos
http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article26598
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Message  Roseau le Jeu 11 Oct - 19:19

par Franck Gaudichaud , Patrick Guillaudat
(10 octobre 2012)
http://www.npa2009.org/content/nouvelle-victoire-du-candidat-bolivarien-hugo-chavez
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Message  Babel le Dim 11 Nov - 16:17

VENEZUELA, UNE REVOLUTION SANS REVOLUTION ?

(Paru dans la RdL n°8 actuellement en kiosque (novembre/décembre 2012))

Entretien avec Marc Saint-Upery propos recueillis par Charlotte Nordmann

Que se passe-t-il vraiment au Venezuela ? Contre les représentations hâtives qui, négligeant l’examen précis des faits, tantôt diabolisent tantôt idéalisent le régime de Chávez, contre la tendance à plaquer sur l’Amérique du Sud, en toute indifférence à la réalité, des mythes censément mobilisateurs, nous avons voulu ici revenir avec Marc Saint-Upéry sur le bilan sévère qu’il fait, chiffres à l’appui, de ce qui se joue actuellement au Venezuela. Une façon d’interroger, plus généralement, ce qui définit un gouvernement de gauche.

Marc Saint-Upéry est journaliste, éditeur et traducteur ; il est notamment l’auteur de Le Rêve de Bolivar. Le défi des gauches sud-américaines (La Découverte, 2007) ; il réside en Équateur.
Charlotte Nordmann est traductrice, essayiste et membre du collectif éditorial de la RdL.

Qu’en est-il vraiment du bilan social d’Hugo Chávez ? Certains y voient une réduction sans précédent de la pauvreté, d’autres parlent de mesures électoralistes.

La courbe de popularité de Chávez coïncide de façon frappante avec celle des dépenses publiques et la variation de ces dernières est effectivement très étroitement liée au calendrier électoral1. Chávez a lui-même candidement avoué que l’idée des « missions » bolivariennes avait été improvisée dans l’urgence à partir de fin 2003, avec l’aide cruciale de Fidel Castro et au vu des enquêtes qui donnaient le leader bolivarien perdant dans le référendum révocatoire prévu en 20042. Cela dit, ces programmes ont incontestablement amélioré la vie des plus pauvres. En 1998, 43,9 % de la population était pauvre et 17,1 % extrêmement pauvre. En 2011, on comptait 26,7 % de pauvres et 7 % d’individus vivant dans l’extrême pauvreté. On constate toutefois un ralentissement notable de cette réduction : elle est de 16,4 points entre le deuxième semestre 2004 et le deuxième semestre 20063 et de seulement 1,8 points au cours des quatre années qui ont suivi.

Aujourd’hui, il y a encore près de 30 % de pauvres au Venezuela, et les 4 millions de personnes qui ont échappé statistiquement à la pauvreté ou à l’extrême pauvreté ne vivent pas pour autant dans des conditions toujours très enviables. D’autres éléments de leur qualité de vie se sont souvent détériorés en raison de graves problèmes d’infrastructures, d’inflation (plus de 25 %) et de sous-emploi, sans parler de l’explosion de l’insécurité. Le Venezuela de Chavez connaît le taux de mortalité criminelle le plus élevé du continent.

Mais au-delà des statistiques, il y a un problème structurel. La politique sociale de Chávez obéit à ce qu’un écrivain vénézuélien désignait comme une « culture de campement ». Les missions bolivariennes en matière de santé, d’éducation, etc., sont des opérations de commando extra-institutionnelles, sans horizon soutenable défini, parfois militarisées, ou bien directement gérées par un État étranger. Non seulement ce modus operandi ne correspond guère à la logique d’une véritable politique sociale d’État, mais il contribue paradoxalement à l’érosion de la capacité d’intervention de la puissance publique et du contrôle démocratique des comptes de la nation. Outre son caractère erratique, la dépense sociale financée par les revenus du pétrole – le prix du baril est passé de 10 dollars en 1998 à plus de 100 dollars ces dernières années – est presque totalement discrétionnaire et soustraite à tout contrôle parlementaire ou citoyen. Par ailleurs la droite, qui sait bien qu’elle doit affronter la fracture sociale si elle veut reconquérir le pouvoir, s’est déclarée très sincèrement prête à perpétuer les « missions » et même à en faire une obligation légale. Elles sont en effet tout à fait compatibles avec les privatisations et le démantèlement parallèle de l’État, et elles permettent de surcroît d’évacuer l’exigence d’une réforme fiscale progressiste.

Vous parlez par ailleurs de « criminalisation des mouvements sociaux et du syndicalisme de lutte ». Pouvez-vous expliciter cette affirmation plutôt surprenante ?

Dans la période 2002-2004, les manifestations de rue étaient souvent massives, mais essentiellement liées aux expressions cycliques de la polarisation politique entre la classe moyenne antichaviste et les partisans du gouvernement, surtout à Caracas. Or, depuis2006-2007, on constate sous une forme plus dispersée et localisée une véritable explosion des protestations sur la voie publique ; elles sont généralement animées par des acteurs populaires appartenant à la base sociale du chavisme et mobilisés en défense de revendications portant sur leurs conditions de vie.

En modifiant la législation existante et en promulguant de nouvelles lois « antiterroristes », le gouvernement a instauré des peines de prison pour des activités jadis tolérées ou considérées comme légitimes, comme l’obstruction de la voie publique. Ces dernières années, plus de 2 500 activistes sociaux ont ainsi fait l’objet de poursuites pénales, et une trentaine d’entre eux ont été incarcérés.

En outre, aux yeux de Chávez, « l’autonomie du mouvement syndical est un poison contre-révolutionnaire hérité du régime antérieur » (sic). Après avoir tenté en vain de détruire la CTV, le syndicat social-démocrate traditionnel lié à l’opposition, le régime a créé sa propre centrale. Le problème, pour le pouvoir, c’est qu’on trouve dans ses rangs de vrais syndicalistes luttant pour leurs revendications et ne souhaitant pas passer sous la coupe du parti officiel, le PSUV. À dater de 2011, un total de 120 militants syndicaux avaient ainsi fait l’objet de poursuites pénales pour avoir exercé pacifiquement leur droit de grève ou de protestation ; plus de la moitié d’entre eux sont des sympathisants du gouvernement. Il y a pire : certains syndicalistes sont traduits devant des tribunaux militaires sous prétexte de « violation de la zone de sécurité », un chef d’accusation parfaitement fantaisiste inventé par le régime et taillé sur mesure pour permettre la répression des conflits du travail dans les entreprises prétendument « stratégiques », définies comme telles de façon tout aussi arbitraire.

Comment concilier cette réalité avec le discours de Chávez sur la « révolution » et le « socialisme » ?

Il y a une gauche chaviste sincère – mais paradoxalement de plus en plus marginalisée depuis que Chávez a promulgué officiellement la marche vers le « socialisme » en 2007 – qui est convaincue qu’il existe au Venezuela une dynamique révolutionnaire partiellement confisquée par la bureaucratie chaviste et la « bolibourgeoisie » [NdlR : de «Bolivar» et «bourgeoisie» : hommes d’affaires, fonctionnaires et banquiers qui se sont considérablement enrichis sous Chavez], et qu’il faut donc faire une « révolution dans la révolution ». À mon avis, ces militants sont victimes de ce que j’appellerais une grave « illusion métonymique ». Certains des processus de lutte et d’auto-organisation à la base qu’ils décrivent sont réels, mais ils sont aussi bien plus minoritaires et dispersés qu’ils ne le suggèrent, et sans impact majeur sur la dynamique de fond du régime. Cette dernière n’est d’ailleurs pas vraiment nouvelle, mais reflète une logique de rénovation partielle des élites dont on a déjà vu des exemples à la fin des années 1940 et dans les années 1960. Il y a une « émergence plébéienne » au Venezuela et dans d’autres sociétés de la région, et c’est un phénomène globalement positif, mais ce n’est pas du tout la même chose qu’une dynamique populaire révolutionnaire.

Chávez a stimulé une espèce d’empowerment symbolique des secteurs marginalisés, il a politisé la question sociale et mis en œuvre des transferts massifs de revenus pétroliers. Mais sur le fond, la « révolution bolivarienne » s’est limitée à passer une couche de peinture rouge sur le modèle de capitalisme d’État rentier, gaspilleur et clientéliste-parasitaire typique du « Venezuela saoudite » pendant ses phases de prospérité. Les tendances structurelles lourdes de l’économie vénézuélienne démentent une quel- conque évolution dans un sens « socialiste ». Comme le signale un ancien ministre du gouvernement bolivarien, Victor Álvarez, le poids du secteur privé dans l’économie a progressé de 64,7 % en 1998 à plus de 70 % aujourd’hui et l’amélioration de la situation des salariés « occulte le fait bien réel que les détenteurs de capitaux ont beaucoup plus prospéré que les travailleurs ». Le secteur productif non pétrolier a périclité et la dépendance par rapport aux importations technologiques et alimentaires a augmenté. Quant au poids de l’économie sociale (coopératives, « entre- prises de production sociale »), il est seulement passé de 0,5 % à 1,6 % et masque en fait bien souvent des stratégies de flexibilisation du travail et de sous-traitance au rabais de tâches qui devraient relever du secteur public.

N’y a-t-il pas toutefois une récupération au profit du peuple du contrôle de secteurs clés de l’économie ?

C’est ce que prétend la propagande chaviste et pro-chaviste, mais même de ce point de vue-là, le Venezuela est un cas d’espèce assez insolite. Premièrement, la politique de nationalisation du régime a fréquemment ciblé telle ou telle entreprise pas nécessairement vitale, ou bien tel ou tel canard boiteux, pour des raisons étroitement contingentes et politiciennes. Les résultats ont le plus souvent été désastreux, ce qui a contribué à renforcer l’idéologie néolibérale en paraissant démontrer que la gestion de l’État est systématiquement inefficace et corrompue – alors même qu’il y a des entreprises publiques qui fonctionnent fort bien ailleurs en Amérique latine. Le secteur nationalisé bolivarien (notons que le pétrole était déjà nationalisé) a réussi l’exploit de passer directement à une phase de stagnation de type brejnévien sans connaître la phase de productivité basée sur l’accumulation extensive qu’a tout de même vécu l’Union soviétique à l’époque de l’industrialisation stalinienne. Deuxièmement, plus qu’un modèle socialiste, on pourrait voir dans le Venezuela de Chávez un nouvel exemple de développement socio-économique de type « national-populaire », avec des précédents classiques en Amérique latine. Pourtant, ce qui le différencie étrangement d’expériences du type de celle de Vargas au Brésil ou Perón en Argentine dans les années 1940 et 1950 – à part son caractère ultra-rentier et son niveau d’inefficience abyssal (une inefficience « plus redoutable que l’Empire », a avoué une fois Chávez) –, c’est qu’il s’agit d’un national-développementisme sans promotion d’une bourgeoisie nationale ni alliance avec elle. Pour l’essentiel, Chávez fait du développement « national » avec le grand capital brésilien, les multinationales chinoises et le patronat colombien.

Si la réalité est telle que vous la décrivez, comment expliquer la ferveur que suscite Chávez dans certains secteurs de la gauche en Europe et en France ?

Le prestige international du régime bolivarien a quand même nettement décliné au cours de ces dernières années, pour toutes sortes de raisons. Citons entre autres : une perception plus ou moins confuse du décalage entre rhétorique et réalité, avec en particulier la démonétisation d’un « anti-impérialisme » histrionique qui n’arrive plus à occulter d’excellentes relations pétro-commerciales avec les États-Unis et une véritable idylle avec le président colombien Juan Manuel Santos, allié crucial de Washington ; la réévaluation positive des résultats et de l’importance du Brésil de Lula et Dilma Roussef ; la réaction aberrante et même criminelle de Chávez aux révolutions arabes4. La « ferveur » que vous mentionnez a été récemment « réchauffée » de façon un peu artificielle grâce aux efforts médiatiquement très calculés de certains acteurs politiques français en mal de mythe mobilisateur. Si vous avez une trajectoire de confortable notable social-démocrate et que vous souhaitez vous réinventer en farouche tribun robespierro-guevariste, agiter la bannière bolivarienne est quand même assez pratique. Et puis, si Chávez est capable de déclarer que Kadhafi est un « Bolivar africain » et Assad un « humaniste socialiste », pourquoi s’étonner que tel ou tel homme politique français soit assez naïf ou irresponsable pour voir dans le Venezuela un grand modèle d’alternative anticapitaliste ? En réalité, quand bien même on aurait une appréciation ultra-positive du bilan de Chávez, le contexte de son action est tellement différent – manne pétrolière de type saoudien, faible différenciation productive, structure sociale inégalitaire à salariat formel peu développé, faible teneur républicaine des institutions – qu’il n’y a guère de leçons à en tirer pour affronter les graves défis auxquels est confrontée la gauche en Europe.

Mais le plus grave, c’est que des gens de gauche choisissent l’aveuglement volontaire ou la sous-estimation opportuniste face au caractère inadmissible de pratiques ultra-autoritaires, manipulatrices, corrompues, désinstitutionnalisantes ou dégradantes qui sont monnaie courante dans le Venezuela de Chávez et feraient aussitôt grimper aux rideaux le Parti de Gauche ou le NPA si elles étaient mises en œuvre en France. Sauf qu’en Amérique latine, vous comprenez, ça fait partie d'un sympathique folklore tropical, et puis « ils redistribuent l’argent du pétrole aux pauvres », et puis « ils font la révolution »… Tout cela relève d’une complaisance paternaliste qui est à la limite du racisme.

Comme le signalait le philosophe marxiste Ernst Bloch, les grandes conquêtes des Lumières, l’habeas corpus, la liberté d’expression, la séparation des pouvoirs, la garantie d’un juste procès, aussi imparfaites, limitées ou contraintes qu’elles puissent être dans telle ou telle « démocratie réellement existante », ne sont pas des libertés « bourgeoises » ou « formelles » : elles sont une « orthopédie du marcher debout ». Il y a trop de gens dans la gauche latino- américaine – et apparemment, hélas, pas seulement latino-américaine – qui ne souhaitent pas que les citoyens puissent marcher debout sans accepter la tutelle de leaders « héroïques » qui savent mieux que le peuple ce dont le peuple a besoin. Le cas de l’asservissement politique du système judiciaire au Venezuela est particulièrement criant. C’est un des principaux instruments de contrôle autoritaire de la société, et Noam Chomsky lui-même, pourtant initialement très proche du gouvernement bolivarien, a admis qu’« il n’y a pas de garantie de jugement juste et impartial » sous le régime de Chávez5.

Il est aujourd’hui assez difficile d’exercer ouvertement un pouvoir dictatorial dans nombre de pays, y compris dans les pays du Sud. On voit donc se développer une série de techniques de gouvernance autoritaire « modulaires », à géométrie variable, qui cohabitent souvent avec un électoralisme frénétique et sont largement indépendantes de la coloration idéologique officielle de tel ou tel régime. D’où la ressemblance étonnante de nombre de pratiques institutionnelles (ou anti-institutionnelles) du gouvernement bolivarien avec celles d’un régime comme celui de Viktor Orbán en Hongrie, par exemple.

Aucune « réduction de la pauvreté » ne justifie qu’on ferme les yeux sur cette dynamique perverse, qui est par ailleurs parfaitement adaptée à l’insertion « modernisée » – mais toujours sur une base primo-exportatrice et néo-dépendante – de certains pays périphériques dans une mondialisation capitaliste aujourd’hui multipolaire. Tout cela va bien au-delà du cas finalement anecdotique de Chávez et du Venezuela et mériterait une analyse comparée beaucoup plus profonde, mais je crains que la gauche radicale soit encore trop attachée à ses mythes et à ses fétiches pour être capable de porter sur ce phénomène un regard lucide, ou même pour simplement commencer à le percevoir.

NOTES

1. Cf. Javier Corrales et Michael Penfold, Dragon in the Tropics. Hugo Chávez and the Political Economy of Revolution in Venezuela, Washington, Brookings Institution, 2011, fig. 2-1, p. 25.

2. Taller de alto nivel : « El nuevo mapa estratégico », 12-13 novembre 2004, http://sala.clacso.org.ar/gsdl/collect/chavez/ index/assoc/HASH01b5/30336825.dir/doc.pdf.

3. Période correspondant à deux échéances électorales majeures: le référendum révocatoire du 15 août 2004 et le scrutin présidentiel du 3 décembre 2006.

4. Non seulement Hugo Chávez a apporté un soutien inconditionnel à Mouammar Kadhafi et Bachar Al-Assad, mais la propagande bolivarienne met souvent en cause l’authenticité des autres soulèvements arabes, les considérant comme manipulés dès le départ par Washington au service de ses visées hégémoniques au Moyen-Orient.

5. Cf. Beatriz Lecumberri, La revolución sentimental : viaje periodístico por la Venezuela de Chávez, Caracas, Puntocero, 2012, p. 266.


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Message  Roseau le Dim 11 Nov - 16:54

Malheureusement, Marc Saint-Exupéry n'invente rien.
Il a depuis cet entretien envoyé en plus ce complément d'info

Remarques complémentaires
envoyées par Marc Saint-Upéry le 9 novembre 2012

Deux petits faits post-électoraux intéressants à l’intention de mes lecteurs qui pourraient estimer que Marc Saint-Upéry «exagère»:

• 1- Chávez vient de nommer d’autorité, comme c’est son habitude et sans aucune consultation ou semblant de consultation de la base du PSUV, les candidats au poste de gouverneur pour les élections régionales de décembre prochain. C’est triste à dire, mais l’opposition accusée par le chavisme de «fascisme» avait pour sa part choisi tous ses candidats sur la base d’élections primaires. On compte 10 militaires sur 23 candidats, et une bonne partie de ces candidats, déjà fonctionnaires du régime, sont notoirement connus pour leur enrichissement personnel spectaculaire.

• 2- Le collectif révolutionnaire, El Lumpen, qui organise un secteur de base chaviste «critique», vient de publier une analyse post-électorale. En voici un extrait significatif (traduction sommaire):

«L’usure du processus [NdT: «el proceso», l’expérience bolivarienne dans son ensemble] se manifeste non seulement par la mesure statistique de sa force électorale, mais par quatre facteurs clés qui influent sur la perception politique:

a) L’incapacité du processus pour empêcher la propagation de la culture de la corruption politique et promouvoir des mécanismes de contrôle et de sanction. La corruption n’est plus quelque chose de pathologique, elle est devenue normale («celui qui ne vole pas est un imbécile»). En ce sens, certains critiques affirment que le style vertical et paternaliste du processus coexiste nécessairement avec cette culture pernicieuse, et que donc, de ce point de vue, le processus a favorisé une culture politique qui n’est pas différente de celle qui dominait avant la révolution bolivarienne;

b) La généralisation de la culture et de la pratique de l’inefficacité, encouragée par l’improvisation et la nomination à des postes de gestion de personnages médiocres, de sycophantes et de véritables délinquants;

c) L’insécurité croissante des personnes. Ce grave problème est mis à profit par la droite pour gagner des voix, c’est certainement là l’un de ses principaux facteurs de croissance. Il s’agit d’une réalité que nous ne devons ni cacher ni essayer de minimiser. Même parmi les membres du gouvernement, il n’en est pas un qui ne puisse citer un cas d’enlèvement, d’agression ou de meurtre dans leur milieu familial, de travail ou parmi leurs amis. Le fait est que dans notre pays, il meurt de mort violente autant ou plus de gens que dans des pays victimes d’une guerre civile ouverte. Dissimuler ce fait, c’est donner raison à la droite et ne pas comprendre le niveau de frustration des familles qui ont été affectées par un incident de violence criminelle.

d) L’incapacité de parvenir à des changements fondamentaux dans la structure économique dépendante du pétrole. Le nouveau gouvernement a promis de remédier à ce problème. C’est toutefois une tâche complexe qui exige de la clarté dans le domaine stratégique, conceptuel et pratique.»

Mais sans doute s’agit-il encore de «propagande antichaviste primaire», pas vrai? (9 novembre 2012)
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Message  Achille le Dim 11 Nov - 17:07

Solidarité avec les travailleurs vénézuéliens contre les attaques impérialistes et leurs alliés petits-bourgeois !
Un article d'il y a 5 ans qui conserve toute son actualité face aux donneurs de leçons qui n'ont jamais changé quoique ce soit aux conditions de vie des travailleurs dans leur pays ou ailleurs :

Hugo Chávez
par Ignacio Ramonet, août 2007

Peu de gouvernants au monde font l’objet de campagnes de démolition aussi haineuses que M. Hugo Chávez, président du Venezuela. Ses ennemis n’ont hésité devant rien : coup d’Etat, grève pétrolière, exode de capitaux, tentatives d’attentat... On n’avait pas vu un tel acharnement en Amérique latine depuis les attaques de Washington contre M. Fidel Castro. Les calomnies les plus misérables sont colportées contre M. Chávez, conçues par les nouvelles officines de propagande – National Endowment for Democracy (NED), Freedom House, etc. – financées par l’administration du président des Etats-Unis George W. Bush. Dotée de moyens financiers illimités, cette machine à diffamer manipule des relais médiatiques (dont des journaux de référence) et des organisations de défense des droits humains, enrôlés à leur tour au service de ténébreux desseins. Il arrive aussi, ruine du socialisme, qu’une partie de la gauche sociale-démocrate ajoute sa voix à cette chorale de diffamateurs.

Pourquoi tant de haine ? Parce que, à l’heure où la social-démocratie connaît une crise d’identité en Europe, les circonstances historiques semblent avoir confié à M. Chávez la responsabilité de prendre la tête, à l’échelle internationale, de la réinvention de la gauche. Alors que, sur le Vieux continent, la construction européenne a eu pour effet de rendre pratiquement impossible toute alternative au néolibéralisme (lire « An 01 de la gauche, on arrête tout, on réfléchit » et « Le spectre de l’Occident paralyse la pensée »), au Brésil, en Argentine, en Bolivie et en Equateur, inspirées par l’exemple vénézuélien, les expériences se succèdent qui maintiennent vivant l’espoir de réaliser l’émancipation des plus humbles.

A cet égard, le bilan de M. Chávez est spectaculaire. On comprend que, dans des dizaines de pays pauvres, il soit devenu une référence obligée. Dans le respect scrupuleux de la démocratie et de toutes les libertés (1), n’a-t-il pas refondé la nation vénézuélienne sur une base neuve, légitimée par une nouvelle Constitution qui garantit l’implication populaire dans le changement social ? N’a-t-il pas rendu leur dignité de citoyens à quelque cinq millions de marginalisés (dont les indigènes) dépourvus de documents d’identité ? N’a-t-il pas repris en main la compagnie publique Petróleos de Venezuela SA (PDVSA) ? N’a-t-il pas déprivatisé et rendu au service public la principale entreprise de télécommunication du pays ainsi que la compagnie d’électricité de Caracas ? N’a-t-il pas nationalisé les champs pétrolifères de l’Orénoque ? Enfin, n’a-t-il pas consacré une part de la rente pétrolière à acquérir une autonomie effective face aux institutions financières internationales, et une autre au financement de programmes sociaux ?

Trois millions d’hectares de terre ont été distribués aux paysans. Des millions d’adultes et d’enfants ont été alphabétisés. Des milliers de dispensaires médicaux ont été installés dans les quartiers populaires. Des dizaines de milliers de personnes sans ressources, atteintes d’affections oculaires, ont été gratuitement opérées. Les produits alimentaires de base sont subventionnés et proposés aux plus démunis à des prix inférieurs de 42 % à ceux du marché. La durée de travail hebdomadaire est passée de 44 heures à 36 heures, tandis que le salaire minimum montait à 204 euros par mois (le plus élevé d’Amérique latine après le Costa Rica).

Résultats de toutes ces mesures : entre 1999 et 2005, la pauvreté a baissé de 42,8 % à 37,9 % (2), tandis que la population vivant de l’économie informelle chutait de 53 % à 40 %. Ces reculs de la pauvreté ont permis de soutenir fortement la croissance, qui, au cours des trois dernières années, a été en moyenne de 12 %, parmi les plus élevées du monde, stimulée aussi par une consommation qui a progressé de 18 % par an (3).

Devant de tels succès, sans parler de ceux obtenus en politique internationale, faut-il s’étonner que le président Chávez soit devenu, pour les maîtres du monde et leurs affidés, un homme à abattre ?


Achille

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Message  Roseau le Dim 11 Nov - 17:19

Achille a écrit: donneurs de leçons qui n'ont jamais changé quoique ce soit aux conditions de vie des travailleurs dans leur pays ou ailleurs

Comme toujours, attaques personnelles, avec affabulation énorme,
indigne d'un site MR, du chargé de com du Foin de Gôche...
et RIEN sur la situation aujourd'hui du Vénézuéla
On excusera Achille, très mal à l'aise, car il avait déjà indiqué
qu'il ne connaissait rien à la situation actuelle du Vénézuéla...
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Message  Achille le Dim 11 Nov - 17:30

Igancio Ramonet question Vénézuela connait nettement mieux la situation que le Mainate Rabacheur sur la touche du Nouveau Parti Autiste.

Achille

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