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Venezuela

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Message  Roseau le Jeu 21 Mar - 15:44

Le language est aussi un champ de lutte...
Le mot révolution, employé partout, est ambigu.
On parle de révolutions et on se dit "révolutionnaire",
mais on entend alors autre chose, révolution sociale,
pas simplement chute du régime.
Et certaines "révolutions" ont même pour objectif
de fermer le chemin de la révolution sociale....

Maintenant, sur le degré de mobilisation et le caractère de classe de celle-ci,
on peut trouver des arguments dans les deux sens,
prouvant qu'il est ou était à tel moment plus avancé au Vénézuéla
( soulèvement et mis à bas du coup d'Etat de 2002),
et facilement qu'il est ou était plus avancé en Egypte...

Ce que l'on sait, et c'est l'essentiel,
c'est que ce sont des régimes et Etats capitalistes,
et qu'il faut une stratégie et un parti révo pour que la révolution sociale les renverse.

L'important, c'est cette stratégie et la construction de son outil,
qui (AMHA, car je ne suis pas au coeur de la bagarre),
me semble devoir être adaptée APRES la disparition de Chavez...
Roseau
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Message  verié2 le Jeu 21 Mar - 15:58

Roseau
sur le degré de mobilisation et le caractère de classe de celle-ci,
on peut trouver des arguments dans les deux sens,
prouvant qu'il est ou était à tel moment plus avancé au Vénézuéla
( soulèvement et mis à bas du coup d'Etat de 2002),
et facilement qu'il est ou était plus avancé en Egypte...
Il me semble que tu t'avances beaucoup avec cette affirmation !
En Egypte, il y a eu un puissant mouvement populaire qui a affronté une répression très dure, une classe ouvrière qui a mis à profit cette situation pour avancer ses propres revendications, pour mener des grèves et aussi pour s'organiser (à quel niveau exactement ? Je ne sais pas..). Au Vénézuela, c'est un "mouvement" bien encadré par le gouvernement avec ses appareils, sa clientèle, ses mesures d'assistanat, avec toutes les illusions que ça entraîne sur le "sauveur suprême" sans affronter l'Etat... Et la classe ouvrière proprement dite, autant qu'on puisse le savoir, a elle subi la répression de ce pouvoir quand elle a tenté de faire
valoir ses droits, mais sans réussir à unifier ses luttes, sans doute justement en raison des illusions et de l'encadrement de la bureaucratie syndicale.

Or c'est dans la lutte que la conscience progresse, pas dans des comités locaux d'assistanat au mieux consultatifs manipulés par le parti de gouvernement.

verié2

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Message  Roseau le Jeu 21 Mar - 16:26

Il ne faut pas tomber dans la messe chaviste.
Le mouvement au Vénézuéla ne date pas de Chavez,
il remonte au Caracazo et tout ce qui l'a suivi.

On peut argumenter mille choses, surtout que toi comme moi
manquons d'infos clés...
même que les frères musulmans encadrent moins que ne le faisait Chavez...
par exemple.
Je ne suis pas convaincu encore que le processus soit plus avancé
en Egypte ou au Vénézuéla, que l'un soit révo et l'autre pas.
Et encore moins de l'intérêt de la polémique...

Suis devenu très pragmatique et pressé, à l'expérience.
Ce qui m'importe, c'est que le mouvement ouvrier appuie les camarades MR
qui se battent pour la révolution sociale là-bas!
Ils le font avec des erreurs, et apprennent, comme nous ici...
Roseau
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Message  verié2 le Jeu 21 Mar - 16:51

Roseau
Je ne suis pas convaincu encore que le processus soit plus avancé
en Egypte ou au Vénézuéla, que l'un soit révo et l'autre pas.
Je me garderais aussi d'affirmer cela, mais c'est toi qui a procédé à cette comparaison. Donc, je voulais montrer les éléments positifs qui existent en Egypte où les révoltes semblent moins canalisées qu'au Vénézuela, d'ailleurs au Vénézuela il n'y a plus de révoltes puisque la mobilisation a pris la forme d'un soutien, souvent électoral, à Chavez. Mais je ne souhaite pas non plus polémiquer sur cette comparaison. Les situations et les traditions sont très différentes.

Ce qui importe, c'est en effet de soutenir ceux qui se battent pour la révolution sociale ou même pour la défense des intérêts immédiats des travailleurs et de la population, mais aussi de défendre un point de vue clair sur la nature de l'Etat et du "chavisme" face à tous ses laudateurs, qu'ils soient critiques ou inconditionnels.

verié2

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Message  Copas le Jeu 21 Mar - 21:06

verié2 a écrit:
Roseau
Je ne suis pas convaincu encore que le processus soit plus avancé
en Egypte ou au Vénézuéla, que l'un soit révo et l'autre pas.
Je me garderais aussi d'affirmer cela, mais c'est toi qui a procédé à cette comparaison. Donc, je voulais montrer les éléments positifs qui existent en Egypte où les révoltes semblent moins canalisées qu'au Vénézuela, d'ailleurs au Vénézuela il n'y a plus de révoltes puisque la mobilisation a pris la forme d'un soutien, souvent électoral, à Chavez. Mais je ne souhaite pas non plus polémiquer sur cette comparaison. Les situations et les traditions sont très différentes.

Ce qui importe, c'est en effet de soutenir ceux qui se battent pour la révolution sociale ou même pour la défense des intérêts immédiats des travailleurs et de la population, mais aussi de défendre un point de vue clair sur la nature de l'Etat et du "chavisme" face à tous ses laudateurs, qu'ils soient critiques ou inconditionnels.

Il s'agit évidemment de se poser ce genre de questions dans 2 pays où le prolétariat a été ou est à l'offensive.

Le mvt populaire au Venezuela, ses désirs, sont indéniables mais il est dans une impasse institutionnelle .

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Message  topaze le Jeu 21 Mar - 23:17

J'ai lu avec interet l'article qui s'appel: ‘l’après Chavez a commencé’

Je trouve qu'au niveau des luttes et du sabotage syndical, on retrouve les mêmes problèmes que par le monde. C’est ainsi qu’on apprend que vis-à-vis de la crise mondiale qui touche le Venezuela, la classe ouvrière mène des luttes, exprime une combativité. Que le syndicat CSBT (inféodé à l'Etat) refuse de revendiquer des augmentations de salaires pour compenser une perte de pouvoir d’achat vis-à-vis de la dévaluation. Ça rappel ce que font certains syndicats en Europe et notamment en France qui appel a accepter l’austérité.

Autre point intéressant dans cet article c’est sur la vie de la bourgeoisie au Venezuela. Notamment au sein du PSUV. La mort de Chavez semble avoir detabilisé le PSUV. Depuis que le chef n’est plus là, des luttes internes semblent apparaître. A la lecture de l’article, la mort de Chavez a ouvert la boite de pandore et un processus de conflit entre différentes fractions bourgeoise au sein du PSUV semble être engagé. A mon avis, vis-à-vis de ces conflits la classe ouvrière n’a pas à prendre parti, comme elle doit aussi éviter de se laisser happer sur le faux terrain de lutte qui va être mis en avant avec les élections en avril 2013.
Je pense que le seul terrain ou doit s’exprimer la classe ouvrière au Venezuela comme partout dans le monde c’est sur son terrain de classe.

Topaze. Lecteur de Revolution Internationale. http://fr.internationalism.org/



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Message  CCR le Lun 25 Mar - 17:04

Les trotskystes vénézuéliens et la disparition de Chávez
Une nouvelle étape pour le pays

Liga de los Trabajadores Ssocialistas [1]

Source: http://www.ccr4.org/Les-trotskystes-venezueliens-et-la-disparition-de-Chavez

Mardi 5 mars, le vice-président vénézuelien s’est adressé au pays pour annoncer la disparition du président Chávez, décédé des suites d’un cancer diagnostiqué en 2011. La mort de Chávez suscite une grande émotion au Venezuela et au-delà des frontières du pays. Il s’agit de la disparition d’un homme qui dirigea le Venezuela pendant près d’une décennie et demie, et qui fut à l’origine non seulement d’un profond changement de régime, mais aussi d’un projet qui l’a amené à se placer au centre des plus grands affrontements politiques et sociaux de ces dernières années. Il s’agit de la disparition d’un homme qui fût au cœur d’un projet politique qui a suscité et qui suscite encore les espoirs et les attentes d’une grande majorité des classes populaires au Venezuela. Il s’agit de la disparition d’un dirigeant qui disposait d’un soutien massif au sein de la population, et qui, entré dans l’histoire nationale il y a vingt ans [avec le coup d’État manqué de 1992], s’est transformé en l’une de ses figures centrales. Chávez a eu, de surcroit, une grande influence en Amérique latine, ainsi qu’à l’échelle internationale. Il représente, en ce sens, une des personnalités politiques les plus marquantes de l’histoire nationale de ces dernières décennies.


Au nom de la Ligue des Travailleurs pour le Socialisme, nous comprenons et nous respectons la tristesse ressentie par bien des travailleuses et travailleurs, des paysannes et paysans et par une grande partie des classes populaires à l’annonce du décès de Chávez. Nous condamnons parallèlement toutes les « célébrations » orchestrées par la droite vénézuélienne et par les impérialistes à l’occasion de la disparition de Chávez. Cependant, et notamment parce qu’il s’agissait d’un dirigeant politique de premier plan, qui affirmait défendre les intérêts du monde du travail et des classes populaires, son héritage est l’enjeu de discussions. En tant que socialistes révolutionnaires, nous ne partageons pas le bilan du chavisme dont se réclame le gouvernement vénézuélien ou nombre de ses partisans au niveau international. Comme nous l’avons soutenu tout au long de ces années et comme nous le développerons par la suite, Chávez n’a pas été l’expression d’une direction révolutionnaire et anticapitaliste.

Des centaines de milliers de Vénézuéliennes et de Vénézuéliens, de travailleurs et de jeunes s’apprêtent à rendre un dernier hommage à Chávez. L’impact de sa disparition s’est ressenti dans toute l’Amérique latine. On comprend aisément cette émotion, si l’on se met à comparer le chavisme aux partis néolibéraux de l’ancien régime du « Pacto de Punto Fijo » [« pacte » ayant permis d’orchestrer l’alternance au pouvoir des deux partis traditionnels, conservateur et social-démocrate, COPEI et AD, entre 1958 et 1998]. Même si elle est restée très limitée, le régime de Chavez a permis une redistribution partielle de la rente pétrolière, à une période où le prix du baril de brut était en train d’exploser, passant de vingt dollars à plus de cent. Le régime a par ailleurs réalisé certaines concessions en direction des masses vénézuéliennes, notamment en direction des plus pauvres, particulièrement en matière de santé et d’éducation, et ce alors que le taux de pauvreté à la fin des années 1990 avoisinait les 80%. Après que la mobilisation populaire ait réussi à faire reculer le coup d’État d’avril 2002 (soutenu par le patronat vénézuélien et la droite, avec l’aval de l’ambassade étasunienne et de certains gouvernements conservateurs tel que celui d’Aznar à l’époque), c’est-à-dire au cours des moments « les plus à gauche » de son gouvernement, Chávez a pris quelques mesures comme la renationalisation partielle des entreprises privatisées dans les années 1990 (en les rachetant à prix de marché), ou en rejetant l’ALCA, la politique libre-échangiste soutenue par les États-Unis. Tout ceci lui a permis d’agréger de nombreux soutiens.

Mais en dépit de ces quelques concessions et de ses frictions avec la Maison Blanche, notamment sous le mandat de Bush, Chávez n’a été ni un révolutionnaire ni même un anti-impérialiste. En réalité, son arrivée au pouvoir a permis d’offrir une issue à la crise de domination bourgeoise qui s’était ouverte à la suite du Caracazo de 1989 [un vaste mouvement de contestation, dont l’épicentre a été la capitale, qui a exprimé la colère des masses contre l’application des politiques néolibérales et que le gouvernement de Carlos Andrés Pérez a réprimé dans le sang]. Il a su ainsi recomposer l’autorité de l’Etat, et notamment celle des forces armées. Par le biais d’une Assemblée Constituante il a remplacé la vieille IV République par un nouveau régime « bolivarien » basé sur des mécanismes plébiscitaires, à savoir un régime bonapartiste s’articulant autour de la figure présidentielle.

Pour ce faire, Chávez s’est notamment appuyé sur les pauvres des grandes villes et sur les forces armées. C’est ainsi qu’il a pu mettre sur pied un régime ayant des traits « bonapartistes sui generis de gauche », pour reprendre la terminologie marxiste. Ces régimes ont eu pour but, dans l’histoire, de réaliser un certain nombre de concessions en direction des masses populaires afin de gagner leur appui et de disposer ainsi de davantage de marge de manœuvre pour faire face à la pression de l’impérialisme et du capital étranger, sans pour autant que ne soit menacé la dépendance et l’arriération économique, ni même le cadre de la propriété privée capitaliste. Chávez a ainsi incarné un mode de gestion de la société bourgeoise en crise. Quelque soit l’image qu’a pu se donner le chavisme, il n’a absolument pas permis que soit mené à bien un processus révolutionnaire réel plaçant les classes exploitées à la tête du pouvoir politique. Le chavisme ne fit que mettre en place une direction bonapartiste, émanation directe des forces armées bourgeoises.

Cette politique menée par Chávez lui a néanmoins permis de se constituer un large soutien parmi les secteurs les plus paupérisés de la société. C’est ce qui lui a permis de jouir d’une grande sympathie en Amérique latine et au sein de la gauche radicale au niveau mondial. C’est également ce qui a suscité la plus dure des oppositions au sein du patronat, et ce, en dépit du fait qu’au long de ses quatorze années de gouvernement, les secteurs capitalistes les plus concentrés n’ont jamais eu à se plaindre d’une quelconque remise en cause de leurs intérêts et ont toujours maintenu leurs profits. Sous le chavisme, l’État a joué un rôle plus interventionniste dans l’économie mais cette intervention s’est faite au service de la préservation des intérêts de la bourgeoisie nationale, en incluant notamment de nouveaux secteurs de la bourgeoise vénézuélienne, la « bolibourgeoisie » [ou « bourgeoisie bolivarienne »], qui s’est enrichie au fil de ces années. Parallèlement, le régime a généré une bureaucratie d’État qui vit et prospère grâce à l’administration des entreprises étatiques à l’image de l’industrie pétrolière, de certaines industries de base et du secteur des télécommunications notamment.

Les limites du nationalisme bourgeois de Chávez

A la suite de la mise en échec du coup d’Etat de 2002, le chavisme a initié un processus de nationalisation impliquant le retour dans le giron de l’État d’un certain nombre d’entreprises privatisées dans les années 1990, à l’image de Cantv, Banco de Venezuela, Sidor ou d’autres industries, dans le secteur agro-alimentaires ou le BTP. Ces nationalisations ont en réalité consisté en des rachats, au prix du marché, des parts détenues par le patronat. Les intérêts de la bourgeoisie et des grands groupes économiques n’ont aucunement été affectés.

Pour ce qui est de la structure économique du pays, le capitalisme vénézuélien, sous Chávez, n’a pas dépassé son état d’arriération, et a continué à se baser sur les revenus de la rente pétrolière, sans aucun développement industriel diversifié. L’économie a continué à être plombée par l’augmentation généralisée des importations au cours des dernières années (à l’image du pourcentage élevé d’importations de produits alimentaires), la dépendance économique du pays vis-à-vis de ses hydrocarbures, le surendettement de l’État et le taux d’inflation. Le modèle de l’accumulation rentière, typique du capitalisme vénézuélien, n’a en rien changé au cours de la période Chávez. Dans le secteur des hydrocarbures, au-delà du discours nationaliste de contrôle étatique, la constitution d’entreprises mixtes (avec un contrôle de l’État à hauteur de 60%, les 40% restants étant aux mains des multinationales) a permis aux majors de faire de juteux bénéfices non seulement au niveau de l’exploitation pétrolière mais également au niveau des exportations. Les multinationales, par ce biais, se sont transformées en propriétaires des actifs des entreprises mixtes qui leur étaient concédées, à savoir 40%, ce qu’elles n’étaient pas auparavant. Aujourd’hui, sur 100 dollars qui rentrent dans les caisses vénézuéliennes en termes d’exportations, seuls 4 dollars ne sont pas liés au secteur des hydrocarbures. Ceci implique que face à l’éventualité d’une chute abrupte des cours internationaux du pétrole, les impérialistes seront à même de continuer à faire pression par rapport à la question de la dette extérieure du pays (dette que Chávez a toujours honoré, soit dit en passant), soit à travers leurs nouveaux actifs, soit en menant le pays à la cessation de paiements. Étant donné l’état de l’économie, le gouvernement n’a d’autre choix, d’un point de vue bourgeois, que de commencer à mettre en œuvre une série de mesures d’ajustement pour faire retomber sur les travailleurs et les pauvres le poids de l’endettement public. Ces ajustements ont déjà été annoncés sous Chávez, à l’image de la dévaluation du Bolivar début février. Ces « déséquilibres économiques » et ses « contradictions » [qui justifient la politique du gouvernement chaviste] sont liées à la nature même du projet bolivarien et ont une seule et même racine : la volonté de la part de Chávez de ne jamais rompre avec le capitalisme.

Au lieu de mener à bien un processus d’abolition de la propriété privée nationale et étrangère et de socialisation des richesses comme base première pour commencer à résoudre les problèmes nationaux et ceux des masses ouvrières et populaires, le chavisme a opté pour une renégociation de la répartition de la rente pétrolière avec les multinationales, une augmentation de la pression fiscale, notamment de la TVA, et un développement énorme de l’endettement public, à travers les banquiers et les gouvernements capitalistes.

Le rapport à l’impérialisme

Sur le plan externe, pendant la présidence de George W. Bush, Chávez a cherché à mener une politique extérieure indépendante et oppositionnelle, avec un fort discours anti-américain. Il l’a infléchi par la suite, au cours de la deuxième partie de son second mandat, en collaborant au maintien de l’ordre régional. Ainsi, il n’a pas participé à l’occupation d’Haïti impulsée par les États-Unis [en 2004] et garantie par les gouvernements latino-américains, notamment brésilien et argentin. Il a maintenu une relation étroite avec Iran, s’est opposé aux guerres en Irak et Afghanistan et, plus en général, à la « guerre contre le terrorisme » menée par Bush.

La rente pétrolière a permis au chavisme d’élargir son influence régionale à travers l’usage diplomatique de la vente du pétrole à bas prix à des pays comme le Nicaragua ou le Honduras.

Mais cette politique s’est exprimée plus particulièrement en direction de Cuba. Le Venezuela est ainsi devenu un véritable pilier pour l’économie de l’île, à travers un pétrole fourni à prix subventionné, ce qui n’a pas empêché Chávez d’accompagner l’ouverture pro-capitaliste de la bureaucratie castriste. Partie-prenante de cette même politique visant à gagner en influence à l’échelle régionale, le chavisme a mis en place l’ALBA [l’Alliance Bolivarienne pour les Peuples de Notre Amérique, sorte de traité commercial alternatif à l’ALCA que Washington tentait de mettre en place], qui prétendait se placer aux antipodes des projets de libre-échange impulsés par l’impérialisme.

Cependant, prise dans son ensemble, la politique extérieure de Chávez a surtout joué un rôle décisif dans le maintien et la collaboration à la stabilisation de l’ordre régional en Amérique latine. Caracas a ainsi contribué à impulser des institutions régionales comme l’UNASUR au sein de laquelle Washington ne siège pas, mais qui se sont pas pour autant des institutions antagoniques aux intérêts de l’impérialisme dans la région.

Avec l’arrivée au pouvoir d’Obama le régime chaviste a mis en place une politique plus conciliatrice à l’égard des États-Unis, à quoi il faut ajouter des reculs importants en ce qui concerne sa politique vis-à-vis de l’ALBA. Ce tournant en direction d’une politique plus modérée de « temporisation » a ainsi poussé Chávez à reconnaître, à la suite d’accords passés avec le président conservateur colombien Juan Manuel Santos, le gouvernement hondurien de Porfirio, pourtant directement issu du coup d’Etat de juin 2009. Mais là où ce tournant a été le plus évident, c’est dans la politique menée envers la guérilla colombienne des FARC. Chávez est en effet passé d’une position consistant à exiger que les FARC soient reconnus comme force belligérante à une politique de collaboration directe avec les services de renseignement colombiens et la politique de Santos contre les dirigeants des FARC. Caracas a ainsi aidé l’armée colombienne dans sa stratégie d’encerclement de la guérilla et a même livré des militants des FARC ayant trouvé refuge sur le territoire vénézuélien.

Au cours des dernières années, l’ALBA (dont le projet originel avait été vidé de son contenu) a été remisé à un second plan. Caracas a choisi d’intégrer directement le MERCOSUR [sorte de marché commun libéral constitué dans les années 1990 entre l’Argentine et le Brésil notamment], qui n’est rien d’autre qu’un cadre permettant aux bourgeoisies latino-américaines du Cône Sud et aux transnationales qui opèrent dans ces pays de faire de bonnes affaires.

Pour finir, sous couvert d’un soi-disant anti-impérialisme, Chávez a même soutenu les pires dictatures à l’image de celle de Kadhafi en Lybie ou encore de celle d’Al-Assad en Syrie, alors que ceux-ci massacraient leurs propres peuples.

Que signifie le « Socialisme du XXIème siècle » ?

Chávez n’a cessé de parler du « Socialisme du XXIème siècle ». Mais comme nous l’avons déjà souligné, ce soi-disant socialisme ne s’est traduit que par quelques réformes mises en place tout en maintenant et en recomposant le régime de domination bourgeois et en garantissant les profits des capitalistes. A un moment de poussée ouvrière et populaire pouvant mener à une remise en cause de l’ordre établi, le « Socialisme du XXIème siècle » de Chávez n’a rien signifié d’autre que la recomposition du régime bourgeois, par-delà certaines politiques de redistribution comme l’ont été les « Misiones » [sortes de programmes dans différents secteurs comme la santé (« Misión Barrio Adentro » ou « Misión Milagro »), l’éducation (« Misión Robinson » ou « Misión Ribas ») ou le logement « Gran Misión Vivienda Venezuela »)], financées par le redéploiement de la rente pétrolière. Le « Socialisme du XXIème siècle » de Chávez laisse en héritage la même société d’exploitation et d’oppression, réformée à la marge par une dose de « justice sociale », dans un pays où les inégalités sociales propres à toute société d’exploitation n’ont que très peu changé. Les données officielles montrent que, pour l’année 2010, 20% de la fraction la plus riche de la population détenait 45% de la richesse nationale, alors que 20% des plus pauvres n’en recevait que 6%. 40% des foyers vénézuéliens aux revenus les plus faibles ne reçoivent pas même un cinquième du PIB. Pendant ce temps, les bonnes affaires des entrepreneurs et des banquiers aussi bien vénézuéliens qu’étrangers ont continué.

Pour le chavisme, on peut parler de « socialisme » même lorsqu’on ne cherche pas à abolir la propriété bourgeoise ni à détruire l’État bourgeois ; on peut être « révolutionnaire » même sans développer le pouvoir ouvrier et populaire contre les capitalistes et leur État, et même, à l’inverse, en renforçant la confiance des masses à l’égard de ces derniers ; on peut être « anticapitaliste » même lorsque l’on garantit à tout moment la propriété et les affaires de la bourgeoisie, tout en mâtinant le système d’une dose de propriété étatique et de régulation ; on peut même se dire « partisan de la classe ouvrière » alors même que l’on maintient l’exploitation des travailleurs et que l’on développe des discours et des politiques criminalisant les luttes sociales qui remettent en cause le pouvoir du patronat ou de l’Etat capitaliste. Cette parfaite inconséquence entre, d’un côté, le discours et, de l’autre, la pratique fait que le chavisme ne permet en rien de faire avancer la conscience de classe des exploités mais alimente, à l’inverse, toutes les confusions.

La criminalisation de la contestation ouvrière et populaire

Sous le chavisme, c’est toute une structure judiciaire qui criminalise et pénalise la contestation ouvrière et populaire qui a été mise en place. Il s’agit d’un ensemble de lois qui criminalisent les faits de grève, l’organisation de mobilisations ou d’assemblées sur une grande partie des lieux de travail ou des zones de production. C’est à cause de cet ensemble de lois que plus d’une centaine de travailleuses et de travailleurs ont été l’objet de procédures judiciaires ou de mesures de restriction de leur activité syndicale et politique ces dernières années. Dans certains cas, les peines sont même allées jusqu’à l’emprisonnement. Un cas emblématique en ce sens est celui du mineur Rubén González, emprisonné pendant plus d’un an et demi pour avoir fait grève et condamné à sept ans et demi de prison. Finalement, il n’a été libéré que grâce à la pression ouvrière. Toutes ces mesures ont été prises à la suite de lois votées à l’initiative de la majorité chaviste à l’Assemblée Nationale, sans la moindre opposition du président Chávez. Il en ressort un carcan destiné à discipliner les luttes ouvrières en reprenant les méthodes du patronat de façon à instiller la peur, la démoralisation, et la soumission aux conditions d’exploitation.

Pour le régime chaviste, il faut rendre hommage aux travailleuses et travailleurs quand ils marchent derrière le gouvernement et limitent leurs initiatives de lutte au cadre du « socialisme avec les patrons ». En revanche, il faut les discréditer et les attaquer, verbalement et physiquement, quand ceux-ci déploient leurs méthodes et leurs revendications dans des lutte combatives qui s’expriment en dehors de toute tutelle étatique. Chávez lui-même a été en première ligne dans les attaques menées contre des luttes ouvrières dures, en utilisant notamment la menace de la militarisation des usines ou des entreprises d’État si les travailleurs persistaient dans leurs luttes, en n’hésitant pas à envoyer les services de sureté de l’État contre les dirigeants syndicaux. L’héritage politique que Chávez laisse à ses successeurs et aux masses c’est l’idée selon laquelle les exploités et les masses populaires doivent faire confiance et être reconnaissants envers l’État bourgeois.

Conciliation de classes

C’est en ce sens que l’héritage politique laissé par Chávez est une idée qui n’a rien de révolutionnaire ni de socialiste : c’est celle de la collaboration de classes. C’est l’idée selon laquelle il pourrait exister une « patrie » ou une « nation » où pourraient cohabiter les exploités et les exploiteurs, les riches et les masses populaires. Cette idéologie ne cherche nullement à développer la lutte des exploités contre les exploiteurs pour renverser leur pouvoir et construire un nouvel ordre social. Au contraire, cette idéologie vise à promouvoir la cohabitation pacifique entre exploités et exploiteurs et ne remet pas en cause la société de classes et l’exploitation qu’elle suppose.

Le régime de Chávez a tout fait pour renforcer la légitimité et l’autorité des forces armées bourgeoises, en essayant de construire un sentiment de fraternisation entre le monde du travail et les forces de répression. Pourtant, ce sont ces mêmes forces qui, pour ne mentionner que quelques exemples, ont réprimé les travailleurs de Petrocasa à Carabobo [le 11 juin 2012, alors que Chávez annonçait officiellement sa candidature aux présidentielles] ; ce sont elles qui ont réprimé les travailleurs de [Sidor à plusieurs reprises et ceux de Ciudad Piar, dans l’Etat de] Guyana[en mars 2009], les travailleurs de Sanitarios Maracay sous gestion ouvrière [en avril 2007] et de nombreuses usines de l’Etat d’Aragua, les travailleurs et militants solidaires de la lutte de Galleteras Carabobo [en décembre 2012], les ouvriers de Mitsubishi dans l’Etat de Anzoátegui, assassinant deux d’entre eux [en janvier 2009], les ouvriers de la CNPC [secteur pétrolier]. Ce sont ces mêmes forces de répression qui interviennent contre les sans-logis ou les mal-logés quand ils manifestent pour revendiquer leur droit à un toit, contre les peuples indigènes lorsqu’ils luttent pour leurs droits, contre les paysans quand ils occupent des terres, et qui sont les complices des gardes blanches, [« sicarios »] à la solde des grands propriétaires terriens qui s’attaquent aux paysans pauvres et aux indigènes Yukpa. Voilà les forces de répression de l’État bourgeois avec qui Chávez proposait la fraternisation du peuple !

Tout en prônant la conciliation de classe avec les capitalistes, le chavisme a également été à l’origine d’un discours poussant à la confrontation entre les secteurs les plus paupérisés du peuple vénézuélien et la classe ouvrière, en opposant les revendications salariales des travailleurs au redéploiement des revenus du pays en faveur des « Misiones » ou encore en opposant les luttes ouvrières aux « intérêts du pays ».

L’étape post-chaviste

Si pendant presque trois mois, avec le vide de pouvoir généré par l’absence de Chávez, on a pu vivre une période trouble d’incertitude politique (bien qu’au sommet de l’Etat on ait essayé de présenter un semblant de normalité), aujourd’hui, avec la mort de Chávez, cette crise est définitivement ouverte. Il ne s’agit pas d’une simple crise politique conjoncturelle, mais bien d’une crise profonde de ce mode de gouvernement, le « bonapartisme », qui fut construit autour de la figure centrale du président, et qui prétendait s’ériger au-dessus des classes, et même au-dessus des différentes fractions de la classe dominante, en s’appuyant sur des forces armées hautement politisés.

Bien que Chávez soit mort en jouissant encore d’une forte cote de popularité, comme ont pu le montrer les dernières élections, cela ne veut pas dire que la situation ne soit pas traversée par de profondes tensions politiques, et celle-ci vont s’accroître d’autant plus dans le cadre d’une transition forcée au post-chavisme. Il serait faux de dire que tout reposait exclusivement sur la popularité de Chávez. Le régime chaviste trouvait sa force dans une forme d’équilibre des forces internes entre d’un côté les luttes et les intérêts propres des différentes factions politiques qui composent le parti du gouvernement [le PSUV], et, de l’autre, les différentes fractions de la bourgeoisie, auxquelles s’ajoutent les intérêts de l’impérialisme qui suit attentivement la situation dans le pays. La situation pourrait s’avérer extrêmement périlleuse car le rôle d’arbitre joué par Chávez ne peut être incarné par aucune autre figure, quand bien même celle-ci aurait été désignée par l’ex-président, comme c’est le cas de Nicolás Maduro [ancien vice-président et dauphin choisi par Chávez pour lui succéder]. En effet, l’équilibre du rapport de forces appuyé sur un bonapartisme personnel centré sur la figure de Chávez portait en lui-même une instabilité permanente. En conséquence, la disparition physique de Chávez pourrait générer un chaos politique de grande ampleur.

Du côté des forces de l’opposition de droite [réunie au sein du MUD, la Table d’Unité Démocratique], notamment du côté de son candidat, Henrique Capriles Radonski, on a renouvelé « l’engagement au dialogue et à la paix pour le Venezuela et on tend la main aux autorités gouvernementales ». L’opposition répète à l’envi que « ce n’est pas le moment des divisions mais de la paix et de l’union ». Elle cherche manifestement à obtenir une sorte de transition négociée vers une nouvelle forme de domination politique. Bien que très divisée après deux défaites électorales consécutives, l’opposition se prépare déjà à tenter d’établir dans le cadre du prochain scrutin présidentiel un meilleur rapport de forces pour cette nouvelle période post-chaviste.

La forme que prendra le post-chavisme est encore incertaine. Le repositionnement et les luttes des secteurs au sein des groupes dominants et bonapartistes liés à l’appareil d’État vont reconfigurer la nouvelle étape. Si depuis décembre on observait une situation politique extrêmement complexe aux contours assez peu définis, avec la disparition de Chávez tout ce qui semblait solide devient fragile ou en tout cas commence à perdre de sa consistance, ouvrant une nouvelle étape pour le pays.

Les défis pour la classe ouvrière dans cette nouvelle étape

Avec la mort de Chávez, les travailleurs ne doivent pas céder au chantage auquel ne manquera pas de recourir le gouvernement. Le monde du travail ne doit pas non plus tomber dans le piège du discours démagogique et cynique de l’opposition de droite qui dit s’opposer aux mesures dévaluationnistes alors que dans les faits elle soutient cette politique. De nouveaux défis se présentent à la classe ouvrière et aux classes populaires. Dans cette nouvelle période, il est indispensable de s’orienter vers une indépendance politique et de classe, de se préparer à la nouvelle situation qui se présente pour ne pas servir de chair à canon aux différentes fractions des classes dominantes qui s’apprêtent à régler leurs comptes dans le cadre du post-chavisme.

Le gouvernement va utiliser le chavisme et la mort de Chávez pour réajuster son modèle d’administration du capitalisme national afin de réduire les quelques éléments de « justice sociale » existants de façon à augmenter le niveau d’exploitation et les bénéfices des patrons. Alors que les héritiers du chavisme comme l’opposition de droite se préparent aux élections présidentielles, notre classe, le monde du travail, doit se préparer à lutter de manière organisée et efficace, pour défendre ses intérêts et ses revendications, pour arracher aux patrons, qu’ils soient privés ou que ce soit les représentants du secteur public, au gouvernement national comme aux gouvernements provinciaux, des augmentations de salaires, de meilleures conditions de travail et des conventions collectives. Pour cela, il est indispensable de se coordonner à la base et de faire converger les luttes, sans avoir aucune confiance dans les deux factions qui aujourd’hui se disputent la gestion de la société bourgeoise et veulent organiser le post-chavisme.

En effet, pendant ce temps, les attaques contre les classes populaires se poursuivent. La récente dévaluation et l’inflation très élevée sont là pour en témoigner. C’est bien pour cela que nous disons que face à la dévaluation, à l’augmentation des prix et à l’inflation, il est nécessaire de lutter pour des augmentations de salaire qui soient à la hauteur du coût réel des produits de consommation de base et pour l’échelle mobile des salaires, ce qui veut dire qu’une augmentation de l’inflation doit être suivie d’une augmentation automatique des salaires. Il faut que l’argent soit destiné aux salaires et aux besoins des ouvriers et des classes populaires et non aux banques et au capital impérialiste pour lesquels doit s’appliquer l’annulation de la dette. Au lieu de taxer les classes populaires, il est temps d’imposer les capitalistes et les grandes fortunes. Il est nécessaire de mettre en place la nationalisation des banques sous contrôle des travailleurs, pour que les ressources nationales soient mises au service d’un plan de travaux publics, de logements, d’écoles et hôpitaux. Ce plan devrait être en capacité d’absorber toute la main-d’œuvre disponible aujourd’hui sans travail et d’assurer un salaire permettant l’accès aux biens et services de première nécessité auxquels la majorité des travailleurs n’ont pas accès encore aujourd’hui. Il faudrait aussi, pour ce faire, instaurer le monopole du commerce extérieur. Enfin, il faudrait mettre fin aux procédures judiciaires qui aujourd’hui visent quelques 2000 militants ouvriers et populaires et en finir avec la criminalisation des luttes. Pas un seul assassinat contre la classe ouvrière ou les peuples indigènes ne doit être toléré. C’est aussi pour cela que nous exigeons que justice soit faite concernant le meurtre de Sabino Romero [chef coutumier du peuple indigène Yukpa, assassiné le 3 mars par des hommes de mains au service des grands propriétaires terriens]

Afin de mener cette lutte jusqu’au bout, il est nécessaire de tirer un bilan de l’expérience concrète du chavisme afin que la classe ouvrière se propose une perspective capable de la dépasser, une perspective par laquelle elle sera en capacité de prendre en main son propre destin, de décider des mesures à adopter et de la nature de la lutte à mener. Il faut se battre pour la construction d’organismes d’autodétermination et d’auto-organisation des travailleurs, pour la construction de syndicats militants, indépendants de l’Etat et des patrons, qui soient convaincus de la nécessité de se battre pour l’indépendance de classe et la démocratie ouvrière, en dehors de la tutelle de la bureaucratie syndicale qui n’est, finalement, rien d’autre qu’une courroie de transmission des intérêts des patrons ou du gouvernement.

L’indépendance politique est fondamentale, mais la seule manière de mener cette lutte jusqu’au bout consiste à construire un parti ouvrier révolutionnaire et internationaliste. Il n’y aura pas de satisfaction des revendications structurelles si ce n’est dans le cadre d’un combat déterminé pour un gouvernement des travailleurs et des classes populaires. Le régime chaviste a montré que la bourgeoisie est incapable de mener la lutte pour la libération nationale vis-à-vis de l’impérialisme et pour l’unification de l’Amérique Latine. Face aux projets bourgeois tels le MERCOSUR ou l’ALBA, la seule issue est d’avancer vers une Fédération Socialiste d’Amérique latine.

06/03/13

-----------------------

Notes

[1] Groupe vénézuélien intégrant de la Fraction Trotskyste - Quatrième Internationale (http://www.lts.org.ve)

CCR

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Message  Roseau le Mer 10 Avr - 19:13

Dossier sur l’après Chavez » (II) : Une transition incertaine
http://www.avanti4.be/analyses/article/dossier-sur-l-apres-827
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Venezuela - Page 8 Empty Caracas moins de pauvreté et plus de violence

Message  Roseau le Lun 15 Avr - 0:05

http://laboratoireurbanismeinsurrectionnel.blogspot.fr/2011/07/caracas-de-pauvrete-de-violence.html
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Message  Roseau le Mer 17 Avr - 0:02

Les défis après la victoire sur le fil du candidat chaviste
Guillermo Almeyra
http://www.avanti4.be/actualite/article/venezuela-les-defis
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Message  Roseau le Mer 17 Avr - 2:56

Evo Morales a accusé les Etats-Unis de "préparer un coup d'Etat" au Venezuela,
après le commentaire de la Maison Blanche jugeant "nécessaire" un audit de l'élection présidentielle.
Le président Morales a estimé que Washington cherche à "créer l'instabilité" au Venezuela
"pour ensuite justifier une intervention".
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Message  Toussaint le Mer 17 Avr - 12:22

Le vieil adage selon lequel une révolution qui n'est pas menée jusqu'au bout...

Mais en attendant les bruits de bottes s'amplifient dans la région et le récent attentat aux Etats Unis ne fait que faciliter les choses. L'extraordinaire scission au sein de la classe dirigeante colombienne, les menaces d'Uribe, l'infiltration depuis longtemps des narcoparamilitaires colombiens au Venezuela et leurs travaux divers (en gros la même chose qu'en Colombie comme le montre fort bien le lien mis par Roseau, cela ne dit rien qui vaille. Apparemment une partie de la classe dominante vénézuélienne hésite devant le pas à franchir, parce qu'ensuite les conséquences sont à la fois imprévisibles et sur le long terme. Je ne sais pas dans quelle mesure l'impérialisme ne préfère pas attendre que le chavisme tombe comme un fruit mûr, ce qui semble inéluctable. Je parle du chavisme, pas d'autre chose. Comme mouvement politique, je crois qu'il est arrivé au bout de ce qu'il pouvait produire, et il n'a pas les moyens de continuer, les textes d'avanti montrent des pistes que le chavisme ne peut emprunter, à mon avis. Et l'indépendance politique et organisationnelle des révolutionaires ne me saute pas aux yeux. Je ne parle pas de l'existence d'orgas, mais de leur rapport au chavisme.
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Message  Copas le Mer 17 Avr - 14:36

L'intervention militaire US me parait très compliquée. Pour l'instant l'impérialisme US a des soucis dont il ne s'est pas encore vraiment dépêtré.
Par contre, effectivement, si ils peuvent contribuer à faire tomber le parti chaviste ils ne se gêneront pas car indirectement les espérances des masses, et leur mobilisation en défense du chavisme représentent une espérance populaire et un risque de révolution dangereux en Amérique du Sud.

Par contre, les forces de la réaction au Vénézuela sont extrêmement puissantes , arriver à faire 50% électoralement en est un indice puissant et ne peut s'expliquer sans les tergiversations du chavisme face au capital toujours dominant dans ce pays. De même tant que n'existe pas une armée populaire sous contrôle étroit du prolétariat, je ne vois pas comment l'armée vénézuélienne puisse cesser d'être un danger pour les travailleurs.

Dans cette partie d'échecs, les apprentis-putchistes ne doivent pas se rater et ils le savent. De même une agression militaire colombienne serait à double tranchant vu les contradictions qui habitent ce pays, sans compter qu'il n'est pas sur que dans ce cas la Colombie ne se trouve pas isolée face au Brésil, l'Argentine, la Bolivie, etc.

La mobilisation réactionnaire de masse violente tentée par l'opposition semble la plus dangereuse pour l'instant. Si elle est assez puissante, les militaires putchistes pourraient alors peser dans le rapport e force.

Face à la réaction, notre camp ne se discute pas. Mais il est évident que la droite se nourrit des petits bras mais fortes paroles du chavisme vis à vis de la bourgeoisie comme vis à vis du socialisme.
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Message  Roseau le Mer 17 Avr - 20:30

Maurice Lemoine,
http://www.monde-diplomatique.fr/carnet/2013-04-17-Venezuela
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Message  topaze le Mer 17 Avr - 22:45

Voici un article produit par la section du CCI au Venezuela.http://fr.internationalism.org/icconline/201304/6971/venezuela-ou-sans-chavez-plus-plus-d-attaques-contre-travailleurs

Topaze. Lecteur de revolution internationale


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Message  Copas le Jeu 18 Avr - 0:36

Il semblerait que les tentatives insurectionnelles des forces réactionnaires aient fait un flop, obligeant la droite à faire un rétro-pédalage.

La fin de partie a été sifflée par une déclaration de Lula, l'ex-président brésilien :

« quand on occupe des fonctions présidentielles il y a des choses qu’on ne peut pas dire, par diplomatie, mais aujourd’hui je peux les dire : de temps en temps les États-Unis s’ingèrent dans les élection organisées dans un autre pays. Ils devraient s’occuper de leurs affaires et nous laisser choisir notre destin".

Msg subliminal adressé aux USA de la part de la puissance montante de l'Amérique du sud.
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Message  Roseau le Jeu 18 Avr - 1:01

Merci Copas pour avoir dégotté cette déclaration.
Cette déclaration de Lula, à un moment crucial pour le continent,
confirme que le capital brésilien, que représente parfaitement Lula,
est bien en concurrence avec le capital US
(ruinant les thèses de Negri et autres anticipateurs de l'Empire),
et qu'il faut, dans la guerre de classe, faite d'alliances et de rupture, savoir en jouer.
Concernant le Vénézuéla, c'est un peu la même chose:
la bolibourgeoisie, il faut la combattre sur le front du travail,
mais la défendre à certains moments face à l'impérialisme US.

PS La lecture de ce forum, par rapport à d'autres,
est désagréable, car pourri régulièrement et impunément par pratiques de troll,
mais on y trouve des infos qui ne sont nulle part ailleurs!
Vive le FMR!
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Message  Roseau le Jeu 18 Avr - 15:06


par Patrick Guillaudat et Franck Gaudichaud
http://npa2009.org/node/36698
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Message  Roseau le Jeu 18 Avr - 20:17

Echec de la tentative de coup d’Etat, suivi de Nuit de cristal au Venezuela
Romain MIGUS, Thierry DERONNE
http://www.legrandsoir.info/echec-de-la-tentative-de-coup-d-etat-suivi-de-nuit-de-cristal-au-venezuela.html
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Venezuela - Page 8 Empty L’heure de vérité est arrivée

Message  Roseau le Jeu 18 Avr - 23:23

La loyauté en tant que tragédie ou en tant qu’espoir radical
par Roland Denis
(qui a été vice-ministre de la Planification sous Chavez au début de son mandat
et une des figures du Mouvement du 13 avril)
http://alencontre.org/ameriques/amelat/venezuela/venezuela-lheure-de-verite-est-arrivee-la-loyaute-en-tant-que-tragedie-ou-en-tant-quespoir-radical.html
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Message  Roseau le Sam 20 Avr - 16:54

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Message  Roseau le Sam 20 Avr - 23:23

Le Parti Socialisme et Liberté face à la crise politique nationale
http://alencontre.org/ameriques/amelat/venezuela/venezuela-le-parti-socialisme-et-liberte-face-a-la-crise-politique-nationale.html
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Message  CCR le Ven 26 Avr - 9:55

Venezuela : Une victoire serrée pour Maduro

Ne laissons pas l’impérialisme profiter de la crise du chavisme !

Par la Ligue des Travailleurs pour le Socialisme, Vénézuela

Source: http://www.ccr4.org/Venezuela-Une-victoire-serree-pour-Maduro

Le 14 avril dernier, c’est un résultat électoral serré et imprévu qui a secoué le Venezuela post-chaviste. Nicolas Maduro, président par intérim suite à la mort de Chavez, n’est parvenu a dépasser le candidat de l’opposition de droite, Capriles Radonski, que par 272 865 voix. Comparée aux plus d’1,5 millions de voix d’écart que Chavez avait obtenu contre Capriles lors de l’élection présidentielle il y a six mois, cet écart paraît bien ridicule – et c’est le plus faible de l’histoire du chavisme. Cela ne vient pas d’une abstention importante, mais du fait que Capriles Radonski a réussi à arracher pratiquement 700 000 voix au chavisme par rapport aux dernières élections d’octobre 2012. (...)


Pour le camp chaviste, le résultat est donc tombé comme une douche froide. Il espérait en effet que le nombre de voix pour Chavez allait se reporter de manière automatique sur Maduro. A l’inverse, du côté de Capriles et de la MUD [1] (Mesa de la Unidad Democratica), ce résultat électoral sonne comme une petite victoire...

Tension politique

Ce bouleversement de la politique vénézuelienne est vite devenu une crise ouverte lorsque Capriles Radonski a déclaré ne pas reconnaître le résultat électoral. D’après lui, des irrégularités ont eu lieu lors de cette élection. Il a donc exigé le recompte des voix, allant même jusqu’à dire que c’était lui qui avait gagné. Sur ce point, il a reçu le soutien de l’impérialisme nord-américain, et ce malgré le fait que Nicolas Maduro a déjà été proclamé Président par le Conseil National Électoral.

Dans ce contexte, Capriles avait appelé à une manifestation le mercredi suivant l’élection pour contester la victoire de Maduro. Le gouvernement a décidé de ne pas l’autoriser et Capriles a finalement reculé et suspendu l’appel, ayant peur de ne pas pouvoir contrôler les affrontements qui auraient pu alors avoir lieu. Bien que la situation soit devenue de plus en plus tendue, les deux camps ne font pour l’instant que mesurer leurs forces afin de se relocaliser politiquement face à d’éventuelles négociations et accords.

Des manifestations appelées par Capriles ont pourtant eu lieu dans l’après-midi et dans la soirée du lundi 15 avril, pour contester la décision du Conseil National Électoral et pour exiger un recompte des voix. Pendant ces manifestations, des attaques ont eu lieu contre des « modulos de barrio » [centres de soin créée par le gouvernement Chavèz dans les quartiers populaires].

La Ligue des Travailleurs pour le Socialisme (LTS) condamne catégoriquement ces attaques réactionnaires, totalement anti-populaires et même parfois xénophobes vis-à-vis des médecins cubains qui travaillent dans ses centres. Il faut dès maintenant faire face à ces attaques en organisant l’auto-défense des quartiers populaires, qui doivent définir eux-même des moyens d’action pour stopper ce genre d’attaques.

Les « modulos de barrio », mais aussi les équipements sportifs et les bâtiments éducatifs, représentent aujourd’hui des acquis sociaux de l’ensemble des travailleur-se-s et des secteurs populaires. C’est pourquoi ils doivent être défendus, sans que cela ne signifie pour autant un soutien politique au gouvernement national. Il faut organiser le front unique le plus large afin de stopper ces attaques : un front de classe, ouvrier et populaire, qui s’appuie sur les méthodes des travailleur-se-s et des secteurs populaires, sur la base de la démocratie ouvrière et populaire, pour définir l’orientation politique et les actions à mener. Une fois encore, cela ne signifie en rien une subordination au cadre de mobilisation fixé par le gouvernement de Maduro.

Lors de ces manifestations, il y a eu également des attaques violentes de type fascisant contre des militants chavistes. Les organismes officiels parlent de quatre à sept personnes assassinées suite aux attaques des groupes d’opposition. Nous rejetons profondément ces attaques et nous dénonçons les actions criminelles orchestrées par les secteurs de l’opposition bourgeoise. Bien qu’on sache que que le chavisme a, lui aussi, encouragé ce type de groupes, comme par exemple contre des ouvriers en grève, nous ne pouvons en aucune mesure accepter cette violence meurtrière de la part des groupes de l’opposition bourgeoise contre les militants du parti chaviste, ou contre les personnes qui défendent les centres de santé créés par le gouvernement.

(...)

Jusqu’à présent, les forces armées acceptent le résultat électoral, et le haut commandement reconnaît Maduro comme étant le président élu du pays. Pendant la période où Chavez gouvernait, et surtout après la tentative de coup d’État de 2002, l’armée dans son ensemble a été un pilier fondamental pour le régime, et a même profité de postes importants dans le gouvernement national et les gouvernement locaux. Dans cette nouvelle étape post-chaviste, nous ne pouvons pas négliger le fait que les tensions et les divisions augmentent de manière considérable au sein des forces armées, ce qui tend à approfondir encore plus cette crise politique vénézuelienne. Il n’y a rien d’anodin à ce que les journaux écrivent aujourd’hui que « les Forces Armées Nationales Bolivariennes constituent le pouvoir qui assure le résultat électoral » : cela témoigne du fait que l’armée est non seulement le soutien du Conseil National Électoral et du président élu, mais aussi que c’est elle qui veille sur les urnes électorales. Et malheureusement pour lui, Maduro n’a en aucune mesure la même légitimité que Chavez face une éventuelle division des forces armées.

La droite a capitalisé la crise du chavisme sur le plan électoral

Dans le contexte d’une énorme polarisation politique héritée de la mort de Chavez, l’opposition regroupée dans la MUD, avec Capriles en tête, a réussi à faire en sorte qu’une frange considérable de la population change d’option politique, en s’appuyant sur au moins deux éléments de la nouvelle situation post-chaviste (…). Premièrement, Maduro n’est pas Chavez, et il peine à prendre sa relève : cela est évident aujourd’hui. En outre, l’état critique de la situation économique a amené le gouvernement à prendre des mesures contre les intérêts des travailleur-se-s et des secteurs populaires en pleine période électorale : en moins de trois mois, le gouvernement par intérim a mis en place de fortes dévaluations de la monnaie à deux reprises, ce qui a eu comme conséquence une augmentation directe des prix sur les biens de première nécessité.

Bien que le chavisme ait emporté les élections dans les quartiers populaires des principales villes (comme par exemple à Catia et dans les parties les plus populaires de Petare dans Caracas), la baisse du nombre de voix a tout de même été considérable dans ces secteurs. Le même phénomène a pu être observé dans des concentrations ouvrières, comme par exemple dans l’Etat de Aragua et Carabobo, et dans des villes comme Guayana, qui constitue le centre des grandes industries de base. Et ce phénomène n’est pas une conséquence d’une hausse de l’abstention, car en même temps que le nombre des voix pour Maduro tombaient dans ses régions, les voix pour Capriles augmentaient proportionnellement.

Des tensions au sein du chavisme et l’opposition


Bien que la candidature de Maduro ait permis initialement au chavisme de resserrer ses rangs, le mauvais résultat électoral a rouvert la crise latente entre les différentes fractions de celui-ci. La déclaration de Diosdado Cabello [actuel président de l’Assemblée nationale et proche allié de Chavez] appelant le leadership chaviste « à trouver les failles jusque sous les pierres et à faire l’autocritique profonde que ces résultats électoraux imposent au parti », ne visait évidemment pas seulement à pointer les « erreurs » politiques du chavisme. Elle avait aussi pour objectif de répondre aux règlements de comptes internes qui se jouent dans le camp du gouvernement. Ces divisions se sont accentuées ces derniers temps, même si pour le moment l’unité se maintient, en partie « grâce » aux attaques de la droite.

(…) Cependant, il est évident que les tensions internes qui pourraient se développer dans le camp chaviste ne viendront pas uniquement des fractions qui existent au sein du PSUV, mais aussi de sa base électorale elle-même. Celle-ci, fatiguée de s’aligner derrière des bureaucrates haut placés, pourraient commencer à exiger avec plus de force tout ce dont elle a été privée depuis des années et à faire pression pour que des mesures plus radicales soient prises face à la nouvelle situation économique et politique.

A droite, bien que la MUD soit sortie renforcée des résultats électoraux et que Capriles ait réussi à devenir une figure emblématique pour l’opposition, l’unité est encore bien faible. Capriles s’appuie en effet sur des bases électorales et une alliance politique qu’il ne contrôle pas et qui l’obligent à composer entre plusieurs factions. (…) Les actions violentes qui se sont exprimées dans les jours suivants les élections de dimanche et les appels de Capriles à ce que « l’opposition se retienne » sont la preuve des divisions qui agitent le camp de l’opposition de droite. Pour autant, il est clair que pour cette dernière, qui venait de subir deux défaites politiques consécutives aux élections antérieures, le récent scrutin a été l’occasion de relever la tête, jusqu’à mettre la pression sur le gouvernement en ne reconnaissant pas les résultats électoraux.

Un gouvernement affaibli

Ces phénomènes témoignent de la difficulté de la transition politique du régime après la mort de Chavez. (…). Pour Maduro, il s’agira non seulement de faire face à une opposition renforcée, mais aussi de répondre aux luttes internes du chavisme. Plus profondément encore, il se retrouvera sous la pression de la résistance de secteurs de la classe ouvrière qui poursuit avec plus de force encore sa lutte pour ses revendications et pour de meilleures conditions de vie (…).

Sur le plan extérieur, le gouvernement de Maduro n’est pas non plus face à une situation facile. Si la plupart des gouvernements latino-américains – et d’autres pays plus lointains comme la Chine et la Russie – ont rapidement reconnu les résultats électoraux et salué la victoire de Maduro, les Etats-Unis affichent clairement leur volonté de tirer profit de la crise politique, en reprenant les arguments de leur ami Capriles. De la même manière, d’autres pays impérialistes comme la France et l’Angleterre, ont refusé de reconnaitre la victoire de Maduro.

La politique des Etats-Unis est de faire pression sur le gouvernement de Maduro pour qu’il adopte une attitude plus encline à la négociation, en ravivant le cadre que le régime de Chavez avait déjà commencé à mettre en place avant sa mort, pour une meilleure entente avec les Etats-Unis [2]. Plus récemment, les membres du gouvernement provisoire de Maduro se sont réunis avec des représentants de Washington en vue d’améliorer leurs relations.

Du côté de l’Amérique latine, les pays comme le Brésil et l’Argentine souhaitent dès maintenant jouer un rôle pour donner plus de stabilité au gouvernement de Maduro, non seulement par intérêt économique et géopolitique, mais aussi parce qu’ils savent qu’une déstabilisation au Venezuela pourrait avoir des conséquences négatives pour l’ensemble du continent.

Il faut d’urgence organiser une rencontre ouvrière nationale !

Face à la crise ouverte, la classe ouvrière et les couches populaires doivent exprimer activement leur refus de l’ingérence impérialiste des Etats-Unis qui encourage l’opposition bourgeoise de Capriles.

Il ne s’agit évidemment pas de donner un quelconque soutien politique à Maduro : la classe ouvrière ne peut pas rester prisonnière du choix entre les options qui sont en lutte pour diriger l’Etat bourgeois. Elle ne peut pas non plus rester paralysée face aux attaques provenant de l’un ou l’autre secteur : d’un côté, le gouvernement qui organise la dévaluation, qui refuse de négocier les conventions collectives et qui criminalise des luttes ouvrières ; et de l’autre, l’opposition pro-impérialiste qui prône un « capitalisme sans restrictions » et des plus grandes « libertés » pour les exploiteurs. Loin de s’aligner derrière l’une ou l’autre option, nous devons nous rassembler, nous coordonner et discuter en tant que classe de nos problèmes et de ceux du pays (…).

Si cette perspective ne se développe pas aujourd’hui, c’est notamment du fait des directions syndicales bureaucratiques qui, loin de proposer une ligne d’indépendance politique de la classe ouvrière, soutiennent les principaux projets politiques de la bourgeoisie en lutte. Ainsi, ils ne font qu’aligner les travailleur-se-s derrière un secteur de la bourgeoisie ou l’autre, ou ne font que condamner les travailleurs à la passivité face aux crises politique majeures comme celle que nous vivons actuellement. C’est pour cela qu’il est important d’ouvrir cette discussion dans tous les lieux de travail et d’exiger des directions syndicales d’ouvrir les possibilités de mener une politique indépendante des travailleur-se-s.

Pour cela, il est nécessaire d’organiser une rencontre nationale d’urgence de travailleur-se-s s’opposant aux ingérences impérialistes et proposant une réponse de classe à la crise actuelle et aux problèmes économiques et sociaux du pays, en refusant que ceux-ci soient payés par les travailleur-se-s. (…) Cette rencontre devra réunir des délégué-e-s révocables élu-e-s en assemblée générale dans chaque lieu de travail, ouverte à tou-te-s, sans aucune autre condition préalable que le fait d’être un travailleur, sans aucune obligation d’être d’accord ou non avec telle ou telle option politique, sur la base de la plus large démocratie ouvrière, avec liberté d’opinion et de discussion.

Les directions syndicales ont une responsabilité de premier ordre dans le lancement ou non d’une telle rencontre, notamment celles qui aujourd’hui se disent indépendantes des deux secteurs bourgeois en dispute. On pense ici aux secteurs de l’Union Nationale des Travailleurs (UNT) dirigés par Marcela Máspero et Eduardo Sánchez et au courant C-CURA d’Orlando Chirino et José Bodas, qui ont récemment signé une déclaration appelant à un front unique des travailleurs pour lutter pour nos revendications, indépendamment de l’opposition bourgeoise et du gouvernement. Si ces déclarations sont sincères, ces directions doivent se mettre à la tête de l’organisation d’une rencontre ouvrière nationale d’urgence comme celle proposée dans ces lignes. Partout où les conditions sont réunies pour appeler à des rencontre régionales, par ville ou par branche de production, nous devons avancer concrètement vers cette rencontre nationale.

(…) C’est cette discussion que nous proposons aux travailleuses et aux travailleurs pour avancer vers une politique indépendante de la classe ouvrière. Une politique qui nous permette d’avoir confiance en nos propres méthodes de lutte, en nos propres forces, en nos propres dirigeants de lutte, en une perspective bien supérieure à celles que nous proposent le gouvernement et l’opposition.

Pour assurer leur indépendance, les travailleurs doivent construire leur propre outil politique !

Le mécontentement exprimé aujourd’hui par des secteurs importants des travailleur-se-s envers la situation du pays, après presque une décennie et demi d’une soi-disant « révolution », dévoile au grand jour l’échec du nationalisme bourgeois, dont Nicolas Maduro veut assurer la continuité (…).

Mais ce mécontentement ne trouvera aucune issue progressiste dans le projet de Capriles. Au contraire, il faut plus que jamais proposer une alternative politique de classe. Lors des dernières élections nous avons vu comment des secteurs des travailleur-se-s et des couches populaires, face au mécontentement vis-à-vis du chavisme, ont donné leurs voix à une autre option bourgeoise. Cette situation est précisément le résultat du fait que les travailleurs n’ont pas encore créé leur outil politique propre. Face à ce mécontentement, et face aux processus de rupture avec le chavisme qui commencent à se développer, et qui sans doute s’accéléreront sous le gouvernement de Maduro, la tâche des révolutionnaires est aujourd’hui de lutter pour la construction d’un tel outil politique, un parti des travailleur-se-s, avec un programme clair pour une issue ouvrière à la crise et pour l’indépendance politique de la classe.

Les 7 millions de travailleuses et travailleurs qui constituent la classe sociale la plus nombreuse et potentiellement la plus puissance du Venezuela, la classe sociale qui au jour le jour produit l’immense majorité des richesses, doit générer ses propres espaces de rencontre, de discussion et de décision politiques et de lutte. La classe ouvrière doit conquérir son indépendance politique, aussi bien face à la droite que face aux différentes variantes du chavisme, pour devenir un acteur politique qui puisse offrir une réponse à la situation actuelle. Un outil politique des travailleur-se-s rendrait plus facile le chemin vers la construction d’un parti ouvrier révolutionnaire et internationaliste qui mènerait la lutte jusqu’au bout. En effet, il n’y aura pas de satisfaction des revendications fondamentales sans un combat pour un gouvernement des travailleurs et des couches populaires, sur la base de la destruction de l’Etat bourgeois et de l’abolition de la propriété privée capitaliste, nationale comme impérialiste, en mettant les richesses sociales au services de ceux qui les produisent, dans la perspective de la défaite du capitalisme à une échelle internationale.

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NOTES:

[1] Coalition des principaux partis de l’opposition bourgeoise au chavisme

[2] On pense notamment à la reconnaissance du régime putschiste au Honduras ou bien à l’étroite collaboration avec Santos en Colombie. Pour plus de précision sur la relation ambigüe du chavisme à l’impérialisme, voir la déclaration de la LTS à la mort de Chavez, qui tire le bilan du régime vénézuelien : http://www.ccr4.org/Les-trotskystes...

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Message  Roseau le Sam 27 Avr - 23:19

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Message  Joe Hill le Jeu 9 Mai - 11:17

http://www.vp-partisan.org/article1007.html

Chavez, un modèle? (article de Partisan de mai 2013 - journal de l'OCML VP)

Le président du Venezuela, Hugo Chavez, est mort. La question est de savoir si son mouvement politique, le chavisme, incarné dans un Parti socialiste unifié du Venezuela (PSUV) lui survivra. En France, Chavez est devenu une référence pour une partie de la gauche réformiste, notamment pour Jean-Luc Mélenchon, qui présente le chavisme comme un modèle de mouvement révolutionnaire.

L’idéologie chaviste

Le chavisme se présente comme le « Socialisme du XXIe siècle ». Ce terme est de la bouche d’un intellectuel allemand installé au Mexique, Heinz Dieterich, que H. Chavez présentait comme une de ses principales sources d’inspiration politique. Voilà comment Dieterich définit son socialisme : « C’est une économie de marché orientée et dynamisée, jadis par l’État corporatiste, et aujourd’hui par un Etat bien plus démocratique, une économie sociale de marché fondée sur la substitution des importations... » Le socialisme chaviste, derrière son intitulé qui semble promettre des bouleversements sociaux radicaux, ne promet donc pas grand chose de plus que l’indépendance économique, un État bourgeois plus démocratique et planificateur, ainsi qu’une redistribution des richesses. C’est une vision économiste du socialisme. Pour nous, le socialisme ce n’est pas du tout ça. La définition du socialisme, c’est la prise du pouvoir par les exploités dans tous les domaines. Cela signifie tout le pouvoir aux exploités qui installent leurs propres institutions politiques, et pas juste la réforme de l’État bourgeois, cela signifie aussi la socialisation des moyens de production et l’élimination des capitalistes, et pas juste un partage différent des fruits de notre travail entre eux et nous. Sans ces ambitions minimales, ce n’est pas du tout du socialisme. Si pour Mélenchon le chavisme est un modèle, on voit bien quel est son projet politique : aménager l’État bourgeois et l’économie capitaliste pour qu’ils nous soient plus favorables, rien de révolutionnaire en fait. Au mieux, on nous promet la Norvège !

Ce qui a changé (ou pas) au Venezuela

Pour se faire définitivement une idée, il faut partir des faits. Et malheureusement, la réalité n’est pas à la hauteur des promesses. Chavez promettait l’indépendance nationale : si il était effectivement connu pour ses diatribes anti-américaines, ce n’est pas sûr que le Venezuela soit moins indépendant qu’il l’était avant. Sur le plan économique, l’industrie nationale a continué de s’affaiblir : le pays importe, en proportion, encore plus de produits finis qu’avant Chavez, et en exporte beaucoup moins. Le dépendance aux exportations de pétrole s’est accrue. Et le meilleur, c’est que les Etats-Unis ont renforcé leur statut de premier pays d’échange avec le Venezuela : il n’y a jamais eu autant d’exportation de pétrole vers les USA et d’importation de produits manufacturé depuis ce pays que sous Chavez. Malgré ses promesses, le chavisme n’a pas du tout réussi à construire l’indépendance économique du pays, encore plus dépendant de l’impérialisme qu’avant. Les gouvernements de Chavez n’ont en fait mené aucune vraie politique pour assurer l’indépendance économique. Même si il l’a souhaité, Chavez en a été incapable.
Chavez promettait une vraie démocratie, mais il n’a quasiment pas touché à l’appareil d’État qu’on lui a légué. Il a certes fait adopter une nouvelle constitution à son arrivé au pouvoir, mais ça n’a pas changé grand chose : elle a principalement instituée des référendums dans tous les sens pour légitimer régulièrement le pouvoir. A la base, le chavisme a développé des dizaines de milliers de « conseil communaux » censés être des organes de démocratie directe, mais la plupart de ces structures n’ont pas vraiment d’activité, ou alors elles ont de toute façon une marge de manœuvre très limitée : les masses n’ont aucune occasion de discuter les grandes décisions prises par un gouvernement de politiciens professionnels, qui fonctionne et prend ses décisions de la même manière que n’importe quel gouvernement bourgeois, avec pour seule légitimité une élections tous les 5 ans. Et dans les quartiers populaires, la Police, toujours constitué des mêmes, est toujours aussi violente. On est très loin de la dictature du prolétariat et du pouvoir aux soviets.

Malgré la redistribution, toujours l’exploitation

Chavez promettait la justice sociale. Il a surtout redistribué une partie des bénéfices tirés de l’exploitation du pétrole au peuple sous forme de prestations sociales, de « missions » éducatives ou de santé. Par ailleurs, le code du travail a été nettement amélioré, et les salaires ont augmentés. Il y a eu quelques nationalisations, mais en restant dans des rapports de productions capitalistes. Le chavisme prétend avoir stimulé plus de 120 000 coopératives, mais la plupart sont morts-nées. Et chez les autres, nombre ont été créées ad hoc par des entrepreneurs bien en cours auprès du régime et visent essentiellement l’obtention de subventions et d’exonérations fiscales, ainsi que la légalisation de formes de sous-traitance sauvage et la flexibilisation de la main-d’œuvre, qui sous prétexte d’ « économie sociale » déroge au code du travail. Mais face aux mouvements ouvriers, le pouvoir a eu une attitude ambivalente : d’un côté, Chavez prétendait soutenir les revendications, mais de l’autre les autorités chavistes locales réprimaient souvent violemment les ouvriers et ouvrières en mouvement. Aujourd’hui, plusieurs syndicalistes combatifs sont emprisonnés au Venezuela. Dans le domaine de la possession de la terre, la réforme agraire a été très limitée : elle concerne en premier lieu les terres appartenant à l’État, et affirme par ailleurs clairement que les grands propriétaires ont des droits sur leurs terres. Ce n’est que dans le cas où elles ne sont pas cultivées et dépassent une certaine taille qu’une partie d’entre elles peut être expropriée contre une indemnisation à la hauteur des prix du marché. Donc, pas d’expropriation générale des grands propriétaires terriens, alors que 5% des propriétaires possèdent 75% des terres. Au Venezuela, ce n’est toujours pas « La terre à celui qui la travaille ».

Quelle classe est au pouvoir ?

Non, le Venezuela, ce n’est pas le socialisme, et ça n’en prend pas la route. En fait, on voit bien que ce ne sont ni les ouvriers, ni les paysans, ni les habitants des barrios (bidonvilles) qui sont au pouvoir. Le pouvoir est au main d’une bourgeoisie issue des secteurs intermédiaires de l’appareil d’État ou de l’armée, et de la bolibourgeoisie (une classe d’affairistes qui doivent leur réussite à leur adhésion au chavisme). Avec Chavez, une fraction de la bourgeoisie en a remplacé une autre aux commandes de l’État. Peut-être que cette fraction chaviste porte une idéologie plus progressiste que celles qui l’ont précédé : il ne s’agit pas de nier les mesures profitables au peuple mises en avant par les partisans du régime. Mais il ne faut pas compter sur elle pour engager une transformation sociale radicale au profit de ces même masses. En tout cas, la mort de Chavez est un coup dur pour la bourgeoisie chaviste, car c’est à travers la popularité de ce dirigeant charismatique qu’elle s’assurait un soutien dans les masses. Difficile de dire, en conséquence, combien de temps le chavisme tiendra encore au pouvoir : en tout cas, son zénith politique est derrière lui.

Axel

Joe Hill

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