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Contre l'aéroport de Notre Dame Des Landes (44)

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Contre l'aéroport de Notre Dame Des Landes (44) - Page 21 Empty Re: Contre l'aéroport de Notre Dame Des Landes (44)

Message  nico37 le Dim 23 Juin - 3:09

Courrier du CéDpa à F Hollande 12 juin (.pdf)

nico37

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Message  nico37 le Dim 23 Juin - 11:29

Les autorités ferment définitivement la route qui traverse le site

Le département veut rester ferme. Il a annoncé ce jeudi que ses services ont fermé définitivement à la circulation la RD 281, la route qui traverse la zone du futur aéroport de Notre-Dame-des-Landes. 
D’après le conseil général, cette voie est depuis l’automne "l'objet d’exactions de la part d’opposants" au projet de futur aéroport : installation et construction de chicanes et obstacles, barrages sauvages, manifestations.
"Un arrêté du président du conseil général y interdit la circulation depuis le 5 novembre 2012, mais les dégradations et vols des panneaux de signalisation réglementaire rendent impossible son application", explique le département dans un communiqué. "De ce fait, les automobilistes continuent à emprunter la route, encourant des risques et subissant menaces et agressions, ayant donné lieu à des dépôts de plaintes et pour certains à des interruptions temporaires de travail."
"Il n'est pas acceptable que la sécurité ne soit plus assurée"
Philippe Grosvalet, président du conseil général, explique : "Je constate à regret que le retrait des forces de l’ordre n’a pas conduit les opposants à lever leurs obstacles. Au contraire même, des
faits plus violents se sont produits récemment. Il n’est pas acceptable que la sécurité ne soit plus
assurée sur cette route. Ma responsabilité en tant que gestionnaire de la voirie est de mettre à
l’abri les automobilistes de ces risques."
Jeudi matin, des équipes techniques ont ainsi bloqué la route en deux endroits, aux lieux-dits Le Bois-Rignoux, sur la commune de Vigneux-de-Bretagne, et Bel-Air, sur la commune de Notre-Dame-des-Landes, au moyen de blocs rocheux disposés en travers de la voie.

Réponse :

Ce samedi 22 juin au soir, la D281 [qui avait été fermée par les autorités jeudi] a été réouverte par des opposant-e-s au projet d'aéroport.

Cette route doit rester circulante pour les raisons suivantes :

- les agriculteurs doivent accéder à leurs parcelles ;
- nous refusons que la ZAD soit enfermée et isolée par les autorités ;
- des automobilistes utilisent quotidiennement cette route.

L'aéroport ne se fera pas, il n'y donc pas de raison de condamner la route, ni aujourd'hui, ni demain.

Des occupant-e-s, habitant-e-s, paysan-ne-s de la ZAD et des alentours.

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Message  Rougevert le Dim 23 Juin - 16:48

yannalan a écrit:C'est surtout un problème concret posé par la bande en question, ses délires et ses violences sur un endroit où on veut maintenir une activité d'élevage et où on est censé aider les paysans qui veulent rester.
L'auteur du billet d'humeur n'a strictement rien d'un anti-écolo borné, au contraire. Mais il y a sur la ZAD de spublics qui posent des problèmes, et ça sert à rien de les cacher.

Oh que si, parce qu'à ma connaissance, aucun "commando" de protecteurs des animaux n'est intervenu à Notre Dame des Landes pour quelques raisons que ce soient.
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Message  nico37 le Lun 24 Juin - 22:34

Attaque à la meuleuse contre un pylone haute tension : vous n'en avez pas fini avec nous !

A propos d'un sabotage contre un pylône haute-tension déplacé dans le cadre du projet d'aéroport et de sa desserte routière.
Dans la nuit du vendredi 21 au Samedi 22 juin, deux pieds d'un pylône haute-tension situé sur l'emplacement du « futur » échangeur à l'extrémité Est du barreau routier ont été sérieusement endommagés à la meuleuse. Ce pylône flambant neuf a été déplacé il y a quelques mois dans le cadre des travaux préliminaires au projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes. La première étape de ce projet sera la construction du barreau routier, une quatre voies reliant l'axe Nantes-Rennes à l'axe Nantes-Saint Nazaire. 

Depuis des mois, la préfecture affirme dans la presse que le projet avance et que les travaux progressent. Pourtant les travaux préliminaires ont, depuis le début de l'année, été sans cesse perturbés. A part les fouilles archéologiques, tout ce qui est envisagé reste au point mort (élargissement des routes différé, dernier forage au lieu-dit Culnoues reporté suite à une action de blocage) et tout ce qui a été fait doit être recommencé (sabotage à la masse, à deux reprises, des poteaux en béton destinés aux déviations de lignes, arrachage des piquets de géomètres, sabotage de tous les piézomètres posés lors des derniers forages). Avec ce sabotage de pylone, la seule chose concrète que vous aviez réussi à finir ces derniers mois est également à refaire, et le sera sans cesse, encore et encore, jusqu'à ce que vous renonciez. 

Décideurs, sachez-le, tout ce que vous construirez sera détruit ! Vous n'êtes même pas en mesure d'avancer dans les travaux préliminaires, et on vous laisse imaginer la force destructrice de notre opposition lorsque vous entamerez réellement le chantier de l'aéroport et de sa desserte routière. 

Nous ne sommes pas en lutte contre un projet d'infrastructure mais contre les infrastructures de la métropole en tant que telles (lignes électriques, antennes relais, autoroutes, etc.). Les luttes qui se déploient contre vos projets mortifères ne s'arrêteront pas, même si vous parvenez à construire par la force ces infrastructures de la dépossession. 

Nous affirmons notre solidarité avec nos ami-e-s en lutte contre la ligne Très Haute tension Contentin-Maine. En dépit du fait que RTE ait finalement construit cette ligne, la lutte ne fait que commencer. C'est par le sabotage acharné, diffus, et systématique des lignes existantes que se prolongera ce qui s'est esquissé au Chefresne. 

Nul besoin de menaces gratuites pour vous effrayer, il nous suffit d'évoquer des souvenirs pas si lointains : 

« En 1971, le gouvernement japonais envisageait de dégorger une partie du trafic aérien encombrant l’aéroport côtier d’Haneda en construisant un nouvel aéroport à 60 km de la capitale, près de la ville de Narita. Immédiatement, de nombreux paysans refusent de vendre leurs terres aux promoteurs, s’organisent et résistent pas à pas à la police, aidés par de très nombreuses personnes. Au fur et à mesure que les travaux avancent, les affrontements se font plus sévères. Des tours de béton et d'acier sont construites sur la future piste par les manifestants, et chaque fois, la police doit livrer de véritables assauts pour démolir les édifices. 

Samedi dernier, cinq jours avant l’inauguration officielle de l’aéroport, une nouvelle tour a été érigée par une cinquantaine de paysans et d'activistes qui repoussèrent la police avec des pierres et des flèches en acier lancées grâce à des fusils sous-marins.

Les cocktails Molotov volent, se brisent sur les bulldozers et les voitures de police chargent des deux côtés. Profitant du combat, six individus escaladent la tour de contrôle par l’extérieur pendant que ses servants s’enfuient et se réfugient sur le toit. Un hélicoptère viendra les délivrer, mais la tour y passe. Les vitres volent en éclat, les installations et le reste. » 
Narita, 28 mars 1978 (Libération) 

Le passé nous permet d'imaginer ce que l'avenir vous réserve ! 

Quelques étincelles dans la nuit noire de la métropole...

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Message  nico37 le Jeu 27 Juin - 1:38

Gérer une situation de crise : comment traiter avec un public en colère ? Michel Ghazal 23/06

Qu’il s’agisse de la controverse liée au projet de construction de l’aéroport du Grand-Ouest (NDDL), de la crise sanitaire engendrée par la tromperie autour de l’étiquetage de la viande de boeuf ou des violences suscitées par la réforme du "Mariage pour tous", ces derniers mois, on a vu exploser des situations de crise avec pour dénominateur commun : des mouvements de masse de publics en colère.

C’est la raison pour laquelle j’ai choisi de vous présenter le livre de Lawrence Susskind et de Patrick Field "Dealing With An Angry Public" ou "comment traiter avec un public en colère", qui m'a servi de cadre de référence pour les trois articles que j'ai cités plus haut.

Quelles sont les approches traditionnelles face à ces mouvements et en quoi sont-elles inappropriées ?

Les tactiques préconisées par certains spécialistes des relations publiques consistent souvent :

- À privilégier l’obstruction et le non-partage des informations,

- À lancer des contre-feux sous la forme "d’écrans de fumées" et de tentatives de "blanchiment" de ses actes,

- En faux prétextes et transfert de responsabilités,

- En contre-attaques virulentes contre les opposants.

À ces tactiques se rajoute une perception totalement erronée des médias et de leur rôle dans la couverture des événements.

Comment traite-t-on habituellement avec les médias ?

Dans une situation de crise, il y a un pan entier qui concerne les médias qui, s’il est négligé, va aggraver le problème et nuire considérablement aux leaders ou aux organisations concernées.

Il y a ici beaucoup d’idées reçues et d’erreurs que pointent les auteurs :

1) Les médias sont perçus comme des adversaires : donc on cherche à réduire leur pouvoir,

2) Les médias sont perçus comme un outil pour faire sa propagande,

3) La croyance que nous pouvons et devons les contrôler en cherchant à les forcer à oublier les points qui nous dérangent en les menaçant de boycott ou d’actions en justice.

Ces tactiques déplorables et cette perception biaisée, vont avoir pour conséquences de mettre de l’huile sur le feu plutôt que de contribuer à l’éteindre, d’accroître les tensions plutôt que de les apaiser, de compliquer le problème à résoudre et le terrain plutôt que de le déminer, provoquant en fin de compte une intensification de l’opposition et de la colère.

Une meilleure approche : les principes de la "stratégie des gains mutuels"

Les auteurs proposent de considérer ces situations comme une sorte de négociation multiparties et multiobjets nécessitant d’y appliquer les principes d’une négociation efficace. Pour cette raison, ils recommandent de substituer à ces tactiques, d’autres principes qui s’appuient sur la "stratégie des gains mutuels" que j'ai lancé il y a plus de 30 ans en France et qui est diffusée par le Centre Européen de la Négociation.

Ceci suppose, dans une première étape, de déterminer à quel type de crise nous faisons face :

- S’agit-il d’un conflit de valeurs ("Mariage pour tous"…) ?

- Est-elle l’expression de la peur par rapport à un risque qui peut l’affecter (étiquetage viande de cheval, Aéroport NDDL…) ?

- Fait-elle suite à un dommage subi (Bophal, l’Ericka, Le Mediator, les prothèses mammaires PIP…) ?

Dans une deuxième étape, il convient de bien analyser l’origine du ressentiment qui déclenche la méfiance, la frustration ou la colère du public et de comprendre les raisons qui l’ont amplifié. Le public en colère se sent-il abusé ? Manipulé ? Victime d’une désinformation ? D’un mensonge et tromperie ? Ou bien qu’on n’a pas respecté une promesse qui lui a été faite ? Sa santé est-elle en jeu, heurte-t-on des valeurs auxquelles il tient, etc. ?

Dans une troisième étape et face aux 3 types de crises – des dommages ont été provoqués, une peur de subir un risque de dommages, un conflit de valeurs – Susskind et Field proposent d’appliquer 6 principes de la Stratégie des gains mutuels :

1) Voir les choses du point de vue de l’autre et montrer de la compréhension envers ses préoccupations,

2) Être ouvert à une recherche en commun des faits afin de générer des informations crédibles pour les deux (ou toutes) les parties,

3) S’engager à dédommager l’impact de ses actes si le risque survient et promettre de compenser des impacts non intentionnels quand ils sont avérés,

4) Accepter la possibilité de commettre une erreur,

5) Être fiable de manière à éloigner les suspicions et susciter la confiance,

6) Bâtir une bonne relation de travail avec ses interlocuteurs et le public concerné.

Pour une négociation constructive et une communication respectueuse

Qu’il s’agisse d’un accident qui survient, d’un conflit de valeurs ou d’une crise suscitée par la peur de subir un risque, il convient de respecter les préconisations suivantes :

- Avoir toujours à l’esprit que notre crédibilité et notre réputation sont en jeu.

- Établir des canaux de communication directs avec les parties concernées sans occulter l’environnement plus large.

- Partager la prise de décision et donc le pouvoir avec ses interlocuteurs.

- Créer un ou des forums de résolution de problèmes.

Tout ceci suppose de ne pas hésiter :

- À être transparent en partageant des informations qu’elles soient favorables ou non,

- À se montrer ouvert à coopérer en évitant toute tentative de cacher des informations, car découvertes, elles se retournent contre l’organisation et détruisent sa crédibilité,

- À privilégier la clarté et éviter d’être évasif,

- À "dire ce que l’on pense et penser ce que l’on dit".

En enjoignant les leaders à encourager et faciliter la "Résolution en commun" du problème et à se fixer pour but d’éviter d’avoir des gagnants et des perdants, ils évitent les polarisations destructrices et aident à trouver des terrains d’entente face aux crises.

Bien que sorti il y a quelques années déjà, le livre de Larry Susskind, "Dealing With An Angry Public" ("Dealing with an Angry Public: The Mutual Gains Approach to Resolving Disputes", par Lawrence Susskind et Patrick Field, New York: The Free Press, 1996), demeure d’une grande actualité. Un seul défaut cependant, il n’est pas traduit en français. Puisse-t-il inspirer nos leaders.

À lire sans modération.

PS C'est à la lumière de la grille proposée par les auteurs de cet ouvrage que j'ai analysé des situations de crise bien françaises que je mentionne au début de cet article. Concernant l’aéroport NDDL, après un rappel rapide des faits, j'ai montré pourquoi ne pas avoir d’emblée considéré cette crise comme une vraie situation de négociation a conduit à une gestion de crise plutôt catastrophique.

En ce qui concerne la tromperie sur l’étiquetage de la viande de bœuf, j'ai mis au jour les causes des échecs en termes de communication de crise qui ont été constatés et le lien entre stratégie de négociation et stratégie de communication. Enfin, la réforme appelée "Mariage pour tous" m'a fourni l’occasion d’aborder le traitement très complexe des crises liées à un conflit de valeurs.

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Message  nico37 le Jeu 27 Juin - 18:10

Extraits du discours d’Ayrault au Bourget

Chacun le comprend, l’avion a été un acteur clé de l’histoire du XXe siècle, c’est vrai d’abord au service d’une petite partie de la population, mais la donne a profondément changé », a souligné le Premier ministre. Avant d’ajouter : « L’avion est le mode de transport qui augmente le plus rapidement : 262 millions de passagers en 1989 et plus d’un milliard aujourd’hui. Eh bien, j’en suis convaincu, il sera au cœur du monde dans lequel nous sommes maintenant entrés et celui de demain. Et quand je dis « l’avion », je ne devrais pas le dire de façon si générale. La question, en effet, c’est : à quoi ressemblera le transport aérien de demain ? C’est dans des occasions comme celle-ci, comme ce 50esalon international du Bourget, que cet avenir est en train de s’inventer.

Je le disais, le monde aura besoin de plus d’avions. Mais je crois qu’une fois que l’on a dit cela, c’est sur ce type d’avions nouveaux qu’il faut maintenant travailler –et j’ai vu là quelques exemples tout à fait concrets, convaincants. Des avions qui soient plus économes en énergie, des avions qui soient plus légers, qui soient toujours plus sûrs. Sur des infrastructures au sol plus intelligentes, qui soient mieux pensées, plus respectueuses, elles aussi, de l’environnement qui les entoure.

C’est avec ces idées que l’on réussira à faire voler plus d’avions, à les faire mieux voler, à faire en sorte que leur empreinte demeure raisonnable aussi bien en l’air qu’au sol. Voilà donc pour l’avenir du secteur aérien…

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Message  Rougevert le Jeu 27 Juin - 21:13

Ayrault plane.
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Message  nico37 le Sam 29 Juin - 3:02

Rougevert a écrit:Ayrault plane.
Ayraultporc...

La révolte écologique, de Taksim à Notre-Dame-des-Landes Noël Mamère Député de Gironde 17/06

Le mai 68 du peuple turc a ceci de particulier qu’il émane d’une révolte écologique. Au départ, il s’agit de la simple défense du dernier parc d’Istanbul, le Parc Gezi. On menace de remplacer ce havre de verdure et de paix par un centre commercial et une mosquée – tout un symbole – la sainte alliance du commerce et de la religion.

Si ce projet se réalise, il ne restera plus un seul espace vert dans le centre commercial et dans le centre de la capitale économique de la Turquie. Les écologistes en colère contestent à la fois ce mode de vie, et la manière autoritaire de décider du cadre de vie des Stambouliotes.

Très vite, cet « éléphant blanc » voulu par le Premier ministre turc (qui a par ailleurs contribué à l’émergence de la démocratie face au pouvoir militaire) mobilise des pans entiers de la société turque et notamment les jeunes. Le mouvement se politise et met en cause le pouvoir de l’AKP devenu pesant.

Quand l’écologie fait tomber des murs

Le fait que cette contestation, aux conséquences imprévisibles pour Erdogan, a été initiée par des écologistes appelle ici quelques observations. L’écologie est devenue une question conflictuelle, politique, au sens propre du terme et ce n’est pas la première fois qu’on peut le constater :

c’est le mouvement Ecoglasnost, né en 1987 dans l’ex-URSS et en Bulgarie, qui a ébranlé le système soviétique, débouchant sur la chute du Mur en 1989 ;
sur un autre continent, l’Amérique du Sud, les guerres de l’eau menées en Bolivie contre les multinationales américaines et françaises (Bechtel et Suez), ont conduit à l’élection d’Evo Morales, le premier chef d’Etat indigène de l’histoire ;
au Brésil, le mouvement des Sans-Terres n’a pas été pour rien dans l’accession à la présidence de Lula et du Parti des travailleurs ;
plus près de nous, en Allemagne, le Bürgenitiative, mouvement de citoyens né dans les années 80, a été à l’origine des Grünen tandis que, trente ans plus tard, la résistance contre l’aéroport de Stuttgart permettait à un Vert de devenir le premier président d’un Länder.
On pourrait ainsi multiplier les exemples. Sans oublier l’importance du mouvement antinucléaire : au Japon, après Fukushima, on voit se développer les premières manifestations de masse de la société civile depuis les années post 68. En France, on connaît l’importance de Plogoff et du Larzac dans la montée de la gauche au pouvoir en 1981.

Aujourd’hui, Notre-Dame-des-Landes est l’épicentre d’une résistance qui gagne toute la France, contre les grands projets inutiles, à la manière du mouvement « No Tav », en Italie du Nord. En Chine, ce sont 40 000 émeutes par an contre les accaparements de terres et les désastres liés à la pollution industrielle qui mettent en cause le pouvoir corrompu et despotique de Pékin.

De gentils défenseurs d’animaux ?

Les écologistes ne sont donc plus une gentille troupe de défenseurs des animaux et des plantes, mais des acteurs majeurs du changement social. Ce phénomène s’est déroulé dans un laps de temps très court à l’échelle de l’histoire.

Il exprime aussi bien l’inquiétude des populations face à la destruction de l’environnement comme bien commun de l’humanité, que la volonté de protester contre les formes autoritaires qu’a pris le capitalisme à l’heure de la mondialisation. Un phénomène qui « bunkerise » les Etats un peu partout dans le monde, de plus en plus technocratique et oligarchique.

Plus l’Etat est faible et à la merci des multinationales, plus il est dur envers les catégories de la population qui n’acceptent pas de se laisser imposer un mode de développement injuste et insoutenable. Ce nouveau type de conflit est interclassiste.

Si les classes moyennes y jouent un rôle décisif, particulièrement la jeunesse scolarisée, l’engagement des classes populaires, notamment dans les pays émergents, commence à se vérifier. Pour le mouvement écologiste, dont les « lanceurs d’alerte » sont le fer de lance d’une nouvelle citoyenneté, cela a une signification particulière : l’écologie et la démocratie sont intrinsèquement liées.

La qualité de l’eau et de la démocratie

Ainsi, quand l’écologie politique est atteinte du syndrome de la technocratie verte, de l’arrivisme en politique, des miasmes de la politique politicienne, la roche tarpéienne de l’échec est proche.

Une enquête récente du Cevipof le démontre : les militants et les sympathisants écologistes sont peut-être en train de décrocher, de quitter le navire sans boussole de la majorité présidentielle, qui les a laissés sur le bord du chemin. Quand, au contraire, l’écologie puise aux meilleurs sources des combats citoyens, elle se renouvelle et reprend force et vigueur.

Ce qui se passe en Turquie le manifeste avec éclat. Le fait que le Premier ministre recule sur la question de l’aménagement du parc n’est pas une fleur qu’il offre aux manifestants, mais une défaite en rase campagne, symbole d’une conception surannée et autoritaire de la démocratie.

Ce qui est en gestation, de Taksim à Notre-Dame-des-Landes, c’est la naissance d’une démocratie écologiste, d’une république des citoyens majeurs et responsables, pour la défense de leurs acquis, certes, mais d’abord pour toutes les victimes d’un système finissant : les générations futures, la nature et, en général, tous les êtres vivants.

Il a fallu 150 ans aux femmes pour accéder à la citoyenneté, mais combien de temps faudra-t-il pour que soit reconnu le droit des non-humains, de la nature et de nos enfants ?

L’enjeu pour les manifestants de Taksim est le monde qui vient, la qualité de son eau, de sa terre, de son air… et de sa démocratie. En exigeant une autre ville, libérée de l’emprise des marchands du temple, ils rêvent d’une nouvelle démocratie.

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Message  Rougevert le Sam 29 Juin - 14:14

Et qui sont donc, dans le système de production, ces "écologistes"?
Des bobos réactionnaires?
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Message  nico37 le Dim 30 Juin - 2:53

Notre-Dame-des-Landes: et s’il fallait tout recommencer ? 27/06 JADE LINDGAARD

Chargé de l’évaluation environnementale du site menacé par le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, le bureau d’études Biotope est soupçonné de détournement d’emplois jeunes. Le rapport initial sur les oiseaux et les reptiles, qui fait tant débat aujourd’hui, a été réalisé par un jeune sous-traitant employé par une agence de voyage de façade. Ces révélations mettent en doute la rigueur des études préalables au projet.

Mardi 18 juin, la société a été entendue par le tribunal des prud’hommes de Nantes, à la demande d’un ancien collaborateur, Bertrand Delprat, qui réclame la requalification de son licenciement et la reconnaissance du lien de travail entre lui et le bureau d’études pour la période de 2000 à 2007. Le jugement est attendu le 10 septembre.

Derrière ce conflit du travail, se cache une histoire peu banale. Pendant sept années, le jeune ornithologue affirme avoir travaillé pour l’agence Loire-Bretagne de Biotope, à Bouguenais, près de Nantes, où il disposait d’un bureau et d’un numéro de téléphone, ainsi que d'une adresse email professionnelle, tout en étant salarié de l’association Voyage inter associations (VIAS). Grâce à ce statut d’employé associatif, il bénéficiait d’un emploi jeune, pris en charge par l’État à hauteur de 80 % du Smic. Soit, concernant Bertrand Delprat, sur un peu plus de sept années, une aide totale d’environ 91 000 euros. Or il était strictement interdit aux entreprises de recourir à des emplois jeunes.

Si ce litige sort aujourd’hui de l’anonymat, c’est parce que Biotope est l’un des principaux bureaux d’études impliqués dans le développement du projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Depuis 2003, ses collaborateurs ont rédigé une grande partie des évaluations environnementales du site menacé par le projet. En ce début d’été 2013, il vient de proposer à AGO, la filiale du groupe Vinci concessionnaire de l’aérogare, une nouvelle façon de compenser les dommages environnementaux du chantier à venir – la précédente méthodologie a été invalidée par les experts scientifiques sollicités par l’État, (voir nos articles ici et là à ce sujet).

Or c’est Bertrand Delprat qui était responsable pour Biotope du rapport sur l’état initial du site, en 2006, pour sa partie consacrée aux oiseaux et aux reptiles. Son nom figure dans la liste des spécialistes qui signent le rapport commandé par la direction départementale de l’équipement (DDE) de Loire Atlantique, en vue de la déclaration d’utilité publique du projet. Loin d’être une simple petite main sur le terrain, Bertrand Delprat est désigné comme « expert faune » habilité à encadrer les personnes établissant l’inventaire de la faune et de la flore, dans une lettre de mission de la DDE du 6 juin 2005. Il effectue alors deux semaines de prospection sur le terrain et réalise près de 80 heures d’écoutes d’oiseaux.

« Vous imaginez dire à l'acheteur public… »

Ce document est très important car il sert de base au dossier de dérogation sur les espèces protégées, aujourd’hui au cœur du conflit entre la préfecture de Loire-Atlantique et les opposants à l’aéroport. L’état initial permet en effet de définir l’impact d’un projet sur les animaux et la végétation, et quelle protection leur apporter. « Cette étude a pour vocation la constitution de l’expertise de référence, dans le domaine du patrimoine naturel (faune, flore et milieux naturels) pour le projet d’aéroport du grand ouest Notre-Dame-des-Landes, écrivent alors les services de l’État. Son importance est toute particulière dans le cadre du présent projet, compte tenu des caractéristiques de ce dernier et de son ampleur dans l’espace et dans le temps. »

Pour Bertrand Delprat, qui est aujourd’hui à la tête d’un bureau d’études : « On a confié un dossier aussi complexe et aussi sensible à un emploi jeune dans une agence de voyages ! » Ses bulletins de paie de l’époque attestent de son rattachement à la convention collective des agences de voyage. L’objet officiel de l’association VIAS était en effet l’organisation de voyages d’études de la nature et la réalisation d’études. Sa présidente, Anne-Lise Ughetto, est par ailleurs directrice adjointe de la société Biotope et l’épouse du directeur général du bureau d’études, Frédéric Melki. Le siège des deux structures se trouvait dans le même bâtiment (mais avec deux adresses différentes), à Mèze dans l’Hérault.

Dans son rapport d’avril dernier sur l’incidence du projet d’aéroport sur la zone humide (voir ici), le collège d’experts scientifiques mandatés par l’État pointe l’insuffisance du rapport de 2006 sur l’état initial et sa « caractérisation initiale insuffisante de la biodiversité ». En particulier, il regrette que l’importance des oiseaux, des chauve-souris et des reptiles présents sur la zone ait été sous estimée.
Cette analyse est partagée par le conseil national de la protection de la nature (CNPN) qui s’inquiète du sort du pluvier doré, un oiseau migrateur, et demande de nouveaux inventaires (voir ici). La préfecture doit publier des arrêtés de dérogation à la protection d’espèces protégées pour que puissent démarrer les travaux de l’aérogare et de sa desserte routière.

Pour Bertrand Delprat, le montage des emplois jeunes « ne signifie pas que le travail a été mal fait, mais crée une suspicion certaine sur la rigueur et l’honnêteté du travail mené dans le cadre de la réalisation des dossiers réglementaires liés au projet d’aéroport ». Pour autant, il ne pense pas avoir bâclé sa tâche, ne se souvient pas avoir manqué de temps. Pour l’état initial, quatre autres personnes de Biotope ont collaboré au rapport sur d’autres sujets (habitat, flore, amphibiens…).

L’association VIAS a été dissoute fin 2007, après le licenciement de Bertrand Delprat, et alors que s’éteignait le dispositif des emplois jeunes. Son ancienne présidente, Anne-Lise Ughetto, répond par écrit : « aucun des éléments produits par Delprat ne vient apporter la preuve irréfutable de la véracité de ses affirmations » et que « le litige pendant devant le conseil des prud’hommes de Nantes ressort comme un moyen de justifier un comportement déloyal en matière de concurrence » entre leurs deux entreprises.

Son époux, dirigeant de Biotope, Frédéric Melki, ajoute : « Biotope a fait appel occasionnellement à VIAS comme sous-traitant et Bertrand a peut-être réalisé une petite mission ornithologique pour Notre-Dame-des-Landes dans le cadre d’une sous-traitance (quelques journées de sous-traitance en 7 ans !). »

Sauf que le recours à la sous-traitance est très encadré dans le cadre de contrats publics. Il doit être déclaré et accepté par l’organisme public à l’origine de l’offre, en l’occurrence la DDE. Or selon les documents présentés par la défense de Bertrand Delprat devant les prud’hommes, Biotope n’a jamais sollicité l’accord de l’État à ce sujet. « Mais c’est logique, l’objet de VIAS est de faire des voyages : vous imaginez dire à l’acheteur public que tout ce qui été fait dans le cadre de ce marché public l’est par une association qui fait des voyages ? » a affirmé Franck-Olivier Ardouin, l’avocat de Bertrand Delprat devant les juges. Pour lui : « Notre-Dame-des-Landes a été étudié avec un sous-traitant non homologué par la commande publique. » De son côté, Frédéric Melki assure que « tout est extrêmement carré du point de vue contractuel sur ces sujets », et que cette affaire est « très simple juridiquement mais très chargée d’affect ».

« Un peu sur la brèche »

VIAS n’est pas la seule association liée à Biotope à être intervenue sur le dossier de Notre-Dame-des-Landes. Il y avait aussi l’Association pour la connaissance et l’étude du monde animal et végétal (Acemav). En 2002, elle a réalisé une mission d’expertise écologique sur le site du projet d’aéroport (à lire ici).

Cette association, dissoute aujourd’hui, employait elle aussi des emplois jeunes. L’un d’entre eux, qui a également planché sur la zone du projet d’aéroport, joint par Mediapart, raconte qu’il apparaissait « comme Biotope dans les rapports », et que pour justifier ce montage, la direction expliquait « qu’on était en concurrence avec des organismes non assujettis à la TVA, comme les associations, et que c’était une forme de rééquilibrage ». Il se souvient d’une société « un peu sur la brèche pour la trésorerie ».

Sollicité par Mediapart, Thomas Menut, ancien dirigeant de l’Acemav, également fondateur et associé de Biotope s’emporte au téléphone : « Si vous croyez que je vais tout étaler et tout vider mon sac… Je n’ai pas d’explications à vous donner et je ne suis pas certain que ce soit votre rôle d’étaler tout ça. Si vous voulez jouer les détectives, j’ai le droit ne pas vous répondre. »

Selon l’avocat de Bertrand Delprat, une dizaine de personnes ont « travaillé ouvertement comme Biotope pour Biotope » tout en étant officiellement employées par l'une ou l’autre de ces associations.

Ces révélations mettent en doute la rigueur des études préalables au transfert de l’aéroport. L’état initial du site a-t-il été réalisé en infraction avec la loi ? Si oui, peut-il encore être considéré comme valide, et comment vont réagir les pouvoirs publics ? La question est de nature juridique mais pas seulement : c’est aussi un enjeu de confiance entre les parties dans un dossier aussi conflictuel et aussi contesté. Difficile d’accepter qu’un contrat de concession d’environ 500 millions d’euros, signé pour 55 ans, se fonde sur une expertise élaborée dans des conditions douteuses.

Malgré la volonté des autorités locales de faire avancer le projet, et alors que le préfet de Loire-Atlantique souhaite débuter les travaux cet automne (voir ci-dessus son interview à Presse Océan), le dossier technique de Notre-Dame-des-Landes se fragilise depuis 18 mois : refus de la méthode de compensation environnementale par les experts, erreur de calcul dans la déclaration d’utilité publique découverte par le cabinet CE Delft (voir ici), surestimation des créations d’emplois attendues (voir ici), et mise en cause aujourd’hui de la validité de l’état initial du site.

Les petits arrangements de Biotope avec les emplois jeunes sont d’autant plus piquants que son patron, Frédéric Melki, a participé l'automne dernier au mouvement des « pigeons », ces chefs d’entreprises ulcérés par le projet de taxer plus les plus-values de cession. « Je n’ai pas participé aux pigeons, je suis totalement indépendant, je ne participe à aucun mouvement », affirme-t-il aujourd’hui, reconnaissant tout de même « j’ai pensé qu’ils avaient raison. »

Il l’a pensé si fort qu’il s’est retrouvé interviewé par le 20 heures de France 2 le 4 octobre, dans un reportage consacré à « ces créateurs d’entreprises qui ont réussi à se faire entendre », comme les présente David Pujadas. « Des patrons en colère qui se sentent mal traités, mal aimés aujourd’hui en France, c’est le cas de Frédéric Melki », explique le reporter de France Télévision. On découvre alors à l’image le directeur général de Biotope, debout à côté d’une plante verte.

Dans le magazine Challenge, quelques mois plus tard, il récidive pour dénoncer les pesanteurs administratives sur les entreprises. Un ancien dirigeant de la société se souvient que l’expression maison pour parler de gestion du personnel était « GML », pour « grand méchant loup ». Et qu’un leitmotiv récurrent de fin de réunions était « TBE », pour « ton blé enculé ! ».

C’est à partir de la fin des années 1980 que les premiers bureaux d’études en évaluation environnementale se sont créés en France -Biotope apparaît en 1993. La filière de l’expertise écologique est encore relativement jeune, peu régulée et pas contrôlée. Au-delà du cas de ce bureau d’études, l’un des acteurs importants avec près de 250 salariés, c’est tout un secteur qui évolue aujourd’hui dans une zone d’ombre. Car comme pour l’audit des comptes des entreprises, les bureaux d’études environnementaux sont payés par les sociétés ou les collectivités publiques dont elles évaluent les projets. Personne ne peut exclure qu’éclate un jour un scandale Enron de l’environnement.

Les personnes citées dans cet article ont été interrogées par téléphone, par email ou lors de rencontres entre le 28 mai et le 21 juin. J'ai respecté l'anonymat des témoins qui l'ont demandé.

nico37

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Message  nico37 le Dim 30 Juin - 21:33

Notre-Dame-des-Landes passera au test du révélateur européen à la rentrée 26/06

L'Europe continue d'éplucher le dossier de Notre-Dame-des-Landes. Le dossier fait l'objet de navettes entre Paris et Bruxelles dans le cadre d'échanges d'informations. Sur le terrain, les opposants redoutent un forcing des porteurs du projet aéroportuaire.
La commission des pétitions du Parlement européen qui s’est réunie le 19 juin 2013, a reporté son examen à mi-septembre pour attendre les conclusions de la Commission européenne : dans le cadre d’une procédure précontentieuse accélérée dite EU Pilot, celle-ci exige en effet un complément d’information de la part de l’Etat français après ses réponses envoyées en avril et jugées partielles. Leur contenu ignore par exemple les rapports établis au printemps par les trois commissions créées fin 2012 par le gouvernement. Ce dernier doit transmettre d’ici à début juillet les éléments réclamés.

De son côté, la direction générale de la concurrence de la Commission européenne s’est également saisie de la question : elle s’intéresse en particulier à la question du montage financier de l’aéroport et veut s’assurer de l’absence d’utilisation de fonds communautaires. Le principe d’une mission d’enquête parlementaire sur le terrain en octobre 2013 est suspendu à l’avis de la Commission européenne. Si elle se concrétise, l’association Acipa et le collectif Cédpa qui réunit plusieurs centaines d’élus opposés au projet, l’invitera à se rendre aussi à l’aéroport de Nantes Atlantique pour constater de visu, disent-ils, les aménagements qui y seraient possibles.

Méthodologie opaque

Reste à savoir comment se passera l’été alors que les relations entre les différentes parties se tendent à nouveau sur le terrain après l’apaisement du printemps. Le Cédpa a décidé de suspendre sa participation aux groupes de travail placés sous l’égide du préfet et chargés de mener les études complémentaires préconisées par les rapports. Dans une lettre ouverte également adressée au président de la République et au ministre des transports, le collectif reproche au représentant de l’Etat une méthodologie opaque et son annonce, dans un quotidien nantais, d’un éventuel démarrage des travaux dès l’automne 2013 alors que le Conseil national de la protection de la nature évoque lui la nécessité de nouvelles analyses « sur une période d’au moins deux années ».
L’une des porte-parole du Cédpa, Françoise Verchère, dénonce une volonté de mettre sous le boisseau les recommandations des experts de la commission scientifique qui ont « force de loi » puisque découlant des enquêtes publiques conduites en 2012 au titre de la loi sur l’eau. Et le dépôt par le concessionnaire Vinci d’une demande de permis de construire pour l’aérogare lui fait redouter un saucissonnage des procédures et des évaluations.

Démarches au niveau européen pas suspensives

Pour sa part, Jacques Auxiette, président du conseil régional des Pays de la Loire et du syndicat mixte aéroportuaire du grand Ouest, indique s’étonner « de l’attitude des opposants politiques au projet qui d’un côté exigent un maximum de compensations environnementales, et de l’autre s’opposent à ce que l’Etat ou les collectivités mettent justement en œuvre les améliorations du projet préconisées par la commission du dialogue ». Et de rappeler au passage que les démarches au niveau européen « ne sont pas suspensives et n’empêchent donc pas d’avancer dans la conduite du projet ». Cette « stratégie de passage en force » est justement redoutée par l’Acipa et le Cédpa, citant à l’appui de leurs propos les énièmes rappels à l’ordre de Bruxelles quant au non respect par l’Hexagone de la directive nitrates qui date de…1991. Et d’ajouter : « En tout état de cause, l’analyse du droit français applicable montre que la création d’irréversibilités est tout à fait possible ce qui rendrait inefficace l’envoi trop tardif d’une délégation. »

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Message  nico37 le Lun 1 Juil - 23:06


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Message  nico37 le Mar 2 Juil - 21:57

L'association des pro-aéroport change de nom 27/06

A l’occasion de son assemblée générale qui s’est tenue mercredi à Nantes, l’ACRIPAN (Association Citoyenne Pour la Réalisation d’un Aéroport international sur le site de Notre-Dame-des-Landes) a changé de nom.

Communiqué de presse

"Baptisée désormais « Des ailes pour l’Ouest », l’association qui regroupe plus de 2 000 adhérents et 4 000 sympathisants va distribuer 40 000 tracts, 40 000 autocollants sur la nécessité du projet et mettra en place des actions terrain. Alors que l’Etat rendra sa décision d’ici mi-juillet sur la mise en place des préconisations proposées par les 3 commissions mises en place par le Gouvernement, les pro-aéroport se remobilisent. « Nos adhérents souhaitaient se démarquer davantage du nom des opposants et s’impliquer dans la promotion de ce transfert par la distribution de tracts, d’autocollants… Notre rôle est de leur donner ces outils », souligne Alain Mustière, président de l’association !
Autre fait nouveau, l’association qui s’était refusée jusqu’à présent à toute opération terrain va désormais organiser régulièrement des actions. « Nous ne laisserons plus le terrain médiatique aux opposants qui s’opposent à tout. La majorité silencieuse est largement favorable à ce transfert et il est temps de le réaliser », précise Alain Mustière. Première action hier soir : l’installation de panneaux de signalisation "OUI à l’aéroport" sur les ponts et les échangeurs du périphérique nantais. « Ce n’est que le début d’une mobilisation tous azimuts des habitants qui s’affirmera encore davantage si l’on sent que le projet prend du retard », conclut Alain Mustière."

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Message  nico37 le Mer 3 Juil - 21:53

Bretagne Grande Vitesse, Notre Dame des Landes : il est temps de concentrer les financements vers l’Ouest breton Gaëlle Rougier, conseillère régionale EELV Bretagne, membre du Syndicat Mixte « Aéroport du Grand Ouest » 24/06

Plutôt qu’un aéroport et une LGV Rennes-Nantes inutiles, il est temps de concentrer les financements publics sur les liaisons Rennes-Brest, Rennes-Quimper et St-Brieuc-Auray, puisqu’elles sont les plus utiles aux bretons.

Les premières conclusions du rapport Duron, Président de la commission Mobilité 21, chargée de hiérarchiser 80 grands projets d’infrastructures en France confirme l’abandon de bon nombre de lignes à grandes vitesse en France, jugées trop couteuses.

Nous nous félicitons de ces annonces qui confirment ce que nous disions depuis longtemps : le modèle du tout TGV n’est pas viable économiquement. Les financements doivent aller à la réhabilitation des voies ferrées existantes et aux déplacements du quotidien.

Si un certain nombre de Lignes à Grande Vitesse apparaît trop coûteuses, le projet de nouvelle ligne entre Rennes et Nantes via Notre Dame des Landes semble lui aussi abandonné. L’aéroport de Notre Dame des Landes apparaît encore moins justifié. Nous réaffirmons notre volonté de voir l’actuel aéroport de Nantes optimisé, tout comme la liaison entre Rennes et Nantes via Redon ou Châteaubriant à partir des voies existantes.

Le syndicat mixte aéroportuaire réuni ce matin ne semble pas avoir pris la mesure des premières annonces de la commission Duron et s’entête dans l’illusion, prévoyant même « une gare ferroviaire à Notre Dame des Landes offrant quatre voies à quais, capable d’accueillir des doubles rames de TGV ».

L’aéroport de Notre Dame des Landes ne décollera pas. Il est temps que les efforts financiers se concentrent désormais sur les lignes ferroviaires Rennes-Brest et Rennes-Quimper, que l’Etat semble vouloir délaisser, ainsi que la liaison St-Brieuc-Auray pour un aménagement équilibré de la Bretagne.

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Message  nico37 le Ven 5 Juil - 0:52

Des enquêtes menées par des ONG russes et européennes conduisent au dépôt d’une plainte contre Vinci Concessions Russie SA et contre X devant le parquet de Nanterre le 24 juin 2013

Paris, le 24 juin 2013 – Sherpa, Russie-Libertés, CEE Bankwatch Network et MOBO Princip ainsi que des membres de la société civile russe, dont Evgenia TCHIRIKOVA, militante écologiste russe, informent que, ce jour, a été déposée entre les mains du Parquet de Nanterre (France), une plainte simple relative aux conditions dans lesquelles a été attribué, en 2009, à la société NORTH WEST CONCESSION COMPANY (NWCC), détenue à 100% par la société française VINCI CONCESSIONS RUSSIE, un marché public relatif à la construction de l’autoroute entre Moscou et Saint-Pétersbourg.

De nombreuses enquêtes ont été effectuées ces dernières années par un certain nombre d’ONG européennes et internationales.

Ce travail d’investigation nous a convaincu de l’existence de présomptions sérieuses de la commission par la société VINCI CONCESSIONS RUSSIE, et de personnes morales et physiques restant à identifier, d’infractions pénales financières incluant notamment des faits de corruption d’agents publics étrangers ainsi que du recel de trafic d’influence.

Outre le climat corruptif qui a semblé caractériser dès le début l’attribution de ce marché, ont été dénoncées de graves atteintes à l’environnement, particulièrement à la forêt de Khimki, proche de Moscou.

Les ONG soussignées attendent du Parquet de Nanterre, une réponse judiciaire rapide en adéquation avec la gravité et l’importance des faits dénoncés mais également avec les engagements pris par la France en matière de la lutte contre la corruption.

Elles rappellent sur ce point les recommandations faites à la France en 2012 par le groupe de travail de l’OCDE.

Les ONG soussignées considèrent que la nature des faits, leur caractère international voire leur complexité, justifieraient l’ouverture d’une information judiciaire immédiatement de sorte qu’un ou plusieurs juges d’instruction puissent amorcer sans délai les investigations qui s’imposent

nico37

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Message  nico37 le Ven 5 Juil - 21:59

Des discours et des actes Bertrand Vrain élu municipal Nantes

Au moment même où se déroule à Nantes un colloque sur la biodiversité, le Préfet et les « grands élus », qui ont ouvert ce colloque, rajoutent déclarations sur déclarations pour imposer le projet de Notre Dame des Landes, pourtant destructeur du bocage et de la biodiversité au Nord de Nantes.

Apparemment, rien n’y fait : le rapport DURON renvoie aux calendes grecques nombre de projets d’infrastructures, LGV ou autoroutes. La liaison LGV Nantes-Rennes passant par Notre Dame des Landes, jugée importante par les promoteurs du projet, a disparu des écrans radars ; elle n’est même pas inscrite au Schéma National des Infrastructures des Transports.

Les publicités « pleine page » des bétonneurs, les omissions et les communications mensongères des « grands élus », de Nantes Métropole, du Conseil Général et de la Région des Pays de la Loire à coup de millions d’Euros ne changent pas la réalité des verdicts : le rapport du collège d’experts scientifiques suite à l’enquête « loi sur l’eau » condamne de fait le projet, avec ses douze remarques, toutes négatives, et ses conclusions (pages 55 et 56) : « Le complexe des zones humides de Note Dame des Landes est-il compensable dans l’absolu ? … la tâche est probablement irréalisable » … « Néanmoins, si l’intérêt général majeur … imposait l’utilisation de ce site pour y construire un aéroport, … il faudrait alors compenser au mieux les impacts sur les zones humides. Toutefois, le collège ne peut pas valider telle quelle la méthode de compensation proposée, …, pas plus que son application sur le site ».

Bien sûr, ces conclusions n’ont pas eu les honneurs des journaux institutionnels de Nantes ou Nantes Métropole, du Conseil Général ou de la Région, pas plus que les quelques recommandations de la Commission du Dialogue comme l’évaluation du réaménagement de Nantes-Atlantique ou l’actualisation du Plan d’Exposition au Bruit.

Avec les dernières manœuvres des promoteurs de Notre Dame des Landes, qui parlent de « quelques améliorations du projet », les services de l’Etat entendent persévérer dans le passage en force qui caractérise le déroulement de ce projet, réactivé depuis plus de 10 ans.

Pourtant, les dernières déclarations du ministre des transports laissent entendre que les recommandations des commissions pourraient être respectées, mais avec quelle instance, et surtout avec quelle indépendance : les commissions « aux ordres » sont monnaie courante et la vigilance reste de mise.

Pour les Alternatifs 44, ce projet doit être arrêté, à l’image des nombreux autres stoppés en rase campagne comme l’extension du port de Donge-Est, les centrales de Pellerin et du Carnet, tous projets jugés pourtant « absolument indispensables » par les « grands responsables politiques ». Les 3 et 4 Août sur le site de Notre Dame des Landes nous affirmerons les actes doivent correspondre aux beaux discours sur l’environnement.

Le coup de semonce des réductions drastiques pour le Ministère de l’Environnement en 2014, moins 7 % en dotations budgétaires et moins 1 100 emplois, puis le limogeage de la ministre montre la duplicité de ces discours, ici sur la préservation de la biodiversité, là sur l’excellence environnementale proclamée par François Hollande.

Plus que jamais, Notre Dame des Landes, culture de résistance.

nico37

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Message  nico37 le Sam 6 Juil - 13:18

" Notre-Dame-des-Landes, comme le Larzac hier, est le totem de nos inquiétudes " Propos recueillis par Rémi Barroux 01.07

Les grands projets d'infrastructure n'ont pas toujours déclenché de contestations locales. Sociologue, directeur de recherche au CNRS, Jean Viard est spécialiste des politiques d'aménagement du territoire et des rapports entre la ville et la campagne. Il voit dans le mouvement actuel l'aspiration d'une frange de la population à tourner la page d'"une économie fossile" et à vivre autrement.

La résistance contre la construction de nouvelles infrastructures a-t-elle toujours existé en France ?

Tant que l'Etat a été perçu comme porteur de grands projets motivés par l'intérêt collectif, l'aménagement du territoire a peu souffert de contestation. A la fin des années 1960, lorsqu'il s'agit de créer le complexe portuaire de Fos-sur-Mer, l'Etat est puissant et le gaullisme au pouvoir tient un vrai discours de projet. C'est l'époque du Concorde et du paquebot France. De l'autre côté, le Parti communiste et la CGT tiennent un discours fort sur l'emploi. Les grands projets incarnent cette complémentarité. Dans le Languedoc, on a pu en silence supprimer deux millions de fermes, aménager les côtes et créer des villes nouvelles...

Pourtant, avec Mai 68, l'esprit de contestation a ébranlé le pouvoir gaulliste. Des revendications écologiques, sur le mode de vie, sont apparues. La lutte du Larzac prend forme en 1973... Oui, mais le rapport de force reste encore largement en faveur de l'Etat. En 1973, EDF peut construire le barrage de Sainte-Croix sur le Verdon en inondant une vallée agricole et un village. La protestation existe mais le gouvernement parvient à la gérer. Autre exemple, quand on fait Sénart, en Seine-et-Marne, dans la vague de la création des villes nouvelles au début des années 1970, l'Etat bouscule sur 13 communes des dizaines de milliers de personnes en consommant énormément de terres agricoles. Pourtant, il n'y a pas eu beaucoup de protestations. Cela serait difficile aujourd'hui. La société n'est plus portée par de grands projets collectifs ni par une vision claire du bien public.

Les partis politiques ont-ils pris la mesure des résistances locales ?

La classe politique reste très conservatrice. Elle est orientée vers l'économie financière et industrielle, et ne s'interroge pas sur l'évolution des rapports avec la nature portée par ces mouvements. Dans les années 1970-1980, dans le sillage de Mai 68 et du Larzac, un horizon existait pour "changer la vie". Cette échappée politique n'existe plus. Le Parti socialiste est en réalité passé largement à côté de 1968, il a peu intégré la culture du débat et la question environnementale. Cela explique en partie la façon dont le gouvernement réagit aujourd'hui, en dépit des inquiétudes légitimes qu'expriment certaines contestations, comme par exemple sur Notre-Dame-des-Landes.

Vous dites qu'il n'y a plus d'horizon politique, cela signifie-t-il que ces mouvements de lutte contre les projets ne sont pas politisés ?

Non, mais il n'y a plus de pensée collective, il existe des luttes partagées, des moments aléatoires de rencontre. De petites tribus. Les classes sociales se sont défaites et la tribu/famille joue un nouveau rôle important. C'est une société du bonheur privé et du malheur public. Les jeunes qui occupent les terrains n'ont pas nécessairement d'horizon politique général. Pour eux, l'idéologie de l'économie fossile "solution à tout" doit être remplacée par une économie circulaire structurée autour du local et des circuits courts.

Comme le Larzac, le mouvement contre le projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes dépasse le strict enjeu local...

La lutte n'est pas à la même échelle mais Notre-Dame-des-Landes, comme le Larzac hier, est le totem de notre époque et de nos inquiétudes. Ces militants portent la question de l'empreinte écologique, de la consommation des terres agricoles et des liens de proximité. Alors que les responsables politiques restent axés sur la production industrielle, et ont du mal à penser que c'est là où on vit bien que les entreprises se développent. Le nouveau musée de Lens va attirer plus d'entreprises que les discours du ministre du redressement productif, Arnaud Montebourg. Le local fait sens dans l'imaginaire collectif, et c'est aux politiques de lier ces attentes à des enjeux européens et globaux.

Ces mouvements ont progressé en capacité d'expertise, en quoi cela change-t-il le dialogue avec les pouvoirs publics ?

L'accès à l'information grâce à la révolution numérique et à l'élévation du niveau de formation modifie le débat démocratique. Le savoir n'est plus obligatoirement du côté du pouvoir. Toutes les thèses scientifiques, et même les plus erronées, sont accessibles. L'idée qu'il existe une vérité s'est affaiblie. Avant, il y avait le primat de l'ingénieur. Les polytechniciens avaient le pouvoir. Aujourd'hui, il y a un net recul de l'autorité et de la chose jugée, un rejet des grands corps, des hiérarchies. La société est beaucoup plus horizontale. Le vertical, c'était le pouvoir du patron, du prêtre, du père... du président et aussi des énarques qui encombrent les cabinets ministériels ! Nous vivons dans une société de liberté, de réseaux, et le monde politique – en particulier le PS et l'UMP, deux partis très verticaux – s'est très mal adapté à cette nouvelle réalité.

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Message  nico37 le Lun 8 Juil - 12:36

Hier à Nantes, les opposant-e-s à l'aéroport et son monde ont organisé une opération escargot sur le périphérique. 07/07

Une opération réussie puisque aux allentours de 11h Bison Futé faisait déjà état de 4 km de bouchons entre la porte de Gesvres et la porte, d'Orvault, 4 km aussi entre la porte de Retz et porte des Sorinières et 2km entre la porte de Saint Sébastien et la porte des Sorinieres.

La mobilisation a eu de l'echo dans toute la France (où plus de 430 km de bouchons étaient dénombrés au pic de la mi-journée) et notamment en Île de
France où l'on comptabilisait 35 km de bouchons au même moment.

Les oposant-e-s se sont à nouveau donné rendez-vous le week-end du 13-14 juillet pour une nouvelle opération escargot, qui devrait être de plus grande ampleur, et ce 3 semaines avant le grand rassemblement des 3 et 4 août où des milliers d'opposant-e-s sont attendu-e-s à Notre Dame des Landes.

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Message  nico37 le Mar 9 Juil - 22:03

BD : 24h sur la ZAD

La ZAD, c’est la Zone à Défendre, le terrain occupé par des militants qui s’opposent au projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, près de Nantes, en France. La mobilisation d’organisations et de citoyens pour protester contre un projet considéré comme inutile et anti-écologique dure depuis de nombreux mois. Le bras de fer entre les autorités et les manifestants est constant, et le mouvement a connu plusieurs affrontements avec les forces de l’ordre. Les 23 et 24 novembre 2012, la police a tenté de déloger les occupants. Maël Rannou y était et il raconte cet épisode de lutte, avec l’aide du crayon de Ludovic Rio. Un récit personnel, qui permet néanmoins d’aborder une thématique qui a beaucoup fait parler d’elle en France, mais reste peu médiatisée ici.

Maël Rannou et Ludovic Rio, 24h sur la ZAD, 2013, Vide Cocagne, 3 €. En commande sur www.videcocagne.fr

http://maelrannou.canalblog.com

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Message  nico37 le Mer 10 Juil - 16:43

Europe Ecologie accueille « positivement » les propositions du ministre des Transports 03/07

Le sénateur Ronan Dantec est un des signataires du communiqué où Europe Ecologie les Verts évoque le retour des opposants autour d'une table.

Le communiqué est signé Jean-Philippe Magnen, porte-parole national ; François de Rugy ; député ; Ronan Dantec, sénateur ; Pascale Chiron, chef de file nantaise ; Jean-François Tallio et Anne Eon, coanimateurs départementaux d’Europe Ecologie les Verts. Ils affirment qu’EELV accueille « positivement » la position du ministre des Transports sur le projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes. Dans un courrier du 28 juin au préfet,le ministre a recadré la façon dont le préfet de région doit mener les études complémentaires relatives au projet de transfert de l'aéroport nantais au nord ouest de l'agglomération, dans le bocage de Notre-Dame-des-Landes.

« Le ministre précise que les études seront contradictoires et qu’elles associeront les acteurs locaux dans un souci de pluralisme et de sérieux. Pour l’avoir souvent demandé, nous ne pouvons qu’approuver cette volonté de crédibiliser un véritable espace de dialogue adossé à une méthodologie précise. Le fait que l’Etat s’engage à ce que les travaux ne démarrent pas tant que la faisabilité des mesures compensatoires ne sera pas démontrée, était le gage nécessaire pour amener les opposants et partisans du projet à se retrouver autour d’une table pour construire et échanger […] »

À propos des scénarios de réaménagement de Nantes-Atlantique, « un travail sérieux à 5,7 et 9 millions de passagers/année n’a jamais été mené, et l’engagement du ministre est ici précis. De même, il ne pourra être possible de faire valider les nouveaux scénarios par une nouvelle commission scientifique qui ne réunirait pas toutes les garanties de compétence et d’indépendance ».

Les signataires affirment qu’ils seront très vigilants sur la question de l’indépendance et insistent pour que les études soient « vraiment partagées avec un accès permanent aux données utilisées ».

Pour les responsables d’Europe Ecologie les Verts, « par cette étape nous avons la possibilité de rompre avec les pratiques anciennes où l’Etat impose les grands projets qu’il juge à lui seul pertinents. La mobilisation à Notre-Dame-des-Landes a montré que cette méthode n’était plus acceptable et applicable sur le terrain et nous notons aujourd’hui avec intérêt, mais aussi vigilance, la volonté d’un gouvernement de gauche d’agir différemment, en cohérence avec les dernières déclarations de François Hollande ».

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Message  nico37 le Lun 15 Juil - 23:22

Suspicion de censure : la Région dément et s'explique 15/07

Notre information sur le documentaire "Le dernier continent" de Vincent Lapize, projet concernant la lutte des opposants au nouvel aéroport de Notre-Dame-des-Landes, suscite de nombreuses réactions. Elles se concentrent évidemment sur cette suspicion de "censure" que pointe du doigt Olivier Deschanel, conseiller régional centriste (UDI). C'est peu dire que le conseil régional présidé par Jacques Auxiette (PS) n'a pas apprécié ce qui est qualifiée de "mauvaise polémique". La collectivité territoriale qui défend depuis le début le projet d'aéroport à Notre-Dame-des-Landes "souhaite apporter plusieurs précisions utiles". Et d'indiquer dans un communiqué diffusé ce lundi 15 juillet : "Avant l’attribution d’aides à la réalisation de documentaires, un comité technique émet un avis consultatif, qui n’est en aucun cas une décision. En effet, seule la Commission permanente du Conseil régional est autorisée, par la loi, à engager des financements publics. Le comité consultatif, présidé par un élu régional EELV, a effectivement émis un avis favorable il y a plusieurs semaines. L’aide demandée au Conseil régional des Pays de la Loire s’élevait à 4 000 €. Le projet a bénéficié par ailleurs d’autres aides publiques et de très nombreux documentaires sont tournés chaque année sans aide régionale. Ce documentaire militera ouvertement contre le projet d’aéroport qui est financé et soutenu par la collectivité régionale. La note d’intention déposée par le réalisateur est sans équivoque : « je filme dans l’urgence et, à ma façon, je prends part aux combats». Sur le fond, chacun comprendra que le Conseil régional ne peut pas donner suite à cette demande de financement, quelle que soit la possible qualité artistique du film. Prétendre le contraire en se drapant derrière les principes de « liberté de création et d’expression » relève de la plus totale démagogie". Toujours du côté de la Région, on ajoute : "Il serait totalement incompris, et probablement critiqué et moqué à juste titre, de voir figurer au générique d’un tel film la traditionnelle mention « avec le soutien du Conseil régional des Pays de la Loire ». Enfin, il n’échappera pas aux observateurs avisés du dossier que les élus qui dénoncent l’absence de validation de l’avis du comité technique, sont notoirement défavorables au projet d’aéroport. La création audiovisuelle en Pays de la Loire et le devenir des filières professionnelles qui y sont rattachées valent plus et mieux que cette mauvaise polémique. Pour la seule année 2012, 61 productions ont été aidées par le Conseil régional, y compris parfois malgré un avis défavorable du comité consultatif sans que ceci ne suscite de protestations".

nico37

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Message  nico37 le Mer 17 Juil - 3:03

Enterrons définitivement le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes !

Nous constatons qu’un coup d’arrêt à l’avancée de projet d’Aéroport du Grand Ouest (AGO) de Vinci et de l’Etat est bien réel sur le terrain depuis quelques semaines déjà.

Fortes des avancées acquises ces derniers mois (voir le tract d’appel), l’ACIPA [1] et la Coordination des opposants entendent augmenter la pression sur les décideurs en organisant le grand rassemblement estival devenu traditionnel mais qui, cette année, va prendre une ampleur inégalée. Elles invitent l’ensemble des comités de soutien à organiser largement l’information et la mobilisation pour le rassemblement de Notre-Dame-des-Landes 2013, comme ils ont su le faire au lendemain de l’invasion policière du 16 octobre sur la ZAD (Zone à Défendre). La formidable et inventive force collective qu’ils représentent construira avec nous la réussite.

Pour autant, le projet d’aéroport est loin d’être définitivement stoppé !

La victoire, c’est maintenant... qu’il faut l’arracher ! C’est possible, les porteurs du projet s’étant obstinément fourvoyés dans une impasse politique majeure, tant par leurs exactions sur la ZAD (expulsions, destructions de maisons, agressions policières...) que par leurs mensonges répétés et leur mépris affiché des conclusions des trois commissions, en particulier celles du Comité scientifique !

Le week-end des 3 et 4 août sera festif et militant

Militant : Dans la continuité de nos rassemblements des précédents étés, nous poursuivrons la réflexion sur des thèmes qui nous sont chers car liés à ce projet d’aéroport de Notre Dame des Landes. De nombreux forums de discussion nous rassembleront :

autour des Grands Projets Inutiles Imposés partout en France et hors de France,
autour des terres nourricières,
autour de la transition écologique et énergétique,
autour de l’urbanisation, de l’aménagement du territoire, des transports,
autour de l’eau et de la biodiversité.

Réflexions actives, pour inventer, construire des alternatives

Festif : après les collectifs d’élu-e-s, de pilotes, de géographes, de juristes et de naturalistes, ce sont les artistes musiciens qui ont souhaité prendre leur part dans la lutte de Notre Dame des Landes. Près de 30 groupes de tous genres musicaux participeront ainsi à l’évènement de l’été 2013. Les enfants ne seront pas oubliés : des lieux de jeux et de détente seront aménagés pour eux et des spectacles leur seront aussi proposés.

Une semaine après le 3ème Forum européen contre les Grands Projets Inutiles et Imposés qui se tiendra à Stuttgart, le rassemblement 2013 de Notre-Dame-des-Landes sera LE rassemblement incontournable de l’été :
pour la défense des terres et des emplois agricoles menacés,
pour une meilleure utilisation de l’argent public,
et pour l’arrêt des projets aussi inutiles que destructeurs, ici comme ailleurs !

Mais incontournable aussi pour inventer et mettre en œuvre de manière solidaire
les alternatives indispensables : pour la transition énergétique, la lutte contre le réchauffement climatique et le retour à une solide représentation citoyenne, confisquée par les classes politiques dirigeantes.

L’heure de la victoire peut sonner bientôt ! On ne lâche rien ! Ni ici, ni ailleurs !

L’ACIPA et la Coordination des opposants notredamedeslandes2013.org

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Message  nico37 le Mer 17 Juil - 13:30

Les anti-aéroport vont « colorer » le ciel de Notre-Dame-des-Landes 17/07

Les samedi 3 et dimanche 4 août, le week-end festif de mobilisation anti-aéroport de Notre-Dame-des-Landes sera marqué par la présence de cerfs-volants. Les opposants veulent « colorier » le ciel du bocage nantais. Tout le week-end, alors que se déroulera le festival musical (gratuit), des animations cerfs-volants se dérouleront, dont un « envol des lanternes célestes » le samedi soir. L’action la plus forte est prévue le dimanche matin, à 9 h 30, avec l’envol de 1 000 cerfs-volants. Le message : « Le ciel, comme la terre, à Notre-Dame-des-Landes, restera libre ». Ce week-end-là, 25 artistes et groupes musicaux se produiront sur la scène centrale à partir de 14 h le samedi, et de 11 h le dimanche. Parmi eux, Sanseverino, Tryo, Bernard Lubat, les Ramoneurs de menhirs, etc. Les groupes joueront chacun 45 minutes. De nombreux débats sont aussi au menu sous les cinq chapiteaux. Selon le site internet des opposants, des actions avec des cerfs-volants pourraient voir le jour dans des villes.

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Message  nico37 le Jeu 18 Juil - 17:06

Tous à Notre-Dame-des-Landes ? Céline Mouzon TC n° 3546 12/07

À Notre-Dame-des-Landes, près de Nantes, la zone prévue pour le futur aéroport Grand-Ouest est toujours occupée par une dizaine de paysans et quelque deux cents squatteurs qui s’opposent au projet. Avec des sensibilités politiques et des envies diverses, ils s’efforcent de trouver des terrains d’entente, pour inscrire leur résistance dans la durée.
C’est le plus grand squat d’Europe. Un squat à ciel ouvert, au milieu des haies, des champs et des forêts ; un paysage de bocage, humide et verdoyant, souvent battu par la pluie et le vent, où, rapidement, la terre se transforme en boue. Des maisons en pierre subsistent, éparses, dans les lieux-dits. Çà et là, des cabanes ont été construites, au sol ou dans les arbres. C’est un espace de lutte qui, de loin, peut sembler exemplaire au peuple de gauche. Notre-Dame-des-Landes.

Habitants de toujours et squatteurs s’y côtoient. Agriculteurs exploitants et anarchistes y cohabitent. Une communauté de fait, et non d’intention, où chacun sait qu’il a besoin de l’autre pour résister, aussi différent soit-il.

Sur la carte, une délimitation géométrique incongrue s’étire d’ouest en est – le territoire de la « Zad ». « Zone d’aménagement différé » pour le gouvernement français et son concessionnaire, Vinci : c’est l’emplacement du futur aéroport Grand-Ouest. « Zone à défendre » pour ses occupants : c’est un espace à préserver.

À vingt kilomètres au nord-ouest de Nantes, ces 1 650 hectares restent traversés de routes départementales et communales qu’on peut emprunter, encore aujourd’hui, en voiture, pourvu qu’on soit prêt à slalomer entre les chicanes de fortune, construites par les occupants.

GENS DU CRU ET SQUATTEURS CONTRE GARDES MOBILES ?

L’hiver a été rude. Au froid sont venus s’ajouter les gardes mobiles. Dépêchés par l’État pour « nettoyer » la Zad en octobre, au cours d’une opération mala­droitement baptisée « César », ils ont fait chou blanc, mais sont restés après l’annonce en novembre d’une commission de dialogue. Ils ont mené la vie dure aux habitants : contrôles d’identité et fouilles des véhicules ont été le lot commun quotidien pendant six mois.

Ce n’est qu’en avril qu’ils ont levé le camp, et que la pression a diminué. Avec la disparition des forces de l’ordre, c’est une autre question qui a ressurgi : comment vivre ensemble au jour le jour ? Quel avenir imaginer pour la Zad ?

À la Châtaigne – un ensemble de cabanes dans la forêt, construites au moment des expulsions, cet hiver, un squatteur fraîchement débarqué, Camille (1), assène : « Il y a un conflit entre agriculteurs et zadistes (2) : les agriculteurs sont juste contre le projet ; les zadistes, eux, ont compris que le système est mauvais. »

« Contre l’aéroport et son monde », dit le slogan. « Mais tout le monde n’entend pas la même chose par ″“et son monde” », sourit Pépète, 21 ans, squatteur taquin et boulanger sur la Zone. Tiphaine, 28 ans, cheveux courts et regard franc, est arrivée il y a trois mois. Assise dans un fauteuil en osier devant sa cabane, elle précise : « Qu’est-ce que la victoire ?″ Pour les uns, c’est l’abandon du projet d’aéroport. Pour d’autres, c’est que toutes les terres soient ici cultivées en bio. Moi, je serai contente le jour où les terres auront été redistribuées aux agriculteurs de façon équitable. »

SYNDICATS, ASSOCIATIONS ET PARTIS POLITIQUES

Depuis 2000 et la réouverture par Lionel Jospin d’un projet lancé en 1967, les citoyens se sont beaucoup fait entendre : réunis dans l’Acipa, une association de 35 000 adhérents, ils ont multiplié les événements médiatiques. Le dernier en date : une chaîne humaine qui a rassemblé 40 000 personnes disant « non » au projet d’aéroport, en mai.

Les paysans directement concernés par le projet ont, eux, ravivé une autre association, l’Adeca, créée dès 1972, et qui compte aujourd’hui une cinquantaine d’adhérents. Adeca et Acipa font partie, avec une quaran­taine de syndicats, associations et partis politiques, d’une coordination qui regroupe les opposants au projet.

À l’opposé de ces modes d’organisation hiérarchiques, les zadistes ont privilégié l’horizontalité, l’autogestion et la prise de décision par consensus, au risque de multiplier les réunions interminables, et de donner l’impression d’une responsabilité tellement diluée qu’elle est inexistante.

Différence dans les sensibilités politiques et les cultures de lutte, qui s’incarne aussi dans les problèmes de voisinage : certains zadistes refusent telle culture à côté de leur lieu de vie, d’autres veulent maintenir les chicanes qui les protègent d’une intervention policière, mais ralentissent la circulation pour les habitants des villages alentour et empêchent le passage des tracteurs des agriculteurs.

« L’opposition n’est pas tant entre les gens du cru et les zadistes, qu’entre les zadistes eux-mêmes », avance Sylvain Fresneau, le président de l’Adeca, aux airs de José Bové. « Il y a ceux qui sont arrivés depuis trois ans, et ont fait leur vie. On les a aidés à s’implanter et il y a un respect mutuel.

Et il y a ceux arrivés après l’opération César, venus pour en découdre avec les forces de l’ordre. Ils veulent nous apprendre le combat et n’ont pas de respect pour la lutte menée jusqu’à présent. » Toutefois, s’empresse-t-il de nuancer, « c’est une petite minorité, il ne faut pas généraliser ».

« LES FAÇONS DE LUTTER SONT NOMBREUSES »

Y aurait-il donc les bons et les mauvais zadistes ? Les gentils, venus avec un projet d’agriculture alternative, et les méchants, venus caillasser du garde mobile ?

Cette opposition binaire ne parle pas beaucoup à Tiphaine : « Les façons de lutter sont nombreuses : certains montrent qu’ils peuvent être le plus autonome possible, en construisant leur cabane, avec panneaux solaires, puits et potager. D’autres s’investissent dans des activités culturelles, comme la chorale ou le clown. D’autres encore s’attaquent systématiquement aux gardes mobiles pour montrer que leur présence n’est pas légitime. »

Pépète complète : « Les façons même de s’attaquer aux gardes mobiles sont multiples : leur lancer des œufs de peinture, leur jeter des cocktails Molotov ou… jouer à 1-2-3 GM », l’équivalent d’1-2-3 Soleil, où les boucliers des gardes mobiles font office de « soleils ». Des approches très différentes « qui sont toutes utiles », estime Tiphaine en sirotant son thé.

La jeune femme se sent bien ici. « Il y a des rencontres formidables, et des échanges de pratiques. L’autre jour, on discutait des invasions de limaces. Et, ce matin, un ami est passé avec un produit bio pour les faire partir. Il a fait le tour des lieux concernés ! »

UN EFFORT DE COHABITATION

La cohabitation entre toutes ces composantes nécessite un effort de chacun. Au fil des années, les positions ont évolué. Très impliqués dans l’opposition au projet d’aéroport, Sylvie et Marcel Thébault ont toujours pratiqué une agriculture conventionnelle. Ils envisagent aujourd’hui de passer à l’agriculture biologique. « Mais personne ne peut passer au bio sans subvention », explique Sylvie. « Et, aujourd’hui, vu la situation, où nous sommes expropriés, bien que non expulsés, c’est tout simplement impossible ! » Le sourire fatigué, elle ajoute : « Il faut nous laisser le temps. » Et de conclure : « En fait, le problème, c’est que le mixage ne s’est pas fait avec tous les nouveaux arrivants. »

Après quarante ans d’une lutte occultée, Notre-Dame-des-Landes serait-elle victime de son succès ? La vague des expulsions et la répression policière ont attiré les projecteurs médiatiques, et donné une dimension nationale à la lutte. « Dans la gauche déçue par Hollande – et ça fait du monde ! –, chacun peut citer Notre-Dame-des-Landes comme exemple où le monde de la finance, en collusion avec les politiques, n’arrive pas à imposer sa loi », se réjouit l’agriculteur Marcel Thébault.

Une valeur de symbole qui, avec l’alliance entre squatteurs et paysans, explique que beaucoup l’aient comparée à la lutte contre l’extension du camp militaire sur le plateau du Larzac.

Le rapprochement en gêne plus d’un : « Notre-Dame-des-Landes a acquis l’image d’une lutte idéale, alors qu’il y a plein de choses à revoir », estime Clément, 28 ans, maraîcher aux Fosses noires, arrivé il y a un an et demi. « Et la mythification d’une lutte occulte les autres. » La lutte contre la ligne THT (3) dans la Manche ou contre l’autoroute LEO (4) près d’Avignon sont autant de combats qui ne bénéficient pas, aujourd’hui, de la même audience que Notre-Dame-des-Landes, mais sont tout aussi légitimes, jugent les occupants.

BESOIN D’INTIMITÉ

À la Maison rose, Dominique, un squatteur trentenaire, cheveux longs et tresse dans sa barbe noire, se réjouit néanmoins du succès rencontré : « Confrontés à des situations similaires ailleurs, les gens trouvent ici une résonance. Alors qu’ils se sentent dépossédés, ils voient dans cette lutte une occasion de reprendre la main. Où ils peuvent décider de ce qui les concerne plutôt que de le subir. Que les gens viennent en nombre, c’est une réussite ! »

Assis dans le vieux canapé de la grande bâtisse saumon rachetée par le Conseil général, le jeune homme, arrivé il y a quatre ans, note cependant : « Ça a tout désorganisé. Il faut trouver du temps pour faire connaissance, du temps pour débattre poli­tiquement. »

Aux Fosses noires, Clément, le maraîcher, envisage de partir à la fin de la saison : « C’est usant ! Beaucoup d’énergie passe dans la gestion de la Zad : les réunions, les nouveaux arrivants... Or les gens qui habitent ici – même les squatteurs ! – ont besoin d’intimité. Et c’est dur de lier le travail de la terre et la participation aux manifs. Quand la manif a lieu le seul jour où il fait beau, on est tiraillé ! » Attablé dans la cuisine collective, il s’empresse d’ajouter : « Mais si je pars, je participerai toujours. On peut être très utile sans être sur place. »

Aux nouveaux arrivants s’ajoutent les visiteurs de passage : « Des gens débarquent le dimanche, et font un tour pour discuter avec tout le monde », raconte Tiphaine. « C’est très chouette… et épuisant ! Et on a parfois l’impression d’être au zoo : ″“Oh ! Vous faites pousser des tomates !” »

L’autre question est celle de l’empreinte écologique de la vie sur la Zad, aussi bien de la part des habitants réguliers, que lors des événements ponctuels, comme la chaîne humaine en mai. « Tu sors de la Zad ? Prends une poubelle ! », peut-on lire sur une chi­cane. Quant à la chaîne humaine : « Il y a une ambiguïté », relève Tiphaine. « C’est important que les gens restent mobilisés. Mais quel est le sens de parcourir 800 kilomètres pour se tenir par la main et assister à un concert ? »

La Zad est un espace ouvert. « Per­sonne n’a la légitimité d’interdire à quelqu’un de venir », explique Pépète, lui-même arrivé après la vague des expulsions. La question de l’accueil est récurrente. Fin avril, des zadistes ont cosigné un texte intitulé « Venir sur la Zad… ou pas ? » (5), qui suggère que venir sur place n’est pas toujours la meilleure façon de soutenir la lutte. Car, pour l’heure, alors que la Zone retrouve tout juste un semblant de stabilité après des mois de répression, d’intempéries, et le passage d’innombrables militants et journalistes, il faut construire l’avenir ensemble.

À LA CROISÉE DES LUTTES

Depuis les expulsions, un collectif jusque-là moins visible a pris toute sa place : le Collectif d’organisations professionnelles agricoles indignées par le projet d’aéroport (Copain) (6). À la différence de l’Adeca, qui regroupe les agriculteurs directement concernés par le projet, le Copain rassemble des paysans qui n’habitent pas sur la Zad.

« Sans eux, on serait mal ! », jugent Sylvie et Marcel Thébault. « Ce sont des paysans très militants, favorab­les à une agriculture qui donne la priorité à l’emploi sur l’agrobusiness. Ils ont mouillé leur chemise et fait ce que les agriculteurs sur place n’avaient pas les moyens de faire. » Lors des expulsions, cet hiver, ils ont enchaîné cinquante tracteurs autour des cabanes en construction de la Châtaigne, pour les protéger des forces de police.

De l’aveu général, les membres du Copain créent du lien entre toutes les composantes de la lutte. Ils sont proches aussi bien des agriculteurs que des zadistes : « Ils prêtent du matériel pour travailler la terre et donnent des conseils », explique Clément qui a bénéficié de leur aide.

Depuis janvier, le Collectif occupe la ferme de Bellevue. Même si aucun des paysans n’y habite, le lieu leur sert de point de rendez-vous.
« On passe aussi beaucoup de temps à faire de la médiation », soupire Cyril, la trentaine et membre actif du Collectif. « Des chicanes ont été installées sur la route de la Rolandière. J’ai dû y aller à midi pour demander à ce qu’on les enlève . C’est lent, mais ça avance. »

Outre son implication sur la Zad, le Copain a fait un gros travail de sensibilisation auprès des paysans de l’arrière-pays, à qui Vinci avait donné 350 hectares de terres rachetées, à exploiter pendant un an. Pour de nombreux agriculteurs, proches de la FNSEA, le gros syndicat agricole, le projet d’aéro­port allait leur permettre de s’agrandir. « On est allés les voir un par un, en leur demandant de déchirer leur contrat », se souvient Cyril. Avec ses actions de sensibilisation et ses projets d’expérimentation agricole, le Collectif prépare ainsi l’après-victoire, pour que Notre-Dame-des-Landes ne soit pas seulement un espace de résistance, mais aussi un espace d’invention inscrit dans la durée.

« Aux irréductibles zadistes, paysans et utopistes rebelles de Notre-Dame-des-Landes » : cette dédicace ouvre le livre d’Isabelle Fremeaux et John Jordan, consacré aux utopies concrètes, Les Sentiers de l’utopie. « Que la Zad soit une forme d’expérimentation de vie collective, tout le monde en rêve ! », s’exclame Sylvie Thébault, à qui des amis ont offert l’ouvrage. « La totalité de la Zad ne pourrait pourtant pas figurer dans le livre. Mais trouver 50 hectares pour cette expérimentation, ça pourrait se faire », sourit l’agricultrice, un brin énigmatique. n

(1) Pseudonyme souvent choisi par les occupants de la Zad face aux médias.

(2) Squatteurs venus occuper la Zad.

(3) Ligne très haute tension, pour alimenter le réseau électrique national à partir de la centrale nucléaire de Flamanville.

(4) Ligne est-ouest : projet de rocade autour d’Avignon.

(5) Le texte est disponible sur le site http://zad.nadir.org

(6) Le Copain regroupe six associations professionnelles agricoles, le Centre d’initiatives pour valoriser l’agriculture et le milieu rural (Civam), le Groupement des agricultures biologiques (Gab), la Confédération paysanne, Terroir 44, Manger bio 44 et Accueil paysan



La Communauté de l’Arche s’installe sur la zone à défendre
Spiritualité et non-violence restent les valeurs premières de la Commu­nauté de l’Arche, créée par Lanza del Vasto en 1948. « L’Arche a une expérience du dialogue non violent. C’est ce que nous voulons apporter sur la Zad, sans pour autant arriver comme des sachants », explique Dominique Delort, engagée auprès de l’Arche. Une réflexion sur la non-violence comme stratégie à la fois dans la lutte – faut-il ou non jeter des cocktails Molotov sur les gardes mobiles ? – et dans les échanges, parfois vifs, entre ses différents acteurs. En mai, l’Arche a installé une petite cabane sur la zone, la Paz, pour « Présence de l’Arche sur la Zad ». « Notre ambition est une présence de huit jours par mois, pour que les gens s’habituent à se tourner vers nous en cas de conflit. »

Quelques dates
1967 Le site de Notre-Dame-des-Landes est choisi pour la construction d’un grand aéroport afin de décentra­liser le trafic de la région parisienne.
1972 Création de l’Association de défense des exploitants concernés par l’aéroport (Adeca).
1974 Délimitation d’une Zone d’aménagement différé (Zad), emplacement du futur aéroport. Le Conseil général a un droit de préemption sur les terres agricoles. Début des rachats.
1981 Mise en sommeil du projet après l’élection de François Mitterrand.
2000 Le projet est ressorti des cartons par Jean-Marc Ayrault, maire de Nantes. Création de l’Association citoyenne intercommunale des populations concernées par le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes (Acipa).
2008 La Zad est rebaptisée « Zone à défendre » par les opposants. Les premiers squatteurs s’organisent (cabanes).
2010 Le groupe Vinci obtient la concession. L’aéroport Grand-Ouest doit voir le jour en 2017.
2012 Deux agriculteurs entament une grève de la faim, cessée après un accord avec le Parti socialiste : les expulsions sont suspendues tant que tous les recours juridiques ne sont pas épuisés.
2012 (automne) Opération César d’évacuation de la Zad. Manifestations de réoccupation et mise en place d’une commission de dialogue.
2013 La commission de dialogue valide le projet, mais demande des aména­gements. La Commission européenne évoque de « possibles infractions au droit communautaire ».

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Message  nico37 le Ven 19 Juil - 23:45

Légumes et tensions se disputent le terrain 06/07

A Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique) près de Nantes, sept mois après les violents affrontements de l'automne 2012, l'ambiance oscille entre la vision bucolique d'une large remise en culture vivrière des terres par les opposants à l'aéroport et des tensions parfois vives avec la population locale.

"Des tensions ont existé mais elles sont en voie d'apaisement, nous avons beaucoup œuvré ces dernières semaines", assure Julien Durand, porte-parole de l'Acipa, principale association institutionnelle d'opposants à l'aéroport.

Même écho chez un "Camille" (prénom générique que se donnent les opposants qui veulent rester anonymes) interrogé par l'AFP près de la RD281, route centrale de la zone d'aménagement différé (ZAD) dédiée à l'aéroport, début juillet: "On s'est concertés puis nous sommes allés mettre les choses au point (avec les fauteurs de trouble sur la route, ndlr) et il n'y a plus eu de nouveaux soucis".

Les "zadistes", qui étaient près de 300 au plus fort de la mobilisation cet hiver, sont désormais une centaine dans le bocage, selon des estimations convergentes, vivant dans des fermes occupées ou des cabanes qu'ils ont construites.

Et dans les champs, destinés à accueillir d'ici 2017 deux pistes et une aérogare pour remplacer l'actuel aéroport de Nantes, les premiers légumes commencent à être récoltés. Un "non marché" -vente à prix libre de légumes, fruits, beurre, lait, fromage produits sur place- est même organisé chaque vendredi après-midi.

Les terres de la ferme de Bellevue, gérées par les opposants issus de la Confédération paysanne, produisent foin, betteraves, mais aussi cultures expérimentales (lupin, fèves, associations de plantes, etc.). Sa fromagerie transforme sur place le lait des vaches en beurre ou fromage, explique Cyril Bouligand, un des agriculteurs qui participe.

Ras-le-bol

Aux "Fosses Noires", Clément, Lucas et Michaël, âgés de 25 à 30 ans, tous trois passés par des formations agricoles ou horticoles, ont mis en culture maraîchère deux champs, de part et d'autre de cette ferme occupée.

"Je lutte autant contre l'aéroport en étant dans mon champ à désherber que sur une barricade cagoulé", souligne Lucas, fier du travail accompli.

Au groupe de cabanes des "Cent noms", des "Camille" très impliqués transforment un champ jusque-là dédié à l'herbage. Il s'est couvert d'expérimentations diverses, en butte, en spirale, en sillons, avec des résultats inégaux, mais qui ont nécessité une indéniable quantité de travail.

A quelques dizaines de mètres de cette vision champêtre et pacifique, les tensions et les rancœurs demeurent pourtant vives.

"Les +zadistes+? (occupants anti-aéroports, ndlr) Ils n'ont pas intérêt à venir ici!". Tout près de la ZAD, un habitant qui préfère s'appeler "Jacques" pour masquer son identité, dépeint une ambiance de tension qu'on jurerait droit sortie d'un western.

Au cours des derniers mois, des tags anti-occupants ont commencé à fleurir à l'intérieur de la zone, au moins deux voitures d'opposants y ont brûlé... Et dans le même temps, une automobiliste a porté plainte fin mai pour avoir été menacée et caillassée par des opposants à l'aéroport en empruntant la RD281, barrée de chicanes artisanales depuis novembre 2012.

Le 13 juin, un opposant à l'aéroport de 47 ans a été battu par trois hommes qui lui ont dit qu'il allait "payer pour les autres", selon le témoignage écrit de cet homme qui a eu deux jours d'ITT et qui a porté plainte. Une agression qui a eu lieu alors que la route menant au terrain de moto-cross, un équipement important de la commune, était bloquée par une barricade des opposants déterminés à empêcher des prélèvements scientifiques destinés à l'aéroport.

Un point culminant que "Jacques" explique par un ras-le-bol qui va croissant, à mesure que les habitudes de vie locale sont contrariées. En février déjà, des chasseurs s'étaient fait "confisquer" plusieurs heures leurs chiens par des zadistes.

Et ce alors que les habitants étaient déjà exaspérés par les contrôles de gendarmerie et les détours rendus nécessaires pendant des semaines par la première tentative d'expulsion des opposants, à l'automne 2012.

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