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Libye

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Message  Roseau le Mar 5 Aoû - 18:46

Considéré comme un proche du général Al-Sissi, Amr Moussa
a relancé les spéculations sur une possible intervention de l’Egypte en Libye.
L’ancien ministre des affaires étrangères egyptien,
par ailleurs ancien secrétaire de la ligue arabe,
s’est déclaré inquiet de la situation en Libye déchirée par la guerre civile.
Selon lui : « Les factions, les sectes, les extrémistes en Libye menacent directement la sécurité nationale. Je souhaite un large débat public pour sensibiliser l’opinion aux risques et construire un large consensus dans le cas où nous devrions exercer notre droit de défense"
Selon une source gouvernementale, il n’existe aucun plan d’intervention immédiate en Libye.
http://www.theguardian.com/world/2014/aug/04/egypt-consider-military-action-libya-amr-moussa

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Message  Copas le Mar 5 Aoû - 19:23

Attaquée à l'Ouest début Juin 2014 par les troupes spéciales algériennes, avec des hélicos lourds, avec le soutien des USA, attaquée au sud par les troupes françaises et tchadiennes, voilà poindre maintenant des velléités d'attaque par l'Est de l'appareil d'état Égyptien contre la Libye.

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Message  Carlo Rubeo le Dim 16 Nov - 0:48

Fin de la grève des ouvriers du port pétrolier de Zuetina :

Les exportations à partir de l'important terminal pétrolier d'al-Hariga dans l'est de la Libye reprennent.

Le samedi 8 novembre 2014, les employés du terminal se mettait en grève, dénonçant des retards dans le paiement de leurs salaires. Celle-ci prend ainsi fin selon l'AFP. "Un pétrolier, qui se trouvait à quai depuis le début de la grève, doit se rendre en direction des marchés européens via la Grèce", assure Mohamed al-Hrari, le porte-parole de la Compagnie nationale de pétrole ("National Oil Corporation" - NOC).

Le 10 septembre 2014, la production du pétrole en Libye atteignait près de 810 000 barils par jour. Cette hausse progressive de la production provient de l'arrêt des blocages pétroliers dans l'Est du pays. "La production va reprendre progressivement jusqu'à atteindre le niveau escompté d'un million de barils par jour d'ici la fin de l'année", estime Mohamed al-Hrari.

Le pays demeure cependant en proie à une grande instabilité politique.
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Message  Copas le Sam 14 Fév - 14:31

Le ministre des Affaires étrangères Paolo Gentiloni a dit que l'Italie était prête à intervenir militairement en Libye pour sauver le garde-manger de l'ENI contre le terrorisme et dans le cadre d'une mission de l'ONU.
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Message  Copas le Sam 14 Fév - 14:41

Histoire :

Quand les fascistes italiens voulaient faire main basse sur la Libye

Libye         - Page 33 Le-lea10
Le leader des rebelles libyens, le chef Omar al-Mokhtar, à Benghazi, au moment de son arrestation par les Italiens, le 15 septembre 1931.
Dans les années 30, l’Italie fasciste a tenté de créer un empire colonial en Libye. «Le poème d’Aguila», traduit et publié en français par l’écrivain libyen Kamad Ben Hameda, est un témoignage unique sur la vie dans un camp où l’occupant entassait les bédouins. Une œuvre majeure de la culture populaire libyenne, composée par Rajab Ben Houaiche Al-Mnefi, qui ressuscite un passé méconnu.

A la fin du XIXe siècle, l’Italie rêve d’un empire colonial. En retard sur ses rivaux européens, elle tente de mettre pied dans la corne de l’Afrique. Mais la cinglante défaite d’Adoua contre l’Ethiopie la contraint à rabattre ses ambitions vers le sud de la Méditerranée, région tenue par l’empire ottoman en déclin. En octobre 1911, Rome envoie un corps expéditionnaire de 100.000 hommes dans l’oasis de Tripoli. Les Italiens bombardent la ville et s’emparent des principaux ports. Mais les tribus bédouines organisent une résistance farouche, notamment dans ce qui correspond aujourd’hui à l’est de la Libye. Résistance conduite par le cheikh Omar al-Mokhtar, aujourd’hui un héros national.

La répression italienne est sans pitié. «Des milliers de Libyens, hommes, femmes et enfants, sont déportés dans les îles italiennes désertes où ils mourront de faim et de soif. Sur 300.000 habitants que compte à l’époque la Libye, 180 000 périront entre 1911 et 1914», raconte le cinéaste Tewik Farès dans Libération.

L’arrivée des fascistes au pouvoir en 1922 renforce les visées colonialistes à Rome. Les partisans de Mussolini, ce «César de carnaval», «convoitent, pour en ressusciter les gloires passées, les territoires du mythique Empire romain dont ils considèrent les terres libyennes comme partie intégrante», observe Kamad Ben Hameda dans la préface du poème.

Mais pour y parvenir, ils doivent venir à bout d’Omar al-Mokhtar qui harcèle leurs troupes. Commandés par le général Rodolfo Graziani, ils vont employer les grands moyens pour «pacifier» l’est du territoire où est solidement implantée la secte Senoussia. Laquelle avait déjà contesté le pouvoir des Ottomans. Graziani utilise notamment «les bombardements au gaz en 1928 - une technique éprouvée par les Français pendant la guerre du Rif», explique l’historien Olivier Favier dans un (excellent) article de Rue89.

Des tribus entières de bédouins déportées

Dans le même temps, l’officier va ouvrir «16 camps de concentration en Cyrénaïque (est) à la suite des Britanniques durant la guerre des Boers», poursuit Olivier Favier. Des tribus entières de bédouins sont emprisonnées dans ces camps. On estime que sur 100.000 personnes détenues, 40.000 ne sont pas revenues.

Les exactions ruinent le pays. Les Italiens tuent le cheptel, empoisonnent l’eau des puits. «Pour l’ensemble de la Libye, on estime le nombre de morts à 100 000», estime Olivier Favier. En 1931, Omar al-Mokhtar est capturé. Les Italiens le pendent dans le camp de Suluk devant 20.000 bédouins.

En 1911, Rajab, le poète né en 1879, qui enseigne les sciences religieuses, s’était déjà mis au service du cheikh. Dans les années 30, il «est interné dans le camp d’Aguila (qui sera fermé en 1934, NDLR), du nom de cette zone désertique sur le golfe de Syrte, trois cents kilomètres à l’ouest de Benghazi, où les chances de survie sont quasi nulles», raconte Kamel Ben Hameda. Il confie sa peine et ses souffrances à un compagnon lettré, Ibrahim al-Ghomary, qui transcrit son récit. Récit qui va devenir, par la suite, «un poème de portée universelle».

Le texte traduit par Kamel Ben Hamed est un long et beau poème qui évoque l’humiliation des détenus d’Aguila, «l’estomac vide», «flagellés en public», qui tiennent «à peine debout». Le poète, «un ruisseau de larmes qui coule / le long de (sa) barbe blanche», raconte la perte de sa «dignité à un âge avancé», lui qui doit obéir à ses geôliers «comme une femme / fautive et blâmable». Il déplore la disparition de «nos meilleurs hommes / notre bien le plus précieux», «de nos jeunes», «cueillis / comme dattes mûres», «eux la fleur de nos familles». Il dénonce «le supplice infligé à nos filles / leur corps exposé nu». Avant de conclure sur la mort d’Omar al-Mokhtar : «Dieu seul est éternel / une lumière s’est éteinte». Quant à Rajab, il est décédé entre 1950 et 1952, seul et oublié.
«Le livre du camp d’Aguila», présentation et traduction de Kamel Ben Hameda, éditions Elyzad


http://geopolis.francetvinfo.fr/quand-les-fascistes-italiens-voulaient-faire-main-basse-sur-la-libye-53139
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Message  Copas le Sam 14 Fév - 15:03

Le poème d'Aguila, un texte qui trouve écho dans la Libye d'aujourd'hui

Le poème d’Aguila est né de l’expérience de Rajab Ben Houaiche al-Mnefi, détenu par l’occupant italien dans le camp de Benghazi (ouest de la Libye) dans les années 30. Rencontre avec le traducteur en français de cette œuvre majeure, l’écrivain libyen Kamal Ben Hameda.

Libye         - Page 33 Le-liv10

Né en 1945 à Tripoli, Kamal Ben Hamada a quitté la Libye dans les années 70. Il a fait ses études en France avant de s’installer aux Pays-Bas où il vit aujourd’hui.

Les évènements décrits dans le poème de Rajab sont-ils encore très présents dans la mémoire collective de la Libye?

Beaucoup de gens peuvent le citer par cœur dans l’est du pays, notamment dans le Djebel Lakhdar (la Montagne Verte) où les tribus descendent d’une vague de conquérants arabes venus au XIe siècle. Tout en étant convaincus que cela n’intéresse que la mémoire locale.

Ce genre de poème improvisé appartient à ces œuvres qui se transmettent oralement de génération en génération. C’est un pur produit de la tradition arabe classique qui remonte à l’époque pré-islamique. Contrairement à la poésie occidentale, qui prend du recul grâce à sa transcription sur le papier, c’est l’expression directe, par l’improvisation, de l’expérience vécue, du moment qui passe, de l’éphémère. C’est la lecture poétique du réel.

Le poème de Rajab a, lui, été retranscrit par Ibrahim al-Ghomary, l’un de ses compagnons d’infortune au camp d’Aguila, qui a réussi à se procurer un bout de papier et un crayon, et a raconté cette expérience dans ses mémoires. Le texte a ensuite été publié grâce au travail de l’université de Benghazi (nord-est) dans les années 70, qui a commencé à récolter ce type de poésie arabe.

Ce n’en est pas moins un texte profondément populaire. Dans un groupe, ll suffit que quelqu’un le commence pour que les autres prennent le relais. Mais on ne l’apprend pas forcément à l’école. Moi, je l’ai appris en buvant le thé avec des amis !

Pour autant, les Libyens, qui ont un grand sentiment d’infériorité par rapport à l’Occident, ne se rendent pas forcément compte de la portée universelle de ce texte. Personnellement, j’en ai pris conscience en visitant à Amsterdam la maison d’Anne Frank : son journal, si important pour les pays occidentaux, a précisément une portée universelle. J’ai alors voulu faire connaître le poème de Rajab à l’extérieur de la Libye.
La poésie orale est donc restée un art très populaire jusqu’à aujourd’hui…

Effectivement, elle occupe une grande place. Pour moi, les gens du peuple ont une lecture plus transparente des évènements que les gens de pouvoir. Ils ne sont pas liés à tel ou tel intérêt contrairement aux politiques qui ont un regard toujours biaisé et une lecture faussée des situations.

Malgré tout, pour les évènements qui agitent mon pays depuis le «drôle de printemps libyen» et le renversement de Kadhafi, on n’écoute que les gens de pouvoir. On n’entend pas le peuple et les intellectuels libyens. Pourtant, l’alliance de l’Occident et des forces islamistes obscurantistes a déclenché un processus à l’origine des évènements dont on ne comprend pas encore la portée. Dans un article pour Le Monde, j’écrivais en juin 2011 que l’on ne se rendait pas compte que l’on attisait «une saison en enfer porteuse d’autres déluges».

Dans la préface de votre livre, vous expliquez que la nation libyenne «peine toujours à assumer son identité plurielle». Pourquoi ?
L’art de la poésie orale est l’un des fondements de la «libyenneté». Mais c’est l’un des rares. Car la Libye n’existe pas encore, elle reste un pays en devenir.

Son identité est plurielle : elle est composée d’éléments berbères (amazighs), arabes. Mais pas seulement. En Tripolitaine (ouest), elle est notamment constituée d’éléments grecs, romains, turcs, occidentaux (ordre de Malte…), juifs, chrétiens, Noirs du sud… Il y a tellement de mémoires, de cultures, d’ethnies !

Selon l’endroit où l’on se trouve, que l’on soit à Tripoli ou dans l’est de la Libye, les gens n’ont pas les mêmes références culturelles. Il n’y a pas de sentiment national, pas de sentiment commun d’appartenir à une nation. Au lieu de vous dire qu’ils sont libyens, les gens vous expliquent qu’ils sont du Nord, du Sud, qu’ils appartiennent à telle ou telle ethnie. Il ne suffit pas de tracer des frontières. C’est comme si au moment de l’indépendance en 1951, on avait dit aux Libyens : «Maintenant, vous êtes un pays. Démerdez-vous !»

Libye         - Page 33 Mouamm10
Mouammar Kadhafi en 2009 à Rome

Depuis 2011, le refoulé est très vite revenu. Comme beaucoup d’autres pays arabes qui ont connu le «printemps», la Libye est en train de se remodeler ethniquement. Le scénario de l’éclatement est le plus probable. On pourrait ainsi revenir à ce qui se passait avant 1951 avec les grands groupes ethniques : arabes, berbères…

Il faut voir que Kadhafi a fait le vide autour de lui en écartant toutes les forces démocratiques. La seule force constituée en face de lui, c’était les mosquées : il ne pouvait pas s’attaquer à Allah.

Résultat :
Aujourd’hui, on se trouve en présence de deux forces antagonistes et de deux pouvoirs.
D’un côté, il y a ce que j’appelle la droite religieuse, qui regroupe des patriotes, des nationalistes, des Frères musulmans, des salafistes, et règne à Tripoli.
De l’autre, il y a ce que j’appelle la droite libérale, soutenue par l’Occident, qui a installé son gouvernement à Tobrouk (est). On y trouve notamment d’anciens partisans de Kadhafi. Son Parlement n’a pas été élu par plus de 10-15% des électeurs.
«Le livre du camp d’Aguila», présentation et traduction de Kamel Ben Hameda, éditions Elyzad
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Message  Copas le Mar 17 Fév - 23:16

Comment Sissi veut mettre la France à son service en Libye

Ce ne sont pas des Rafale que le Président égyptien Sissi a achetés à la France, mais la couverture de Paris à une guerre totale en Libye. Une telle escalade militaire est en effet devenue essentielle à la pérennité de la dictature en Egypte.

Abdelfattah Sissi, il faut lui reconnaître ce mérite, est un politicien particulièrement rusé. Membre le plus jeune de la junte militaire qui renversa le président Moubarak, à la faveur de la révolution populaire de Tahrir, il est nommé trois ans plus tard maréchal, surpassant tous ses aînés dans la hiérarchie des forces armées.

Il abandonne sans façon ce titre suprême pour être élu président en mai 2014, officiellement par 97% des voix, dans une mascarade électorale digne de la Tunisie de Ben Ali… ou de l’Egypte de Moubarak.

Il y a du Pinochet dans Sissi, ce Pinochet qu’Allende avait nommé commandant en chef des armées en 1973, tant Allende était convaincu que la fraternité maçonnique qui l’unissait au général garantissait sa fidélité. Le président Morsi avait cru pareillement que la piété sincère de Sissi était un gage de sa loyauté lorsqu’il le nomma en août 2012 ministre de la Défense.

La presse internationale tombait alors dans le même panneau en qualifiant Sissi d’ « islamiste notoire ».
Rente stratégique

Il y a du Bachar dans Sissi, pas seulement comme bourreau de son propre peuple (les bains de sang perpétrés par les deux dictateurs durant le sanglant mois d’août 2013 sont du même ordre, avec un millier de civils tués dans la capitale en un jour), mais en termes de rente stratégique.

Assad sait qu’un régime aussi illégitime que le sien ne peut tenir que par la mobilisation inconditionnelle de parrains étrangers qui s’identifient à sa « cause », en l’espèce la Russie et l’Iran.

Sissi sait déjà disposer d’une rente stratégique substantielle, le milliard trois cent millions de dollars versés chaque année à l’armée égyptienne depuis la signature de la paix avec Israël en 1979.

Sissi sait aussi que Netanyahou, comblé par l’hostilité du président égyptien à l’encontre du Hamas, activera tous ses relais à Washington pour que cette aide continue d’être déboursée (le blocus de la bande de Gaza est aujourd’hui plus sévère côté égyptien que côté israélien et la partie égyptienne de la ville frontalière de Rafah a été littéralement rasée).

Mais le tribut versé annuellement par les Etats-Unis est bien faible par rapport aux besoins colossaux d’une Egypte de 86 millions d’habitants… et à la voracité proverbiale des hiérarques militaires.

Ce ne sont pas moins de douze milliards de dollars que l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis, ainsi que le Koweït dans une moindre mesure, ont promis dès l’été 2013 en soutien au coup d’Etat de Sissi contre Morsi, le premier président démocratiquement élu de l’histoire de l’Egypte.
La suite .../...
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Message  Babel le Sam 21 Fév - 12:02

Je reprends ma discussion avec Copas là où je l'ai arrêtée : https://forummarxiste.forum-actif.net/t3434p105-la-situation-internationale-le-danger-de-guerre#101261

En prenant la tête du premier Etat africain à avoir accédé à l'indépendance, Kadhafi s’est rapidement institué guide de la Révolution, à l’image de son modèle nassérien. Il a organisé la nationalisation des ressources, et exercé un contrôle très strict de la société civile, en s’appuyant sur l’action des forces de sécurité, et en particulier de sa garde prétorienne au sein de l’armée. L’assise de ce régime, autoproclamé « République Arabe de Libye populaire et Socialiste », reposait sur le contrôle de la rente énergétique dont il gérait la redistribution de manière à asseoir le pouvoir personnel du « Líder Máximo », notamment en mettant en place le système social du « tout gratuit ».

C’est ce mode de redistribution qui va permettre à la population du pays de bénéficier des richesses d’un sous-sol qui le classent au 4e rang des pays producteurs de pétrole en Afrique, avec l’espérance de vie la plus haute et le PIB et l’indice de développement humain les plus élevés du continent africain.

La structure sociale du pays restant profondément marquée par l’organisation tribale, Khadafi organise son pouvoir personnel sur la base de son fonctionnement. L’assise du pouvoir libyen, que j’ai qualifiée ailleurs de bonapartiste, reposait en effet sur un deal assurant l’équilibre entre les forces en place. Tout le monde devait y trouver son compte : les tribus, les commerçants des grandes villes très puissants, et le peuple. En échange d’une vassalisation consentie, le régime garantissait aux chefs des tribus un rôle social, une place au sein de l’appareil répressif et une portion de la rente énergétique équitablement répartie.

Kadhafi se présentait alors comme un arbitre entre les factions et groupes de pouvoir. C’est ce qui a contribué à son succès personnel et a assuré la pérennité d’un régime qui a tout de même tenu 40 ans.

Mais peu à peu, cet équilibre va se disloquer, pour avantager exclusivement le clan Kadhafi.

L'effondrement de l'URSS et le déclenchement de la contre révolution néo-libérale vont pousser cette économie de rente vers sa privatisation, faisant d’elle la propriété du clan familial. C’est l’appropriation clanique des ressources énergétiques qui a constitué l’élément majeur du tournant du pays vers la « modernité ». Devenu un Etat respectable  aux yeux de l’Occident, en se présentant notamment comme le fer de lance de la lutte contre Al Qaida, le régime Khadafi modifie alors son image, de chef de file des non-alignés, redistributeur social de la manne pétrolière, en pouvoir autocratique, accapareur de la richesse du pays.

Tout en conservant pour principal client le trust gazier italien ENI, le régime négocie avec Tony Blair l'oubli des actes terroristes et l'intégration dans le concert des nations, en échange de l’octroi d'importants avantages pour BP. On sait aussi qu’il a contribué à la campagne électorale du candidat Sarkozy de 2007, à hauteur de plusieurs dizaines de millions d’euros, avec la garantie de contrats avec Suez Gaz de France dans les bagages.

Seules les forces les plus archaïques ont continué de ce fait à structurer la société civile, alors que le pouvoir personnel perdait le caractère bonapartiste qui lui conférait sa légitimité, en se coupant de sa base sociale. Tandis qu'au sommet le guide et ses proches croyaient tenir encore les rênes du pays, en ayant éliminé souvent avec une férocité inouïe toute expression de contestation, l’accumulation des tensions sociales exacerbait les contradictions internes du système de domination, le menant vers son point de rupture. Les structures antérieures tribales et religieuses n’ayant jamais tout à fait disparu, ce sont elles qui sont rentrées dans l'opposition, à mesure que la redistribution des ressources se faisait plus chiche et le pouvoir plus despotique.

Le soulèvement populaire, né sous l'impulsion des révolutions tunisienne et égyptienne, s'est donc fait dans un contexte marqué par un profond morcellement. A partir du moment où la direction politique de l'opposition qui s'est dressée contre Khadafi était l'expression d'intérêts politiques et sociaux contradictoires, voire antagoniques, présenter cette opposition comme la pierre de touche d'un courant de radicalisation homogène était un leurre.

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Message  verié2 le Sam 21 Fév - 15:25

A noter, une très intéressante émission sur France Inter, Rendez-vous avec X de Patrick Penot à 13 h 30 aujourd'hui, sur les magouilles en Libye, les pots de vins aux politiciens français, le rôle de BHL qui  s'est fait rouler dans la farine et a présenté des islamistes et des kadhafistes fraîchement recyclés comme des "démocrates".
Disponible en replay.

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Message  Copas le Sam 21 Fév - 16:25

verié2 a écrit:A noter, une très intéressante émission sur France Inter, Rendez-vous avec X de Patrick Penot à 13 h 30 aujourd'hui, sur les magouilles en Libye, les pots de vins aux politiciens français, le rôle de BHL qui  s'est fait rouler dans la farine et a présenté des islamistes et des kadhafistes fraîchement recyclés comme des "démocrates".
Disponible en replay.


Le présent a un long passé...
La corruption a commencé à très grande échelle avec kadhafi et ses fistons .
Continuité donc en matière de corruption et de présence de l'impérialisme (français et surtout italien), on se souviendra de ce que racontait Berlusoni sur ses rencontres avec Kadhafi et leurs progrès dans le bunga bunga.
Toujours est-il que l'impérialisme français a mal joué et que l'impérialisme italien (l'ENI entre autres) montre maintenant les dents.

On attend toujours des protestations contre les menaces de guerre des claques impérialistes et les interventions des dictatures égyptiennes et algériennes, là déjà réelles, avec les appuis en couverture d'observation aérienne et satellitaire des USA.
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Message  Copas le Dim 22 Fév - 8:52

Babel a écrit:Je reprends ma discussion avec Copas là où je l'ai arrêtée : https://forummarxiste.forum-actif.net/t3434p105-la-situation-internationale-le-danger-de-guerre#101261

En prenant la tête du premier Etat africain à avoir accédé à l'indépendance, Kadhafi s’est rapidement institué guide de la Révolution, à l’image de son modèle nassérien. Il a organisé la nationalisation des ressources, et exercé un contrôle très strict de la société civile, en s’appuyant sur l’action des forces de sécurité, et en particulier de sa garde prétorienne au sein de l’armée. L’assise de ce régime, autoproclamé « République Arabe de Libye populaire et Socialiste », reposait sur le contrôle de la rente énergétique dont il gérait la redistribution de manière à asseoir le pouvoir personnel du « Líder Máximo », notamment en mettant en place le système social du « tout gratuit ».

C’est ce mode de redistribution qui va permettre à la population du pays de bénéficier des richesses d’un sous-sol qui le classent au 4e rang des pays producteurs de pétrole en Afrique, avec l’espérance de vie la plus haute et le PIB et l’indice de développement humain les plus élevés du continent africain.

La structure sociale du pays restant profondément marquée par l’organisation tribale, Khadafi organise son pouvoir personnel sur la base de son fonctionnement. L’assise du pouvoir libyen, que j’ai qualifiée ailleurs de bonapartiste, reposait en effet sur un deal assurant l’équilibre entre les forces en place. Tout le monde devait y trouver son compte : les tribus, les commerçants des grandes villes très puissants, et le peuple. En échange d’une vassalisation consentie, le régime garantissait aux chefs des tribus un rôle social, une place au sein de l’appareil répressif et une portion de la rente énergétique équitablement répartie.

Kadhafi se présentait alors comme un arbitre entre les factions et groupes de pouvoir. C’est ce qui a contribué à son succès personnel et a assuré la pérennité d’un régime qui a tout de même tenu 40 ans.

Mais peu à peu, cet équilibre va se disloquer, pour avantager exclusivement le clan Kadhafi.

L'effondrement de l'URSS et le déclenchement de la contre révolution néo-libérale vont pousser cette économie de rente vers sa privatisation, faisant d’elle la propriété du clan familial. C’est l’appropriation clanique des ressources énergétiques qui a constitué l’élément majeur du tournant du pays vers la « modernité ». Devenu un Etat respectable  aux yeux de l’Occident, en se présentant notamment comme le fer de lance de la lutte contre Al Qaida, le régime Khadafi modifie alors son image, de chef de file des non-alignés, redistributeur social de la manne pétrolière, en pouvoir autocratique, accapareur de la richesse du pays.

Tout en conservant pour principal client le trust gazier italien ENI, le régime négocie avec Tony Blair l'oubli des actes terroristes et l'intégration dans le concert des nations, en échange de l’octroi d'importants avantages pour BP. On sait aussi qu’il a contribué à la campagne électorale du candidat Sarkozy de 2007, à hauteur de plusieurs dizaines de millions d’euros, avec la garantie de contrats avec Suez Gaz de France dans les bagages.

Seules les forces les plus archaïques ont continué de ce fait à structurer la société civile, alors que le pouvoir personnel perdait le caractère bonapartiste qui lui conférait sa légitimité, en se coupant de sa base sociale. Tandis qu'au sommet le guide et ses proches croyaient tenir encore les rênes du pays, en ayant éliminé souvent avec une férocité inouïe toute expression de contestation, l’accumulation des tensions sociales exacerbait les contradictions internes du système de domination, le menant vers son point de rupture. Les structures antérieures tribales et religieuses n’ayant jamais tout à fait disparu, ce sont elles qui sont rentrées dans l'opposition, à mesure que la redistribution des ressources se faisait plus chiche et le pouvoir plus despotique.

Le soulèvement populaire, né sous l'impulsion des révolutions tunisienne et égyptienne, s'est donc fait dans un contexte marqué par un profond morcellement. A partir du moment où la direction politique de l'opposition qui s'est dressée contre Khadafi était l'expression d'intérêts politiques et sociaux contradictoires, voire antagoniques, présenter cette opposition comme la pierre de touche d'un courant de radicalisation homogène était un leurre.

Plus ou moins OK sur les explications et les raisons de fond de l'usure rapide de la base sociale du régime, régime qui n'a plus comme base sociale à la fin que la ville de Kadhafi et l'appareil militaro-policier.
Rien de neuf donc et c'est bien d'être épargné du discours sur le soulèvement, machination de l'occident, et le gonflage extrème de la 1ere intervention impérialiste aérienne, et le paradis social préalable.
La bourgeoisification extrème du clan dirigeant lui fait quitter les oripeaux d'une petite bourgeoisie militaire vaguement progressiste pour se convertir en clan bourgeois huppé dont les dirigeants et fistons défraient la chronique entre des tabassages de femme de chambre, des anniversaires à coups de millions d'euros à St Barth avec des stars US de la chanson, etc..
Le passage de l'un à l'autre est le mécanisme de fond de l'usure du régime, avec le suivant, qui rend les choses explosives.

Le 2eme élément de fond c'est le trait commun qu'on retrouve dans la société libyenne comme dans toutes les sociétés sud et est méditerranéennes : des jeunesses très formées, de haut niveau d'étude, qui aspirent à plus de libertés, communicantes, etc, un prolétariat urbain en grande progression numérique et  un prolétariat industriel très important en proportion de l'ensemble de la main d’œuvre. Les traits de cette situation commune sont les plus exacerbés en Libye. A cela se rajoute la déstructuration de la société qui ne dispose d'aucun fonctionnement autonome ne dépendant pas du régime, même secondaire (à la différence de l’Égypte, de la Tunisie, de l'Algérie, etc).

Les soulèvements populaires de Tunisie et d’Égypte, déclenchent un soulèvement rapide de la jeunesse dans toute la Libye, le phénomène est relativement général et n'a pas de structures claniques.

L'explosion qui est arrivée s'est répandue comme une trainée de poudre dans toutes les régions et villes de Syrie. Et non dans l'Est avec l'Ouest demeurant fidèle à Kadhafi suivant les légendes répandues par le campisme. Le régime concentre d'abord ses forces pour controler la capitale puis écrase après avec ses blindés les villes moyennes entre Tripoli et la frontière tunisienne pour ensuite attaquer l'est libyen et c'est aux banlieues de Benghazi que commence à intervenir l'aviation impérialiste française.

Les conditions de la guerre là où étaient les populations ont de fait ressemblé à ce qu'on a vu et voit en Syrie, une armée moderne, des assauts de blindés sur des villes désarmées avec comme conséquence un morcellement des villes qui résistent. Le morcellement est d'abord par ce qui fut imposé par le régime comme organisation politique et géographique, et ensuite le fait des assauts de l'appareil militaire. L'isolement de Misrata, par exemple, qui subit pendant des mois des assauts de blindés, développe forcement une organisation particulière. Et ça pèse encore maintenant. Au moment de la guerre chaque ville résiste comme elle peut et il n'y a pas d'organisation réellement unifiée. Les structures d'organisation de la résistance qui s'y développent sont faites de bric et de broc et ne répliquent pas l'appareil d'état précédent qui a été vaporisé et concentré dans des régiments de blindés.

La Libye actuelle est le fruit d'une situation où l'appareil d'état bourgeois a été détruit et n'a pas été reconstruit.
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Message  Copas le Sam 21 Mar - 20:14

la reprise du dialogue entre les deux Parlements au Maroc
sous la menace des puissances militaires de la région (Algérie et Égypte), des claques impérialistes (France et Italie) et de Daesh


La reprise au Maroc, du dialogue entre les deux Parlements rivaux libyens, vise à rechercher un accord sur un gouvernement d'unité nationale.
Le soutien apporté par le gouvernement reconnu par les claques impérialistes occidentales au combat mené par les éléments affiliés à son rival de Fajr Libya contre les terroristes de Daech est un fait marquant concret. Mais ce soutien demeure politique et verbal, apparemment pas militaire. Les représentants des deux Parlements libyens rivaux avaient donc rendez-vous à Skhirat au Maroc, sous l’égide de l’ONU, représentée à l’occasion par son envoyé social en Libye (Manul), Léon Bernardino.

Mais contrairement au round de négos précédentes,  cette rencontre s’accompagne de déclarations du chef de la Manul quant à un espoir d’aboutir à un accord, d’ici dimanche, date prévue de la fin de ce troisième tour de négociations.
Les trois points officiels principaux tournent autour de la sécurité, la constitution d'un gouvernement d'unité nationale et des mesures de confiance.
Mais d'autres éléments sont à prendre en cause : les menaces militaires italiennes, les incursions des puissances régionales sur le territoire libyen. Et enfin l'attaque perpétrée mercredi à Tunis, qui a coûté la vie à 20 touristes étrangers et revendiquée par le groupe État islamique (EI) qui a mit également la pression sur les deux camps gouvernementaux en Libye.
Les parties libyennes trouvent là une raison supplémentaire pour faire front commun contre l'influence de l'EI. C'est Fajr Libya qui subit l’essentiel des combats contre  l'EI.  
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