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Mali

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Message  sylvestre le Mar 2 Oct - 11:37

http://maliactu.net/mali-les-diplomates-francais-multiplient-les-critiques-en-off-contre-lalgerie/

« L’Algérie, qui a tant souffert du terrorisme, adopte une politique pouvant être assimilée dans la région à de la bienveillance envers le terrorisme ! » se désole un officiel français anonyme dans le journal Le Monde. Selon ce même officiel anonyme, si l’Algérie était « constructive », le problème du Sahel « pourrait être résolu rapidement et « sans engagement de moyens militaires non africains.

 

 » Dans un autre article plus « sécuritaire » consacré à la possible présence de deux « franco-algériens » parmi les rangs d’Aqmi,le Monde indique que le Quai d’Orsay ne cache pas, « en privé, son souhait de voir l’Algérie faire preuve « d’une plus grande transparence ».  On reproche ainsi à Alger de veiller seulement à contenir la menace à l’extérieur des frontières. Et, dit la source du Quai d’Orsay, en privé, « on peut se demander jusqu’à quel point ils ne privilégient pas plus une sorte de pacte de non-agression avec AQMI que son éradication.

 

«   Conclusion du journal : « la chasse aux Franco-Algériens ou aux Français au sein d’AQMI ne serait pas le premier souci du département du renseignement et de la sécurité algérien, qui ne serait guère pressé de transmettre ses informations aux autorités françaises ».



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Message  yannalan le Mar 2 Oct - 11:49

Ca se comprend, ils ont déjà leurs problèmes à domicile, ils vont pas en importer d'autres.

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Message  sylvestre le Mar 2 Oct - 12:19

En l'occurence, une observation élémentaire est qu'ils ont plutôt exporté "leurs problèmes".

As-tu lu les articles que j'ai mentionnés ?
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Message  yannalan le Mar 2 Oct - 13:00

Algeria Watch ? Oui, mais je ne suis pas convaincu.
Un article de Merchet, le chroniqueur militaire de Marianne, qui est loin d'être le pire :


http://fr.rian.ru/tribune/20121001/196193949.html

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Message  sylvestre le Mar 2 Oct - 14:08

yannalan a écrit:Algeria Watch ? Oui, mais je ne suis pas convaincu.

Pas convaincu par quoi ?
- le fait que la stratégie générale du DRS a été le pilotage des groupes terroristes dans les années 90 ?
- le fait que cette stratégie a perduré sous une nouvelle forme, celle du GSPC ?

Encore une fois, comment interpréter par exemple l'histoire d'Abderrezak El Para, aux mains des autorité algériennes depuis 2004 et jugé depuis plusieurs fois par contumace (!), et par ailleurs toujours considéré en 2012 par les médias "éradicateurs" comme Jeune Afrique comme un authentique islamiste ?
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Message  sylvestre le Mar 2 Oct - 14:17

yannalan a écrit:
Un article de Merchet, le chroniqueur militaire de Marianne, qui est loin d'être le pire :


http://fr.rian.ru/tribune/20121001/196193949.html

Déjà j'ai du mal à trouver ça intéressant, à partir du moment où Merchet ne cite même pas le MNLA, ni même de manière générale les revendications du peuple touareg. Qu'il ait subi des revers à partir de mai-juin, je n'en disconviens pas, mais il était bien présent pendant les premiers mois de l'année, comme en témoigne, outre de très nombreux articles, le documentaire d'Arte que j'ai posté plus haut.
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Message  yannalan le Mar 2 Oct - 14:45

Le MNLA s'est fait sortir du tableau pour l'instant et rien ne prouve qu'il est plus représentatif que ses rivaux. En plus il n'y a pas que des touaregs au Nord-Mali.
Il n'y a pas besoin du DRS pour lancer des groupes islamistes quand il n'y a plus d'état en face. Ca fait des années que ça monte en Afrique, un peu partout.

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Message  sylvestre le Mar 2 Oct - 15:38

yannalan a écrit:Le MNLA s'est fait sortir du tableau pour l'instant

Ca n'enlève rien à la fausseté de la phrase de Merchet :

A la suite de la chute de Kadhafi en Libye et de troubles politiques à Bamako, la capitale du Mali, trois groupes armés (AQMI, Mujao et Ansar el-Dine) ont pris le contrôle de cet immense territoire


yannalan a écrit:et rien ne prouve qu'il est plus représentatif que ses rivaux.

Voilà une parole bien extraordinaire. On peut quand même se demander comment faire pour être moins représentatif qu'Ansar Dine ou le MUJAO. Déjà détruire les tombeaux de saints à Tombouctou, ce n'est pas le signe d'une représentativité remarquable, et jamais le MNLA ne se serait amusé à des conneries pareilles. Et puis le MNLA est touareg, alors que tout l'encadrement d'AQMI et consorts est algérien....


As-tu regardé le documentaire d'Arte ?


En plus il n'y a pas que des touaregs au Nord-Mali.

Et le MNLA en tient compte. Je ne dis pas que ce sont des héros marxistes-léninistes, mais prétendre qu'ils sont "autant représentatifs" que les clowns sinistres d'AQMI-Ansar Dine-Mujao, je trouve ça simplement délirant.

Il n'y a pas besoin du DRS pour lancer des groupes islamistes quand il n'y a plus d'état en face.

Lancer des groupes islamistes dans un territoire qui leur sont résolument hostiles, et en rivalité avec un mouvement qui exprime ses revendications contre l'Etat malien, ça demande des ressources financières et militaires, et il se trouve que justement depuis bientôt vingt ans l'Etat algérien est passé maître en la matière, a des réseaux bien établis, etc.

Sinon, je répète mes questions :

Pas convaincu par quoi ?
- le fait que la stratégie générale du DRS a été le pilotage des groupes terroristes dans les années 90 ?
- le fait que cette stratégie a perduré sous une nouvelle forme, celle du GSPC ?


Dernière édition par sylvestre le Mar 2 Oct - 15:50, édité 1 fois
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Message  yannalan le Mar 2 Oct - 15:48

Tu en penses ce que tu veux, je vais pas passer ma vie à parler du Mali.

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Message  sylvestre le Ven 30 Nov - 12:10

Mali : Comment Alger a piégé Washington et Paris
Posté le : 7 novembre, 2012

Avant que l’avion de la secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton ne quitte le tarmac de l’aéroport d’Alger, les dirigeants algériens avaient déjà rappelé à l’ordre leurs obligés du mouvement Ansar Eddine qui contrôle le Nord du Mali conjointement avec les groupes d’Al Qaïda. Alors que les Algériens s’étaient montrés intraitables contre une intervention occidentale dans l’Azawad afin d’y déloger les islamistes radicaux qui y occupent les principales villes, ils ont en même temps fait pression sur Ansar Eddine pour aller à la table de négociation. D’après un diplomate français en poste à Bamako, l’Algérie a réussi un coup de maître en piégeant Paris et Washington. « Alger savait que son feu vert à une intervention militaire durable et efficace était impossible au Nord du Mali. Alger savait également qu’elle ne pouvait pas rester sans cesse sourde aux appels de Washington. En obligeant ses affidés d’Ansar Eddine à se rendre à Alger et Ouagadougou pour montrer un visage conciliant et lâcher Al Qaïda, les Algériens gagnent sur tous les plans », reconnaît un tantinet amer notre diplomate. Depuis le début du conflit, les rapports des services occidentaux attirent l’attention sur les relations trop ambiguës entre l’Algérie et Ansar Eddine. « Le Nord du Mali, c’est pratiquement l’Algérie. C’est son espace vital. Ni Washington ni Paris, qui connaissent les relations qu’entretient Iyad Ag Ghali avec certains dirigeants algériens, ne peuvent mettre l’Algérie dans l’embarras. Tout le monde joue à une partie de Poker menteur dont tout le monde sortirait gagnant », affirme notre source à Bamako.

http://www.lefigaro.fr/international/2012/11/04/01003-20121104ARTFIG00151-mali-la-diplomatie-au-service-de-l-intervention-militaire.php

Mali : la diplomatie au service de l'intervention militaire


Par Isabelle Lasserre Mis à jour le 05/11/2012 à 10:27 | publié le 04/11/2012 à 18:52 Réactions (23)

La communauté internationale tente de convaincre le groupe touareg Ansar Dine de lâcher ses alliés d'al-Qaida.

Les négociations avec une partie des islamistes qui contrôlent depuis sept mois le nord du Mali en y appliquant une charia brutale ont-elles franchi une nouvelle étape ce week-end? Oui, si l'on en croit les premières informations ayant filtré d'une rencontre, samedi, au Burkina Faso avec des responsables d'Ansar Dine, l'un des trois groupes extrémistes implantés dans la région. Pressé par le président burkinabé, Blaise Compaoré, de rompre avec ses alliés djihadistes d'Aqmi (al-Qaida au Maghreb islamique) et du Mudjao (Mouvement pour l'unicité et le djihad en Afrique de l'Ouest), Ansar Dine a affirmé à Ougadougou son «indépendance» et sa volonté de «négocier» pour la paix. La veille, des représentants du mouvement s'étaient également rendus à Alger, qui pousse une solution négociée au Mali. Selon le quotidien algérien El Watan, «il n'est pas exclu» que ces nouveaux pourparlers «débouchent rapidement sur une prise de distance publique par rapport à Aqmi et au Mudjao».

Paradoxalement, cette ouverture diplomatique ne remet pas en cause l'intervention militaire activement préparée par les pays de l'Ouest africain, soutenus sur le plan logistique par la France et les États-Unis, pour rétablir l'autorité de Bamako au nord du pays et éradiquer al-Qaida de la région. Au contraire, elle pourrait même l'aider.

Indispensable soutien algérien

Les partisans d'une opération militaire, France en tête, sont en effet conscients que l'utilisation de la force ne sera efficace que si elle s'appuie sur des alliés locaux, capables de pérenniser dans le temps les effets de l'intervention. C'est-à-dire, concrètement, d'empêcher la reconstitution d'un sanctuaire terroriste dans la région. Si Ansar Dine - mouvement composé de Touaregs maliens, contrairement à ses alliés Aqmi et Mudjao qui s'appuient sur les djihadistes étrangers - accepte de rentrer dans le rang, la partie militaire n'en sera que plus facile à jouer.

Quel que soit leur résultat, les négociations avec Ansar Dine et son chef, Iyad ag Ghaly, facilitent également le versant diplomatique de l'affaire malienne. Acteur incontournable de la crise, l'Algérie n'a jamais été très favorable à l'intervention militaire. Citant une source algérienne «autorisée», El Watan estime que l'objectif d'Alger est aujourd'hui de «remettre les Touaregs dans le jeu politique, isoler et affaiblir les terroristes en prévision de leur traitement en termes sécuritaires».

Le soutien à l'intervention internationale du grand voisin algérien, de son armée, de ses services de renseignements et de sa longue expérience avec le GIA (Groupe islamique armé), l'ancêtre d'Aqmi, est jugé indispensable par ceux qui planifient l'opération. Washington et Paris travaillent main dans la main à son ralliement.

Que les promesses du mouvement djihadiste soient ou non suivies d'effets, les autorités algériennes auront en tout cas été au bout de leur démarche vis-à-vis d'Ansar Dine, avec qui elles entretiennent des liens. Elles pourraient se considérer désormais libres de changer leur position…
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Mali - Page 2 Empty Nord-Mali, à bas les plans de l'impérialisme

Message  CCR le Mer 12 Déc - 11:28

Ingérence diplomatique et projet d’intervention militaire de la France au Nord-Mali

Nouvelle étape du redéploiement impérialiste en Afrique de l’Ouest

Loïc Guillaume

Source: http://www.ccr4.org/Ingerence-diplomatique-et-projet-d-intervention-militaire-de-la-France-au-Nord-Mali

Une crise profonde s’est ouverte au Mali depuis janvier dernier. Au Nord, l’offensive victorieuse des Touaregs du MNLA [1] (voir encadré) a soustrait plus de la moitié du territoire du pays au contrôle de l’Etat malien.


Par rebond, l’instabilité dormante du régime de Amadou Toumani Touré, le chouchou de la France, s’est révélé par le coup d’Etat qui l’a évincé du pouvoir. Depuis lors, la France, ancienne puissance coloniale, n’a eu de cesse de déployer tous ses efforts, de façon officielle ou officieuse, afin d’essayer de résoudre la crise en un sens favorable à ses intérêts. Mais la France n’est pas seule, et les autres puissances impérialistes (Etats-Unis, Italie, etc.) cherchent eux aussi à défendre leur position en posant leurs conditions à l’ingérence française. Cependant, les préparatifs de l’intervention militaire que Paris voudrait placer sous l’égide de l’ONU et faire voter le 10 décembre au Conseil de Sécurité vont bon train : l’instabilité du pays, conséquence de la politique impérialiste des dernières années et plus récemment de l’agression contre la Libye de Khadafi obligeraient la France à recourir à nouveau à la politique de la canonnière (en plein désert cette fois), afin d’assurer plus fermement son contrôle non seulement sur le Nord-Mali mais plus largement sur l’ensemble d’un pays regorgeant de richesse et, indirectement, sur l’ensemble de son pré-carré en Afrique de l’Ouest.

Un point sur la situation depuis un an

La crise ouverte il y a bientôt un an au Nord du Mali est souvent présentée comme un casse-tête inextricable. Début 2012, le MNLA lance une offensive pour la conquête de la partie malienne du territoire revendiqué historiquement par la rébellion touarègue, l’Azawad (voir carte). Le rapport de force est alors favorable aux nationalistes, qui ont pu grossir leurs rangs de nombreux combattants et améliorer leur équipement du fait du retour au pays des soldats touaregs des « légions arabes » de Kadhafi. En trois mois à peine, l’ensemble du Nord Mali est conquis et un cessez le feu est décrété par le MNLA le 5 avril, suivi d’une déclaration d’indépendance (rejetée unanimement par la « communauté internationale ») le 6.

L’organisation nationaliste se fait cependant rapidement dépasser sur le terrain, aussi bien par Ansar Dine, censée initialement être son alliée –quoiqu’elle revendique un État malien islamique conservant ses frontières actuelles, et non un Azawad laïc et indépendant comme le demande le MNLA– que par les islamistes de AQMI et du MUJAO [2]. En juillet dernier, les nationalistes touaregs se retirent même du combat, respectant en cela l’injonction de l’ONU.

Cette conquête foudroyante s’explique par la déliquescence profonde de l’Etat malien ces dernières années, dont l’intervention impérialiste en Libye, dirigée par la France et la Grande-Bretagne, a constitué un profond accélérateur, un contrecoup que ni Paris ni les autres capitales impérialistes n’avaient calculé. Kadhafi, qui a en son temps rendu de loyaux services à l’impérialisme, ouvrant notamment en grand son économie au début des années 2000, était en effet un stabilisateur pour la région. Son renversement ouvrait ainsi une phase de recomposition qui n’a pas peu à voir avec les nécessités de redéploiement du capital impérialiste du fait de la crise.

Au Mali, une deuxième temporalité s’est cependant imposée au conflit après la conquête du Nord du pays. A Bamako, le gouvernement de Amadou Toumani Touré (ATT), « démocrate » chéri de la communauté internationale pour avoir réussi à détourner la poussée ouvrière et populaire qui a mis fin au régime du dictateur Moussa Traoré en 1991, a été renversé par un coup d’État le 22 mars dernier. La Junte militaire arrivée alors au pouvoir revendiquait notamment une gestion bien plus ferme de la lutte contre la rébellion, dans le cadre d’une rhétorique nationaliste malienne défendant l’intégrité du territoire. Accusant ATT de haute trahison et de malversations financières, la Junte convoque une conférence nationale et assure début avril qu’elle cèdera ensuite le pouvoir. La chute de son allié est néanmoins un sérieux revers pour la France, qui organise immédiatement un embargo complet sur le Mali via ses États vassaux de la CEDEAO (Communauté Economique des États de l’Afrique de l’Ouest). Cette stratégie de pression lui permet de faire réintégrer progressivement une fraction importante des caciques du régime d’ATT au sein de l’État malien, jusqu’à la formation d’un gouvernement d’union nationale qui lui est acquis en août dernier. Cette recomposition de la mainmise impérialiste sur le Mali est alors saluée en France par tous les médias bourgeois [3]. Elle permet au gouvernement Hollande de se lancer dans les préparatifs d’une intervention militaire dont le nouveau président Dioncounda Traoré ainsi que ces ministres se feront désormais les porte-voix locaux, l’enjeu étant de réimposer l’ordre nécessaire à la bonne marche de l’exploitation capitaliste sur tout le territoire.

La France à la manœuvre pour monter une intervention militaire

La chute du président ATT a donc été un point d’inflexion de la politique française pour la France, principale puissance impérialiste de la zone. Auparavant, l’Hexagone n’avait réagi que mollement, certainement du fait de la campagne électorale en cours et des restrictions qu’elle imposait à la politique étrangère de la bourgeoisie. De même, François Hollande aurait eu du mal à tenir la mascarade de la « présidence normale » s’il avait commencé son mandat par le bombardement d’un pays du pré-carré africain de Paris [4].

Mais ce sont surtout les réticences de ses concurrents impérialistes qui freinent son plan de reconquête, à commencer par les Etats-Unis. Le chef de l’Africom, la structure militaire américaine dédié au continent africain, a d’ailleurs plaidé fin septembre pour « une solution politique et diplomatique » et non militaire, cette dernière étant selon lui compromise par la faiblesse du nouveau gouvernement malien. L’opposition américaine au plan français est bien sûr la plus décisive, et constitue un moyen de peser sur le partage impérialiste de la région, alors que les lignes bougent depuis la chute de Kadhafi. L’italien Romano Prodi, reconverti envoyé spécial de l’ONU pour le Sahel, affirmait il y a dix jours qu’aucune intervention militaire ne serait possible avant...septembre 2013, alors que la France voudrait une mise en place rapide du corps expéditionnaire chargé de reprendre le contrôle du Nord du pays. Quant au Secrétaire général des Nations Unies Ban Ki Moon, il déclarait jeudi 29 novembre que le moment n’était pas venu pour une option militaire qui pourrait apporter plus de problèmes que de solutions, et privilégiait le « dialogue ». Il va de soi qu’il n’y aura pas de « dialogue », en tous cas pas avec la masse des Nord Maliens opprimés, ni avec les travailleurs et les jeunes du reste de la région. Mais l’intervention voulue par la France lui permettrait de conforter sa main-mise sur l’Afrique de l’Ouest, ce que ne souhaitent pas ses partenaires et concurrents impérialistes.

Trois mois d’activisme français, de l’UE à l’ONU en passant par la CEDEAO, avaient permis début novembre d’obtenir que les Nations Unies demandent aux chefs d’Etats d’Afrique de l’Ouest –acquis à la France– la préparation d’un plan d’intervention, en vue de la délivrance d’un mandat. Le plan de la CEDEAO, qui sera discuté le 10 décembre prochain et qui vient donc d’être sérieusement remis en question par de nombreuses oppositions ces derniers jours, comprend l’envoi de 3300 hommes issus des armées du Tchad, du Burkina, de la Mauritanie, de la Côte d’Ivoire, du Nigeria ou encore de l’Afrique du Sud, appuyés sur la mobilisation de 5000 Maliens. La France fournirait matériel, formation et renseignements, ainsi qu’une aide logistique et surtout financière. Il est intéressant de noter que les Etats-Unis eux-mêmes se sont proposé d’offrir un appui significatif en cas d’intervention, une manière d’annoncer que si la France emportait la décision, le champ ne lui serait de toutes manière pas libre.

Paris se trouve donc forcé de monter une coalition, sans réussir à emporter la décision pour le moment. Le Nord Mali recouvre en effet un faisceau d’intérêts multiples. Aujourd’hui, certains secteurs de la bourgeoisie française cherchent à y redéployer leurs intérêts, du fait des difficultés qu’ils rencontrent dans la cadre de la crise. Mais le capitalisme français, en perte de vitesse, est aussi concurrencé dans son propre pré-carré. Par les États-Unis en premier lieu, qui ont développé dans la dernière période leur dispositif militaire sur le continent, montant l’Africom et signant des accords avec la Mauritanie ou encore le Burkina. Washington aspire manifestement à jouer un nouveau rôle en Afrique de l’Ouest et dans le Golfe de Guinée. La France se trouve aussi en face de l’Allemagne, de la Grande Bretagne et de l’Italie, alors que la Chine cherche à y sécuriser des points d’approvisionnement en matières premières. La Russie aussi cherche à garder un œil sur la région. C’est du fait de cet imbroglio d’intérêts géostratégiques que personne ne veut laisser la France lancer seule une intervention.

La France a donc du manœuvrer à grand renfort de pression et de négociation dans cette crise. Pression sur les États du continent d’abord, et notamment ceux du pré carré ouest-africain. Pour ne pas trop s’exposer et éviter une nouvelle montée de tension à Bamako, l’impérialisme français avait en effet décidé de donner à son intervention un visage africain. Boni Yayi, président du Bénin et actuel président de l’UA, a donc été poussé à s’adresser lui même à l’ONU pour demander une intervention, tandis que Jean-Félix Paganon, ambassadeur français au Sahel, forçait le nouveau gouvernement malien à faire avaliser cette demande à la CEDEAO. Plus tôt, l’ivoirien Alassane Ouattara, installé à la tête de son pays par une autre intervention militaire de la France au printemps 2011, avait été positionné à la tête de cette institution. Pour s’assurer du ralliement de tous les États ouest-africains, les deux ministres de Hollande Laurent Fabius et Pascal Canfin [5] étaient fin juillet en tournée sur le continent, rencontrant personnellement Idriss Deby – qui sera reçu le 5 décembre par Hollande – pour le Tchad et Blaise Compaoré pour le Burkina Faso [6]. C’est ce dernier qui facilite aujourd’hui les négociations entre Bamako, Ansar Dine et le MNLA sous l’égide de l’ONU.

Les manœuvres préparatoires de la France ont en outre pris, comme à l’accoutumée, des voies extra-diplomatiques. Dès le 23 septembre, Le Figaro annonçait le déploiement d’une centaine d’hommes des forces spéciales au Sahel pour commencer à former des troupes en vue d’une intervention, la même tactique que celle employée en Libye et qui, on s’en souvient, avait été révélée du fait de la capture de plusieurs agents français avant même l’intervention. Des troupes au sol ont été positionnées en Mauritanie et au Burkina, d’autres étant entrainées en Guinée. Par ailleurs, la France a fait bloquer – via la CEDEAO – des cargaisons importantes d’armes destinées à l’armée malienne dans les ports de Dakar, d’Abidjan et de Conakry cet été, de même que des avions Soukoïs dans certains ports européens [7]. Tant que le gouvernement de Bamako ne lui était pas complètement acquis, l’ancienne métropole ne souhaitait pas mettre l’armée malienne en position de contre-attaquer.

Quant aux négociations, elles étaient rendues nécessaires par l’intérêt d’autres impérialismes pour la région, ainsi que par l’influence que possède l’Algérie à l’échelle locale. Alger reste jusqu’aujourd’hui opposé à l’intervention armée avalisée par l’ONU, défendant une « solution négociée » avec toutes les parties, et cherchant à appuyer sa position sur celle des États-Unis. C’est ainsi que l’on voit depuis plusieurs semaines s’opérer un jeu d’influences réciproques des puissances étrangères sur les groupes présents au Nord Mali. Tandis que Bamako, sous la pression de la France, cherche à faire du MNLA et d’Ansar Dine les seuls interlocuteurs légitimes, en séparant Ansar Dine des deux autres groupes islamistes AQMI et le MUJAO [8], l’Algérie ou encore le Qatar semblent mettre une pression pour qu’Ansar Dine ne rompe pas les liens avec ses « frères d’Islam », selon l’expression de Iyad Ag Ghali lui-même.

S’opposer au plan français, c’est pour l’Algérie s’opposer au positionnement de troupes impérialistes à sa frontière Sud, de même que tenter d’éviter une contagion de l’instabilité sur son propre territoire. La sale guerre menée par les généraux algériens contre la population entre 1991 et 2001 est en outre un facteur explicatif de la présence islamiste actuelle au Nord Mali. AQMI comme le MUJAO sont ainsi des surgeons du GIA, groupe islamiste algérien qui s’est développé pendant la guerre civile, via l’éphémère GSPC [9]. Alger ne veut donc pas voir revenir sur son territoire ces groupes que la sécurité militaire algérienne a pu néanmoins instrumentaliser ou qu’elle instrumentalise encore.

Le peu de contrôle de l’État malien sur la partie Nord de son territoire a en outre permis à l’Algérie de renforcer son contrôle sur le Sahel ces dernières années, et le pays lorgne depuis longtemps déjà sur la région de Kidal, région malienne qui la jouxte et dont les sols sont riches en uranium. C’est certainement pour cela qu’Alger s’est depuis quelques mois rapproché d’Ansar Dine et de son chef Iyad Ag Ghali, maître de Kidal. Dans sa déclaration du 15 novembre dernier, ce dernier reprend l’appel à une « solution négociée », et insiste sur les risques auxquels l’Algérie serait soumise du fait de l’intervention : afflux de réfugiés, pénétration terroriste, possible combats sur son sol. Le quotidien algérien Le Matin, qui relate ses propos, rend aussi compte de la déclaration martiale de Mourad Medelci, ministre algérien des Affaires étrangères : en cas d’intervention, le pays prendra toutes « les mesures appropriées (...) pour assurer la protection maximale des frontières ». Alger ne cesse par ailleurs de répéter qu’elle se doit de protéger les « populations algériennes de Kidal », une manière de s’appuyer sur la double nationalité de nombreux habitants de la région pour se déclarer partie prenante de tout ce qui s’y passe.

L’œil d’Alger sur Kidal nous introduit à une compréhension plus profonde de la crise malienne. Pourquoi un tel intérêt pour une région décrite unanimement comme un désert ? Sous le voile de la lutte contre le terrorisme – terme dont l’emploi est d’ailleurs plus que fluctuant, Ansar Dine étant par exemple en train de basculer du côté de « l’opposition malienne reconnue » dans les médias, après avoir été longuement diabolisée – il faut à présent découvrir les enjeux économiques et géopolitiques du conflit.

Les enjeux économiques et géopolitiques du conflit


On a déjà parlé de la région du Kidal, et de ses gisements d’uranium convoités par l’Algérie. La France est comme on sait l’acteur principal de ce secteur dans la région, avec la présence du géant Areva au Niger. François Hollande a d’ailleurs dû récemment venir à la rescousse de la société après que les autorités de ce pays ont demandé la renégociation des contrats d’exploitation, dénonçant la faible contribution du secteur aux recettes publiques (5% seulement) et un nouveau montage juridique permettant à Areva d’échapper à l’imposition locale. Cela alors que la mine géante d’Imouraren, projet françafricain pharaonique, sera mise en exploitation l’an prochain. A la sortie de son entretien à l’Élysée, le président Issoufou ne parlait plus de ses velléités de repartage de la rente de l’uranium, et soulignait son soutien sans faille à l’intervention au Nord Mali : « Sur le Mali, il y a donc une parfaite identité de vues entre le Président François Hollande et moi » [10].

L’exploration pétrolière va aussi croissante au Nord Mali, des permis ayant été confiés à la société italienne ENI ainsi qu’à l’algérienne Sipex pour une zone située au nord de Tombouctou. Le bassin de Taoudéni, qui chevauche la Mauritanie, l’Algérie et le Nord Mali, a été ouvert le 6 janvier dernier à Total ainsi qu’au groupe angolais Petroplus. D’une manière générale, il a été établi par l’Autorité (malienne) pour la recherche pétrolière (AUREP) qu’une superficie de 850 000 km² située dans la région pourrait receler du pétrole et du gaz naturel [11]. Pour de nombreux observateurs, c’est ce qui explique l’intérêt du Qatar pour le conflit et son soutien aux islamistes d’AQMI.

Un gisement de 35 000 tonnes de gypse, minerai entrant dans la composition du ciment, a par ailleurs été découvert dans la région de Tombouctou. Cette dernière reposerait aussi sur l’une des plus grandes réserves d’eau du monde. C’est enfin les ressources aurifère du Nord Mali que convoitent les capitalistes. Troisième producteur d’or africain après l’Afrique du sud et la Ghana, le pays possède pour l’instant 9 mines, toutes situées au sud. Ce secteur, qui a explosé en volume dans les années 2000, constitue un véritable symbole de la domination néocoloniale subie par le Mali : alors que les mineurs subissent une surexploitation effroyable, seule une part infime du minerai extrait est déclaré et donc soumis à l’impôt [12].

Tous ces exemples témoignent de la situation actuelle du Nord Mali, dont le potentiel économique est de plus en plus certain, mais où le retard historique d’investissement de même que l’insécurité actuelle font obstacle à une exploitation « normale » pour l’impérialisme. La construction du barrage de Taoussa sur le fleuve Niger a commencé en 2010, avec pour horizon l’ouverture d’une zone cultivable supplémentaire de 139 000 hectares. Le projet – aujourd’hui à l’arrêt – constitue l’une des premières avancées en termes d’infrastructure pour une région historiquement sous dotée. Comprendre la crise en cours et le redéploiement impérialiste projeté au premier chef par la France, c’est donc envisager ce « retard » dans l’exploitation des richesses du Nord Mali.

Pour la coalition impérialiste menée par la France, l’intervention militaire doit donc permettre de faire tout le contraire. Il s’agit d’installer un climat de sécurité propice aux investissements et à la valorisation capitaliste du Nord Mali. C’est ce dont témoigne l’immense projet de ferme solaire au Sahara, dont une part importante pourrait être installée dans la région. Le « plan solaire méditerranéen » lancé sous Sarkozy a ainsi commencé à se matérialiser avec la création de deux consortium, l’un allemand (Desertec) et l’autre français (Medgrid, qui fédère une bonne partie du capitalisme énergétique français : Areva, Alsthom, EDF, GDF Suez, Saint-Gobin, AFD...). Ce projet hautement stratégique de 400 milliards de dollars est aujourd’hui bloqué pour des raisons politiques et sécuritaires. Difficile d’être plus clair que ce spécialiste américain du renseignement, engagé par Desertec : « l’Europe a besoin d’alternatives à l’énergie russe et l’Afrique du Nord est un bon endroit pour chercher car, contrairement à son rapport avec la Russie, le rapport de puissance qu’a l’Europe avec l’Afrique du Nord est positif. En d’autres mots, si le Mali emmerde les fermes solaires, l’Europe peut démolir le Mali. Cela dit, le projet n’irait pas sans poser des problèmes de sécurité. Il faut encore s’entendre avec toutes sortes de tribus berbères et les réfractaires d’Al Qaïda essayant de couper les lignes électriques. Ce projet exigerait donc de l’Europe le développement d’une infrastructure de sécurité compétente pour intervenir en profondeur en Afrique du Nord » [13]. L’intervention qui se prépare pourrait alors bien poser les premiers jalons de cette « infrastructure »...

A bas l’intervention impérialiste !

Le sous-développement du Nord Mali, y compris par rapport au reste du pays, la domination de Bamako et de sa bourgeoisie comprador sur le Nord, voilà les bases légitimes du sentiment de révolte chez les populations de l’Azawad. Aujourd’hui, alors que le redéploiement impérialiste en cours pourrait chercher à mettre en exploitation une certaine proportion du potentiel économique du Nord Mali, la lutte nationale pour l’indépendance politique et contre le pillage de ces richesses est profondément légitime. Le capital français voit en son ancien empire africain un lieu refuge, exactement comme ce fut le cas dans les années 1930. Ces appétits impérialistes n’ont rien à offrir aux peuples d’Afrique.

Les revendications portées aujourd’hui par le nationalisme Nord malien sont inscrites dans l’histoire même de la construction du Soudan colonial français puis du Mali contemporain. La domination politique de l’impérialisme s’est en effet construite à partir du sud du Mali actuel, ce qui a résulté en la mise en place de rapports inégaux entre les deux parties du pays, les populations nomades du Nord restant méprisées, dominées par Bamako et tenues à l’écart des maigres avantages de la décolonisation. Aujourd’hui encore, le Nord ne représente que 2% du PIB malien. C’est pour cela qu’il faut défendre le droit à l’autodétermination du peuple touareg. Mais il faut aussi refuser toute instrumentalisation de cette cause par l’impérialisme [14], qui pourrait potentiellement profiter de la mise en place d’une autonomie régionale fantoche, contrôlée par une minorité comprador d’anciens rebelles, pour pouvoir ensuite exploiter sans heurts les richesses de la région. Les dirigeants des précédentes rébellions touarègues ont ainsi tous été achetés et intégrés dans l’armée et l’administration malienne quand ils n’étaient pas assassinés. On ne peut concevoir réellement d’Azawad réellement indépendant sans un Sahel socialiste, dont le potentiel économique sera valorisé sous le contrôle des travailleurs des villes et des campagnes et de la population pauvre de l’Azawad, dans le cadre d’une Fédération des Républiques Socialistes d’Afrique de l’Ouest.

Voilà donc quatre mois que la diplomatie française s’agite pour déclencher la guerre au Nord Mali. Comme on l’a vu, sous couvert de lutte contre le terrorisme se cachent des intérêts bien compris, qui consistent en la mise en exploitation de richesses nouvelles mais aussi en la restauration de l’ordre capitaliste compromis depuis plusieurs mois au Mali. Outre la lutte nationale au Nord, il faut savoir que le renversement d’ATT a eu lieu dans un contexte de forte insubordination sociale dans tous les secteurs de la société malienne, bien au delà des quelques manifestations qui ont eu lieu à Bamako contre l’intervention [15]. En juin dernier, les mines d’or étaient bloquées par un important mouvement de grève. Début septembre, c’était au tour des travailleurs de l’aéroport de Bamako de se mobiliser, suivis des enseignants du supérieur, l’un des secteurs les plus combatifs du pays ces dernières années. Fin octobre, les éboueurs de Bamako entamaient un conflit qui ne semble pas encore résolu. C’est aussi à cette montée ouvrière et populaire que l’intervention armée est censée mettre fin, car elle entame la rentabilité du capital au Mali. Le mouvement ouvrier du Sud, s’il se fixait comme objectif de défendre les intérêts historiques des travailleurs et des jeunes du pays, en défendant le droit des populations de l’Azawad à l’autonomie, aurait en effet la force de s’opposer à l’intervention impérialiste – une responsabilité qui est aussi et avant tout celle du mouvement ouvrier, populaire et étudiant français !

30/11/2012

Luttes nationales touarègues au Nord Mali, un retour historique

Loïc Guillaume

Depuis le Moyen-âge, comme en attestent les témoignages des explorateurs arabes, les Touaregs sont implantés au Sahara. Nomades, l’essentiel de leur économie repose sur l’exploitation de leurs troupeaux, et s’inscrivait dans la période précoloniale dans les circuits marchands denses qui caractérisaient le Sahara. Il serait faux par ailleurs d’avoir une vision homogénéisante du peuple touareg. Ce dernier est divisé en « tribus », elles-mêmes traversées de clivages sociaux et dominées par une aristocratie.

Résistances à la colonisation française

Lors de la colonisation française, ils se sont opposés au projet impérialiste, qui remettait en cause leur rôle d’intermédiaires de traite. Organisés dans leurs attaques, ils exterminent la mission du Colonel Flatters en 1881 [16]. Cet événement a de vifs retentissements en France mais les colons parviennent à la conquête militaire du territoire, avec comme point d’orgue la prise de Tombouctou en 1884. Soumis tardivement, peu nombreux et moins intégrés aux nouveaux circuits économiques, les Touaregs sont tenus à l’écart de la construction de l’Etat colonial du Soudan français, actuel Mali. En 1960, à l’indépendance, ce sont ainsi les Maliens du sud qui fourniront l’essentiel du personnel du nouvel Etat indépendant, poursuivant en cela la domination spécifique subie par les populations du Nord Mali. Cette marginalisation leur offre néanmoins la possibilité d’échapper partiellement au contrôle de l’appareil d’Etat : au Nord, l’impôt est difficile à récolter, et c’est le Sud qui fournit l’essentiel de la main d’œuvre salariée tout comme les soldats qui participèrent aux deux guerres mondiales pour le compte de l’armée française. En 1958, des chefs touaregs adressent une lettre au Général de Gaulle pour demander l’indépendance du territoire au même titre que les autres colonies. Mais deux ans plus tard, le Soudan français accède à son indépendance sous le nom de Mali et le peuple Touareg est finalement réparti en cinq pays : le Burkina Faso, le Niger, l’Algérie, la Libye et le Mali.

Rébellion de 63

Au Mali, un événement qualifié d’anecdotique par certains, déclenche la rébellion de 1963. Deux jeunes Touaregs volent à des goumiers [17] endormis leurs chameaux et leurs armes. Les autorités maliennes envoient des soldats formés à l’armée coloniale et encadrés par des lieutenants qui ont combattu en Indochine ou en Algérie. Les puits sont systématiquement empoisonnés, le bétail abattu, les civils massacrés sans distinction, dans le cadre d’une stratégie de terreur et d’humiliation [18]. Malgré la généralisation de la rébellion que provoque cette répression brutale, les Touaregs sont vaincus en 1964. L’impérialisme français, tout en combattant sur le fond les revendications de cette minorité dominée, y a aussi probablement vu un moyen de maintenir la pression sur le régime de Modibo Keita, qui avait des velléités de renégociation de la tutelle impérialiste.

L’abattage méthodique de bétail et l’empoisonnement des puits laissent la région dans une situation d’extrême précarité, provoquant l’exil de nombreux Touaregs. Dans ce contexte arrive la grande sécheresse de 73-74, qui s’ajoute à la fragilisation de l’économie pastorale touarègue par des politiques de sédentarisation pour la mise en valeur agricole. L’« aide » internationale systématiquement détournée par les autorités locales alimentent le sentiment d’injustice et provoquent une nouvelle vague d’exil. En 1980 le colonel Kadhafi leur ouvre les portes de ses camps d’entrainements militaires. Beaucoup de jeunes maliens, nigériens et burkinabais s’y rendent. En 1984, une nouvelle sécheresse amplifie le mouvement de migration.

Rébellion de 90

Elle commence au Niger, en révolte contre le pillage des ressources organisé notamment par Areva [19]. En 1990, le gouvernement nigérien rapatrie dix-huit mille réfugiés économiques qui vivent dans des camps à la frontière algérienne. Les exilés politiques sont également rapatriés de Libye. Un projet de réintégration des Touaregs est financé par des fonds internationaux [20]. Ces fonds sont détournés et provoquent des manifestations de protestation. Les représailles militaires qui s’ensuivent déclenchent la rébellion. L’insurrection se propage rapidement au Mali où sont aussi de retour des exilés de Libye. A ce moment-là, la revendication n’est pas l’indépendance mais l’intégration. La rébellion débute par l’attaque de la garnison et de la prison de Menaka, qui déclenche de sanglantes représailles des militaires sur les civils. Une répression d’autant plus brutale que le régime de Moussa Traoré est alors affaibli par l’insubordination ouvrière et populaire qui touche le Sud Mali. Mais cette fois, face à des combattants mieux armés, organisés et déterminés, l’armée malienne ne parvient pas à calmer la révolte. Contrairement à la rébellion précédente les évènements sont médiatisés, et un an après un accord de paix [21] est signé, sous la pression de l’impérialisme qui souhaite le retour à l’ordre au Mali. Mais c’est après la signature de cet accord que les opérations militaires s’intensifient. L’armée malienne à l’aide de milices locales [22] met en place une répression meurtrière, provoquant l’exode dans les pays voisins. Une première vague de retours n’aura lieu qu’en 1997, après la cérémonie de la « flamme de la Paix [23] ».

Rébellion de 2012

Le renouveau du nationalisme touareg tient beaucoup à l’activisme de jeunes Nord-maliens partis étudier à Bamako, et qui y ont découvert les inégalités de développement qui caractérisent le Mali contemporain. Ils fondent des associations qui se politisent et se transforment en cellules de réflexions, organisant conférences et débats. En 2007, les différentes associations de jeunes Nordistes se réunissent au sein du collectif Afous-Afous [24]. Radicalisées, ces associations dénoncent la forme de l’Etat malien actuel, qui favorise le sous-développement du Nord, sans mettre en cause le mode de production capitaliste pourtant responsable de la situation. Des antennes du collectif sont créées au Maroc, en Libye et en Egypte. Ces jeunes dénoncent les stratégies du gouvernement visant à diviser les différentes communautés du Nord, et font de l’unité leur principale devise. Ils analysent la passivité de l’Etat Malien face à l’installation d’AQMI depuis 2003 dans le Nord-Mali, qui permet d’entretenir un chaos fonctionnel aux intérêts impérialistes et algériens, et facilite le détournement de l’« aide » par les autorités maliennes. Pour preuve, ceci n’empêche pas le gouvernement de conclure des contrats pour l’exploration et la recherche des ressources minières du Nord.

En 2010, ces collectifs fusionnent pour créer le Mouvement National de l’Azawad (MNA). La répression est immédiate : le jour même de la déclaration du MNA, ses réunions sont interdites et le président et un membre sont arrêtés par les autorités maliennes et détenus arbitrairement pendant 16 jours. Ils subissent des tortures et des interrogatoires. Le MNA avance alors vers la lutte armée. Le 17 octobre 2011, un congrès a lieu à Zakak et réunit une délégation du MNA, ainsi que des notables jusqu’ici restés dans l’ombre, des chefs coutumiers et religieux, l’Alliance démocratique pour le changement du 23 Mai [25] (ADC), le Mouvement Touareg Nord-Mali (MTNM) [26] et des militaires Touaregs qui travaillaient pour l’armée de Kadhafi et qui reviennent au pays suite à l’intervention de l’OTAN en Libye. C’est la naissance du Mouvement National de Libération de l’Azawad (MNLA), front polyclassiste qui cherche à prendre la tête du mouvement national touareg. En son sein, l’aile plus radicale que constitue l’ancien MNA est marginalisée. Ces divisions internes au mouvement sont par ailleurs liées aux contradictions sociales qui traversent aujourd’hui le Nord-Mali.

Sa direction est composée d’éléments petits-bourgeois qui cherchent à renégocier leur position vis à vis de l’impérialisme, ce qui ouvre la voie à une énième vague de cooptation comme lors des précédentes rébellions. La défense des intérêts nationaux touaregs impliquerait cependant de rompre avec l’impérialisme. De même, le MNLA n’a jamais cherché à se lier aux travailleurs opprimés du reste du Mali. Ce nationalisme à courte vue ne lui permet pas de s’opposer matériellement à la racialisation du conflit, au-delà de sa propagande. Cette racialisation est en effet imposée par le régime, qui a encouragé les pogroms anti-touaregs à Bamako, et favorise une haine régionaliste qui transparaît dans la désignation permanente des Touaregs comme « bandits » au Sud. Mais la défaillance qui affaiblit la lutte nationale est aussi celle du mouvement social français : en France, quelle est l’organisation ouvrière ou étudiante qui a été capable de menacer le gouvernement de représailles (grèves, blocages, manifestations) si le Nord Mali était attaqué ?

Les premières attaques du MNLA se déroulent à Menaka en janvier 2012. L’offensive est une réussite et le Nord est sous contrôle dès les premiers jours d’avril. Mais le rapport de force tourne à la faveur des groupes islamistes et le MNLA est obligé de céder le terrain (voir le corps de l’article).

Actuellement, en plus des Touaregs du Sud, de nombreux habitants du Nord ont quitté le pays du fait des violences, et l’on estime à plus de 200000 [27] le nombre de réfugié-e-s au Niger, au Burkina Faso et en Mauritanie. Alors que le slogan nationaliste « Azawad bas inaz » (« l’Azawad n’est plus à vendre ») est encore repris majoritairement par les habitants du Nord, l’intervention impérialiste approche. Plus à vendre ? Des dirigeants du MNLA étaient pourtant la semaine passée au quai d’Orsay dans le cadre de négociations...

01/12/12

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NOTES

[1] Le Mouvement national de libération de l’Azawad. Sur sa genèse, sa composition et pour une critique de son programme et de sa stratégie, voir ci-après : « Luttes nationales touarègues au Nord Mali : un retour historique »

[2] Al Qaïda au Maghreb Islamique et le Mouvement pour l’unicité et le Jihad en Afrique de l’Ouest.

[3] « Enfin un gouvernement d’union nationale au Mali », titre carrément Le Figaro le 22 août 2012, sous la plume de Davud Baché.

[4] Autre élément d’importance, même si rien n’est tout à fait clair dans la question des otages français au Sahel, Hollande ne pouvait pas et ne peut toujours pas aujourd’hui se payer le luxe de voir liquidés les six otages français qui seraient retenus dans la région par des groupes liés à AQMI.

[5] Pendant que, pour ne pas trop se décrédibiliser vis-à-vis de sa base, Europe écologie – les Verts prend mollement de la distance avec le gouvernement au sujet de la répression qui sévit à Notre-Dame-des-Landes, l’un de ses ministres joue donc les chercheurs de guerre au Nord Mali. C’est la belle inconsistance des partis françafricains.

[6] Sur les liens françafricains avec ces dictateurs et leur vitalité depuis l’arrivée au pouvoir de François Hollande, voir notre article avec Marah Macna « François Hollande et le françafrique. Retour sur quatre mois de gestion « socialiste » de l’impérialisme », dans ce numéro.

[7] Il s’agit de 140 blindés et semi-blindés, de véhicules de transports, de lanceurs d’obus, de kalachnikovs, etc., commandés par le Mali à la Russie. Voir, parmi de nombreux articles, RFI, « Les armes destinées au Mali toujours bloquées en Guinée par la CEDEAO », 7/09/2012 ou encore O. Baby « Levée de l’embargo sur le matériel militaire malien : Les armes, bloquées aux ports de Dakar, d’Abidjan et de Conakry, en route pour Bamako », Le Canard Déchaîné, Bamako, 27/08/2012

[8] Au téléphone avec le Président malien Dioncounda Traoré, François Hollande aurait plaidé pour « une intensification du dialogue » avec « les représentants des populations du Nord qui rejettent le terrorisme » (El Watan du 16/11 dernier). Présent à Ouagadougou ce dimanche 18 novembre, le Premier ministre malien Cheik Modibo Keita expliquait : « Le dialogue est inévitable, les gens qui composent le MNLA ou Ansar Dine sont nos compatriotes, ce sont des Maliens » et excluait des négociations à ouvrir « les terroristes et les narcotraficants [comprendre AQMI et le MUJAO] qui pour la plupart ne sont pas des citoyens maliens ».

[9] GSPC : groupe salafiste pour la prédication et le combat, implanté au Sahel et ancêtre d’AQMI ; GIA : groupe islamiste armé.

[10] Séance de questions – réponses publiée sur le site de l’Elysée, http://www.elysee.fr/president/les-...

[11] F. Powelton « Nord Mali : le pétrole du MUJAO », Sahel intelligence, 20 juillet 2012

[12] Voir le rapport de la FIDH, « Mali : l’exploitation minière et les droits humains », n° 477, sept. 2007, http://www.fidh.org/IMG/pdf/Ml477f.pdf

[13] Message publié par wikileaks et disponible sur http://wikileaks.org/gifiles/docs/1.... Cité in D. Mauger, « Desertec et Medgrid : "nouveau colonialisme solaire ?" », 6 novembre 2012, http://survie.org/billets-d-afrique...

[14] Alors que montaient les revendications nationalistes maliennes à la fin des années 1950, la France avait ainsi tenté la mise en place d’une « Organisation commune des régions sahéliennes » qui lui aurait permis de conserver son influence sur le Nord de l’actuel Mali. Il est par ailleurs assez probable qu’elle ait cherché à utiliser la première rébellion touarègue en 1963, en lui apportant un soutien logistique, pour déstabiliser la régime de Modibo Keita, qui cherchait à prendre ses distances avec elle. Ce qui ne signifie évidemment pas que l’impérialisme français puisse être compatible en quoi que ce soit avec les intérêts nationaux touaregs.

[15] Organisées par la Coordination des organisations patriotiques du Mali (COPAM), proche de l’ancienne junte, elles ont réuni jusqu’à 10 000 personnes en octobre, notamment grâce à l’afflux de fidèles du Chérif Haïdara, un leader musulman.

[16] Mission qui avait pour but d’explorer les possibilités du tracé de la voie ferrée transsaharienne, qui aurait permis de relier les colonies du Maghreb à celle du Soudan

[17] Les goumiers sont des soldats recrutés dans la population locale et qui ici avaient pour but de prélever l’impôt.

[18] Voir les témoignages dans : Pierre Boilley, « Les Touaregs Kel Adagh, Editions Khartala, 2012, p 317-350

[19] Ils réclament que les profits de l’exploitation des mines d’uranium d’Arlit, situées sur leur territoire, servent au développement de la région et non à l’enrichissement de l’oligarchie nationale ou des actionnaires étrangers. Voir : Anne Saint-Girons, « Les rébellions touarègues », Ibis Press, 2009. Areva au Niger délogent la population locale depuis plus de 30 ans et est responsable de rejets radioactifs qui contaminent les personnes, les animaux, l’air et l’eau. Voir à ce sujet : Raphaël Granvaud « Areva en Afrique », Agone, 2012.

[20] Fonds versés par le FIDA (Fond International du Développement Agricole) qui avait pour but de financer un programme de réintégration des réfugiés et migrants Touaregs dans leurs pays d’origines.

[21] Accord de Tamanrasset (Algérie) signé 6 janvier 1991 : accorde un statut particulier aux trois régions du Nord (Gao, Tombouctou et Kidal). Promet des fonds d’aide au développement et un processus de démilitarisation des trois régions. L’accord est signé du côté touareg par Iyad Ag Ghali leader du Front Populaire de l’Azawad (actuel chef d’Ançar Dine)

[22] Milices formées et armées par l’armée malienne, réunies dans le Mouvement Patriotique Ganda Koy (MPGT).

[23] Le 27 mai 1996 a lieu à Tombouctou la cérémonie de la Flamme de la Paix pour célébrer la fin des hostilités. Trois mille armes sont brulés, les mouvements Touaregs armés et les milices Ganda Koy sont officiellement dissouts.

[24] Afous-Afous qui signifie en Tamasheq : main dans la main.

[25] L’ADC attaque en Mai 2006 les garnisons de Kidal et de Menaka. Pour mettre fin aux violences le gouvernement signe avec l’Alliance, les Accords d’Alger le 4 juillet 2006 qui porte surtout sur la sécurité et la croissance économique à Kidal.

[26] En mai 2007 les violences continuent, le MTNM rejette les Accords d’Alger. Dirigé par le colonel Ibrahim Ag Bahanga, le MTNM attaque des garnisons et capturent des soldats. En février 2009, le gouvernement démantèle des bases militaires rebelles avec succès mais engendre une forte hostilité des populations locales. A la même époque, une cérémonie de la paix à lieu à Kidal qui propose entre autre des aménagements pour une intégration dans l’armée des rebelles. Ibrahim Ag Bahanga refuse de participer au processus, il meurt le 26 août 2011 dans un « accident de voiture ».

[27] URL : http://www.unhcr.fr/5093eaefc.html, cette estimation du HCR (Haut Commissariat du Réfugiés) date du 2 novembre 2012 et ne peut-être que sous-évaluée, car des milliers réfugiés n’ont pas encore étaient recensés dans certains camps.

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Message  sylvestre le Mer 12 Déc - 12:06

Tandis que Bamako, sous la pression de la France, cherche à faire du MNLA et d’Ansar Dine les seuls interlocuteurs légitimes, en séparant Ansar Dine des deux autres groupes islamistes AQMI et le MUJAO [8], l’Algérie ou encore le Qatar semblent mettre une pression pour qu’Ansar Dine ne rompe pas les liens avec ses « frères d’Islam », selon l’expression de Iyad Ag Ghali lui-même.

Je ne comprends pas trop la dernière phrase. Ce qui est clair c'est que ces derniers temps le régime algérien a poussé pour mettre en avant Ansar Dine comme organisation légitime et prête à négocier.

S’opposer au plan français, c’est pour l’Algérie s’opposer au positionnement de troupes impérialistes à sa frontière Sud, de même que tenter d’éviter une contagion de l’instabilité sur son propre territoire. La sale guerre menée par les généraux algériens contre la population entre 1991 et 2001 est en outre un facteur explicatif de la présence islamiste actuelle au Nord Mali. AQMI comme le MUJAO sont ainsi des surgeons du GIA, groupe islamiste algérien qui s’est développé pendant la guerre civile, via l’éphémère GSPC [9]. Alger ne veut donc pas voir revenir sur son territoire ces groupes que la sécurité militaire algérienne a pu néanmoins instrumentaliser ou qu’elle instrumentalise encore.

Il échappe sans doute à l'auteur que l'Etat algérien peut lui-même avoir des intérêts capitalistes à défendre dans la région, en d'autres termes que les troupes algériennes sont elles-mêmes des "troupes impérialistes" très présentes sur la frontière avec le Mali. Et puis il faudrait choisir : soit AQMI-MUJAO sont instrumentalisés par l'Etat algérien (et donc constitue aussi une intervention "impérialiste") soit ce sont des ennemis de l'Etat algérien.

Ca me fait penser au débat plus vaste : l'impérialisme est-il une caractéristique de quelques états très puissants, ou bien est-ce le caractère général de l'affrontement entre blocs de capitaux à l'époque moderne ?
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Message  Roseau le Mar 25 Déc - 14:40

FEMMES DU MALI : Disons ” NON ! ” à la guerre par procuration
http://www.afriquesenlutte.org/afrique-de-l-ouest/mali/article/femmes-du-mali-disons-non-a-la
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Message  Roseau le Ven 11 Jan - 22:41

Cet article de TEAN date déjà de Avril 2012
http://www.npa2009.org/content/mali-non-%C3%A0-l%E2%80%99intervention-militaire

A lire également
Une crise globale
par Paul Martial
http://orta.dynalias.org/inprecor/article-inprecor?id=1317

et informations générales Mali
http://orta.dynalias.org/inprecor/fiches/mali.html
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Message  yannalan le Ven 11 Jan - 23:19

Ca y est l'armée française intervient directement. Il semble que les groupes "non-représentatifs" aient quand même certaines forces...

yannalan

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Message  Roseau le Sam 12 Jan - 0:00

Les moyens militaires mis en oeuvre
http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20130111.OBS5210/intervention-militaire-au-mali-quels-moyens-la-france-met-elle-en-uvre.html
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Mali - Page 2 Empty Communiqué du NPA

Message  Roseau le Sam 12 Jan - 2:08

NON à l’intervention militaire française au Mali

Qui a dit que la Françafrique c’était fini ? Hollande n’avait pas de mots assez durs lors de sa campagne pour dénoncer la politique de domination de l’Afrique par la France. Au mois d’octobre lors de son déplacement à Dakar il déclarait même « Il y a la France et il y a l’Afrique ! Tu parles Charles ! 3 mois après il annonce le déclenchement de l’intervention militaire au Mali ! Il est passé du « nous n’interviendrons pas » au « nous protégerons nos ressortissants » pour finir à l’intervention directe. L’ancienne puissance coloniale n’entretient pas des troupes sur ce continent pour rien. Elle poursuit, dans la tradition de tous les gouvernements qui se sont succédés, son rôle de gendarme, pour protéger ses intérêts, pour soutenir les gouvernements qui sont à sa botte. La menace islamiste constitue le paravent de cette opération militaire. Le NPA dénonce cette intervention militaire impérialiste décidée par Hollande, une fois de plus sur le dos des peuples ! Ce n’est pas de cette façon que les maliens se libéreront de tous les fondamentalismes.

Montreuil, le 11 janvier 2013
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Message  verié2 le Sam 12 Jan - 10:07

Nouvelle capitulation du PCF devant l'impérialisme"
Ce matin, sur France Info, Laurent était interrogé sur l'intervention française.
-"Vous approuvez ?"
-Réponse emberlificoté. "On approuve, mais on voudrait être certain que cette intervention va aider le peuple malien et on voudrait en savoir davantage. On regrette que le parlement n'ait pas été consulté etc."
Une fois de plus, le PCF réclame donc l'intervention impérialiste à visage humain.
Le NPA et LO semblent seuls à dénoncer l'intervention.

verié2

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Message  Copas le Sam 12 Jan - 10:14

verié2 a écrit:Nouvelle capitulation du PCF devant l'impérialisme"
Ce matin, sur France Info, Laurent était interrogé sur l'intervention française.
-"Vous approuvez ?"
-Réponse emberlificoté. "On approuve, mais on voudrait être certain que cette intervention va aider le peuple malien et on voudrait en savoir davantage. On regrette que le parlement n'ait pas été consulté etc."
Une fois de plus, le PCF réclame donc l'intervention impérialiste à visage humain.
Le NPA et LO semblent seuls à dénoncer l'intervention.

Manquait le PG, voilà
http://www.lepartidegauche.fr/actualites/actualite/communique-jean-luc-melenchon-a-propos-l-intervention-au-mali-20297 :


L’intérêt d’une intervention militaire extérieure pour régler le problème posé au nord du Mali est discutable.

En décider alors que les intérêts fondamentaux de la France ne sont pas en cause, selon le chef de l’Etat lui-même, et alors que les troupes africaines sont engagées, est discutable.

En décider seul, sans en saisir préalablement ni le gouvernement, ni le Parlement, est condamnable.

Discutable mais pas condamnable
Et si les intérets de la France étaient en cause, ça serait bon ?
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Message  verié2 le Sam 12 Jan - 12:17


Nathalie Arthaud condamne l'intervention française au Mali
D. N. avec AFP
Le 12/01/2013 à 10:53

La porte-parole de Lutte Ouvrière, Nathalie Arthaud, a condamné samedi l'intervention française au Mali qui a pour but selon elle de "défendre les intérêts impérialistes français et de maintenir un ordre économique qui permet aux grands groupes français de piller ce pays".

"Les intérêts des populations du nord comme du sud du Mali n'ont rien à voir avec les motivations invoquées par l'État français", affirme dans un communiqué l'ancienne candidate à la présidentielle.

"Le gouvernement français parle de s'opposer à l'instauration d'un 'État terroriste', mais ce n'est qu'un prétexte. Il se fiche bien de ce que peuvent vivre les populations maliennes tant au nord qu'au sud du pays et des exactions dont elles sont victimes de part et d'autre", poursuit le communiqué.

verié2

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Mali - Page 2 Empty Le FdG du côte de l'impérialisme

Message  Roseau le Sam 12 Jan - 14:53


Le PG veut discuter, le PCF approuve.
Le FdG, divisé encore une fois, commence moins grave que pour la Libye...
Mélenchon au moins, n’a pas réagi comme pour la Libye en appuyant immédiatement l’intervention...

Mais la déclaration du PG reste toujours aussi ambigue.

C’est l’occasion de rappeler l’incohérence du FdG.
Son programme comporte bien quelques phrases :
« Nous mettrons un terme à une politique étrangère de la France basée sur les relations néocoloniales et la Françafrique (…) La France rompra avec cet alignement libéral et atlantiste, avec la politique de force et d'intervention militaire, avec les logiques de puissance, pour agir en faveur de la paix, du règlement des conflits, du rétablissement du droit international ».
Mais qu’en est-il en pratique ?
Mélenchon avait déjà approuvé l’intervention impérialiste contre la Libye.
Il avait voté, comme l’ensemble de son groupe au parlement européen,
où l’on retrouve les députés de son grand partenaire « Die Linke »,
la résolution présentée par les partis socialistes, les Verts
et une partie de la droite en faveur d’une telle intervention !

Le FdG ignorait déjà que le gouvernement français ne peut intervenir
qu’auservice des intérêts des capitalistes français,
en particulier dans son arrière-cour qu’est l’Afrique.

Les positions sur la Libye comme sur le Mali sont par ailleurs cohérentes
avec le soutien au sénateur marchand de mort Dassault
https://forummarxiste.forum-actif.net/t2050p735-front-de-gauche#37583

Mélenchon a affirmé que les forces françaises n’agressent ni ne menacent personne !
Du rôle de l’État français dans le génocide rwandais,
à l’époque où Mitterrand, l’idole de Mélenchon était président de la République,
au renversement sanglant du dictateur Gbagbo,
devenu insuffisamment docile aux yeux de Sarkozy,
remplacé par le non moins sanglant mais plus docile Ouattara,
en passant par l’occupation de l’Afghanistan4,
la réalité est assez ifférente de celle que dépeint Mélenchon.

Pour défendre les intérêts des peuples opprimés, il faut s’opposer aux patrons français et à leur État.
Mais visiblement Mélenchon est de l’autre bord,
celui des gentils patrons français, de la gentille armée français, bref du gentil impérialisme français…

Rien de nouveau dans la collaboration de classe :
Mélenchon avait ratifi le 31 mars 2012 les horreurs du programme du Flan de Gauche,
en choisissant le très chic "Cercle républicain de Paris », pour affirmer qu'il souhaitait
"un débat sur le système de défense de la France et de ses alliances… » et ajouter :
"Cela fait partie des questions fondamentales sur lequel il doit y avoir accord entre Français"
La messe "républicaine" Flan(c) de Gôche est dite depuis longtemps
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Message  Vals le Sam 12 Jan - 15:54

À bas l’intervention militaire française au Mali !

L’armée française est intervenue pour sauver le pouvoir récemment mis en place au Mali, avec pour raison invoquée, stopper l’avancée de la rébellion dans le nord du pays. Les intérêts des populations du nord comme du sud du Mali n’ont rien à voir avec les motivations invoquées par l’État français.
Le gouvernement français parle de s’opposer à l’instauration d’un « État terroriste », mais ce n’est qu’un prétexte. Il se fiche bien de ce que peuvent vivre les populations maliennes tant au nord qu’au sud du pays et des exactions dont elles sont victimes de part et d’autre. Il est avant tout préoccupé de préserver l’ordre dans sa zone d’influence africaine. Car, non loin de la zone de conflit du Mali, se trouve le Niger, grand fournisseur d’uranium pour le trust français Areva.
Il s’agit une fois de plus d’aller défendre les intérêts impérialistes français et de maintenir un ordre économique qui permet aux grands groupes français de piller ces pays.
Je dénonce cette intervention militaire, tout comme la présence des troupes française partout en Afrique : au Sénégal, en Côte-d’Ivoire, au Burkina Faso, au Tchad et à Djibouti.


Nathalie Arthaud
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Message  sylvestre le Sam 12 Jan - 16:01

Le communiqué du PCF est légèrement différent de l'angle de Pierre Laurent cité par Vérié. Il y a comment dire.... un certain sens de l'euphémisme.

http://www.pcf.fr/33977




Mali : « L' intervention militaire française comporte de grands risques de guerre »

Le PCF partage l'inquiétude des maliens devant l'offensive armée des groupes djihadistes vers le sud de leur pays. Ces groupes islamistes radicaux, avec leurs pratiques violentes, ont montré le danger qu'ils représentent pour la dignité humaine, pour les libertés, la justice et la stabilité du Mali et de toute la région.

Le PCF exprime une nouvelle fois son inquiétude devant la nouvelle et grave situation créée par la reprise de la confrontation armée au Mali. L' intervention militaire française comporte de grands risques de guerre et d'enlisement sans véritable solution durable pour le peuple malien et pour la reconstruction du pays. Cette intervention, suscite l'angoisse légitime des familles des otages car la vie de ceux-ci est sérieusement mise en danger. On sait d’ailleurs que Denis Allex, retenu en otage en Somalie, a été assassiné par ses "geôliers" suite à une opération de la DGSE dans la nuit de vendredi à samedi. Cela montre quels sont les périls dramatiques et les limites de ces opérations militaires.

Le PCF rappelle que la réponse à la demande d'aide du Président du Mali aurait du s'inscrire dans le cadre d'une mission de l'ONU et de l'Union africaine, réalisée sous drapeau de l'ONU, par des forces maliennes et africaines, dans le strict respect de la Charte des Nations-Unies, dans les limites imposées par l'exigence de la souveraineté malienne. La France, ancienne puissance coloniale, ne peut apparaître comme voulant poursuivre les pratiques dominatrices de la "françafrique". Cette intervention militaire n'efface pas la nécessité de la recherche d'une solution politique et d'un dialogue avec les groupes de la rébellion non liés au terrorisme et respectueux de l'intégrité territoriale du Mali. C'est ce que demandent les résolutions de l'ONU.

Le PCF demande que les autorités françaises répondent aux lourdes questions posées par une intervention militaire déclenchée sur décision du Président de la République et engagée sans débat préalable au Parlement.
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Message  Roseau le Sam 12 Jan - 16:15

Complément d’informations de fond sur Mali publies dans Afriques en Lutte
Cliquer sur liste articles dans colonne de droite
http://www.afriquesenlutte.org/afrique-de-l-ouest/mali/article/sur-la-situation-de-la-sous-region
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Mali - Page 2 Empty Les idiots utiles en scène...

Message  Roseau le Sam 12 Jan - 16:33

Une réponse cinglante aux "idiots utiles" genre Mamère, Mélenchon, Laurent
qui demandent que le parlement bourgeois se prononce!
par Ol Guilb, sur Médiapart
http://www.mediapart.fr/journal/international/110113/hollande-envoie-larmee-francaise-au-mali?onglet=commentaires#comment-2995926

La France en matière de politique étrangère n'est pas une démocratie. Le président chef de l'exécutif selon les bons offices de la Vème République fait la guerre comme il lui chante et le Parlement est chargé de s'exécuter. La caisse enregistreuse parlementaire devrait oeuvrer en ce sens lundi prochain. On bombarde et après on demande aux députés de voter le bombardement. Cette Vème République a été mise en place dans une sorte de semi-putch (le fameux "coup d'état permanent") par le Général en 1958 pour mener à bien sa guerre en Algérie mais aussi au Cameroun (durant la même période : camps de concentration, napalm, massacres...) et donner le champ libre à l'armée avant de reprendre la main. La preuve s'il en était que nous sommes bien dans une république coloniale ou néocoloniale mais sûrement pas post-coloniale (hormis pour l'Algérie) comme un certain magistère intellectuel le prétend à longueur de désinformations.

Quant à la guerre au Mali, après avoir armé les islamistes pour faire la guerre en Libye contre le "méchant" Kadhafi maintenant qu'ils essaiment dans notre pré-carré avec le soutien masqué de l'Algérie, le président-chef des armées a décidé - n'ayant pas trouvé de tirailleurs pour faire le sale boulot - de faire donner la garde à la demande expresse des putchistes maliens qui ont renversé le président ATT élu démocratiquement (à l'époque la France n'avait pas jugé nécessaire d'intervenir).

En Centrafrique, l'armée française est venue au secours du dictateur Bozizé dissuadant les rebelles (armés par le Qatar et du Tchad) d'entrer dans Bangui. Ce qui n'empêcha point le président-Général de pousser des grands cris d'orfraie et de nous sortir son couplet sur le temps révolu de la Françafrique. D'une République néocoloniale nous passons à une République coloniale : les troupes françaises se renforcent ou/et se déploient, soutiennent ou/et mettent en place des gouvernements fantôches : Mali, Centrafrique, Djibouti, Niger (intervention sous mandat de l'UE dans les zones minières d'Areva: sous l'appellation contrôlée EUCAP SAHEL), Libye (intervention otanesque ayant plongé le pays et le Sahel dans le chaos mais qui a permis de récolter le pactole pétrolifère et d'installer des bases militaires de l'OTAN nommées AFRICOM grâce à nos chers islamistes qui ont servi ici de tirailleurs) , Côte d'Ivoire (élection truquée, le candidat du FMI fut porté au pouvoir par les militaires français sous mandat onusien en avril 2011), Tchad (le dictateur Déby maintenu en place en 2008 grâce à l'intervention militaire française), Gabon (élections truquées selon les dires même de politiciens français très proches du milieu interlope de la Françafrique)... et toujours pour le bien des Africains, cela va sans dire...du moins c'est ce qu'ils disent à la TV.

Mais croyez vous que le Parlement français dans toutes ces affaires francoafricaines ait eu son mot à dire (cad : avant l'entrée en guerre des troupes françaises ou les bombardements sur le sol Africain) ? Enfin réveillez-vous, ce n'est pas de démocratie dont il s'agit !
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