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Front de Gauche

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Message  gérard menvussa le Mer 23 Mai - 13:44


Et du temps de la SFIO où étaient bon nombre de militants trotskistes ? Ils pratiquaient l'entrisme avec une certaine réussite sans se réfugier comme aujourd'hui dans la dénonciation impuissante ou la division.

Fort heureusement, du temps de l'entrisme "sui generi" certains ont refusé cette pratique...

Ceux qui ont pratiqué "l'entrisme" du temps de la sfio sont devenu pour la plupart de braves bureaucrates ! Il n'y a vraiment pas de quoi etre fier. Bronstein (qui se plantait souvent, mais qui avait aussi de bréves illuminations) disait "le probléme, ce n'est pas l'entrisme, c'est le sortisme". Devenir une sorte de "julien dray" du pauvre n'a rien d'excitant...

L'entrisme dans la sfio a été une impasse (sauf évidemment pour ceux qui ont fait carrière) Bizarre d'agiter cette planche pourrie C'est vraiment croire que les "jeunes militants" du npa ne sont vraiment pas formé...
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Message  Achille le Mer 23 Mai - 13:52

gérard menvussa a écrit:

Et du temps de la SFIO où étaient bon nombre de militants trotskistes ? Ils pratiquaient l'entrisme avec une certaine réussite sans se réfugier comme aujourd'hui dans la dénonciation impuissante ou la division.
Fort heureusement, du temps de l'entrisme "sui generi" certains ont refusé cette pratique...
Ceux qui ont pratiqué "l'entrisme" du temps de la sfio sont devenu pour la plupart de braves bureaucrates ! Il n'y a vraiment pas de quoi etre fier. Bronstein (qui se plantait souvent, mais qui avait aussi de bréves illuminations) disait "le probléme, ce n'est pas l'entrisme, c'est le sortisme".

C'est avec son accord et sous son impulsion que cette tactique s'est développée contre les pratiques gauchistes et impuissantes de l'époque... en effet si vous formez vos militants au gauchisme on comprend mieux

Achille

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Message  gérard menvussa le Mer 23 Mai - 14:06

Il y a pas mal de période ou les trotskystes (dont je ne fais absolument pas partie) ont fait de l'entrisme une pratique "stratégique". Certaines ou c'était justifié, et ou d'ailleurs cela ne s'est pas trop mal passé, et d'autre ou ça a été une vraie catastrophe... Personnellement, si je ne me refuse absolument pas a analyser ce genre de pratique, il me semble que tout cela se juge aux résultats ! Et la dessus, celui qui nous a donné les bons outils pour en juger, c'est Trotsky lui même. Qui a dit que l'entrisme se jugeait a sa sortie ! Les trostsystes de son temps sont rentré avec 50 membres, et sortis avec 1OOOO... J'ai bien peur que votre "entrisme" a vous fonctionne à l'envers ! Mais bon, avec ce genre de stratégie à l'arrache, je comprend que le trotskysme soit sur les rotules : c'est une vraie cata...
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Message  verié2 le Mer 23 Mai - 14:09

Achille
C'est avec son accord et sous son impulsion que cette tactique s'est développée contre les pratiques gauchistes et impuissantes de l'époque...
La période d'avant-guerre fut vraiment très, très différente de celle d'aujourd'hui. D'une part, la SFIO, comme la SFIC, était un véritable parti ouvrier. La SFIC et la SFIO comptaient des centaines de milliers de militants ouvriers actifs et étaient hégémonique dans la classe ouvrière et les milieux populaires. Dans ces conditions, il était logique d'aller tenter de toucher les militants là où ils se trouvaient.

Ces tactiques n'ont pas donné grand chose, non parce qu'elles étaient fausses en elles-mêmes, mais parce qu'une période de recul profond s'est ouverte à partir de la contre-révolution stalinienne puis de la victoire du fascisme en Allemagne et en Italie. La brève remontée du Front Populaire n'a changé fondamentalement cette situation et s'est terminée par une défaite avec la répression de 1938.

Aujourd'hui, non seulement le PS et le PCF ne sont pas hégémoniques dans la classe ouvrière, mais ils en sont quasiment absents comme forces politiques organisées. Il est parfaitement possible de s'adresser aux travailleurs et même aux militants syndicaliste sans entrer dans le PS et le PCF. On peut même dire que, au sein d'une entreprise, ça n'apporte rigoureusement rien d'y entrer. Pourquoi en serait-il autrement du FdG ?

De toute manière, ni la GU ni la GA ne prétendent pratiquer l'entrisme sur des bases politiques, le seul groupe trotskyste à le faire est ma connaissance Riposte. Dans les cas de la GU et de la GA, il s'agit tout simplement d'un ralliement en conservant une certaine autonomie, mais les bases politiques de cette autonomie ne sont pas définies. On n'est donc pas très loin d'une dissolution dans un cartel de gauche très largement dominé par le PCF et par la figure de Mélenchon.

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Message  Copas le Mer 23 Mai - 14:17

gérard menvussa a écrit:

Quand on dit "il est inexistant dans les usines". C'est vrai. Mais tout le monde est inexistant dans les usines. Et il est plutot celui qui a le plus de relation avec les syndicalistes "de base". Non seulement la cgt (on pourrait relier ça a des causes "historiques" de relation pcf cgt) mais il est aussi (et de loin) celui qui a le plus de relation avec la base des syndicats solidaires (par exemple dans les différents "sud") malgré l'histoire "syndicaliste révolutionnaire" de ce syndicat qui ne le prédispose guére a des relations suivies avec le front de gauche...

1) Pas que dans les usines, dans toutes les entreprises quasiment sauf exception, il n'y a de force politique organisée menant une orientation publique ou clandestine. De la poste aux hôpitaux, ce qu'on veut, sauf rares exceptions ils n'existent pas . J'ai signalé ici déjà que certains, par exemple au PG, s'y essayent, mais c'est embryonnaire.
Ca ne veut pas dire qu'il n'y a pas de sympathisants du FdG dans les entreprises mais ils n'y sont ni visibles, ni sur une orientation particulière et leurs partis ne leur servent à rien dans les batailles sociales.

2) La relation avec les syndicalistes de base n'est pas une relation organisée autour des entreprises.

3) Oui tout le monde est au même point au niveau politique de ce point de vue dans les entreprises et les secteurs.

4) Oui on peut avoir une politique d'implantation, mais il faut pour cela que cela ait une utilité . Si c'est pour détourner des militants des entreprises et se masturber autour des urnes ça ne sert à rien. Le reproche à faire au NPA c'est d'avoir une vision désincarnée des luttes et non structurée tout en étant obnubilé par les urnes , et au FdG c'est de détourner les travailleurs en leur faisant miroiter que leur situation changera par les urnes et par en haut .

5) la relation à la CGT des militants du PC commence à se délayer très sérieusement, il faut être lucide là dessus. En plus d'en beaucoup d'endroits ils ont des opposants internes, ou ce sont des bureaucrates, etc...
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Message  Rougevert le Mer 23 Mai - 15:10

Achille a écrit:
Rougevert a écrit:
Achille a écrit:
Rougevert a écrit:
Je te défie de trouver le "minutage" du moment où il les dirait.
Tu demandes aux autres ce que tu n'as pas fait toi même : tu accuses et affirmes mais où sont tes minutages ?

Le FdG dans toutes ces déclarations s'est toujours rangé du côté du mouvement revendicatif et social. Prétendre le contraire est totalement faux.
Alors pourquoi ajouter cette dernière précision?
C'est à partir de 3 ' 47" que le problème des plans sociaux est évoqué.
Tout le monde peut vérifier qu'à aucun moment le leader du FdG n'évoque aucun mouvement social et n'appelle à aucune contre-offensive dans la rue et par la grève.
Il ne parle que d'actions institutionnelles.

Oui et alors le respect des loi pour payer les ouvriers en grève lorsqu'il y a eu une décision de justice par exemple il ne faut pas le réclamer ? Et ne pas évoquer une fois au vu des conditions particulières d'un interview alors que l'on a évoqué en permanence dans toutes les mobilisations, dans tous les meetings c'est la preuve de quoi ? un peu de discernement quand même ! La discussion proposé par GM me semble plus digne d'intérêt.

1) La prochaine fois, regarde et écoute les vidéos que tu postes... Very Happy
Ca nous fera gagner du temps: comment trouver le minutage de propos ABSENTS?
Si tu le réclames c'est que tu n'as même pas pris connaissance du contenu de cette vidéo. Tu ne sais ni de quoi il est question ni de quoi il n'est pas question.
Je n'ai pas dit qu'il ne faut pas (ni qu'il faut) respecter les lois pour les ouvriers en grève.
J'ai dit qu'à aucun moment Mélenchon n'envisageait d' appeler les travailleurs à descendre dans la rue et à faire grève contre les plans de licenciements.
Vrai ou Faux?
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Message  Achille le Mer 23 Mai - 15:19

Devant un tel martelage rabaché (MR) je me re-cite

Achille a écrit:
Et ne pas évoquer une fois au vu des conditions particulières d'un interview alors que l'on a évoqué en permanence dans toutes les mobilisations, dans tous les meetings c'est la preuve de quoi ?

même GM qui ne me porte pas spécialement dans son cœur en a convenu :

gérard menvussa a écrit:La seule chose qu'il dise réguliérement c'est "qu'il ne s'opposerait pas au mouvement social"... Ce qui implique une relation d'extériorité (nous (les politiques), vous (le mouvement social)) ...


Dernière édition par Achille le Mer 23 Mai - 15:55, édité 1 fois

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Message  Roseau le Mer 23 Mai - 15:47

Rougevert a écrit:
J'ai dit qu'à aucun moment Mélenchon n'envisageait d' appeler les travailleurs à descendre dans la rue et à faire grève contre les plans de licenciements.
Vrai ou Faux?

J'ai vérifié la video. C'est vrai.
Achille a encore affabulé. Décidément il bat tous les records sur ce forum.

Mais les bureaucrates ne trahissent pas. Ils ont toujours été, quand ça chauffé, du côté du capital.
Mélenchon ne le cache même pas:
sabotage du mouvement des retraitres,
déclarations à répétition en faveur des "investisseurs qui ne doivent pas avoir peur".
C'est pour cela qu'ils sont rémunérés, de mille façons, par le système.
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Message  gérard menvussa le Mer 23 Mai - 16:07

non seulement cette entrevue mais toute l'activité du FdG qui démontre le contraire de tes accusations.
En clair, je ne vois rien dans cette entrevue qui ne corrobore pas le point de vue de Rougevert, a savoir qu'a aucun moment JLM n'a une attitude "active" vis a vis des "mobilisations sociales" ! Mais plutot que d'insulter tes interlocuteurs, si tu donnais des arguments (par exemple des déclarations, voir des "pratiques" qui démontrent le contraire. ) Pour ma part, je n'ai vu que des déclarations trés "neutres" Faisons quelques recherches. Sur le blog de Méluche, par exemple. Si on fait une recherche avec le mot "élections" on trouve 5000 occurences. Et si on fait la même occurence avec "mouvement social", plus que 835... Conclusion ?

Aprés, les déclarations sur le mouvement social faites par JLM sont significatives Par exemple celle là :

En cas de victoire de la gauche, comment comptez-vous vous articuler avec le mouvement social ?
Jean-Luc Mélenchon. On va continuer à accompagner un mouvement qui a une profondeur dans le pays. Je vais être aux côtés des invisibles, de la création, de la vie, de ceux qui refusent la cupidité comme seule moteur de la société.

J'ai des soutiens
dans toutes les catégories sociales aujourd'hui. Je dirai ce que j'ai à dire. Et je vais vous faire une révélation : je dirai après l'élection ce que je disais avant.

Nul mieux que JLM pour expliquer qu'il est "extérieur" au mouvement social. Qu'il prétend accompagner, voir "servir". Mais dans une relation ou "eux c'est eux et nous c'est nous"...
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Message  Achille le Mer 23 Mai - 16:28

gérard menvussa a écrit:
non seulement cette entrevue mais toute l'activité du FdG qui démontre le contraire de tes accusations.
En clair, je ne vois rien dans cette entrevue qui ne corrobore pas le point de vue de Rougevert, a savoir qu'a aucun moment JLM n'a une attitude "active" vis a vis des "mobilisations sociales" ! Mais plutot que d'insulter tes interlocuteurs, si tu donnais des arguments (par exemple des déclarations, voir des "pratiques" qui démontrent le contraire. ) Pour ma part, je n'ai vu que des déclarations trés "neutres" Faisons quelques recherches. Sur le blog de Méluche, par exemple. Si on fait une recherche avec le mot "élections" on trouve 5000 occurences. Et si on fait la même occurence avec "mouvement social", plus que 835... Conclusion ?

Passons sur la manière de détecter le mensonge ou la vérité, au dénombrement d'occurrences, au poids, à l’applaudimètre...

Conclusion : Oui la dernière année a été très marquée par les élections plus que toute autre chose. On peut le regretter et c'est comme cela. La conjoncture fait que la question du pourvoir se pose plus par la médiation des élections que par celle des soviets, chacun peut le constater. Il faut donc s'en saisir de manière progressiste sur la question du pouvoir par exemple en mobilisant pour en finir avec la Vème République, contre la CE, pour l'indépendance/autonomie (oui le débat) vis à vis du PS...etc. Toutes les formations politiques même les plus marginales se sont saisis des élections pour défendre leur programme et c'est bien compréhensible.

PS: c'est marrant que tu dis que j'insulte mes interlocuteurs quand toi même tu m'as traité de stalinien, d'agent, d'être payé par l'UMP bref tu es un maître en la matière. Au fait comment se passe le débat au sein du npa avec les mêmes caractérisations + traitres + renégats ...etc. posez la question c'est y répondre !

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Message  gérard menvussa le Mer 23 Mai - 16:50

Conclusion, ce que dit rouge et vert n'a rien d'un "mensonge", contrairement à ce que tu le prétendais. Que dans un autre temps tu justifies cette position, c'est autre chose...

La conjoncture fait que la question du pourvoir se pose plus par la médiation des élections que par celle des soviets, chacun peut le constater.

Il y a un truc qui me fait marrer c'est "la question du pouvoir" telle qu'elle est posée sur ce forum... Que ce soit par des gros opportunistes, ou par de carricaturaux gauchistes, c'est toujours plein de "mots ronflants" qui en général sont super éloigné de la réalité !

Pour la question du pouvoir, la référence ce n'est pas Bronstein non plus (remplacé par Sun Tzu pour les affaires de stratégie) mais Al Capone "On peut beaucoup obtenir avec des paroles aimables, mais on peut obtenir encore plus avec des paroles aimables et un flingue" Bref, si tu n'a pas de gun, "tu peux pas test" comme disent nos amis du rap ! Bref, avant de "poser la question du pouvoir" faut une arme ! Et quelle est l'arme de notre classe : sa capacité de mobilisation.

Parler comme tu le fait de "soviet" est au mieux source de confusion, mais je soupçonne assez fort que cela soit également une question de renoncement. Rester dans les clous, avoir toujours une attitude humble et soumise, retirer son béret devant l'chef !

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Message  Achille le Mer 23 Mai - 17:52

gérard menvussa a écrit:Conclusion, ce que dit rouge et vert n'a rien d'un "mensonge", contrairement à ce que tu le prétendais.

C'est faux. Je n'ai JAMAIS écris que ce que disait Rougevert était un mensonge. Les procès sur les intentions des interlocuteurs ce n'est pas de mon côté. J'ai parlé d'erreur et j'ai contesté ses propos pour montrer qu'au contraire de ces affirmations basées sur l'absence de 2 mots toute la politique du FdG était fondée sur le mouvement social et le travail pour sa mobilisation.

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Message  Roseau le Mer 23 Mai - 18:46

Achille a écrit: La conjoncture fait que la question du pourvoir se pose plus par la médiation des élections que par celle des soviets
Voilà effectivement de quoi faire marrer tout MR.

1) Accessoirement le lapsus "pourvoir" au lieu de "pouvoir":
effectivement il s'agit de pourvoir au financement des retraites des permanents du PC,
un problème énorme avec le déclin, plus pourvoir aux appêtits des politiciens bourgeois de toujours.
La bourgeoisie y pourvoit toujours!
(J'étais sûr que Gégé allait se taper sur les cuisses, désolé de t'avoir grillé...)

2) Ensuite l'opposition élections - soviets avec son bon relent anticommuniste version Fig Mag.

3) Enfin et surout la science politique bourgeoise: le pouvoir serait au bout de l'urne.
D'habitude, le premier à démentir les phrases de com réformistes de Achille,
c'est Mélenchon avec ses déclarations.

Mais là, ce n'est plus Saint Luc, c'est Dieu le père lui-même!

Danielle Mitterrand le vendredi 28 octobre 2005 - Entretien réalisé par Hernando Calvo Ospina :

"... bien vite j’ai commencé à voir que cette France juste et équitable ne pouvait pas s’établir.
Alors je demandais à François :
‘‘Pourquoi maintenant que tu en as le pouvoir ne fais-tu pas ce que tu avais promis ?’’
Il me répondait qu’il n’avait pas le pouvoir d’affronter la Banque mondiale, le capitalisme, le néolibéralisme.
Qu’il avait gagné un gouvernement mais non pas le pouvoir.
J’appris ainsi qu’ être le gouvernement, être président,
ne sert pas à grand-chose dans ces sociétés sujettes, soumises au capitalisme
.
J’ai vécu l’expérience directement durant quatorze ans.
Même s’il essayait d’éviter le côté le plus négatif du capitalisme,
les rêves ont commencé à se briser très rapidement. […]
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Message  Achille le Mer 23 Mai - 19:15

Ben voyons la question du pouvoir selon Roseau sera résolu comment ?
Car si il est facile de se gausser d'un front qui tente de poser cette question est terme de classe pour que la majorité des travailleurs s'en empare dans l'unité et toute indépendance pour faire un pas dans la bonne direction, il est plus difficile de proposer quelque chose. Il sera donc difficile de lire dans la prose de Roseau autre chose que du dénigrement car en effet il n'y a aucune proposition hormis les cantiques sur les luttes.
Cet appel la lutte n'est rien d'autre que de l'économisme au sens du terme donné par Lénine, donc finalement du réformisme. Comment s'est traduit Mai 68 sur le terrain politique au fait ? Victoire des gaullistes aux Législatives puis élection de Pompidou.
Non le pouvoir du travail ne va pas s'établir en un jour (le lendemain du grand soir). Il sera le produit d'un processus complexe sans doute inédit historiquement pour les partis se réclamant du travail devront faire plus preuve d'intelligence tactique et stratégique que se contenter de rabâcher les cantiques.
Alors Roseau continue de persifler, de dénigrer, de calomnier puisque tu n'es capable que de cela. Sinon (en cas de miracle) on attend tes propositions concrètes.


Dernière édition par Achille le Mer 23 Mai - 19:53, édité 2 fois

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Message  Roseau le Mer 23 Mai - 19:49

Achille a écrit:
Alors Roseau continue de persifler, de dénigrer, de calomnier puisque tu n'es capable que de cela. Sinon (en cas de miracle) on attend tes propositions concrètes.
Evidemment que des attaques personnelles,
car il est incapable d'avancer le moindre argument contre l'affirmation de bon sens de Mitterrand,
comme il a toujours ici été incapable d'affirmer le moindre argument contre Mélenchon lui-même faisant profession de foi capitaliste keynésienne.
Il voudrait interdire la critique, comme sur les sites de ses chefs bureaucrates, donc c'est du "dénigrement"
Quant aux calomnies, cela fait des mois que je demande une soucre...Jamais rien.

Répétons le avec Mitterrand et le bon sens:
Jamais et nulle part une urne ne s'est débarassée d'une classe dominanante.

Mais elles n'ont jamais empêché les révolutions.

Achille raille 68. Comme le faisaient déjà ses ancêtres bureaucrates réformistes à l'époque,
qui ont combattu le mouvement avec la dernière énergie.
Ils arrivent en général à empêcher la croissance du mouvement social,
comme ils l'ont fait en 2010, nous conduisant à la défaite.

En 68, comme en 36, nous avons été plus fort que les "lieutenants du capital dans le mouvement ouvrier".
Et avons ainsi réalisé les plus grandes conquêtes de notre classe.

Ma proposition ? Celle de tout les militants ouvriers
qui ne se sont pas vendus ou couchés devant la république bourgeoise,
son capitalisme keynésien, son impérilialisme, ses banques, son CAC 40 ,
son chant raciste et son tricolore:
le rapport de force social, qui seul mène à des conquêtes importantes,
comme en 36, 45 et 68,et peut mener à une révolution,
(c'était possible en 68, si le PC avait été aussi absent des lieux de travail qu'aujourd'hui)
Chacun son camp.
Rien, mais rien de nouveau depuis que les réformistes ont mené les travailleurs à la boucherie en 14.
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Message  Rougevert le Mer 23 Mai - 23:28

Achille a écrit:J'ai entendu exactement le contraire cad que le FdG serait toujours du côté du mouvement social. En plus les militants des différentes formations du FdG œuvrent avec les syndicats à la victoire dans ces conflits.
Quand aux autres ils peuvent s'exprimer en toute indépendance pour donner leur position.

Mais...
Achille a écrit:
gérard menvussa a écrit:Conclusion, ce que dit rouge et vert n'a rien d'un "mensonge", contrairement à ce que tu le prétendais.

C'est faux. Je n'ai JAMAIS écris que ce que disait Rougevert était un mensonge. Les procès sur les intentions des interlocuteurs ce n'est pas de mon côté. J'ai parlé d'erreur et j'ai contesté ses propos pour montrer qu'au contraire de ces affirmations basées sur l'absence de 2 mots toute la politique du FdG était fondée sur le mouvement social et le travail pour sa mobilisation.


Alors à moi de te demander le minutage...exact de l'endroit où tu as entendu, que (je te cite) "le FdG serait toujours du côté du mouvement social. En plus les militants des différentes formations du FdG œuvrent avec les syndicats à la victoire dans ces conflits." Basketball
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Message  Achille le Mer 23 Mai - 23:41




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Message  Roseau le Mer 23 Mai - 23:55

La gauche en campagne
http://www.npa2009.org/content/la-gauche-en-campagne
Publié dans : Hebdo Tout est à nous ! 149 (17/05/12)

Extrait

Et le Front de Gauche ?

Il semble étrangement loin le temps où Mélenchon « était la tempête »… Les militants du Front de Gauche se souviennent, heureusement, qu’ils défendent la retraite à 60 ans à taux plein, le Smic à 1 700 euros, le rejet pur et simple du traité européen d’austérité.

Mais les dirigeants du PCF n’excluent pas officiellement d’entrer au gouvernement. Sans doute pas pour réellement y aller… mais ce vague est fait pour montrer, au moins le temps de l’élection, qu’ils sont plus dans la majorité que dans l’opposition.

On voit resurgir une foultitude de petits notables, de conseillers régionaux, de vice-présidents de conseils généraux, de présidents de communautés d’agglomération, d’adjoints au maire de tout poil, parfois des « braves gens » (pour parler le Mélenchon) solidaires des luttes de leur coin, souvent des bureaucrates gris muraille de collectivité territoriale. Des candidats qui nous chantent : transformons l’essai pour le changement, portons un fort groupe Front de Gauche à l’Assemblée, qui pèsera pour élaborer de bonnes lois (avec les socialistes ?!).

« Ni dans la majorité ni dans l’opposition » comme le dit Mélenchon. Mais où alors ?

Il faudra bien pourtant résister à l’austérité de gauche, et aller le chercher nous-mêmes, le changement, camarades !
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Message  Toussaint le Jeu 24 Mai - 2:32

La conjoncture fait que la question du pourvoir se pose plus par la médiation des élections que par celle des soviets, chacun peut le constater.

Chacun peut constater le contraire, évidemment.

En dehors de LO et du NPA, aucun candidat ne s'est prononcé pour la destruction du capitalisme. Et encore moins pour une prise de pouvoir par la classe ouvrière.

Surtout pas un candidat se revendiquant keynésien et mitterrandiste comme Mélenchon.

Si par question du pouvoir on entend savoir quelle alternative dans le cadre respecté du système capitaliste et du pouvoir de la bourgeoisie, évidemment l'année est celle de l'alternance antre des écuries politiques de loyaux serviteurs du capital.
Si par question du pouvoir on entend que le pouvoir de la bourgeoisie et de la finance se trouve menacé, la question du pouvoir ne se pose pas en France ni en Europe aujourd'hui, pas même en Grèce. Là encore on est dans l'ignorance complète de ce qu'est le système de domination politique de la bourgeoisie, de ce qu'est son état.

Certes les conseils ouvriers ne menacent pas non plus le pouvoir de la classe dominante. L'évidence encore, si l'était le cas, on ne parlerait pas de la GA-U ni de rallier le Front de Gauche. Les élections n'auraient pas donné une victoire écrasante aux partis ne remettant pas en cause le système: FN, UMP, Verts-EELV, FDG, PS... Même en pinaillant sur mon classement du FDG dans ces partis capitalo-compatibles, clairement le raz de marée électoral est en faveurr du système. Même en mettant dans le vote Hollande un contenu partiellement anticapitaliste, le compte n'y serait pas et de loin.

Il n'y a pas de conseils ni dans les parages ni à l'horizon. Et donc le pouvoir de la classe dominante ne court aucun risque. Les élections sont d'ailleurs là pour entretenir l'illusion que l'on peut changer les choses dans le cadre de la domination bourgeoise, par le vote. La propagande du FDG était un plaidoyer brillant de clarté (etde démagogie): Prenez le pouvoir en me donnant votre vote... A ce titre le FDG est un cartel à combattre politiquement, théoriquement sans concessions, parce qu'il est l'exact écho des partis réformistes de jadis: la "révolution" par les élections. Encore faut-il reconnaître à JLM qu'il précise qu'il ne s'agira pas d'une révolution sociale mais citoyenne. Je sais, JLM n'est pas tout le FDG, il y a aussi Buffet, Thibaut, Laurent, et les confettis de NPistes ralliés. Mais outre qu'il y a même pire au FDG, la fameuse dynamique dont se gargarise les fdgistes de la GA-U est essentiellement attribuable aux talents histrioniques de JLM. Il suffit de demander autour de soi aux gens qui ont voté JLM s'ils peuvent citer des dirigeants du FDG, ils n'en connaissent qu'un, Mélenchon. C'est d'ailleurs légitime, JLM est LE candidat du FDG tout entier, et s'en tirer en disant qu'il n'est pas tout le FDG est une pirouette: s'il n'est pas tout le FDG (pas plus que Poutou "n'est pas tout le NPA", ni même sa majorité), force est de reconnaître que JLM a incarné, incarne encore tout le FDG devant la classe ouvrière et toute la population. Et que ses discours nationalistes, colonialistes, chauvins, réactionnaires à l'occasion, son keynésianisme "rooseveltien" à présent, sont bel et bien faits au nom de tout le FDG.

Un candidat réformiste, pro-capitaliste, prenant une posture radicale.
S'il y a uen chose dont la classe ouvrière n'a pas besoin, ce sont les semeurs d'illusions sur le système. Même s'il a de l'écho.

Alors il faudrait faire de l'entrisme? Si les révolutionnaires faisaient de l'entrisme, c'était dans un contexte de répression grave, d'isolement et d'hégémonie des partis réformistes, notamment stalinien, sur la classe. C'était une époque où les trotskystes se faisaient tuer par le PCF, ou casser la gueule, selon les moments. Aujourd'hui ces orgas révolutionnaires ne sont pas dans la même situation et les réformistes sont bien incapables de conserver autre chose qu'une certaine présence dans la classe et d'une certaine influence dans les syndicats.

Ensuite, les révolutionnaires de l'époque partageaient en apparence bien des choses avec les partis qu'ils infiltraient, notamment l'objectif final, le socialisme, un monde débarrassé de l'exploitation. Le PS et le PC se présentaient eux-mêmes comme anticapitaliste, voulant liquider le système par des réformes successives. Aujourd'hui, le PS est un parti qui aurait parfaitement pu présenter DSK, le chef du FMI et qui compte l'ancien dirigeant de l'OMC... Boufre. Non, entre le parti de Léon Blum, celui de Thorez et ceux de Hollande ou Laurent, les forces, les idéologies ne sont pas les mêmes.

Là encore on met en rapport des choses incomparables, en s'en tenant à des analogies formelles a-historiques. Pourquoi pas aussi recommander le passage à la clandestinité, les trotskystes l'ont fait aussi jadis?

Non le pouvoir du travail ne va pas s'établir en un jour (le lendemain du grand soir). Il sera le produit d'un processus complexe sans doute inédit historiquement pour les partis se réclamant du travail devront faire plus preuve d'intelligence tactique et stratégique que se contenter de rabâcher les cantiques.

Mouais. Pas de problème, c'est bien ce que me disait mon père cadre stalinien, et ce que nous disaient les stals pour s'opposer à la montée révolutionnaire en 68. Sauf qu'en 68 les élections ont été précisément l'alternative à la révolution et que les stals s'y sont engouffrés pour casser le processus révolutionnaire. Dans la JCR, nous avions prévu la défaite dès que le PCF avait accepté d'aller aux urnes. Et nous l'avions même annoncée, démontrée aux stals qui, eux, croyaient à la victoire électorale. Ce fut notre seule compensation, ricaner de leur déconfiture et leur désarroi. La défaite de 68 ne s'est pas jouée dans le résultat des élections, mais dans l'absence de toute orga révolutionnaire implantée dans la classe. Nous ne faisions pas le poids devant l'appareil contre-révolutionnaire du PCF qui a été capable d'empêcher l'évolution de la crise en situation révolutionnaire. Bocquet l'a reconnu à plusieurs reprises publiquement dans des réunions ouvrières du Valenciennois et du Nord, je l'ai entendu perso 3 fois... Les élections de Juin 68 ont cristallisé le reflux et la défaite d'un processus révolutionnaire étouffé de l'intérieur par les stals et l'impuissance des gauchistes.

Evidemment, le pouvoir ouvrier est un processus, je crois qu'OB répète cela en boucle au sujet des révolutions arabes (à tort, je pense, mais c'est une autre histoire). En disant cela, tu enfonces une porte ouverte et tu fais semblant de combattre une idée en attaquant ce que personne ne défend. Mais tu caricatures l'idée de révolution à la manière des réformistes, et plus généralement des bourgeois. Car si la prise du pouvoir et la construction d'un état ouvrier sont un processus, parfois assez lent, il connaît toujours, comme tous les processus révolutionnaires, des moments d'accélération brutale et des phases dans lesquelles si la classe ne renverse pas l'état bourgeois, la machine spéciale de répression de la classe dominante, elle reflue et se trouve battue. Toutes les révolutions traversent ces journées (que les anti-révolutionnaires appellent le Grand Soir pour s'en moquer). J'ai vu cela en France, en Corse, en Iran, en Bolivie, il y a eu cela dans les pays de l'Est, à Cuba, au Nicaragua, pendant la Commune, en 1789 et 1793, 1830, 1848, en Allemagne, etc... etc... En fait toute l'histoire est pleine de ces moments de confrontation paroxystiques que l'on appelle "révolutions". Ensuite, la question de la nature de classe du processus varie selon les lieux et les moments, leur issue aussi, et ce sont en effet des processus. La révolution russe a commencé en 2005, a reflué, a redémarré, s'est accélérée en Février, a commencé à vaincre en 17, et a été brisée entre 1920 et 1923... On peut pinailler sur les dates, je taquine un peu. Tu confonds le cinéma d'Eisenstein et le mythe avec le processus, pas grave, n'est-ce pas, tu n'es pas dans l'analyse mais dans la caricature.

En fait, Achille, c'est clair, tu n'es pas ou plus un révolutionnaire, tu es devenu réformiste, un réformiste à l'ancienne, pur jus. Ceux qui se disaient révolutionnaires, et nous traitaient de gauchistes, d'aventuriers et de provocateurs. Tu as les mêmes mots, les mêmes accents, les mêmes illusions. Pas une honte, pas un crime. Simplement, tu as tout à fait raison de dire que vous ne vivrez pas avec les Besancenot, Krivine, Sabado et quelques autres Roseaux... Ceux-là ont souvent plié sous le vent, mais au dernier moment, ils ont toujours su ne pas se renier tout à fait. Ils sont restés des révolutionnaires. Après tous les noms d'oiseaux sont possibles parce que perso, j'ai de gros oignons à peler avec eux. Mais eux ne sont pas passés au réformisme. C'est à dire, in fine, à la défense de l'ordre bourgeois.
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Message  Roseau le Jeu 24 Mai - 3:42

Merci Toussaint. Voilà les racines bien profondes qui font qu'un roseau assez souple tient au vent,
dans un paquet de pays et de situations, alors qu'un chêne...
Texte clair, bien écrit, donc jamais trop long.
Mais pour ceux qui veulent un concentré acide, à votre service, camarades :

Front de Gauche - Page 39 Caricature-jean-luc-melenchon-L-9dS8Pw
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Message  panchoa le Jeu 24 Mai - 12:55

[quote="gérard menvussa"]Conclusion, ce que dit rouge et vert n'a rien d'un "mensonge", contrairement à ce que tu le prétendais. Que dans un autre temps tu justifies cette position, c'est autre chose...



Front de Gauche - Page 39 &0+portnawak-dedicace72-3907220e0-img%5B1%5D

tiens un vieux classique vient de ressortir. enfin un trés trés vieux panchoa

Le PCF veut se renforcer à l'Assemblée pour peser sur le PS

LE MONDE | 24.05.2012 à 11h31 • Mis à jour le 24.05.2012 à 11h31

Par Raphaëlle Besse Desmoulières

Au Front de gauche, on voit grand pour les législatives. Certains parlent d'une trentaine de députés, d'autres de doubler le groupe. Actuellement, ils sont 16 députés du Parti communiste et 3 du Parti de gauche. Le groupe parlementaire compte aussi 2 députés d'outre-mer.

Chez les communistes sortants, certains sont en difficulté. En Seine-Saint-Denis, Jean-Pierre Brard (apparenté PCF) doit affronter le socialiste Razzy Hammadi, soutenu par la maire de Montreuil, l'écologiste Dominique Voynet. François Asensi (apparenté PCF) doit, lui, faire face à la candidature de son ex-dauphin, Stéphane Gatignon, passé chez Europe-Ecologie et soutenu par le PS.

SITUATION COMPLIQUÉE POUR LE PARTI DE GAUCHE

Dans le Rhône, Michèle Picard, qui prend la relève d'André Gerin, a vu la circonscription modifiée au profit du PS. L'échec des négociations avec les autres partis de gauche n'a pas non plus arrangé les affaires du Front de gauche ; le PCF a dû renoncer à quatre circonscriptions jugées gagnables.

Du côté du Parti de gauche, la situation s'avère encore plus compliquée, les trois députés sortants ayant été élus avec d'autres étiquettes politiques. Si Marc Dolez, député du Nord (ex-PS), a de bonnes chances d'être réélu, la situation est plus compliquée pour Martine Billard (ex-Verts) dont la circonscription parisienne a été fortement remodelée.

Dans celle de Jacques Desallangre, député de l'Aisne qui ne se représente pas, c'est un communiste qui reprend le flambeau. C'est donc sur les épaules de Jean-Luc Mélenchon, qui se présente face à Marine Le Pen dans le Pas-de-Calais, que reposent les espoirs.

Des législatives dépendront le rapport de force avec le PS. Si ce dernier obtient seul, ou avec ses alliés écologistes, la majorité absolue, il pourra se passer du Front de gauche. Si ce n'est pas le cas, se posera alors la question de la participation gouvernementale.

"UNE VRAIE POLITIQUE DE GAUCHE"

Le PCF a longtemps été le partenaire privilégié du PS. Les communistes ont participé au gouvernement dirigé par Lionel Jospin de 1997 à 2002. Une expérience dont ils ne gardent pas forcément un bon souvenir. "Les gens ont cru à la gauche au pouvoir pour avoir une politique de gauche, mais cette dernière n'a pas été au rendez-vous et ça a donné le 21 avril 2002, estime Michel Laurent, membre de la direction du PCF et frère de Pierre Laurent, le secrétaire national du parti. On aspire à pouvoir exercer nos responsabilités au plus haut niveau mais pour une vraie politique de gauche."

Un conseil national du PCF se tiendra à l'issue des législatives, le 18 juin, suivi d'un vote des militants et d'une conférence nationale extraordinaire deux jours plus tard, pour trancher la question. Le sujet est délicat car s'ils choisissent d'envoyer des ministres au gouvernement, les communistes prendront le risque de faire exploser le Front de gauche, qui les a fait passer de 1,93 % des voix en 2007 à 11,10 % cinq ans plus tard.

Les noms du député André Chassaigne ou de la sénatrice Nicole Borvo Cohen-Seat, évoqués pour participer au gouvernement, ne sont pas confirmés au PCF. "On ne cherche pas la place pour la place, comme Cécile Duflot qui a fait fi de son identité politique", assure Lydie Benoist, chargée des élections au PCF.

"AUTONOMIE CONQUÉRANTE"

Pour Michel Laurent, sans infléchissement de la politique des socialistes, les communistes ne participeront pas au gouvernement. Un avis partagé par Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF. Il précise que son parti sera très attentif à la question du traité européen.

"Par-delà les belles déclarations sur le thème de la croissance, tout se fait sans qu'un millimètre ne soit touché au traité, estime-t-il. L'austérité, conjuguée à une souveraineté limitée, ferait que tout gouvernement de gauche qui l'appliquerait aurait les pieds et les poings liés." "Nous ne participerons pas à un gouvernement, fusse-t-il de gauche, qui lierait son destin à ce traité", affirme-t-il.

Resterait alors à trouver la bonne formule. "On soutiendrait les textes qui vont dans le bon sens tout en se battant contre les autres", explique M. Dartigolles. Pour M. Mélenchon, cela s'appelle "l'autonomie conquérante". Pour un cadre PCF, cette expression "ne veut rien dire



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Message  sylvestre le Jeu 24 Mai - 15:52

Mardi 22 mai 2012


S’il est un domaine où Jean-Luc Mélenchon a été abondamment critiqué par les écologistes, l’extrême gauche et les milieux alternatifs, sans pour autant, étonnamment, susciter de rupture à l’intérieur du Front de Gauche, c’est celui de sa défense assumée du patriotisme et de son ambiguïté vis à vis de l’impérialisme français.
 
En pleine campagne présidentielle, il se distinguait par exemple d’Eva Joly et de Phillipe Poutou en défendant le principe du défilé militaire du 14 Juillet. Pas banal dans la gauche dite « radicale ». La campagne fut également le théâtre de la promotion d’un certain nationalisme associant les symboles cocardiers à la défense des intérêts « français ». Pas banal non plus pour une gauche revendiquée comme étant « des travailleurs » et issue du socialisme internationaliste. Quelques années auparavant, quand il dirigeait le courant PRS qui allait devenir le PG à sa sortie du Parti Socialiste, Jean-Luc Mélenchon créait la polémique en refusant de condamner la répression du Tibet par le régime chinois [1], alors responsable de plus de 400 morts à Lhassa. Il niait alors l’existence d’un problème d’oppression nationale, en niant tout simplement la réalité nationale du Tibet, renvoyant les revendications tibétaines à la défense du féodalisme et réduisant l’opposition au gouvernement chinois des mouvements démocratiques internationaux à un soutien au Dalaï Lama [1].
 
Parmi les questions qui touchent de près ou de loin celle de la nation, il existe un autre aspect de la politique de Jean-Luc Mélenchon qui pose de sérieux problèmes : c’est celui des langues. Dans son travail de réactivation symbolique des références historiques de la République Française, comme justification  « par l'Histoire » de la légitimité de son programme politique, Jean-Luc Mélenchon a repris cette position dite « républicaine » de la défense exclusive du français, qui, si elle a en partie permis d’unifier le pays, a également conduit à l’éradication de sa diversité linguistique.
 
En refusant des droits à des groupes de locuteurs en tant que tels, s’opposant par exemple à la reconnaissance constitutionnelle de l’enseignement des langues régionales, Jean-Luc Mélenchon participe d’une entreprise de construction politique qui a nié la réalité anthropologique des populations durant deux siècles d'histoire républicaine. La conclusion en France, résultant bien d’une politique éducative organisée par l’état et non d’une évolution naturelle des usages, aura été la disparition, par exemple, du breton, du basque ou encore du corse, sans parler des dialectes locaux de la langue française pratiqués partout dans notre territoire.


Jean-Luc Mélenchon réduit le rôle des langues à un simple système véhiculaire et pose la nécessité de l’exclusive du français comme la garantie d’un langage partagé permettant l’unification des revendications du peuple. C’est en fait la vision classique de la gauche française, qui en a fait son credo tout au long du vingtième siècle : en parlant la même langue, les classes populaires pourront s’unir dans la défense de leurs droits et élaborer un destin commun.
C’est en partie vrai. Mais l’erreur historique de la gauche française aura été de réduire la langue à sa fonction véhiculaire et de confondre universalisme et exclusive.

 

La langue ne permet pas seulement d’échanger des informations à la façon de la circulation des marchandises. Elle est également le lieu de l’organisation de l’abstraction mentale et donc le creuset même de toute construction de la pensée. La diversité linguistique est donc la garantie de la robustesse et de la diversité de la pensée humaine. On peut faire le parallèle avec la biodiversité, dont le maintien est la garantie de la robustesse des écosystèmes dont nous sommes issus. A ce titre, l’actuelle course pour faire de l’anglais la langue exclusive de la recherche scientifique, y compris jouée au sein du système universitaire français, est une bien mauvaise nouvelle.

En liquidant des langues appartenant à nos territoires, des langues parfois non indo-européennes comme le basque, nous avons liquidé des sources possibles d’enrichissement de la construction critique en réduisant la disponibilité des architectures de pensée susceptibles de l'accueillir.


Opposer l’universalisme à l’exclusivité aurait dû conduire l’état, au début du vingtième siècle, à garantir la diffusion et l’enseignement du français de façon à établir un socle linguistique autorisant la recherche d’un destin commun, tout en respectant la réalité des pratiques et en intégrant l’enseignement des langues régionales au sein du corpus éducatif.
L’Histoire est l’histoire, et il serait vain de regretter ce qui a été. Il est par contre regrettable que nous ne sachions pas en tirer un enseignement pour élaborer une politique d’aujourd’hui.


En 2012, la diversité linguistique perdure notamment grâce à l’immigration. Si les français sont connus pour être globalement peu doués dans la pratique des langues étrangères, il existe une partie de la population qui inclue une part massive de polyglottes en son sein : celle des français issus de familles immigrées, et notamment, d’un point de vue numérique, originaires du Maghreb. Dans quelques décennies, quand le Front National aura disparu et avec lui sa pression idéologique insupportable sur notre société, nous constaterons à nouveau une occasion manquée. La France aurait pu faire le choix de valoriser la richesse linguistique existant dans les quartiers populaires, permettant en outre à de nombreux élèves de trouver au sein de leur patrimoine familial des supports de réussite scolaire quand celui-ci reste en général plutôt source de discrimination, en permettant à l’école et au collège l’enseignement de l’arabe au même rang que l’anglais ou l’espagnol.
 
Durant la campagne présidentielle, c’est vers les français de l’étranger que Jean-Luc Mélenchon s’est tourné, pour défendre la diffusion et le rayonnement du français. En s’adressant aux expatriés, il vantait le mérite du rayonnement international de notre langue, prenant comme engagement électoral le soutien massif des Alliances françaises, ces établissements, privés, diffusant la francophonie [2]. On ne pouvait pas mieux faire pour caresser dans le sens du poil les milliers de cadres de nos grandes entreprises partis s'expatrier pour défendre et faire prospérer à l’étranger notre capitalisme national, en concurrence avec les impérialismes anglophones.
 
En outre, la diffusion du français par les établissements privés implique l’approfondissement de graves clivages sociaux dans les pays anciennement soumis à notre domination coloniale.
En voyage au Maroc, je me suis procuré le magazine indépendant d'actualité « Tel quel », qui dans son numéro de début mai proposait un article éclairant intitulé « Ma langue, mon drame », signé de Mohammed Boudarham, et dont je reprends ici le propos. L'article est disponible en ligne sur le site du magazine [3]. L’auteur y brosse le portrait de la diversité linguistique du Maroc et des problèmes spécifiques auxquels doit faire face la société marocaine. Du fait de l'existence de nombreuses langues berbères et de l’arabe marocain, sans oublier celle des langues coloniales, le français et l’espagnol, le Maroc est un pays qui bénéficie d’un très riche patrimoine linguistique. Les disparités sociales se superposent parfois aux différenciations linguistiques, au détriment par exemple de certaines populations berbérophones du nord du pays. L’enseignement scolaire des langues, la définition d’un socle linguistique commun pour une unification politique du pays, sont autant d’enjeux à relever pour le Maroc d’aujourd’hui.


Dans ce concert, le français trône à la tête de la pyramide, au détriment des classes populaires et des perspectives individuelles des jeunes issus de ces milieux.  Dans les établissements publics fréquentés par les couches populaires, le français est enseigné au titre des langues étrangères à partir du collège. Il est par contre enseigné dès l’école primaire en tant que première langue scolaire dans les établissements privés fréquentés par les milieux les plus favorisés, ceux que Jean-Luc Mélenchon se propose de soutenir massivement.


Pour Mohammed Boudarham « sur le marché du travail, en particulier dans le secteur privé, ne pas maîtriser le français est un sérieux handicap quand on cherche un emploi » [3]. Citant le sociologue et linguiste marocain Ahmed Boujous « le français est comme la langue de la modernité (…) il est le moyen de communication de prédilection dans les secteurs des services et dans les médias » [3]. Plus loin, pour Mohammed Boudarham « si cette langue [le français] n’est pas nécessaire pour certains jobs, elle est souvent exigée car elle sert de tamis social. Parler couramment français laisse entendre à l’autre qu’on est issu d’une classe sociale plutôt aisée, voire dominante, cas sa maîtrise suppose généralement d’avoir été scolarisé dans les écoles privées ou à la mission française » [3].
 
En défendant le « rayonnement du français », Jean-Luc Mélenchon pense défendre le rayonnement des idéaux des lumières. Comme s’il était impossible de les exprimer en arabe ou en amazigh.
En réalité, Monsieur Mélenchon défend une politique qui favorise la pérennité de clivages sociaux consolidant le pouvoir des bourgeoisies nationales nées des ruines du néo-colonialisme, au détriment des classes populaires vers lesquelles la gauche française devrait en premier lieu manifester sa solidarité internationaliste. Au Maroc, par exemple, cette politique de soutien des établissements privés d'enseignement français se traduit par une consolidation du pouvoir des classes les plus aisées, piliers de la très peu républicaine et très peu démocratique monarchie alaouite.
 
Pour finir, un roman de science fiction américain des années 50 en guise de conseil de lecture : « Les langages de Pao », de Jack Vance.

 

A. Martin

PS :

On me dit deux choses, par mail. Qu'à l'heure où Jean-Luc Mélenchon affronte Marine Lepen il ne faudrait pas le critiquer.
Et que la proposition d’enseigner l’arabe à l’école française est en contradiction avec la critique du fait d’enseigner le français au Maroc.

Pour la première : Jean-Luc Mélenchon n’a pas l’exclusivité du combat contre le Front National. Il ne l’a pas non plus localement, et encore moins l’antériorité, dans la circonscription où il s’est imposé et qu’il entend utiliser pour médiatiser sa politique.
Par ailleurs, les gauches ont trop souffert de la propension de leurs partis dominants à refuser la critique, en agitant le chiffon de l’ennemi qu’on favoriserait en remettant « la ligne » en question. Quand l’extrême gauche dénonçait le stalinisme et ses crimes, le PCF la taxait de « faire le jeu du fascisme » et la désignait comme le parti de « l’hitléro-trotskisme ». Quand elle critiquait la bureaucratie et la dictature à l’est, on l’accusait de « faire le jeu de l’impérialisme ». Aujourd’hui, remettre la gauche institutionnelle en question serait faire le jeu de la droite et du FN. La ficelle est un peu grosse, surtout en 2012.

Pour la seconde : il n’est pas contradictoire de défendre en France l’enseignement obligatoire du français comme première langue scolaire assorti de la possibilité d’étudier l’arabe comme langue étrangère et du droit d’étudier une langue régionale comme telle, et de critiquer par ailleurs l’enseignement à deux vitesses du français au Maroc. Une vitesse dans les établissements privés pour la jeunesse dorée, créant de vrais bilingues qui accaparent toutes les perspectives professionnelles dignes, et une vitesse pour les autres dans les établissements publics, créant de mauvais francophones discriminés ensuite à l’embauche, quelles que soient leurs compétences pour les emplois visés.

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Message  verié2 le Jeu 24 Mai - 16:47

un roman de science fiction américain des années 50 en guise de conseil de lecture : « Les langages de Pao », de Jack Vance.
C'est un peu HS, quoique...
Mais toute l'oeuvre de Jack Vance est à lire, et à lire d'urgence pour les nationalistes républicains ultra laïques fanatiques de la France des lumières qui éclaire le monde arriéré.

Jack Vance, ancien marin qui avait pas mal bourlingué, avait bien compris en passant d'un port à l'autre l'absurdité de cette volonté de peuples repliés sur eux-même de considérer leurs us, coutumes et langages comme les seuls valables et leurs tentatives de les imposer aux autres, éventuellement par la violence. Il ridiculise ces prétentions stupides avec un humour décapant dans nombre de ses livres.

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Message  Rougevert le Jeu 24 Mai - 18:02

Achille a écrit:
Je note qu'Achille n'a pas donné le minutage demandé...et pour cause. Very Happy
"Nous voulons des politiques qui s'émancipent de la tutelle des marchés financiers" dit Pierre Laurent ( à 6' 52" Wink ).
TOUT EST DIT: les mots trahissent la pensée: on peut, selon les réformistes et les centristes coexister avec une autorité dont (dit-on) on "s'émancipe".
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Message  gérard menvussa le Jeu 24 Mai - 18:40

Ben oui, ce ne sont pas des anticapitalistes Ils sont justes pour remplacer un "capitalisme boursier multinational" par un "capitalisme industriel national".
Un article trés intéressant pour s'en convaincre :


S’il est un domaine où Jean-Luc Mélenchon a été abondamment critiqué par les écologistes, l’extrême gauche et les milieux alternatifs, sans pour autant, étonnamment, susciter de rupture à l’intérieur du Front de Gauche, c’est celui de sa défense assumée du patriotisme et de son ambiguïté vis à vis de l’impérialisme français.

En pleine campagne présidentielle, il se distinguait par exemple d’Eva Joly et de Phillipe Poutou en défendant le principe du défilé militaire du 14 Juillet. Pas banal dans la gauche dite « radicale ». La campagne fut également le théâtre de la promotion d’un certain nationalisme associant les symboles cocardiers à la défense des intérêts « français ». Pas banal non plus pour une gauche revendiquée comme étant « des travailleurs » et issue du socialisme internationaliste. Quelques années auparavant, quand il dirigeait le courant PRS qui allait devenir le PG à sa sortie du Parti Socialiste, Jean-Luc Mélenchon créait la polémique en refusant de condamner la répression du Tibet par le régime chinois [1], alors responsable de plus de 400 morts à Lhassa. Il niait alors l’existence d’un problème d’oppression nationale, en niant tout simplement la réalité nationale du Tibet, renvoyant les revendications tibétaines à la défense du féodalisme et réduisant l’opposition au gouvernement chinois des mouvements démocratiques internationaux à un soutien au Dalaï Lama [1].

Parmi les questions qui touchent de près ou de loin celle de la nation, il existe un autre aspect de la politique de Jean-Luc Mélenchon qui pose de sérieux problèmes : c’est celui des langues. Dans son travail de réactivation symbolique des références historiques de la République Française, comme justification « par l'Histoire » de la légitimité de son programme politique, Jean-Luc Mélenchon a repris cette position dite « républicaine » de la défense exclusive du français, qui, si elle a en partie permis d’unifier le pays, a également conduit à l’éradication de sa diversité linguistique.

En refusant des droits à des groupes de locuteurs en tant que tels, s’opposant par exemple à la reconnaissance constitutionnelle de l’enseignement des langues régionales, Jean-Luc Mélenchon participe d’une entreprise de construction politique qui a nié la réalité anthropologique des populations durant deux siècles d'histoire républicaine. La conclusion en France, résultant bien d’une politique éducative organisée par l’état et non d’une évolution naturelle des usages, aura été la disparition, par exemple, du breton, du basque ou encore du corse, sans parler des dialectes locaux de la langue française pratiqués partout dans notre territoire.


Jean-Luc Mélenchon réduit le rôle des langues à un simple système véhiculaire et pose la nécessité de l’exclusive du français comme la garantie d’un langage partagé permettant l’unification des revendications du peuple. C’est en fait la vision classique de la gauche française, qui en a fait son credo tout au long du vingtième siècle : en parlant la même langue, les classes populaires pourront s’unir dans la défense de leurs droits et élaborer un destin commun.
C’est en partie vrai. Mais l’erreur historique de la gauche française aura été de réduire la langue à sa fonction véhiculaire et de confondre universalisme et exclusive.



La langue ne permet pas seulement d’échanger des informations à la façon de la circulation des marchandises. Elle est également le lieu de l’organisation de l’abstraction mentale et donc le creuset même de toute construction de la pensée. La diversité linguistique est donc la garantie de la robustesse et de la diversité de la pensée humaine. On peut faire le parallèle avec la biodiversité, dont le maintien est la garantie de la robustesse des écosystèmes dont nous sommes issus. A ce titre, l’actuelle course pour faire de l’anglais la langue exclusive de la recherche scientifique, y compris jouée au sein du système universitaire français, est une bien mauvaise nouvelle.

En liquidant des langues appartenant à nos territoires, des langues parfois non indo-européennes comme le basque, nous avons liquidé des sources possibles d’enrichissement de la construction critique en réduisant la disponibilité des architectures de pensée susceptibles de l'accueillir.


Opposer l’universalisme à l’exclusivité aurait dû conduire l’état, au début du vingtième siècle, à garantir la diffusion et l’enseignement du français de façon à établir un socle linguistique autorisant la recherche d’un destin commun, tout en respectant la réalité des pratiques et en intégrant l’enseignement des langues régionales au sein du corpus éducatif.
L’Histoire est l’histoire, et il serait vain de regretter ce qui a été. Il est par contre regrettable que nous ne sachions pas en tirer un enseignement pour élaborer une politique d’aujourd’hui.


En 2012, la diversité linguistique perdure notamment grâce à l’immigration. Si les français sont connus pour être globalement peu doués dans la pratique des langues étrangères, il existe une partie de la population qui inclue une part massive de polyglottes en son sein : celle des français issus de familles immigrées, et notamment, d’un point de vue numérique, originaires du Maghreb. Dans quelques décennies, quand le Front National aura disparu et avec lui sa pression idéologique insupportable sur notre société, nous constaterons à nouveau une occasion manquée. La France aurait pu faire le choix de valoriser la richesse linguistique existant dans les quartiers populaires, permettant en outre à de nombreux élèves de trouver au sein de leur patrimoine familial des supports de réussite scolaire quand celui-ci reste en général plutôt source de discrimination, en permettant à l’école et au collège l’enseignement de l’arabe au même rang que l’anglais ou l’espagnol.

Durant la campagne présidentielle, c’est vers les français de l’étranger que Jean-Luc Mélenchon s’est tourné, pour défendre la diffusion et le rayonnement du français. En s’adressant aux expatriés, il vantait le mérite du rayonnement international de notre langue, prenant comme engagement électoral le soutien massif des Alliances françaises, ces établissements, privés, diffusant la francophonie [2]. On ne pouvait pas mieux faire pour caresser dans le sens du poil les milliers de cadres de nos grandes entreprises partis s'expatrier pour défendre et faire prospérer à l’étranger notre capitalisme national, en concurrence avec les impérialismes anglophones.

En outre, la diffusion du français par les établissements privés implique l’approfondissement de graves clivages sociaux dans les pays anciennement soumis à notre domination coloniale.
En voyage au Maroc, je me suis procuré le magazine indépendant d'actualité « Tel quel », qui dans son numéro de début mai proposait un article éclairant intitulé « Ma langue, mon drame », signé de Mohammed Boudarham, et dont je reprends ici le propos. L'article est disponible en ligne sur le site du magazine [3]. L’auteur y brosse le portrait de la diversité linguistique du Maroc et des problèmes spécifiques auxquels doit faire face la société marocaine. Du fait de l'existence de nombreuses langues berbères et de l’arabe marocain, sans oublier celle des langues coloniales, le français et l’espagnol, le Maroc est un pays qui bénéficie d’un très riche patrimoine linguistique. Les disparités sociales se superposent parfois aux différenciations linguistiques, au détriment par exemple de certaines populations berbérophones du nord du pays. L’enseignement scolaire des langues, la définition d’un socle linguistique commun pour une unification politique du pays, sont autant d’enjeux à relever pour le Maroc d’aujourd’hui.


Dans ce concert, le français trône à la tête de la pyramide, au détriment des classes populaires et des perspectives individuelles des jeunes issus de ces milieux. Dans les établissements publics fréquentés par les couches populaires, le français est enseigné au titre des langues étrangères à partir du collège. Il est par contre enseigné dès l’école primaire en tant que première langue scolaire dans les établissements privés fréquentés par les milieux les plus favorisés, ceux que Jean-Luc Mélenchon se propose de soutenir massivement.


Pour Mohammed Boudarham « sur le marché du travail, en particulier dans le secteur privé, ne pas maîtriser le français est un sérieux handicap quand on cherche un emploi » [3]. Citant le sociologue et linguiste marocain Ahmed Boujous « le français est comme la langue de la modernité (…) il est le moyen de communication de prédilection dans les secteurs des services et dans les médias » [3]. Plus loin, pour Mohammed Boudarham « si cette langue [le français] n’est pas nécessaire pour certains jobs, elle est souvent exigée car elle sert de tamis social. Parler couramment français laisse entendre à l’autre qu’on est issu d’une classe sociale plutôt aisée, voire dominante, cas sa maîtrise suppose généralement d’avoir été scolarisé dans les écoles privées ou à la mission française » [3].

En défendant le « rayonnement du français », Jean-Luc Mélenchon pense défendre le rayonnement des idéaux des lumières. Comme s’il était impossible de les exprimer en arabe ou en amazigh.
En réalité, Monsieur Mélenchon défend une politique qui favorise la pérennité de clivages sociaux consolidant le pouvoir des bourgeoisies nationales nées des ruines du néo-colonialisme, au détriment des classes populaires vers lesquelles la gauche française devrait en premier lieu manifester sa solidarité internationaliste. Au Maroc, par exemple, cette politique de soutien des établissements privés d'enseignement français se traduit par une consolidation du pouvoir des classes les plus aisées, piliers de la très peu républicaine et très peu démocratique monarchie alaouite.

Pour finir, un roman de science fiction américain des années 50 en guise de conseil de lecture : « Les langages de Pao », de Jack Vance.



A. Martin

PS :

On me dit deux choses, par mail. Qu'à l'heure où Jean-Luc Mélenchon affronte Marine Lepen il ne faudrait pas le critiquer.
Et que la proposition d’enseigner l’arabe à l’école française est en contradiction avec la critique du fait d’enseigner le français au Maroc.

Pour la première : Jean-Luc Mélenchon n’a pas l’exclusivité du combat contre le Front National. Il ne l’a pas non plus localement, et encore moins l’antériorité, dans la circonscription où il s’est imposé et qu’il entend utiliser pour médiatiser sa politique.
Par ailleurs, les gauches ont trop souffert de la propension de leurs partis dominants à refuser la critique, en agitant le chiffon de l’ennemi qu’on favoriserait en remettant « la ligne » en question. Quand l’extrême gauche dénonçait le stalinisme et ses crimes, le PCF la taxait de « faire le jeu du fascisme » et la désignait comme le parti de « l’hitléro-trotskisme ». Quand elle critiquait la bureaucratie et la dictature à l’est, on l’accusait de « faire le jeu de l’impérialisme ». Aujourd’hui, remettre la gauche institutionnelle en question serait faire le jeu de la droite et du FN. La ficelle est un peu grosse, surtout en 2012.

Pour la seconde : il n’est pas contradictoire de défendre en France l’enseignement obligatoire du français comme première langue scolaire assorti de la possibilité d’étudier l’arabe comme langue étrangère et du droit d’étudier une langue régionale comme telle, et de critiquer par ailleurs l’enseignement à deux vitesses du français au Maroc. Une vitesse dans les établissements privés pour la jeunesse dorée, créant de vrais bilingues qui accaparent toutes les perspectives professionnelles dignes, et une vitesse pour les autres dans les établissements publics, créant de mauvais francophones discriminés ensuite à l’embauche, quelles que soient leurs compétences pour les emplois visés.



[1] sur le blog de Jean-Luc Mélenchon : http://www.jean-luc-melenchon.fr/2008/04/07/je-ne-suis-pas-daccord-avec-le-boycott-des-jeux-de-pekin-et-la-propagande-anti-chinoise/

[2] sur le site d'Europe Solidaire Sans Frontières : http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article24896

[3] sur le site du magazine « Tel Quel » : http://www.telquel-online.com/node/2642
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