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Chili

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Chili

Message  Vic le Dim 8 Sep - 2:52

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Re: Chili

Message  Roseau le Dim 8 Sep - 16:11

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Re: Chili

Message  Vic le Dim 8 Sep - 20:18

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Les souvenirs d'un amnésique

Message  Roseau le Lun 9 Sep - 15:31

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Re: Chili

Message  Vic le Mar 10 Sep - 8:56

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Re: Chili

Message  Vic le Mar 10 Sep - 11:41




C'est une erreur , en fait c'est :

http://npa2009.org/node/38618
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Retour sur une expérience révolutionnaire

Message  Antonio Valledor le Mar 10 Sep - 11:52

Le 11 septembre marque le 40e anniversaire du renversement du gouvernement d’Unité Populaire et du président Salvador Allende par un coup d’Etat militaire dirigé par le général Pinochet. Dans la gauche chilienne et internationale, au fil du temps, l’analyse des événements a peu à peu fait place à la légende, celle du bon Président légitimement élu renversé par le mauvais général putschiste. Une légende dans laquelle les oppositions de classes, les contradictions violentes dans la société, les débats et les déchirements dans la gauche, l’émergence d’un pouvoir populaire en dehors des institutions officielles, les choix stratégiques désastreux d’une partie de la gauche,… ont disparu, dissous dans un discours unanimiste, se contentant de célébrer les « bons démocrates » contre les « mauvais fascistes ».

http://www.avanti4.be/analyses/article/chili-1970-73-retour-sur-une-experience

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Re: Chili

Message  verié2 le Mar 10 Sep - 12:16

un discours unanimiste, se contentant de célébrer les « bons démocrates » contre les « mauvais fascistes ».
Tout à fait juste. Il faut rappeler que "le bon président socialiste Allende" a désarmé les travailleurs, pris Pinochet dans son gouvernement et porte une très lourde responsabilité dans cette défaite qui a coûté la vie à des milliers de militants ouvriers.

Il existe une excellente brochure de Lutte Ouvrière sur ce sujet :
http://www.lutte-ouvriere.org/documents/archives/brochures-des-annees-1970-et-1980/article/chili-un-massacre-et-un


Dernière édition par verié2 le Mar 10 Sep - 13:40, édité 1 fois

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Re: Chili

Message  Roseau le Mar 10 Sep - 13:19

Antonio Valledor a écrit: Dans la gauche chilienne et internationale, au fil du temps, l’analyse des événements a peu à peu fait place à la légende,
La légende a commencé dès l'élection d'Allende, avec la défense par les réformistes
d'une stratégie de "révolution par les urnes".
Cela n'a jamais eu lieu nulle part.
La bourgeoisie, elle, ne met pas sa tête dans le sable.
Le Chili est une vérification tragique, comme toujours,
que cette stratégie mène aux pires boucheries
ou aux pires renoncements (ex Mitterrand et ceux qui s'en réclament...).

A tel point que l'expérience chilienne est devenue une référence
pour ceux qui affirment la nécessité d'une stratégie et donc d'un parti révo.
Voir par exemple les Principes Fondateurs du NPA:
Une domination de classe ne peut pas être éliminé par voie de réformes. Les luttes peuvent permettre de la contenir, de lui arracher des mesures progressistes pour les classes populaires, pas la supprimer. En 1789, la domination de la classe privilégiée de l'Ancien Régime n'a pas été abolie par des réformes. Il a fallu une révolution pour l'éliminer. Il faudra une révolution sociale pour abattre le capitalisme.
Elle implique donc nécessairement un changement des rapports de propriété, social et institutionnel, qui rejaillit sur tous les aspects de la vie en société. Notre choix pour y parvenir mise exclusivement sur l’expression et la mobilisation majoritaire. Tout en annonçant clairement à l’avance que nous chercherons à organiser l’auto-défense des travailleurs, pour que le coup d’État militaire et la répression massive qui ont eu lieu au Chili en 1973 ne puissent pas se reproduire.  
Les révolutionnaires mettent le nez des réformistes dans leur urne sans fond depuis toujours.
Le débat continue en France avec ceux comme le FdG qui entendent aujourd'hui
même plus faire la révolution socialiste (Allende avait au moins cette vaine prétention)
mais une révolution "antilibérale", "citoyenne",
bref ralentir par les urnes la marche au désastre social et écologique.

Outre les docs cités plus haut, parmi les publications récentes:
dans dernier Inprecor
- La respiration saccadée du pouvoir populaire 1970-1973, entretien avec Franck Gaudichaud

dans Revue l'Anticapitaliste
- Franck Gaudichaud Luttes ouvrières et pouvoirs populaires dans le Chili d’Allende P28
- François Sabado Problèmes stratégiques de la révolution chilienne P31
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Re: Chili

Message  gérard menvussa le Mar 10 Sep - 18:20

Un article de Daniel Bensaid "dans le feu de l'action" (et de la polémique)


Chili : ceux qui manquent de pudeur
BENSAÏD Daniel
20 September 1973

Au Chili, c’est le mouvement ouvrier international qui vient de subir une défaite. Nous l’avions envisagée et nous la redoutions. Car c’est une défaite dont la portée dépasse à coup sûr les frontières chiliennes.
Savoir reconnaître une défaite

Il est encore difficile d’en mesurer les répercussions continentales. Mais, survenant après le coup d’État en Uruguay, en juillet dernier, elles sont à coup sûr importantes ; même si le rapport de forces entre les classes demeurera incertain aussi longtemps que la bourgeoisie n’aura pas infligé de grave défaite à la classe ouvrière argentine qui reste, sur le continent, la force révolutionnaire décisive. De même, la rupture diplomatique, immédiatement annoncée, de la junte avec Cuba, renforcera l’isolement de l’État ouvrier cubain en Amérique latine, isolement qui l’a déjà poussé à se ranger de plus en plus fidèlement sur les positions de la bureaucratie soviétique.

Le coup d’État militaire au Chili constitue donc pour les travailleurs une défaite sérieuse, aux conséquences complexes, qu’il est trop tôt pour étudier.

Il est en revanche irresponsable d’affirmer, comme le fait d’une plume légère, dans l’organe du comité central du PCF, Jean-Pierre Febrer, spécialiste du Chili : « Cela étant, la lutte continue et continuera, sous d’autres formes et dans d’autres conditions. Plus cruelles sans aucun doute qu’au cours des trois dernières années, mais pas forcément plus difficiles » !

À cette dose, et au moment où la junte massacre des milliers de militants, le crétinisme devient de l’inconvenance, de la goujaterie. Et cet hurluberlu désinvolte vantait dans la presse du PC, à l’intention des travailleurs français, les bienfaits de l’Unité populaire.
La résistance porteuse d’espoir

De même qu’il faut savoir reconnaître une défaite, il faut admettre que les conditions, c’est indiscutable (sauf pour Febrer), sont beaucoup plus difficiles. L’âpreté, l’acharnement de la résistance armée qui semble s’affirmer au Chili n’en prennent que plus de signification et de valeur. Les informations parlent de pertes importantes infligées à l’armée, d’attaques de casernes, de sabotages, de foyers de lutte dans les zones rurales. Cette résistance naissante, si elle se consolide, est porteuse d’espoir. Elle peut éviter que la défaite ne tourne en déroute, en écrasement. Elle peut aider le prolétariat chilien à garder confiance et à se relever plus vite.

C’est pourquoi le soutien politique et matériel est à l’ordre du jour, c’est pourquoi nous participons et participerons à toutes les initiatives unitaires pouvant y contribuer. Ainsi, nous étions présents dès le 13 aux premières manifestations dans toute la France ; présents le lendemain au meeting du comité Chili à la Mutualité ; présents lundi dans les débrayages lancés par les syndicats ainsi qu’à la manifestation appelée par la Jeunesse communiste.

Mais, pour nous, cette activité intense de soutien ne doit pas être contradictoire avec l’ouverture d’un débat précis, sans concessions, sur les raisons de la défaite. La chose est trop grave.
Nous ne nous tairons pas

Certains responsables du PCF, l’Humanité, ne manquent pas (ils l’ont déjà fait) de nous accuser de hurler avec les loups, de manquer de pudeur devant les victimes du massacre… Il serait trop commode de nous imposer silence au moment où il est nécessaire d’établir les responsabilités. Non seulement pour le Chili et pour le passé, mais encore pour l’avenir et la révolution mondiale.

Nous pensons que cette défaite est celle du mouvement ouvrier dans son ensemble ; elle est aussi la nôtre parce que nos camarades chiliens n’ont pas été assez forts pour l’éviter et en subissent les conséquences aujourd’hui au même titre et davantage que les réformistes de l’Unité populaire.

C’est d’ailleurs pourquoi nous pensons que le soutien doit être unitaire et sans exclusive. Mais nous ne renonçons pas à la critique, nous ne renonçons pas à tirer les leçons nécessaires.

Ainsi, nous ne voulons pas que la révolution chilienne soit identifiée à l’Unité populaire ou à la personne d’Allende, comme tend à le faire le bureau national du PSU en parlant de « l’espoir que l’expérience de l’Unité populaire a fait naître au cœur des travailleurs du monde entier ». Nous le refusons parce que la politique de l’Unité populaire, son respect de la loi bourgeoise, ses élucubrations sur l’armée, ont conduit à la défaite et trahi l’espoir qu’elle faisait naître. Et Allende n’est pas Guevara.

La révolution chilienne se relèvera, pas l’Unité populaire.

Nous refusons de nous taire parce que nous refusons que l’enterrement silencieux de l’Unité populaire prépare des expériences analogues aboutissant à des résultats analogues. N’est-il pas effarant d’entendre Ellenstein, historien du PCF, confier au journal Le Point : « Enfin, tout de même, il sera plus facile en France d’obtenir l’obéissance au pouvoir légal d’une armée qui, malgré 1958, a de solides traditions en la matière ». À part 1958 (bagatelle !), l’armée démocratique française a derrière elle l’écrasement des Communards par les généraux bouchers du type Gallifet, le corps expéditionnaire du général Weygand contre la Révolution russe, les guerres coloniales d’Indochine et d’Algérie, avec leur cortège de tortures, un maréchal collabo, Pétain, et un général putschiste (de Gaulle) ; sans oublier les candidats dictateurs de Boulanger à Salan… Ellenstein est un historien sans mémoire et un martyr persévérant.

Ceux qui manquent de pudeur aujourd’hui, ce sont ceux qui, par-dessus les sacrifices et les corps des travailleurs chiliens, engagent sans frémir les travailleurs dans les mêmes coupe-gorge sanglants.

C’est pourquoi nous ouvrons le débat.

Daniel Bensaïd

Au lendemain du coup d’Etat de Pinochet : « Tous aux côtés des travailleurs chiliens »
BENSAÏD Daniel
12 septembre 2013

L’armée chilienne, dont on avait tant vanté le loyalisme, l’apolitisme, la tradition démocratique, cette armée chilienne assassine les travailleurs. Ceux-là même, comme le général Pinochet, qui siégeaient encore au gouvernement il y a quelques semaines, sont à la tête du coup d’État.

Le gouvernement légal d’Unité populaire a été balayé sans coup férir, laissant face à face l’armée et la classe ouvrière.

Une défaite sanglante du prolétariat chilien constituerait un coup très dur et profond pour le mouvement ouvrier latino-américain et international. Tel est l’enjeu. C’est pourquoi la mobilisation générale aux côtés des travailleurs chiliens, est la tâche de l’heure.

Au Chili même, tout dépend du degré d’organisation et d’armement des masses, de leur capacité à faire front, à centraliser leurs forces en une milice ouvrière de combat.

Ce coup d’État militaire prouve sinistrement que l’Unité populaire ne détenait que l’ombre du pouvoir. Il serait impensable autrement qu’elle ait été surprise à ce point par un putsch aussi massif à l’échelle du pays.

Le suicide d’Allende, s’il est confirmé, ne serait que la conclusion logique et symbolique du suicide politique de l’Unité populaire qui n’a en rien préparer cette épreuve de force prévisible. « Les forces armées chiliennes ne se prêteront pas à une intervention déshonorante contre le pouvoir civil », assurait Allende en décembre dernier ; « nous éviterons la guerre civile », affirmait-il encore la semaine dernière.

Peut-on imaginer pareil aveuglément ?

Allende l’a payé de sa vie. Pourtant, l’expérience du mouvement ouvrier est déjà lourde de leçons tragiques. Depuis le pronunciamiento militaire d’Espagne en 1936, jusqu’au coup d’État bolivien de Banzer en 1971, en passant par le massacre des travailleurs indonésiens en 1965, par le coup d’État de Grèce, par l’assassinat des communistes soudanais !

L’affrontement entre l’appareil d’État, militaire et policier, de la bourgeoisie et les masses en lutte pour leur émancipation est inéluctable. Combien de fois faudra-t-il encore parcourir le chemin sanglant des capitulations et des illusions réformistes pour s’en convaincre ?

Et qui sont les aventuriers ? Qui sont les irresponsables ?

Qui, si ce ne sont les directions réformistes du mouvement ouvrier qui retombent les yeux fermés dans le même coupe-gorge, conduisant les masses au massacre ? Ils ont été jusqu’à cirer la botte qui les écrase aujourd’hui.

Et que trouveront à dire aujourd’hui ceux qui, il y a quelques mois, prenaient la voie chilienne comme exemple de passage pacifique au socialisme. Quelle leçon tire Mitterrand, qui bredouille quelques phrases embarrassées sur la malveillance des trusts ? Et Marchais, qui poursuit à cette occasion la querelle stérile sur l’alternance ? Et Fajon, qui fixait comme tache principale il y a une semaine, dans une conférence de presse sur le Chili, la lutte contre la « phraséologie » de l’extrême gauche ? Et Àndrieu, qui constate avec surprise dans L’Humanité que les militaires factieux l’ont, « dans cette sanglante affaire » emporté sur les loyalistes ?

Oseront-ils dire que la faiblesse de l’Unité populaire vient de ce qu’elle n’était pas assez légale parce qu’il lui manquait aux dernières élections les 6 % de voix qui l’auraient mise, avec 50 % des suffrages à l’abri de la contestation.

L’impuissance, la veulerie, la bêtise obstinée des réformistes devant une aussi tragique leçon écœurent et révoltent.

On ne ruse pas avec la lutte de classes, on ne mise pas impunément sur la légalité bourgeoise, on ne parie pas sur le légalisme des bandes armées du capital.

Déjà, les détrousseurs de cadavres font remonter le prix du cuivre à Wall-Street. Déjà la réaction internationale soupire avec soulagement : preuve est faite que l’expérience chilienne était une utopie, un rêve respectable, un rêve pour lequel Àllende est mort, mais un rêve quand même, et rien de plus.

Oui, preuve est faite.

Mais la bourgeoisie a tort de se réjouir. Ce que les travailleurs retiendront de par le monde, c’est que les révolutions russe, chinoise, cubaine, vietnamienne, ont coûté beaucoup moins cher à leur classe que les louvoiements et les demi-mesures réformistes du Chili, de l’Indonésie, de l’Espagne.

Ils retiendront qu’il n’y a d’autre solution que d’abattre par la levée en masse, par la force, l’appareil d’État de la bourgeoisie, que d’écraser sa meute de chiens sanglants. En un mot, qu’il n’y a d’autre solution que la révolution.

La réaction devrait attendre avant de plastronner. Les travailleurs chiliens ne se laisseront pas facilement déposséder de leurs conquêtes, expulser de leurs usines. Passées les premières heures de confusion, elle voit déjà que le prolétariat tient tête de façon autrement coriace que les ministres de l’Unité populaire, les armes à la main.

Et que l’avant-garde révolutionnaire internationale saura en tenir compte.

Daniel Bensaïd, 12 septembre 1973

et une analyse du même Daniel, en 2005 face aux reniements de quelques anciens révolutionnaires :

Chili : Les souvenirs d’un amnésique
BENSAÏD Daniel
septembre 2003

Dans un bref entretien publié par le journal Le Monde (12 septembre 2003), Marco Aurelio Garcia, ancien militant du Mir chilien, aujourd’hui conseiller diplomatique personnel du président Lula, revient sur les leçons du coup d’Etat chilien.

1. La « principale leçon à retenir » serait « qu’un projet de transformation politique a besoin d’un système d’alliance fort ». Soit. Marco Aurelio se demande en conséquence pourquoi l’alliance large entre l’Unité populaire et la démocratie chrétienne, esquissée en 1970 à l’occasion de l’assassinat du général Schneider, commandant de l’armée, n’a pas été confirmée et consolidée par la suite. Comme si la question des alliances était séparable de celle des politiques suivies et comme si pouvait être mise entre parenthèse la logique conflictuelle de la lutte des classes. Devant la radicalisation du mouvement, l’extension de l’ère de propriété sociale en 1972, les tentatives d’autodéfense de masses (notamment au lendemain de la tentative avortée de coup d’Etat de juin 1972 annonçant le coup réussi du 11 septembre), les partis bourgeois ont logiquement défendu l’ordre bourgeois contre l’extension des conquêtes sociales, l’organisation des soldats dans l’armée, la centralisation des cordons industriels et des commandos communaux. Marco Aurelio aurait-il oublié qu’après la crise d’octobre 1972, la réponse fut précisément un « élargissement de l’alliance » sous forme d’intégration des généraux au gouvernement. Le secrétaire général du PC, Luis Corvalan, déclarait alors : « Il ne fait aucun doute que le cabinet où sont représentées les trois branches des forces armées constitue une digue contre la sédition » ! Le scénario s’est répété lors de la crise de juin 1973, Pinochet en personne accédant alors au gouvernement pour mieux préparer son sinistre coup.

2. La question devient alors de savoir s’il fallait sacrifier à cet improbable élargissement des alliances une politique de réformes visant à consolider le soutien populaire au gouvernement Allende. C’est ce que suggère Marco Aurelio Garcia, en incriminant « la fuite en avant » d’une bonne partie de la gauche chilienne, comme si cette gauche radicale portait ainsi la moindre responsabilité d’un coup d’Etat fomenté par les réaction et la CIA (c’est aujourd’hui largement documenté et établi) dans le cadre du sinistre plan Condor, dès la victoire électorale d’Allende. Le sabotage illustré par la grève patronale de l’automne 1972 illustre la pression croissante de l’impérialisme et l’étranglement imposé à une économie dont le taux de croissance est passé de 14% en 1971 à 2,4% en 1972.

3. Cette façon de rendre la gauche radicale responsable de l’échec fait écho bien sûr à des polémiques actuelles au sein de la gauche. Pour Marco Aurelio Garcia, la faute du MIR (mouvement de la gauche révolutionnaire, principale organisation de l’extrême-gauche) aurait été de « se cantonner dans une position erronée, voulant constituer une alternative absolue au lieu d’être le versant critique de l’Unité populaire. » Marco Aurelio sait pourtant fort bien que le Mir a soutenu la victoire de l’UP et, sans y participer, le gouvernement Allende (allant jusqu’à assurer la garde personnelle du président). En 1972, le MIR envisagea même d’entrée au gouvernement, mais il renonça devant le cours droitier en matière de politique économique et d’alliances impulsé par le Parti communiste.

La question est ailleurs, dans l’hypothèse stratégique de guerre populaire prolongée qui guidait alors l’action du MIR. Le MIR s’attendait à un renversement du gouvernement mais sous la forme d’une défaite limitée qui donnerait le coup d’envoi de cette guerre prolongée. Dès lors il se préparait davantage aux tâches imaginaires du lendemain ou du surlendemain davantage qu’à la tâche de l’heure : l’affrontement dont la menace se précisait tout au long de l’année 1973. C’est d’ailleurs sur ce point que revient aujourd’hui l’un des rares survivants de la direction du MIR, Andrès Pascal, estimant que l’erreur stratégique fut de ne pas tenter de répliquer au « tankazo » (le coup avorté de juin 73) par une contre offensive insurrectionnelle, sociale et armée.

4. Marco Aurelio Garcia juge illusoire ette « prolématique du double pouvoir » selon laquelle les cordons industriels pouvaient constituer des embryons de soviets. C’est toute la question. La centralisation des cordons et des commandos communaux, combinée à des expériences démocratiques larges comme l’assemblée populaire de Conception, pouvait-elle déboucher sur la formation d’un pouvoir populaire constituant ? Il ne suffit pas de constater les faiblesses ou les forces. Elles dépendent en partie des stratégies et des volontés en présence. Et si, comme l’affirme Garcia, il n’y a « quasiment pas eu de résistance au coup d’Etat » (jugement pour le moins expéditif et unilatéral), il faut s’interroger sur la manière dont cette résistance a été préparée et sur les mots d’ordre qui n’ont pas été lancés le jour où Pinochet a fait bombarder la Moneda.

Bien sûr, pour poser le problème dans ces termes, encore faut-il admettre que la radicalisation d’un processus révolutionnaire n’est qu’une réponse, dans une escalade aux extrêmes, à une contre-révolution en marche. L’hypothèse tranquille d’un consensus social avec la bourgeoisie et d’une bénédiction de l’impérialisme est tout aussi irréelle que celle d’une stabilisation démocratique du gouvernement Kerensky entre février et octobre. Les Kornilov et les Pinochet ne l’ont jamais entendu de cette oreille.

5. Pour faire bonne mesure, Le Monde publie, dans son numéro du 12 septembre, un article de Jorge Castaneda (ancien ministre mexicain des relations extérieures du gouvernment Fox) décrétant imprudemment que « l’ère des révolutions est close » (et celle des contre-révolutions ?), ainsi qu’un article de Paolo Antonio Paranagua tendant à réduire les expériences stratégiquement fort diverses (de Cuba au Nicaragua et au Salvador, en passant par la Bolivie, le Pérou, ou l’Argentine), à une « pulsion de mort » (sic !) des militants. Qu’il entre une part d’ombre dans les motivations individuelles, c’est une banalité universelle. Cela n’autorise nullement à psychologiser et à dépolitiser les engagements et leur sens politique au cliché journalistique de la fuite en avant suicidaire, comme il devient de bon ton de le faire, notamment à propos de la mort du Che en Bolivie.

6. Elargissant la portée des leçons du Chili, Marco Aurelio Garcia rend hommage à la lucidité « du dirigeant communiste italien Enrico Berlinguer » qui « a remarqué d’emblée qu’un ne peut pas gouverner avec une faible majorité ». L’expérience chilienne a en effet aussitôt servi d’argument (d’alibi) à la gauche respectueuse européenne pour précher « le compromis historique » ou le « pacte de la Moncloa ». Un quart de siècle plus tard, quel est leur bilan. Le compromis historique a contribué à désarmer le mouvement ouvrier italien et conduit à la débâcle de l’Olivier et à l’avènement de Berlusconi. Berlinguer et ses héritiers (comme Robert Hue) ont sacrifié l’alternative aux alliances. Ils ont ainsi évité les coups d’Etat, mais au prix d’un renoncement à tout changement social sérieux, d’un enfoncement dans la crise, et d’une capitulation en rase campagne devant la contre-réforme libérale.

7. Ce retour pour le moins étrange en forme d’oraison funèbre sur l’expérience chilienne permet à Marco Aurelio Garcia d’établir un parallèle entre le « modèle chilien » et le « modèle brésilien », entre le gouvernement Allende et le gouvernement Lula, à l’avantage écrasant du second bien sûr. Mieux vaudrait « laisser du temps au temps ». Nous avons à l’époque adressé des critiques (parfois peut-être excessivement sévères) à Salvador Allende. Il n’empêche que le personnage mérite le respect et tiendra dignement son rang dans l’histoire. Si la politique libérale suivie depuis le début de l’année (au nom des alliances les plus larges) par le gouvernement Lula continue, il n’est pas sûr, hélas, que, d’ici quelques années, le « modèle brésilien » n’apparaisse comme un exemple de plus d’une capitulation sans grandeur devant l’ordre dominant. Il paraît que Lula est obsédé par l’idée de ne pas finir comme Walesa. Rien ne dit en effet qu’il parvienne à l’éviter.
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Re: Chili

Message  Roseau le Mar 10 Sep - 23:47

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Ni pardon, ni oubli : la lutte continue !

Message  Antonio Valledor le Mer 11 Sep - 10:34

Nous sommes un pays où la seule chose qui n’a pas été privatisée est notre indignation et notre conviction que la lutte doit continuer. Cela, ils ne pourront jamais nous l’enlever, parce que l’histoire de notre peuple est présente dans la mémoire de tous ceux et de toutes celles qui se dressent contre le capitalisme et parce que nous continuons aujourd’hui à écrire l’histoire.

Pour tous les nôtres qui sont tombés : Ni pardon, ni oubli. Notre meilleur hommage et de poursuivre la lutte.

http://www.avanti4.be/actualite/article/chili-40-ans-apres-le-coup-d-etat-ni-pardon-ni

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Chez nos camarades belges

Message  Vic le Mer 11 Sep - 10:54

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Par Daniel Bensaid

Message  Roseau le Mer 11 Sep - 12:08

Série d'articles de Daniel disponibles ici:
http://www.europe-solidaire.org/

- JEBRAC Daniel, BENSAÏD Daniel - 12 septembre 1983 Chili, la dictature chancelle – 10 ans après le coup d’État du 11 septembre 1973

- BENSAÏD Daniel - 12 septembre 2013 Au lendemain du coup d’Etat de Pinochet : « Tous aux côtés des travailleurs chiliens »

- BENSAÏD Daniel - 19 octobre 1973 Chili, les révolutionnaires face à la junte

- BENSAÏD Daniel - septembre 2003 Chili : Les souvenirs d’un amnésique

- BENSAÏD Daniel - 14 septembre 1973 A l’heure de Pinochet : Chili, la marche au coup d’État

- BENSAÏD Daniel - 20 September 1973 Chili : ceux qui manquent de pudeur

- BENSAÏD Daniel - 11 janvier 1973 Chili, le passé c’est le présent

-BENSAÏD Daniel, Rouge - 1973 Avant le coup d’Etat de Pinochet : « Chili, le socialisme sans la révolution ? »

- BENSAÏD Daniel, Rouge - 16 septembre 1973 Aux lendemain du coup d’Etat de Pinochet : « Chili, quatre questions, quatre réponses »
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Re: Chili

Message  Vic le Mer 11 Sep - 13:32

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Re: Chili

Message  sylvestre le Mer 11 Sep - 16:07

Un extrait du nouveau livre de Frank Gaudichaud, Mille jours qui ébranlèrent le monde. Le gouvernement Allende vu d'en bas.   qui donne bien envie : Septembre 1973 : la révolution chilienne désarmée

le thème de l’histoire de l’Unité populaire et des Cordons industriels devrait être, plus exactement, celui de la non-insurrection armée de la voie chilienne. Thème qui en réalité constitue la grande question sur l’histoire du mouvement ouvrier au Chili
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Re: Chili

Message  mykha le Mer 11 Sep - 21:09

Il y a 40 ans, Chili, 11 septembre 1973 : le coup d'État de Pinochet et l'écrasement du mouvement ouvrier

Il y a quarante ans, le 11 septembre 1973, une junte militaire dirigée par le général Augusto Pinochet prenait le pouvoir au Chili, renversant le gouvernement d'Unité populaire dirigé par le socialiste Salvador Allende.
Allende avait été porté au pouvoir trois ans auparavant, en septembre 1970, dans le cadre d'une alliance électorale dont les principales composantes étaient le Parti communiste, le Parti radical, le MAPU (scission de gauche de la Démocratie chrétienne). Mais le résultat électoral de cette coalition de gauche étant insuffisant pour former une majorité, les dirigeants du Parti socialiste et du Parti communiste avaient conclu un accord avec la Démocratie chrétienne, parti de centre droit dirigé par le président sortant Eduardo Frei, au pouvoir depuis cinq ans mais fortement discrédité.

Par cette alliance, les dirigeants socialistes et communistes de l'Unité populaire montraient qu'ils entendaient gouverner dans le respect de l'ordre social et institutionnel, tout en promettant le changement à la classe ouvrière et à la paysannerie. L'arrivée au pouvoir par les urnes d'Allende fut saluée par la gauche dans de nombreux pays comme la preuve qu'il était possible d'aller au socialisme par la voie électorale. Un slogan crié alors au Chili et dans les milieux de gauche de nombreux pays proclamait : « Le peuple uni ne sera jamais vaincu ». Il illustrait un espoir sans doute, mais aussi bien des illusions dont l'issue fut tragique.

DU RÉFORMISME DE DROITE AU RÉFORMISME DE GAUCHE

Le Chili qui, dans les années 1960-1970, comptait environ 10 millions d'habitants, était parmi les pays d'Amérique latine au revenu moyen par tête d'habitant le plus élevé. Néanmoins, l'immense majorité des paysans vivait dans la misère. Les mines, les industries, les banques appartenaient aux compagnies nord-américaines ou aux plus riches familles.
Il y avait au Chili une tradition de luttes sociales et un mouvement ouvrier avec des partis de gauche et un mouvement syndical importants, représentés notamment par la CUT (Centrale unique des travailleurs), étroitement liée au Parti communiste.
Les tentatives de réformes du gouvernement du démocrate chrétien Eduardo Frei, au pouvoir depuis 1964, ne changèrent rien à la situation des classes populaires. Les grèves se multipliaient et en 1966, l'armée tira sur les mineurs à El Salvador. Le responsable de la tuerie était le colonel Augusto Pinochet.
Le gouvernement d'Allende et ses alliés répondit au mécontentement populaire en promettant des réformes sociales, entre autres une réforme agraire radicale et de nouvelles nationalisations. En effet, en butte à l'opposition des classes possédantes, il avait besoin de gagner l'appui des classes populaires. Allende s'engageait à faire appel à leur mobilisation si les classes possédantes et l'armée s'opposaient à ses réformes. Mais en même temps il expliquait aux ouvriers, aux mineurs, aux paysans, qu'il fallait savoir composer avec Eduardo Frei et limiter provisoirement leurs exigences. En réalité, le nouveau gouvernement choisissait de marcher dans les pas du précédent.
Au lendemain de sa mise en place, le gouvernement d'Unité populaire prit quelques mesures en faveur des plus pauvres. Elles valurent à Allende une certaine popularité, en leur assurant notamment la distribution de produits alimentaires de base. Mais c'était peu et cela ne faisait pas oublier que les mesures de réforme agraire profitaient essentiellement aux couches moyennes de la paysannerie. Quant aux nationalisations, elles s'accompagnaient de procédures de rachat par l'État, ruineuses pour les finances publiques.

LA MONTÉE DES TENSIONS SOCIALES

Au fil des semaines et des mois, l'agitation sociale continua, marquée par les luttes des travailleurs, des mineurs, des paysans pauvres. Le régime paraissait impuissant tandis que les classes moyennes s'agitaient et que l'armée faisait pression pour exiger le maintien de l'ordre.
La crise s'aggrava en juillet 1971, au lendemain de la nationalisation des mines de cuivre, quand apparurent les conséquences des mesures de « rachat » sur l'endettement du pays. Le mécontentement des classes moyennes fut exploité par la droite et l'extrême droite. Des manifestations de bourgeois et petits-bourgeois hostiles à Allende parcouraient les rues des grandes villes en clamant leur opposition à une politique qui, selon eux, conduisait le pays à la ruine. En octobre 1972 éclata une ample grève des camionneurs, organisée par la droite et soutenue par la bourgeoisie chilienne, les directions d'entreprises liées aux capitaux américains, ainsi que par l'extrême droite et une partie de l'état-major.
La situation était tendue sur tous les fronts car en même temps, dans les quartiers populaires et les campagnes, le mécontentement se traduisait par des grèves, des occupations de terres et des manifestations. La menace d'une intervention de l'armée devint de plus en plus pressante. Même si aux élections législatives de mars 1973, l'Unité populaire resta majoritaire avec 43,4 % de voix.
À diverses reprises, Salvador Allende renouvela ses appels aux classes populaires, déclarant vouloir leur appui et se disant prêt à leur donner des armes si son gouvernement était menacé. En réalité, les dirigeants de l'Unité populaire tentaient de montrer leur capacité à calmer les revendications populaires, alors que les mouvements sociaux se développaient et que la classe ouvrière s'organisait.
Mais bientôt les mineurs de cuivre ripostèrent par la grève aux attaques du patronat des mines. Lors d'une manifestation à Santiago, de nombreux affrontements eurent lieu. La situation devint encore plus tendue.

FACE À UN COUP D'ÉTAT ANNONCÉ, LA CLASSE OUVRIÈRE DÉSARMÉE

L'extrême droite et les militaires intervenaient de plus en plus contre la population dans les campagnes et les quartiers populaires. Mais les travailleurs de leur côté s'organisaient et faisaient face, se défendant contre les nervis d'extrême droite et se mobilisant pour combattre le marché noir et assurer le ravitaillement dans les quartiers. Alors que, du côté des militaires, il devenait de plus en plus évident qu'un putsch se préparait, la classe ouvrière se montrait prête à réagir si on le lui demandait.
Mais Allende demanda aux classes populaires de la sagesse et... des efforts pour augmenter la production afin de combattre le fascisme. Quant au Parti communiste, il lança une campagne de pétitions pour dire « Non à la guerre civile ». En fait, les dirigeants du gouvernement d'Unité populaire démobilisaient la classe ouvrière.
Une première tentative de coup d'État militaire échoua le 29 juin 1973. Allende chercha à se concilier les militaires et, le 9 août, il les appela au gouvernement, nommant Pinochet commandant en chef des armées. L'armée, relayée par l'extrême droite, commença à prendre le contrôle de régions entières.
Face à cette situation, les classes populaires attendaient des chefs de l'Unité populaire des consignes et des armes. Allende leur répondit le 9 septembre en proposant l'organisation d'un référendum !
Le 11 septembre, le coup d'État militaire, au cours duquel Pinochet fit bombarder le palais présidentiel, ne fut pas une surprise. Mais tous ceux qui, dans les villes, les campagnes, les quartiers populaires, se préparaient à faire face aux militaires, attendirent en vain les consignes et les armes que les dirigeants du Parti socialiste et du Parti communiste leur avaient promises.
Rien ne vint. L'armée ne se cassa pas en deux comme l'avaient laissé espérer les dirigeants du gouvernement d'Unité populaire. Les carabiniers, hostiles à Pinochet, se rangèrent du côté de l'état-­major après avoir attendu en vain des ordres du gouvernement qui ne vinrent pas. Tous ceux qui refusèrent d'obéir furent exécutés. En quelques jours, des dizaines de milliers de personnes, travailleurs, paysans, militants et suspects furent arrêtés, parqués dans des stades, des terrains vagues. Beaucoup furent torturés, des milliers furent exécutés. La mort d'Allende, dont on apprit plus tard qu'il s'agissait d'un suicide, fut annoncée.
Il s'agissait de briser par la terreur toute velléité de résistance des classes populaires. La gauche et le mouvement ouvrier chiliens étaient écrasés. Le peuple chilien entrait dans les ténèbres d'une dictature qui allait durer dix-sept ans.
Salvadore Allende est aujourd'hui célébré à gauche comme un martyr victime de la réaction et des violences militaires, mais c'est une partie de la réalité. La politique réformiste d'Allende et des partis de l'Unité populaire se voulait respectueuse de la bourgeoisie, de la propriété capitaliste, mais aussi de l'armée, des institutions et de l'ordre bourgeois. Face à la réaction militaire, appuyée par la bourgeoisie chilienne et par l'impérialisme américain, ils excluaient de faire appel à une mobilisation populaire qui serait alors devenue révolutionnaire. Ce faisant, ils conduisaient consciemment les travailleurs à l'abattoir.
Le suicide d'Allende, préférant se donner la mort plutôt que d'organiser la lutte du peuple qui l'avait soutenu, reste aussi le symbole de l'impasse du réformisme.
Henriette MAUTHEY
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Re: Chili

Message  gérard menvussa le Mer 11 Sep - 22:25

>

Si l'intégration ne fonctionne pas : voir ici : http://www.youtube.com/watch?v=eWr69zk0tlg#t=29

Echange entre Carmen Castillo (dirigeante du mir à l'époque, et cineaste aujourd'hui)  et  alain Krivine, mené par Olivier Besancenot


Dernière édition par gérard menvussa le Ven 20 Sep - 7:12, édité 1 fois
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Message  Roseau le Mer 11 Sep - 22:57

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Re: Chili

Message  Roseau le Mer 11 Sep - 23:29

Les conséquences de la dictature chilienne sont d'une cruelle actualité

11 septembre 2013 | Par Les invités de Mediapart

Les militaires n'ont pas seulement renversé le gouvernement d'Allende, ils ont changé radicalement le Chili, rappelle Ricardo Parvex, vice-président de l’Association d’ex-prisonniers politiques chiliens. Ce sont encore les lois de la dictature qui régissent le cadre institutionnel, économique et social du pays, plus de vingt ans après le retour à la démocratie.

--------------------------------------------------------------------------------

Commenter et analyser des événements vieux de quarante ans tel que le coup d’Etat de septembre 1973 contre le président chilien Salvador Allende font d’habitude plus partie du métier de l’historien que du journaliste. Certes, dans le déroulement de la vie d’une nation, il y a toujours un moment où les événements politiques traversent le seuil chronologique qui les fait devenir des faits historiques. On pourrait penser que quatre décennies après le putsch contre le gouvernement de l’Unité populaire, cet acte brutal ainsi que ses conséquences feraient plutôt l’objet de livres d’histoire que de l’actualité des médias. Or c’est loin d’être le cas.

S’agit-il seulement d'une volonté tenace de faire vivre la mémoire ? Ou d’une volonté farouche de ne pas oublier ? C’est peut-être en partie le cas. Deux raisons pourtant semblent contribuer à ce que cela se passe autrement. D’une part, la plupart des protagonistes de cette expérience politique démocratique et novatrice étaient des jeunes débutant leur vie d’adultes. Il s’agissait d’un processus de changements profonds ayant pour acteur la plus clairvoyante et la plus dynamique jeunesse du Chili de l’époque. Bien qu’aujourd’hui un bon nombre d’entre eux aient déjà atteint ou dépassé la soixantaine, l’interruption brutale de leur rêve créateur des années Allende reste une plaie béante.

D’autre part, sans doute la principale raison de cet « entêtement » réside dans la violence et dans la profondeur des bouleversements entraînés par la dictature militaire. En effet, le Chili des années 1960 et 1970 était considéré par la plupart des observateurs internationaux comme l’un des –sinon le seul– pays les plus démocratiques de l’Amérique latine. La stabilité politique rythmée par des élections démocratiques et régulières, la présence de l’Etat dans le développement économique, la surveillance protectrice des autorités en matière sociale, la préoccupation des différents gouvernements concernant l’éducation, etc. faisaient de ce pays une exception au milieu de la misère et l’oppression imposées par les dictatures des pays environnants.

Ce que les militaires chiliens ont réussi à faire, ce n’est pas seulement de renverser un gouvernement qui ne leur plaisait pas, mais d'opérer une véritable révolution qui changea radicalement les relations sociales et de classes dans le pays. Plus de Constitution, plus de code du travail, plus de syndicats ni de partis politiques, plus de liberté de presse et surtout plus de pouvoir législatif ni de Parlement. Une fois le pays mis au pas, les militaires ont pu faire revenir en arrière l’horloge de l’Histoire et mettre un terme à tout ce qui avait fait du Chili la nation progressiste et démocratique qu’elle était.

Bien que terminée formellement en 1990, la dictature et ses lois continuent à fixer (et figer) le cadre constitutionnel (Constitution pinochétiste de 1980), économique (économie de marché ultralibérale, non régulée et guère contrôlée par l’Etat) et social du pays. Un si lourd héritage a fait du Chili l’un des pays les plus inégalitaires au monde, malgré son important développement économique. Puisqu’aucune des marques imposées par la tyrannie n’a changé, il est normal que, quarante ans après le putsch de 1973, les persistantes conséquences laissées par la dictature sur la vie quotidienne de tous les Chiliens continuent à être d’une cruelle et pesante actualité.

Ricardo Parvex, vice-président de l’Association d’ex-prisonniers politiques chiliens en France
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Retour sur une expérience révolutionnaire (II)

Message  Antonio Valledor le Jeu 12 Sep - 11:01


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Chili

Message  Roseau le Jeu 12 Sep - 18:52

Des nouvelles révélations montrent que la dictature chilienne
s’est servie de puissants poisons contre ses opposants.

Voilà pourquoi il faut commencer par démanteler
les ADM des grandes puissances impérialistes,
chimiques, biologiques et nucléaires !

http://www.courrierinternational.com/article/2013/09/05/les-secrets-de-l-arsenal-chimique-de-pinochet
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Documentaire : FISURA (du "modèle" chilien)

Message  Roseau le Sam 14 Sep - 13:20

Vous pouvez financer l'édition du documentaire FISURA (du "modèle" chilien) en le pré-commandant.

40 ans après le coup d'état militaire de Pinochet, FISURA est une enquête au travers de différents personnages sur la crise de légitimité du modèle néolibéral chilien installé pendant la dictature militaire et approfondi par les gouvernements suivants, la Concertation et la droite. Focus sur le mouvement étudiant, lycéen mais aussi les mobilisations pour la préservation de l’environnement et leurs conséquences qui pourraient ouvrir la brèche à une transformation sociale profonde au Chili. Une partie du documentaire est réalisée dans l'université alternative des Paysans Sans Terre brésiliens à São Paulo, l'ENFF.

Réalisation : Julien Terrié

Production : France Amérique Latine
(www.faltoulouse.fr ou www.franceameriquelatine.org)

Partenariat : Coopérative audiovisuelle llalliypacha
http://videosllalliypacha.blogspot.fr/

Faites circuler !
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Documentaire "Victor Jara"

Message  Vic le Mar 17 Sep - 12:34

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Re: Chili

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