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Japon

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Message  Vérosa_2 le Mer 23 Mar - 17:55

Ensuite, nous verrons, la population pourra décider en toute connaissance de cause.
Je ne pense pas que le problème pourra se régler aussi simplement que cela au prétexte que le socialisme tel qu’il est communément "écrit" serait la résolution de tous les maux.

La société future pour le bien commun ne peut pas se contenter de socialiser l’existant. Nous devons préalablement, dès maintenant, revoir notre rapport à la production et au progrès tel que l’applique le capitalisme depuis 30 à 50 ans (début de l’ère technocratique dans le cycle de restructuration du MPC ayant donné naissance au modèle néo-libéral dans le milieu des années 1970). Laisser décider la population "en toute connaissance de cause" est chose impossible, en cela que les cercles de décisions (bien entendu) - mais surtout depuis peu ceux du savoir - sont concentrés dans les mains d’une poignée d’experts. Comment les travailleurs, qui ignorent pour bonne partie la nature complexe des technologies à l’oeuvre, pourraient-ils décider quoique ce soit ? Ce n’est pas la mise en place de conseils qui va changer la donne face à ce fait établi. Dit autrement et quitte à caricaturer un peu le propos pour la bonne cause: aujourd’hui, prétendre que " le socialisme, c’est les soviets et l’électricité " est un point de vue totalement caduc, voire réactionnaire.

Les doutes que j’exprime mis à vis de l’héritage technocratique incontrôlable me paraissent valables pour le nucléaire et l’extrême secret dont il fait l’objet, qui a d’ailleurs atteint son paroxysme depuis le 11 Septembre 2001 sous le faux prétexte de lutte anti-terroriste, et tout cela n’est donc pas qu’une simple histoire liée au profit, mais procède aussi d’un but idéologique.

C’est également valable pour d’autres domaines. J’avais préalablement sur un autre sujet mentionné mes craintes à propos de l’urbanisme démentiel – reflet, lui aussi, de la technocratie - que produit le capital depuis un demi-siècle. A mon sens, construire des logements décents pour tous, en lieu et place des bidonvilles inondant New-Dehli et Bombay (je cite l’Inde, car c’est un pays que je connais un peu), ne règle pas la question de l’harmonie et du bien-être de la vie quotidienne des habitants de ces mégalopoles. Ce serait certes un grand pas en avant, mais cela resterait un moindre mal. Il en va de même pour la socialisation et la gratuité des moyens de communication et d’habitat dans les grandes conurbations du globe (Bos-Wash 40 à 45 millions d’habitants, RandStat-Ruhr-Sarre 30 millions d’habitants, Tokyo 35 millions, etc… etc…), cela contribuera certes à un progrès social où la valeur ne sera plus la question centrale, mais cela n’aboutira pas à une réelle amélioration de la vie de tous les jours.

Le capitalisme va nous léguer une poubelle gigantesque, et dans cette poubelle résultant " des eaux glacées du calcul égoïste ", contrairement à ce qu’affirme le slogan du NPA, " tout n’est PAS à nous ". Il est urgent de considérer que tout ce que nous ne pourrons pas maîtriser hormis à entreprendre des efforts colossaux au détriment d’autres axes de développement (ex : le nucléaire), doit dès maintenant faire l’objet d’un passage au crible de la critique, quitte à donner un sacré coup de frein à certains domaines ingérables, quitte à endiguer certaines formes de faux progrès, faux progrès considérés sur ce forum, par certains (pas trop nombreux), comme tenants et aboutissants de toute chose dans le cadre du socialisme.

Ce progrès à tout crin - selon qu’il suffirait simplement de "socialiser les choses" - ne fait pas forcément le bonheur, certaines technologies sont non maîtrisées, d’autres sont inutiles, d’autres enfin sont potentiellement nuisibles. Toutes ces techniques ont été accumulées par le capitalisme dans le cadre du procès de la valeur. Elles ne sont donc pas neutres de par leur nature même, et c’est précisément pourquoi il nous faut en faire passer certaines par-dessus bord.

Il faut cesser ce leurre consistant à croire que les "machines" prétendues neutres feront le boulot à notre place pour la béatitude de chacune et chacun. L’ère technologique et technocratique est un symptôme critique du capital. Croire aveuglément en la toute-puissance de la technologie c’est reproduire le capitalisme dans ce qui fut sa présupposition et les prémices de sa constitution industrielle. Staline a créé le capitalisme d’état et la bureaucratie, revendiquer aujourd’hui un socialisme directement érigé sur les bases du vieux monde c’est entériner la technocratie, forme moderne de la bureaucratie.

Il nous faut de l’imagination tout de suite, et tous ensemble ! Essayer de trouver comment s’affranchir des techniques néfastes propres au capital, inventer des villes à dimensions humaines, inventer comment travailler moins pour gagner du temps à vivre, quitte à ne pas avoir trois "téléviseurs socialo-assommoirs" dans chaque maison, bref : inventer du tissu social et pas seulement du progrès (qui reste indispensable dans nombre de domaines, tel celui de la santé parmi bien d’autres, ça j'en conviens tout à fait).

Je tiens à préciser, pour ceux que mon intervention défriserait, que je ne suis pas un partisan farouche de la décroissance bobo. Quant à l’argument consistant à dire que le progrès scientifique et technique est indispensable pour améliorer les conditions de vie des populations des pays les plus pauvres, je suis le premier convaincu de cette nécessité. Mais c’est un autre sujet.

« Purée quel merdier, va falloir de l’imagination pour en finir avec tout ça, camarades !!! »

Vérosa_2

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Message  verié2 le Mer 23 Mar - 18:19

Je suis entièrement d'accord avec toi, Vérosa, que le socialisme ne consiste pas seulement à socialiser ce que nous léguera le capitalisme - ça pourrait d'ailleurs, pire qu'une poubelle géante, être un champ de ruines.

Un seul point de désaccord :


Verosa
Laisser décider la population "en toute connaissance de cause" est chose impossible, en cela que les cercles de décisions (bien entendu) - mais surtout depuis peu ceux du savoir - sont concentrés dans les mains d’une poignée d’experts. Comment les travailleurs, qui ignorent pour bonne partie la nature complexe des technologies à l’oeuvre, pourraient-ils décider quoique ce soit ? Ce n’est pas la mise en place de conseils qui va changer la donne face à ce fait établi.

J'ai simplifié évidemment, pour éviter d'avoir à développer. Mais il est clair que nous ferons appel aux experts et que ceux-ci devront travailler sous le contrôle de la population. Et cela, c'est parfaitement possible. Il est parfaitement possible de vulgariser un certain nombre de données. Même si tout le monde ne peut pas comprendre tout, c'est évident, tout le monde peut décider en toute connaissance de cause.
Les experts, ceux qui détiennent la connaissance, comme tu le soulignes, travaillent aujourd'hui presque tous pour le capital. Demain, ils travailleront dans d'autres conditions, avec d'autres objectifs que la rentabilité etc.

verié2

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Message  Vérosa_2 le Mer 23 Mar - 18:26

Je n'en suis pas forcément convaincu. Nous avons donc des "intimes convictions" (des avis non basés sur des faits analysés) qui divergent quelque peu. Voir en ce sens ce que j'ai écrit plus haut sur Staline. Il n'est pas impossible que l'histoire puisse se répéter... Les experts sous contrôle de la population et révocables me parait un argument disons un peu "faible".

Mais bon, on va pas en faire un fromage.

Vérosa_2

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Message  verié2 le Mer 23 Mar - 18:41

Vérosa_2 a écrit:Je n'en suis pas forcément convaincu. Nous avons donc des "intimes convictions" (des avis non basés sur des faits analysés) qui divergent quelque peu. Voir en ce sens ce que j'ai écrit plus haut sur Staline. Il n'est pas impossible que l'histoire puisse se répéter... Les experts sous contrôle de la population et révocables me parait un argument disons un peu "faible".

Mais bon, on va pas en faire un fromage.
On s'écarte du Japon, mais c'est évidemment un point important. Tout groupe social disposant un monopole ou d'un semi monopole de connaissances, ou jouant un rôle de coordination/direction/décision risque d'être tenté d'utiliser ce monopole pour son propre compte et de se transformer en classe d'exploiteurs. C'est vrai pour la technocratie nucléaire, comme pour l'ensemble de la technocratie et tous les appareils bureaucratiques qui s'efforcent inévitablement de justifier leur rôle, leur pouvoir, leurs privilèges par leurs compétences. Le problème, c'est aussi qu'on ne peut pas se passer de tous ces gens-là, pas davantage pour coordonner la production à l'échelle mondiale que pour gérer des centrales nucléaires, l'urbanisme etc.

Le problème sera donc que le pouvoir reste vraiment aux mains de la population, que le contrôle permanent le plus strict soit exercé sur tous les appareils techno-bureaucratiques. Mais le neo-stalinisme mondial ne me semble pas inéluctable. Evidemment, c'est un pari...

verié2

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Message  BouffonVert72 le Mer 23 Mar - 18:58

http://www.criirad.org/actualites/dossier2011/japon/11_03_23_Volet_1.pdf


COMMUNIQUE CRIIRAD
23 mars 2011 - 13h

COLERE ET INDIGNATION – VOLET N°1

Les chiffres relatifs à la contamination de l’air existent
mais ils sont confisqués par les Etats !

La publication des données du réseau CTBTO ainsi que des installations nucléaires nordaméricaines nous aurait renseigné précisément sur les niveaux de contamination de l’air et nous aurait permis d’évaluer de façon fiable les niveaux de risque bien avant que les masses d’air contaminé n’arrivent sur l’Europe.

La CRIIRAD lance un appel international, invitant citoyens, associations, scientifiques, élus… de tous pays à se mobiliser à ses côtés afin d’exiger que les résultats relatifs à la contamination radioactive de l’air, obtenus grâce à l’argent public, soient mis à disposition du public ET SERVENT A SA PROTECTION.


Pas de données interprétables pour l’Amérique du nord !

Plus de 10 jours après le début des rejets radioactifs, les masses d’air contaminé ont traversé des pays aussi étendus que les Etats-Unis et le Canada, des pays qui disposent d’équipements performants, leur permettant d’évaluer précisément l’activité volumique de chacun des radionucléides présents, en tout cas des plus problématiques d’un point de vue sanitaire. Or, en dépit des recherches conduites depuis plusieurs jours, la CRIIRAD n’a trouvé aucun chiffre sur la contamination de l’air. Ne sont accessibles que des résultats sur les débits de dose ou les taux d’émissions de rayonnements bêta et gamma, qui ne permettent pas d’évaluer le niveau de risque. Ils ne permettent d’ailleurs même pas d’établir une relation certaine entre l’élévation des valeurs et le passage des masses d’air contaminé.

La CRIIRAD va adresser, aux ambassades de ces deux pays, des demandes officielles pour que soient publiés dans les meilleurs délais les résultats que détiennent forcément les exploitants d’installations nucléaires, qu’elles soient civiles ou militaires.

Précisons à cet égard que les balises de l’IRSN implantées à Saint-Pierre et Miquelon, en Martinique et en Guadeloupe ne mesurent que le niveau de rayonnement (les débits de dose exprimés en μSv/h). Ces résultats ne permettent pas d’évaluer les risques.

Black-out international

A la recherche de stations de mesures intermédiaires entre le Japon et la France, le laboratoire de la CRIIRAD s’est tourné vers le réseau mis en place par l’Organisation du Traité d’Interdiction Complète des Essais
nucléaires (
OTICE)


1
Le CTBTO –Comprehensive Nuclear-Test-Ban Treaty Organisation – est une organisation mise en place dans le cadre du traité d’interdiction totale des essais nucléaires (TICE en français), accord multilatéral ouvert à la signature le 24 septembre 1996 www.ctbto.org

2
L’activité volumique s’exprime en becquerels par mètre cube d’air (notée Bq/m3). Elle renseigne sur le nombre de désintégrations qui se produisent par unité de temps et de volume. Une valeur de 15 Bq/m3 signifie que dans un mètre cube d’air, à chaque seconde, 15 noyaux d’atomes radioactifs se désintègrent en émettant des rayonnements ionisants. Cette valeur décroît en fonction de la période radioactive du radionucléide considéré. La période correspond au temps au bout duquel l’activité est divisée par 2 : 8 jours pour l’iode 131 ; 30 ans pour le césium 137 ; 2 ans pour le césium 134.


Il s’agit de stations de mesure réparties sur l’ensemble de la planète et qui enregistrent divers paramètres afin de contrôler qu’aucun essai nucléaire souterrain n’est effectué en violation des dispositions du traité (cf. Corée du Nord). Elles mesurent plusieurs paramètres : données sismiques, ydroacoustiques, infrasoniques et radionucléides. Une soixantaine de stations sont équipées de laboratoires d’analyses radiologiques (voir carte ci-dessous). Elles sont capables de mesurer de très faibles niveaux de contamination dans l’air car l’une de leurs missions est de mesurer la contamination consécutive aux essais nucléaires atmosphériques.

Ces laboratoires disposent de systèmes de détection de la radioactivité parfaitement adaptés à l’identification et à la quantification des produits radioactifs présents dans les masses d’air contaminé par les rejets radioactifs de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi.

Le samedi 19 mars, la CRIIRAD adressait donc une demande de communication de résultats à Mme THUNBORG, responsable de l’information publique à l’OTICE. Elle nous répondait le lendemain soir qu’elle transmettait notre demande à la division en charge de la sécurité des données
3.
Le lundi, faute de réponse, la CRIIRAD réitérait sa demande en insistant sur l’urgence de la situation et en précisant que faute de réponse rapide elle dénoncerait publiquement la situation. Mme THUNBORG nous conseillait par retour de nous adresser aux autorités françaises et, soucieuse de nous aider, nous orientait vers des articles où des institutions autrichiennes, suédoises ou allemandes qui ont accès aux données avaient laissé filtrer quelques résultats. Nous obtenions ainsi quelques données mais trop parcellaires et impossible à corréler dans l’espace et dans le temps.

Deux heures plus tard, un courriel de M. SCOTTI
4, nous indiquait que « Les données collectées par le réseau des stations du STP ne peuvent être communiquées qu'aux correspondants centres de données nationaux) désignés par les Etats Signataires du TICE. Pour la France, l'organisme destinataire de ces données est le Commissariat à l'Energie Atomique ». Le responsable du laboratoire de la CRIIRAD s’adressait le jour même au CEA : « Je vous serais reconnaissant de m’indiquer comment la CRIIRAD peut avoir accès, dans les meilleurs délais, aux données collectées par les stations de surveillance du réseau de l'OTICE, en particulier en ce qui concerne les radionucléides (notamment Cs137 et I131, Sr 90, gaz rares, tritium, transuraniens). Il s’agit pour nous d’affiner les prévisions concernant l’impact des rejets du site de Fukushima et de répondre aux inquiétudes du public français. »


3
I have forwarded your request to the Division responsible for the Secure data. They will get back to you in regards to your inquiry. Best regards”, Annika THUNBORG, Spokesperson and Chief of Public Information, Preparatory Commission for the Comprehensive Nuclear-Test-Ban Treaty Organization (CTBTO), UN, Vienna, Austria.

4
M. Lucien SCOTTI, Conseiller, Représentation Permanente de la France auprès des Nations Unies et des Organisations Internationales à Vienne


La réponse nous parvenait le lendemain en milieu de journée : aucune donnée ne nous sera communiquée. Le réseau international de mesure obéit à des règles de confidentialité définies strictement par les Etats membres du traité d’Interdiction Complète des Essais. «
Les données sont donc uniquement transmises à des points de contact nationaux nommés par les Etats qui en font une analyse dans l'objectif du Traité, à savoir détecter tout essai nucléaire qui aurait été mené en contradiction avec l'engagement des États ayant ratifié le TICE. ». Pour la France, il s’agit du Commissariat à l’Energie Atomique (CEA), organisme en charge du développement des activités nucléaires militaires et civiles.

La réponse indiquait en outre que «
Suite à l'accident de Fukushima, à la demande des États signataires du TICE, les données sur l’activité des radionucléides sont transmises à l'Agence Internationale de l'Energie Atomique (AIEA) et à l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Les équipes de ces deux organisations en charge des aspects sûreté et radioprotection peuvent ainsi les utiliser en complément de l'ensemble des données fournies par les États, pour établir les évaluations nécessaires à la protection des personnes susceptibles d'être concernées par les retombées de l'accident. ». Or, ni l’AIEA, ni l’OMS n’ont rendu publics ces résultats.

Il faut dire que l’AIEA a en charge la
promotion des activités nucléaires civiles (voir statuts)5 et que l’OMS qui est normalement en charge de la santé publique a signé avec l’AIEA, dès 1959, un accord qui dispose que les deux agences « agiront en coopération étroite et se consulteront régulièrement ».

BILAN : depuis plus de 10 jours, la centrale nucléaire de FUKUSHIMA DAIICHI rejette des produits radioactifs dans l’atmosphère : ces rejets ne sont ni maîtrisés ni quantifiés. Dans le même temps des stations de mesures réparties sur l’ensemble de notre planète enregistrent les niveaux de radioactivité de l’air et suivent pas à pas l’évolution de la radioactivité dans l’espace et dans le temps… mais veillent jalousement à ce que ces données restent secrètes.

Cette situation est choquante en temps normal, totalement inacceptable en situation d’urgence radiologique. Et d’autant plus inacceptable que ce réseau de mesure est financé par l’argent public !

Les Etats cotisent en effet à hauteur de 55 700 000 € pour faire fonctionner les stations de mesure. Les citoyens américains respirent depuis le 17 mars dernier les particules radioactives rejetées par les réacteurs nucléaires et les piscines de stockage de combustible irradié de la centrale de FUKUSHIMA DAIICHI. Premiers contributeurs au budget du réseau, ils apprécieront de n’avoir strictement aucune donnée en contrepartie de leurs 12 millions d’euros. Un sacré marché de dupes. A noter qu’avec un versement de 3 600 000 €, les Français ne sont pas mieux lotis.

La CRIIRAD reçoit des centaines d’appels de personnes inquiètes de la contamination de l’air qu’elles respirent, inquiètes pour elles-mêmes et surtout pour leurs enfants. Elle aimerait rassurer les habitant linvite chaque citoyen, chaque association, chaque scientifique, chaque à se mobiliser pour obtenir la levée du secret sur les niveaux de contamination de l’air. Une pétition sera prochainement mise en ligne pour collecter des signatures sur la France mais chacun peut d’ores-et déjà relayer la mobilisation à l’étranger et intervenir auprès des autorités de son pays pour dénoncer la situation.

5 Article 2 des statuts de l’AIEA : « L’Agence s’efforce de hâter et d’accroître la contribution de l’énergie atomique à la paix, la santé et la prospérité dans le monde entier. Elle s’assure, dans la mesure de ses moyens, que l’aide fournie par elle-même ou à sa demande ou sous sa direction ou sous son contrôle n’est pas utilisée de manière à servir à des fins.


Dernière édition par BouffonVert72 le Mer 23 Mar - 19:12, édité 1 fois
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Message  Roseau le Mer 23 Mar - 19:11

Si, Verosa, tu aurais raison d'en faire un fromage!
Mais c'est HS, donc qu'un modo crée un fil.
La crainte de Vérosa est très saine, la réponse de Vérié va dans le bon sens.
En deux mots (qui mettent d'accord sur les principes, après faut discuter, les MR et les libertaires)
- la bureaucratie est un phénomène sociologique, pas seulement un "accident historique"
(les conditions de la révolution russe qui créent un "modèle" pourri); Daniel B. l'a souvent rappelé.
- les moyens de la combattre sont la démocratie la plus radicale,
dans tous les domaines, sur laquelle il est indispensable de s'engager précisément,
sans quoi nous n'avons aucun projet crédible d'alternative à la barbarie qui vient.

Si c'est pas plusieurs tomes de fromage...
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Message  BouffonVert72 le Mer 23 Mar - 19:42

http://www.leparisien.fr/tsunami-pacifique/en-direct-japon-haut-niveau-de-radiocativite-dans-le-reacteur-2-23-03-2011-1373106.php


3 heures. Légumes et lait cru interdits. Le Premier ministre japonais, Naoto Kan, a ordonné l'interdiction du lait et de légumes à feuilles vertes (épinards, brocolis, choux) provenant des préfectures de Fukushima et d'Ibaraki (nord-est de Tokyo), en raison de taux élevés de radioactivité.

6h30. L'eau de Tokyo contaminée. Autre nouvelle inquiétante : les radiations émises par la centrale ont désormais contaminé l'eau de Tokyo, située à 250 km au sud-ouest de Fukushima. Les autorités locales ont déconseillé de donner de l'eau du robinet aux bébés. Une concentration d'iode de 210 becquerels par kg a été relevée sur des échantillons de l'eau courante, alors que la limite fixée par les autorités nippones est de 100 becquerels pour les bébés.

8h35. Evacuation à Fukushima. Une fumée noire s'échappe du bâtiment abritant le réacteur 3 dans la centrale japonaise accidentée de Fukushima, imposant l'évacuation du personnel. «Nous ne savons pas si la fumée vient du bâtiment abritant la turbine ou bien de l'enceinte de confinement du réacteur», a indiqué un porte-parole de la Tepco. «Les employés ont été évacués de la salle de contrôle du réacteur 3», a-t-il ajouté, sans pouvoir préciser le nombre de personnes qui se trouvaient sur place.

12h45. Hong Kong interdit l'importation d'aliments japonais. Honk Kong a annoncé l'interdiction des importations de produits laitiers, de fruits et de légumes de cinq préfectures proches de la centrale nucléaire de Fukushima, après la détection de taux anormalement élevés de radioactivité. La radio RTHK a indiqué que les niveaux détectés étaient 10 fois supérieurs aux niveaux autorisés. Hong Kong, territoire sous administration chinoise, est le premier en Asie à prendre une telle mesure.

13 heures. Berlusconi retarde le retour au nucléaire.

14h30. Fukushima : les risques de l'eau salée. La présence de sel dans l'eau injectée dans la centrale nucléaire japonaise de Fukushima pourrait altérer, « à très court terme », le refroidissement du combustible, s'inquiète mercredi l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN). Il y a un «risque de cristallisation du sel injecté avec l'eau de mer dans les cuves des réacteurs», qui pourrait entraîner des phénomènes de corrosion, avoir un «impact sur le refroidissement des coeurs», ou encore entraîner «un risque de blocage des soupapes», selon l'IRSN.

15 heures. Le réacteur 2 s'emballe. Selon l'Agence de sûreté nucléaire japonaise, la radioactivité au réacteur n° 2 est à son plus haut niveau depuis le 11 mars. Les techniciens qui travaillaient sur ce réacteur ont dû être provisoirement évacués, rapporte lemonde.fr

16h05. La chancelière et le nucléaire. «Plus tôt l'Allemagne sortira du nucléaire, mieux ce sera», déclare la chancelière allemande Angela Merkel, qui s'exprimait sur les «leçons à tirer» de ce qui se passe au Japon. Dans un premier temps, l'Allemagne va soumettre ses 17 réacteurs à un examen de sécurité approfondi, ce qui nécessite une mise à l'arrêt pour au moins trois mois des sept plus anciens.

Pour moi, c'est clair, c'est le MOX qui est en train de se barrer. Et les autorités tous pays confondus mentent.
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Message  Vérosa_2 le Mer 23 Mar - 20:16

@Roseau :

Oui si les modos ou modotes peuvent créer un fil, ce serait effectivement préférable (disons à partir de ma contrib. de 16h55 (vive moi), ou plutôt de préférence la contrib. préalable de Verié).

Maintenant juste un point :

- les moyens de la combattre sont la démocratie la plus radicale, dans tous les domaines, sur laquelle il est indispensable de s'engager précisément, sans quoi nous n'avons aucun projet crédible d'alternative à la barbarie qui vient.
Ca c'est un grand et noble principe. Mais ce n'est qu'un principe, soit une notion qui relève du domaine du Droit "prolétarien". Hélas dieu sait que les notions de Droit sont intimement liées à celles de l'existence des "démocraties" capitalistes. C'est du moins mon point de vue, mais je ne suis pas expert en matière de marxisme et de Droit.

L'objet de mon post était (entre autres choses) plus modestement et plus concrètement de pointer quelles peuvent être les conditions garantissant cette démocratie dans le cadre socialiste. A savoir l'élimination de tout ce qui n'est pas directement compréhensible par les " travailleurs associés " (Marx). Ce qui commence à minima par la réduction des niveaux et fonctions d'expertise. Et ce qui passe par le rejet d'un certain nombre de technologies spécialisées. Pour illustrer cela, je pense, simple exemple, que tous les prolétaires ont l'un dans l'autre, par eux-mêmes de par leurs conditions d'existence une expertise en ce qui concerne les sciences et techniques liées à la santé, chacune et chacun est donc à même de mener une politique de santé. Par contre ils ne possèdent pas cette même expertise dans le domaine de l'industrie nucléaire (simple exemple là aussi). Il nous faut donc, pendant un temps au moins (qu'on pourra qualifier de transition), supprimer tout ce qui a rapport à la production au sens large pouvant privilégier des strates sociales ou castes, ou tout ce qu'on veut, qui appellent le syndrome bureaucratique, en l'occurrence dans sa "version" moderne, la technocratie.

Si aujourd'hui la dictature du prolétariat veut dire quelque chose, c'est bien sur ces points qu'elle prend sa réalité et qu'elle doit "travailler". Il s'agit donc bien, comme tu le mentionnes en filigrane de faire le procès raisonnable du Léninisme, non pas pour le plaisir, mais selon son inadéquation dans le cadre du capitalisme contemporain/mondialisé, des révolutions à venir et de la période socialiste de transition qui en résultera.

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Message  gérard menvussa le Mer 23 Mar - 21:00

C'est effectivement un probléme de "démocratisation technique" (et techno scientifique) Maintenant il est difficile (et pour ne pas dire impossible) de se passer totalement d'experts !

en ce qui concerne les sciences et techniques liées à la santé, chacune
et chacun est donc à même de mener une politique de santé.

C'est absolument faux ! Le fait qu'un médicament par exemple soit (ou pas) dangereux ne se fait pas "à la main chaude". De même le fait d'avoir des moyens "efficace et objectifs" de juger de l'efficacité d'une molécule...

Mais le probléme d'être (en partie) dépendant d'une équipe d'expert ne sous entend pas une dépendance "absolue" vis a vis d'eux.

Déja parce que s'il y a des "experts, il peut aussi y avoir formation d'un milieu de "contre experts" (liés aux syndicats, par exemple)

Et le probléme ne se pose pas dans un futur indéfini, mais tout de suite ! Cela dit, les questions de "démocratie technique" n'intéressent personne sur le forum. Faut dire qu'on a rien à se raccrocher, pas de texte sacré, pas de théories toutes faites....
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Message  Vérosa_2 le Mer 23 Mar - 21:33

Déja parce que s'il y a des "experts, il peut aussi y avoir formation d'un milieu de "contre experts" (liés aux syndicats, par exemple)
Lol.

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Message  gérard menvussa le Mer 23 Mar - 23:45

C'est pourtant ce qui se fait dans certains secteurs (et certains syndicats) Et il y a aussi des "contre experts" dans le domaine du nucléaire (mais là effectivement, ils ne sont pas liés à des syndicats) comme le criirad
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Message  verié2 le Jeu 24 Mar - 9:53

Lutte Ouvrière n°2225 du 25 mars 2011

Nucléaire

Des dangers liés à l'énergie ou aux irresponsables qui la contrôlent ?


La catastrophe de la centrale de Fukushima, au Japon, relance l'inquiétude sur les dangers de l'énergie nucléaire, et plus précisément sur les dangers dérivant d'un accident dans une centrale et l'impréparation des responsables pour y faire face.

Depuis une cinquantaine d'années qu'existe l'industrie nucléaire, un certain nombre de risques liés à son exploitation sont connus, ainsi que les moyens d'y faire face, du moins pour la plupart d'entre eux, le problème du traitement des déchets nucléaires n'étant toujours pas résolu. En principe, toutes les mesures de sécurité devraient être correctement respectées pour empêcher au maximum que se produise un accident et, si cela arrive quand même - toute activité humaine comportant des risques -, en limiter les conséquences dramatiques à court et long terme.

En principe donc, car dans la réalité on est loin du luxe de précautions que devrait nécessiter cette industrie encore mal maîtrisée. La centrale de Fukushima a révélé que, pour faire des économies de-ci de-là, les responsables ne tiennent pas compte des avertissements sur les risques sismiques, rognent sur les protections des centrales en limitant le nombre de coffrages de ciment, sur l'installation des systèmes de refroidissement ou sur l'entretien courant. Plus que l'énergie nucléaire en elle-même, c'est l'irresponsabilité de ceux qui la gèrent, qu'il s'agisse d'entreprises privées, nationalisées ou d'État, comme à Tchernobyl, qui mène à la catastrophe.

Ce n'est pas là seulement le propre de l'énergie nucléaire. Le charbon a tué, et continue de tuer en Chine, en Afrique du Sud, mais aussi dans des pays riches comme les États-Unis et le Canada ; des dizaines de milliers de mineurs sont morts dans des catastrophes, ou à petit feu parce qu'ils ont été atteints de silicose. Le pétrole aussi a son lot d'accidents et de marées noires, comme récemment celle de BP dans le golfe du Mexique. Ces énergies fossiles ont aussi des conséquences à long terme sur l'avenir de la planète, étant à la source du réchauffement climatique. Quant à l'énergie hydraulique, que l'on nous présente comme « propre », elle comporte aussi le risque de rupture de barrages, comme celui de Malpasset en France dans les années cinquante, avec la dévastation de toute une vallée.

Une catastrophe dans une mine ou sur un puits de pétrole peut déjà avoir des conséquences à grande échelle. Mais c'est sans doute encore plus vrai avec l'énergie nucléaire. Non seulement les travailleurs ou la population locale peuvent en être victimes, mais une vaste zone de la planète peut être contaminée, comme l'a montré l'explosion de la centrale de Tchernobyl. Et cette contamination, qui plus est, est là pour des siècles.

Tout cela devrait inciter les responsables à un redoublement de prudence. Mais dans ce système, le pouvoir de décision est entre les mains de ceux qui ont des capitaux et qui, pour cette raison, se permettent de faire ce qu'ils veulent dans ce qu'ils considèrent être leur « propriété », même si les enjeux vont bien au-delà, ce que montre la catastrophe de Fukushima. Plus encore que le danger du nucléaire, c'est le danger qu'il y a à laisser la gestion de la société entre les mains de « décideurs » pour qui seul compte le critère du profit et sur lesquels la population n'a aucun contrôle. Laisser en place ces gens-là, en qui on ne peut mettre aucune confiance, c'est leur laisser le pouvoir de mettre en péril l'avenir de la planète.

Marianne LAMIRAL

On sent encore une fois LO gênée aux entournures sur ce sujet.
D'une part, l'article se contredit : la première phrase mise en gras affirme que "les moyens de faire face aux risques sont connus", sauf pour les déchets. Alors que la seconde parle d'une "énergie mal maîtrisée".
D'autre part, tout en pointant la dangerosité des autres sources d'énergie, LO reconnait du bout des lèvres que le nucléaire présente un risque d'une ampleur plus grande.
Pourtant LO ne tire de cette constatation aucune conséquence, sinon qu'il faut abattre le capitalisme qui met en danger la planète, ce sur quoi nous serons d'accord, du moins sur ce forum. Mais, en attendant, devons-nous laisser les capitalistes jouer les apprentis sorciers ? N'avons nous aucun mot d'ordre, aucune revendication à mettre en avant face à l'inquiétude de la population ? Serait-ce tout ou rien ?

verié2

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Message  Roseau le Ven 25 Mar - 17:45


Encore une occasion pour les deux défenseurs sur ce forum du mythe judéochrétien de l'homme maitre de la nature
de dénoncer "les pleurnicheries des bobos écolos" ...

AFP
L'opérateur de la centrale nucléaire de Fukushima, Tokyo Electric Power (Tepco), a reconnu que la cuve du réacteur n° 3 qui contient les barres de combustible, pourrait être endommagée. De son côté, Hideyuki Nishiyama, porte-parole de l'Agence japonaise de sûreté nucléaire, a déclaré que «des substances radioactives se sont échappées loin du réacteur".

NB. Le réacteur no 3 est celui alimenté par le MOX (en partie plutonium) d'AREVA combattu depuis des années par tous ceux qui ne sont plus des croyants idéalistes... AREVA a rapatrié depuis un moment ses ingénieurs. Encore des "pleurnicheurs"...
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Message  BouffonVert72 le Ven 25 Mar - 18:35

Si le MOX s'échappe du réacteur, on est tous foutu... Y'en a 170 Tonnes... Une seule particule de MOX peut éliminer tout organisme vivant sur son chemin...

Japon         - Page 8 Ap4Shino Yuasa et Jay Alabaster

il y a 1 heure 32 min

Nouvelles inquiétudes à la centrale de Fukushima



Le Premier ministre japonais a déclaré vendredi que la situation à la centrale nucléaire de Fukushima Dai-ichi restait "très grave", deux semaines après le séisme et le tsunami. "Nous ne sommes pas en position de pouvoir être optimistes", a estimé Naoto Kan, alors qu'un nouveau risque de fuite radioactive était signalé.



Le bilan officiel de la double catastrophe du 11 mars dans le nord-est de l'archipel a franchi la barre des 10.000 morts confirmées vendredi et devrait dépasser les 18.000, sachant que 17.400 personnes sont encore portées disparues, selon la police. Quelque 161.300 étrangers ont quitté le pays, selon un responsable de l'immigration.

La majeure partie du nord-est du Japon reste complètement dévasté et il faut nourrir et loger les centaines de milliers de rescapés, déblayer les ruines des villes et villages et enterrer les morts, tandis que la menace d'une catastrophe nucléaire persiste.

A Fukushima Dai-ichi, les dizaines de personnes qui tentent désespérément de relancer le circuit de refroidissement pour empêcher des fuites radioactives sur les unités en surchauffe ont dû s'interrompre vendredi en raison de soupçons de brèche dans le coeur du réacteur N°3, selon le porte-parole de l'Agence de sécurité industrielle et nucléaire (NISA).

Une brèche pourrait libérer des quantités incontrôlées de particules contaminées dans l'air. La NISA mesurait vendredi les niveaux de radioactivité de la centrale mais la fuite pourrait aussi provenir de tuyaux ou de conduits de ventilation, a souligné Hidehiko Nishiyama.

Le coeur du réacteur 3 pourrait avoir été endommagé lors de l'explosion à l'hydrogène qui a détruit le confinement extérieur du bâtiment le 14 mars. Ce réacteur, qui renferme 170 tonnes de combustible radioactif, est sans doute le point le plus critique de la centrale qui compte six unités.

L'éventualité d'une perte d'étanchéité de l'enceinte de confinement du réacteur n°3 elle-même, ou de fissure du fond de la cuve de refroidissement, a été envisagée quand deux opérateurs se sont retrouvés à marcher dans de l'eau 10.000 fois plus radioactive que les niveaux habituels autour d'un réacteur, et ont été contaminés, selon l'agence de sécurité nucléaire et industrielle. La température et la pression à l'intérieur du coeur restaient cependant stables.

"Nous devons traiter tous les développement avec le plus grand soin", a estimé le Premier ministre lors d'une intervention télévisée. "La situation aujourd'hui à la centrale nucléaire de Fukushima Dai-ichi reste très grave et très sérieuse. Nous devons rester vigilants", a ajouté Naoto Kan.

Il a présenté des excuses aux agriculteurs et entrepreneurs qui subissent les conséquences des fuites radioactives. Plusieurs pays ont en effet suspendu les importations alimentaires provenant des zones proches de la centrale après la découverte de niveaux élevés de radiations dans du lait et des produits agricoles.
M. Kan a par ailleurs remercié les employés de la centrale, pompiers et militaires de "risquer leur vie" pour tenter de refroidir les réacteurs.

Par ailleurs, la Chine a déclaré que des niveaux anormalement élevés de radiations avaient été détectés sur deux Japonais arrivés vendredi à Wuxi, près de Shanghaï (est). Elle n'a pas fourni de chiffres, disant seulement qu'ils étaient "fortement supérieurs" aux limites considérées comme acceptables pour la santé.

Les deux touristes, partis de Tokyo mercredi, ont reçu un traitement médical mais ne représentaient pas de risque pour d'autres personnes. Ils ne venaient pas des proches environs de Fukushima Dai-ichi, située à 220km de la capitale, selon Pékin.

Les autorités japonaises affirment que la radioactivité de l'air reste en deçà des niveaux dangereux hors de la proximité immédiate de la centrale, même si des habitants de la zone ont été contaminés.

La Chine a suspendu les importations de produits laitiers et d'aquaculture, fruits et légumes provenant de cinq préfectures affectées par les radiations -Fukushima, Ibaraki, Gunma, Tochigi et Chiba. Elle a ordonné des contrôles de radiations sur toutes les importations alimentaires du Japon.
AP
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Message  BouffonVert72 le Ven 25 Mar - 19:21

Cynisme complet des Kapitalistes européens : ils profitent de la cata Fukujima pour essayer d'augmenter leur taux de profit :

http://www.letelegramme.com/ig/generales/france-monde/monde/catastrophe-nucleaire-la-situation-toujours-imprevisible-a-fukushima-25-03-2011-1247053.php

15 H: Vers la signature d'un accord de libre-échange entre l'UE et le Japon
Les dirigeants européens se sont dits prêts à "renforcer" leur relation avec le Japon notamment "à travers le lancement possible de négociations" pour un accord de libre-échange. Cet accord pourrait se nouer lors du sommet prévu en mai prochain. Cela se fera à condition que le Japon "veuille s'attaquer" chez lui à la question des barrières commerciales et de la restriction de l'accès aux marchés publics, ont-il néanmoins précisé les dirigeants de l'UE.

Ca, c'est Areva qui va vouloir vendre ses centrales nucléaires, et encore plus de Mox, aux japonais ! Incroyable, mais quel cynisme ! Shocked
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Message  Roseau le Ven 25 Mar - 20:38

A propos de profits, il faut imaginer la montagne de spéculation à la hausse et la baisse, sur à peu près tout, que provoque un tel désastre à la dimension potentiellement planétaire. Le paradis des traders branchés et imaginatifs.
Certains ont du acheté à prix de plutionium des infos auprès des agences de sécurité nucléaires.
D'autres achètent les journalistes pour faire monter ou baisser les risques...
Le nucléaire, comme le capital, est concentré entre quelques mains qui décident du sort de l'humanité.
C'est ce monde là, du capital et de la religiosité scientiste, qui nous menace, qu'il faut balayer!
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Message  BouffonVert72 le Ven 25 Mar - 21:21

Il faut se prépare au pire : il se pourrait qu'on l'ait, la catastrophe nucléaire :

http://www.lepoint.fr/monde/l-hypothese-du-pire-a-fukushima-25-03-2011-1311537_24.php



Le Point.fr - Publié le 25/03/2011 à 19:39 - Modifié le 25/03/2011 à 19:57
Par Marc Vignaud


L'hypothèse du pire à Fukushima

La rupture de la cuve du réacteur n° 3 apparaît de moins en moins improbable. Plongée dans un scénario catastrophe.


"Il est possible que la cuve contenant les barres de combustible dans le réacteur n° 3 soit endommagée." L'information, lâchée vendredi à l'AFP par un responsable de Tepco, l'opérateur de la centrale japonaise, a de quoi inquiéter sur la situation à la centrale de Fukushima-Daiichi, dont les systèmes de refroidissement ne fonctionnent plus depuis le tsunami qui a ravagé le nord-est du Japon le 11 mars. La rupture de la cuve du réacteur n° 3 pourrait en effet déclencher une réaction en chaîne catastrophique. "On n'avait pas eu de mauvaises nouvelles depuis plusieurs jours, aujourd'hui, on en a une", lâche Jean-Jacques Dumont, commissaire de l'Autorité de sûreté nucléaire française (ASN), pressé de réagir par la presse.

Pour l'heure, l'autorité du nucléaire refuse toutefois de commenter une information toujours non confirmée. Mais ce scénario est jugé suffisamment crédible par l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire français (IRSN) pour que ses experts aient déjà entrepris d'en évaluer l'impact en termes de rejets radioactifs. Les résultats de ces simulations devraient être publiés lundi. Plongée au coeur du pire des scénarios. Les efforts de Tepco pour refroidir les coeurs des réacteurs n° 1,2 et 3 grâce à de l'eau de mer n'ont pas été suffisants pour empêcher leur fusion, au moins partielle. "Les barres de combustible (en rouge sur le schéma), cassent et font fondre les gaines, ce qui crée un mélange en fusion, le corium, à 2 000 °" de température, décrit Thierry Charles, directeur de la sûreté des installations. Dans cette hypothèse, le magma se dépose dans le fond de la cuve en acier et la fait fondre. Le corium s'écoule alors sur l'enceinte de confinement en béton et produit des gaz explosifs (hydrogène, oxyde de carbone) à son contact. La vapeur d'eau qui remplit l'enceinte est censée empêcher toute déflagration au contact de l'air.

Japon         - Page 8 Reacteur-fuskushima2


Dans le cas du réacteur n° 3 notamment, l'enceinte de confinement en béton, précédemment endommagée, est "fuyarde". L'hypothèse d'une "fuite de gaz vers des locaux annexes" et d'une explosion au contact de l'air n'est donc pas à exclure. De quoi endommager encore un peu plus l'enceinte de confinement qui n'est "déjà plus étanche". Les rejets radioactifs "continus" depuis quelques jours augmenteraient alors dans une proportion inconnue - en fonction, en fait, de la gravité de la déflagration et de la résistance de l'enceinte de confinement. Dans le pire des cas, la piscine de stockage du combustible usagé pourrait être atteinte, et son contenu se répandre à l'extérieur.

Japon         - Page 8 Fuskushima-schemaCette hypothèse pourrait aussi se produire dans le cas d'une nouvelle secousse suffisamment forte pour ébranler les réacteurs déjà durement éprouvés par le séisme, puis par le tsunami. Cela entraînerait "un jeu de dominos dramatique sur les trois réacteurs", juge Thierry Charles, qui souligne toutefois que "le pire n'est pas certain".

Pour l'heure, l'IRSN s'intéresse au sort du coeur en fusion une fois la cuve percée. Toute la question est de savoir s'il peut traverser l'enceinte de béton, épaisse de plusieurs mètres, et se retrouver à l'air libre. Le lessivage par les eaux risque alors de déverser des quantités énormes de radioéléments vers la mer. Même si le corium refroidit avant d'avoir touché le coeur, il devrait disperser de la radioactivité mal isolée par l'enceinte de confinement. Au final, ces radioéléments pourraient augmenter de 30, 50 ou même 70 % par rapport au niveau actuel, estime l'IRSN. De là à parler d'un nouveau Tchernobyl, il y a une marge que Thierry Charles refuse de franchir. "Ça n'a rien à voir, estime-t-il, rappelant que le réacteur de la centrale ukrainienne "a brûlé pendant dix jours à pleine puissance", alors que les réacteurs n° 1, 2 et 3 se sont correctement arrêtés à Fukushima.
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Message  BouffonVert72 le Ven 25 Mar - 21:48

http://www.20minutes.fr/article/694732/monde-japon-bataille-fukushima-continue

Créé le 25.03.11 à 19h44 -- Mis à jour le 25.03.11 à 19h49

Japon: La bataille de Fukushima continue

Des employés tentent de rétablir le courant électrique dans les réacteurs 3 et 4 de la centrale nucléaire de Fukushima au Japon, le 20 mars 2011.

NUCLEAIRE – La situation ne s’améliore pas...

Deux semaines après le terrible séisme et le tsunami qui ont touché le Japon, la bataille de la centrale de Fukushima continue. Les techniciens, malgré l’irradiation de trois d’entre eux, tentent toujours d’empêcher une aggravation de la situation dans la centrale nucléaire. Deux de ses réacteurs semblaient stabilisés vendredi. Mais la situation restait inquiétante dans le réacteur 3, où l’on craint une rupture dans l'enceinte de confinement des combustibles.

>> Pour revivre les événements de la journée, c'est par ici

Surtout, en l’absence d’informations claires sur les effets des rayonnements, l’inquiétude croît au Japon. Naoto Kan, le Premier ministre, a pris la parole vendredi pour la première fois depuis une semaine pour dire que les problèmes n'étaient «absolument pas sur le point» d'être réglés. «Nous faisons des efforts pour empêcher que cela empire mais j'ai le sentiment que nous ne pouvons pas nous permettre la moindre suffisance», a dit le chef du gouvernement. «Nous devons rester sur nos gardes.»

Le cœur du réacteur 3 fissuré?

Plus de 700 techniciens travaillent 24 heures sur 24 depuis deux semaines pour prévenir une surchauffe des six réacteurs de Fukushima. Mais ils ont dû évacuer certaines parties du site quand trois des leurs ont été irradiés jeudi. Deux ont été hospitalisés pour des brûlures, de l'eau radioactive ayant pénétré à l'intérieur de leurs bottes. Les trois employés contaminés ont été exposés à une radioactivité 10.000 fois supérieure à la normale, ce qui alimente l'hypothèse d'une fuite via une fissure dans le cœur du réacteur n°3. Ce réacteur est le plus inquiétant car il fonctionne avec du Mox, un combustible comprenant du plutonium, plus toxique que l'uranium utilisé dans les autres réacteurs.

>> Le diaporama au coeur de la centrale

Les techniciens sont parvenus récemment à connecter les six réacteurs au réseau électrique et ont pu remettre en marche l'une des pompes qui assurent leur refroidissement. Deux des réacteurs, les 5 et 6, sont désormais jugés à l'abri d'un incident, dans une situation dite d' «arrêt à froid». Les quatre autres restent fragiles et émettent périodiquement de la vapeur et de la fumée. D’autant que les opérations, très difficiles, de refroidissement l’ont été avec de l’eau de mer, très corrosive pour le matériel. L'exploitant de la centrale, Tepco, a annoncé vendredi que de l'eau douce avait commencé à être déversée dans les cuves des réacteurs 1 et 3. Il espère en faire de même rapidement dans le réacteur 2. Et l'armée américaine va aider à refroidir les réacteurs grâce à deux vedettes capables de fournir 2 millions de litres d'eau, a précisé le ministère de la défense japonais.

L’aide commence à affluer dans le nord

Les derniers relevés effectués à 30 km au nord-ouest de la centrale font état d’un taux de radioactivité accumulée en 24 heures dépassant le seuil annuel des doses naturelles. Pour autant, le gouvernement s’est refusé à modifier ses consignes concernant la zone d'exclusion autour du site, dont le rayon reste fixé à 20 km. Il a cependant incité vendredi les habitants situés entre 20 et 30 km de la centrale, qui devaient jusqu'ici rester calfeutrés chez eux, à partir, non pas en raison d'un risque sanitaire mais parce que leur vie quotidienne est perturbée.

Bonne nouvelle vendredi, le niveau d'iode radioactif dans l'eau du robinet à Tokyo est redescendu sous le seuil de sûreté fixé pour les jeunes enfants, ce qui n’empêche pas les habitants de la capitale de se ruer sur les bouteilles d’eau minérale.

Enfin, dans le nord, le bilan s’est à nouveau alourdi, avec 9.811 morts et 17.541 disparus. Et si 250.000 personnes vivent toujours dans des centres d’accueil, l’aide commence à affluer. L'eau, l'électricité et le téléphone ont été rétablis.

M.P. avec Reuters
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Message  Oudiste le Sam 26 Mar - 13:55

http://sciencepourvousetmoi.blogs.nouvelobs.com/archive/2011/03/21/fukushima-suite-15-le-coeur-du-reacteur-n-3-est-il-a-l-air.html


21.03.2011
FUKUSHIMA (suite 15) LE COEUR DU REACTEUR N°3 EST-IL "A L'AIR" ?



Fukushima après les deux explosions du réacteur n°1 et n°3 14 mars 2011.jpg

Sur cette photo de la centrale de FUKUSHIMA, on peut voir le bâtiment de l'unité n°1 qui a totalement perdu son toit (lors de la première explosion du samedi 12 mars), à comparer au bâtiment n°2 à sa droite quasiment intact.

Mais l'important dans cette photo, c'est l'unité n°3 surmontée de deux panaches, après avoir subi une explosion de beaucoup plus grande ampleur (lundi 14 mars). Ces deux panaches correspondent à de la fumée s'échappant de la PISCINE et du REACTEUR. Cette photo conforte les hypothèses émises ci-dessous et qui indiquent la possibilité d'une "mise à l'air" du coeur du réacteur, avec relargage directement dans l'air des produits de fission.



Lundi 21 mars. 18H. Nous voulons ici poser solennellement la question : où en est vraiment le cœur du réacteur n°3 de la centrale de Fukushima chargé de combustible MOX (mélange uranium-plutonium) ? Serait-il, si ce n’est « à nu » [autrement dit sorti de sa cuve – celle-ci s’étant largement fissurée, par exemple] du moins en contact direct avec l’air ? Nous mentirait-on depuis plusieurs jours en affirmant que l’enceinte du réacteur « semble » toujours étanche. Et qu’au contraire, les fumées que l’on n’a cessé de voir se dégager puis disparaître, puis revenir au-dessus de ce réacteur, sont en train de relarguer quasi en continu dans l’atmosphère des produits de fission – dont du plutonium, issus d’un cœur largement dégradé (peut-être à 100%)? Ou encore, pour le dire autrement, qu’à Fukushima a déjà eu lieu ce qu’on peut appeler l’accident majeur, au même niveau 7 (voire plus) de l’échelle INES que Tchernobyl ? Mais que personne n’ose le dire ! C’est une accusation grave, il y aurait donc eu relâchement dans l’atmosphère d’éléments radioactifs très dangereux en bien plus grande quantité et à un tout autre niveau que tout ce que les annonces de ces derniers jours laissent à penser. Et cela expliquerait aussi pourquoi, aujourd’hui, il a fallu évacuer la centrale pour cause de radiations bien trop fortes pour les travailleurs !

Voici pourquoi nous posons la question : souvenons-nous, le lundi 14 mars a lieu une explosion (à 11h01 heure japonaise) que nous avons tous pu voir sur nos écrans télé. Explosion bien différente de la première, sur le réacteur n°1, où de gros nuages blancs partis en tous sens traduisaient la simple destruction violente du toit du bâtiment réacteur. L’explosion du 14 mars sur l’unité n°3 s’est faite violemment et verticalement, emportant manifestement toutes sortes de débris – d’où sa couleur gris-noir. On a compris depuis que sa puissance avait été telle qu’une dalle anti-missile, située à la verticale de la cuve, avait été soulevée (l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire français l’évoque dans son point d’hier matin (1)). On a évoqué, bien sûr, une explosion hydrogène (voir blogs précédents (2)). Mais nous nous posons d’autres questions aujourd’hui, pour essayer de mieux cerner le niveau de dangerosité de ce réacteur n°3, en ce moment même.

Pour comprendre ce questionnement, force est de regarder attentivement le schéma en coupe du réacteur BWR, que chacun peut trouver sur le site de l’AIEA (agence internationale pour l’énergie atomique) (3). Il faut se pencher sur cette image et essayer d’en décoder les méandres. Un exercice utile pour comprendre pourquoi le cœur pourrait finalement être « à l’air »… et donc extrêmement dangereux. Car, comme il a été estimé, notamment par l’IRSN, sur une photo visible sur Internet (4), « la protection biologique au-dessus de l’enceinte [a] disparu » - ce qui signifie, en clair, que tout relâchement se fait sans aucune espèce de filtre.







Hypothèse « optimiste » malheureusement peu probable. Regardez ce qui ressemble à une sorte de casque fin jaune, baptisé « steel containment vessel » ou enceinte de confinement en acier, juste au dessus de la cuve du réacteur (reactor vessel) qui a l’air d’un gros suppositoire noir. On peut imaginer que de l’hydrogène aurait pu s’accumuler entre ce « casque » d’acier (fixé à l’intérieur de l’enceinte par des gros boulons sur des sortes de surplombs) et l’enceinte de confinement en béton au-dessus. A noter : sur ce béton, on voit d’ailleurs dessiné un demi-cercle, sorte de « bouchon » qui peut sauter en cas de besoin. C’est d’ailleurs ce qui s’est passé.

Schéma de réacteur à eau bouillante, comme à Fukushima.jpg

Deux remarques nous conduisent à abandonner cette hypothèse : d’abord on ne comprend pas comment l’hydrogène aurait pu s’infiltrer là-dedans, alors qu’il n’y a aucun tuyau ou espace qui y conduit. Ensuite, y aurait-il eu assez d’hydrogène accumulé pour faire sauter la fameuse « dalle anti-missile » ? Et comment aurait-il fait pour exploser là, alors qu’il a besoin d’oxygène ou d’une étincelle pour démarrer l’ignition et l’explosion. Nous aimerions savoir quelle doit être la puissance d’une explosion qui fait sauter une dalle anti-missile. Un expert pourrait certainement le préciser !

Hypothèse « pessimiste » qui est peut-être bien la bonne. L’hydrogène s’est accumulé ailleurs, dans l’enceinte de confinement baptisée « concrete shell dry-well » sur le graphique. Il aurait trouvé facilement « un point chaud » poussant à son explosion vers le bas de l’enceinte. Alors, dans cette enceinte en forme de « poire », plus renflée vers le bas, un flux ayant pris, en quelque sorte son élan pour remonter extrêmement violemment vers le haut (dans un goulet moins large qu’en bas) aurait brisé le confinement d’acier, puis le bouchon de béton du dessus. Il aurait emporté dans cette remontée des morceaux de béton mais aussi des bouts de métal… Des experts ne pourraient-ils analyser attentivement les images de cette explosion pour s’assurer qu’aucun morceau de métal ne peut y être distingué – [par exemple le « casque » jaune évoqué ci-dessus] ?

On ne peut imaginer que lors de cette explosion des problèmes collatéraux ne se soient pas développés. Par exemple des tuyaux ébranlés… Il doit exister des systèmes de valves qui, en principe, doivent fermer ces tuyaux s’ils venaient à être brisés ou ébranlés. Question : l’injection d’eau de mer et la cristallisation du sel n’aurait-elle pas empêché que ces systèmes de sécurité fonctionnent ?

On peut même se demander si ce n'est pas le bouchon de la cuve lui-même qui aurait pu sauter ? Et qu'il faudrait chercher sur les images. En clair, nous nous interrogeons : dans quel état est actuellement la cuve dans laquelle se trouve le combustible ? Fissurée, légèrement ouverte au niveau de certains tuyaux brisés, totalement ouverte ? Et donc en contact avec l’extérieur ?

Une fois cette hypothèse examinée, on voit que toute une série de questions se posent alors. Les relargages de radioactivité, visibles de façon comme « pulsées » sur les graphiques présentés par l’IRSN (5) ont-ils été volontaires ? Ces rejets étant, quand on regarde bien le graphique en échelle logarithmique, plus de 1000 fois plus intenses que ceux du réacteur n°1. Ou bien ont-ils correspondu, par exemple, aux dégagements de vapeur lorsque de l’eau a été envoyée sur l’unité, pour refroidir le réacteur MAIS AUSSI sa piscine qui pose toujours un problème majeur. Celle-ci, nous l’avons déjà dit (voir blog d’hier dimanche), ne doit pas perdre son eau sinon les relargages de radioactivité par les assemblages de combustible usé seront très forts. Le problème est celui de son étanchéité (peut-être dès après le séisme, et certainement depuis l’explosion dans le bâtiment).

A l’heure où de la radioactivité violente localement rayonne dans la centrale (évacuation rendue nécessaire ce lundi), nous apprécierions que les autorités françaises compétentes et connaisseuses du domaine – ASN, IRSN, AREVA, EDF… - répondent à nos questions. Car les réponses permettront de mieux comprendre quel air (et demain l’eau, les plantes, les animaux…) les Japonais respirent aujourd’hui et respireront demain. A Fukushima mais aussi à Ibaraki, Tokyo ou ailleurs…



1) http://www.irsn.fr/FR/Actualites_presse/Actualites/Docume...

2) Ce gaz hautement explosif est issu des réactions entre des gaines de combustible (oxyde de zirconium) en train de fondre et la vapeur d’eau (H20), réaction très exothermique et productrice d’hydrogène.

3) http://www.iaea.org/newscenter/images/spent-fuel-pool-820... Image destinée à illustrer un propos ayant trait à la piscine du réacteur d’où la mise en avant du mot « spent fuel pool » (piscine de combustible usé)

4) http://www.irsn.fr/FR/Actualites_presse/Actualites/Docume...

5) http://www.irsn.fr/FR/Actualites_presse/Actualites/Docume...



http://sciencepourvousetmoi.blogs.nouvelobs.com/archive/2011/03/25/fukushima-suite-19-impardonnable.html
25.03.2011
FUKUSHIMA (suite 19) IMPARDONNABLE

Impardonnable. Impardonnable le fait que l’agence de sûreté nucléaire japonaise, il y a quelques heures encore, ait nié la possibilité (1) qu’il y ait des fuites dans le réacteur n°3 de Fukushima. Un constat qui maintenant s’impose aux autorités du pays. Au fil des jours, la radioactivité n’a cessé de grandir (le combustible ne réchauffant au point de fondre, devenant incontrôlable) – il s’agit aussi bien d’un rayonnement gamma dur que de neutrons très pénétrants ou de particules alpha, venus des éléments radioactifs du cœur du réacteur. Ils sont désormais passés dans l’eau injectée qui fuite et envahit les lieux. Rappelons, pour mémoire, que toute une série d’éléments très dangereux, que nous avons mentionnés plusieurs fois dans ce blog (uranium, plutonium, produits de fission divers…) sont entraînés par cette eau.

Mais à cette heure-ci, nous ne reviendrons pas sur le scénario de l’accident et les fragilités de la technique. A cette heure-ci, nous avons surtout deux pensées attristées. Pour ceux qui doivent continuer de tenter de maîtriser ce cœur fondu –en train de grignoter la base de l’enceinte de confinement (sans oublier les deux autres réacteurs, ainsi que les piscines où sont entreposées les barres de combustible usagé). On ne voit pas que ces hommes puissent être d’une quelconque manière réellement protégés des rayonnements très puissants émis actuellement.

L’autre pensée est pour tous les évacués – près de 200 000. Il a été demandé par le gouvernement à ceux qui se trouvent actuellement dans la zone se trouvant entre 20km et 30km, de pratiquer une « évacuation volontaire », curieux concept qui ferait sourire s’il n’était un constat d’impuissance. le ravitaillement de la zone serait devenu trop difficile. On espère, à défaut d’informations précises à ce sujet, que ces milliers, dizaines de milliers voire plus d’une centaine de milliers de gens qui iront ainsi se réfugier ailleurs (où ?) pourront être suivis médicalement. Il est en effet extrêmement difficile, dans ce genre de situation, d’évaluer la dose réelle que chacun a reçue. De cette dernière, pourtant, dépend la santé ultérieure de l’individu, à différents niveaux, physiologique (cancers et autres types de maladie…), psychologique (dépression, grande fatigue …). Sans oublier, ce que l’on n’ose imaginer, qu’ils pourraient devenir victimes d’une certaine « stigmatisation sociale ». Rappelons-nous comment les « hibakushas », ceux qui avaient survécu aux bombes de Hiroshima et de Nagasaki, ont souvent été discriminés (parce que ces personnes irradiées faisaient peur. N’étaient-ils pas contagieux ? Dangereux ?). Il ne faudrait pas que les évacués de Fukushima deviennent de nouveaux « hibakushas ».

Mais on anticipe. L’urgence, en ce moment, demeure de refroidir les réacteurs et les piscines de cette centrale devenue un enfer pour les humains, et pour cela il va falloir beaucoup de courage et de sacrifice. Alors que ce constat de la catastrophe maximale était fait – fonte d’un cœur de réacteur avec relâchement de radioactivité massive vers l’extérieur- s’est tenue une téléconférence, la première du genre, aux Nations-Unies. Le secrétaire général Ban Ki Moon a parlé au directeur général de l’AIEA (agence internationale de l’énergie atomique) ainsi qu’à Tibor Toth (secrétaire exécutif de la commission préparatoire de l’organisation du traité d’interdiction totale des essais nucléaires). Cette catastrophe du nucléaire civil requiert en effet une réflexion globale, qui pourrait bien dépasser le niveau des Etats. Car preuve vient d’être assénée que dans un pays très avancé, la catastrophe technologique majeure arrive. Et cela demande une prise de conscience d’un nouveau genre. Ce n’est pas la fin de l’histoire, mais nous venons d’entrer dans une nouvelle ère. Celle du post-Fukushima.

1) Extrait de Kyodo news, dépêche du 25 mars, reprise en date du 26 mars (compter avec le décalage horaire de huit heures). Early Friday, concern grew that the high-level radiation leak detected with the workers' exposure Thursday could indicate possible damage to the No. 3 reactor vessel, but the government's nuclear safety agency later denied the possibility, saying no data, such as on the pressure level, have suggested the reactor vessel has cracked or been damaged. The No. 3 reactor used plutonium-uranium mixed oxide fuel for so-called ''pluthermal'' power generation.

2) Lire blogs depuis lundi dernier http://sciencepourvousetmoi.blogs.nouvelobs.com/archive/2011/03/21/fukushima-suite-15-le-coeur-du-reacteur-n-3-est-il-a-l-air.html
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Message  Roseau le Sam 26 Mar - 14:18

Suite en Alègro sur air de Vals "jouer du pipeau et coller à la roue des petits bourges ecolos anti-communistes" (18 Mars):

Japon : une pollution très radioactive détectée au large de Fukushima
Le Monde ce jour
Les travaux se poursuivaient à la centrale de Fukushima, samedi 26 mars, mais ils ont été à nouveau ralentis par la découverte de flaques radioactives dans trois des six réacteurs. Trois techniciens ont souffert de brûlures après avoir été exposés dans le réacteur n°3 à un niveau de radioactivité 10 000 fois supérieur à celui mesuré d'ordinaire dans un tel endroit, selon l'organisme gérant la centrale, Tepco. Au total, près de 700 personnes se relaient pour tenter de stabiliser les réacteurs de la centrale depuis plusieurs semaines, en vain.

La découverte de flaques radioactives, qui doivent être évacuées le plus vite possible selon l'Agence de sûreté nucléaire japonaise, n'est que le dernier incident d'une longue série depuis le séisme qui a frappé le nord de l'île, le 11 mars, faisant au moins 10 151 morts et 17 053 disparus. Le premier ministre japonais, Naoto Kan, a reconnu en fin de semaine que l'évolution de la situation restait "imprévisible". Tepco, qui a raccordé les réacteurs à des câbles électrique, pense que les opérations dureront au moins encore un mois.

Le mystère du réacteur n°3. Les autorités japonaises ont cru que le fort taux de radioactivité dans ce réacteur, qui concentre le plus d'inquiétude en raison de son état précaire, signifiait que la cuve était peut-être endommagée. L'Agence de sûreté nucléaire japonaise a ensuite estimé que cela pouvait provenir d'opérations de dégagement de vapeur menées pour faire retomber la pression, ou d'une fuite d'eau dans les tuyaux ou les valves.

Deux des six réacteurs ne présentent a priori plus de danger mais les quatre autres ne sont pas encore stabilisés et émettent de temps à autre de la vapeur et de la fumée. Malgré tout, l'Agence de sûreté nucléaire nippone a déclaré que la température et la pression s'étaient stabilisées dans l'ensemble des réacteurs. A Vienne, l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a jugé que la situation n'avait guère évolué au cours des dernières 24 heures et "qu'il reste des incertitudes, fortement préoccupantes".

Radioactivité élevée à Tokyo et dans la mer. A Tokyo, samedi matin, une radioactivité de 0,22 milliSievert par heure était enregistrée, soit six fois la normale. Un tel degré de radioactivité ne présente cependant rien d'inquiétant pour la santé des populations, selon les autorités. En revanche, un fonctionnaire du ministère des sciences a confirmé que le niveau de radioactivité quotidienne dans la zone située à 30 km au nord-ouest de la centrale de Fukushima avait dépassé la dose d'une année de radiation naturelle. Et plus on se rapproche de la centrale, plus le taux est élevé.

Ainsi, le gouvernement japonais a mesuré des niveaux d'iode radioactif 1 250 fois supérieurs à la norme légale dans la mer, au large de Fukushima, renforçant les craintes d'une rupture de l'étanchéité d'un ou plusieurs réacteurs. Mardi, un renforcement des contrôles sur les poissons et fruits de mer pêchés le long des côtes avait été instauré. "Si vous buvez 50 centilitres d'eau courante avec cette concentration d'iode, vous atteignez d'un coup la limite annuelle que vous pouvez absorber. C'est un niveau relativement élevé", a expliqué un porte-parole de l'Agence de sûreté.Les autorités japonaises précisent cependant que la radioactivité relâchée dans l'océan pourrait se diluer avec les marées et que la quantité d'iode absorbée par les algues et animaux marins pourrait être moindre. Reste la crainte de diffusion du césium 137, une substance radioactive dont la concentration ne se réduit de moitié que tous les 30 ans. Tepco dit avoir mesuré une concentration presque 80 fois supérieure à la limite légale de cette substance. L'organisation écologiste Greenpeace a annoncé qu'elle allait effectuer des relevés de radioactivité en dehors de la zone d'exclusion de 20 km autour de la centrale, estimant que "les autorités ont en permanence donné l'impression de sous-estimer à la fois les risques et l'étendue de la contamination radioactive".



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Message  BouffonVert72 le Sam 26 Mar - 18:54

http://www.liberation.fr/monde/01012327944-fuites-inquietantes-a-fukushima-et-pollution-tres-radioactive-en-mer

Cynisme total et criminel :

Si vous buvez 50 centilitres d'eau courante avec cette concentration d'iode, vous atteignez d'un coup la limite annuelle que vous pouvez absorber. C'est un niveau relativement élevé", a expliqué un porte-parole de l'Agence de sûreté.

Il a toutefois ajouté que, si la radioactivité relâchée dans l'océan se diluait avec les marées, la quantité absorbée par les algues et animaux marins pourrait être moindre.

"En outre, la concentration d'iode se réduit de moitié tous les huit jours, donc lorsque les gens mangeront les produits de la mer, sa quantité aura probablement fortement diminué", a-t-il précisé.


Mardi, un taux d'iode avait été détecté à un niveau 126 fois supérieur à la limite fixée par le gouvernement dans l'océan Pacifique.

Des flaques d'eau radioactives

Tepco a indiqué samedi avoir découvert une nouvelle quantité d'eau fortement radioactive dans la centrale, faisant craindre un délai supplémentaire.

"Une flaque d'eau fortement contaminée a été découverte au sous-sol du bâtiment de la turbine du réacteur numéro 1", a confirmé à l'AFP un responsable de l'Agence de sûreté nucléaire.

"Même si les raisons exactes (de la présence de cette eau radioactive) restent à éclaircir, il se pourrait que de l'eau de la cuve du réacteur ait fui par des tuyaux ou des valves endommagés reliant (le réacteur) au bâtiment de la turbine", a ajouté ce responsable.

De l'eau montant jusqu'à un mètre a également été découverte dans le sous-sol des bâtiments de la turbine des réacteurs 2 et 4, et des analyses sont actuellement effectuées pour vérifier si elle est polluée, a-t-il poursuivi.

Des flaques d'eau d'un mètre, ça c'est de la flaque... Probablement l'inflation... Tout augmente... No
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Message  alexi le Sam 26 Mar - 19:49

Fukushima, silences coupables

Sous-informés par les autorités, de plus en plus conscients du risque d'une catastrophe dont ils sont, pour la plupart, dans l'incapacité d'évaluer la gravité, les Japonais sont désormais d'autant plus inquiets que fait aujourd'hui surface, à la lecture de la presse et grâce aux témoignages d'experts nucléaires diffusés sur des chaînes privées de télévision ou sur des blogs, l'arrière-plan nauséabond de ce drame : la puissance de ce que, par pudeur, on nomme le "lobby nucléaire".

Un milieu riche et puissant dont le coeur bat au ministère de l'économie, du commerce et de l'industrie (METI), qui a la haute main sur la politique nucléaire, et dont les ramifications comprennent la Fédération des compagnies d'électricité (FEPC), l'Agence de sûreté industrielle et nucléaire (NISA), les groupes industriels qui construisent les centrales - Toshiba et Hitachi en tête - et les opérateurs.

Ce lobby, qui voit d'anciens hauts fonctionnaires des ministères et agences liés au nucléaire "pantoufler" dans des compagnies d'électricité, est passé maître dans l'art de verrouiller l'information. Il finance d'importantes campagnes publicitaires dans la presse et à la télévision pour assurer que le nucléaire est parfaitement sûr.

L'arrivée au pouvoir, en 2009, d'une nouvelle majorité n'a pas modifié la donne, car le Parti démocrate du Japon (PDJ) s'appuie sur la puissante confédération syndicale Rengo, dont l'une des principales composantes est la branche regroupant les travailleurs du secteur de l'énergie, très attachée au nucléaire.

Cette collusion à grande échelle entre la haute administration, les agences de surveillance, les constructeurs de centrales et les opérateurs fait non seulement taire les oppositions mais aussi évacuer toute question sur le nucléaire. Ce n'est pourtant pas faute de preuves - étayées par des documents - de négligences, de mensonges par omission ou de pures falsifications. Ces agissements s'étaient traduits, en 2002, par la mise en cause des dix compagnies d'électricité du pays pour dissimulation d'incidents dès les années 1970, début du nucléaire dans l'Archipel. La compagnie d'électricité de Tokyo (Tepco), propriétaire et opérateur des centrales de Fukushima, était la première visée.

S'ajoutent cette fois des témoignages - appelés à être vérifiés et remis en perspective - d'anciens de Tepco. Mais, pour l'instant, "brutes de décoffrage", ces révélations font froid dans le dos. Si elles reflètent la réalité, il apparaît que les opérateurs - Tepco, certes, mais aussi ses homologues - ont fait passer la rentabilité à court terme avant l'impératif de sécurité à long terme, ou, dans le meilleur des cas, n'ont pas suffisamment pris en compte le risque dans un pays à forte activité sismique et à tsunamis.

Les centrales de Fukushima étaient conçues pour résister à une vague de 5,5 mètres en prenant comme référence celle qui avait frappé le Chili en 1956... Les réacteurs ont résisté au séisme et se sont arrêtés automatiquement, mais le système de refroidissement, insuffisamment protégé, a cessé de fonctionner. Deux ingénieurs de Toshiba qui ont participé à la conception de la centrale de Fukushima, cités par le quotidien Tokyo Shimbun, estiment qu'un "risque trop bas" a été retenu comme base de calcul.

Du bout des lèvres, le ministre de l'économie a reconnu que "lorsque la situation de crise aura été maîtrisée, nous devrons examiner la gestion de Tepco". Certes, mais entre-temps, combien de victimes seront-elles dénombrées ?

Un ancien ingénieur de Toshiba, qui témoigne anonymement, est plus direct : "Ce n'est pas à une catastrophe naturelle que le Japon est confronté, mais à une catastrophe provoquée par l'homme." Un long article du Wall Street Journal reprend les données exposées par Hidekatsu Yoshi, député communiste et ancien ingénieur nucléaire, qui a démontré, dans un livre paru en 2010 s'appuyant sur des documents de la NISA, que la centrale de Fukushima est celle qui, dans tout le Japon, a connu le plus grand nombre d'incidents, dont une quinzaine d'accidents entre 2005 et 2009, et que ses employés ont été les plus exposés aux radiations au cours de la décennie écoulée. Est également pointé le recours, pour la maintenance des centrales, à des sous-traitants souvent inexpérimentés, qui paient aujourd'hui un lourd tribut à la lutte contre la catastrophe.

La réaction tardive de Tepco est également mise en cause. "Tepco a pris en compte le danger avec lenteur", a déclaré un haut fonctionnaire à l'agence de presse Kyodo. Dans les deux premiers jours qui ont suivi le séisme et le tsunami, le souci de préserver les équipements semble l'avoir emporté sur la prise en compte du risque pour les populations.

Les 8 employés d'Areva, entreprise française leader mondial du nucléaire, qui étaient présents sur le site au moment du séisme, ont rapidement pris la mesure du danger puisqu'ils ont été parmi les premiers à partir. Areva n'avait pourtant jamais émis la moindre crainte sur des risques présentés par les centrales de son client Tepco.
Philippe Mesmer et Philippe Pons
Article paru dans l'édition du 27.03.11

© Le Monde.fr 26/03/11

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Message  BouffonVert72 le Sam 26 Mar - 19:51

il y a 3 heures 40 minJapon         - Page 8 Ap4Eric Talmadge et Mari Yamaguchi


Fukushima: l'eau douce va remplacer l'eau de mer

TEPCO, l'exploitant de la centrale nucléaire de Fukushima Dai-ichi, a changé de tactique samedi pour refroidir les réacteurs en surchauffe: son plan est désormais d'injecter de l'eau douce, au lieu de l'eau de mer utilisée jusqu'à présent.




Le tsunami provoqué par le séisme du 11 mars a endommagé le système de refroidissement de la centrale. Dans l'urgence, les ingénieurs ont eu recours à de l'eau de mer mais à présent, ils s'inquiètent de l'effet corrosif du sel sur les installations.

Hidehiko Nishiyama, de l'Agence de sûreté industrielle et nucléaire (NISA) japonaise, a expliqué samedi que TEPCO s'affairait pour injecter de l'eau douce dans les réacteurs afin de commencer à nettoyer le liquide radioactif qui y est présent.

La NISA redoutait que le sel et d'autres particules ne bouchent les tuyaux et ne recouvrent les barres de combustible, empêchant par là-même le processus de refroidissement.

Ce changement de tactique est le dernier en date pour tenter de reprendre le contrôle de la situation à Fukushima, une centrale de six réacteurs située à 220km au nord-est de Tokyo.

Le secrétaire général du gouvernement Yukio Edano a souligné que la situation restait imprévisible et qu'il faudrait "longtemps" pour résoudre la crise. "Il semble que nous empêchions la situation de s'aggraver", a-t-il déclaré samedi. "Mais nous ne pouvons pas encore être optimistes".

Les Etats-Unis ont formulé une requête "extrêmement urgente" pour que les procédures à Fukushima passent de l'eau de mer à l'eau douce, a indiqué vendredi soir le ministre nippon de la Défense Yoshimi Kitazawa. Des barges de l'armée américaine ont acheminé de l'eau douce jusqu'à la baie d'Onahama, a-t-il précisé, en espérant que les injections pourraient commencer en début de semaine prochaine. La VIIe Flotte américaine a confirmé avoir envoyé près de deux millions de litres d'eau douce à destination de Fukushima.

La centrale est située sur la côte orientale du Japon. Un peu au large, dans le Pacifique, une radioactivité 1.250 fois supérieure à la moyenne a été mesurée dans l'eau de mer, a rapporté Hidehiko Nishiyama, de la NISA. Selon lui, la région concernée n'est pas une zone de pêche et cette contamination ne pose pas de danger immédiat pour la santé humaine.

D'après l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) cependant, des analyses réalisées à une trentaine de kilomètres du rivage ont relevé une concentration en iode 131 qui se rapproche de la limite admise par le gouvernement japonais. Un autre élément radioactif, le césium 137, a aussi été détecté mais à des niveaux plus faibles. La radioactivité de l'iode décroît rapidement mais celle du césium pourrait polluer l'environnement marin pour des décennies.

Deux ouvriers de Fukushima se sont récemment brûlés lorsqu'ils ont été en contact avec de l'eau qui était 10.000 fois plus radioactive que les niveaux observés habituellement à l'intérieur de la centrale. Les ingénieurs redoutent donc une fuite plus importante que prévue.

Hidehiko Nishiyama a reconnu samedi que la radioactivité augmentait dans certaines unités. "Il est crucial de trouver un moyen d'évacuer l'eau contaminée", a-t-il noté.

Les responsables de la centrale et du gouvernement disent ignorer la source de cette eau radioactive. La fuite pourrait provenir d'un coeur de réacteur, de canalisations ou d'une piscine. Mais d'après M. Nishiyama, il est "plus probable" que son origine soit une brèche dans l'enceinte d'un coeur. AP
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Message  topaze le Sam 26 Mar - 23:49

Concernant la production du MOX je posais cette question :

‘Par contre a quels moments ça a démarré cette production et quand Areva a t'il commençait a en fournir. Je me pose cette question car je me dit que cela ne c'est pas fait sans l'accord de l'Etat.’

En cherchant j’ai trouvé que c’est en 1999 que des décrets favorables au nucléaires ont permis l’extension de l’usine Melox. Usine qui fabriquera les assemblages de MOX pour l'exportation vers le Japon, gros client de la COGEMA,(qui deviendra par la suite Areva) ce décret permet aussi les conditions techniques d'une extension du parc electronucléaire moxé et lève un obstacle pour son renouvellement futur . A la tête de l’Etat à l’époque on trouve :
Lionel Jospin (premier ministre ;
D.Voynet (ministre de l’environnement),
DSK (ministre de l’industrie, de l’économie, des finances)
Christian Perret (secrétaire d’Etat à l’industrie)


Voir le decret
http://admi.net/jo/19990731/ECOI9800874D.html

Topaze. Lecteur de Revolution Internationale http://fr.internationalism.org/








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Message  BouffonVert72 le Dim 27 Mar - 2:09

... Et Chirac...

Ca prouve qu'on ne peut pas faire confiance à la Bourgeoisie Rose-libérale, ni aux écolos-vert-pâles... Et surtout pas aux 2 réunis dans le même gouvernement !
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