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Le point sur les révolutions dans les pays arabes

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Message  Copas le Lun 7 Juil - 19:43

Le point sur les révolutions dans les pays arabes - Page 11 Br5cco10

Kuweit
Des manifestations contre l'absolutisme et la corruption secouent le Kuweit depuis une petite semaine.

La question de l'appareil judiciaire qui protège la famille princière corrompue est au centre des protestations.
Le régime procède à des arrestations et des agressions policières contre les manifestants.

L'onde de l'ébranlement des dictatures continue.

http://alziadiq8.com/81709.html
http://www.romandie.com/news/Koweit-tirs-de-gaz-lacrymogenes-pour-disperser-une-manifestation/494622.rom


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Slogans entendus déjà dans beaucoup de pays

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Le point sur les révolutions dans les pays arabes - Page 11 Empty « Contre la tyrannie religieuse et la dictature »

Message  Roseau le Jeu 10 Juil - 1:26

Appel de centaines d’intellectuels syriens, irakiens, palestiniens et libanais.
http://ks3260355.kimsufi.com/inprecor/article-inprecor?id=1637


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Message  Roseau le Sam 2 Aoû - 20:42

Par Joseph Daher

Conclusion importante:
Pour la libération des peuples de la région
Il faut comprendre et rappeler de manière constante que la libération de la Palestine passe en effet par la libération des peuples de la région, et dès lors par Damas, Ryad, Doha, Téhéran, le Caire, Amman, etc. Comme l’écrivait un manifestant syrien pro-révolution depuis le plateau du Golan occupé par Israël : « la liberté, un destin commun pour Gaza, Yarmouk et le Golan ».
La libération de la Palestine et de ses classes populaires est liée à la libération et à l’émancipation des classes populaires de la région contre leurs classes dirigeantes, ainsi que contre les différents impérialismes, en particulier les États-Unis et la Russie, et les forces sous-impérialistes telles que l’Iran, l’Arabie Saoudite, la Turquie et le Qatar.
Dans cette logique, nous devons nous battre contre toutes les tentatives de division des classes populaires par les régimes et les forces islamistes réactionnaires sur la base de genre, appartenance religieuse, nationalité, etc. qui essayent de dominer ces populations, d’empêcher leur libération et leur émancipation, et donc celles des classes populaires de Palestine.
Vive les peuples en luttes, vive la Palestine libre !
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Message  Copas le Lun 4 Aoû - 7:34

Texte sur la zone Syrie-Irak-Kurdistan

La terreur d’Al-Baghdadi:

Les révolutionnaires syriens et les Kurdes d’Irak lui tiennent tête
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Message  Copas le Lun 4 Aoû - 7:48

Roseau a écrit:Par Joseph Daher

Conclusion importante:
Pour la libération des peuples de la région
Il faut comprendre et rappeler de manière constante que la libération de la Palestine passe en effet par la libération des peuples de la région, et dès lors par Damas, Ryad, Doha, Téhéran, le Caire, Amman, etc. Comme l’écrivait un manifestant syrien pro-révolution depuis le plateau du Golan occupé par Israël : « la liberté, un destin commun pour Gaza, Yarmouk et le Golan ».
La libération de la Palestine et de ses classes populaires est liée à la libération et à l’émancipation des classes populaires de la région contre leurs classes dirigeantes, ainsi que contre les différents impérialismes, en particulier les États-Unis et la Russie, et les forces sous-impérialistes telles que l’Iran, l’Arabie Saoudite, la Turquie et le Qatar.
Dans cette logique, nous devons nous battre contre toutes les tentatives de division des classes populaires par les régimes et les forces islamistes réactionnaires sur la base de genre, appartenance religieuse, nationalité, etc. qui essayent de dominer ces populations, d’empêcher leur libération et leur émancipation, et donc celles des classes populaires de Palestine.
Vive les peuples en luttes, vive la Palestine libre !

Un bon texte.

On peut relever combien manque une coordination politique des révolutionnaires sur la région, tant les enjeux s’interpénètrent .
Et combien une partie des révolutionnaires d'Europe passent complétement à côté de quelque chose qui travaille également toutes les rives de la Méditerranée : des masses prolétaires urbaines qui rongent leur frein, se soulèvent, sont réprimées par diverses forces de la réaction, toutes criminelles et dangereuses.
Un phénomène ayant de puissants traits communs est à l’œuvre qui explosent les délimitations issues des frontières coloniales.
L'EEIL l'a compris en asseyant son combat sur plusieurs territoires, notamment la Syrie et l'Irak.

Les soulèvements populaires historiques qui ont eu lieu dans une vingtaine de pays ont eu maints traits nationalistes, en même temps qu'ils se nourrissaient les uns les autres. Nous sommes passés maintenant à une phase où les secousses deviennent transnationales.
La crise globale de la région, construite sur des évolutions historiques des classes en présence, à tous niveaux (y compris du point de vue de l'information des peuples concernés), malgré les premières phases nationalistes, va continuer de travailler l'ensemble des sociétés concernées.
Les réponses globales sont donc importantes.
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Message  Copas le Mar 30 Sep - 8:22

Remarques et débats sur la situation au Moyen-Orient
L'article de Sabado paru sur Vientosur.info .

Intéressant mais manquant de compréhension sur le fait que les secousses qui sont apparues au proche orient, en Afrique du Nord et dans le sud-est européen sont apparues dans  des pays où les forces productives se sont particulierement développées et viennent percuter, mettre en crise des formes de domination des appareils d'état dictatoriaux divers et les assemblages divers liés aux impérialismes dominants .

Le moteur le plus puissant de la crise long terme vient du développement de très gros prolétariats urbains (avec dedans des prolétariats industriels en général plus importants qu'en Europe, voir les stats là dessus) de plus en plus instruits, communicants, de plus en plus informés du monde, avec des jeunesses sans avenir mais très instruites et communicantes, de plus en plus informées du monde.

Face à cette énorme poussée sur plusieurs dizaines d'années, les régimes en place qui possédaient un certain prestige par le passé dans une partie des immenses masses paysannes, sont entrés en crise profonde.  Souvent nés de factions petite-bourgeoises, monarchiques, militaires, etc, ils se sont transformés en factions bourgeoises intégrées au capital international (au concert impérialiste mondial), corrompues, lovées autour d'appareils d'état hyper violents, souvent fascisantes.

Leurs bases sociales se sont pulvérisées.

L'ensemble de ces régimes corrompus et bourgeois, ayant privatisé et accaparé à tour de bras toutes les richesses de leurs pays. Les privatisations et cleptomanies des familles Kadhafi, Assad, Mubarak, Ben Ali, des clans militaires familiaux algériens, des monarchistes marocains, pilleurs en tous genres sont impressionnantes dans les 10 à 20 ans qui précédent les soulèvements.

Ces régimes ont perdu tout crédit auprès des masses lors de ces épisodes tout en commandant d'une façon très violente leurs peuples et en parcourant avec leurs rejetons la jet'set internationale .

La structure de ces régimes bourgeois souvent fascisants, construits pour dominer d'immenses paysanneries et de grosses petites bourgeoisies, se trouve confrontée à la question de dominer de très gros prolétariats urbains instruits, des jeunesses déjà très internationales, connaissant le monde, de hauts niveaux scolaires, très communicants, informés du monde par des sources souvent plus diverses qu'en Europe et aspirant à autre chose.

C'est cette contradiction, avec les éléments qui lui sont liés, qui expliquent une grande partie de la crise dans tous ces états (Maroc, Algérie, Tunisie, Libye, Égypte, territoires palestiniens, Jordanie, Syrie, Iran), leurs extrèmes difficultés à procéder à des mutations démocrates-bourgeoises sans que tout pète dans tous les sens.

Même Daesh et la façon dont cette organisation a percé est un enfant de cette révolte, enfant fascisant qui n'est pas explicable seulement par du fric du Qatar, mais par l'écroulement du soutien de masse à des régimes dictatoriaux corrompus placés par les yankees (Irak) et fascistes corrompus maintenus en place par l'impérialisme russe (Syrie), l'écroulement des illusions sur les démocraties bourgeoises des grands pays impérialistes, par la veulerie et l'absence de soutien aux soulèvements populaires des organisations ouvrières occidentales, de gauches et même révolutionnaires saturés de discours ethnicistes réacs,  les retards dans l'expression consciente et outillée  du 3eme larron, celui qui rend difficile voir impossible une stabilisation des régimes de la région: le très gros prolétariat urbain.

Il n'est pas impossible que seuls les états où  un processus de destruction massive physique du prolétariat urbain, de ses quartiers et usines, villes, aura eut lieu, pourront permettre une stabilisation moyen terme de régimes dictatoriaux dans la région.

Sabado parle des questions de solidarité dans son article, il a raison, mais il manque le cadre de celles-ci et la compréhension du soutien à la lutte de classe qui s'y déroule et le soutien à l'unification des forces révolutionnaires pour la zone Irak, Iran, Kurde, Syrienne, libanaise, jordanienne et palestinienne.

L'offensive d’Israël contre Gaza se trouve bien dans l'un des épisodes contre-révolutionnaire de la période des soulèvements des grands prolétariats urbains ouverte en 2009 en Iran. Tsahal est une déclinaison des forces réactionnaires à l’œuvre aux côtés de Daesh, Assad, les Saouds, des frappes occidentales qui vont renforcer la légitimité des islamistes fascisants, etc.

On doit parler de solidarité, mais vu l'imbrication de ces pays avec ceux d'Europe, on doit parler aussi de combats communs, de bons offices entre les courants du communisme-ouvrier et les petites forces révolutionnaires liées à tel ou tel courant trotskyste, afin d'améliorer leur puissance et leur efficacité.

La révolution et la contre-révolution gronde dans l'espace méditerranéen, l'Europe du sud en fait partie, il n'y a pas d'extériorité politique à maintenir même si tout le respect doit être donné aux camarades qui se battent au proche orient et en Afrique du nord, particulierement aux camarades syriens et irakiens, qui font face à des défis énormes.

La question des poussées révolutionnaires et contre-révolutionnaires n'est pas une question extérieure au champ d'action de notre classe.


Dernière édition par Copas le Mar 7 Oct - 8:00, édité 1 fois
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Message  Copas le Mar 7 Oct - 7:56

Congrès fondateur de la Confédération des syndicats arabes (ATUC) à Amman
(liée à la CSI)
ATUC, structure régionale, regroupe 17 organisations membres de 11 pays arabes.
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Message  Copas le Mer 8 Oct - 23:38

Soutien aux révolutionnaires syriens, turcs, irakiens, kurdes, libanais, palestiniens et iraniens.

La bataille contre Daesh comme la bataille contre le boucher Assad, la lutte contre les interventions des états impérialistes (USA-Fr-GB-Russie-), contre les appareils d'état des puissances régionales (Turquie, Iran, Israël, Égypte, Arabie Saoudite et Qatar) ne se fait pas sans définir notre camp.

Ce camp se bat pour faire respecter les droits des peuples à l'autodétermination, pour unifier les prolétariats de la région dans le combat et soutient explicitement les révolutionnaires de la région au premier chef, Révolutionnaires syriens , YPG et PKK pour les kurdes, les partis communistes-ouvriers du kurdistan, d'iran, d'Irak, révolutionnaires palestiniens et libanais.

Les dénonciations abstraites de l'impérialisme. et les jeux à la ponce pilate ne sont pas des réponses;

La désagrégation des régimes dictatoriaux et sanglants sous les poussées de prolétariats urbains désarmés ont rebattu les cartes des rapports de force au proche orient. A par le régime turc qui semble avoir une base sociale, les régimes militaires et monarchistes ne semblent plus en avoir et, pour la Syrie et l'Irak n'ont tenu que par le bouche à bouche d'alliés impérialistes et puissances régionales (les USA et l'Iranpour l'Irak, la Russie et l'Iran pour la Syrie).

Comprendre ce qu'est Daesh dans une région du monde qui jouxte l'Europe est important, c'est comprendre que l'essentiel de leur armement est composé de matériels lourds russes pris à l'armée syrienne et de matériels lourds US pris à l'armée irakienne. Que leur puissance ne vient que peu d'aides qataries mais d'un ensemble de circonstances que je ne détaillerai pas là, notamment l'absence de solidarité du mvt ouvrier international et même des positions crapuleuses et campistes jusque dans les rangs du mvt révolutionnaire dans le monde envers des peuples soulevés contre la tyrannie.

C'est également comprendre qu'une partie des frontières régionales se sont écroulées comme si elles n'avaient jamais existé entre l'Irak et la Syrie (comme en partie vis à vis du Liban). c'est enfin comprendre que Daesh progresse sur les cendres de la désagrégation de régimes insupportables tentant de jouer sur les divisions ethniques pour survivre (régime irakien et syrien).

La place des forces révolutionnaires existe dans cette région jouxtant l'Europe, elles ont leur chance.

Les révolutionnaires européens doivent travailler en fonction des besoins de ces forces (qui ne manquent souvent pas d'hommes mais de moyens) et également travailler à les aider à rapprocher leurs points de vue politiques et leurs moyens (que ce soient des courants révolutionnaires syriens, des courants du communisme ouvrier, des anars, des révolutionnaires kurdes, des révolutionnaires palestiniens, etc).
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Message  Copas le Jeu 9 Oct - 20:01

Harpov a écrit:Contre l'émancipation des peuples, la réponse de l'impérialisme c'est la création de toutes pièces, la manipulation, le financement direct et indirect d'un "terrible" ennemi islamiste radical justifiant depuis 2001 la guerre en permanence, pour diviser et terroriser ces peuples qui pourraient avoir des velléités révolutionnaires remettant en cause sa domination.

L'impérialisme est un système global, les états impérialistes parties de ce système qui separtagent le gateau et tentent de dépecer des états, construire des zones d'influence.
Dans le monde existe un certain nombre de claques impérialistes qui se divisent, s'affrontent et s'unifient suivant les périodes. Ce n'est pas réservé à l'impérialisme américain.

Ah, l'impérialisme fait des plans et des manœuvres.
Nous sommes éclairés, c'est une grande nouvelle.

Mais, sauf pour les complotistes, les peuples ne bougent pas en appuyant sur un bouton, fusse-t-il dans un bureau du pentagone.
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Message  Copas le Dim 19 Oct - 18:20

Maghreb, la bombe sociale est toujours là

Algérie
Les émeutes ne sont pas prêt de finir



Algérie
Plus de 9 millions d'Algériens vivent avec moins d'un dollar par jour

Près de 1.932.000 familles algériennes sont démunies en 2014, en augmentation de 304.000 familles par rapport à 2013, selon des chiffres fournis par le Ministère de la Solidarité nationale, de la Famille et de la Condition de la femme.

Plus de 9 millions d’Algériens vivent en dessous du seuil de pauvreté, rapporte la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’homme (LADDH) dans un communiqué diffusé le 18 octobre 2014 à l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination de la pauvreté.

Près de 1.932.000 familles algériennes sont démunies en 2014, en augmentation de 304.000 familles par rapport à 2013, selon des chiffres fournis par le ministère de la Solidarité nationale, de la Famille et de la Condition de la femme.

Le secrétaire national de la LADDH, Houari Kaddour, s’indigne : dans un entretien accordé au quotidien francophone El Watan, il interpelle l’opinion publique pour "prendre conscience" de la gravité du phénomène. Pour lui, "la pauvreté est une atteinte aux droits de l’homme. Tout enfant, tout jeune, homme, femme, détient le droit à un niveau de vie adéquat pour sa santé et son bien-être, à l’alimentation, à l’habillement, au logement, aux soins médicaux et aux services sociaux."

L’Algérie, bien qu’elle soit classée "6e puissance mondiale en matière de production de gaz et 2e pays africain en matière de production du pétrole, après le Nigéria", adopte une politique économique "qui s’éloigne de plus en plus du développement de la richesse et de l’accès de tous à ce développement", indique Me. Debouz, président de l’organisation.

etc



Tunisie
Les jeunes diplômés, aussi, dans la tourmente


Tunisie

Tous les indicateurs sont au rouge concernant le secteur de l'emploi (ministre tunisien de l'emploi)

Le ministre tunisien de l'Emploi et de la Formation professionnelle, Hafedh Amouri, a affirmé vendredi que tous les ‘’indicateurs sont au rouge’’ pour ce qui concerne la question de l'emploi à cause de la situation économique difficile que traverse la Tunisie dans tous les domaines.
Le niveau de chômage des diplômés du supérieur a atteint 31%, poussant le ministère à recourir à des mécanismes pour solutionner les crises comme la redynamisation des secteurs qui emploient les détenteurs de diplômes de l'enseignement supérieur.
Ainsi, le ministère encourage les secteurs qui investissent dans les domaines à forte valeur ajoutée et des hautes technologies en prenant en charge la moitié des salaires payés aux nouveaux employés dans le but de la création d’emplois réels.

Maroc
Grève générale le 29 octobre

Maroc
Dialogue social en panne, trois syndicats annoncent une grève générale le 29 octobre

Les syndicats représentant la gauche et l’extrême gauche marocaine (FDT, UMT et CDT) ont annoncé, jeudi, une grève générale à travers le pays pour le 29 octobre prochain. Le choix de cette date n’est pas fortuit, puisqu’elle coïncide avec le jour de l’enlèvement à Paris, en 1965, du leader de la gauche marocaine, Mehdi Ben Barka. Pour les trois syndicats marocains, rejoints par l’UGTM, il s’agit de montrer au gouvernement dirigé par le PJD (parti justice et du développement - islamiste) qu’il y a une limite à sa politique de refus du dialogue social. Et, surtout, répondre concrètement aux revendications des syndicalistes : reprise du dialogue social, gel des réformes des caisses de retraite et de la compensation, maintien de la politique de subvention des prix des produits de première nécessité.

Le dialogue social est en panne depuis avril 2011. Les trois syndicats veulent donc reprendre ‘’langue’’ avec le gouvernement dirigé par Abdelilah Benkirane et organiser un sommet social autour de ces grandes questions socio-professionnelles. Ces revendications, portées par l'Union Marocaine du Travail (UMT), la fédération Marocaine du Travail (FDT) et la Confédération Démocratique du Travail (CDT), portent principalement sur la nécessité de mettre en œuvre tous les engagements pris par l’exécutif, notamment ceux restés en suspens, lors de l’accord du 26 avril 2011, dont l’augmentation des salaires et des pensions, le respect des libertés collectives et individuelles, particulièrement la liberté syndicale et le droit de grève. La décision du gouvernement de réformer la caisse de compensation de soutien des prix des produits de première nécessité, qui va permettre à l’exécutif d’économiser 20 milliards de Dh par an, a également été dénoncée par les syndicats.

Le gouvernement sous pression, les syndicats en bloc

En face, le gouvernement Benkirane, qui ferraille dur actuellement pour terminer le projet de loi de finances 2015, avec comme ligne de fond la relance de la croissance et la réduction du déficit budgétaire, doit trouver des réponses sociales urgentes avant le 29 octobre. Il doit aussi convaincre les syndicats du bien fondé de sa politique sociale. D’autant que la FDT, l’UMT et la CDT sont très bien implantées dans l’enseignement, les collectivités locales, la justice et la santé. Le porte-parole du gouvernement marocain Mustapha El Orfi a répondu la semaine dernière aux préoccupations des syndicats, assurant que (le gouvernement) est "engagé dans la mise en œuvre de ses engagements pris dans le cadre du dialogue social". Mieux, selon lui, "le dialogue social, n’est pas gelé".

Selon lui, le gouvernement a consacré 24,8 milliards de dirhams entre 2012 et 2014 à la mise en œuvre de l'accord du 26 avril 2011 et a signé plusieurs accords sectoriels. En mai dernier, et pour calmer le front social, le gouvernement Benkirane avait annoncé une hausse de 10%, en deux tranches, du salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG) et du salaire minimum agricole garanti (SMAG), soit 5% à partir du 1er juillet 2014 et 5% en juillet 2015. Selon des syndicalistes, deux autres centrales marocaines, l’UGTM, proche de l’Istiqlal, et l’UNMT, pourraient rejoindre le mouvement de protestation du 29 octobre prochain. Et, probablement, des ONG et la société civile, seraient aussi de la partie à l’occasion de la commémoration de la disparition de Mehdi Benb Barka.

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Message  Copas le Dim 30 Nov - 11:21

Yemen
La marionnette US a sauté sous la pression populaire, mais les manœuvres US, iraniennes et saoudiennes continuent


Sur fond d'affrontements entre la guérilla Houthi et Al Qaïda, la complexité du théâtre yéménite est importante.

Des forces sunnites en déclin liées à l'ancien président Ali Abdallah Saleh, proche des USA et viré par le soulèvement populaire de 2011-2012, ont passé un accord avec les forces Houthi qui ont pris la capitale Sanaa il y a peu, en disant agir avec "la volonté de coopérer et de coexister conformément aux préceptes de l'islam préconisant la fraternité, l'amour et la paix".

Arwa Othmana, ministre de la culture du Yémen, récompensée pour sa lutte contre l'extrémisme et pour le droit des femmes.

Rajouter à la complexité de la situation dans un pays où beaucoup de choses se discutent et où a surgit depuis 2011 une société civile, une femme a à nouveau été mise à l'honneur avec le prix délivré par  Human Rights Watch à la ministre de la culture du Yémen, Arwa Othmana, pour sa lutte contre l'extrémisme et pour le droit des femmes.
La ministre de la culture a appelé à la "tolérance" et a dédié sa récompense à ses "frères et amis de la communauté juive" (la communauté juive yéménite ne comporte plus que 90 personnes au Yemen), lors d'une cérémonie à Sanaa. Arwa Othman est également une avocate engagée dans la lutte contre le mariage des enfants et la promotion des droits des femmes au Yémen.
Arwa Othman illustre bien le courage, la force et l'implication des femmes dans le processus yéménite de libération. Ainsi que la complexité du processus yéménite.
Le point sur les révolutions dans les pays arabes - Page 11 Index410


Pour ce qui est du sud
Le sud "socialiste" démontre à nouveau sa puissance.



Une grosse démonstration d'opposition a lieu depuis hier, sanctionnée par une manifestation de masse aujourd'hui. La question d'une nouvelle partition  se pose depuis un moment.
Le point sur les révolutions dans les pays arabes - Page 11 14172810


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Message  Copas le Dim 30 Nov - 13:33

Le camp de tentes sur la place de la liberté à Aden :

Le point sur les révolutions dans les pays arabes - Page 11 Org_sa10

En préparation au 30 novemebre, les étudiants d'Aden (leur coordination) ont organisé concerts et prises de parole

Le point sur les révolutions dans les pays arabes - Page 11 Org_sa11

Le Bloc parlementaire du Sud à la Chambre des représentants du Yemen a demandé samedi un référendum dans le sud contrôlé par les nations unies Le mouvement de sécession touche également jusqu'à l'île de Socotra
le mouvement pacifique pour l'instant draine depuis des années de considérables masses d'hommes et de femmes
Le point sur les révolutions dans les pays arabes - Page 11 Captur12Le point sur les révolutions dans les pays arabes - Page 11 Captur13
Le point sur les révolutions dans les pays arabes - Page 11 Captur14Le point sur les révolutions dans les pays arabes - Page 11 Captur15

Des démonstrations de solidarité ont eu lieu dans plusieurs pays comme à Sheffield en Grande Bretagne
Le point sur les révolutions dans les pays arabes - Page 11 Org_sa12Le point sur les révolutions dans les pays arabes - Page 11 15175410

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Message  Copas le Mar 23 Déc - 21:45


Moyen-Orient – Afrique du Nord.
«Le printemps arabe s’est transformé actuellement en un hiver»


Entretien avec Gilbert Achcar
réalisé par Vidya Venkat

Depuis les soulèvements qui ont débuté en 2010-11, le modèle de démocratie libérale n’a pas décollé dans les pays du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord, à l’exception de la Tunisie. Existe-t-il encore un espoir ou même considérez-vous qu’une démocratie «électorale» libérale soit une réponse à la crise en cours dans la région? Nous assistons, par exemple, à la manière dont le dictateur Bachar el-Assad, du parti Baas, reste au pouvoir en Syrie, au-delà de la farce électorale de juin…

Gilbert Achcar:

La question de la démocratie dans la région du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord ne peut être réduite à celle de la démocratie libérale telle qu’elle domine actuellement en Occident. Même si vous considérez le libéralisme pour sa seule dimension politique, les pays arabes sont loin de le mettre en œuvre, et cela concerne également la Tunisie où un gouvernement formellement démocratique est désormais en place.

La région d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient souffre d’une crise sociale et économique très profonde, laquelle se situe à la racine, en général, des bouleversements et des révoltes. Afin de résoudre la crise en cours, un changement du modèle socio-économique libéral, qui a conduit à celle-ci, doit être réalisé. La véritable pierre d’achoppement réside dans la combinaison d’un «Etat profond» fortement répressif et corrompu avec un capitalisme de connivence (crony capitalism) du pire type. Cette combinaison n’a été démantelée dans aucun des Etats de la région, y compris en Tunisie. En Syrie, où la dictature du Baas est ancrée au pouvoir depuis un demi-siècle, les élections étaient dépourvues d’une quelconque légitimité démocratique. Afin d’aboutir à une démocratisation réelle, il est nécessaire de démanteler «l’Etat profond» qui continue à arrimer l’ordre socio-politique existant dans la région.
La suite .../...
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Message  Roseau le Mer 24 Déc - 13:44

Je relève ceci:
Les pays du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord détiennent, à l’échelle internationale, des taux record de chômage. Tant que cette question cruciale ne sera pas résolue, les secousses sociales se poursuivront. Je répète cela depuis 2011. C’est la raison pour laquelle j’ai soutenu que ce qui avait alors commencé n’était pas un «printemps», ce qui qualifie une saison, mais un processus révolutionnaire sur le long terme qui continuera pendant de nombreuses années, voire des décennies, avant que la région parvienne à une stabilité durable
.

et aussi ceci, qui contredit une analyse courante (que j'ai moi-même relayée sur ce forum...)
selon laquelle l'Arabie Saoudite défend une politique qui conduit à la baisse du prix
pour mettre en faillite l'exploitation des gaz et huiles de schistes aux USA:
L’Arabie saoudite se trouve en fait à l’origine de la chute des prix du pétrole et c’est une chose qu’ils font à leurs propres dépens pour des raisons stratégiques favorables aux Etats-Unis. Le gros des fonds saoudiens à l’extérieur est investi dans les bonds du Trésor des Etats-Unis et dans les banques états-uniennes. Tout cela est une perte sèche pour l’ensemble de la région. L’impérialisme occidental a créé un système régional composé des monarchies du Golfe afin de garantir l’exploitation de leurs ressources, et il se pourrait qu’il en reste ainsi jusqu’à ce que la dernière goutte de pétrole soit extraite de toute la région.
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Message  Copas le Mer 24 Déc - 15:51

4.7% main d’œuvre agricole
25% main d’œuvre industrielle
70 % main d’œuvre dans les "services"
61% d'internautes
83% de population urbaine
52% d'inscription à des études universitaires
(alphabétisation tournant à près de 100%)

L'Arabie Saoudite est aux taquets socialement et politiquement, les soulèvements populaires des pays "arabes", les révolutions "arabes" ont ébranlé le royaume, depuis plusieurs années il existe des frictions....
Le gouvernement des Saouds avait fait d'énormes chèques en 2011 pour calmer les colères sociales et politiques.
Les tensions à l’œuvre viennent du développement de la composante humaine des forces productives, de populations qui ont du mal à supporter le poids de la caste princière.

Le régime, de plus, fait face depuis 15-20 ans à une opposition islamiste (qui a donné naissance à Al Qaïda) et puissante dans la caste dirigeante.

Laisser tomber, voir encourager la chute des cours du pétrole, semble dangereux si ça amène à serrer à arroser moins les saoudiens. Une opposition ouverte risquerait alors de surgir.
Je pense que la chute des cours du pétrole vient plus d'une atonie de l'activité industrielle mondiale réelle.
Après les prédateurs arrivent pour spéculer et exagérer les mvts des couts du pétrole.
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Message  Copas le Jeu 25 Déc - 12:39

Pour compléter :

Arabie: déficit budgétaire important en 2015, après la chute des prix du pétrole


L'Arabie saoudite, premier exportateur mondial de pétrole, a annoncé jeudi un budget de l'Etat pour 2015 prévoyant un déficit important de 38,6 milliards de dollars en raison de la chute des cours du brut.

Le Conseil des ministres a adopté un bugdet prévoyant des dépenses de 860 milliards de riyals (229,3 milliards de dollars) et des revenus de 715 milliards de riyals (190,7 milliards USD), selon un communiqué lu à la télévision d'Etat. Les dépenses sont ainsi en légère hausse par rapport aux 855 milliards de riyals prévus dans le budget de cette année mais les revenus sont en baisse de 140 milliards de riyals (37,3 milliards de dollars) par rapport aux prévisions de 2014.
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Message  Copas le Dim 25 Jan - 17:30

Tunisie, la question sociale au carrefour des politiques anti-sociales de la bourgeoisie, de la poussée du salafisme et de l'attitude de la gauche et du mouvement ouvrier.
Les jeux politiciens qui conduisent à abandonner la bataille sociale, ou à la rendre subalterne aux jeux électoraux, conduisent à de terribles échecs, en France comme en Tunisie.
Un prolétariat urbain compressé, agressé, a horreur du vide politique, malgré tout ce qu'on dit.


Tunisie. La question sociale, la pauvreté des jeunes et les salafistes
Publié par Alencontre le 25 - janvier - 2015

Entretien avec Abderrahmane Hedhili
conduit par Alain Baron


Sur le plan économique et social quelles sont les différences entre les deux partis arrivés en tête lors des élections de la fin 2014 ?


En ce qui concerne le contenu du programme économique et le modèle de développement, il n’y a pas de différence entre Nidaa Tounès (représenté par le Président Béji Caïd Essebsi) et Ennahdha. Ce sont deux partis libéraux. La seule différence entre eux concerne des institutions religieuses ayant une activité économique où Ennahdha est encore plus réactionnaire.
Quelle va être la différence entre la politique économique et sociale du futur gouvernement et celle qui était menée précédemment?

Je pense qu’il n’y aura pas de différence. En effet, je pense qu’ils ne vont pas faire de réforme sur le plan économique, à par peut-être quelques petites retouches. Ils ne vont pas faire de rupture avec le modèle de développement existant depuis Ben Ali [avec la fonction de Président depuis novembre 1987 au 14 janvier 2011]. Ce modèle a été poursuivi par tous les gouvernements qui lui ont succédé. Ils disent qu’il faut des réformes, mais en réalité, ils ne vont en faire aucune.
Quelles vont être les réactions du monde du travail ?

Il faut distinguer deux grandes catégories :

• Il y a, d’une part, les plus précaires comme ceux qui travaillent sur les chantiers et dont beaucoup gagnent moins que le SMIC, ou encore les diplômés chômeurs, et les chômeurs non diplômés dont on parle peu mais qui sont beaucoup plus nombreux.

Cette catégorie ne va pas rester les bras croisés. Ils ont attendu depuis quatre ans dans l’espoir d’une feuille de route prenant en considération leur situation. Mais il n’y a rien eu.

• Il y a, d’autre part, les salariés ayant un emploi stable dans les différents secteurs. Ils sont aujourd’hui très touchés par la détérioration de leur pouvoir d’achat. Ils sont vraiment en train de s’appauvrir. Leur priorité est le pouvoir d’achat, le coût de la scolarisation des enfants puis de l’aide à leur apporter ensuite lorsqu’ils sont diplômés-chômeurs, etc.

Cela est manifeste au niveau du taux de participation aux grèves. Auparavant, on atteignait des chiffres entre de 60 % et 90 %. Maintenant, c’est souvent 100 %, comme chez les enseignants ou dans les transports. Jamais les taux de grévistes n’ont été aussi élevés.

Si le futur gouvernement ne donne pas un message fort sur les grands dossiers d’ordre social, il n’y aura pas de stabilité dans ce pays.
Quelles autres conséquences a le développement de la pauvreté ?

Je suis étonné par le fait que dans tous les discours du gouvernement actuel et du nouveau Président, il y a une question liée à la pauvreté qui n’est jamais abordée. Il s’agit de celle des jeunes salafistes. Personne n’en parle. Ils sont nombreux, plus que 100’000. Je ne parle pas de ceux qui ont pris les armes et sont passés au terrorisme. Je parle des jeunes qui sont au début du parcours.

Avons-nous un programme d’ordre social, économique, culturel? Comment aborder cette question? Ni le gouvernement, ni l’opposition, ni la société civile, personne. Les salafistes sont très actifs parmi la jeunesse dans les quartiers populaires.

Parce que malheureusement, nous, la gauche. nous devrions être présents dans ces quartiers, mais nous avons cédé la place aux islamistes.

Le FTDES (Forum tunisien des droits économiques et sociaux) est en train d’écrire une étude faisant le lien entre le terrorisme et la question sociale. Nous avons également rendu public une étude sur l’augmentation des suicides.
Quel autre axe de mobilisation te paraît-il important ?

L’environnement n’est plus une préoccupation n’intéressant que les élites. Ce thème touche également une partie importante de la population, comme par exemple le problème des déchets sur l’île de Djerba, la pollution dans la baie de Monastir, celle des usines à Gabès, et bien entendu dans le bassin minier.

Le 6 et le 7 février, se tiendra une rencontre à ce sujet en Tunisie. L’environnement sera un thème important lors du Forum social mondial qui se tient fin mars 2015 à Tunis. (Propos recueillis le 16 janvier 2015)
____

Abderrahmane Hedhili est un des principaux animateurs du Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux (FTDES), une association tunisienne dont les thématiques sont le droit du travail, le droit des femmes, les droits environnementaux et les droits des migrants. http://ftdes.net/ Le FTDES est prioritairement tourné vers les populations les plus en difficulté et peu organisées. Il coopère notamment avec l’UGTT (Union générale tunisienne du travail) et diverses associations tunisiennes. Le FTDES constitue naturellement la colonne vertébrale de l’organisation des forums sociaux en Tunisie.
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Message  Copas le Jeu 19 Fév - 22:03

Arabie Saoudite:
Al Awamiya, bastion et cœur de la révolution




rès de quatre ans après le début du mouvement révolutionnaire à Qatif, les autorités affrontent encore ce mouvement par la violence, les meurtres, les arrestations, la torture en prison, et des cours d’inquisition Aussi n’y a-t-il rien d’étonnant dans la démarche de l’Etat lors des opérations récentes, commises avec une sauvagerie extrême, par la terreur et le châtiment collectif des civils désarmés. Les forces de sécurité ont commis dernièrement un crime qui n’a pas été relaté dans les médias officiels sinon sous forme de cris de vengeance, ou, comme de coutume, pour faire l’éloge des succès de la sûreté dans leur guerre contre le terrorisme. Dans cet article, nous aborderons plusieurs axes dont : le dernier massacre, la réforme et le marchandage, le mouvement révolutionnaire et ses problématiques, l’avenir de la lutte dans la région.

Il y a eu 27 martyrs, des centaines de blessés et des milliers de détenus dans les cachots du pouvoir depuis le début du mouvement révolutionnaire. La ville de Qatif a subi 7 raids militaires de blindés, dont 6 pour la ville d’Al Awamiya, qui était en réalité la cible… Elle est le bastion et le cœur de la révolution.

Septième massacre et vingt-septième martyr

En ce jour sanglant du 20 décembre dernier, Al Awamiya a subi le raid militaire de dizaines de blindés et d’hélicoptères. Les quartiers résidentiels ont été bombardés, se soldant par la mort de cinq martyrs dont un enfant ne dépassant pas les 13 ans. Les cinq martyrs sont : Ali Abou Abdallah, Abdallah Al Maddad, Ridha Bandari, Thameur Al Rabii, Hassan Mousallab. Beaucoup de s’en sont sortis avec des blessures variables. Leur nombre s’élève à 74, dont une femme, 7 personnes âgées, et 8 enfants. Il y a eu une tentative de résistance, menée par un groupe qui s’est auto-dénommé « Brigades de la résistance ».

La suite .../....

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Message  Copas le Ven 20 Fév - 8:46

Tunisie,
La crise sociale toujours très présente


Des taux de grévistes très importants ces derniers moi et actuellement de grosses secousses dans les usines textiles  la zone industrielle de Kassar Saïd :

Tunisie , 18 février 2015 : Les ouvriers du secteur des textiles manifestent pour la 2ème journée devant le siège de l'ARP au Bardo

Le point sur les révolutions dans les pays arabes - Page 11 10653710

Les ouvriers du secteur des textiles de la zone industrielle de Ksar Saïd, du gouvernorat de la Manouba, observent pour la deuxième journée consécutive leur mouvement protestataire devant le siège de l'Assemblée des Représentants du Peuple au Bardo.
Rappelons que les manifestants revendiquent leur exemption des impôts et la suspension également des procédures de l'imposition de retenues dans la nouvelle loi de finances.
Ils ont appelé à l'amélioration de leurs conditions de travail et la garantie de leurs droits sociaux tels que la couverture médicale, primes, ainsi que l'augmentation de leurs salaires et la diminution des heures de travail.
A noter que plus de 5000 ouvriers et ouvrières s'étaient d'abord rassemblés à Ksar Saïd avant d'observer une marche en direction de l'ARP.


Égypte,
Malgré une effroyable répression, le mvt ouvrier redémarre, et les mouvements dans la jeunesse demeurent très importants


Toujours un fort volume de mobilisations sociales en 2014,
Moins que 2013
Mais plus qu'en 2012



L'Egypte a vu 2274 mouvements de travailleurs en 2014, selon le Forum Mahrousa de Recherches et d'Etudes politiques publiques.

Un rapport publié par le forum, affilié à El-Mahrousa Centre pour le développement socio-économique (MCSD), a montré que,
suivant les trimestres :


Le premier trimestre de l'année,  Janvier, Février et Mars a vu le plus grand nombre , 1420.
Le second trimestre, Avril, Mai et Juin est venu à la dernière place avec 231
Le troisième trimestre, Juillet, Août et Septembre a suivi avec 305
Le dernier trimestre,  Octobre, Novembre et Décembre, est arrivé en deuxième place avec 318.

Sur le début d'années plusieurs très grandes usines ont vu de grosses grèves (en attente de données objectives)
.

Où ça ?

Le Caire a vu le plus grand nombre de manifestations,  429.
Alexandrie venait ensuite avec 185
Puis Sharqiya, 150  et Luxor a vu le plus petit nombre de protestations, 16.

Quelles couches du prolétariat ont bougé ?

Le prolétariat industriel a organisé le plus grand nombre de batailles, 558 (25%)
Les fonctionnaires, 426 (19%),
Le secteur de la santé, 323 (14%)
L’éducation, 137 (6%)
Le textile (compté hors le prolétariat industriel) 117 manifestations (5%).
Les pilotes 110 manifestations,
La sécurité 94
le commerce et l'investissement 67
L'agriculture 64
Le secteur pétrolier 63
Le nettoyage 59
Dans les médias 47
Secteur de la production d'engrais, 45 manifestations,
Tourisme, 42
Etc, avec les titulaires de maîtrise et de doctorat, les avocats détenant 29, les personnes handicapées , les marins

Le rapport montre une grande diversité de formes de résistance:
Grèves
Veillées,
Marches,
Manifestations,
Sit-in,
Occupations
Grèves de la faim,
Blocages de routes,
Pétitions

Revendications :
Salaires
Conditions de travail
Licenciements
Libération des détenus


Parmi les étudiants, pour le dernier mois connu statistiquement, Novembre 2014

Suivant  the Democracy Index, affilié au Centre du Caire pour le développement international (IDC)  :

226 manifestations étudiantes ont eu lieu en Novembre 2014 contre 209 en Octobre 2014
270 étudiants arrêtés
280 étudiants poursuivis  
70 affrontements violents sur les campus

Les étudiants de l'Université Al-Azhar sont venus en tête avec 52 manifestations,
Suivies par les étudiants de l'Université d'Alexandrie avec 33 manifestations.

Les formes de manifestations :
Chaines humaines
Marches
Blocages de routes (12)
Grèves (5)
Démonstrations divers (expositions d'art, représentations théâtrales de protestation)

Revendications :
Libérations des détenus (48 cas)
Protestation contre l'acquittement de Mubarak (27)
Commémorations des victimes des affrontements (15)


280 élèves ont subis des interrogatoires de la police
265 élèves ont été renvoyés de l'université
140 étudiants renvoyés l'année dernière ont été réintégrés à Université Al-Azhar sur une ordonnance du tribunal en Novembre.
11 enseignants suspendus
10 arrêtés sur accusation d'appartenance aux frères musulmans

Incidents particuliers :
Un étudiant arrêté à l'Université du Caire car possédant un roman sur les régimes militaires despotiques
et un autre qui possédait une broche  "Demain votre triomphe sera»
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Message  Copas le Sam 21 Fév - 21:04

Tunisie
Les grèves en 2014

Durant l’année 2014, le nombre des grèves a augmenté de 13 % en comparaison avec 2013.
Le nombre annuel de jours de grève a augmenté de 61 %.
Fin octobre 2014, le nombre total de journées de grève avait dépassé celui de l'année record 2011.
47 % des grèves n'ont pas respecté la législation concernant les préavis de grève.
33% des grèves concernaient les salaires
48 % l'amélioration des conditions de travail
L'exemple de la Compagnie des phosphates de Gafsa (CPG) : Les arrêts de production ont oscillé entre 42 et 309 jours pour la CPG, selon les sites, tandis que ces arrêts pour le Groupe chimique tunisien (GCT) sont estimés à 76 jours en moyenne, et les unités du groupe n’ont fonctionné qu’à hauteur de 66% de leurs capacités.
Les mobilisations sociales en 2015
L’année 2015 a été inaugurée par une vague de grèves sauvages qui ont concerné plusieurs secteurs d’activités dont certains considérés névralgiques comme les transports publics.
Depuis de nombreuses grèves ont eu lieu dans l'enseignement secondaire, à la Poste, dans le textile, etc.
Concernant les grèves dans l'enseignement secondaire,http://www.letemps.com.tn/article/89788/menaces-sur-les-examens-du-deuxième-trimestre
3  documents sur les mobilisations parmi les populations paupérisées du sud du pays,
http://www.lapresse.tn/11022015/95708/greve-generale-et-reprise-des-affrontements.html
http://www.lapresse.tn/21022015/96163/et-si-la-police-avait-transgresse-la-loi%C2%A0.html
http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article34304
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Message  Babel le Sam 28 Fév - 22:37

Les processus révolutionnaires pris dans l’étau des forces réactionnaires

Revue L'Anticapitaliste n°62 (février 2015)
Samedi 28 Février 2015

Cela fait maintenant plus de quatre ans que les processus révolutionnaires du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord ont débuté, et même s’ils ne sont pas terminés, leurs objectifs initiaux (démocratie, justice sociale, et égalité) n’ont jamais paru plus éloignés. La réaction sous toutes ses formes a engagé sa contre-offensive. Pourtant les aspirations à la liberté et à la justice restent entières, et les mobilisations se poursuivent.

Les deux forces majeures qui se sont distinguées et dominent la scène politique de la région sont les représentants des anciens régimes autoritaires, d’un côté, les forces islamiques fondamentalistes et réactionnaires dans leurs diverses composantes1, de l’autre. En Tunisie, par exemple, la formation arrivée en tête des législatives d’octobre dernier et ayant ensuite remporté les présidentielles de novembre-décembre 2014 est Nidaa Tounes (l’Appel de la Tunisie), qui représente les intérêts des anciens régimes de Bourguiba et de Ben Ali. Et en deuxième position arrivait le mouvement islamique réactionnaire d’En-Nahda.

Egypte

Le retour au pouvoir des représentants des anciens régimes ne se limite pas à la Tunisie, c’est un phénomène régional. En Egypte, l’ancien dictateur Hosni Moubarak a été blanchi, le 29 novembre 2014, des deux chefs d’accusation portés contre lui : la corruption et surtout son rôle dans la répression et la mort de plus de 850 manifestants au cours des 18 jours du soulèvement populaire ayant provoqué sa chute, en février 2011. Les fils de Moubarak, Alaa et Gamal, accusés d’avoir détourné ou facilité le détournement de plus de 125 millions de livres égyptiennes (environ 14 millions d’euros), ont également été acquittés. Les accusations qui pesaient sur sept hauts responsables de la sécurité, dont l’ex-ministre de l’Intérieur de Moubarak, Habib al-Adly, ont été abandonnées… Le régime de Sissi cherche en effet à réhabiliter l’ancien régime autoritaire de Moubarak et consort en poursuivant les mêmes politiques.

Depuis l’arrivée au pouvoir de Sissi, au moins 1400 partisans des Frères musulmans ont été tués et plus de 15 000 sympathisants de cette organisation ont été emprisonnés. Le rôle contre-révolutionnaire des Frères Musulmans a déjà été abordé dans le passé, mais cela ne doit pas nous empêcher de dénoncer les exactions et crimes du régime de Sissi contre les membres de la confrérie, car cela constitue des violations de droits démocratiques de bases. Rester silencieux face à ces crimes, ce serait laisser le champ libre à la contre-révolution et trahir des principes de bases de défenses de droit démocratiques.

Le pouvoir égyptien ne s’est d’ailleurs pas arrêté aux Frères Musulmans, mais s’en est pris aux membres de l’opposition libérale et de gauche, incarcérant de nombreux militants, notamment pour avoir enfreint une loi controversée qui limite le droit de manifester. Début janvier 2015, le ministère de la Justice du régime de Sissi a également ordonné la saisie des biens d’un certain nombre de membres des Socialistes révolutionnaires, du Mouvement du 6 avril et de la Jeunesse pour la justice et la liberté, dans une liste de 112 personnes accusées d’appartenance à une organisation terroriste. Cette mesure est fondée sur une décision antérieure du pouvoir militaire considérant les Frères musulmans comme un groupe terroriste.

La contre-révolution incarnée par le régime de Sissi ne cesse d’avancer, avec le soutien résolu de l’Arabie saoudite et des monarchies du Golfe, et même officiellement du Qatar. Ce dernier, soutien du mouvement des Frères musulmans en Egypte et ailleurs, et qui accueille toujours des responsables de ces derniers, a exprimé son soutien au régime de Sissi, le 9 décembre 2014 dans le cadre d’une conférence du Conseil de coopération du Golfe, suite aux pressions exercées par les différentes monarchies du Golfe. Il reste à voir néanmoins si cela se transformera en pratique par un soutien actif au régime de Sissi.

En même temps, le mouvement des Frères musulmans sévèrement réprimé n’a pas fait une autocritique profonde de son passage au pouvoir et de ses politiques autoritaires et contre-révolutionnaire. Depuis la chute de Morsi, le mouvement a même renforcé son discours communautaire religieux agressif envers la minorité chrétienne copte, en l’accusant de toutes sortes de complots et d’être le principale responsable de la chute des Frères musulmans au pouvoir, tout en refusant d’apporter son soutien aux demandes sociales et aux nombreuses grèves de travailleurs réprimées par le pouvoir. Le seul mot d’ordre et slogan des Frères musulmans, adressé à ses partisans, le retour de Morsi, est loin des objectifs de la révolution (démocratie et justice sociale).

Syrie

Dans le cas de la Syrie, alors que dans le passé la solution d’un régime autoritaire sans Assad et avec quelques sections de l’opposition syrienne (libéraux et Frères musulmans) proche des Etats occidentaux et des monarchies du Golfe, mais non représentative des révolutionnaires syriens, était favorisé par les diverses forces impérialistes internationales et régionales, aujourd’hui ces dernières s’accordent à dire qu’Assad pourrait finalement rester et être un allié dans la soi-disant « guerre contre le terrorisme ». Le régime Assad serait dont blanchi de tous les crimes et destructions causés par ses forces armées et milices locales ou étrangères. On peut d’ailleurs constater que l’intervention en Syrie des Etats occidentaux, mené par les Etats-Unis avec la collaboration de certaines monarchies du Golfe, n’a pas eu beaucoup d’effets sur le terrain et n’a pas empêché l’avancée des forces djihadistes, particulièrement de l’Etat Islamique et de Jabhat al Nusra (branche d’Al Qaeda en Syrie). En Iraq et en Syrie, malgré la reprise de Kobané, ces forces djihadistes maintiennent une grande partie de leurs territoires.

De même, il y a toujours un refus des divers soi-disant « amis » de la révolution syrienne d’aider politiquement et soutenir militairement les composantes démocratiques et populaires de l’Armée syrienne libre (ASL) et les groupes kurdes du PYD (PKK syrien), qui ont combattu et combattent le régime Assad et les forces islamiques réactionnaires. Il faut d’ailleurs rappeler que ce sont ces deux composantes de l’ASL et PYD, en plus du mouvement populaire syrien, qui ont en premier lieu combattu, en payant un lourd tribut, l’expansion des forces djihadistes en Syrie, tandis que le régime Assad les laissait s’étendre et concentrait sa répression contre les forces populaires, civiles comme armées, démocrates et progressistes du pays.

La situation humanitaire et politique catastrophique en Syrie n’a pas empêché la continuation de résistances populaires, même affaiblies, dans différentes régions de Syrie contre l’autoritarisme des forces d’Assad et des groupes islamiques réactionnaires et djihadistes. Des manifestations populaires massives ont eu lieu début janvier dans la banlieue de Damas, à Beit Sahem, contre le comportement autoritaire de Jabhat Al-Nusra, tout en chantant des slogans contre le régime Assad. Dans les régions « libérées » d’Alep, des groupes révolutionnaires ont lancé un appel à la grève générale contre le kidnapping de personnels médicaux par les forces de Jabhat Al Nusra. Dans le quartier de Al-Wa’er à Homs, des manifestations se sont tenues avec des slogans demandant la chute du régime. Il faut savoir également que durant le mois de décembre, les « nettoyeurs » des régions « libérées » d’Alep ont manifesté et protesté contre les retards de paiement et la baisse de leurs salaires par la Coalition nationale des forces de l’opposition et de la révolution syrienne (opposition syrienne proche des monarchies du Golfe et des Etats occidentaux).  

Tunisie

En Tunisie, comme dit précédemment, les deux forces arrivées en tête des législatives sont Nidaa Tounes, représentant les intérêts des anciens régimes de Bourguiba et de Ben Ali, et le mouvement islamique réactionnaire En-Nahda, qui a été au pouvoir depuis octobre 2011 en alliance avec le Congrès pour la République (CPR) et Ettakatol, considérés à l’époque comme des partis « sociaux-démocrates ».

Nidaa Tounes apparaît alors comme le choix le plus attrayant aux yeux des organisations patronales tunisiennes, des chancelleries occidentales et des institutions financières internationales. De son côté, En-Nahda s’est employé au pouvoir à continuer les politiques économiques et sociales ultralibérales de l’époque Ben Ali. En-Nahda s’est en outre engagé avec un zèle certain à respecter les engagements de la Tunisie envers l’Union européenne, le FMI et la Banque mondiale, pour se voir accorder de nouveaux prêts dépassant plusieurs milliards. En même temps, les syndicats combatifs et les demandes des travailleurs sont considérés comme ayant été parfois excessifs. Y compris l’Union générale des travailleurs tunisiens (UGTT), selon Ghannouchi (le chef d’En-Nahda) dans une interview de juillet 2014 où il l’accusait en outre d’être un héritage de la France et de ne pas constituer une institution « naturelle » de la cité musulmane.

L’arrivée au pouvoir d’En-Nahda n’avait pas fait cesser les violences contre les opposants, comme on avait pu le constater avec les assassinats politiques. De nombreuses attaques ont été menées par les milices, considérés à la solde d’En-Nahda, appelées « ligues de protection de la révolution » (LPR), ainsi que par des groupes salafistes. Différents mouvements politiques et sociaux ont été visés : des meetings politiques du Front populaire ou de ses composantes, ainsi que d’autres militants et associations (dont les artistes empêchés de se produire pour « violation des principes islamiques »). Sans oublier l’attaque des LPR contre le siège de l’UGTT à Tunis, avec bâtons, couteaux et bombes à gaz, causant plus d’une dizaine de blessés le 4 décembre 2012, 60ème anniversaire de l’assassinat du leader et fondateur du mouvement syndical tunisien, Farhat Hached. Cette violence s’était accompagnée d’un durcissement de la répression étatique contre les opposants, en particulier de nombreux syndicalistes arrêtés à plusieurs reprises du fait de leurs activités syndicales.

Avant de devoir quitter le pouvoir, En-Nahda et ses alliés avaient voté un budget d’austérité et des politiques antisociales et antipopulaires. Les nouvelles mesures fiscales ouvertement défavorables aux couches moyennes et populaires ont été le détonateur d’un large mouvement de contestation, provoquant non seulement l’arrêt de ces mesures, mais aussi la démission forcée du président du gouvernement, l’islamiste Ali Laarayeidh.

Bahreïn, Yémen et Lybie

Dans d’autres pays, les processus enclenchés en 2011 traversent également des situations difficiles. Au Bahreïn, le régime monarchique des Al Khalifa continue de réprimer les principales organisations d’opposition et les militants, avec le soutien des monarchies du Golfe qui accusent, de manière mensongère, l’Iran de soutenir les manifestants et de vouloir faire un coup d’Etat.2

La monarchie des Al Khalifa n’a cessé d’instrumentaliser les tensions communautaires contre les chiites, très grandement discriminés au niveau politique et social, pour diviser les classes populaires et décrédibiliser les manifestants hostiles au régime. Les services de sécurité du royaume continuent de réprimer violemment la plupart des manifestations populaires, tandis que des « élections » législatives ont eu lieu il y a quelques mois, complètement boycottées par l’opposition dans son ensemble qui remettait en cause le manque de transparence et de démocratie.

Le nouveau parlement est donc complètement inféodé au pouvoir en place. Le chef du principal parti d’opposition chiite bahreïni (le parti conservateur al-Wefaq, qui demande une monarchie constitutionnelle et non la chute du régime), cheikh Ali Salmane, a été arrêté fin décembre et se trouve toujours en détention. Malgré des protestations très ponctuelles et peu audibles, les Etats occidentaux continuent de soutenir le régime des Al Khalifa, particulièrement les Etats-Unis dont la 5ème Flotte est basée sur place. Washington considère sa base militaire au Bahreïn  comme le principal contrepoids aux efforts présumés de l’Iran pour développer ses forces armées et menacer le Golfe.

Au Yémen, la solution qui avait été négociée par l’Arabie Saoudite et les Etats-Unis en 2011, consistant à maintenir le régime en place en y associant d’autres forces politiques, tout en poussant vers la sortie le dictateur Ali Abdullah Saleh, a été laminée par la prise de la capitale, Saana, par les miliciens houthis (rebelles chiites) en septembre 2014. Les houtistes contestent la place laissée aux partisans de Saleh dans le « gouvernement de consensus » issu de la solution négociée, ainsi que l’immunité qui a été garantie au président déchu. Ils revendiquent l’attribution à la minorité houthie de portefeuilles ministériels dans un gouvernement composé en majorité de sympathisants du parti sunnite Al-Islah, la branche yéménite des Frères musulmans.

Les conquêtes territoriales des houthistes ont été facilitées par la faiblesse de l’Etat depuis le soulèvement de 2011, sur fond de problèmes sociaux et économiques profonds. Le pays est maintenant en proie à des conflits militaires entre forces politiques rivales, ainsi qu’à des manifestations  populaires. La crise s’est encore aggravée récemment lorsque des miliciens houthistes ont pris d’assaut le complexe du palais présidentiel et encerclé la résidence du Premier ministre dans la capitale.

Un des principaux points d’achoppement est l’opposition, mêlée à des questions tribales et communautaires (avec les Houthistes, issus d’un courant du chiisme, contre des groupes islamistes sunnites dont certains se réclament d’Al Qaeda), entre le projet d’un Etat fédéral comprenant six régions, convenu en janvier 2014 au terme d’une conférence de dialogue national, et celui de la milice d’Ansarullah proche des Houthis qui veut un Etat formé de deux régions.

En Lybie, le pays est en proie à l’anarchie et à des affrontements violents entre forces politiques rivales. Il existe officiellement dans le pays deux gouvernements et deux parlements parallèles, l’un proche des miliciens de Fajr Libya (Aube de la Libye), considérée comme une coalition de milices de Misrata et des islamistes, et contrôlant Tripoli, l’autre reconnu par la communauté internationale et siégeant à Tobrouk, près de la frontière égyptienne.

Des discussions se sont ouvertes le 14 janvier à Genève sous l’égide de l’ONU, pour tenter de mettre en place une cessation des hostilités entre les différents acteurs politiques. De nombreuses milices armées se sont développées sans contrôle, imposant leurs lois dans certaines régions. Le sud du pays est ainsi le théâtre d’affrontements tribaux dans le cadre d’une lutte d’influence pour le contrôle de la contrebande dans le désert. La Lybie n’a pas retrouvé de gouvernement stable depuis la chute du dictateur Kadhafi en octobre 2011 et est passé sous la coupe de milices d’ex-rebelles qui se disputent les territoires de ce vaste pays désertique et riche en pétrole.

Oppositions et collaborations

Les oppositions entre représentants des anciens régimes et forces islamiques réactionnaires et fondamentalistes ont pu être constatés dans les élections législatives tunisiennes, comme à travers la répression des Frères musulmans en Egypte. Cela ne veut pas dire que les affrontements entre ces deux forces n’ont pas laissé de place à des alliances et collaborations à des moments donnés. Il faut se rappeler qu’après la chute de Moubarak, le mouvement des Frères musulmans en Egypte a entretenu des bonnes relations et même collaboré avec les dirigeants de l’armée, jusqu’au renversement de Morsi en juillet 2013.

De plus, lorsque les Frères Musulmans dominaient le parlement et occupaient la présidence, ils n’avaient pas remis en cause le pouvoir politique et économique de l’armée, ni dénoncé son rôle répressif contre le mouvement populaire, par exemple durant les 18 jours du soulèvement de 2011 ou lors des crimes de Maspero en Novembre 2011 contre les manifestants coptes. Au niveau économique, les Frères musulmans s’inscrivaient dans la ligne des politiques néolibérales de l’ère Moubarak, critiquant uniquement le népotisme et la corruption du régime. Cela ne les a pas empêchés de collaborer avec certaines figures du monde des affaires, proches du régime Moubarak.3 Leur programme politique et économique encourageait le démantèlement accéléré des services sociaux de l’Etat au profit d’un rôle accru du secteur privé et des associations de charités religieuses.  

En Tunisie, Nidaa Tounes et En-Nahda ont collaboré à de nombreuses reprises dans le passé et n’ont pas caché leurs intentions de le faire dans l’avenir. Dans une interview d’octobre 2014, Rached Ghannouchi n’excluait pas la possibilité de travailler avec Nidaa Tounes et ajoutait que c’est le parti En-Nahda qui avait empêché l’adoption de la loi d’immunisation de la révolution, qui aurait permis à des personnes ayant appartenu à l’ancien régime de se présenter aux élections. A la suite de la victoire de Nidaa aux législatives, le vice-président d’En-Nahda, Abdelfattah Mourou, déclarait qu’il n’était pas contre le fait qu’En-Nahda fasse partie du prochain gouvernement. Le leader du mouvement Nidaa Tounes et candidat à la présidence de la République, Béji Caïd Essebsi, a d’ailleurs fait savoir que le mouvement En-Nahda n’est pas un ennemi, et a même indiqué que si l’intérêt suprême de l’Etat l’exige, Nidaa n’hésitera à aucun moment à former un front avec En-Nahda.

Lors des premières séances du nouveau parlement tunisien, cette collaboration a été remarquée. Le seul vote intervenu le 2 décembre concernait une suspension de séance de 48 heures, pour laisser davantage de temps à Nidaa Tounes et En-Nahda pour négocier entre eux et/ou récupérer chacun des alliés. Le Front populaire a été le seul groupe parlementaire à s’y opposer, rejoint uniquement par quelques députés indépendants. Lors de la deuxième séance, le 4 décembre, Nidaa et En-Nahda ont à nouveau voté ensemble pour les postes à pourvoir. Ghannouchi a déclaré fin décembre que Nidaa Tounes n’était pas le représentant de l’ancien régime et qu’il avait confiance en Caïd Essebsi, qui faisait partie de la révolution.

Le nouveau Premier ministre, Essid, représente en grande partie cette convergence d’intérêts. Il avait été ministre de l’Intérieur en 2011, dans le gouvernement intérimaire de Caïd Essebsi, alors Premier ministre après la chute du dictateur Ben Ali, mais aussi, par la suite, conseiller en charge des affaires sécuritaires auprès de son successeur, l’islamiste Hamadi Jebali. Auparavant, sous Ben Ali, Essebsi avait notamment été chef de cabinet du ministre de l’Intérieur, ainsi que secrétaire d’Etat à l’Environnement. En-Nahda s’est déclaré prêt à « coopérer pleinement » avec lui.

Le baron des affaires et soutien d’En-Nahda, Mohammed Frikha, avait déclaré auparavant que l’UTICA (le syndicat patronal tunisien) avait proposé aux différents partis, dont En-Nahda, d’intégrer des hommes d’affaires dans leurs listes, en précisant qu’il existait un certain consensus sur la ligne économique, notamment entre En-Nahda, Nidaa Tounes et d’autres tels que Afek (parti ultralibéral).

Contre les deux variantes de la contre-révolution

Ces deux acteurs, les représentants des anciens régimes et les forces islamiques réactionnaires et fondamentalistes, sont des ennemis acharnés des objectifs initiaux des processus révolutionnaires. Les mouvements populaires, militants et groupes portant ces objectifs ont d’ailleurs été attaqués par ces deux forces.

Il s’agit de deux forces contre-révolutionnaires, par-delà les différences entre leurs discours. Les représentants des anciens régimes se présentent comme des défenseurs du modernisme, des sauveur de l’unité de la patrie et des champions de la lutte contre le « terrorisme ». Les forces islamiques réactionnaires et fondamentalistes se présentent de leur côté comme les garantes de la religion islamique, de la morale, de l’authenticité de l’identité islamique et arabe, tout en faisant le lien avec la « Ummah » (communauté des croyants ou « Nation »)  islamique.

Ces deux discours, certes divergents en apparence, ne doivent pas nous faire oublier que les deux mouvements partagent un projet politique très similaire : limiter et réprimer les droits démocratiques et sociaux, tout en cherchant à garantir le système de production capitaliste et à continuer les politiques néolibérales qui appauvrissent les classes populaires de la région. De même, ces deux forces contre-révolutionnaires n’hésitent pas à utiliser un discours visant à diviser et opposer les classes populaires sur des bases communautaires religieuses, ethniques, de genre, régionalistes, etc.

Les différences politiques qui ont choisi et choisissent de soutenir l’une de ces deux forces contre-révolutionnaires, en la présentant comme le choix du « moindre mal », font en fait le choix de la défaite et du maintien du système injuste dans lequel vivent les classes populaires de la région. Le rôle des révolutionnaires n’est pas de choisir entre différentes fractions de la bourgeoisie et de la contre-révolution, soutenues par différents acteurs impérialistes ou sous-impérialistes. Il faut en particulier souligner à cet effet les deux centres de la contre-révolution régionale que sont l’Arabie saoudite et ses alliés du Golfe d’un côté, qui soutiennent les forces des anciens régimes, et de l’autre le Qatar qui soutient les forces islamiques fondamentalistes.

Le rôle des courants progressistes est de s’opposer aux différentes forces de la contre-révolution et de construire un front indépendant de ces deux formes de réaction. Les forces progressistes doivent s’inscrivent sur des bases démocratique, sociales, anti-impérialistes, s’opposant à toutes les formes de discrimination et travaillant à un changement radical de la société, dans une dynamique par en bas qui fasse des classes populaires l’acteur du changement.

Face à ces affrontements ou collaborations entre les forces de la réaction, ne choisissons pas une des formes de la réaction. Il faut soutenir, construire et organiser une alternative populaire et radicale pour les objectifs initiaux des révolutions : la démocratie, la justice sociale et l’égalité.

Joseph Daher

Notes :
1 Cet ensemble s’étend des mouvements des Frères musulmans aux différents groupes djihadistes. Ces forces ne sont bien sûr pas similaires, des différences majeures existent entre elles, mais elles partagent une position contre-révolutionnaire face au mouvement populaire et aux objectifs de la révolution.

2 La population du Bahreïn est à majorité chiite, tandis que la famille régnante Al-Khalifa est sunnite.

3 Le président Morsi avait par exemple invité à faire partie d’un voyage en Chine Mohamed Farid Khamis, patron d’Oriental Weavers et alors membre du bureau politique et parlementaire du Parti national démocratique (PND), l’ex-parti au pouvoir du temps de Moubarak. Un autre membre du bureau politique du PND, réputé proche du fils de l’ancien président, Gamal Moubarak, participait également à la délégation : Sherif Al-Gabaly, membre du conseil d’administration de la Fédération égyptienne des industries et patron de Polyserve, un groupe spécialisé dans les engrais chimiques.

Babel

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