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Le point sur les révolutions dans les pays arabes

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Le point sur les révolutions dans les pays arabes Empty Déclaration internationale des organisations présentes au congrès du NPA

Message  Roseau le Jeu 17 Fév - 16:54

http://www.npa2009.org/content/d%C3%A9claration-internationale-des-organisations-pr%C3%A9sentes-au-congr%C3%A8s-du-npa
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Message  alexi le Jeu 17 Fév - 23:51

Tiens, il me semblait que le Groupe révolution Socialiste s'était dissous lors de la création du NPA.


alexi

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Message  Roseau le Ven 18 Fév - 5:32

Impossible qu'ils aient fait une telle chose, puisqu'ils sont indépendantistes.
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Message  alexi le Ven 18 Fév - 23:34

Il me semblait qu'il fondait, avec d'autres, une sorte de NPA local.

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Message  Giaches_de_Wert le Sam 19 Fév - 4:02

Ils y ont, publiquement, renoncé pour l'instant, faute "d'autres".

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Le point sur les révolutions dans les pays arabes Empty Le point sur les révolutions dans les pays arabes

Message  Roseau le Mar 22 Fév - 14:28

http://www.npa2009.org/npa-tv/all/all/24652
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Message  un chien ardent le Jeu 24 Fév - 15:27

La déclaration du congrès du NPA (Et une, et deux, et trois révolutions) rappelle cette "évidence", que
notre solidarité avec la lutte des peuples, c’est aussi la lutte contre notre propre impérialisme.
Et comme elle précise que
les politiques d'austérité se combinent avec d'autres mesures qui visent à restaurer les taux de profit, comme la mutation vers un capitalisme prétendu vert qui ne résoudra rien et n'a pour but que de trouver de nouveaux marchés,
on a aussi à creuser dans cette voie et interroger d'un point de vue éco-socialiste ces processus révolutionnaires.
Daniel Tanuro de la LCR-SAP, figure incontournable, contribue au débat.
C'est déjà posté, ici.

un chien ardent

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Le point sur les révolutions dans les pays arabes Empty Déclaration de la IVe Internationale : Egypte, Tunisie

Message  fée clochette le Ven 25 Fév - 11:42

TUNISIE, EGYPTE: UN PROCESSUS REVOLUTIONNAIRE DE PORTEE MONDIALE

1. L’extraordinaire victoire du peuple égyptien contre Moubarak démultiplie la portée historique de la révolution tunisienne qui a abattu le régime de Ben Ali. L’onde de choc de ces victoires populaires s’est étendue en quelques jours à toute la région arabe et au delà, et influence le rapport
de forces mondial entre les classes. Manifestations, grèves, assemblées, comités d’autodéfense,
mobilisations des syndicats, des lycéens, des associations démocratiques se sont affrontées avec une détermination absolue aux appareils d’Etat et d’abord aux forces de police. Ce sont des millions de tunisiens et d’égyptiens qui se sont mis en mouvement jusqu’à la chute des dictateurs, et continuent de se mobiliser pour ne pas se faire confisquer leur révolution.

2. Il s’agit d’un processus de révolution permanente qui combine étroitement les dimensions sociales, démocratiques, de souveraineté nationale, et se répand au niveau international. Les effets de la crise économique mondiale, conjugués à l’oppression féroce et à la corruption éhontée des dictatures, ont rassemblé les couches populaires les plus défavorisées, la classe ouvrière organisée comme les classes moyennes, les jeunes comme les vieux, les femmes comme les hommes.
Les masses tunisiennes et égyptiennes n’en pouvaient plus de systèmes économiques qui les marginalisaient. Comme dans de nombreux pays voisins, l’intégration à la mondialisation capitaliste a abouti à une croissance économique peu productrice d’emplois et une concentration sans précédent des richesses, un développement inégal des territoires et une dégradation générale des conditions de vie et de travail. Une des principales raisons de cette révolution est l’explosion des prix alimentaires dans les dernières années. Le rapide processus de changement climatique a mené à la crise alimentaire mondiale actuelle, particulièrement dans des pays comme la Tunisie. La libéralisation économique imposée par le FMI, l’OMC et L’UE s’est traduite par l’accaparement des terres par le capitalisme agraire orienté vers l’exportation, une précarisation accrue des travailleurs, des coupes drastiques dans les services publics et un chômage massif frappant en particulier des jeunes diplômés. Avec en plus la fermeture des frontières de l’Union Européenne aux possibilités d’émigration, et un rétrécissement du marché de l’emploi dans les monarchies pétrolières du Golfe, toute perspective d’échapper à la pauvreté disparaissait. Parallèlement, l’étouffement radical des libertés et des droits démocratiques, s’appuyant sur des Etats policiers qui imposaient un contrôle social généralisé ; l’impossibilité de contre-pouvoirs – les partis « d’opposition » parlementaires n’étant tolérés par les régimes tunisien et égyptien que comme ectoplasmes, les associations noyautées ou empêchées de fonctionner - ont fait qu’entre les dictatures et les populations, il n’y avait que la figure du leader autocratique et un appareil répressif dévoué et féroce. Et le fonctionnement maffieux des clans au pouvoir ont achevé de les déligitimer. Enfin, ces deux régimes se sont distingués par leur collaboration avec l’Etat sioniste d’Israël, exaspérant encore plus des populations considérant comme leurs, les souffrances du peuple palestinien. Face à toutes ces injustices, des grèves, des explosions sociales se multipliaient ces dernières années, permettant une accumulation d’expériences sans toutefois parvenir á briser le mur de la peur pour la majorité des populations. C’est ce mur qui a été submergé en quelques semaines, et malgré les très nombreuses victimes, le peuple tunisien, puis avec son exemple en tête le peuple égyptien ont mené une lutte ininterrompue jusqu’au départ des dictateurs Ben Ali et Moubarak.

3. Avec ces victoires, les peuples de la région arabe retrouvent une immense dignité, celle de leur irruption sur la scène politique de la démocratie et de la lutte des classes, et non plus celle de la mortifère alternative (ou combinaison) autocraties/islamisme dans laquelle on les enfermait depuis trente ans. Les classes populaires et en premier lieu la classe ouvrière de cette région ont acquis les moyens de revendiquer toutes les libertés démocratiques, les femmes de revendiquer leurs droits et l’égalité avec les hommes. Les travailleurs ont acquis les moyens de contester à un niveau bien supérieur les programmes de surexploitation du néo-libéralisme, et déstabilisent en profondeur les dispositifs de main-mise impérialiste sur la région, européens comme etats-uniens, articulés à l’Etat d’Israël. Le gouvernement israélien, toutes tendances confondues ne s’y est pas trompé, qui a jusqu’au bout exigé un soutien de l’Occident aux dictateurs. La révolution dans la région arabe montre le potentiel d’émancipation sociale et démocratique de toute lutte de masse contre l’injustice. Le rôle actif des femmes dans ces mobilisations est un signe qui ne trompe pas. Ce processus permet de combattre les campagnes racistes et islamophobes sur le soi-disant « Choc des civilisations » qui tentent de faire croire que la mobilisation des peuples arabo-musulmans pave le chemin de l’intégrisme.

Cette dynamique aura des effets dans le monde entier. Elle en a déjà immédiatement en Jordanie, au Yemen, au Bahrein, en Syrie, en Libye, en Algérie, au Maroc et en Mauritanie, même si on ne peut prévoir à quel rythme et dans quel ordre peuvent tomber les régimes en place, avec chacun ses particularités. Ces révolutions créent de nouvelles conditions, plus favorables, pour la lutte des palestiniens, lutte que la Quatrième Internationale encourage et soutient. La révolution égyptienne met à l’ordre du jour concretement la fin de ce crime contre l’humanité qu’est le siège de Gaza. Face à cela, la riposte de l’Etat sioniste peut devenir encore plus dure et brutale. Il faudra redoubler de mobilisation pour l’en empêcher.

La dynamique de ces révolutions encourage aussi les luttes contre les dictatures en Iran et jusqu’en Chine, où les oppositions s’inspirent de méthodes de coordination utilisées en Tunisie et en Egypte comme l’utilisation des réseaux sociaux. Elle encouragera inévitablement les mobilisations des populations immigrées originaires de la région arabe, surexploitées et opprimées dans les pays capitalistes avancés. Plus que jamais nous devons nous tenir aux côté de ces populations.
Mais ces processus peuvent avoir des conséquences plus globales encore dans les pays impérialistes où les travailleurs et les jeunes s’affrontent de plus en plus massivement aux plans d’austérité, sans trouver la voie du succès : ils montrent qu’une révolution par en bas est possible au 21ème siècle, qu’elle peut abattre un régime politique apparemment inexpugnable et arracher des conquêtes qui apparaissaient hier encore inaccessibles !

4. Les acquis de ces processus sont certes fragiles en Tunisie comme en Egypte, mais essentiels pour la suite. S’appuyant sur des expériences populaires récentes, et l’ancrage ancien de la gauche radicale dans les syndicats, l’auto-organisation s’est développée massivement quand il a fallu que les manifestants et les habitants des quartiers se protègent des exactions policières et des milices du pouvoir, en Tunisie de Sidi Bouzid aux quartiers populaires des grandes villes et à la Kasbah à Tunis ; en Egypte de la Place Tahrir du Caire aux quartiers de Suez, Mansourah ou Alexandrie.
Scènes inimaginables quelques jours avant, les musulmans et les coptes ont protégé mutuellement leurs moments de prière ; les ouvriers et les jeunes internautes, les femmes et les religieux, les écrivains et les taxis ont tenu côte à côte les points attaqués par les sbires de Moubarak. Les peuples ont réussi à déstabiliser l’armée en tentant systématiquement de fraterniser avec les soldats.
Les dictateurs ont fui, les directions des partis au pouvoir ont du renoncer à fonctionner sous la pression des mobilisations, et les mobilisations populaires se poursuivent. En Tunisie, les dirigeants les plus corrompus sont poursuivis en justice, les fonds et les biens du RCD sont saisis, ses locaux sont devenus des maisons du peuple. La plupart des prisonniers politiques ont été libérés. S’ils ne sont pas démantelés, les appareils policiers des deux pays sont désorganisés. Les employés des ministères commencent à exercer un contrôle sur leurs dirigeants, comme ceux du Ministère des Affaires Etrangères tunisien qui ont obtenu la démission de leur ministre qui avait couvert la Ministre française Alliot-Marie de louanges. Beaucoup de gouverneurs, maires et responsables publics tunisiens ont du démissionner. Les masses tunisiennes en viennent même à réclamer le départ de l’ambassadeur de France fraîchement arrivé après une déclaration méprisante de sa part !
De nombreux précaires de la fonction publique ont été titularisés, le capital des dirigeants d’entreprise les plus corrompus de Tunisie a été nationalisé. En Egypte, ces processus sont également engagés. Les fonctionnaires ont obtenu des augmentations de salaire de 15%, de nombreuses grèves ouvrières se développent malgré les menaces du nouveau pouvoir.

5. Bien entendu, les classes dominantes ne sont pas restées inertes et seront de plus en plus actives face aux processus révolutionnaires en extension. En Tunisie, la « neutralité » de l’armée et le départ de Ben Ali ont été contrebalancés par le maintien au pouvoir de son premier ministre Ghannouchi et de nombreux dirigeants du RCD, qui devaient être légitimés par l’arrivée au gouvernement de plusieurs partis de l’opposition et du grand syndicat UGTT. Le refus de celle-ci et la mobilisation populaire ont imposé un deuxième gouvernement où seul le premier ministre reste parmi les cadres du RCD. Mais le nouveau pouvoir est encadré par des cadres de l’impérialisme français, et il met toute son énergie à convaincre, avec les capitalistes tunisiens et l’armée, les travailleurs de reprendre le travail « comme avant ». Il s’agirait de refermer une parenthèse…en se contentant d’annoncer des élections générales dans 6 mois.
En Egypte, c’est directement l’armée qui assure la « transition », avec le menaçant Ministre de l’Intérieur Suleiman, tortionnaire avéré, ami d’Israël et agent de la CIA etats-unienne de notoriété publique. Là aussi, le peuple est sommé d’être raisonnable pour permettre la poursuite du tourisme et des investissements étrangers, avec la promesse d’élections dans quelques mois… et la menace d’une reprise de la répression.
Les gouvernements Sarkozy et Berlusconi, qui n’ont rien vu venir et se sont enferrés dans son soutien à Ben Ali, sont à la pointe de l’Union Européenne pour exiger maintenant la reprise des affaires et le retour aux blocages policier des migrants. L’administration Obama de l’impérialisme américain est beaucoup plus souple : n’ayant pas prévu ni contrôlé le mouvement en Egypte, il feint de le chevaucher. Mais ses liens étroits avec le commandement de l’armée pèse comme une menace permanente sur le processus révolutionnaire égyptien, et exigera des garanties quant au trafic dans le canal de Suez et le maintien de la fermeture de la frontière palestinienne à Gaza. Enfin les institutions internationales sauront réclamer le respect des fondamentaux du capitalisme moderne : paiement de la dette publique, même inique ; respect de l’ouverture totale aux capitaux et aux produits étrangers, poursuite des dérèglementations.

6. Dans ce processus, c’est tout le système qu’il faut éradiquer, pour établir tous les droits et libertés démocratiques : droit d’expression, droit de grève, droit de manifestation, pluralisme des associations, syndicats et partis, liquidation de l’institution présidentielle et instauration d’un gouvernement provisoire révolutionnaire. Est nécessaire aujourd’hui l’ouverture d’un processus d’élections libres pour une assemblée constituante. Pour ne pas être confisqué par un nouveau pouvoir des oligarchies, ce processus doit s’appuyer sur l’organisation des comités, coordinations et conseils populaires qui ont émergé dans la population. Dans ce contexte, les anticapitalistes lutteront pour les revendications clé d’un programme de rupture avec l’impérialisme et le système capitaliste : satisfaction des besoins vitaux des classes populaires (le pain, les salaires, l’emploi), réorganisation de l’économie en fonction des besoins sociaux, services publics de qualité et gratuits (l’école, la santé), les droits des femmes, élargissement des protections sociales (chômage, santé, retraite), réforme agraire radicale, socialisation des banques et des secteurs clés de l’économie, annulation de la dette, souveraineté nationale et populaire. Ce programme d’un gouvernement qui serait au service des travailleurs et de la population est défendu en Tunisie par la Ligue de la Gauche Ouvrière. Celle-ci est partie prenante du Front du 14 janvier qui rassemble la gauche refusant le gouvernement Ghannouchi et se battant pour toutes les libertés démocratiques, une Constituante et la satisfaction des besoins fondamentaux. Ce programme est également porté en Egype avec un regroupement des révolutionnaires en cours.


7. Les peuples tunisien et égyptien, et l’ensemble des peuples de la région arabe ont encore besoin de notre solidarité dans la lutte pour les libertés démocratiques. Ils ont encore plus besoin de notre mobilisation pour desserrer l’étau impérialiste : non paiement des dettes externes des anciens régimes, restitution des biens et avoirs financiers des dictateurs, protection de la souveraineté nationale des peuples face aux pressions du capitalisme international ; annulation des accords internationaux signés par l’ancien régime dans les domaines militaires, sécuritaires et migratoires.
Les révolutionnaires du monde entier ont également comme tâche essentielle d’établir tous les liens possibles avec les syndicats, milieux associatifs et organisations anticapitalistes de ces pays, pour aider à la consolidation des processus révolutionnaires en cours, et appuyer l’auto-organisation des peuples concernés. La révolution en cours dans la région arabe est notre combat !
D’ores et déjà nous soutenons les initiatives suivantes :
-l’appel de l’Assemblée des mouvements sociaux réunie dans le cadre du Forum Social Mondial de Dakar, à une journée mondiale de mobilisation en solidarité avec les révolutions dans le monde arabe le 20 mars 2011 (date anniversaire de l’invasion de l’Irak en 2003) ;
-la conférence des organisations révolutionnaires de la région arabe à Tunis appelée par laLGO du 25 au 27 mars
-la Conférence anticapitaliste méditerranéenne applée par le NPA qui se tiendra à Marseille les 7 et 8 mai prochains.




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Message  panchoa le Lun 28 Fév - 9:32

a lire ou à mettre en lien ce trés bon texte d'analyse vu dans bellaciao

L’Amérique latine et la révolution arabe : Faillite du chavisme? de : Antonio
lundi 28 février 2011 (01h58)

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Le point sur les révolutions dans les pays arabes Empty Barheïn, Yémen, Syrie... Le souffle de la révolution

Message  Roseau le Jeu 24 Mar - 5:28

http://www.npa2009.org/content/barhe%C3%AFn-y%C3%A9men-syrie-le-souffle-de-la-r%C3%A9volution
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Message  nico37 le Mer 4 Mai - 0:13

Syrie, Yémen : le «Printemps arabe» se remet à saigner

Les contestations populaires qui secouent les régimes syrien et yéménite depuis le début du «Printemps arabe» sont écrasées dans le sang, selon le même schéma et avec les mêmes mensonges de la part du pouvoir que chez leur voisin libyen. Alors que l'opposition peine à se structurer dans ces deux pays, les dirigeants des États arabes se serrent les coudes pour calmer leurs peuples sans les satisfaire, et les puissances occidentales, qui ont laissé pourrir la situation, s'apprêtent à aligner leur réponse sur celle adoptée en Libye.

Les mouvements de contestation qui sont apparus au grand jour au Yémen et en Syrie dans le sillage des exemples tunisien et égyptien tiennent bon. Ils enflent, malgré une répression sanglante des régimes en place, une censure féroce des moyens de communication, et malgré de nombreuses divisions au sein de la population.

C'est sous de tels prétextes que le Conseil de Coopération du Golfe – et en sous-main les États-Unis – a proposé au Yémen et à la Syrie un scénario de sortie de crise, consistant à organiser le départ de leurs présidents respectifs et la transition démocratique sans renversement de pouvoir : Ali Abdallah Saleh, au pouvoir depuis trente-deux ans, aurait ainsi pu partir protégé de tout jugement par son immunité, avant la mise en place d'un gouvernement provisoire intégrant l'opposition, qui procéderait à des élections. Idem en Syrie. Le protocole y a été refusé, tandis qu'il a été accepté au Yémen, ce qui n'empêche pas le régime de continuer à tirer sur les manifestants.


Ingérence «humanitaire» : en Syrie, les grandes puissances veulent reprendre la main

Devant l'assassinat en règle auquel se livre l'armée de Bachar El-Assad sur la population, les puissances occidentales sollicitent le Conseil de sécurité des Nations-Unies pour ouvrir un nouveau front d'intervention en Syrie. Parce qu'elles sont prises au piège du rôle de super démocrates endossé contre le régime de Khadafi ? Non. Parce qu'elles ne maîtrisent plus rien, et qu'il leur faut intervenir pour s'assurer une place dans un futur échiquier du monde arabe où elles ne peuvent tolérer que des « pions » prennent leur destin en main.

Or ce que les insurgé-e-s et tout le peuple syrien paient aujourd'hui dans le sang, ce sont bien des années d'accords entre les pays occidentaux et tout ce que le monde arabe compte de dictatures, des décennies de jeu avec les clivages religieux et les concurrences économiques.

Dans ce contexte où la répression sanglante de la part de régimes autoritaires et les manœuvres de realpolitk impérialiste de la part des Etats occidentaux concourent à maintenir les peuples dans une position de sujets dociles ou de mineurs incapables de décider par eux-mêmes, Alternative libertaire réaffirme son soutien aux mouvements populaires visant à mettre à bas les tyrans et à réorganiser la société sur des bases démocratiques et égalitaires.

Alternative libertaire, le 2 mai 2011

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Message  gundyerl le Jeu 2 Juin - 15:29

Les moins de trente ans sont fatigués d' entendre les même placotages POLITIQUES stériles.. Ils veulent du vrai changement auquel ils pourront participer.. La présence religieuse canalise faussement l' espoir des jeunes sans donner de solution et retarde son évolution..

gundyerl

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Message  Toussaint le Ven 3 Juin - 5:18

Ils veulent du vrai changement auquel ils pourront participer..

Eh bien, ils n'ont qu'à le faire, ce changement, au lieu de le "vouloir" et l'attendre pour pouvoir y "participer". Perso, j'en ai aussi un peu marre d'entendre ce genre de mise en demeure creuse tous les trois ans depuis que j'ai quinze ans.

Et quant au placotage qu'ils en ont assez de lire, be my guest, allez-y, cela nous changera aussi...
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Message  Copas le Ven 3 Juin - 7:56

Je souhaiterai indiquer combien les révolutions arabes sont enserrées dans un cadre qui s'embrase peu à peu et concerne une sphère bien plus large que le monde dit "arabo-musulman",

C'est un processus d'une taille immense dont des aspects particulierement aigus sont apparus dans les pays du monde dit arabo-musulman (le terme est inexact car cette poussée a réactivé des tensions en Iran, en Irak, etc) par l'état particulier de la contradiction entre des états ayant un prolétariat moderne urbain de plus en plus éduqué et puissant ET des exécutifs de la bourgeoisie particulierement dictatoriaux , corrompus et de plus en plus enserrés dans la jet set bourgeoise internationale.

C'est la notion de maillons faibles dans le dispositif capitaliste internationnal qui fait l'aspect particulier , mais c'est dans le cadre de secousses de plus en plus larges.

La crise grecque languissante qui s'accélère actuellement, les affrontements qui se sont déroulés en Croatie et en Albanie, l'Espagne, le Portugal, plus une série de montées de mobilisations et de tensions entre la classe populaire et les exécutifs de la bourgeoisie sur l'ensemble des états du pourtour méditerranéen, montrent que nous nous précipitons vers une crise inédite de grande ampleur .

Les crises, pour la partie européenne, sont longues et tortueuses, elles s'accentuent au fur et à mesure des agressions de plus en plus grandes de la bourgeoisie et les réactions de la classe populaire de plus en plus fortes. Elles n'ont pas l'aspect au finish de la Tunisie et de l'Egypte pour bouter les directions emblématiques et dictatoriales (quoique ces processus sont passés à une autre étape également plus complexe ) , elles sont longues comme la crise grecque, marquées d'affrontements durs et de mouvements de masse qui montent d'un coup d'un cran en taille.

Ce processus sera évidemment en France et en Italie tôt ou tard. pour l'instant les tensions se sont relâchées un petit peu par des victoires électorales de la gauche qui repoussent les problèmes rencontrés, mais tout le long de l'année 2010, des batailles de précaires ont eu lieu en Italie, notamment dans le sud (Naples, Sicile, Sardaigne, ...), non négligeables et comme des abcès de fixation, dans un contexte de batailles sociales émiettées mais non négligeables .

La question française vit encore sur la récupération de la défaite de l'automne , et le fait que l'exécutif hésite à mener de nouvelles grandes attaques (il continue, mais par petits morceaux) pour des raisons électorales conjoncturelles.

Mais les tensions montent sans qu'il y ait de soupape (à la française...) avec des médias particulierement brejneviens. Ces tensions sont fondamentalement construites sur la grande crise capitaliste et son passage à un niveau encore plus haut .

Bref nous allons vers une situation où les risques d'embrasement sont énormes tout le tour de la Méditerranée, et de risques accrus de guerre civile en Europe.
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Message  sylvestre le Mar 18 Oct - 14:55

Réponse d'un marxiste marocain à un "culturaliste" tunisien. Très riche sur les rapports entre lutte de classes et lutte anti-impérialiste, sur l'universalisme révolutionnaire à réinventer contre l'universalisme impérialiste, etc.
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Message  Copas le Mer 26 Oct - 19:27

Maroc,

Un camarade me disait il y a quelques semaines : ils n'en veulent plus du macaque...

Il fallait également connaître quel serait l'effet de la mort de Kadhafi .

La réponse est donnée , ce week end les manifs ont été grosses et fournies . Images pour éviter que l'histoire ne soit reconstruite autrement dans quelque temps ;

Casa


Rabbat





Mohammedia


Tanger


Fes


Meknes




Aboujaad


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Message  Copas le Mer 2 Nov - 0:10

A nouveau des grandes manifs au Maroc, le souffle des révolutions arabes n'a pas été ralenti .

Tanger




Casa



Al Hoceima
Une ville de 55 000 habitants


Tetouen


Rabat


Safi

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Message  Roseau le Sam 5 Nov - 3:49

21st Century Challenges of Revolt and Dissent: from the Arab Revolts to the “occupy” world movement
by Tariq ALI
http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article23346
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Message  Copas le Sam 12 Nov - 12:33

Yemen, toujours des masses énormes manifestant pour faire tomber le tyran

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Message  Copas le Dim 13 Nov - 23:53

Casa aujourd'hui


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Message  gérard menvussa le Mar 15 Nov - 21:45

un point de vue de Gilbert Ach[quote]car :


Dix ans après le 11 septembre. Guerres et révolutions dans le monde arabe
ACHCAR Gilbert, BOULANGE Antoine
1er septembre 2011

Antoine Boulangé – Dix ans après le 11 Septembre, quel est le bilan par rapport aux objectifs donnés à l’époque au nom de la guerre contre le terrorisme, avec la promesse d’un monde plus stable  ?

Gilbert Achcar – Il faut regarder les choses des deux côtés. Le 11 Septembre est d’abord un attentat. De ce point de vue, on voit que les actions du réseau terroriste Al Qaida n’ont apporté que des misères à la région, en offrant notamment des prétextes aux États-Unis pour envahir l’Irak, l’Afghanistan... Tous les gouvernements, que ce soit en Occident – y compris dans l’Union européenne – ou dans le tiers monde, en ont profité pour imposer des mesures antidémocratiques et de restriction des libertés. La vague de soulèvements populaires a fait beaucoup plus en quelques mois pour la région et les populations que le réseau Al Qaida en dix ans. C’est encore une fois une bien vieille leçon  : ce n’est pas la conspiration terroriste qui peut libérer les peuples mais bien l’action des peuples eux-mêmes. D’autant que cela a succédé à des décennies de léthargie dont le terrorisme style Al Qaida était à la fois l’illustration et une cause supplémentaire. Pour trouver l’équivalent historique de cette vague de soulèvements, les gens se sont référés au xixe siècle, au printemps des peuples en 1848 qui était lui aussi un événement historique exceptionnel. On est passé de la conception du héros de conspiration à celle du peuple, des masses comme héros. Ce n’est pas une coïncidence si le principal slogan de tout ce qui se passe dans le monde arabe est «  le peuple veut  », «  le peuple veut renverser le régime  »... C’est l’irruption du peuple, des masses sur la scène de l’histoire. Ça c’est formidable.

Du point de vue du bilan des impérialistes, après dix ans d’intervention en Afghanistan, en Irak, peut-on parler d’échec  ?

La guerre en Afghanistan a été la guerre la plus populaire dans les opinions occidentales qui l’ont perçue comme une riposte au 11 Septembre – lui-même un acte criminel d’une ampleur assez exceptionnelle. Mais beaucoup avaient alors souligné que l’administration Bush sautait sur l’occasion pour occuper un pays. S’ils en avaient après Ben Laden, ce n’était pas en occupant l’Afghanistan qu’ils le captureraient, sans compter que les outils du droit international n’ont pas été exploités. D’ailleurs, dix ans après, l’administration Obama a tué, et de fait assassiné, Ben Laden au Pakistan où il se cachait, sans que cela ait un rapport direct avec l’occupation de l’Afghanistan. Cela ne justifiait pas, comme les antiguerre l’ont dit dès le début, l’occupation de l’Afghanistan. Du point de vue des États-Unis, c’est un bilan désastreux et c’est tant mieux. Il s’est avéré, ce que l’on savait également, que les Talibans trouvent leur popularité dans l’exploitation non seulement de la religion, mais du facteur tribal dans une région aussi fortement marquée par ces facteurs-là que l’Afghanistan. Cela leur donne une force réelle que les États-Unis n’ont pas été capables de détruire. Dès les deux premières années, les Talibans sont revenus à l’offensive et ont posé des problèmes à l’Otan. On peut dire que la guerre en Afghanistan est d’ores et déjà une guerre de plus perdue pour les États-Unis. On peut dire la même chose pour l’Irak.

Bush parlait du projet «  Grand Moyen-Orient  », avec une recomposition impérialiste du Maroc jusqu’au Pakistan. Dix ans plus tard, les Occidentaux sont enlisés en Afghanistan, en Irak, maintenant en Libye, les recompositions ne sont pas finalement celles attendues. Assiste-t-on à la fin de l’hégémonie des USA, du point de vue militaire, mais également en lien avec la crise économique qui s’accélère aujourd’hui  ?

Le fameux «  projet Grand Moyen-Orient  » n’était qu’une façon pour l’administration Bush, face à ses déboires en Irak, de donner une justification plus séduisante, pour présenter son action, en puisant dans le vocabulaire colonial  : «  une action civilisatrice  » La «  promotion de la démocratie  » n’est qu’un prétexte. Les choix du côté impérialiste ont été faits à la fin de la guerre froide. Les États-Unis ont décidé de consolider leur hégémonie mondiale en profitant de la fin de l’Union soviétique. Cela s’est traduit par un niveau de dépenses d’armement tout à fait considérable au point qu’ils en sont venus à dépenser à eux seuls autant que le reste de la planète, tous pays confondus  ! Et dès le début, cela a conduit à des guerres. La fin de la guerre froide est marquée par la première guerre contre l’Irak en 1991, suivie par douze années d’embargo avec une guerre dite de basse intensité contre ce pays  ; puis l’intervention dans les Balkans qui a culminé en 1999 avec la première guerre de l’Otan en tant que telle, qui prélude la guerre en Afghanistan. Il y a donc le déploiement d’une politique impérialiste ininterrompue, bien avant le 11 Septembre. Le véritable tournant historique est la fin de l’Union soviétique. C’est le pétrole et rien d’autre qui motive les États-Unis dans leur volonté d’occupation de l’Irak. C’est la raison pour laquelle ils ont maintenu ce pays déjà exsangue – après huit ans de guerre contre l’Iran, puis la première guerre américaine contre l’Irak en 1991–, sous un embargo quasiment génocidaire. Ils attendaient le moment pour l’occuper. On sait maintenant que la première réaction de l’administration Bush au 11 Septembre a été  : «  youpi, on va envahir l’Irak  ». Ce n’est qu’après des débats et des discussions qu’ils se sont résignés à commencer par l’Afghanistan. Les États-Unis déploient cette même stratégie depuis 1990-1991  : elle consiste à pousser leurs pions militaires dans les zones qui jusque-là étaient soit sous domination soviétique, soit des zones «  grises  » entre les deux puissances dans lesquelles ils ne pouvaient pas rentrer. Ils l’ont fait dans les années 1990 avec l’élargissement de l’Otan à l’Est et l’intervention militaire dans les Balkans. Après le 11 Septembre, ils réalisent à partir de l’Afghanistan, une première implantation militaire en Asie centrale, ancienne zone d’influence soviétique. L’invasion de l’Irak qui suit s’inscrit dans la même logique  : avoir la main sur le pétrole du Moyen-Orient (les 2/3 du pétrole mondial), ce qui est fondamental dans l’optique d’une hégémonie mondiale. C’est un atout stratégique absolument inestimable, peut-être le principal qui puisse exister dans le monde d’aujourd’hui, et dont la valeur va augmenter avec la diminution des réserves.

Comment interpréter le retrait des troupes occidentales programmé en Irak et en Afghanistan  ? Cela constitue-t-il une défaite pour l’impérialisme, un nouveau Vietnam pour les États-Unis  ?

L’administration Bush n’a même pas mobilisé pour l’Afghanistan, dont le relief est très accidenté, le dixième de ce qu’elle a engagé en Irak qui est en grande partie plat et désertique, et donc plus facile à contrôler militairement pour une armée à la technologie avancée comme celle des États-Unis. Leur intention était de contrôler complètement l’Irak et de s’implanter militairement en Afghanistan, de pousser les pions en Asie centrale, sous le prétexte de la lutte contre le terrorisme, comme ils l’ont fait en Ouzbékistan, au Tadjikistan, au Kirghizistan, où ils ont négocié des facilités militaires, et même des bases militaires. Ce n’est qu’Obama qui en arrivant aux commandes à Washington et pour respecter sa réputation d’opposant à la guerre en Irak s’étant engagé à retirer les troupes d’Irak, a fait le «  surge  » en Afghanistan, c’est-à-dire une augmentation forte du nombre de troupes pour «  submerger  » les Talibans, voire leur asséner un coup assez fort pour que les alliés de Washington puissent contrôler le pays, quitte pour les États-Unis à restreindre leur présence aux bases militaires. Ils veulent avoir un pied-à-terre militaire dans la région, moins pour des raisons de proximité du pétrole et du gaz que parce qu’elle est stratégique au sens militaire le plus classique, vu qu’elle se situe entre la Chine et le cœur européen de la Russie. Pour Washington qui fait face à une collaboration militaire entre Pékin et Moscou, il est donc très important d’y être présents militairement. Pour l’Irak, il s’agissait de prendre le contrôle du pays avec des plans qui évoquaient les précédents japonais et allemand en 1945, donc l’idée de refaçonner l’Irak sous contrôle américain de manière à ce qu’il devienne un allié stable des États-Unis avec des bases permanentes. On mesure à quel point l’échec est terrible. D’ailleurs des personnalités politiques américaines comme Brejinski ou Kissinger n’ont pas hésité à dire que la défaite des États-Unis en Irak est pire que celle du Vietnam car l’enjeu est beaucoup plus important. Le Vietnam était une guerre stratégique avec relativement peu d’enjeux économiques. Donc effectivement c’est un échec flagrant d’autant plus que, sans même parler du coût humain et matériel pour l’Irak qui est immense, le coût économique est considérable du point de vue strictement américain.

La guerre a été menée au nom de la démocratie, sous le prétexte de libérer les peuples. C’est un échec total. Ironie de l’histoire, dix ans plus tard on assiste au soulèvement des peuples eux-mêmes dans la région, par en bas. Existe-t-il un lien avec l’échec de l’impérialisme américain, qui a libéré un espace à la révolte des peuples  ?

Là, c’est plus complexe au sens où, sous la forme d’une blague, mais qui contient un fond de vérité, on peut dire que le domaine où l’administration américaine a le mieux réussi, c’est celui de la promotion de la démocratie dans la région. Plus sérieusement, personne n’a jamais cru un seul instant que les États-Unis venaient pour la démocratie. D’ailleurs, comment le feraient-ils quand leur principal allié dans la région est l’État le plus antidémocratique, le plus intégriste, le plus antifemmes du monde, l’Arabie saoudite. Les Saoudiens sont «  nos amis  », les puissances occidentales ne leur disent jamais rien, alors qu’on accuse pour beaucoup moins que ça un pays comme l’Iran ou un pays hostile aux Occidentaux. Le prétexte démocratique est essentiellement mis en avant quelques mois après l’invasion, au moment où celui des armes de destruction massive se révèle être un tel mensonge car ils sont incapables de trouver quoi que ce soit pour étayer leur accusation. Les États-Unis, les puissances impérialistes en général, et c’est dans leur nature même, ne sont pour la démocratie que quand cela les arrange, quand celle-ci peut permettre à leurs alliés d’être au pouvoir. Or il se trouve que dans cette partie du monde en tout cas, au Moyen-Orient, dans le monde arabe, dans une bonne partie du monde musulman, il existe une forte hostilité aux États-Unis, à l’Occident, en réaction à l’image de l’Orient, à toute l’histoire coloniale, une longue histoire de brimades exécutées par l’Occident. En outre, dans le monde arabe, dans les pays musulmans, le facteur israélien provoque un fort ressentiment contre les États-Unis et leur politique dans la région. Ce n’est pas comme en Europe de l’Est où, après l’écroulement du système stalinien, des majorités populaires pro-occidentales existaient parce que, pendant des décennies, l’Occident était pour elles un mirage, le mythe de la prospérité, du bien-être. Déjà en Irak même, l’administration quasi coloniale mise en place par les États-Unis avait très vite tenté de contourner les promesses d’organiser des élections en essayant de mettre sur pied des institutions désignées par l’occupant. Cela a donné lieu à un bras de fer avec la population chiite en particulier, des manifestations de masse ont imposé à l’occupant d’organiser des élections qu’il a d’ailleurs perdues. Alaoui, l’homme lige de Washington, a été battu. Depuis 2005-2006, l’Irak est de fait co-gouverné, contrairement à ce qu’on pense et à ce que la rhétorique de Washington et Téhéran peut laisser croire  ! En Irak, l’Iran et les États-Unis soutiennent le même gouvernement qui maintient des rapports étroits avec les deux pays. Cela donne la mesure de l’échec considérable des États-Unis pour qu’ils en soient venus à faire le jeu de l’Iran qui en a tiré les marrons du feu. Confrontés à tout ça, les États-Unis utilisent le prétexte de la promotion de la démocratie. Ils ont fait quelques gestes  : ils ont imposé à Moubarak, en Égypte, d’ouvrir l’espace de la représentation de l’opposition au Parlement égyptien aux élections de 2005. Moubarak s’est exécuté, a ouvert une fenêtre de 20 % et s’est arrangé pour que ces 20 % de sièges soient accordés aux Frères musulmans, sachant que cela allait effrayer Washington. Le message était  : «  si vous nous embêtez trop, vous allez avoir les Frères musulmans  ». Et la leçon a été comprise à Washington. D’une certaine façon, ils ont créé les conditions de l’explosion ultérieure. Les élections suivantes, en novembre 2010, ont frustré immensément la population et l’opposition égyptiennes qui les a dénoncées comme les plus truquées de l’histoire de l’Égypte. Cela a précipité l’explosion qui a eu lieu en janvier 2011 en s’ajoutant à l’exemple tunisien bien entendu, qui de ce point de vue-là a aussi été très important comme illustration du fait qu’un peuple pouvait mettre à bas un dictateur.

En quoi ce qui se passe aujourd’hui est-il un démenti de la vision propagée par toute l’idéologie occidentale du clash des civilisations  ?

Il y a deux choses importantes. D’une part, il existe une image du monde musulman essentiellement méprisante, coloniale, orientaliste, au sens péjoratif du terme, qui prétend que les peuples de la région vivent dans des États sous régime despotique parce que du fait de leur culture – et c’est souvent leur religion qui est mise en cause – ils seraient accoutumés au despotisme. C’est ainsi que Chirac a pu déclarer que «  la démocratie, ce n’est pas pour toutes les cultures  », «  qu’il ne faut pas projeter nos idéaux démocratiques sur des peuples d’une autre culture  ». Tout cela vient d’être balayé. Les peuples arabes ont montré qu’ils n’aspirent pas moins à la démocratie que ceux d’Europe de l’Est ou d’une autre partie du monde. D’ailleurs, tous les peuples du monde aspirent à la liberté et à la démocratie, qui sont des valeurs universelles pas plus occidentales qu’autre chose. Il s’agit de conquêtes populaires obtenues après des siècles de lutte et parfois à des prix très forts. L’autre argument utilisé est que si on organisait des élections démocratiques, on obtiendrait des forces rétrogrades du genre intégristes musulmans. Cela permet de soutenir des régimes despotiques, comme si on prenait prétexte d’une majorité pour Le Pen en France pour asseoir une dictature militaire. Les peuples n’auraient pas le droit de se tromper. Même cela vient d’être complètement démenti. Je le dis avec la prudence qu’impose le fait que l’on est au tout début d’un processus révolutionnaire, de chambardement et de bouleversement dans la région  : dès que les masses se mettent en mouvement, dès qu’il y a ces fortes mobilisations populaires, dès qu’il y a irruption du peuple sur la scène de l’histoire, l’influence des forces intégristes religieuses est réduite. C’est précisément parce qu’il y avait des régimes despotiques auparavant que la religion était la seule façon de se manifester sur le terrain de la contestation idéologique du régime. À partir du moment où les masses, les jeunes entrent en action, d’autres forces politiques émergent ainsi que l’expression d’une très forte aspiration à la démocratie, aux libertés. On voit aussi l’irruption sur la scène du mouvement ouvrier en tant qu’acteur et facteur politique. C’est précisément dans les deux pays où il y a eu une victoire, la Tunisie et l’Égypte, que c’est le plus évident, et ce n’est pas une coïncidence.

Quelles sont les conséquences possibles des révolutions arabes en Occident où l’hostilité au monde musulman reste forte  ?

Ce qui se passe dans le monde arabe va dans un sens très positif. Cela bouscule, cela bouleverse complètement cette image de l’idéologie dominante en Occident, que les médias avaient propagée avec l’islamophobie. Cela montre les populations arabes sous un jour éminemment sympathique pour les opinions occidentales, au point que des manifestations à Londres, au Wisconsin aux États-Unis, en Espagne, en Grèce se réfèrent à l’Égypte, à la place Tahrir. C’est une nouveauté absolue. Cela brise cette hostilité culturelle propagée par l’extrême droite et alimentée par la crise économique. C’était la même chose dans les années 1930. Depuis le xixe siècle, on connaît ce genre de récurrence. Je dirais que, concernant l’événement atroce que l’on a vu en Norvège, plutôt que le symptôme de l’aggravation de tout ça, j’y vois, par la réaction énorme qu’il a suscité, un facteur de plus allant dans le sens contraire, dans le sens de montrer à quoi mène l’islamophobie, à ce néonazisme représenté de la manière la plus abominable par Bresvick. Cette conjonction de facteurs va dans le sens d’une rétractation, d’une diminution de cette montée. Évidemment, ce qui est déterminant, c’est la crise économique, mais on voit aussi les mobilisations en Espagne qui s’inspirent très directement de ce qui s’est passé dans le monde arabe. Avec les manifestations à Londres fin juin contre les mesures d’austérité, à l’appel des syndicats, les grèves en Angleterre, il y a une montée des luttes tout à fait réelle. Une résistance sociale s’affirme qui indique bien que les potentialités existent et donne des raisons fortes d’espérer. Je crois que nous sommes à l’orée, non seulement dans la région arabe, mais à l’échelle mondiale, d’une période de remontée des luttes sociales contre l’offensive néolibérale.o

Propos recueillis par Antoine Boulangé
Chronologie

1979-1989  : occupation soviétique de l’Afghanistan puis retrait, face aux Moudjahidins soutenus par les USA.

1980-88  : guerre Iran-Irak, Sadam Hussein étant soutenu par les USA. 1 milliard de morts irakiens – 800 000 iraniens, pour une frontière quasi inchangée.

Novembre 1989  : chute du mur de Berlin.

Août 1990-février 1991  : première guerre du Golfe – 1 million de soldats occidentaux envoyés pour reprendre le pétrole koweïtien (plus grosse opération militaire occidentale depuis 1945). En six semaines autant de bombes sont lâchées que sur l’Allemagne durant toute la Seconde Guerre mondiale.

1991-2003  : embargo économique occidental en Irak, guerre de basse intensité  : 1 million de morts.

1995  : première guerre dans les Balkans  : première guerre en Europe occidentale depuis 1945.

1999  : deuxième guerre des Balkans. L’Otan bombarde «  par erreur  » l’ambassade de Chine à Belgrade.

11 septembre 2001  : attentats, 3 000 morts. Perte civile la plus importante de l’histoire des USA sur son territoire depuis la guerre de Sécession.

18 septembre 2001  : première résolution du Conseil de sécurité de l’ONU qui servira de prétexte à la guerre en Afghanistan.

7 octobre 2001  : premières frappes occidentales en Afghanistan, soutenues en France par le gouvernement Jospin.

25 octobre 2001  : adoption du Patriot Act, lois répressives mises en place par Bush, suivies par des mesures similaires dans tous les pays occidentaux, gouvernés aussi bien par la droite que la gauche.

Octobre-décembre 2001  : guerre en Afghanistan. À Kunduz, 8 000 prisonniers afghans capturés par les alliés afghans des USA meurent. Fin des combats à Tora Bora, où est censé se cacher Ben Laden. Il est retrouvé et tué dix ans plus tard au Pakistan, pays allié des USA, protégé par des réseaux haut placés dans les services secrets pakistanais.

8 novembre 2002  : mission de l’ONU demandant le désarmement de l’Irak.

Novembre 2002  : Forum social européen de Florence.

15 février 2003  : 15 millions de manifestants contre la guerre dans le monde entier.

10 mars 2003  : nouvelle journée planétaire des antiguerre.

19 mars 2003  : bombardements américains, débuts de la guerre. Chirac et Villepin refusent de s’engager dans la coalition principalement constituée des américains et britanniques.Prise de Bagdad en 19 jours.

28 juin 2004  : remise du pouvoir à Allaoui, simple marionnette des USA.

2004  : l’Afghanistan est redevenu le premier producteur mondial de pavot, avec 97 % de la production.

Décembre 2005  : élections législatives en Irak, victoire de Nouri al Maliki, intégriste chiite proche de l’Iran.

2001-2011  : occupation occidentale et guérilla en Afghanistan – 5 000 soldats occidentaux en 2001, en augmentation constante depuis pour atteindre 140 000 en janvier 2011, dont 4 000 Français. En 2008, aux troupes régulières s’ajoutaient 28 000 mercenaires occidentaux. Depuis 2006, reprise de la guerre à grande échelle. En 2011, Karzai négocie la participation au gouvernement des Talibans «  modérés  ».

2003-2011  : occupation de l’Irak. En 2003-2004, la coalition stationne 330 000 soldats en Irak. 50 000 militaires US y étaient encore en janvier 2011. Plus de 110 000 morts irakiens – 4 750 soldats occidentaux tués depuis 2003, principalement américains.

Novembre 2008  : élection d’Obama qui promet la fermeture immédiate de Guantanamo (promesse toujours non tenue) et le retrait «  progressif  » des troupes d’Irak jusqu’à fin 2011.

Janvier 2009  : 140 000 GI’s stationnent toujours en Irak.

2010  : publication de dizaines de milliers de documents militaires secrets par Wikileaks, montrant l’échec total des américains en Irak et en Afghanistan.

19-20 novembre 2010  : sommet de l’Otan à Lisbonne annonçant le retrait des troupes d’Afghanistan d’ici 2014.

14 janvier 2011  : chute de Ben Ali en Tunisie.

11 février 2011  : chute de Moubarak en Égypte.

Coût financier

Irak  : plus de 6 000 milliards de dollars dépensés au total par les occidentaux en Irak entre 2003 et 2008 selon Joseph Stieglitz, prix Nobel d’économie – 12, 5 milliards de dollars par mois en 2008 pour les seuls USA.

Afghanistan  : 430 millions d’euros pour la France en 2009 – 4, 5 milliards de dollars par mois pour les USA en 2008.
ACHCAR Gilbert, BOULANGE Antoine

* Publié dans : Revue Tout est à nous ! 24 (septembre 2011).
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Message  Copas le Dim 20 Nov - 19:34

Bahrein, après l'effroyable répression de début d'année menée par les troupes d'Arabie Saoudite sous le regard bienveillant de la VIeme flotte américaine stationnée là, le mouvement pour les libertés démocratiques redémarre depuis plusieurs semaines.

Ce mouvement est encouragé par le coeur battant des révolutions syrienne et yéménite, la tension qui monte en Irak avec le départ programmé de l'occupant, les batailles du peuple kurde pour sa liberté, les secousses au Kuweit, les manifs massives au Maroc depuis des mois et le redémarage du processus egyptien.





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Message  Copas le Lun 21 Nov - 8:53

A nouveau des manifs de masse au Maroc hier pour le boycot des elections truquées du régime

Toujours rien sur télé-sarko

Casa



Tanger





Meknes


Khenifra





Rabat




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Message  Copas le Jeu 24 Nov - 18:40

J'en profite pour mettre là un copier coller du fil sur l'Arabie Saoudite et les manifs qui ont redémarrer en Egypte en élargissant le propos :

sylvestre a écrit:‎"Mort aux Saouds", manif dans la ville de Qatif. La tempête continue.


C'est vrai que ça devient compliqué dans la région le monde dit arabo-musulman (à tord) pour pratiquement tous les états qu'ils aient allégeance aux USA ou pas.

Résumons

On été secoués par de gros mouvements populaires importants (que personne ne s'offusque de l'ordre) :

Irak (début 2011)
Kurdistan Irakien (début 2011)
Iran (2009-début 2010, + début 2011)
Yemen (début 2011 jusqu'à maintenant)
Oman (début 2011)
Bahrein (début 2011 et maintenant) Effroyable répression avec des colonnes de blindés des Saouds venus aider le régime, siège de la 6eme flotte)
Kuweit (début 2011 et maintenant)
Jordanie (début 2011) Gros chèque social du régime
Arabie Saoudite (début 2011 + maintenant) Gros chèque social du régime (apparemment ils veulent +)
Israël (les indignés qui ont été dopés par ce qui s'est passé en Egypte... plusieurs fois des centaines de milliers)
Egypte (début 2011 et maintenant le 2eme étage de la fusée)
Palestine(début 2011) sur la lancée de la place Tahrir des rassemblements de milliers de jeunes palestiniens qui ont poussé OLP et Hamas à se rapprocher
Soudan (début 2011) Ecrasé violemment
Djibouti (début 2011)
Libye (début 2011)
Algérie (début 2011 + des émeutes de jeunes en permanence)
Maroc (début 2011 puis depuis 6 mois des manifs massives presque toutes les semaines maintenant)

Manquent encore la Turquie, le Liban, Dubaï et le Qatar.

17 pays

Certains de ces mouvements n'ont pas fait l'objet de beaucoup de pub de la part de télé-sarko ou de la gauche mais ils sont bien sur bien documentés .

Bien que cela soit arbitraire, j'ai écarté le mouvement y en à marre au Sénégal qui était de façon évidente dans le souffle des révolutions arabes, en début d'année :





et en musique évidemment :



Le plus classique dans cette affaire c'est les alliances tournantes, les USA et l'UE s'offusquant des repressions en Libye et en Syrie mais ont été pris dans le même lit que Saoud, Ben Ali, Mubarak, etc...

La direction iranienne elle défend la Syrie mais était contre Kadhafi et soutient le mouvement au Bahrein..etc...




C'était en Mars déjà à Qetif

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Message  Copas le Ven 25 Nov - 10:08

Le point sur les révolutions dans les pays arabes 38635010Le point sur les révolutions dans les pays arabes Maroc-10
Qui va être dominants, entre les partis de l'arc institutionnel (islamistes, droite monarchiste, gauche, etc..) et le soulèvement populaire ?

Elections législatives au Maroc, le mouvement du 20 février a appelé à l'abstention.

Un moment extrêmement important se joue au Maroc, c'est un affrontement entre deux légitimités. D'un côté la liberté tenue en laisse et une interminable sortie de la dictature royaliste qui maintienne en état toute la violence de l'appareil d'état et les prébendes obtenues par la camarilla de la classe dominante, de l'autre , "dignité, liberté et justice sociale" comme dit le "20 Février" malgré toutes ses ambiguïtés.

Qui va gagner ?




Hier les manifs pour le boycott





Il y a 4 jours à Tanger


L'info court rapidement dans tout le monde en Afrique du Nord, sur les secousses en Syrie, en Arabie Saoudite, au Bahrein, en Egypte, etc... Le fait que les masses dans tous ces pays repartent à l'assaut des dictatures dope la révolte populaire.

Réponse électorale dans les jours qui arrivent. Si l'abstention est majoritaire (déduction faite des truqueurs) on peut s'attendre à un renforcement de la légitimité du soulèvement.

Les législatives ont été décidées par la dictature monarchiste comme un contre-feu au mouvement du 20 Février qui pousse et organise des manifestations de masse depuis maintenant plusieurs mois, presque chaque semaine.

Une abstention majoritaire créerait une situation nouvelle et inconnue pour ce mouvement.
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