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Indigènes de la République

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Indigènes de la République - Page 7 Empty Re: Indigènes de la République

Message  verié2 le Jeu 9 Juil - 18:59

Toussainty
nous n'opposons pas blancs et noirs ou blancs et racialisés
C'est pourtant ce que tu fais dans presque toutes tes interventions. Mais tu vas nous répondre qu'on ne comprend rien à rien...

verié2

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Message  yannalan le Jeu 9 Juil - 19:07

Si Dieu a créé le femme avec des cheveux, est-ce pour qu'elle les cache!  
Avec des raisonnements pareils on peut aussi dire que Dieu les a créées avec des seins et un sexe et un bon nombre les cachent, même les athées, libre-penseuses et militantes d'extrême -gauche...
Pas seulement mais cela y contribue fortement! Comment se fait-il que le voile était très peu présent en France dans les années 60-70, avec les premières générations de travailleurs immigrés, pourtant surexploitées, déjà discriminés par le boulot proposé; le logemen
A l'époque des années 60, justement, les immigrés de fraîche date essayaient de passer inaperçus, on donnait même des prénoms chrétiens aux gosses des harkis dans leurs caps forestiers...Il se trouve que de nos jours, leurs enfants n'ont pas envie de jouer à ça et une des manifestations de leur différence, ben c'est le couvre-chef. Les noirs américains ne protestaient pas à l'époque des champs de coton, mais quand ils ont commencé à bouger, ils se sont affirmés comme noirs.

yannalan

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Message  Toussaint le Jeu 9 Juil - 19:29

Précisément, le voile n'est pas apparu avec la montée des organisations politiques musulmanes, il est apparu massivement comme une expression de revendication identitaire et de révolte qui a trouvé dans l'islam un moyen d'expression. Il suffisait de voir les gamines en voile et minijupe pour se rendre compte que l'islam politique est loin. De même, les partisans des intégristes sont contre les études des filles. Celles qui se sont battues bec et ongles pour rester dans les bahuts sans se renier, voulaient faire des études, il y a dans le film "un racisme à peine voilé" des exemples très précis de cela.

https://www.youtube.com/watch?v=g3MntRu9zgY

Je ne suis pas partisan du voile, je suis athée, militant athée, et je suis opposé à toute idée religieuse. Mais ce n'est pas en tapant sur les croyants, en les harcelant, en les insultant et en les  affublant de surnoms abjects comme "bâchées" qu'on les aide à s'émanciper.

C'est le contraire, a fortiori dans un pays colonial avec tellement d'héritages et de représentations collectives laissés par le colonialisme et renouvelés depuis deux décennies.





Laissons les filles tranquilles

Le Monde.fr |  24.03.2015 à 10h02 • Mis à jour le 24.03.2015 à 14h13

Nous sommes féministes, nous défendons tous les jours les droits des femmes, et nous pensons qu’il faut abroger la loi de 2004 contre le port des signes religieux dans les établissements scolaires.

La question n’est pas de savoir ce que les féministes que nous sommes pensent de la religion en général, ou de l’islam en particulier, quel sens symbolique ou politique nous donnons au port du foulard islamique, qu’il soit volontaire ou imposé. La question, c’est qu’encore une fois on relègue les femmes au statut de victime, et qu’on propose de les exclure pour mieux les libérer. Encore une fois le corps des femmes est un champ de bataille, une ligne de front sur laquelle s’affrontent des idéologues au nom de leur libération. Et c’est aux filles et aux femmes musulmanes que la France demande de payer le prix de la laïcité.

Aujourd’hui, dix ans après le vote de cette loi, qu’a-t-on gagné ? Combien de discriminations et de violences ont été commises en son nom ? Des femmes voilées ont été agressées. Des mères ont été discriminées. À ce prix, la France est-elle devenue plus laïque ? Non. Le port du voile a-t-il régressé, comme les promoteurs de cette loi l’espéraient ? Non. Des filles ont été exclues de l’école. Les camps se sont durcis. La violence contre les femmes a augmenté.

FAIRE RECULER LE SEXISME

Nous sommes féministes et nous croyons que sommer des filles de dix ans de choisir un camp entre famille et école, entre la religion et la laïcité forcée, n’est pas la solution dont ces filles ont besoin pour s’émanciper. « Ne me libérez pas, je m’en charge ! », dit un vieux slogan féministe. Car ce n’est pas comme ça qu’on libère, c’est comme ça au contraire qu’on contribue à aliéner ceux qu’on prétend libérer. Le corps des femmes n’appartient à personne, pas plus à ceux qui veulent lui imposer le voile qu’à ceux qui veulent le lui retirer de force. Ce n’est pas en arrachant le voile d’une écolière ou en la chassant de l’école publique qu’on fera reculer le sexisme, bien au contraire.

Laissons les filles tranquilles ! Laissons-les réfléchir et discuter ensemble des voies et moyens de leur propre libération, qu’il s’agisse de se libérer de la norme sexiste, du dogme hétérosexuel ou des interdits religieux, de la symbolique de tel fichu ou de tel chiffon, de la morale et du sacré, des injonctions à montrer ou cacher son corps et ses désirs. Et quoi de mieux pour cela que les bancs et la cour d’une école ?

L’école ne peut pas tout faire, mais elle est le lieu d’émancipation par excellence, parce que chacun peut en principe y accéder à un corpus commun de savoirs, quelle que soit la culture religieuse dans laquelle il ou elle a grandi. C’est là en principe que l’on découvre l’autre, les autres, et qu’on façonne à leur contact sa propre identité. On y apprend que les uns sont athées, les autres pratiquants, les unes juives, catholiques, protestantes, hindou, les autres musulmanes, les unes hétéros, les autres homosexuelles, filles, garçons ou trans, les uns d’une couleur, les autres d’une autre.

Le rôle de l’école laïque est d’accueillir chacun et chacune avec ses différences, ses hontes et ses fiertés, ses secrets de famille, ses croyances et ses doutes. Le rôle de l’école laïque est de veiller à ce que toutes les souffrances puissent s’exprimer sans crainte, et non de préjuger de qui doit être libéré. Le rôle de l’école laïque est de faire preuve de bienveillance et d’ouverture, pas d’imposer d’en haut des valeurs qui n’auraient d’universelles que le nom, puisqu’elles se fonderaient sur l’exclusion.

Faut-il le rappeler ? Depuis 1905 et jusqu’au vote en 2004 de la loi contre le port des signes religieux dans les écoles, l’obligation de neutralité religieuse n’incombait qu’à l’Etat et à ses fonctionnaires, pas à ses citoyens. Aujourd’hui, en France, la laïcité prend trop souvent la forme d’une religion d’Etat au service de l’exclusion des filles et des minorités. Si c’est cette laïcité dogmatique – sacralisée – qui doit être inculquée demain aux enfants de France, ce ne sera pas en notre nom. Nous sommes féministes. Nous demandons le retrait de la loi qui interdit le port des signes religieux dans les établissements scolaires.

Sont notamment signataires de ce texte : Mathilde Cannat (géologue), Sonia Dayan-Herzbrun (sociologue), Marie de Cenival (initiatrice du collectif féministe La Barbe), Christine Delphy (sociologue) et Aby M’baye (psychosociologue). Retrouvez la liste complète des signataires sur laissonslesfillestranquilles.wordpress.com/

Ensuite, la question que nous devrions nous poser, c'est plutôt "qu'Est-ce que nous avons mal fait ou nous n'avons pas fait pour que la révolte des jeunes arabes et noirs, antillais, etc ne se soit pas retrouvée dans nos propositions, nos actions?" L'extrême gauche se comporte comme si elle était agressée par ces jeunes et par ces gens qui ne la rejoignent pas, alors que vérié vient de montrer qu'ils la rencontrent au quotidien et dans les syndicats, dans les manifs, etc... Elle devrait de demander comment s'adresser à eux. Je me souviens de notre camarade voilée Myriam à Lille disant à la mosquée "Vous me dites que l'islam est la religion des déshérités, mais pourquoi faut-il que je rentre dans une organisation révolutionnaire communiste pour participer à la solidarité avec les sans-papiers?" Les intégristes, les vrais, ont menacé toute sa famille et l'ont menacée elle. Voilà ce qu'il faut faire, à mon avis, intégrer les gens à la lutte avec leurs contradictions, avec leurs aliénations, et la lutte commune les aidera à se libérer. Lorsque des femmes voilées sont venues défiler pour célébrer l'anniversaire de la Loi Veil, les féministes blanches ont voulu leur interdire de manifester et il a fallu les JCR pour leur permettre de défiler derrière tout le cortège, derrière des partis non féminins... C'est cela, la pédagogie, le "sans distinction de..." Sans distinction de..., cela veut dire qu'on ne se sert pas des différences pour discriminer, maintenant une part de l'extrême gauche et des féministes font de l'abandon des signes distinctifs par les minorités la condition du combat commun. Abjurez et rejoignez-nous, sinon, vous feriez mieux d'aller vers les intégristes. Notre camarade voilée à qui une féministe du PCF avait dit qu'elle ne la défendrait pas contre les agressions prenant prétexte de so voile et que seuls les intégristes la défendraient, a souri tristement: "les intégristes sont les ennemis de femmes comme moi, qui veulent étudier et être indépendantes, c'est pour cela que je demande la solidarité des féministes pour défendre mes droits de femme." Dans le métro, une demie heure plus tard, dans un groupe de 12 personnes, elle a été la seule à être contrôlée, et pourtant elle n'était pas la seule à ressembler à une méditerranéenne... Laughing

Il y a là un tropisme européen, aux Etats Unis, la question du voile ou de la religion n'est pas du tout posée comme un motif pour exclure les gens des combats communs, en France oui, et en cela les intégristes et les laïques se rejoignent bien. Les laïques et LO faisaient des gorges  chaudes en Mars 2004 parce que des intégristes étaient venus parler aux femmes voilées du cortège du CEPT et qu'ils avaient fait une prière de rue à côté de la manif juste après. Il y avait même eu des photos. En fait, ils étaient venus ordonner aux musulmanes de quitter un cortège plein d'athées et de prostituées. Et après leur refus, ils avaient fait une prière qui n'avait rien d'un soutien à la manif des athées et des prostituées. Il n'y a rien que les intégristes craignent que la jonction des luttes des musulman-es, des LGBT, racialisés, des syndicalistes, des partis ouvriers, etc. Et la répression de l'islam, les actes islamophobes, les discriminations islamophobes font partie intégrante de la propagande des intégristes, qui posent précisément que les musulmans ne peuvent pas vivre avec les non-musulmans. Réprimez, insultez les musulmanes voilées, vous illustrez la propagande de leurs pires ennemis, et les vôtres.


Dernière édition par Toussaint le Jeu 9 Juil - 19:31, édité 1 fois
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Message  Leoni le Jeu 9 Juil - 19:30

Mais aucun texte ne dit qu'il faut cacher ses cheveux et ce sont beaucoup d'entre elles qui disent que c'est sacré ! Religion, opium du peuple, une fois de plus !

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Message  Toussaint le Jeu 9 Juil - 19:38

Aucun texte? Ben tu te trompes, c'est en toutes lettres. Dans la Bible, le Nouveau Testament et l'Ancien, et dans le Coran.

Ensuite et de toute façon, nous n'avons pas à demander l'application stricte des textes religieux, c'est un débat interne aux religions et qui ne nous regarde pas.

Enfin, et même si ce n'était ni dans le Coran, ni dans la Bible, mais que c'était le résultat de la construction de la religion cela serait la même chose. les textes sacrés ne sont pas la seule source de la religion et pas plus en Islam que dans d'autres religions. Ce sont des constructions humaines qui évoluent par ajouts, retranchements et interprétations divergentes.

Ensuite, "opium du peuple", je pense qu'Edwy Plenel a fait le tour de la question après les bolcheviks. Si le peuple a besoin d'opium, c'est qu'il est mal. Au lieu de réprimer et d'insulter les femmes du peuple qui ont besoin de leur consolation, il vaudrait mieux les accueillir sans préjugés ni stéréotypes.

Un lien pour une entrevue en deux parties de Delphy

https://delphysyllepse.wordpress.com/2013/09/19/du-voile-a-la-prostitution-et-islamophobie-a-la-francaise/
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Message  yannalan le Jeu 9 Juil - 19:47

Leoni a écrit:Mais aucun texte ne dit qu'il faut cacher ses cheveux et ce sont beaucoup d'entre elles qui disent que c'est sacré ! Religion, opium du peuple, une fois de plus !

Chacun lit ses textrs comme il veut, que ce soit la Bible, le Coran ou le Programme de Transition. Le fait de s'habiller parce que nos ancêtres ont péché est dans la Genèse, et pourtant les révolutionnaires s'habillent.

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Message  Leoni le Jeu 9 Juil - 19:51

C'est vrai que la loi sur le voile islamique était et est effectivement une loi discriminatoire et que les autres signes ostentatoires ( kippa, grosse croix...) n'étaient et ne sont qu'un prétexte pour faire passer un texte contre l'islam.
C'est vrai aussi que dans un système d'oppression et d'exploitation, la religion est une consolation.
Cela dit, il ne faut pas mettre telle ou telle discrimination au-dessus de la lutte commune de tous les opprimés et exploités car c'est la classe exploiteuse qui en tire profit ( c'est sa nature!).

Leoni

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Message  Toussaint le Jeu 9 Juil - 20:15

Merci de ton honnêteté Leoni, cela donne de l'espoir.

Ensuite je ne pense pas qu'il faille mettre au dessus quoi que ce soit, toute discrimination a pour objet et conséquence de "diviser ceux qui doivent s'unir et unir ceux qui devraient se diviser". La finalité, c'est l'exploitation et le maintien du système de domination qui la permet et l'organise, la protège.

Là dessus je ne pense pas qu'il y ait de divergences avec qui que ce soit.

Ensuite, pour lutter tous ensemble il faut que nous nous unifiions. Les indigènes dans les boîtes, ils doivent adhérer aux syndicats, ils doivent se battre avec leurs camarades de travail parce que c'est dans leur intérêt, tout simplement. Mais les indigènes doivent aussi se battre par exemple sur les évolutions de carrière, sur les promotions, et là, d'un coup, ils sont seuls le plus souvent, et ils se font statistiquement reléguer. Par exemple à la télé. C'est assez visible, en creux. Il a fallu les émeutes de 2005 pour voir un noir présenter le JT, et il a depuis été placardisé... cela n'a pas duré longtemps.

Force est de constater que la lutte effective contre les discriminations n'a pas été prise à bras le corps et que parfois même il y a eu des prises de position qui ont aggravé la situation de certaines parties de la classe.

Sur la religion et les luttes, regardons par exemple les mineurs boliviens, le tio et les chamanes. Les orgas ouvrières ne se lancent pas contre de grandes campagnes contre le tio ou le chamanisme, au contraire, elles prennent garde à e pas diviser les travailleurs sur ces points, parce que "sous la peau du mineur, le sang est indien". Et elles ne veulent surtout pas prolonger les campagnes de la colonsation. Evidemment, c'est facilité par le poids des indigènes dans le mouvement ouvrier et les partis ouvriers boliviens
En Colombie lors des récents affrontements les travailleurs organisaient des messes sur les lieux d'occupation et bien sûr personne ne s'y opposait, en Indonésie, ce sont des imams qui viennent organiser la prière des grévistes. Ceux qui veulent prier prient, ceux qui ne veulent pas font autre chose, j(ai des vidéos colombiennes qui montrent bien cela. On se prend la tête avec un Dieu qui n'existe pas et ce Dieu sépare les travailleurs... Aberrant, on devrait avoir mieux à faire du moins si on est sérieux quand on parle d'unité sans disctinction, etc...

https://www.youtube.com/watch?v=yYkfma2fXDs
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Message  Eugene Duhring le Ven 10 Juil - 1:54

Toussaint a écrit:Merci de ton honnêteté Leoni, cela donne de l'espoir.

Ensuite je ne pense pas qu'il faille mettre au dessus quoi que ce soit, toute discrimination a pour objet et conséquence de "diviser ceux qui doivent s'unir et unir ceux qui devraient se diviser". La finalité, c'est l'exploitation et le maintien du système de domination qui la permet et l'organise, la protège.

Là dessus je ne pense pas qu'il y ait de divergences avec qui que ce soit.

Ensuite, pour lutter tous ensemble il faut que nous nous unifiions. Les indigènes dans les boîtes, ils doivent adhérer aux syndicats, ils doivent se battre avec leurs camarades de travail parce que c'est dans leur intérêt, tout simplement. Mais les indigènes doivent aussi se battre par exemple sur les évolutions de carrière, sur les promotions, et là, d'un coup, ils sont seuls le plus souvent, et ils se font statistiquement reléguer. Par exemple à la télé. C'est assez visible, en creux. Il a fallu les émeutes de 2005 pour voir un noir présenter le JT, et il a depuis été placardisé... cela n'a pas duré longtemps.

Force est de constater que la lutte effective contre les discriminations n'a pas été prise à bras le corps et que parfois même il y a eu des prises de position qui ont aggravé la situation de certaines parties de la classe.

Ah bon, le syndicat doit défendre les évolutions de carrière et les promotions des "indigènes" ? Non sans blague, tu crois qu'on fait quoi dans les boites ? On se tape la belote en rigolant de la mauvaise fortune des travailleurs "indigènes" ?
Ah au fait, le web c'est bien, ça permet de cataloguer son détracteur sans en avoir une quelconque connaissance, un peu comme les staliniens, un peu comme toi en fait. Pour la petite histoire, une partie de ma famille est noire. Tu penses sérieusement que je ne suis pas touché par le racisme qui peut s'exercer sur mes neveux et nièces. Eh oui, ma famille fait partie de ces assimilations qui rendent si perplexe HB ! Sinistre c......

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Message  MO2014 le Ven 10 Juil - 8:57

Eugene Duhring a écrit:
Pour la petite histoire, une partie de ma famille est noire. Tu penses sérieusement que je ne suis pas touché par le racisme qui peut s'exercer sur mes neveux et nièces. Eh oui, ma famille fait partie de ces assimilations qui rendent si perplexe HB ! Sinistre c......


Laughing Laughing Laughing Laughing Laughing
ç'est beau comme du Nadine Morano :
Me faire passer pour quelqu'un par exemple qui serait raciste, alors que j'ai des amis qui sont justement arabes, et dont ma meilleure amie qui est tchadienne, donc plus noire qu'une arabe, je trouve ça choquant"

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Message  verié2 le Ven 10 Juil - 9:26

Toussaint
les indigènes doivent aussi se battre par exemple sur les évolutions de carrière, sur les promotions, et là, d'un coup, ils sont seuls le plus souvent, et ils se font statistiquement reléguer. Par exemple à la télé.
Tu fonctionnes avec des clichés et l'exemple que tu nous donnes, ce sont les présentateurs TV, très représentatifs comme chacun sait des classes populaires. Figures-toi que nos camarades ne t'ont pas attendu - heureusement ! Bien sûr le racisme est présent à des degrés divers dans toutes les entreprises, mais les différences d'évolution de carrière - et surtout de départ ! - sont le plus souvent liées à des niveaux de scolarité et culturels différents, du fait que ceux que tu appelle des "Indigènes" appartiennent massivement aux couches les plus défavorisées de cette société. La discrimination raciste ne joue qu'à la marge dans des entreprises comme La Poste ou la SNCF et elle est évidemment combattue par nos camarades syndicalistes... sans attendre le PIR, absent dans les entreprises.

Aujourd'hui, un fils d'ouvrier ou d'employé a statistiquement des "chances" écrasantes de devenir lui aussi ouvrier ou employé (s'il trouve du boulot), et cela quelles que soient ses origines. Un fils de médecin "indigène" a certainement davantage de chances, toujours statistiquement, de devenir à son tour médecin ou cadre qu'un fils d'ouvrier ou de chômeur "blanc"...

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Message  Invité le Ven 10 Juil - 10:05

Eugene Duhring a écrit:
Toussaint a écrit:Merci de ton honnêteté Leoni, cela donne de l'espoir.

Ensuite je ne pense pas qu'il faille mettre au dessus quoi que ce soit, toute discrimination a pour objet et conséquence de "diviser ceux qui doivent s'unir et unir ceux qui devraient se diviser". La finalité, c'est l'exploitation et le maintien du système de domination qui la permet et l'organise, la protège.

Là dessus je ne pense pas qu'il y ait de divergences avec qui que ce soit.

Ensuite, pour lutter tous ensemble il faut que nous nous unifiions. Les indigènes dans les boîtes, ils doivent adhérer aux syndicats, ils doivent se battre avec leurs camarades de travail parce que c'est dans leur intérêt, tout simplement. Mais les indigènes doivent aussi se battre par exemple sur les évolutions de carrière, sur les promotions, et là, d'un coup, ils sont seuls le plus souvent, et ils se font statistiquement reléguer. Par exemple à la télé. C'est assez visible, en creux. Il a fallu les émeutes de 2005 pour voir un noir présenter le JT, et il a depuis été placardisé... cela n'a pas duré longtemps.

Force est de constater que la lutte effective contre les discriminations n'a pas été prise à bras le corps et que parfois même il y a eu des prises de position qui ont aggravé la situation de certaines parties de la classe.

Ah bon, le syndicat doit défendre les évolutions de carrière et les promotions des "indigènes" ? Non sans blague, tu crois qu'on fait quoi dans les boites ? On se tape la belote en rigolant de la mauvaise fortune des travailleurs "indigènes" ?
Ah au fait, le web c'est bien, ça permet de cataloguer son détracteur sans en avoir une quelconque connaissance, un peu comme les staliniens, un peu comme toi en fait. Pour la petite histoire, une partie de ma famille est noire. Tu penses sérieusement que je ne suis pas touché par le racisme qui peut s'exercer sur mes neveux et nièces. Eh oui, ma famille fait partie de ces assimilations qui rendent si perplexe HB ! Sinistre c......

Pareil pour moi, j'ai une nièce qui c'est converti a l’islam. Et elle a rencontré moins de d'opposition du coté de sont père, son beau père, et sa mère, que dans sa belle famille.
Comme leurs enfants sont a moitié maghrébin, ils vont en chié plus tard avec la monté des racismes de tout poiles, et quant je parle des racistes de tout poiles, je vise aussi le pir et MO ou toussaint.

Je suis bien contant que la mixité vous fait chié, vous avez pas finie dans bavé parce que il y en a de plus en plus.

Une alliance avec l’extrême droite blanche pour enrailler le phénomène, avec en prime la peau d'une gauche agonisante semble être leurs but final...

Quant a participé au révolte des cartier, vue le spectacle et la conduite de c'est jeune dans les manifestation de l'époque, effectivement ont les a pas soutenue dans les scene de lynchage pour piqué les portable a des lycéen.

Et pour tout dire, les musulmans en général ne soutienne pas c'est jeunes non plus.

Ont a pas non plus brûle les voiture d'ouvrier, ni brûle d’école, et a mon avis aucun musulmans soutien se style de pratique.

C'est bien aussi de ne pas trop joué le père colon qui s'oppose au colonialisme, tout en touchant sont salaire des colons.

C'est quant même assez symptomatique de cité les ni pute ni soumise, crée suite a une agression a l’essence qui a tué, ils ont le droit de voté a droite si elles veule, comme les autre elle sont pas tenue par une espèce d'ordre moral qui les oblige envers la gauche, c'est ça la liberté, le chois.

Comme l'antiraciste est aussi un chois, c'est juste dommageable que les raciste eux n'assume pas du tout leurs racismes. De plus la mauvaise foi des raciste leurs donne un avantage car ils peuvent théorisé leurs concepts en utilisent le communautarisme, et comme la période réactionnaire est Islamophobe, il vienne surfé sur la vague manifs pour tous des fois que c'est gens soi plus intentionnée a leurs discoure communautaire.

Dalleurs Dieu est noir ou blanc? Musulmans chrétien ou juif?





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Message  marxmarx le Ven 10 Juil - 10:24

verié2 a écrit:
Toussainty
nous n'opposons pas blancs et noirs ou blancs et racialisés
C'est pourtant ce que tu fais dans presque toutes tes interventions. Mais tu vas nous répondre qu'on ne comprend rien à rien...

Mais voyons, la race n'existe pas pour Toussaint
C'est bien pour ça qu'il fait l'apologie d'un mouvement qui revendique "la lutte des races"
Va comprendre charles clown

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Message  marxmarx le Ven 10 Juil - 10:41

Ensuite, "opium du peuple", je pense qu'Edwy Plenel a fait le tour de la question après les bolcheviks. (Laughing  Laughing  Laughing)  Si le peuple a besoin d'opium, c'est qu'il est mal. Au lieu de réprimer et d'insulter les femmes du peuple qui ont besoin de leur consolation, il vaudrait mieux les accueillir sans préjugés ni stéréotypes.

Bien sur que le renouveau religieux a une base sociale, pas seulement en france mais partout
Quand on beson d'opium, c'est pour se consoler de sa situation sociale
Mais le remède est pire que le mal. Comprendre un phénomènene n'implique pas de l'encourager ou le tolérer.
La montée de l'intégrisme en Algérie était corrélée de manière flagrante avec la crise et la fin des illusions de la décolonisation.
Cela fait il du GIA un groupe progressiste?

De meme la misère explique souvent la délinquance.  
Cela excuse-t-il pour autant les crimes des dealers ?

A l'identique, le repli vers sa communauté d'origine, réelle ou fantasmée, est un net recul.
L'absence de lutte et de perspectives de la classe, l'ostracisme grandissant des politiques et des medias et de la société dans son ensemble vis a vis de la population d'origine immigrée, en pousse une partie à se replier (le repli communautaire), y compris dans la religion, souvent fantasmée.
C'est un recul, explicable par la situation sociale, mais un recul quand meme.
Celui qui encourage ou tolère cette évolution est aussi éloigné du "marxisme révolutionnaire" qu'Edwy Plenel

"Celui qui oublie de lutter contre la religion n'est pas digne d'etre un révolutionnaire" (Trotsky)
Mais
"La propagande athée doit être subordonnée à sa tâche fondamentale : au développement de la lutte de classe des masses exploitées contre les exploiteurs. " (Lenine)

marxmarx

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Message  Toussaint le Ven 10 Juil - 16:40

Wow, la meute est déchaînée... et chacun d'exhiber son indigène à soi.

Sur les arguties selon lesquelles tout le mouvement ouvrier français est vent debout contre les discriminations, Very Happy Very Happy Very Happy Very Happy Very Happy .

Je me souviens de l'arrivée sur la place de la Nation le 6 Mars 2004, pendant que la chèffe de LO se promenait hilare bras dessus, bras dessous avec la sous-ministre de Raffarin aux prisons (où elle avait la charge de pas mal d'indigènes. Tous ces porcs badgés CGT, CFDT, NPNS, PS, etc qui hurlaient aux musulmanes voilées de "rentrer chez elles", en Iran, en Arabie Saoudite, en Algérie, etc... Sûrement dans un élan de féminisme antiraciste. Je me souviens d'Engelman, passé par 7 ans -7 ans..., pas 7 mois- dans la secte islamophobe Lutte Ouvrière, grande diffuseuse de films racistes et de livres racistes, sexistes et islamophobes, grande traqueuse de lycéennes voilées, au grand enthousiasme des vérié et du reste de la meute islamophobe. Je vois les réunions des partis blancs, leurs adhérents, je vois leurs militants confondre ici même islamique et islamiste ou comme le pourfendeur d'"enculés", le Jesuisfred, qui explique que lorsqu'une femme se voile, c'est qu'elle entame sa marche vers le djihad, je vois tous ces gens qui se taisent lorsque leurs camarades blancs racistes professeurs d'université excluent des musulmanes visibles de leurs cours. Je vois le vérié expliquer que si on a interdit le voile dans les lycées, c'est une mesure neutre, du niveau d'un banal uniforme scolaire par ailleurs inexistant... Un uniforme rien que pour les musulmanes, mais notre bon vérié pose au défenseur des droits des indigènes. Avec un islamophobe d'une telle malhonnêteté, je vois la défense des minorités. D'ailleurs le vérié nous parle de la secte qui rencontre les indigènes dans les usines... Very Happy Je veux bien le croire, c'est bien pour cela qu'ils ne sont pas nombreux à rester longtemps dans les rangs des orgas blanches, pas que dans la secte, c'est vrai: ils pratiquent, ils entendent, ils connaissent ou apprennent vite à connaître, comme Ilhem, comme Myriam, et comme bien d'autres. Alors puisque chacun y va de son indigène familial, je connais des hommes musulmans qui sont restés longtemps, sans doute pas autant qu'Engelman à LO, dans une orga blanche, où on bouffait du voile et de l'islam... Ils cachaient leur islam, et cachaient soigneusement leur

Ensuite sur les présentateurs télé, évidemment évoqués avec le mépris de notre ouvriériste blanc, je cite une petite fille regardant la télé: "Où sont les noirs?" Mais qu'est-ce qu'un blanc comme vérié a à foutre de l'éducation des enfants et de la place ridicule des indigènes dans le paysage audiovisuel. Et ce n'est pas la peine de lui parler de la discrimination visible, il la voit pas, normal, il est blanc...

Ensuite pour le militant PCF qui a des noirs dans sa famille, j'ai cité des trucs précis, pour le PCF comme pour LO, je n'ai pas besoin de les répéter, les faits sont là, les discriminations sont là, la composition des partis est au vu de tous, le racisme islamophobe de plusieurs intervenants est au vu de tous. Vous pouvez hurler, grincer, ignorer ce que l'on vous dit, les faits sont les faits.

Quant à marxmarx qui nous explique que la religion est un recul, évidemment, aussi grave en soi que le racisme islamophobe de Lutte Ouvrière et d'autres, mais évidemment plus important vu le poids dérisoire des sectes ouvriéristes. Moins grave en tout cas que la vague islamophobe qui se reflète ici mais imprègne toute la société.

Ensuite, si le mouvement ouvrier est tellement vent debout contre les discriminations, il est fort étonnant que les discriminations et le racisme au quotidien, dans les usines, dans les lycées, les salles des profs, les quartiers populaires, etc.

Celui qui encourage ou tolère cette évolution est aussi éloigné du "marxisme révolutionnaire" qu'Edwy Plenel

"Celui qui oublie de lutter contre la religion n'est pas digne d'etre un révolutionnaire" (Trotsky)

Mais ce n'est pas grave, le parti stalinien où s'est réfugié Dühring est agonisant, et la secte islamophobe ne représente pas grand-chose, sauf par l'illusion d'optique de ceux qui ont le nez collé sur elle ou sont enfouis dans ses fantasmes de parti incarnant les intérêts historiques du prolétariat.

Les insultes que vous balancez sur le PIR sont révélatrices de votre rapport collectif aux racialisés de ce pays, que vous en ayez dans votre famille ou pas, si tous les hommes qui ont des femmes dans leur famille étaient féministes, cela se saurait... Very Happy Very Happy Very Happy Very Happy Very Happy "Je ne suis pas sexiste, je suis marié..." MDR Very Happy Very Happy Very Happy Very Happy Very Happy
Un rapport d'autorité, de supériorité, de paternalisme dont la bienveillance est limitée à la soumission des racialisés à leurs bons maîtres blancs.

Quant aux provocs sr Al Qaida et l'EI des ouailles imitant leur compère militant stal, Very Happy Very Happy Very Happy Very Happy Very Happy , il n'y a pas que les nègres qui vous emmerdent, il y a aussi le PIR, et beaucoup d'autres.

Pour finir, pour vérié, sur LO dans les usines et pas les gens du PIR, Very Happy Very Happy Very Happy Very Happy Very Happy . Que le PIR n'intervienne pas en direction de toute la classe ouvrière, à mon avis, c'est une évidence, qu'il n'y ait au PIR que des lumpen manipulés par des sociologues pour reprendre vos stupidités arrogantes, c'est seulement de l'ignorance de votre part. Nous connaissons vos partis, vous ne connaissez pas le PIR. Regardez les vidéos, renseignez-vous sur comment le PIR arrive parfois à obtenir un local syndical, et on en reparle... Very Happy Very Happy Very Happy Very Happy
Vous ne luttez pas contre la religion, vous agressez, insultez, stigmatisez, calomniez, réprimez, précarisez, dénoncez à l'état bourgeois et ses bras séculiers des croyants et mieux encore des croyantes que vous prétendez libérer... et vous faites cela à l'unisson avec les médias bourgeois, la plupart des partis bourgeois, et bien sûr les nervis fascistes. Et tout cela au nom de l'unité des travailleurs et en prenant des citations isolées pour masquer votre faiblesse politique... Very Happy Very Happy Very Happy Very Happy Very Happy

Ensuite le mot "tolérer" m'amuse beaucoup. Parce que figurez-vous, vous n'avez rien à "tolérer", vous n'êtes pas, même si vous vous la jouez sur un forum, les tuteurs, les parents, les grands frères, les patrons ou les maîtres des indigènes... Ils vous emmerdent et ils ont bien raison. Incroyable à quel point cette secte ouvriériste blanche a développé une arrogance coloniale et une conscience de supériorité sur l'ensemble de la classe au point de parler d'elle avec un langage de maître d'école,, de parent ou de flic, de magistrat... Pauvre secte mégalomaniaque... Very Happy Les indigènes, les musulmans, vous emmerdent et ils ont bien raison de rester à l'écart de vos obsessions civilisatrices blanches.

Dans les quartiers populaires, je serais très amusé de voir les ouailles de la secte "ne pas tolérer" ceci ou cela de la part des indigènes... J'aimerais voir le spectacle... Very Happy Pas étonnant que la secte parle de quartiers "immigrés", avec ce genre de délire, elle s'y sent à juste titre étrangère.
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Message  Toussaint le Ven 10 Juil - 17:02

Race, Colonialité et Eurocentrisme

Publié le 8 juillet 2015 par Anibal Quijano




Race, une catégorie mentale de la modernité

L’idée de race, dans son sens moderne, n’a pas d’histoire connue avant la conquête de l’Amérique par les Européens. A l’origine, elle servait peut-être à désigner une différence de phénotype entre les conquérants et les conquis, mais ce qui importe c’est qu’elle a très vite désigné des différences supposément biologiques entre ces groupes.
La formation de relations sociales fondées sur cette idée a produit en Amérique des identités sociales historiquement nouvelles (indiens, noirs et métis) et en a redéfinit d’autres. Ainsi, des termes comme « espagnols » et « portugais », et plus tard « européens », qui indiquaient jusqu’alors seulement des provenances géographiques ou le pays d’origine, prirent à ce moment-là, en référence à ces nouvelles identités, une connotation raciale. Et dans la mesure où les relations qui se configuraient alors étaient des relations de domination, de telles identités furent associées aux hiérarchies, lieux et rôles sociaux correspondants, comme constitutifs de ces identités qui s’associèrent aussi par conséquent au modèle de domination coloniale qui s’imposait. En d’autres termes, race et identité raciale furent établies comme des instruments de classification sociale basique de la population.

Avec le temps, les colonisateurs ont codifié les traits phénotypiques des colonisés en termes de couleur et en firent la caractéristique emblématique de la catégorie raciale. Cette codification a probablement d’abord été établie dans l’aire britanno-américaine. Là, les noirs n’étaient pas seulement les plus exploités mais aussi ceux dont le travail était le socle principal de l’économie. Il était, surtout, la race colonisée la plus importante puisque les indiens ne faisaient pas partie de cette société coloniale. En conséquence, les dominants s’auto-désignèrent comme blancs.

En Amérique, l’idée de race a permis de légitimer les relations de domination imposées par la conquête. La constitution postérieure de l’Europe comme identité nouvelle après la conquête de l’Amérique et l’expansion du colonialisme européen sur le reste du monde, a amené l’européocentrisme épistémologique et, avec, l’élaboration théorique de l’idée de race comme naturalisation de ces relations coloniales de domination entre européens et non européens. Historiquement, cela a signifié un nouveau mode de légitimation d’idées et de pratiques déjà anciennes dans les relations entre inférieurs et supérieurs, entre dominés et dominants. Dès lors, l’idée de race s’est avérée être l’instrument de domination sociale universelle le plus efficace et le plus durable. Par ailleurs, c’est à partir de l’idée de race que s’est reconstruit un autre mode de domination, tout aussi universel et encore plus ancien : la domination entre les sexes ou bien de genre. Comme on plaçait ces peuples conquis dans une position naturelle d’infériorité, on considérait leurs traits phénotypiques et leurs découvertes mentales et culturelles comme inférieures également. De cette façon, la race devint le premier critère fondamental pour répartir la population mondiale dans les rôles, rangs et structures du pouvoir de la nouvelle société. En d’autres termes, la race est devenue le mode basique de classification sociale universelle de la population mondiale.


Le capitalisme : la nouvelle structure du contrôle du travail


D’un autre côté, dans le processus de construction historique de l’Amérique, toutes les formes de contrôle et d’exploitation du travail et de contrôle de la production-appropriation-distribution de produits ont été articulées autour de la relation capital-salaire (capital d’abord) et du marché mondial. On y inclut l’esclavage, la servitude, la petite production marchande, la réciprocité et le salaire. Dans cet assemblage, chacune de ces formes de contrôle du travail n’était pas une simple extension de ses antécédents historiques. Toutes étaient nouvelles du point de vue historique et sociologique. Premièrement, parce qu’on les a établies et organisées dans le but de produire des marchandises pour le marché mondial. Deuxièmement, parce qu’elles n’existaient pas seulement simultanément dans le même espace-temps, mais toutes et chacune articulées au capital et à son marché, et à travers cela articulées entre elles. Elles ont ainsi formé un nouveau modèle global de contrôle du travail, lui-même élément fondamental d’un nouveau modèle de pouvoir, duquel ces formes de contrôle étaient dépendantes historiquement et structurellement, dans leur ensemble, et indépendamment l’une de l’autre. Et cela pas seulement en tant que formes subordonnées à une totalité mais aussi parce que, sans perdre respectivement leur caractère spécifique ni leur lien discontinu avec l’ordre social et entre elles, leur mouvement historique dépendait surtout de leur appartenance à un modèle global de pouvoir. Troisièmement, et comme conséquence du reste, chacune de ces formes, pour venir combler de nouveaux besoins liés à de nouvelles fonctions sociales, a développé de nouvelles caractéristiques et de nouvelles configurations historico-structurelles.

Dans la mesure où cette structure de contrôle du travail, des ressources et des produits consistait en l’articulation conjointe de toutes les formes historiquement connues, on a établi pour la première fois dans l’histoire connue un modèle global de contrôle du travail, de ses ressources et de ses produits. Et dans la mesure où ce modèle se constituait autour et en fonction du capital, son caractère d’ensemble s’établissait aussi avec un caractère capitaliste. De cette façon on a établi une structure de relation de production nouvelle, originale et singulière dans l’expérience historique du monde : le capitalisme mondial.


Colonialité du pouvoir et capitalisme mondial


Les nouvelles identités historiques produites sur la base de l’idée de race ont été associées à la nature des rôles et des lieux de la nouvelle structure globale de contrôle du travail. Ainsi, les deux éléments, race et division du travail, sont restés structurellement associés et se sont mutuellement renforcés, même si leur existence respective était indépendante l’une de l’autre.

Ainsi, on imposa une division raciale systématique du travail. Dans l’aire hispanique, la Couronne de Castille a décidé de mettre fin tôt à l’esclavage des indiens afin d’éviter leur extermination complète. On les mit alors en servage. A ceux qui vivaient dans leurs communautés, on a permis de conserver leurs anciennes pratiques d’échanges de force du travail en-dehors du marché, comme une manière de reproduire leur force de travail en tant que serfs. Dans quelques cas, la noblesse indienne, une toute petite minorité, a échappé à la servitude et a reçu un traitement spécial dû à son rôle d’intermédiaire avec la race dominante. Il lui fut permis d’occuper quelques postes où officiaient les Espagnols n’appartenant pas à la noblesse castillane. En revanche, les noirs ont été réduits en esclavage. Les Espagnols et les Portugais, en tant que race dominante, pouvaient recevoir un salaire, être commerçants, artisans, agriculteurs ou producteurs de marchandises indépendants. Toutefois, seuls les nobles pouvaient occuper de moyens et hauts postes dans l’administration coloniale, civile et militaire.

A partir du 18e siècle, de nombreux métis d’Espagnols et de femmes indiennes, déjà devenus une strate sociale étendue et importante dans la société coloniale, commencèrent à occuper les mêmes fonctions que les ibériques roturiers. Dans une moindre mesure et surtout dans le secteur du service ou pour des activités qui ne requéraient pas de talents ou d’habileté spéciale (la musique par exemple), les plus « blanchis » des métis issus d’unions de femmes noires et d’hommes ibériques ont aussi été intégrés. Mais leur légitimité s’est établie plus lentement car leurs mères étaient esclaves. La répartition raciste du travail à l’intérieur du capitalisme colonial/moderne se maintint tout au long de la période coloniale.

Au fur et à mesure de l’expansion mondiale de la domination coloniale d’une même race dominante – les blancs, et à partir du 18e, les Européens – on a imposé le même critère de classification sociale à l’ensemble de la population mondiale. Par conséquent, on a produit de nouvelles identités historiques et sociales : « jaunes » et « olivâtres » furent de nouveaux termes ajoutés à ceux de blancs, indiens, noirs et métis. On a combiné à cette répartition raciste des identités sociales qui avait fait ses preuves en Amérique Latine, une répartition raciste du travail et des formes d’exploitation du capitalisme colonial. Cela s’est exprimé dans le lien presque exclusif entre blanchité sociale et salaire, associé bien sûr aux postes de commandements de l’administration coloniale. Ainsi, chaque forme de contrôle par le travail a été articulée à une race particulière. Dés lors, le contrôle d’une forme spécifique de travail correspondait au contrôle d’un groupe spécifique de dominés. Une nouvelle technique de domination/exploitation articula si bien race et travail que les deux choses parurent naturellement associées. Et cela a été, jusqu’aujourd’hui, une entreprise couronnée de succès.


Colonialité et eurocentrisme du capitalisme mondial


La position géographique et économique privilégiée que l’Amérique donnait à ces blancs dans le contrôle de l’or, de l’argent et d’autres marchandises produites par le travail gratuit des indiens, noirs et métis leur a permis d’occuper une place décisive dans le trafic du commerce mondial. La progressive monétarisation du marché mondial (stimulée et permise par les métaux précieux et le contrôle de si grandes ressources) a permis à ces blancs de contrôler également le vaste réseau d’échanges commerciaux qui leur préexistait et qui comprenait par-dessus tout la Chine, l’Inde, Ceylan, l’Egypte, la Syrie, les futurs Moyen et Extrême Orients. Cela leur a également permis de concentrer le contrôle du capital commercial, du travail et des ressources de production dans l’ensemble du marché mondial. Et tout cela a été renforcé par la suite grâce à l’extension de la domination coloniale blanche sur la population mondiale. Comme on le sait, ce contrôle du trafic commercial mondial par les groupes dominants (qu’ils fussent nouveaux ou non) dans la zone Atlantique où ils étaient basés, a impulsé un nouveau processus d’urbanisation dans ces lieux et donc un nouveau réseau et une nouvelle échelle d’échanges commerciaux : ces noyaux urbains échangeaient alors entre eux. Ce marché régional croissait grâce à l’afflux de métaux précieux. Une région historiquement nouvelle se constituait comme une nouvelle identité géo-culturelle : l’Europe et plus spécifiquement l’Europe occidentale. Cette nouvelle identité géo-culturelle émergeait comme le siège central de contrôle du marché mondial. Le même mouvement historique produisait aussi le déplacement de l’hégémonie des côtes méditerranéennes et ibériques vers celles de l’Atlantique nord-occidental. Cette centralité dans le nouveau marché mondial ne permet pas d’expliquer en soi pourquoi l’Europe est aussi devenue (jusqu’au 19e siècle et virtuellement jusqu’à la crise mondiale autour des années 1870) le siège central du processus de marchandisation de la force de travail, c’est-à-dire du développement du rapport capital-salaire comme forme spécifique de contrôle du travail, de ses ressources, de ses produits. Cependant, tout le reste des régions et populations intégrées au nouveau marché mondial, colonisées ou en voie de colonisation par les européens, conservaient surtout des relations de travail non salariales bien que, évidemment, ce travail, ces ressources et leurs produits s’inséraient dans une chaîne de transfert de valeur et de bénéfices contrôlée par l’Europe Occidentale. Dans les régions non-européennes, le travail salarié se cantonnait presque exclusivement aux blancs.

Il n’y a rien, ni dans la relation sociale produite par le capitalisme, ni dans les mécanismes du marché mondial ni dans le capitalisme en général, qui implique une nécessité historique de la concentration (non seulement, mais surtout) en Europe du travail salarié, puis plus tard, sur cette même base, de la production industrielle capitaliste pendant plus de deux siècles. Un contrôle européo-occidental du travail salarié de n’importe quel secteur de la population mondiale aurait été tout à fait plausible, comme l’a démontré l’histoire après 1870. Et cela aurait probablement été plus avantageux pour les européens occidentaux. Il faut donc en chercher l’explication dans une autre partie de l’histoire. De fait, dès les débuts de l’Amérique, les futurs européens ont associé le travail non rémunéré ou non salarié aux races dominées, car elles étaient des races inférieures. Le grand génocide des indiens au début de la colonisation n’a pas eu pour cause première la violence de la conquête, ni les maladies transmises par les conquérants mais l’utilisation de ces indiens comme main d’œuvre jetable que l’on forçait à travailler jusqu’à la mort.

La disparition de cette pratique coloniale a été rendue possible par l’échec de la rébellion des encomederos (« commandants d’indiens ») contre la Couronne espagnole au milieu du 16e siècle. La réorganisation politique du colonialisme ibérique qui en a découlé a impliqué une réorganisation de la population des indiens et de leurs relations avec les colons. Mais les indiens ne sont pas pour autant devenus des travailleurs libres et salariés. Ils ont ensuite été assignés à une servitude non rémunérée. Par ailleurs, la servitude des indiens d’Amérique ne peut être simplement comparée au servage féodale européen : la servitude des indiens n’incluait ni protection du seigneur féodal ni lopin de terre à cultiver, en guise de salaire. Surtout dans la période qui précédait l’Indépendance, la reproduction de la force de travail du serf indien se faisait dans les communautés. Même plus de cent ans après l’Indépendance, une part importante des serfs indiens était obligée de reproduire sa force de travail de ses propres moyens. Et l’autre forme de travail non salarié, ou non rémunéré tout simplement, c’est-à-dire le travail esclave, a été exclusivement assigné à la population amenée d’Afrique et appelée noire.

La classification raciale de la population et l’association précoce des nouvelles identités raciales à des formes de travail non rémunéré ont développé chez les européens ou blancs une perception du travail rémunéré comme privilège des blancs. L’infériorité raciale des colonisés les rendait indignes de salaire. Ils étaient naturellement obligés à travailler pour leurs maîtres. Cette attitude n’est pas rare, encore aujourd’hui, chez des propriétaires terriens blancs de n’importe quelle partie du monde. Par ailleurs, le salaire inférieur des races inférieures à travail égal avec les blancs dans les centres du capitalisme actuel ne peut trouver d’explications en dehors de cette classification sociale raciste de la population mondiale. En d’autres termes, elle ne peut s’expliquer séparément de la colonialité du pouvoir capitaliste mondial.

Le contrôle du travail dans cette nouvelle forme de pouvoir mondial s’est constitué en articulant toutes les formes historiques de contrôle du travail à la relation capital-travail salarié, et sous la domination de cette dernière. Mais cette articulation a été constitutivement coloniale, car elle s’est établie d’abord dans le lien entre travail non rémunéré et race colonisée (indiens, noirs, de façon un peu différente les métis puis à d’autres races dans le monde). Elle s’est ensuite établie dans le lien entre travail rémunéré et race colonisatrice : les blancs.

Cette colonialité du contrôle du travail détermina la répartition géographique de chacune des formes intégrées au capitalisme mondial. En d’autres termes, cette colonialité du contrôle du travail a dessiné la géographie sociale du capitalisme : le capital, en tant que relation sociale de contrôle du travail salarié, était l’axe autour duquel s’articulaient toutes les autres formes de contrôle du travail, de ses ressources et de ses produits. Cette relation sociale spécifique se concentrait géographiquement en Europe surtout et socialement entre les européens et tout le monde capitaliste. De cette façon, l’Europe est devenue le centre du monde capitaliste.

Quand Raúl Prebisch a forgé la célèbre image de « centre-périphérie » pour décrire la configuration mondiale du capitalisme après la Seconde Guerre Mondiale il a montré du doigt, consciemment ou pas, le noyau historique du modèle de contrôle du travail, de ses ressources, de ses produits, qui faisait partie du nouveau patron mondial du pouvoir constitué à partir de l’Amérique. Le capitalisme mondial a été, dès le début, colonial/moderne et européocentré. Le concept de « système-monde moderne » principalement développé par Immanuel Wallerstein à partir de Prebisch, ainsi que le concept marxien de capitalisme mondial, ne peuvent être pleinement compris sans les mettre en relation avec ces caractéristiques historiques spécifiques du capitalisme.


Nouveau modèle de pouvoir mondial et nouvelle intersubjectivité mondiale


Grâce à sa condition de centre du capitalisme mondial, l’Europe contrôlait non seulement le marché mondial mais pouvait aussi imposer sa domination coloniale à toutes les régions et populations de la planète en les incorporant au « système-monde » qui se constituait alors, et à son modèle de pouvoir spécifique. Pour de telles régions et populations, cela impliquait un processus de ré-identification historique, l’attribution de nouvelles identités géo-culturelles depuis l’Europe.

De cette façon, après l’Amérique et l’Europe, on a créé l’Afrique, l’Asie et éventuellement l’Océanie. La colonialité de ce nouveau modèle de pouvoir a été sans doute un des déterminants les plus actifs dans la production de ces nouvelles identités. Mais les formes et le niveau de développement politique et culturel, et plus spécifiquement intellectuel, ont aussi joué un rôle important. Sans ces facteurs, la catégorie d’« Orient » n’aurait pas été la seule légitime pour désigner l’Autre, par définition inférieur, de l’Occident, sans qu’un équivalent ne fût forgé pour les indiens et les noirs. Mais cette omission révèle que ces autres facteurs ont aussi joué un rôle dans le modèle raciste de classification sociale universelle de la population mondiale.

L’incorporation d’histoires culturelles si diverses et hétérogènes à un seul monde dominé par l’Europe a signifié pour ce monde une configuration culturelle, intellectuelle, en somme, intersubjective équivalente à l’articulation de toutes les formes de contrôle du travail autour du capital, pour établir le capitalisme mondial. En effet, toutes les expériences, histoires, ressources et produits culturels, ont aussi fini par s’articuler à un seul ordre culturel global, européen ou occidental. En d’autres termes, l’Europe a concentré toutes les formes de contrôle de la subjectivité, de la culture et de la production de connaissances.

Dans ce processus, les colonisateurs ont mené différentes opérations qui révèlent les conditions de production de la configuration d’un nouvel univers de relations intersubjectives de domination entre l’Europe et les autres régions du monde auxquelles on attribuait, au cours du même processus, de nouvelles identités géo-culturelles. Premièrement, ils ont exproprié les populations colonisées – et leurs découvertes culturelles- en prenant ce qui était le plus profitable au développement du capitalisme, et au bénéfice du centre européen. Deuxièmement, ils ont réprimé autant que possible, c’est-à-dire dans des mesures très variables selon les cas, les formes de production de savoir des colonisés, leurs propres modèles de production de sens, leur univers symbolique, leurs modèles d’expression et d’objectivation de la subjectivité. La répression dans ce champ a été, on le sait, très violente, profonde et durable pour les indiens de l’Amérique ibérique qui ont été condamnés au rang de sous-culture de campagne, illettrée, dépossédés de leur héritage intellectuel objectivé. Une chose similaire arriva en Afrique. En Asie, la répression fut bien moindre : une part importante de l’histoire et de l’héritage intellectuel et écrit a pu être préservée. Et ce fut cela, précisément, qui donna son origine à la catégorie « Orient ». Troisièmement, ils ont forcé – dans des mesures variables en fonction des cas ici aussi – les colonisés à apprendre partiellement la culture des dominants tant que cela était utile à la reproduction de la domination, que ce soit dans le champ de l’activité matérielle, la technologie, ou de l’activité subjective, en particulier religieuse. C’est le cas de la religiosité judéo-chrétienne. Tout ce processus accidenté a impliqué une colonisation des perspectives cognitives, des modes de production du sens, de l’imaginaire, de l’univers des relations intersubjectives, de la culture en somme.

Enfin, le succès de l’Europe Occidentale à devenir le centre moderne du système-monde selon la formule appropriée de I. Wallerstein, développa chez les européens un trait commun à tous les dominants coloniaux et impériaux de l’histoire : l’ethnocentrisme. Mais dans le cas européen, ce trait avait un fondement et une justification particulière : la classification raciale de la population du monde établie depuis la conquête de l’Amérique. L’association des deux phénomènes, l’ethnocentrisme colonial et la classification raciale universelle, permet d’expliquer la raison pour laquelle les Européens se sentirent non seulement supérieurs à tous les autres peuples du monde mais, plus précisément, naturellement supérieurs. Ce fait historique s’exprima dans une opération mentale d’une importance fondamentale pour tout le modèle de pouvoir mondial, surtout sur les relations intersubjectives hégémoniques et en particulier les perspectives cognitives : les Européens ont généré une nouvelle perspective temporelle de l’histoire et re-situèrent les peuples colonisés, leurs histoires et leurs cultures, dans le passé d’une trajectoire historique dont le point culminant était l’Europe. Cependant, et cela est notable, ils ne les ont pas placés dans une même ligne de continuité avec les Européens mais dans une catégorie différente, naturellement différente. Les peuples colonisés étaient de races inférieures et – pour cela – antérieures aux Européens.

C’est dans cette perspective que la modernité et la rationalité ont été conçues comme des expériences et des produits exclusivement européens. De ce point de vue, les relations intersubjectives et culturelles entre l’Europe Occidentale et le reste du monde ont été pensées avec de nouvelles catégories : Orient/Occident, primitif/civilisé, magique-mythique/scientifique, irrationnel/rationnel, traditionnel/moderne. En somme, l’Europe et la non-Europe. Et même ainsi, l’Orient a été la seule catégorie digne d’être reconnue comme l’Autre de l’Europe Occidentale. Non pas les « indiens » d’Amérique, ni les « noirs » d’Afrique. Ces derniers étaient simplement « primitifs ». Dans cette relation entre européen-non européen, la race est sans doute la catégorie de base. Cette perspective binaire, dualiste, de connaissance et propre à l’européocentrisme, a imposé son hégémonie mondiale dans le même lit que celui de l’expansion de la domination coloniale européenne sur le monde. Il serait impossible d’expliquer autrement et de façon satisfaisante l’élaboration de l’européocentrisme comme perspective hégémonique de savoir, de la version européocentrée de la modernité et ses deux principaux mythes fondateurs. Le premier mythe fondateur est l’idée-image de l’histoire de la civilisation humaine comme trajectoire qui part d’un état de nature et trouve son aboutissement dans l’Europe. Le deuxième consiste à considérer les différences entre Europe et non-Europe comme des différences de nature (raciale) et non pas comme le résultat d’une histoire du pouvoir. Ces deux mythes peuvent être reconnus, sans équivoque, dans le fondement de l’évolutionnisme et du dualisme, deux des éléments centraux de l’européocentrisme.



Anibal Quijano



Extrait de son texte : Colonialidad del Poder, Eurocentrismo y America Latina



Traduit de l’espagnol par Hanna bent Yasmina, membre du PIR
Toussaint
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Message  Eugene Duhring le Ven 10 Juil - 19:11

Toussaint a écrit:Wow, la meute est déchaînée... et chacun d'exhiber son indigène à soi.

Sur les arguties selon lesquelles tout le mouvement ouvrier français est vent debout contre les discriminations,  Very Happy   Very Happy   Very Happy   Very Happy   Very Happy .

Je me souviens de l'arrivée sur la place de la Nation le 6 Mars 2004, pendant que la chèffe de LO se promenait hilare bras dessus, bras dessous avec la sous-ministre de Raffarin aux prisons (où elle avait la charge de pas mal d'indigènes. Tous ces porcs badgés CGT, CFDT, NPNS, PS, etc qui hurlaient aux musulmanes voilées de "rentrer chez elles", en Iran, en Arabie Saoudite, en Algérie, etc... Sûrement dans un élan de féminisme antiraciste. Je me souviens d'Engelman, passé par 7 ans -7 ans..., pas 7 mois- dans la secte islamophobe Lutte Ouvrière, grande diffuseuse de films racistes et de livres racistes, sexistes et islamophobes, grande traqueuse de lycéennes voilées, au grand enthousiasme des vérié et du reste de la meute islamophobe. Je vois les réunions des partis blancs, leurs adhérents, je vois leurs militants confondre ici même islamique et islamiste ou comme le pourfendeur d'"enculés", le Jesuisfred, qui explique que lorsqu'une femme se voile, c'est qu'elle entame sa marche vers le djihad, je vois tous ces gens qui se taisent lorsque leurs camarades blancs racistes professeurs d'université excluent des musulmanes visibles de leurs cours. Je vois le vérié expliquer que si on a interdit le voile dans les lycées, c'est une mesure neutre, du niveau d'un banal uniforme scolaire par ailleurs inexistant... Un uniforme rien que pour les musulmanes, mais notre bon vérié pose au défenseur des droits des indigènes. Avec un islamophobe d'une telle malhonnêteté, je vois la défense des minorités. D'ailleurs le vérié nous parle de la secte qui rencontre les indigènes dans les usines...  Very Happy  Je veux bien le croire, c'est bien pour cela qu'ils ne sont pas nombreux à rester longtemps dans les rangs des orgas blanches, pas que dans la secte, c'est vrai: ils pratiquent, ils entendent, ils connaissent ou apprennent vite à connaître, comme Ilhem, comme Myriam, et comme bien d'autres. Alors puisque chacun y va de son indigène familial, je connais des hommes musulmans qui sont restés longtemps, sans doute pas autant qu'Engelman à LO, dans une orga blanche, où on bouffait du voile et de l'islam... Ils cachaient leur islam, et cachaient soigneusement leur

Ensuite sur les présentateurs télé, évidemment évoqués avec le mépris de notre ouvriériste blanc, je cite une petite fille regardant la télé: "Où sont les noirs?" Mais qu'est-ce qu'un blanc comme vérié a à foutre de l'éducation des enfants et de la place ridicule des indigènes dans le paysage audiovisuel. Et ce n'est pas la peine de lui parler de la discrimination visible, il la voit pas, normal, il est blanc...

Ensuite pour le militant PCF qui a des noirs dans sa famille
, j'ai cité des trucs précis, pour le PCF comme pour LO, je n'ai pas besoin de les répéter, les faits sont là, les discriminations sont là, la composition des partis est au vu de tous, le racisme islamophobe de plusieurs intervenants est au vu de tous. Vous pouvez hurler, grincer, ignorer ce que l'on vous dit, les faits sont les faits.

Quant à marxmarx qui nous explique que la religion est un recul, évidemment, aussi grave en soi que le racisme islamophobe de Lutte Ouvrière et d'autres, mais évidemment plus important vu le poids dérisoire des sectes ouvriéristes. Moins grave en tout cas que la vague islamophobe qui se reflète ici mais imprègne toute la société.

Ensuite, si le mouvement ouvrier est tellement vent debout contre les discriminations, il est fort étonnant que les discriminations et le racisme au quotidien, dans les usines, dans les lycées, les salles des profs, les quartiers populaires, etc.

Celui qui encourage ou tolère cette évolution est aussi éloigné du "marxisme révolutionnaire" qu'Edwy Plenel

"Celui qui oublie de lutter contre la religion n'est pas digne d'etre un révolutionnaire" (Trotsky)

Mais ce n'est pas grave, le parti stalinien où s'est réfugié Dühring est agonisant, et la secte islamophobe ne représente pas grand-chose, sauf par l'illusion d'optique de ceux qui ont le nez collé sur elle ou sont enfouis dans ses fantasmes de parti incarnant les intérêts historiques du prolétariat.

Les insultes que vous balancez sur le PIR sont révélatrices de votre rapport collectif aux racialisés de ce pays, que vous en ayez dans votre famille ou pas, si tous les hommes qui ont des femmes dans leur famille étaient féministes, cela se saurait...  Very Happy   Very Happy   Very Happy   Very Happy   Very Happy  "Je ne suis pas sexiste, je suis marié..." MDR  Very Happy   Very Happy   Very Happy   Very Happy   Very Happy
Un rapport d'autorité, de supériorité, de paternalisme dont la bienveillance est limitée à la soumission des racialisés à leurs bons maîtres blancs.

Quant aux provocs sr Al Qaida et l'EI des ouailles imitant leur compère militant stal,  Very Happy   Very Happy   Very Happy   Very Happy   Very Happy , il n'y a pas que les nègres qui vous emmerdent, il y a aussi le PIR, et beaucoup d'autres.

Pour finir, pour vérié, sur LO dans les usines et pas les gens du PIR,  Very Happy   Very Happy   Very Happy   Very Happy   Very Happy . Que le PIR n'intervienne pas en direction de toute la classe ouvrière, à mon avis, c'est une évidence, qu'il n'y ait au PIR que des lumpen manipulés par des sociologues pour reprendre vos stupidités arrogantes, c'est seulement de l'ignorance de votre part. Nous connaissons vos partis, vous ne connaissez pas le PIR. Regardez les vidéos, renseignez-vous sur comment le PIR arrive parfois à obtenir un local syndical, et on en reparle...  Very Happy  Very Happy  Very Happy  Very Happy
Vous ne luttez pas contre la religion, vous agressez, insultez, stigmatisez, calomniez, réprimez, précarisez, dénoncez à l'état bourgeois et ses bras séculiers des croyants et mieux encore des croyantes que vous prétendez libérer... et vous faites cela à l'unisson avec les médias bourgeois, la plupart des partis bourgeois, et bien sûr les nervis fascistes. Et tout cela au nom de l'unité des travailleurs et en prenant des citations isolées pour masquer votre faiblesse politique... Very Happy  Very Happy  Very Happy  Very Happy  Very Happy  

Ensuite le mot "tolérer" m'amuse beaucoup. Parce que figurez-vous, vous n'avez rien à "tolérer", vous n'êtes pas, même si vous vous la jouez sur un forum, les tuteurs, les parents, les grands frères, les patrons ou les maîtres des indigènes... Ils vous emmerdent et ils ont bien raison. Incroyable à quel point cette secte ouvriériste blanche a développé une arrogance coloniale et une conscience de supériorité sur l'ensemble de la classe au point de parler d'elle avec un langage de maître d'école,, de parent ou de flic, de magistrat... Pauvre secte mégalomaniaque... Very Happy  Les indigènes, les musulmans, vous emmerdent et ils ont bien raison de rester à l'écart de vos obsessions civilisatrices blanches.

Dans les quartiers populaires, je serais très amusé de voir les ouailles de la secte "ne pas tolérer" ceci ou cela de la part des indigènes... J'aimerais voir le spectacle... Very Happy  Pas étonnant que la secte parle de quartiers "immigrés", avec ce genre de délire, elle s'y sent à juste titre étrangère.
Fin de la discussion avec des c... de la trempe de Toussaint, MO2014 sans que jamais la modération modère : On peut à loisir comparer un militant ouvrier à une Nadine Morano mais pas traiter son interlocuteur de naze !
La rhétorique du PIR amène ce genre de propos dépassant le cadre d'une discussion même entre militants que beaucoup de choses peuvent séparer.
Le PIR c'est qu'un Toussaint ou un MO2014 n'auraient pas le millième de cette discussion en face à face, à moins de se faire sortir à coups de pieds.
Allez mon brave Toussaint continue à cracher derrière ton clavier les pires insanités ... en bon militant ouvrier que tu sembles devenu ! Et bravo à la modération de laisser ces deux bons militants se répandre en lisier !

Eugene Duhring

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Message  MO2014 le Ven 10 Juil - 19:39

Eugene Duhring a écrit:
Le PIR c'est qu'un Toussaint ou un MO2014 n'auraient pas le millième de cette discussion en face à face, à moins de se faire sortir à coups de pieds.!

Après les insultes homophobes ("salop" "enculé" envoyées par Jesuisfred et sur lesquelles ED n'a pas fait d'appel à la modération Rolling Eyes ) voici les menaces physiques genre "RRRRetenez MOIII ou je fais un MALHEUUUUR !"... Laughing

MO2014

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Message  hadrien le Ven 10 Juil - 19:56

il n'y a pas que les nègres qui vous emmerdent, il y a aussi le PIR, et beaucoup d'autres.

Extrait à peine choisi car il résume les tonnes de bouse produites par les deux victimes de la canicule qui surenchérissent dans l'immonde.
Chez l'un en tout cas, le soleil de nos belles colonies a du cogner très fort sur ses neurones en liquéfaction, et clairement l'esprit déménage à coups de Very Happy Very Happy Very Happy Very Happy et de Very Happy Very Happy Very Happy Very Happy .

Pauvre secte mégalomaniaque... Very Happy Les indigènes, les musulmans, vous emmerdent et ils ont bien raison de rester à l'écart de vos obsessions civilisatrices blanches.

Oui, l'individu en est à avancer des références psychiatriques, reniflées probablement dans les couloirs où il attend régulièrement son traitement.
Bonne chance aux soignants, il y du pain sur la planche.
S'autoriser à parler au nom des noirs et des musulmans pour vomir sa propre bile n'est-il pas du ressort de la maladie mentale ?
Pas sûr que même le PIR (et pourtant) soit prêt à se revendiquer de guignols dérangés de cette trempe.

hadrien

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Message  Toussaint le Ven 10 Juil - 20:52

pas traiter son interlocuteur de naze !

Very Happy Very Happy  Very Happy  Very Happy  Very Happy

Euh, ton parti stalinien patriote français est en effet un peu naze, grâce à Dieu le Tout Puissant et Miséricordieux. Mais ce n'est pas une insulte que j'utilise.
En revanche si tu insinues que je t'ai traité de nazi, tu ferais mieux de relire, je n'ai jamais dit cela.

moi, j'ai bel et bien été traité de nazi, de partisan du Hamas, de partisan du voile, des intégristes et je me souviens que tu essayais de me faire dire du bien de l'EI (bonne grasse provocation à relents policiers, reprise par un autre crétin un peu plus haut) d'enculé, de salop, et j'en oublie par la meute islamophobe, j'avoue que je ne me rappelle pas très bien qui, mais sur les fils où elle se lâche, cela doit se retrouver facilement. Pour le reste, désolé, je peux réécrire un long texte avec des justifications précises comme je l'ai fait au sujet de LO de multiples fois, et plus récemment sur le pc[size=16]F
En ce qui concerne le PIR, les Indigènes, les nationalistes corses, les syndicalistes du STC et leur dirigeant Mosconi, les insultes et les pires sont la règle.
Quant à ne plus discuter avec moi, tu dis cela pour me faire plaisir. Hélas, les bonnes nouvelles sont rarement vraies... Very Happy  Very Happy  Very Happy  Very Happy  Very Happy

En revanche, j'aime beaucoup lorsque l'adhérent d'un parti stalinien, lui-même jadis plutôt lambertiste, me traite de lâche et me menace de me casser la gueule. C'est les vieux réflexes qui remontent... Very Happy  Very Happy  Very Happy  Very Happy  Very Happy

S'autoriser à parler au nom des noirs et des musulmans pour vomir sa propre bile n'est-il pas du ressort de la maladie mentale ?
Pas sûr que même le PIR (et pourtant) soit prêt à se revendiquer de guignols dérangés de cette trempe.

Very Happy Very Happy  Very Happy  Very Happy  Very Happy

Euh... je souhaite ardemment que l'auteur, hadrien, continue d'étaler sa perspicacité et sa puissance intellectuelle, cela égaye la saison des pluies... En ce qui me concerne, cependant je ne me souviens pas avoir parlé au nom des noirs, des arabes, etc. Je constate seulement que Césaire avait bien raison et qu'en effet les ex-colonisés et leurs héritiers, oui, vous emmerdent encore... Je crois qu'il avait dit cela dans "Discours sur le colonialisme", excellent texte, en vérité. Toujours très d'actualité, comme les textes de Fanon, peau noire, masques blancs, ah, flûte, c'est raciste de parler de peau noire et de masques blancs?

Allez, bisous, mes petits lapins blancs, je vous laisse à votre colère noire.
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Message  Toussaint le Ven 10 Juil - 20:57

Au fait, sur le texte d'Anibal Quijano, rien à dire, la patrouille anti-PIR? Very Happy
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Message  Invité le Ven 10 Juil - 21:26

MO2014 a écrit:
Eugene Duhring a écrit:
Le PIR c'est qu'un Toussaint ou un MO2014 n'auraient pas le millième de cette discussion en face à face, à moins de se faire sortir à coups de pieds.!

Après les insultes homophobes ("salop" "enculé" envoyées par Jesuisfred et sur lesquelles ED n'a pas fait d'appel à la modération  Rolling Eyes  ) voici les menaces physiques genre "RRRRetenez MOIII ou je fais un MALHEUUUUR !"... Laughing
Par contre insulté c'est interlocuteur de sous chien, et leurs familles souvent mixe d’indigène, c'est bien?
Puis venir joué les indigné quant ont public des texte qui rejoigne les idées de la manif pour tous, c'est l’opportunisme déplacé,
Cela dit j'aurait pas du utilisé se mot, mais il exprimé quant même en partie mon ressentie aux salopard qui insulte depuis des mois moi et ma familles de sous chien, y compris ceux que vous désigner comme 'des indigène.

Je vais pas cherché d'excuse, au moment que j’écrivait c'est enculé; je pensait a tout c'est gens bien qui nous insulté dans mon enfance, toutes cette rage que je peut pas exprimé contre c'est... salopard, du pir du FN et dieudo, Que vous manquerait pas par opportunisme de résumé comme une preuve d' homophobie (comme si cette pratique sexuel les désigné uniquement eux),  

Y'a pas autre chose que du mépris et de la  haine contre vos publication raciste, je l'exprime ici parce que vous emprunté le langage des ss et toute c'est salopard qui parle une langue qui n'est pas la mienne, mais que vous m'imposer enfin de justifié vos théorie sur les sous chien philosémite.

Le pire de tout c'est qu'un espèce de colon paternaliste par débilité vienne ici donnée des leçon de colonialisme, alors qu'ils bouf dans la gamelles de ceux qu'ils dénonce. Je le voie bien lui venir salué les banlieuzar de ma cité en les appelant indigène, même avec un paquet de bonbon je sais pas si ça passera...,


Dernière édition par Jesuisfred le Ven 10 Juil - 21:32, édité 1 fois

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Message  marxmarx le Ven 10 Juil - 21:30

Nos amis du Pir(e)  se plaignent de recevoir des insultes et blabla bla  alors qu'ils répétent à longueur de post que LO sont des SaLOs racistes et colonialistes et qu'ils se permettent de traiter de petit blanc tout contradicteur mais aussi de raciste toute personne émettant la moindre réserve sur le caractère décolonial du voile  Basketball

Sans parler du "stalinien" lancé aux militants du PCf d'aujourd'hui  Laughing

Bande de clowns

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Message  Invité le Sam 11 Juil - 9:16

Toussaint a écrit:
Oui tout de même. Et dans des milieux plus ouvriers et populaires

Very Happy:D:D:D MDR

Et sur le soutien au Hamas et au Djihad Islamique, je répète pour les petites canailles qui font semblant de ne pas lire, que oui, CONTRE Israël, je soutiens toute la Résistance israélienne, et faire croire comme le fait le chasseur de lycéennes voilées vérié, que le Hamas est aujourd'hui un instrument d'Israël, est ridicule et illustre bien l'ambigüité de certains islamophobes, honteux ou assumés, peu enclins à défendre la lutte des Palestiniens contre l'agression impérialiste. Surtout lorsqu'on semble préférer au Hamas et à d'autres la direction collaborationniste de Mahmoud Abbas; l'OLP est organiquement, économiquement, politiquement et militairement dépendante de l'état sioniste aujourd'hui et emprisonne les palestiniens qui continuent à préférer la lutte à la soumission.

Chacun ses préférences.
Page 10 islamophobie

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Message  Babel le Sam 11 Juil - 9:31

Ce fil est en passe de devenir un lieu de déjection. J'invite les intervenants qui abandonnent le terrain de la confrontation d'idées pour celui de l'invective la plus ignoble à se reprendre.
____________

Ci-dessous, un long article paru dans la revue Vacarme, qui me paraît important parce qu'il constitue une réponse politique argumentée (à laquelle je souscris) aux récentes prises de positions du PIR.

(Afin d'en faciliter la lisibilité, je me suis permis de mettre en gras, en plus des sous-titres, les phrases qui me semblent exprimer les points de divergence majeurs entre les rédactrices de ce texte et le PIR.)

Pour une approche matérialiste de la question raciale
Une réponse aux Indigènes de la République

par Malika Amaouche, Yasmine Kateb & Léa Nicolas-Teboul

Les Indigènes de la République ont contribué à rendre visible un racisme de gauche, appuyé sur le racisme intégral consubstantiel à la société française, mais seraient-ils prisonniers de ces enjeux ? Une analyse systématique des champs de force qui s’exercent sur les plus précarisés permet de sortir de l’ornière : une critique conséquente de l’invisibilisation des questions raciales et de genre, échappant au grand jeu identitaire de l’extrême droite, ancrée dans la critique de l’économie politique.

Des morts en Méditerranée en passant par les émeutes de Baltimore jusqu’aux menus faits quotidiens de la vie métropolitaine, tout nous ramène à la question raciale. Il nous semble nécessaire de proposer une analyse de fond du racisme qui ne soit pas qu’une réponse à chaud aux événements.

On assiste aujourd’hui à une montée de l’islamophobie et de l’antisémitisme. C’est une double vague et il faut réussir à penser les choses ensemble, alors que les séparations sociales sont de plus en plus fortes et les logiques de guerre de tous contre tous incontrôlables. Cela signifie refuser les logiques de concurrence entre les racismes ; mais aussi penser islamophobie et antisémitisme dans toute leur spécificité. Et cela dans le contexte général d’une augmentation de la violence sociale, d’un durcissement des segmentations de classes et des effets du racisme structurel (logement, travail, etc.). C’est de plus en plus dur pour les plus pauvres, pour ceux qui sont déjà les plus précarisés (les racisés, les femmes).

Avec les attentats de janvier, la gauche s’est pris en plein dans la figure son déni de la question du racisme. Elle qui s’est fait une spécialité de dénoncer la victimisation et de refouler le racisme comme phénomène structurel massif. L’obsession du voile des féministes institutionnelles a fonctionné comme un révélateur du racisme d’une gauche accrochée à un universalisme abstrait et agressif.

Voilà pourquoi nous étions enthousiastes devant l’énorme travail qui a rendu visible ce racisme de gauche, républicain, auquel le Parti des Indigènes de la République (PIR) a participé depuis 2004. Nombreux sont ceux qui ont travaillé à saper ce racisme respectable [1] Pour lequel les indigènes ne sont pas réellement des égaux et qui, s’il ne se justifie pas « contre » le racisé, tire son argumentation des grandes valeurs censées l’émanciper. Toute une histoire de la condescendance et du paternalisme de la gauche française reste à écrire, notamment sur la façon dont le discours de classe a été utilisé pour maintenir bien en place les hiérarchies au sein du mouvement ouvrier lui-même.

Néanmoins, il nous semble que le PIR a glissé. Surfant sur les durcissements identitaires, il propose une lecture systématiquement culturelle voire ethnicisante des phénomènes sociaux. Cela l’amène à adopter des positions dangereuses sur l’antisémitisme, le genre et l’homosexualité. Il essentialise les fameux « Indigènes sociaux », les subalternes qu’il prétend représenter. Tout se passe comme si les prolétaires racisés qui subissent le plus violemment le racisme étaient instrumentalisés dans une stratégie politique qui se joue essentiellement dans l’arène de la gauche blanche et des intellectuels radicaux à la mode.

Pour nous, descendantes de musulmans et de juifs d’Algérie, mener la critique du PIR, comme mener celle de la Gauche, est une question d’auto-défense. Nous pensons que nous n’avons rien à gagner dans l’opération politique qui subsume toutes les questions sous celle de la race. Pour nous, non seulement les questions de racisme mais aussi les questions d’économie politique, de rapports sociaux de sexe sont à l’ordre du jour.

Economie-politique de l’islamophobie

Qui prend le RER à Gare du Nord le matin sait que ceux qui ont l’air arabe, noir ou rom subissent une pression constante. Contrôles au faciès, « bavures policières », relogement dans des banlieues toujours plus lointaines, les racisés subissent une ségrégation géographique, sociale et symbolique. Ce racisme intégral, pour reprendre l’expression de Franz Fanon, consubstantiel à la société française, commence dès l’orientation en 4e, avec la recherche d’un stage, du premier job… et s’étend à toutes les dimensions de l’existence. Dans ces multiples apparitions, il s’étend des rues de nos villes riches où les hommes racisés se font refouler des boîtes de nuit jusqu’aux confins des mers où on laisse se noyer avec une indifférence complice ceux qui osent franchir les frontières.

En France, l’islamophobie, le racisme anti-musulman, est à comprendre, non pas simplement comme une opposition laïque à la religion, mais comme un racisme dirigé vers tout ce qui est noir ou arabe. Notamment quand sa présence est visible dans l’espace public, qu’il s’agisse de femmes voilées ou de jeunes tenant le mur. Les événements de janvier n’ont fait qu’accentuer ce processus de stigmatisation. Des attaques de mosquées aux agressions de femmes voilées, en passant par les convocations au commissariat d’enfants de huit ans qui ne disaient pas assez « Je suis Charlie », il est devenu quasiment impossible de parler politique quand on a une gueule d’Arabe sans avoir à se justifier de ne pas être islamiste.

Il ne s’agit pas de simples discriminations ou de préjugés. L’islamophobie renvoie à une question plus centrale, la question raciale. Celle-ci fonctionne comme assignation à une place dans la division du travail de certaines catégories de population sur la base de leur origine et de leur couleur de peau. Il suffit d’observer un chantier de BTP pour constater qu’en général les gros travaux sont fait par les Noirs, les travaux plus techniques par les Arabes, et que les contremaîtres sont blancs. [2] Le racisme est le régime d’exploitation matériel qui a organisé le développement capitaliste européen.

En effet, le capitalisme met en concurrence les capitaux, mais aussi les travailleurs eux-mêmes sur le marché. Cette concurrence prend la forme d’un processus de « naturalisation » qui permet une dévaluation spécifique de la force de travail. Certains traits socio-historiques de la main-d’œuvre immigrée (comme par exemple la qualification, le déplacement, la spécialisation…) sont « essentialisés » : ils vont se prolonger, « coller à la peau ». Et cela permet aux employeurs de tirer le prix de la main-d’œuvre vers le bas.

Mais ce processus ne se réduit pas à une simple « prime raciale » à l’exploitation. C’est un « phénomène social total ». On peut donc avancer que la racialisation est une dynamique essentielle au capitalisme, qui a besoin de toujours plus de force de travail et produit, en même temps, cette force de travail comme « surnuméraire », toujours en trop [3].

Insuffisance de la grille de lecture « coloniale »

Ce racisme marque de manière matérielle et symbolique l’espace métropolitain européen. Néanmoins, la grille de lecture strictement décoloniale que nous propose le PIR nous empêche de comprendre les dynamiques actuelles, où ce racisme n’existe qu’en lien avec le développement capitaliste à l’échelle du monde. À ce titre, l’histoire coloniale est derrière nous, même si elle laisse des traces. L’Occident, c’est-à-dire les centres historiques d’accumulation capitaliste menacés par la crise, perpétue, à travers la « chasse aux terroristes », la continuation d’une structuration de l’exploitation à l’échelle mondiale. Par exemple les guerres pour l’accès aux ressources naturelles (pétrole ou minerais « stratégiques »). Mais ce qui se joue également, c’est l’intensification de l’exploitation dans tous les segments de classe, à commencer par les plus fragiles. Ce processus d’appauvrissement et de marginalisation finit par engloutir des sujets qui ne sont pas noirs, arabes ou descendants de colonisés. Dans les émeutes de 2005, il n’y avait pas que des Noirs et des Arabes, mais aussi de vastes portions du « prolétariat autochtone » touché par l’appauvrissement généralisé. N’en déplaise à Fox News, il ne s’agissait pas d’affrontements ethniques. Les jeunes émeutiers issus de l’immigration étaient en proportion exacte de leur importance dans la population des quartiers qui se sont révoltés, ni plus, ni moins [4].

La question de la race dans les luttes

Souvent, la question de la race dans les luttes se pose de manière immanente et non ethnicisante. Si certaines luttes sont massivement racialisées, c’est parce que les prolétaires sont assignés à cette place dans la division du travail. Des mères de famille maghrébines s’organisent en collectif pour obtenir des HLM, des femmes de ménages des hôtels Park Hyatt se mettent en grève après le viol d’une dame guinéenne par un richissime Saoudien, des demandeurs d’asile tchadiens occupent un bâtiment pour y vivre…

Quand les sans-papières chinoises des ongleries de Strasbourg-Saint-Denis réclament collectivement leurs salaires, se mettent en grève puis font tourner le salon pour la caisse de grève, elles peuvent être rejointes par les coiffeuses ivoiriennes. Malgré les segmentations raciales, salariales et culturelles, des prolétaires racialisées se retrouvent ensemble dans leur lutte. La question de la race est centrale, notamment parce que la question du salaire est tout de suite liée à celle des papiers, mais elle ne se pose pas de manière strictement identitaire et intra-communautaire. Même si la lutte ne fait pas immédiatement l’unité de tous les segments de classe. Quand la lutte monte, les segmentations sont de moins en moins signifiantes. À condition que le segment le plus bas soit pris en compte : ce sont les sans-papières les plus isolées et marginalisées qui sont parties ici en grève, rejointes par d’autres migrantes et, après une petite victoire, par d’autres salons du quartier [5]. Quand la lutte est défaite ou se termine, les segmentations se durcissent et chacun-e retourne à sa place.

La racialisation que nous subissons n’est donc pas indépendante des clivages de classe. Ce n’est pas parce que les militants politiques les nient dans les discours qu’ils disparaissent. Au contraire, on les reconduit et on risque d’approfondir un peu plus l’incompréhension entre les différents groupes sociaux qui sont amenés à se rencontrer et parfois à s’allier dans les luttes. C’est parce que les séparations, les contradictions sociales sont permanentes que l’apparition de luttes est inéluctable. La rencontre entre les exploités devient possible et elle est elle-même un enjeu de la lutte. Rencontre entre tous ceux qui, communément exploités, ne le sont pas de manière égale.

La critique de l’économie politique : un truc de beur ?

Envisager la race comme une construction sociale implique de pouvoir penser les autres rapports sociaux que sont le genre et la classe comme également construits socialement. Penser un racisme systémique doit permettre d’articuler race et genre, race et classe. Or, le champ de la pensée qui refuse de considérer comme naturelles toutes les catégories produites par ce mode de production — la propriété, le travail, l’argent — c’est, pour employer un vieux mot, celui de la « critique de l’économie politique ».

Et c’est cela que le discours du PIR évacue systématiquement. Tout se passe comme si les « indigènes sociaux » ne pouvaient sortir de leur position de subalternes qu’en redoublant la racialisation de leur position dans le capital. Comme si les jeunes issu-e-s de l’immigration coloniale n’avaient pas le droit, eux, elles aussi, de s’interroger sur l’organisation du travail, sur la propriété des moyens de production, l’exploitation… bref sur tout ce qui fondait, il y a encore une trentaine d’années, le clivage entre gauche et droite. Comme si toutes ces questions étaient simplement un truc « d’intellectuels », un truc de Français, ou pire, insulte suprême, un truc de « beur ».

Parler de racisme structurel sans jamais donner les causes de racisme, c’est laisser la porte entrouverte à toutes les pensées « anti-système ». Or seul un positionnement ferme par rapport aux ressorts de ce « système » permet de garder la tête froide dans le grand jeu identitaire auquel se livre l’extrême-droite.

La vague antisémite

Les meurtres de juifs ces dernières années (à Toulouse, Bruxelles, Paris, Copenhague) ne sont que la partie émergée de l’iceberg. À Créteil, à l’automne 2014, un couple est cambriolé : « ils sont juifs alors ils auront de l’argent », cela légitime la cible et le viol d’une jeune femme sous les yeux de son mari. Les « sorties » de personnalités médiatiques dépassent largement le champ de l’extrême-droite. Tel syndicaliste étudiant explique que ce sont les juifs, très nombreux à la fac, qui l’ont empêché d’être élu… Dans le métro parisien, un sous-prolétaire d’Europe de l’Est insulte un vieux juif religieux : « juifff ! Merde ! Juifff ! Caca »… Un livreur de bagels se fait prendre à partie parce qu’il travaille pour les juifs-ceux-qui-ont-de-l’argent…

On assiste à une résurgence importante de la vieille idée que les juifs incarnent l’argent, le système, qu’ils sont une puissance occulte. Le substrat théorique de l’antisémitisme européen tel qu’il s’est sédimenté à la fin du XIXe siècle est mobilisé. Une certaine idée de la nation, de l’Occident chrétien fondé sur la suprématie de la race blanche et dont les juifs sont exclus. Certains politiques se blanchissent en affirmant que les Maghrébins seraient le fer de lance de la résurgence de l’antisémitisme. Le saccage de tombes juives en Alsace par des « Français de souche » (dixit M. Hollande) a rappelé qu’il n’y a pas que des Maghrébins et des Noirs habitant des HLM de banlieue qui soient antisémites. Dans la société française, l’antisémitisme circule dans différentes classes sociales, dans différentes sphères culturelles. Il y a aussi une mondialisation de la circulation de cette idéologie. Qu’on pense aux commentaires antisémites que suscite Dominique Ouattara, la femme de l’actuel président de Côte d’Ivoire, d’origine juive.

Le contenu potentiellement « populaire », anti-hégémonique de l’antisémitisme a toujours été la clé de son succès. « Les juifs sont les chouchous » ; « les juifs dominent le monde ». Sur cette base, l’antisémitisme peut encore être un opérateur politique, redessiner des alliances (typiquement celle d’un Dieudonné, issu de la gauche, de l’antiracisme et d’une partie de son public avec Soral).

Un antisémitisme structurel

L’antisémitisme moderne a une dimension systématique. Il explique un monde menaçant et devenu rapidement trop complexe. Lié au conspirationnisme, il se présente comme la clé interprétative de toute la violence et du non-sens qui fonde la dynamique d’un ordre social sans autre but que sa propre reproduction. Cette explication du monde apparemment délirante a des effets bien réels. L’identification des juifs à l’argent, à un pouvoir abstrait et menaçant, perdure. Dans les moments de crise sociale, il revient en force, même à gauche.

L’école allemande de la Wertkritik [6] tente de comprendre ce lien tendanciel entre certaines formes de critique anticapitaliste et l’antisémitisme. Les catégories qui régissent les rapports sociaux capitalistes, l’argent, le travail, la marchandise, possèdent une double face, ce que Marx caractérise comme « fétichisme ». Une face concrète, qui nous apparaît immédiatement, dessine notre monde sensible : l’usage de l’objet marchand, le contenu du travail, manuel ou intellectuel, le temps vécu des vacances acheté à crédit… Et une face abstraite, qui opère comme dynamique du système capitaliste, à savoir la valeur, mais rend aussi pensable ce fameux système. Médiés par la valeur, les rapports sociaux capitalistes restent donc des rapports de classe, fondés sur l’exploitation, violemment inégalitaires, mais ne prennent plus la forme de rapports directs entre personnes. La violence sociale du capital s’exerce bien sur les exploités, les dépossédés, mais sa dynamique, par la logique même de ce mode de production, comporte une dimension abstraite.

Toute une tradition anticapitaliste ne saisit pas cette double dimension des rapports sociaux capitalistes : à la fois concrets et abstraits. Souvent, elle naturalise le concret et concentre sa critique sur l’abstraction : contre la finance pour la « vraie économie », ou l’industrie, sans voir que la production de biens consommables, le simple échange d’une baguette contre de la monnaie, est aussi régie par des abstractions. L’abstraction est donc rapportée à une dimension parasitaire, un en-trop du système.

C’est à cette dimension abstraite que les juifs sont identifiés : à une force occulte, impalpable, à l’argent. Gonflées, mythifiées, biologisées, certaines de leurs caractéristiques sociales et historiques, leurs activités économiques plutôt liées à la sphère de la circulation et leur présence sur une aire géographique très large, ont été le levier de cette identification. Ainsi, l’antisémitisme opère typiquement comme une personnification de la domination abstraite du capital.

En ce sens, la question juive est une question à la fois spécifique et centrale pour l’histoire du capitalisme européen. Il ne s’agit pas d’en faire une question « absolue », un « en-dehors de l’histoire » [7]. Si ce type de racisme structurel s’est porté de manière privilégiée sur les juifs, cette racialisation de traits sociaux-historiques peut porter sur d’autres populations. Aujourd’hui par exemple, en Asie du sud-est, le racisme contre les Chinois prend des traits proches de celui qui vise les juifs (double figure de l’argent et du pouvoir).

Prenons donc la mesure de cet antisémitisme structurel, de son importance historique et des ressorts d’une figure fantasmagorique plus vivace que jamais. Non pas pour construire la figure exceptionnelle de ce racisme-là contre tous les autres, mais pour comprendre pourquoi l’antisémitisme est pernicieux et puissant. Il laisse le capitalisme intact en attaquant uniquement les personnifications fantasmagoriques de cette forme sociale. Déconstruire l’antisémitisme, c’est être capable de le voir là où il se trouve, là où il se dit et aussi travailler à délier l’identification des juifs, de l’argent et du pouvoir.

Dénoncer le philosémitisme, un antisémitisme déguisé

Le texte d’Houria Bouteldja, appelant, au nom de l’antiracisme, à défiler « contre le philosémitisme d’État » a de quoi nous inquiéter [8].

Quand Segré utilisait le terme il y a quelques années [9], il appelait l’attention sur ces idéologues qui, en guise de défense des juifs, proposent une défense des Blancs, de l’Occident. Il ne disait pas que l’État français et les intellectuels réactionnaires étaient effectivement philosémites, encore moins la gauche blanche ! Désormais, le philosémitisme n’est plus une antiphrase, mais désigne les juifs comme responsables de la construction d’un ordre identitaire. L’antisémitisme se comprendrait alors comme une réaction au philosémitisme d’État, au rôle que joueraient les juifs d’alliés de l’État républicain raciste. Lutter contre l’antisémitisme, ce serait lutter contre le philosémitisme. Finesse dialectique mise à part, on retrouve là la vieille idée que les juifs, liés au pouvoir, tirent les ficelles ! Une figure fondée sur une lecture de l’histoire coloniale où on joue les juifs contre les Arabes et vice versa.

Une relecture de l’histoire des juifs en Algérie

La comparaison des juifs avec les tirailleurs sénégalais qui ont commis des massacres dans le Sud du Maroc sous-entend que des juifs auraient massacré des musulmans ou participé directement à la répression coloniale. Certes, les juifs d’Algérie étaient dans une position ambiguë vis-à-vis de l’indépendance. Attachés à la France (naturalisés depuis 1870, ayant vu par là une amélioration de leur niveau de vie et de leur assimilation culturelle), leur histoire ancienne et récente les distinguait aussi des colons européens, et ils étaient la cible de l’antisémitisme (des colons, comme de l’État vichyste).

Considérer aujourd’hui que la Shoah ne concerne que les juifs et les Européens alors que l’antisémitisme en Algérie est tissé de cette histoire, oublier les figures minoritaires mais significatives de juifs (communistes) engagés dans la lutte pour l’indépendance, c’est un choix de lecture historique. Politiquement, en 1956, lors du congrès de la Soummam [10], le FLN envisageait de faire le choix inverse en proposant une alliance à la minorité juive appelée à se solidariser avec la lutte de libération nationale et promise à « sa part de bonheur dans l’Algérie indépendante »…

Politiser l’antisémitisme

Cette politisation opérée par le PIR a lieu dans un va-et-vient entre une conférence à Oslo pour le gratin intellectuel mondialisé et une manifestation à Barbès.

Pour être acceptable, cette légitimation politique de l’antisémitisme doit se distinguer de l’antisémitisme historique. C’est le « ressentiment anti-juif » des damnés de la terre d’aujourd’hui. Maghrébin, « sympathique », bien de chez nous… Il émane du fantasme d’une culture maghrébine populaire pure, qui pourrait faire abstraction de cinquante ans d’histoire. Comme tout processus culturel, les préjugés antisémites sont hybrides, y compris chez les dominés. Construire une culture des subalternes pure est un modèle théorique qui relève de ce que Edward Saïd appelait l’orientalisme. Cette construction d’une altérité radicale est d’abord un fait de domination culturelle, qu’on dote cet Autre absolu de traits positifs ou négatifs.

Or, si on cesse de lire l’antisémitisme comme un problème ethno-culturel, on voit que les Maghrébins antisémites qui se politisent ne vont pas au PIR mais directement chez Soral. En voulant incarner l’antisémitisme populaire maghrébin, on ne fait que surfer sur la vague et sur le confusionnisme de la gauche. On drague la gauche blanche en rejouant ses tactiques historiques de minimisation du racisme.

Identification des juifs à Israël

Les juifs de France sont une minorité à être liés directement à l’État d’Israël. Mais il existe un lien de fait parce qu’Israël a représenté une « solution au fait national juif » après l’extermination des juifs européens et a accueilli une grande partie des juifs d’Orient. État récent, fondé sur la violence, Israël perpétue la spoliation des populations palestiniennes qu’impliquait le sionisme comme solution nationale à la violence antisémite. Nous critiquons comme telles les exactions à Gaza, dans les territoires, la colonisation galopante en Cisjordanie, à Jérusalem Est.

Mais l’identification des juifs à Israël fonctionne plus largement. C’est le racket politique de Netanyahou après les attentats de Charlie Hebdo qui invite les juifs de France à faire leur alya — en réalité, il les invite à vivre en Cisjordanie pour faire les petites mains de l’extrême-droite parce que la société israélienne, en crise, en guerre, n’a rien à offrir. En miroir, l’amalgame est à l’œuvre chez les antisionistes. Israël incarne tous les problèmes de la terre. Mais cet antisionisme n’est pas la critique d’un État, de son fonctionnement, de son idéologie nationaliste, de sa violence, ce n’est pas l’appel à la solidarité internationale avec les populations victimes de cet État (a minima par nécessité d’auto-défense). Une solidarité internationale conséquente impliquerait de hiérarchiser en s’attaquant d’abord à l’impérialisme de son propre État et de ne pas en faire une question exotique. Il faudrait ne pas s’indigner en premier lieu de la présence de Netanyahou et de Lieberman aux manifs « Je suis Charlie ». Israël serait le chouchou de l’Occident, l’unique représentant de l’impérialisme universel, le responsable de tout le mal qui arrive aux Arabes mais aussi aux autres, de la répression des mouvements sociaux, etc.

Le résultat est qu’aujourd’hui, le champ politique de l’antisionisme n’a cessé de se droitiser. La gauche antisioniste a toutes les peines du monde à délier l’amalgame entre les juifs et Israël dans cet espace politique pathogène. Pathogène pour les juifs mais pour aussi pour les prolétaires en France, racisés ou non, qui n’ont rien à gagner à cette focalisation unique sur la question palestinienne, alimentée par les nostalgiques du panarabisme et les gauchistes français.

Une quenelle anti-système pour restaurer la virilité

Quand il s’agit de donner son ressenti sur ce qui a motivé les attentats de janvier 2015, Houria Bouteldja explique que les indigènes mâles auraient été rendu « fous » par le déni de leur virilité par les Blancs. Selon elle pourtant, « les habitants des quartiers ne souhaitent pas politiser leur sexualité ». De même, dans son intervention au colloque « Penser l’émancipation », elle nous donnait une description essentialisée des questions de virilité des garçons arabo-musulmans, congratulant au passage Soral de leur offrir un programme de restauration de leur virilité mise à mal par le colonialisme et le racisme. Pour parler des marcheurs des années 1980, elle nous montrait des corps de mâles indigènes hypersexualisés, « adonnant les premiers coups de butoir à la République blanche et immaculée » (comme si elle n’était pas représentée par des hommes). Elle notait au passage que ces garçons arabes manquaient de jugement éclairé. Puis, elle dessinait la silhouette de Dieudonné, brandissant sa quenelle, mais « mal doté intellectuellement car ne possédant pas le bon logiciel ». Enfin, pour justifier ce geste antisémite, elle mobilisait ses affects en tant que femme, en déclamant son amour pour Dieudonné : « Je l’aime parce qu’il a fait une chose importante en termes de dignité, de fierté indigène, de fierté noire : il a refusé d’être un nègre domestique. Même s’il n’a pas le bon logiciel politique dans la tête, il a une attitude de résistance. Et j’ajoute, que bien avant la nature de ses alliés, ce que voient les indigènes, c’est ça. Un homme debout. » [11]

D’une part, cette représentation du « garçon arabe » n’est pas différente de celle construite par les féministes blanches, laïcardes et républicanistes comme intrinsèquement, culturellement, biologiquement presque, virile et sexiste [12]. D’autre part, cette essentialisation des Arabo-musulmans ne laisse de place à aucune autre identification au sein des indigènes. C’est toute la limite du programme du PIR esquissé dans la notion d’« internationale domestique [13] » : une suprématie de la race qui annule en fait toute autre articulation, race et classe, race et genre, race et sexualité. Selon ce raisonnement donc, une indigène sociale ne peut pas développer des outils de lutte et de revendication en fonction de son actualité présente, de son genre, de sa sexualité. Elle doit se référer éternellement à sa position post-coloniale ; ses modèles d’émancipation n’appartiennent qu’au passé. Si elle se prend à défendre d’autres causes ou à articuler, par exemple et au hasard, race et genre, c’est qu’elle adopte l’agenda des Blancs [14].

Le féminisme : un luxe pour les femmes indigènes ?

Nous nous reconnaissons dans le refus des injonctions d’un féminisme blanc, qui définit les termes de l’émancipation selon les normes que fabriquent les dominantes pour les subalternes et qui fonctionnent à leur profit. Mais pour Houria Bouteldja, le féminisme est un luxe auquel les femmes indigènes ne peuvent pas prétendre. À ce propos, elle déclare notamment : « L’homme indigène n’est pas l’ennemi principal. La critique radicale du patriarcat indigène est un luxe » [15]. Ce n’est pas une cause prioritaire face au racisme des Blancs, aux violences policières et aux discriminations. Il est donc impossible aux femmes indigènes de dénoncer le sexisme et le patriarcat, qui ne seraient que des oppressions parmi d’autres, sans trahir les hommes de leur communauté. De plus, elles seraient dépendantes financièrement des hommes de leurs communautés, ce qui réduirait encore davantage leur marge de manœuvre.

Il faut maintenir une lecture de classe du racisme même si, historiquement, les rapports de classe ont été utilisés pour invisibiliser les questions raciales et de genre.

Or, les questions de survie économique sont le quotidien des femmes des quartiers populaires. En Seine-Saint-Denis, département le plus pauvre d’Île-de-France, les femmes occupent les fonctions parentales dans 89,9 % des familles monoparentales, dans un contexte général de forte augmentation du nombre de ces familles (cf. chiffres INSEE et Efgip). Les hommes ont déserté la famille et les femmes se retrouvent seules à élever les enfants et à assurer la survie de la famille. Ce sont donc bien elles qui en sont les piliers dans les foyers les plus pauvres. Le délitement de la famille nucléaire, la « disparition » des hommes n’implique pas la disparition du patriarcat : violence perpétrée contre les femmes, la structure du marché du travail et de la famille fait par exemple qu’une divorcée reste sous la tutelle de son ex-mari, notamment pour l’éducation des enfants. Mais cela n’autorise pas Bouteldja à évacuer ainsi toute aspiration féministe pour ces femmes.

Mariage non mixte

En faisant l’éloge des mariages non mixtes [16], Bouteldja fait comme si le fait de se convertir à l’islam pour un Blanc revenait à abandonner ses privilèges et sa position de dominant. Là encore il s’agit d’une essentialisation de la religion superposée à la race, comme si l’une et l’autre était intrinsèquement liées. On ne nie pas que les mariages mixtes sont aussi des mariages entre dominants et dominés, mais représenter la conversion comme purificateur de classe sociale et préconiser la non-mixité raciale nous fait froid dans le dos.

Cela revient à l’occasion à couvrir les mariages arrangés sur le dos des femmes qui ne sont pas consultées sur le choix d’un époux, et à étouffer les violences conjugales et intra-communautaires faites aux femmes. Et là, on aimerait qu’on s’intéresse aussi aux désirs des femmes indigènes, et aux conséquences de leur déni d’autonomie et des frustrations qu’entraîne ce modèle communautaire. Nous voyons bien que ce sujet risque de passer encore une fois à la trappe, pour ne pas cliver la communauté. Encore une fois, on demande aux femmes de se sacrifier pour le groupe. Si la question des violences conjugales et intra-communautaires est utilisée pour stigmatiser les hommes racialisés, si le machisme arabe est instrumentalisé pour absoudre celui des hommes blancs, ce n’est pas une raison pour cultiver l’omerta entre nous.

Effectivement, les liens communautaires cristallisent un besoin de solidarité matérielle dans un contexte de crise, de paupérisation, et de baisse des prestations sociales. Identifier ces phénomènes d’entraide à un simple repli identitaire, c’est nier ce qui peut être de fait une stratégie de survie pour les plus pauvres. Car la communauté prend en charge une partie du travail de reproduction, le soin aux malades, les visites aux prisonniers, etc. Mais, structurellement, faire à manger, réunir les uns et les autres, endormir les jeunes enfants, s’occuper de sa vieille mère, est dévolu aux femmes. Idéaliser les liens communautaires, c’est alors redoubler l’invisibilisation du travail des femmes au sein de la famille et de la communauté.

On peut aussi analyser la « manif pour tous » comme un repli sur la sphère familiale et une assignation de plus en plus violente des femmes à la sphère du privé dans un contexte de survie généralisée. Mais pour les Blanches du 93, on évoque un retour des valeurs là où on parlera de communautarisme pour des femmes racisées.

Nous pensons donc qu’on ne peut pas comprendre le contexte actuel de paupérisation généralisée et de crise en faisant l’économie de la question raciale et d’un point de vue féministe. Parce que les femmes sont assignées à la sphère de la reproduction, tout moment de crise implique pour elles une augmentation drastique de la charge de travail, et des violences accrues…. Tout ce qui est lié à la consommation est plus cher, plus long à obtenir, et ce sont elles qui supportent en partie le coût de la diminution du welfare, en argent et en temps : s’il faut faire trois heures de queue à la CAF, c’est la femme à temps partiel qui le fera. Le travail domestique augmente, et avec lui la réassignation violente des femmes à leurs rôles de femme, qui n’ont rien de naturel.

Seule une lecture réellement matérialiste de la question raciale, et non une lecture simplement morale, comme celle de la gauche, ou politique, comme celle du PIR, nous permet d’articuler les différentes formes de racisme entre elles, de ne pas mettre en concurrence les victimes du racisme et de faire le lien avec la question des femmes dans le contexte actuel.

Cette lecture par ailleurs offre la possibilité d’échapper à une vision dichotomique de ces questions. D’un côté en effet, on a un déni de l’islamophobie au sein même du gouvernement, et cette minimisation a été préparée depuis longtemps dans les mouvements de la gauche antiraciste. De l’autre côté, une partie du champ de la critique sociale sous-évalue systématiquement la question de l’antisémitisme. Entre le gouvernement, la gauche antiraciste et le PIR, le champ s’est rétréci et on manque d’air.

Pour sortir de cette impasse, il faut à la fois reconnaître ce qui se passe actuellement, et sortir de l’ombre les violences subies dans le passé. En ce sens, la bataille pour la reconnaissance mémorielle est un travail essentiel, mais elle ne prend son sens que si elle est reliée effectivement aux luttes sociales.

La lecture des Indigènes de la République de la question du racisme nous semble finalement assez faible, car systématiquement déliée des questions d’économie politique. En ce sens, le PIR reste prisonnier des enjeux de la gauche, qu’elle soit blanche ou pas.

Nous pensons au contraire qu’il faut maintenir une lecture de classe du racisme même si, historiquement, les rapports de classe ont été utilisés pour invisibiliser les questions raciales et de genre. Si une lecture décoloniale nous aide aussi à comprendre des dynamiques toujours actuelles, ce modèle sert aujourd’hui à construire un sujet homogène, comme on le faisait auparavant avec la classe. Ainsi, la race subsume toutes les autres questions. Elle est devenue le paradigme unique pour désigner les oppressions liées à la domination capitaliste. Or, il ne s’agit pas de hiérarchiser entre lutte de classe et lutte de race, mais au contraire de saisir l’intrication de la question de classe et de la question raciale (il n’est pas possible de penser la classe sans penser la race et vice versa).

Ce qui vient de se passer à Baltimore le démontre à nouveau : « Aujourd’hui, il n’y a aucune direction noire légitime. Plus que tout, l’ascension d’une poignée de Noirs à des postes de pouvoir a démontré l’impossibilité structurelle de trouver une place pour la majorité des Noirs en Amérique. Un maire noir, un chef de la police noire, un président noir et Baltimore brûle toujours. » [17]

Post-scriptum
Malika Amaouche, Yasmine Kateb et Léa Nicolas-Teboul sont féministes et communistes. Elles militent dans différents groupes. Si vous désirez poursuivre la discussion avec elles, écrire à etlakdjadi@gmail.com.

Notes
[1] On citera Sylvie Tissot et Pierre Tevanian, Dictionnaire de la lepénisation des esprits, Paris, L’Esprit frappeur, 2002, sur la déconstruction du racisme républicain ; Abdelmalek Sayad « le Mode de génération des générations immigrées », in : Migrants-formation n°98, septembre 1994 ; Jean-Pierre Vernant, « Le PCF et la question algérienne », Entre mythe et politique, Seuil, 1996. Nous ne résistons pas à reprendre cette citation, utilisée par Saïd Bouamama, qui montre la profonde imprégnation coloniale à l’origine du rapport adopté à l’unanimité au congrès interfédéral d’Afrique du Nord du Parti communiste en septembre 1922 : « L’émancipation des indigènes d’Algérie ne pourra être que la conséquence de la révolution en France (…). La propagande communiste directe auprès des indigènes algériens est actuellement inutile et dangereuse. Elle est inutile parce que les indigènes n’ont pas atteint encore un niveau intellectuel et moral qui leur permette d’accéder aux conceptions communistes. (…). Elle est dangereuse (…) parce qu’elle provoquerait la démission de nos groupements. », in : Bouamama, « Les fondements historiques et idéologiques du racisme respectable de la gauche française », 4 mars 2015, https://bouamamas.wordpress.com.

[2] Voir Nicolas Jounin, Chantier interdit au public. Enquête parmi les travailleurs du bâtiment, La Découverte, 2008.

[3] Voir Karl Marx, Le Capital, Livre I, chapitre XXIII, « La loi générale de l’accumulation capitaliste », P.U.F, 2006 (« Quadrige ») , et plus spécifiquement le rapport des ouvriers irlandais aux ouvriers anglais, dans le cadre d’une sclérose de l’armée de réserve industrielle.

[4] Selon le rapport de la Direction Centrale des Renseignements Généraux (DCRG), 23.11.05, publié par Le Parisien du 7.12.05

[5] Voir la déclaration du Combahee River Collective, 1979, sur le potentiel révolutionnaire de la lutte des lesbiennes noires, le segment le plus dominé (sexe, race, classe).

[6] Tout en reprenant sa lecture d’un antisémitisme structurel, nous sommes très critiques des positions de soutien à Israël de certains de ses représentants, et de la manière dont elle évacue la lutte de classe.

[7] Voir Enzo Traverso, La violence nazie, une généalogie européenne, La Fabrique, 2002.

[8] Le tract du PIR intitulé : « Non au(x) racisme(s) d’État, non au philosémitisme d’État ! » a été distribué à la manifestation du 21 mars 2015.

[9] Ivan Segré, La réaction philosémite, ou La trahison des clercs, Éditions Lignes, 2009.

[10] Août 1956, moment important de structuration politique du FLN.

[11] « Au-delà de vous : Avec vous, Contre vous. Dieudonné au prisme de la gauche blanche ou comment penser l’internationalisme domestique ? », publié le 25 février 2014 par Houria Bouteldja sur le site internet du PIR.

[12] Voir Nacera Guénif Souilamas & Éric Macé, Les féministes et le garçon arabe, éd. de l’Aube, 2004, et Isabelle Clair, « Le pédé, la pute et l’ordre hétérosexuel », Agora Débats Jeunesse, 2012/1 n°60, p. 67-78.

[13] On peut résumer la théorie développée par Sadri Khiari, du PIR, dans la notion d’« Internationale Domestique » comme le fait, pour le contexte français, de substituer la lutte des classes « à un internationalisme domestique dont la question raciale, dans toutes ses dimensions, serait centrale. En un mot, un internationalisme décolonial ». Voir http://indigenes-republique.fr/inte...

[14] Malika Amaouche, « Les gouines of colors sont-elles des indigènes comme les autres ? », p. 159

[15] Voir « Méditations d’une femme indigène quelques mois après l’affaire DSK : Pierre, Djemila, Dominique…et Mohamed », publié le 8 mars 2012 par Houria Bouteldja sur le site du PIR.

[16] Voir l’interview d’Houria Bouteldja dans Vacarme n°71, printemps 2015, revendiquer un monde décolonial , pp. 44 à 69.

[17] « Déclaration d’un camarade natif de Baltimore sur le soulèvement », Des Nouvelles du Front, 1er mai 2015 : http://dndf.org/ (traduit de l’anglais, texte original publié sur sicjournal.org le 30 avril 2014).

Babel

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