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Normale Sup'

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Message  Gauvain le Jeu 7 Avr - 23:05

Et le communiqué des militant-e-s de l'ENS :

La Direction répond par la répression !

La lutte des personnel-le-s précaires du restaurant et du ménage de l'ENS
pour leur titularisation se poursuit. La réussite du banquet de soutien
organisé aujourd'hui, jeudi 7, a une nouvelle fois témoigné de l'élan de
solidarité que suscite le mouvement au-dedans comme au-dehors de l'ENS.
Face à cette détermination, la Direction se distingue toujours par son
incapacité à apporter une solution au conflit. Elle continue de nier
l'existence du protocole, proposé et toujours soutenu par le secrétariat
d'État à la Fonction publique, qui offre 14 titularisations et
permettrait une sortie de crise honorable.
Alors que le gouvernement doit rendre un arbitrage devant l'opposition du
ministère de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche à titulariser à
l'ENS, la Direction a décidé mercredi 6 avril de recourir à la répression
contre le mouvement social : elle attaque en référé au Tribunal
administratif de Paris cinq personnes parmi les personnes mobilisées,
dont deux grévistes, pour « occupation sans titre du domaine public ».
Les personnes sont assignées à comparaitre demain, vendredi 8, à 11h45.
La Direction demande qu'elles soient condamnées à lui verser
individuellement 500 euros et 50 euros d'astreinte par jour de retard.
Cette manœuvre d'intimidation indigne cible des personnes connues pour
être syndiquées dans l'établissement, dont l'une est représentant du
personnel au CTP. M. Canto-Sperber a également porté plainte devant le
Tribunal de Grande Instance, à titre personnel et au nom de l'ENS, contre
X pour « usurpation d'identité électronique » suite au « poisson
d'avril » dont elle a fait l'objet et auquel nous sommes tout à fait
étrangers.

Cette procédure engagée par la Direction vise à légitimer une future
intervention policière à l'encontre du mouvement ! Nous sommes
convaincu-e-s que la voie répressive dans laquelle s'engage la Direction
après 3 mois de grève n'est pas conforme au vœu des élèves, étudiant-e-s,
personnel-le-s et enseignant-e-s de cet établissement : la levée forcée
de l'occupation de la Direction ne saurait constituer un préalable à la
négociation.
Aussi nous vous appelons vivement à exprimer votre indignation et votre
solidarité en vous rendant au :

Rassemblement de soutien
vendredi 6 avril, 11h15
devant le Tribunal Administratif de Paris
7 rue de Jouy, Paris 4e
(métro : station Pont-Marie, ligne 7)


Par ailleurs, pour ce qui est des revendications du mouvement proprement dites, la direction de l'ENS a aujourd'hui envoyé un communiqué affirmant qu'elle va donner un CDI aux précaires qui sont à l'ENS depuis plus de trois ans (ça concerne, d'après elle, 19 personnes à l'ENS, dont la grande majorité des précaires en grève à la restauration et au ménage). On continue à se battre pour la titularisation, mais ce recul de la direction constitue de notre point de vue un signe extrêmement encourageant et même une victoire en soi.

Voici le communiqué de la Direction :
COMMUNIQUE

7 avril 2011

A la demande du conseil d’administration, un médiateur se présentera à 17 heures
aujourd’hui. Il s’agit de Monsieur Edouard Brezin, ancien directeur général du CNRS,
ancien président de l’Académie des Sciences.

Le 6 avril 2011 une réunion s’est tenue au ministère au cabinet de Madame Pécresse.
Etaient invités le président au conseil d’administration de l’ENS, un représentant des
trois organisations syndicales élues au CTP, un élu élève non aligné, un enseignantchercheur
élu, un représentant de « l’assemblée générale », la directrice générale des
service et la Directrice de l’Ecole.

La directrice adjointe de cabinet, Madame Charline Avenel, a déclaré que le ministère
de l’enseignement supérieur et de la recherche ne disposait pas de 14 postes de
fonctionnaires pour le restaurant de l’Ecole normale supérieure. Le ministère ne peut
envisager de procéder à des titularisations hors les règles de droit commun de la
fonction publique, il n’y aura donc pas de dispositif ad hoc pour l’Ecole.

Dans le cadre d’un plan de lutte contre la précarité à l’ENS, en cours d’élaboration
depuis plusieurs semaines, la direction a proposé un plan d’octroi du CDI après trois
années d’ancienneté.
Le ministère a fini par agréer cette proposition.
Les organisations syndicales présentes ont reconnu les avancées de cette proposition
concrète pour tous les personnels contractuels.
Dans les faits, 19 personnes sont concernées dès à présent par cette disposition. Pour
atteindre cette ancienneté de trois ans, les autres personnels se verront proposer des
contrats à durée déterminée. La durée de ces contrats sera validée après négociation au
sein du CTP. Un groupe de travail spécialement dédié à la définition du plan de lutte
contre la précarité se réunira dans les meilleurs délais.

Enfin, concernant l’occupation illégale des bureaux de la direction, et l’impossibilité d’y
accéder depuis 17 jours, l’Ecole normale supérieure a demandé au Tribunal
Administratif de prononcer l’illégalité de cette occupation du domaine public.
L’audience aura lieu le 8 avril.
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Message  fée clochette le Jeu 7 Avr - 23:26

Le problème c'est que le protocole d'accord sur la titularisation des précaires de la fonction publique permet à la direction de l'ENS de ne pas titulatiser ces salariés, mais de leur faire seulement des CDI. Alors il va falloir encore se battre. Et ce sera très dur.
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Message  Gauvain le Ven 8 Avr - 11:11

fée clochette a écrit:Le problème c'est que le protocole d'accord sur la titularisation des précaires de la fonction publique permet à la direction de l'ENS de ne pas titulatiser ces salariés, mais de leur faire seulement des CDI. Alors il va falloir encore se battre. Et ce sera très dur.

Oui. Notre espoir, c'est que le protocole Tron (qui prévoit la titularisation de tous les grévistes pouvant l'être, c'est-à-dire tous sauf les deux ou trois qui ne sont pas européens) soit accepté comme base de discussion. Fillon devait procéder à un arbitrage cette semaine entre Tron (qui soutient son protocole) et Pécresse (qui le combat), mais on n'a pas de nouvelles.
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Message  fée clochette le Lun 11 Avr - 16:00

ENS appel intersyndical FERC sup CGT et Solidaires


Tenons bon. Halte à la répression !

Depuis 15 jours, des élèves, étudiant-e-s et personnel-le-s de l’Ecole Normale Supérieure occupent les

bureaux et salons de la Direction pour obtenir la titularisation de 14 contractuel-le-s précaires de

l’établissement en grève depuis plus de trois mois.

Nous sommes ici pour protester contre la manoeuvre d’intimidation manifeste de la Directrice Monique

Canto-Sperber contre des gens qui se battent pour faire exister des conditions de travail dignes au sein de

l’Ecole. Cinq personnes toutes syndiquées et arbitrairement considérées comme liées au mouvement, sont

convoquées devant le tribunal administratif et risquent une amende de 500 euros par personne plus 50

euros par jours de retard sur l’évacuation des locaux, si celle-ci est décidée. Ce procédé provoque

l’indignation de nombreux-ses enseignants-tes, élèves et personnel-le-s de l’Ecole. Il est d’autant plus

choquant qu’il impute au mouvement social la responsabilité de l’état de blocage de la situation à l’Ecole,

alors qu’il est dû à une gestion calamiteuse de la question par la Direction depuis des mois.

La Direction semble bien pressée de contraindre les occupant-te-s à signer leur évacuation. Elle a fait

parvenir ce matin même des contrats CDI aux personnel-le-s grévistes employé-e-s par l’établissement

depuis plus de trois ans. Cela constitue un net recul par rapport à sa position initiale, mais ne saurait en

aucun cas satisfaire les revendications portées par le mouvement social :

- Les contrats ont été rédigés sans consultation préalable des grévistes et par-dessus leur tête

- Les contrats ignorent la cause même de l’occupation des locaux de la Direction : une demande de

titularisation. En leur article 6, les contrats stipulent en effet : « le présent contrat n’ouvre droit à aucune

titularisation directe dans un corps de fonctionnaire ». Le protocole de sortie de crise négocié par les

représentants de l’UGFF-CGT auprès de Georges Tron prévoyait lui la titularisation des personnels via la

procédure de recrutement dite d’intégration directe à destination des postes de catégorie C.

- Les contrats sont basés sur « l’indice brut 310 », ignorent donc la grille salaire entérinée cette semaine par

le C.A.

- Les contrats laissent de côté le cas de trois grévistes qui ne remplissent pas les conditions d’ancienneté

proposées

L’Assemblée Générale des personnel-le-s grévistes, élèves, et étudiant-te-s occupant les salons de la

Direction tient à affirmer qu’il ne faut rien lâcher. Les locaux ne doivent pas être évacués avant que le

mouvement ait obtenu la garantie que sera signé un protocole de sortie de crise

- Établi par une négociation du Ministère de l’Enseignement Supérieur avec la Direction de l’Ecole et

l’intersyndicale active au sein du mouvement (CGT / Solidaires)

- Garantissant la titularisation des 14 personnel-le-s grévistes qui était prévue par le protocole Tron pour

début 2012

Nous vous appelons donc à participer massivement au RASSEMBLEMENT prévu MARDI PROCHAIN 12

AVRIL à 11h30 devant le Ministère de l’Enseignement Supérieur pour réclamer la titularisation des

personnels précaires de l’Ecole.
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Message  fée clochette le Lun 11 Avr - 16:04

Union Générale des Fédérations de Fonctionnaires
Montreuil, le 7 avril 2011
Communiqué de l’UGFF-CGT
Les personnels de cuisine de l’Ecole Nationale Supérieure sont en grève depuis le 10 janvier pour obtenir de sortir de la précarité de l’emploi par la titularisation dans la Fonction publique.
La direction de l’Ecole et le cabinet de Valérie Pécresse bloquent la sortie du conflit en refusant la titularisation de la quinzaine d’agents concernés, dispositif pourtant soutenu par la Fonction publique.
Depuis le début la CGT soutient activement et inconditionnellement la lutte des salariés.
Au lieu de s’engager pour une solution négociée, la direction de l’Ecole a déposé une requête auprès du tribunal administratif de Paris afin qu’il ordonne l’évacuation des salons de l’Ecole Nationale Supérieure, occupés en soutien aux grévistes ; l’Ecole demande de plus des sanctions financières contre cinq syndicalistes. L’audience a eu lieu ce jour vendredi 7 avril à 11h45.
La CGT s’indigne de la volonté de judiciariser une lutte totalement légitime.
Pendant trois mois aucune proposition d’ouverture de négociation sans préalable pour un protocole de sortie de grève n’a été faite par le ministère de l’Enseignement Supérieur.
Quand la CGT a décidé d’engager sa signature sur le protocole sur les non titulaires proposé par le ministère de la Fonction publique, elle a qualifié sa signature de « responsable et vigilante ». Lors de la signature même de l’accord sur les non titulaires, le 31 mars 2011, la CGT a déclaré devant les ministres :
« Il y a d’ores et déjà un exemple emblématique où le gouvernement peut démontrer sa sincérité et son engagement. Il faut résoudre, par la titularisation, le cas des 14 salariés précaires de l’Ecole Normale Supérieure en grève depuis près de 3 mois et que la CGT soutient sans réserve. »
La CGT appelle à l’abandon sans délai de toutes pressions sur les personnels en grève et sur les agents et élèves de l’ENS qui les soutiennent. La CGT appelle à l’ouverture immédiate de négociations avec le ministère de l’Enseignement Supérieur, afin que les revendications légitimes des personnels en lutte puissent être satisfaites en cohérence avec les engagements gouvernementaux.
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Message  Gauvain le Lun 11 Avr - 19:10

Communiqué de l'AG :

Communiqué de l’Assemblée générale des grévistes,

élèves, étudiant-e-s et enseignant-e-s qui les soutiennent





L’AG réunie le 11 avril dans les salons occupés de la direction rappelle qu’elle est seule à prendre les décisions concernant la conduite du mouvement, les revendications et les négociations nécessaires pour sortir du conflit, qu’elle appelle de ses vœux depuis cinq mois et demi.



1) Les élu-e-s du personnel ou du CA qui ont été reçu-e-s mercredi 6 avril au ministère de l’ESR n’avaient aucun mandat pour discuter au nom des grévistes. Aucun gréviste et aucun-e représentant-e de l’AG n’ont été invité-e-s à participer à cette réunion. Les personnes qui ont y sont allées ont refusé de respecter la décision de l’AG prévoyant que les négociations avec la direction et/ou le ministère soient menées par les grévistes eux/elles-mêmes et les syndicats impliqués dans la grève. C’est pourquoi François Avisseau, élu des élèves au CA et participant au mouvement, a refusé de se rendre à cette réunion. Le représentant CGT au CA qui est allé au ministère mercredi ne représente que lui-même : il n’avait aucun mandat ni de l’AG, ni du syndicat la FERC-Sup CGT de l’ENS, qui rassemble tou-te-s les grévistes du restaurant (cf. le communiqué de la FERC-Sup à ce sujet).



2) L’AG constate que le ministère de l’ESR et la direction concèdent maintenant des CDI après 3 ans d’ancienneté en CDD, alors qu’ils prétendaient depuis le début qu’il était impossible de pérenniser l’emploi à l’École, portant seuls la responsabilité du conflit. C’est de toute évidence un résultat de la lutte depuis 5 mois et demi, notamment de la grève du restaurant et du ménage qui dure depuis le 11 janvier.



3) Cette décision unilatérale du ministère et de la direction est cependant inacceptable car elle exclut 3 des 11 grévistes du restaurant et du ménage, qui n’ont pas 3 ans d’ancienneté et qui devraient subir encore la précarité. En outre, le contrats de CDI envoyé aux personnels de l’École concernés « n’ouvre droit à aucune titularisation directe dans un corps de fonctionnaire » (article 6) ! De plus, ils ne tiennent pas compte de la grille salariale calquée sur celle de la Fonction publique qui vient pourtant d’être obtenue par la lutte et validée au CA du 4 avril (article 2) ! Enfin, la question du départ du chef de cuisine n’est toujours pas réglée à ce jour.



4) En même temps qu’elle prétend ouvrir des négociations pour sortir du conflit, la direction de l’ENS décide de réprimer les grévistes et leurs soutiens : elle a saisi le Tribunal administratif pour tenter d’imposer par la force l’évacuation de ses bureaux occupés depuis le 22 mars. Le Tribunal a ordonné l’évacuation et imposé une astreinte de 50 euros par personne et par jour et la menace d’une intervention policière plane. L’AG appelle tous les personnels, enseignant-e-s, élèves et étudiant-e-s à condamner ce début de répression contre le mouvement social, notamment l’intervention policière que prépare la direction. En tout état de cause, l’AG tient à souligner que les grévistes et leurs soutiens ne se laisseront pas intimider par ces menaces et continueront de se battre jusqu’au bout par les moyens qu’elle décide. Elle décide en particulier la poursuite de la grève et de l’occupation des bureaux de la direction, décision qui sera levée dès que les négociations auront suffisamment avancé.



5) L’AG rappelle que la grève vise à obtenir la titularisation des précaires de l’ENS par la création des postes nécessaires et un CDI pour toutes et tous dans l’immédiat, à commencer par celles et ceux qui sont en grève depuis 3 mois et demi, comme cela avait été accepté dans le protocole élaboré par Georges Tron le secrétaire d’État à la Fonction publique. Elle décide de participer aux négociations directes proposées par le ministère de l’ESR, qui a pris en main le dossier du conflit social à l’ENS et proposé à la FERC-Sup-CGT une première réunion ce mardi au ministère. Selon les avancées des négociations, l’AG et elle seule décidera des suites du mouvement. Pour soutenir les négociations, venez toutes et tous au



RASSEMBLEMENT DE SOUTIEN DEVANT LE MINISTÈRE de l’enseignement supérieur

ce MARDI 12 avril à 12h 30

angle de la rue Descartes et de rue Clovis (M 10 Cardinal-Lemoine)
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Message  Gauvain le Ven 15 Avr - 1:06

Un article sympa, mais qui contient pas mal d'inexactitudes factuelles :

Depuis trois mois, une grève agite la prestigieuse institution.

Parquet, lustres baroques, doubles rideaux et mobilier ancien. Beau décor pour un piquet de grève. C'est dans ces salons de la rue d'Ulm à Paris que des Normaliens et des travailleurs précaires se réunissent quotidiennement en assemblée générale. Chaque jour, ils décident de la poursuite du mouvement destiné à obtenir la titularisation de onze salariés abonnés aux CDD depuis des années. Une grève qui dure depuis plus de trois mois.

L'occupation permanente des locaux de la direction de l'Ecole Normale Supérieure (ENS) depuis le 22 mars a marqué le durcissement de la grève, démarrée le 11 janvier dernier.

Le ministère de l'Enseignement Supérieur et la direction ont accepté le 6 avril d'accorder des CDI aux salariés ayant plus de trois ans d'ancienneté. Mais les neuf employés de cuisine et les deux femmes de ménage grévistes, appuyés par les syndicats, refusent cette solution jugée insuffisante. Pour Edouard Bray, représentant CGT du personnel, cette proposition exclut trois des grévistes qui n'ont pas atteint ces trois années d'ancienneté. Il ajoute qu'un "CDI n'est pas une titularisation. Cela ne donne pas aux salariés le statut de fonctionnaire revendiqué".

Une vue du couloir des salons occupés de la direction de l'ENS:

Mais faire grève coûte de l'argent. Alors, depuis le début du mouvement, une centaine d'étudiants de l'école (qui en compte 900) et quelques professeurs se relaient pour aider ces salariés à mener leur combat. Ensemble, ils préparent tout les matins 100 à 200 sandwichs et les vendent dans l'école à prix libre. C'est peu comparé aux 1000 repas fournis habituellement par le réfectoire, fermé depuis le début de la grève. Les ventes rapportent tout de même entre 300 et 500 euros par jour. L'argent est redistribué aux grévistes.

Depuis quelques semaines, le collectif organise un "banquet de la solidarité" tout les jeudis, pour médiatiser le mouvement et récolter de l'argent. Des tables sont installées dans la cour de l'ENS et le personnel gréviste prépare un repas. Des personnalités politiques sont invitées, à l'instar de Jean-Luc Mélanchon qui a dégusté un couscous pour 6 euros, le 31 mars.

"Une solidarité directe"

Pour les élèves solidaires, la charité n'est pas la raison première de leur engagement. Sandro, Normalien de deuxième année en maths, parle de "solidarité directe". Les élèves se sentent concernés par la précarité dans la fonction publique. "Nous aussi, dans une moindre mesure, on sera confronté à une certaine précarité. Au système de contrats précaires pour les thèses par exemple", explique Sandro. Au fil des semaines, une vraie complicité se tisse entre les élèves et les salariés.

"Ce sont des élèves brillants qui n'acceptent pas l'injustice sociale", raconte avec enthousiasme Hamid, salarié gréviste. L'Ecole Normale a d'ailleurs une forte tradition de lutte sociale. En 2010 par exemple, les Normaliens s'étaient engagés auprès des travailleurs sans-papiers.

Depuis le 11 avril, les "squatteurs" des bureaux de la direction sont dans l'illégalité. Le Tribunal administratif, saisi par la directrice de l'ENS, Monique Canto-Sperber, a statué que chaque personne occupant ces bureaux risquait un amende de 50 euros par jour.

Un huissier se présente tous les matins pour constater le blocage. Les grévistes résistent, même si la menace d'une intervention policière plane.

Après de nombreuses demandes, les syndicats ont obtenu une table ronde le 13 avril pour débloquer la situation. Une délégation composée de représentants du syndicat Fédération Enseignement Recherche et Culture (FERC et FERC SUP), de deux grévistes, de Monique Canto-Sperber et du directeur général des services de l'Ecole a été reçue au ministère. La réunion n'a pas débouché sur un consensus. Mais, pour Edouard Bray, l'issue est plutôt positive. L'employé de cuisine affirme que désormais, "la direction n'a plus trop le choix".
http://www.youphil.com/fr/article/03756-a-normale-sup-les-elites-se-rebiffent?ypcli=ano

Mieux informé mais moins sympa :
12 avril 2011
Guerre des nerfs à l’ENS

L’occupation continue. Ils étaient “une centaine de manifestants” selon les grévistes, soutenus par le secrétaire national du PCF Pierre Laurent et par celui du Parti de Gauche (PG), Eric Coquerel, à se rassembler rue Descartes mardi 12 avril à midi pour exiger une rencontre avec des representants du ministère de l’Enseignement supérieur. Devant l’échec de leur démarche, la décision prise lundi 11 avril au matin en assemblée générale reste d’actualité. La poignée d’étudiants qui occupe les salons de la direction de l’Ecole normale supérieure (ENS) depuis le 22 mars continuera à passer outre l’injonction du tribunal administratif. Non, ils ne lèveront pas le camp. Pas avant que la directrice de l’ENS, la philosophe Monique Canto-Sperber, n’accède à leurs revendications. A savoir, la fin de la précarité pour l’ensemble des personnels de la cantine, le “pot”, dans l’argot des normaliens.

“La directrice soutient que nous devrions laisser tomber l’occupation maintenant que les négociations ont commencé, explique Guillaume Fondu, étudiant membre du collectif des grévistes. Mais des négociations sans rapport de force ne mènent à rien. On attend des engagements clairs !”

monique-canto-sperber.1298659103.jpgDes engagements que Mme Canto-Sperber pensait avoir donnés. Contactée, elle ne cache pas sa stupéfaction. “Je croyais qu’on en avait fini avec cette histoire !” Pour elle, l’offre du 6 avril, soit la proposition d’un CDI pour les onze précaires en poste depuis trois ans au moins aux cuisines, mettait un terme au conflit. “Trois personnes, arrivées plus tardivement aux cuisines, ne sont pas inclus dans l’accord. Nous voulons un contrat pour tous!”, affirme Guillaume Fondu.

Pointillisme protocolaire

Cet accord avait pourtant été ratifié par les syndicats UNSA, FSU et CGT. “Les grévistes n’étaient pas représentés”, rétorque Jean Quetier, responsable CGT à l’ENS, à laquelle “ils sont tous affiliés”. Quid donc de la présence d’Eric Michel, élu lors des dernières élections syndicales, qui a ratifié l’acte au nom de la CGT ? “Il n’avait pas de mandat pour se rendre à cette réunion. Nous condamnons sa présence. Depuis la mobilisation des retraites, sa présence est aussi tangente au sein du syndicat : il n’assiste même plus aux réunions.”

François Avisseau, étudiant de l’ENS, élu du conseil d’administration et membre de l’assemblée générale comptait parmi les conviés à la table de négociation. Il ne s’est pas présenté. “Il est étudiant, donc pas légitime pour représenter les intérêts des salariés. De plus, il a été convoqué au titre de son rôle au conseil d’administration”, argue M. Quetier.

Des progrès dans la négociation

Nonobstant ces querelles, les grévistes ne renient cependant pas l’avancée que représente l’offre du 6 avril. “Ces CDI, c’est une vraie proposition”, concède Sébastien Garcia, un autre membre du collectif. “Mais il reste quelques points à régler.”

Outre les trois grévistes non inclus dans l’accord, deux autres clauses alimentent leurs récriminations. Premier grief, la grille salariale fixe, sur laquelle s’appuient les salaires des contrats proposés par la direction. Les grévistes réclament eux un alignement sur les barèmes de la fonction publique. Ils exigent aussi des explications sur une clause concernant la non-titularisation des personnels. Cette clause, “habituelle dans les contrats à l’ENS mais illégale” aux dires de Sébastien Garcia suscite la méfiance des grévistes. “Cette clause est classique dans les contrats publics”, répond Mme Canto-Sperber. “L’Etat est dans une logique de diminution du nombre de fonctionnaires. La titularisation n’est pas de mon ressort.”

Ambiance tendue en cuisines

Enfin, les grévistes réclament des sanctions contre le chef des cuisines, accusé d’insultes, de harcèlement moral et de violence. “Je ne peux plus retourner travailler avec lui. Je ne supporte plus de ses injures homophobes et racistes. Quand nous avons pris conscience de nos droits, il n’a pas cessé de jouer sur notre précarité pour nous faire taire”, témoigne un manifestant qui travaille aux cuisines. “Nous n’avons pas eu de témoignage avant février, répond Mme Canto-Sperber. Une enquête est en cours et devrait probablement déboucher sur une procédure disciplinaire.”

Les grévistes se préparent à une occupation plus longue. Pour cela, ils ont bien compris que l’argent est le nerf de la guerre. “Depuis que l’injonction du tribunal a expiré, chaque gréviste doit verser une amende de 50 euros par jour”, explique Guillaume Fondu. Afin d’alimenter la caisse de grève, des sandwichs sont vendus chaque jour par les bloqueurs. Un bon moyen de juger selon eux de la popularité de leur mouvement. “Les étudiants nous donnent souvent plus que ce que valent les sandwichs”, apprécie t-il. Afin de sensibiliser le plus grand nombre, un grand “banquet de solidarité” sera organisé jeudi 14 avril devant l’institution du 45, rue d’Ulm.

Arnaud Rossignon

http://lemonde-educ.blog.lemonde.fr/2011/04/12/guerre-des-nerfs-a-lens/#xtor=RSS-3208
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Message  Gauvain le Ven 15 Avr - 2:21

Injustices sociales
L’École normale supérieure cultive la précarité

Par Ludo Simbille (13 avril 2011)

Depuis trois mois, des travailleurs contractuels de la prestigieuse École normale supérieure, située rue d’Ulm, à Paris, sont en grève. Les raisons de la colère de ces agents chargés de la restauration et du ménage : des conditions de travail dignes des pires entreprises privées, avec des contrats à durée déterminée (CDD) à la chaine et des salaires bloqués. Le tout assorti de fréquentes insultes et agressions physiques. Soutenus par une cinquantaine d’étudiants, les grévistes ont durci le ton le 28 mars, en occupant les locaux de la Présidence.

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« Tout a commencé au moment du mouvement des retraites », explique Edouard, technicien du Centre national de recherche scientifique (CNRS) et syndicaliste. « C’était un conflit sur la rémunération du travail, auquel il fallait associer le personnel », poursuit le technicien, rattaché à l’École normale supérieure (ENS). Sauf que, faute de stabilité de l’emploi, ces derniers ne se sont pas mobilisés. Par peur de représailles. « On s’est rendu compte que des personnes que l’on connaissait depuis des années, qui nous servaient à manger tous les jours ne faisaient pas partie de l’Ecole », précise Jean, un jeune professeur [1].

Brimades et violences

Maïa, la quarantaine, est l’une d’entre elles. Après une longue période de chômage et un passage au RMI, elle déniche enfin par intérim, un emploi au restaurant de la grande école. De là, elle enchaîne pendant trois ans les CDD pour 1100 euros par mois. Tous les jours de 7h à 15h à servir les assiettes des petits génies en herbe, tout en subissant les brimades d’un chef cuisinier friand de réflexions racistes et de violences physiques. « Il a même envoyé un plateau sur un employé qui a eu les dents cassées », raconte Maïa, avant de résumer : « Je ne pensais vraiment pas trouver ça à l’ENS ».

Restauration et nettoyage ne sont pas les seuls secteurs de l’établissement touchés par la précarisation. François, professeur titulaire à la bibliothèque, constate que depuis 10 ans, le nombre de personnes contractualisées a énormément augmenté. Certains des précaires de ce service participent à la lutte en cours. Ils ne se satisfont pas des primes, CDD et CDI accordés en 2009. « Un CDD n’offre pas de garanties suffisantes pour obtenir un logement ou un prêt », rappellent les salariés dans un communiqué daté du 30 mars.

La directrice de l’ENS fait blocage

Ils tiennent aussi à préciser que les CDI ne doivent pas se substituer à la titularisation, qui permet aux salariés de devenir fonctionnaires. Mais dans l’enseignement supérieur, et dans l’esprit de la dernière « Loi Responsabilité des Universités », l’heure est plutôt à l’externalisation des emplois. À l’image du recours croissant des chargés de cours non-universitaires, employés comme vacataires en CDD. L’objectif, c’est de favoriser les fonctionnaires catégorie A au détriment des catégories B et C pour remplacer ceux-ci par des emplois extérieurs. Constat amer du cégétiste Edouard : « en plus de virer deux personnes, ça permet de supprimer un poste ».

Pour remédier au conflit de la rue d’Ulm, le secrétaire d’État à la Fonction Publique, Georges Tron a présenté un protocole d’accord de fin de grève. Il permettrait le passage immédiat en CDI des agents de l’établissement avant la création de quatorze postes titulaires d’ici à 2012. « Ça nous convient, si on obtient ça, on lève le camp », assure Edouard de la CGT. Mais la philosophe Monique Canto-Sperber, directrice de l’ENS, ne semble pas avoir la signature facile. Elle affirme que l’ENS ne disposerait pas des 14 postes dont parle le protocole présenté par Georges Tron.

Elle suggère plutôt un partenariat avec le CROUS pour « garantir le maintien des personnels » en CDI. Ce projet ne correspond pas aux attentes des grévistes qui redoutent d’être dispatchés à terme dans divers établissements de la région Ile-de-France. Sans compter que cette option n’apporte pas le statut de titulaire de la Fonction publique et ne garantit pas l’évolution des salaires. De l’aveu de certains occupants, l’issue du conflit dépendrait désormais de la CGT et de Matignon, tous deux en discussion. Une issue éminemment politique.

Soutiens et solidarités

Cette montée au front d’agents contractuels reste inédite dans l’antre du savoir, plutôt habituée à une certaine omerta. « Avec leur grève, ils ont brisé des tabous dans cette école », remarque Samuel, un normalien. Heurté par les conditions de vie de ces travailleurs précaires, il fait partie du noyau solidaire qui luttent aux côtés des grévistes. Entre sacs de couchage, cafetières remplies, et sandwichs en vente pour remplir les caisses de grève. Malgré un élan de solidarité dans l’établissement, ce petit séminaire de lutte improvisé dans les salons feutrés de la direction où se déroulent les assemblées générales, ne ferait pas l’unanimité aux sein des normaliens.

« Cette radicalisation du conflit a donné lieu à beaucoup de réactions. Les élèves soutiennent les revendications mais n’approuvent pas la forme », poursuit l’étudiant. « Ils viennent de milieux sociaux plus favorable au maintien de l’ordre et au fait de ne pas faire de vagues ». Côté administratif, certains directeurs de départements auraient fait circuler un courrier électronique demandant l’évacuation des bureaux comme préalable à toute négociation. Mais le 1er avril, l’intersyndicale des professeurs a officialisé sa solidarité. Dans un communiqué, ils somment Valérie Pécresse et Monique Canto-Sperber de signer l’accord de fin de grève. Le 7 avril, un banquet de soutien aux grévistes a rencontré un vif succès.

Mépris de la direction

Les occupants de l’étage de la direction se sentent méprisés par leur hiérarchie. « On a fait une manif au ministère, on nous a envoyé les CRS », s’énerve un gréviste. Ce qui intéresse la directrice, ce sont d’abord les normaliens, ensuite les chercheurs, le reste elle s’en fout ». Saisi par l’ENS, le tribunal administratif a déclaré illégale l’occupation des locaux de la direction et a ordonné leur évacuation. Cinq occupants sont contraints de payer une amende de 50 euros chacun par jour occupé, à compter du 11 avril. La répression comme réponse aux revendications ?

Dans une lettre aux enseignants, Monique Canto-Sperber se défend : « j’ai fait part de ma demande de discuter avec leurs représentants. (…) Jusqu’à présent, cette demande a rencontré une fin de non-recevoir ». À la lire, la responsabilité serait du côté des grévistes. « La situation présente, qui instaure dans l’ENS un statut d’illégalité (l’entrave dans l’accès aux lieux de travail et leur occupation sont punies par la loi), est grave. À court terme, nous ne pourrons pas éviter la fermeture de l’Ecole. » Irresponsables salariés ! Peut-être auraient-ils dû assister, avant de se mettre en grève, au récent colloque organisé par l’ENS intitulé « L’injustice sociale. Quelles voies pour la critique ? »

Ludo Simbille
Notes

[1] Certains noms ont été modifiés à la demande des intéressés
http://www.bastamag.net/article1497.html?id_mot=22
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Message  Gauvain le Ven 15 Avr - 15:02

http://www.lemonde.fr/societe/portfolio/2011/04/14/la-mobilisation-se-poursuit-a-normal-sup_1507913_3224.html
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Message  Gauvain le Lun 18 Avr - 16:51

Le mouvement contre la précarité s'étend... à l'ENS de Lyon :

Rassemblement contre la précarité à l’ENS de Lyon - Lundi 18 avril
jeudi 7 avril 2011

Le collectif précarité de l’ENS de Lyon vous invite à soutenir les revendications des précaires lors d’un petit déjeuner à partir de 9h puis d’un rassemblement organisés à l’occasion de la tenue du Conseil d’administration de l’ENS de Lyon, lundi 18 avril à l’ENS de Lyon sur le site Monod. Une assemblée générale se tiendra ensuite parallèlement aux délibérations du Conseil d’administration.

CDD à répétition sur plusieurs années, salaires faibles et bloqués, absence de promotions et de primes, angoisses liées à leur avenir professionnel, pressions diverses exercées pour le renouvellement des contrats… Tel est le sort de nos collègues contractuel-le-s et vacataires.

Exigeons la mise en place d’un dispositif de titularisation ouvert à tous les agent-e-s non titulaires, quels que soient la nature et le financement de leurs contrats et défendons, dans l’immédiat, les revendications suivantes :

* Alignement du salaire et des primes avec les titulaires qui font le même travail
* Transformation automatique des CDD en CDI avant 6 ans
* Instauration d’une prime de précarité (indemnité de fin de contrat)
* Respect des délais de prévenance et meilleure information sur le renouvellement des contrats
* Refus du développement de la sous-traitance
* Amélioration de la représentativité des précaires dans les instances de l’ENS de Lyon

"Les seules choses impossibles sont celles que l’on ne désire pas vraiment" - Errico Malatesta

Le Collectif Précarité et l’Intersyndicale de l’ENS de Lyon
http://sud-arl.org/Rassemblement-contre-la-precarite,2805.html


Et une marque de solidarité sympa... et musicale :
http://deuxcopainsdabord.musique.com/688823/ON-PREFERE-OCCUPER-NOTRE-USINE/
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Message  fée clochette le Mar 19 Avr - 8:51

http://www.20minutes.fr/article/709323/societe-occupation-police-evacue-normale-sup
Occupation: La police évacue Normale Sup

SOCIÉTÉ - Les locaux administratifs de l'École Normale Supérieure étaient occupés en soutien à des travailleurs précaires...

Les locaux administratifs de l'Ecole Normale Supérieure de la rue d'Ulm, occupés depuis plusieurs semaines par des étudiants et des grévistes pour soutenir des travailleurs précaires, ont été évacués ce mardi matin, a annoncé la préfecture de police de Paris (PP).

«Les forces de police ont procédé à l'éviction des occupants des locaux administratifs de l'Ecole normale supérieure», selon la PP. Treize occupants ont été délogés sans incident lors de cette opération qui a débuté à 6h, a-t-on précisé. Le 9 avril, le tribunal administratif, saisi par la direction de l'ENS, «a considéré qu'il y avait urgence à procéder à cette évacuation» car l'occupation «entravait le bon fonctionnement de l'établissement», à la veille des premières épreuves écrites d'admission, prévues mercredi, a expliqué la préfecture.

Un mouvement social, appuyé par des étudiants, a débuté le 10 janvier pour demander la titularisation d'une dizaine d'employés contractuels. Début avril, la direction avait proposé la titularisation d'une partie de ces précaires, ce qui avait été jugé insuffisant par les protestataires.
© 2011 AFP
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Normale Sup' - Page 2 Empty Appel à rassemblement (ce matin 9h) et à AG (à midi)

Message  ramiro le Mar 19 Avr - 9:46

Alors que les grévistes allaient entamer leur 100ème jour de grève et que les négociations avec la direction suivaient leur cours, la directrice de l’École Normale Supérieure, Monique Canto-Sperber, a décidé d’ordonner l’évacuation des locaux occupés par les grévistes et les étudiant-e-s qui soutenaient le mouvement. A 6h ce matin, les forces de l’ordre, en nombre conséquent, ont délogé les occupant-e-s sans sommation, en défonçant la porte. Quatorze personnes ont été arrêtées et sont actuellement retenues au commissariat du 5éme arrondissement, dont 4 élèves de l’École militants et militantes de SUD Étudiant.

Après le référé au tribunal administratif et les menaces quotidiennes des huissiers, la direction de l’ENS franchit un pas de plus dans la répression de ses propres salarié-e-s précaires et étudiant-e-s syndiqué-e-s et non syndiqué-e-s. Le mouvement social est déterminé à continuer la lutte et ne cédera pas aux pressions comme aux menaces physiques.

Nous appelons à un rassemblement de solidarité avec les interpellé-e-s, élèves et grévistes, à 9h devant le commissariat du 5ème arrondissement (4 rue de la Montagne Sainte-Geneviève, 75005 Paris, métro Maubert-Mutualité). Ce rassemblement sera suivi d’une Assemblée Générale à l’ENS (45 rue d’Ulm) à 12h à laquelle vous êtes tous et toutes convié-e-s.

Le comité de mobilisation de l’École Normale Supérieure.
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Message  fée clochette le Mar 19 Avr - 10:51

COMMUNIQUE DE PRESSE FEDERATION DE L'EDUCATION, DE LA RECHERCHE ET DE LA CULTURE CGT
263 rue de Paris (Case 544) 93515 MONTREUIL CEDEX


Ce mardi 19 avril 2011, à 6h00, les forces de police sont entrées dans l'enceinte de l'École Normale Supérieure rue d'Ulm pour évacuer les locaux de la direction occupés par les étudiants et personnels en lutte contre la précarité dans la Fonction Publique et leur établissement en particulier.



La FERC et la FERC Sup CGT condamnent avec fermeté cette provocation supplémentaire de la directrice de l'ENS qui exprime une fois encore tout le mépris et la suffisance dont elle a su faire preuve à l'égard des personnels contractuels précaires depuis le début de ce mouvement :



· plus de trois mois à ignorer les personnels, leurs revendications et leurs demandes répétées d'ouverture de discussions,

· l'obligation d'une réunion au ministère le mercredi 13 avril, plus de 90 jours après le début du conflit, pour créer les conditions de la discussion,

· malgré les recommandations du ministère, son absence à la réunion interne à l'école qui suit et dès le lendemain, la rupture des discussions sous des prétextes fallacieux,

· des propositions qu'elle ne peut tenir le surlendemain et ne font que renforcer la radicalisation du mouvement,

· et, aujourd'hui, la décision de demander aux forces de police d'intervenir.



Cette dernière décision de faire appel aux forces de police alors que la négociation débutait à peine ne peut qu'exacerber les tensions et dénote d'une curieuse conception du dialogue social au sein de l'ENS qui aboutit aujourd'hui à l'impasse. Ce qui démontre l'absence de réelle volonté de discussion de la part de la directrice.



La réunion du mercredi 13 avril 2011 au ministère avec des représentants des personnels en grève accompagnés par des représentants de la FERC CGT et de la FERC Sup CGT avait permis de dégager de réelles pistes de travail susceptibles d'ouvrir vers une sortie de crise. Certains sujets de discussion étaient en voie de résolution et il restait à prendre un peu de temps pour engager une négociation sereine et franche pour reconstruire une confiance perdue et déboucher sur des solutions correspondant aux attentes immédiates des personnels en lutte.



La FERC et la FERC Sup CGT ont fait, quand il le fallait, des propositions en ce sens qui ont été ruinées par les initiatives malheureuses et provocatrices de la directrice de l'ENS.



Le syndicat FERC Sup CGT est aujourd'hui porteur d'un projet de protocole de crise que la FERC CGT et la FERC Sup CGT demandent à la direction de l'école de prendre en compte sans attendre pour construire, dans le dialogue et la concertation, une issue rapide à la crise et que soit enfin reconnue la dignité des personnels précaires de l'établissement.



Montreuil, le 19 avril 2011

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Message  Gauvain le Mar 19 Avr - 10:55

fée clochette a écrit:
Un mouvement social, appuyé par des étudiants, a débuté le 10 janvier pour demander la titularisation d'une dizaine d'employés contractuels. Début avril, la direction avait proposé la titularisation d'une partie de ces précaires, ce qui avait été jugé insuffisant par les protestataires.
© 2011 AFP

Ca, c'est faux : la direction avait proposé la CDIsation d'une partie des précaires. Proposition qui concerne 19 personnes à l'ENS dont 9 à la restauration (sur 11 grévistes) et 1 au ménage (sur 2 grévistes).
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Message  fée clochette le Mar 19 Avr - 10:58

Gauvain a écrit:
fée clochette a écrit:
Un mouvement social, appuyé par des étudiants, a débuté le 10 janvier pour demander la titularisation d'une dizaine d'employés contractuels. Début avril, la direction avait proposé la titularisation d'une partie de ces précaires, ce qui avait été jugé insuffisant par les protestataires.
© 2011 AFP

Ca, c'est faux : la direction avait proposé la CDIsation d'une partie des précaires. Proposition qui concerne 19 personnes à l'ENS dont 9 à la restauration (sur 11 grévistes) et 1 au ménage (sur 2 grévistes).

Plains toi à l'AFP. Le protocole Tron est tellement compliqué que les journalistes s'y paument. Même les fonctionnaires des 3 fonctions publiques s'emmêlent les pinceaux entre CDIsation et titularisation
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Message  Gauvain le Mer 20 Avr - 0:16

Là il ne s'agit pas du protocole Tron, justement, il s'agit du protocole Pécresse (CDIsation dans le cadre du CROUS) ou du second accord Pécresse-Canto (CDIsation dans le cadre de l'ENS). Quant au "protocole Tron", il faut voir si l'on parle du protocole Tron pour l'ENS, dont on n'a plus guère entendu parler depuis la mi-mars, ou du protocole pour la loi Tron.

Sinon, le communiqué du NPA :

Accueil
Communiqué du NPA. Non à l'évacuation de l'Ecole normale supérieure.
mardi 19 avril 2011

La direction de l'Ecole normale supérieure a fait procéder, ce matin, à l'évacuation des locaux administratifs par la Préfecture de police, suite à un feu vert donné par le tribunal administratif, en date du 9 avril.

Depuis le 10 janvier, une douzaine de précaires de la restauration et de l'entretien sont en grève, avec le soutien des étudiants pour obtenir leur titularisation.

La direction de l'ENS, et la ministre de tutelle Valérie Pécresse, après des semaines de blocage, avaient concédé des CDI, mais pour une partie des précaires seulement.

Le NPA, solidaire de ce mouvement depuis le début, proteste énergiquement contre l'évacuation des occupants par les forces de police et exige que la totalité des employés précaires soient titularisés.
http://www.npa2009.org/content/communiqu%C3%A9-du-npa-non-%C3%A0-l%C3%A9vacuation-de-lecole-normale-sup%C3%A9rieure
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Message  Gauvain le Jeu 21 Avr - 13:09

Union Générale des Fédérations de Fonctionnaires







COMMUNIQUE





Solidarité avec les personnels de

l’Ecole Normale Supérieure







A

lors que depuis 3 mois de nombreux agents de l’Ecole Normale Supérieure sont en grève pour mettre fin à l’insupportable précarité que subissent les salariés de la cantine de l’établissement, la direction de l’Ecole a fait évacuer les grévistes par les forces de l’ordre.



Cette exaction inacceptable fait suite à l’attitude d’affrontement stérile que les responsables de l’ENS privilégient depuis de nombreuses semaines.



L’UGFF-CGT, qui soutient activement et sans réserve le mouvement, condamne avec la plus grande fermeté ces agissements scandaleux.



En bloquant toute négociation depuis le début, c’est bien la direction de l’Ecole qui porte l’entière responsabilité de la situation actuelle et de sa dégradation.



Grâce à la détermination des personnels et à l’implication à tous les niveaux de la CGT, des ouvertures étaient enfin à l’ordre du jour.

C’est bien cette voie là qu’il faut continuer à privilégier.



Ce qui, plus que jamais, est à l’ordre du jour, c’est bien l’engagement indispensable des employeurs publics à stabiliser immédiatement l’emploi de tous les agents de la cantine et à procéder dès 2012, dans le cadre du protocole d’accord signé à la Fonction publique le 31 mars dernier, à leur titularisation.



C’est ce que l’UGFF-CGT va continuer à porter, encore plus fort s’il le faut.





Montreuil, le 19 avril 2011



Un article dans Témoignage chrétien, paru seulement avant-hier mais la journaliste était venue il y a beaucoup plus longtemps :

Éducation
Les Normaliens se rebiffent
Par Fanny Stolpner
Copyright : AFP À l’École Normale Supérieure de Paris, les conflits se multiplient entre une partie des élèves et la direction. Un retour de la tradition radicale dans le temple de l’élite ?

« Monique, démission ! » : le mot est épinglé sur les murs, à côté d’un grand tableau de Vasarely. De­puis le 22 mars, Normale Sup' est bloquée : une imposante pile de tables empêche l’accès aux bureaux du secrétariat de la direction, occupés par des étudiants et des personnels d’entretien et de restauration qui livrent deux batailles contre la directrice, Monique Canto-Sperber.

En grève depuis trois mois, quatorze contractuels, employés de cuisine et d’entretien demandent leur titularisation, certains ayant accumulé plus de trente CDD en dix ans.

Mais le protocole d’accord élaboré avec les élèves SUD-CGT et les personnels fait du sur-place. « La direction veut externaliser la gestion de ces contrats au Crous, explique un étudiant. Elle craint l’effet tâche d’huile si elle commence à titulariser, car entre la bibliothèque et les labos, il y a plus d’une centaine de contractuels précaires. »

Le blocage a été décidé après une nouvelle proposition de la part de la directrice, le 24 mars. Une proposition qui, selon les grévistes, ne faisait que réitérer des conditions déjà refusées par les personnels.

Mais Monique Canto-Sperber « n’a plus le choix », estime un employé de restauration : « parce que nous, on ne lâchera pas ; nous n’avons plus rien à perdre ».

DEBAT

L’autre conflit a débuté avec l’interdiction par Mme Canto-Sperber d’un débat sur le boycott des produits israéliens, que l’an­cien normalien Stéphane Hessel devait animer le 18 janvier.

Aussitôt une partie des enseignants lui adresse un courrier indigné, et une pétition d’anciens normaliens déplore que l’ENS ait « déshonoré » sa fonction en portant atteinte à la liberté d’expression.

Quelques semaines après, la directrice refuse à nouveau qu’un débat soit organisé par le collectif ENS Palestine dans le cadre de l’Israeli Apartheid Week, du 8 au 10 mars.

La vingtaine de jeunes étudiants et quelques enseignants membres du collectif souhaitait discuter de la notion « d’apartheid » pour qualifier le traitement de la Palestine par Israël. Le collectif porte plainte pour atteinte à la liberté de réunion devant le tribunal administratif de Paris, qui lui donne raison.

Mais Mme Canto-Sperber dépose un recours devant le Conseil d’État qui, le 7 mars, déboute le collectif au motif de l’indépendance politique de l’enseignement supérieur.

UN TOURNANT

L’épisode, qui va se poursuivre avec le recours d’ENS Palestine devant la Cour européenne des droits de l’homme et le Comité des droits des nations-unies, marque-t-il un tournant dans l’histoire de l’ENS ?

L’école est en effet réputée pour sa liberté d’expression et le ton volontiers critique de ses intellectuels. « Je n’ai pas vu les étudiants se mobiliser ainsi depuis vingt ans », juge un professeur.

L’ENS aime à rappeler, sur son site internet, qu’elle a participé à « tous les grands débats d’idées qu’a connus la France moderne, de l’affaire Dreyfus aux mouvements des années trente, de la fondation des sciences humaines à l’avant-garde des années soixante-dix. »

Une étudiante mentionne aussi qu’en pleine guerre d’Algérie, la direction de l’ENS avait soutenu, contre le préfet, la tenue de conférences sur la torture en Algérie. « Cette protestation étudiante ne fait pas exception à l’impressionnant passé de l’ENS », estime Joan Wallach, historienne à l’université de Princeton (États-Unis).

La pétition qu’elle a co-écrit pour dénoncer cette situation, publiée dans le Guardian du 21 mars, a été signée par 160 intellectuels anglo-saxons dont Noam Chomsky, Judith Butler ou Michael Harris.

« L’interdiction de ces débats est en contradiction avec ce que l’ENS représente affirme l’historienne. Nous exhortons M. Canto-Sperber à maintenir cette tradition. »
19 avril 2011
http://www.temoignagechretien.fr/ARTICLES/Societe/Les-Normaliens-se-rebiffent/Default-18-2564.xhtml

Et deux articles qui parlent de l'évacuation :

Mis à jour 20-04-2011 17:36
Etudiants et grévistes, ici réunis après l’évacuation, promettent de poursuivre le mouvement.

Etudiants et grévistes, ici réunis après l’évacuation, promettent de poursuivre le mouvement. Photo : Vincent Michelon / Metro
Évacuation musclée à Normale Sup


0

La police a évacué mardi matin une vingtaine de salariés et d’étudiants de l’Ecole normale supérieure de la rue d’Ulm (Ve) qui occupaient depuis un mois les bureaux de la directrice, Monique Canto-Sperber. Les policiers ont détruit les portes d’accès aux locaux, qui ont été murées par la suite, selon les témoignages sur place.

Treize personnes ont été interpellées et gardées au commissariat durant deux heures. Les salariés, pour la plupart du personnel de cantine et de ménage, demandent des CDI pour tous. Trois d’entre eux, dont l’ancienneté n’a pas atteint le seuil des trois ans, restent exclus des négociations. Ils entendent poursuivre le mouvement. Ian Brossat, président du groupe communiste au Conseil de Paris, a dénoncé un “véritable déni de démocratie” et a demandé à la directrice “d’entendre les revendications des grévistes”.

Edit du 20 avril :
Après la publication de cet article, la préfecture de police indique que les forces de l'ordre agissaient à la suite d'une décision du tribunal administratif demandant l'évacuation des bureaux occupés par le personnel en grève. En outre, "les policiers n'ont eu à forcer qu'un seul bas de porte bloqué par la présence de mobilier disposé par les occupants", la direction ayant utilisé des clés pour ouvrir les autres portes.
A l'issue de l'évacuation, ajoute la PP, les services de l'ENS "ont installé des panneaux de bois au premier étage afin d'éviter toute nouvelle occupation".
http://www.metrofrance.com/paris/evacuation-musclee-de-normal-supla-police/pkds!3GmCexLdTT8pipF62uASg/


Normale Sup évacuée par la police à Paris

Les locaux administratifs de l'École Normale Supérieure (ENS), rue d’Ulm à Paris, qui étaient occupés depuis le 10 janvier 2011 par des étudiants et des grévistes pour soutenir des travailleurs précaires, ont été évacués mardi 19 avril 2011 matin par la police.

Treize occupants ont été délogés lors de cette opération qui a débuté à 6h, selon les informations de la préfecture de police de Paris.

En début d’après midi seuls subsistaient quelques banderoles et affichettes contre la direction de l’ENS, rapidement retirées par des enseignants.
http://www.citizenside.com/fr/photos/manifestations/2011-04-19/36326/normale-sup-evacuee-par-la-police-a-paris.html


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Message  Gauvain le Jeu 21 Avr - 19:48

Communiqué de l'Assemblée Générale et de l'intersyndicale

suite à l'intervention policière du mardi 19 avril



Alors que les grévistes de la cantine et du ménage entraient dans leur centième
jour de grève, la Directrice de l’ENS, Monique Canto-Sperber, a pris la décision
de réprimer le mouvement social, profitant de la période des vacances pour que
l'affaire fasse le moins de bruit possible.

Le mardi 19 avril, à 6h du matin, les cinquante policiers/ères déployé-e-s dans
l'École ont enfoncé les portes des salons occupés à coups de bélier, sans
aucune sommation, détruisant au passage du mobilier national. Les policiers/ères
en civil et en uniforme qui bloquaient toutes les entrées de l'École ont arrêté
les treize personnes présentes, lesquelles ont été gardées plus de trois heures
au commissariat du 5ème arrondissement. Entre temps, un « mur de la honte »
était érigé en bas de l'escalier de la Direction.



La Direction vient ainsi rompre unilatéralement des négociations qui laissaient
enfin entrevoir des avancées sérieuses et une sortie de conflit.

Elle se cache derrière une décision de justice pour donner l'impression qu'elle
n'avait pas d'autre choix que « d'accepter » l'intervention policière. Mais cette
décision de justice, elle l'a provoquée ! Du constat d'huissier à la plainte
déposée au tribunal administratif, la direction a toujours joué un rôle
résolument actif dans cette affaire. Il s'agissait pour elle, après avoir cherché
en vain un soutien interne (directeurs/trices de département, professeur-e-s...),
de se donner un argument « juridique » pour ordonner l'intervention de la force
publique et déloger les grévistes et étudiant-e-s mobilisé-e-s.

Par ailleurs, la Direction fait courir via la presse la rumeur que l'occupation
mettait en danger la tenue des concours, ce qui est parfaitement faux: le service
des concours, situé au 46 rue d'Ulm, n'était pas bloqué et les écrits des
concours n'ont jamais lieu sur le site de l'ENS.



Cette intervention policière acte le refus de la direction de négocier une sortie
de crise acceptable pour les grévistes. Des CDIs ont été proposés à la
majorité d'entre eux, mais trois restent encore sans perspective de CDI. Comment
accepter un tel traitement inégalitaire après trois mois de grève ?

Sur ce point encore, la direction joue la confusion : elle prétend dans la presse
avoir proposé des titularisations à quelques grévistes, et que ceux-ci auraient
refusé la proposition. C'est évidemment faux, la titularisation étant depuis le
début du mouvement la revendication principale de l'Assemblée Générale !



*L'assemblée générale a voté en conséquence la poursuite de la grève
jusqu’à l’aboutissement des négociations et vous convie demain jeudi à un
grand banquet de soutien, à midi devant l'ENS.*


L'Assemblée générale, soutenue par l'intersyndicale CGT FERC Sup ENS, SUD
Etudiants ENS, UNEF ENS.
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Message  Gauvain le Ven 22 Avr - 18:20

Nouveau rebondissement, et de taille. Nous avons désormais la preuve certaine et irréfutable que Monique Canto-Sperber s'est personnellement opposée à la titularisation possible de 14 employé-e-s de l'Ecole, et ce pour de basses raisons politiques. Grâce à l'aide d'une main inconnue, nous avons récupéré plusieurs mails échangés entre personnes de la direction, dont certains contiennent des révélations pour le moins compromettantes sur le rôle des unes et des autres dans cette affaire.


Voici la lettre ouverte de l'AG :



Paris, le 22 avril 2011

Lettre ouverte à la Directrice de l’ENS.

Madame,


Nous, Assemblée Générale des personnel-le-s, élèves, étudiant-e-s en lutte de
l’ENS, avons pris connaissance ce matin d’une série de courriels émanant
manifestement des différents services administratifs de l’Ecole. Nous y avons
découvert avec consternation que toutes nos craintes étaient justifiées :
1. Concernant le « protocole CROUS », Coralie Waluga affirme : « il n’y aura
aucune garantie que les contractuels restent à l’ENS ». Nous rappelons qu’elle
avait dit exactement l’inverse aux grévistes. Elle leur a donc menti.
2. Concernant le « protocole Tron » dans lequel le secrétaire d’Etat à la
fonction publique proposait de donner 14 postes de fonctionnaires supplémentaires
pour le règlement du conflit à l’ENS, et que le travail de désinformation de la
Direction avait réussi à faire passer aux yeux de tous pour une invention de
l’AG, nous avons la preuve qu’il a bel et bien été proposé par le cabinet de
M. Tron et refusé par Mme Canto : « MCS redit bien qu’elle est contre ces 14
postes au restaurant de l’école, si elle veut des postes c’est pour des
professeurs. Toutes nos enquêtes et inspections disent qu’on a trop de
catégories C. Notre quadriennal ne demande que des A. D’ailleurs, cela serait
très mal pris dans l’école, la bibliothèque menace de se mettre en grève sur
le thème pourquoi eux et pas nous, nous avons eu des alertes en ce sens. (…) MCS
répond qu’il faut un protocole très clair pour le restaurant qui donne des CDI
immédiats au!
restaurant en contrepartie du passage au CROUS ensuite, mais sinon c’est le
reste de l’établissement qui se met en grève si on signe le protocole tel
quel. Elle pense pouvoir contenir le problème au restaurant pour que cela reste
circonscrit. » MCS est donc personnellement responsable du maintien dans la
précarité de ses employé-e-s en grève, qui auraient pu devenir fonctionnaires.
Elle est aussi coupable d’un vaste mensonge orchestré avec le ministère : «
Ils concluent la réunion en disant qu’on a le droit de rien dire (sic), surtout
pas que le cabinet de Pécresse négocie avec celui de Tron ». Mais il y a plus :
non contente de mentir à la communauté normalienne, MCS a aussi joué la
comédie devant ses supérieurs hiérarchiques au Ministère. On lit en effet
cette notation amusante : « MCS fait mine de le [le protocole Tron] découvrir en
séance ».
3. Concernant nos moyens d’action, qui suscitent la colère de la Direction et
nous ont valu l’intervention violente de la police, nous nous félicitons du
soutien de la Directrice Générale des Services. Une certaine Coralie écrit en
effet : « Finalement les élèves ont eu raison d’occuper les locaux, les
méthodes de terroristes sont celles qui fonctionnent le mieux donc…Je vais
peut-être revenir cagoulée lundi ! ».
4. Concernant les finances de l’Ecole, nous nous réjouissons de savoir qu’elles
se portent assez bien pour permettre des travaux inutiles, justifiés par les seuls
caprices de MCS. Une personne visiblement bien informée raconte cette anecdote
plaisante : « j’ai oublié de vous dire juste pour rire que la directrice a su
par un cafteur quelconque que le couloir du troisième étage du 29 était peint en
orange, elle n’est jamais venue, ça ne lui plaît pas, elle a fait dire à Pascal
Roussel qu’il allait falloir changer ça vite et que ce serait elle qui
déciderait la couleur ! Elle n’a vraiment rien d’autre à f… (sic) en ce
moment ? » Nous nous posons la même question. Par ailleurs, nous voudrions qu’on
nous explique pourquoi le montant de la prime de précarité attribuée aux
contractuel-le-s doit être négocié euro par euro alors que la Direction se permet
de telles dépenses. Si MCS n’aime pas la couleur orange, les précaires de
l’Ecole !
ont des problèmes plus urgents : se nourrir, se loger et se soigner. L’attitude
de MCS est scandaleuse, mais peut-être vaut-il mieux en rire qu’en pleurer.

Ce que nous demandons, pour notre part, a toujours été clair :
• Titularisations ou a minima un CDI immédiat pour tou-te-s les grévistes.
• Il n’est pas question d’une reprise du travail à la cantine si les
responsables contre lesquels des procédures disciplinaires sont en cours sont
toujours en cuisine, et ce pour la sécurité de tou-te-s.
• La prime de 1000 euros qui a déjà été négociée et votée dans les
instances de l’ENS, sur laquelle la Direction tente de revenir (nous rappelons
que, que ce soit en CDD ou en CDI, le statut est toujours de contractuel-le et non
de fonctionnaire comme cela devrait être le cas sur une fonction pérenne, ce qui
justifie un dédommagement).
• Le remboursement intégral des jours de grève.
• Un engagement écrit à ne demander ni poursuites ni sanctions contre les
personnel-le-s et étudiant-e-s ayant participé au mouvement. Les membres de l’AG
seront très vigilant-e-s sur ce point.


Les « fuites » de l’administration prennent toute leur saveur à la lumière du
dernier protocole de sortie de grève proposé par la direction en concertation avec
la direction nationale de la FERC-SUP CGT, en dehors de toute discussion avec les
grévistes. Ce protocole :
• Répond à la question de la titularisation par de simples vœux pieux placés
en préambule du texte.
• S’obstine à refuser à tou-te-s les grévistes un traitement égalitaire
puisque les trois personnel-le-s ayant moins de trois ans d’ancienneté devraient
se satisfaire d’un montage juridique hasardeux : des CDD comportant une promesse
de CDIsation en septembre (l’AG n’accorde plus aucune confiance à une Direction
dont les mensonges sont avérés. Nous rappelons que la Direction arguait il n’y
pas si longtemps de l’impossibilité totale de faire des CDI, ce sur quoi elle est
revenue, pourquoi donc refuser de les donner à tou-te-s les grévistes ?).
• N’apporte aucune garantie claire concernant la procédure disciplinaire
engagée à l’encontre du chef de cuisine.
• Revient sur la prime de précarité déjà négociée.


Regrettant que vous n’ayez pas jusqu’à présent jugé bon de prendre en compte
les revendications des grévistes, nous nous permettons de vous rappeler que vous
êtes seule responsable du blocage de la situation et de son durcissement potentiel.
Ce n’est pas en négociant dans nos dos avec les directions syndicales que vous
réglerez le conflit. Il est temps d’écouter la parole des grévistes !


L’assemblée générale des personnel-le-s, étudiant-e-s, et élèves mobilisé-e-s.


Dernière édition par Gauvain le Ven 22 Avr - 18:24, édité 1 fois
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Message  Gauvain le Ven 22 Avr - 18:23

A lire et à apprendre par coeur :

MCS redit bien qu’elle est contre ces 14
postes au restaurant de l’école, si elle veut des postes c’est pour des
professeurs. Toutes nos enquêtes et inspections disent qu’on a trop de
catégories C. Notre quadriennal ne demande que des A. D’ailleurs, cela serait
très mal pris dans l’école, la bibliothèque menace de se mettre en grève sur
le thème pourquoi eux et pas nous, nous avons eu des alertes en ce sens. (…) MCS
répond qu’il faut un protocole très clair pour le restaurant qui donne des CDI
immédiats au restaurant en contrepartie du passage au CROUS ensuite, mais sinon c’est le
reste de l’établissement qui se met en grève si on signe le protocole tel
quel. Elle pense pouvoir contenir le problème au restaurant pour que cela reste
circonscrit.
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Message  Gauvain le Ven 22 Avr - 18:38

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Message  Gauvain le Ven 22 Avr - 19:37

Un dossier récapitulatif sur les différents documents du mouvement (mails, communiqués, etc.)

http://www.eleves.ens.fr/home/sbizien/mvt_social/
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Message  Gauvain le Ven 22 Avr - 23:44

A part ça, la direction manie le bâton :

Dépêche AFP du 22 avril au soir


La direction de l'Ecole normale supérieure (ENS) de la rue d'Ulm, à Paris, qui a été occupée près d'un mois par des étudiants en soutien à des travailleurs précaires, a annoncé vendredi avoir déposé deux plaintes, notamment "pour dégradation de biens publics avec violences".

La direction et un collectif d'élèves de l'école sont en conflit depuis plusieurs mois, sur plusieurs sujets. Un mouvement social notamment, appuyé par des étudiants, a débuté le 10 janvier pour demander la titularisation d'une dizaine d'employés contractuels de cantine, de ménage, de bibliothèque.

Mardi matin, les locaux de la direction, qui étaient occupés depuis le 21 mars par des étudiants pour soutenir ces travailleurs précaires, ont été évacués par la police.

Dans un communiqué, la direction affirme que mercredi, "une dizaine d'élèves et contractuels grévistes de l'ENS sont entrés en force dans le service des ressources humaines de l'établissement et ont volé un dossier confidentiel posé sur le bureau de la DRG, intitulé +Mouvement social et restaurant+".

Jeudi, poursuit-elle, "plusieurs élèves et contractuels grévistes de l'ENS ont attaqué à coup de pied de biche et avec une grande violence une palissade en bois édifiée afin de protéger les locaux de la direction d'un risque de nouvelle occupation".

"La protection des forces de police" a été demandée, ajoute la direction.

"Deux plaintes ont été déposées au commissariat du Ve arrondissement, l'une pour +intrusion dans locaux de travail et vol de documents administratifs+, l'autre pour +dégradation de biens publics avec violences+", ajoute-t-elle.

Une source policière a confirmé vendredi le dépôt des deux plaintes et ajouté qu'une enquête avait été ouverte.

http://www.vousnousils.fr/2011/04/22/conflit-a-normale-sup-la-direction-depose-deux-plaintes-504850?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=conflit-a-normale-sup-la-direction-depose-deux-plaintes
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Message  Gaston Lefranc le Jeu 28 Avr - 16:08

109 jours de grève à l’ENS : soutenez les précaires et étudiant-e-s mobilisé-e-s, rejoignez-nous !

Depuis six mois, des précaires et des élèves/étudiant-e-s de l’École normale supérieure sont en lutte pour la titularisation des personnels en CDD depuis des années, sous-payés et surexploités. Depuis le 10 janvier, les précaires du restaurant et du ménage font grève et le restaurant est fermé. La lutte est autofinancée (par la vente de sandwiches tous les midis et des banquets de soutien hebdomadaires) et auto-organisée : l’ensemble des décisions sont prises en Assemblées générales quotidiennes, qui réunissent syndiqués (CGT, Sud-Étudiant, UNSA) et non syndiqués. Les syndicats locaux, les fédérations syndicales de l’enseignement supérieur et celles de la Fonction publique ont apporté leur soutien.

Le 19 avril, au 100e jour de grève, la directrice Monique Canto-Sperber a appelé la police pour évacuer brutalement les bureaux de la direction occupés par les grévistes et élèves/étudiant-e-s durant 4 semaines. 13 camarades ont été retenu-e-s au commissariat pendant trois heures. De plus, la directrice a déposé plusieurs plaintes pour tenter de nous intimider. Bref, au lieu de satisfaire les revendications légitimes des précaires, elle choisit la répression !

Pourtant, des fuites récentes de mails prouvent que la directrice n’a cessé de mentir et de mépriser les travailleur-se-s et élèves/étudiant-e-s mobilisés et qu’elle a refusé un protocole d’accord négocié entre l’UGFF-CGT et le secrétariat d’État à la Fonction publique, qui offrait 14 créations de postes comme moyen de sortir du conflit. Elle a nié l’existence de ce protocole car elle refuse de titulariser des précaires de catégorie C pour réserver les postes de fonctionnaires aux seul-e-s professeur-e-s et ingénieur-e-s ! Ce refus méprisant, appuyé par la ministre Valérie Pécresse et des conseillers de Sarkozy, est dû aussi à la crainte de voir la grève s’étendre à tou-te-s les précaires de l’ENS, mais aussi aux autres facs, voire au-delà. C’est bien la question posée par la grève déterminée de l’ENS de la rue d’Ulm et des personnels et étudiant-e-s de l’ENS de Lyon viennent d’entrer à leur tour en lutte contre la précarité !

La lutte paie : la directrice a déjà cédé une prime de 1000 euros pour les contractuels et des CDI (Contrats à durée indéterminée) pour les précaires présent-e-s à l’ENS depuis plus de 3 ans. Cependant, la grève continue car elle refuse d’accorder un CDI immédiat pour 3 grévistes qui ont moins d’ancienneté, elle n’a toujours pas sanctionné le chef odieux du restaurant dont les grévistes exigent le départ, elle refuse de céder aux personnes en CDI la prime de 1000 euros gagnée pour les personnels en CDD et elle maintient ses plaintes contre les personnes mobilisé-e-s.

Nous, AG des personnels et étudiant-e-s en lutte de l’ENS, appelons les personnels de l’enseignement supérieur et les étudiant-e-s
- à nous soutenir en versant à la caisse de grève, en passant en semaine à l’heure du déjeuner au 45 rue d’Ulm, Paris 5e, RER Luxembourg ;
- à participer au meeting de solidarité mercredi 4 mai à 19h à l’ENS, qui sera suivi d’un banquet de soutien ;
- à nous rejoindre activement dans la lutte


La précarité explose dans toute la Fonction publique (près de 900 000 précaires) et notamment dans l’enseignement supérieur, en même temps que le gouvernement supprime des dizaines de milliers de postes de fonctionnaires depuis des années. Il faut construire un mouvement national contre la précarité, pour la titularisation des précaires. La seule solution est d’entrer en lutte, de se réunir en Assemblée générale dans les lieux de travail, de s’auto-organiser avec le soutien des syndicats. Les directions nationales des syndicats peuvent et doivent s’engager résolument sur cette voie.

Contact : mobilisation_ens@yahoo.fr

Gaston Lefranc

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Message  fée clochette le Mar 10 Mai - 15:17

Montreuil, le 10 mai 2011
Lettre ouverte à Madame Monique Canto-Sperber, Directrice de l'Ecole Normale Supérieure



Madame la directrice,
Le mouvement de grève des personnels de la cuisine et du ménage de l'ENS commencé le 10 janvier 2011 et soutenu par des élèves de l'établissement arrive au terme du quatrième mois.
Il aura fallu attendre cette échéance pour que, le jeudi 5 mai vous acceptiez enfin d'engager des négociations directes avec les personnels en grève et leur organisation syndicale dans l'établissement. En envoyant le soir même les trois derniers contrats aux personnels pour lesquels un accord n'avait pas encore été possible jusque-là, vous avez accédé à la revendication centrale de ce mouvement : un contrat à durée indéterminée immédiat pour tous les personnels en grève.
Dès lors, il n'y a plus d'obstacle pour qu'un protocole de fin de mouvement soit signé au plus vite.

Ce protocole ne peut que s'appuyer sur la trame du protocole mis au point le 13 avril et que vous avez fait parvenir aux personnels en grève par notre intermédiaire. Tout recul de votre part sur les acquis de ce protocole, tant pour les personnels que pour les élèves serait inévitablement interprété comme une provocation de dernière minute préjudiciable au règlement du conflit.
En l'occurrence, en déclarant lors de la réunion du jeudi 5 mai votre intention de traduire les élèves impliqués dans le mouvement social devant le conseil de discipline de l'ENS, vous avez notamment pris la responsabilité d'introduire délibérément une revendication nouvelle et légitime des grévistes qui rend très difficile, voire impossible, tout arrêt rapide du mouvement.
Quelles que soient les motivations de cette annonce, nos organisations CGT n'accepteront pas qu'à l'issue de cette grève des mesures répressives soient engagées à l'encontre de personnels ou élèves grévistes ou ayant soutenu ce mouvement.
Nous nous y opposerons avec force et détermination et nous demanderons à cet effet au syndicat CGT de l'établissement d'être vigilant et de nous informer sans délais de toute disposition qui pourrait s'apparenter à de la répression syndicale.
Vous devez renoncer publiquement, Madame la directrice, à toute forme de sanction syndicale et nous vous demandons expressément de tout mettre en œuvre pour parvenir à une conclusion immédiate et acceptable d'un conflit dont personne ne souhaite aujourd'hui la poursuite.
Soyez assurée, Madame la directrice, de tout notre attachement aux valeurs du Service public et aux principes fondateurs de la Fonction publique.

Jean-Luc ANTONUCCI, Co-secrétaire général de la FERC Sup CGT
Richard BÉRAUD, Secrétaire général de la FERC CGT
Jean-Marc CANON Secrétaire général de l'UGFF CGT
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