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Message  nico37 Dim 22 Mai - 4:13

Les ralliements à Marine Le Pen restent marginaux

Par Gérard Bon | Reuters – jeu. 19 mai 2011 Édité par Yves Clarisse

PARIS (Reuters) - Marine Le Pen tente de rallier des personnalités d'horizons divers à sa candidature présidentielle en 2012 afin d'élargir son assise électorale, mais ses trophées restent pour l'instant rares.
Des politologues, interrogés par Reuters, conviennent que la présidente du Front national, rompant avec l'image sulfureuse de son père, a gagné un niveau de respectabilité inédit pour sa famille politique à un an de la présidentielle.
Mais ils doutent qu'elle puisse obtenir de nombreux soutiens à court terme. "Les ralliements de personnalités au FN de Marine Le Pen sont encore marginaux", dit le sociologue Sylvain Crépon.
En revanche, le mouvement autour de la présidente du Front national pourrait s'amplifier en 2012 si elle parvient à provoquer une recomposition de la droite à la faveur d'une défaite de Nicolas Sarkozy à la présidentielle.
"Elle ne sera pas au second tour", estime ainsi un ancien conseiller présidentiel. "Mais si Sarkozy est battu, la droite va imploser et Marine Le Pen a un espace énorme."
Marine Le Pen peut compter pour l'instant sur le soutien de l'avocat médiatique Gilbert Collard, qui se dit "mariniste", et du souverainiste Paul-Marie Coûteaux.
Le journaliste Robert Ménard a dénoncé de son côté dans un pamphlet la "police de la pensée" qui chercherait à bâillonner l'extrême droite, sans pour autant s'engager aux côtés de la présidente du FN.
Soucieuse de faire sauter le cordon sanitaire autour de son parti, Marine Le Pen a aussi affirmé qu'elle bénéficiait des conseils d'experts et de hauts fonctionnaires.

DOUTES SUR LES RALLIEMENTS

Elle a refusé de divulguer leurs noms "pour ne pas nuire à leur carrière", mais ses adversaires expriment leurs doutes.
Le FN voudrait enfin persuader l'ancien sénateur gaulliste Michel Caldaguès, 84 ans, de conduire une liste aux sénatoriales à Paris.
Le chercheur Jean-Yves Camus, spécialiste de l'extrême droite, ne voit rien de nouveau dans ces ralliements au compte-gouttes, soulignant qu'en 1986 Jean-Marie Le Pen avait déjà fait élire à l'Assemblée nationale des personnalités de droite dans le cadre d'un rassemblement électoral.
"Il y a une tendance curieuse à parler perpétuellement de ralliements alors qu'ils ne sont que deux ou trois", dit-il.
Pour le chercheur, les soutiens de Gilbert Collard, dont le blog est depuis longtemps repris par le site Nation presse info, proche du FN, et de Paul- Marie Couteaux, qui a beaucoup navigué d'un parti à l'autre, étaient "parfaitement prévisibles."
"Quant aux experts et hauts fonctionnaires, on est sceptiques. Nous y croirons quand ces personnes accepteront d'apparaître", dit-il.
Un constat partagé par le sociologue Sylvain Crépon.
"Les ralliements de personnalités du monde économique ou de la haute administration, s'ils s'avèrent réels, ce qui reste à démontrer, sont encore anonymes", souligne-t-il.
Sylvain Crépon note aussi que Gilbert Collard a pris soin de préciser qu'il ne prenait pas sa carte au FN, "même s'il souhaite conseiller Marine Le Pen."

RENCONTRE AVEC UN MINISTRE UMP ?

Selon lui, la dédiabolisation du Front national se manifeste davantage au niveau des intentions de vote et des perspectives d'alliances avec la droite.
"Ainsi, en 2004, 22% des sympathisants de la droite de gouvernement étaient prêts à des alliances avec le FN. Aujourd'hui, ils sont plus de 40%. Preuve que le cordon sanitaire se fissure dans une partie de l'opinion", dit-il.
Pour le sociologue, les choses changeront sans doute sur le long terme si Marine Le Pen parvient à entamer une véritable alliance avec la droite, contribuant ainsi à asseoir son parti dans une logique de gouvernement.
"Mais il s'agit là d'une perspective sur les moyen ou long termes, soit après la présidentielle de 2012. D'ici là, elle va jouer contre Nicolas Sarkozy pour le faire perdre et forcer ainsi la droite à se reconstruire avec le FN", dit-il.
Selon Le Canard enchaîné, paru mercredi, Marine Le Pen a récemment déjeuné avec le secrétaire d'Etat aux Transports, Thierry Mariani, l'un des animateurs de la Droite populaire, collectif de 44 députés constituant l'aile droite de l'UMP.
Une information démentie par Marine Le Pen. "C'est faux, j'étais dans ce restaurant mais avec six de vos confrères", a-t-elle dit au journaliste de RMC qui lui demandait de confirmer cette rencontre.
L'un des membres de la droite populaire, Christian Vanneste, a récemment milité pour la fin du cordon sanitaire à l'égard du parti frontiste en vue des élections législatives de 2012.

nico37

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Front national - Page 15 Empty Le Front National et la « sortie de l’Union Européenne »

Message  Roseau Dim 22 Mai - 18:00

Une bonne réponse, pédagogique, dans La Riposte
http://www.lariposte.com/le-front-national-et-la-sortie-de,1621.html
Roseau
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Message  nico37 Lun 23 Mai - 22:33

http://www.npa2009.org/content/médias-marine-le-pen%E2%80%89-en-quête-de-compléments

MÉDIAS MARINE LE PEN : EN QUÊTE DE COMPLÉMENTS
lundi 23 mai 2011
Publié dans : Hebdo Tout est à nous ! 103 (19/05/11)
L’émission Complément d’enquête, le 9 mai dernier sur France 2 dont le thème était « Présidentielle : la tentation de l’extrême droite » ne manquait pas d’intérêt. Mais là où le bât blesse, c’est lorsqu’il s’agit de faire le portrait de Marine Le Pen.

Les reportages où figuraient les UMPistes et Claude Guéant ainsi que l’interview de Jean-François Copé illustraient parfaitement « la stratégie de cooptation des thèmes sans collaboration », décrite par Florence Haegel1, et ses dynamiques induites2.

La mise « au banc d’essai » des militants et le « folklore » de certains candidats frontistes (Gabriac, Durand-Decaudin…) éclairaient la xénophobie, le racisme et l’anti sémitisme virulents qui s’expriment dans les rangs du FN (mettre les Arabes dans des camps, rallumer les fours…) par des propos ou des postures peu éloignés de ceux de certains militants skinheads et néonazis d’un quatrième reportage. Soulignant d’autant plus le double langage des cadres frontistes (il ne faut pas dire « il y a trop d’immigrés en France », mais « nous sommes opposés à l’immigration clandestine et régulière car la France n’a plus les moyens de les entretenir »). Ce que l’on retient, c’est que Marine Le Pen allait faire le ménage. Mouais.

Lorsqu’il s’agit de présenter la présidente du Front national, on change de registre. On veut nous montrer « sa vie, sa famille, ses souffrances » plutôt que son parcours politique, ses amitiés et ses soutiens, ses positions politiques, ses réseaux.
Comme un copié-collé de son autobiographie, rééditée récemment, le reportage nous assigne d’emblée à l’empathie vis-à-vis de cette fillette de 8 ans, victime de l’attentat contre le domicile familial (l’attentat n’a jamais été revendiqué ni l’affaire élucidée, mais comme pour François Duprat, il n’est pas absurde d’émettre l’hypothèse d’un règlement de comptes entre factions d’extrême droite) ou encore de l’adolescente subissant le départ médiatique de sa mère (l’ex-dirigeant frontiste Lorrain de Saint-Affrique nous rappelle néanmoins l’attitude de la benjamine Le Pen au lendemain de la parution, en 1984, de Libération qui titrait Torturé par Le Pen).

Pas un mot sur sa présidence d’honneur au Cercle national des étudiants de Paris, pseudopode étudiant du FN qui visait à « démarxiser » l’université avec le soutien du GUD de l’époque. Rien sur l’amitié nouée avec ceux qui produisent aujourd’hui la propagande du FN (Chatillon, Mahé…) et gardent le contact avec les franges radicales de l’extrême droite. Rien sur ses soutiens internes néofascistes (Maillard, Bouchet père et fils) qui se sont vu affecter à des postes d’encadrement (Loire-Atlantique, FNJ).

Encore rien sur sa volonté de supprimer le droit du sol, de dérembourser l’IVG, sur le partenariat frontiste avec le Jobbik hongrois (voir Tout est à nous ! n°100) ou sur son interview à Haaretz : « Êtes-vous prête, aujourd’hui, à dénoncer le régime du maréchal Philippe Pétain et les crimes du fascisme français ? - Absolument pas ! » Pénible.
Quelques heures avant la diffusion de l’émission, Marine Le Pen annule sa participation refusant « qu’on associe le terme ‘extrême droite’ au Front national dans la mesure où cela assimile son parti à des mouvances politiques avec lesquelles elle n’entretient aucun rapport ». Rigolade !

Gabriel Gérard

1. La Revue socialiste, n°41.
2. Le week-end dernier, à Besançon, c’est aux cris de « y en a marre des bougnoules » que la secrétaire d‘État à la Jeunesse, Jeannette Bougrab, a été prise à partie par un militant UMP soutenu par un bon tiers des 150 participants à la formation régionale UMP.

nico37

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Message  nico37 Sam 28 Mai - 22:05

INTERNET: L’IMMIGRATION RÉUSSIE DE L’EXTRÊME DROITE PAR ALEXANDRE LÉCHENET LE 17 MAI 2011

Face à une presse qu'ils disent muselés par l'hégémonisme culturel, les militants d'extrême droite se sentent libres et s'installent de plus en plus confortablement sur Internet, depuis les groupes de discussions jusqu'aux pages Facebook.

Face à la stratégie de diabolisation qu’opèrent les médias grand public vis à vis de l’extrême droite, il est difficile pour ses leaders de se faire entendre, et de faire entendre leurs causes. C’est en substance le cadre de l’intervention de Jean-Yves Le Gallou le 25 octobre 2008. Ancien cadre du FN puis du MNR et fondateur du think-tank Polemia, il s’inspire du théoricien communiste Antonio Gramsci pour inciter les militants d’extrême-droite à investir massivement le web. Il développe son argumentaire en 12 thèses.

Les instruments utilisés pour influencer l’opinion n’ont jamais été aussi puissants [mais] ces moyens d’influence ont été utilisés par les élites dominantes pour imposer une idéologie de rupture avec les traditions du passé.

Raillant une idéologie du politiquement correct, il trouve en Internet “un instrument de mobilisation, un moyen de construire sa réflexion et son action de manière indépendante” et surtout “un moyen de contourner la diabolisation“. Il donne donc comme conseil aux militants d’extrême droite d’augmenter le contenu disponible.

Une présence historique

L’extrême droite n’avait pas attendu Jean-Yves Le Gallou pour asseoir sa présence sur Internet. Il avait été, en 1995, un des premiers partis à s’installer sur ce nouveau média. En 2004, Datops prétend que le Front National est le plus présent parmi les forums politiques de Usenet. Une page explique même en 2006 aux militants sur quels forums s’inscrire et comment s’y comporter. Le but est d’occuper le terrain pour “prendre la température sans le filtre des médias” et de prendre des contacts pour diffuser les idées. Un rédacteur de la Section Numérique du PS expliquait à l’époque comment, en observant les listes de discussion, on pouvait suivre les militants d’extrême droite se synchroniser pour lancer des discussions, se coordonner dans leurs réponses ou calmer l’ardeur des militants trop expansifs.

Des espaces libérés

En 2003, le MRAP avait sorti un rapport sur la Naissance d’une nouvelle extrême droite sur Internet pour “provoquer une prise de conscience sur la montée de cette islamophobie“. Principalement concentré sur SOS-Racailles, un forum reprenant la charte de SOS Racisme pour dénoncer le racisme anti-blanc et la “racaille” des banlieues, le rapport tente de démasquer les personnes tenant les différents sites pour alerter les autorités. Le réseau autour de SOS-Racailles se concentrait autour de l’hébergeur Liberty-web, basé aux USA. Selon Transfert.net, parmi les 26 sites visibles sur le portail de Liberty-web, 24 étaient “ouvertement racistes, nationalistes, catholiques intégristes, royalistes ou sionistes extrêmes“.

La réinformation

Face à ce qu’ils considèrent comme une idéologie dominante et une hégémonie culturelle, les militants d’extrême droite pratiquent sur Internet ce qu’ils qualifiient de “réinformation”. C’est notamment le rôle que veulent jouer l’agence de presse indépendante Novopress ou le site fdesouche. Ce site, démarré en 2005, présente tous les jours une revue de presse, légèrement biaisée. Célèbre pour de nombreux buzz, notamment une vidéo montrant un prof agressé à Porcheville. Il avait également servi de caisse de résonance dans l’histoire de l’agression d’un jeune dans un bus par des “racailles”.

Un des leviers à leur disposition pour essaimer leurs idées est leur présence sur les forums, notamment de jeunes. Ainsi, en 2008, Justine Brabant, du site Arrêt sur image, soulignait les stratégies d’installation des militants dans le forum 15-18 de JeuxVideo.com, et de la communauté noëliste, un groupe formé par les habitués du forum, qui se rassemble autour d’un smiley “Père Noël”. Les commentateurs de fdesouche estimaient que cette communauté, similaire dans l’esprit à 4chan, où les jeunes repoussent les limites du bon goût et le sens des valeurs, formerait un terrain favorable aux idées de fdesouche.

Investir les réseaux sociaux

Jean-Yves Le Gallou n’a fait que pointer du doigt un phénomène déjà bien en place. À la fin de sa déclaration, il le remarque en se félicitant :

Je ne peux m’empêcher d’établir un parallèle entre l’arrivée d’Internet dans les années 1995 et la montée progressive des mouvements populistes en Europe. [...] Ne boudons pas les bonnes nouvelles !

Aujourd’hui, les militants investissent les médias sociaux, faisant du Front National et du Parti Anti-Sioniste les deux partis les plus populaires sur Facebook. À l’heure où le FN souhaite se dédiaboliser, les militants assument de plus en plus facilement leurs positions. Et Internet permet une libération de la parole publique et sort les gens de leur isolement, trouvant des personnes similaires près de chez eux.

En avril 2010 d’ailleurs, Jean-Yves Le Gallou remet à jour ses thèses en parlant de la presse qui désinforme et d’Internet qui réinforme. L’occasion pour lui de reconnaître le travail accompli sur Internet et d’indiquer le nouveau terrain à conquérir pour l’extrême droite : l’humour.

A nous de nous réapproprier le rire et la dérision.

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Message  ramiro Mer 1 Juin - 13:54




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Message  ramiro Mer 1 Juin - 14:04

nico37 a écrit:
INTERNET: L’IMMIGRATION RÉUSSIE DE L’EXTRÊME DROITE PAR ALEXANDRE LÉCHENET LE 17 MAI 2011


Les instruments utilisés pour influencer l’opinion n’ont jamais été aussi puissants [mais] ces moyens d’influence ont été utilisés par les élites dominantes pour imposer une idéologie de rupture avec les traditions du passé.

A nous de nous réapproprier le rire et la dérision.

Intéressante analyse que nous devrions sans doute méditer afin d'agir, nous aussi, dans cette espace public.
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Message  nico37 Jeu 2 Juin - 0:33

FN: Vous avez dit « purges »?

L'essentiel: Yvan Benedetti, bras droit de Bruno Gollnisch est convoqué en commission de discipline le 16 juin. Il risque l'exclusion. Christian Bouchet, soutien de Marine Le Pen, est démis de ses fonctions de secrétaire départemental adjoint de Loire-Atlantique.- (Droites extrêmes)

Les militants pro-Gollnisch issus de l'Oeuvre française vont se faire de plus en plus rares au Front national. En pleine statégie de "dédiabolisation", le parti de Marine Le Pen multiplie les convocations à la commission de discipline de ces soutiens un peu "encombrants".


Fin avril, Alexandre Gabriac avait été exclu du FN, sur décision de Marine Le Pen, après qu'une photo le montrant faire le salut nazi devant un drapeau à croix gammée a été diffusée sur le site Internet du Nouvel Observateur.
En tout, il y a eu dix-sept convocations au mois d'avril dont quinze concernaient des militants pro-Gollnisch. Parmi ces quinze, treize sont de la fédération Rhône-Alpes, fief à la fois du candidat malheureux au congrès et de l'Oeuvre française, le groupuscule pétainiste et antisémite de Pierre Sidos. Au final, treize militants ont été exclus, deux cas sont en attente de décision.

Mais une dernière convocation, pour le 16 juin, concerne Yvan Benedetti. Dirigeant de l'Oeuvre française - qu'il a quitté "officiellement" le 1er aout 2010 mais dont il continue à organiser les troupes- il a été le chef d'orchestre de la campagne de Bruno Gollnisch pour le congrès. Il avait la main sur les Jeunes avec Gollnisch ainsi que sur l'association des Amis de Bruno Gollnisch. C'est un personnage important dans la galaxie des opposants à Marine Le Pen. Les marinistes ne l'aiment pas et il le leur rend bien.

En octobre 2010, il avait déjà été convoqué devant l'instance disciplinaire du Front national pour sa double appartenance au FN et à l'Oeuvre Française. Il avait été relaxé. Là, ça risque d'être plus difficile pour lui. On lui reproche notamment d'avoir agressé physiquement un militant FNJ et d'avoir participé à des manifestations le matin et l'après-midi du 8 mai non organisées par le FN (voir ici et là). S'agissant de celle du matin, M. Benedetti avait indiqué à l'AFP être là "en tant que spectateur". L'après-midi, il était dans le cortège de l'institut Civitas, tout comme Alexandre Simonnot et Cyril Bozonnet, deux cadres marinistes.
Ou encore d'avoir déclaré à une étudiante en journalisme de l'ESJ qui contribue au site Trans-Europe extrêmes qu'il était "antisioniste, antisémite, antijuif". Des déclarations qui laisse dubitatif même Louis Aliot, un de ses adversaires les plus combatifs. "Est-ce que c'est vrai? C'est tellement gros que ça me paraît suspect. Mais nul doute, le connaissant, qu'il l'assumera s'il l'a dit.". Pour l'heure, aucun droit de réponse n'a été publié sur le site de Trans-Europe extrêmes.

Fusibles "marinistes"

Un autre motif de convocation est son communiqué de soutien à Marine Le Pen après l'annulation de sa participation au Forum de Radio J. Un texte que la direction du Front juge provocateur.

Bruno Gollnisch se trouve ainsi de plus en plus isolé au sein du Front national. Déjà, la 1er mai, il avait été privé de tribune (voir ici). Aujourd'hui, celui qui a recueilli plus de 30% des voix lors du congrès interne, pourrait se retrouver sans troupes. Un problème qui pourrait se décliner au conseil régional de Rhône-Alpes, où siègent Alexandre Gabriac et Olivier Wyssa (vice-président du groupe FN) qui a démissionné avant d'avoir son exclusion prononcée.


Du côté de la direction du FN, on rejette l'idée d'un quelconque "purge" des pro-Gollnisch. "Ce sont les gens du département de l'Ain. Ils ont retiré leurs candidatures aux cantonales, deux semaines avant le dépôt officiel. Ils disaient que c'était parce que Marine Le Pen avait gagné. C'est un scandale abominable d'agir comme ça, c'est dégueulasse!", tempête Wallerand de St-Just, membre de la commission de discipline. Sur l'Oeuvre française, il ajoute qu'un "mur sera dressé entre le FN et eux. Aucun entrisme ne sera toléré. Il y a la question du positionnement politique et de leur comportement, avec la perpétuelle référence au fascisme et au nazisme".
Chez les "marinistes", on veut aussi se séparer des soutiens "embarrassants". Partisan de Marine Le Pen, Thierry Maillard est ainsi attendu devant la commission de discipline du 16 juin. Ennemi juré d'Yvan Benedetti (et inversement), il est aussi passé par l'Oeuvre française. Sur un des blogs qu'il anime, il rend hommage aussi bien à Jacques Doriot qu'à François Duprat. Ce n'est pas cela qu'on lui reproche, mais de s'être accroché avec un journaliste de France 3.

Autre "fusible" de leur camp que les marinistes font sauter: Christian Bouchet. Lui ne risque pas l'exclusion mais cette figure des nationalistes-révolutionnaires n'est plus secrétaire départemental adjoint de Loire-Atlantique. La raison officielle: le site VoxNR, clairement nationaliste-révolutionnaire, antisioniste et pro-Iranien, qu'anime M. Bouchet.

"On ne peut pas animer des sites qui n'ont rien à voir avec le Front et avoir des responsabilités", justifie Louis Aliot qui, pourtant, a la main sur Nations Presse info, site ultra-mariniste qui reprend régulièrement des textes de VoxNR.
Déjà, Marine Le Pen s'était désolidarisé de lui, lors de son interview à la radio israélienne, 90FM, au mois de mars.

M. Bouchet, quant à lui, préfère présenter cela comme sa "démission". Voici ce qu'il nous a écrit ce jour : "Je suis surpris que ma démission du poste de Secrétaire départemental adjoint ait pu vous être annoncée, et, semble-t-il, confirmée, alors que si je l'avais envisagée, je ne l'avais pas encore formalisée (...). Cette démission, maintenant effective, n'est motivée par aucune pression interne ou externe au Front national et n'a aucune raison politique ou idéologique. Ce qui m'avait conduit à l'envisager était une double nécessité : me libérer du temps pour mener à bien d'autres activités, principalement axées autour de la presse; de permettre une remise à plat de l'organisation de la fédération 44 du FN, au bureau de laquelle je continue d'appartenir et dont j'envisage de porter les couleurs lors des élections à venir.
En aucun cas, cette démission ne constitue de ma part la manifestation d'un éloignement du Front national ou d'un désaccord avec la ligne que celui-ci suit. Tout au contraire, je me félicite chaque jour de l'action de Marine Le Pen et des positions qu'elle prend, et mon soutien à celle-ci est total."

nico37

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Message  nico37 Ven 3 Juin - 20:44

Le FN veut faire la police dans les salles de classe et les journaux

«Il y a ici ou là des personnes qui, parce qu'ils ont des leviers dans l'éducation nationale, ou autres, en profitent pour faire du bourrage de crâne. Ce professeur est très hostile au Front», comme «beaucoup de profs d'histoire en général. Je l'ai vécu moi-même au lycée!». Voilà comment Steeve Briois, bras droit de Marine Le Pen et secrétaire général du FN, justifie la mise en cause par son parti d'un enseignant de Narbonne (Aude).

Le 24 mai, le responsable du FNJ, le mouvement des jeunes frontistes, a en effet publié une lettre envoyée au proviseur du lycée Diderot de Narbonne, dans laquelle il s'en prend à un professeur d'histoire membre de la CGT et par ailleurs ancien militant au Parti communiste.

Ce courrier a été diffusé largement sur les sites du Front national (le FN de l'Aude; Nations Presse, etc.) et assorti d'une Une de la revue Histoire sur les «crimes cachés du communisme». En ligne de mire du FN, un cours d'histoire de terminale dans lequel le professeur évoque la naissance de l'extrême droite française. Dans la lettre, Loïc Bouzat, le responsable local du FNJ, qui n'étudie pas dans ce lycée, explique écrire «suite à la sollicitation de plusieurs élèves de (l')établissement» et affirme avoir été «informé à plusieurs reprises» de propos tenus «diffamants et insultants à l'égard du Front national» tenus «durant ses cours». «Sous prétexte de contextes historiques, d'amalgames et de confusions, il diffuse une propagande politique, certes conforme avec ses engagements politiques, mais pas avec la réalité, ni avec son obligation de neutralité due à son métier», écrit-il, en demandant au proviseur d'«intervenir».

Contacté par Mediapart, Xavier Verdejo, le professeur, raconte: «C'était un cours sur la IVe et la Ve République dans lequel j'évoquais la montée des extrêmes, le poujadisme. J'ai expliqué le parcours de Jean-Marie Le Pen, son action durant la guerre d'Algérie, la création du FN, sa carrière de député. J'ai parlé du “détail de l'histoire” en reprenant sa citation exacte. Des choses classiques, tout à fait conformes au programme! Cela n'a déclenché aucune réaction durant le cours.»

Il en a, en revanche, déclenché dans les médias (l'affaire s'est retrouvée en Une des trois quotidiens locaux ici et là ou encore là) et surtout sur les sites du Front national et sur les réseaux sociaux du mouvement où «un torrent de haine» a été déversé, selon Xavier Verdejo. Bruno Gollnisch s'est emparé de l'affaire. Sur son blog, dans un billet intitulé «Sois jeune et tais-toi», l'ancien dauphin de Jean-Marie Le Pen dénonce un «lavage de cerveau» et s'en prend aux «professeurs roses-rouges-verts» qui ont mené «l'embrigadement des élèves en 2002, pendant l'entre deux tours de la présidentielle», ainsi qu'aux «petits kapos de la police de la pensée».

«L'école est bien évidemment un lieu de stricte neutralité politique où les “propos dégueulasses” sont bannis», écrit-il, assurant avoir reçu lui-même «de nombreux témoignages de parents d'élèves (...) faisant part des propos haineux véhiculés sur le Mouvement national par de nombreux enseignants», notamment lors des élections cantonales de mars.

Même discours du côté de la présidente du FN. «Les élèves de ce lycée ont été victimes de terrorisme intellectuel, explique son secrétaire général, Steeve Briois. Jusqu'à son dernier souffle on reprochera à Jean-Marie Le Pen cette histoire (Ndlr - le “détail de l'histoire”)! Dans ce cas, faisons le procès des pédophiles, des écrits de Daniel Cohn-Bendit ou de Frédéric Mitterrand, parlons de François Mitterrand et son ami René Bousquet!»

Que «votre scribouillard n'écrive plus sur le Front national»

«Je n'allais pas traverstir l'histoire du FN pour leur faire plaisir!», rétorque Xavier Verdejo qui dénonce une «tentative d'intimidation du FN» et note que c'est «à sa connaissance la première fois qu'un parti politique fait irruption dans une salle de classe.» Le professeur a reçu le soutien de nombreux collègues, ainsi que d'historiens comme Jacques Giraud et Rémy Pech. Dans un email de soutien que s'est procuré Mediapart, celui-ci se dit «prêt à dégainer» «s'il faut prendre des initiatives publiques».

Le 27 mai, tous les élèves de la classe en question ont, à leur propre initiative, rédigé une lettre de soutien à leur professeur (ci-dessous – pour respecter l'anonymat des élèves, leurs signatures ont été retirées):

Le proviseur du lycée a vivement défendu l'enseignant, «un homme apprécié et attentif, profondément humain et toujours présent dans les moments durs», «soutenu par l’ensemble de ses collègues». Il a également rappelé que son établissement «s'inscrit pleinement dans les règles qui régissent le service public d'éducation, principes de neutralité et de laïcité». Xavier Verdejo a consulté son avocat le 26 mai pour entamer une procédure et compte «porter plainte».

Côté FN, la consigne est passée localement de ne «pas communiquer là-dessus». «On attend la fin du bac», explique à Mediapart Robert Morio, le secrétaire départemental du FN (et conseiller régional frontiste), affirmant que «des pressions ont été exercées sur les élèves». «Je ne suis pas sûr qu'il fasse l'unanimité», assure-t-il.

Ce n'est pas la première fois que le FN local intervient pour s'en prendre à des propos qui ne lui ont pas plu. Le 23 février 2010, lors de la campagne des régionales, Robert Morio avait demandé que Joël Ruiz, journaliste à La Dépêche du Midi, à Carcassonne, «n'écrive plus sur le Front national, ni sur (lui), et n'assiste plus à (ses) conférences de presse», le traitant de «scribouillard».

«Votre journaliste, loin de toute indépendance et du désir d'informer, commente, interprète et réécrit mon communiqué, m'insultant, me dénigrant, exprimant ses fantasmes politiques», écrivait-il dans une lettre adressée au rédacteur en chef du journal, rappelant qu'il était «un élu de la République».

Le journaliste affirme à Mediapart qu'un membre de la garde rapprochée de Robert Morio s'est présenté «à la rédaction» pour l'identifier physiquement. Ce que nie le conseiller régional frontiste, qui reconnaît en revanche avoir écrit à son rédacteur en chef car «ce journaliste fait preuve d'insultes et d'irrespect». «S'il venait à l'une de nos conférences de presse, on lui interdirait l'accès, explique-t-il. Nous publions des communiqués qui sont déformés ou non repris dans la presse. Il m'arrive fréquemment d'écrire aux rédacteurs en chef. En janvier, j'ai écrit à celui du Midi Libre car il avait envoyé un journaliste à notre conférence de presse sur le bilan du congrès de Tours et ils n'ont pas fait d'article!»

Une pratique cautionnée du côté de Marine Le Pen. «Certains comportements de journalistes peuvent déclencher cela, justifie Steeve Briois. Moi, je connais des journalistes, par exemple à Fourmies (Nord-Pas-de-Calais), que je ne ferai pas entrer dans mes conférences de presse parce qu'on a des contentieux avec eux». Même si, reconnaît-il au sujet du cas de l'Aude, «à chaud il arrive que cela dérape».

nico37

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Message  nico37 Dim 5 Juin - 2:08

Les nouveaux soldats du Front national

Le FNJ regrouperait 10.000 adhérents, quand le FN en compterait 22.400. Un poids des moins de 30 ans que le parti de Marine Le Pen veut faire fructifier. Le nouveau credo: la formation.

Une belle matinée de printemps à Paris. C’était le 1er mai, et plus de 3.000 personnes, militants ou sympathisants, s’étaient donné rendez-vous pour défiler dans les rues de la capitale.

Sur les marches de l’opéra, un jeune d’à peine 20 ans, en jean et t-shirt bleu marine, porte un drapeau où est inscrit le thème du jour, «Liberté». Il se balade, en souriant, et aborde confiant deux touristes égarées. «Vous êtres étrangères?» «Oui, nous sommes suédoises». «Vous savez ce qui se passe?» «Non.» «Nous sommes un parti nationaliste.» Décontracté, le visage angélique, le nouveau jeune du Front national parle anglais et s’ouvre au monde.

Marine Le Pen a prévenu: «Tout ce qui ressemble de près ou de loin à un skinhead sera exclu manu militari.» Les jeunes du Front national de la jeunesse (FNJ) animent l’avant défilé. Certains portent des lunettes Ray Ban, des blousons en cuir ou des chaussures italiennes. D’autres, cheveux longs et barbe de trois jours, semblent sortir de meetings d’Europe-Ecologie. Les filles sont là aussi.

Dans les rangs, les discussions sont flegmatiques, les sourires, brillants et sereins, pendant que des familles slaloment paisiblement avec des poussettes. Tous ou presque arborent fièrement un t-shirt bleu ou blanc «France bleu marine», le drapeau tricolore ou l’étendard «Liberté». Au micro, les cadres du FNJ aranguent la foule: «Nous sommes l’avant-garde», «France, nation, révolution», «Sarkozy, t’es foutu, les jeunes sont dans la rue.»
«On élargit la clientèle»

Tous les indicateurs sont au vert pour la nouvelle vague que veut incarner Marine Le Pen à travers sa jeunesse: un parti républicain, moderne, normalisé. Et les résultats de campagne de la nouvelle présidente du Front national sont éloquents.
Le 4 avril dernier, un sondage Ipsos révélait que 20% à 23% des 18-24 ans voteraient FN en 2012. En 2002, Jean-Marie Le Pen arrivait déjà en tête chez les jeunes au premier tour de l’élection présidentielle.

Comme l’explique David Rachline, 23 ans, ex-directeur du FNJ et chargé de la communication numérique au Front national: «En 2002, on fait 17% chez les jeunes. Ils étaient là et votaient déjà pour nous à l’époque. Aujourd’hui, vous avez des gens qui rejoignent le Front et qui feront qu’un jour nous serons majoritaires.»
Pourtant, en 2007, l’homme fort du FN ne recueillait que 7% des suffrages des 18-24 ans. Quatre ans plus tard, la hausse du chômage, la crise économique mondiale et un Nicolas Sarkozy au plus bas dans les sondages de popularité (33% d'opinions favorables au 7 mai), sont passés par là.

Grégory Gennaro, secrétaire régional du FNJ Paca l’affirme: «De plus en plus de gens de l’UMP nous rejoignent.» David Rachline ajoute: «On élargit la clientèle. Il y avait assez peu de femmes avant.» Durant la fête du travail, cette année, des jeunes filles sont mises en valeur, en tête de cortège, comme la mini-Marine, Julia Abraham, arrivée à 18 ans au deuxième tour des cantonales en Alsace.

Alors que Marine Le Pen attaque son discours devant la statue de Jeanne d’Arc, des jeunes, choisis et soignés, s’alignent sur l’estrade, derrière le podium, avec une alternance flagrante entre garçons et filles. La stratégie médiatique est parfaitement rodée.
Pour la fille du père, le Front national évolue. Sa jeunesse revendique sur son site internet près de 10.000 adhérents. A titre de comparaison, les jeunes socialistes se disent plus de 6.000, quand les jeunes de l’UMP se disent 25.000 (11.000 selon lemonde.fr, 17.000 selon Le Figaro).
Xavier Bertrand évoquait lors de son opération transparence en janvier 2010 le chiffre de 250.000 membres à l’UMP, ce qui reléguerait les jeunes à moins de 10% du nombre d’adhérents.

A l’échelle du Front national, 10.000 jeunes, cela représente près de 50% des adhérents au parti (22.400 pour le FN, selon les divers recoupements). Même au vu de chiffres officieux, impossible de nier l’impact des moins de 30 ans sur le parti de Marine Le Pen.
Mais derrière les discours et l’image, à travers les croix celtiques et les tatouages cachés sous les manches longues, les quelques crânes chauves et mots racistes étouffés du défilé, le FN a-t-il vraiment changé? Et comment forme-t-il son vivier militant, sa jeunesse?

Dans les coulisses du FNJ

Samedi 7 mai à Bandol (Var). Au bar Le Rétro, on s’active. Le petit troquet provençal, au store bleu marine, accueille une journée d’action régionale du FNJ. Des réunions courantes, organisées dans toutes les régions de France. La flamme du FN est placardée aux murs. Le billard est recouvert d’une nappe claire qui servira de table pour le repas «gaulois» du midi. Grégory Gennaro a sorti le costume. Visage poupin et fier, il veut, avec ses collègues du FNJ, « préparer les jeunes, même les 15 ans, 16 ans qui seront majeurs bientôt. Le but: former, former, former!».
Vers 11 h, une vingtaine de jeunes, âgés de 16 à 30 ans, envahissent le bistrot. À l’image de Cédric, jean, t-shirt moulant et chaîne en argent. Le jeune homme de 21 ans, fan «de muscu et de films d’actions», a adhéré en janvier dernier. «Surtout pour Marine Le Pen.»
Sarah, 21 ans, seule fille de l’assistance ce matin-là, avoue que certaines ont encore peur de se montrer au FN. «Il y a quelques risques», déclare-t-elle, sans développer.
Pour Julien Rochedy, chargé de la formation politique au FNJ, à l’aise, élégant et chemise entrouverte, «beaucoup de jeunes de l’UMP et d’autres partis, mais surtout de l’UMP, sont déçus. La jeunesse sent que son avenir est lié à la nation française. Seul le FN la défend».
Le ni-gauche ni-droite défendu par Marine Le Pen semble fonctionner à merveille. Si des ex-UMP rejoignent les rangs du Front national, on voit des jeunes issus de familles de gauche ou d’ouvriers atterrir au FNJ. Nicolas Reynès, secrétaire régional du FNJ dans le Nord-Pas-de-Calais, a même convaincu ses parents, alors à gauche, de voter FN.
Le FN louche du côté de l’extrême gauche et de l’électorat ouvrier. Avec 36% d'intentions de vote, Marine Le Pen comptabilisait plus de cols bleus que l’UMP et le PS réunis lors du fameux sondage Ifop du 24 avril. Dans les discours du FN et de ses jeunes, on retrouve des valeurs longtemps assimilées aux communistes, comme la lutte du peuple contre le capitalisme, la critique de la mondialisation pour les marinistes, et la défense des petites gens contre les grands mécènes. Et un nouveau mot au dictionnaire rhétorique du Front: social.

«Former, former, former»

«Il est normal pour un parti d’héritage comme le FN de passer le flambeau, souligne Julien Rochedy. Cela se voyait moins avant mais aujourd’hui, le FN met l’accent sur la jeunesse.» Frédéric Boccaletti, secrétaire du FN dans le Var, et rare «ancien» présent à la journée, précise qu’il n’y a aucune fracture «entre les jeunes et les anciens du parti».

Au contraire: «Ce sont les anciens qui ont poussé les jeunes à se présenter dans le Var où un tiers des candidats avaient moins de 40 ans.» Un choix politique qui s’est montré payant: sur les 16 cantons où le FN est arrivé au second tour dans le Var, 5 jeunes étaient encore présents.
Vers 11h30, les jeunes s’installent pour écouter l’introduction. Un discours, teinté de populisme, adressé aux «chers camarades», et intitulé «La jeunesse française, avant-garde de la révolution patriotique». Passionné, Grégory Gennaro alerte contre une société qui «sent le renfermé, le moisi, la démagogie quand ce n’est pas l’odeur rance de la décomposition ou de la pourriture qui nous prend à la gorge…».

Attaquer le vieux pour séduire le jeune: le discours vindicatif plaît, en témoignent les hochements de têtes dans l’assemblée. Grégory Gennaro vitupère contre les dirigeants politiques, cette «oligarchie au pouvoir» qui ne veut «surtout rien changer (…) ne prendre aucun risque». Il critique les jeunes écoutant du «rap dégénéré dont le message distille la haine du blanc, de l'Européen et du Français», et en appelle au retour de la «vraie» jeunesse: «Ici! Devant moi! Vous, jeunes du FNJ, vous représentez l’avenir de la Nation!» Son discours, contestataire, n'aborde à aucun moment le programme du FN.

Les cadors du FNJ se succèdent à la tribune à flamme bleu-blanc-rouge. Tous délivrent leurs meilleurs conseils pour être un bon militant.
Cédric Gonzales, candidat aux cantonales, qui «aime (son) pays» et a «ça dans les tripes», explique qu’«une élection se gagne en occupant le terrain». Lionel Tivoli, secrétaire adjoint au FNJ Paca, revient sur l’importance d’Internet: «Facebook est une mine d’or à exploiter… 33.000 membres pour le FN, contre 20.000 pour le PS et 11.000 pour l’UMP!» Ce succès des réseaux sociaux est une fierté pour le FN, qui enregistre plus de membres sur Facebook que le PS et l’UMP réunis. Alors qu'il s'estime stigmatisé par les médias traditionnels, le parti mise sur le web pour transmettre ses idées.

Une fausse image ?

«Beaucoup de jeunes se sont toujours tournés vers le FN. Marine Le Pen le sait et en use», explique David Nadaud, formé à l’UMP et candidat aux cantonales pour le Parti radical dans le sud-ouest. «Mais à chaque fois que des jeunes se présentent comme candidat pour le FN, on ne les revoit pas aux élections suivantes! Alors qu’il faut au moins se présenter trois fois pour que ce soit significatif. C’est un engagement “éphémère”.» Pour Anthony Aly, attaché de presse du Mouvement des jeunes socialistes (MJS), «cette volonté de balayer l'image du FN et mettre en avant les jeunes, c'est de la façade. Les idées sont les mêmes, voire pires, et restent archaïques. On a vu aux cantonales des candidats s'afficher avec des militants nazis comme Alexandre Gabriac en Isère».
Alors, racistes ou archaïques, les jeunes du Front national? A Bandol, les jeunes cadres du FNJ pèsent leurs mots. Toutefois, à la question des «skins» écartés au défilé du 1er-Mai, Lionel Tivoli, secrétaire adjoint du FNJ Paca, répond, promptement: «Est-ce qu’on dit qu’il n’y a que des homosexuels au PS? Nous ne devons pas stigmatiser: nous avons des musulmans ou des homosexuels au FN. La Gay Pride, par exemple, nous ne sommes pas favorables parce que ça stigmatise.»

Sur une trentaine de jeunes présents en cette journée d’action régionale, deux filles seulement, pas de gens de couleur, et une absence de débats, qui rompt avec la nouvelle image que Marine Le Pen a voulu montrer à Paris. «Les filles qui étaient présentes sur le podium le 1er-Mai, elles n’y étaient pas avant», tempère David Rachline, qui reconnaît le coup de com.
Mais un point commun semble resurgir lorsqu’on interroge les jeunes sympathisants du Front national: ils contestent un système, le critique (crise, mondialisation, chômage, immigration…) mais n’apportent aucune proposition. Amaury, 26 ans, ancien secrétaire régional du FNJ, avoue qu'il ne connaît pas encore le programme du FN.
Les fédérations régionales du FNJ ne sont officielles que depuis 2008. En septembre, les jeunes du FN devront rendre un programme «intégré au programme de Marine Le Pen pour la présidentielle», assure Grégory Gennaro.

Cet été, ils iront sur le terrain, sur les plages, dans les lieux publics, «vendre des porte-clés, parler du FN», comme le PS ou l’UMP le font chaque année. Quant aux journées d’actions comme celle de Bandol, elles se multiplient dans toutes les régions, pas seulement les terres «lepénistes» comme en Paca. Grégory Gennaro assure, fièrement, sur une terrasse de Provence: «Le FNJ est le fer de lance du FN.» Et David Rachline, de renchérir: «L’évolution est en route.»

Elisa Perrigueur et Mathieu Martiniere

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Message  nico37 Mer 8 Juin - 21:19

Marine Le Pen s'attaque aux derniers gollnischiens Par LEXPRESS.fr avec AFP, publié le 06/06/2011 à 17:04

Marine Le Pen continue de faire le ménage dans la fédération FN du Rhône-Alpes acquise à son rival. Convoqué devant la commission des conflits du mouvement, le dauphin de Bruno Gollnisch dénonce une "purge".
Après le tollé médiatique suscité par les photos du jeune conseiller régional Alexandre Gabriac en train de faire le salut nazi, Marine Le Pen avait vivement réagi en l'expulsant. Une façon pour les partisans de Bruno Gollnisch de reprendre en main le dernier bastion électoral qu'ils tenaient, la fédération Rhône-Alpes.
Aujourd'hui, c'est un autre cas qui provoque la colère des "gollnischiens", celui d'Yvan Benedetti. Ce très proche de Bruno Gollnisch a été convoqué par la commission des conflits du mouvement. Il dénonce une "purge".
Contacté par Rue89 en avril dernier, Yvan Benedetti avait déjà reconnu se "sentir visé" et avait dit regretter le limogeage d'Alexandre Gabriac, "un militant exemplaire qui a toute son amitié."
Conseiller municipal de Vénissieux (Rhône), Yvan Benedetti avait été l'un des principaux animateurs de la campagne interne de Bruno Gollnisch, rival malheureux de Marine Le Pen.
Parmi ses motifs de convocation devant la commission des conflits du FN figure une déclaration sur le site internet Trans-Europe-Extrêmes, tenu par les étudiants de l'Ecole supérieure de journalisme de Lille, où l'élu se présente lui-même en se disant "antisioniste, antisémite, anti-juif".

"Une purge pour isoler Bruno Gollnisch"

Yvan Benedetti a déclaré lundi à l'AFP avoir prononcé ces mots sur le ton "de l'humour et du sarcasme pour souligner les caricatures" dont est selon lui victime l'Oeuvre française, groupuscule d'extrême droite dont il est proche.
Vendredi 3 juin, soit trois semaines après la parution de l'article, Trans-Europe-Extrêmes précisait n'avoir reçu "aucune demande de droit de réponse".
Selon Yvan Benedetti, sa convocation, prévue le 16 juin, "s'inscrit dans le cadre d'une véritable purge" pour "isoler et marginaliser Bruno Gollnisch" au sein du FN, après les exclusions de deux conseillers régionaux de Rhône-Alpes, eux aussi proches du député européen, Alexandre Gabriac et Olivier Wyssa.
Yvan Benedetti a également qualifié la commission des conflits de "véritable tribunal révolutionnaire" et dit se faire "peu d'illusions" sur son exclusion du parti dirigé par Marine Le Pen.

Yvan Benedetti, très proche de Gollnisch, dénonce une "purge" au FN | Publié le 06/06/2011 à 17:00

Elu FN à Vénissieux, Yvan Benedetti, très proche de Bruno Gollnisch, dénonce aujourd'hui une "purge" au sein du parti d'extrême droite après sa convocation devant la Commission des conflits du mouvement, notamment pour des propos où il se déclare "antisémite", ce qu'il a démenti.

Conseiller municipal de Vénissieux, Yvan Benedetti a été l'un des principaux animateurs de la campagne interne de Bruno Gollnisch, rival malheureux de Marine Le Pen pour la succession de Jean-Marie Le Pen et élu de Rhône-Alpes.

Parmi ses motifs de convocation devant la Commission des conflits du FN figure une déclaration sur le site internet Trans-Europe-Extrêmes, tenu par les étudiants de l'Ecole supérieure de journalisme de Lille, où l'élu se présente lui-même en se disant "antisioniste, antisémite, anti-juif".

Yvan Benedetti a déclaré avoir prononcé ces mots sur le ton "de l'humour et du sarcasme pour souligner les caricatures" dont est selon lui victime l'Oeuvre française, groupuscule d'extrême droite dont il est proche.

Vendredi 3 juin, soit trois semaines après la parution de l'article, Trans-Europe-Extrêmes précisait n'avoir reçu "aucune demande de droit de réponse".

Selon Yvan Benedetti, sa convocation, prévue le 16 juin, "s'inscrit dans une véritable purge" pour "isoler et marginaliser Bruno Gollnisch" au sein du FN, après les exclusions de deux conseillers régionaux de Rhône-Alpes, eux aussi proches du député européen, Alexandre Gabriac et Olivier Wyssa.

Alexandre Gabriac a été exclu par Marine Le Pen pour des photos le montrant en train de faire le salut nazi sur internet, tandis qu'Olivier Wyssa avait été accusé d'avoir déserté tardivement la campagne des cantonales.

Yvan Benedetti a également qualifié la Commission des conflits de "véritable tribunal révolutionnaire" et dit se faire "peu d'illusions" sur son exclusion du parti dirigé par Marine Le Pen. Bruno Gollnisch n'a pas souhaité réagir.

Selon des sources concordantes au FN, il est également reproché à Yvan Benedetti d'avoir été présent, le 8 mai dernier, à des manifestations organisées le matin par des mouvements d'extrême droite radicale et, l'après-midi, par les catholiques traditionalistes de l'institut Civitas.

D'autres cadres du FN ont fait partie du cortège de Civitas, dont Alexandre Simonnot, qui a soutenu Marine Le Pen lors de sa campagne interne. Ce dernier avait expliqué le 18 mai n'avoir fait l'objet d'aucune remontrance sur ce sujet.

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Message  nico37 Jeu 9 Juin - 21:38

-20110605-[zone_info]]Deux spécialistes de l'extrême droite révèlent ce qu'elles estiment être le vrai visage de Marine Le Pen, dissimulé sous un masque sympathique et trompeur 5 juin 2011 08h32 | Par RECUEILLI PAR HÉLÈNE ROUQUETTE-VALEINS, 133 commentaire(s)

Les non-dits du FN

Au cœur des extrémismes

Elles appartiennent à la même génération : Caroline Fourest a 35 ans, Fiammetta Venner, 39. La première, diplômée de l'École des hautes études en sciences sociales, s'est beaucoup intéressée aux intégrismes religieux et a notamment publié « Foi contre choix », « Frère Tariq, discours, stratégie et méthode de Tariq Ramadan », « Menaces sur l'universalisme », « Libres de le dire » avec Taslima Nasreen. La seconde, docteur en sciences politiques, s'est penchée sur les extrémismes et a publié « L'Opposition à l'avortement », « L'Extrême Droite et les Femmes », « OPA sur l'islam de France » et « Extrême France ».
Ensemble, elles ont créé la revue « ProChoix », destinée à l'enquête et à la réflexion sur les libertés individuelles et le droit de choisir. Et publié « Les Anti-Pacs ou la Dernière Croisade homophobe », « Tirs croisés, la laïcité à l'épreuve des intégrismes », « Les Nouveaux Soldats du pape. Légion du Christ, Opus Dei, traditionalistes » et « Les Interdits religieux ».

« Sud Ouest Dimanche ». Vous venez de publier un ouvrage sur Marine Le Pen (1). Est-ce une biographie autorisée ?

Caroline Fourest et Fiammetta Venner. Ce n'est pas notre genre. Plutôt un livre combinant travail journalistique et développements universitaires, qui essaie de trouver un équilibre entre la volonté de cerner une personnalité et celle de passer au crible tous les non-dits que l'on trouve dans les discours. Toutes les deux, nous travaillons sur l'extrême droite depuis 1997, ainsi que sur les intégrismes. Nous avons un gros bagage d'archives.

Nous avons rencontré Marine Le Pen et elle nous a accordé une interview très pro. Nous avons également analysé les communiqués et les notes publiés par le Front national. Tout le monde en France a le sentiment de connaître Marine Le Pen parce qu'on l'a vue grandir. Mais on ne sait pas qui elle est. Nous nous sommes interdit de donner le prénom de ses enfants. Cette biographie n'est pas un pamphlet. Reste que le FN s'est toujours servi du droit pour intimider et que nous nous attendons à une pluie de procédures.

L'attentat qui a soufflé l'appartement familial des Le Pen, en 1979, à Paris, doit-il être considéré comme la scène primitive qui a entraîné l'entrée en politique de Marine Le Pen ?

F.V. C'est ce qu'elle essaie de faire croire dans son autobiographie, où elle se fait passer elle et sa famille pour des victimes. Il faut désamorcer cette piste. Toutes les clés ont été données par le détective privé Antoine Méléro (2), qui les a fournies à Jean-Marie Le Pen.

Le divorce de ses parents a-t-il été un autre moment important ?

C.F. Elle l'a très mal vécu et elle a voulu reconstituer la photo. Sa mère vit d'ailleurs dans une petite partie de la maison de Montretout et peut voir dans le jardin ses petits-enfants jouer comme Marine et ses sœurs autrefois. Le contrat politique passé avec son père est plus compliqué. Il s'agit d'un contrat moral mais comportant aussi un droit d'inventaire limité. Il ne faut pas oublier qu'avant de lui succéder, elle a été son avocate. Et la figure du père reste au centre de l'histoire de sa fille, même si celle-ci sort gagnante de la comparaison avec lui. Le Front national, lui, ne change pas : la vitrine tente d'être propre, l'arrière-boutique reste sale.

Marine Le Pen a-t-elle réussi son entreprise de dédiabolisation du FN ?

C. F. En apparence oui. Elle est plus sympathique que son père et c'est bien ce qui est dangereux et constitue un piège pour les journalistes qui s'arrêtent aux apparences. Car, derrière, beaucoup de paradoxes apparaissent et promettent une société qui n'a rien à voir avec ce qu'elle décrit.

Ce décryptage constitue-t-il un des moteurs de votre livre ?

C.F. Nous avons voulu déblayer en quelque sorte le terrain pour faire apparaître les petits arrangements avec la vérité et fournir à ceux qui veulent réfléchir ou écrire sur le FN un mode d'emploi.

Quel a été votre fil rouge ?

C.F. Montrer que les Le Pen constituent une entreprise familiale dans leur rapport avec l'argent, comme avec la politique. Leur histoire est un peu celle du clan Dallas. Et le FN n'est pas une aventure intellectuelle. C'est l'histoire d'un clan qui veut garder la clé du coffre. Les trois sœurs, qui ont conservé le nom de leur père, disent d'ailleurs qu'elles seront des Le Pen jusqu'à leur mort. Nous avons aussi voulu montrer que, si les Français ne veulent pas se faire avoir, il faut qu'ils réfléchissent et qu'ils décryptent.

Quoi par exemple ?

F.V. Le programme économique de Marine Le Pen, s'il était mené à bout, ferait très vite ressembler la France à la Roumanie. Sortir de l'euro, cela peut paraître séduisant mais il ne faut pas oublier que cela signifiera que les 1 000 euros de votre compte en banque ne seront plus que 1 000 francs. Et que nous serions rejetés aux marges de l'Histoire. Marine Le Pen se positionne donc pour la défense des ouvriers et du pouvoir d'achat. Mais elle oublie de dire que le FN a été durant trente ans le parti le plus ultralibéral de France, alors qu'elle-même se présente comme opposée à la mondialisation. Même constat concernant sa position soi-disant féministe. Elle est divorcée et prétend être une femme moderne. Mais elle veut renvoyer les femmes dans leurs foyers pour faire un maximum d'enfants de façon à ne pas recourir à l'immigration. C'est tout simplement une politique nataliste et nationaliste.

Son père faisait des plaisanteries douteuses sur la Shoah. Elle dénonce les prières des musulmans dans la rue. Est-ce le même ressort raciste et xénophobe ?

C.F. Son obsession, c'est d'être reçue en Israël. Ce que son père préparait avant de lâcher la tirade sur les chambres à gaz, « détail de l'Histoire ». La clé pour comprendre le revirement antijuif vers un revirement antimusulman ou antiarabe tient en partie à ceux de ses conseillers qui sont nationaux-révolutionnaires. Marine Le Pen a perdu avec Dominique Strauss-Kahn son meilleur ennemi, mais la France s'est épargné des torrents de boue. Car Marine Le Pen donne des leçons de tenue aux politiques mais elle oublie que son parrain, « Monsieur Éric », mis en examen pour proxénétisme aggravé, dort en ce moment à Fleury-Mérogis…

Ne bénéficie-t-elle pas des conseils de hauts fonctionnaires et d'experts qui se seraient ralliés à elle ?

F.V. Il s'agit surtout de certains jeunes gens diplômés mais pas forcément compétents. En particulier en ce qui concerne la politique internationale, l'équipe est plus que balbutiante.

Le père faisait montre d'un sens certain de l'éloquence et d'un français châtié dans ses discours. La fille est avocate. Y a-t-il entre eux une continuité ?

C.F. La fille a été élevée dans un bain Jean-Marie Le Pen, une ambiance où elle a entendu son père s'exprimer mais cela ne repose pas sur une véritable culture politique. Lorrain de Saint Affrique prétend qu'elle ne lit jamais un livre. Disons qu'elle appartient à la génération 3 000 signes.

Pensez-vous que Marine Le Pen puisse être élue présidente de la République ?

C.F. Elle pourrait arriver au pouvoir sur un malentendu. Actuellement, elle est portée par les sondages dans un contexte de crise économique et de découragement des Français. Et elle avance des propositions politiques aussi démagogiques que dangereuses. À cela, il faut ajouter un traitement médiatique de « peopolisation ». Fiammetta et moi militons pour un journalisme politique qui accorde plus de place et de pédagogie à l'analyse des discours qu'à la mise en valeur des personnes. Quoi qu'il en soit, Marine Le Pen est dans nos vies pour un long moment.

(1) Ed. Grasset, 425 p., 20 euros. (2) Antoine Méléro a écrit « La Main rouge ».

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Message  nico37 Ven 10 Juin - 21:24

"Marine Le Pen est tout sauf moderne" Propos recueillis par Christophe Barbier et Romain Rosso, publié le 03/06/2011 à 10:45

Marine Le Pen s'est forgé, presque malgré elle, une personnalité très sympathique.

Après ses portraits de Christine Boutin et de Tariq Ramadan, l'essayiste Caroline Fourest publie une biographie de la présidente du FN. Dont elle passe ici au scanner le virage républicain.

Qui est Marine Le Pen ?

On a l'impression de bien la connaître pour l'avoir vue grandir dans l'ombre de son père. Cependant, la présidente du Front national reste une inconnue. Quand les médias la comparent à Jean-Marie Le Pen, elle n'a qu'à prendre ses distances avec le pire, comme dire que le nazisme c'est mal, pour apparaître ultramoderne. Pourtant, son projet pour la France ne l'est pas.
Sa première force n'est-elle pas de désarmer ceux qui combattaient son père?
La résistance au FN reposant uniquement sur la diabolisation de Jean-Marie Le Pen et de ses excès se trouve effectivement prise à contre-pied. Car Marine Le Pen s'est forgé, presque malgré elle, une personnalité très sympathique. Il fallait être une enfant solide pour s'appeler Le Pen dans les années 1980-1990, et elle a appris à déjouer l'adversité par un sourire et une façon de ne pas être le diable qu'on attend. Elle sait même culpabiliser les antiracistes d'avoir des préjugés à cause de son nom! Elle déstabilisera tous ceux qui pensent que la présidente du FN est forcément quelqu'un d'antipathique. Si j'ai appris quelque chose en enquêtant sur les extrêmes, c'est qu'on ne juge pas les démagogues sur leur bonne mine. C'est d'ailleurs leur principal atout: ils sont formidablement séduisants. Pour les dévoiler, il faut passer au crible leurs discours et traquer les non-dits derrière les propos de façade.
Est-ce cela qui la rend plus dangereuse que son père?
Bien sûr. Son père incarnait une extrême droite plus caricaturale. Le 21 avril 2002, il a atteint son plafond électoral. Marine Le Pen, elle, démarre de ce palier. Or une part importante de l'électorat peut croire qu'elle a rompu avec l'extrême droite et qu'elle prône simplement un retour à l'Etat fort face à la mondialisation.

Est-elle encore d'extrême droite ?

Il s'agit d'exploiter la crise sociale et de faire croire que la solution, c'est le nationalisme.
La présidente du FN voudrait réserver cette définition à la frange la plus grotesque de ce courant politique, c'est-à-dire à ceux qui ressemblent de près ou de loin à des skinheads. En réalité, le FN a toujours été à gauche de cette extrême droite, puisqu'il recherche le succès électoral et joue le jeu démocratique. C'est encore plus vrai depuis que les principaux mouvements d'extrême droite européens opèrent une mue pseudo-libertaire. Face à l'islam, ils se sont approprié des thèmes comme la liberté ou les droits des femmes, non sans mauvaise foi, car ils sont bien souvent très patriarcaux. Même s'il fait fuir de nombreux cadres de l'ancien Front, le FN de Marine Le Pen attire toujours des militants du GUD et de la mouvance nationaliste-révolutionnaire, un courant très radical qui mêle au fond de sauce nationaliste quelques ingrédients sociaux. Ce discours dit de troisième voie est tout sauf moderne, mais il trouve un écho dans l'époque actuelle: il s'agit d'exploiter la crise sociale et de faire croire que la solution, c'est le nationalisme.
Le populisme n'est-il pas ce qui la qualifie le mieux, en raison de sa volonté de séduire les couches les plus populaires de la société?
Certainement. Mais son père était déjà populiste et le FN a toujours été un parti attrape-tout. Le Pen a changé vingt fois de ligne tout en donnant le sentiment de maintenir le cap, d'incarner une France éternelle, et d'avoir raison contre tous. Il a su séduire à la fois les patrons et les ouvriers. Aux premiers, il promettait moins d'Etat et moins d'impôts; aux seconds, qu'ils retrouveraient du travail une fois les immigrés partis. Marine Le Pen, dont l'ancrage local se situe dans le Pas-de-Calais minier, et qui prend son envol politique dans l'après-crise financière de 2008, opère un vrai virage en prônant un Etat fort. Elle le fait cependant sans la moindre autocritique. Pis, elle se permet de donner des leçons à la classe politique en l'accusant de n'avoir pas vu venir la crise financière, sans jamais dire à ses électeurs que le FN a été le parti le plus ultralibéral de France depuis trente ans ! Celui qui prônait la dérégulation, la fin de la plupart des acquis sociaux et la réduction des services publics.

Marine Le Pen opère-t-elle une mutation du FN ou s'inscrit-elle dans la filiation ?

Les deux: s'inscrire dans la mue, c'est marcher sur les pas de son père, qui savait très bien s'adapter. Le président d'honneur demeure sa référence absolue. Elle a d'ailleurs mis du temps à saisir qu'il y avait un Front national qui ne se résumait pas à Jean-Marie Le Pen. Quand on l'interroge au sujet du FN et des femmes, par exemple, on s'aperçoit qu'elle ignore ou feint d'ignorer les bulletins misogynes édités par le FN pendant des années. Elle préfère croire que la ligne du parti ressemble à l'éducation qu'elle a reçue, plutôt libérale et bohème. Par ailleurs, elle appartient à une autre génération, moins obsédée par la Seconde Guerre mondiale et la guerre d'Algérie, mais plus tourmentée par la question du 11 septembre 2001 et la mondialisation. Comme son père, elle s'adapte à son époque et joue sur les peurs du moment.

Elle se présente comme une femme moderne, favorable à l'avortement...

Si on la compare à Jean-Marie Le Pen, elle l'est, puisqu'elle ne prône pas l'abrogation immédiate et totale de la loi Veil. Si on la compare au reste de la classe politique, elle est à droite de Christine Boutin. Au journal national-catholique Présent, qui lui demandait de préciser sa pensée, elle a déclaré vouloir dérembourser l'interruption volontaire de grossesse et mener une politique pour "réinsuffler chez les femmes le caractère sacré de la vie". En clair : elle propose de développer une politique nataliste. Quitte à saborder le travail de prévention du Planning familial... En lequel Marine Le Pen voit un organisme banalisant l'IVG. Elle n'adhère pas à la lutte contre l'avortement par moralisme religieux, mais par nationalisme. D'autant qu'elle promet - contrairement à son père - la retraite à 60 ans. Les femmes françaises sont donc appelées à rester à la maison et à faire un maximum d'enfants afin de préserver les acquis sociaux sans avoir recours à l'immigration. En quoi cette conception est-elle moderne, en 2011, de la part d'une candidate à la présidence de la République?

Vous écrivez qu'elle a mené une "OPA" sur la laïcité...

La laïcité de Marine Le Pen est une laïcité avec une tête chercheuse: elle ne vise que l'islam.
Comme souvent, le Front national tente de se présenter comme l'unique défenseur d'une cause, afin de mieux se l'approprier. C'est une escroquerie politique. Même s'il y a des complaisances envers l'intégrisme islamique dans certaines poches de l'extrême gauche, le parti le plus antilaïque de France, jusqu'alors, c'était bien le Front national! Rappelons que le FN a pris position contre la loi de mars 2004 sur les signes religieux à l'école publique. Marine Le Pen a redouté que cette loi conduise les petites filles à cacher leurs médailles de baptême. Elle veut enlever le voile, mais ne touche pas aux croix, qu'elle considère comme partie prenante de l'identité nationale. La laïcité de Marine Le Pen est, quoi qu'elle en dise, une laïcité avec une tête chercheuse: elle ne vise que l'islam. Au nom d'une vision chrétienne et identitaire, et non républicaine. Bien qu'elle ne soit pas spécialement pratiquante, elle a tout de même fait baptiser ses enfants à Saint-Nicolas-du-Chardonnet, à Paris, qui est une église occupée par les intégristes. Et le FN compte toujours dans ses rangs des militants intégristes catholiques.

Sa politique scolaire est-elle marquée par cette vision?

Marine Le Pen ne perçoit pas l'école publique comme un lieu d'apprentissage de la citoyenneté et de l'égalité. Or c'est au nom de cette vocation émancipatrice que se justifie l'interdiction du voile. Elle préfère réduire la laïcité de l'école à une "neutralité". Elle a très mal vécu que des enseignants contestent sa position idéologique sur la peine de mort ou sur la colonisation et elle s'oppose à ce que les associations féministes ou antiracistes interviennent dans les écoles, considérant qu'elles sont des agences de propagande antinationales. Elle est favorable à la liberté de choisir son école, avec un système de chèque scolaire à l'américaine, qui favorise le développement des établissements privés. Autant dire qu'elle refuse de lutter contre la principale menace qui plane sur la laïcité: l'explosion d'écoles confessionnelles favorisant le communautarisme.

A quoi peut ressembler le monoculturalisme du FN ?

Le virage républicain de Marine Le Pen surfe sur une véritable crise: celle du multiculturalisme. Dans ce débat, il y a trois positions. 1. La conception universaliste, qui souhaite préserver le pluralisme culturel et la laïcité, par l'intégration et le mélange. 2. La conception multiculturaliste, qui favorise la diversité culturelle, mais aussi parfois le triomphe du droit à la différence sur l'égalité. 3. La conception monoculturaliste, incarnée par le FN et toutes les droites populistes anti-islam, qui perçoit le métissage culturel comme un danger pour l'identité nationale. Marine Le Pen défend non pas la citoyenneté, mais les "valeurs traditionnelles" de la République. L'ajout de ce mot, "traditionnel", n'est pas anodin. Il s'agit d'inscrire la République dans une notion ancestrale, où les premiers arrivés ont toujours raison sur les derniers arrivants. En passant du respect des principes ou des lois à celui des "traditions", elle opère un glissement subtil, où la "conversion" à la laïcité permet en fait de recycler le vieux refrain du FN contre l'immigration.

C'est cela, sa différence ?

La différence, c'est que son FN a appris à déguiser sa xénophobie en argument républicain. Quand Jean-Marie Le Pen s'emparait des fantasmes des Français sur l'immigration, on pouvait hausser les épaules. Mais lorsque Marine Le Pen dénonce les prières dans la rue, c'est non seulement une réalité, mais c'est contraire à nos principes de laïcité et d'égalité. L'ignorer, c'est faire le jeu du FN. La classe politique ne doit ni lui abandonner ce terrain ni flatter les fantasmes. Mais rappeler que le FN est un résistant de la 25e heure sur la laïcité, qui crie très fort pour le faire oublier.

Droite et gauche doivent-elles actualiser leurs argumentaires ?

Sur le plan politique, tout est à refaire. Le barrage républicain doit être reconstruit autrement. La droite au pouvoir a l'immense responsabilité de l'avoir affaibli. Quand le président de la République reprend les mots du FN et les banalise, il contribue à briser cette digue. La gauche doit aussi prendre ses responsabilités. Si elle se contente de copier les années 1980 en désignant tous les thèmes abordés par le FN comme des tabous, elle se plantera. Dans tous les pays européens, où elle s'est montrée peu courageuse sur les questions du multiculturalisme et de la laïcité, la gauche a laissé un boulevard à la droite populiste anti-islam.

Marine Le Pen, par Caroline Fourest et Fiammetta Venner. Grasset, 430 p., 20 euros.

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Message  Gaston Lefranc Sam 11 Juin - 13:20

Contribution de la tendance CLAIRE : Une vague brune marine ? Fascisme et Front National
http://tendanceclaire.npa.free.fr/contenu/autre/artpdf-249.pdf

Gaston Lefranc

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Message  nico37 Sam 11 Juin - 14:11

VERBATIM. Les bonnes feuilles du livre de NKM

Front national - Page 15 1477931_front-antinational

Voici en exclusivité les principaux passage de l'ouvrage de Nathalie Kosciusko-Morizet, ministre de l'Ecologie et du Développement durable (Le Front Antinational, Editions du Moment, 9,95 euros).Nous avons séparé l'analyse de NKM en plusieurs thèmes : des responsables frontistes toujours aussi radicaux; un programme économique dangereux; quelle stratégie : voter PS ou FN ?

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Message  Invité Sam 11 Juin - 18:46

Gaston Lefranc a écrit:Contribution de la tendance CLAIRE : Une vague brune marine ? Fascisme et Front National
http://tendanceclaire.npa.free.fr/contenu/autre/artpdf-249.pdf
Le premier symptôme est la montée du vote ouvrier en faveur du FN. Largement connu depuis l’élection
présidentielle de 2002, ce phénomène s’enracine durablement. Ses bastions électoraux, hors PACA, sont
les régions désindustrialisées du Nord et de l’Est. Les dernières élections cantonales l’ont vu atteindre
des scores supérieurs à 30% dans de nombreux quartiers populaires. Et un récent sondage Ifop4 place
Marine Le Pen largement en tête des intentions de vote chez les ouvriers pour 2012, avec 36%.
Est-ce une manière très honnête de présenter les choses : 30% dans de nombreux quartiers populaires en omettant de préciser le pourcentage de votants, 36% de vote chez les ouvriers sans rappeler le cadre de ce sondage ?
Si c'est pour écrire ces conneries, inutile de vous réunir en tendance ; le NPA majoritaire sait faire aussi §

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Message  Roseau Sam 11 Juin - 20:12


Les enquêtes sortie des urnes confirment la même tendance.
Personne ne la conteste en dehors de Loriot.
Elle est d'ailleurs observable dans d'autres pays.
En l'absence de parti(s) crédible(s) défendant une alternative socialiste,
c'est le repli nationaliste, sécuritaire, et protectionniste qui a attiré et continuera d'attirer les travailleurs.
Jusqu'au réveil de ceux qui croient encore, de la droite du NPA au PS,
dans la possibilité de mettre en oeuvre , dans la crise en cours, des mesures d'urgence,
sans mettre à bas toute l'oligarchie.
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Message  nico37 Lun 13 Juin - 10:40

La culture dans le programme du Front national Rédigé par Clémentine Baron, le mercredi 27 avril 2011 à 09h19

Après avoir occupé les esprits lors des élections cantonales, le Front national a rendu publiques les premières lignes de son programme économique pour la présidentielle. Un méli-mélo redoutable dont le lecteur pourra se faire une idée dans un article de Challenges. Mais qu'en est-il du programme du Front pour la culture, jusqu'à présent, à l'état de « détail de l'histoire » dans le programme d'un parti loin de la voie d'extinction ? Éléments de réponses dans notre dossier exclusif.

Rien de tel pour redonner un peu de fraîcheur au parti que cette transition générationnelle. Pourtant, si la tête change, les idées demeurent. La passation de pouvoirs a ravivé la flamme dans la préservation tant des us, que des idées. Et la direction frontiste demeure entre les mains d'un même clan toujours obnubilé par l'immigration et le retour au franc. C’est que, si la culture n’a jamais été un fer de lance du parti, autrement que celle revendiquée au travers de Jeanne d’Arc, l’état des lieux ne fait pas non plus frémir.

Quid de quid ?

Pour Làszló Liszkai, grand reporter et auteur de Marine Le Pen, un nouveau Front national ? (Favre), rien n'a vraiment changé. Sur la personnalité du chef d'abord : « Jean-Marie Le Pen est un homme extrêmement cultivé, explique Làszló Liszkai, et Marine l’est moins, mais c’est une question de génération. Elle a autour d’elle des conseillers » [qui compensent].

Au niveau du parti les choses semblent plus simples : une politique culturelle ? « Le FN n’en a pas. Ils axent vraiment leur politique sur l’économie et l’immigration. La culture, on n’en parle pas beaucoup », souligne-t-il. Analyse que confirme Gilles Ivaldi, chargé de recherche au CNRS et enseignant à l’Université de Nice : « La culture n’a jamais véritablement constitué un thème majeur pour le Front national ».
Mais Laurent Ozon, membre du bureau politique du Front national et délégué national à la formation, joint par téléphone, nuance : « Faire de la politique c’est aussi gérer les priorités. La question de la culture est pour nous très importante, mais dans des situations d’urgence certains sujets sont beaucoup plus importants que celui-là. »

Des précédents fâcheux...

Le FN n’a jamais été à la tête de l’exécutif au niveau national, régional ou départemental. Mais au niveau communal, si. Le résultat y a dépassé les espérances : entre 1996 et 1998, les municipalités frontistes (Dreux, Orange, Marignane, Toulon, et Vitrolles) ont toutes connu des suppressions massives de subventions pour les associations sociales et culturelles jugées hostiles de même qu’une certaine censure s’est appliquée dans les bibliothèques. Les associations et les écrivains sympathisants avec l’extrême droite n’ont, quant à eux, manifestement jamais eu à se plaindre...

« Vous faites référence à un certain nombre d’événements dont la presse s’était largement fait l’écho à l’époque », poursuit Gilles Ivaldi. « Les maires frontistes ont supprimé les subventions accordées à des associations ou à des lieux de culture (cinémas, cafés, etc.). Ils ont attaqué de front certains grands festivals comme les Chorégies à Orange ou le Théâtre de Châteauvallon à Toulon. Ces maires FN ont également mené une politique très active de diffusion des écrivains d’extrême droite dans les bibliothèques municipales ou dans les salons du livre. Et ils ont suspendu certains abonnements à une presse jugée trop à gauche. On se souvient, également, du refus du maire FN de Toulon, Jean-Marie Le Chevallier, d’inviter l’auteur Marek Halter dans le cadre de la Fête du livre, et d’imposer la participation du journal d’extrême droite Présent. »

... dont on peine à se souvenir

Lorsque l’on évoque avec Laurent Ozon ces affaires peu reluisantes, il nie en bloc. « Je ne sais pas ce qui a été raconté et je ne crois pas que vous ayez les informations exactes… Ce sont des informations qui ne sont pas justes. » Sur la question plus particulière des subventions, le délégué national du FN à la formation, réplique : « Cela ne touche pas seulement les municipalités du Front national. Par exemple à Vendôme, où j’habite, la ville n’a pas subventionné l’ensemble orchestral - qui pourtant faisait un super travail - alors que c’est une mairie socialiste. Mais je ne leur fais pas de procès d’intention. […] Après, il ne faut pas confondre les associations culturelles avec la culture. On sait aussi que la subvention d’association, parfois, est aussi une façon de s’assurer une petite clientèle électorale. Ça ne relève pas du tout de la culture. […] Il faut que l’argent soit dépensé intelligemment. »

Et concernant la promotion des auteurs frontistes dans les bibliothèques, Ozon n’y voit rien de répréhensible : « Il n’y a pas de raisons qu’un auteur, par ailleurs engagé au Front national, n’ait pas accès aux bibliothèques. Au nom de quoi, pourrait-on avoir dans une bibliothèque le livre de Jacques Attali, qui dit que la mondialisation est heureuse et fantastique malgré les millions de personnes souffrantes, malades ou au chômage […] et pas l’ouvrage d’une personne proche de nos idées ? […] Nous sommes favorables à toutes les opinions. Nous sommes démocrates, cela ne veut pas dire masochistes : on ne va pas s’autocensurer et se priver de publier des ouvrages avec lesquels nous sommes d’accord. Le rôle des pouvoirs publics c’est d’assurer le libre débat démocratique à l’intérieur de la société française. Et cette liberté est valable pour les autres, autant qu’elle l’est pour nous. »

User de la liberté d’expression pour en abuser ?

On retrouve ici le paradoxe du Front national, dont le discours ne craint pas les extrêmes, de l’humanisme à la Jean-Jacques Rousseau - que Jean-Marie Le Pen affectionne à citer - tout en louant les écrits de Charles Maurras, en passant par Gandhi, sans craindre de défendre un Robert Faurisson.

Laurent Ozon l’affirme, le Front national n’a aucun problème avec les cultures (d’origines) étrangères : « Nous sommes attachés à notre civilisation, cela ne veut pas dire que nous éprouvons du mépris pour les autres. » Et de citer Gandhi, qui affirmait « ‘qu’il était préférable de porter son attention sur ce qui est proche avant de la porter sur ce qui est lointain’. Soyons ouverts et attentifs à tout ce qui se passe dans le monde, mais ne soyons pas simplement des contenants : sachons aussi être des contenus et valoriser, faire pousser ce qui vient de chez nous ». Pourquoi ce sentiment de décalage entre les mots présents, et les expériences dénuées d’ambiguïté du passé ? Le FN a-t-il changé ?

Le changement dans la continuité

« Ce parti a une vision autoritaire de la société, qui rejette l’abstraction et le pluralisme de l’expression artistique », rappelle Gilles Ivaldi. « N’oublions jamais que la philosophie politique du FN est ancrée à droite : c’est un parti de l’ordre et de l’autorité. Pour cette raison, il est très hostile à toute forme d’expression culturelle contestataire, dont certains groupes de rap sont, par exemple, une illustration. »

Et ce spécialiste de l’extrême droite précise : « Le FN a une grille de lecture populiste, qui oppose volontiers la culture des ‘élites branchées’ à une culture plus populaire. Pour lui, la culture n’a de sens que si elle s’adresse au plus grand nombre. Il ne s’agit pas de juger de la créativité de l’œuvre, de son caractère novateur, voire provocateur, mais plus prosaïquement de sa popularité ».

Une culture dépolitisée, ni vulgaire ni élitiste

Cette définition recoupe la notion de culture défendue par le Front national et expliquée par Laurent Ozon, lorsqu’il évoque les « deux mâchoires d’une même tenaille » entre lesquelles la France serait écrasée : « L’une est la vulgarisation de la culture, régie par la loi du fric et qui se résume à une sorte d’abêtissement généralisé et de marchandisation de la culture. Et la seconde tenaille, c’est l’expression culturelle élitiste. Une forme d’expression qui fonctionne avant tout comme un marché, là encore et seulement pour quelques petits spécialistes. La population est désinvestie de sa propre culture et abrutie par les multinationales et à la foi snobée par un autre secteur culturel. »

En résumé, le Front National fustige la culture trop élitiste autant que la culture trop populaire et il rejette les formes de créations marginales ou contestataires. Que reste-t-il alors ? Car si l’on se met à rejeter une forme ou une autre de l’expression artistique, ne tombe-t-on pas dans la censure partisane ?

Pas pour Laurent Ozon. « Je ne crois pas qu’il y ait des expressions artistiques de droite ou de gauche, seulement des auteurs et des créateurs qui doivent pouvoir s’exprimer », explique-t-il. Avant d’ajouter de préciser que « […] Des gens qui se serviraient de la culture pour essayer d’avoir une influence idéologique ou politique pourraient être considérés non pas comme des artistes, mais comme des idéologues ». Victor Hugo, Picasso, Delacroix, ou même Michel-Ange, Poussin, René Char, Franz Kafka… Vous les avez crus artistes ? Raté. Tous des idéologues, politiques ou religieux.

Du débat sur la notion de culture à l’absence de politique culturelle

Une culture dernière des priorités et nécessairement apolitique... On croit distinguer un semblant d’explications sur la vacuité du programme du FN en ce domaine. Et une raison de la levée de boucliers persistante du monde de la culture à toute victoire du FN en 2012. « Le monde culturel, dans sa très grande majorité, demeure très hostile au FN. On l’avait vu en 2002 lorsque Jean-Marie Le Pen s’était qualifié pour le second tour de l’élection présidentielle. », rappelle Gilles Ivaldi. « De fait, on peut imaginer que le FN au pouvoir pourrait être tenté d’utiliser les leviers du budget de la culture pour réduire l’influence des milieux culturels ou artistiques. »

Reste que si le FN connaît actuellement sinon une hausse de popularité, du moins une médiatisation régulière, il ne possède toujours aucune mairie en France et n’a décroché que deux élus aux récentes cantonales. Il n’y a plus qu’à espérer que, d’ici à 2012, le gouvernement en place cesse d’épouser ses idées, vulgarisant ses théories jusqu’à le faire considérer un « parti comme les autres » pour 52 % de la population (sondage BVA-Absoluce réalisé les 23 et 24 mars 2011).

Enfin, si certains entendent nous faire l’objection que le FN a un programme pour la culture et qu’il se trouve sur son site Internet, nous le savons et l’avons lu. Le parti d’extrême droite y affirme même, entre deux ritournelles sur « l’État coupable d’abandons de patrimoine » et « l’exception culturelle menacée par les politiques mondialistes », qu’à son arrivée au pouvoir « la loi DADVSI sera abolie et une licence globale sera instaurée pour les échanges privés sur Internet, qui doivent rester libres ».

La loi DADVSI, entrée en vigueur le 4 août 2006, donc. Est-ce la date où le temps s’arrête pour le Front national ? Où étaient les élus frontistes lors de l’adoption des lois Hadopi et LOPPSI ?

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Message  nico37 Mer 15 Juin - 23:54

Marine Le Pen: Mariage homosexuel. « Et pourquoi pas la polygamie ? » 14 JUIN 2011 CHRISTOPHEDARD

Invitée de France Inter ce matin, Marine Le Pen a rappelé sans surprise son opposition au mariage homosexuel mais elle a essayé de prouver, une fois de plus, que la position du FN évolue sur quelques sujets.

La bulle s’est dégonflée. Poussée par un vent favorable durant les élections cantonales de mars, la vague bleue Marine semble s’essouffler. En fait, Marine Le Pen n’a pas profité de l’affaire DSK et les sondages la replacent en 3ème position derrière la gauche et Nicolas Sarkozy. Ce qui n’empêche pas la présidente du Front National de ressortir les vieilles ficelles du projet frontiste comme l’opposition au mariage gay. Alors que les députés décidaient aujourd’hui si oui ou non le mariage homosexuel devait être légalisé (ils ont dit non), l’ancienne conseillère régionale Ile-de-France rappelle que « nous sommes les enfants d’une civilisation où le mariage s’effectue entre un homme et une femme ». Egalement contre l’adoption par les couples homosexuels, Marine Le Pen se demande si à ce rythme-là on ne va pas aussi en arriver à autoriser la polygamie et rappelle que seule une minorité d’homosexuels veut du mariage.

La présidente du FN a également évoqué d’autres fondamentaux du parti : l’opposition au principe de double nationalité, « un des freins majeurs de l’intégration de populations », la sortie progressive de l’euro, le retour au franc et la création de 500 000 emplois industriels grâce à des « protections aux frontières ».

Dédiaboliser le FN

Mais le Front National montre quelques signes de changement sur d’autres sujets. Marine Le Pen est, par exemple, favorable à une sortie du nucléaire tout en rappelant qu’elle « ne peut se faire que progressivement ». Elle est même favorable à un référendum sur la question.

La conseillère régionale Nord-pas-de-calais est contre la proposition de faire travailler 5 heures par semaine les bénéficiaires du RSA mais estime que si « la société a un devoir de solidarité (…) des gens abusent » et pense qu’« il faut s’attaquer aux vrais profiteurs » en donnant une image rarement observée jusqu’à présent: « des bénéficiaires du RSA ont dans leur parking une Ferrari ou une Mercedes ».

Et puis, le FN veut changer son image. Jeudi, des cadres du parti sont convoqués par la commission des conflits dont un proche du rival de Marine Le Pen, le député européen Bruno Gollnisch. Ce proche en question, Yvan Benedetti, évoque une « purge » au sein du mouvement. Pour la présidente du Front National, il s’agit de faire « régner la discipline qui consiste à ne pas accepter qu’un certain nombre de personnes rompent les règles du fonctionnement » du parti. Mais elle a été incapable de dire de quoi sont accusés ces cadres qui risquent l’exclusion du parti. Elle a d’abord dévié sur le cas du sénateur maire PS de Neuilly-sur-Marne Jacques Maheas, suspecté d’agression sexuelle sur une de ses employées et toujours pas exclu du Parti Socialiste, avant de lâcher, de mauvaise grâce, qu’Yvan Benedetti passe devant la commission des conflits du Front National pour avoir déclaré le mois dernier « je suis anti-juif, antisémite et antisioniste ».


Marine Le Pen par franceinter

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Message  BouffonVert72 Jeu 16 Juin - 19:26

Incroyable : MLP n'est pas au courant que des alternatives au nucléaire existent déjà... Shocked
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Message  nico37 Mar 21 Juin - 0:01

Affiches du Front National : la Ville va porter plainte

Le maire de Saumur a fait savoir qu’il comptait déposer plainte après une campagne d’affichage sauvage du Front National.

Les services municipaux vont faire décoller les affiches posées sur le domaine public, et la mairie a annoncé son intention d’envoyer la facture du nettoyage au parti présidé par Marine Le Pen.

Mais il serait très étonnant que le FN accepte de régler la note. Interrogé vendredi, Steeve Briois, secrétaire général du FN, a déclaré : « Plutôt que d’interdire l’affichage, les municipalités feraient mieux de s’occuper des problèmes liés à l’économie, au social et à l’emploi ».

Mais il a aussi indiqué qu’il allait mener une enquête auprès des responsables locaux et a assuré que les adhérents du FN ont pour consigne claire de respecter l’environnement.

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Message  BouffonVert72 Mar 21 Juin - 1:07

Ca ne me semble pas forcément être une info capitale au point d'être signalée, m'enfin bon...

Je nous vois mal hurler : "Ne votez pas Front National, ils font des affichages sauvages ! "
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Message  nico37 Mer 22 Juin - 1:00

Front National : L’Arnaque ?


L’autopsie du programme Front National par Yves Azéroual et Najwa El Haïté, les bonnes feuilles de leur dernier ouvrage.

Parce qu’il y avait urgence à mettre à la disposition du grand public une « traduction » simple, conforme à l’esprit et à la lettre des textes, entretiens, actions et publications frontistes, Yves Azéroual et Najwa El Haïté ont simplifié et passé au scanner « l’arnaque » Front National. Subtile, Marine Le Pen, dans une volonté de dédiaboliser le FN, tente l’ultime ruse de l’extrême-droite pour prendre le pouvoir par les urnes. Tel est le constat, au retour d’une enquête minutieuse, d’une étude détaillée de ses propositions, d’un travail objectif et fouillé des deux auteurs.

http://www.lesgrandesoreilles.com/2011/06/17/front-national-l-arnaque

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Message  nico37 Sam 25 Juin - 10:44

-20110624]Marine Le Pen : de la démagogie saupoudrée de pseudo-modernisme
24/06/2011 à 00h55 - mis à jour le 24/06/2011 à 11h29 | 16448 vues | 936 réactions

Elle était l'invitée jeudi soir de la nouvelle émission Des paroles et des actes qui marque le retour du service public de qualité.

Pour la première de la nouvelle émission politique de France 2, David Pujadas avait choisi Marine Le Pen, et ce en dépit des réticences de la CGT-France Télévisions.

Première partie : le face à face de star du 20 h avec la présidente du Front national : avantage petite phrase

Première salve : Marine Le Pen se plaint d’avoir été mise "à la diète médiatique", et se met à réciter ses credos habituels : "nous n’avons pas les puissances de l’argent", se comparant à la tortue de La Fontaine : "partir tôt pour arriver loin".

Puis, David Pujadas revient sur la gestion calamiteuse de certaines municipalités frontistes. "Des erreurs, des indélicatesses" concède l’intéressée, mais "Bompard (ndlr : maire d’Orange) brillamment réélu" insiste-t-elle, "sous l’étiquette UMP" s’empresse de préciser le journaliste.

Marine poursuit : "La France souffre (…) Il est douloureux de la voir enserrée dans un carcan", répond-t-elle à un Pujadas qui doute de son amour pour la France. Quant à l’Afghanistan, "nous n’avons strictement rien à faire", martèle-t-elle, rappelant les "62 jeunes vies sacrifiées".

Deuxième partie : 15 min de Nathalie St Cricq : priorité à la forme plutôt qu’au fond

L’élue d’Hénin-Beaumont est mise face à ses contradictions, des vidéos de 1992 et de 2011 la montrant se plaindre du "malheur" de la chose publique. Elle ne se démonte pas pour autant, assurant avoir "le sentiment d’une mission à accomplir", ajoutant même qu’elle "aurait du mal à être avec quelqu’un qui ne pense pas comme (elle)." Chevilles ou pastèques quand tu nous tiens !

Ses saillies reviennent aussi sec que sèches : "Le laxisme est un grand malheur pour les hommes" ou encore : "Ce qui me blesse, c’est qu’on attaque les Français", mais aussi "Oui, je fais du tir pour me détendre".

Il n’empêche, chassez Jean-Marie le père, M. Le Pen revient au galop. Elle peine en effet, malgré l’insistance de la journaliste, à se différencier de son géniteur. "Jean-Marie Le Pen trouvait l’Etat tentaculaire" alors qu’elle plaide pour un Etat "fort et stratège". Sinon, celui qu’elle n’appelle jamais papa et elle "n’ont pas les mêmes références". Point final, circulez y’a rien à voir.

Troisième partie : François Lenglet, ex de La Tribune, pose enfin les bonnes questions sur l’économie

L’ancien rédacteur en chef du quotidien économique commence par égrener les propositions frontistes, jusqu’au moment où il pose LA question : "Comment allez-vous trouver les 8 milliards d’euros chaque semaine pour financer ces déficits ?" La conseillère régionale du Nord-Pas-de-Calais repart dans son lyrisme : "L’euro est en voie d’extinction. C’est un échec. C’est la zone qui est la plus faible du monde".

L’ex patron de presse enchaîne, comparant l’Hexagone au Royaume-Uni où les données sont deux fois pires. Marine Le Pen se lance dans ses antiennes : "Votre présentation n’est pas correcte !" sans oublier son refrain habituel : "Les chiffres sont biaisés !".

Bref, bien qu’elle se présente comme "la candidate du programme social", elle cite l’ex-président d’Attac ou Christian St-Etienne pour appuyer sa thèse. Or, le journaliste a préparé son entretien, citant aussi le professeur de Paris-Dauphine : "Sortir de l’euro serait suicidaire".

Empêtrée, l’eurodéputée, fidèle au dicton "la meilleure défense c’est l’attaque", riposte : "Ne me faites pas passer pour quelqu’un d’irresponsable ! Je suis quelqu’un de très sage !"

Quatrième partie : le duel contre Cécile Duflot ou l’art de noyer le poisson

La secrétaire nationale d’Europe Ecologie-Les Verts entame violemment la joute, comptabilisant 10 millions de résidents que le FN veut expulser. Piquée au vif, la "bleu Marine" rétorque qu’elle "n’a rien compris" et être "là pour expliquer".

La conseillère francilienne n’est pas en reste : "Assumez vos propositions !", lui lance-t-elle. Rien n’y fait : l’habitante de St Cloud jure "être la seule à proposer une alternative au système", considérant que "l’UMP (lui) court après". Duflot résume assez bien la demoiselle : "Vous avez conservé le ministère de la Parole !"

Quant au nucléaire, c’est comme la finance, elle patauge sévèrement. Sa seule proposition : "investir dans la sécurisation des sites". Combien ? Où ? Comment ? Avec qui ? Rien de cela n’est précisé. Après les deux journalistes qui se sont succédé, la cheffe verte la renvoie à nouveau dans ses buts :"votre engagement s’arrête à un habillage !"

Cinquième & sixième parties : Namias le reporter laissé sans réponse, Fourest et Joffrin les "allumés"

Le chef du service politique rejoint la table rectangulaire. Mademoiselle Le Pen se met à rêver d’Elysée : "Maître Collard ferait un très bon ministre de la Justice". Pourtant, il fait grise mine dans le public. D’ailleurs, aux cantonales, précise-t-elle, "s’ils avaient eu 3 semaines de plus, ils auraient fait 100 élus".

Elle semble toutefois avoir évolué : elle n’est plus pour la peine de mort, mais proposerait un référendum pour choisir entre la perpétuité réelle et la peine de mort. "Je n’exècre pas les gens, j’exècre leur politique", s’emporte-t-elle.

Que dire de l’essayiste Caroline Fourest qui a bien résumé la soirée : "un très beau numéro de voltige" ? Rien, selon Marine Le Pen, puisqu’elle est "un agent du système", et le directeur du Nouvel Obs’ n’est "pas un grand démocrate". Appréciez en effet ce mot à leur égard : "Continuez à laisser les manettes à l’UMP et au PS (opérant) le pillage du peuple par une élite".

Changez le visage, mettez-lui une perruque blonde, et vous obtiendrez le même résultat : de la démagogie saupoudrée de pseudo-modernisme.

nico37

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Message  verié2 Sam 25 Juin - 12:09

Oui, enfin dans le bout que j'ai vu (sur l'euro et l'économie), elle ne se débrouillait, hélas, pas mal. Le propre de la démagogie, c'est qu'on n'en vient pas à bout avec des arguments rationnels.

verié2

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Message  nico37 Dim 26 Juin - 14:46

verié2 a écrit:Oui, enfin dans le bout que j'ai vu (sur l'euro et l'économie), elle ne se débrouillait, hélas, pas mal. Le propre de la démagogie, c'est qu'on n'en vient pas à bout avec des arguments rationnels.
He bien sur d'autres forums, sympathisants & militants de base FN l'ont trouvé moyen voire mauvaise "elle n'aurait pas dû accepter un traquenard pareil", "ses réponses étaient trop politiquement correctes [ou floues]".
Seul le mouvement ouvrier peut venir à bout de la démagogie, pas la petite bourgeoisie politicarde prétentieuse...

Marine lève le voile Publié le 24 juin 2011 par cabanel

C’est entendu, Marine a le vent en poupe, et elle se jette à l’eau : elle veut se démarquer de son père qui avait le racisme facile, tenant des propos inqualifiables sur les camps de concentration, et qui s’affichait avec des personnes infréquentables.

Bref, ça y est, elle est présidentiable.

Mais la pièce qu’elle est en train de nous jouer est à deux faces, Pile la Fille, et face, le Père.

La stratégie que déploie Marine est intéressante : elle prend des voix autant à gauche qu’à droite, se désintéressant du centre, lequel, de par sa position, se trouve marginalisé.

A droite, elle profite du désamour que les français vouent à Sarkozy, lequel ne sait plus à quels saints se vouer pour regagner leurs faveurs. Lien

D’un coté, elle l’accuse d’avoir tapé dans la caisse de son « fond de commerce », immigration, et insécurité, lui reprochant de parler, plutôt que d’agir.

D’un autre coté, elle promet, si elle est élue, de fermer les frontières à l’immigration.

On le sait, ces deux thèmes de campagne sont propres autant à l’UMP qu’au FN, à tel point que de nombreux politologue comme Stéphane Rosez, par exemple, n’arrivent pas à discerner ce qui sépare.

Il est vrai que leurs convergences sont nombreuses.

Un exemple parmi tant d’autres, Marine, malgré son prénom, est hostile au voile, tout comme Boutefeux, Besson, Guéant, et d’autres.

C’est en effet sur le voile et sur les musulmans, que Marine est la plus prolixe. Elle n’a pas hésité à comparer « les prières dans la rue » à l’occupation allemande pendant la seconde guerre mondiale.

On se souvient qu’aux dernières élections, l’UMP n’avait pas appelé à un « front républicain » pour barrer la route du FN, preuve évidente de la proximité entre les deux partis.

C’est peut être l’une des erreurs qu’à fait l’UMP, car en refusant de le sanctionner, il banalise le vote du front.

Mais Marine Le Pen pioche aussi allègrement dans les rangs des classes dites populaires en maniant des slogans pour le moins contradictoires comme celui-ci :

« De droite économiquement, de gauche socialement », le grand écart, en quelque sorte.

Son électorat est essentiellement populaire, surtout ouvrier, masculin, peu diplômé, plutôt âgé, et plutôt privé que public,

Or cette posture (de droite économiquement, et de gauche socialement) a plutôt été celle du dernier programme du PS.

Mais c’est sur le refus de l’Europe qu’elle crée la différence, et récolte des adhésions.

Comme le dit l’économiste Jacques Sapir, « Marine Le Pen surfe aussi sur l’échec de l’Europe ».

Elle a beau jeu de mettre en porte à faux le PS et l’UMP, rappelant que ces deux partis ont contourné le « NON » au référendum de 2005 et qu’ils refusent d’admettre s’être trompé lourdement au sujet de l’Europe, puisqu’ils prétendent : « l’Europe nous défend et l’euro nous protège ».

Le nucléaire, sujet sensible s’il en est, n’est pas oublié par la représentante du FN.

Elle déclarait jusque là: « le nucléaire est l’élément essentiel de notre indépendance énergétique » prouvant sa parfaite méconnaissance du dossier, car, comme chacun le sait, il y a belle lurette que nous sommes dépendant sur la question uranium, qui nous vient du Niger et d’ailleurs.

Devant le basculement de l’opinion, puisque 77% de la population française y est désormais hostile, elle prend le vent, et change timidement d’opinion, en affirmant être favorable à un référendum, et puis le 14 juin, sur l’antenne de France Inter, elle finit par déclarer que « la sortie du nucléaire était un objectif qu’il faut avoir à l’esprit parce que c’est une énergie énormément dangereuse ».

La politique de la girouette a encore de beaux jours devant elle.

Le dernier point stratégique de la candidate du front est dans l’apparence : tout comme la teinture de blonde qu’elle s’est fait, elle s’est donné un look de présidentiable fréquentable, et pourtant elle n’est que l’autre face d’une même pièce, dont son père était le recto.

Un blogueur, « larelèveagauche » en fait la démonstration sur cette vidéo :
https://www.youtube.com/watch?v=GK0-LAOVWXU&feature=player_embedded

Alors on comprends la pugnacité de la candidate FN qui ne veut pas que son parti se laisse voler la victoire comme en 2002, se rappelant sans doute la belle phrase de Marcel Pagnol dans sa célèbre « partie de carte » : « c’est dans la marine qu’il y a le plus de cocus » : https://www.youtube.com/watch?v=w8rXPeB8-DY

D’autant qu’aujourd’hui, d’autres candidats à la présidentielles viennent jouer dans sa cour, comme par exemple Christine Boutin qui, annonçant sa candidature le 22 juin dernier, a affirmé que sa première mesure sera d’imposer le port de l’uniforme à l’école.

Et elle n’est pas un cas isolé, car François Barouin, Philippe de Villiers, François Bayrou, et Xavier Darcos y sont eux-aussi favorables.

D’ailleurs 3 députés UMP ont déposé en 2006 une loi défendant cette idée et selon eux : «l’instauration d’une tenue commune permettrait de lisser les différences sociales entre les élèves, de limiter les insultes et agressions sexuelles dont sont victimes les jeunes filles et permettrait au monde éducatif d’évoluer dans de meilleures conditions».

Mais revenons à MLP.

Son programme n’est guère moderne : outre le port de l’uniforme à l’école, il y a le retour au franc, le retour des frontières, le retour de la semaine de 40 heures (ou plus ?), celui de la peine de mort (par référendum) et un lot de promesses non explicitées : « révolution fiscale, lutte contre les pratiques abusives et les « super profits » des grands groupes financiers, réduction des inégalités territoriales de revenus… » lien

Mathieu Madénian sur l’antenne d’Europe 1, le 23 juin dernier, dans son numéro de « télé délire », s’adressait à David Pujadas, l’invité du jour, lequel recevait le soir même, dans son émission « des paroles et des actes », Marine le Pen: « le nouveau crédo de Marine Le Pen c’est la dé-mondialisation, le retour au franc, sortir de l’Europe, restaurer les frontières douanières…David tant qu’à faire demandez lui si elle va s’arrêter là, ou si elle va reconstruire des châteaux forts, à quand le retour de la dime, de la gabelle, organiser des combats de gladiateurs… », puis constatant « qu’un français sur 5 se dit prêt a voter Marine Le Pen », il demanda au public qui votait Le Pen de lever la main, et voyant qu’aucune ne s’était levée, il concluait : « car au fond les gens qui vote Le Pen, ils savent que c’est pas bien »

En tout cas, lors de cette émission de la « 2 », on apprenait avec étonnement que le programme économique du FN n’était pas chiffré, puisqu’elle répondait à l’économiste de l’émission : « les présidentielles, c’est dans 1 an, laissez moi le temps de faire un programme économique chiffré ! »

Pourtant, sur le site du FN, les propositions sont bel et bien écrites, mais chaque fois que l’économiste de service opposait aux déclarations péremptoires de Marine Le Pen des contre arguments chiffrés, celle-ci lui rétorquait « vous n’avez strictement rien compris »

Cécile Duflot venait aussi apporter la contradiction, et l’attaquant sur l’expulsion de France de 10 millions de personnes sur la base des critères du FN se voyait elle aussi rétorquer : « vous n’avez strictement rien compris à ce que j’ai dit ».

On le voit, Marine Le Pen est une grande incomprise.

En tout cas, la présidentielle c’est dans 11 mois…et déjà à droite les candidatures se multiplient mettant le candidat UMP dans une posture de plus en plus délicate.

Entre Borloo, et Nihous, en passant par De Viillepin, Dupont-Aignant, Bayrou, Boutin, De Villiers, Morin, même si certains de ces candidats risquent de ne pas peser très lourd le jour de l’élection, ce sont autant de voix qui sont enlevées au candidat présidentiel, et la montée inexorable de Marine Le Pen n’arrange pas ses affaires.

A gauche on s’inquiète aussi, car sur le chapitre européen, le PS n’est pas vraiment à son aise, d’autant que la crise grecque prend de l’ampleur, et que la France risque des sanctions avec bientôt ses 2000 milliards de dettes.

Et puis les candidats se multiplient.

Outre EELV, Chevènement montre le bout de son nez, Melenchon est lancé, les radicaux de gauche disent qu’ils auront un candidat, tout comme le NPA, Nathalie Arthaud a fait acte de candidature pour Lutte Ouvrière, jusqu’à Gérard Schivardi qui semble avoir pris gout au jeu électoral.

Le dernier sondage donne gagnant Hollande et Aubry qui recueilleraient 60 % des voix (58 % pour Aubry) lesquels battraient Sarközi et Le Pen.

Mais la partie ne fait que commencer.

Tout les acteurs sont prêts, et même si des coups de théâtre ne manqueront pas de se produire, la pièce qui va être jouée pourrait être passionnante, à moins que les électeurs préfèrent un autre spectacle, car comme dit souvent mon vieil ami africain : « si vous voulez que vos rêves se réalisent, ne dormez pas ».

nico37

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