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Licenciements, plans industriels, nationalisation

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Message  gérard menvussa le Lun 5 Mai - 19:40

Quand on est confronté a un plan de démantèlement ou de réorganisation (se soldant inévitablement par des suppressions d'emploi et des licenciements) les syndicats répondent par deux contradictoires :

soit : on ne peut pas lutter contre, et le tout est de gagner un maximum de fric Ce qui est accepter totalement la logique patronale

soit : on sort un "plan social et économique" discuté par les syndicats et une partie des salariés, avec une défense "réaliste" de l'outil de production (et du travail qui va avec)

Un exemple typique de cette seconde attitude est donné par un article de l'humanité signalé par Pédro : c'est de cela dont je voudrais débattre, car la discussion est plus compliquée qu'il n'y parait : on peut trouver agaçant (au minimum) le patriotisme un peu ridicule, le fait d'etre "plus patron que les patrons"; Mais il me semble que ça pose un vrai problème en tant qu’intervention ou les salariés demandent du "réalisme"...

L'article de l'humanité :


Alstom : "On a un mois pour agir et pousser le gouvernement à reprendre les actions de Bouygues"
Sarah Sudre
Jeudi, 1 Mai, 2014
Face au projet de vente « à la découpe » du fleuron industriel français, les défenseurs d’Alstom, salariés et syndicaux, ont animé ce 1er mai le cortège de la CGT 93 avec une proposition : « Nationalisation ! »

« Non à General Electric et à Siemens, oui à la nationalisation d’Alstom », pouvait-on entendre ce 1er mai en passant devant le cortège de la CGT 93, réunissant des salariés et des défenseurs des sites d’Alstom de Saint-Ouen et de la Courneuve. Pour les salariés et les syndicats, « c’est simple, il n’est pas question de laisser notre entreprise se démanteler dans tous les sens ». Une vision du fleuron industriel français qui n’est pas perçue de la même façon par le PDG d’Alstom, Patrick Kron, qui a négocié en secret l’offre du groupe américain General Electric pour le rachat de sa branche « énergie », à hauteur de 12,35 milliards d’euros. Une vente à la découpe qui ne semble pas non plus « affoler » le gouvernement, s’inquiétant davantage de l’avancée des négociations du groupe allemand Siemens dans ses parts de rachat, que du maintien des capitaux d’Alstom en France. Or, la situation est plus qu’alarmante. « Ce ne sont pas les difficultés d’endettements d’Alstom qu’il faut remettre en cause mais la volonté de Martin Bouygues, notre premier actionnaire, de stopper sa participation de 29,4% du capital dans notre entreprise, après avoir récupéré des milliards, au moment où on a des soucis de trésorerie. Conclusion : le PDG a mis en place une mécanique de démantèlement. General Electric, s’il devient actionnaire et qu’il prévoit de maintenir les postes, va rapatrier une partie de nos technologies aux Etats-Unis pour consolider la puissance américaine. Quant à Siemens, c’est un concurrent direct qui nous court après depuis 2003. On a un mois pour agir et pousser le gouvernement à reprendre les actions de Bouygues et rendre le capital à Alstom pour créer un vrai projet industriel », revendique avec précision, Laurent Santoire, délégué syndical CGT Alstom. Frustrés de ne pas avoir leurs mots dans cette histoire, « la direction empêchant tout dialogue avec les organisations syndicales », selon Jean-Pierre Monneret, les syndiqués CGT sont, ce 1er mai, descendus dans la rue pour porter la voix des salariés, « qui se sentent désarçonnés et complètement abandonnés par les dirigeants d’Alstom mais aussi par l’Etat », explique Laurent Santoire. Et ce ne sont pas les quelques averses du jour, qui les auront freinés dans leur « coup de gueule ». Parce que l’incompréhension plane, en ce jour de « fête ». Si en 2003, les grévistes d’Alstom réussissent à lever un plan de licenciement, in extremis, notamment avec le plan de sauvetage de renationalisation partielle, de Nicolas Sarkozy, alors ministre des finances, « on ne comprend pas aujourd’hui qu’un gouvernement de gauche puisse laisser partir un pilier de l’industrie française à l’étranger », raconte Marc Fhal, membre du conseil d’administration de l’union fraternelle des métallurgistes, île de France, et salarié d’Alstom depuis 1991.

Défendre notre savoir
Utilisant alors le 1er mai comme une « mobilisation de revendications » supplémentaire, les défenseurs d’Alstom demandent à Arnaud Montebourg, ministre du redressement productif, de renationaliser « le cœur de l’industrie française ». Parce qu’avant même de penser délocalisation, suppression d’emploi et précarité, Marc Fhal s’inquiète du transfert des compétences vers un pays étranger. Et c’est bien ça qui le dérange le plus : « La technologie que nous avons développé ici ne peut pas partir à l’étranger, ce n’est pas possible. Aujourd’hui, certains de nos jeunes ingénieurs ont démissionné, fragilisés par un avenir incertain. On ne peut pas laisser un groupe américain avoir la main sur nos centrales nucléaires ». Après plus de 20 ans de carrière dans cette entreprise, Marc estime que « sa place est ici ce 1er mai, dans la rue, seule véritable endroit démocratique, pour défendre ce qui lui tient à cœur». Le 13 mai, ils se réuniront à Belfort, haut-lieu symbolique d’Alstom pour déterminer la suite des actions.
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Message  Pedrolito le Mar 6 Mai - 19:34

Je ne vais pas m'étaler (je suis un sympathisant marxiste débutant, et ma maîtrise dans le domaine est limitée), mais n'empêche, c'est pile par ce genre d'attitude qu'on voit que le venin de la pensée et des valeurs de la bourgeoisie est profondément diffusé dans l'esprit des masses, et pire encore, dans celui d'une partie de la classe ouvrière. C'est pas nouveau, mais c'est rageant. Et on dirait que ça va en s'empirant.
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Message  gérard menvussa le Mar 6 Mai - 20:13

n'empêche, c'est pile par ce genre d'attitude qu'on voit que le venin de la pensée et des valeurs de la bourgeoisie est profondément diffusé dans l'esprit des masses, et pire encore, dans celui d'une partie de la classe ouvrière.
Sauf que c'est plus compliqué. Evidemment,l'idéologie dominante est toujours celle de la classe dominante (si cette domination n'était pas présente, on serait en plein d'une situation révolutionnaire) mais ce genre de "plan" possède des aspects contradictoires : d'un coté, etre "réaliste" et "raisonnable" mais aussi sentir qu'on représente une alternative par rapport aux plans de la bourgeoisie.
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Message  Dinky le Mer 7 Mai - 2:25

Intervention de l'État ou loi du marché ? L'État sauveur suprême... des profits


Les dirigeants de la CGT, de FO, du PCF, du Parti de gauche, Chevènement et d'autres étoiles de moindre importance appellent l'État à intervenir dans l'affaire de la vente d'Alstom. Les plus radicaux, si l'on ose dire, comme la CGT, demandent quasiment la nationalisation de cette entreprise.

Mais, si les mots ont un sens, nationaliser en régime capitaliste, ce serait acheter avec des fonds publics les parts détenues par des capitalistes privés. Le premier bénéficiaire d'une telle nationalisation serait évidemment Bouygues, qui détient 30 % d'Alstom et cherche à vendre. Bouygues pourrait ainsi dire, comme feu Marcel Dassault, le fondateur de l'entreprise du même nom : « J'ai été nationalisé deux fois et je m'en porte très bien » !

Les travailleurs en revanche ne verraient pas leurs emplois garantis pour autant. Les entreprises nationalisées ont, par le passé, licencié comme les autres, et souvent autant. Et certaines ont même été nationalisées précisément pour que l'État se charge du sale boulot. Ce fut le cas de la sidérurgie. Nationaliser serait donc un cadeau à Bouygues, sans aucune garantie pour les travailleurs.

Les politiciens qui demandent à toute occasion l'intervention de l'État, la garantie de l'État, la prise de participation de l'État, etc. et qui présentent cela comme un espoir pour les travailleurs, sont des fabricants d'illusions. L'État intervient sans cesse dans les affaires économiques : il prend des parts, en vend d'autres, oriente et aide les affaires des grands groupes industriels et financiers. Mais il le fait toujours dans le seul intérêt des capitalistes, qui ne coïncide jamais avec celui des salariés. Il est là pour ça.

Les travailleurs ne doivent défendre que ce qu'ils ont : leurs emplois, donc leurs salaires. Et ils ne peuvent pour cela compter que sur eux-mêmes : ni sur l'État des capitalistes, ni sur ceux, dirigeants syndicaux et politiciens de tous bords, qui présentent l'État comme un sauveur tout-puissant et neutre. Ce qui est loin d'être la réalité.

Paul GALOIS

LO

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Message  gérard menvussa le Mer 7 Mai - 10:18

LO a raison : la nationalisation dans un cadre bourgeois n'a pas d'utilité dans la sauvegarde des emploi. Reste a avancer des solutions : sinon il reste au final la solution "prend l'oseille et tire toi". Qui ne remet pas plus en cause le pouvoir patronal que la nationalisation "bourgeoise"...
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