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Première guerre mondiale

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Re: Première guerre mondiale

Message  Dinky le Jeu 23 Oct - 18:04

Il y a 100 ans - 1914-1918 : de l'offensive à la guerre des tranchées

« C'est pas fini, c'est pour toujours de cette guerre infâme ». Ces paroles de la Chanson de Craonne expriment le désespoir des combattants qui, de 1914 à 1918, se terrèrent dans les tranchées des deux côtés du front. Des millions n'en revinrent pas ou restèrent mutilés à vie.
Si la Chanson de Craonne exprimait le désespoir des soldats, elle témoignait aussi de leur colère et de la conscience qu'ils avaient de la véritable nature de cette boucherie dans laquelle les pauvres s'entretuaient pour des intérêts qui n'étaient pas les leurs.
Le dernier refrain de la Chanson de Craonne était explicite à cet égard :
« Ceux qu'ont le pognon, ceux-là reviendront/Car c'est pour eux qu'on crève Mais c'est fini, nous, les troufions/On va se mettre en grève Ce sera vot' tour messieurs les gros/De monter sur le plateau Si vous voulez faire la guerre/Payez-la de votre peau »
Lorsque la guerre éclata, en août 1914, l'état-major français prônait « l'offensive à outrance ». Au nom de ce qu'il appelait « les meilleures traditions de l'armée française », paysans et ouvriers, tout juste tirés de leurs champs et de leurs ateliers, furent jetés dans des assauts meurtriers. On leur avait promis une guerre courte et une victoire facile. Forcés d'avancer à découvert, ils furent broyés par l'artillerie et les mitrailleuses allemandes. Pour la seule journée du 22 août 1914, la plus meurtrière de la guerre, il y eut 27 000 morts du côté français. Face à cette hécatombe, la nécessité pour les soldats de s'abriter finit par s'imposer même aux plus bornés des généraux. Le front se figea à partir de décembre 1914 et un réseau de tranchées de plus en plus profondes fut creusé, allant de la mer du Nord à la Suisse. L'horreur des tranchées remplaça alors celle de l'offensive.

L'HORREUR DES TRANCHEES
Des deux côtés du front, des millions d'hommes durent s'enterrer, parfois séparés de quelques dizaines de mètres seulement. Pendant quatre années interminables et entre deux sorties meurtrières ils attendaient, impuissants, l'arrivée d'obus capables d'engloutir toute une escouade, ou l'explosion des mines, enfouies au bout de tunnels creusés sous les tranchées et bourrés d'explosifs, qui faisaient plus de victimes encore que les plus gros obus. Enfin, à partir d'avril 1915, les gaz asphyxiants firent leur apparition.
Dans l'angoisse permanente, en proie à la vermine et au martèlement de l'artillerie, les soldats des tranchées furent lancés dans de sanglants assauts. Les généraux des deux camps, obsédés par l'espoir illusoire de rompre le front, continuèrent à sacrifier sans compter les vies humaines. Pendant la fin de 1914 et le début de 1915, le général Joffre lança régulièrement les soldats à l'assaut des tranchées ennemies. « Je les grignote », proclamait-il pour justifier l'absence de résultats, alors que des régiments entiers disparaissaient dès leur sortie de la tranchée, empêtrés dans les barbelés et fauchés par la mitrailleuse. Les troupes partaient à la mort sous la contrainte, « les sergents marchant en serre-file pour faire avancer les traînards et les abattre à coup de revolver à discrétion », témoigne Louis Barthas dans ses carnets de guerre. Il ajoute dans sa description d'un assaut suicidaire : « De la tranchée, une voix rude lança cette menace terrible : si la section n'avance pas, on va lui tirer dessus. »

FRATERNISATIONS
Parfois, un accord tacite s'instaurait entre soldats des deux camps pour ne pas ouvrir le feu, et éviter ainsi le déluge d'obus déclenché par chaque fusillade. L'état-major faisait alors tout son possible pour rompre le calme. Les patrouilles nocturnes et les coups de main pour faire des prisonniers n'avaient d'autre but que d'entretenir ce que les assassins galonnés appelaient la combativité des troupes. Cela n'empêchait cependant pas les fraternisations inopinées, comme en ce jour de décembre 1915 que décrit Louis Barthas où les soldats français et allemands durent sortir à découvert pour ne pas mourir noyés dans les tranchées inondées : « Deux armées ennemies face à face sans se tirer un coup de fusil. Ils se sourirent, des propos s'échangèrent, des mains se tendirent et s'étreignirent, on partage le tabac, un quart de jus ou de pinard. » Et il poursuit : « Nos artilleurs reçurent l'ordre de tirer sur tous les rassemblements qui leur seraient signalés et de faucher indifféremment Allemands et Français. »

Ce massacre dura quatre ans. Rosa Luxembourg, dirigeante socialiste allemande qui dès le début s'était opposée à la guerre, la caractérisait ainsi comme l'aboutissement du capitalisme. « Souillée, déshonorée, pataugeant dans le sang, couverte de crasse, voilà comment se présente la société bourgeoise, voilà ce qu'elle est. Ce n'est pas lorsque, bien léchée et bien honnête, elle se donne des dehors de la culture et de la philosophie, de la morale et de l'ordre, de la paix et du droit, c'est quand elle ressemble à une bête fauve, quand elle danse le sabbat de l'anarchie, quand elle souffle la peste sur la civilisation et l'humanité qu'elle se montre toute nue, telle qu'elle est vraiment. »
Ces paroles conservent toute leur actualité.

Daniel Mescla

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Re: Première guerre mondiale

Message  topaze le Sam 25 Oct - 7:57

concernant la 1er guerre mondiale il y a un livre de Paul Frolich qui s'appel: impérialisme guerre et lutte de classe en Allemagne (1914-1918)
Voici un compte rendu de lecture sur ce livre
http://fr.internationalism.org/icconline/201410/9143/compte-rendu-lecture-paul-froelich-imperialisme-guerre-et-lutte-classes-allema

Topaze. Lecteur de révolution internationale

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Re: Première guerre mondiale

Message  Roseau le Dim 9 Nov - 1:28

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Re: Première guerre mondiale

Message  Roseau le Mar 11 Nov - 15:21

Se souvenir aussi que la débâcle politique de la gauche réformiste a contribué à la boucherie...
http://npaherault.blogspot.com/2014/11/11-novembre-se-souvenir-aussi-que-la.html
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Re: Première guerre mondiale

Message  Roseau le Mar 11 Nov - 22:06

"J’accuse” d’Abel Gance, un monument qui mérite le détour sur Arte
http://television.telerama.fr/television/le-j-accuse-d-abel-gance-un-monument-qui-merite-le-detour-sur-arte,118727.php#xtor=RSS-18

A lire en attendant ce texte de 1915 de Rosa Luxembourg, alors en prison,
dont j'extraie ce condensé:
L’actuelle guerre mondiale est un tournant dans le parcours de l’impérialisme.
Pour la première fois, les bêtes féroces
que l’Europe capitaliste avait lâchées sur tous les autres continents
ont fait irruption d’un seul bond en plein milieu de l’Europe.
http://terrainsdeluttes.ouvaton.org/?p=4261
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Re: Première guerre mondiale

Message  Roseau le Jeu 25 Déc - 16:12

La fraternisation dans les tranchées : le mot d'ordre de Guerre civile illustré

Article de Lénine, 29 mars 1915, dans Sotsial-Demokra, no 40

Traduction MA pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/

Ce 8 janvier, les journaux suisses recevaient de Berlin le message suivant: « Dernièrement, la presse a rapporté maintes fois des tentatives pacifiques entre les tranchées allemandes et françaises de nouer des relations amicales. Selon la Tägliche Runschau, un ordre de l'armée datant du 29 décembre interdit toute fraternisation et tout rapprochement avec l'ennemi dans les tranchées ; toute infraction à cet ordre sera considérée comme de la haute trahison ».

Donc, la fraternisation et les tentatives de nouer des relations amicales avec l'ennemi sont un fait. Les autorités militaires allemandes s'en montrent inquiètes, ce qui signifie qu'ils y attachent une importance considérable.

Le britannique Labour leader du 7 janvier 1915, a publié une série de citations tirées de la presse bourgeoise britannique sur des cas de fraternisation entre soldats britanniques et allemands, qui ont convenu d'une « trêve de 48 h » pour Noël, se sont rencontrés de façon amicale dans le no-man's land, etc. Les autorités militaires britanniques ont publié un ordre spécial interdisant la fraternisation.

Et pourtant, avec une infinie suffisance et le sentiment confortable que la censure militaire les prémunirait de tout déni ultérieur, les opportunistes socialistes et leurs partisans (ou laquais?) ont assuré les travailleurs, par voie de presse (comme Kautsky l'a fait), qu'aucune entente sur une action contre la guerre, menée par les socialistes des pays belligérants, n'était possible (expression littéralement utilisée par Kautsky dans Die Neue Zeit) !

Essayez d'imaginer Hyndman, Guesde, Vandervelde, Plekhanov, Kautky et les autres – au lieu d'aider la bourgeoisie (c'est ce qu'ils font maintenant) – formant un comité international d'agitation pour « la fraternisation et les tentatives d'établir des relations amicales » entre les socialistes des pays bélligérants, à la fois dans les « tranchées » et dans les troupes en général.

Quels seraient les résultats dans quelques mois, si maintenant, six mois après le début de la guerre et malgré tous les leaders et sommités politiques qui ont trahi le socialisme, l'opposition montait de tous côtés contre ceux qui voté les crédits de guerre, contre ceux qui ont accepté des strapontins ministériels, alors que les hautes autorités militaires brandissent la menace de la peine capitale à quiconque oserait « fraterniser » ?

« C'est la seule question pratique – victoire ou défaite pour son pays », c'est ce que Kautsky, laquais des opportunistes, a écrit, en accord avec Guesde, Plekhanov and co.

En fait, si on oublie ce qu'est le socialisme et la lutte de classe, ce serait la vérité. Cependant, si on ne perd pas de vue le socialisme, c'est faux.

Il y a une autre question pratique : devons-nous périr comme des esclaves aveugles et impuissants, dans une guerre entre esclavagistes, ou devons-nous tomber dans des « tentatives de fraternisation » entre esclaves, avec pour but d'abolir l'esclavage ?

Voilà, en réalité, la question « pratique »
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Re: Première guerre mondiale

Message  Roseau le Lun 29 Déc - 19:14

Les colonisés de l’empire français dans la Première Guerre mondiale
http://npa2009.org/idees/les-colonises-de-lempire-francais-dans-la-premiere-guerre-mondiale
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