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Message  nico37 le Dim 13 Fév - 14:37

Shell au Nigéria : la lutte pour la responsabilité Ben Amunwa 8 février 2011

La version originale de cet article a été publiée en anglais par Pambazuka. Il a été traduit par Abel Page, traducteur bénévole pour rinoceros.

Ben Amunwa étudie comment l’issue du procès Wiwa contre Shell affecte la crise en cours dans le Delta du Niger, ainsi que les implications du règlement judiciaire pour les droits humains, la justice environnementale et le contrôle des ressources dans la région.

Le règlement judiciaire du procès emblématique Wiwa contre Shell en juin 2009 a marqué une petite mais importante étape pour la douzaine de plaignants impliqués. Ils accusaient Shell de complicité de violations des droits humains, parmi lesquelles des crimes contre l’humanité, des exécutions sommaires, des tortures et des détentions arbitraires. Les abus ont eu lieu pendant la répression militaire des années 90, lorsque 300 000 personnes de la communauté minoritaire Ogoni se sont mobilisées derrière l’écrivain et activiste Ken Saro-Wiwa pour protester contre les dévastations environnementales et sociales causées par Shell, Chevron et les autres compagnies opérant dans la région pétrolière du Delta du Niger. Ces manifestations furent les plus importantes jamais vues contre les compagnies pétrolières. En conséquence, Shell s’est engagé avec les militaires nigérians dans une campagne de violence aveugle en Ogoniland, culminant dans l’exécution sommaire de Saro-Wiwa et de huit autres activistes le 10 novembre 1995.

Pendant les 12 années suivantes, une bataille juridique s’est engagée au Tribunal du District de New York. Les avocats des plaignants ont rassemblé un dossier substantiel des pièces à conviction, incluant des mémos confidentiels de la compagnie, des emails et des dépositions de témoins, mettant en lumière la complicité de Shell dans les violations des droits humains commises en Ogoniland. Des illustrations vivides de l’étroite relation entre Shell et les militaires ont finalement été rendus publics dans le sillage du procès, dans le cadre duquel Shell a finalement accepté de payer 15,5 millions de dollars US aux plaignants.

Agissant dans les coulisses se trouvait Osamede Okhomina, un cadre du secteur pétrolier défiant les stéréotypes. Il est originaire du Delta du Niger et est titulaire d’un Master de philosophie de l’Université de Cambridge. Son entreprise, Energy Equity Resources, basée sur le papier dans la Marble Arch à Londres et à Victoria Island, Lagos a joué le rôle d’intercesseur dans la négociation du règlement judiciaire à du procès Wiwa. EER a aidé les deux parties à mettre en place le Kiisi Trust, un fonds de 5 millions de dollars US créé grâce avec l’argent du règlement, pour « des initiatives en Ogoniland de dotations éducationnelles, de développement des compétences, de développement agricole, de programmes pour les femmes, de soutien aux petites entreprises et d’alphabétisation des adultes ».

Un court communiqué d’EER publié le jour du règlement indique : « M. Okhomina a insisté … sur l’importance qu’EER accorde à la création d’un fonds en fiducie permettant aux communautés locales de profiter directement des bénéfices de la production pétrolière… EER croit que cette approche offre un avenir meilleur à l’ensemble des personnes concernées, et il espère que sa contribution à la résolution de ce procès sera vue en ce sens. »

C’est probablement une source de soulagement que cette contribution d’EER se soit vite évanouie dans la tempête médiatique qui a englouti Shell. Cependant, l’attitude d’EER, une compagnie de prospection pétrolière et gazière bien moins importante, mérite d’être considérée.

La mise en place de « fonds en fiducie » (trust funds) dans le Delta du Niger est un type de réponse émergent à ce que l’UNDP appelle la « scandaleuse » situation de développement de la région. Malgré leur échelle limitée, ils pourraient avoir davantage de potentiel que les piles de projets de développement communautaires abandonnés qui avaient été initiés par Shell et les autres groupes pétroliers.

Pendand plus d’une décennie, ces compagnies ont utilisé la « philanthropie stratégique » pour acheter le consentement des communautés où elles extraient le pétrole et le gaz. Suite à l’exécution de Saro-Wiwa et au naufrage du Brent Spar (silo flottant de stockage de pétrole (ndt)), Shell a pris conscience du besoin de restaurer son image globale, ce qui a mené à l’invention de la « Responsabilité sociale des entreprises » (RSE). Aujourd’hui, l’échec de la RSE dans le Delta du Niger est un secret de polichinelle. En 2001, une étude des projets communautaires de Shell a montré que sur les 80 initiés, 20 n’existaient pas, 36 étaient partiellement mis en œuvre et seulement 25 fonctionnaient de manière efficace.

Malgré cela, Alice Ajeh, la directrice des relations internationales de Shell au Nigéria, basée à La Haye, croit que la RSE est la réponse. Confrontée à une marée d’emails protestant contre les pratiques de Shell au Nigéria, elle insiste sur le fait que Shell a dépensé 242 millions de dollars US l’an dernier pour le développement des communautés – « le plus important investissement communautaire réalisé par Shell dans le monde. » Pendant son séjour à Port Harcourt, un rapport confidentiel de WAC Global Services pour Shell concluait que ces investissements créaient des « inégalités sociales » et augmentaient les conflits et la violence au lieu de bénéficier aux communautés.

Même en supposant qu’une partie des projets de développement communautaire de Shell existe et fonctionne effectivement, ceux-ci ne sauraient compenser les dévastations sociales et environnementales illégales causées par les marées noires récurrentes causées par la compagnie, le torchage du gaz et sa sur-dépendance envers les forces de sécurité nigérianes.

Bien que l’ensemble des problèmes de ces régions ne puisse évidemment pas être attribué à la compagnie, les activités de Shell exacerbent clairement l’insécurité, la corruption et la pauvreté.

Les forces de sécurité gouvernementale sont souvent à la solde des compagnies pétrolières internationales ; or ces mêmes forces sont responsables d’un nombre inconnu d’exécutions sommaires, d’assassinats, de torture et de détentions. D’après une organisation locale de défense de droits, le Centre pour l’Environnement, les Droits de l’Homme et le Développement (CEHRD), pas plus tard qu’en décembre 2009, des soldats armés chargés de surveiller un distributeur de Shell à K-Dere en Ogoni, ont torturé un homme et sa femme, les battant sévèrement avec la crosse de leurs pistolets et des fouets, jusqu’à ce qu’ils vomissent du sang. Ces agissements sont réguliers de la part des forces de sécurité payées, nourries et logées par Shell.

Le Delta du Niger n’est en aucun cas une économie « pauvre ». Des profits abasourdissants sont pompés dans ses criques par Shell, Chevron et les autres compagnies sur une base journalière. Le FMI estime que le Nigéria a gagné 75 milliards de dollars US en revenus pétroliers entre 2004 et 2007. Pourtant, la région du Delta est appauvrie par des décennies d’une corruption battant tous les records à tous les niveaux de l’élite politique nigériane, un vol continu bénéficiant de l’assistance des multinationales pétrolières et des banques occidentales.

Cette semaine, la Police Métropolitaine poursuit les proches de l’ancien gouverneur du Rivers State James Ebori pour l’avoir aidé à blanchir 30 millions de dollars US entre 2005 et 2007. Parmi ses actifs gelés se trouvent des fonds issus d’un contrat lucratif de la compagnie d’Ibori, Mex Engineering, pour la fourniture de péniches aménagées à Chevron et Shell. Scotland Yard suspecte que ce contrat cache une affaire de corruption, mais les entreprises le nient. Malgré l’opposition politique et une tentative du parlementaire conservateur Tony Baldry pour obstruer les poursuites au Royaume-Uni, le procès devrait avoir lieu au tribunal de Southwark Crown à Londres et pourrait révéler des faits préjudiciables liés au contrat.

Avec des compagnies pétrolières et tous les échelons du gouvernement nigérian largement embourbés dans la corruption, il y a besoin de mécanismes plus transparents et indépendants pour contrôler et tracer les revenus pétroliers. Les fonds fiduciaires comme le Kiisi Trust pourraient constituer un moyen pragmatique et temporaire de s’assurer que les communautés des villages bénéficient de leurs ressources.

Cependant, les fonds fiduciaires ne peuvent rien en ce qui concerne l’injustice fondamentale qu’illustre le procès Wiwa – les violations des droits humains par les compagnies pétrolières. La production pétrolière reste intimement liée à de choquantes violations des droits de l’homme. Comme l’a déclaré Saro-Wiwa au jury qui le condamna à mort : « Les militaires n’agissent pas seuls. Ils sont soutenus par un troupeau de politiciens, avocats, juges, universtaires, hommes d’affaires, tous cachés… »

Le procès Wiwa a montré le « pouvoir de la mémoire contre l’oubli ». Tant que les compagnies pétrolières continueront à conduire leurs affaires sur le dos des droits humains, elles seront toujours en dernière instance démasquées, tenues pour responsables et forcées à réparer.

Ben Amunwa est le coordinateur de la campagne Remember Saro-Wiwa de PLATFORM.

nico37

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Message  Gauvain le Sam 25 Juin - 2:09

Nigeria - La coach des footballeuses en croisade contre l'homosexualité

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Afrique du Sud Coupe du Monde Eucharia Uche Eudy Simelane FIFA football homophobie homosexualité Super Falcons

Le coup d'envoi de la Coupe du monde de football féminin sera donné dimanche 26 juin 2011 en Allemagne, mais l'équipe nigériane fait déjà parler d'elle. Dans une interview au New York Times, Eucharia Uche, 38 ans, la première femme coach de l’histoire des Super Falcons, cloue au pilori l'orientation sexuelle de certaines joueuses:

«C’est un problème sale […] spirituellement, moralement très mauvais.»

Voilà comment Uche qualifie l’homosexualité de membres de son équipe. L'entraîneur a donc décidé de partir en croisade contre ce qu'elle estime être une «expérience angoissante», en faisant appel à des pasteurs pentecôtistes pour prier avec les joueuses et les conseiller:

«Nous avons besoin d’une intervention divine pour contrôler et juguler [cette pratique]. Je peux vous dire que ça a marché pour nous. Cela appartient désormais au passé. On n'y fait plus jamais allusion.»

La position de la coach, chrétienne, mariée et mère de deux enfants, suit celle menée par les dirigeants de l’équipe depuis plusieurs années. Selon The Sun News Online, James Peters, un ancien assistant technique de la Fédération nigériane de football (FNF) affirme avoir licencié certaines joueuses, «non pas parce qu’elles étaient de mauvaises joueuses, mais parce qu’elles étaient lesbiennes.» Le responsable média de la Fédération, Ademola Olajire, assure que «la FNF met en place des mesures pour s’assurer que celles qui ont affirmé qu'elles ne se laisseraient plus tenter par ces pratiques obscènes tiennent leurs promesses.»

La Fédération Internationale de Football Association (Fifa) se refuse à tout commentaire sur les propos d'Uche. Pourtant, une des missions que s'est donnée la Fifa est de servir du sport pour «surmonter les obstacles socioculturels dans le but ultime d’améliorer la condition des femmes dans la société.»

Un lointain horizon pour le Nigeria, où l'homosexualité est passible de la peine de mort dans les 12 Etats qui appliquent la loi islamique. Cet acharnement s’observe aussi à l’échelle du continent africain.

En Afrique du Sud, Eudy Simelane, une joueuse de l’équipe nationale et militante pour les droits des lesbiennes, a subi en 2008 un viol collectif avant d'être poignardée 25 fois à KwaThema. C’est aussi dans ce pays qu’existe la seule équipe de football africaine composée exclusivement de joueuses lesbiennes —au risque de leur vie— les Chosen Few.

Lu sur The New York Times, The Sun News Online

http://www.slateafrique.com/3361/nigeria-foot-entraineur-des-super-falcons-homophobie

Il y a une pétition ici :
http://www.allout.org/fr/fifa
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Message  sylvestre le Lun 9 Jan - 16:21

http://www.lemonde.fr/afrique/article/2012/01/09/greve-generale-au-nigeria_1627217_3212.html

Grève au Nigeria : un manifestant tué par la police
LEMONDE.FR avec AFP | 09.01.12 | 07h16 • Mis à jour le 09.01.12 | 13h54

Un manifestant protestant contre la hausse des carburants au Nigeria a été abattu lundi 9 janvier par la police, à Lagos, la plus grande ville du pays, a indiqué un responsable syndical. Dans le nord du pays, à Kano, sept personnes ont été blessées par balles après des affrontements entre manifestants et policiers. Sept autres personnes ont été blessées à la suite de coups et d'une bousculade, selon un responsable de la Croix-Rouge.
DES MILLIERS DE MANIFESTANTS

Des milliers de personnes manifestaient au premier, dénonçant le doublement du prix des carburants dans le pays, sur fond d'attaques islamistes contre les chrétiens au nord. Dans la capitale économique Lagos, des jeunes ont bloqué un important axe routier en enflammant des pneus, jetant des pierres sur les policiers. "Bad Luck Jonathan" (Jonathan la malchance), criaient certains, en détournant le prénom du président nigérian, Goodluck (bonne chance) Jonathan. A Abuja, la capitale fédérale, des milliers de personnes sont également descendues dans la rue malgré un important déploiement des forces de l'ordre qui tentaient de les empêcher d'atteindre le centre-ville.

Les syndicats de travailleurs menacent d'une grève illimitée si le gouvernement ne rétablit pas les subventions sur les prix du carburant, dont la suppression le 1er janvier a entraîné une brusque hausse des prix de l'essence. Le litre à la pompe est ainsi passé dès lundi de 65 nairas (0,30 euro) à au moins 140 nairas (0,66 euro).

La chambre basse du Parlement nigérian a adopté une motion pour demander au gouvernement de faire marche arrière sur sa décision pour permettre une évolution du dialogue lors d'une session d'urgence dimanche. Les parlementaires ont également demandé aux syndicats de "suspendre leur projet de grève générale et de participer à un dialogue approfondi sur cette question".

TENSIONS INTERCONFESSIONNELLES GRANDISSANTES

Le président Goodluck Jonathan a fait une tentative de dernière minute samedi soir dans une adresse télévisée pour défendre la politique de son gouvernement dans l'espoir que les syndicats annulent leur projet de grève. Mais les syndicats ont indiqué qu'ils n'étaient pas influencés par le discours de M. Jonathan et qu'ils allaient poursuivre dans la voie de la grève qui menace de mettre le pays, qui compte 160 millions d'habitants, à l'arrêt.

Cette grogne sociale dans le pays plus gros producteur de pétrole d'Afrique se développe sur fond de tensions interconfessionnelles grandissantes et d'attentats meurtriers. Depuis les sanglants attentats visant les célébrations du jour de Noël et qui avaient fait au moins 49 morts, six nouvelles attaques contre des chrétiens du Nord musulman ont fait plus de 80 morts. La majorité de ces raids ont été revendiqués par Boko Haram, un groupe islamiste qui réclame l'application de la charia (loi islamique) dans l'ensemble du pays. Dimanche, M. Jonathan a estimé que Boko Haram disposait de soutiens et de sympathisants au sein de tout l'appareil d'Etat et que les violences antichrétiennes actuelles étaient "pires" que la guerre civile des années 60.
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Message  sylvestre le Mar 10 Jan - 15:20

Une manifestante : "C'est comme ça que tout a démarré en Tunisie"



A lire : INTERVIEW - "Il n'y a pas de guerre de religion au Nigeria"
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Message  sylvestre le Mer 18 Jan - 13:10

http://www.pressafrik.com/Nigeria-la-contestation-continue-malgre-le-retablissement-partiel-de-la-subvention-au-carburant_a75840.html

Nigeria : la contestation continue malgré le rétablissement partiel de la subvention au carburant

Le président nigérian Goodluck Jonathan a obtenu un répit social après son rétablissement partiel de la subvention au carburant, au terme d'une semaine de grève générale paralysant le pays. Mais le recours aux soldats pour disperser les manifestants lundi 16 janvier 2012 est vivement contesté. Aujourd’hui, les revendications dépassent le coût de l'essence : elles expriment le ras-le-bol de la corruption au sein de la classe dirigeante nigériane. A côté de syndicats, des mouvements de jeunes, tel Occupy Nigeria, se sont mobilisés.



Dernier jour d'une semaine de grève générale au Nigeria ce lundi 16 janvier 2012 (ici à Kano) contre la suppression d'une subvention sur les carburants. Reuters
Dernier jour d'une semaine de grève générale au Nigeria ce lundi 16 janvier 2012 (ici à Kano) contre la suppression d'une subvention sur les carburants. Reuters

Le déploiement de soldats pour disperser les manifestants lundi 16 janvier 2012 a été dénoncé par les organisations syndicales et la société civile, mais aussi par la presse, par le gouverneur de l'Etat de Lagos ou encore le Prix Nobel de littérature Wole Soyinka.

Les responsables de la police ont aussi indiqué que les manifestants qui appelaient à un changement de régime seraient poursuivis pour trahison. Les membres du mouvement Occupy Nigeria affirment ne pas être intimidés et envisagent même d'organiser de nouvelles manifestations. Ils estiment que l'abandon des subventions au carburant ont illustré l'incapacité des dirigeants du premier producteur de brut d'Afrique à construire ou réparer les raffineries.

Il a illustré aussi la corruption au sein de la classe dirigeante, accusée d'avoir détourné l'argent prévu pour financer les aides au carburant. Non sans raison, car le président Goodluck Jonathan a promis qu'une enquête ferait la lumière sur ces allégations.

Le président nigérian a promis également de réduire le train de vie de l'Etat. Il sera sans doute amené à rendre plus souvent des comptes. A la faveur de la grève générale et de manifestations parfois impromptues, la société civile s'est organisée et entend bien donner encore de la voix.
source: RFI

Dépêche

Mercredi 18 Janvier 2012

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Nigéria :  Empty Spirale de violence

Message  Roseau le Dim 6 Juil - 4:29

http://npa2009.org/actualite/nigeria-spirale-de-violence
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Message  Roseau le Mer 27 Aoû - 17:21

LE PILLAGE DES RESSOURCES DU CONTINENT CONSTITUENT UNE NOUVELLE VAGUE DE COLONISATION.
http://www.afriquesenlutte.org/afrique-de-l-ouest/nigeria/article/nigeria-le-pillage-des-ressources
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Message  sylvestre le Mer 21 Jan - 13:15

La question de la complicité de secteurs de l'Etat nigérian est trop souvent passée sous silence au sujet des exactions de Boko Haram.

Bloodbath in Nigeria shows up state’s hypocrisy and lies

Voir aussi
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Message  sylvestre le Jeu 22 Jan - 16:26

sylvestre a écrit:

Bloodbath in Nigeria shows up state’s hypocrisy and lies


Traduction :

La tragédie de Baga :

Baga, sur le lac Tchad dans l’état de Borno, Nigéria, a été assiégée pendant une semaine au début du mois de janvier. L’organisation humanitaire Amnesty International a décrit les récents carnages à Baga comme «l’attaque la plus grande et la plus destructrice» commise par le groupe islamiste Boko Haram, estimant que 2.000 personnes ont été assassinées. Goodluck Jonathan, le Président du Nigéria, qui avait immédiatement condamné « le lâche attentat terroriste » de Paris, n’a fait aucune déclaration à propos des massacres à Baga.

Les attaques contre Baga et 16 autres villages ont débuté le 3 janvier. Les rebelles ont pris d’assaut le quartier général des forces conjointes du Tchad, du Niger et du Nigéria (force MNJTF). Des fuyards de Baga, soldats et civils, hommes, femmes et enfants, ont été poursuivis à travers les villages et les terres environnantes, des bâtiments ont été incendiés.

Baga et les villages environnants sont devenus des villes fantômes suite à cette attaque […]Environ 35.000 personnes ont été forcées de quitter leurs maisons. La plupart se trouvent actuellement dans les camps de réfugiés de Maiduri et Monguno, dans l’Etat de Borno. Selon le gouvernement Tchadien, 3.000 d’entre eux auraient pu fuir au Tchad […] de nombreux réfugiés sont déjà morts de faim, suite au manque d’abri et au paludisme.

La réponse du gouvernement et de ses sbires a été d’un cynisme particulièrement choquant. Le chef d’Etat-major du ministère de la défense a d’abord nié que la base de la MNJTF ait été prise et les habitants assassinés. Le porte-parole de la Présidence Doyin Okupe a tweeté le 10 janvier que le nombre de victimes était exagéré. Le Brigadier Chris Olukolade, porte-parole de l’armée a déclaré que “seulement 150 personnes” étaient mortes. Il en a profité pour nier les responsabilités de l’armée dans le massacre d’avril 2013, massacres qui n’ont de toute façon jamais existé selon l’armée.

Baga illustre par bien des aspects la guerre au nord-est du Nigéria, l’hypocrisie de l’Etat nigérian et des gouvernements occidentaux, ainsi que la responsabilité équivalente de l’armée et de Boko Haram.

Ce n’est pas la première fois qu’un massacre est commis à Baga. Le 16 avril 2013, les combattants de Boko Harram ont tué un soldat pendant une fusillade à l’intérieur de la ville qui était en grande partie sous leur contrôle depuis 2012. L’armée est revenue en force avec des transports de troupe blindés. Pendant les jours qui ont suivi cet incident, ils ont tué au hasard et ont mis le feu à de nombreuses maisons. La ville a été mise sous blocus, les journalistes et les militants tenus à l’écart pour les empêcher de constater ce qui se passait réellement.

On ne peut s’empêcher de penser à des massacres « punitifs » similaires commis par l’armée nigériane, comme à Odi en 1999 et Zaki Biam en 2001 après que des jeunes en colère aient tué des membres des forces de sécurité.

L’armée a prétendu que « seulement » 6 civils et 30 militants de Boko Haram avaient été tués. Elle a aussi nié que des maisons aient été détruites par les flammes. Mais les images satellites ont prouvé qu’il y a eu plus de 2.000 maisons entièrement incendiées, et des preuves ont été relevées qu’au moins 200 civils étaient morts.

A l’époque, le gouvernement américain avait condamné ce massacre et appelé l’armée nigériane à respecter les droits humains. Il ne s’agissait que de mots creux destinés à calmer l’indignation planétaire. Le gouvernement fédéral [nigérian] avait aussi annoncé qu’il mènerait « une enquête à grande échelle » à propos de ces « accusations ». Il n’en est rien sorti.

Le massacre de 2013 a eu comme conséquence la proclamation de l’Etat d’urgence le 14 mai 2013 dans les trois états du nord-est, Adamawa, Boreno, Yobe. Depuis, il y a eu plus de morts que durant les quatre années précédentes. […] Le kidnapping des lycéennes de Chibok a attiré l’attention du monde entier, avant que la Présidence ne se décide à aborder la question, trois semaines après le kidnapping. Depuis, les militants de la campagne ‪#‎BringBackOurGirls‬ subissent le harcèlement et les calomnies du gouvernement.

Boko Haram, a déclaré avoir constitué un califat en août 2014 sur la bande de territoire qu’il contrôle dans les états du nord du Nigéria. Le massacre de Baga intervient dans une situation où la secte contrôle 70% du territoire de Borno et a organisé des évasions de prison aussi loin que Kogi (état du centre-nord) […] En octobre, le gouvernement a déclaré avoir négocié un cessez-le-feu suite à des négociations secrètes avec une faction de Boko Haram. Dans les 24 heures qui ont suivi, les rebelles ont lancé des offensives contre les villes de Maikadiri et de Shaffa, soulevant la crainte qu’on ne puisse pas mettre fin à cette guerre par des négociations avec les « terroristes ».

Une solution militaire parait tout aussi utopique, ne serait-ce que parce que des groupes de la classe dirigeante collaborent avec Boko Haram. Le faible moral et le mauvais équipement de soldats sous-payés contribuent aussi à l’impasse de l’option militaire. Au lieu de répondre aux peurs légitimes qui ont conduit à des désertions et des protestations, l’Etat nigérian a condamné 66 soldats à la peine de mort pour mutinerie. Pour les travailleurs, particulièrement ceux coincés au milieu de la zone de guerre qu’est devenu le nord-est, la question demeure : « que faire ? »

Un élément de réponse pourrait être les milices Civilian Joint Task Force (CJTF). On ne peut faire confiance à l’Etat (le gouvernement, l’armée et les agences de sécurité) pour sauver la situation. En fait, l’Etat fait partie du problème, en utilisant la terreur institutionnelle autant contre les civils que contre Boko Haram. Depuis le commencement de la guerre, les services de sécurité ont tué autant de personnes que Boko Haram, selon des rapports crédibles d’ONG locales et nationales.

La résistance armée des CJTF a en grande partie mis en déroute Boko Haram à Maiduguri. Des groupes semblables ont joué un rôle déterminant au cours de batailles rangées où des villes tombées sous le contrôle de la secte ont été récupérées, même temporairement. Mais les CJTF ne peuvent être que l’ombre de l’auto-organisation armée des masses ouvrières dans la région, pour deux raisons liées entre elles.

D’abord, leur composition de classe : les CJTF sont largement constitués de jeunes chômeurs. Ensuite, leur rapport avec l’Etat. Bien qu’ils aient été formés spontanément en avril 2013, la direction des CJTF est actuellement sous le commandement du Général dirigeant la 7ème Division d’Infanterie.

Le chaînon manquant est la direction de la classe ouvrière organisée. Vu leur importance dans les Etats de Borno, Yobe et Adamawa, une plus grande implication des syndicats dans la résistance contribuerait à affûter les lignes de classe de la résistance armée.

Il existe des peurs légitimes parmi les syndicalistes, dirigeants et militants de base, qu’une telle implication fasse des militants de la classe ouvrière des cibles de la secte. Mais, des centaines de syndicalistes ont déjà été assassinés en faisant leur devoir dans la zone, particulièrement des professeurs et des soignants. Nous ne pouvons nous permettre de nous laisser intimider. Certains des plus audacieux dirigeants syndicaux que j’ai jamais rencontré se trouvent actuellement dans cette région ravagée par la guerre. Même dans cette période difficile, certains ont le mérite de prendre des risques dans la lutte multiforme.

Les directions syndicales nationales doivent prendre des mesures décisives, non seulement pour inspirer les militants de la classe ouvrière dans la région, mais parce que la tragédie que constitue la guerre dans le nord-est constitue une tragédie pour l’ensemble de la classe ouvrière. La rébellion se répand comme une traînée de poudre bien au-delà du nord-est. Une attaque contre l’un d’entre nous est une attaque contre nous tous.

A part des condamnations contre les attaques de Boko Haram et un soutien aux actions militaires à certaines occasions, les syndicats ne semblent pas avoir de position sur la guerre, sur l'évolution de la secte et de sa rébellion, la situation actuelle qui s’aggrave dans la région, et les tâches pour la classe ouvrière à l’échelle nationale et dans la zone de conflit : combattre les terrorismes jumeaux de Boko Haram et de l’Etat nigérian.

Nous ne pouvons laisser le massacre de Baga ne rester qu’une autre statistique dans la guerre qui oppose Boko Haram et le gouvernement fédéral du Nigéria. Les patrons ont l’esprit bien trop occupés par leurs élections pour s’inquiéter du massacre, comme nous le rappelle le silence assourdissant du président Jonathan. Les militants de la classe ouvrière et de la société civile, l’ensemble des citoyens bien intentionnés, au Nigéria et ailleurs, doivent prêter leurs voix et faire tout leur possible pour vaincre les deux terrorismes jumeaux qui étranglent les masses dans le nord-est. Nous devons nous dresser, contre le pillage et le saccage, contre les assassinats et les massacres. ‪#‎WeAreAllBaga‬ !
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Message  Giaches_de_Wert le Jeu 22 Jan - 16:42

Dans Lutte Ouvrière du 16 janvier :
Nigeria : la population prise entre les assassins de Boko Haram et l'armée

Les bandes armées islamistes de Boko Haram avaient enlevé en avril dernier 220 lycéennes, dont on est toujours sans nouvelles. Mais tous les jours cette organisation intégriste fait régner la terreur dans le nord-est du Nigeria, où les massacres se sont multipliés depuis le début de l'année.

Pendant le week-end des 10 et 11 janvier, 25 personnes sont ainsi mortes sur les marchés du nord du Nigeria. Boko Haram y avait envoyé des fillettes de 10 ans bardées d'explosifs commandés à distance. Ces actes horribles ne sont que la plus récente des tueries perpétrées par la secte. La semaine précédente, une quinzaine de villages de la région avaient été attaqués et leurs habitants massacrés. À Baga, des centaines de personnes y ont laissé la vie. Les survivants ont dû s'enfuir en traversant le lac Tchad comme elles le pouvaient, s'y noyant parfois. La ville de Damaturu a également été prise pour cible, et on y compte une centaine de victimes.

La population vit entre deux terreurs : elle craint Boko Haram, mais aussi l'armée nigériane. Quand celle-ci sort des casernes où elle s'est retranchée, c'est pour commettre des tueries dont la cruauté ne cède en rien à celles commises par la secte. En avril 2013, les militaires ont brûlé 2 000 maisons à Baga pour venger la mort d'un des leurs. Chacun des deux camps cherche à prendre ou à garder le pouvoir sur la région en employant la même politique terroriste. Et Boko Haram menace désormais la population des pays voisins, le Cameroun, le Tchad et le Niger, cherchant à étendre sa domination sur la vaste zone déshéritée qui s'étend de part et d'autre de ces frontières.

Toutes ces horreurs se déroulent dans un pays, le Nigeria, qui est avec l'Afrique du Sud la première économie du continent, le paradis des compagnies pétrolières et la terre bénie des investisseurs en Afrique. Mais si les actionnaires des sociétés américaines et européennes en profitent, ainsi que les dirigeants nigérians et une mince couche de petits bourgeois locaux, la population vit dans la misère. C'est en particulier le cas dans le nord du pays, et c'est sur ce terreau qu'a grandi Boko Haram.

Le mouvement est né en 2002 et son créateur a trouvé l'oreille des habitants non seulement en prônant l'application de la loi islamique, mais aussi en dénonçant la corruption des dirigeants qui détournaient la rente pétrolière et laissaient la population du Nord dans la misère. Dès le début Boko Haram a entretenu des liens troubles avec le milieu politique. Gouverneurs et sénateurs du Nord ont utilisé les gangs de la secte pour se faire élire, en échange de la promesse d'appliquer la loi islamique. Certains généraux, qui forment le vrai pouvoir au Nigeria, en ont été complices, sous les yeux du gouvernement central. Aujourd'hui l'armée est bien incapable de combattre la secte. Le budget militaire représente plus de 20 % de celui du pays mais, avec la corruption qui règne à tous les niveaux, pratiquement rien ne parvient aux troupes qui affrontent Boko Haram.

On voit au Nigeria jusqu'où peut aller la cruauté de groupes islamistes ennemis mortels des travailleurs et de la population pauvre. Mais, à l'origine de leur développement, il y a le pillage des ressources de la planète par l'impérialisme et le maintien des régimes corrompus qui le servent.

Daniel Mescla

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