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Plan "social" et grève à Libération

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Message  verié2 le Sam 8 Fév - 16:07


Grève à Libération
Sur les 276 inscrits et 224 votants, 143 ont voté pour la grève et 75 contre, a indiqué à l'AFP Fatima Brahmi, déléguée syndicale CGT du journal.

"Le directoire de Libération prend acte de la grève votée par les salariés. Les membres du directoire, Nicolas Demorand, Philippe Nicolas et François Moulias, en accord avec les actionnaires, travaillent à des solutions destinées à assurer la pérennité de l'entreprise. Plusieurs pistes sont à l'étude qui s'inscrivent dans un plan de développement et une vision stratégique à long terme de l'entreprise", a réagi le directoire dans une déclaration transmise à l'AFP.

Libération (290 salariés), aux ventes en chute libre et financièrement en péril, cherche de nouveaux investisseurs, ses actionnaires actuels - les hommes d'affaires Bruno Ledoux, Édouard de Rothschild et le groupe italien Ersel - refusant de remettre de l'argent.

Ses ventes ont chuté de 14,9% en 2013. Grevé de 6 millions d'euros de dettes, le quotidien devrait perdre 1 à 1,5 million en 2013 et ne dispose que de quelques mois de trésorerie.

Nommé membre du directoire mi-janvier par les actionnaires, l'homme d'affaires François Moulias, artisan du plan d'économies qui demande aux salariés d'accepter des baisses volontaires de salaires, avait assuré mi-janvier que le nom de nouveaux investisseurs seraient connus dans les deux mois.
Parmi les projets de la direction de Libération:
-Transformer le siège en "lieu de vie" avec restos et bars branchés : le Flore du 21ème siècle (sic)
-Remplacer l'édition papier par une série de services et pages web payants.
-Virer une partie des journalistes et les remplacer par des temps partiels et... des étudiants en journalisme !
-Baisser les salaires (jusqu'à - 15 %) de ceux qui restent, mais pas des directeurs.

On comprend que les salariés réagissent. Cruelle ironie du sort pour un journal qui avait titré "Vive la crise !" et qui ironise si souvent sur les militants qui dénoncent le système.

verié2

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Message  Roseau le Sam 8 Fév - 16:38

Je ne connais pas bien la situation, mais me pose la question suivante:
Les bourgeois actionnaires ont financé à leur frais Libé
comme outil de propagande en faveur du PS,
instrument de mise en oeuvre d'une politique réactionnaire
que la droite traditionnelle avait plus de mal à "faire passer" au mouvement ouvrier.
Ils arrêtent de payer pour la danseuse.
Ce ne serait pas qu'ils considèrent de Libé,
et le PS ont fini de faire le sale boulot ?
Et autant arrêter les frais?
C'est une question à ceux qui connaitraient mieux que moi cet "actionnariat"...
Roseau
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Message  verié2 le Sam 8 Fév - 16:53

Les bourgeois actionnaires ont financé à leur frais Libé
comme outil de propagande en faveur du PS
C'est vrai que Libération apparaissait souvent comme une sorte de BI du PS. Toutefois, il me semble que les relations entre actionnaires et rédaction sont un peu plus complexes. On trouve par exemple des capitalistes qui financent des journaux de droite et de gauche, et des groupes de presse qui comptent des journaux de droite et de gauche.
Les patrons de groupes qui dégagent de gros profits aiment bien posséder un organe de presse, ils ne cherchent pas nécessairement à l'orienter directement. Ca se fait un peu tout seul par la simple pression des milieux idéologiques du personnel dirigeant. Lequel est interchangeable : on passe facilement du Nouvel Obs au Figaro comme F.O. Giesbert, dit FOG.

Donc, je ne crois pas que les actionnaires de Libération, sans sous-estimer leur cynisme, aient fait un calcul de ce type. Sans espérer faire du fric avec Libération, ils espéraient sans doute ne pas en perdre trop et trop longtemps. Mais ce journal a beaucoup perdu, non seulement de fric, mais de lecteurs et de prestige, il n'est plus le poisson pilote de la presse parisienne, et encore moins nationale. Donc, pourquoi financer à perte un journal qui a perdu une grande partie de son influence et n'arrive pas à la regagner ?

verié2

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Message  Roseau le Sam 8 Fév - 17:08

C'est possible, mais l'histoire économique de la presse montre
que l'information n'est pas une marchandise comme la baguette de pain.
Les capitalistes ont le contrôle ou cherchent à le prendre
sur tous les médias certes pour des raisons de profit,
(et même quelquefois par la promotion d'une entreprise ou marque),
mais aussi parce que les médias sont plus qu'une marchandise.
Ils font partie de l'appareil d'Etat bourgeois.
Mais dans le cas spécifique de Libé, je ne sais pas ce qui prime.
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Message  verié2 le Sam 8 Fév - 18:15

Roseau
Les capitalistes ont le contrôle ou cherchent à le prendre
sur tous les médias
Sans aucun doute, mais leur intervention dans leur ligne éditoriale n'est pas toujours aussi caricaturale que celle, par exemple, de Dassault, qui fait son auto promo dans tous les domaines, commerciaux et politiques.

Les capitalistes savent bien qu'un certain pluralisme est indispensable pour valoriser la démocratie bourgeoise et ils ne cherchent pas à tout verrouiller. Dans le cas de Libération, ce journal fut emblématique du passage d'une partie de la petite bourgeoisie révoltée, du gauchisme maoïste au social-libéralisme version Tapie. Libération a accompagné cette mutation autant qu'il l'a encouragée. Il est logique que cela lui ait gagné les sympathies de nombre de financiers, dont certains peuvent, à titre personnel, ne pas être indifférents aux aspects dit "sociétaux" (je sais que notre ami Byrrh n'aime pas ce terme, mais je n'en trouve pas d'autre...) de la ligne de Libération.

Là où tu as raison, c'est que, cette transition étant effectuée, Libération devient moins utile. Pas besoin de prêcher les vertus du "social-libéralisme" à des convaincus. Ca reste néanmoins utile  de posséder un titre de presse. Pour un groupe industriel et financier, c'est un atout non négligeable. A condition tout de même que ça ne coûte pas trop cher. Les investisseurs ont aussi laissé tomber France soir qui fut l'un des plus importants tirages de la presse quotidienne dans les années cinquante-soixante. De plus, les capitalistes ont beaucoup d'autres médias à leur disposition, en particulier audio-visuels.

Mais il faut se garder de caricaturer. Sinon comment expliquer que le Nouvel Obs finance Rue 89, nettement plus contestataire et que Médiapart ait aussi trouvé des financiers ?

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Message  Roseau le Sam 8 Fév - 19:42

Je pense que Vérié est au courant, mais il faut rappeler
aux lecteurs du forum que le Nouvel Obs et autres médias importants
n'ont rien à voir avec Médiapart non seulement sur le fond,
mais aussi sur l'actionnariat.
Médiapart est controlé par 6 fondateurs (dont 4 journalistes de la rédaction)
Les deux investisseurs sont minoritaires face aux fondateurs et encore plus
en tenant compte de la société des Amis.
Détails ici:
http://www.mediapart.fr/journal/france/090308/comment-mediapart-a-construit-son-independance?page_article=2
C'est ce qui contribue à expliquer une indépendance
qui a mis sur le cul beaucoup d'observateurs.
Ses journalistes, après avoir mis en évidence la pourriture du gouvernement Sarko,
ont fait la même chose avec celui de Hollande.
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Message  gérard menvussa le Sam 8 Fév - 21:08

Il faut également rappeler la crise du "papier" : les journaux "papiers" sont tous en crise, plus ou moins grave ! Effectivement pour Libé ça prend des propositions énormes (avec des conséquences la aussi assez catastrophiques) sans compter la crise de "dirigeance" (grosso modo, les dirigeants actuels de ce journal "ne savent plus ou aller") Sans oublier la crise des quotidiens spécifiques à la france : on a 4 quotidiens nationaux avec un "petit" lectorat ! A comparer a la situation du Japon, par exemple : le japon a 8 quotidiens nationnaux, et les deux principaux tirent à 10 et 8 millions d'exemplaires (c'est a dire que chacun de ces journaux tire plus que l'ensemble de la presse quotidienne nationale française)
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Message  Byrrh le Dim 9 Fév - 15:07

verié2 a écrit: Il est logique que cela lui ait gagné les sympathies de nombre de financiers, dont certains peuvent, à titre personnel, ne pas être indifférents aux aspects dit "sociétaux" (je sais que notre ami Byrrh n'aime pas ce terme, mais je n'en trouve pas d'autre...) de la ligne de Libération.
J'ai déjà expliqué mon point de vue sur un terme journalistique qui désigne davantage, à mon avis, l'angle sous lequel certaines questions sont traitées, plutôt que ces questions elles-mêmes...

Tu aurais pu parler également des sujets plus clairement "sociaux" : un quotidien comme Libération n'est pas à un paradoxe près, et peut périodiquement consacrer des articles sur telle ou telle région sinistrée, telle ou telle boîte qui ferme, avec une photo très esthétique digne de Salgado ou de Joël F. Volson. Le cœur de cible du lectorat de Libération aime bien, parfois, verser quelques larmes de crocodile sur cette pauvre classe ouvrière si pittoresque. Le journaliste, bien sûr, se garde bien de faire le lien entre ces sujets et les politiques soutenues par son journal. Une façon de traiter les événements sociaux d'un point de vue "sociétal".

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Message  mykha le Dim 9 Fév - 19:28

Le cœur de cible du lectorat de Libération aime bien, parfois, verser quelques larmes de crocodile sur cette pauvre classe ouvrière si pittoresque. Le journaliste, bien sûr, se garde bien de faire le lien entre ces sujets et les politiques soutenues par son journal. Une façon de traiter les événements sociaux d'un point de vue "sociétal".

Très bien résumé. Pleurnicher sur les pauvres exploités quand ils souffrent et crèvent mais leur cracher dessus quand ils s'organisent, entrent en lutte et se politisent sur une base de classe.
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Message  verié2 le Ven 14 Fév - 12:45

Communiqué du NPA.
Il me semble que le minimum aurait été d'évoquer de façon critique le contenu politique de Libération. Solidaires avec ces journalistes, d'accord. Mais comme nous sommes solidaires avec Taubira contre les attaques racistes et sexistes, sans pour autant cesser de dénoncer la politique du gouvernement auquel elle appartient...

Solidarité avec les journalistes de Libération en lutte contre le plan de redressement des actionnaires

Les actionnaires de Libération s’apprêtent à brader leur journal en bar, en lieu de restauration, en espace culturel, en plateaux télé, tout cela pour s’assurer le maintien de leurs profits. Ce faisant ils font mourir un journal, ils affaiblissent la presse, ils remettent en cause un peu plus la liberté d’expression. Au moment où les journalistes se battent contre ce plan de redressement inacceptable, le NPA tient à leur manifester sa solidarité. Le maintien d’une presse indépendante des marchands, des actionnaires, des capitalistes est plus que jamais à l’ordre du jour.

Montreuil, le 13 février 2014

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Message  gérard menvussa le Ven 14 Fév - 14:22


Il me semble que le minimum aurait été d'évoquer de façon critique le contenu politique de Libération

A peu pret autant que le minimum aurait été de rappeler que l'automobile est une catastrophe lors de la lutte de Citroen Aulnay ! Les journalistes sont d'abord et avant tout des prolétaires. Des prolétaires qui ont été à l'université, mais des prolétaires quand même ! Ce n'est JAMAIS eux qui déterminent l'axe politique du journal auquel ils contribuent. Jusqu'a une certaine mesure (bornée par le chomage massif et la précarité féroce qui régne dans la profession) ils peuvent quelquefois choisir leur "organe" (il est sans doute plus facile de travailler pour le Canard enchainé ou médiapart que pour le Figaro) Mais même pour ceux que j'ai cité, le journaliste reste un prolétaire...
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Message  verié2 le Ven 14 Fév - 14:43

Gérard Ménussa
le journaliste reste un prolétaire
Pas d'accord du tout. On ne peut pas mettre sur le même plan un journaliste et un ouvrier de PSA, ou même de Dassault - même si les particularités d'une usine d'armement influent sur la condition sociale et la psychologie de ce dernier.

Un journaliste "produit" (ou recopie) de l'information/désinformation et de l'idéologie. Cette fonction et les privilèges qui l'accompagnent, en termes matériels mais surtout de "prestige", l'empêchent de remettre le système social en cause de façon radicale, sauf dans des circonstances exceptionnelles et encore pour une toute petite minorité, comme en mai 68. De plus, dès un certain niveau, même modeste, les journalistes nouent toutes sortes de liens avec des éléments de la bourgeoisie, divers selon les rubriques et individualités, de sorte qu'ils s'assimilent le plus souvent à ces éléments bourgeois. Ils ont une conscience très claire des limites à ne pas dépasser et en fin de compte de servir la classe sociale dominante, qu'ils respectent profondément pour la plupart, même s'ils déguisent cette soumission avec de grandes phrases sur l'indépendance de la presse, la mission d'information etc. Tous savent où doit s'arrêter la petite impertinence qu'ils manifestent parfois par coquetterie et que tolèrent leurs maîtres. Ceux qui ne jouent pas le jeu ne parviennent à rester dans la profession qu'exceptionnellement et à condition d'exercer dans des rubriques qui ne dérangent pas trop.

Bref, les journalistes ne sont rien d'autre, dans leur grande majorité, que des mercenaires de plume, membres de l'appareil idéologico-médiatique, flics de la pensée, aussi dangereux que les manieurs de bidule. (Je ne parle évidemment pas de ceux qui travaillent dans les innombrables petites publications spécialisées, comme la presse informatique, philatélique, modéliste, technique etc où l'idéologie ne joue qu'un rôle mineur.)

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Message  Achille le Ven 14 Fév - 15:35

verié2 a écrit:
Bref, les journalistes ne sont rien d'autre, dans leur grande majorité, que des mercenaires de plume, membres de l'appareil idéologico-médiatique, flics de la pensée, aussi dangereux que les manieurs de bidule. (Je ne parle évidemment pas de ceux qui travaillent dans les innombrables petites publications spécialisées, comme la presse informatique, philatélique, modéliste, technique etc où l'idéologie ne joue qu'un rôle mineur.)

Avec ce raisonnement les ouvriers et salariés de Total sont des pollueurs de la planète, les salariés des banques des affameurs, les ouvriers des arsenaux des va-t-en guerre, ...etc. Plus généralement accepter un travail dans une entreprise capitaliste ne fait pas de celui qui l'accepte un suppôt du système.
Les journalistes sont soumis hiérarchiquement à un système éditorial où le rédacteur en chef et la direction du journal imposent la ligne éditoriale voulue par les actionnaires comme dans n'importe quelle entreprise capitaliste privée. Je connais de nombreux journalistes qui travaillent dans des journaux ou magazines dont la ligne éditoriale est contraire à leurs idées.

Achille

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Message  Byrrh le Ven 14 Fév - 15:41

Communiqué du NPA a écrit:Ce faisant ils font mourir un journal, ils affaiblissent la presse, ils remettent en cause un peu plus la liberté d’expression.
On parle de la liberté d'expression de qui ? Dans cette société, la liberté d'expression est quasiment toujours celle des idéologues des classes dominantes, des publicitaires et des politiciens bourgeois. La liberté d'expression des travailleurs, qui ne possèdent ni quotidien, ni station de radio, ni chaîne de télévision, et qu'on prie de ne pas "faire de politique" dans leur entreprise, on n'en parle guère...

Le maintien d’une presse indépendante des marchands, des actionnaires, des capitalistes est plus que jamais à l’ordre du jour.
"Le maintien" ? Mais à quoi de précis cette phrase fait-elle référence ??

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Message  gérard menvussa le Ven 14 Fév - 15:44


Un journaliste "produit" (ou recopie) de l'information/désinformation et de l'idéologie. Cette fonction et les privilèges qui l'accompagnent, en termes matériels mais surtout de "prestige", l'empêchent de remettre le système social en cause de façon radicale, sauf dans des circonstances exceptionnelles et encore pour une toute petite minorité, comme en mai 68.

Il y a grosso modo 40000 cartes de presse de délivrées. Sur ces 40000, il y a au moins 10000 de ceux la qui ont un statut précaire (pigistes et autres) Sans compter les stagiaires (je ne connais pas un secteur qui ne les exploite autant) sans compter des tas d'autres status bizarres (et illégaux) Mais une chose est sure : pour la plupart des journalistes, leur status est celui d'un polétaire : il n'ont que leur force de travail (qui se traduit en articles) et produisent une plus value qui est récupérée par d'autres...Quand aux "priviléges", c'est peut etre vrai des "rubricards" les plus connus : personellement, je connais dix "signatures" de libé, et je défis quiconque de m'en citer plus ! Or les "priviléges" (bien réels) sont assujetis au "prestige" (c'est a dire au fait d'etre connu "dans les millieux qui comptent") D'où on peut considérer que la plupart des journalistes (fussent ils journalistes de libé) n'ont ni priviléges ni prestige, et sont bien des prolétaires.
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Message  verié2 le Ven 14 Fév - 16:12

Achille
Je connais de nombreux journalistes qui travaillent dans des journaux ou magazines dont la ligne éditoriale est contraire à leurs idées.
Tu connais peut-être aussi des policiers, gendarmes et militaires qui ont des idées de gauche et qui n'ont pas envie d'arrêter des grèvistes et encore moins de tirer sur eux. Ca ne change rien au fait qu'ils appartiennent à un corps de répression de l'appareil d'Etat bourgeois. Les journalistes appartiennent, eux, pour une bonne part, à l'appareil idéologico-médiatique de la bourgeoisie et jouent à ce titre un rôle très comparable à celui des CRS - on trouve aussi de gentils CRS sauveteurs à la plage et à la montagne...
la plupart des journalistes (fussent ils journalistes de libé) n'ont ni priviléges ni prestige, et sont bien des prolétaires.
Non, la plupart des journalistes ne sont pas davantage des prolétaires que les policiers ou les gardiens de prison. Nous ne pouvons soutenir ces catégories que lorsqu'elles remettent en cause leur fonction et non lorsqu'elles se contentent de demander d'être mieux payées, mieux considérées pour bourrer le crâne des gens ou leur taper dessus dans de bonnes conditions, ou demandent de conserver leur emploi pour continuer à le faire.

L'appartenance à une classe sociale se définit par la place qu'une catégorie occupe dans les rapports de productions et les relations sociales, et non par le seul niveau de salaire, ni même par le fait d'être contraint de vendre ses bras ou son cerveau. Un CRS vend lui aussi ses bras pour un salaire relativement modeste.

Salarié n'est pas en l'occurrence synonyme de prolétaire. C'est aux journalistes comme aux policiers de montrer qu'ils choisissent le camp des travailleurs en remettant leur fonction en cause. L'ouvrier de PSA ou de Dassault n'a pas, lui, à remettre sa fonction en cause, mais seulement la nature de sa production, ce qui est très différent.

Quand aux "priviléges", c'est peut etre vrai des "rubricards" les plus connus : personellement, je connais dix "signatures" de libé
Il n'est pas nécessaire de figurer parmi les stars du journalisme pour bénéficier ou avoir le sentiment de bénéficier de privilèges moraux. Le moindre pigiste précaire s'assimile aux journalistes en place qu'il rêve de rejoindre et que ceux qui persévèrent dans la profession rejoignent, car il ne faut pas non plus mythifier le chômage des journalistes, du moins de ceux qui ont un certain professionnalisme. A son niveau, un "petit" journaliste a déjà tout un réseau de relations et d'obligés. Il est amené à rencontrer toutes sortes de gens, il a porte ouverte voire table ouverte. (Evidemment ce qu'il y a sur la table du pigiste est différent de ce qu'il y a sur celle du présentateur star...) Il suffit de voir la mentalité d'une bonne partie de ceux qui opèrent pour des revenus parfois dérisoires sur Internet !

La pire situation est sans doute celle des "correspondants de presse" de la Presse quotidienne régionale (PQR), payés misérablement, qui n'ont même pas la carte de presse et la convention collective qui va avec. (La commission de la carte comme le SNJ très élitiste leur refuse.) Mais même ce "sous-prolétariat" du journalisme n'est pas comparable au sous-prolétariat des sans papiers ou des intérimaires ordinaires. Pour d'innombrables raisons, à commencer par leur fonction qu'ils prennent tous très au sérieux, avec l'espoir d'intégrer un jour une rédaction. Cette fonction reste idéologiquement et politiquement la même que celle des plus chanceux qui ont la carte et une paie un peu plus élevée.

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Message  Achille le Ven 14 Fév - 16:21

Ce raisonnement manichéen aboutit à un seule conclusion considérer les journalistes comme des adversaires de classes conscient de libre de leur activité et qui doivent donc être traités comme tels. Cela qui montre bien l'erreur de raisonnement de vérié2 qui repose sur le fait que c'est l'appartenance là "l'appareil idéologico-médiatique de la bourgeoisie" qui est le critère de classe tout comme le serait les travailleurs de banques qui appartiennent à l'appareil et système financier du capitalisme, les travailleurs des banques deviendrait ainsi selon toi des adversaires de classe ?
Évidemment non et c'est là que ton raisonnement pêche l'appartenance à une classe ne se définit pas ainsi selon les marxistes et c'est Menvussa qui a raison de parler que les journalistes n'ont que leur force de travail à vendre dans des situations de plus en plus précaires, avec une nombre exponentiel de pigistes, et que donc ils font l'évidence partie du prolétariat.

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Message  gérard menvussa le Ven 14 Fév - 16:41


L'appartenance à une classe sociale se définit par la place qu'une catégorie occupe dans les rapports de productions et les relations sociales, et non par le seul niveau de salaire, ni même par le fait d'être contraint de vendre ses bras ou son cerveau. Un CRS vend lui aussi ses bras pour un salaire relativement modeste.
Je suis parfaitement d'accord avec toi ! Un prolétaire se défini dans le cadre des rapports de production ! Et c'est pour ça que la situation du "journaliste" actuel est totalement différente du "crs". Et s'apparenterait plus a celle de 'l'agent de sécurité". Un journaliste n'est pas un agent de l'état !Si tu veux véritablement "taper" sur les agents idéologiques d'état, ce n'est pas les jourrnalistes qu'il faut cibler, mais les prof...
Cela dit, le probléme c'est qu'on appelle "journaliste" des gens étant dans des situations totalement différentes ! Il me semble que dans la centaine de journaliistes de "libé", tous, loin de la, n'ont pas les "priviléges", ni la surface dont tu peut parler...Certains, c'est indéniable, sont des agents (plus ou moins) conscients de la bourgeoisie. Mais d'autres ne livrent que leur force de travail contre un salaire...
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Message  verié2 le Ven 14 Fév - 17:13

Certains, c'est indéniable, sont des agents (plus ou moins) conscients de la bourgeoisie. Mais d'autres ne livrent que leur force de travail contre un salaire...
Je vois que tu commences à opérer une distinction. Nous pourrions presque tomber d'accord, mais pas sur les journalistes de Libération. J'ai l'impression que tu ne réalises pas ce que ça représente d'avoir la carte de visite de Libération pour un journaliste, même s'il gagne à peine plus qu'un ouvrier qualifié ou qu'un instit.
Achille
Ce raisonnement manichéen aboutit à un seule conclusion considérer les journalistes comme des adversaires de classes conscient de libre de leur activité et qui doivent donc être traités comme tels.
Non, les journalistes ne sont pas non plus pour l'essentiel des ennemis de classes, de même que les membres des forces de répression n'en sont pas non plus. Ce sont des agents salariés par la classe adverse, mais pas des membres de la bourgeoisie, sauf une poignée de patrons de presse, de producteurs TV etc.

Parmi ces agents salariés, bien entendu, il y a des gens qui gagnent leur vie comme ils peuvent. C'est valable aussi pour les gardiens de prison. Il ne s'agit pas de les traiter en ennemis mais de leur demander de choisir leur camp... et de le prouver. Au fait, que penses-tu toi même des policiers et des militaires, que Mélenchon, lui, considère visiblement comme des fonctionnaires comme les autres ?
Achille
les travailleurs de banques qui appartiennent à l'appareil et système financier du capitalisme
Il y a toutes sortes de "travailleurs" dans les banques, de la guichetière au trader et au gestionnaire de portefeuille. Les deux derniers ne font assurément pas partie du prolétariat. Laughing Le travail du guichetier n'est guère différent de celui du guichetier de la poste ou de la SNCF. En revanche, le plus minable des journalistes produit déjà de l'idéologie. Sa tâche n'est pas purement technique. (Encore une fois, je ne parle pas de ceux qui tiennent les rubriques mots croisés, jardinage etc.)

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Message  gérard menvussa le Ven 14 Fév - 17:39

En revanche, le plus minable des journalistes produit déjà de l'idéologie. Sa tâche n'est pas purement technique. (Encore une fois, je ne parle pas de ceux qui tiennent les rubriques mots croisés, jardinage etc.)
C'est un probléme rencontré par les "industries de contenu" qui foisonnent actuellement (et pas seulement dans le journalisme) Alors, tu peut être un pur "informaticien" et fournir quand même "de l'idéologie". Et cela nécessite selon moi, un peu plus de souplesse (je dirais même "de finesse") Cela me rapppelle un débat qui opposait a la féte de LO Pignarre et Marc Peschanski. Or le premier (philippe...) déclarait "ne pas attaquer les salariés de la science", et me semblait faire une regrettable confusion entre "simples scientifiques" et "patrons scientifiques" (je ne me suis pas fait que des amis quand j'ai affirmé que Marc faisait partie de la seconde catégorie) Il me semble que pour le journalisme, c'est un peu la même chose : on confond assez allègrement "patrons" et "prolétaires"....
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Message  verié2 le Ven 14 Fév - 18:04

Il me semble que pour le journalisme, c'est un peu la même chose : on confond assez allègrement "patrons" et "prolétaires"....
Toujours pas d'accord. La situation du scientifique "de base" n'est pas la même que celle du journaliste "de base". D'ailleurs un rédacteur en chef ou un chef de rubrique n'exploite pas les journalistes du rang. Sauf en de rares périodes, ou sur quelques points précis conjoncturels, il y a un accord idéologique profond entre le rédacteur en chef et le rédacteur. Les journalistes sont d'ailleurs recrutés sur cette base par les divers médias. Sinon, ils doivent dissimuler leurs idées et se comporter comme les autres, écrire les même conneries. (A ce jeu, ils finissent par croire à ce qu'ils écrivent pour la plupart.)  De même qu'un policier d'extrême-gauche, s'il y en a, est obligé de cacher ses idées à ses collègues.

Quelqu'un a comparé journalistes et enseignants. Il y a des points communs. L'enseignant est chargé de transmettre lui aussi l'idéologie officielle : patriotisme, laïcité, république etc. Mais il a tout de même davantage de possibilité de s'écarter de ce qu'on attend de lui et de faire réfléchir ses élèves. C'est moins visible que pour le journaliste, sauf quand des parents d'élève réacs protestent. Le journaliste, lui, s'autocensure dès le départ car il sait ce qui passera et ce qui ne passera pas. Sinon, il n'est pas pro et ne fait pas long feu...

Globalement, je dirais que les journalistes peuvent être classés dans la petite bourgeoisie, avec les patrons de presse et les grands rédacteurs en chef qui appartiennent à la bourgeoisie, et les précaires qui se rapprochent du sous-prolétariat, mais d'un sous-prolétariat complètement différent de celui des sans papiers qui triment dans les cuisines des restaurants. Car même ce sous-prolétariat sait déjà ce qu'il peut faire et ne pas faire, dire ou ne pas dire, pour glaner des piges misérablement payées.
Mais logiquement, dans le cadre d'un affrontement social, il y a évidemment plus de chance que les journalistes précaires passent du côté des travailleurs que les patrons de presse ou les rubricards de mode et de voitures de luxe...

verié2

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