Marx et le marxisme

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Séminaire Lectures de Marx

Message  Roseau le Mar 4 Déc - 5:59


Roseau

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Lettres à Vera Zassoulitch

Message  Babel le Mer 5 Déc - 13:28

En annexe à une discussion ayant lieu sur un fil voisin :

- "Karl Marx et le socialisme populiste russe"
Article de Maximilien Rubel paru dans la Revue socialiste n°11 en mai 1947 (disponible au format pdf sur le site du collectif Smolny ).
Première mise en ligne sur le site www.plusloin.org.
http://www.marxists.org/francais/rubel/works/1947/rubel_19470500.htm

- Projet de réponse à Vera Zassoulitch, Marx
Disponible en version française sur le site "La Bataille socialiste"
http://bataillesocialiste.wordpress.com/documents-historiques/1881-03-projet-de-reponse-a-vera-zassoulitch-marx/


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Re: Marx et le marxisme

Message  Gaston Lefranc le Mer 5 Déc - 14:11

Pour info, le séminaire "Lectures de Marx" à l'ENS Paris rencontre un très grand succès cette année avec une quarantaine de personnes à chaque séance environ. Il y a à la fois des séances thématiques, et aussi une lecture suivie du capital (cette année le livre II - méconnu - et le livre III du Capital), qui permet de s'approprier les écrits de Marx. Ce sont surtout des étudiants de l'ENS qui assistent au séminaire, mais pas seulement ; c'est ouvert à tous, donc n'hésitez pas à venir.

Gaston Lefranc

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Re: Marx et le marxisme

Message  gérard menvussa le Mer 5 Déc - 14:17

une quarantaine de personnes à chaque séance
Cela montre aussi toutes les limites de l'expérience. PArce que ce n'est pas "des dizaines de personnes" qu'il faut convaincre, mais des dizaines de milliers...

gérard menvussa

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Re: Marx et le marxisme

Message  Eugene Duhring le Mer 5 Déc - 20:19

Gaston Lefranc a écrit:Pour info, le séminaire "Lectures de Marx" à l'ENS Paris rencontre un très grand succès cette année avec une quarantaine de personnes à chaque séance environ. Il y a à la fois des séances thématiques, et aussi une lecture suivie du capital (cette année le livre II - méconnu - et le livre III du Capital), qui permet de s'approprier les écrits de Marx. Ce sont surtout des étudiants de l'ENS qui assistent au séminaire, mais pas seulement ; c'est ouvert à tous, donc n'hésitez pas à venir.
Je trouve cette audience plus que modeste voire confidentielle pour dans ... un temple étudiant ... à Paris. Pas de quoi s'en glorifier sans être méchant !

Eugene Duhring

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Re: Marx et le marxisme

Message  gérard menvussa le Mer 5 Déc - 20:23

Pour l'ens c'est pas mal ! Il reste aux camarades a organiser un séminaire aux 4000. Bon courage...

gérard menvussa

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Re: Marx et le marxisme

Message  sylvestre le Mer 19 Déc - 23:57

A signaler : l'intégrale des Marx-Engels Werke en pdf téléchargeables sur http://marx-wirklich-studieren.net/marx-engels-werke-als-pdf-zum-download/ (sauf qu'il y a un mauvais lien sur le volume 26 à l'heure actuelle).

sylvestre

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Marx, prénom : Karl

Message  Babel le Dim 23 Déc - 23:23

Entretien de Yann Cézard (pour la revue du NPA) avec Pierre Dardot et Christian Laval.

Quelle idée du communisme ? Quelle voie pour l’émancipation humaine ?
Pierre Dardot et Christian Laval : Marx, prénom : Karl.

Pierre Dardot est philosophe, Christian Laval est sociologue. En 2009 ils publiaient « La Nouvelle raison du monde, essai sur la société néolibérale». Ils y montraient la prétention du néolibéralisme à produire bien plus qu’une idéologie mensongère masquant une réalité économique différente, mais « une nouvelle raison du monde », en faisant de la concur- rence la norme universelle des conduites humaines, dans toutes les sphères de notre existence, en tentant de nous transformer en auto‐entrepreneurs de nous‐mêmes, en faisant de la démocratie un marché, en « introduisant des formes inédites d’assujettissement ».

Voici maintenant Marx, prénom : Karl. Un pavé philosophique, pointu et bien sûr parfois ardu, mais après tout, comme le disait Marx de son propre Capital : il faut bien suivre des sentiers escarpés avant d’atteindre des vallées verdoyantes ! Ici, la récompense, c’est que ce livre politique ne cherche pas à produire un énième commen- taire académique de l’oeuvre de Marx, mais tente de saisir à nouveau la puissance de cette pensée, et en même temps ses lignes de faille. C’est que Marx n’était pas un dogmatique. Il cherchait à mieux saisir la marche du monde, notamment ses contradictions, pour comprendre comment l’émancipation des hommes est possible. Comme tout vrai héros de la pensée, il ne craignait pas de voir son « système » contaminé par les contradictions du réel.

Or justement le travail de Dardot et Laval se concentre sur la divergence (et non l’harmonieuse synthèse) entre deux aspects majeurs de la pensée de Marx : d’un côté il analyse le capitalisme comme une société qui possède une terrible cohérence, qui soumet tous les aspects de l’existence humaine aux lois de développement du capital, à tel point que l’on peut se demander… comment s’en sortir. De l’autre il se met à l’école des luttes de classe réelles. Cette « logique stratégique de l’affrontement » transforme les conditions de la lutte, produit même ses acteurs (la classe ouvrière, comme une classe à part, qui combat –ou pas– pour une autre société, mais laquelle ?). Or ces deux lignes convergent‐elles vraiment, dans l’histoire effective, comme le pensait Marx ?

Le Manifeste du Parti communiste de 1847 insiste sur le fait que « l’émancipation des travailleurs sera l'oeuvre des travailleurs eux‐mêmes », et les espoirs de Marx de voir naître une société nouvelle se portent sur la capacité des opprimés à s’émanciper, à détruire le capitalisme pour instaurer, consciemment, le communisme. Mais puisqu’il se refuse à penser l’histoire de façon naïve, comme un combat de belles utopies contre les horreurs de la société existante, il ajoute à cette confiance dans le prolétariat une forme nouvelle d’optimisme historique : le capitalisme en proie à ses propres contradictions accouchera d’une autre société, le contraire de lui‐même, et en plus « il produit lui‐même ses propres fossoyeurs », le prolétariat. Ce que répétera Marx à la fin du livre 1 du Capital : « La production capitaliste engendre à son tour, avec l’inéluctabilité d’un processus naturel, sa propre négation. C’est la négation de la négation. Le monopole du capital devient une entrave au mode de production qui a mûri en même temps que lui et sous sa domination. La centralisation des moyens de production et la socialisation du travail atteignent un point où elles deviennent incompatibles avec leur enveloppe capitaliste. On la fait sauter. L’heure de la propriété privée capitaliste a sonné. On exproprie les expropriateurs.»

Mais qui sera ce « on » ? Comment peut‐il se constituer ? Comment concilier cet optimisme révolutionnaire de Marx avec sa description de la puissance idéologique (d’aliénation) des sociétés établies ? Comment les travailleurs peuvent‐ils consciemment faire la révolution sociale si, comme le dit le Manifeste : «les idées dominantes sont toujours les idées de la classe dominante» ?

Ce n’est pas un problème d’universitaires. Mais celui de tous ceux et celles qui veulent changer le monde. C’était celui de Marx. On voit donc que le livre de Dardot et Laval est sans doute un bon livre sur Marx, à un signe qui ne trompe pas : il donne envie de lire ou relire le Manifeste du parti communiste pour se reposer ces questions.

Yann Cézard

Entretien ici.

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Re: Marx et le marxisme

Message  Roseau le Lun 21 Jan - 19:13

C'est intéressant, mais je ne suis pas sûr de comprendre la derniière phrase de l'entretien,
qui énonce "« biens communs » (eau, air, génome, connaissances, etc.), ce qui revient très exactement à se situer sur le terrain intellectuel de l’adversaire (la théorie des types de biens d’une certaine économie libérale)."
On peut défendre le principe des "biens communs" en l'étendant à la sphère économique (emploi, habitat, santé, etc), donc vers le programme communiste.
Ou ai-je mal compris?

Par ailleurs, je conseille d'écouter cette conférence lors de la dernière session
de l'école de la IV (IIRE).
Notre marxisme critique, une introduction
par Alex Merlo
http://www.iire.org/fr/iire-activities-mainmenu-30/24/296-ecosocialist-school-lecture-one.html

Les matériaux de lecture sont utiles.
La version originale de la conférence (espagnol) est une bonne introduction
Je ne sais pas ce que valent les traducs en anglais et français...

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Re: Marx et le marxisme

Message  fée clochette le Sam 9 Fév - 14:47

Retour au marxisme?(I) par Robert Mertzig
(article publié dans le mensuel "kulturissimo" il y a trois ans)


Déclaré cliniquement mort il y a plus de 15 ans avec la chute du Mur de Berlin et l'effondrement de l'URSS (post)stalinienne, Karl Marx fait un come-back retentissant depuis l'éclatement de la crise capitaliste. Des travailleurs, des étudiants, des académiciens - et même des patrons industriels et financiers - se plongent aujourd'hui dans les pages du Capital pour essayer de comprendre ce qui ne tourne plus très rond dans ce système économique...
«La société bourgeoise moderne, qui a fait surgir de si puissants moyens de production et d'échange, ressemble au magicien qui ne sait plus dominer les puissances infernales qu'il a évoquées. Depuis des dizaines d'années, l'histoire de l’industrie et du commerce n'est autre chose que l'histoire de la révolte des forces productives modernes contre les rapports modernes de production, contre le régime de propriété qui conditionnent l'existence de la bourgeoisie et sa domination. Il suffit de mentionner les crises commerciales qui, par leur retour périodique, menacent de plus en plus l'existence de la société bourgeoise. (...) Une épidémie qui, à toute autre époque, eût semblé une absurdité, s'abat sur la société - l'épidémie de la surproduction. La société se trouve subitement ramenée à un état de barbarie momentanée; on dirait qu’une famine, une guerre d'extermination lui ont coupé tous ses moyens de subsistance; l'industrie et le commerce semblent anéantis. Et pourquoi? Parce que la société a trop de civilisation, trop de moyens de subsistance, trop d'industrie, trop de commerce. (...) Le système bourgeois est devenu trop étroit pour contenir les richesses créées dans son sein.» (Karl Marx et Friedrich Engels, le Manifeste Communiste)
Alors que l'idéologie néolibérale connaît à son tour une traversée du désert, on ne peut s'étonner que les auteurs de ces lignes prémonitoires retrouvent intérêt et curiosité. De nombreux signes en attestent.
Un spectre hante le monde, le spectre du marxisme
Avec l'aggravation de la crise, un fantôme hante de plus en plus les esprits des capitalistes. Il y a un an, au tout début de la généralisation de la crise financière et économique, le ministre des Finances allemand d’alors, Peter Steinbrück avait déclaré, dans une interview au magazine Der Spiegel que "certaines parties de la théorie de Marx ne sont pas si fausses". Le chef de l'église anglicane, l'archevêque de Canterbury Rowan Williams, évoquait dans l'hebdomadaire The Spectator la théorie marxiste du fétichisme en déclarant que Karl Marx a "fait remarquer il y a longtemps la façon dont un capitalisme débridé peut devenir une sorte de mythe, attribuant réalité, pouvoir et moyen d'action à des choses qui n'ont pas d'existence par elles-mêmes". Le récent prix Nobel d'économie, Paul Krugman, coqueluche de certains sociaux-démocrates, s'est quant à lui senti obliger de préciser qu'il préférait revenir à Roosevelt et à son «New Deal» plutôt qu'à Karl Marx. Très récemment l’hebdomadaire Le Nouvel Observateur a sorti une édition spéciale consacrée au « grand retour de Marx ».
Mais l'intérêt pour le «vieux barbu» n'agite pas seulement les hautes sphères. Le nombre de visiteurs du musée Karl Marx dans sa ville natale de Trèves, a connu une croissance exponentielle. Ce regain d'intérêt se remarque également au cimetière de Highgate dans le nord de Londres où est enterré le fondateur du marxisme. La directrice de la fondation en charge d'entretenir la tombe de Marx a déclaré que le nombre de visiteurs ne cesse d'augmenter et qu'elle reçoit des demandes de reportages et d'informations de la part de télévisions et de journalistes du monde entier.
Mais ce sont les œuvres de Marx elles-mêmes qui retrouvent une actualité brûlante. Plusieurs médias ont relaté le fait que la maison d'édition allemande Karl-Dietz-Verlag a vu les ventes du Capital de Marx tripler en deux ans. "Marx est de nouveau à la mode" a affirmé dans une interview le directeur de cette maison d'édition. Et il a ajouté que les nouveaux lecteurs sont issus d'"une jeune génération d'érudits qui a dû reconnaître que les promesses néo-libérales ne se sont pas réalisées". Au Royaume Uni, d'après le directeur des ventes par internet de la maison d'édition Penguin, les ventes du Manifeste Communiste de Marx ont augmenté de 900% entre les mois de mai et d'octobre 2008 par rapport à l'année d’avant. A Paris, aux Presses universitaires de France, où l’on écoulait une cinquantaine d’exemplaires par mois du Capital, on en a quadruplé les ventes.
Un héritage ouvert
On ne peut que se réjouir de ce come-back. Mais on ne peut également qu'insister: Karl Marx s'est effectivement attaché à analyser le capitalisme avec un brio et une profondeur inégalée jusqu'à ce jour, une analyse qui garde (et à toujours gardé!) toute son actualité. Mais ce n'est pas pour la simple beauté du geste ou par un amour de la science abstraite à l'état pur; c'est bien pour mieux comprendre le système afin de mieux le combattre et le remplacer par une toute autre société; le socialisme: «Les armes dont la bourgeoisie s'est servie pour abattre la féodalité se retournent aujourd'hui contre la bourgeoisie elle-même. Mais la bourgeoisie n'a pas seulement forgé les armes qui la mettront à mort; elle a produit aussi les hommes qui manieront ces armes - les ouvriers modernes, les prolétaires».
Etre marxiste ? Bien sûr. Mais il faut le prendre avec prudence, parce que l’histoire du mot a pris le dessus sur le sens, la connotation sur la signification. Le mot a servi a tant de choses différentes et contradictoires qu’il ne peut plus être utilisé innocemment. Il y a eu des marxismes d’État, des marxismes de parti... Aujourd’hui, il faudrait parler de mille (et un) marxismes. Ce pluralisme découle des contradictions mêmes et des limites historiques de la pensée de Marx. C’est un héritage ouvert : comme disait le philosophe français Derrida : l’héritage, ce n’est pas quelque chose qu’on dépose au coffre, c’est ce qu’en font – et en feront - les héritiers.
La critique de l’économie politique
Pour trouver un sens, il faut revenir au noyau dur, au titre qui a accompagné Marx pendant près de quarante ans, des manuscrits de 1844 à sa mort : « la critique de l’économie politique ». L’exemple de la mondialisation néolibérale et de ses avatars actuels est à ce point hautement significatif. Beaucoup d’esprits critiques racontent comment elle fonctionne - les paradis fiscaux, la spéculation financière, la marchandisation généralisée, - mais tout reste au niveau descriptif, non explicatif quant aux mécanismes profonds et aux contradictions réelles du système. La force de Marx, c’est d’avoir anticipé, au moment où l’on était au tout début du capitalisme industriel – quand il parle du prolétariat dans les années 1840 ce sont…. les ébénistes du faubourg Saint-Antoine de Paris, les joailliers et les tailleurs allemands qui font de la couture à domicile. Il a démonté à l’origine le mécanisme naissant de l’accumulation du capital. Aujourd’hui, on a un sentiment permanent d’accélération du temps, d’hystérisation de la vie quotidienne, d’invasion de l’espace par la logique marchande jusqu’à l’occuper tout entier. Ce n’est pas le pur effet de la technologie, même si elle y contribue, mais c’est la logique de l’accumulation du capital qui, pour échapper à sa propre ombre, est obligé de tourner de plus en plus vite sur lui-même, comme un derviche, pour compenser son rendement décroissant. Pour comprendre notre monde au lieu de se contenter de critiquer et de dénoncer, la pensée de Marx reste un point de départ – pas un point d’arrivée bien sûr ! Braudel disait d’ailleurs que si l’on voulait en finir avec le marxisme, il faudrait une incroyable police du vocabulaire. Il y a des éléments de cette pensée qui sont devenus la prose quotidienne de notre temps, même chez ceux qui ne sont pas marxistes du tout. Donc être marxiste c’est garder ces outils de compréhension du monde, pas pour les conserver mais pour les faire vivre. C’est penser que ce monde-là n’est pas réformable par retouches, qu’il faut le changer, et que l’urgence en est plus grande que jamais.
Le danger, que Derrida avait perçu dès 1996 dans Spectres de Marx, est celui d’une réhabilitation académique de Marx, sur le mode : c’est une pensée puissante, et s’il ne s’était pas mis en tête de faire de la politique, il aurait pu être quelqu’un de tout à fait fréquentable : Il fait partie du Panthéon des penseurs de notre époque, mais il aurait mieux valu qu’il ne se mêle pas d’écrire sur la Commune de Paris. Mais justement, chez Marx, c’est indissociable. Ce qui en fait une figure nouvelle d’intellectuel qui, de manière acrobatique, a mené de front dans les années 1860 la rédaction du Capital et l’organisation matérielle, le collage des timbres, si l’on veut, sur les convocations la Ière Internationale. Pour toutes ces raisons, il n’y a « pas d’avenir sans Marx » (Derrida): pour, contre, avec, oui, mais pas « sans ». Et quand les néolibéraux traitent Marx de ringard du XIXe siècle, cela fait rire, alors qu’eux-mêmes en sont à Hobbes, à Locke et à Tocqueville (ce dernier adoubé par certains sociaux-libéraux en mal d’ancêtres). Marx est un penseur contemporain, et sa contemporanéité, c’est le capital lui-même, c’est lui qui est son alter ego. Théoricien marxiste actuel de renom, Daniel Bensaïd a la métaphore pointue suivante : Marx est entré dans le cerveau impersonnel du capital, comme un profileur de roman policier entre dans le cerveau et la logique d’un serial killer. Et aujourd’hui, le cerveau s’est développé, mais pour comprendre comment il fonctionne, il faut en passer par Marx. Si on est marxiste, c’est dans ce sens et pour ces raisons-là.
Forces productives et loi de la valeur
Le Manifeste annonce la "révolte des forces productives modernes contre les rapports modernes de production et contre le régime de propriété qui conditionnent l'existence de la bourgeoisie et sa domination". Depuis 150 ans, quelles qu'en soient les issues provisoires, ce conflit n'a jamais cessé. Il a pris la forme des crises, des guerres, des révolutions. Aux origines de ces crises, il y a la "double existence" de la marchandise, le dédoublement de la valeur en valeur d'usage et valeur d'échange, la séparation de l'achat et de la vente, de la production et de la réalisation de plus-value, l'autonomisation les uns par rapport aux autres des moments de la reproduction sociale, dont seule la violence rétablit périodiquement l'unité. La généralisation planétaire des rapports marchands génère ainsi une crise de civilisation inédite, sous la forme combinée de la crise sociale et de la crise écologique. Cette crise se manifeste par un nouveau partage impérialiste de la planète, où inégalités sociales et écologiques se creusent et se superposent.
Il ne s'agit pas de la "fin du travail" au sens anthropologique, mais d'une crise spécifique du travail salarié, du rapport de travail entre salarié et capital, de la loi de la valeur en tant que loi impersonnelle d'affectation des ressources et d'attribution des richesses. Le procès d'échange réduit chaque jour le travail concret au travail abstrait, le travail complexe au travail simple, uniforme, indifférent, "pour ainsi dire dénué de toute qualité" ; à "une abstraction sociale", dont les êtres travaillant réellement, eux-mêmes réduits à une simple "carcasse de temps", deviennent "les simples organes". Marx avait prévu que la tendance historique à la socialisation, à la complexification du travail, à l'incorporation du travail intellectuel collectif à la production rendrait cette mesure de plus en plus misérable et irrationnelle. Nous y sommes.
Alors que le niveau de développement des forces productives permettrait d'en limiter volontairement l'utilisation, que le produit du travail devient effectivement social et collectif, que le travail cesse "sous sa forme immédiate" d'être la grande source de richesse que le temps de travail nécessaire à la société pourrait être réduit au profit du temps libre ou affecté à la satisfaction de nouveaux besoins non solvables, la loi de la valeur décide toujours aveuglément de l'affectation des ressources, de la création et de la distribution de l'emploi. Pour première fois dans l'histoire du capitalisme, elle opère même à court terme, de manière quasi instantanée à l'échelle planétaire, à travers les marchés financiers et les déplacements rapides de capitaux. Continuer à mesurer au temps de travail "les gigantesques forces sociales" accumulées, les emprisonner dans le carcan de la loi de la valeur, aboutit ainsi aux injustices, aux crises, au dérèglement généralisé. L'exploitation marchande de la force de travail et la réduction des rapports sociaux à la commune mesure du temps de travail social se traduisent ainsi par un chômage de masse endémique, des exclusions massives, des crises cycliques de reproduction, mais aussi par l'incommensurabilité croissante d'activités sociales irréductibles au seul étalon du travail abstrait.
La pertinence de l’analyse
Trois lignes centrales soulignent la pertinence de l’analyse marxiste:
1) La logique du capitalisme ne tend pas à une réduction progressive des inégalités, voire à leur extinction. Si ces inégalités ont paru décliner dans la période de l’après-guerre, ce n’est pas du fait de la générosité d’un capitalisme compassionnel, mais en raison des rapports de forces sociaux issus de la guerre et de la résistance, de la vague des révolutions coloniales, de la grande peur qu’avaient connu les classes dirigeantes dans les années trente et à la Libération. Non seulement « l’Etat social » et «l’économie mixte » n’étaient pas éternels, non seulement ils n’étaient pas la solution enfin trouvée aux contradictions et aux crises du capitalisme, mais rien, contrairement aux illusions réformistes, n’est définitivement acquis aux travailleurs aussi longtemps que les possédants détiennent la propriété des grands moyens de production et les leviers du pouvoir.
2) La propriété privée des moyens de production, d’échange, de communication, loin de se diluer dans l’actionnariat populaire, connaît une concentration sans précédent, et elle exerce le pouvoir effectif qui lui correspond, non seulement dans la sphère économique, mais dans la sphère politique et médiatique. Pour quiconque n’a pas renoncé à l’urgente nécessité de « changer le monde », la transformation radicale des rapports de propriété dans le sens de l’appropriation sociale reste donc tout aussi décisive qu’à l’époque du Manifeste communiste. Et c’est encore plus vrai à l’heure de la globalisation, où le capital fait marchandise de tout, où la privatisation du monde s’étend à l’éducation, à la santé, au vivant, au savoir, à l’espace.
3) Si l’Etat n’est plus seulement la « bande d’hommes armés » ou « l’Etat veilleur de nuit », s’il remplit de plus en plus de fonctions sophistiquées et complexes dans la reproduction sociale, une « fonction idéologique » (E. Mandel), il n’est pas pour autant une relation de pouvoir parmi d’autres (domestique, culturelle, symbolique). Il reste bel et bien le garant et le verrou des rapports de pouvoirs, le « boa constrictor » qui enserre la société de ses multiples anneaux. Il s’agit donc toujours de briser pour ouvrir la voie à son dépérissement comme appareil spécialisé séparé de la société. Toutes les révolutions du XXe siècle, dans les victoires comme dans les défaites, ont confirmé cette leçon majeure de la Commune de Paris.
La lutte des classes
La construction conceptuelle des rapports de classe, chez Marx, s'élabore au fur et à mesure, jusqu'au dernier chapitre inachevé du Capital. La théorie de Marx n'est ni une analyse économique, ni une sociologie empirique des classes. Contre la rationalité instrumentale, qui range et classifie, inventorie et répertorie, apaise et pacifie, elle s'attache à la logique interne du conflit social qui permet de percer les secrets de la fantasmagorie marchande. Non que les divers antagonismes soient réductibles au rapport de classe : la diagonale du front de classe les relie, les travaille, et les combine sans les confondre. Alors que la sociologie positive prétend "traiter les faits sociaux comme des choses", Marx les traite comme des rapports. Il ne définit pas "une classe". Il appréhende des relations d'opposition et de lutte à travers lesquelles "les classes" se déterminent réciproquement.
Il faut donc attendre le Capital pour voir les classes déployer leurs déterminations à travers le mouvement du capital lui-même, pour les voir apparaître enfin, à leur place, non pas au niveau de la production, ni de la circulation, mais au niveau de la reproduction d'ensemble.
Alors seulement, les classes peuvent apparaître comme autre chose qu'une somme d'individus remplissant une fonction sociale analogue. Dans la mesure où "le taux moyen de profit dépend du degré d'exploitation du travail total par le capital total", la lutte de classe ne se réduit pas à la somme d'intérêts convergents, mais manifeste "l'exploitation de toute la classe ouvrière par l'ensemble du capital", "du travail total par le capital total". Les rapports de classe sont donc irréductibles au face à face patron/salarié dans l'entreprise : ils présupposent le métabolisme de la concurrence, la détermination du temps de travail socialement nécessaires à la reproduction générale de la force de travail, autrement dit la lutte elle-même qui décide des conditions de cette reproduction.
Si les classes sont le résultat de multiples déterminations, au niveau de la production, de la circulation, de la reproduction, et de l'Etat, la lutte des classes concrète ne se réduit pas au rapport d'exploitation dans l'entreprise. La structure sociale ne détermine pas mécaniquement la représentation et le conflit politiques. Ils supposent les multiples médiations (nations, Etats, partis, relations internationales de dépendance et de domination) qui font de cette lutte une lutte politique. C’est donc au niveau de ce concept fondamental, aussi bien analytique et de praxis, que se télescopent l’histoire, la méthode, les stratégies et les programmes.


Retour au marxisme ? (2)

Nature de l’Etat et démocratie parlementaire
L’un des éléments les plus caractéristiques de l’analyse marxiste est son caractère engagé. À la différence des autres théories en sciences sociales, la théorie marxiste ne prétend pas être idéologiquement neutre. Cet engagement a des conséquences importantes au niveau de la méthode du marxisme. À la différence des autres approches, l’analyse marxiste ne considère pas le capitalisme comme une chose allant de soi-même, comme une donnée naturelle qui doit être acceptée comme telle et ne pas être intégrée à l’analyse de la question sous étude. L’approche marxiste, au contraire, intègre le système capitaliste, les contradictions économiques et de classe, dans son analyse de toute question importante de la société, que ce soit le déclin démocratique, la mondialisation, la pauvreté, la question nationale, l’analyse et les bilans historiques, la discrimination raciale ou sexuelle, la destruction de l’environnement, les atteintes aux acquis sociaux, et ainsi de suite.
De cette manière, le concept de « totalité » joue un rôle central dans la méthode marxiste: toute question particulière est analysée comme partie intégrante de la totalité des rapports qui constituent la société donnée. En conséquence, le champ visuel de l’analyse marxiste est plus large, plus englobant, que celui des théories qui, consciemment ou non, acceptent l’ordre établi. Ces théories produisent des analyses partielles. Et, comme on sait, les vérités partielles, lorsqu’on les situe dans un tableau plus large, s’avèrent la plupart du temps des mensonges ou, pire, des manipulations.

« Etat démocratique » ?

L’analyse de la nature de l’Etat et la conception de la démocratie constituent un aspect central, essentiel, vital même, de cette méthodologie. L’idéologie dominante prétend que notre système est démocratique parce qu’il est caractérisé par le suffrage universel et égal et par les libertés démocratiques juridiquement concédées. Son credo : Les partis au pouvoir savent qu’ils risquent d’être éjectés lors du prochain scrutin, s’ils adoptent des politiques impopulaires. Dans la compétition pour influencer l’action du gouvernement, aucun intérêt n’est exclu; tout groupe d’intérêt de la société peut trouver des moyens tôt ou tard pour se faire valoir. En somme, selon cette analyse qui correspond à la doxa officielle, confondant allègrement pouvoir, Etat et gouvernement dans une même vaseuse mêlée conceptuelle, le pouvoir politique n’est pas le monopole de la bourgeoisie ou d’une quelconque élite du pouvoir. Le peuple est souverain, même si sa participation à la vie politique est limitée aux scrutins périodiques.

L’analyse marxiste, elle, reconnaît comme partiellement réels les traits du système énumérés. Dans les pays industriels avancés, on ne peut réduire le système politique actuel à une simple démocratie de façade, comme le font certains courants anarchistes et comme c’est le cas dans la plupart des pays dits en voie de développement. Ce n’est pas pour rien que le mouvement ouvrier et plus tard aussi le mouvement féministe se sont battus pour obtenir le suffrage universel. Mais malgré cela, cette démocratie n’est pas ce qu’elle prétend être. A l’ère de la mondialisation néolibérale, des attaques contre les acquis sociaux et les droits démocratiques dans tous les pays, elle s’en éloigne même de plus en plus.

Le capitalisme subvertit la démocratie, la transformant en outil de domination de la minorité possédante du capital, de la bourgeoisie. La fonction fondamentale de l’Etat, et des appareils de violence sur lesquels il s’appuie (police, armée, justice…), est de défendre l’intégrité et le bon fonctionnement du capitalisme, système d’exploitation qui permet à la bourgeoisie d’accumuler de plus en plus de richesses aux dépens du travail non rémunéré [plus-value] des salariés, qui sont obligés à vendre leur force de travail pour subsister.

L’appropriation privée des moyens de production, de distribution et de diffusion (médias)

La bourgeoisie en tant que classe tient la « santé » de l’économie et des finances publiques entre ses mains. C’est la source d’une incommensurable influence politique. Tout gouvernement, à moins qu’il ne décide de nationaliser l’économie, est contraint de chercher la confiance du monde des affaires. À cet immense pouvoir économique, il faut ajouter celui des nombreux alliés internationaux : les investisseurs étrangers, les institutions financières internationales, comme le FMI et la Banque mondiale, et les gouvernements étrangers. Tout gouvernement qui oserait porter atteinte aux intérêts importants de la classe dominante se retrouverait sous la lourde pression économique, politique, même militaire, de ces acteurs extérieurs. Les forces populaires ne peuvent, malheureusement, compter sur une solidarité internationale comparable.

Un autre avantage politique démesuré est le contrôle des moyens de production et de diffusion des idées. Marx et Engels ont affirmé il y a 150 ans qu’à toutes les époques les idées dominantes sont celles de la classe qui domine économiquement. La classe qui possède les moyens de production matérielle contrôle aussi les moyens de production et de diffusion des idées. Les médias de masse, à quelques exceptions près, sont la propriété de grandes corporations. Celles-ci sont naturellement d’orientation conservatrice, ou, au mieux, libérale.

L’énorme capital nécessaire aujourd’hui pour acheter ou fonder un journal de masse ou un canal de télévision est tout simplement hors de la portée des forces populaires. Et aux médias de masse comme outil de domination idéologique, on peut ajouter les maintes boîtes à pensées et les agences de relations publiques financées par les membres de la bourgeoisie, son armée d’idéologues diplômés directement ou indirectement à leur solde, le système d’éducation, et très souvent aussi les institutions religieuses. Ces moyens de domination idéologiques confèrent à la classe dominante et ses différentes strates une capacité inégalée d’influencer l’opinion publique. Un gouvernement qui oserait porter atteinte à ces intérêts importants se verrait l’objet d’une campagne médiatique accablante.

Les institutions de l’Etat

L’ « État démocratique » a été formé principalement par et pour les forces bourgeoises, même si le suffrage universel fut une concession à la pression du mouvement ouvrier. Cet État s’est développé pour diriger la société capitaliste. Il est en fait l’expression politique de la société capitaliste. C’est un État capitaliste, malgré sa forme démocratique, d’ailleurs de plus en plus formelle.

En premier lieu, il faut souligner la sympathie spontanée de l’administration publique, du judiciaire, de l’armée et de la police pour les intérêts de la bourgeoisie. C’est le cas quelle que soit la couleur du parti au gouvernement. Les hautes sphères, et très souvent aussi les intermédiaires, de ces institutions étatiques, dont tout gouvernement dépend pour son fonctionnement normal, partagent les mêmes orientations idéologiques que le monde des affaires. Les hauts rangs de ces institutions appartiennent au même milieu social que la bourgeoisie (imbrication de classe) Et ils vont résister, passivement ou activement, à toute mesure qui porte atteinte aux intérêts de cette classe. Cette affinité idéologique, parfois personnelle, donne aux membres de la bourgeoisie un accès privilégié aux allées du pouvoir, de l’Etat et des gouvernements.

Lorsqu’on se rend compte du caractère fondamentalement capitaliste de la démocratie dite libérale, il devient clair que ses défauts, qu’on trouve à un degré ou autre dans tous les pays capitalistes, ne sont pas le simple fruit du hasard et qu’ils ne peuvent pas être corrigés par du bricolage réformateur. Au contraire, ils font partie intégrante du système politique. Depuis l’avènement du suffrage universel au début du XXe siècle – réforme à laquelle les Etats et les classes possédantes ont longtemps résisté avec férocité – les gouvernants se trouvent affrontés à un problème compliqué : comment gouverner pour la bourgeoisie, tout en soutenant l’illusion de gouverner pour tout le peuple ; tâche d’autant plus difficile de nos jours, à l’époque néolibérale, quand le développement du capitalisme mondialisé s’accompagne nécessairement de la régression de la situation des salariés.

Un trait inhérent : le «déficit démocratique»

La démocratie parlementaire actuelle a été conçue pour marginaliser les classes populaires, cultiver leur indifférence et l’ignorance des agissements de l’État. La manipulation et le mensonge, la « pipolisation », l’absence de transparence, le secret d’Etat, le refus de prendre des mesures sérieuses pour encourager la participation, l’exclusion du vote de parties importantes de la population (immigrés) – bref, tout ce qu’on appelle aujourd’hui le « déficit démocratique » – en sont des traits inhérents.

Au moins dans les pays riches, les différentes composantes de la bourgeoisie - parfois en conflits, mais soudées par leurs intérêts de classe -, ont appris au cours du XXe siècle à vivre avec le risque de défaites politiques sur des questions d’une importance secondaire parce qu’elles ont compris que la démocratie permet mieux que la dictature de légitimer sa domination économique. Les dictatures rendent cette domination trop transparente et donc intolérable. Il est patent que les luttes populaires contre les dictatures se transforment facilement en lutte contre le capitalisme lui-même.

Mais si jamais les forces populaires arrivent à surmonter tous les obstacles idéologiques et institutionnels et désignent par la seule voie électorale un gouvernement porteur d’un projet socialiste, à ce moment la bourgeoisie renoncera à la démocratie et à la légalité constitutionnelle pour embrasser le sabotage et la violence. Et en faisant cela, elle aura l’appui des hautes sphères des appareils de violence (l’armée et la police), de la fonction publique, du judiciaire, des grands médias, de la plupart des intellectuels. Et si ces forces domestiques ne suffisent pas, elle pourra compter sur l’appui de forces économiques, diplomatiques et militaires venant de l’étranger, sans oublier les nervis fascistes à l’affût.

Robert Mertzig

Bibliographie élémentaire :

Non, la théorie marxiste n’a rien de commun avec la vulgate stalinienne, faite de phraséologie figée, d’une idéologie révisionniste et mécaniste, d’un cadre de référence implosé. Même en l’an 2009 celle-ci sévit encore dans certains milieux se revendiquant du marxisme et du matérialisme historique, non seulement au sein des PC orthodoxes, mais aussi parmi cette partie de la gauche dite alternative qui est dirigée par les transfuges de ces derniers. Il est donc essentiel de consulter des livres ou manuels d’introduction qui prônent un marxisme ouvert, vraiment dialectique et totalisant, et qui expliquent une méthodologie complexe de façon didactique, mais justement pas simpliste ou déterministe. En voici deux :
Introduction au marxisme (E. Mandel, réédition Léon Lesoil, Bruxelles, 2007). Cet ouvrage, daté de 1974, a été longtemps de référence au niveau international. Publié dans plusieurs dizaines de langues, des rééditions apparaissent régulièrement, dont aussi une en langue allemande : Einführung in den Marxismus (Neuer ISP-Verlag, Frankfurt, 2008)
Marx, mode d’emploi (Daniel Bensaïd, La Découverte, Paris, 2009). Livre particulièrement actuel, assez ludique, abordant aussi les questions de stratégie et de programme pour un socialisme du XXIème siècle.
Consulter aussi le site internet www.marxists.org (Marxists Internet Archive) qui archivent les « classiques » du marxisme du XIXème et XXème siècle en 47 langues.

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Marx et la théorie matérialiste de l’histoire

Message  frère tuck le Mar 12 Fév - 18:33


La chute de l’URSS, la tombée en désuétude des thèses léninistes orthodoxes et l’émergence d’une mondialisation capitaliste porteuses de déséquilibres économiques et humains inédits pose la question du réexamen des fondamentaux de la critique marxiste du capitalisme.

Aux débats connus sur l’actualité de Marx s’impose la nécessité d’avoir une vision globale sur les dynamiques et les enjeux propres au développement du capitalisme contemporain.

Reprenons pour commencer les principaux postulats de la théorie de Marx.

- L’histoire de toute société jusqu’à nos jours a été l’histoire de la lutte de classes.
- La faiblesse relative du développement économique, la « productivité peu développée de la société » a été la cause ultime de l’exploitation et de l’oppression d’une classe par une autre.
- Le capitalisme – le Mal absolu – a été nécessaire pour éveiller les forces productives qui « sommeillaient » au sein du travail et même l’esclavage a été une étape nécessaire dans l’ascension humaine.
- La « préhistoire sanglante » du capitalisme, la violence économique de la bourgeoisie s’appuyant sur « le pouvoir de l’Etat, la force concentrée et organisée de la société » a permis son ascension et sa domination.
- L’évolution du capitalisme a permis d’atteindre un point de développement tel que les inégalités de classe deviennent maintenant superflues.
- Les soulèvements politiques des classes opprimées (de Spartacus à Etienne Marcel en passant par les soulèvements paysans) ont tous été voués à l’échec par le passé.

Selon Kostas PAPAIOANNOU, « il est évident que le schéma qui voue à l’hégémonie la classe opprimée n’est qu’une projection de la victoire anticipée du prolétariat industriel ».

Progressivement, l’idée d’une conquête de la suprématie politique du prolétariat comme condition de la suppression des antagonismes de classe devient fondamentale dans la pensée de Marx et Engels. « Dans toute lutte de classe contre classe, le but vers lequel tend le combat est le pouvoir politique. »

Marx et Engels sont manifestement influencés par le contexte politique de leur époque : fragilité des empires européens , émergence de nombreux Etats neufs , développement rapide d’un prolétariat industriel nombreux, incontrôlable et imprévisible. Ils sont impressionnés par les conditions de vie misérables de cette population paysanne qui s’installe en ville et les premiers conflits sociaux comme les premières expériences communistes peuvent laisser penser qu’un nouveau mode de production est en train d’émerger.

Sentant les tensions sociales monter à Londres à la fin 1847, ils ne veulent pas rater le train de l’Histoire et s’engagent dans la Ligue des Justes, bientôt rebaptisée Ligue des Communistes. Les économistes se transforment en conspirateurs, considérant « l’insurrection comme un art », à l’instar de Bakounine.

Les événements de 1848 semblent initialement leur donner raison, avant qu’ils ne soient obligés, par la force des choses, de réviser leur jugement: « Le mode de lutte de 1848 est aujourd’hui périmé sous tous les rapports […] il était impossible de conquérir la transformation sociale sur un simple coup de main » écrira ainsi Engels en 1895.

Les événements politiques de la seconde moitié du XIXème siècle valident autant leurs thèses économiques qu’elles contredisent leurs aspirations politiques : le capitalisme s’internationalise et des Etats-nations modernes et rationnels se forment ; à la même époque le mouvement coopératif se développe sans parvenir à renverser les rapports de production sociaux , et surtout la Commune de Paris, première « dictature du prolétariat » de l’histoire est un échec marquant la fin des insurrections ouvrières.

A la fin de sa vie, Engels oriente ses espoirs vers l’essor pacifique des idées et des partis socialistes, et pense que la conquête du suffrage universel précédera immédiatement le basculement des nations démocratiques dans le socialisme : « Le temps des coups de main, des révolutions exécutées par de petites minorités conscientes à la tête de masses inconscientes, est passé. […] Nous prospérons beaucoup mieux par les moyens légaux que par les moyens illégaux et le chambardement. »

Le mouvement ouvrier prend-il à peine conscience de la vanité de la conquête brutale du pouvoir politique qu’intervient la Première Guerre Mondiale, et la révolution russe. Lénine renoue reprend les méthodes et les théories en cours au milieu du XIXème siècle. Une petite organisation de révolutionnaires professionnels, extérieurs au prolétariat (soumis à l’idéologie bourgeoise), doit prendre le pouvoir au nom du prolétariat, et ne peut le faire que par la force. Selon Lénine, « la spontanéité du mouvement ouvrier [signifie] un renforcement de l’idéologie bourgeoise sur les ouvriers. » De tels principes rappellent les théories de Blanqui.

En novembre 1917, le parti bolchevik parvient à prendre le pouvoir. Ses espoirs d’instauration immédiate du socialisme se révèlent infructueux : l’assemblée constituante élue est défavorable aux bolcheviks, elle est dispersée le premier jour. L’échec du recrutement de volontaires pour l’Armée Rouge en gestation oblige le nouveau pouvoir à restaurer la conscription. Le contrôle ouvrier dans les entreprises se révèle être un échec . Le parti bolchevik instaure un communisme de guerre qui préfigure la dictature du parti sur le peuple. Victorieux militairement, le pouvoir soviétique est au bord de l’effondrement économique et doit restaurer en partie le capitalisme dès 1921 sous peine de mort, avec la NEP. L’avant-garde du prolétariat dispose du pouvoir politique mais ne parvient pas à dépasser les contradictions de classe au niveau mondial. On cherche à valider coûte que coûte la théorie marxiste de l’histoire et on finit par créer un système qui ressemble dangereusement au « mode de production asiatique » que Marx avait identifié comme une forme de communisme primitif. Mais surtout, l’essor du mouvement communiste international imprime sa marque sur l’étude des thèses marxistes. Le « marxisme-léninisme » s’impose comme interprétation officielle du marxisme et toute lecture alternative des écrits de Marx et d’Engels est considérée comme suspecte, combattue par les penseurs orthodoxes et souvent ignorée de l’opinion publique.

Néanmoins, l’Histoire est têtue. Les différentes révolutions violentes menées dans le Tiers-Monde (Chine, Cuba, Vietnam, Afrique) ne détruisent ni ne fragilisent le capitalisme mondial et ne résolvent pas durablement les contradictions de classe. Les solutions réformistes proposées (comme en France en 1981-82) ne contribuent qu’à précipiter une attaque des marchés funeste à toute volonté de réforme et menant à de dramatiques lendemains d’austérité.

En 1991, l’échec du communisme de type soviétique est patent : faillite économique et politique en Europe et en Russie, échec politique (Tien-An-Men) et dénaturation économique (privatisations) en Chine et au Vietnam. La conquête politique du pouvoir par le prolétariat s’est révélé être un échec. Le système capitaliste, agressé de l’extérieur, a su se défendre victorieusement contre un système social alternatif et érigé directement contre lui.
Or, selon Marx, la vieille société porte dans ses flancs les fondements de la nouvelle. Elle porte en elle ses propres contradictions. Dans le passé, les classes montantes se sont servies des règles en vigueur du système existant pour mieux le faire basculer. Un nouvel examen du logiciel marxiste s’avère donc nécessaire.


frère tuck

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Re: Marx et le marxisme

Message  Roseau le Mar 12 Fév - 21:59

Cette vision mécaniste soit disant marxiste était celle de la social-démocratie, puis du stalinisme.
Ce n'est pas celle des MR, comme n'a cessé de le répéter notamment Daniel Bensaid.

Roseau

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Re: Marx et le marxisme

Message  Rougevert le Mar 12 Fév - 23:50

frère tuck a écrit:
(...)

Le mouvement ouvrier prend-il à peine conscience de la vanité de la conquête brutale du pouvoir politique qu’intervient la Première Guerre Mondiale, et la révolution russe. Lénine renoue reprend les méthodes et les théories en cours au milieu du XIXème siècle. Une petite organisation de révolutionnaires professionnels, extérieurs au prolétariat (soumis à l’idéologie bourgeoise), doit prendre le pouvoir au nom du prolétariat, et ne peut le faire que par la force. Selon Lénine, « la spontanéité du mouvement ouvrier [signifie] un renforcement de l’idéologie bourgeoise sur les ouvriers. » De tels principes rappellent les théories de Blanqui.

(...)

Cette idée est contredite par les faits et tu l'écris toi même.
Mais pour minimiser cette contradiction tu réduis la révolution d'octobre à ce qui s'est passé à Petrograd.
C'est oublier que les bolchéviks étaient devenus majoritaires dans la plupart des soviets, notamment ceux de l'armée.
Il y avait eu février: le renversement du tsarisme fût-il un coup d'état?
Il est curieux d'oublier ainsi qu'octobre n'est que la suite de février.
Les partis politiques qui siègeaient alors à la Douma et exerçaient le pouvoir depuis le renversement du tsar ne contrôlaient plus rien, embourbés dans la Triple entente et complètement discrédités quand les soldats paysans pour la plupart refusaient la poursuite de la guerre et désertaient pour exproprier les grands propriétaires terriens.
Les bolchéviks étaient devenus majoritaires depuis juin et il n'était pas nécessaire de faire plus que la prise du Palais d'hiver, tout simplement, et ce fut une promenade de santé pour les "féroces"-aventuriers-révolutionnaires-professionnels-étrangers-au-prolétariat qu'étaient censés être les bolchéviks, d'après leurs ennemis.
Lire le début du tome 2 de "Histoire de la Révolution Russe" de Trotski.

A Moscou, ce fut très différent et ce n'est pas une poignée de militants qui participèrent aux combats, mais des dizaines de milliers d'ouvriers.
frère tuck a écrit:
En novembre 1917, le parti bolchevik parvient à prendre le pouvoir. Ses espoirs d’instauration immédiate du socialisme se révèlent infructueux : l’assemblée constituante élue est défavorable aux bolcheviks, elle est dispersée le premier jour. L’échec du recrutement de volontaires pour l’Armée Rouge en gestation oblige le nouveau pouvoir à restaurer la conscription. Le contrôle ouvrier dans les entreprises se révèle être un échec . ...)
La formule est "naïve".
Les premières mesures significatives du programme sont bel et bien adoptées: l'expropriation des terres et des banques, le contrôle ouvrier, la création d'une milice ouvrière, etc...
Quant au communisme de guerre, il y avait... la guerre.
La guerre civile, et l'intervention étrangère comme en France lors de la Révolution commencée en 1789.
Oui ou non?


Question (à laquelle tu ne répondras certainement pas, comme à celle-ci) : y a -t-il un autre type de communisme que le communisme soviétique?
Soviétique ne signifie pas stalinien.

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Marx, penseur de notre temps

Message  Roseau le Mer 13 Fév - 21:04

par Henri Pena-Ruiz
http://vimeo.com/57321135
(Son exposé commence avec un bel hommage à Daniel Bensaid)

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Re: Marx et le marxisme

Message  Vérosa_2 le Mer 13 Fév - 23:07

frère tuck a écrit:Un nouvel examen du logiciel marxiste s’avère donc nécessaire.
Purée... soit chuis po réveillé, soit ça ne veut strictement rien dire. Il n'y a pas de "logiciel" marxiste, pas de catéchisme et pas de dogme, pas de formules magiques, donc au final rien de ce prétendu "logiciel". Il y a une lecture et une mise en oeuvre marxiste à la lumière des faits concrets de chaque époque - et en l'occurrence de la nôtre. Or, il s'avère à la confrontation de ce réel qui nous préoccupe aujourd'hui que la théorie générale de Marx et Engels est toujours vérifiable. Certes, il y a des manques dans leur ouvrage (féminisme, patriarcat et écologie, par exemple). Mais le coeur non seulement théorique mais aussi pratique (soit : dialectique, cf. "praxis") que nous lèguent Marx et Engels reste essentiel pour l'action révolutionnaire. Lutte de classes, plus-value, baisse tendancielle du taux de profit, crises du Capital, mondialisation des échanges marchands, exploitation et taux d'exploitation, vente de la force de travail, précariat, grève en tant que "moment" de libération, renversement nécessaire de l'ordre social pour un monde plus juste, etc. etc. : tout cela est bigrement vérifiable en 2013, non ?

Attribuer au marxisme le label "logiciel" est faire preuve d'une pensée mécaniste digne des pseudo-marxistes de la fin du 19ème siècle et du début du siècle dernier, ceux là mêmes qui dans un déterminisme stupide faisaient passer au second plan la lutte de classes, au nom d'une évolution inéluctable de l'histoire des sociétés. C'est ce que tu fais toi-même en déclarant que l'on peut se passer de révolution sociale pour accommoder le capitalisme à la sauce SCOP ou SEL.

Bref, le "logiciel" marxiste est une formule et un concept qui n'a rien à voir avec le matérialisme historique. Bon OK, on peut très bien voir les choses ainsi, mais qu'on ne vienne pas en ce cas se réclamer de Marx par la suite.

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Re: Marx et le marxisme

Message  Rougevert le Mer 13 Fév - 23:59

Rassure-toi tu es bien réveillé.
C'est très tendance de parler de "logiciel" marxiste... clown
Faut juste trouver le bug et Frère Tuck nous demande charitablement de le trouver...à sa place!

Rougevert

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Re: Marx et le marxisme

Message  Roseau le Jeu 14 Fév - 1:09

Vérosa va au coeur du problème Tuck...
Les expressions de Tuck, notamment celle de "logiciel marxiste" me rappelle
celle d'anciens staliniens, ayant livré leur pensée critique à un "logiciel" pendant des années
et tentant de la récupérer en confondant Marx avec leur paresse intellectuelle.

Marx, et le marxisme, sont tout le contraire de ce qu'exposent les réformistes.
C'est un anti-dogmatique, un "intempestif", pour reprendre Daniel Bensaid,
qu'il convient de lire à ce propos.
Voir par exemple cet entretien:
http://danielbensaid.org/La-posterite-de-Marx

Extrait:
Tant que les rapports sociaux seront dominés par le règne généralisé du rapport marchand, Marx aura une certaine actualité. Et il est évident aujourd’hui, encore davantage qu’au XIXe siècle, que la logique marchande s’est emparée de tout : non seulement des biens matériels, de la culture, de l’information, mais aussi de l’environnement et même du corps avec le commerce d’organes… Il ne s’agit donc pas de s’en tenir ou de s’arrêter à Marx, mais de revivifier ce qui chez lui peut être développé. Il fournit les catégories critiques mais fondamentales – bien que non suffisantes – de la reproduction et de la vie du Capital comme fétiche automate, comme vampire.

Alors Marx est « intempestif » plutôt qu’éternel parce qu’il est d’hier, d’aujourd’hui et probablement encore au moins du début du siècle prochain.


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Marx n’était pas marxiste, et pourtant

Message  Roseau le Sam 16 Fév - 14:42

Video par Etienne Balibar
http://vimeo.com/21658204


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A marxist critique of post-marxism

Message  Roseau le Jeu 9 Mai - 15:55


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Re: Marx et le marxisme

Message  Toussaint le Jeu 9 Mai - 16:46

Les expressions de Tuck, notamment celle de "logiciel marxiste" me rappelle celle d'anciens staliniens, ayant livré leur pensée critique à un "logiciel" pendant des années et tentant de la récupérer en confondant Marx avec leur paresse intellectuelle.

Very Happy Je vais te piquer celle-là, sans droits d'auteur...

Toussaint

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Marx et les théories contemporaines de la justice

Message  Roseau le Dim 29 Déc - 16:32

par Patrick MASSA
Docteur en histoire,
professeur agrégé au Lycée Montesquieu (Herblay)
Marx et les théories contemporaines de la justice: Rawls, Cohen

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Re: Marx et le marxisme

Message  sylvestre le Sam 25 Jan - 17:00

Un site avec pas mal de ressources intéressantes - c'est animé par un militant du PTB ou proche.

Marxisme pour débutants

sylvestre

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Re: Marx et le marxisme

Message  Roseau le Sam 25 Jan - 17:21

Bien vu !
J'ai commencé à explorer. Effectivement de base, et heureusement criticable,
donc très utile pour ces temps qui demandent des formations et discussions critiques accélérées.

Une première vidéo:


Roseau

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Portrait de Marx par John Swinton

Message  Roseau le Sam 8 Fév - 18:41

Marx n’a plus que trois ans à vivre.
John Swinton, journaliste américain et futur candidat au Progressive Labor Party,
retrouve en Angleterre le théoricien révolutionnaire allemand.
Le portrait qu’il dressera de lui, après plusieurs heures passées à ses côtés,
témoignera de l’admiration qu’il portait à l’auteur du Capital.
Un portrait magnifique resté, jusqu’ici, inaccessible aux francophones.

http://ragemag.fr/traduction-inedite-du-plus-beau-portrait-de-karl-marx-ecrit-trois-ans-avant-sa-mort-53532/

Roseau

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Re: Marx et le marxisme

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