L’agonie de la démocratie

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L’agonie de la démocratie

Message  nico37 le Sam 25 Juin - 20:58

L’agonie de la démocratie. Gérard CHAROLLOIS le dimanche 19 juin 2011 TEL 06 76 99 84 65

Les peuples manifestent, pétitionnent, dressent des tentes sur les places des villes et l’indignation est à l’ordre du jour.
Dans divers pays du Sud de l’Europe, les parlements siègent sous la haute protection policière et les gouvernements dits de « gauche » au Portugal, en Espagne, en Grèce tombent ou vacillent sous le poids de leurs reniements.
Alors, reviennent les agents dociles du Marché, ceux qui feront avec arrogance et morgue ce que les sociaux-démocrates faisaient à bas bruit, avec un peu de honte et sous la contrainte du tyran : le Marché.
Quelle que soit la colère des peuples, le nombre et l’ardeur des cortèges, l’ampleur de la noble « indignation », partout et toujours le tyran qui se rit de la démocratie, dicte sa loi, ses réformes.
Que dit cette loi :
« Vous devez réduire la dépense publique, supprimer des emplois de service public, privatiser tout ce qui peut être rentable et d’abord, instrument de la domination du tyran, faire financer l’Etat par l’emprunt ».
Ces dogmes se sont progressivement imposés en Occident, au point de ne plus susciter de débats, au point d’aller de soi, de n’offrir aucune alternative et échapper à tout examen critique.
Qu’ils votent à « gauche », c’est-à-dire pour la justice sociale, la solidarité avec les plus humbles, l’amélioration des droits du salariat ou qu’ils votent à droite, c’est-à-dire pour le pouvoir de l’argent, les peuples subiront la dictature du Marché dont trois agences de notations sont les chiens de garde.
Comment s’étonner que trop de personnes abdiquent leurs citoyennetés et cessent de participer à un jeu démocratique qui apparaît de plus en plus formel et sans réel enjeu.
C’est le temps du « à quoi bon », puisque tout n’est que contraintes, qu’il n’y a pas d’alternative, qu’il faut combattre la dette publique en imposant aux citoyens l’abandon progressif des droits acquis.

L’abstentionnisme, ce suicide collectif, progresse et certains s’illusionnent enpensant ainsi troubler les maîtres du système.
Erreur absolue, car fussent-ils élus par une infime minorité de participants aux scrutins, les dirigeants bénéficient de la légalité leur conférant le pouvoir de faire la loi et le règlement.
D’ores et déjà, les majorités parlementaires en France et ailleurs en Occident n’émanent que d’une minorité absolue du pays, ce qui ne les empêchent pas d’imposer leurs intérêts, leurs choix, leurs dogmes sans la moindre vergogne.
Quand les femmes et hommes de mieux se taisent, ne retentissent plus que les éructations des arriérés.
Restent, pour s’exprimer et élire les pires ennemis de l’arbre, l’animal et l’homme, les éléments les moins indignés, donc les moins éclairés, d’une population.
Les adorateurs du Marché ont réussi à brimer l’Etat, cette main protectrice qui épargne les plus faibles et les plus honnêtes de la violence des plus forts et des plus malins.
Ils ont fait échapper l’économie et la finance au contrôle d’un souverain dépossédé : le peuple.
Ils peuvent aujurd’hui clamer que le politique n’y peut plus rien et que la main invisible mais de fer de la finance commande seule.
La démocratie est vidée de toute substance puisque les ordres, les lois, les décisions émanent d’autres sources invisibles, lointaines, irresponsables, cruelles, indifférentes à l’indignation des peuples.
Pour faire ce coup d’etat multinational, les dogmatiques de la privatisation ont conçu de supprimer la souveraineté budgétaire de l’Etat, transformé en simple particulier condamné à se financer par des emprunts auprès des forces spéculatives.
Ils ont instauré des banques centrales indépendantes du souverain.

L’indignation, ce pouvoir de dire « Non », cette révolte du cœur, ce premier sursaut d’autonomie de l’enfance, ne suffira pas à sauver la démocratie assassinée.
Une indignation ne fait pas une politique, n’apporte aucun remède, ne débouche sur rien d’autre qu’une grosse colère d’où peut sortir le meilleur ou le pire qui, en l’espèce, auraient pour noms : nationalismes, individualismes égotistes, fuites en avant.
Que vienne le temps de l’analyse, de la réflexion rationnelle et de la volonté d’abattre le tyran.
L’Etat, expression de la souveraineté populaire, garant du bien public, frein aux voracités des cupides sans scrupule, n’a pas à se soumettre à la finance internationale.
Son budget qui signifie santé, justice, éducation, protection de la nature, accompagnement des détresses sociales, n’est pas celui d’un fonds de commerce.
A l’inverse de ce qui est pratiqué par les adorateurs du Marché, il conviendrait d’interdire l’emprunt public et de financer l’intérêt général, d’une part par l’impôt, d’autre part par la libre émission de la monnaie par le souverain.
La politique s’émanciperait ainsi de la tutelle de l’argent et les peuples reprendraient leurs droits sur leurs destins.
Malheureusement, nous ne vivons encore que le premier stade, celui de l’indignation et d’une grosse déprime collective.
Suivra le temps du sursaut.
Gérard CHAROLLOIS
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nico37

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Re: L’agonie de la démocratie

Message  Vals le Sam 25 Juin - 23:53

Cette hagiographie de l'état bourgeois est particulièrement pitoyable ....mais hélas représentative des illusions du moment...

Tristes illusions d'un autre temps sur la démocratie bourgeoise et silence complet sur ce qu"elle n'est là que pour masquer et écraser, la lutte des classes ....pitreries et détournements des vrais indispensables combats des travailleurs...
Mais ça marche et c'est l'air du temps ......
Il faudra faire avec ces fausses oppositions au marché, fondées sur le respect des bébés-phoques au mépris des millions de mômes qui crèvent et crèveront de la loi du capital et de ses états, jusqu'a ce que les prolétaires les détruisent et s'imposent pour construire un autre monde.
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Euthanasions la "démocratie" bourgeoise !

Message  BouffonVert72 le Dim 26 Juin - 0:51

Bah, c'est juste du réformisme... On a l'habitude...
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Re: L’agonie de la démocratie

Message  gérard menvussa le Dim 26 Juin - 1:35

Non, ce n'est pas "juste du réformisme". C'est un poil plus compliqué que la vulgate diffusée par l'union communiste (trotskyste)
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La démocratie, l’argent et la crise : un système s

Message  Resistance-politique le Jeu 14 Nov - 0:34



Si les États membres de l’Union européenne continuent d’appliquer les politiques d’austérité, il pourrait y avoir entre quinze et vingt-cinq millions de nouveaux pauvres. Un nombre équivalent à celui des citoyens européens vivant actuellement aux Pays-Bas ou en Autriche… Cette inflation de la misère ferait grimper le nombre de pauvres à quelque 146 millions, soit plus du quart de la population européenne.

C’est l’avertissement lancé par Oxfam, confédération d’ONG luttant contre la pauvreté et l’injustice dans le monde, dans son rapport intitulé : « le piège de l’austérité – l’Europe s’enlise dans les inégalités ». Lequel conclut que les politiques d’austérité menées par les États membres pour surmonter la crise de la dette souveraine et accéder aux programmes de sauvetage n’ont réussi ni à réduire le coût de la dette, ni à favoriser la croissance.

« En Afrique, en Asie et en Amérique latine, certains pays ont mis vingt ans pour revenir aux niveaux d'avant la crise. En Europe, ces politiques minent de façon irréversible les caractéristiques du modèle économique et social européen tel qu'il s'est développé au cours du XXème siècle. Notre analyse indique que les effets de ces politiques empêchent les plus pauvres de se ressaisir, y compris lorsque la croissance sera de retour en Europe », explique Maurizia Iacchino, présidente d’Oxfam Italie.

Le rapport d’Oxfam souligne que les mesures d’austérité favorisent la concentration des richesses aux mains des 10 % les plus riches, alors que les inégalités ne cessent de se creuser dans les pays qui les ont adoptées. De même, sans l’adoption urgente de mesures de relance de la croissance, sans investissement dans les services essentiels, sans lutte contre l’évasion et la fraude fiscales, l’écart entre les riches et les pauvres au Royaume-Uni ou en Espagne pourrait dans les dix prochaines années devenir similaire à celui du Soudan du sud ou du Paraguay.

Il est intéressant de constater que certaines institutions internationales traditionnellement engagées en faveur de politiques d’austérité commencent à revoir leur copie. Le FMI s’est dernièrement livré à une étude de l’impact des politiques dites de consolidation budgétaire, et son rapport est sans ambiguïté : l’austérité réduit plus fortement que prévu l’activité économique et donc les rentrées fiscales, provoquant un creusement des déficits. Ce point de vue est également partagé par d’éminents économistes tels que le professeur Joseph Stiglitz, prix Nobel d’économie en 2001. Pour lui, « la raison pour laquelle l’austérité est particulièrement mauvaise, c’est le problème sous-jacent du manque total de demande. Lorsqu’il y a austérité, la demande chute. Et quand la demande chute, la croissance recule et le chômage augmente. Lorsque le chômage augmente, les salaires baissent en raison de la compétition pour les emplois, et les services sociaux sont réduits. Tous les aspects de l’inégalité sont donc exacerbés ». CQFD.

Le rapport d’Oxfam est accompagné d’une étude de cas, pays par pays. L’étude pour la France montre que les politiques d’austérité y ont un impact sur les niveaux de pauvreté et d’inégalité. Le pouvoir d’achat a diminué d’1,2 % en 2012 (la plus forte baisse depuis 1984), tandis que dans le même temps, les coûts de l’électricité, du gaz ou du pétrole augmentaient. La dette publique a crû de 3 % depuis 2011, creusant encore le déficit budgétaire. Si l’on fixe le seuil de pauvreté à 60 % du niveau de vie médian, 7,8 millions de personnes (soit 13 % de la population totale) étaient considérées en 2006 comme pauvres en France. En 2010, ce chiffre est passé à 8,6 millions (14 % de la population), dont 2,7 millions d’enfants. Cela représente une augmentation de près de 800.000 pauvres en moins de cinq ans…

Cette augmentation de la pauvreté a particulièrement touché les familles monoparentales, les retraités, les femmes et les jeunes de moins de 18 ans, parmi lesquels le taux de pauvreté a atteint 19,6 %. Entre 2009 et 2010, les salaires au sein des 20 % des personnes les plus pauvres ont diminué de 1,3 %, alors qu’ils ont augmenté de 0,9 % pour les 20 % les plus riches.

Entre 2000 et 2010, le revenu moyen des ménages faisant partie des 10 % les plus pauvres a augmenté de 5,3 % (soit 400 €), alors que celui faisant partie des 10 % les plus riches a augmenté de 18,9 % (soit 8.950 €). En 2010, la partie la plus pauvre de la société a gagné sept fois moins que la partie la plus riche, contre 6,3 fois en 2000.

Au sommet de la pyramide des revenus, ceux issus des placements financiers représentent une part importante des ressources. Si certains se plaignent des effets de la crise, la fortune des super-riches a connu la plus grande augmentation au cours de la période 2004-2010. Les 10 % les plus riches ont augmenté leurs revenus de près de 7 %. Quant au cercle hyper restreint des 0,01 % les plus riches, il a vu sa fortune croître de 32,3 % !

Plus que jamais, l’État représentatif moderne est l’instrument de l’exploitation du peuple par le Capital. Dans la république dite démocratique, la richesse exerce son pouvoir d’une façon indirecte mais d’autant plus sûre, à savoir l’alliance entre le gouvernement et l’argent. Aujourd’hui, dans les régimes que nous connaissons en Occident, la domination des banques a développé jusqu’à en faire un art peu commun les moyens de défendre et de mettre en œuvre la toute-puissance de la richesse. La république démocratique est alors la meilleure forme politique possible du capitalisme ; le Capital, après s’en être emparé, assoit son pouvoir si solidement, si sûrement, que celui-ci ne peut être ébranlé par aucun changement de personnes, d’institutions ou de partis.

Dans ce contexte, le vote, par son inutilité, ne devrait pas apparaître comme un enjeu central, les représentants élus ne représentant qu’eux-mêmes et leurs intérêts de classe. Alors que 2014 sera marquée par les élections municipales et européennes, il semble indispensable de réfléchir aux limites de la « démocratie » dans sa forme actuelle… et aux moyens d’abattre le système qui s’en prévaut.

Capitaine Martin

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