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Gandrange, la rouille des promesses sarkozystes

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Message  BouffonVert72 le Jeu 5 Jan - 5:47


http://www.lexpress.fr/actualite/politique/gandrange-la-rouille-des-promesses-sarkozystes_1067713.html#xtor=AL-447

Gandrange, la rouille des promesses sarkozystes

Par Agnès Laurent, publié le 04/01/2012 à 14:31, mis à jour à 14:32

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"Ici reposent les promesses de Nicolas Sarkozy, faites à Gandrange le 4 février 2008." AFP

Nicolas Sarkozy avait promis, deux fois, de sauver l'ex-usine mosellane de Mittal. Mais, comme avait dit Lionel Jospin, "l'Etat ne peut pas tout" et l'usine a fermé en 2009.

Il devrait y avoir du bruit, de la poussière, des odeurs. Il n'y a que le silence, à peine troublé par le chant d'un coq échappé d'un jardin voisin. L'aciérie de Gandrange n'est plus qu'une immense carcasse métallique désaffectée, sur laquelle se fane le nom de l'ancien propriétaire, Mittal.

Lorsque l'usine tournait, les habitants du village rêvaient de ce silence. Il est aujourd'hui le souvenir d'une double trahison. Celle de la famille Mittal, qui, pour convaincre de ses bonnes intentions en 2006 lors de son OPA sur Arcelor, avait fait de Gandrange sa vitrine industrielle et sociale. Celle de Nicolas Sarkozy, surtout, qui, comme il avait sauvé Alstom en 2004, avait promis de sauver Gandrange.

Par deux fois, au cours du quinquennat, le chef de l'Etat est venu sur ces terres mosellanes traditionnellement de gauche. Par deux fois, il laissera derrière lui un mélange d'amertume et de colère chez des électeurs qu'il avait su convaincre en 2007, en l'emportant par 56 % dans le département.

Au petit matin du 4 février 2008, devant 400 ouvriers encore sous le choc de l'annonce de la fermeture de leur usine, il s'enflamme: "Nous, l'Etat, on ne se contentera pas de dire: "Il n'y a qu'à...", on mettra de l'argent dans l'outil de production s'il le faut."

"Ici reposent les promesses de Nicolas Sarkozy"

Succès assuré, applaudissements nourris. Même les plus sceptiques veulent croire que la volonté présidentielle sera la plus forte. "Les gens ont essayé de se raccrocher à quelque chose. Comme Michel Blanc, dans Les Bronzés: "On ne sait jamais, sur un malentendu...", se souvient Edouard Martin, l'un des représentants de la CFDT chez Arcelor-Mittal. "Personne ne lui avait dit de tenir ce discours-là précisément. Alors, oui, on pouvait y croire...", confirme Mariano Ballarano, de la CGT.

L'aciérie a fermé en mars 2009. De ces belles paroles, il ne reste plus qu'une plaque de marbre noir, posée entre deux herbes folles devant l'entrée du site: "Ici reposent les promesses de Nicolas Sarkozy, faites à Gandrange le 4 février 2008."

Personne n'avait imaginé qu'un président puisse ne pas tenir ses engagements. Pourtant, les Lorrains sont habitués aux promesses trop vite prononcées, très vite enterrées. Depuis trente ans, les houillères de Lorraine, la sidérurgie et les usines d'électronique en ont suscité beaucoup.

Mais jamais un homme politique en exercice, à un si haut niveau de l'Etat, ne s'était engagé aussi fortement, avant de se dédire.

Gandrange perçoit toujours la taxe professionnelle

Alors, la seconde fois, en octobre 2009, le chef de l'Etat ne s'est pas adressé à ses "amis ouvriers". Il n'a pas cédé à la tentation de la complicité, comme en février 2008, au lendemain de son mariage avec Carla Bruni, lorsqu'il avait lancé son fameux "Et je dois dire que Gandrange, comme voyage de noces, il n'y a pas mieux."

Les Gandrangeois n'ont découvert la visite présidentielle qu'en fin d'après-midi, lorsque les forces de l'ordre les ont empêchés de récupérer leurs enfants à l'école jouxtant la mairie. Ce jour-là, devant des syndicalistes et des élus locaux médusés, le chef de l'Etat n'a rien promis. "Il est venu confirmer l'implantation d'un désert industriel à Gandrange.

Il a repris des annonces d'investissements, déjà connues, situés non dans notre ville, mais à Yutz, à 15 kilomètres d'ici", raconte Henri Octave, le maire socialiste. La réindustrialisation n'était qu'un prétexte. Nicolas Sarkozy voulait simplement pouvoir dire: "Comme promis, je suis revenu à Gandrange." Pas tout à fait le même Gandrange, pas tout à fait le même public, mais qu'importe.

Deux ans plus tard, la fermeture de l'aciérie n'a laissé que peu de traces visibles. Les 585 anciens de Mittal ont tous été reclassés ou sont partis en retraite.

La commune perçoit toujours la taxe foncière versée par Mittal, ce qui lui assure un train de vie peu fréquent pour un village de 2 800 habitants.

La salle de spectacle Daniel-Balavoine est flambant neuve, l'ancienne église a été réaménagée pour accueillir la médiathèque et une allocation de rentrée scolaire est versée de la maternelle à l'université. Et si les commerces - peu nombreux - souffrent, c'est surtout parce que les habitants des zones pavillonnaires empruntent chaque jour l'autoroute toute proche pour rejoindre leurs emplois au Luxembourg et ne les fréquentent guère.

Un abandon dont entend profiter Marine Le Pen

Malgré tout, subsiste une immense rancoeur à l'égard d'un chef d'Etat qui a donné le sentiment de ne s'intéresser qu'à l'écume des choses, au coup de communication possible. Inacceptable dans une vallée où l'aciérie est un petit bout de l'histoire personnelle de chacun.

Tous ont un père, un frère, un oncle qui y a travaillé. Tous ont grandi avec les immenses cheminées comme horizon. La tristesse est d'autant plus grande que les derniers hauts-fourneaux de Lorraine, situés à Florange, à une dizaine de kilomètres à peine, sont à l'arrêt. Un arrêt temporaire que beaucoup redoutent définitif.

Si, en juin 2012, Florange ne redémarre pas, la sidérurgie lorraine ne sera plus. A l'approche de l'élection présidentielle, le bal des politiques a repris. A la fin de novembre, François Hollande a ainsi défendu le dossier de Florange devant José Manuel Barroso pour obtenir les financements européens indispensables à la survie du site.

Mais, pour l'instant, aucun des grands candidats n'a fait le détour par Gandrange et sa cathédrale d'acier abandonnée, laissant le village à son silence.

Un silence dont entend bien profiter Marine Le Pen. A la mi-décembre, lors de son premier grand meeting de campagne à Metz, la présidente du FN a fait de Gandrange le "symbole des promesses trahies. Des espoirs douchés. Des mensonges éhontés".
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