Guantanamo, CIA, "guerre contre le terrorisme"

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Message  sylvestre le Sam 29 Jan - 18:12

http://www.liberation.fr/depeches/01012316614-manifestations-pacifiques-des-detenus-de-guantanamo-selon-un-de-leurs-avocats

Dépêches 28/01/2011 à 21h51

Manifestations pacifiques des détenus de Guantanamo

Des détenus de Guantanamo manifestent pacifiquement tous les jours leur désapprobation de voir la

Des détenus de Guantanamo manifestent pacifiquement tous les jours leur désapprobation de voir la prison toujours ouverte malgré la promesse de fermeture de Barack Obama il y a deux ans, selon un de leurs avocats vendredi. (© AFP Paul J. Richards)

WASHINGTON (AFP) - Des détenus de Guantanamo manifestent pacifiquement tous les jours pour protester contre le fait que la prison reste ouverte malgré la promesse de fermeture de Barack Obama il y a deux ans, selon un de leurs avocats vendredi.

Contactée par l'AFP, la porte-parole de la prison militaire américaine, Tamsen Reese, a confirmé que les "manifestations pacifiques de détenus n'étaient pas rares".

Selon le Centre pour les droits constitutionnels (CCR) qui cite dans un communiqué l'avocat de plusieurs détenus, Ramzi Kassem, "la plupart des détenus des camps 5 et 6 protestent contre leur emprisonnement illimité par des sit-ins et des pancartes".

Selon Saïd Abdulhadi qui a parlé avec son avocat cette semaine, les prisonniers organisent des sit-ins et refusent de retourner dans leurs cellules le soir pour dormir. Ils passent la nuit dans les parties communes où ils passent aussi le plus clair de leurs journées.

"Nous espérons que les gardes, les militaires, les représentants de la Croix rouge, les élus du Congrès et les journalistes entendront notre demande de liberté", a déclaré ce détenu à son avocat. Il a précisé, toujours selon le CCR, que les détenus avaient également affiché des slogans en anglais dans les parties communes, affirmant "Où est la justice ?", "Où sont nos droits ?".

"Il n'y a actuellement aucune manifestation à propos des conditions de détention et les protestations sont contenues dans le camp 6 où vivent les détenus les plus conciliants", a précisé Tamsen Reese.

"Elles prennent plusieurs formes, certains refusent de rentrer des espaces de récréation, d'autres refusent de retourner en cellule le soir, d'autres refusent qu'on ferme la porte de leur cellule", a détaillé la porte-parole.

Elle n'a pas démenti l'existence de pancartes ni la thèse du CCR selon laquelle ces manifestations sont liées aux soulèvements populaires actuels dans le monde arabe.

Un autre détenu qui ne souhaite pas être identifié a assuré à M. Kassem: "Il y a toujours des travaux de construction ici, nous avons le sentiment que nous allons rester ici pour toujours", selon le CCR.

Selon lui, un des slogans affichés au mur dit: "Vous ne pouvez pas nous garder enfermés pour les actes commis par d'autres à l'extérieur, libérez-nous".

Ouverte en janvier 2002, la prison de Guantanamo accueille aujourd'hui 173 détenus dont trois seulement ont été condamnés à l'issue d'un procès. Barack Obama avait promis que le centre de détention situé sur une base navale américaine à Cuba fermerait en janvier 2010 mais a renoncé à ce projet, en raison des blocages opposés par le Congrès.



Dernière édition par sylvestre le Sam 26 Juil - 15:30, édité 1 fois
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Message  sylvestre le Mer 11 Mai - 14:35

http://www.lemonde.fr/documents-wikileaks/article/2011/05/11/guantanamo-la-colere-des-detenus-francais_1520074_1446239.html#ens_id=1512342

Guantanamo : la colère des détenus français

Le camp de Guantanamo a été ouvert en janvier 2002. En tout, 779 personnes y ont été détenues.

Le camp de Guantanamo a été ouvert en janvier 2002. En tout, 779 personnes y ont été détenues.AP/Brennan Linsley

Ce lundi-là, Nizar Sassi a hésité à annuler au dernier moment le rendez-vous fixé depuis plusieurs jours. Le matin, sur le marché de Vénissieux, il a appris d'un badaud la mort, dans la nuit, d'Oussama Ben Laden. Alors, allait-on encore le presser de questions, lui demander pour la énième fois s'il l'avait rencontré, en Afghanistan, en 2001 ? Aux militaires américains du camp de Guantanamo, aux juges français antiterroristes, il a dit et répété qu'il avait déjà quitté le camp où il s'entraînait quand le chef d'Al-Qaida l'avait visité en coup de vent.

Dix ans après, Nizar Sassi sait bien que la simple possibilité d'avoir croisé ce personnage le rend toujours suspect. Qu'il sera toujours un "membre présumé d'Al-Qaida", comme l'affirme sa fiche de Guantanamo, communiquée par WikiLeaks au Monde, "un combattant ennemi", un "détenu à haut risque". Qu'il ne sert à rien de plaider l'erreur de jeunesse, la bêtise d'un petit mec de banlieue influençable qui avait postulé comme emploi-jeune dans la police, lambinait comme agent de sécurité et se laissa embringuer dans un voyage initiatique par goût de l'aventure et fascination des armes.

Il a bien failli y rester : lorsqu'il fuyait avec les autres Français devant l'avancée des antitalibans, en décembre 2001, un chef lui a demandé de rester dans les montagnes de Tora Bora pour couvrir leurs arrières. "J'ai refusé. J'avais trop envie de me tailler." Djamel Loiseau et Samir Ferraga ont accepté. Ils ont été retrouvés morts de froid et de faim.

A 32 ans, Nizar Sassi est vivant et engouffre un kebab avec une vitesse étonnante, tandis qu'un jeune frère tire sur un narguilé et l'écoute, dans un bar à chicha de Lyon bercé de musique arabe. L'ancien détenu fait amende honorable. "Je n'aurais jamais dû être là-bas. Même si je n'ai jamais fait de mal à personne, je reconnais mes torts. Mais je l'ai payé de trois ans d'internement à Guantanamo. Alors pourquoi la justice française m'a-t-elle à nouveau enfermé à mon retour et condamné ? Lors du premier procès, la procureure a reconnu que j'avais subi un traitement inhumain, mais… Ce 'mais' était de trop." Le Français, comme les quatre autres anciens détenus condamnés à un an de prison ferme en 2007, attend toujours le résultat d'un ultime pourvoi en cassation. Quelle que soit la décision, il ne retournera pas en prison puisque la peine prononcée couvre tout juste la détention provisoire qu'il a subie à son retour en France, en 2004.

Mais il ne se sent pas pour autant libre : "Je n'en sors pas, de cette affaire. On m'enferme dans ça." Il se devine sous surveillance, évite certains lieux, certaines mosquées trop marquées, mesure ses propos au téléphone. Il fait un détour quand il croise certaines personnes qui pourraient le compromettre, comme Mourad Benchellali, son compagnon de voyage, ancien détenu de Guantanamo, lui aussi revenu vivre à Vénissieux.

"LE FEU, ON NE L'ÉTEINDRA PAS COMME ÇA"

L'attente, la suspicion permanente dont il se sait l'objet le minent. Il vit avec 17 de tension. "Mon médecin m'a dit : 'Calmez-vous ou vous risquez un traitement à vie.'" Il passe de la joie extrême au plus profond abattement, à mesure que tombent depuis quatre ans les décisions de justice contradictoires.

La dernière, en mars, défavorable, a été un coup de massue. Il ne supporte plus ce yo-yo judiciaire, a envie de jeter l'éponge, ne croit plus en la justice de son pays, qu'il dit "jusqu'au-boutiste". "Qu'on arrête cette mascarade, cette pièce de théâtre jouée d'avance." Il revient presque aussitôt sur ces propos péremptoires. "En fait, c'est plus compliqué, je le sais. Deux tendances s'affrontent en France : la tendance droit-de-l'hommiste et la tendance sécuritaire." Nizar Sassi est marié, a des enfants. Il a retrouvé du travail. "Je te jugerai sur ton boulot", lui a dit un de ses employeurs. "J'ai aussi le soutien de ma famille. C'est fondamental." Mais cette confiance ne suffit pas. Il se sent glisser. "Je ne supporte plus l'autorité, alors qu'elle est normale dans une société." La nuit, il rêve des hélicoptères américains qui survolent les hauteurs de Tora Bora ou des gardiens de Guantanamo.

"J'ai trop de choses enfouies au fond de moi. J'ai vécu une expérience de dingue, j'ai vu jusqu'où l'homme pouvait aller", résume Nizar Sassi. Il se réveille épuisé le matin, n'arrive plus à se lever pour aller travailler. "Alors on monte la dose de médicament." Il se redresse sur son siège. "Je ne veux pas être plaint, jouer sur la corde sensible." Comme une forme de thérapie, l'ancien détenu envisage de se rendre aux Etats-Unis, s'il obtient un visa. "J'ai envie de voir les Américains du bon côté." Il s'amuse : "Il y avait au moins une chose réconfortante à Guantanamo : pour nos gardiens, nous étions des Français à part entière. Il n'y avait aucun doute dans leur esprit." Mais sa détention dans un camp hors-la-loi, avec la rancune qu'elle a générée, aurait pu le faire basculer définitivement : "Le feu, on ne l'éteindra pas comme ça. Il faut mettre de l'eau, pas jeter les gens dans les flammes."

IL SAIT QU'IL N'EN SERA JAMAIS VRAIMENT QUITTE

Khaled Ben Mustapha garde également au fond de lui une colère qui brasille et que la lecture de sa fiche militaire de Guantanamo (tirée des dossiers de Guantanamo transmis au Monde par WikiLeaks) suffit à ranimer. "Ces accusations sont totalement fausses, délirantes. Ce que je lis là résume ce qui revenait à chaque fois dans les interrogatoires. A charge, à charge, à charge. On dit que je tenais un compte d'Al-Qaida en Espagne. Cela n'a même pas été repris par la justice française lors de mon procès ici." Après avoir hésité, il a également accepté de parler, lui qui se tait depuis des années, après avoir eu le sentiment de crier dans le vide. Il a affirmé en vain n'être parti en Afghanistan en juillet 2001, avec un billet de retour open valable trois mois, que pour tester la possibilité de vivre dans un pays appliquant la charia. Mauvaise idée, mauvaise filière, mauvais endroit, mauvais moment, autant d'erreurs payées cash : trois ans à Guantanamo et un an dans une prison française.

Interrogé au téléphone alors qu'il sort d'un supermarché de la banlieue parisienne après ses courses du samedi matin, Khaled Ben Mustapha, 39 ans, manie l'ironie comme un baume. "De lourdes charges pesaient contre nous, à en croire la fiche militaire de Guantanamo ou les interrogatoires de la DST. Nous étions des fous dangereux. Alors pourquoi les Américains nous ont-ils relâchés ? C'est bien la preuve qu'eux-mêmes n'y croyaient pas, à leurs accusations. Pourquoi la justice française ne nous a-t-elle condamnés 'qu'à' un an ferme à notre retour ? Ou j'étais dangereux et il fallait me coller une plus lourde peine, ou je ne l'étais pas et il fallait me relâcher." Khaled Ben Mustapha a retrouvé son emploi après cette longue parenthèse. "J'ai repris ma vie habituelle, ma place au sein de la société. En apparence, tout est redevenu normal. Mais l'amertume reste là." Il sait également qu'il n'en sera jamais vraiment quitte, qu'il restera un suspect. "J'ai beaucoup voyagé à l'étranger après Guantanamo, explique-t-il. A chaque retour en France, je suis arrêté à la frontière, mis sur le côté de la file puis emmené dans une pièce pour être interrogé. Mon casier judiciaire est pourtant vierge." La peine définitive n'a toujours pas été prononcée.

Les autres anciens détenus de Guantanamo ont choisi de se taire, de se faire oublier. "Il voudrait arriver à tourner la page", explique Dominique Many, l'avocat de Redouane Khalid. Ce dernier aussi affirme être parti en Afghanistan en voyage de reconnaissance, curieux de ce pays vivant sous la charia. Il a été questionné 180 fois à Guantanamo, servait selon son avocat à la formation des nouveaux interrogateurs.

Aujourd'hui âgé de 43 ans, il n'a pas renoncé à ses convictions religieuses radicales. Il est parti vivre en Angleterre, à Leicester, fief des intégristes musulmans. Il y a exercé plusieurs métiers, vend aujourd'hui de l'huile d'argan. "On ne me regarde pas de travers. Je peux être recruté sans qu'on me dise que je suis un musulman", a-t-il dit à son avocat.

En France, il reste dans le collimateur de la police. En 1998, il avait été placé en garde à vue dans le cadre d'une enquête sur un projet d'attentat pendant la Coupe du monde, où l'un de ses frères sera plus sérieusement inquiété. Redouane Khalid sera rapidement relâché sans aucune charge. Mais la marque restera indélébile : l'accusation est reparue dans les fichiers américains de Guantanamo, jusqu'à en faire un proche du Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC) et du Groupe islamique armé (GIA).

La dernière fois qu'il est revenu en France, sa voiture a été entièrement désossée. "Sa femme est voilée. Est-ce pour autant un terroriste?, demande Me Many. Mais qui ira en faire une victime ? Il était en Afghanistan. Quoi qu'il dise, l'opinion ne sera pas avec lui."

Benoît Hopquin

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Message  sylvestre le Ven 24 Mai - 10:03

http://www.politis.fr/Guantanamo-Nabil-Hadjarab-sortira,21946.html

Guantanamo : Nabil Hadjarab sortira-t-il un jour ?

Ressortissant algérien, Nabil Hadjarab est maintenu arbitrairement à Guantanamo depuis douze ans. La France, où il a grandi, refuse de l’accueillir.

Parce qu’aucune charge n’a été retenue contre lui, Nabil Hadjarab a été déclaré « libérable » par les autorités américaines en 2007. Le 8 février 2013, désespéré face au mutisme des autorités américaines et françaises, Nabil Hadjarab décide de se joindre aux 84 détenus grévistes de la faim – chiffre avancé par les autorités militaires.

Nabil Hadjarab
Nabil Hadjarab

« Si j’ai entamé cette grève de la faim, c’est surtout parce que j’ai perdu tout espoir de sortir d’ici », déclarait-il le 17 avril, à son avocate américaine Tara Murray.

Depuis le 22 mars, 19 des grévistes sont placés à l’isolement et nourris de force par les gardiens au moyen d’un tube naso-gastrique. « C’est un processus extrêmement douloureux pouvant causer des saignements sévères », s’inquiète Ahmed l’oncle de Nabil Hadjarab.

Une situation qui préoccupe également Navy Pillay, la Haut-commissaire aux droits de l’homme des Nations-Unies. Pour elle, la perspective de détention illimitée « pousse les individus à des gestes de désespoir ». Elle rappelait par ailleurs le 5 avril que « l’incarcération indéfinie constituait une violation claire du droit international. »

« Aucune menace »

Le sort de Nabil Hadjarab, qui travaille dans une organisation humanitaire en Afghanistan, a été scellé en 2001. Après les attentats du 11 septembre, les Etats-Unis recherchaient activement au Pakistan tout homme arabe potentiellement lié à des groupes terroristes. Les informateurs percevaient jusqu’à 5000 $ par capture. Nabil, ayant fui l’Afghanistan en guerre pour le Pakistan, est arrêté. Rapidement, les interrogateurs américains s’aperçoivent que le jeune homme n’a pas suivi d’entraînement militaire et qu’il est probablement victime d’une erreur d’identité.

Six ans plus tard, en 2007, les autorités américaines s’accordent sur le fait qu’il ne représente « aucune menace ». En France, les gouvernements successifs, sollicités par sa famille et ses avocats, restent muets. Quatorze demandes ont été transmises par son oncle Ahmed afin que Nabil « regagne le pays qu’il aime et dans lequel il a grandi ». Une plainte pour torture est même déposée auprès des autorités françaises en septembre 2012. Sans effet.

La France refuse de d’accueillir Nabil Hadjarab

S’appuyant sur des arrêtés de la Cour européenne des droits de l’homme, en référence à l’article 3 de la Convention (CEDH), Maître Breham, l’avocat français de Nabil, dépose un référé-liberté le vendredi 26 avril. Le référé est rejeté par le Tribunal administratif de Paris au motif que Maître Breham n’a pu apporter « la preuve du stress et de la souffrance morale éprouvée par Ahmed, oncle de Nabil, du fait de la passivité de l’Etat français face à la détention de son neveu ». Preuve qui justifierait le transfert de Nabil en France.

Par ailleurs, la défense ne montrerait pas suffisamment que « les Etats-Unis seraient prêts à transférer Nabil en France si celle-ci acceptait de l’accueillir ».  En clair, le juge estime que Nabil dépend des autorités américaines et que la France ne peut pas grand-chose. L’avocat envisage donc un nouveau recours, apportant des éléments supplémentaires de preuve sur les points contestés. Il saisira la Cour européenne des droits de l’homme en dernier lieu si cette démarche n’aboutit pas.

Pour le ministère des Affaires étrangères, contacté par Politis, la France a « déjà contribué à l’effort d’accueil de deux détenus de Guantanamo », deux ressortissants algériens Lakhdar Boumediene et Saber Lahmar en 2009, « et souhaiterait que les efforts soient partagés par l’ensemble des pays qui en ont les moyens ».

À l’époque, les autorités américaines auraient écarté l’idée de renvoyer dans leurs pays d’origine les détenus de Guantanamo au prétexte qu’ils y risquaient la torture. Version officielle. Nabil, lui, ne souhaitait pas vivre dans un pays qu’il ne connaissait pas. Quant au Conseil de l’Europe, il n’était pas prêt à donner son accord pour que des étrangers « potentiellement dangereux » gagnent l’espace Schengen.

166 détenus sont toujours incarcérés à Guantanamo

Depuis douze ans, la situation des prisonniers de Guantanamo Bay est dénoncée par les associations tout autant que par les Nations-Unies. Leurs conditions de vie sont non conformes au droit international. De plus, ils sont jugés par une commission militaire, mise en place sous l’ère George Bush, au lieu de bénéficier de procédures équitables devant des Cours de justice fédérales.

Or, parmi les 10 promesses du candidat Barack Obama en 2008, figurait la fermeture programmée du centre de détention en 2010. En 2009, l’administration Obama propose le transfert des 48 prisonniers considérés non jugeables ni libérables vers une prison de haute sécurité de l’Illinois. Pour les autres, majoritairement yéménites, il est préconisé un rapatriement vers le pays d’origine ou l’accueil humanitaire d’un pays tiers. Mais le Congrès à majorité républicaine refuse le transfert de prisonniers tant que le Secrétariat d’état ne peut garantir que ceux-ci ne reprendront pas les armes. Conclusion : statu quo. Et les priorités du président Obama sont ailleurs. En décembre 2012, il a même promulgué la NDAA (National Defense Authorization Act). Cette loi autorise la détention militaire sans limitation et sans procès de tout « ennemi combattant », perpétuant ainsi le concept de « guerre globale contre le terrorisme » préconisée par George Bush Jr.

En janvier 2013, le bureau chargé de la dissolution de Guantanamo, nommé par le président après son élection, a été supprimé. Aujourd’hui, 166 détenus sont toujours incarcérés. Dans son intervention récente, Navy Pillay, exhortait les Etats-Unis à œuvrer à la fermeture de Guantanamo Bay : « Nous devons être clair sur ce point : les Etats-Unis sont en violation flagrante non seulement de leurs propres engagements, mais aussi des lois et normes internationales qu’ils sont pourtant tenus de respecter ». L’administration Obama qui s’était engagée à œuvrer en ce sens prend note mais argue que le Congrès américain est toujours hostile à l’idée de fermeture.

Manifestation pour le fermeture de Guantanamo, New-York, 11 avril 2013.
Manifestation pour le fermeture de Guantanamo, New-York, 11 avril 2013.

AFP / SPENCER PLATT


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Message  sylvestre le Sam 26 Juil - 15:31

Prisons secrètes de la CIA : la Pologne condamnée pour « complicité »

La Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) a condamné, jeudi 24 juillet, la Pologne pour sa « complicité » dans la mise en place du programme de prisons secrètes de la CIA visant des terroristes présumés.
Varsovie a été condamné pour son rôle dans les tortures subies sur son territoire, en 2002-2003, par un Palestinien et un Saoudien, avant que ceux-ci ne soient transférés à la base américaine de Guantanamo (Cuba), où ils sont toujours détenus.

« La Pologne a coopéré à la préparation et à la mise en œuvre des opérations de remise, de détention secrète et d'interrogatoire menées par la CIA sur son territoire et aurait dû savoir que, en permettant à la CIA de détenir de telles personnes sur son territoire, elle leur faisait courir un risque sérieux de subir des traitements contraires à la convention [européenne des droits de l'homme]».

100 000 EUROS À CHACUN DES DEUX REQUÉRANTS

La Cour de Strasbourg avait été saisie par les avocats d'Abou Zubaydah, un Palestinien de 43 ans, et d'Abd Al-Rahim Al-Nashiri, un Saoudien de 49 ans.

Ceux-ci avaient plaidé que les autorités de Varsovie, « en toute connaissance de cause et de manière délibérée », avaient autorisé la CIA à les détenir au secret pendant plusieurs mois en 2002-2003 en Pologne, où leurs clients ont été torturés, notamment par la technique de la « simulation de noyade ». La CEDH a ordonné à la Pologne de verser 100 000 euros à chacun des deux requérants, au titre de leur dommage moral.

Cet arrêt n'est pas définitif : les autorités de Varsovie ont trois mois pour demander un nouvel examen du dossier devant la Grande Chambre de la CEDH, ce que la Cour n'est toutefois pas tenue de leur accorder.
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