Du théâtre pour pacifier les quartiers rivaux

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Du théâtre pour pacifier les quartiers rivaux

Message  gérard menvussa le Mar 23 Aoû - 14:33


Une compagnie théâtrale va s’installer dans les cités d’Asnières et de Gennevilliers. Mission : jeter des ponts entre les habitants.

Matthieu Pelloli | Publié le 22.08.2011, 07h00

Des années que les jeunes des quartiers nord d’Asnières — les Courtilles et les Mourinoux — et que ceux du Luth, à Gennevilliers, ne se parlent plus. Se défient du regard, dans le meilleur des cas, ou s’affrontent à l’arme blanche, dans le pire. Comme en mars dernier, où Samy, un garçon de 15 ans originaire d’Asnières, est mort poignardé par des adolescents de Gennevilliers.

La créatrice Sarah Harper et sa compagnie, Friches, Théâtre urbain, ont reçu la délicate mission de s’attaquer au rétablissement du dialogue entre les habitants dès la rentrée prochaine. « Les maires d’Asnières et de Gennevilliers souhaitent que nous travaillions à la destruction du mur symbolique qui s’élève entre leurs deux villes », détaille Marc Josserand, l’administrateur de la compagnie.

Un travail sur le long terme

Les rivalités entre jeunes se cristallisent en particulier autour de la station de métro les Courtilles (ligne 13), située juste à la frontière entre les quartiers rivaux des deux communes. « Lors de son ouverture en 2008, nous nous réjouissions parce qu’elle devait désenclaver les quartiers. Nous n’avions pas vu que cela renforcerait aussi les logiques de territoire », confie, dépité, un élu.

Dès la mi-septembre, les artistes de Friches, Théâtre urbain s’attacheront donc à animer la station de métro et les secteurs concernés pendant plusieurs mois. « L’objectif n’est pas de faire un coup spectaculaire, un moment théâtral sublime mais éphémère, insiste Sarah Harper. Au contraire, nous allons travailler sur le long terme. » Et de préciser immédiatement à destination des sceptiques qui s’inquiéteraient d’un projet déconnecté du réel : « L’art et l’esthétique de la compagnie tournent autour de réalisations très concrètes. » Qui englobent la culture, mais aussi « le sport, le travail de la terre, le dialogue direct, la récolte de témoignages ». La palette d’outils à disposition est illimitée : photo, vidéo, fresque, cartographie, arts graphiques.

Sarah Harper sait que la clé de la réussite réside dans l’implication des habitants et leur réappropriation de l’espace public : « Nous allons travailler avec les gens du coin — le voisin, le riverain, l’usager des transports en commun — et restituer les œuvres créées au cœur des quartiers » — dans la rue, dans les maisons et les jardins, dans les vitrines des commerces.


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