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Décroissance & élections

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Message  nico37 le Dim 26 Sep - 10:50

Un extrait d'un texte de JP Tertrais publié dans la brochure L'impasse électorale et le projet anarchiste. Le titre original du texte est "Décroissance et élections".

LA DECROISSANCE PAR LES URNES ?

La décroissance est un concept qui démontre, par la notion d'empreinte écologique, que la croissance économique nous conduit dans une impasse puisque nous dépensons plus que ce que la nature peut nous fournir. Une croissance illimitée ne saurait se maintenir sur une planète dont les ressources sont, elles, limitées. Une décroissance matérielle, c'est-à-dire une réduction du cycle production-consommation, est donc une nécessité absolue.

C'est dans ce contexte qu'est créé un Parti de la décroissance dont la finalité devait être la présentation de candidats lors des élections présidentielles et législatives de 2007, s'inspirant du modèle de la candidature de René Dumont en 1974, qui avait permis « une prise de conscience collective des limites et des dangers du productivisme ». Il semblerait que lesdits candidats ne se bousculent pas au portillon.

Il est pour le moins étrange de prendre pour référence une élection qui n'a visiblement pas atteint son but puisque, trente ans plus tard, la « prise de conscience collective » débouche sur l'amnésie, l'apathie et la myopie généralisées. La supercherie est trop grosse : il s'agit, pour quelques gourous (Vincent Cheynet, Bruno Clémentin, Paul Ariès et quelques autres), sous couvert d'obtenir une tribune et de « rouvrir le débat politique », de satisfaire des « ego » en pleine croissance. Notons, d'une part, que R. Dumont, ancien titulaire de la chaire d'agriculture comparée de l'Institut agronomique de Paris, possédait une autre envergure que nos médiatiques despotes éclairés et que, d'autre part, s'il s'agit d'être présents pour brosser un tableau du drame écologique, des revues, des sites, des associations réalisent beaucoup plus efficacement cette tâche.

L'essentiel, en l'occurrence, n'est pas de transformer la société, mais d'entreprendre une carrière politique. Car ce que promeut le Parti de la décroissance est une décroissance « soutenable ». Mais soutenable pour qui ? Pour le système capitaliste, bien entendu. Ecoutons plutôt : « ...c'est-à-dire qu'elle ne devra pas provoquer de crise sociale remettant en cause la démocratie et l'humanisme ». Nous y voilà : il est hors de question d'attenter à la démocratie représentative, pilier essentiel du capitalisme ! Et plus loin : « S'organiser collectivement pour que la diminution de production de biens ne mène pas à la barbarie ». Ce qui sous-entend que toute révolution ne peut conduire qu'à la barbarie, alors que, d'une part, c'est l'oppression, souvent barbare, qui engendre la révolution, et que d'autre part, avec les conflits qui se profilent pour l'accès à des ressources de plus en plus rares, cette barbarie est précisément la direction que nous impose le capitalisme.

Notons l'hypocrisie des auteurs puisqu'ils jouent allègrement sur deux tableaux. D'une part, la « crise sociale » se trouve clairement rejetée (rassurer contre la peur de l'inconnu - la continuité, c'est l'hérédité des structures sociales). On croit donc comprendre que la voie préconisée est la continuité : « Une économie de marché contrôlée par le politique et le consommateur ». Un capitalisme à visage humain ! D'autre part, dans le même torchon, les auteurs insistent lourdement sur une discontinuité (fournir un signal fort à ceux qui espèrent du changement) : « nécessité de rompre avec le productivisme et l'économisme dominants », « ce mot d'ordre de décroissance équitable est déjà porteur de ruptures », « nous voulons introduire une véritable rupture face à l'aveuglement des politiques traditionnelles de droite ou de gauche. » Vous avez bien compris : en aucun cas, il ne s'agit de rompre avec le capitalisme. Mais l'amalgame, le mélange des genres, la confusion, la culture du malentendu sont le propre des imposteurs et des charlatans.

L'ambiguïté savamment entretenue entre rupture et continuité se trouve levée lorsqu'on lit, dans la même prose : « Pour entrer dans la décroissance soutenable, la priorité est donc de s'engager à l'échelle individuelle dans la simplicité volontaire. C'est en changeant nous-mêmes que nous transformerons le monde »!! Le flambeau judéo-chrétien refait surface : il s'agit, comme pour les tenants du développement durable, de culpabiliser l'individu dans son comportement quotidien pour éviter d'aborder les problèmes sur le plan politique, au vrai sens du terme. Comme si la frugalité des pauvres allait interdire le luxe scandaleux des riches. Comme si rouler à vélo allait empêcher les pouvoirs publics de construire des aéroports internationaux.

Pour nos donneurs de leçons, « nous devons transformer la société de l'intérieur», « un élu (...) gère tout autant des équilibres sociaux et avance des propositions pour les discuter dans des assemblées ». « La décroissance pourrait très bien entrer dans le champ politique en apportant seulement des interrogations qui ne sont pas prises en compte par la société, comme celle des limites naturelles », « dans cette optique, la décroissance est un moyen de réinjecter du débat dans un monde qui le refuse ». Et pour clore sublirnement : « Pour la décroissance, le rôle de l'Etat est essentiel ». Ce que conteste, par exemple, Patrick Mignard - qui ne s'affiche pourtant pas comme un farouche révolutionnaire - dans « L'Anti-Sisyphe » : « L'Etat n'est certainement pas cette entité neutre et rationnelle qui oeuvrerait pour le bien de toutes et de tous. La notion d'Etat est liée à celle de garantie de la cohérence et de la survie du système d'économie marchande ».

Par quelle mutation soudaine, en effet, l'Etat, aujourd'hui otage de la finance internationale, pourrait-il imposer au capitalisme d'accomplir le contraire de ce pourquoi il est conçu, c'est-à-dire l'accumulation ? Nos fanfarons espéreraient-ils, ayant allumé le gaz sous une casserole d'eau, obtenir des glaçons ? La fonction du gaz est de fournir des calories, comme celle du capital est de concentrer l'argent, quelles que soient les compétences et l'identité des opérateurs.

S'en remettre à l'Etat-nation pour déstabiliser le capitalisme est plus qu'une illusion dangereuse, une lâcheté. Celle d'individus un tantinet paranos, plus soucieux d'idolâtrer les institutions et d'occuper la scène médiatique que de s'impliquer dans les luttes sociales. Il faut savoir que lors des émeutes dans les banlieues en novembre 2005, le parti pour la décroissance avait fait paraître un communiqué dans lequel on pouvait lire : « Par ailleurs, nous ne pouvons que constater la totale irresponsabilité de tous les représentants politiques qui appellent à la démission du ministre de l'Intérieur au plus fort de la crise. Le temps viendra de chercher les responsabilités, mais la priorité est aujourd'hui à l'arrêt de la violence et à la restauration de la sécurité publique, ce qui ne peut pas se faire en délégitimant l'autorité ». Les décroissants au secours de l'ordre bourgeois !

Stigmatisant également leur brillante absence du mouvement anti-CPE, voici ce qu'écrit Bertrand Louart * : « Ces objecteurs de croissance, si distraits selon M. Ariès lors des mouvements sociaux, ont donc au contraire montré les limites très étroites de leur humanisme. Pleins de respect pour l'Homme, avec un grand H, c'est-à-dire une abstraction et un absolu qui n'existe nulle part, ils traitent durement et avec mépris les hommes, les êtres humains concrets et réels qu'ils ont autour d'eux. La bouche pleine de majuscules, lorsqu'ils parlent de République, de Démocratie, de Liberté, Egalité..., ils sont en réalité, comme n'importe quels politichiens, des roquets qui en appellent à l'Ordre, à l'Aurorité et à la Loi au premier mouvement social, usent de l'amalgame, de la calomnie et de manipulations pour tenter d'étouffer la moindre contestation de leurs pauvres idées ».

Faudrait-il croire qu'une société qui a engendré à la fois un désastre écologique et une régression sociale va subitement offrir des perspectives exaltantes ? Faudrait-il croire qu'on va traiter les problèmes en conservant les mêmes institutions politiques, le même système économique, la même organisation sociale, les mêmes circuits commerciaux ? Faudrait-il croire que l'on puisse résoudre une crise de civilisation par des remaniements ministériels, des textes législatifs ou des mesures fiscales, et que le capitalisme va produire le contraire de ce pourquoi il est conçu, avant de se dissoudre ? Faudrait-il croire que les bouleversements climatiques (l'année 2005 est la plus chaude jamais enregistrée - une nouvelle coïncidence !!) puissent être endigués par quelque inflexion des discours politiques ? Faudrait-il croire, par exemple, que la récente victoire démocrate aux élections américaines va, comme le laissent entendre certains, atténuer le réchauffement de la planète sous prétexte que le grand perdant, Bush, s'est toujours obstiné contre le protocole de Kyoto ?

Faudrait-il croire, peut-être même, que l'immigration choisie soit en mesure d'arrêter la pollution aux frontières ? Car le problème se situe bien à ce niveau : quand on n'a pas le courage de choisir le langage de la vérité (non pas révélée mais historique), la voie révolutionnaire, il ne reste plus que la langue de bois, la confusion, l'option réformiste, avec son cortège de compromis, de reniements, de trahisons.

C'est parce que la notion de décroissance dérange sérieusement des certitudes intellectuelles, des plans de carrières, des intérêts commerciaux qu'elle suscite autant de haine, d'insultes, de calomnies. Qu'on en juge plutôt à travers ces quelques exemples où perce la mauvaise foi la plus sidérante.

- Pierre-Antoine Delhommais, dans une chronique du « Monde » : « II faut prendre la doctrine de la décroissance pour ce qu'elle est (...). Une lubie de gosses de riches parfaitement égoïstes. Mais cela va généralement ensemble. »

- Eric Le Boucher, également dans une chronique du même torchon : « Les doux militants de la décroissance (...), ces militants, de moins en moins doux d'ailleurs, de plus en plus autoritaires en fait, butteront toujours sur ce fait dérangeant : la première cause de la persistance des inégalités est l'absence de croissance ». Question au crétin précité : pourquoi les inégalités n'ont-elles jamais été aussi fortes qu'aujourd'hui... après un demi-siècle de croissance unique dans l'histoire de l'humanité ?

- Claude Allègre - ce grand pourfendeur de mammouth, qui s'était déjà illustré dans le dossier de l'amiante - dans une tribune de l' « Express » : « Aux objecteurs de croissance, toute limitation de la croissance se fait au détriment des pauvres ! C'est une vision de riches ! »... Voir la remarque adressée au crétin précédent.

* Sur internet, septembre 2006 http: //ne tmc.9online.fr/DocConip/ Doc07_03.html

Et :

- " Le "Parti Pour la Décroissance" soutient le pyromane Sarkozy durant la période de troubles dans les banlieues et l’association "Casseurs de pub" cherche à récupérer le concept de « décroissance soutenable » " par Esteban "ptitgavroche"

- " La decroissance serait réactionnaire et mystique " par Baptiste Rabourdin

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Message  gérard menvussa le Dim 26 Sep - 21:34

Je ne sais pas pourquoi, mais je trouve cet article particulièrement stupide. Pourtant il y aurait beaucoup a dire (et à critiquer) dans ce courant de la décroissance...
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Message  nico37 le Mar 26 Fév - 14:13

Première réunion des Objecteurs de Croissance les 16 et 17 mars à Lyon, à propos des élections de 2014

En cohérence avec leur plate forme de convergence de 2009, un collectif d’Objecteurs-trices de Croissance a appelé à se réunir à propos des élections (municipales et européennes) de 2014.
L’objectif est d’échanger sur les différentes manières de s’appuyer sur les élections pour rassembler l’ensemble des anticapitalistes et antiproductivistes, pour faire campagne en 2014.
Une première réunion aura lieu les samedi 16 et dimanche 17 mars à Lyon Maison de l’Ecologie 4, rue Bodin – Métro Croix Rousse.

Le week-end se déroulera selon cet ordre du jour indicatif : Accueil convivial dès samedi 11h00
Points techniques sur le fonctionnement administratif et financier de ces élections
Débat sur les différentes manières de faire campagne en 2014
Méthode pour élaborer le Projet programmatique, les outils de campagne et le plan de communication
Fin le dimanche vers 14h00

Pour vous inscrire et/ou pour plus de précisions veuillez :
- remplir le formulaire sur le site http://decroissance-elections.fr
- ou contacter decroissance-elections-coordination@lists.riseup.net.
Le Collectif Décroissance Élections

nico37

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