Iran

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ils font la bombe

Message  GGrun le Dim 6 Nov - 19:22

Iran cible de l'impérialisme pour "arme de destruction massive"
et Syrie , pareil mais pour la "vague démocratique" du monde arabe.

Je pense que ni Sarko, ni Obama veulent y aller (un n'a plus de munition, l'autre plus de crédits)

Mais Israël est toujours là.

Souhaitons que les indignés de ce pays empècherons les fous qui les gouvernent.

Inch Allah

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Re: Iran

Message  lieva le Dim 6 Nov - 19:50

oui en ce qui concerne la syrie, il semblerait que les manifestants anti régime en france se fassent ramasser la tête par les "conseillers culturels" de l'ambassade avec le soutien actif de la police. Ca dénote pour le moins une claire volonté de pas rompre les relations diplomatiques. Quand à l'iran...

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Lançons le compte à rebours 10, 9, 8, ...boom

Message  irneh09218 le Mar 8 Nov - 12:46

L'ONU avertit que l'Iran est sur le point d'obtenir la bombe atomique.

http://internacional.elpais.com/internacional/2011/11/07/actualidad/1320694291_231272.html

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Re: Iran

Message  Invité le Mar 8 Nov - 15:22

irneh09218 a écrit:L'ONU avertit que l'Iran est sur le point d'obtenir la bombe atomique.

http://internacional.elpais.com/internacional/2011/11/07/actualidad/1320694291_231272.html

Y que reviente el mundo! Que puedes tú, que puedo yo?
Ya verás como aquí aplaudirán el "fin de la dictadura de los molás" la boca llena de la palabra "democracia".
Quel diablo se los lleve a todo. De donde y como se puede evitar?
Esta crisis va servirles a los imperialistas para arreglar el mundo tal y como ellos lo desean. Ya está sirviendo y continuarán en su camino, nadie se les opone, de ninguna manera.
Cuando se hayan hecho de la Siria y del Irán, van a continuar con los chinos o los rusos.
Esta es la politica de Hitler pero a gran escala, es el huevo de la serpiente que produjo el gran monstruo.
Como se dice, "nadie escarmienta en cabeza ajena", menos aun esta gente que han vivido en privilegiados desde hace medio siglo.
Queda poco para los quejidos, el rechiñar de dientes y los llantos. Nada se puede hacer para frenarlo, tendrá que pasar.
Quién sabe después habrá algo, pero no lo veremos.

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Re: Iran

Message  Vals le Lun 26 Déc - 13:17

L'Iranienne Sakineh, condamnée à la lapidation, pourrait être pendue


LEMONDE.FR avec Reuters | 26.12.11 | 07h27




L'Iranienne Sakineh Mohammadi Ashtiani a été condamnée à mort par lapidation en 2006 pour adultère et complicité dans le meurtre de son mari. AFP/HO

La peine de mort par lapidation prononcée contre l'Iranienne Sakineh Mohammadi Ashtiani, condamnée pour adultère, pourrait être transformée en pendaison, rapporte dimanche 25 décembre l'agence de presse Isna.
Sakineh Mohammadi Ashtiani a été condamnée à la lapidation en 2006 pour adultère et à dix ans de prison pour complicité dans le meurtre de son mari. Sa condamnation à mort a été suspendue l'année dernière après la vague d'indignation soulevée par son cas dans le monde entier.

"Nous ne sommes pas pressés. (...) Nos spécialistes de la loi islamique sont en train d'examiner la condamnation d'Ashtiani pour voir si on peut transformer la peine de lapidation en pendaison", a déclaré Malek Ajdar Sharifi, chef de la justice de la province de l'Azerbaïdjan oriental, où Sakineh Mohammadi Ashtiani purge actuellement sa peine.

En vertu de la charia (loi islamique), en vigueur depuis la révolution de 1979, l'adultère est passible de la peine de mort par lapidation en Iran tandis que le meurtre, le vol et le viol sont passibles de pendaison. L'Union européenne avait qualifié l'année dernière de "barbare" la condamnation à mort par lapidation, le Vatican avait appelé à la clémence et le Brésil avait offert l'asile politique à Sakineh.

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Re: Iran

Message  Vals le Jeu 12 Jan - 19:33

Lutte Ouvrière n°2266 du 6 janvier 2012


Iran : l'horreur et la barbarie contre les femmes

En 2006, Sakineh Mohammadi Ashtiani, 44 ans et mère de deux enfants, était condamnée à mort par lapidation pour adultère et complicité dans le meurtre de son mari, crime pour lequel elle a toujours clamé son innocence.

L'année suivante la peine pour complicité de meurtre était ramenée à dix ans de prison. Restait la peine de mort par jet de pierres pour adultère, une atrocité imposée aux femmes depuis que, en 1979, les religieux se sont emparés du pouvoir.

En 2010, face aux protestations internationales, le régime iranien annonçait la suspension de son exécution mais pas son abrogation.

Aujourd'hui, celui qui se proclame chef de la justice de la province où elle est détenue annonce que, pour des raisons « techniques », la peine de mort par jet de pierres pourrait être convertie en... pendaison. Et le chef de l'autorité judiciaire d'ajouter : « Si on n'a pas les moyens d'appliquer la lapidation, on peut choisir la pendaison. »

Il faut tout faire pour que Sakineh échappe à cette barbarie, pour qu'elle soit libérée et acquittée. Et tout faire pour que les femmes se libèrent de cette inhumanité.

S.G.



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Re: Iran

Message  verié2 le Jeu 12 Jan - 21:04

Il y a moins de deux semaines environ, Amina bint Abdul Halim Ben Salem Nasser, une Saoudienne de 60 ans, a été exécutée dans la province du Jawf (nord du pays) pour avoir “pratiqué la sorcellerie”, a indiqué le ministère de l’Intérieur saoudien dans un communiqué diffusé par la SPA, l’agence de presse officielle du royaume. Elle a été accusée par la police religieuse de tromper des gens en prétendant pouvoir les guérir de leurs maladies contre de l’argent. Elle aurait ainsi facturé ses services jusqu’à 800 $ par session. Condamnée à la mort par décapitation, une peine exécutée

Rassurez vous : ce n'est pas en Iran, mais en Arabie Saoudite, pays allié des Etats occidentaux, qui leur fournit son pétrole sans discuter. Alors, personne ne mène de campagne. On ne parle même pas dans les médias de cet événement anodin.

Bien entendu, une abomination commise en Arabie Saoudite n'efface pas une autre abomination (pas encore) commise en Iran. Mais on ne peut que constater que l'indignation des bonnes âmes occidentales est à géométrie variable. De plus, à moins qu'il ne s'agisse d'un procès truqué, le cas de l'Iranienne Sakineh ne peut tout de même pas être comparé à celui de Mumia. Une femme qui assassine ou participe à l'assassinat de son mari risque de fait la peine de mort dans tous les pays où ce châtiment barbare est en vigueur, même si l'accent est mis sur le fait que ce serait l'adultère qui lui vaudrait cette condamnation.

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Re: Iran

Message  alexi le Sam 21 Avr - 18:26

Communiqué commun des organisations syndicales CFDT, CGT, FSU, Solidaires, UNSA

jeudi 19 avril 2012

Nous exigeons la libération de Réza Shahabi et de tous les syndicalistes iraniens emprisonnés

Les organisations syndicales françaises CFDT, CGT, FSU, Solidaires et UNSA dénoncent la condamnation du syndicaliste Réza Shahabi à 6 ans de prison ferme : un an pour « propagande contre le régime » et cinq ans pour « conspiration avec l’intention de porter atteinte à la sécurité nationale ».

De plus, il est condamné à reverser à l’Etat la somme de 3 000 euros provenant d’une collecte de solidarité récoltée par de nombreux travailleurs pour aider les familles des syndicalistes emprisonnés. Enfin, après avoir purgé sa peine, il lui sera interdit pendant 5 ans de s’exprimer en public ou de donner des entretiens.

Réza Shahabi est trésorier de la direction du syndicat des travailleurs de Vahed, la régie d’autobus de Téhéran et de sa banlieue. Il souffre de plusieurs problèmes de santé. Depuis plusieurs mois, celle-ci s’est aggravée suite à ses conditions de détention. Il court le risque, en l’absence de soins, de demeurer paralysé. Les médecins de la prison estiment que compte tenu de ses souffrances physiques, chaque jour passé en prison constitue pour lui une véritable torture.
Nous demandons sa libération immédiate, estimant que cette condamnation et la détention de ce militant syndical depuis 22 mois sont en violation des droits humains et syndicaux.
Outre la libération de Réza Shahabi, les organisations syndicales françaises exigent la libération immédiate de tous les syndicalistes emprisonnés, dont : Ebrahim Madadi du même syndicat de Vahed, Ali Nejati du syndicat de la sucrerie Haft-Tapeh, Behnam Ebrahim-zadeh, Ali Akhavan, Mohamad Jarahi, Shahrokh Zamani, Mehrdad Amin-Vaziri, Abdol Reza Ghanbari (enseignant condamné à mort), Rassoul Bodaghi (enseignant), etc.
A quelques semaines de la conférence de l’Organisation Internationale du Travail (OIT) à Genève, cette condamnation rend encore plus intolérable le discours lénifiant du gouvernement de Téhéran dans les instances internationales, prétendant qu’aucun travailleur ni militant ne sont emprisonnés en Iran.

Paris, le 18 avril 2012


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Re: Iran

Message  Copas le Sam 21 Avr - 20:20

Il y a eu ces dernières semaines un bon nombres de batailles ouvrières dans une série de villes. Sur les salaires, pour se faire payer des salaires non versés, métallos, ouvriers de l'industrie agro-alimentaire, dans l'automobile, etc...

La crise du capitalisme produit en Iran une désagrégation d'une partie de l'appareil industriel. L'intégration ultra-libérale toujours plus poussée du régime et de la bourgeoisie iranienne dans le capital international crée un chaos de plus en plus important. Les importations gonflent au galop.

Le destin de plus en plus divergent entre la bourgeoisie iranienne, ses hommes politiques de paille aux affaires et les théocrates crée des tensions supplémentaires.
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Un grand dossier

Message  Roseau le Mer 21 Nov - 18:35

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Re: Iran

Message  verié2 le Mar 11 Déc - 16:18

A l'attention des camarades mal informés qui pensent qu'on ne peut pas être à la fois féministe et religieuse musulmane, voici le cas de Nasrine Sotoudeh. Elle est actuellement emprisonnée à Evin en Iran. Il y a un article sur elle dans Le Monde daté de demain mercredi, mais cet extrait vient du Collectif pour un Iran libre et démocratique. http://iranlibredemocratique.blogspot.fr/2010/11/le-travail-le-plus-dangereux-en-iran.html

Nationaliste et Croyante

Nasrine Sotoudeh Langroudi est née en 1963 à Téhéran dans une famille de classe moyenne ; elle a une sœur et deux frères. Son père était homme d’affaires et sa mère femme au foyer. Ses parents, surtout sa mère, étaient très croyants. Nasrine a donc été élevée dans la foi. Elle a dit que, bien que sa mère ait été très croyante et n’ait pas reçu beaucoup d’éducation, elle a permis à ses enfants d’explorer la religion par eux-mêmes et de se faire leurs propres idées. Nasrine a beaucoup été influencée par l’exemple de sa mère et se considère toujours comme une femme croyante.

Après son baccalauréat, Nasrine réussit le concours national d’entrée à l’université et a intégré l’université Shahid Béhesti de Téhéran. Elle a obtenu un master en droit international en 1989. Lors de ses études, elle a été influencée par le travail de la Coalition Nationaliste-Religieuse (NRC), un groupe opposé aux durs du régime. Le NRC est composé de plusieurs groupes islamiques de gauche qui se sont opposés au shah. Plusieurs personnalités de ce groupe ont fait partie du gouvernement provisoire révolutionnaire du premier ministre Mehdi Bazargan (1907-1995) formé après le renversement du régime du shah. Quand les étudiants islamiques de gauche ont envahi l’ambassade des Etats-Unis à Téhéran le 4 novembre 1979, Bazargan et son gouvernement démissionnèrent et le NRC rejoignit l’opposition. Le groupe est actuellement dirigé par des personnalités politiques connues de longue date comme Ezatollah Sahabi et le Docteur Habibollah Payman. Ce dernier, dentiste, a été le fondateur de Jonbesh-e Mosalmaanaan-e Mobaarez (Mouvement des Musulmans Militants), un groupe islamique de gauche anti-impérialiste actif de 1977 à 1981. Il a arrêté toute activité pour protéger ses membres et ses sympathisants des poursuites judiciaires et des exécutions des années 80 mais a repris ses activités politiques dans les années 90.

A partir de 1991, Nasrine et d’autres amis partageant ses idées nationalistes et religieuses, ont commencé à publier Daricheh Goftegoo (La Petite Porte de la Conversation) un mensuel qui est rapidement devenu très populaire. Elle était la seule femme des huit membres du comité de rédaction. Des laïcs de gauche participaient également à Daricheh Goftegoo. Les deux groupes étaient liés par leur opposition commune aux durs du régime et aux réactionnaires. Nasrine était chargée de l’évolution sociale. A mesure que sa popularité augmentait, le magazine a commencé à se pencher sur des sujets jusque là tabou en république islamique et à souligner les aspects réellement iraniens des vies de ceux qu’il interviewait ou étudiait, comme Bazargan et Payman, plutôt que les seuls aspects religieux qui avaient les faveurs du régime.

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Message  Copas le Mer 8 Mai - 23:47



Des centaines de travailleurs manifestent à Sanandaj Malgré les mesures des forces de répression et les arrestations de militants ouvriers, une manifestation a été organisée à l’occasion du 1er Mai, journée internationale des travailleurs, au centre de Sanandaj (Kurdistan d’Iran) .../...

Selon un rapport du Comité du Kurdistan du Parti Communiste-Ouvrier d’Iran, des militants ouvriers se sont rassemblés et ont déployé des banderoles rouges avec des slogans comme "travailleurs du monde entier, unissons-nous", "libérez les travailleurs emprisonnés" ou"libérez les prisonniers politiques". De nombreux passants se sont joints au cortège.



Le site la révolution en Iran : http://iranenlutte.wordpress.com/

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Re: Iran

Message  Toussaint le Jeu 9 Mai - 3:55

Très bon site, merci, Copas.
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Re: Iran

Message  Copas le Jeu 9 Mai - 12:51

Toussaint a écrit:Très bon site, merci, Copas.

Issu du courant du mouvement ouvrier nommé communisme-ouvrier qui s'est développé autour de leur dirigeant le plus fécond Mansoor Hekmat . http://www.marxists.org/francais/hekmat/index.htm

Ce courant lentement progresse dans le monde en dehors de sa sphère de départ Irak/Iran (notamment par les diasporas de ces deux pays dans le monde).

Beaucoup de choses à récupérer.
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Re: Iran

Message  Copas le Sam 11 Mai - 11:31

http://blog-citoyen.over-blog.fr/article-iran-la-revolte-des-travailleurs-117578826.html
Iran : la révolte des travailleurs

Le mouvement ouvrier iranien a une longue histoire derrière lui. Les ouvriers du pétrole, par exemple, ont joué un rôle non négligeable dans la chute du Shah en 1979. Les travailleurs engrangèrent ensuite des acquis avec le nouveau régime, comme la semaine de 40 h et la création d’un droit à l’allocation logement. Mais la guerre entre l’Iran et l’Irak entre 1980 et 1988 fit obstacle au développement de l’action syndicale, tandis que les partis de gauche qui avaient pris part à la révolution étaient démantelés, avec l’exécution de près de 30.000 opposants.


A la fin de la guerre, le gouvernement Rafsanjani inaugure le virage libéral du pays. Les importations ont mis à mal l’industrie locale, tandis que les programmes de privatisations ont profité aux membres du pouvoir et à leurs proches, sur fond de développement de la corruption. La politique libérale est poursuivie par les gouvernements qui se sont succédés ; Ahmadinéjad accélère la privatisation et s’attaque aux subventions des produits de première nécessité (essence, gaz, électricité, eau et aliments de base).
Répression et persistance des luttes

Le pouvoir favorise l’instauration de « Conseils islamiques du Travail » et de « Maisons des travailleurs », en lieu et place des syndicats qui n’ont plus droit de cité, même si leur création reste théoriquement possible selon la constitution. Le mouvement ouvrier est également affaibli par l’instauration de la précarité : les travailleurs sont embauchés sous des contrats temporaires, souvent par des entreprises de main-d’œuvre qui servent d’intermédiaire avec l’employeur réel.


Malgré une féroce répression, des syndicats indépendants font leur apparition pour répondre aux besoins des travailleurs de se défendre. Les leaders syndicaux sont emprisonnés, quelquefois libérés sous la pression internationale, suite aux campagnes de solidarité menés par le mouvement syndical international. C’est notamment le cas de Mansour Onsanlo, du syndicat des autobus de Téhéran (VAHED).


Plusieurs syndicalistes sont actuellement incarcérés, condamnés à de longues peines : Pedram Nasrollahi, Shahrokh Zamani, Reza Shahabi, Mohammad Jarahi, Behnam Ebrahimzadeh, Rasoul Bodaghi, Abdolreza Ghanbari, ce dernier étant passible de la peine de mort. Ces militants subissent mauvais traitements et tortures.


Récemment, des boulangers de la ville kurde de Sanandaj ont été arrêtés, pour avoir tenté d’organiser leurs collègues de travail. Plus couramment, les travailleurs qui tentent de porter des revendications collectives auprès de l’employeur sont purement et simplement licenciés.


Mais cette répression brutale n’a jamais suffi à étouffer totalement les efforts des travailleurs pour améliorer leur sort. A « Saaveh Rolled Tubes and Profile finally », une usine de composants métallurgiques, les travailleurs sont en lutte pour l’amélioration de leurs conditions de travail. Cette usine produit essentiellement pour l’exportation, se fait payer en devises fortes, et paye à ses ouvriers des salaires de misère. L’entreprise, qui fait des profits considérables, a ouvert de nouvelles usines en Iran, mais aussi en Grande-Bretagne et en Allemagne. En 1996, les travailleurs commencent à dénoncer leurs conditions de travail, responsables d’accidents du travail et de maladies professionnelles mortels. Une assemblée du personnel demande des améliorations techniques et de sécurité, ainsi que le droit d’avoir leur propre organisation. Douze représentants sont élus pour négocier ces revendications avec les propriétaires : ils sont licenciés dès le lendemain. Nouvelle tentative en 2006, après des mois de lutte, une pétition signée du personnel sur les mêmes revendications : les protestataires sont également licenciés immédiatement. Pour autant le combat n'est pas abandonné, mais déplacé sur un autre terrain : en octobre 2012, ils obtiennent des autorités qu’elles classent les 23 énormes ateliers de « Saaveh Rolled Tubes and Profile finally » dans la catégorie des établissements dangereux. Ce n’est qu’une étape dans la lutte, car l’employeur use de tous les moyens pour ne pas procéder aux aménagements nécessaires, et les travailleurs devront encore maintenir la pression pour parvenir à des résultats concrets.


Dans la pétrochimie, les salariés ont mené en octobre une grève d’avertissement pour obtenir la concrétisation des promesses qui leur ont été faites : la suppression des intermédiaires et des entreprises de main-d’œuvre « parasites ». En novembre, Bandar Imam Petrochemical Complex accepte la revendication des travailleurs de se passer d’intermédiaires et de signer des contrats directement avec les travailleurs.


Fin avril, la police intervient pour débloquer l’entrée d’une usine de cuivre : les salariés entendent protester contre le non respect des promesses qui leur sont faites, à savoir l’embauche directe et pérenne des travailleurs sous contrat précaire. Dix-huit mois plus tard rien n’a bougé. La lutte continue désormais à l’intérieur de l’usine.


Les coupeurs de canne saisonniers sont également dans une bataille de longue durée pour la reconnaissance de leurs droits. En octobre, 2000 coupeurs se mettent en grève, faisant suite à d’autres actions menées au cours de l’année, pour protester contre la faiblesse de leur salaire et le retrait de leur assurance retraite, et exiger la prise en compte de leur métier dans la classification nationale du travail, et. La revendication de la retraite est d’ailleurs commune à l’ensemble des 12.000 salariés de « Karoon Industrial Agriculture », de la région du Khouzistan, et de bien des travailleurs en Iran !


Signe de la crainte du pouvoir : depuis 2007 le pouvoir n’a plus autorisé aucun défilé pour le premier mai.
L’explosion du chômage et des arriérés de salaire

L’économie iranienne est prise en étau entre l’extraversion de son économie et les sanctions dont elle fait l’objet par la communauté internationale. L’inflation monte dangereusement depuis plusieurs mois.


Les salariés sont confrontés à des baisses de salaires et à des licenciements. Selon une étude du centre de recherche du parlement iranien, la production des entreprises a décru de 40% et l’emploi a diminué de 36%, tandis que le coût des matières premières a augmenté considérablement.­­ Les impayés de salaires explosent actuellement en Iran, déclenchant la colère des travailleurs qui n’ont plus désormais rien à perdre. L’Etat se révèle aussi mauvais payeur que le privé. Tous les secteurs et toutes les régions sont concernés. Les centres industriels, comme celui de Kaveh à proximité de Téhéran, sont sérieusement affectés.


Dix- huit mois de retard pour les ouvriers de l’usine à sucre d’Ahwaz, qui vient d’arrêter la production et de licencier ses ouvriers, à l’exception des techniciens de maintenance. Cette usine appartient à une banque, et pour l’instant personne ne se soucie des 500 salariés de l’usine, pas plus que de l’avenir des 2000 emplois induits. Absence de salaires également depuis 28 mois à l’usine textile de Mazanadaran : les salariés mettent en cause une « privatisation incontrôlée ». Les situations de salaires impayés se multiplient dans toute l’industrie manufacturière, le secteur de la métallurgie n’est pas épargné.


Des arriérés de salaires provoquant des arrêts de travail et des manifestations sont signalés l’agriculture et l’agro-alimentaire.


Les impayés provoquent l’arrêt des chantiers de travaux publics, en autre de construction de barrages, à Azad dans le Kurdistan, à Banir dans le Marivan, à Derek.
Les travailleurs afghans pris en otages

De nombreux afghans se sont établis en Iran, soit pour trouver un travail, soit pour fuir la guerre. Ils seraient 2,4 millions à occuper dans ce pays les postes les plus précaires et les plus dangereux. Certains sont arrivés illégalement, en payant de fortes sommes à des passeurs qui les aident à traverser la frontière.


Mais du fait de l’influence américaine en Afghanistan, de la rivalité régionale des deux pays, et du délabrement de l’économie iranienne, ces migrants ne sont plus vus d’un bon œil par le pouvoir qui n’hésite pas à en faire une monnaie d’échange. En mai 2012, l’Iran a menacé l’Afghanistan d’expulser tous ses ressortissants présents sur son territoire si ce pays signait un pacte de sécurité stratégique avec les Etats-Unis.


En attendant, tous les Afghans sans papier sont en voie d’expulsion ; selon l’agence de l’ONU qui les assiste à leur retour en Afghanistan, ils seraient près de 200.000 à être rentrés dans leur pays d’origine contraints et forcés. Sur les chantiers de construction où ils étaient employés en Iran, il arrivait qu’ils soient payés en opium ; certains en sont devenus dépendants, d’autres se livrent au trafic de drogue une fois rentrés au pays.


En Iran, les afghans doivent faire face à de nombreuses restrictions : ils ne peuvent résider que dans certaines provinces (12 sur 31), certains métiers leur sont interdits.


Par ailleurs, le gouvernement iranien a décidé de mettre fin au statut de réfugiés pour 700.000 afghans à l’horizon de mars 2015.
la résistance s’organise

En 2004 se crée le «Comité de coordination pour aider à la création d’organisations ouvrières » à partir de syndicats actifs engagés dans des luttes, comme le syndicat des autobus de Téhéran ou le syndicat de la sucrerie Haft-Tappeh. En 2012, ce comité dénonce des projets visant à réduire la protection sociale : recul de 5 ans de l’âge de départ à la retraite, augmentation des cotisations salariales, et d’autres mesures qui n’ont pas encore filtré de l’opacité où ces plans s’élaborent. Le Comité alerte les travailleurs et les appelle à se mobiliser.


Durant le deuxième semestre 2012, une pétition demandant une augmentation immédiate des salaires pour faire face à l’inflation et la suppression des articles régressifs de la nouvelle loi sur le travail recueille 30.000 signatures. Les organisateurs de la pétition ont organisé un sit-in aux abords du parlement. Ils ont pu être reçus par le président de la commission des affaires économiques du parlement pour discuter de la situation désastreuse à laquelle les travailleurs doivent faire face.


Cette détermination semble porter ses fruits. Le 24 avril, la plainte déposée par les travailleurs relative au salaire minimum fixé par le ministre du travail a été reçue par la Cour suprême d’administration (l’équivalent de notre conseil d’Etat). Les travailleurs font valoir que le salaire minimum doit être fixé en fonction de l’inflation, or celle-ci est de 30% selon la Banque centrale iranienne, alors que l’augmentation prévue pour le salaire minimum n’est que de 25%. Cette revendication est d’autant plus sensible que pour les travailleurs le taux réel de l’inflation est bien supérieur à celui fixé par la Banque centrale. Pour la soutenir, cent conseillers municipaux ont lancé une pétition demandant au gouvernement de reconnaître les légitimes revendications des travailleurs.


Une campagne très active à l’encontre du projet de loi sur le droit du travail, très défavorable aux travailleurs, a été menée tambour battant par des militants et les syndicats les pus actifs. Le texte a été décortiqué et sa nocivité démontrée, et l’opinion publique est convaincue de la dangerosité de ce projet. Le parlement iranien en a tenu compte en rejetant ce texte en l’état. C’est déjà une victoire ! Mais ce n’est qu’une étape du combat : ce texte est destiné à être représenté au parlement après que le ministre du travail lui ait apporté des modifications. Les militants iraniens sont vigilants et de nouvelles mobilisations sont à prévoir.



♦♦♦




Le mouvement ouvrier iranien est fort de son histoire –une centrale syndicale s’est constitué dès 1917-, avec une longue habitude de la clandestinité et de la répression. Les militants syndicaux font preuve d’une infinie détermination et savent remettre sur le tapis des revendications que le pouvoir patronal et l’Etat tentent de balayer définitivement, sous les coups d’une répression qui ne fait pas dans la demi-mesure.


Celle-ci est toujours aussi redoutable, mais face à la situation économique de l’Iran, elle peut de moins en moins fonctionner comme le couvercle qui étouffe de façon efficace la colère populaire. La révolte devient plus forte que la peur. Les salariés qui sont sans salaires depuis de longs mois, voire des années, ne se posent plus la question de perdre un emploi qui ne les nourrit plus depuis longtemps. Quand dans une entreprise, un militant appelle à la rébellion, il trouve en face de lui un écho immédiat ; dans des entreprises, ses collègues empêchent les vigiles d’intervenir ; dans d’autres ce sont ces mêmes vigiles qui s’empressent de laisser faire. Le sentiment de ne plus avoir rien à perdre renforce les luttes, qui finissent par marquer des points. Dans les entreprises, des gains –toujours à défendre-, comme la remise en cause des intermédiaires entre le travailleur et l’entreprise utilisatrice de son travail, sont des avancées particulièrement significatives, même si elles ne sont actuellement le fait que de quelques entreprises. Dans le rapport avec le pouvoir politique, quelque chose semble bouger également, même si le rapport de forces reste fragile.


Il convient d’être attentif à ce qui se passe en Iran, grand pays de 78 millions d’habitants, pris dans des enjeux économiques et géopolitiques cruciaux : l’irruption d’une classe ouvrière en voie d’organisation peut changer la donne.
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Message  Copas le Sam 8 Juin - 22:23

Les funérailles d'un ayatollah, l'ayatollah Taheri, un religieux proche du mouvement "réformiste" iranien, s’est soudainement transformé en manifestation politique, avec des participants scandant des slogans anti-régime qui n'avaient pas été entendus depuis le Mouvement vert de 2009.

Les funérailles ont eu lieu à Ispahan le 4 juin et ont drainé une très grosse foule protestataire
Les slogans énoncés "A mort le dictateur !", "Libérez les prisonniers politiques ! ", "Dictateurs ! dictateurs! nous ne vous laisserons jamais en paix !"



"Libérez les prisonniers politiques ! "


"Dictateurs ! dictateurs! nous ne vous laisserons pas en paix !"


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Re: Iran

Message  Toussaint le Dim 9 Juin - 4:43

La question en Iran reste désespérément la même, celle de l'indépendance du mouvement ouvrier. L'ayatollah Tahéri, ce n'était pas, même pas, l'ayatollah Taleghani. C'était un type de droite, réformiste, si on veut, mais bourgeois de droite. Certes, il faut utiliser tous les espaces, et il faut utiliser ce genre d'occasion, mais cela montre encore l'impasse politique. Le mouvement de 2009 n'avait aucune perspective et n'était pas une alternative au régime. D'ailleurs ses dirigeants se sont couchés au bout du compte devant le régime, en partie parce que c'est le leur.

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Re: Iran

Message  Copas le Dim 9 Juin - 8:48

Toussaint a écrit:La question en Iran reste désespérément la même, celle de l'indépendance du mouvement ouvrier. L'ayatollah Tahéri, ce n'était pas, même pas, l'ayatollah Taleghani. C'était un type de droite, réformiste, si on veut, mais bourgeois de droite. Certes, il faut utiliser tous les espaces, et il faut utiliser ce genre d'occasion, mais cela montre encore l'impasse politique. Le mouvement de 2009 n'avait aucune perspective et n'était pas une alternative au régime. D'ailleurs ses dirigeants se sont couchés au bout du compte devant le régime, en partie parce que c'est le leur.


Ce qu'on peut voir est l'usure du régime qui ne tient plus que par la violence la plus grande contre le peuple, qui ne tient plus que par son appareil policier pléthorique et grace aux menaces de l'impérialisme.

L'utilisation de toutes occasions pour manifester et protester très massivement exprime bien une situation qui demeure explosive depuis la période de soulèvement de 2009. C'est bien d'ailleurs un des traits caractéristique que cette situation où la colère populaire profite du moindre interstice. En étant tempérée evidemment par la répression toute fraiche du soulèvement massif de 2009 à 2011.

Les rapports de force entre les classes ont été complètement bouleversés depuis l'époque du renversement des Pahlavis. La base sociale du régime est décomposée, la paysannerie et la petite bourgeoisie en chute libre , le "bazar" au rang de marchés populaires mais sans plus d'expression d'une puissance réelle, d'ailleurs depuis 2009 une série de grèves générales du bazar ont eu lieu donnant symbole d'une bascule dans l'opposition mais ne jouant plus trop dans le rapport de force de fond .

Les clans bourgeois et corrompus, l'appareil théocratique, l'appareil des milices sont profondément imbriqués, secoués de fractures et de contradictions , et assis sur le volcan en se demandant comment trouver des portes de sortie. Il y a eu des grèves ouvrières à chaque occasion possible, durement réprimées, et les braises sont dessous et vont ressortir à la plus petite faiblesse du régime, à la moindre occasion.

La bourgeoisie avec ses intérets croisés internationaux est montée en gamme dans l'appareil politique sans pour autant trouver de porte de sortie sur un commandement politique de l'état ne correspondant plus à l'essor des forces productives dans ce pays.

Importance du prolétariat urbain (80% de la main d’œuvre), chute de la main d’œuvre agricole (18-20%) hausse énorme des niveaux de scolarisation (avec un bon niveau pour les jeunes femmes), nombre d'enfants par femme inférieur à celui de la France (1.60/1.70), bref, tout est en place pour que les tensions persistent. Sans parler de l'importance des échanges extérieurs qui pèsent très lourd dans l'économie iranienne et des investissements directs étrangers qui sont en hausse constante.

La tentative de soulever le couvercle de 2009-2010, réactivée un peu en 2011 avec les révolutions arabes, indique une situation devenue compliquée pour le régime et sanctionne la baisse de sa base sociale. Le régime n'a tenu en place lors de ce dernier épisode que du bout des ongles et ses bassijis, massivement épaulant les forces anti-émeutes


Les menaces de l'impérialisme et du sionisme permettent au régime de s’agglomérer et tenir en place, mais si quelque chose a bouleversé le pays c'est bien la crise économique internationale qui a durement frappé l'Iran. Il est difficile de prévoir si cet impact en termes de chômage, de salaires baissés, voir non versés, aura des conséquences poussant au soulèvement ou bien à la désespérance et à la résignation.

Je pense que le type de commandement de la bourgeoisie ne correspond plus en Iran à l'essor des forces productives et que donc les frottements qui sont apparus entre differentes factions théocratiques et bourgeoises vont s'accentuer, et vont libérer à un moment des espaces aux masses populaires.

L'alternative est une décomposition politique et sociale de la société iranienne .

Pour le mouvement ouvrier, celui-ci, et tu es mieux placé que moi pour le savoir, a une longue tradition d’existence sous les répressions. Il n'est jamais loin sous la surface.


Voir l'article là sur BC http://bellaciao.org/fr/spip.php?article135311
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Re: Iran

Message  Toussaint le Mar 11 Juin - 18:24

Je suis d'accord avec ce que tu présentes, et avec les dynamiques. Mais en revanche, il n'y a pas émergence d'une indépendance politique du mouvement ouvrier iranien. Il existe, sous la surface et à la surface, mais il existe comme mouvement social, pas comme une force indépendante de tout parti ou courant bourgeois. Le ralliement du Parti Toudeh à Khomeiny n'a pas empêché sa quasi-disparition et c'était de très loin le grand parti ouvrier (stal, et aligné sur les soviétiques, mais le seul gros parti ouvrier). A ce jour il n'est pas remplacé, et ne parlons pas des Modjahedin'e khalq... ce n'est plus un courant ouvrier.
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Message  Copas le Mar 11 Juin - 19:16

Il existe des forces petites politiques communistes mais existantes, de toute façon bien mieux placées au départ qu'en Syrie, en Égypte, en Libye et peut-être même en Tunisie au départ des soulèvements concernés.

Je penche pour un risque d'explosion incontrôlable si un interstice utilisable par les masses se produit à nouveau.

A nouveau lors de réunions électorales du candidat le moins pourri il y a des milliers de personnes qui se sont glissées pour demander la libération des prisonniers politiques. Ce type d’événement est impossible sans qu'il y ait dessous une grosse pression. Hors quand on regarde les forces d'opposition en présence, aucune ne contrôle quoique ce soit. Il n'y a pas là de frères musulmans en roues de secours, les agents ou nostalgiques des pahlavis n'ont pas apparemment de grande puissance, ...

La question de la sortie risque d'être explosive et longue.

L'équilibre qui existait avant ne semble plus correspondre plus à l'état des forces productives de ce pays, aux intérets de la bourgeoisie de ce pays, aux intérets du prolétariat de ce pays.

A ce titre l'impérialisme US et le sionisme sont une bénédiction pour la faction du régime qui dirige actuellement.

Enfin, on verra.
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Message  yannalan le Mar 11 Juin - 19:48

Les frères musulmans n'ont aucune chance d'avori une influence quelconque en-dehors peut-être du Baloutchistan et encore...

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Message  Copas le Mar 11 Juin - 20:01

yannalan a écrit:Les frères musulmans n'ont aucune chance d'avori une influence quelconque en-dehors peut-être du Baloutchistan et encore...

C'est l'absence de ce type de mouvement que je pointais, des frères musulmans c'est impossible en Iran pour plusieurs raisons.
Ce que je veux dire par là c'est que je ne vois pas de force structurée religieuse de masse nettement opposée au régime. Malgré les luttes de clan internes à la hiérarchie religieuse.
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Message  yannalan le Mar 11 Juin - 20:08

Oh, je pense qu'il y a des clans religieux plus modérés, mais je ne connais pas assez pour m'avancer.

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Message  Copas le Mar 11 Juin - 21:05

yannalan a écrit:Oh, je pense qu'il y a des clans religieux plus modérés, mais je ne connais pas assez pour m'avancer.

Oui ça existe.
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Message  Toussaint le Mar 11 Juin - 22:05

Il existe des forces petites politiques communistes mais existantes, de toute façon bien mieux placées au départ qu'en Syrie, en Égypte, en Libye et peut-être même en Tunisie au départ des soulèvements concernés.

Je penche pour un risque d'explosion incontrôlable si un interstice utilisable par les masses se produit à nouveau.

A nouveau lors de réunions électorales du candidat le moins pourri il y a des milliers de personnes qui se sont glissées pour demander la libération des prisonniers politiques. Ce type d’événement est impossible sans qu'il y ait dessous une grosse pression. Hors quand on regarde les forces d'opposition en présence, aucune ne contrôle quoique ce soit. Il n'y a pas là de frères musulmans en roues de secours, les agents ou nostalgiques des pahlavis n'ont pas apparemment de grande puissance, ...

La question de la sortie risque d'être explosive et longue.

L'équilibre qui existait avant ne semble plus correspondre plus à l'état des forces productives de ce pays, aux intérets de la bourgeoisie de ce pays, aux intérets du prolétariat de ce pays.

A ce titre l'impérialisme US et le sionisme sont une bénédiction pour la faction du régime qui dirige actuellement.

Enfin, on verra.

Exactement.

Mais je ne sais pas ce que sont des partis religieux modérés... Very Happy Les Frères en Iran seraient une curiosité. Ils considèrent le chiisme comme une hérésie, et les religieux iraniens les voient de la même façon. Il y a non seulement des religieux en désaccord avec le régime, mais ce dernier a dès le début mené une campagne permanente de répression et d'isolement des religieux critiques. La critique la plus fondamentale qui est assez répandue à Qom, c'est l'essence même du régime, l'institution du "Guide Suprême" et la nature "islamiste" de l'état. C'est en fait une sacrée modification de la doctrine chiite, et elle fait craindre aux religieux critiques deux choses, l'identification de l'islam chiite à un état largement corrompu, une société injuste, fonctionnant aux antipodes du chiisme étant la principale. La seconde est la crainte de la corruption fondamentale du clergé chiite, qui le menace dans sa capacité à préparer les conditions du retour du Douzième Imam, et risque de le placer en porte à faux lorsque le peuple se lancera à l'assaut de cette société et cet état, voire de causer sa perte. Il y a des religieux et des militants religieux qui soutiennent les grèves, les revendications et les manifestations contre le régime. Il en a été ainsi à travers toute l'histoire de l'Iran moderne.

Et ce n'est pas pour rien dans la difficulté de faire émerger une organisation politique indépendante réellement. Difficile de se passer de l'aide (locaux, collectes notamment) lorsqu'on en a tellement besoin... Evidemment il ne s'agit pas de mesurer son indépendance par rapport à sa propagande contre la foi religieuse. La réalité iranienne décourage à l'avance ce genre d'âneries. Mais le Toudeh a fait énormément de mal lorsqu'ils se sont ralliés à Khomeiny au point de voiler leurs militantes et de faire systématiquement allégeance à "l'imam Khomeiny", "la ligne de l'imam" dans leurs discours. Lorsque le régime leur est tombé dessus à la fin des années 80, ils n'ont pas tenu. Leurs dirigeants ont défilé à la télé pour "confesser" leurs turpitudes, dans la grande tradition de ce que faisaient le Shah et les régimes staliniens. La répression a été sanglante contre les organisations ouvrières, et elles ne s'en sont jamais remises. Pas seulement physiquement. La défaite a été politique, totale. On avait connu dans le passé ce genre de choses à la fin de la guerre de 40 (déjà avec le Toudeh), mais là, ce fut à l'issue de la révolution, dans un régime qu'ils avaient soutenu dans sa forme même. La RI a réussi ce que le Shah n'avait pas pu obtenir.

Maintenant, en effet tout le monde n'est pas mort, et les gens sont toujours là, des structures plus ou moins actives, plus ou moins en relation, existent. Des syndicats existent, des luttes sont menées. La société est active, et pas endormie comme on l'imagine parfois en Occident. C'est exactement comme le dit Copas, en tout cas, c'est ce que je peux savoir. Mais si l'on parle de construction d'organisations révolutionnaires, sans même parler d'une direction potentielle révolutionnaire, on est très loin. Et un des problèmes est que beaucoup de gens le voient, le savent, à commencer par le régime. L'Iran est aussi un pays qui a connu une révolution, une vraie, avec destruction violente de l'appareil d'état, mais où la classe ouvrière n'a pas été capable de s'affranchir de la tutelle politique de la bourgeoisie. Même si les termes feraient débat, ce fait est largement connu en Iran, et ce n'est pas la première fois, qui plus est. Cela n'aide pas à retisser les fils et à construire une alternative politique aux mollahs. Même un hezb'é kargar (parti des travailleurs). Mais on verra, en effet, on verra.
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