Le point sur les révolutions dans les pays arabes

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Message  Copas le Jeu 26 Déc - 21:58

Egypte
L'usure du nouveau régime contrôlé par les militaires semble très rapide.
Le gouvernement Morsi avait mis un an pour s'user à un point suscitant une insurrection civile, une pétition et une manifestation historique car aucun des problèmes fondamentaux n'était résolu.

Là les militaires, qui sont revenus dans le jeu à l'occasion de la mobilisation populaire historique du 30 Juin 2013, s'usent à grande vitesse. Le nouveau régime qui a compris le phénomène en cours réponds par l’accélération de la répression contre tout ce qui permet organisation de la classe ouvrière au sens large du terme, classe qui a été en première ligne des manifestations de masse tout au cours de 2013.
Il menace dés maintenant d'emprisonnement toute personne qui appellerait à voter non au prochain référendum sur la constitution ( http://egyptianchronicles.blogspot.fr/2013/12/egyconstitution-noas-answer-is-not.html ), à Damiette une personne a été arrêtée pour l'impression de flyers non à la constitution .

La période actuelle est délicate et doit susciter toute notre solidarité aux révolutionnaires, organisations du mouvement ouvrier, associations de soutien aux travailleurs, mouvements de jeunesse.

Ce moment est délicat car le régime frappe au moment où sa popularité s'use à grande vitesse mais bénéficie encore d'une certaine popularité, où de grandes luttes ouvrières marquent de leur empreinte l'affrontement mais n'ont pas encore prises toute leur amplitude.

Moustapha Al-Naggar du journal Al-Shourouk a détaillé le 22 novembre l'usure rapide du régime en décortiquant les sondages opérés en Égypte.
Résumé de l'article qui a plus d'1 mois déjà) là : http://www.courrierinternational.com/article/2013/12/26/le-nouveau-pouvoir-de-moins-en-moins-populaire

On retiendra :
La confiance en l’institution militaire est passée de 93 % en juin à 70 % en Novembre 2013, le président par intérim Adli Mansour n’obtient que 39 % d’avis favorables. C’est [le ministre de la Défense et véritable homme fort] Abdelfattah Al-Sissi qui arrive en tête… avec seulement 46 %. [C’est à peine plus que] les 44 % de confiance qu’obtient toujours Mohamed Morsi.

Du côté des forces politiques, les Frères musulmans sont en hausse, à 34 %, alors qu’ils étaient tombés à 24 % en juillet.
L’autre grande formation islamiste, le parti Al-Nour [qui a soutenu l’intervention de l’armée], n’obtient plus que 10 %.
Le Front du salut national [une alliance entre forces prorévolutionnaires, de gauche et promilitaires ne recueille plus que 13 %
Le mouvement Tamarrod obtient 35 % d'avis favorables.

Le résultat le plus saillant est que trois mois après la destitution de Morsi, 51 % des Egyptiens pensent qu’à la lumière des conséquences cela n’a pas été la bonne décision ; 35 % estiment que l’Egypte va mieux depuis lors, tandis que 46 % pensent le contraire.

L’évolution des soutiens au régime

- Le mouvement Tamarod retire son soutien à la candidature d’el-Sissi à la présidentielle. Le porte-parole du mouvement Tamaord Hassan Chahine a déclaré que le mouvement avait décidé de ne pas soutenir la candidature du ministre de la Défense Abdel Fatah el-Sissi aux élections présidentielles.

- par contre, des appels à financer le régime arrivent des USA, d’Israël, de l'UE,..., des organismes internationaux appellent à supprimer les produits subventionnés. Obéissant, le 1er ministre Hazem el-Beblaoui a indiqué vouloir réduire la subvention aux carburants de 25 % à 8 ou 10%. Et par contre transpire beaucoup sur la question très populaire d'appliquer un salaire maximum.
- des dirigeants de la bourgeoisie appellent à soutenir le régime

- Pour résumer, l'usure du régime est rapide et la bourgeoisie sert les rangs autour

Autres éléments de compréhension sur la poursuite de la crise sociale et politique :

- Les taux de pauvreté et de chômage sont respectivement 26,3% et 13,4% (d'après le ministre du Plan)
http://www.bonjouregypte.com/ArticleDetails.aspx?ArticleID=65667
- 80% des jeunes chômeurs possèdent des diplômes d'enseignement supérieur (d'après Abu Bakr El-Guindi, responsable de
l'Agence Centrale pour la Mobilisation générale et les Statistiques)
http://www.bonjouregypte.com/ArticleDetails.aspx?ArticleID=65490
- Mais 20 millions d’analphabètes en Egypte dont 36% de femmes
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Message  Roseau le Lun 20 Jan - 17:33

Egypte, Syrie: le feu de la révolution brûle toujours
http://alencontre.org/moyenorient/egypte/egypte-syrie-le-feu-de-la-revolution-brule-toujours.html
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Le point sur les révolutions dans les pays arabes - Page 11 Empty Soutenir la gauche dans la région arabe

Message  Roseau le Sam 1 Fév - 4:14

par solidaritéS

Le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord ont connu de grands bouleversements politiques et sociaux depuis la fin de l’année 2010, avec le début de la révolution tunisienne et des soulèvements populaires dans plusieurs pays de la région. Ces événements ont eu un impact international profond, inspirant celles et ceux qui luttent dans le monde entier pour une « démocratie réelle » et contre un ordre social injuste.

Près de trois ans plus tard, les médias occidentaux ne cessent de réitérer le même credo : le rêve a fait place au cauchemar. Après le « printemps arabe », voici l’« hiver islamiste ». Qu’ils soient enchantés par l’orientalisme ou dramatisés par l’islamophobie, ces qualificatifs simplistes sont pourtant rejetés par les ac­teurs·trices des processus en cours?; en effet, ils sont loin de saisir la dynamique et les enjeux de mouvements sociaux qui n’ont pas dit leur dernier mot.

Les récents évènements en Egypte, en Tunisie et en Syrie ont poussé les commentateurs à évoquer des oppositions simplistes entre modernistes et traditionnalistes, libéraux et conservateurs, laïcs et islamistes… Pourtant, ces lectures réductrices ne permettent pas de comprendre les raisons des mobilisations et des processus révolutionnaires qui secouent toute la région et conduisent à en dissimuler les enjeux de classe : misère, sous-emploi, répression des luttes sociales…

solidaritéS défend les acteurs et actrices d’une voie indépendante de gauche, qui renvoie dos à dos le libéralisme et l’islam politique, promoteurs tous les deux d’un programme économique, social et politique régressif, soumis aux injonctions du FMI et des grandes puissances impérialistes. Celle voie de gauche s’emploie aujourd’hui à regrouper les forces politiques et sociales qui défendent la réalisation des objectifs des révolutions populaires: libertés démocratiques et justice sociale.
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Le point sur les révolutions dans les pays arabes - Page 11 Empty Les pétromonarchies contre-révolutionnaires...

Message  Roseau le Sam 1 Fév - 4:18

face aux soulèvements populaires de la région arabe

http://www.solidarites.ch/journal/d/cahier/6273
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Le point sur les révolutions dans les pays arabes - Page 11 Empty Que reste-t-il du Printemps arabe?

Message  Roseau le Mar 11 Fév - 7:22

par Gilbert Achcar
http://alencontre.org/moyenorient/que-reste-t-il-du-printemps-arabe.html
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Message  Copas le Sam 15 Fév - 23:06


Bahrain, 3eme anniversaire du début du soulèvement

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Le 3eme anniversaire du soulèvement a donné lieu à de puissantes démonstrations populaires contre le régime et a des affrontements entre la jeunesse et une police agrémentée de supplétifs militaires du régime saoudien.
Rien n'est réglé de la crise politique du Bahrain et le régime ne peut vaincre sans faire un bain de sang contre la majorité de la population. La bataille pour les libertés démocratiques et l'égalité continue.






https://www.youtube.com/user/RevolutionBahrainMC/videos
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Message  gérard menvussa le Dim 16 Fév - 23:19

Publié sur europe solidaire sans frontiére :

La crise en Syrie et les « printemps arabes » – Sur la géopolitique du conflit syrien
DELMOTTE Paul, CHAUVIER Jean-Marie
24 janvier 2014

Jean-Marie Chauvier – Penses-tu que l’initiative russe en faveur du démantèlement de l’arsenal chimique syrien était une manœuvre de retardement en faveur du régime de Bachar El Assad, en même temps qu’une occasion offerte à Barak Obama de sortir de l’impasse ?

Paul Delmotte – Je pense qu’effectivement, cela a été une manœuvre de retardement. Il semble clair aujourd’hui que des frappes franco-américaines étaient bel et bien prêtes à être lancées le 31 août, lorsqu’Obama a annoncé par téléphone à Hollande qu’il allait d’abord demander l’aval du Congrès. Et l’on peut aussi affirmer que depuis la bataille de Qoussayr, début juin, l’armée loyaliste était en train de marquer nettement des points. Ce qu’elle continue de faire en reprenant, en novembre, Qara, sur la route Damas-Homs, et des parties de la Ghouta, autour de Damas. Ainsi qu’en parvenant à liquider plusieurs chefs rebelles.

Donc, on serait revenu à la situation antérieure ?

Pas forcément. Faut-il qualifier, comme François Burgat dans l’interview que tu avais diffusée, la proposition russe de « grossière manœuvre » et la décréter d’avance « parfaitement inefficace » ? Je n’irai pas jusque-là. Le fait que la Russie comme la Chine aient accepté, le 26 septembre, une résolution sur la destruction de l’arsenal chimique syrien ne me semble pas rien. Je pense que les « amis » du régime de Damas marquent aussi par ce vote une prise en compte des réalités et de la nécessité de réduire les tensions. On peut, je crois, également faire l’hypothèse que l’allié iranien, décidé à favoriser une « ouverture » vers les Occidentaux, ait aussi poussé en ce sens. Ce que semble confirmer, depuis, l’ouverture de Téhéran et l’accord intermédiaire obtenu par Hassan Rohani du Groupe G 5+1. Ce n’est plus un secret, non plus, que la question syrienne était aussi au menu des pourparlers sur le nucléaire iranien.

Ceci dit, il n’est pas sûr que le pessimisme de Burgat soit excessif.

Pourquoi ?

Parce que, d’une part, il semble bien que Damas ait accepté de céder sur ses armes chimiques en échange des autres avantages que lui procure le texte américano-russe. Ce que semblent étayer le début du démantèlement de son arsenal chimique par les équipes de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OAIC) et le fait que, dixit Lakhdar Brahimi, l’envoyé spécial des Nations unies et de la Ligue arabe, Damas ait fourni l’inventaire complet de cet arsenal. Maintenant, cela suffit-il pour garantir qu’une négociation s’ensuivra ? Pour revenir à la « manœuvre de retardement », la « résolution contraignante » votée à l’unanimité au Conseil de sécurité le 27 septembre ne l’est certainement pas assez – contraignante – en tout cas aux yeux des Français. En effet, la résolution n’est pas « sous chapitre VII » comme le revendiquait Fabius. Les « alliés arabes » de la rébellion syrienne et la Coalition nationale syrienne elle-même ne sont pas dupes : pas d’évocation d’un cessez-le-feu ni de calendrier des négociations. Oubliées, semble-t-il, l’établissement d’une no-fly zone et une traduction en justice de Bachar Al-Assad… De même, la résolution ne fait aucune référence à la Cour pénale internationale (CPI). Enfin, tout récemment, début décembre, Bachar Al-Assad a déclaré qu’il « mènerait la période de transition ». Ce qui signifie à la fois qu’il se sent à nouveau le vent en poupe, mais augure mal des éventuelles négociations de Genève-2 qu’il avait auparavant dit accepter sans préconditions.

Et pourquoi Bachar Al Assad ne serait-il pas « partenaire » ? S’il se confirme qu’il a toujours le soutien d’une partie du peuple syrien ? Car si l’on ne veut pas de lui comme « partenaire », avec qui pourrait-on négocier la fin de la guerre ? D’ailleurs, ne faut-il pas qu’entre eux aussi, les anti-Assad négocient ? Ne sommes-nous pas dans une partie à acteurs multiples ?

Est-ce une question de personne ? La rébellion avait déjà dit être disposée à accepter comme interlocuteurs des membres du régime jugés « modérés », comme Farouk Al-Chareh, le ministre des Affaires étrangères qui a été écarté par le régime en juillet. Elle avait – ou du moins certaines tendances en son sein – aussi proposé des négociations conditionnées à des libérations de détenus. Quant à Bachar, même si l’on ne peut nier que sa personne ait fait l’objet d’une démonisation ; même s’il est impossible de distinguer entre ce qui lui revient dans les faits de répression et ce qui revient à son entourage, il est à mon sens compréhensible que l’opposition se refuse à le juger comme un « interlocuteur valable ». Qu’il dispose encore du soutien d’une partie de l’opinion me semble évident, mais de quelle partie ? À part les chiffres de la démographie confessionnelle du pays, je ne pense pas que l’on dispose de sondages permettant de répondre à cette question. Enfin, je pense que les négociations doivent se faire entre institutions plutôt qu’entre personnes. Et tu as raison de dire que même l’opposition est divisée. De plus en plus même. Mais ce processus ne joue pas en faveur de négociations.

Mais, si ce plan russe ou russo-américain échoue, l’option militaire deviendra-t-elle à nouveau prioritaire pour les Etats-Unis, la France, les autres pays occidentaux et la Turquie ? Au risque d’un affrontement avec la Russie ?

Si ce plan échoue, l’on en reviendra sans doute à la situation précédente. À la différence – de taille – près que, comme je viens de le dire, la rébellion s’est entretemps fort affaiblie, plus divisée encore et, apparemment, radicalisée au profit des jihadistes.

Par ailleurs, en cas d’échec du plan russo-américain, il faudrait alors, normalement, voter une nouvelle résolution avec à nouveau le risque d’un veto de Moscou et de Pékin. Plus, comme je l’ai évoqué, il ne faudrait pas céder à un excès d’optimisme. Le risque d’échec est loin d’être minime. L’OAIC, chargée d’organiser le démantèlement et la destruction de l’arsenal chimique syrien, a elle-même annoncé que ce démantèlement proprement dit ne débuterait qu’au milieu de l’année prochaine. Qui sait ce qui peut se passer d’ici là… Plus, l’action de la seule OAIC suffira-t-elle ? Fabius en tout cas en doute. Et l’OAIC elle-même déclare que son budget est insuffisant pour une telle opération. D’autre part, cet arsenal est estimé à plus de 1000 tonnes, dont 300 de gaz moutarde, qui ne sont évidemment pas entreposées dans un seul et même endroit. Et tout le processus de localisation, de démantèlement et de destruction va plus que vraisemblablement donner lieu à des tractations sans fin.

Enfin, les possibilités d’actes relevant du « terrorisme de déstabilisation » ne sont pas à écarter.

Ceci dit, il me semble douteux que, même en cas d’échec, on en arrive à un affrontement « physique » avec la Russie.

Soit, revenons aux perspectives de négociation. Quel jeu jouent les États-Unis ?

Là, j’ai de sérieux doutes quant à la jolie histoire que l’on nous a servie. Celle d’une allusion de John Kerry saisie au bond par Sergueï Lavrov. Je pense – et m’interroge sur le fait que très peu de médias se soient posé la question – que c’est cousu de fil blanc. Surtout que cela faisait un certain temps que les Polonais avaient lancé l’idée d’un démantèlement de cet arsenal chimique sous l’égide des puissances, et que l’on en discutait plus que probablement en coulisses. Non, je pense vraiment que cela arrangeait très bien B. Obama, qui ne savait plus comment se dépêtrer de sa « ligne rouge » et envisageait avec appréhension d’avoir à « sauver la face ». Ce pourquoi d’ailleurs il a subordonné sa décision à l’aval du Congrès. C’est vraiment le cas de figure du « retenez-moi, je vais faire un malheur… »

Rappelons aussi que John Kerry avait fait savoir qu’il n’insisterait pas sur une résolution « sous chapitre VII », rejetée par les Russes. Quant aux Français, en accueillant la décision commune de Moscou et de Washington comme un « pas en avant », dixit Fabius, je pense qu’ils ont pris acte des joies du « leading from behind » et tentent essentiellement de nier un revers flagrant et de rester admis aux discussions des Grands.

Comme l’écrit François Burgat dans son dernier ouvrage, consacré à la Syrie [1], la résolution 2118 a « surtout offert une heureuse porte de sortie pour les Occidentaux », inquiets de voir les armes chimiques tomber aux mains du Hezbollah ou de groupes islamistes de l’opposition syrienne. C‘est un peu comme si on avait échangé les armes chimiques contre une intervention, quelle que soit au demeurant l’intensité qu’on voulait lui donner.

Je pense donc que Le Monde n’a pas tort quand il écrit que cette résolution 2118 apparaît comme « le plus beau des sauve-qui-peut » pour Damas et refait de Bachar Al-Assad un « partenaire » pour d’éventuelles négociations.

J’hésiterais à citer Le Monde, c’est un journal franchement belliciste, c’est quasiment la ligne du va-t’en guerre Bernard-Henri Levy.

Je sais que Le Monde partage aujourd’hui le consensus de la quasi-totalité de l’intelligentsia française en faveur des interventions au Mali et, un peu moins quand même, en République centrafricaine. Je peux aussi constater que ce journal, que je lis depuis plus de quarante ans, ne se situe plus exactement au « centre-gauche » comme on le disait à l’époque. Faut-il pour autant le taxer de « belliciste » comme lors de ce début de campagne suite à l’enquête de ses journalistes sur le recours aux armes chimiques en Syrie ? Personnellement, je trouve encore souvent dans Le Monde des informations qui permettent de remettre en question le discours dominant qui imprègne son message général.

On attribue aux hésitations occidentales la peur qu’à la place du régime actuel, les sectes soutenues par le Qatar, l’Arabie Saoudite et Al Qaeda ne prennent le dessus et ne plongent la Syrie dans un chaos qu’on ne maîtriserait plus, sans parler des risques d’extension de la guerre à toute la région.

Je ne parlerais pas de « sectes ». Même si les organisations djihadistes à l’œuvre en Syrie sont d’un sectarisme indéniable, le terme ne convient pas pour des organisations qui sont avant tout politiques. Il faut se méfier du prisme religieux… Et, a fortiori, le terme ne peut s’appliquer aux Frères musulmans syriens. Ceci dit, les risques d’un chaos généralisé et d’une extension du conflit au-delà des frontières syriennes est évident. C’est déjà le cas au Liban, même si les choses n’y sont pas irréversibles à mon sens. C’est d’ailleurs l’une des raisons de la « réserve » étasunienne.

Par ailleurs, il apparaît que le Qatar a récemment, depuis la fin juin, mis une sourdine à ses ambitions après l’éviction de son émir par son fils.

La Russie ne défend pas seulement ses liens traditionnels avec le régime syrien, elle préserve ses intérêts pétroliers dans la région et, plus loin, dans le bassin de la Caspienne, où les intérêts russes, turcs et iraniens sont en rivalité, alors même que les grandes compagnies et les Etats-Unis y développent leurs projets d’exportation pétrolière hors des réseaux russes.

Comme toute grande puissance, la Russie, aujourd’hui puissance capitaliste, pratique la realpolitik et défend ses intérêts, c’est évident. Intérêts pétroliers, mais aussi géopolitiques : Tartous reste sa seule base en Méditerranée et tous ont souligné le « syndrome libyen » qui anime la politique russe : Vladimir Poutine veut mettre un frein au grignotage des zones d’influence russes auquel l’Occident procède depuis 1991 ainsi qu’aux regime changes favorables à Washington.

Pour résumer : la clé de l’évolution se trouve en Iran, allié du régime syrien. Et si celui-ci tombe, l’Iran sera à son tour en danger. N’est-ce pas là – et non en Syrie seulement, que se trouve le cœur de l’enjeu de cette crise internationale ?

Je pense que l’Iran est effectivement la clé. Affaiblir la Syrie, c’est affaiblir l’Iran et, au passage, le Hezbollah. C’est évidemment là une donne qui n’échappe pas aux Occidentaux ni à Israël. Mais il y a d’autres aspects. Pour ce qui est de la Syrie, affaiblir ne signifie pas « renverser ». Surtout en songeant aux conséquences, locales et régionales, qu’aurait une chute du régime. Plus, il y a aussi les possibilités de dissensions syro-iraniennes qui pourraient être exploitées. Je pense ici au nouveau cours que semble insuffler Hassan Rohani à la diplomatie iranienne. Ces dissensions ne sont pas une vue de l’esprit, ce qu’occulte une vision en termes religieux et une fixation sur la « solidarité chiite ». Elles ont déjà existé : n’a-t-on pas écrit que les révélations à propos d’un trafic d’armes à destination de l’Iran qui devaient financer la Contra nicaraguayenne et qui ont conduit à l’Irangate, provenaient d’une « fuite » intentionnelle, via la presse libanaise, de… Hafez Al-Assad, alors en désaccord avec son allié iranien à propos – déjà – de ses tentatives de rapprochement avec l’Occident !?

L’autre aspect est la mosaïque de communautés en équilibre qui risque de s’effondrer, du fait de la guerre menée par les puissances et les puissances sunnites contre les chiites (e. a. alaouites en Syrie) et les chrétiens. Peut-on dire qu’en articulation avec les enjeux géostratégiques, cette guerre sunnisme-chiisme, interne à l’Islam, est l’une des clés de la redistribution des cartes dans l’ensemble du monde musulman moyen-oriental ?

Comme au Liban, comme en Irak, la mosaïque communautaire syrienne est un fait. Ceci dit, je pense que parler – c’est malheureusement de plus en plus le cas – d’une guerre entre un « arc chiite » et un « bloc sunnite » ou d’une « guerre menée par les sunnites contre les chiites et les chrétiens » peut s’avérer fort réducteur. C’est là, à mon sens, une « fracture imaginaire » comme le soulignent heureusement quelques articles récents. « Imaginaire » ne veut pas dire, hélas, qu’elle n’agit pas sur les réalités. Et de façon délétère. « Imaginaire » parce que, encore une fois, c’est le religieux qui apparaît comme le prisme de lecture principal, ce qui est caractéristique de l’orientalisme au sens e. a. d’Edward Saïd. Je pense que cette fracture qui est, hélas, en train de s’approfondir au risque de ne plus pouvoir être comblée, est éminemment socio-politique et socio-économique. Je partage ici les vues de Jean-Pierre Filiu (interrogé tout récemment par Pascal Fenaux dans Points Critiques) selon qui ce conflit sunnite-chiite est un « prêt-à-penser – un storytelling donc – qui, tout comme l’épouvantail Al-Qaïda, permet d’évacuer les situations concrètes afin d’appliquer partout les mêmes schémas explicatifs ».

On oublie en effet que l’un des premiers « printemps arabes » à avoir été durement réprimé l’a été au Bahreïn, où il a été écrasé par des contingents saoudiens et du Conseil de coopération du Golfe. Et que l’Arabie saoudite, le Koweït ont aussi connu des manifestations. Je crois donc que les pétro-monarques, autocrates au même titre que les dictateurs renversés par les « printemps arabes », ont aussi senti le sol trembler. Constatons en tout cas que tous les ingrédients des « printemps arabes » – jeunes diplômés sans emploi, grogne en faveur de réformes, réseaux sociaux… – sont présents en Arabie saoudite aussi. Ainsi, c’est Ryad qui a présenté comme un conflit confessionnel ce qui au Bahreïn est en réalité un conflit social, même si les chiites forment 70% de la population de l’émirat dont ils constituent, précisément, les franges les plus mal loties.

Enfin, la thèse d’une « guerre entre sunnites et chiites » ne peut expliquer l’aura dont bénéficiait encore tout récemment le Hezbollah dans l’ensemble du monde arabo-musulman. Ni le soutien iranien, jusqu’il y a peu, au Hamas palestinien, incontestablement sunnite. Ni les bonnes relations de Téhéran avec Dubaï et Oman...

Par ailleurs, l’Iran n’a-t-il soutenu le Hezbollah que par « fraternité chiite » ou aussi pour rompre son isolement des années quatre-vingt et être en quelque sorte présent sur le front anti-israélien ? Inversement, Hafez Al-Assad, le « laïque », a-t-il conclu une alliance – « sacrilège » aux yeux du nationalisme arabe – avec la République islamique iranienne au nom d’un chiisme partagé depuis peu ? Rappelons que jusqu’au début des années septante, les alaouites n’étaient pas reconnus en tant que chiites. C’est Al-Assad-père qui y a pourvu ? Filiu dit aussi que les alaouites sont au chiisme ce que les mormons sont au protestantisme… En tout état de cause, l’alliance syro-iranienne que beaucoup veulent aujourd’hui expliquer par une affinité confessionnelle quelque peu tirée par les cheveux, s’explique avant tout par une volonté, alors partagée, de prendre l’Irak en tenailles.

Enfin, l’arrivée au pouvoir en Irak, grâce à G. Bush, d’un gouvernement « chiite » proche de l’Iran, a suscité de fortes craintes dans les pétromonarchies où, de surcroît, vivent de fortes minorités chiites.
Que dire aussi des multiples dissensions tant au sein du chiisme que du sunnisme ?

Revenons à la Syrie. On parle beaucoup de ce pays chez nous alors qu’on n’en connaît pas grand-chose. Quel est le type de société en Syrie ? Je ne parle pas tant ici de l’aspect communautaire et religieux, mais de la réalité sociale. On a dit que la Syrie était un pays « pré-OMC », pas encore intégré à la « mondialisation », et que le régime, loin d’être résistant à cette « mondialisation », avait accéléré la libéralisation économique et cherché à améliorer ses rapports avec les Etats-Unis. On a dit aussi que cette libéralisation avait creusé les écarts sociaux aux origines des premières révoltes. Est-ce une explication valable à tes yeux, y a-t-il une dimension sociale, « de classe » aux révoltes initiales, avant que n’interviennent les groupes extérieurs ?

Je pense que, chez nous, tant les « pro-régime » – avérés ou de facto – que ceux qui le vomissent et aspiraient hier encore à une intervention font, chacun pour leurs raisons propres, la même erreur. Parler de « régime Assad », de « régime baathiste » ou tout simplement du pouvoir en Syrie sans périodiser rend incapable – au cas où on le souhaiterait – de percevoir les différences, primo, entre la période d’Assad-père et les pouvoirs baathistes qui l’ont précédée et, secundo, les différences entre les règnes du père et du fils. Tout focaliser sur l’absence de démocratie et les violations des Droits de l’Homme ici et là contribue aussi à cet anachronisme.

Je me suis risqué ailleurs à une comparaison des trajectoires politiques d’un Hafez Al-Assad et d’un Houari Boumediene. Notamment entre le « réajustement révolutionnaire » du colonel et ministre de la Défense algérien, et la « rectification » amorcée en novembre 1970 par le général – et également ministre de la Défense Hafez Al-Assad. Ceci pour rappeler que ces putschs entendaient tous deux mettre fin à une période qui faisait « désordre » : l’agitation romantico-révolutionnaire de la période Ben Bella ; celle des « gauchistes » Baath en Syrie. Avec Assad-père comme avec « Boum’ », c’est en effet le « pragmatisme » qui passera aux commandes. Avec ces deux nouveaux « hommes forts », c’est aussi l’armée qui s’installera à l’avant-scène. Et, tous deux veilleront à faire de leur pays un État qui compte sur la plan international : Assad senior, « le Bismarck du Proche-Orient » fera de la Syrie un « interlocuteur incontournable » sur la scène régionale et internationale. Boumediene hissera Alger au rang des ténors du « Nouvel ordre économique International » et s’efforcera, avec son soutien aux Sahraouis, à faire de son pays un « grand » du Maghreb. Enfin, comment ne pas voir aussi les similitudes qu’entraînera la disparition des deux hommes ? Dans l’Algérie de 1988, le Printemps d’Alger s’avérera aussi éphémère que le Printemps syrien annoncé par Bachar Al-Assad l’année qui suivra la mort de son père, en 2001.

D’autres font un parallèle semblable entre la Syrie et l’Algérie, dans lesquelles ils voient deux pays opposés à l’hégémonie américaine, voire –et pour cette même raison – voués l’une après l’autre à subir des tentatives de « changement de régime ».

C’est le moment d’évoquer ce que Georges Corm appelle les dictatures militaires nationalistes, laïcisantes, socialisantes et « développementistes », favorables au « neutralisme positif » inauguré à Bandung en 1955. Arrivés au pouvoir (hormis l’Irak qui n’y viendra qu’en 1958 et l’Algérie après 1962) en conséquence du choc de la Nakba de 1948, ces régimes s’étaient « naturellement » tournés vers l’URSS. Phase suivante dans la périodisation de Corm : celle qui s’engage à la faveur d’un second traumatisme : la « Guerre-des-Six-Jours » de juin 1967. S’ouvre alors l’ère des « milliardaires du pétrole » qui se sont « faits » dans les pays du Golfe. Progressivement, les régimes hier « prosoviétiques » vaincus en 1967 se voient forcés de tenir compte de l’éviction progressive de l’URSS de la scène arabe. Poussés, grâce e. a. à la manne financière déversée par les pétromonarchies aux « pays du front » (contre Israël) à s’ouvrir aux capitaux occidentaux, ces régimes passeront d’un discours pan-arabiste à un nationalisme affirmé et sourcilleux. Et substitueront bientôt – peu ou prou selon les cas – aux valeurs « socialistes » celles d’un islam traditionnaliste. C’est certes, moins le cas en Syrie, mais, chose significative, la nouvelle constitution promulguée en 1973 par le très laïc Baath proclame que l’islam doit être la religion du chef de l’État. Enfin, ces pays connaîtront de l’intérieur – et sans que cela soit toujours clairement perçu – une évolution qui verra s’instaurer, dit Corm, des « complexes militaro-mercantiles », c. à d. une sorte d’osmose entre élites militaires au pouvoir et « nouveaux milliardaires » du pétrole ou d’autres secteurs. Ce que les Algériens appelleront plus tard la « mafia politico-militaire » – qui permettra, libéralisation économique aidant, une augmentation de plus en plus ostentatoire de la corruption. Citons Samir Amin lui-même : le régime baathiste de Syrie a « rallié le camp du néo-libéralisme comme les autres [régimes militaro-mercantiles]. Et « le désastre social qui en a résulté a entraîné les mêmes conséquences qu’ailleurs »… Autre effet de ces évolutions : une « hogra » comme disent les Algériens, une arrogance méprisante de plus en plus nette à l’égard des couches populaires et de leurs aspirations. Notons ici que les dramatiques événements de Deraa, à la mi-mars 2011, dont on peut difficilement nier le rôle dans le déclenchement du soulèvement en Syrie, semblent fort révélateurs d’une telle « hogra », même si le comportement des autorités locales – la torture de gamins et les sarcasmes envers leurs parents – démises par la suite, ne doit pas forcément être imputé au régime dans son ensemble.

Comment perçois-tu donc le régime syrien ?

Je le qualifierai donc, « à l’algérienne », comme celui d’une « mafia politico-militaire », agrémenté d’une bonne dose de népotisme et de copinage et dans lequel il me semble aberrant de voir encore un dernier bastion de la résistance anti-impérialiste.

Ainsi, Hafez Al-Assad avait veillé à mettre la Syrie à l’abri de tout « aventurisme » face à Israël : avec son refus, prélude à sa prise de pouvoir deux mois plus tard, d’apporter un soutien aux fedayin palestiniens massacrés par l’armée jordanienne lors du Septembre noir. Et en faisant en sorte qu’après la guerre d’octobre 1973, plus un seul coup de feu ne soit tiré par-delà la frontière syrienne. Plus : qui niera qu’en 1976, c’est avec la bénédiction de Washington et celle, assortie de « lignes rouges », de Tel-Aviv, que les troupes de Hafez Al-Assad avaient écrasé au Liban ceux que l’on appelait alors les « palestino-progressistes » en passe de l’emporter sur l’ainsi nommée « droite chrétienne » ? Une intervention qui permettra d’ailleurs aux Forces libanaises (phalangistes) de perpétrer, les 14 et 15 janvier 1976, le massacre des réfugiés palestiniens de La Quarantaine à Beyrouth : 2000 morts. Et ne parlons pas de la « guerre des camps » menée par Amal contre les camps de réfugiés palestiniens du Liban avec la bénédiction de Damas… Ali Khameneï lui-même aurait dit fin novembre 2008 au président libanais que la politique syrienne envers Israël a été « une trahison tout au long des trente dernières années » !
Par ailleurs, « pré-OMC » ou pas, la « mondialisation » est bel et bien passée. Peu d’observateurs soulignent que le soulèvement syrien actuel procède certes d’une répression féroce, mais aussi des conséquences sociales dues à cette mondialisation. C’est aussi dans ce cadre qu’une vision trop « confessionnaliste » des événements peut-être source de confusion : derrière l’opposition « sunnite », il y a aussi une partie du monde des affaires syrien. Ce même monde des affaires sunnite a d’ailleurs des représentants dans l’entourage du régime. Par ailleurs, « l’ouverture » économique que Bachar Al-Assad a élargie a sérieusement exacerbé les contentieux villes-campagnes que la Syrie connaît depuis son indépendance et auxquels son père avait tenté de remédier. L’infitah – l’ouverture néo-libérale – menée par Bachar Al-Assad aurait en effet conduit, comme naguère celle de Sadate, à un appauvrissement dramatique des classes moyennes. Le pourcentage des Syriens vivant sous le seuil de pauvreté aurait triplé entre 2000 et 2010. Aujourd’hui, la majorité du mouvement insurrectionnel syrien serait constituée par des membres des « classes moyennes » marginalisés et des déshérités de la ville et des campagnes et, ainsi que, comme dans les autres « printemps arabes », par de jeunes-diplômés-sans-emploi. Ainsi, en décembre 2011, une série de grèves générales auraient eu lieu, les autorités licenciant plus de 85.000 travailleurs et fermant quelque 187 usines. Si cette information s’avère exacte, elle a été singulièrement peu relayée : chose logique de la part de la presse « bien-pensante », mais beaucoup moins de la part des « contre-informateurs »…

Pour terminer, je dirai que des livres comme celui de Souheil Belhadj ou celui dirigé par Baudouin Dupret [2] ont, c’est dommage, été beaucoup moins lus chez nous qu’un certain opuscule intensément diffusé « à gauche »…

La présentation des événements en Syrie dans nos médias a beaucoup évolué depuis quelques mois. Dans un premier temps, il s’agissait d’une révolution ou de soulèvements populaires écrasés par le régime de « Bachar ». Quelques rares commentateurs évoquent une « guerre civile » et des « interventions extérieures », mais ils sont considérés comme des propagandistes du régime syrien, donc non crédibles. Dans un deuxième temps, on parle largement de « guerre civile »… Deux questions : d’abord, côté médias, comment expliquer ce changement ? Et puis, côté »terrain", comment définir ce qui se passe vraiment en Syrie ? Révolution, guerre civile, ou quoi encore ?

Chacun a sa propre perception de la couverture médiatique et de son évolution. Pour ma part, à la façon dont tu vois les choses, je ferais quelques précisions. Primo, il me semble aussi discerner cette évolution selon laquelle, depuis l’accord russo-américain de septembre dernier, les médias parlent moins de « soulèvement populaire » et davantage de « guerre civile ». Secundo, je distinguerais ceux qui parlent de « guerre civile » et ceux qui sont « considérés comme des propagandistes du régime ». En effet, ceux-ci rechignent à parler de « guerre civile » et préfèrent montrer du doigt des « terroristes » venus de l’extérieur, combattus par un régime légitime et qui a nombre de partisans. Enfin, pour ce qui est de l’évolution évoquée, je dirais que les médias main stream s’adaptent. Ils ont compris que les Occidentaux n’interviendront probablement pas et s’y résignent en quelque sorte. Dès lors, continuer à parler de « soulèvement populaire », c’est retourner le couteau dans la plaie : un soulèvement populaire contre un régime honni, cela mérite une aide. Or… Par contre, « guerre civile », ça fait « sale », avec des atrocités de part et d’autre – ce qui est le cas – et donc, moins d’obligations à prendre parti. Voyons aussi la façon dont Bachar Al-Assad apparaît après la destruction de vecteurs susceptibles de transporter des armes chimiques : disparue, la diabolisation à laquelle on était accoutumé !

Pour ce qui est maintenant de définir, si c’est possible, ce qui se passe, je dirai qu’il y a, qu’il y a eu « soulèvement populaire » dans le sillage des ainsi nommés « printemps arabes ». Et je continue de croire que face à ceux-ci le terme « révolution », au sens marxiste, est assez surfait. Par contre, je pense qu’il s’agit bien d’une guerre civile entre d’une part, un régime et son armée soutenus peu ou prou par une partie de la population et, de l’autre, des groupes armés de toutes sortes – organisations armées structurées et soutenues de l’étranger, et milices locales (je ne parle pas des bandes qui relèvent ou dérivent vers le brigandage) – issus de la radicalisation qu’a entraînée la répression de ce soulèvement populaire ; et également soutenus, peu ou prou, par une autre partie de la population.

Les relations apaisées de l’Egypte avec Israël étaient l’un des éléments de la stabilisation régionale, favorable à Israël. Est-ce que les bouleversements égyptiens pourraient tout remettre en cause ?

S’il y a deux pays de la région qui se sont félicités du coup d’État du général Al-Sissi, ce sont bien l’Arabie saoudite et… Israël. Il est quand même assez hallucinant d’entendre, en décembre 2012, Benyamin Netanhayu déclarer publiquement que l’Arabie saoudite a « des intérêts et des opinions communs » avec Israël. Et d’apprendre que le prince Bandar Al-Sultan, patron des renseignements saoudiens, aurait récemment rencontré en Jordanie le chef du Mossad en vue d’une autorisation de survol du territoire saoudien par des avions israéliens pour une éventuelle action contre l’Iran !
L’on constate aussi que même le président Morsi n’a non seulement pas remis en cause le traité de paix avec Israël, mais a eu une attitude plus qu’ambigüe à l’égard des Palestiniens et même du Hamas pourtant issu des Frères musulmans. Ce qui n’empêche pas un Samir Amin d’accuser, contre toute vraisemblance, Morsi d’avoir eu l’intention de « vendre » une partie du Sinaï à Israël !

Cela m’étonnerait donc que les autorités égyptiennes nées du coup d’État du 3 juillet aillent plus loin. L’on sait qu’aujourd’hui que la collaboration égypto-israélienne en matière de renseignements et d’« anti-terrorisme » n’a jamais été meilleure… Rappelons enfin qu’avec des effectifs qui approchent le demi-million d’hommes, l’armée égyptienne absorbe les 2/3 de l’aide américaine. Ce qui permet ainsi à M. Obama de faire « les gros yeux » en suspendant des livraisons d’armes lourdes et de pièces détachées et en exigeant le retour à un « ordre démocratique », mais, à mon avis, cela n’ira guère plus loin non plus. Il est vrai qu’aujourd’hui, le régime Al-Sissi « surfe » sur – et instrumentalise une vague de patriotisme et d’antiaméricanisme qui ne date pas du coup d’État. Et en s’appropriant de façon assez impudente l’image de Nasser, mais je pense que tout cela est avant tout à usage interne.

D’autre part, certains présentent aujourd’hui la chute de Morsi comme un « revers » pour les États-Unis. Sous-entendu : les Frères musulmans donnaient entière satisfaction à Washington. Il est amusant de constater combien, aujourd’hui en Égypte, tous les protagonistes s’accusent les uns les autres d’être des « suppôts » des Américains. Je crois pour ma part que le coup d’État militaire est surtout un handicap pour Washington par rapport à l’opinion publique et à l’idéologie « globalo-démocratiste » aujourd’hui dominante.

Israël a l’air d’être en marge de cette crise. Le fait que les Arabes et les musulmans s’entredéchirent peut aussi réjouir Tel Aviv. De même, l’affaiblissement du Hezbollah si la cause de Bachar Al-Assad qu’il soutient devait échouer. Al-Assad ne serait-il pas le moindre mal ? En quoi consiste, finalement, la politique israélienne dans ce contexte ?

Je pense que, pour Israël, il y a deux priorités : l’Iran et le Hezbollah, contre lequel l’état-major a gardé une sérieuse dent depuis la « guerre des 33 jours » de l’été 2006. Pour Israël, la Syrie est en quelque sorte secondaire et n’est envisagée que dans ses relations avec les premiers. Avec, depuis peu, une grosse inconnue : l’« ouverture » de Hassan Rohani vers les Occidentaux aura-t-elle des retombées en ce qui concerne Israël ? Ce sont ces priorités qui expliquent la discrétion, que tous ont perçue, de Tel-Aviv à propos de la crise syrienne. Quand Israël a-t-il haussé le ton depuis le début du soulèvement ? Lorsque des convois suspectés de transporter des armes « sophistiquées » à destination du Hezbollah ont été bombardés.

Il y a eu quand même, en 2012, ces fusillades contre des Palestiniens dans le Golan…

En mai 2012, les Israéliens ont tiré sur des manifestants palestiniens venus de Syrie qui tentaient de forcer le passage vers le Golan annexé par Israël pour, disait-on, commémorer la Nakba. Il apparaît aujourd’hui que ce cortège avait été organisé par un groupuscule totalement inféodé au régime de Damas, le Front populaire de libération de la Palestine-Commandement général, vieille scission du FPLP commandée par Ahmed Jibril. Et que nombre de Palestiniens ont reproché à ce groupe les 6 tués de cette fusillade, morts en fait pour détourner, en pointant le doigt vers Israël, l’attention de ce qui se passait en Syrie. Pour le plus grand avantage du régime et de sa posture « anti-impérialiste ».

Mais, à part cela, le 30 janvier dernier, l’aviation israélienne a bombardé à la fois un convoi à la frontière libanaise, et un centre de recherches militaires dans la banlieue de Damas. On retrouve donc la priorité accordée au Hezbollah : pas question que celui-ci entre en possession d’armes chimiques. Cela vaut d’ailleurs aussi pour les jihadistes de la rébellion.

Pour ce qui est, maintenant, de ce « moindre mal » que représenterait Al-Assad, il y a une expression en Israël : « Un diable, mais que l’on connaît ». J’ai déjà évoqué l’attitude qu’a adoptée Hafez Al-Assad face à la suprématie israélienne. Des responsables israéliens ont clairement dit que, pour eux, la meilleure solution à la guerre en Syrie, c’est le statu quo. De façon à ce que le gouvernement de Damas, allié de Téhéran, et les rebelles islamistes continuent de s’entre-étriper, sans que ni l’un ni l’autre ne l’emporte. Et, dans la même perspective, tant mieux si le Hezbollah s’implique – et a des pertes – en Syrie. Avec un bémol quand même : le risque de déstabilisation régionale, au Liban et en Jordanie. Enfin, les Israéliens savent très bien ce que peu en Occident comprennent : un régime vraiment démocratique en Syrie, ou ailleurs dans le Monde arabe, ne leur sera pas plus favorable. Au contraire. Et les Israéliens sont aussi conscients du fait qu’apparaître soutenir ou pousser à une implication des États-Unis, ou encore intervenir eux-mêmes, serait du pain bénit pour la propagande de Damas et du Hezbollah. D’où : mieux vaut laisser saigner la Syrie… Donc, lorsqu’il y a eu recours aux armes chimiques dans les environs de Damas, les Israéliens ont soutenu l’intention première d’Obama de recourir à des frappes contre la Syrie. Mais parce que ces frappes devaient être limitées. Je ne pense pas qu’Israël soit favorable à une intervention occidentale en règle.

Toutefois, les Israéliens pensent aussi – ou ont pensé jusqu’il y a peu – que les jours du régime sont comptés, la question étant donc de savoir quand et dans quelles conditions par rapport aux intérêts d’Israël. Il est vrai aussi qu’un courant, en Israël, mené par le général à la retraite Amos Yadlin, appelle à renverser au plus vite Bachar Al-Assad, mais en tant qu’allié de l’Iran. Constatons cependant que, lorsqu’il a été question, au printemps, des missiles sol-air S-300 russes livrés à la Syrie, les Israéliens ont eu une attitude étonnamment réservée et beaucoup moins alarmiste que celle qu’ils affichent à l’encontre de l’Iran. Interviewé par Le Monde (01.06.13), le même général Yadlin, au demeurant Directeur de l’Institut d’études sur la sécurité nationale à Tel-Aviv, a déclaré que ces S-300 ne représenteraient pas une réelle menace avant plusieurs mois, ajoutant que, selon lui, la décision russe était surtout un message adressé à l’OTAN, aux EU et à la Turquie et pas dirigée contre Israël... Commentaire du Haaretz à l’époque, pour qui l’évocation des S-300 relevait d’une « guerre psychologique » menée par Damas : « Israël ne cherche pas l’escalade avec la Syrie et encore moins un face à face avec la Russie »…

Par contre, Israël a tout à craindre du basculement de la Syrie dans le djihadisme le plus radical…

Une autre question que se posent bien entendu les Israéliens, c’est l’évolution de la guerre, voire celle de l’après-guerre en Syrie. Ont-elles été au menu des conversations entre le prince Sultan et le Mossad ?
Par ailleurs, est-on certain que la Syrie va inéluctablement basculer dans le jihadisme le plus radical ? L’épouvantail salafiste ne joue-t-il pas dans cette perception ? Sans aucune certitude, bien sûr, quant à l’avenir, je constate, primo, qu’aucun des alliés régionaux de l’Occident dans la région ne souhaite une telle issue : ni Israël, ni la Turquie, ni l’Arabie saoudite. Pas plus, secundo, que les « ennemis » de l’Occident : l’Iran et la Syrie, comme le pouvoir chiite irakien, sont la première cible des jihadistes sunnites. Enfin, tertio, les ennemis de groupes peu ou prou liés à Al-Qaïda comme le Jabha-al-Nosra ou le Dahesh, l’État islamique en Irak et au Levant, ne manquent pas. L’on a vu plusieurs exemples d’opposition et de résistance, dans la population, à ces groupes, même dans les régions qu’ils tiennent.

Dans cette crise syrienne, le sort de l’État juif et la question palestinienne sont en jeu également. Le prétendu « processus de paix » est d’un cynisme total. Israël poursuit les colonisations de telle sorte que la notion d’« État palestinien » devient inconsistante…

Je partage entièrement ton point de vue sur le soi-disant « processus de paix » qui, depuis près de dix ans, ne sert qu’à perpétuer un « peacebusiness » profitable à une direction palestinienne dont le seul objectif est de se perpétuer, à faire gagner du temps et du terrain aux Israéliens et à donner bonne conscience aux Occidentaux. C’est vrai, l’espoir d’un État palestinien s’éloigne chaque jour un peu plus sans que pour autant le projet que d’aucuns remettent en avant d’un État binational n’apparaisse plus atteignable. Ici aussi, le choix est celui du statu quo. Et tant pis pour les peuples. Et « après moi, le déluge ! »

Mais de quelle « justice internationale » peut-on encore parler alors que tant de criminels au pouvoir ne risquent jamais d’être jugés. Et lorsqu’on voit le sort infligé aux Palestiniens ! Comment peut-on encore croire à une « justice internationale » ?

Je pense que la « justice internationale », ça a toujours été et ça reste le droit du plus fort. À certaines époques, quand la puissance était mieux partagée comme pendant la Guerre froide, on a pu avoir l’illusion de plus de « justice internationale », mais, à mon avis, c’était plus une question d’équilibre des forces ou de connivence entre États, ou alliances d’États, qu’une véritable justice pour les peuples. Or, aujourd’hui encore, je trouve désolant qu’à gauche et – plus – à l’extrême-gauche, on raisonne principalement en termes d’États plutôt qu’en termes de peuples.

Venons-en, précisément, à ce type de questions. Que penser lorsqu’on entend, à gauche et à l’extrême-gauche, appeler au soutien de la « révolution syrienne » ? Les mêmes milieux ont tenu les mêmes discours en faveur de la « révolution libyenne » et, longtemps avant cela, « pour le Kosovo ». A chaque fois, ces gauches ont été les faire-valoir des interventions de l’OTAN.

Ils me paraissent « au nom de la révolution » (ou des Droits de l’Homme) ignorer les réelles réalités de la géopolitique mondiale en même temps que des sociétés sur lesquelles ils plaquent des grilles d’analyse abstraites. Certains sont carrément « campistes », de facto dans le camp euro-atlantiste tout en le critiquant. A l’inverse, il y a un autre campisme de gauche qui consiste à soutenir tout qui s’oppose aux Etats-Unis. C’est une autre manière de parti-pris pavlovien et aveugle quant aux conséquences de son engagement.

De quelle « gauche » parle-t-on ? Et de quelles « réelles réalités » ? Pour ce qui est de la « gauche », encore une fois, il faut distinguer. Entre, primo, une gauche « bobo », les « globalo-démocratistes », qui soutient le soulèvement au nom d’une démocratie – parlementaire – sacralisée, conçue comme une panacée planétaire. On les a, en effet, vus à l’œuvre en Libye et au Kosovo. Et, en effet, nolens volens, ils ont été des faire-valoir de l’OTAN. Mais, secundo, il y a des courants d’extrême-gauche qui, eux aussi, soutiennent le soulèvement, mais à qui porter la même accusation me paraît injuste et même vicieux. Je vais y revenir. Et, enfin, il y a une extrême-gauche que je vois comme « complotiste » et « campiste » qui défend de facto – même parfois avec des contorsions quelque peu opportunistes – le régime syrien. Parce que celui-ci leur apparaît comme opposé aux Américains. J’ai dit plus haut ce que je pensais de l’« anti-impérialisme » de Damas.

Pour ce qui est, maintenant des « réalités réelles » que tu évoques, quelles sont-elles ? L’affaiblissement de la puissance étasunienne ? OK. Le fait que le système capitaliste est devenu planétaire – c’est ça, la mondialisation ? OK. Ni la Russie, ni la Chine ne me semblent susceptibles de soutenir des aspirations populaires en dehors de leurs frontières. Ce qui compte, c’est de se gagner l’appui d’États mieux à même de satisfaire leurs intérêts d’États et à les épauler dans leurs contentieux avec la puissance US. Quant aux courants d’extrême-gauche qui combattent le régime syrien et appuient, sélectivement, le soulèvement, je répète qu’il est injuste et erroné de les accuser de « campisme » de facto aux côtés de l’Occident. Ou encore de « parti-pris pavlovien ». Ce qui, par contre, me semble bel et bien le cas de l’extrême-gauche anti-rébellion. Quand je parle de cette extrême-gauche anti-régime, je pense à des analystes comme Gilbert Achcar ou Santiago Alba Rico. Certes, ces personnes sont liées à la mouvance trotskyste. Mais cela ne me semble pas une tare indélébile. Et je pense que leurs analyses ne sont pas du tout « abstraites et plaquées » comme le sont celles des précédents.

S’agissant de la Syrie, y a-t-il vraiment un mouvement autonome, démocratique, laïque ou du moins étranger aux fanatismes religieux, qui ne joue le jeu ni des islamistes ni des puissances occidentales, et quelles seraient ses chances de s’imposer ?

En Syrie et ailleurs dans le monde arabe, je ne vois pas, en effet, de mouvement « démocratique, laïque ou du moins étranger aux fanatismes religieux » qui fasse le poids. Tu as raison. Ceci dit, tu as des courants laïques et étrangers aux islamistes qui soutiennent de facto le régime ; et d’autres, tout aussi laïques, étrangers aux islamistes et hostiles à l’hégémonie occidentale, qui soutiennent la rébellion. Au vu d’une « réelle réalité » : on ne fera pas l’économie, dans le mouvement d’émancipation des peuples arabo-musulmans, d’une participation islamiste. C’est quand même la première chose que les « printemps arabes » nous ont montré. Cette montée en force des mouvements islamistes, dans toute leur diversité, était au demeurant à prévoir – que l’on s’en réjouisse ou pas – selon tous les observateurs un peu lucides de la région. Donc, nous avons un premier courant qui refuse cette réalité. Et un second qui en tient compte. En se posant en quelque sorte les deux questions de Burgat dans l’ouvrage que j’ai cité (p.25) : primo, « en quoi la revendication démocratique est-elle antinomique avec la résistance anti-impérialiste ? » Et, secundo, « pourquoi un Parlement librement élu s’empresserait-il de vendre les intérêts nationaux au voisin ennemi hébreu ou à ses sponsors occidentaux ? » Je pense ici que c’est la laïcité à l’occidentale, dimension indéniable de l’orientalisme, qui fait la différence. Je pense malheureusement aussi que si ce second courant – les Achcar et les Alba Rico – offrent peut-être une petite chance à ce que les valeurs de la gauche et du socialisme puissent un jour se propager dans ces sociétés arabo-musulmanes, e. a. grâce aux impasses que même un islam politique démocratique devra un jour affronter, à l’opposé le courant « laïcard de combat » est en train, en s’associant trop souvent à la réaction, comme en Égypte et en Tunisie, de « suicider » pour très longtemps ces valeurs de gauche et l’idéal socialiste au sein de ces sociétés.
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Message  Roseau le Mar 18 Fév - 13:45

The complexity of the revolutionary process that is underway

This interview with left activist Munif Mulhem
was conducted by the editor of the Arab revolutionary Marxist journal Permanent Revolution,
published jointly by the Socialist Forum (Lebanon),
the Organization of Revolutionary Socialists (Egypt
the Al-Mounadil-a current (Morocco),
the League for a Workers' Left (Tunisia),
the Current of the Revolutionary Left (Syria)
and the Union of Iraqi Communists (Iraq).
It was first published in Permanent Revolution, 4 January 2014.
http://www.internationalviewpoint.org/spip.php?article3284
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Message  Roseau le Lun 10 Mar - 19:18

La région arabophone, entre changement progressiste et barbarie.
Entretien avec Gilbert Achcar
http://www.contretemps.eu/interviews/r%C3%A9gion-arabophone-entre-changement-progressiste-barbarie-entretien-gilbert-achcar
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Message  Copas le Ven 14 Mar - 21:23


Escalade de la violence au Bahreïn

À l’ombre des conflits au sein du Conseil de coopération du Golfe


Alors que le Conseil de Coopération du Golfe (CCG) se déchire avec la mise au pilori très médiatisée du Qatar par trois de ses membres, la crise au Bahreïn s’amplifie. Les premiers signes d’un passage à une révolte armée apparaissent.

Le 3 mars 2014, une bombe explosait dans le village de Daih, situé sur l’axe principal qui, depuis Manama, traverse d’est en ouest la périphérie des villages en proie à une agitation continue depuis 2011. Trois policiers des forces spéciales de sécurité y perdaient la vie, sept autres étaient blessés. D’après le ministre de l’intérieur, les policiers anti-émeutes venaient de disperser « un groupe qui avait quitté le cortège de funérailles à Daih1 pour venir chercher l’affrontement » quand l’incident s’est produit. Cette explosion marque une nouvelle étape dans la détérioration de la situation et l’exacerbation du conflit, dont les chances de solution négociée semblent toujours plus minces — les tentatives du prince héritier pour ranimer un dialogue moribond à la mi-janvier 2014 n’ayant été suivies d’aucune mesure concrète.

L’attaque préméditée, sous la forme d’une explosion déclenchée par un détonateur à distance témoigne d’[une grande sophistication2, d’une grande précision dans le maniement des engins explosifs et le mode opératoire des partisans d’une opposition violente. L’absence de résolution, autre que rhétorique, du conflit politique est en train de produire les conditions d’une possible révolte armée. Une révolte que le gouvernement avait dénoncée dès le début du mouvement de protestation, mettant en avant l’aide de l’Iran3 et qui ne semblait pas décrire de façon adéquate le type de violence urbaine qui prévaut au Bahreïn. De façon significative, le rapport de suivi des recommandations de la commission Bassiouni paru la veille de l’explosion notait qu’en 2013, le nombre de « véritables » engins explosifs improvisés (EEI) avait désormais dépassé celui des « faux » apparus dans les mois suivant l’éviction du Rond-point, qui avaient pour seul but de tourner en ridicule la police occupée à désamorcer de fausses bombes, prenant parfois, par provocation, la forme de petit monument de la Perle.

Cette escalade progressive se produit dans un contexte de grandes dissensions au sein des pays du Conseil de Coopération du Golfe (CCG) où le Bahreïn, en choisissant son camp aux côtés de l’Arabie saoudite et des Émirats arabes unis (EAU), s’assure un soutien régional à sa gestion sécuritaire de la crise. Second fait inédit de l’explosion de Daih, l’une des trois victimes était un lieutenant de nationalité émirienne, les deux autres étant pakistanais et yéménite comme le reste des blessés.

LA SUITE .../...


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Message  Copas le Lun 7 Juil - 19:43


Kuweit
Des manifestations contre l'absolutisme et la corruption secouent le Kuweit depuis une petite semaine.

La question de l'appareil judiciaire qui protège la famille princière corrompue est au centre des protestations.
Le régime procède à des arrestations et des agressions policières contre les manifestants.

L'onde de l'ébranlement des dictatures continue.

http://alziadiq8.com/81709.html
http://www.romandie.com/news/Koweit-tirs-de-gaz-lacrymogenes-pour-disperser-une-manifestation/494622.rom


Slogans entendus déjà dans beaucoup de pays

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Le point sur les révolutions dans les pays arabes - Page 11 Empty « Contre la tyrannie religieuse et la dictature »

Message  Roseau le Jeu 10 Juil - 1:26

Appel de centaines d’intellectuels syriens, irakiens, palestiniens et libanais.
http://ks3260355.kimsufi.com/inprecor/article-inprecor?id=1637


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Le point sur les révolutions dans les pays arabes - Page 11 Empty Palestine: solidarité des révolutions populaires

Message  Roseau le Sam 2 Aoû - 20:42

Par Joseph Daher

Conclusion importante:
Pour la libération des peuples de la région
Il faut comprendre et rappeler de manière constante que la libération de la Palestine passe en effet par la libération des peuples de la région, et dès lors par Damas, Ryad, Doha, Téhéran, le Caire, Amman, etc. Comme l’écrivait un manifestant syrien pro-révolution depuis le plateau du Golan occupé par Israël : « la liberté, un destin commun pour Gaza, Yarmouk et le Golan ».
La libération de la Palestine et de ses classes populaires est liée à la libération et à l’émancipation des classes populaires de la région contre leurs classes dirigeantes, ainsi que contre les différents impérialismes, en particulier les États-Unis et la Russie, et les forces sous-impérialistes telles que l’Iran, l’Arabie Saoudite, la Turquie et le Qatar.
Dans cette logique, nous devons nous battre contre toutes les tentatives de division des classes populaires par les régimes et les forces islamistes réactionnaires sur la base de genre, appartenance religieuse, nationalité, etc. qui essayent de dominer ces populations, d’empêcher leur libération et leur émancipation, et donc celles des classes populaires de Palestine.
Vive les peuples en luttes, vive la Palestine libre !
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Message  Copas le Lun 4 Aoû - 7:34

Texte sur la zone Syrie-Irak-Kurdistan

La terreur d’Al-Baghdadi:

Les révolutionnaires syriens et les Kurdes d’Irak lui tiennent tête
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Message  Copas le Lun 4 Aoû - 7:48

Roseau a écrit:Par Joseph Daher

Conclusion importante:
Pour la libération des peuples de la région
Il faut comprendre et rappeler de manière constante que la libération de la Palestine passe en effet par la libération des peuples de la région, et dès lors par Damas, Ryad, Doha, Téhéran, le Caire, Amman, etc. Comme l’écrivait un manifestant syrien pro-révolution depuis le plateau du Golan occupé par Israël : « la liberté, un destin commun pour Gaza, Yarmouk et le Golan ».
La libération de la Palestine et de ses classes populaires est liée à la libération et à l’émancipation des classes populaires de la région contre leurs classes dirigeantes, ainsi que contre les différents impérialismes, en particulier les États-Unis et la Russie, et les forces sous-impérialistes telles que l’Iran, l’Arabie Saoudite, la Turquie et le Qatar.
Dans cette logique, nous devons nous battre contre toutes les tentatives de division des classes populaires par les régimes et les forces islamistes réactionnaires sur la base de genre, appartenance religieuse, nationalité, etc. qui essayent de dominer ces populations, d’empêcher leur libération et leur émancipation, et donc celles des classes populaires de Palestine.
Vive les peuples en luttes, vive la Palestine libre !

Un bon texte.

On peut relever combien manque une coordination politique des révolutionnaires sur la région, tant les enjeux s’interpénètrent .
Et combien une partie des révolutionnaires d'Europe passent complétement à côté de quelque chose qui travaille également toutes les rives de la Méditerranée : des masses prolétaires urbaines qui rongent leur frein, se soulèvent, sont réprimées par diverses forces de la réaction, toutes criminelles et dangereuses.
Un phénomène ayant de puissants traits communs est à l’œuvre qui explosent les délimitations issues des frontières coloniales.
L'EEIL l'a compris en asseyant son combat sur plusieurs territoires, notamment la Syrie et l'Irak.

Les soulèvements populaires historiques qui ont eu lieu dans une vingtaine de pays ont eu maints traits nationalistes, en même temps qu'ils se nourrissaient les uns les autres. Nous sommes passés maintenant à une phase où les secousses deviennent transnationales.
La crise globale de la région, construite sur des évolutions historiques des classes en présence, à tous niveaux (y compris du point de vue de l'information des peuples concernés), malgré les premières phases nationalistes, va continuer de travailler l'ensemble des sociétés concernées.
Les réponses globales sont donc importantes.
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Message  Copas le Mar 30 Sep - 8:22

Remarques et débats sur la situation au Moyen-Orient
L'article de Sabado paru sur Vientosur.info .

Intéressant mais manquant de compréhension sur le fait que les secousses qui sont apparues au proche orient, en Afrique du Nord et dans le sud-est européen sont apparues dans  des pays où les forces productives se sont particulierement développées et viennent percuter, mettre en crise des formes de domination des appareils d'état dictatoriaux divers et les assemblages divers liés aux impérialismes dominants .

Le moteur le plus puissant de la crise long terme vient du développement de très gros prolétariats urbains (avec dedans des prolétariats industriels en général plus importants qu'en Europe, voir les stats là dessus) de plus en plus instruits, communicants, de plus en plus informés du monde, avec des jeunesses sans avenir mais très instruites et communicantes, de plus en plus informées du monde.

Face à cette énorme poussée sur plusieurs dizaines d'années, les régimes en place qui possédaient un certain prestige par le passé dans une partie des immenses masses paysannes, sont entrés en crise profonde.  Souvent nés de factions petite-bourgeoises, monarchiques, militaires, etc, ils se sont transformés en factions bourgeoises intégrées au capital international (au concert impérialiste mondial), corrompues, lovées autour d'appareils d'état hyper violents, souvent fascisantes.

Leurs bases sociales se sont pulvérisées.

L'ensemble de ces régimes corrompus et bourgeois, ayant privatisé et accaparé à tour de bras toutes les richesses de leurs pays. Les privatisations et cleptomanies des familles Kadhafi, Assad, Mubarak, Ben Ali, des clans militaires familiaux algériens, des monarchistes marocains, pilleurs en tous genres sont impressionnantes dans les 10 à 20 ans qui précédent les soulèvements.

Ces régimes ont perdu tout crédit auprès des masses lors de ces épisodes tout en commandant d'une façon très violente leurs peuples et en parcourant avec leurs rejetons la jet'set internationale .

La structure de ces régimes bourgeois souvent fascisants, construits pour dominer d'immenses paysanneries et de grosses petites bourgeoisies, se trouve confrontée à la question de dominer de très gros prolétariats urbains instruits, des jeunesses déjà très internationales, connaissant le monde, de hauts niveaux scolaires, très communicants, informés du monde par des sources souvent plus diverses qu'en Europe et aspirant à autre chose.

C'est cette contradiction, avec les éléments qui lui sont liés, qui expliquent une grande partie de la crise dans tous ces états (Maroc, Algérie, Tunisie, Libye, Égypte, territoires palestiniens, Jordanie, Syrie, Iran), leurs extrèmes difficultés à procéder à des mutations démocrates-bourgeoises sans que tout pète dans tous les sens.

Même Daesh et la façon dont cette organisation a percé est un enfant de cette révolte, enfant fascisant qui n'est pas explicable seulement par du fric du Qatar, mais par l'écroulement du soutien de masse à des régimes dictatoriaux corrompus placés par les yankees (Irak) et fascistes corrompus maintenus en place par l'impérialisme russe (Syrie), l'écroulement des illusions sur les démocraties bourgeoises des grands pays impérialistes, par la veulerie et l'absence de soutien aux soulèvements populaires des organisations ouvrières occidentales, de gauches et même révolutionnaires saturés de discours ethnicistes réacs,  les retards dans l'expression consciente et outillée  du 3eme larron, celui qui rend difficile voir impossible une stabilisation des régimes de la région: le très gros prolétariat urbain.

Il n'est pas impossible que seuls les états où  un processus de destruction massive physique du prolétariat urbain, de ses quartiers et usines, villes, aura eut lieu, pourront permettre une stabilisation moyen terme de régimes dictatoriaux dans la région.

Sabado parle des questions de solidarité dans son article, il a raison, mais il manque le cadre de celles-ci et la compréhension du soutien à la lutte de classe qui s'y déroule et le soutien à l'unification des forces révolutionnaires pour la zone Irak, Iran, Kurde, Syrienne, libanaise, jordanienne et palestinienne.

L'offensive d’Israël contre Gaza se trouve bien dans l'un des épisodes contre-révolutionnaire de la période des soulèvements des grands prolétariats urbains ouverte en 2009 en Iran. Tsahal est une déclinaison des forces réactionnaires à l’œuvre aux côtés de Daesh, Assad, les Saouds, des frappes occidentales qui vont renforcer la légitimité des islamistes fascisants, etc.

On doit parler de solidarité, mais vu l'imbrication de ces pays avec ceux d'Europe, on doit parler aussi de combats communs, de bons offices entre les courants du communisme-ouvrier et les petites forces révolutionnaires liées à tel ou tel courant trotskyste, afin d'améliorer leur puissance et leur efficacité.

La révolution et la contre-révolution gronde dans l'espace méditerranéen, l'Europe du sud en fait partie, il n'y a pas d'extériorité politique à maintenir même si tout le respect doit être donné aux camarades qui se battent au proche orient et en Afrique du nord, particulierement aux camarades syriens et irakiens, qui font face à des défis énormes.

La question des poussées révolutionnaires et contre-révolutionnaires n'est pas une question extérieure au champ d'action de notre classe.


Dernière édition par Copas le Mar 7 Oct - 8:00, édité 1 fois
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Message  Copas le Mar 7 Oct - 7:56

Congrès fondateur de la Confédération des syndicats arabes (ATUC) à Amman
(liée à la CSI)
ATUC, structure régionale, regroupe 17 organisations membres de 11 pays arabes.
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Message  Copas le Mer 8 Oct - 23:38

Soutien aux révolutionnaires syriens, turcs, irakiens, kurdes, libanais, palestiniens et iraniens.

La bataille contre Daesh comme la bataille contre le boucher Assad, la lutte contre les interventions des états impérialistes (USA-Fr-GB-Russie-), contre les appareils d'état des puissances régionales (Turquie, Iran, Israël, Égypte, Arabie Saoudite et Qatar) ne se fait pas sans définir notre camp.

Ce camp se bat pour faire respecter les droits des peuples à l'autodétermination, pour unifier les prolétariats de la région dans le combat et soutient explicitement les révolutionnaires de la région au premier chef, Révolutionnaires syriens , YPG et PKK pour les kurdes, les partis communistes-ouvriers du kurdistan, d'iran, d'Irak, révolutionnaires palestiniens et libanais.

Les dénonciations abstraites de l'impérialisme. et les jeux à la ponce pilate ne sont pas des réponses;

La désagrégation des régimes dictatoriaux et sanglants sous les poussées de prolétariats urbains désarmés ont rebattu les cartes des rapports de force au proche orient. A par le régime turc qui semble avoir une base sociale, les régimes militaires et monarchistes ne semblent plus en avoir et, pour la Syrie et l'Irak n'ont tenu que par le bouche à bouche d'alliés impérialistes et puissances régionales (les USA et l'Iranpour l'Irak, la Russie et l'Iran pour la Syrie).

Comprendre ce qu'est Daesh dans une région du monde qui jouxte l'Europe est important, c'est comprendre que l'essentiel de leur armement est composé de matériels lourds russes pris à l'armée syrienne et de matériels lourds US pris à l'armée irakienne. Que leur puissance ne vient que peu d'aides qataries mais d'un ensemble de circonstances que je ne détaillerai pas là, notamment l'absence de solidarité du mvt ouvrier international et même des positions crapuleuses et campistes jusque dans les rangs du mvt révolutionnaire dans le monde envers des peuples soulevés contre la tyrannie.

C'est également comprendre qu'une partie des frontières régionales se sont écroulées comme si elles n'avaient jamais existé entre l'Irak et la Syrie (comme en partie vis à vis du Liban). c'est enfin comprendre que Daesh progresse sur les cendres de la désagrégation de régimes insupportables tentant de jouer sur les divisions ethniques pour survivre (régime irakien et syrien).

La place des forces révolutionnaires existe dans cette région jouxtant l'Europe, elles ont leur chance.

Les révolutionnaires européens doivent travailler en fonction des besoins de ces forces (qui ne manquent souvent pas d'hommes mais de moyens) et également travailler à les aider à rapprocher leurs points de vue politiques et leurs moyens (que ce soient des courants révolutionnaires syriens, des courants du communisme ouvrier, des anars, des révolutionnaires kurdes, des révolutionnaires palestiniens, etc).
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Message  Copas le Jeu 9 Oct - 20:01

Harpov a écrit:Contre l'émancipation des peuples, la réponse de l'impérialisme c'est la création de toutes pièces, la manipulation, le financement direct et indirect d'un "terrible" ennemi islamiste radical justifiant depuis 2001 la guerre en permanence, pour diviser et terroriser ces peuples qui pourraient avoir des velléités révolutionnaires remettant en cause sa domination.

L'impérialisme est un système global, les états impérialistes parties de ce système qui separtagent le gateau et tentent de dépecer des états, construire des zones d'influence.
Dans le monde existe un certain nombre de claques impérialistes qui se divisent, s'affrontent et s'unifient suivant les périodes. Ce n'est pas réservé à l'impérialisme américain.

Ah, l'impérialisme fait des plans et des manœuvres.
Nous sommes éclairés, c'est une grande nouvelle.

Mais, sauf pour les complotistes, les peuples ne bougent pas en appuyant sur un bouton, fusse-t-il dans un bureau du pentagone.
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Message  Copas le Dim 19 Oct - 18:20

Maghreb, la bombe sociale est toujours là

Algérie
Les émeutes ne sont pas prêt de finir



Algérie
Plus de 9 millions d'Algériens vivent avec moins d'un dollar par jour

Près de 1.932.000 familles algériennes sont démunies en 2014, en augmentation de 304.000 familles par rapport à 2013, selon des chiffres fournis par le Ministère de la Solidarité nationale, de la Famille et de la Condition de la femme.

Plus de 9 millions d’Algériens vivent en dessous du seuil de pauvreté, rapporte la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’homme (LADDH) dans un communiqué diffusé le 18 octobre 2014 à l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination de la pauvreté.

Près de 1.932.000 familles algériennes sont démunies en 2014, en augmentation de 304.000 familles par rapport à 2013, selon des chiffres fournis par le ministère de la Solidarité nationale, de la Famille et de la Condition de la femme.

Le secrétaire national de la LADDH, Houari Kaddour, s’indigne : dans un entretien accordé au quotidien francophone El Watan, il interpelle l’opinion publique pour "prendre conscience" de la gravité du phénomène. Pour lui, "la pauvreté est une atteinte aux droits de l’homme. Tout enfant, tout jeune, homme, femme, détient le droit à un niveau de vie adéquat pour sa santé et son bien-être, à l’alimentation, à l’habillement, au logement, aux soins médicaux et aux services sociaux."

L’Algérie, bien qu’elle soit classée "6e puissance mondiale en matière de production de gaz et 2e pays africain en matière de production du pétrole, après le Nigéria", adopte une politique économique "qui s’éloigne de plus en plus du développement de la richesse et de l’accès de tous à ce développement", indique Me. Debouz, président de l’organisation.

etc



Tunisie
Les jeunes diplômés, aussi, dans la tourmente


Tunisie

Tous les indicateurs sont au rouge concernant le secteur de l'emploi (ministre tunisien de l'emploi)

Le ministre tunisien de l'Emploi et de la Formation professionnelle, Hafedh Amouri, a affirmé vendredi que tous les ‘’indicateurs sont au rouge’’ pour ce qui concerne la question de l'emploi à cause de la situation économique difficile que traverse la Tunisie dans tous les domaines.
Le niveau de chômage des diplômés du supérieur a atteint 31%, poussant le ministère à recourir à des mécanismes pour solutionner les crises comme la redynamisation des secteurs qui emploient les détenteurs de diplômes de l'enseignement supérieur.
Ainsi, le ministère encourage les secteurs qui investissent dans les domaines à forte valeur ajoutée et des hautes technologies en prenant en charge la moitié des salaires payés aux nouveaux employés dans le but de la création d’emplois réels.

Maroc
Grève générale le 29 octobre

Maroc
Dialogue social en panne, trois syndicats annoncent une grève générale le 29 octobre

Les syndicats représentant la gauche et l’extrême gauche marocaine (FDT, UMT et CDT) ont annoncé, jeudi, une grève générale à travers le pays pour le 29 octobre prochain. Le choix de cette date n’est pas fortuit, puisqu’elle coïncide avec le jour de l’enlèvement à Paris, en 1965, du leader de la gauche marocaine, Mehdi Ben Barka. Pour les trois syndicats marocains, rejoints par l’UGTM, il s’agit de montrer au gouvernement dirigé par le PJD (parti justice et du développement - islamiste) qu’il y a une limite à sa politique de refus du dialogue social. Et, surtout, répondre concrètement aux revendications des syndicalistes : reprise du dialogue social, gel des réformes des caisses de retraite et de la compensation, maintien de la politique de subvention des prix des produits de première nécessité.

Le dialogue social est en panne depuis avril 2011. Les trois syndicats veulent donc reprendre ‘’langue’’ avec le gouvernement dirigé par Abdelilah Benkirane et organiser un sommet social autour de ces grandes questions socio-professionnelles. Ces revendications, portées par l'Union Marocaine du Travail (UMT), la fédération Marocaine du Travail (FDT) et la Confédération Démocratique du Travail (CDT), portent principalement sur la nécessité de mettre en œuvre tous les engagements pris par l’exécutif, notamment ceux restés en suspens, lors de l’accord du 26 avril 2011, dont l’augmentation des salaires et des pensions, le respect des libertés collectives et individuelles, particulièrement la liberté syndicale et le droit de grève. La décision du gouvernement de réformer la caisse de compensation de soutien des prix des produits de première nécessité, qui va permettre à l’exécutif d’économiser 20 milliards de Dh par an, a également été dénoncée par les syndicats.

Le gouvernement sous pression, les syndicats en bloc

En face, le gouvernement Benkirane, qui ferraille dur actuellement pour terminer le projet de loi de finances 2015, avec comme ligne de fond la relance de la croissance et la réduction du déficit budgétaire, doit trouver des réponses sociales urgentes avant le 29 octobre. Il doit aussi convaincre les syndicats du bien fondé de sa politique sociale. D’autant que la FDT, l’UMT et la CDT sont très bien implantées dans l’enseignement, les collectivités locales, la justice et la santé. Le porte-parole du gouvernement marocain Mustapha El Orfi a répondu la semaine dernière aux préoccupations des syndicats, assurant que (le gouvernement) est "engagé dans la mise en œuvre de ses engagements pris dans le cadre du dialogue social". Mieux, selon lui, "le dialogue social, n’est pas gelé".

Selon lui, le gouvernement a consacré 24,8 milliards de dirhams entre 2012 et 2014 à la mise en œuvre de l'accord du 26 avril 2011 et a signé plusieurs accords sectoriels. En mai dernier, et pour calmer le front social, le gouvernement Benkirane avait annoncé une hausse de 10%, en deux tranches, du salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG) et du salaire minimum agricole garanti (SMAG), soit 5% à partir du 1er juillet 2014 et 5% en juillet 2015. Selon des syndicalistes, deux autres centrales marocaines, l’UGTM, proche de l’Istiqlal, et l’UNMT, pourraient rejoindre le mouvement de protestation du 29 octobre prochain. Et, probablement, des ONG et la société civile, seraient aussi de la partie à l’occasion de la commémoration de la disparition de Mehdi Benb Barka.

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Message  Copas le Dim 30 Nov - 11:21

Yemen
La marionnette US a sauté sous la pression populaire, mais les manœuvres US, iraniennes et saoudiennes continuent


Sur fond d'affrontements entre la guérilla Houthi et Al Qaïda, la complexité du théâtre yéménite est importante.

Des forces sunnites en déclin liées à l'ancien président Ali Abdallah Saleh, proche des USA et viré par le soulèvement populaire de 2011-2012, ont passé un accord avec les forces Houthi qui ont pris la capitale Sanaa il y a peu, en disant agir avec "la volonté de coopérer et de coexister conformément aux préceptes de l'islam préconisant la fraternité, l'amour et la paix".

Arwa Othmana, ministre de la culture du Yémen, récompensée pour sa lutte contre l'extrémisme et pour le droit des femmes.

Rajouter à la complexité de la situation dans un pays où beaucoup de choses se discutent et où a surgit depuis 2011 une société civile, une femme a à nouveau été mise à l'honneur avec le prix délivré par  Human Rights Watch à la ministre de la culture du Yémen, Arwa Othmana, pour sa lutte contre l'extrémisme et pour le droit des femmes.
La ministre de la culture a appelé à la "tolérance" et a dédié sa récompense à ses "frères et amis de la communauté juive" (la communauté juive yéménite ne comporte plus que 90 personnes au Yemen), lors d'une cérémonie à Sanaa. Arwa Othman est également une avocate engagée dans la lutte contre le mariage des enfants et la promotion des droits des femmes au Yémen.
Arwa Othman illustre bien le courage, la force et l'implication des femmes dans le processus yéménite de libération. Ainsi que la complexité du processus yéménite.
Le point sur les révolutions dans les pays arabes - Page 11 Index410


Pour ce qui est du sud
Le sud "socialiste" démontre à nouveau sa puissance.



Une grosse démonstration d'opposition a lieu depuis hier, sanctionnée par une manifestation de masse aujourd'hui. La question d'une nouvelle partition  se pose depuis un moment.


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Message  Copas le Dim 30 Nov - 13:33

Le camp de tentes sur la place de la liberté à Aden :

Le point sur les révolutions dans les pays arabes - Page 11 Org_sa10

En préparation au 30 novemebre, les étudiants d'Aden (leur coordination) ont organisé concerts et prises de parole

Le point sur les révolutions dans les pays arabes - Page 11 Org_sa11

Le Bloc parlementaire du Sud à la Chambre des représentants du Yemen a demandé samedi un référendum dans le sud contrôlé par les nations unies Le mouvement de sécession touche également jusqu'à l'île de Socotra
le mouvement pacifique pour l'instant draine depuis des années de considérables masses d'hommes et de femmes
Le point sur les révolutions dans les pays arabes - Page 11 Captur12 Le point sur les révolutions dans les pays arabes - Page 11 Captur13
Le point sur les révolutions dans les pays arabes - Page 11 Captur14Le point sur les révolutions dans les pays arabes - Page 11 Captur15

Des démonstrations de solidarité ont eu lieu dans plusieurs pays comme à Sheffield en Grande Bretagne
Le point sur les révolutions dans les pays arabes - Page 11 Org_sa12Le point sur les révolutions dans les pays arabes - Page 11 15175410

.
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Message  Copas le Mar 23 Déc - 21:45


Moyen-Orient – Afrique du Nord.
«Le printemps arabe s’est transformé actuellement en un hiver»


Entretien avec Gilbert Achcar
réalisé par Vidya Venkat

Depuis les soulèvements qui ont débuté en 2010-11, le modèle de démocratie libérale n’a pas décollé dans les pays du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord, à l’exception de la Tunisie. Existe-t-il encore un espoir ou même considérez-vous qu’une démocratie «électorale» libérale soit une réponse à la crise en cours dans la région? Nous assistons, par exemple, à la manière dont le dictateur Bachar el-Assad, du parti Baas, reste au pouvoir en Syrie, au-delà de la farce électorale de juin…

Gilbert Achcar:

La question de la démocratie dans la région du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord ne peut être réduite à celle de la démocratie libérale telle qu’elle domine actuellement en Occident. Même si vous considérez le libéralisme pour sa seule dimension politique, les pays arabes sont loin de le mettre en œuvre, et cela concerne également la Tunisie où un gouvernement formellement démocratique est désormais en place.

La région d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient souffre d’une crise sociale et économique très profonde, laquelle se situe à la racine, en général, des bouleversements et des révoltes. Afin de résoudre la crise en cours, un changement du modèle socio-économique libéral, qui a conduit à celle-ci, doit être réalisé. La véritable pierre d’achoppement réside dans la combinaison d’un «Etat profond» fortement répressif et corrompu avec un capitalisme de connivence (crony capitalism) du pire type. Cette combinaison n’a été démantelée dans aucun des Etats de la région, y compris en Tunisie. En Syrie, où la dictature du Baas est ancrée au pouvoir depuis un demi-siècle, les élections étaient dépourvues d’une quelconque légitimité démocratique. Afin d’aboutir à une démocratisation réelle, il est nécessaire de démanteler «l’Etat profond» qui continue à arrimer l’ordre socio-politique existant dans la région.
La suite .../...
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Message  Roseau le Mer 24 Déc - 13:44

Je relève ceci:
Les pays du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord détiennent, à l’échelle internationale, des taux record de chômage. Tant que cette question cruciale ne sera pas résolue, les secousses sociales se poursuivront. Je répète cela depuis 2011. C’est la raison pour laquelle j’ai soutenu que ce qui avait alors commencé n’était pas un «printemps», ce qui qualifie une saison, mais un processus révolutionnaire sur le long terme qui continuera pendant de nombreuses années, voire des décennies, avant que la région parvienne à une stabilité durable
.

et aussi ceci, qui contredit une analyse courante (que j'ai moi-même relayée sur ce forum...)
selon laquelle l'Arabie Saoudite défend une politique qui conduit à la baisse du prix
pour mettre en faillite l'exploitation des gaz et huiles de schistes aux USA:
L’Arabie saoudite se trouve en fait à l’origine de la chute des prix du pétrole et c’est une chose qu’ils font à leurs propres dépens pour des raisons stratégiques favorables aux Etats-Unis. Le gros des fonds saoudiens à l’extérieur est investi dans les bonds du Trésor des Etats-Unis et dans les banques états-uniennes. Tout cela est une perte sèche pour l’ensemble de la région. L’impérialisme occidental a créé un système régional composé des monarchies du Golfe afin de garantir l’exploitation de leurs ressources, et il se pourrait qu’il en reste ainsi jusqu’à ce que la dernière goutte de pétrole soit extraite de toute la région.
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Message  Copas le Mer 24 Déc - 15:51

4.7% main d’œuvre agricole
25% main d’œuvre industrielle
70 % main d’œuvre dans les "services"
61% d'internautes
83% de population urbaine
52% d'inscription à des études universitaires
(alphabétisation tournant à près de 100%)

L'Arabie Saoudite est aux taquets socialement et politiquement, les soulèvements populaires des pays "arabes", les révolutions "arabes" ont ébranlé le royaume, depuis plusieurs années il existe des frictions....
Le gouvernement des Saouds avait fait d'énormes chèques en 2011 pour calmer les colères sociales et politiques.
Les tensions à l’œuvre viennent du développement de la composante humaine des forces productives, de populations qui ont du mal à supporter le poids de la caste princière.

Le régime, de plus, fait face depuis 15-20 ans à une opposition islamiste (qui a donné naissance à Al Qaïda) et puissante dans la caste dirigeante.

Laisser tomber, voir encourager la chute des cours du pétrole, semble dangereux si ça amène à serrer à arroser moins les saoudiens. Une opposition ouverte risquerait alors de surgir.
Je pense que la chute des cours du pétrole vient plus d'une atonie de l'activité industrielle mondiale réelle.
Après les prédateurs arrivent pour spéculer et exagérer les mvts des couts du pétrole.
Copas
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