Réchauffement climatique

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Re: Réchauffement climatique

Message  Roseau le Mer 17 Avr - 19:57

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Historique et analyse du réchauffement climatique

Message  Roseau le Ven 19 Avr - 15:47

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Déclaration Espace Climat du FSM 2013

Message  Roseau le Mer 24 Avr - 15:37

Pour reprendre notre avenir en main, nous devons changer le présent ! Nos proposition pour « Changer le système, pas le climat »

Ci-dessous la déclaration finale de l’Espace climat réuni durant le dernier Forum social mondial.
Elle est signée par les organisations qui ont facilité la tenue de l’Espace climat.
http://forummarxiste.forum-actif.net/post?t=85&mode=reply
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Re: Réchauffement climatique

Message  Roseau le Dim 28 Avr - 15:01

(Bastamag.net)
La France est-elle vraiment une bonne élève en matière de réduction de gaz à effet de serre (GES) ?

Elle s’est engagée à diviser par quatre ses émissions entre 1990 et 2050. Si l’on s’en tient aux émissions produites sur le territoire national, la France respecte formellement ses engagements. Mais selon le Conseil général de l’environnement et du développement durable (CGEDD), qui dépend du ministère de l’Écologie, « il s’agit d’un résultat en trompe l’œil ».

Car les GES émis pour fabriquer à l’étranger les produits consommés en France ne sont pas comptabilisés. Or, « l’empreinte carbone par habitant des Français a augmenté de 15 % en 20 ans si on prend en compte le solde des échanges extérieurs de GES », précise le CGEDD dans un rapport qui vient d’être rendu public. Deux facteurs auraient en revanche contribué à diminuer les émissions de GES dans l’hexagone : la stagnation économique et la délocalisation d’activités industrielles fortement émettrices. Merci la crise...
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Destruction de la banquise

Message  Roseau le Ven 3 Mai - 13:49

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Dernières nouvelles de la destruction du climat

Message  Roseau le Lun 13 Mai - 20:35

Concentration record de CO2 dans l’atmosphère,
forte hausse des émissions d’origine agricole,
recul annoncé de la biodiversité pour cause de réchauffement...
http://www.journaldelenvironnement.net/article/dernieres-nouvelles-des-changements-climatiques,34610?xtor=EPR-9


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Re: Réchauffement climatique

Message  Roseau le Mar 18 Juin - 2:09

Projections du climat de la France pour le 21ème siècle

À partir d'un ensemble de simulations climatiques réalisées par un grand nombre de modèles,
les chercheurs du laboratoire Sciences de l'Univers au CERFACS (SUC, CNRS/CERFACS)
ont estimé les projections du climat de la France pour le 21ème siècle.

Les modèles climatiques utilisés ont été contraints sur le 21ème siècle
par trois scénarios d'évolution différente des émissions de gaz à effet de serre et d'aérosols.
Selon le scénario le plus sévère, le réchauffement du climat de la France
pourrait atteindre 3,8°C en moyenne annuelle d'ici la fin du 21ème siècle,
et serait plus élevé en été qu'en hiver.
De plus, les précipitations diminueraient fortement en été et augmenteraient légèrement en hiver.
Ces travaux sont publiés dans la revue Comptes Rendus Geoscience, le 30 mai 2013.
Suite du communiqué du CNRS :  http://www2.cnrs.fr/presse/communique/3113.htm
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Re: Réchauffement climatique

Message  Roseau le Jeu 20 Juin - 22:19

Climategate, Public Opinion, and the Loss of Trust

http://abs.sagepub.com/content/57/6/818.full.pdf+html
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Dossier NPA

Message  Roseau le Lun 24 Juin - 0:27

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Re: Réchauffement climatique

Message  Roseau le Mer 26 Juin - 22:27

Les assureurs prévoient un tel désastre qu'ils jettent l'éponge!

Financial Times – Warming oceans make parts of world ‘uninsurable’, say insurers, le 24 juin 2013
http://www.ft.com/cms/s/0/be95e1f2-dcde-11e2-9700-00144feab7de.html#ixzz2XChpOB9q

Financial Times – Reinsurance investment pushes down prices for insurance companies, le 2 juin 2013
http://www.ft.com/intl/cms/s/0/fbea451a-ca2e-11e2-8f55-00144feab7de.html

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Re: Réchauffement climatique

Message  sylvestre le Sam 27 Juil - 16:12

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La CIA aux manettes

Message  Roseau le Mer 14 Aoû - 13:17

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Alternatiba Bayonne

Message  Roseau le Sam 7 Sep - 22:50

Plus de 50 conférences pour découvrir les changements possibles
Le programme détaillé des conférences et tables rondes d’Alternatiba
http://www.bizimugi.eu/fr/alternatiba/
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Dossier réchauffement climatique

Message  Roseau le Mer 18 Sep - 19:08

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Re: Réchauffement climatique

Message  gérard menvussa le Mer 18 Sep - 19:42

Toujours sur "reporterre" :

Les environnementalistes sont plus dangereux que les climato-sceptiques !" Le coup de gueule de Naomi Klein

Hélène Crié-Wiesner et Hervé Kempf (Reporterre)

mardi 17 septembre 2013

Les grandes organisations d’environnement ont une responsabilité aussi grande que les climato-sceptiques dans le présent reflux de la politique écologique : c’est la forte thèse défendue par la journaliste altermondialiste Naomi Klein. Selon elle, le choix de collaborer avec les grandes compagnies et l’idéologie néo-libérale a conduit à l’échec. Ses propos provoquent un vif débat aux Etats-Unis.

La célèbre journaliste canadienne, militante altermondialiste connue pour ses livres No Logo et La Stratégie du choc, vient de déclencher une furieuse polémique au sein du mouvement écologiste nord-américain.

Il y a deux ans, Klein avait écrit dans le journal The Nation que le militantisme climatique et le capitalisme étaient incompatibles. Elle observait que les climato-sceptiques l’étaient pour des raisons idéologiques : ils comprennent très bien que si le changement climatique se produit, la seule façon d’échapper à ses conséquences est de remettre en cause le système économique actuel, le capitalisme. Selon elle, la seule réponse adaptée à la menace climatique résidait « dans la pulvérisation de l’idéologie du marché libre, laquelle a dominé l’économie depuis plus de trois décennies ».

Elle poursuit dans cette voie en accusant cette fois les principaux groupes environnementalistes de n’avoir pas compris cette vérité élémentaire, ce qui les a conduit à nouer des alliances coupables avec les grandes corporations.

Les « Big Greens », mauvais leaders

Voici une traduction partielle des propos de Naomi Klein, tirés d’un long entretien publié par le Earth Island Journal :

« Le mouvement écologiste fait preuve d’un déni profond quand il s’agit des « Big Greens », « les principales organisations environnementales. Selon moi, celles-ci ont fait plus de dégâts que les négationnistes climatiques de droite. Si on a perdu tellement de temps, c’est bien à cause d’elles, qui nous ont tous entrainés dans une direction débouchant sur des résultats déplorables.

Si on examine ce qui s’est passé sous l’égide du protocole de Kyoto dans la dernière décennie– les mécanismes de l’ONU, ceux mis en place par l’Union européenne - , on voit combien tout cela a été désastreux. (…)

La droite avait combattu les échanges de permis d’émission en prétendant qu’ils allaient nous mener à la faillite, qu’on distribuait des aumônes aux grandes compagnies, et qu’en plus ça n’allait pas marcher. La droite avait raison ! Non pas pour la faillite de l’économie, mais pour le fait qu’il s’agissait de cadeaux énormes consentis aux grandes sociétés. Elle avait raison aussi de prévoir que ces mécanismes ne nous rapprochaient pas de ce que souhaitaient les scientifiques, à savoir baisser les émissions. Alors, pourquoi les groupes verts se sont-ils obstinés dans cette voie ? »

Naomi Klein observe que "le niveau de réduction des émissions dont nous avons besoin dans les pays développés est incompatible avec la croissance économique".

Elle rappelle que, dans les années 1970, le mouvement environnemental était très puissant, et avait réussi à imposer un fort appareil législatif pour réduire la pollution. Mais avec l’élection de Ronald Reagan comme président des Etats-Unis, une politique opposée à l’environnement s’est mis en place. Et plutôt que d’y résister, les mouvements environnementaux ont choisi de chercher à collaborer avec les grandes entreprises. Elle cite Fred Krupp, le président d’Environmental Defense Fund, une importante ONG états-unienne, pour avoir clairement énoncé cette politique. Il se trouve, ce qu’elle ne dit pas, que Fred Krupp est un participant régulier du groupe Bildelberg, qui réunit chaque année des grands patrons et des responsables politiques pour définir la politique néo-libérale à appliquer dans le monde.

Ainsi, explique Naomi Klein, « pour les environnementalistes, il s’agissait d’établir des alliances avec les entreprises. Ils n’étaient pas sur la ligne : « Attaquons ces salauds ! », mais sur la ligne : « Oeuvrons ensemble, les salauds et nous ! » Cela revient à désigner les corporations comme acteurs volontaires de la solution. »

« Nous avons globalisé un modèle économique insoutenable d’hyperconsommation. Il se répand dans le monde avec succès, et il nous tue. (…) Les groupes environnementalistes n’ont pas été les spectateurs de ce phénomène, ils en ont été les partenaires. Ils voulaient en faire partie. »

Les grandes ONG d’environnement ont ainsi accepté, voire soutenu, le traité de libre-échange entre le Canada, les Etats-Unis et le Mexique, dit Alena, malgré son l’abaissement des protections de l’environnement qu’il impliquait.

« Je ne dis pas que tous les groupes ont été complices : ni Greenpeace, ni les Amis de la terre, ni, globalement, le Sierra Club. Et ni 350.org, qui n’existait pas encore. Mais cela remonte aux racines du mouvement. (…)

Ces élites historiques avaient décidé de sauver la nature, elles étaient respectées pour cela. Si donc le mouvement environnementaliste avait décidé de les combattre, leurs élites auraient risqué perdre leur aura, et personne n’était vraiment prêt à assumer cela. Je pense que cette situation est largement à l’origine du niveau actuel des émissions de gaz à effet de serre. (…)

La stratégie du soi-disant win-win (gagnant-gagnant) a lamentablement échoué. C’était l’idée générale des échanges de permis d’émission. Les groupes verts ne sont pas aussi malins qu’ils ne le croient. Ils ont joué à trop grande échelle. Nombre de leurs partenaires avaient un pied dans le Climate Action Partnership, et un autre à la Chambre de commerce. »

Naomi Klein observe qu’en Europe, les choses bougent dans un autre sens. Plus de cent organisations ont ainsi pris position pour en finir avec le marché du carbone. « C’est le genre de choses que nous devons faire maintenant. Nous n’avons plus le temps de perdre du temps. »

Les premières réponses outrées – et argumentées – commencent à tomber. Le site ClimateProgress écrit notamment :

« Elle n’a pas seulement tort, elle a profondément tort. Son approche révisionniste est fausse, et contredite par ses propres prescriptions politiques. »

Il souligne notamment qu’en Europe, les émissions de gaz carbonique ont diminué, ce qu’il attribue au marché des émissions, dit ETS (European trading system) :

Evolution des émissions de CO2 et du produit intérieur brut dans l’Union européenne.

A quoi Naomi Klein a répondu à son tour sur son propre site, conseillant d’attendre la parution de son prochain livre, promis pour 2014.

La critique des grandes ONG environnementales a déjà été menée en France. Dans Qui a tué l’écologie ? (éd. Les liens qui libèrent, 2011), le journaliste Fabrice Nicolino a mené une vive charge contre le WWF, FNE et Greenpeace pour leur politique de collaboration avec les grandes entreprises et le gouvernement. De même, dans Comment la mondialisation a tué l’écologie (éd. Les Mille et une nuits, 2012), Aurélien Bernier a montré que l’idéologie néo-libérale a fortement influencé le mouvement écologiste à partir des années 1980.

Source : Hélène Crié-Wiesner et Hervé Kempf pour Reporterre.

Lire aussi : Pour sauver la planète, sortez du capitalisme
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«C'est bien l'homme et c'est encore plus grave"

Message  Roseau le Sam 21 Sep - 19:28

Source: http://www.mediapart.fr/journal/international/200913/climat-observe-des-effets-qui-impliquent-le-role-de-lhomme?onglet=full

La signature du réchauffement anthropogénique commence à être visible,
explique le climatologue Hervé Le Treut.
Une semaine avant la présentation officielle du cinquième rapport du Giec,
il décrit l’évolution de la recherche climatologique,
et expose les enjeux et les attentes auxquels elle est confrontée.

Faites des études scientifiques
(en l'occurrence physique, il me semble...)
pour devenir climatologue.
Il est (encore) temps.
Job assuré, fondamental et motivant!

Je copie en intégral car payant...A votre service!

Par Michel de Pracontal
Le 28 septembre, à Stockholm, sera présenté officiellement le cinquième rapport sur le changement climatique établi par les scientifiques du Giec3, le groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat. Depuis le précédent rapport, paru en 2007, les climatologues ont recueilli de nouveaux indices démontrant une forte influence de l’homme sur le changement climatique. Les conséquences du réchauffement anthropogénique sont également revues à la hausse, sur la base d'informations de plus en plus nombreuses (voir notre article ici).

Si la science climatique a considérablement progressé en une génération, elle est aussi plus que jamais exposée aux critiques du public comme aux attaques des lobbies industriels. Le climatologue Hervé Le Treut, professeur à l’université Pierre-et-Marie-Curie et directeur de l’Institut Pierre-Simon-Laplace (IPSL), a participé aux travaux du Giec pratiquement dès la création du groupe, dont le premier rapport date de 1990. Il expose sa conception de l’évolution de la recherche climatologique, et décrit les enjeux et les attentes auxquels elle est confrontée.

Comment définiriez-vous l’évolution de la science du climat au cours des vingt ou trente dernières années ?

Lorsque cette recherche a commencé dans les années 1970, la perspective du changement climatique résultait d’une construction basée sur des modèles et des arguments physiques. Un enjeu scientifique essentiel a été pendant beaucoup d’années d’apporter des preuves de la réalité de cette construction. Aujourd’hui, nous en savons largement assez pour dire que la diminution des émissions de gaz à effet de serre est une urgence. La signature du changement anthropogénique commence à être visible : on observe que le réchauffement est plus fort dans l’Arctique, qu’il est plus marqué dans la basse atmosphère, et l’on constate au contraire un refroidissement dans la stratosphère. Des études statistiques très soigneuses utilisant cet ensemble d’observations montrent que ces effets ne s’expliquent pas par la variabilité naturelle, mais impliquent le rôle de l’homme.

Il y a trente ans, on n’avait pas de point de comparaison pour détecter la signature du réchauffement anthropogénique. Avec le recul d’une génération, il devient possible de passer de l’anticipation théorique à l’étude concrète du phénomène. Et cela d’autant plus que pendant ces trois décennies, la recherche a fait d’énormes progrès. Il n’est plus possible, aujourd’hui, de maîtriser l’ensemble des connaissances, d’être un généraliste du climat. Les outils d’observation se sont multipliés, grâce aux satellites, aux bouées et balises de mesure, aux sondes océanographiques, etc. Il y a quinze, vingt ans, les carottes de glace prélevées en Antarctique ont commencé à livrer des informations sur l’histoire du climat. Plus récent, le « A-train », constellation de satellites lancés entre 2002 et 2009, nous renseigne sur la constitution de l’atmosphère, les nuages, les aérosols, l’ozone, etc. On dispose aussi de nouveaux outils de télédétection satellitaire pour mesurer les variations de masse des calottes glaciaires.

Parallèlement aux outils d’observation, la puissance de calcul des machines a constamment augmenté et les modèles se sont beaucoup précisés et complétés. Les chercheurs ont accru leur capacité à tirer parti d’informations de plus en plus nombreuses, avec des moyens techniques de plus en plus importants. Ainsi, la connaissance de ce qui se passe dans l’océan a fait de grands progrès depuis le précédent rapport du Giec, en 2007.

Ces progrès doivent beaucoup à la coopération entre de nombreuses équipes qui ont mis en commun leurs ressources. Les sciences du climat se sont développées grâce à la réunion d’une communauté de plus en plus large, issue au départ du domaine de la prévision météo, utilisant en particulier le développement de la technologie des satellites. Ces sciences avancent très rarement sous l’impulsion d’un créateur solitaire, une rare exception étant le travail pionner du météorologue américain Jule Charney, ce même Charney qui en 1979 va coordonner un rapport toujours pertinent annonçant les évolutions climatiques à venir du fait des activités humaines.

Mais de manière générale, l’essor de notre discipline n’est pas dû à des idées qui auraient tout changé. Les concepts de base étaient en place dès le départ. Il n’y a pas eu de révolution théorique, mais un progrès dans la mise en œuvre de concepts qui étaient souvent déjà présents. La notion de biosphère, par exemple, a été inventée par le chimiste russe Vladimir Vernadski3 dès 1926. C’est bien l’œuvre collective de milliers de personnes, dans des centaines de laboratoires, qui a été déterminante.

Votre discipline met en évidence les effets de l’action humaine, et donc de notre mode de vie, sur l’environnement. De ce fait, elle est particulièrement exposée aux critiques du public et aux attaques des lobbies industriels. Pour un scientifique, est-il difficile de remplir son rôle dans un domaine aussi sensible et soumis à des pressions multiples ?

Il est vrai que notre travail est devenu plus difficile. Nos recherches suscitent des attentes, elles sont soumises au regard de beaucoup de monde. On est un peu pris entre deux feux : d’un côté, nous voulons que nos travaux soient utiles, de l’autre, il ne nous revient pas d’arbitrer les choix. Le Giec évalue les connaissances sur un mode « policy relevant », pertinent du point de vue des politiques ; il fournit une synthèse des connaissances qui peut servir de base aux décisions des gouvernements. Mais en même temps, nous ne devons pas avoir un discours prescriptif. Si ce sont les scientifiques qui disent ce qu’il faut faire, on se retrouve dans un gouvernement de technocrates – comme cela a souvent été reproché, en France, aux scientifiques du nucléaire. Nous avons besoin de rester dans notre position de scientifiques et d’être identifiés comme tels, et non comme les agents de tel ou tel lobby.

Beaucoup de gens nous considèrent comme des militants d’une cause écologique et nous risquons d’être pris dans un jeu partisan. Si la science ne tient pas son rôle, qui relève de la connaissance et non de la décision politique, le débat part dans tous les sens. Notre rôle, vis-à-vis de la société, est de poser des questions, d’aider à réfléchir. Nous devons rendre nos recherches exploitables mais il doit y avoir un ailleurs. Tout ne peut pas se jouer à l’intérieur de la science. Le choix politique ne peut pas se réduire à une démarche scientifique. A contrario, la manière dont nos sociétés utilisent les informations scientifiques reste limitée. Mais si la communauté scientifique s’était tue, il ne se serait rien passé du tout. Les scientifiques ont choisi de jouer ce rôle de lanceurs d’alerte, ce qui affecte la manière dont ils sont perçus. Les sciences du climat n’ont pas été créées pour lancer l’alerte au réchauffement, mais bien sûr leur notoriété et leur médiatisation résultent pour une grande part de cette dimension.

«On est passé d'une science qui pouvait faire rêver à une science qui fait un peu peur»

Pour les climatologues, être considérés uniquement comme des lanceurs d’alerte est assez réducteur. Il leur arrive de regarder avec envie les astrophysiciens qui font rêver avec Mars ou avec les découvertes de la cosmologie. On ne fait pas rêver avec le changement climatique. Et pourtant, la motivation initiale qui a fait naître cette science relève d’une curiosité, d’un désir d’exploration : chercher à comprendre comment fonctionne notre planète, comment l’océan et les courants interagissent avec l’atmosphère, les vents, les nuages. Étudier ces relations complexes est passionnant, et relève d’une vraie démarche d’exploration. Bon nombre de chercheurs passent beaucoup de temps sur des bateaux dans le Pacifique, l’océan Indien ou les régions polaires… En somme, on est passé d’une science qui pouvait faire rêver à une science qui fait un peu peur. C’est presque un changement d’identité.

C’est aussi une science qui suscite la polémique. Les attaques des climato-sceptiques ne désarment pas. Qu’est-ce que les scientifiques peuvent répondre à ceux qui mettent en doute la réalité du réchauffement climatique et de son caractère anthropogénique ?

Un point central de l’argumentation des scientifiques tient à la multiplicité et à la cohérence des éléments de preuve. L’attitude sceptique – l’image n’est pas de moi mais elle est très juste – se fonde souvent sur une représentation de la théorie climatique comme un château de cartes : il suffirait de retirer une carte pour que tout l’édifice s’écroule. Par exemple, le fait que le rythme du réchauffement ait ralenti depuis une quinzaine d’années, ce que l’on appelle le « hiatus » du réchauffement, a été exploité pour nier la réalité du changement. Mais il ne suffit pas d’un fait isolé pour invalider toute la théorie, parce que la validation ne se situe pas au niveau de la preuve individuelle. Ainsi, le hiatus peut s’expliquer de différentes manières compatibles avec le réchauffement anthropogénique : par des fluctuations naturelles, par le rôle des océans qui absorbent une partie de la chaleur en excès, etc.

Plutôt que comme un château de cartes, on peut se représenter la théorie comme un puzzle qui se complète peu à peu. Les pièces qui s’ajoutent les unes aux autres accroissent la cohérence de l’ensemble, donnent une vision de plus en plus nette.

Des enquêtes ont montré que le climato-scepticisme a été alimenté par des lobbies industriels, notamment aux États-Unis où la discussion sur le climat et les enjeux énergétiques est un point de fracture dans la vie politique. Mais le scepticisme est aussi une attitude légitime d’un très grand nombre de personnes auxquelles il importe de répondre de manière argumentée.

Au-delà du cas des États-Unis, les intérêts économiques et nationaux ne risquent-ils pas d’entraîner le rejet du message scientifique, en dépit du fait qu’il repose sur des preuves de plus en plus solides ?

C’est bien sûr possible, et dans beaucoup de domaines le plus difficile n’est pas de reconnaître l’existence d’un problème, c’est de décider d’une action précise pour y répondre. Le problème climatique est global, il est posé à l’échelle de la planète. Mais les réponses ne sont pas unanimes, loin de là. Les pays sont très inégaux par rapport à la ressource énergétique, et leurs attitudes très différentes. En Europe, la France a fait du nucléaire sa solution majeure alors que l’Allemagne fait appel aux énergies renouvelables et au charbon pour la transition. Difficile de concevoir deux choix plus opposés !

Cependant il faut sans doute se garder d’idées trop simples. Si l’on regarde la Chine, à qui l’on reproche ses centrales à charbon, avec l’œil du climatologue, il paraît difficile de penser qu’elle sous-estime le changement climatique. Car celui-ci la concerne fortement : les fluctuations de la mousson d’une année à l’autre influencent l’économie du pays selon qu’elle se décale plus ou moins vers le nord, et l’évolution à moyen terme de ce processus est difficile à anticiper. Il y a aussi un risque de désertification à l’est, des typhons à l’ouest, des terres arables limitées... Des actions telles que la limitation démographique ou le barrage des Trois-Gorges diminuent les émissions d’énergie carbonée. Et elles sont revendiquées à ce titre par le gouvernement chinois, même si elles restent très controversées en Occident sur les plans éthique et environnemental. Mais les pays émergents, qui sont souvent très vulnérables aux changements climatiques par leur position géographique, ne resteront certainement pas immobiles face au problème du réchauffement.

Je crois que beaucoup de gens voient les grandes négociations internationales sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre comme un enjeu lointain et qui leur échappe. Pourtant cette réduction reste nécessaire et urgente. Mais une autre dimension devient très importante : à l’échelle des différentes régions du monde, il va falloir s’adapter à un certain nombre de changements qui sont désormais inéluctables, du fait que l’effet des émissions est différé de plusieurs décennies. Le diagnostic des impacts régionaux du changement climatique et la mise en place de l’adaptation sont étudiés par le groupe de travail II du Giec, dont je fais partie. Scientifiquement, les problèmes d’adaptation sont très complexes. On ne parle plus seulement d’un danger global, mais on doit se demander quel danger particulier menace telle ou telle région, comment il se manifeste, de quel paramètre il dépend le plus fortement. On n’a pas de réponses complètes, et il n’est pas sûr que ce soit totalement prévisible. On parle en termes de risques, avec une approche probabiliste.

On doit mettre le risque climatique en lien avec d’autres risques : celui de la perte de la biodiversité, ou de pénurie alimentaire, ou de limitation des réserves d’eau, et cela à une échelle régionale. Ainsi, aux Pays-Bas, on mène une discussion sur les polders, afin de déterminer ceux qu’il faudra arrêter de défendre, d’ici vingt ou trente ans. Certaines zones sensibles seront abandonnées parce que trop difficiles à protéger, et il faudra reloger les habitants.  

Autre exemple : je viens de participer à un travail collectif, associant près de 150 chercheurs, sur les impacts du changement climatique en Aquitaine3. À l’échelle d’une telle région, on peut décliner une multiplicité d’éclairages, avec des niveaux de problématiques différents : quels sont les rôles respectifs de la forêt et de la vigne ? Comment se pose le problème de partage de l’eau ? Que faire contre les espèces invasives ? Faudra-t-il changer les cépages traditionnels pour les adapter au réchauffement ? Faut-il cultiver du maïs, qui nécessite beaucoup d’eau et d’espace ? Comment protéger les zones submersibles comme le bassin d’Arcachon et l’estuaire de la Gironde ? Comment l’utilisation de l’énergie nucléaire peut-elle être affectée par les contraintes d’accès à l’eau nécessaire pour le refroidissement, et par le risque d’inondation ? Comment adapter l’urbanisme d’une ville comme Bordeaux à un climat qui ressemblera à celui d’une ville d’Espagne ? Etc.

L’échelle régionale soulève toute une variété de questions qui ne se limitent pas à celle de la réduction des gaz à effets de serre. Questions auxquelles l’analyse scientifique fournit des éléments de réponse, mais ni certitudes ni solutions toutes faites. Les arbitrages peuvent bénéficier des données de la science, ils ne peuvent pas en être déduits directement. Comment décider s’il faut ou non replanter la forêt des Landes, dont une partie a été abattue ? Il existe de nombreux arguments pour ou contre. Mais tout ne se résume pas à des critères scientifiques. En fin de compte, beaucoup de gens ont envie de replanter cette forêt simplement parce qu’ils l’aiment bien…      
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Re: Réchauffement climatique

Message  Roseau le Ven 27 Sep - 12:58

Ce vendredi à 10 h, le groupe scientifique de l'ONU sur le climat, le GIEC,
a présenté à Stockholm son cinquième rapport.
Reporterre a pu le consulter en avant-première et en présente les principales conclusions.

Si les émissions de gaz à effet de serre continuent au rythme actuel,
le réchauffement atteindra entre 2,6 °C et 4,8 °C à la fin du siècle.

http://www.reporterre.net/spip.php?article4744
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Bombe climatique cachée dans rapport du GIEC

Message  Roseau le Jeu 3 Oct - 15:59

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Re: Réchauffement climatique

Message  Roseau le Jeu 3 Oct - 16:07

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Re: Réchauffement climatique

Message  Roseau le Ven 4 Oct - 0:31

Comment reconnaître un climatosceptique, en sept contrevérités
http://www.bastamag.net/article3339.html
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Re: Réchauffement climatique

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