L'énergie nucléaire

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Re: L'énergie nucléaire

Message  Roseau le Mar 5 Avr - 19:07


Désolé pour les deux nucléocrates du forum, mais la raison progresse:

Arrêt des négociations Moscou-Sofia pour une centrale
http://www.romandie.com/ats/news/110405151021.csgkzg5t.asp


@ Vérosa: tu peux trouver d'autres exemples aussi parlant que les salaires.
Moi, je me souviens de militants (devinez d'où, faut pas les enfoncer) qui disaient que la libération des femmes, ce serait le socialisme. Pas de chance, je connaissais l'Etat ouvrier (encore tel sous Poutine soit disant...) j'avais quand même des doutes...
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Re: L'énergie nucléaire

Message  nico37 le Mar 5 Avr - 19:48

http://forum.anarchiste-revolutionnaire.org/viewtopic.php?f=73&t=4748&p=60364

barcelone 36 a écrit:les copains japonais de la "révolte des amateurs" qu'on avait reçu à Rennes fin novembre organise une grosse manif dans leur quartier de Tokyo, ils demandent à ce que des initiatives soient faites partout dans le monde ce jour là...avis aux gens motivés donc...

on devrait faire un petit rassemblement à Rennes dimanche aprem normalement...

http://410nonuke.tumblr.com/
April 10th! Let’s do it!

As a result of the earthquake, the Fukushima nuclear power plant is now in a terrible situation.

Even though we’ve always been told that it’s a safe and green power, in the end, an accident happened and radiation is being leaked!! It’s dangerous!! It’s frightening!! To boot, the rescue in areas affected by the disaster is being set back, and the neighboring fishes, vegetables, houses, everything, has been ruined. Really, give me a break. We’d be better off getting rid of nuclear power at once.

As this really pisses me off, let’s trigger a super huge demonstration and show them what we really want!
April 10, Kouenji! Not only there, but let’s take action at the same time all over the country and the world!
Call to action: Shirouto no Ran (Amateur revolt)
http://www.shirouto.org/

Donations gathered at the demonstration in Koenji on April 10th will be further donated to the the following groups;
1. Minami (South) -Souma city in Fukushima, via the Koenji shopping district association. Minami (South)-Souma city is located within the 20 - 30 kilometer radius of the Fukushima nulcear power plant, and is designated as “evacuation within residence” area. This is an area which has been hit by both earthquake/tsunami and nuclar leak.
2. There is a support group of d.i.y. bands in action. They have alerady begun to bring supplies to the disastered areas with their band vans. Please donate here!
http://hrp-diymusic.blogspot.com/

ci dessous des slogans en japonais pour les banderoles

]

nico37

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Re: L'énergie nucléaire

Message  fée clochette le Mar 5 Avr - 21:14

http://www.lemonde.fr/planete/chat/2011/04/05/energies-renouvelables-une-alternative-credible-au-nucleaire-et-aux-energies-fossiles_1503110_3244.html

Bernard Laponche, physicien nucléaire, expert en politique énergétique, ancien directeur de l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe)
"Tous les prétextes ont été bons pour limiter le développement des énergies renouvelables"
pour Le Monde.fr | 05.04.11 | 10h41 • Mis à jour le 05.04.11 | 18h5

DANS UN CHAT SUR LEMONDE.FR, BERNARD LAPONCHE, PHYSICIEN NUCLÉAIRE, EXPERT EN POLITIQUE ÉNERGÉTIQUE, ANCIEN DIRECTEUR DE L'ADEME, ESTIME QUE LA RÉDUCTION DE LA PART DU NUCLÉAIRE DANS LA PRODUCTION D'ÉLECTRICITÉ, JUSQU'À SA DISPARITION D'ICI UNE VINGTAINE D'ANNÉES, EST UN CHEMIN CRÉDIBLE.

Jean : Au regard du facteur de charge des énergies renouvelables : 20-25% pour l'éolien et 10-15% pour le solaire, contre 60-90% pour le nucléaire et les énergies fossiles, n'est-il pas illusoire de penser pouvoir répondre à la demande mondiale uniquement par ces énergies dites "vertes" ?

Bernard Laponche : Un certain nombre d'énergies renouvelables sont effectivement intermittentes ou variables. Par exemple, le photovoltaïque ne marche que le jour, l'éolien a besoin de vent. En revanche, l'hydraulique au fil de l'eau marche en permanence, donc a un facteur de charge du même ordre que celui du nucléaire ou des fossiles. Et quant à l'hydraulique de barrage, elle est faite exprès pour fonctionner en périodes de pointe, pour suivre la courbe de charge de la consommation, ce que ne peut pas faire le nucléaire, par exemple.

Ensuite, c'est vrai qu'une éolienne ou un parc d'éoliennes dans un lieu donné a une production variable avec le vent, mais si l'on prend un territoire géographique assez étendu, on sait qu'il y a des compensations, et cette variabilité est beaucoup moindre.

Deuxièmement, il ne faut pas raisonner sur une seule énergie renouvelable. Ce qui est important, c'est la combinaison des énergies renouvelables. Et si l'on combine hydraulique, éolien, photovoltaïque et biomasse, celle-ci pouvant suivre n'importe quelle courbe de charge, on voit qu'on peut répondre à la demande aussi bien qu'avec des centrales à combustible fossile.

Si la demande mondiale continue à augmenter au rythme actuel, ni les fossiles, ni le nucléaire, ni les énergies renouvelables ne pourraient y répondre. Il faudrait les ressources de quatre planètes. Donc le premier effort doit porter sur les économies d'énergie, la réduction très forte de consommation des pays riches.

A cette condition, et à l'horizon d'un demi-siècle, je pense qu'on peut arriver à ce que l'ensemble de la consommation mondiale d'énergie soit couvert par les énergies renouvelables.

Denis : Ne pensez-vous pas qu'il faille privilégier la sortie du pétrole plutôt que celle du nucléaire ?

Là encore, la situation de la France est très particulière par rapport aux autres pays. Si vous vous placez au niveau mondial, le pétrole représente 33 % de la consommation d'énergie mondiale, l'uranium, 6 %. Donc au niveau mondial, la question du pétrole est prépondérante, et la question du nucléaire est tout à fait secondaire.

En d'autres termes, si on considérait globalement qu'il faut arrêter le nucléaire, cela ne changerait pas grand-chose, alors qu'en France c'est un problème majeur car les trois quarts de notre consommation d'électricité sont assurés par le nucléaire.

Donc la France a un double problème : une dépendance au pétrole, à peu près la même que celle des autres pays, et doit donc faire des politiques de réduction de la consommation de pétrole, c'est-à-dire agir essentiellement sur les transports ; et elle a aussi une dépendance au nucléaire, et doit donc faire des économies d'électricité.

Par rapport à ces deux dépendances, elle doit développer des énergies renouvelables à la fois pour la production d'électricité et pour la production de chaleur.

Elise : Le nucléaire monopolise environ 90 % du budget recherche sur l'énergie en France ? Ne faudrait-il pas commencer par réorienter cet argent pour offrir à d'autres énergies moins dangereuses et si possible renouvelables la possibilité d'évoluer véritablement ?

Il y a une disproportion évidente et historique entre les budgets de recherche sur le nucléaire – il faut voir par exemple l'argent consacré à ITER – et ceux consacrés aux énergies renouvelables. Il y a deux raisons à cela : d'une part, l'Etat a toujours considéré que le nucléaire devait être prioritaire ; et d'autre part, le nucléaire est tellement complexe que les recherches nécessaires sont sans fin. Et d'une façon générale, s'il n'y avait pas un soutien permanent et très fort de l'Etat sur le nucléaire, il est certain qu'il y a longtemps qu'on l'aurait abandonné.

Annie Laroquebrou : Parmi les pays ayant à peu près le même niveau de vie que la France, que sait-on des consommations d'énergie électrique par habitant ?

Je peux vous donner l'exemple pour deux pays voisins, la France et l'Allemagne : les consommations d'électricité par habitant en 2008 sont pour l'Allemagne 6 000 kWh par an, et pour la France, 7 000 kWh, donc nettement plus. D'autre part, l'industrie allemande est plus importante que l'industrie française, et donc une part importante de l'électricité en Allemagne va vers son industrie.

La consommation d'électricité dans le secteur résidentiel en France comprend une part importante pour le chauffage électrique, ce qui est une aberration. Mais même si on compare les consommations dans ce secteur entre l'Allemagne et la France, sans compter les utilisations thermiques – le chauffage, l'eau chaude et la cuisson –, la consommation en Allemagne par habitant est inférieure de 20 % à 30 % par rapport à celle de la France.

Autre exemple : la Californie, l'un des Etats parmi les plus riches et les plus développés de la planète, probablement. La consommation d'électricité par habitant est de 6 000 kWh par an, donc nettement inférieure à celle de la France. Cela montre qu'il y a un potentiel très important d'économies d'électricité en France, par exemple dans l'industrie, où on introduit partout des moteurs très performants, sachant que 70 % de la consommation d'électricité dans l'industrie est justement celle des moteurs. Dans le secteur des bâtiments – logements ou activités tertiaires –, il y a des dépenses de chauffage et d'eau chaude qui peuvent être assurées par autre chose que par l'électricité, et en particulier par le chauffe-eau solaire, qui est une technique très simple, très répandue dans certains pays.

Il est quand même assez étonnant de constater qu'il y a dix fois plus de chauffe-eau solaires en Allemagne qu'en France, alors que notre potentiel solaire est beaucoup plus important que celui de l'Allemagne.

Super5 : L'Allemagne, qui veut sortir du nucléaire, fonde son modèle énergétique sur le charbon, le pétrole... et l'importation d'électricité nucléaire française ! Peut-on parler d'hypocrisie ?

La question a beaucoup de points faux. Il y a deux légendes : l'Allemagne se repose essentiellement sur le pétrole, et celle de l'importation d'électricité. La France importe plus d'électricité d'Allemagne que celle-ci n'en importe de France. Donc l'hypocrisie est plutôt du côté de la France, qui importe une électricité dont la production génère des émissions de CO2, qui ne sont pas comptées en France.

Deuxièmement, sur le pétrole par habitant, la France consomme un peu plus de pétrole que l'Allemagne. En ce qui concerne le charbon, il est surtout utilisé en Allemagne pour la production d'électricité, dont il représente 40 %. A comparer aux 80 % de nucléaire en France. D'autre part, si on regarde la production d'origine renouvelable, en 1991, l'année de la réunification de l'Allemagne, la part des renouvelables dans la production d'électricité en Allemagne était de 4 %. Aujourd'hui, elle est de 18 %, et l'objectif pour 2020 est de 35 %. C'est-à-dire supérieur à la part du nucléaire pour la production d'électricité en Allemagne, qui est de 30 %.

A l'inverse, la France avait une proportion de production d'électricité d'origine renouvelable de 11 % en 1991, surtout basée sur la composante historique hydraulique, les grands barrages des années 1950, et cette proportion n'est que de 14 % aujourd'hui. Donc on voit bien que l'Allemagne s'est placée sur une trajectoire plus importante du côté efficacité énergétique, d'une part, et beaucoup plus importante du côté du développement des énergies renouvelables.

Patrick : Au delà de l'incitation simple à l'économie d'énergie, comment changer les comportements ? En augmentant les prix ?

Effectivement, il y a de bons esprits qui expliquent que c'est très simple, il suffit d'augmenter considérablement les prix, les gens seront coincés, et on baissera les consommations d'énergie. C'est très discutable à deux points de vue.

Le premier, c'est que dans certains cas, vous êtes obligé d'utiliser votre voiture parce qu'il n'y a pas de transports en commun, donc l'augmentation des prix réduira vos ressources financières, mais pas forcément la consommation d'énergie. A ce moment-là, l'effet des prix entraînera chez les gens les plus pauvres ou même la classe moyenne une réduction du niveau de vie, du confort. Ce ne sera donc pas une méthode qui conservera le type de vie qu'ils avaient, mais qui représentera des restrictions.

C'est encore plus vrai pour les pays pauvres au niveau de la planète, qui importent des produits pétroliers très chers. De la même façon qu'on peut ruiner les moins riches dans les pays riches, on peut certainement ruiner les pays pauvres. C'est donc une réponse facile, mais qui peut être inefficace, et qui est extrêmement injuste.

La deuxième attitude, c'est qu'il y ait à la fois des prises de conscience qui font qu'on a un comportement différent par rapport à l'énergie. Par exemple la température de confort, même du point de vue de la santé, on dit que c'est plutôt 19°C que 23°C. C'est donc mieux du point de vue énergétique, mais aussi de celui de la qualité de vie.C'est vrai pour beaucoup de choses. Par exemple quelqu'un, que ce soit chez lui ou au bureau, ne laissera pas un robinet ouvert. En revanche, il laissera la lumière allumée.

Donc on peut jouer sur les comportements d'usage et les comportements d'achat, par exemple, acheter des appareils plus efficaces. Personnellement, j'ai travaillé dans beaucoup de pays sur cette question d'économies d'énergie, et je pense que les réglementations, les informations, le développement de bâtiments qui consomment peu, la commercialisation d'appareils efficaces, c'est-à-dire des politiques et des mesures, sont beaucoup plus efficaces et intelligentes que l'effet prix.

Orel : Quelle crédibilité accordez-vous aux propositions de sortie du nucléaire en France à l'horizon 2050 avancées notamment par le Parti socialiste et Europe Ecologie-Les Verts ?

Sur les politiques proposées actuellement, je pense qu'il faut qu'elles soient exprimées clairement, c'est-à-dire que la priorité doit être donnée aux économies d'énergie et d'électricité. Dans ces conditions, il est crédible de modifier profondément le système énergétique et de réduire progressivement la part du nucléaire dans la production d'électricité, jusqu'à arriver à son extinction sur une vingtaine d'années, et d'assurer une part très majoritaire de la production d'électricité par des énergies renouvelables. Mais la crédibilité repose sur la mise en place de programmes effectifs de rénovation énergétique des bâtiments, de transports collectifs, de trains et de diffusion d'équipements et d'appareils performants.

Nicolas : A l'échelle de la France, compte tenu de sa géographie (vent, fleuves, rivières, ensoleillement...), peut-on sortir d'un modèle 80-85% thermique ou nucléaire sans recouvrir le territoire de panneaux solaires ou d'éoliennes ?

Ogier : J'ai entendu dire que, en France, pour passer du nucléaire à des énergies renouvelables telles que les éoliennes, il faudrait des parcs à éoliennes d'une superficie plus grande que celle de la France elle-même. Est-ce correct ?

Barbara : Le potentiel énergétique de la France toutes énergies renouvelables confondues permet-il de supprimer totalement le nucléaire ?

Il faut voir que le premier avantage des énergies renouvelables est leur caractère local. Je reviens sur l'exemple des chauffe-eau solaires. Il doit y en avoir quelques unités sur la ville de Marseille, alors que l'ensoleillement y est colossal. Donc on pourrait, en équipant les toitures d'une ville comme Marseille, avoir une production pour le chauffage et l'eau chaude considérable, sans gâcher quoi que ce soit et occuper des terrains. C'est un peu pareil pour le photovoltaïque. Il est évident qu'il ne faut pas mettre de grandes installations photovoltaïques sur des terres agricoles. En revanche, on peut équiper des terrains stériles, mais surtout, là encore, équiper les toitures.

De la même façon, nous avons en France un potentiel considérable de biomasse, et on sait qu'une forêt bien entretenue fournit un potentiel annuel très important pour la production de chaleur et même d'électricité, avec des unités de taille petite adaptées aux besoins locaux. Par exemple les petits réseaux de chaleur. Et encore une fois, l'entretien de la forêt est plutôt favorable au respect du patrimoine que l'inverse. Donc on peut très bien développer beaucoup plus les énergies renouvelables sans gaspiller des terrains ou détruire des forêts. C'est moins destructeur que de faire des trous pour le gaz de schiste.

Melajara : Quelle est la véritable raison pour laquelle l'Etat a tué l'économie florissante qui commençait à s'établir à propos des équipements solaires ? Pression du lobby électronucléaire ?

D'une part, la seule préoccupation sur ces questions énergétiques, à part des efforts assez importants sur les économies d'énergie et même sur les énergies renouvelables, entre le premier choc pétrolier de 1975 et le contre-choc pétrolier de 1986, a été le soutien inconditionnel au programme nucléaire. Dans ces conditions, le développement des énergies renouvelables, malgré les déclarations fanfaronnes, a été considéré comme contradictoire à cette domination nucléaire. Et par conséquent, de la même façon qu'il a été pratiquement impossible de faire des économies d'électricité, tous les prétextes ont été bons pour limiter le développement des renouvelables. Et il est clair que le lobby électronucléaire a été et reste extrêmement actif dans ce domaine. Le drame est qu'il est totalement soutenu par l'appareil d'Etat.

Tania : Les énergies renouvelables sont-elles plus chères pour le consommateur ?

Gwendal : Quel budget pour passer au "tout renouvelable" ?

Sur la question des coûts, premier point : ce qui compte, ce n'est pas seulement le coût de l'énergie, c'est à combien vous revient un service rendu, le confort dans votre maison. Donc la comparaison n'est pas seulement entre différentes façons de produire de l'énergie ou de l'électricité, mais aussi la question de la consommation. Et on comprend bien que si j'ai une maison très bien isolée et qui utilise au mieux les apports solaires, ma facture énergétique, quel que soit le produit énergétique que j'utilise, sera très inférieure. Donc du point de vue économique, ce sont à nouveau les économies d'énergie qui sont prioritaires.

Si maintenant on compare les coûts de production de l'électricité, ce que l'on constate d'abord, c'est que depuis le début de la construction des centrales nucléaires, le coût du kWh nucléaire n'a cessé d'augmenter. Le dernier exemple étant le coût estimé aujourd'hui du kWh produit par la nouvelle centrale EPR, qui est très supérieur au coût des centrales précédentes.

Il faut également tenir compte du fait que certains coûts ne sont pas correctement pris en compte, comme le coût du démantèlement des centrales, et celui des déchets radioactifs, dont on sait que c'est une dépense qui durera très longtemps.

A l'inverse, le coût du kWh produit par les énergies renouvelables est nettement inférieur pour l'hydraulique, proche de la compétitivité pour l'éolien et la biomasse, encore nettement supérieur pour le photovoltaïque, mais le coût de celui-ci diminue actuellement d'environ 5 % par an. Donc on peut dire que très probablement aux environs de 2020, du fait de l'augmentation plus que probable des coûts des combustibles fossiles et du nucléaire, la compétitivité sera atteinte pour pratiquement toutes les énergies renouvelables.

Jp Guébourg : Merci de nous parler des grands espoirs que représente la biomasse.

Tao : Les énergies alternatives ne concernent pas uniquement les éoliennes et les panneaux photovoltaïques, pourquoi n'est-il pas fait mention des centrales solaires thermodynamiques et de géothermie à haute température ?

Marc : Quand on parle d'énergies renouvelables, on cite toujours l'éolien et le solaire. On ne parle jamais des hydroliennes. Or l'hydrolien présente une efficacité plus élevée car les courants marins sont toujours là, contrairement au vent ou au soleil absent la nuit. Croyez-vous que l'hydrolien constitue une alternative crédible ? Où en est le développement dans ce domaine ?

Le mot énergie renouvelable recouvre des techniques très différentes. Celles qui sont aujourd'hui sur le marché et qui se développent le plus, c'est l'hydraulique, la biomasse, et plus récemment, l'éolien et le photovoltaïque. Mais il y en a bien d'autres.

Commençons par la biomasse. J'en ai parlé pour la production de chaleur ou d'électricité. Il y a aussi la possibilité de produire des carburants. Mais il faut faire très attention car il ne faut pas que cette production prenne le pas, d'une part sur la production agricole, et, d'autre part amène, comme c'est déjà le cas dans certains pays, à la destruction des forêts primaires. Je crois qu'il faut résister à cette tentation de trouver un nouvel "eldorado vert".

Les autres sources : d'abord la géothermie, qui utilise l'eau chaude à température moyenne pour le chauffage, comme en Ile-de-France. Cela pose parfois des problèmes de corrosion, mais c'est une énergie intéressante. On peut aussi utiliser la chaleur de la terre ou des nappes d'eau pour des pompes à chaleur.

Il existe quelques projets de géothermie à haute température en zones volcaniques, comme à Bouillante, en Guadeloupe, et des expérimentations sur la chaleur des roches profondes. L'autre grande catégorie, ce sont les énergies marines, comme la marémotrice, les hydrauliennes, et l'énergie des vagues.

Enfin, effectivement, le solaire, qui est utilisé pour la production de chaleur ou d'électricité, comprend également les centrales thermodynamiques par concentration du rayonnement solaire par des miroirs.

Patrick : Et l'Europe dans tout ça ? Que pensez-vous de la dynamique européenne en matière d'énergies renouvelables ?

Pour le moment, la France est tirée par l'Europe. Il y a un certain nombre de pays en pointe, et petit à petit, l'Europe progresse en suivant les meilleurs. C'est ainsi que les directives sur les équipements efficaces, l'étiquette sur les performances des appareils sont venues d'Europe. De même, les directives sur la part d'énergies renouvelables dans la consommation d'énergies en 2020. Et auparavant, les obligations sur la part dans la production d'électricité. Et aussi les directives sur la qualité énergétique des bâtiments, et même la directive très précise sur l'efficacité énergétique. Donc, quelquefois, on peut se plaindre de l'Europe, mais sur le plan de l'efficacité énergétique et des énergies renouvelables, elle est plutôt moteur, surtout le Parlement européen. Car sur ces questions, chaque Etat, à part quelques-uns, a tendance à freiner, et le Parlement européen est en avant par rapport aux Etats.
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Re: L'énergie nucléaire

Message  Roseau le Mar 5 Avr - 22:10

Merci Fée.
A faire circuler
Des données précises et précieuses, par un type a priori fiable.
Toujours bon de recouper...
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Deux super documentaires à faire circuler

Message  Roseau le Mer 6 Avr - 2:57

Le nucléaire comme catastrophe intégrale.

Là où il y a des centrales nucléaires, il y a eu, il y a et il y aura des accidents nucléaires. Mais l’accident nucléaire, comme à Fukushima, Tchernobyl, ETC., ne doit pas être confondu avec la catastrophe nucléaire. La catastrophe c’est le nucléaire lui-même, elle commence avec la fabrication d’armes nucléaires, l’installation de centrales et la prolifération de déchets. L’accident constitue seulement le moment où le nucléaire comme catastrophe devient visible pour tous. "Il n’y a pas d’alternative au nucléaire", nous dit-on. Pas d’alternative compte tenu de ce qu’est notre monde, son régime de production et de consommation. Question : De quoi le nucléaire est-il le signe ? Réponse : d’une civilisation pathogène et morbide. Du côté du pouvoir, le nucléaire permet une domination technico-scientifique absolument opaque, centralisée et séparée ainsi que des modes de contrôle des populations absolument inédits. Qui veut le nucléaire veut ou devait vouloir un pouvoir intégralement autoritaire. Illustration:

Deux documentaires :
1. Sur la préparation à la gestion des accidents nucléaires.
2. Sur la gestion de l’accident de Tchernobyl.

http://ledesertdureel.over-blog.com/article-le-nucleaire-comme-catastrophe-integrale-71007235.html


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Re: L'énergie nucléaire

Message  jacquouille le Mer 6 Avr - 11:42

Roseau a écrit:

"Désolé pour les deux nucléocrates du forum, mais la raison progresse:"



Donne les noms hippocrite!!!
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Re: L'énergie nucléaire

Message  Vérosa_2 le Jeu 7 Avr - 13:41

Je ne crois pas que Jaquouille et Vals soient des "nucléocrates". Présenter les choses ainsi c'est vouloir faire dire à LO ce que cette orga. ne dit pas (du moins officiellement). Par contre ce qu'on peut reprocher à LO c'est de ne pas vouloir comprendre que le nucléaire comporte intrinsèquement toute une série de nuisances qui lui confèrent une portée particulièrement dangereuse, ce dont on a déjà débattu ici.

Cette posture vient probablement du fait que de nombreux membres de LO considèrent que la recherche scientifique et - surtout - ses débouchés technologiques sont à priori déconnectés du système économique (capitaliste) dans lequel elles se manifestent (ce n'est bien sûr pas spécifique à LO, mais disons que LO s'inscrit dans ce courant). Or cette position est très discutable. Sans même parler des sciences humaines et sociales qui n'ont pour vocation que de former un corpus d'idées favorables à la classe dominante, il faut insister sur la corrélation existant entre capital et recherche dans le domaine des sciences exactes. Ce n'est évidemment pas la recherche en soi qu'il faut condamner, mais la production technologique qui résulte de recherches "orientées". Les exemples de telles "recherches" faites pour le profit et non dans l'intérêt du bien commun sont légions, c'est le contraire qui serait plutôt étonnant soit dit en passant. C'est d'ailleurs pourquoi la question des brevets est aujourd'hui au centre des préoccupations liant les industriels aux centres de recherche (la boîte dans laquelle je travaille a déposé plus de 150 brevets en dix années de "partenariat" avec le LETI, voir ici : LETI)

Pour en revenir au nucléaire, les découvertes scientifiques opérées au XXme siècle dans le domaine de la physique ont débouché sur des technologies militaires dans la course aux impérialismes, technologies qui ont été reconduites à l'identique dans la sphère dite civile. C'est ainsi qu'en France on vit "en compagnie" d'une soixantaine de bombes atomiques potentielles, et on pourra tenter d'en garantir la sûreté tant qu'on voudra, le risque zéro n'existera jamais, c'est un fantasme technocrate que de prétendre au risque zéro (fût-il "socialiste"). Comment, dans ces conditions, prétendre que la technologie nucléaire pourrait être "neutre" ? Et surtout comment ne pas voir toute sa dangerosité ?

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Re: L'énergie nucléaire

Message  Zappa le Jeu 7 Avr - 15:45

Vérosa_2 a écrit:
Sans même parler des sciences humaines et sociales qui n'ont pour vocation que de former un corpus d'idées favorables à la classe dominante, il faut insister sur la corrélation existant entre capital et recherche dans le domaine des sciences exactes.

Oula comme tu y vas. Si tu prends les intellectuels universitaires qui " dominent ", disons entre la fin des années 50 et la fin des années 70 en France, qui ont créé des grands courants de pensée encore enseignés aujourd'hui et fondent même la base des matières enseignés, ce n'est pas vraiment des laquais du pouvoir ( sans pour autant en faire les ultimes révolutionnaires prolétariens ). Je pense aux Bourdieu, Foucault, Deleuze, Soboul ect... Je crois que l'histoire des sciences sociales comme tout le reste peut être analysé de manière matérialiste et qu'en l'occurrence la vague mondiale de luttes de ces années là n'a pas laissé indemne les sciences sociales.

Zappa

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Re: L'énergie nucléaire

Message  Vérosa_2 le Jeu 7 Avr - 17:02

Mon propos n'était pas de passer à la trappe ces intellectuels.

Cela dit :

Qui connait les gens que tu mentionnes parmi les travailleurs "ordinaires" actifs dans le mouvement des luttes depuis un demi siècle ? Pas grand-monde. En quoi ont-ils pesé sur ce même mouvement réel et non universitaire. En rien. Leur apport est important, c'est vrai, mais il est - comme tu le dis toi même - réservé aux cercles universitaires (encore que leur "impact" soit très discutable).

Par contre, nombre d'économistes, de sociologues et de philosophes de bas étage ont pignon sur rue et "font l'opinion". Et les discours de tous ceux là, les Minc, les Lévy... avec leur médiocrité et leur servilité, font qu'on le veuille ou non, partie du corpus des sciences humaines ou sociales au même titre que les ouvrages de Gilles Deleuze, Louis Althusser, Michel Foucault et quelques d'autres.

Si tu prends les intellectuels universitaires qui " dominent ", disons entre la fin des années 50 et la fin des années 70 en France, qui ont créé des grands courants de pensée encore enseignés aujourd'hui et fondent même la base des matières enseignés, ce n'est pas vraiment des laquais du pouvoir
Certes, mais ils ne représentent qu'eux-mêmes au sein d'une communauté très (très) réduite. L'important est que : " Les idées dominantes d’une époque n’ont jamais été que les idées de la classe dominante " (Le Manifeste)

la vague mondiale de luttes de ces années là n'a pas laissé indemne les sciences sociales.
En vase clos. C'est d'ailleurs ce qu'on peut fortement reprocher au "marxisme" universitaire du Paris VIII de l'époque (post 68) : s'être cantonné à "l'université" sans jamais en sortir. Qui plus est, de nos jours, tout cela fait sourire un patron, soit parce que la période n'est pas aux révolutions, soit parce que certains (Bourdieu par exemple) sont strictement conjoncturels d'une époque précise.

Enfin et surtout, pour corroborer ce que j'ai écrit plus haut, aujourd'hui les auteurs en vogue dans les universités américaines huppées (Columbia NYC, Harvard, Stanford...) sont les deux Jacques : Rancière (donc Althusser) et Derrida. Histoire de tuer le temps "intelligemment" dans les colonnes culturelles du New-York Times et du Washington Post... Le post-structuralisme fait des émules dans la "haute".

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Un incident de niveau 1 a eu lieu à la centrale de Fessenheim

Message  Roseau le Ven 8 Avr - 21:44

Un incident de niveau 1 a eu lieu à la centrale de Fessenheim, contestée par des cantons suisses notamment
08 avril 2011 14:01
Nucléaire: l'un des deux réacteurs de la centrale alsacienne de Fessenheim, à quelques encablures de la frontière suisse, a subi un arrêt automatique entre dimanche et lundi en raison d'une manoeuvre inappropriée. Cet incident a été classé au niveau 1 de l'échelle INES qui en compte 7. Le canton du Jura, Bâle et le conseil régional de Franche-Comté ont demandé la fermeture de la centrale, jugée vétuste.

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Re: L'énergie nucléaire

Message  nico37 le Sam 9 Avr - 15:25

Tepco : le Meilleur des Mondes nucléaires
Régis Soubrouillard - Marianne | Samedi 2 Avril 2011 à 05:01


En 2010, dans son rapport sur le développement durable, la compagnie Tepco consacrait deux petites pages à la sécurité de ses centrales nucléaires, notamment celle de Fukushima. La société affirmait vouloir atteindre les meilleurs standards internationaux en matière de sécurité. Une présentation battue en brèche par des révélations récentes du Wall Street Journal qui prouvent que le plan de gestion de crise de Fukushima en cas de catastrophe était complètement inadapté.



La ville idéale vue par Tepco à l'horizon 2020

eux pages sur quatre-vingt. C’est l’espace consacré par Tepco à la sécurité dans son « rapport développement durable 2010 ». Un document où les photos de magnifiques villages japonais côtoient les infographies. Des infographies en veux tu, en voilà : sur les objectifs de réduction des émissions de CO2 de ses centrales ou le développement extérieur de la société à horizon 2020 : « Nous souhaitons atteindre les meilleurs standards internationaux en termes de sécurité et de qualité afin de rentrer dans le « top four » des installations nucléaires selon les critères de la World Association of Nuclear Operators » indique le document.


Les objectifs de développement de Tepco

Et Tepco ne tarit pas d’éloges sur les mesures de sécurité prises sur ses centrales nucléaires.
« Depuis le 16 juillet 2007, et le tremblement de terre de Niigata, Tepco a pris de nombreuses mesures afin de renforcer la centrale nucléaire de Kashiwazaki en cas d’éventulles catastrophes naturelles. Nous inspectons et évaluons toutes les installations qui nécessiteraient des travaux de restauration afin d’améliorer leur résistance sismique » fait savoir la compagnie.
« Nous appliquons les mêmes mesures à la centrale nucléaire de Fukushima. Nous assurons la sécurité sismique de tous les équipements et installations majeurs. Grâce aux connaissances acquises depuis le tremblement de terre de Niigata, nous réalisons également d’importants efforts pour améliorer les capacités sismiques de cette centrale ».

Le document indique qu’à Fukushima, en juillet 2010, Tepco a commencé la construction d’une nouvelle structure anti-sismique à base de matériaux souples, placés entre le bâtiment et ses fondations, capable d’absorber les vibrations d'un tremblement de terre. « La structure a été dessiné pour résister à un séisme de magnitude 7 ».


Les mesures de sécurité sismique sur les centrales nucléaires de Tepco

Une intensité bien inférieure au séisme du 11 mars, bien que l’on sache que le tsunami a plus endommagé la centrale que le tremblement de terre en lui-même.

Le document détaille également tous les exercices de prévention, entrainements, simulations auxquels se livrent les techniciens qui travaillent sur la centrale, les équipements et technologies disponibles pour répondre à d’éventuelles catastrophes naturelles.
Le Meilleur des mondes nucléaires.


Les programmes d'entrainement en cas de catastrophes
Un optimisme complètement battu en brêche par le Wall Street Journal dans son édition de jeudi. Le quotidien écrit que « le plan de gestion de crise en cas de catastrophe nucléaire à Fukushima était totalement inadapté, avec un téléphone satellitaire, un seul brancard et 50 combinaisons en cas d’urgence ». Tepco n'aurait ainsi prévu que des incidents mineurs. Aucun plan d’urgence faisant suite à une catastrophe majeure nécessitant par exemple l’intervention de secours de Tokyo, intervention de militaires ou pompiers n’avait été envisagé. Rien non plus pour préserver les systèmes de communication essentiels ou pour éviter la surchauffe des réacteurs.


Le retour d'expérience de Tepco

Mis à jour annuellement, le plan de sauvegarde de la centrale de Fukushima en cas de catastrophe naturelle date de 2002 et la plupart des plans de gestion de la sécurité des centrales nucléaires au Japon répondent aux mêmes critères. Pour Fukushima : une équipe médicale de 4 personnes, quatre combinaisons de protection, une ambulance, un véhicule de mesure de radiations, des bonbonnes à oxygène, et la mise en place d’un quartier général en urgence en cas de catastrophe. Un dispositif qui paraît bien dérisoire compte tenu de l’ « expérience » japonaise en matière de catastrophes naturelles, qui, si elles sont de fait imprévisibles, démontre que la « gestion des risques » ne pourra plus s’envisager à partir de l’observation de cas antérieurs mais à partir de l’idée que tout peut arriver. Preuve que le danger est incalculable.


Les projets de renforcement de la centrale de Fukushima amorcés en 2010

Tepco Sustainability report 2010.pdf

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Re: L'énergie nucléaire

Message  nico37 le Mar 12 Avr - 21:15

15.000 à Tokyo Exclamation


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Re: L'énergie nucléaire

Message  jacquouille le Mer 13 Avr - 9:23

Vérosa_2 a écrit:

....."Je ne crois pas que Jaquouille et Vals soient des "nucléocrates". Présenter les choses ainsi c'est vouloir faire dire à LO ce que cette orga. ne dit pas (du moins officiellement). Par contre ce qu'on peut reprocher à LO c'est de ne pas vouloir comprendre que le nucléaire comporte intrinsèquement toute une série de nuisances qui lui confèrent une portée particulièrement dangereuse, ce dont on a déjà débattu ici".....

....."Comment, dans ces conditions, prétendre que la technologie nucléaire pourrait être "neutre" ? Et surtout comment ne pas voir toute sa dangerosité ?".....


Pour les membres du forum qui veulent faire une critique des positions de LO(ce qui n'est pas interdit,et est meme conseillé)il est préférable,pour le faire en toute objectivité de se documenter sur ce qu'a dit et écrit LO.A ce propos,je vous suggere un texte de 1981 paru dans la LdC.

Un Cde de la fraction l'a posté sur le FALO,dans le fil"faut-il sortir du nucléaire?"hélas,je ne sais pas faire.
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Re: L'énergie nucléaire

Message  Vérosa_2 le Mer 13 Avr - 11:24

hélas,je ne sais pas faire.
Ben sur le FALO tu sélectionnes le texte avec ta souris, tu fais "clic-droit", puis tu fais "copier", et ici tu fais "répondre" et "coller". Pas très compliqué, quand même.

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Re: L'énergie nucléaire

Message  yannalan le Mer 13 Avr - 11:42

Vérié2 l'a mis déjà. Dans le fil Japon.

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Re: L'énergie nucléaire

Message  nico37 le Sam 16 Avr - 8:03


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Re: L'énergie nucléaire

Message  nico37 le Dim 17 Avr - 14:55

Société nucléaire, société totalitaire !

Alors que le Japon a subi une catastrophe majeure, la centrale de Fukushima est toujours confrontée à un accident nucléaire dont le niveau de gravité a atteint celui de Tchernobyl en terme de pollution radioactive et donc de nocivité à court comme à long terme.

Alors que dans le monde entier s'élèvent à nouveau les voix remettant en cause le nucléaire, la classe politique française et le complexe militaro-industriel nucléaire font preuve d'un déni comparable à ceux qui, en 1986, prétendaient que le « nuage radioactif s'était arrêté aux frontières », ou comparaient les opposants au nucléaire à des partisans du « retour à la bougie ». Alors que les gouvernements allemands et suisses craignant les réactions de leurs opinions publiques ont déjà pris de timides mesures pour geler leur programme nucléaire, les élites nucléocrates françaises ont choisi la fuite en avant en affirmant que la catastrophe de Fukushima ne remettait absolument pas en cause la prolifération nucléaire qu'ils ont décidée. Ainsi le gouvernement français continuera à maintenir voire augmenter le parc actuel de centrales sur le sol français tout en tentant de vendre des réacteurs à l'étranger, pour plus grand bonheur des actionnaires d'Areva.
Ainsi, ils veulent continuer à nous faire payer le coût financier de l'exploitation des centrales, des sous-marins et porte-avions qu'ils construisent et à hypothéquer notre avenir en entassant les déchets radioactifs dont le potentiel mortel se calcule en dizaines voire en centaines de milliers d'années. Ainsi, ils voudraient que les populations de pays comme le Niger continuent, elles aussi, à payer le coût économique, politique et écologique de l'extraction de l'uranium pour alimenter leurs réacteurs qui sont autant de bombes en puissance. Et pour ce faire, leur discours consiste à faire passer les antinucléaires pour des défenseurs du lobby pétrolier, ou comme des obscurantistes sans alternative.

Pourtant, la revendication que nous portons, la sortie immédiate du nucléaire, est beaucoup plus rationnelle que la fuite en avant dans laquelle veulent nous entrainer les défenseurs du nucléaire. Elle s'articule avec la revendication historique de gestion directe et de contrôle de la production par les travailleuses et les travailleurs, qui permettrait sa réorganisation rationnelle, rompant ainsi avec la logique énergivore du capitalisme tout en préservant les conditions de vie de l'immense majorité de la population. C'est en décidant collectivement « que produire, comment, pour qui, et où ? », que nous pourrons inverser la courbe énergétique, sans pour autant que les classes populaires en paient le prix.

Cette logique de décision collective en matière de choix énergétique et d'organisation de la production et de la distribution de biens, est en contradiction directe avec la logique étatique et capitaliste, qui réserve à une élite ces choix, et dont le complexe militaro-industriel nucléaire français est une illustration. Elle permettrait de briser la fausse alternative « pétrole ou nucléaire », par le développement d'énergies renouvelables et la maîtrise collective de la production, sans hypothéquer les conditions de vie des générations futures.

Sortie immédiate du nucléaire, civil et militaire !
Gestion directe de la production et de la distribution, décision collective en matière d'énergie !

Le 17 Avril 2011 Relations Extérieures de la Coordination des Groupes Anarchistes

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Re: L'énergie nucléaire

Message  Vérosa_2 le Mar 19 Avr - 8:16

Manifestation des anciens "liquidateurs" de Tchernobyl

De The Associated Press – Il y a 1 jour

KYIV, Ukraine — Environ 2.000 personnes ayant participé au nettoyage de Tchernobyl ont manifesté dimanche à Kiev contre une baisse des indemnités et des pensions de retraite qu'elles perçoivent pour avoir été exposées aux radiations lors de la catastrophe de la centrale nucléaire ukrainienne en 1986, a-t-on constaté sur place.

A un peu d'une semaine du 25e anniversaire de la catastrophe, les manifestants protestaient contre la décision du gouvernement de réduire de manière drastique les pensions de retraite, ainsi que contre l'augmentation du coût des soins médicaux.

Un des manifestants, Leonid Litvinenko, 48 ans, a expliqué que sa pension de retraite avait été réduite de 1.700 hryvnia mensuels (environ 150 euros) à 1.200 hryvnia (environ 100 euros) depuis le mois de janvier.

La moitié de cette somme est consacrée à l'achat de médicaments qui, a-t-il affirmé, étaient gratuits jusqu'à l'année dernière. "J'avais 23 ans à l'époque et j'ai accompli mon devoir national", a-t-il déclaré. "Aujourd'hui, je suis handicapé et mon pays me jette par-dessus bord".

Leonid Litvinenko faisait partie des quelque 600.000 "liquidateurs", ces personnes réquisitionnés des quatre coins de l'Union soviétique pour venir contenir les dégâts à Tchernobyl après l'explosion de la centrale nucléaire le 26 avril 1986.

En 1991, les autorités soviétiques ont décidé le versement d'indemnités généreuses à ces travailleurs ayant nettoyé la centrale au péril de leur santé. Mais, au fil du temps, le montant de ces sommes a diminué et les critères pour être indemnisé ont été durcis.

L'actuel gouvernement ukrainien a décidé de nouvelles réductions, arguant des effets de la crise économique sur ses finances. Le président Viktor Ianoukovitch a récemment déclaré que tenir les promesses faites aux "liquidateurs" étaient "au-delà des forces du gouvernement". AP

jp/v

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Re: L'énergie nucléaire

Message  nico37 le Mar 19 Avr - 23:38

Et peut être bientôt en Inde tant le site de Jaitapour, choisi par l'Inde sans susciter de refus des autorités françaises, est concerné par un très fort risque sismique.

Inde: la police tire sur des opposants à un projet Areva AFP - 18/04/2011 à 20:16

Inde: la police tire sur des opposants à un projet Areva, un manifestant tué La police a tiré sur des opposants à un projet de centrale nucléaire du géant français Areva à Jaïtapur, dans l'ouest de l'Inde, faisant un mort, ont annoncé lundi la police et les autorités locales.

Des centaines de manifestants s'étaient rassemblés près du site choisi pour un projet de construction de plusieurs réacteurs EPR d'Areva, dans l'Etat du Maharashtra, à environ 250 km de Bombay.
L'inspecteur général de la police de cet Etat, Gulabrao Pol, a déclaré que les policiers n'avaient eu d'autre choix que de tirer sur la foule.
"Nous avions tout fait pour contrôler la situation mais la foule composée de centaines de personnes a pris la loi et l'ordre entre ses mains", a-t-il déclaré, cité par l'agence Press Trust of India (PTI).
"Nos hommes ont lancé des grenades lacrymogènes, ont chargé (avec des bâtons) et tiré des balles en caoutchouc. Ensuite, nous n'avions d'autre option que de tirer, et une personne a été tuée", a-t-il ajouté.
Le ministre de l'Intérieur du Maharashtra, R.R. Patil, a déclaré devant le parlement local que le manifestant avait été tué par des tirs de la police alors qu'environ 600 à 700 manifestants attaquaient le poste de police local.
Selon le ministre, cité par PTI, les manifestants ont mis à sac le bâtiment qui était occupé par des policiers, blessant plusieurs personnes dans l'incident, dont un commandant-adjoint de police.
Alors que les manifestants mettaient le feu à des véhicules de police, la police a tiré en l'air pour disperser la foule mais échouant à reprendre le contrôle de la situation, la police a finalement tiré sur la foule, a expliqué le ministre.
Lors de la visite de Nicolas Sarkozy en décembre dernier, deux accords-cadre ont été signés pour la construction de deux premiers
réacteurs EPR entre Areva et la société publique NPCIL (Nuclear Power Corporation of India Limited).
Un total de six réacteurs doit être construit sur le site pour une production d'énergie de 9.900 mégawatts (MW).
Ce projet avait déjà provoqué des manifestations au sein de la population locale, dont de nombreux pêcheurs et paysans qui devront déménager pour laisser la place à la centrale et qui ont rejeté des offres de compensations financières.
Ces habitants craignent de voir leur pêche contaminée et de perdre leurs terres agricoles.
L'assurance des autorités selon laquelle le projet devrait transformer l'économie locale et créer de nouveaux emplois a été accueillie avec beaucoup de scepticisme parmi les habitants.
La crise nucléaire au Japon a ravivé les inquiétudes sur les ambitions nucléaires de l'Inde, qui cherche à se doter de 60.000 MW supplémentaires d'ici les vingt prochaines années pour alimenter sa solide croissance.

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Fukushima – Un autre monde est possible !

Message  Roseau le Mer 20 Avr - 21:14

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Re: L'énergie nucléaire

Message  nico37 le Jeu 21 Avr - 18:57

[url=http://www.rue89.com/2011/04/18/fukushima-cherche-petites-mains-du-nucleaire-200413 ]Fukushima cherche « petites mains » du nucléaire[/url]
Par Pierre-André Sieber (La Liberté) - 18 avril 2011


Dans son combat de titan pour rétablir la situation à la centrale nucléaire de Fukushima, l'entreprise Tepco a de plus en plus de soucis pour trouver des fantassins. Près de 700 seraient pourtant déjà actifs sur le site de Fukushima Daiichi.

Des annonces sans information sur la dangerosité du travail

Comme c'est aussi le cas en temps ordinaire, pour répartir les doses de radioactivité reçues à chaque intervention, ce personnel est obligé de travailler en rotation. Mais cette fois, les risques sont considérables, et le mode de recrutement encore plus sauvage que d'habitude.

Actuellement en poste à Taipei (Taïwan), Paul Jobin, sociologue et spécialiste du Japon, le dit sans ambages : « L'exploitant de la centrale se trouve devant un embarras terrible pour recruter. » Il en veut pour preuve des annonces d'emploi parues cette semaine au Japon.

Ce n'est pas Tepco mais des sous-traitants qui publient ces offres, telle Mizukami Kogyo, une entreprise active dans le bâtiment et le génie civil. Le descriptif indique qu'il s'agit d'une intervention dans une centrale nucléaire dans la préfecture de Fukushima, fixe la durée du travail à 3 heures par jour, pour un salaire horaire de 83 euros (10 000 yens) mais ne donne aucune information sur la dangerosité de ce travail, et renvoie à l'employeur pour les détails concernant le gîte, le couvert, le transports et l'assurance.

« La propagande de Tepco minimise les risques »

Répondent à ces annonces des gens souvent peu au courant des dangers des radiations ou qui ont peu d'alternative d'emploi. Paul Jobin observe :

« Environ 250 euros par jour pour couvrir le risque de développer un cancer dans les dix ans, ce n'est pas très cher payé. En temps normal, ce genre d'annonce ne me choquerait pas outre mesure, non que je l'approuve, mais c'est la façon dont l'industrie nucléaire fonctionne.

Mais dans le cas présent, à Fukushima 1, l'exposition aux radiations est extrêmement élevée. Bien sûr, ceux qui s'y rendent doivent bien se douter des risques. Mais la propagande de Tepco et de la Nisa
[l'organisme de sûreté nucléaire, ndlr] sont là pour minimiser les risques. »

Des rumeurs indiquent que des « burakumin » répondent à ces offres. Il s'agit de personnes qui, pour des raisons de tabous religieux, sont considérées comme des parias de la société japonaise. Ces burakumin sont estimés au nombre de deux à trois millions.

Paul Jobin considère que cela reste pour l'heure difficile à vérifier, mais que c'est possible, car cela va dans la logique de fonctionnement de l'industrie nucléaire.

En temps ordinaire, les yakuza (mafia) qui, ostracisme oblige, comptent des burakumin dans leurs rangs, recrutent pour le compte des sous-traitants de l'industrie nucléaire dans les quartiers de travailleurs journaliers de Sanya à Tokyo, Kotobukicho à Yokohama ou Kamagasaki à Osaka.

Ils embauchent ces hommes qui vivent dans une grande précarité (la plupart sont sans-abri) pour des salaires d'environ 10 000 yens par jour, leur confient les tâches les plus ingrates et les plus exposées aux rayons ionisants, puis les relâchent dans leur infortune initiale. S'ils développent un cancer, c'est ni vu ni connu : cela n'apparaîtra pas dans les statistiques.

Les « petites mains » du nucléaire

L'enrôlement de ces « petites mains » du nucléaire promises à une irradiation certaine a fait réagir un entrepreneur japonais, militant de gauche, sensible au risque que fait courir ce genre de proposition. Paul Jobin poursuit :

« Au lieu de jeunes, ce patron propose d'engager des travailleurs âgés de plus de 60 ans et de les informer sur les risques des rayons ionisants. Quel que soit le jugement moral que l'on peut faire de cette
initiative, on peut y voir dans quel état d'urgence cette catastrophe a mis le Japon pour inspirer des solutions aussi cyniques. »

D'après les chiffres de la Nisa, en 2009, sur le site de Fukushima 1, il y avait 1 108 salariés réguliers (un chiffre qui concerne principalement les employés de Tepco, mais inclut peut-être aussi les salariés des
fabricants du réacteur General Electric, et des principaux composants, Toshiba, Hitachi, Mitsubishi…), contre 9 195 employés d'entreprises sous-traitantes, qu'ils soient ouvriers et techniciens qualifiés, ou
bien intérimaires ou d'entreprises temporaires.

Ce sont ces derniers, ceux qu'on nomme les « Gitans du nucléaire » (d'après le reportage de Kunio Horie paru en 1979) qui encaissent l'essentiel de la dose. Ainsi, 255 ouvriers sous-traitants ont reçu une
dose supérieure à 10 mSv dans l'année, contre seulement deux employés réguliers.

Une seuil limite de radiation revu à la hausse

Mais ces gitans du nucléaire n'ont pas accès au total de leur dose accumulée sur un an et plus. La Nisa ne publie la répartition de la dose collective que centrale par centrale. Comme ces travailleurs passent de l'une à l'autre, cela complique la tâche lorsqu'il s'agit de déposer une demande de reconnaissance en maladie professionnelle.

Depuis l'accident de Fukushima, le seuil limite de dose a été revu à la hausse. De 20mSV par an pour un maximum de 100 sur cinq ans, ou bien 50 mSv par an pour un maximum de 100 sur deux ans (ce qui est déjà très élevé), le ministère de la Santé a relevé ce seuil à 250 par an. Selon Paul Jobin, c'est un moyen pour Tepco d'éviter de devoir payer des indemnités lorsque ces travailleurs seront atteints de cancer.

Et la liste risque d'être longue : Toshiba, qui a proposé à Tepco un plan de démantèlement des six réacteurs de Fukushima 1, parle d'un programme qui s'étale sur une dizaine d'années.

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Re: L'énergie nucléaire

Message  Invité le Jeu 21 Avr - 20:25

Brève LO.

mercredi 20 avril 2011
Comment Areva impose ses réacteurs nucléaires en Inde

Dans l’ouest de l’Inde, dans l’État du Maharashtra, Areva doit construire six réacteurs nucléaires de type EPR, ce qui en fera le plus grand complexe nucléaire au monde. C’est entre autres à l’occasion de la visite de Sarkozy en Inde, il y a quelques mois, qu’un premier contrat avait été signé.

Les expropriations liées à la construction du site avaient déjà provoqué la colère de la population locale. Et l’accident de Fukushima l’a fait monter d’un cran.

Ces derniers jours, des centaines de personnes ont manifesté contre l’implantation des réacteurs et la police a réprimé, faisant au moins vingt blessés et un mort. Les populations locales ont consciemment refusé l’implantation de ces réacteurs, mais Areva et le gouvernement indien les leur imposent à coup de trique.

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Re: L'énergie nucléaire

Message  Invité le Jeu 21 Avr - 20:28

Dans la dernière LDC :

Japon - Après la catastrophe de Fukushima : le nucléaire, les écologistes et le capitalisme

La catastrophe déclenchée à la centrale nucléaire de Fukushima, vingt-cinq ans tout juste après celle de Tchernobyl dont les conséquences sanitaires se font encore sentir, a relancé le débat sur l’utilisation de l’énergie nucléaire. Mais les préoccupations et les objectifs de ceux qui s’en servent sont souvent fort éloignés du sort des victimes japonaises comme du nucléaire lui-même.

En Allemagne, où l’opinion publique est fortement opposée au nucléaire, Angela Merkel a annoncé en catastrophe, à la veille d’élections dans le Bade-Wurtemberg, un nouveau moratoire sur les centrales nucléaires. Ce retournement tardif ne l’a pas empêchée de perdre ces élections, remportées par les Verts qui multiplient leurs résultats par plus de deux. C’est au moins en partie l’émotion soulevée par la catastrophe de Fukushima qui leur permet de diriger pour la première fois un des États allemands parmi les plus grands et… les plus industrialisés.

En France, où le nucléaire représente 76 % de la production d’électricité, les porte-parole de cette filière, ceux d’Areva, d’EDF et même le directeur de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) se sont relayés dans les médias pour répéter que tout allait bien. Le ministre de l’Industrie Éric Besson n’a pas refait le coup des nuages radioactifs miraculeusement arrêtés aux frontières, comme en 1986, mais il a commencé par nier qu’il s’agissait d’une catastrophe nucléaire. Quelques jours plus tard, Sarkozy déclarait : « La France est le pays qui a le secteur nucléaire le plus sécurisé du monde. » Les uns et les autres dissimulaient à peine leurs craintes que la filière nucléaire ne soit discréditée et qu’ils ne puissent continuer à exporter leurs centrales.

De leur côté, les dirigeants de l’écologie politique, de Cécile Duflot à Daniel Cohn-Bendit, en passant par Nicolas Hulot ou Eva Joly, tous les deux opportunément convertis à la sortie du nucléaire, ont profité de la catastrophe pour réclamer à Sarkozy « un grand débat et un moratoire » sur le nucléaire. Pour Europe Écologie, comme pour les Verts allemands, Fukushima est devenu le principal argument dans la campagne des cantonales. Et la satisfaction non retenue de Cécile Duflot s’extasiant au soir du 27 mars d’avoir réussi à doubler le nombre des élus de son parti n’avait que peu de rapport avec l’indignation affichée quelques jours plus tôt face à la catastrophe nucléaire au Japon.

Rappelons qu’avant d’être nucléaire, la catastrophe qui se déroule au Japon depuis le 11 mars dernier est d’abord la conséquence d’un tremblement de terre d’une magnitude exceptionnelle suivi d’un tsunami d’une force rare avec ses vagues de 8 à 10 mètres de haut. On a tous été marqués par ces images de réfugiés, démunis sous la neige, errant hagards dans les décombres de villes entièrement dévastées par le tsunami, à la recherche de proches ou de traces de leurs maisons disloquées.

Pourtant le Japon était préparé à un tremblement de terre de grande ampleur. Les exercices d’alerte réguliers et surtout les normes antisismiques appliquées dans la construction depuis les années vingt ont incontestablement permis de limiter le nombre des victimes, sur un littoral pourtant très peuplé. À ce jour, près de 28 000 personnes sont mortes ou portées disparues. C’est un bilan énorme, pourtant moindre que les 250 000 à 300 000 morts recensés lors du tremblement de terre du 12 janvier 2010 en Haïti, d’une magnitude 7, soit une amplitude de mouvement pourtant 100 fois moindre que celui du Japon qui a été classé à la magnitude 9. Cette inégalité devant la dévastation, entre le développement du Japon et la misère d’Haïti, montre une fois de plus que les pires catastrophes naturelles sont d’abord… sociales.

Et pourtant, même au Japon, tout le monde n’est pas logé à la même enseigne et le gouvernement a choisi ses priorités. D’un côté, des centaines de milliers de sinistrés ont passé plusieurs jours dans le froid, sans eau ni vivres ni électricité, parfois sans même voir arriver un seul sauveteur. C’est avant tout la solidarité élémentaire entre voisins et les initiatives des autorités locales sans grands moyens qui ont permis de sauver des victimes. De l’autre, dès le 14 mars, alors que le pays est déjà le plus endetté du monde industrialisé, la banque centrale a injecté quelque 131 milliards d’euros dans le système bancaire. Autrement dit, si les sinistrés pouvaient bien attendre, pour les banques et le grand capital, il y avait urgence !
La catastrophe nucléaire de Fukushima

À toutes les conséquences dramatiques du séisme et du tsunami s’ajoute la catastrophe nucléaire. Ou plutôt les catastrophes, puisque les trois réacteurs en service au moment du séisme, sur les six de la centrale Fukushima-Daïchi, ont fondu à des degrés divers et que plusieurs piscines attenantes, contenant une grande quantité de combustible nucléaire usagé, stocké là en attendant son retraitement, sont fortement endommagées.

À l’heure où nous écrivons, la centrale n’est toujours pas sous contrôle et les rejets radioactifs continuent d’augmenter. Le scénario qui terrorisait les gouvernements de toute la planète – une explosion suivie comme à Tchernobyl d’un violent incendie d’un ou de plusieurs des cœurs des réacteurs nucléaires, provoquant le rejet massif dans la moyenne atmosphère des particules les plus radioactives – n’a pas eu lieu. Mais rien ne garantit que le pire ne soit pas à venir. Les enceintes de confinement de plusieurs réacteurs, totalement ou partiellement fondus, sont fissurées et laissent s’échapper le combustible radioactif : un mélange de plutonium et d’uranium contamine désormais les alentours de la centrale et l’océan voisin.

L’accident de Fukushima est bien une catastrophe nucléaire majeure.

Le gouvernement japonais, qui minimise sans vergogne depuis le départ la gravité de la situation, a réévalué la catastrophe du niveau 4 au niveau 5, tandis que l’autorité française de sûreté nucléaire parlait, elle, quelques jours après le début de l’accident, du niveau 6, un niveau intermédiaire entre la catastrophe de Three Mile Island en Pennsylvanie (USA) en 1979 et celle de Tchernobyl en 1986. Ces évaluations, plus médiatiques que scientifiques, largement arbitraires, permettent surtout de classer la gravité des accidents les uns par rapport aux autres.

S’il n’est pas possible, à ce jour, d’évaluer toutes les conséquences de la catastrophe, elles sont d’ores et déjà gravissimes dans la région de Fukushima sinon dans une grande partie du Japon. La flore et la faune, les cours d’eau, les nappes phréatiques, la production agricole, les poissons du Pacifique voisin sont contaminés. Des taux anormalement élevés en iode et en césium radioactifs ont été relevés dans l’air et le réseau d’eau potable à Tokyo situé à 250 kilomètres. Après de longues tergiversations, le gouvernement japonais a fait évacuer tous les habitants dans un rayon de 20 puis de 30 kilomètres autour de la centrale. Selon plusieurs experts il faudrait étendre ce rayon à 100 kilomètres. Quant à Areva, le groupe français leader mondial du nucléaire, il a demandé à ses salariés présents sur le site de quitter la centrale dès le début de l’accident. On les imagine bien informés.

Ce n’est pas le cas de la population japonaise puisque l’exploitant de la centrale ne diffuse les informations qu’au compte-gouttes, avec retard et en les minimisant. Combien de personnes, bien trop fortement exposées aux radiations, développeront des maladies, des cancers, des leucémies et en mourront ? Il faudra des années pour le savoir, d’autant que les effets de l’exposition à la radioactivité sont différés dans le temps. Quelle surface de territoire autour de la centrale est devenue inhabitable et inexploitable pour l’agriculture peut-être pour des siècles ?
Les travailleurs de Fukushima en première ligne

Depuis le début, la course contre la montre pour circonscrire la catastrophe et reprendre le contrôle des réacteurs repose sur le sacrifice de quelques centaines de travailleurs de la centrale de Fukushima, qui se relaient quasiment sans interruption pour tenter de rétablir coûte que coûte le refroidissement des installations. Certains sont morts lors du tsunami, d’autres ont été gravement blessés lors des explosions de l’hydrogène qui a soufflé deux des bâtiments abritant les réacteurs, tous sont irradiés.

Les « liquidateurs » pour reprendre le terme utilisé à Tchernobyl, cette cinquantaine de travailleurs qui n’ont jamais quitté le site, rejoints par quelques centaines d’ouvriers, pompiers, ingénieurs, accumulent en quelques heures des doses de radiations plus élevées que celles admises durant toute une année. Jour après jour, ils dépassent les seuils tolérables. Selon Annie Thébaud-Mony, spécialiste à l’Inserm des questions de santé au travail et spécialement du secteur du nucléaire : « Avec de telles doses accumulées, une destruction massive des cellules, en particulier celles de la moelle osseuse, de la muqueuse intestinale, ainsi que des cellules basales de la peau, se produit rapidement. » Plusieurs ont déjà été évacués, brûlés et irradiés fortement, mais c’est la santé de tous, sinon leur vie, qui est irrémédiablement compromise.

Et l’on découvre, au fil des jours, que certains d’entre eux ne sont pas équipés en permanence d’un dosimètre individuel, et qu’en prime on rationne leur eau et leur nourriture !

Le gouvernement japonais, à défaut de protéger ces travailleurs et malgré la situation d’urgence dans laquelle tout le pays est plongé, vient avec un cynisme inqualifiable de relever le seuil légal d’exposition des travailleurs de Fukushima de 100 millisieverts (mSv) tous les deux ans à 250 mSv. Pourquoi une telle urgence législative ? Paul Jobin, qui a étudié pendant des années la situation des ouvriers du nucléaire au Japon, estime que « c’est un moyen de légaliser leur mort prochaine et d’éviter d’avoir à verser des indemnités à leurs familles, car avec des doses de 250 mSv, les risques de cancers, d’atteintes mutagènes ou sur la reproduction sont très élevés ». Cela se passe de commentaires.

Nous connaîtrons sans doute un jour les conditions dans lesquelles ces travailleurs de la centrale de Fukushima ont mené cette lutte pour éviter le pire. Qu’ils aient été volontaires en toute conscience des risques encourus ou qu’ils aient été soumis à de fortes pressions morales, ces travailleurs ont fait preuve d’un sens collectif et d’une abnégation qui confortent notre espoir dans les capacités de l’humanité à gérer collectivement la société pour le bénéfice de tous.
Une catastrophe prévisible sinon inéluctable : les mensonges et les falsifications de Tepco

Le sens de l’intérêt collectif, les actionnaires et les dirigeants de la Tokyo Electric Power Company (Tepco), la compagnie privée propriétaire et exploitante de la centrale de Fukushima, en sont totalement dépourvus. Ils portent une responsabilité directe et majeure dans la catastrophe.

Cette société, fondée en 1951 lors de la privatisation de la production d’électricité, fournit le tiers du courant électrique de l’archipel. Tepco est le quatrième producteur mondial d’électricité. Elle possède aussi des filiales dans la télévision, l’électronique et le transport maritime d’hydrocarbures. C’est l’un des grands groupes industriels japonais dont les dirigeants sont liés par une multitude de canaux au puissant METI, le ministère du Commerce et de l’Industrie. Comme en France ceux d’Areva, EDF, GDF-Suez, Veolia et bien d’autres, les hauts cadres de Tepco alternent entre des fonctions dans les ministères et des responsabilités dans des grands groupes privés. C’est dire si les dirigeants de ce groupe ne redoutent pas les contrôles et les injonctions du NISA, l’autorité japonaise de sûreté nucléaire.

Et toute l’histoire de Tepco est jalonnée de dissimulations et de défaillances. Entre 1978 et 2002, pas moins de 97 incidents dans des centrales nucléaires japonaises, dont une vingtaine jugés critiques, ont été dénoncés par le NISA. En 2002, la révélation publique de falsifications de rapports d’inspection qui alarmaient, entre autres, sur des fissures dans les enceintes de confinement de plusieurs réacteurs nucléaires, avait contraint le PDG et le président du conseil d’administration à démissionner. Ils servirent seulement de fusibles car rien ne changea : en 2007, un séisme à proximité de la centrale de Kashiwazaki, propriété de Tepco, provoqua des fuites d’eau, un début d’incendie et des rejets radioactifs dans la mer du Japon. Tepco n’avait procédé à aucun changement dans ses procédures de sûreté et tarda à rendre public l’accident, retardant ainsi l’information ou l’évacuation des riverains.

La centrale de Fukushima, quant à elle, a été construite au début des années soixante-dix. Elle était donc vieillissante. Tepco avait pourtant reçu l’autorisation de prolonger plusieurs de ses réacteurs au-delà de la limite des trente ans à partir de laquelle la radioactivité accélère le vieillissement des installations, alors même que des défaillances dans les systèmes de sécurité avaient été détectées. Quelques jours avant le séisme, Tepco avouait aux autorités qu’une carte d’alimentation d’une valve de contrôle de température de réacteur n’avait pas été inspectée durant onze ans et que le contrôle des éléments relatifs au système de refroidissement et au groupe électrogène de secours était insuffisant. Ce sont précisément ces moteurs diesel de secours qui n’ont pas démarré.

Ils étaient supposés résister à un tsunami de six mètres. Pas de chance, celui du 11 mars faisait plus de sept mètres à cet endroit de la côte ! Pourtant, s’il y a un endroit au monde où le risque sismique et celui de tsunami sont certains, c’est bien le Japon. Si les sismologues ne pouvaient pas en prévoir la date, tous savaient qu’un accident pouvait se produire un jour ou l’autre.

Pourtant, à l’occasion de la catastrophe actuelle, le Figaro du 17 mars révèle que l’AIEA, l’Agence internationale de l’énergie atomique, pourtant pas une organisation antinucléaire mais une émanation des pays nucléarisés, avait très officiellement averti le gouvernement japonais, en 2008 lors d’un sommet du G8, que ses normes antisismiques étaient totalement périmées et que ses centrales risquaient de ne pas résister à un séisme d’une magnitude supérieure à 7 sur l’échelle de Richter. En 2006, un sismologue de Kobe avait démissionné du comité d’experts chargés de renforcer les normes pour protester contre le laxisme de cette commission.

Un accident nucléaire majeur était donc prévisible sinon inéluctable, à Fukushima ou dans une autre centrale. Le grand public découvre aujourd’hui avec stupeur ces pratiques ordinaires des industriels privés, y compris dans un secteur aussi sensible que le nucléaire. Mais elles étaient parfaitement connues des dirigeants japonais comme de tous les responsables mondiaux de la filière nucléaire qui s’en sont lavé les mains tant que la catastrophe n’est pas survenue. Elles montrent que, dans ce domaine comme dans tous les autres, ceux qui commandent sont les actionnaires, les industriels, et que les ministres et les gouvernements leur obéissent.

La gestion de la catastrophe, entièrement laissée à ce groupe privé, est elle aussi éloquente quant au poids respectif du gouvernement et des dirigeants de l’entreprise. Ces derniers ont commencé par refuser l’aide proposée par l’armée américaine. Deux jours après le séisme, le Premier ministre japonais a dû se déplacer en personne au siège de Tepco pour avoir des informations précises sur la gravité de l’accident ou les taux de radioactivité à l’extérieur. Plusieurs sources, dont le député du Parti communiste japonais Hidekatsu Yoshii, affirment que Tepco aurait retardé l’injection d’eau de mer dans les réacteurs en surchauffe en espérant éviter une condamnation définitive de la centrale. Craignant la détection d’une radioactivité anormale, ses dirigeants auraient attendu jusqu’à la limite avant de relâcher la vapeur d’eau radioactive accumulée dans le réacteur, provoquant par deux fois l’explosion des bâtiments. « Alors que les explosions étaient filmées par toutes les télévisions, il vous a fallu plus d’une heure pour en informer le gouvernement », aurait déclaré le Premier ministre au PDG du groupe. Ce n’est que deux semaines après le début de la catastrophe que Tepco a accepté l’aide technique proposée par des sociétés étrangères spécialisées dans le nucléaire.

Cette catastrophe illustre jusqu’à la nausée la menace que font peser sur les travailleurs et sur la population des capitalistes pour qui la rentabilité passe avant tout.

La filière nucléaire française n’est ni plus sûre ni plus transparente

L’opacité et la recherche du profit règnent tout autant dans la filière nucléaire française que dans la japonaise. Lors de la catastrophe de Tchernobyl, les dirigeants de la filière avaient déclaré sans vergogne qu’un tel accident ne pouvait pas se produire dans leurs centrales parce qu’elles possèdent des enceintes de confinement. L’accident de Fukushima montre que ces enceintes, vieillissantes et mal entretenues, peuvent laisser fuir la radioactivité.

Même si l’Europe n’a pas connu de tremblement de terre ou de tsunami de l’ampleur de ceux du Japon, les catastrophes naturelles y existent. Et les centrales d’EDF ne sont pas à l’abri de leurs effets. Lors de la tempête qui s’était abattue sur le Sud-Ouest à la fin 1999, historique certes mais loin d’être un tsunami, deux tranches de la centrale nucléaire du Blayais (Gironde) ont été inondées, mettant hors service leur système de sécurité et de refroidissement pendant plusieurs heures. Ce n’est qu’après coup que les riverains ont été informés des menaces. Cette centrale avait, en théorie, été conçue pour résister à une « surcote de marée millénale ». Erreur de calculs ou économies lors de sa construction ? En tout cas, EDF, sommée de rehausser les digues plus d’un an avant cette tempête, avait différé sans cesse les travaux jusqu’à cet incident grave.

C’est en permanence et dans la plupart des centrales que des « incidents » de gravité variable sont répertoriés, à défaut d’être rendus publics. Chaque année l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) recense une petite centaine « d’incidents » dans les centrales ou dans les usines de traitement du combustible. Certains sont accompagnés de rejets de matières radioactives dans l’environnement. Selon l’ASN, en 2005, 34 des 58 réacteurs nucléaires français présentaient un risque de défaillance au niveau des pompes de refroidissement des réacteurs. En 2008, diverses fuites de déchets radioactifs ou de combustibles se produisirent à Pierrelatte et au Tricastin, dans les centrales ou chez des sous-traitants d’Areva. C’est souvent par hasard et après coup que ces fuites, provoquant parfois une irradiation du personnel, sont détectées. D’autant que si l’ASN est théoriquement indépendante d’EDF ou d’Areva, elle est totalement dépendante de l’État qui veille aux intérêts de toute la filière nucléaire française.

L’industrie nucléaire n’échappe pas aux méthodes de l’industrie en général : même manque de précautions, mêmes cadences, mêmes délais à tenir, mêmes pressions pour faire le travail le plus vite possible au risque de le faire mal. Et il faut ajouter : même recherche permanente du moindre coût.

Pour la maintenance et l’entretien de ses 58 réacteurs nucléaires, EDF a recours à la sous-traitance et à l’intérim comme tous les industriels. Des travailleurs surnommés en France « les nomades du nucléaire » se déplacent de centrale en centrale au gré des arrêts de tranche pour la maintenance. Ils sont embauchés par des sociétés qui rivalisent entre elles pour obtenir le marché. Évidemment elles le font en réduisant leurs coûts, ce qui se répercute sur les conditions de travail et de sécurité des travailleurs.

Selon Annie Thébaud-Mony, déjà citée, « entre 25 000 et 35 000 travailleurs de la maintenance (robinetiers, décontamineurs, décalorifugeurs, mécaniciens, électriciens, agents de contrôle) interviennent en zones dites »contrôlées« (c’est-à-dire radioactives) pour effectuer les vérifications, réparations, modifications nécessaires au bon fonctionnement des réacteurs et des circuits de refroidissement. Plus une centrale vieillit, plus la contamination radioactive est intense et plus l’intervention est »coûteuse en dose« . C’est ainsi que les exploitants français du nucléaire ont été amenés à sous-traiter ces tâches dangereuses et à mettre en place un système de gestion de l’emploi par la dose. »

Ce sont donc ces travailleurs de la sous-traitance qui subissent 80 % des radiations tout en étant moins bien suivis médicalement et soumis à de plus fortes pressions de leurs employeurs. Après vingt ou vingt-cinq ans d’exposition, certains sont atteints de cancer, et ils doivent mener un véritable combat pour qu’il soit reconnu comme une maladie professionnelle. Annie Thébaud-Mony considère qu’il se prépare, pour ces travailleurs du nucléaire, une catastrophe sanitaire comparable à celle de l’amiante.
La défense coûte que coûte de la filière nucléaire française

Face à l’inquiétude provoquée par la catastrophe de Fukushima, le gouvernement vient de décider un vaste audit des centrales françaises portant sur « les risques d’inondation, de séisme, de perte des alimentations électriques et de perte de refroidissement ». Des tests identiques sont programmés dans les 143 réacteurs nucléaires européens. Sarkozy a surenchéri en s’engageant à fermer toutes les centrales qui ne passeraient pas les tests de résistance de l’Union européenne.

Ces annonces sont au mieux des écrans de fumée pour rassurer l’opinion publique. Mais elles sont surtout un aveu d’irresponsabilité : pourquoi faudrait-il vérifier en urgence des points aussi cruciaux si les centrales françaises étaient les plus sûres du monde, comme le prétendent ministres et autorités de la filière ?

Dans cette affaire, la préoccupation principale du gouvernement est la défense des intérêts de la filière nucléaire française face au risque du gel de la construction de centrales nucléaires dans le monde entier après l’accident de Fukushima. Comme le soulignait le rapport Roussely sur l’avenir de la filière nucléaire française, commandé en 2010 par le gouvernement à ce haut fonctionnaire, président d’honneur d’EDF : « Le nucléaire est probablement la seule activité économique dont l’avenir est largement déterminé par l’opinion publique. » Il s’agit donc de la rassurer.

Depuis ses origines, aux débuts des années soixante-dix, cette filière développée à marche forcée sous l’égide de l’État est un pactole pour une poignée de groupes industriels privés. Depuis l’extraction de l’uranium, son traitement pour fabriquer du combustible utilisable dans les réacteurs, la construction puis la maintenance des réacteurs et des installations de la centrale, puis en aval le retraitement des combustibles usés et le stockage des déchets, le nucléaire représente toute une chaîne industrielle ainsi qu’un marché juteux. Pendant les années de construction du parc nucléaire français, cette filière a enrichi les actionnaires de Framatome devenu par la suite Areva, ceux d’Alsthom ou de Péchiney, sans parler des rois du béton, Bouygues et compagnie. Aujourd’hui, c’est surtout sur l’exportation que compte Areva pour remplir son carnet de commandes.

Dans ce secteur plus encore que dans les autres, l’État a joué un rôle central, assumant la recherche et tous les investissements non rentables, laissant les profits aux entreprises privées et assurant la promotion et le service après-vente des centrales.

En amont, c’est l’État qui a toujours garanti l’approvisionnement en matière première, en l’occurrence en uranium. Quand les mines du Limousin se sont épuisées, la Cogema, ancienne société publique désormais intégrée dans le groupe Areva, est allée prospecter au Gabon et au Niger. C’est ainsi qu’Areva dispose d’un accès exclusif à l’uranium du Niger à un prix n’atteignant pas le quart des cours du marché international.

Grâce aux pressions exercées par l’État français sur le gouvernement nigérien, Areva a obtenu le renouvellement de son exclusivité sur l’uranium pour quarante ans, en ne concédant qu’une augmentation de 50 % sur le prix payé. Un effet secondaire de ces pressions sur le gouvernement du Niger a été la prise d’otages des salariés d’Areva. Quant aux conditions de travail et de vie autour des mines d’Arlit ou d’Imouraren, elles ressemblent à celles qui règnent autour des mines de métaux précieux ou des puits de pétrole de toute l’Afrique. Un rapport de 2009 de la Criirad (association indépendante de mesure de la radioactivité) indiquait qu’à Arlit les eaux utilisées pour laver les aliments avaient un « taux de contamination très élevé », que « d’énormes masses de déchets radioactifs […] sont laissées à l’air libre » et que « des ferrailles contaminées sont utilisées par la population pour construire ses maisons ».

C’est encore l’État qui joue les VRP pour vendre les centrales nucléaires françaises dans le monde entier, de l’Afrique du Sud à la Finlande en passant par la Corée ou la Chine. Sarkozy a même réussi à vendre un projet de centrale nucléaire à Kadhafi lors de son séjour à Paris en 2008, comme si la Libye avait un problème d’approvisionnement énergétique.
La sécurité, ça coûte trop cher

La France se targue de proposer des centrales plus fiables dites de troisième génération, avec une double enceinte de confinement et, en principe, des systèmes de sécurité renforcés, l’EPR (réacteur pressurisé européen). Anne Lauvergeon, PDG d’Areva, a eu l’indécence de déclarer dans les premiers jours de la catastrophe : « S’il y avait des EPR à Fukushima, il n’y aurait pas de fuite possible dans l’environnement, quelle que soit la situation. » Ce qui est pour le moins présomptueux puisque aucune centrale de type EPR n’est encore en fonctionnement. Plusieurs centrales de ce type sont en construction, notamment à Flamanville (Manche) et à Olkiluoto en Finlande. Mais l’une comme l’autre accumulent les retards de construction. Outre la complexité d’un tel chantier, les autorités de sûreté nucléaire de plusieurs pays ont souligné plusieurs défauts dans les systèmes de sécurité proposés initialement. L’autre cause des retards, c’est qu’une sécurité renforcée a évidemment un coût de construction.

C’est justement l’un des problèmes rencontrés par l’EPR : il coûte trop cher. Aujourd’hui, comble du cynisme, Lauvergeon tente de transformer en avantage ce qui était hier un handicap. Le rapport Roussely, qui avait comme objectif de proposer une série de mesures pour relancer la compétitivité de la filière nucléaire française, se plaignait des différences de niveau de sûreté exigé d’un pays à l’autre et de la concurrence déloyale de constructeurs moins regardants. Il y a moins d’un an, il écrivait : « La seule logique raisonnable ne peut pas être une croissance continue des exigences de sûreté. » Il proposait la création « d’un groupe de travail dont la mission serait de formuler des propositions en vue d’associer au mieux exigences de sûreté et contraintes économiques » afin que « la filière nucléaire atteigne une compétitivité attractive pour l’investissement privé ». On ne peut annoncer plus clairement la couleur.

Avec la libéralisation du marché de l’énergie, GDF-Suez ou d’autres opérateurs privés pouvaient être intéressés par le pactole du nucléaire. Mais comme ils ne veulent pas assumer le coût de la sécurité, le gouvernement s’apprêtait à en réduire les contraintes.

Pour rassurer la population, tous les gouvernements ont toujours prétendu que les centrales nucléaires restaient sous le contrôle strict de l’État, exploitées par un opérateur public, EDF, avec « une culture de la sécurité ». Mais le statut public d’EDF, s’il a limité certaines dérives à la Tepco, n’a pas empêché les recherches d’économies et n’a pas amélioré la transparence.

À supposer même que la culture de la sécurité ait pu exister dans les premières années du développement des centrales nucléaires, le recours systématique à la sous-traitance, souvent des filiales de grands groupes, a laissé ouvertement la place à la culture du profit. Ces entreprises facturent à prix d’or leurs interventions dans les centrales tout en faisant pression sur leurs fournisseurs et leurs salariés pour réduire les coûts.

L’ouverture du capital d’EDF a accéléré ce phénomène déjà ancien. EDF doit désormais dégager des profits pour ses actionnaires. Selon le Canard enchaîné, EDF a réalisé un milliard d’euros de bénéfices en 2010 mais a distribué deux milliards d’euros à ses actionnaires en empruntant. Le Canard précise qu’EDF n’a consacré que 200 millions d’euros à l’entretien du parc nucléaire depuis 2002, alors qu’un rapport interne préconisait d’investir 1,9 milliard.
Si le nucléaire est dangereux, c’est le capitalisme qui le rend ainsi

Alors oui, le nucléaire aux mains des capitalistes est dangereux. Il est même mortel. Nous ne pouvons pas faire confiance aux irresponsables qui dirigent actuellement l’industrie énergétique, les actionnaires des Tepco, GDF-Suez, E-On, RWE, Areva, EDF et bien d’autres. Et nous ne pouvons pas plus faire confiance aux gouvernements censés réguler cette filière parce qu’ils défendent coûte que coûte les intérêts des premiers. Les uns et les autres font prendre des risques permanents, d’abord aux travailleurs du nucléaire, ensuite à la population plus ou moins proche des installations.

Poser le problème en termes de « sortir » ou « ne pas sortir » du nucléaire, indépendamment des conditions sociales et économiques dans lesquelles nous vivons, est au mieux une impasse, au pire une diversion.

C’est une impasse car la catastrophe de Fukushima est une nouvelle illustration, tragique, non pas tant des dangers du nucléaire, que des dangers mortels du capitalisme. La recherche du profit transforme en poisons l’agriculture et l’élevage, comme les scandales des farines animales et de la vache folle l’ont montré en leur temps. La surpêche industrielle est une fuite en avant catastrophique qui vide les océans d’espèces entières, ruine des millions de petits pêcheurs. Et qui peut garantir que l’élevage intensif de poissons, nourris aux farines… de poisson, ne prépare pas un nouveau drame sanitaire ? Quand il ne vide pas les mers et les océans, le capitalisme les pollue. C’est l’irresponsabilité et la rapacité des dirigeants de BP, du spécialiste des forages pétroliers Halliburton, avec la bénédiction de l’agence fédérale américaine censée réguler l’exploitation pétrolière, qui a provoqué l’accident de la plate-forme pétrolière Deepwater Horizon en avril 2010 au large de la Louisiane. Le résultat fut onze morts et 780 millions de litres de pétrole déversés pendant trois mois, provoquant l’une des pires marées noires de l’histoire. Tout cela pour faire le plus de profit possible.

Dans la société capitaliste, toute la production industrielle est dangereuse pour les travailleurs qui la font tourner, pour les riverains, pour les consommateurs, pour l’environnement.

Bien avant l’ère nucléaire, le groupe chimique japonais Chisso a déversé pendant plusieurs décennies à partir de 1932 du mercure dans la baie de Minamata, empoisonnant la population et faisant des milliers de victimes en particulier parmi les pêcheurs, transformant cette baie en une « mer de la mort ». La catastrophe industrielle la plus grave du 20e siècle fut en 1984 l’explosion et le dégagement d’un nuage de gaz mortel à Bhopal en Inde, dans une usine chimique de l’entreprise américaine Union Carbide. Cette catastrophe a tué officiellement 3 500 personnes, mais sans doute 20 000 à 25 000 selon les associations de victimes, plus crédibles. Le dernier accident industriel grave en France, celui d’AZF à Toulouse qui a fait 31 morts, s’est déroulé dans une usine chimique, pas dans une usine nucléaire. À chaque fois, les économies sur la sécurité, la recherche du profit, les défaillances de la maintenance et souvent le mépris absolu de la population riveraine expliquent ces accidents.

Et pour rester dans le domaine de l’énergie, si 15 % de l’électricité produite dans le monde sont d’origine nucléaire, 40 % sont produits à partir de centrales thermiques au charbon. Mais le charbon tue. C’est moins spectaculaire que l’accident d’une centrale nucléaire, mais chaque année, selon des chiffres officiels minimisés, plus de 3 000 mineurs meurent dans des mines en Chine. Selon l’Agence internationale de l’énergie, la Chine compte plus de 600 000 mineurs malades des poumons du fait de leur profession. Le charbon a tué 100 000 mineurs américains au cours du 20e siècle et la pollution atmosphérique tuait chaque année 50 à 60 000 Britanniques dans les années cinquante à cause des problèmes respiratoires !

Et il n’est pas dit que les lois du marché ne remettent pas le charbon à la mode pour produire de l’électricité. C’est aujourd’hui l’un des combustibles les moins chers, qui n’est pas utilisé seulement en Chine. Le Danemark, champion européen de l’énergie éolienne, qui a banni le nucléaire, produit 60 % de son électricité à partir de centrales thermiques au charbon. L’un des effets secondaires de la catastrophe de Fukushima a été une flambée spéculative des cours du charbon et du gaz en prévision de la demande inéluctable à venir au Japon.

Cela montre que, tant qu’on laissera l’industrie, l’agriculture, les transports, c’est-à-dire toute l’économie entre les mains de groupes privés, l’humanité et la planète seront menacées.
Des dirigeants écologistes prêts à gérer le capitalisme

Cela montre surtout l’hypocrisie des écologistes, qui réclament bruyamment la sortie du nucléaire tout en étant des défenseurs inconditionnels du capitalisme. Oh, nous ne parlons pas ici des militants associatifs qui dénoncent les mensonges d’EDF ou d’Areva, rendent publiques les informations sur les incidents et les fuites quand ils en ont connaissance, publient leurs propres mesures indépendantes, dénoncent les conditions de stockage, de déplacement et de traitement des déchets radioactifs qu’on ne sait toujours pas stocker sans danger à long terme. Nous partageons beaucoup des préoccupations de ces militants et nous sommes solidaires de certains de leurs combats, comme nous l’avons été, et le serions de nouveau, des populations refusant la construction d’une centrale nucléaire, d’une usine de traitement ou l’enfouissement de déchets près de chez elles.

Nous parlons des dirigeants de l’écologie politique, qui aspirent au pouvoir. Ils s’appuient aujourd’hui sur les inquiétudes légitimes provoquées par tous les ravages de plus en plus graves – car amplifiées par le gigantisme de l’industrie et l’unification du marché mondial – que le capitalisme provoque pour la santé publique ou l’environnement. Mais devenus ministres, peut-être un jour chefs d’État, ils défendent bien sagement les intérêts des industriels et des banquiers.

Ceux-là sont à l’écologie, à la défense de l’environnement et de la planète, ce que les Blum ou les Mitterrand ont été au mouvement ouvrier et au socialisme. Ils se servent de l’écologie comme d’un fonds de commerce pour arriver au pouvoir.

De 1997 à 2002, Dominique Voynet a été ministre de l’Environnement du gouvernement Jospin qui a défendu les intérêts de la filière nucléaire. C’est ce gouvernement qui a créé Areva en regroupant notamment la Cogéma, entreprise publique, et Framatome, société privée. C’est lui encore qui a lancé le programme EPR. Dominique Voynet n’a jamais été dégoûtée par l’existence d’une force de frappe nucléaire. Elle a réclamé un référendum sur le nucléaire, mais n’a jamais claqué la porte face au refus réitéré de Jospin.

Un référendum, c’est ce qu’ont réclamé à la mi-mars toute une série d’organisations et de partis à travers un « appel solennel » au gouvernement. Mais se contenter de réclamer un référendum, qu’il s’agisse de la privatisation de La Poste, ou des choix énergétiques, c’est brasser du vent. Il ne suffira pas d’un référendum pour arracher la production et la distribution de l’électricité, du gaz ou de l’eau des mains des Areva, GDF-Suez ou Veolia. Et si même Sarkozy daignait organiser un tel référendum et qu’il soit remporté par les opposants au nucléaire, qu’est-ce que ça changerait ?

Les Verts allemands ont obtenu, lors de leur participation au gouvernement Schröder (1998-2005), un moratoire sur la construction de nouvelles centrales et l’engagement à sortir du nucléaire. Mais dix-sept centrales nucléaires, toutes anciennes, continuent de fonctionner en Allemagne sous l’égide d’exploitants privés. Cela parce que leur démantèlement (qui n’a pas été réellement étudié avant leur construction) est très complexe, qu’il prend du temps et, plus encore, parce qu’on ne remplace pas facilement l’énergie ainsi abandonnée.

Le nouveau ministre, président Vert du Bade-Wurtemberg, Winfried Kretschmann, confirmera peut-être l’arrêt progressif, dans dix ou vingt ans, des centrales nucléaire de cet État. Mais Kretschmann, qui se présente comme un « écologiste conservateur », inventeur du « réalisme en écologie » et qui veut « concilier écologie et économie », se mettra au service des industriels, en premier lieu ceux du puissant secteur de l’automobile, implanté dans la région de Stuttgart. L’écologie est devenue depuis longtemps un emballage porteur pour les capitalistes. C’est au nom de l’écologie que les industriels de l’automobile sont aujourd’hui engagés dans une course mondiale à la voiture électrique. Le PDG de Volkswagen déclarait récemment : « Pour y parvenir, il faut absolument devenir leader dans le domaine écologique. » Peu importe si la production de la voiture électrique ne sera rentable qu’à coup de subventions, si elle augmente les besoins en électricité et exige d’extraire plus de métaux lourds, de terres rares et de composants toxiques pour produire des batteries.

Pour réduire la consommation globale d’énergie et accessoirement celle d’électricité, les écologistes répètent qu’il faut « améliorer la sobriété et l’efficacité énergétiques ».

Les communistes révolutionnaires que nous sommes, partisans de planifier et de rationaliser la production sous le contrôle permanent de la population, n’ont pas attendu les écologistes pour défendre ce programme. Mettre un terme aux innombrables gaspillages liés à l’organisation capitaliste de la société, au gaspillage d’énergie lié au transport routier et au flux tendu dans les entreprises, arrêter de transporter des marchandises dans un sens tandis qu’on transporte les mêmes marchandises dans l’autre sens, supprimer la production d’armement ou tout autres productions inutiles, c’est le programme communiste depuis toujours ! Mais le préalable est d’enlever tous les moyens de production des mains des capitalistes.

Appliquer, dans une société de classes, le slogan des écologistes se traduit inévitablement par la sobriété pour les pauvres, que l’on oblige à réduire leur consommation en augmentant sans cesse les taxes et les prix, et l’abondance pour ceux qui peuvent payer.

L’énergie dite renouvelable coûte – aujourd’hui et sans doute pour un bon moment – beaucoup plus cher que l’énergie thermique ou nucléaire. Une société choisissant en toute conscience les techniques pour satisfaire ses besoins pourrait choisir de payer, collectivement, plus cher pour éviter un danger industriel. Mais dans un marché capitaliste dominé par quelques grands groupes énergétiques, c’est évidemment l’usager final qui paiera la facture. La dernière augmentation de tarifs imposée en janvier dernier a précisément été justifiée par l’obligation faite à EDF de racheter le surplus de courant produit par l’éolien ou le photo-voltaïque.

Quant aux subventions réclamées par les écologistes pour encourager l’énergie renouvelable, elles sont d’abord une aubaine pour les fabricants et les installateurs, sans réduire réellement le coût de production de l’électricité photovoltaïque ou éolienne.

Tout cela, les dirigeants politiques de l’écologie le savent parfaitement et souvent le revendiquent ouvertement. Nicolas Hulot réclamait, dans son « pacte écologique » écrit en 2006, une augmentation des taxes sur l’eau et sur les ordures ménagères ou encore le rétablissement d’une vignette automobile proportionnelle à la pollution des véhicules ; vignette que les propriétaires de 4x4 paieront sans problème, mais qui frappera aussi ceux qui n’ont pas les moyens de changer leur vieille voiture. Mais cela Hulot, Duflot et les autres s’en contrefichent car les pauvres ne font pas partie de leur électorat privilégié.

Nous ne nous prononçons pas entre les différents types d’énergie que l’humanité peut utiliser dans l’avenir. Mal maîtrisées, elles peuvent toutes représenter une menace. Pour qu’elles puissent être mises au service de l’homme, sans réserve, il est vital d’en maîtriser non seulement la technologie, mais aussi les conditions de mise en œuvre.

C’est impossible dans une économie où les décisions sont prises, totalement ou partiellement, en fonction du profit.

Alors, l’urgent est de mettre un terme aux ravages et aux menaces que font peser, sur la planète et sur l’humanité, les irresponsables qui contrôlent toute la société. La pire menace est bien l’organisation capitaliste de la société. C’est le contrôle de tous les moyens de production, ceux du secteur de l’énergie comme tous les autres, par des propriétaires privés avides de profits. Il est urgent de le leur arracher des mains pour mettre en place une planification rationnelle, sous le contrôle conscient et éclairé de la population et à l’échelle planétaire.

Évidemment, cela ne résoudra pas automatiquement tous les problèmes. Cela ne fera ni disparaître tous les dangers ni jaillir d’un coup de baguette magique des sources d’énergie inépuisables. Mais l’humanité pourra aborder les problèmes consciemment. Elle pourra discuter, collectivement et à l’échelle planétaire (sans s’enfermer dans une indépendance énergétique qui fait construire des centrales nucléaires dans la région la plus sismique du monde), de la façon de produire son énergie. Elle pourra finalement arbitrer en prenant en compte la totalité des paramètres, ceux liés à la sécurité comme ceux liés à la nature.

L’énergie nucléaire, si on la maîtrise vraiment en incluant le traitement des déchets, pourrait s’avérer plus efficace (et plus écologique !) que d’autres sources d’énergie. Le feu fait parfois des ravages dramatiques, mais la maîtrise du feu a représenté un bond incontestable en avant pour l’humanité. À moins que l’énergie nucléaire ne soit remplacée par d’autres techniques qui ne manqueront pas d’être perfectionnées ou inventées.

Lénine a dit, dans des circonstances très particulières et dans une formule raccourcie : « Le communisme, ce sont les soviets plus l’électrification. » On pourrait le paraphraser en disant « Pour produire sans danger de l’électricité, il faut construire des soviets. »

2 avril 2011

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Re: L'énergie nucléaire

Message  Roseau le Jeu 21 Avr - 20:51

L’énergie nucléaire, si on la maîtrise vraiment en incluant le traitement des déchets, pourrait s’avérer plus efficace (et plus écologique !) que d’autres sources d’énergie. Le feu fait parfois des ravages dramatiques, mais la maîtrise du feu a représenté un bond incontestable en avant pour l’humanité. À moins que l’énergie nucléaire ne soit remplacée par d’autres techniques qui ne manqueront pas d’être perfectionnées ou inventées.

Excellent concentré, à pleurer: par productivisme, la direction de LO n'y a vu que du feu Sleep

Revenons aux propositions sérieuses (tract NPA)

Tchernobyl n’a pas fini de faire des victimes qu’un nouveau cycle infernal s’engage avec
la catastrophe de Fukushima. Avec les mêmes conséquences dramatiques : des régions
durablement contaminées où la radioactivité invisible entraine des dommages irréversibles
sur la santé de plusieurs générations.
Combien de morts la catastrophe de Tchernobyl a t-elle causé ?
Face à cette interrogation, la dissimulation et la manipulation des chiffres par les
multinationales de l’énergie et nos dirigeants-VRP de l’industrie electro-nucléaire:
Depuis 25 ans, les autorités internationales dont l’OMS (organisation mondiale de la
santé) tentent de faire le black-out sur ce sujet et avancent le chiffre dérisoire de 4000
morts...
Pourtant, selon l’Académie des sciences de New York, 1 million de personnes ont perdu la
vie de par le monde entre 1986 et 2004 suite à la catastrophe.
En Ukraine, en Biélorussie et en Russie il y a eu entre 600 000 et 900 000 personnes
décédées, dont 125 000 parmi les liquidateurs qui ont déblayé les décombres de la centrale.
L’espérance de vie en Ukraine était de 79 ans en 1989. Elle passerait à 55 ans en 2020...
La catastrophe nucléaire du Japon démontre un fois de plus la prétention technologique
de l’industrie nucléaire qui ne parvient pas plus à maitriser les risques d’accidents et à
en traiter les conséquences, qu’à trouver des solutions durables pour les déchets qu’elle
produit...
Les salarié-e-s et la population sont les otages de cette industrie dont la dangerosité est
exacerbée par la course à l’économie et au profit qui régit le système capitaliste.
Sortir du nucléaire c’est possible :
Il n’y a pas de production nucléaire dans des pays industrialisés comme l’Italie ou la Suède.
Quant à l’Allemagne elle vient, sous la pression de la population, d’arrêter les 7 réacteurs
les plus anciens et deux de ses ministres demandent la sortie du nucléaire d’ici 2020 !
Nous devons aussi nous mobiliser et obtenir dés maintenant l’arrêt:
- de tous les réacteurs ayant atteint les 30 ans de fonctionnement,
- des nouveaux projets (EPR de Flamanville et de Penly, ligne THT Cotentin-Maine,
ITER, Bure et autres projets de stockage des déchets nucléaires...)
- de tous les projets de l’industrie nucléaire française à l’étranger
Il faut ensuite réquisitionner les grands groupes de l’énergie et leurs bénéfices, garantir
l’emploi et l’embauche des intérimaires et sous-traitant-e-s de la filière et entamer une
reconversion qui ne se fasse pas sur le dos des travailleurs et des usagers.
Il y a urgence à inventer une alternative à la civilisation capitaliste, à son productivisme, à
sa dépendance aux énergies fossiles et ressources non renouvelables.
Cette alternative passe par des choix de production qui lient satisfaction des besoins,
conditions de travail des salariés et contraintes écologiques imposées en autre par le
changement climatique.
Nous devons imposer un plan énergétique efficace contre le réchauffement climatique :
sobriété et efficacité énergétique, développement des énergies renouvelables qui, à
investissement égal, offrent des capacités de production supérieures au nucléaire tout en
créant de nombreux emplois.

http://www.npa2009.org/sites/default/files/tract%20TchernobylDay%202011-04-19.pdf
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