Féminisme

Page 7 sur 8 Précédent  1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8  Suivant

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

Re: Féminisme

Message  sylvestre le Sam 21 Déc - 15:08

avatar
sylvestre

Messages : 4489
Date d'inscription : 22/06/2010

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Butler: ce que je dois au féminisme français

Message  Roseau le Mer 15 Jan - 14:54

A l'occasion de la sortie de son nouveau livre sur le conflit israélo-palestinien,
la théoricienne des "gender studies" revient sur les critiques autour du concept de genre en France
et rappelle le poids du féminisme français dans l'émergence de ses réflexions.
http://www.telerama.fr/idees/judith-butler-philosophe-le-feminisme-francais-m-a-beaucoup-inspiree,107027.php
.
avatar
Roseau

Messages : 17784
Date d'inscription : 14/07/2010

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Patriarcat et/ou capitalisme : Rouvrons le débat

Message  Antonio Valledor le Mer 15 Jan - 21:47

l est assez courant de trouver dans des textes, des tracts, des articles ou des documents féministes, des références au patriarcat et aux rapports patriarcaux. On utilise souvent le terme de patriarcat pour signifier le fait que l’oppression et l’inégalité de genre ne sont pas sporadiques ou exceptionnelles. Elles ne peuvent être réduites à des phénomènes qui ne se produiraient qu’à l’intérieur des relations interpersonnelles car ce sont, au contraire, des questions qui traversent la société toute entière et qui se reproduisent sur base de mécanismes que l’on ne peut pas expliquer en restant sur le plan individuel.

http://www.avanti4.be/debats-theorie-histoire/article/reflexion-de-genre-1-patriarcat-et-ou

Antonio Valledor

Messages : 160
Date d'inscription : 01/06/2012

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Féminisme

Message  Roseau le Ven 17 Jan - 15:39

"Chercher à comprendre comment se manifeste et se reproduit ce système inégalitaire de normes de féminité et de masculinité"
http://www.npa2009.org/content/chercher-%C3%A0-comprendre-comment-se-manifeste-et-se-reproduit-ce-syst%C3%A8me-in%C3%A9galitaire-de-normes
avatar
Roseau

Messages : 17784
Date d'inscription : 14/07/2010

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Féminisme

Message  Roseau le Jeu 30 Jan - 22:26

Pourquoi les femmes sont elles plus petites que les hommes?
VIDEO ARTE
http://www.arte.tv/guide/fr/045331-000/pourquoi-les-femmes-sont-elles-plus-petites-que-les-hommes?autoplay=1
Partout dans le monde, les femmes sont en moyenne plus petites que les hommes. Même chez les Européens du Nord, qui sont actuellement les plus grands du monde, leur taille est inférieure à celle des hommes d’une quinzaine de centimètres environ. Le dimorphisme sexuel de taille, comme l’appellent les scientifiques, n’est cependant pas universel. Il y a des espèces animales où les femelles sont plus grandes que les mâles - les baleines bleues, par exemple. Si le plus grand mammifère au monde est une femelle, pourquoi en va-t-il autrement chez les humains ?

Les spécialistes de la question nous racontent une histoire inédite, au carrefour de la biologie, de la médecine, de la paléoanthropologie et de la sociologie. Ces experts travaillant en France, au Royaume-Uni, en Italie, en Allemagne et aux États-Unis retracent leurs découvertes sur l’évolution qui, pour une fois, mettent les femmes sur le devant de la scène.
avatar
Roseau

Messages : 17784
Date d'inscription : 14/07/2010

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Féminisme

Message  sylvestre le Ven 31 Jan - 13:31

Intéressant documentaire, mais la thèse défendue (les femmes seraient plus petites du fait d'une discrimination de la part des hommes qui les empêchaient de manger) me semble bien peu convaincante, en particulier parce qu'elle présuppose que les hommes auraient eu cette idée (pourquoi ?) et auraient été en mesure de la mettre en œuvre (alors qu'au début du processus les femmes étaient de la même taille et auraient pu leur rire au nez en leur prenant la bouffe, ou en leur niant celle qu'elles avaient elles-même cueillie ou chassée).

Perso j'ai trouvé plus intéressante la thèse de Lila Leibowitz sur le fait que les hommes dans un environnement de savane ont eu tendance à se spécialiser dans la chasse et la cueillette en marge des groupes, en parcourant de plus grandes distances et en nécessitant une vision plus longue pour repérer les prédateurs, cependant que les femmes étaient amenées à être plus souvent au centre des groupes notamment quand elles étaient enceintes ou allaitant, du fait d'une mobilité moindre à la base, et de la nécessité de protéger les enfants des agressions extérieures. Bon, ça se discute comme toutes les hypothèses portant sur des organisations sociales lointaines et diverses, mais au moins ça a une base matérialiste, et une approche dialectique !
avatar
sylvestre

Messages : 4489
Date d'inscription : 22/06/2010

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Féminisme

Message  philippulus le Ven 31 Jan - 21:49

Documentaire plus que crispant. Connaissant par ailleurs la conclusion à laquelle son auteure voulait arriver, j'ai essentiellement porté mon attention sur la construction de la thèse défendue.
Lister toutes les faiblesses de cette construction serait fastidieux.
Un exemple :
Si les chimpanzés mâles sont plus grands que les femelles, c'est parce que les mecs se réservent la meilleure nourriture (images fugaces à l'appui). Homo sapiens idem. Mais comment expliquer le très important différentiel de taille et surtout de poids (du simple au double) que l'on observe chez les orangs-outans entre les mâles et les femelles ? Ce différentiel, beaucoup plus grand que chez le chimpanzé (qui vit en société), ne peut absolument pas s'expliquer par la thèse avancée vu que ces primates (mâles et femelles) mènent une vie essentiellement solitaire : pas de conflit sur la nourriture. Donc on ne parle pas des innombrables contre-exemples qui ne peuvent pas confirmer la thèse, y compris quand ceux-ci touchent une espèce voisine d'homo sapiens.



philippulus

Messages : 170
Date d'inscription : 19/01/2013

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Réflexion de Genre (2) : Un, deux ou trois système

Message  Antonio Valledor le Mer 5 Fév - 15:28

Un nouveau texte de Cinzia Arruzza:

En 1970, Christine Delphy a écrit un essai assez court : « L’ennemi principal », dans lequel elle théorisait l’existence d’un mode de production patriarcal, son rapport ainsi que sa non-coïncidence avec le mode de production capitaliste. Elle définissait les femmes au foyer comme une classe, dans le sens économique du terme...

http://www.avanti4.be/debats-theorie-histoire/article/reflexion-de-genre-no2-un-deux-ou-trois

Antonio Valledor

Messages : 160
Date d'inscription : 01/06/2012

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Bravo et faites circuler !

Message  Roseau le Jeu 20 Fév - 22:53

Eléonore Pourriat a réalisé en 2010 un court métrage intitulé "Majorité opprimée".
Un film qui traite de l'oppression du sexe dit faible par le sexe dit fort en utilisant un procédé malin : il inverse les rôles établis par notre société en faisant des femmes le sexe dominant.
"Majorité opprimée trouve en ce moment une audience large
notamment sous l'effet de l'actualité liée à la "théorie du genre",
la loi sur la famille, la manif pour tous...


Majorité opprimée [Court métrage] por Code_000
avatar
Roseau

Messages : 17784
Date d'inscription : 14/07/2010

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Féminisme

Message  sylvestre le Jeu 20 Fév - 23:46

Une critique de ce court-métrage a été écrite par le bloggeur Richard Seymour dans le Guardian, et traduite sur le site des Indigènes de la République : Selon « Majorité Opprimée », le féminisme sauverait la France de l’Islam.
Discutable, mais intéressant.
avatar
sylvestre

Messages : 4489
Date d'inscription : 22/06/2010

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Féminisme

Message  Roseau le Jeu 20 Fév - 23:58

Je suis d'accord. Cette critique vaut la peine d'être prise en compte
et discutée lors de toute projection publique du film.
(qui ne dure que 11 mn, ce qui donne le temps d'en discuter).
J'espère que la réalisatrice a eu l'occasion d'entendre cette critique.
Je serais intéressé de savoir ce qu'elle a répondu.
En attendant, sur le sujet, voir le dossier rassemblé ici par camarades NPA34
http://npaherault.blogspot.com/2014/02/un-film-qui-pendant-11-minutes-inverse.html#more
avatar
Roseau

Messages : 17784
Date d'inscription : 14/07/2010

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Ce n’est pas que la faute du capitalisme ?

Message  Antonio Valledor le Mar 25 Fév - 8:44

Dans la précédente chronique de « Réflexion de Genre », j’écrivais que l’idée selon laquelle le patriarcat était un système indépendant à l’intérieur de la société capitaliste était la plus utilisée par les théoriciennes, mais aussi par les militantes féministes. Et cela parce qu’il s’agit de l’interprétation la plus intuitive et immédiate des phénomènes d’oppression et de pouvoir qui se basent sur le genre et dont nous en faisons l’expérience quotidienne.

http://www.avanti4.be/debats-theorie-histoire/article/reflexion-de-genre-2-bis-ce-n-est-pas-que-la

Antonio Valledor

Messages : 160
Date d'inscription : 01/06/2012

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Féminisme

Message  Roseau le Mar 4 Mar - 3:38

Aux origines du capitalisme patriarcal : entretien avec Silvia Federici

Silvia Federici est une théoricienne et une militante féministe marxiste.
Elle a notamment écrit l’ouvrage majeur "Caliban et la sorcière"
qui paraît enfin en français le 22 avril 2014 aux éditions Entremonde.

Federici a compté parmi les membres fondatrices de International Feminist Collective,
collectif né dans les années 1970 et qui est à l’origine de la campagne
« Un salaire pour le travail ménager »
(Wages for Housework) également portée par des figures comme Selma James ou Maria Dalla Costa.

http://www.contretemps.eu/interviews/origines-capitalisme-patriarcal-entretien-silvia-federici
avatar
Roseau

Messages : 17784
Date d'inscription : 14/07/2010

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Féminisme

Message  sylvestre le Mer 12 Mar - 10:37

http://www.liberation.fr/societe/2014/03/07/je-veux-marcher-a-cote-des-meres-des-salopes-des-grosses_985440

«Je veux marcher à côté des mères, des salopes, des grosses»
Cécile DAUMAS 7 mars 2014 à 21:16

INTERVIEW
Virginie Despentes regrette la violence des oppositions entre féministes :

Ecrivaine, Virginie Despentes s’est fait remarquer en 2006 par un essai féministe percutant, King Kong Théorie. Elle défend les prostituées, les femmes voilées, les lesbiennes, les vieilles…
Sur le même sujet


Pourquoi être contre la pénalisation du client, et contre la loi sur le voile à l’école ?

La pénalisation des clients est un outil du pouvoir pour contrôler les sans-papiers. Il ne s’agit pas de protéger les travailleuses contraintes, mais de les opprimer davantage. Le féminisme ne devrait pas être instrumentalisé pour permettre au gouvernement de durcir sa politique d’immigration. Le putsch bancaire de 2008 a précarisé les femmes, qui sont les moins bien reçues sur le marché de l’emploi. Il y avait d’autres mesures à prendre pour envoyer un signe de solidarité que de cogner sur celles qui survivent en se prostituant.

Revenir sur la loi du voile à l’école aurait été une vraie mesure de gauche… Car, là encore, il s’agit d’instrumentaliser le féminisme pour mener une politique excluante, qui permet aujourd’hui à l’extrême droite d’encourager les gens à dire «nous retirons nos enfants de l’école, car nous n’avons plus confiance en cette école laïque qui nous a fermé ses portes». C’est très français de dire aux populations issues des anciennes colonies : vous êtes rudement chanceux d’être là, alors fermez vos gueules. Le calme et le silence n’est plus ce qui caractérise les populations issues des anciennes colonies, et on devrait s’en réjouir à gauche. Au lieu de quoi, on invente une école qui déclare que certaines Françaises sont indignes d’être instruites.

L’unité dans le féminisme, c’est possible ?

Quand le cortège du 8 mars, il y a une dizaine d’années, a refusé pour la première fois que les femmes voilées se joignent à la manifestation, je faisais partie de celles que ça a choqué. Ne sont-elles pas assez blanches pour se considérer comme des femmes ? Je ne suis pas une fanatique de la manifestation du 8 mars, mais si j’y vais, je ne vais pas vérifier auprès des meufs, une par une, si elles sont bien athées… j’ai envie de marcher à côté des mères au foyer, des femmes mariées, des travailleuses précaires, des transsexuelles, des salopes, des cadres supérieures, des lesbiennes, des grosses, des vieilles… Car au finale, nous partageons une identité : nous sommes les victimes «naturelles». Quand un homme est torturé et tué en raison de la couleur de sa peau ou de sa religion on dit «attention, malheur, atteinte aux droits de l’homme, crime politique !» Quand tous les jours des femmes sont torturées ou tuées parce qu’elles sont des femmes on dit «ah la la, les hommes, qu’est-ce qu’ils sont méchants». Mais ce n’est pas politique ? Ah non, ça, c’est hormonal. Et très vite, le problème devient «mais elle faisait un jogging toute seule» ou «elle attendait le bus toute seule». Bref, elle était dehors, elle était une femme et chacune d’entre nous doit se souvenir qu’elle n’est pas en sécurité, dehors.

Pourquoi de telles dissensions ?

Les questions qui divisent les féminismes nous séparent d’une façon particulièrement hostile. Cette violence est assez étonnante, car enfin, il n’y a pas beaucoup d’argent à se disputer, ni de postes de pouvoir, alors pourquoi sommes-nous incapables d’avoir des échanges qui nous enrichiraient ? Perso, le féminisme des «bonnes mamans» ne me concerne pas, mais ça m’intéresse de les écouter. Le féminisme musulman, je ne vais pas sauter de joie à chacune de leurs déclarations, mais ça m’intéresse. Ecouter les unes et les autres ne m’empêche pas de savoir où je me situe - par exemple, du côté de celles qui n’ont pas fait d’enfants. On est encore embourbées dans un délire de destin biologique. On a donné l’argent des écoles aux banques, on n’a pas ouvert de structures d’accueil pour les handicapés, il n’y a pas de travail, on va tailler dans les aides aux plus démunis - mais faites des enfants, sinon vous passerez à côté de votre destin biologique. Autant dire : enfoncez-vous le plus possible dans la merde. Je crois qu’il faut valoriser la position des femmes qui ne s’intéressent pas à la maternité. Ceaucescu appelait «les déserteuses» les Roumaines qui ne donnaient pas les cinq enfants exigés pour la patrie. Valoriser cette position, ce n’est pas mépriser les autres. On peut être mère de famille nombreuse et être en accord avec ce qu’on vit, et on peut aussi être une quadragénaire nullipare qui se félicite tous les jours de son choix. Ce qui n’empêche pas d’être solidaire des luttes pour la PMA (procréation médicalement assistée) pour toutes. Etre féministe, justement, ça pourrait être de dire : est-ce qu’on pourrait arrêter de définir à notre place ce qu’est la féminité ?

Le féminisme ringard ou encore libérateur ?

Internet a changé la donne. Si une fille a été violée et qu’elle cherche des informations sur ce qui lui est arrivé, elle trouve des dizaines de textes sur le sujet. Il y a vingt ans, tu étais complètement isolée. Si tu te prostitues, tu trouves sur Internet tout le matériel pour être féministe et prostituée - ça aussi, c’était impensable. Le sexisme dans les jeux vidéo, la violence domestique, la PMA, le porno… quel que soit le sujet, tu trouves. Dans les médias mainstream, paradoxalement, l’affaire DSK a été une excellente nouvelle pour le féminisme : on n’a jamais autant parlé de sexisme, et encore moins du viol, à la télé… et pour la première fois depuis des années en France, on a dû convenir que le sexisme, ce n’était pas réservé aux banlieues… Alors on a entendu des femmes politiques, des journalistes connues s’exprimer : évidemment, oui je suis confrontée au sexisme. On a découvert, quand même sidérées, que l’Assemblée nationale était un lieu d’humiliation quotidienne pour les femmes… Une prise de conscience très importante de l’état des lieux.

Dernier ouvrage paru : «Apocalypse bébé» (Grasset 2010).
Recueilli par Cécile Daumas
avatar
sylvestre

Messages : 4489
Date d'inscription : 22/06/2010

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Féminisme

Message  sylvestre le Sam 15 Mar - 15:59

avatar
sylvestre

Messages : 4489
Date d'inscription : 22/06/2010

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Cinzia Arruzza: capitalisme et oppression de genre

Message  Antonio Valledor le Mer 26 Mar - 13:23

Un des points de vue les plus répandu chez les théoriciens marxistes est de considérer l’oppression de genre comme quelque chose qui n’est pas nécessaire à l’oppression du capital. Cela ne signifie pas que le capitalisme ne s’en serve pas et ne profite pas de l’inégalité de genre produite par les configurations sociales précédentes. Mais il s’agirait par contre d’un rapport opportuniste et contingent. Dans les faits, le capitalisme n’a pas vraiment le besoin de se servir de manière spécifique de l’oppression de genre, et les femmes ont bel et bien atteint, sous le capitalisme, un niveau de liberté et d’émancipation sans précédents dans les époques historique. Bref, la libération des femmes et le féminisme n’auraient pas un rapport antagoniste.

http://www.avanti4.be/debats-theorie-histoire/article/reflexion-de-genre-3-le-capitalisme-est-il

Antonio Valledor

Messages : 160
Date d'inscription : 01/06/2012

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Féminisme

Message  Roseau le Ven 18 Avr - 1:45

Ecoutez le premier interview, de 1959, puis le second, de 1975.
On y trace, en 15 ans, l'évolution de Simone de Beauvoir et du féminisme,
notamment grâce au fait que les femmes, dans la foulée de la vague émancipatrice de 68,
se sont organisées dans un grand mouvement indépendant.



avatar
Roseau

Messages : 17784
Date d'inscription : 14/07/2010

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Wassyla Tamzali,

Message  mykha le Dim 29 Juin - 20:37

http://culture.ulg.ac.be/jcms/prod_1426150/fr/la-voix-feministe-laique-de-wassyla-tamzali




De la morale sexuelle à la virginité en passant par la polygamie ou le voile, le travail féministe de Wassyla Tamzali a questionné les effets de l’inégalité entre hommes et femmes dans les pays musulmans depuis sa jeunesse avec une vision laïque du féminisme. Dans ses textes, la militante rappelle l’universalité des droits des femmes et l’impossibilité de réduire ou accommoder ces droits selon l’origine ou l’appartenance religieuse des femmes. Dans ce sens, la laïcité doit être l’outil maître pour déconstruire les schémas patriarcaux présents dans la religion et les traditions des pays dits musulmans. Son travail remet, d’abord, en question le relativisme culturel auquel les occidentaux s’attachent pour éviter de critiquer un système de valeurs qui ne respecte pas les droits des femmes, comme c’est le cas de l’Islam, par crainte d’être accusés d’islamophobie, pour ensuite attaquer la mouvance « féministe islamique » née au cœur de ce relativisme culturel dans les pays occidentaux et qui est largement soutenue dans les médias et les recherches sur la question féministe en Islam.

Dans son ouvrage Une femme en colère. Lettre d’Alger aux Européens désabusés, Wassyla Tamzali adresse une critique féroce à la société européenne et à ses intellectuels qui ont renoncé au principe d’universalité des droits des femmes au-delà des frontières européennes, au profit d’un relativisme culturel qui accorderait des droits différents aux femmes, quand elles sont issues des pays musulmans. L’affaire du voile, qui a marqué l’esprit des occidentaux, est analysée dans son texte. Wassyla Tamzali se montre très critique face aux intellectuelles qui prennent la défense du voile, alors même qu’elles se sont battues pour les droits des femmes en France. « Elles n’ont pas renoncé à réaffirmer, chaque fois que c’était nécessaire, que le droit des femmes à disposer de leur corps n’était pas négociable parce qu’il était le pivot de la pensée féministe. Et pourtant, devant les hadiths, versets et autres éléments de la culture charaïque brandis dans les meetings, les défilés, les débats, devant le consentement de certaines femmes à dissimuler leur corps, à le «marquer» des signes de la domination patriarcale par le voile, s’agissant des femmes musulmanes, elles relativisent ce principe pour lequel elles se sont battues, un principe qui perdrait son sens pour des femmes de cultures différentes1 » s’indigne-t-elle dans un passage de son essai. La militante ne prétend pas dans son discours interdire le port du voile, mais, d’un point de vue féministe, elle critique l’usage de ce voile comme instrument d'identification des femmes en quête de la récupération d’une forme de dignité : « Je peux décider librement de porter mon voile, mais le voile ne va pas produire la liberté. On peut s'aliéner librement. Les formes d'aliénation volontaires sont multiples2 » affirmait-elle lors d’une de ses dernières conférences au Québec.

D’un autre côté, Wassyla Tamzali s’est positionnée clairement contre le « féminisme islamique » parce que ces femmes se sont mis une limite, celle du respect de la religion. En partant de cette base, le travail de déconstruction n’aboutit pas à l’émancipation totale de la tradition patriarcale implicite dans les textes religieux. «On pourrait croire que les « féministes islamiques » mènent ce travail de déconstruction puisqu’elles basent leur réflexion sur une relecture des textes et traditions islamiques. Mais elles ne peuvent aller bien loin dans la mesure où dès le départ elles annoncent qu’elles restent dans les limites de leur religion. Veulent-elles réellement aider à la libération des femmes ou apporter la preuve que l’islam a libéré les femmes3 ? » écrivait la juriste dans un de ses articles. En tant que féministe, Wassyla Tamzali et ses compatriotes des pays musulmans avaient déjà fait à l'époque ce travail de déconstruction des textes sacrés, dans un premier temps mais dans le but, disait-elle, « d’aller vers le peuple pour rendre visible l'inégalité et lutter contre celle-ci, pour agir sur le terrain et aller vers plus de liberté ». Leur travail, celui des féministes laïques, a continué dans le sens de la mise au jour de la morale religieuse et la mise en contexte historique de certains commandements religieux, pour démontrer qu’ils étaient caduques dans le contexte actuel. Elle prend comme exemple la question de l’héritage : les textes sacrés disent qu’une sœur ne peut hériter que de la moitié de ce dont hérite son frère, ce qui dans le temps avait du sens parce que les hommes étaient responsables de leurs sœurs, mais de nos jours ce n’est plus le cas. Dès lors, la critique que fait Wassyla Tamzali aux féministes islamiques est la même que celle qu’Arkhoum ou Rhouni leur faisaient déjà en 2005 : « ils reprochent leur «fondamentalisme», c’est-à-dire le fait de n’avoir pas su s'émanciper pleinement de la tradition intellectuelle patriarcale qu’elles entendaient détruire4 »

La critique de Wassyla Tamzali porte aussi sur la place que ces féministes ont en Occident, tant dans les rencontres sur le féminisme, où elles sont présentes en masse, que dans les institutions publiques qui financent leurs recherches : « En favorisant dans ses universités les recherches sur ledit « féminisme islamique » au détriment d’autres recherches, en usant, dans ces politiques sociales et culturelles, les thèses de ce courant, l’Europe trouve là une voie bien hasardeuse pour atteindre ce fameux islam européen que nous espérions paré de toutes les vertus de la modernité, laïcité, féminisme, démocratie » dénonce-elle. La juriste accuse aussi le mouvement féministe islamique dans son aspect politique d’essayer de délégitimer le féminisme qui déconstruit vraiment l’Islam et de favoriser l’islamisation des esprits. « Le féminisme islamique n’existe pas. Ces personnes participent à une propagande visant l’islamisation de la société» répète Wassyla Tamzali dans chacune de ses interventions. Surtout en faisant bien attention à expliquer que dans les pays musulmans ce mouvement n’est pas présent, même si beaucoup des femmes sont amenées à participer à leurs événements. Dans ce sens elle montre en exemple les femmes tunisiennes qui, après la révolution, « n’ont pas voulu militer sur base des textes religieux, elles ont toujours refusé l'interprétation féminine du Coran5.» C’est devenu plus évident encore lorsqu’Ennahda a voulu inscrire dans la constitution le principe de « complémentarité » des femmes par rapport aux hommes, plutôt que celui d’égalité. Les femmes se sont mobilisées en masse pour refuser cette conception islamique de l' « équité », conception qui est d’ailleurs prônée par les féministes islamiques. En définitive, le féminisme est intimement lié à la laïcité pour Wassyla Tamzali, car « on ne peut pas gérer la société avec les textes religieux, la laïcité est très important pour les droits de la femme parce qu’elle nous amène à la déconstruction du système, pour libérer la femme ».
avatar
mykha

Messages : 1079
Date d'inscription : 19/06/2013

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Arruzza:Repenser le capital pour repenser le genre

Message  Antonio Valledor le Mar 8 Juil - 18:40

Dans la précédente « Réflexion de Genre », j’ai voulu éclaircir les limites de la « pensée fragmentée », celle qui photographie les différents types d’oppression et de domination sans en comprendre l’unité intrinsèque, en ramenant chacune de ces facettes à un système autonome. J’avais en outre critiqué la lecture du rapport entre capitalisme et oppression de genre qui repose sur ce que j’ai défini comme l’idée du « capitalisme indifférent ». Il est temps maintenant d’aborder cette fameuse « Théorie Unitaire », ainsi que le concept de « reproduction sociale ».

http://www.avanti4.be/debats-theorie-histoire/article/reflexion-de-genre-4-repenser-le-capital-pour

Antonio Valledor

Messages : 160
Date d'inscription : 01/06/2012

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Entretiens avec Silvia Federici

Message  Antonio Valledor le Mar 8 Juil - 18:41

L’auteure de « Caliban et la sorcière. Femmes, corps et accumulation primitive », (Entremonde/Senonevero, 2014), la théoricienne féministe Silvia Federici, est née en 1942 à Parme, en Italie, c’est dans ce pays qu’elle fait ses premiers pas dans l’activisme. En 1967, elle s’installe aux Etats-Unis où elle participe activement au mouvement étudiant, aux mobilisations contre la guerre du Vietnam, au mouvement pour les droits civils et, surtout, au mouvement féministe. Dans les années 1980, elle vit au Nigeria où elle donne des cours à l’Université de Port Harcourt et participe à des organisations de femmes en lutte contre les politiques d’ajustement structurel. Elle est aujourd’hui professeure de Philosophie Politique à l’Université Hofstra de Long Island, New York. Sa pensée est fortement influencé par le marxisme « opéraïste » italien, même si elle a toujours été critique vis à vis des principaux auteurs de ce courant, comme par exemple Toni Negri ou Paolo Virno. Elle a développé une œuvre originale autour du mécanisme de l’accumulation par dépossession à partir d’une perspective de genre.

Les deux entretiens que nous publions ci-dessous ont été réalisés lors de sa récente tournée de conférences dans l’Etat espagnol, à l’occasion de la publication en castillan de son ouvrage intitulé « Revolution at Point Zero. Housework, Reproduction, and Feminist Struggle » (Brooklyn/Oakland, Common Notions/PM Press, 2012). Le premier entretien a été réalisé par Hibai Arbide Aza pour la revue « Play Ground » et le second a été mené par Ana Requena Aguilar pour le journal « El Diario ». Elle y aborde une série réflexions stimulantes ainsi que des concepts et des développements qui méritent débat, ce qui constitue précisément tout l’intérêt de ces contributions.

http://www.avanti4.be/analyses/article/dette-appropriation-des-corps-travail

Antonio Valledor

Messages : 160
Date d'inscription : 01/06/2012

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

La crise du travail de soins

Message  Antonio Valledor le Lun 21 Juil - 16:33

Cela fait plusieurs années que l’on parle d’une crise du travail de soins dans l’Etat espagnol et dans d’autres pays occidentaux. Le vieillissement de la population, l’incorporation généralisée des femmes au marché du travail, ainsi que les effets de décennies de politiques néolibérales de privatisations de l’Etat-Providence, tout cela a multiplié les charges et les responsabilités de nombreuses femmes ayant des proches en situation de dépendance. Ces phénomènes ont mis en évidence un vide de « présence » et d’attention pour de nombreuses personnes en situation d’autonomie restreinte...

http://www.avanti4.be/analyses/article/la-crise-du-travail-de-soins-origines-fausses

Antonio Valledor

Messages : 160
Date d'inscription : 01/06/2012

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Féminisme

Message  Copas le Ven 5 Sep - 8:59

avatar
Copas

Messages : 7035
Date d'inscription : 26/12/2010

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Féminisme

Message  sylvestre le Jeu 19 Mar - 17:41

Intéressante interview de Caroline de Haas, fondatrice d'Osez le Féminisme, par Rokhaya Diallo, des Indivisibles, sur le thème des "fractures du féminisme".


ALTER EGAUX. Caroline de Haas par Mediapart
avatar
sylvestre

Messages : 4489
Date d'inscription : 22/06/2010

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Féminisme

Message  Contenu sponsorisé


Contenu sponsorisé


Revenir en haut Aller en bas

Page 7 sur 8 Précédent  1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8  Suivant

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut


 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum