L'"affaire Engelmann" - les syndicalistes et l'extrême-droite

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Re: L'"affaire Engelmann" - les syndicalistes et l'extrême-droite

Message  sylvestre le Sam 13 Juin - 17:24

A Hayange la colère monte

Ce 29 mai, devant son expresso, Hugues Miller, délégué CGT, s’étouffe du spectacle : «Engelmann est en train de célébrer le rejet d’un projet de société libérale qui allait encore dégrader l’emploi en Europe, alors que lui-même précarise et casse les services de la ville !» L’Unsa a disparu du paysage. L’ex-délégué du personnel, Vito Cisternino, et sa femme, sont en arrêt maladie depuis novembre. Depuis une descente imprévue d’une équipe de la mairie pour vider manu militari les affaires personnelles du couple entreposées depuis des années dans le local attenant à leur logement de fonction. Disparus, les vieux outils hérités du père, le repose-pieds de la grand-mère, les pneus neige… «On nous a détruits, piétinés notre carrière, je prends des calmants, ma femme perd ses cheveux», dit l’homme de 60 ans. Pourtant, ils voyaient plutôt d’un bon œil l’arrivée du maire frontiste, un ancien employé communal, comme eux. Les choses se sont gâtées quand «Engelmann a voulu que je rentre au FN, il n’avait qu’une idée en tête : détruire la CGT [dont Engelmann a été exclu en 2011, ndlr]. Je n’ai pas voulu marcher dans la combine, alors il a fait pression sur les adhérents. Leurs primes et astreintes risquaient de sauter s’ils ne quittaient pas l’Unsa. Il ne veut qu’un seul syndicat, qu’il contrôle». A la CGT, Hugues Miller rapporte les mêmes agissements, «les camarades ont appris insidieusement que leurs attentes ne seraient pas satisfaites tant qu’ils seraient à la CGT». Puis, en avril, un adjoint au maire a fait irruption dans une réunion Unsa. Le délégué national, Claude Le Hen, présent ce jour-là, a déposé un témoignage au commissariat avant de repartir «choqué». «Je n’ai jamais vu ça», confie-t-il. Restent la CFDT et un syndicat indépendant qui serait en cours de création par une employée municipale encartée au FN.

Mais les murs de la mairie n’arrivent plus à contenir les grondements. Ils gagnent la crèche municipale, l’école, les Hayangeois se mobilisent pour Rachida, puéricultrice. Et elle, émue, dit «ne pas en revenir» de cet élan de solidarité. Après quatre ans de contrats précaires, d’abord en CDD puis en contrat aidé (CAE), elle pensait rester à la Maison des doudous, d’autant qu’il y a un poste vacant : une collègue en congé sans solde pour trois ans. Abonnée aux contrats précaires, elle n’a jamais ne serait-ce qu’envisager de demander sa titularisation. Et la voilà soudainement remerciée à la fin de son contrat, le 20 mai, à 55 ans. «Engelmann m’a dit qu’il voulait donner leur chance à d’autres filles d’Hayange, que je pouvais toucher le chômage», rapporte Rachida. Stupeur dans l’établissement. Le maire se justifie : priorité aux Hayangeois, et Rachida est de la commune mitoyenne de Knutange. Puis, il faut faire des économies, donc recruter une personne éligible à un CAE afin de bénéficier des subventions de l’Etat. Or, Rachida n’y a plus droit. Au revoir, au suivant.

Et c’est là que le bât blesse. La suivante. Une militante du FN jeunesse, connue pour être proche du maire. Recrutée sans passer d’entretien avec la directrice de la structure et, surtout, sur un contrat CDD de six mois, donc plein pot pour la commune. Les collègues s’émeuvent, les parents se mobilisent et créent le «Collectif hayangeois pour le bien-être des doudous». Vu l’ambiance, la jeune remplaçante n’est plus vraiment motivée. Pas de problème, Engelmann la recase dans une école. Il suffit de prendre le poste d’une autre précaire arrivée en fin de contrat aidé qui ne sera pas renouvelé, comme Rachida. Le dialogue avec la ville est inexistant, le collectif a d’ores et déjà prévu une manifestation le 13 juin, pour réclamer la réintégration de Rachida et la titularisation des précaires. «Engelmann est tout chagrin, on nous a fait savoir qu’il nous en voulait. Ce qu’on ne sait pas encore, c’est comment il va nous le faire payer», soupirent les puéricultrices, plus lasses qu’inquiètes.
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