De l’absurdité de l’ordre :« Adaptez-vous ! »

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De l’absurdité de l’ordre :« Adaptez-vous ! »

Message  Invité le Dim 9 Jan - 12:06

De l’absurdité de l’ordre :« Adaptez-vous ! »



Institut de démobilisation — #5 (novembre 2007)


« — Respire ! Respire ! Mais enfin, respire ! »
(exemple d’ordre absurde,
adressé à l’arbre, au chien, à l’homme)


1.
On fait aujourd’hui une vertu de la faculté d’adaptation. Souplesse, élasticité, flexibilité : telles sont les valeurs flattées et encouragées par la Gestion des Ressources Humaines. L’ordre « Adaptez-vous ! » est souvent prononcé sous sa variante plus flatteuse « Modernisez-vous ! », mais il n’y a là variation que du flatus vocis — le processus désigné, exigé, est le même. On retrouve cette exigence d’adaptation à trois niveaux : 1) pour l’individu dans l’entreprise — « La reconnaissance du facteur humain, de ses capacités d’adaptation et de coopération devient une réalité. Rare et très évolutive, cette ressource est l’élément décisif de la capacité compétitive de l’entreprise. » [1] ; 2) pour l’entreprise dans le marché national et international — « La filière auto s’adapte pour tenir la route » [2] ; 3) et pour chaque nation dans le grand concours des nations — « Le monde change intensément et rapidement. Il nous invite à relever sans plus attendre, un défi de taille : rénover la France pour qu’elle devienne capable d’innover et de prospérer dans le grand vent qui se lève. » [3] Le discours du déclin est toujours, en même temps, éloge de l’adaptation. Le pays inadapté, « le monde ne [l’] attendra pas ». [4]

Les vertus de l’adaptation, partout vantées, font consensus. Tout naturellement dès lors, ce qui ne s’adapte pas devient la figure repoussoir : ce qui ne s’adapte pas, voilà l’ennemi tout désigné d’un monde « qui change intensément et rapidement ». 1) le ringard, le « dinosaure » [5] ; 2) l’entreprise aux méthodes traditionnelles et archaïques — par excellence : le Service Public ; 3) le pays en déclin, en retrait, s’essoufflant dans la grande course des Nations.

A quelque niveau que ce soit, le ringard est regardé comme celui qui voudrait bien s’adapter mais qui en est incapable : car qui pourrait vouloir ne pas s’adapter ? L’adaptation étant faculté de l’intelligence, on fera du ringard un attardé. Dès lors, avec un sourire amer ou amusé, la société constate les inégalités en matière d’adaptation : Robineau, dans Au Bonheur des dames de Zola, est certes meilleur que Baudu, mais moins bon que Mouret. Seul ce dernier survivra. Et le vieux Bourras peut bien repeindre sa devanture de couleurs vives, le train de la modernité, qui lui a volé toute sa clientèle, reviendra une seconde fois pour démolir sa boutique. Robineau lui-même, décidé pourtant à jouer le jeu de l’adaptation, doit céder devant la force de la nécessité : « — Non, non, des reins plus solides auraient plié tout de même… Je comprends que les vieux entêtés, comme Bourras et Baudu, y restent ; mais nous autres, qui étions jeunes, qui acceptions le nouveau train des choses !... » [6]

Peut-on seulement vouloir ne pas s’adapter ? Baudu, « entêté », est une création monstrueuse. Au scandale que constitue une telle figure, la société, si elle étouffe un rire gêné, paraît, au moment où le rideau tombe, jeter une condamnation semblable à celle qu’on adresse au Hugo des Mains sales :

Irrécupérable !
C’est-à-dire :
Inadaptable ! [7]

2.
Or l’adaptation ainsi flattée n’est pourtant que le plus bas niveau de la vie humaine [8] . Elle en constitue la part purement biologique. L’adaptation se produit en effet là où la vie rencontre la matière. Elle est la réponse spontanée de l’organisme aux stimulations de son environnement. On sait depuis Darwin que les espèces s’adaptent à leur milieu ; qu’il y va là de leur survie. Une espèce qui ne s’adapte pas est par là même une espèce condamnée : le diplodocus, le mammouth (par exemple : l’Education Nationale), le dodo, le ringard. L’adaptation : voilà ce qui établit le douloureux partage entre les espèces qui gagnent et celles qui perdent dans la grande lutte pour la vie ; entre le succès et l’échec. Entre la vie et la mort. De ce darwinisme, la rue de la Michodière en est elle aussi le triste théâtre : « Cependant, Baudu criait plus fort, en accusant ce déballage d’en face, ces sauvages, qui se massacraient entre eux avec leur lutte pour la vie, d’en arriver à détruire la famille. » [9]

Dans tous les cas, disposition purement biologique, l’adaptation ne saurait être une valeur. Elle ne saurait donner lieu à un jugement en matière de bien ou de mal. D’où les tautologies que Darwin se voit dans l’obligation de débiter : « Les formes vivantes sont, par définition même, des formes viables. » ou : « De quelque manière qu’on explique l’adaptation de l’organisme à ses conditions d’existence, cette adaptation est nécessairement suffisante du moment que l’espèce subsiste. » Anormativisme, qui est celui de la vie. Le seul critère de jugement, de valorisation, est le fait : l’existence de l’espèce, sa survie ou sa disparition. A cet aune, le jeune Guy Môquet, qui n’a pas su s’adapter, est à placer en-dessous du français moyen. Pourquoi ? Parce que lui est mort, eux pas. Irrécupérable, inadaptable, c’est-à-dire mort.

L’adaptation, donc, ne saurait servir d’aune morale (sinon dans une morale de la vie, où le bien s’identifie au vivant ; mais cette morale n’est pas une morale). Quelle que soit la manière dont elle agit, elle représente en effet ce qu’il y a de commun à la fois aux plantes, aux animaux sauvages et à l’homme ; elle n’est rien d’autre que le fonds commun de la vie, son régime minimal de fonctionnement ; sa condition de possibilité. Vivre et s’adapter sont les deux faces de la même pièce. Et si l’on veut quand même en faire une valeur, ou du moins la placer sur une échelle de valeurs, l’adaptation est, pour l’homme, du côté de la vie qui retombe, de la torpeur, de la passivité, des « arrêts de la vie », puisque la virilité du sujet n’y a pas sa place ; et que la liberté, certes flattée, n’y est que lettre morte.

3.
Allons plus loin : non seulement l’adaptation est la plus basse activité vitale, mais elle n’est même pas une activité, elle est pure passivité — ou du moins simple réactivité devant la force de la nécessité. Qu’un discours en puisse faire une activité valorisée est une ruse admirable, déjà ironique, sinon une flatterie cynique, abjecte. Car l’adaptation ne peut être choisie, ni voulue. L’adaptation est toujours subie. Elle n’est pas maîtrisable, décidable. Elle n’offre aucun début de prise dont on pourrait se saisir. Elle vient, elle a lieu. La vie s’adapte : s’adapter, voilà ce que fait d’elle-même la vie, quand on la laisse aller.

Les prisonniers, dans les camps destinés à leur extermination, se sont adaptés sans qu’on ait eu besoin de leur en donner l’ordre. Comment aurait-on regardé celui qui, dans ce délire, aurait crié « Adaptez-vous ! » ? La vie est adaptation à tout, même au pire — même à ce qui la nie et qui la veut détruire. Toujours elle plie, se plie, devant les exigences et résistances de la nécessité. Les SS, les kapos, dès lors turent l’ordre qui fut toujours déjà obéi sans avoir été prononcé. Reconnaître une image, même faible, de la liberté dans l’adaptation au régime des camps (or c’est ce que fait celui qui, même innocemment, fait l’éloge de l’adaptation) est simplement abject. La morale n’a rien à faire ici. Les prisonniers des camps n’avaient tout simplement pas le choix. L’adaptation n’est pas une valeur (Wert), pas plus que le travail (Arbeit). L’adaptation est l’anormatif par excellence.

L’adaptation est nécessité. L’ordre qui l’ordonne, par conséquent, est absurde.

4.
Et quand, pourtant, cet ordre a besoin d’être énoncé (il semble en avoir besoin dans le capitalisme où il retentit partout), c’est sans doute qu’il cache alors quelque chose. A quoi bon ordonner la nécessité ? Ordonne-t-on à la pierre lâchée de tomber ? Quel sens cela aurait-il de dire à l’être vivant « Respire ! », au juif dans le camp « Vis ! » ? Pourquoi éprouverait-on encore le besoin d’exiger l’adaptation par un ordre, si ce n’est précisément parce que existe aussi la possibilité de s’y soustraire ?

Dès lors, l’ordre « Adaptez-vous ! », que le capitalisme semble avoir besoin de répéter inlassablement (comme si sa survie elle-même en dépendait ! Le capitalisme, anormativité pure, ne serait-il pas au fond le premier — voire le seul — à devoir s’adapter ou se perdre ?), de seulement absurde devient suspect. En lui se cache la peur que précisément on ne s’aligne pas. L’ordre, en ayant besoin d’être dit, montre que le non-alignement est possible, que le régime de la nécessité est déjà (ou encore) loin, que la prétendue nécessité n’en est pas (encore) une.

L’ordre « Adaptez-vous ! », à y regarder deux fois, se trahit : il n’exige pas l’adaptation (car alors sa prononciation serait absurde — voir exergue initial), mais l’alignement — à savoir la simple conformation à un régime politique contingent (voir exergue final).

Il y a donc un possible que l’ordre « Adaptez-vous ! » voudrait refermer mais qu’en se prononçant, à la fois il cache et dévoile : 1) il le cache en invoquant la nécessité, en se réclamant de la nécessité ; 2) il le dévoile en se trahissant comme ordre, c’est-à-dire comme appel à une liberté.

L’ordre « Adaptez-vous à la nécessité ! » n’a de sens, en tant qu’ordre, que lorsque la possibilité même de cette adaptation est incertaine, donc lorsque la nécessité dont il est question n’en est pas une. L’ordre « Adaptez-vous ! » ne dit pas autre chose que l’absence de nécessité qu’il y a à s’y soumettre. L’existence de l’inadapté met en lumière l’imposture de cette nécessité. D’où l’énergie mise à démonter celui qui ne veut pas s’adapter en celui qui ne peut pas s’adapter (« ringard »). L’inadapté montre par son corps même, par le fait, la possibilité éclatante de l’inadaptation : il faut en faire un impuissant — ou l’incantation magique de l’ « Adaptez-vous ! » est perdue.

5.
Or le capitalisme est le régime de fonctionnement qui vit sur la prononciation inlassable de l’ordre « Adaptez-vous ! ». Le capitalisme se veut le régime de la pure nécessité. Dans ce régime, les décisions n’existent pas. Une décision n’est plus qu’une adaptation aux conditions du Marché. La politique déchoit en gestion.

Ceci explique que personne ne prenne moins de décisions qu’un chef d’entreprise, que personne ne soit moins libre. Un chef d’entreprise se contente de gérer, il joue sur les paramètres à sa disposition, ses « décisions » lui sont dictées par les événements extérieurs auxquels il répond, comme l’insecte répond aux stimuli du milieu ; il adapte ses ressources (financières, matérielles, humaines, etc.) aux exigences commandées par la réalité (la réalité est l’Economie). Le capitalisme, règne de l’adaptation, baigne dans le plus bas régime vital : celui de la nécessité. La bourse instruit le capitaliste à mesure que la nécessité le presse.

On se réfère alors au spécialiste du réel, de la nécessité : l’Expert. C’est à lui que le Politique (qui conserve son nom, pour conserver à la démocratie son nom et l’apparence que son nom porte) demande ce qui est, c’est-à-dire ce qui doit être fait. Dans ce régime de vie inférieur, les solutions aux problèmes « s’imposent ». Le Think tank, aujourd’hui, est le réservoir de ces décisions mortes : les solutions.

L’Adaptation (ou Capitalisme) est donc la négation de la politique. Car la politique est au contraire le lieu où les décisions peuvent avoir lieu. Quand des hommes politiques eux-mêmes reprennent le refrain de l’adaptation (« la France doit se moderniser, s’adapter, mettre en oeuvre les solutions qui s’imposent »), ils font (enfin) l’aveu, à mots couverts, de la mort de la politique : très simplement ils confessent leur asservissement à la nécessité (« Nous avons les poings liés ») et l’asservissement de leurs décisions aux solutions de l’Expert.

La politique est un cadavre debout. Il est maintenu debout de manière à ce que demeure l’illusion que les solutions qui s’imposent sont encore des décisions ; que l’adaptation est une faculté noble, presque la liberté ; que les hommes politiques, s’ils cèdent de fait toujours aux experts, pourraient en droit ne pas céder. La politique est devenue la Reine d’Angleterre. Derrière le cadavre de la politique, et caché par lui, le Capitalisme tourne à plein : il a réussi, par ce bluff qu’est l’absurdité même d’« Adaptez-vous ! », à se faire adopter comme nécessité. On gère, on solutionne, on adapte.

On ne décide plus. Car décider, c’est d’abord trancher.

6.
A l’adaptation passive, biologique, le capitalisme substitue l’illusion d’une adaptation active, librement consentie par ceux qui la mettent en oeuvre. L’ordre « Adaptez-vous ! » agit aussi comme une flatterie dans la mesure où il semble laisser à l’individu le choix et la responsabilité de sa décision. Il le dote par ailleurs d’un panel illusoire de capacités ou de compétences, qui lui permettrait de s’adapter au mieux — comme s’il pouvait garder un certain pouvoir devant la nécessité qui le commande ; comme si la nécessité pouvait s’accommoder du mieux ou du moins bien. On donne ainsi aux individus l’illusion qu’ils sont en mesure de maîtriser (« dynamisme », « mobilisation », « efficacité ») cette nécessité qui n’en est en pourtant pas une. D’une pierre, deux coups : en même temps que l’ordre permet d’asservir les individus à la « nécessité », il leur procure, en se prononçant, l’illusion que leur adhésion est libre. L’ordre est pervers : il n’est efficace qu’absurde. L’esprit de l’adapté se perd alors dans les deux directions contradictoires ainsi dessinées.

Plus pervers encore : en ordonnant la nécessité, on en crée les conditions mêmes. Prenons un exemple dans le domaine « pédagogique » [10] : les pédagogues, grands modernisateurs, soutiennent que le cours magistral n’est plus possible ; il faut s’adapter à la réalité ; le terrain (aussi appelé, par eux, « public ») n’est plus le même ; il faut adapter à lui les moyens de sa « communication » (nom moderne de l’enseignement). Prononcé dans les IUFM, à un moment où, de fait, le cours magistral est encore possible dans un grand nombre de classes, ce discours de l’adaptation va, au bout de quelques années, créer les conditions mêmes de sa nécessité : de fait, le terrain (le « public ») n’ayant plus bénéficié de cours magistraux (pour la raison que les professeurs se sont adaptés préventivement, les pédagogues ayant interdit aux jeunes enseignants le cours magistral, quintessence de la ringardise), devient inapte à en recevoir jamais.

Performatif, l’ordre finit par créer lui-même les conditions auxquelles, modeste, il fait croire n’être que l’adaptation. « Ceux qui pensaient que la peinture était morte faisaient des tableaux morts pour montrer qu’elle était bien morte. » [11] Il faut voir le visage radieux du pédagogue devant l’échec d’un cours magistral. « Ah ! Vous voyez bien ! Je vous l’avais bien dit que le cours magistral était devenu impossible ! » « Imbécile ! Vous n’avez pas prédit l’impossibilité du cours magistral ; vous l’avez produite par votre appel incessant à l’adaptation au pire ! ». Enfin le réel donne raison au Pédagogue ! après tant d’années où il lui donnait tort… Il est radieux.

Dans le même genre de visages radieux : l’homme politique qui, après avoir mis le Rail en concurrence, verra mourir le service public du Rail ; il crie : « Je vous l’avais bien dit, le service public n’était pas viable ».

Ainsi, on ne sait pas toujours ce qui précède quoi — en l’occurrence, ici, de l’ordre de la mise à mort ou de la mort elle-même ? ou, dans l’exemple qui suit (mais c’est bien sûr, encore, la même chose : le régime bas), qui de la laideur ou de l’utilité ?

« On considère ordinairement la peau nue qui recouvre la tête du vautour comme une adaptation directe qui lui permet de fouiller incessamment dans les chairs en putréfaction ; le fait est possible, mais cette dénudation pourrait être due aussi à l’action directe de la matière putride. » [12]

L’adaptation est ce cou nu du charognard plongé dans la charogne.

7.
La nécessité de l’ordre « Adaptez-vous ! » est fausse nécessité.

Le capitalisme n’a aucune nécessité ; il s’en fait tisser une, s’en drape : l’adaptation. L’énergie qu’il dépense à répéter l’ordre est bien à la mesure du danger qu’il pressent : qu’on découvre sa contingence. « Adaptez-vous ! » est une parole de sorcellerie, un acte performatif lancé sur l’abîme, comme un homme, espérant par là obtenir ce qu’il dit, répéterait sans cesse : « Je suis immortel. » Le capitalisme répète « Adaptez-vous ! », c’est-à-dire, dans sa langue, répète : « Je suis immortel. » Et il est cru. Nous allons au devant de lui, et créons nous-même les conditions de sa nécessité, qui n’est pas ; et de sa survie… qui tient à si peu.

L’injonction à l’adaptation au contraire nous faire basculer du régime de la politique (où la décision existe) dans celui de la nécessité (où seule l’adaptation règne) ; du régime de la liberté dans celui de la soumission ; du régime de la vie dans celui de la survie.

L’ordre « Adaptez-vous ! », loin de désigner la nécessité, nous dévoile au contraire l’étendue de notre liberté.

Il n’y a pas de nécessité… L’ordre était absurde… Notre liberté reste totale.

***

« — Meurs ! Meurs ! … Meurs ! Ce fut à la deuxième répétition de
l’ordre que Jean prit conscience que, si on le lui ordonnait avec une
telle insistance, demeurait, enfouie en lui, la possibilité de ne pas
mourir. C’est à l’extinction du flatus vocis de la seconde répétition
de l’ordre, que Jean prit la décision qu’il vivrait. »



NOTES

[1] J.-M. Le Gall, La gestion des ressources humaines, PUF, 2002, p. 10.
[2] Article paru dans le quotidien Ouest-France, 02/02/07. « Face à la concurrence étrangère et aux défis de l’avenir, les PMI de l’automobile doivent accroître leur niveau de compétence. »
[3] J. E. Hutin, « 2007 : courage et lucidité », Ouest France, 02/01/07.
[4] « 2007 : courage et lucidité », J. E. Hutin, Ouest-France, 02/01/07.
[5] Par ces mots, un proviseur de lycée désigne par exemple un professeur qui n’utilise pas les techniques nouvelles de l’information et de la communication dans ses cours, techniques que l’Education nationale promeut sous le nom « TICE » ; ou bien il s’agit des mots qu’emploie un formateur d’IUFM, pédagogue, pour qualifier un professeur de français qui ne serait pas encore passé au « séquençage », au « décloisonnement », aux « objectifs » (c’est-à-dire, à très court terme désormais, à la destruction organisée de la langue et de la littérature à l’école).
[6] E. Zola, Au bonheur des dames.
[7] Pour Hugo, le mot unique que prononce Olga (« Irrécupérable ! ») vaut condamnation à mort. La mise à mort a lieu derrière le rideau tombé.
[8] Nous disons « bas » par opposition à ce que Bergson dit « haut » : « La science a d’ailleurs montré par quels effets se traduit, tout au long de l’évolution de la vie, la nécessité pour les êtres vivants de s’adapter aux conditions qui leur sont faites. Mais cette nécessité paraît expliquer les arrêts de la vie à telles ou telles formes déterminées, et non pas le mouvement qui porte l’organisation de plus en plus haut. Un organisme rudimentaire est aussi bien adapté que le nôtre à ses conditions d’existence, puisqu’il réussit à y vivre […] »
[9] Zola, op. cité.
[10] Milner, sur ce point, a clarifié les choses de manière salutaire : la pédagogie n’existe pas ; mais les questions pédagogiques existent ; « pédagogique » est l’adjectif correspondant à « enseignement ». D’où la nécessité de commencer par vider les IUFM des pédagogues.
[11] Propos d’Erik Fischl.
[12] Darwin, L’Origine des espèces, GF Flammarion, p. 250.

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