Le congrès de Lutte Ouvrière

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Re: Le congrès de Lutte Ouvrière

Message  verié2 le Ven 4 Jan - 9:20


Jon Boone
rappelons à ce sujet que LO a eu dans les années 90 une presse d'entreprise à Saint-Pétersbourg, la Rabotchaïa Borba -Lutte Ouvrière, en russe-, publiée dans un chantier naval de la Baltique
LO a en effet essayé de nouer des liens avec des groupes russes et de construire une organisation. Il faut rendre hommage à ce travail, mais remarquer tout de même que les positions de LO sur la nature de la Russie actuelle ont constitué un obstacle. Car il sera difficile de faire gober à des militants ouvriers russes qu'ils ont affaire à un "Etat ouvrier", même hyper dégénéré...

verié2

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Re: Le congrès de Lutte Ouvrière

Message  alexi le Ven 4 Jan - 11:59


Lutte de Classe
n°2 (Octobre-Novembre 1993)


RUSSIE - Rabotchaïa Borba (présentation)

Il n’y a guère de partis politiques en Russie à l’heure actuelle, et encore moins malheureusement d’organisations d’extrême gauche. Plus exactement, en ce qui concerne ces dernières, il y a presque autant de groupes que de militants. Pour la plupart, ces groupes en sont à chercher leurs idées et leur programme et tentent parfois de les trouver dans l’extrême gauche occidentale qui est ainsi plus ou moins représentée en Russie sous toutes ses variantes.

Nous publions ici la traduction de trois numéros d’un bulletin d’entreprise rédigé et diffusé par un tout petit groupe de militants de Léningrad (actuellement Saint-Pétersbourg), qui s’inspirent en grande partie de nos idées et ont choisi d’essayer de les défendre vis-à-vis des travailleurs.

Bien entendu, nous ne tomberons pas dans le travers, propre à bien des organisations trotskystes ou autres, de prétendre que l’Union Communiste Internationaliste aurait une section en Russie.

Mais nous publions ces textes car nous voulons saluer le travail et le courage de ces camarades qui cherchent, malgré les difficultés, à faire entendre une autre voix, même faible, que celles qui prédominent là-bas ou que la presse occidentale cite le plus volontiers.

Ce bulletin, Rabotchaïa Borba (Lutte ouvrière, en russe) paraît sur l’Usine de la Baltique qui est un chantier naval à dominante militaire. Voici la traduction d’un numéro daté du 29.9.93, d’un numéro spécial (sur le putsch) daté du 13.10.93 et d’un bulletin ordinaire daté du 27.10.93.

alexi

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Re: Le congrès de Lutte Ouvrière

Message  alexi le Ven 4 Jan - 12:00


Lutte de Classe
n°2 (Octobre-Novembre 1993)


Rabotchaïa Borba 29 septembre 1993



Bulletin d’usine pour les ouvriers de l’Usine de la Baltique

L’EFFONDREMENT DE (L’ÉTAT DE) LA BUREAUCRATIE

Les problèmes que l’accélération de la crise économique fait apparaître en surface provoquent de plus en plus de conflits dans les sommets. Il n’y a aucune unité dans aucune fraction de la bureaucratie. Le nombre des transfuges d’un camp politique à l’autre augmente. Les accusations mutuelles de corruption jaillissent comme d’une corne d’abondance. Un vice-président, des vice-premiers ministres, des titulaires de ministères-clé, au même moment, se sont retrouvés au centre d’énormes scandales politiques. Comme résultat des affrontements bureaucratiques, les fondements du pouvoir central s’en trouvent détruits. La hiérarchisation traditionnelle de la nomenklatura « de haut en bas » et la subordination des « étages inférieurs » aux « supérieurs » sont tombées en morceaux.

De toute sa voix s’est alors fait entendre une « troisième force » dans la lutte entre les deux branches du pouvoir fédéral : le séparatisme des élites régionales. Et ont été proclamées la république de Vologda, celle de l’Angaro-Iénisséïsk, celle de l’Oural ; à St-Pétersbourg, le Soviet restreint a introduit, lors du référendum d’avril, une question sur l’attribution du statut de république souveraine à la région de Léningrad.

Raisons de cet effondrement

Les médias officiels affirment : « la division national-territoriale de la Fédération Russe, c’est une mine explosive théorique située sous les pieds du pays ». Bêtises ! Le pacte fédéral n’est rien d’autre qu’un bout de papier. La vraie « mine » explosive, c’est la crise du système bureaucratique. La nomenklatura économique a vidé les caisses de l’État. Le centre ne donne plus de dotations aux régions. La périphérie répond en retenant les impôts. Par exemple, le gouverneur de Krasnoïarsk, Zoubov, a décidé de retenir en « compensation » une partie des impôts fédéraux. Mais cela a atterri dans quelles poches ? Sûrement pas dans celles de la population. L’autonomie vis-à-vis du centre permet aux échelons moyens de la bureaucratie de porter à des dimensions phénoménales la corruption et le pillage du budget public. Par suite de l’effondrement de l’appareil d’État, le système traditionnel de la nomenklatura a disparu, un système dans lequel c’était le centre qui effectuait les nominations. Mais la taille, le nombre de la nomenklatura locale n’en augmentent pas moins. En effet, le vieux système des nominations « de haut en bas » supposait ne serait-ce qu’un certain tri des apprentis bureaucrates ; aujourd’hui, on le voit bien, ce qui se renforce c’est le système du copinage et du clientélisme familial.

La démagogie politique des « roitelets isolés » s’appuie sur une démagogie économique. Ces beaux parleurs de province font un tableau flatteur des « enchantements » de l’économie de marché et des « avantages » de la privatisation. Mais dans la réalité, l’arbitraire des bureaucrates brise les forces productrices du pays. 95 % de l’économie russe se trouvent entre les mains de l’État. Mais l’appareil d’État s’est brisé. Du coup, chaque clan de la bureaucratie s’efforce d’élargir son pouvoir économique et de renforcer son pouvoir politique. Et d’établir son contrôle complet sur les usines et sources de matières premières, et de... piller, piller, piller. La bureaucratie industrielle a également obtenu un degré certain d’autonomie et s’enrichit à merveille sur le dos des ouvriers. Les anciens liens économiques se brisent, la chute de la production s’aggrave.

Ceux qui mettront un terme à la crise

La seule force qui a les moyens d’en finir avec la crise et de rétablir l’unité du pays sur une base vraiment démocratique, c’est la classe ouvrière. Les premiers pas de la lutte ouvrière nous les voyons. Font grève les ouvriers du Bachkorostan et de la Province maritime, les mineurs du Kouzbass et de Vorkouta. La résistance des travailleurs est aussi en augmentation dans les autres républiques. En juin, une grève générale en Ukraine a fait trembler le gouvernement de Kravtchouk et Compagnie. Les mineurs du Donbass, encore une fois, étaient à la pointe de la lutte ! En Moldavie, en août, ce sont les cheminots qui ont fait grève. Et il n’y a eu que la prise de mesures policières draconiennes par le gouvernement pour forcer les cheminots à interrompre leur grève. Les ouvriers doivent s’organiser et ne laisser à aucune sorte de démagogues le loisir de venir parasiter les luttes ouvrières. La lutte ouvrière, c’est la lutte contre le système au pouvoir.

INFORMATIONS DE L’USINE

« Multicapital » : d’où cela vient et qu’est-ce que cela veut ?

Fin août, sur le site de l’Usine de la Baltique a surgi la société « Multicapital ». Cette entreprise rachète aux ouvriers leurs actions à 40 000 roubles pièce. C’est la direction qui a insisté pour transformer l’usine en « société par actions ». Or, le rachat d’actions par « Multicapital » se fait sous la tutelle de la direction. Jusqu’à maintenant, le directeur de l’usine Chtchouliakovski se déplaçait en Volga noire (NdT : LA voiture de la bureaucratie traditionnelle). Bientôt, va-t-on le voir au volant d’une Mercédès blanche ?

Qui reçoit un salaire et pour quoi ?

A l’atelier No3 (atelier de coulée des métaux non-ferreux), la santé des travailleurs se trouve menacée en permanence. L’équipement est archi-usé et depuis bien longtemps. Et cela n’a pas l’air d’inquiéter la direction ! Les décoffreurs d’hélices sont forcés de travailler avec des marteaux pneumatiques qui ont déjà 20 ans d’âge. Le risque d’être atteint par des maladies dues aux vibrations n’est pas mince ! Les mouleurs et les fondeurs doivent travailler sans dispositif anti-gaz et sans aspirateur-respirateur « à pétale ». Les empoisonnements à l’oxyde de zinc et les cas de silicose ne sont pas rares. Manque de lunettes de protection, et ce sont les yeux qui en prennent un coup. La situation du côté des habits spéciaux est catastrophique ! Les fondeurs et les mouleurs usent une paire de mitaines de protection par poste. Mais les mitaines ne leur sont données qu’une fois seulement par mois ! Quant au tablier qui est remis, il ne protège pas des brûlures et ne convient pas pour un travail en feux continus. On aimerait savoir : quel travail du sous-directeur à la sécurité, Selivonietz, peut bien justifier qu’il reçoive un salaire ?

alexi

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Message  alexi le Ven 4 Jan - 12:01



Rabotchaïa Borba Numéro spécial 13 octobre 1993



Bulletin d’usine pour les ouvriers de l’Usine de la Baltique

CAMARADES OUVRIERS !


La crise du système bureaucratique a provoqué une cassure au sein de la classe dirigeante. Chacune des fractions rivales de la nomenklatura s’essaye à s’emparer des vrais leviers de commande du pouvoir d’État. La lutte des clans bureaucratiques a provoqué un massacre sanglant à Moscou. Les 3-4 octobre, le conflit n’a pas du tout éclaté entre « démocratie » et « fascisme ». Non ! C’était une empoignade peu ragoûtante entre des cliques de la bureaucratie, se disputant le pouvoir. Cela fait déjà longtemps qu’Eltsine avait des envies de dictateur. Eh bien, maintenant qu’il a écrasé la Maison Blanche, le président a mis en place son pouvoir personnel... Enfin, pour l’instant, sur le papier seulement.

Eltsine candidat dictateur

Pourquoi donc, Eltsine, ayant décrété la dissolution du Soviet suprême le 21 septembre, n’a pas pris de mesures décisives aussitôt ? Pourquoi le régime d’état d’urgence n’a été introduit qu’à Moscou ? La réponse est simple. La cassure au sein de la classe dirigeante est déjà à ce point profonde que pas une seule des fractions concurrentes ne se trouve en situation de recueillir le soutien de la majorité de la bureaucratie. Les forces de l’ordre (armée, ministère de la Sûreté, milice) jouent leur propre partition. Le centre ne contrôle pas les régions. Sur le territoire des régions autonomes, n’ont force de loi que les lois locales.

Le sens de ce face à face « pacifique » de 12 jours (entre le 21 septembre et le 3 octobre) entre le Parlement et le président est clair : chacun des camps dressés l’un contre l’autre essayait d’attirer à lui, d’une part l’armée, de l’autre la bureaucratie des régions. Les tractations entre appareils ont duré 12 jours. Le Soviet Suprême a perdu position sur position. Alors, Eltsine s’est décidé à jouer de la provocation, suscitant une intervention des gens de l’extrême droite, ce qui força l’armée à se tenir aux côtés du président. L’épilogue est connu.

Mais, après avoir expédié ses anciens collègues - Khasboulatov, Routskoï et cie - à la prison de Lefortovo, Eltsine n’en a pas pour autant renforcé son pouvoir. Les Soviets régionaux et locaux sont loin de se presser de s’autodissoudre. L’armée et la police terrorisent la population ; formellement les forces de l’ordre sont du côté du président, mais en fait elles poursuivent leurs propres buts. Eh oui, Eltsine, est enfin devenu un dictateur... dans les limites du boulevard des Jardins (NdT : l’équivalent des boulevards des Maréchaux, à Paris) de la ville de Moscou.

Contre le nationalisme

Les moyens d’information sont infectés par le poison nationaliste. Eltsine et cie ont emprunté les slogans d’appel à la grandeur russe à l’extrême droite. L’appartenance nationale de Khasboulatov est devenue un atout maître car pipé dans des jeux de politiciens peu regardants. Sous prétexte de maintien de la loi dans le cadre de l’état d’exception, on expulse de Moscou les réfugiés du Caucase. La classe dirigeante encore et encore agit selon le principe « diviser pour régner ». Les travailleurs doivent s’opposer à la contagion nationaliste. Quelle que soit leur nationalité, les travailleurs n’ont qu’un ennemi : la bureaucratie.

Pour le communisme

En quoi la classe dirigeante, aujourd’hui est unie ? Eh bien, c’est dans la haine du communisme. Avec l’insistance d’une mouche, les moyens d’information aux ordres du pouvoir parlent d’un putsch « communiste ». Les héritiers repeints de neuf du contre-révolutionnaire Staline ont décrété d’interdiction les organisations communistes. Même les symboles communistes se voient interdits ! Bien sûr, des démagogues du type d’Anpilov (de Troudovaïa Moskva), de Ziouganov (PC de Russie), sans oublier Nina Andréiéva (PC-Bolchévik), n’ont rien à voir avec le communisme. Sur le sort de politiciens de ce genre, il n’y a pas une larme à verser. Mais les milliers de travailleurs qui méprisent le régime d’Eltsine doivent faire valoir leur droit de se réclamer du communisme et de se battre pour leur émancipation.

La Lutte Ouvrière c’est la lutte contre le système ! A bas la dictature sanglante d’Eltsine, cette dictature fondée sur le mensonge et la tromperie ! La lutte continue !

alexi

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Re: Le congrès de Lutte Ouvrière

Message  alexi le Ven 4 Jan - 12:01



Rabotchaïa Borba 27 octobre 1993




Bulletin d’usine pour les ouvriers de l’Usine de la Baltique

VERS LES ÉLECTIONS OU VERS LA DÉFENSE DES INTÉRÊTS OUVRIERS

La bureaucratie, une nouvelle fois, nous prépare un de ses spectacles politiques : les élections à l’Assemblée fédérale et à la Douma d’État. Au son des fanfares célébrant la « victoire de la démocratie », Eltsine et cie vont essayer de satisfaire leurs ambitions politiques et de renforcer la législation par de nouvelles attaques contre la classe ouvrière et l’écrasante majorité des travailleurs.

Mais de quelle démocratie peut-il s’agir quand, à Moscou, sifflent les casse-tête des OMON (NdT : CRS) ; quand sont interdits rassemblements et manifestations ; quand les « démocrates », ayant instauré la censure et interdit la presse d’opposition, ont mis sur pied un contrôle total sur les moyens d’information et, sur un fond d’hystérie anticommuniste, mitonnent leurs règles du jeu électoral ?

Qu’est-ce que cette démocratie lorsque, pour être candidat, il faut recueillir de nombreuses signatures (NdT : 1 % des inscrits) d’électeurs soutenant le candidat et indiquant sur le formulaire leurs coordonnées complètes d’état civil (ces formulaires ne pourraient-ils pas ensuite servir de base à des poursuites contre ceux qui ne pensent pas droit ?) ; ou quand, pour qu’une élection soit valable, le quorum est fixé à 25 % seulement des électeurs ?

Si c’est cela la démocratie, alors pour qui est-elle donc ? En tout cas, pas pour les ouvriers.

Les autorités ont dégagé 170 milliards de roubles (NdT : soit près d’un milliard de francs) pour organiser la campagne. Mais est-ce à dire que tous les besoins du pays en matière de logements, de jardins d’enfants, d’équipements hospitaliers sont amplement satisfaits ? Est-ce qu’on n’avait nulle part où mieux utiliser cet argent que dans cette farce politicienne ?

Bien évidemment, la carrière politique de certains bureaucrates dépend du résultat des élections. Mais, cela ne changera rien pour la bureaucratie dans son ensemble qui restera au pouvoir.

Les élections ne résoudront et ne peuvent résoudre le sort de la classe ouvrière, dont la force se trouve concentrée non pas dans les urnes - où la voix d’un bureaucrate, d’un boutiquier vaut celle d’un ouvrier - mais dans les usines. Car c’est là que se produit ce qui fait la puissance du pays. Nous engager dans la lutte pour défendre nos intérêts collectifs contre les bureaucrates et les nouveaux riches est la seule chose qui puisse être porteuse d’avenir pour nous, les ouvriers. Et pour ce faire, le temps presse.« Il n’est pas de sauveur suprême - Ni dieu, ni césar, ni tribun - Producteurs sauvons-nous nous-mêmes... ». Les paroles de « L’Internationale » sont anciennes, mais pour la classe ouvrière, elles sont plus actuelles que jamais !

LA LUTTE OUVRIERE, C’EST LA LUTTE CONTRE LE SYSTEME BUREAUCRATIQUE ET LE SYSTEME CAPITALISTE !

INFORMATIONS D’USINE - RABOTCHAIA BORBA - USINE DE LA BALTIQUE

Sur quelques résultats de l’actionnarisation

A l’Usine de la Baltique se déroule un processus d’actionnarisation (NdT : transfert de la propriété de l’État au « collectif des travailleurs »). Sur quoi peut-il déboucher ? Prenons l’exemple de l’Usine Kirov, où les travailleurs ont déjà recueilli les fruits de cette transformation. Ce géant de l’industrie est divisé en 47 entités de petite taille. Là où avant on faisait des réacteurs, maintenant on fabrique des tables de casino. Les travailleurs qui sont les plus qualifiés, du coup, se retrouvent à faire du bricolage (remplacer des verres de fenêtre, passer de la peinture, etc.). En vertu de quoi, on les change de qualification, ce qui aboutit à ce qu’ils perdent sur leur salaire. Qu’est-ce qui nous pend au nez, à nous, à l’Usine de la Baltique, surtout si l’on se dit que celui qui dirige la privatisation-actionnarisation de l’entreprise n’est autre que l’ancien secrétaire à l’organisation du parti, Venkov ?

Quelle sera la réaction ?

On l’a tous vu à la télévision ou dans la presse : en France, depuis le 12 octobre, les ouvriers des services d’entretien et réparation aéronautique sont en grève. Leur mouvement s’est radicalisé, aboutissant à des affrontements avec la police. La lutte a commencé du fait que la direction avait l’intention de diminuer les salaire ouvriers, parfois d’un quart, et de diminuer les emplois. En novembre, dans toute la Russie, ce qui nous attend c’est une augmentation des prix sur le pain et sur les denrées de première nécessité. Cela va lourdement frapper un niveau de vie des travailleurs de Russie qui n’avait pourtant pas besoin de cela. Est-il possible, encore une fois, que les ouvriers avalent une pilule aussi amère ? Mais, peut-être que l’exemple de quoi faire, c’est à l’Ouest qu’il faudrait le chercher... Auquel cas, s’il faut prendre exemple, eh bien que ce soit sur les grévistes de France !

Encore une fois sur la privatisation

La lutte pour le pouvoir et pour les bonnes affaires fait rage entre les cliques bureaucratiques. Elles s’arrosent mutuellement d’accusations de corruption. Ainsi, les organes de la police judiciaire viennent d’arrêter celui qui avait la responsabilité des privatisations pour Saint-Pétersbourg, A. Fèchkov. Rien d’étonnant : celui qui distribue les choses n’oublie jamais de se servir. Mais cette arrestation de Fèchkov illustre une nouvelle fois au moins une chose : la privatisation c’est le pillage.

Sur la fête du 7 novembre

Les autorités ont l’intention de supprimer la Fête du 7 novembre. C’est un fait que pour les chefs de la bureaucratie - de Staline et Brejnev à Eltsine et Sobtchak - il y a bien longtemps que la Fête de la Révolution d’octobre n’avait plus rien à voir ni avec la révolution ni avec le pouvoir prolétarien. La bureaucratie a étranglé la révolution, c’est elle qui a réprimé les révolutionnaires bolchéviks, elle a liquidé le pouvoir de la classe ouvrière.

Maintenant, dans la course à la respectabilité bourgeoise, la bureaucratie cherche à se débarrasser des derniers symboles d’une révolution qu’elle a écrasée. D’une certaine façon, les choses sont plus claires... Eh bien, raison de plus, bonnes fêtes d’Octobre !

alexi

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Re: Le congrès de Lutte Ouvrière

Message  verié2 le Ven 4 Jan - 12:12

Dans ces textes de Rabotchaïa Borba qui, à l'instar de ceux de LO sont essentiellement descriptifs et n'entrent pas dans une tentative de conceptualisation théorique sur la nature de l'Etat, on trouve à plusieurs reprises une formule étrangère au langage traditionnel de LO :

"La cassure au sein de la classe dirigeante"

Or LO ne parle jamais de "classe", même "dirigeante", à propos de la bureaucratie...


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Re: Le congrès de Lutte Ouvrière

Message  Copas le Ven 4 Jan - 14:11

verié2 a écrit:Dans ces textes de Rabotchaïa Borba qui, à l'instar de ceux de LO sont essentiellement descriptifs et n'entrent pas dans une tentative de conceptualisation théorique sur la nature de l'Etat, on trouve à plusieurs reprises une formule étrangère au langage traditionnel de LO :

"La cassure au sein de la classe dirigeante"

Or LO ne parle jamais de "classe", même "dirigeante", à propos de la bureaucratie...


Voir si la traduction est ok.

C'est interessant, mais tout cela a 20 ans maintenant et il est passé de l'eau sous les ponts maintenant.

La phase d'appropriation explosive et cynique des années 88-95, par transfert légal des rapines de la bureaucratie afin que cette dernière soit bourgeoisie accomplie, est largement opérée. Ce qui n’empêche pas l'instrumentalisation étroite de l'appareil d'état dans l'appropriation des profits, y compris avec d'anciens statuts juridiques.


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Re: Le congrès de Lutte Ouvrière

Message  verié2 le Ven 4 Jan - 14:58

Copas
tout cela a 20 ans maintenant et il est passé de l'eau sous les ponts
Sans doute, et le problème de la nature de la Russie n'intéresse pas grand monde aujourd'hui, de même que la nature de l'URSS stalinienne... Néanmoins, cela reste un problème théorique de premier plan pour les marxistes révolutionnaires, qui peut jouer un rôle dans les révolutions prolétariennes futures.
Voir si la traduction est ok.
La traduction étant de LO ou de militants proches de LO, il y a peu de chances qu'ils aient choisi le mot "classe" par erreur ou approximation, sachant que LO conteste le fait que la bureaucratie ait été une classe et que la Russie soit aujourd'hui dominée par une classe. Alors, certes, il y a une nuance importance entre les termes de "classe politique" et de "classe sociale", mais, dans le cas de la Russie, même l'emploi de "classe politique" est ambigu par rapport aux analyses de LO.

Le problème, avec LO, c'est le flou artistique de ses analyses sur la Russie, qui ne font pas clairement et méthodiquement référence à celles de Trotsky dont LO se revendique, en se refusant notamment à examiner l'ensemble des arguments, critères et raisonnements mis en avant par Trotsky.

verié2

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Re: Le congrès de Lutte Ouvrière

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