Egypte

Page 1 sur 48 1, 2, 3 ... 24 ... 48  Suivant

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

Egypte

Message  sylvestre le Ven 3 Déc - 16:14

L'ineffable Caroline Fourest a lancé un débat a propos de la situation politique en Egypte dans lequel elle dévoile une fois de plus à quel point l'islamophobie peut se révéler la caution de gauche des pires dictatures

http://www.lemonde.fr/idees/article/2010/11/26/seculariser-puis-democratiser_1445355_3232.html

Séculariser puis démocratiser

Faut-il souhaiter des élections libres lorsqu'un régime totalitaire menace de triompher par les urnes ? L'élection peut-elle servir à donner les clés d'une démocratie imparfaite aux ennemis de la démocratie ? C'est le dilemme récurrent du monde arabo-musulman. Il s'est posé de façon dramatique en Algérie. Il se pose à la veille de chaque élection en Egypte. S'il était simple à résoudre, il y a longtemps qu'on l'aurait tranché. En théorie, deux tentations abstraites s'affrontent. Celle de la démocratie angélique et celle de la démocratie cynique.

L'angélique croit pouvoir réduire l'alpha et l'oméga de la démocratie au fait d'organiser des élections libres. Sans se soucier du résultat. Peu importe que ces élections portent au pouvoir des tyrans, des fascistes... qui ne rendront pas les clés. C'était le danger lorsque le Front islamique du salut (FIS) menaçait de gagner les élections en Algérie. C'est celui que fait peser la victoire d'un mouvement comme les Frères musulmans en Egypte. Leur visage avenant, le fait qu'ils soient martyrisés par le régime égyptien ne doivent tromper personne. Pour eux, la démocratie n'est qu'un moyen... En vue d'achever une révolution culturelle intégriste à vocation expansionniste et totalitaire.

Les partisans du moindre mal sont prêts à tout pour leur barrer la route. Quitte à soutenir des gouvernements cyniques ? Sous prétexte de faire barrage, les régimes arabes bâillonnent aussi bien les intégristes que les démocrates laïques. Comme Mohamed El-Baradei, empêché de se présenter à l'élection présidentielle. Ce qui ferme la porte à toute alternative réelle, donc à la démocratie.

Comment en sortir ? La recette magique n'existe pas. Seul le poison est bien connu. Tenter la démocratie sans avoir au préalable sécularisé, comme en Algérie, mène à la dictature religieuse ou à la guerre civile. Séculariser tout en tardant à démocratiser, comme en Turquie, n'évite pas une poussée islamiste, mais sur un mode plus contenu. Son effet semble plutôt démocratique. Même si le risque de voir le gouvernement islamiste turc défaire les contre-pouvoirs laïques, militaires et judiciaires, est loin d'être écarté... Ce processus explique pourquoi l'islamisme de l'AKP (Parti de la justice et du développement) est incontestablement moins dangereux que celui des Frères musulmans en Egypte.

C'est aussi une question de calendrier géopolitique. Dans le puzzle des nations, l'Egypte est un foyer historique de l'intégrisme sunnite. Si son triomphe avait lieu avant l'écroulement du régime théocratique iranien, la victoire électorale des Frères musulmans égyptiens pourrait stimuler l'internationale islamiste et encourager la surenchère. Après, elle peut se limiter à la scène nationale et prendre le chemin d'un islamisme à la turque. A condition qu'entre-temps l'Egypte se soit sécularisée... Ce qui est loin d'être encouragé.

Les observateurs extérieurs doivent accepter la complexité de ce mécanisme s'ils veulent y contribuer sans jouer aux apprentis sorciers. Il n'y a pas à choisir entre un régime autoritaire et un mouvement totalitaire. Le premier se sert de la menace intégriste pour différer la démocratie. Le second prétend incarner l'alternative, mais ne rêve que de dictature au nom de la charia. Etouffés entre les deux, les démocrates laïques sont les seuls à mériter notre solidarité.

Pour les soutenir, il faut accepter que la référence à une valeur supérieure à la démocratie - la théocratie - puisse servir à disqualifier un candidat ou un parti intégriste. Tout en veillant au respect absolu des libertés politiques en dehors de cette restriction. Dans l'espoir que les citoyens du monde arabo-musulman aient un jour un autre choix... que la peste ou le choléra.


Essayiste et journaliste, rédactrice en chef de la revue "ProChoix", elle est l'auteure notamment de "La Tentation obscurantiste" (Grasset, 2005) et de "La Dernière Utopie" (Grasset, 2009).

Caroline Fourest

Deux réponses :

http://www.lemonde.fr/idees/article/2010/12/02/le-vieux-rais-l-egypte-et-les-freres-musulmans_1448009_3232.html

Chronique "International"

Le vieux raïs, l'Egypte et les Frères musulmans

Styliste parfois opaque, André Malraux disait : "Entre les communistes et nous, il n'y a rien." On pouvait lire beaucoup de choses derrière cette petite phrase. Fidèle du Général, l'écrivain souhaitait sans doute que celui-ci n'eût que le PCF pour seule opposition - façon absurde de garantir le maintien au pouvoir des gaullistes !

Le président Hosni Moubarak applique la recette. A l'égyptienne, bien sûr. Entre lui et les islamistes, il ne veut personne. Pour se maintenir à la tête de l'Egypte, il pratique un chantage permanent : c'est moi ou les Frères musulmans.

Il fait écraser toute force qui pourrait incarner une alternative modérée. La vie politique locale ne peut avoir que deux pôles, lui et l'islam militant. Formule imparable pour s'accrocher au trône. Les Occidentaux doivent s'y résoudre, dit-on au Caire. S'ils veulent la démocratie sur les bords du Nil, ou ailleurs dans le monde arabe, il leur faut assumer la possibilité d'une victoire des Frères musulmans.

Message de Moubarak à destination des Etats-Unis et des Européens : ou vous me soutenez, ou vous avez les islamistes ! Car, entre lui et eux, qu'il ne peut éradiquer tant ils font partie du paysage, il a organisé le vide.

Pour être crédible, la formule suppose de laisser un minimum d'espace politique aux Frères musulmans. Ne serait-ce que pour montrer qu'ils existent. Il n'est même pas sûr que le régime s'en donne encore la peine.

Rendus officiels cette semaine, les résultats du premier tour des élections législatives du 28 novembre sont sans appel : victoire totale du parti au pouvoir, le Parti national démocrate (PND), la formation d'Hosni Moubarak. Sur les 221 sièges pourvus dès ce premier tour - le second a lieu le 5 décembre -, le PND en empoche 209 : près de 95 %. Les Frères musulmans - interdits par la loi, leur candidature est tolérée sous l'étiquette "indépendants" - n'ont remporté aucune circonscription. Ils disposaient d'un cinquième des sièges dans l'Assemblée sortante ! Personne n'est dupe : le score des Frères ne peut avoir été celui-là.

Née en 1928 au Caire, la Confrérie des Frères musulmans est la mère de l'islamisme politique. Elle a été l'inspiratrice d'un islam radical présent dans tout le monde arabe. Elle est la marraine de mouvements comme le Hamas palestinien. En Egypte, elle s'est assagie, embourgeoisée ; elle a tissé un réseau d'oeuvres sociales qui remplace un Etat-providence inexistant. Elle a depuis longtemps abandonné la lutte armée, même si elle est divisée entre radicaux et modérés.

Mais les Frères sont contre le dialogue israélo-palestinien. Ils sont pour le soutien à la lutte armée contre les "sionistes". Au pouvoir, maintiendraient-ils les relations diplomatiques établies avec Israël en 1979 ?

Plus encore que de coutume, le régime égyptien a bétonné les urnes. Il a organisé dimanche 28 novembre une fraude massive. Il a fait arrêter des centaines de Frères musulmans. Il a intimidé les rares électeurs qui se présentaient dans les bureaux de vote. Comme s'il voulait éliminer toute possibilité de surprise avant la prochaine échéance politique, la seule qui compte : l'élection présidentielle de 2011.

Selon toute vraisemblance, Hosni Moubarak, 82 ans, s'apprête à solliciter un sixième mandat à la tête de l'Etat. Le patriarche-raïs est aux commandes depuis vingt-neuf ans. Le régime est plus autocratique que jamais, nourri au népotisme et à la corruption.

Son bilan économique n'est pas sans substance. L'Egypte - 78 millions d'habitants - a plutôt bien traversé la crise de 2008-2009. Elle affiche des taux de croissance respectables - entre 4 % et 5 % -, même si plus de 18 millions d'Egyptiens restent abonnés à une abjecte pauvreté.

A l'approche du scrutin de 2011, la vraie question est politique. Le régime peut-il encore durer ? Le système Moubarak est-il transmissible ? Assure-t-il la stabilité dans le plus grand pays du monde arabe ?

Pour empêcher par tous les moyens l'émergence d'une opposition autre que celle des Frères musulmans, l'Etat égyptien est plus brutal que jamais.

Ceux qui veulent incarner une alternative modérée sont traités sans pitié - emprisonnés, torturés, mis en faillite. Parce qu'il défiait Moubarak, le régime a brisé - physiquement, moralement, financièrement - Ayman Nour, aimable centriste proaméricain, créateur du parti Ghad.

La société égyptienne n'est pas bloquée, elle évolue, elle gagne des espaces de liberté, elle est ouverte sur l'extérieur, dit Basma Kodmani, l'une des plus fines observatrices du monde arabe. C'est le pouvoir politique qui est bloqué, explique-t-elle, figé dans sa seule et unique obsession : rester en place. Comme dans la plupart des pays de la région, la démocratie est une façade. Le vrai pouvoir est entre les mains des appareils de sécurité, gigantesques machines militaro-bureaucratico-policières. Souvent développées avec la coopération des pays occidentaux au nom de la lutte contre le terrorisme, elles étouffent tout ce qu'elles perçoivent, à tort ou à raison, comme une menace pour le pouvoir.

Fermer ainsi le jeu politique est "un signe de faiblesse", juge Steven Cook, de l'institut américain Council on Foreign Relations (CFR.org). Le risque est double. Il est celui, d'abord, d'une réaction violente si, "pour assurer leur monopole sur le pouvoir, les dirigeants égyptiens continuent à user de méthodes aussi brutales". Il est ensuite, de la part d'un régime vieillissant, usé, largement discrédité, celui de faire effectivement des Frères la seule vraie alternative crédible. Qui prendra un jour le pouvoir ou devra y être associé.


Post scriptum

Parce que le monde change, ses représentations graphiques doivent aussi changer, témoigner de la redistribution de la richesse et du pouvoir politique. Un nouvel atlas s'y emploie : "La Bataille des cartes. Analyse critique des visions du monde", de Michel Foucher (éd. François Bourin, 176 p., 29 euros).

Alain Frachon (Chronique "International")


http://blog.mondediplo.net/2010-11-27-Egypte-Iran-deux-poids-deux-mesures

Egypte-Iran, deux poids deux mesures

samedi 27 novembre 2010, par Alain Gresh

Des élections législatives se dérouleront en Egypte demain dimanche 28 novembre. Si l’on ignore quel sera le taux de participation, le résultat ne fait aucun doute : le Parti national démocratique du président Hosni Moubarak l’emportera haut la main, permettant à celui-ci de pouvoir affronter l’élection présidentielle sans opposant sérieux (tout candidat à cette élection doit obtenir l’aval d’un nombre substantiel de députés) — à moins qu’il ne désigne son fils pour lui succéder.

La presse française a suivi la campagne et n’a pas manqué de souligner le caractère arrangé du scrutin, la pression contre les candidats d’opposition, notamment ceux des Frères Musulmans.

Ainsi, sur lefigaro.fr, Tangui Salun écrit (« Élections en Égypte : bataille pour l’après-Moubarak », 26 novembre) :

« Les autorités ont pourtant martelé ces dernières semaines leur détermination à organiser un vote “intègre et transparent”. Mais la promesse n’a guère convaincu l’opposition et la société civile. “Il n’y a aucune indication d’un changement de climat politique, bien au contraire”, estime Bahey el-Din Hassan, directeur de l’Institut du Caire pour les droits de l’homme. Et d’énumérer les maux du pays : la loi d’urgence, qui permet d’interdire rassemblements politiques et manifestations ; l’annulation de la supervision des bureaux de vote par les juges, seule garantie, jusqu’alors, d’un minimum de transparence ; le rejet catégorique par les autorités d’observateurs internationaux, demandés par les États-Unis, et les restrictions imposées aux ONG locales ; ou encore l’éviction, ces derniers mois, de journalistes critiques envers le pouvoir. »

Mais, si tous les commentateurs sont d’accord sur l’analyse, on ne sent aucune indignation semblable à celle qui a saisi nos médias lors de l’élection présidentielle de juin 2009 en Iran ; aucune condamnation officielle, alors que le ministère des affaires étrangères dénonce régulièrement les atteintes aux droits de la personne en Iran. Pas de grandes analyses sur la démocratie, les droits humains, la liberté, mais un constant « froid », détaché. Pourquoi cette différence ? Après tout, l’Egypte comme l’Iran sont les deux pays les plus peuplés du Proche-Orient, ceux dont l’avenir pèsera le plus sur les évolutions de la région.

Tous les observateurs ont souligné que les résultats des élections de novembre 2005 en Egypte (qui avaient vu la victoire de 80 députés Frères musulmans) et la victoire du Hamas aux élections palestiniennes avaient mis un terme aux projets américains de démocratisation de la région.

Les arguments qui sont avancés sont toujours les mêmes :

- un gouvernement des islamistes en Palestine empêcherait tout accord de paix avec Israël ;

- pas de liberté pour les ennemis de la liberté : la victoire des islamistes serait sans retour possible ; ils instaureraient une dictature.

Le premier argument ne tient pas une seconde la route, pour deux raisons :

- les négociations de paix, selon les accords d’Oslo, se déroulent entre l’OLP et le gouvernement israélien. La victoire du Hamas ne change rien à la donne et l’OLP peut tout à fait, sans l’accord du gouvernement palestinien, signer un accord ;

- d’autre part, ce raisonnement oublie que le principal obstacle à la paix est le gouvernement israélien (et aussi le parti Kadima, aujourd’hui dans l’opposition, mais responsable des deux guerres du Liban, 2006, et de Gaza, 2008-2009). A plusieurs reprises, le Hamas a fait part de son acceptation de la création d’un Etat palestinien en Cisjordanie et à Gaza, avec Jérusalem-Est comme capitale. Mais personne ne veut l’entendre.

Caroline Fourest reprend le deuxième argument dans un article du Monde (27 novembre), « Séculariser puis démocratiser ».

Tout au long de son raisonnement, elle tente de se donner une posture « centriste », entre ses anciens amis de Riposte laïque qui fricotent désormais avec tout ce que l’Europe compte d’organisations de droite extrême islamophobe et ceux qu’elle appelle les islamo-gauchistes. Un « centrisme » très relatif cependant venant de quelqu’un qui a signé, avec Bernard-Henri Lévy, Antoine Sfeir, Philippe Val et quelques autres, en mars 2006, « Le manifeste des douze : ensemble contre le nouveau totalitarisme » :

« Après avoir vaincu le fascisme, le nazisme et le stalinisme, le monde fait face à une nouvelle menace globale de type totalitaire : l’islamisme. Nous, écrivains, journalistes, intellectuels, appelons à la résistance au totalitarisme religieux et à la promotion de la liberté, de l’égalité des chances et de la laïcité pour tous. »

Son raisonnement sur les élections égyptiennes reprend tous les lieux communs de la majorité des intellectuels médiatiques occidentaux, en exposant le soi-disant dilemme devant lequel nous serions placés :

« Faut-il souhaiter des élections libres lorsqu’un régime totalitaire menace de triompher par les urnes ? L’élection peut-elle servir à donner les clés d’une démocratie imparfaite aux ennemis de la démocratie ? C’est le dilemme récurrent du monde arabo-musulman. Il s’est posé de façon dramatique en Algérie. Il se pose à la veille de chaque élection en Egypte. S’il était simple à résoudre, il y a longtemps qu’on l’aurait tranché. En théorie, deux tentations abstraites s’affrontent. Celle de la démocratie angélique et celle de la démocratie cynique. »

« L’angélique croit pouvoir réduire l’alpha et l’oméga de la démocratie au fait d’organiser des élections libres. Sans se soucier du résultat. Peu importe que ces élections portent au pouvoir des tyrans, des fascistes... qui ne rendront pas les clés. C’était le danger lorsque le Front islamique du salut (FIS) menaçait de gagner les élections en Algérie. C’est celui que fait peser la victoire d’un mouvement comme les Frères musulmans en Egypte. Leur visage avenant, le fait qu’ils soient martyrisés par le régime égyptien ne doivent tromper personne. Pour eux, la démocratie n’est qu’un moyen... En vue d’achever une révolution culturelle intégriste à vocation expansionniste et totalitaire. »

Notons que Fourest ignore le sens même des élections actuelles en Egypte. Il ne s’agit que d’élections législatives, dans un régime largement présidentiel. A supposer que les Frères musulmans gagnent, il leur faudrait gouverner dans le cadre de ces contraintes (avec, en plus, l’armée en arrière-plan). On pourrait tenir le raisonnement suivant : la popularité des Frères musulmans ne tient-elle pas au fait qu’ils n’ont jamais été confrontés au pouvoir ? Ne serait-il pas temps qu’ils se frottent aux contraintes gouvernementales ? Certains d’entre eux affirment que « l’islam, c’est la solution ». Comment aborderont-ils les problèmes de l’emploi, de l’éducation, des libertés ?

« Les partisans du moindre mal, poursuit Fourest, sont prêts à tout pour leur barrer la route. Quitte à soutenir des gouvernements cyniques ? Sous prétexte de faire barrage, les régimes arabes bâillonnent aussi bien les intégristes que les démocrates laïques. Comme Mohamed El-Baradei, empêché de se présenter à l’élection présidentielle. Ce qui ferme la porte à toute alternative réelle, donc à la démocratie. »

Ces partisans du moindre mal, on s’en rendra compte par la suite, ont exactement la même attitude que Fourest, attendre que les temps soient mûrs pour instaurer la démocratie, un discours qu’ils tiennent depuis des décennies pour le monde arabe. Et rappelons que El-Baradei était prêt à un pacte avec les Frères musulmans.

« Comment en sortir ? La recette magique n’existe pas. Seul le poison est bien connu. Tenter la démocratie sans avoir au préalable sécularisé, comme en Algérie, mène à la dictature religieuse ou à la guerre civile. Séculariser tout en tardant à démocratiser, comme en Turquie, n’évite pas une poussée islamiste, mais sur un mode plus contenu. Son effet semble plutôt démocratique. Même si le risque de voir le gouvernement islamiste turc défaire les contre-pouvoirs laïques, militaires et judiciaires, est loin d’être écarté... Ce processus explique pourquoi l’islamisme de l’AKP (Parti de la justice et du développement) est incontestablement moins dangereux que celui des Frères musulmans en Egypte. »

Il faut donc séculariser les sociétés arabes retardées. Mais qui le fera ? L’époque du colonialisme est terminée où nous voulions libérer les musulmans de leur religion rétrograde (parfois en les convertissant !). Et puis, comment penser une seconde que le pouvoir égyptien, qui n’hésite pas à jouer sur les oppositions entre musulmans et chrétiens, qui utilise la censure contre les textes considérés comme antimusulmans, qui organise des rafles contre les homosexuels quand cela l’arrange, serait le porteur du moindre projet de séculariser la société ? Tous les observateurs de la vie politique égyptienne savent, mais Fourest n’en a cure, que le pouvoir a joué un rôle actif dans l’islamisation de la société — et que ce qui est vrai en Egypte, est vrai dans la plupart des pays arabes.

« C’est aussi une question de calendrier géopolitique. Dans le puzzle des nations, l’Egypte est un foyer historique de l’intégrisme sunnite. Si son triomphe avait lieu avant l’écroulement du régime théocratique iranien, la victoire électorale des Frères musulmans égyptiens pourrait stimuler l’internationale islamiste et encourager la surenchère. Après, elle peut se limiter à la scène nationale et prendre le chemin d’un islamisme à la turque. A condition qu’entre-temps l’Egypte se soit sécularisée... Ce qui est loin d’être encouragé. »

Ainsi donc, il faut attendre que le régime iranien s’effondre pour envisager une évolution en Egypte de crainte de voir une internationale islamiste se mettre en place. Une internationale islamiste qui transcenderait les divisions nationales et confessionnelles (chiites-sunnites) ? Les luttes et les divisions politiques et religieuses en Irak apportent chaque jour la preuve que cette internationale, ce péril islamiste, a plus de réalité dans les cerveaux échauffés d’intellectuels occidentaux que dans la réalité.

« Les observateurs extérieurs doivent accepter la complexité de ce mécanisme s’ils veulent y contribuer sans jouer aux apprentis sorciers. Il n’y a pas à choisir entre un régime autoritaire et un mouvement totalitaire. Le premier se sert de la menace intégriste pour différer la démocratie. Le second prétend incarner l’alternative, mais ne rêve que de dictature au nom de la charia. Etouffés entre les deux, les démocrates laïques sont les seuls à mériter notre solidarité. »

Les observateurs extérieurs à qui Fourest fait la leçon, c’est qui ? Que sait-elle de la complexité de l’Egypte ? Avoir écrit sur la laïcité et le droit des femmes face aux religions semble avoir fait de Fourest une « spécialiste » du monde musulman, du moins c’est ce que croient les médias qui lui donnent régulièrement la parole. Quant aux démocrates laïques dont Fourest parle, il s’agit d’une telle généralisation que l’on en reste pantois : de nombreux courants démocrates au Maroc ou en Turquie défendent des positions en opposition totale avec sa défense soft des dictatures en place.

« Pour les soutenir, il faut accepter que la référence à une valeur supérieure à la démocratie — la théocratie — puisse servir à disqualifier un candidat ou un parti intégriste. Tout en veillant au respect absolu des libertés politiques en dehors de cette restriction. Dans l’espoir que les citoyens du monde arabo-musulman aient un jour un autre choix... que la peste ou le choléra. »

Espérons donc, et en attendant ? La position de Fourest revient à soutenir le statu quo, position qui rejoint celle de nos gouvernants et qui contribue très largement à discréditer le discours occidental sur la démocratie. Au printemps 2006, au lendemain de la victoire du Hamas aux élections législatives palestiniennes et après l’adoption par l’Union européenne et les Etats-Unis de sanctions contre un gouvernement élu démocratiquement, j’avais assisté à une réunion de journalistes du monde arabe qui s’était tenue à Dubaï. S’y côtoyaient toutes les tendances de la scène médiatique, des journalistes inféodés aux pouvoirs, des indépendants, des islamistes, des laïques, etc. La réaction fut unanime : l’Occident trahissait, une fois de plus, les valeurs dont il se réclamait ; il alimentait ainsi le discours d’Al-Qaida sur l’hypocrisie des appels occidentaux à la défense des droits humains.


sylvestre

Messages: 4316
Date d'inscription: 22/06/2010

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Egypte

Message  sylvestre le Sam 18 Déc - 18:43

http://www.npa2009.org/content/%C3%A9gypte-en-finir-avec-la-dictature


Égypte. En finir avec la dictature
samedi 18 décembre 2010
Publié dans : Hebdo Tout est à nous ! 82 (16/12/10)


Les élections législatives égyptiennes ne sont qu’une mascarade de plus organisée par la dictature de Moubarak et passée sous silence par la communauté internationale.

Le Parti national démocrate d’Hosni Moubarak, au pouvoir depuis 1981, vient sans surprise de remporter les élections législatives, raflant 209 des 221 sièges à pourvoir, avec un taux de participation oscillant entre 15 et 17 %. Entaché d’une fraude électorale dénoncée par tous les observateurs présents, ce scrutin marque l’écrasement total de l’opposition parlementaire.
La campagne électorale a été marquée par un harcèlement sans relâche des quelques formations politiques qui osent encore, non pas défier la dictature, mais simplement participer au jeu électoral qualifié de « mascarade grotesque » par les porte-parole des Frères musulmans dont plus de 1 000 sont emprisonnés. Cette formation qui possédait un cinquième des sièges de l’ancienne assemblée, écrasée dès le premier tour, a décidé de ne pas se présenter au second, et ne compte désormais plus aucun représentant. La gauche, regroupée au sein de la formation Tagammou, dénonce les « pires élections jamais organisées en Égypte », les « fraudes massives », les achats de voix et des exactions en tous genres. Au premier tour, le 26 novembre, seize personnes ont été tuées et une centaine ont été blessées par la police. Les représentants des USA, alliés fidèles du pouvoir en place, sont obligés de faire part de leur « déception » devant l’évidence des entraves aux droits de l’homme commises par la dictature qu’ils protègent depuis 29 ans. Certains opposants au régime sont obligés de quitter le pays, notamment ceux de la coalition démocratique Kefaya. Les studios de la BBC et d’Al Jazeera ont récemment été fermés par la police politique, et le rédacteur en chef du journal Al Doustour vient d’être licencié pour non-allégeance au pouvoir.
Cette répression tous azimuts s’inscrit dans un contexte national et international calamiteux. Depuis les grandes manifestations de mars-avril 2008, dont certaines tournèrent à des émeutes contre le régime, la situation sociale de l’Égypte n’a fait que se dégrader. On y compte plus de 18 millions d’habitants sur 83 millions, vivant bien en dessous du seuil de pauvreté. Les services publics sont en pleine déliquescence, notamment le système d’éducation incapable de répondre aux besoins d’une population jeune qui dont la moitié a moins de 25 ans.
La question religieuse, du respect des droits pour les chrétiens coptés comme pour les musulmans, peut en permanence se réinviter dans l’actualité, comme ce fut le cas récemment lorsque l’assassinat par la police d’un manifestant chrétien a tourné à l’émeute. Au plan international, l’Égypte est perçue comme une puissance déclinante, sévèrement jugée par les populations de la région pour sa collaboration sans faille avec Israël et les USA.
Âgé de 82 ans, le dictateur Moubarak se présentera-t-il aux présidentielles de 2011 ou préférera-t-il en bon oligarque que son fils lui succède ? Le tout-puissant chef de la sécurité Omar Suleiman entend lui aussi prétendre à la succession. L’opposition, quant à elle, aura les plus grandes difficultés à se remettre à temps de la défaite qu’elle vient de subir pour pouvoir compter dans cette échéance. Ce ne sont de toute façon pas de ces élections mafieuses que viendront les réponses permettant à l’Égypte et aux peuples du Proche-Orient de régler les problèmes fondamentaux que sont le partage des richesses, la levée de l’État d’urgence et la fin de la dictature, la levée du blocus de Gaza et le règlement de la question palestinienne.
Alain Pojolat

sylvestre

Messages: 4316
Date d'inscription: 22/06/2010

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Egypte

Message  Roseau le Mar 25 Jan - 12:03

AFP, 25 Janvier
Plusieurs mouvements d'opposition convient les Egyptiens à manifester mardi pour réclamer des réformes économiques et un changement politique en Egypte. L'idée a été lancée par le «Mouvement du 6 avril» et d'autres groupes pro-démocratie qui appellent à faire de mardi une «journée de révolte contre la torture, la pauvreté, la corruption et le chômage». Le ministère de l'intérieur a déclaré qu'il ferait «preuve de fermeté contre quiconque agirait de manière illégale».


Roseau

Messages: 16519
Date d'inscription: 14/07/2010

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Egypte

Message  sylvestre le Mar 25 Jan - 12:10

http://www.lefigaro.fr/international/2011/01/24/01003-20110124ARTFIG00740-les-jeunes-egyptiens-veulent-leur-revolution.php

Les jeunes Égyptiens veulent leur révolution

Mots clés : , , , ,

Par Tangi Sala
25/01/2011 | Mise à jour : 08:04
Réactions (27)
Des Égyptiens manifestent suite à l'assassinat de Khaled Saïd, à Alexandrie le 25 juin 2010. (Crédits photo:Amr Nabil/AP)
Des Égyptiens manifestent suite à l'assassinat de Khaled Saïd, à Alexandrie le 25 juin 2010. (Crédits photo:Amr Nabil/AP)

Lancé sur Facebook, un mot d'ordre de soulèvement à l'occasion de la Fête de la police va passer ce mardi l'épreuve de la rue. 80 000 internautes ont promis de venir manifester. 

La révolution virtuelle peut-elle devenir réelle? Les Égyptiens auront un début de réponse aujourd'hui, proclamé «jour de la révolution» par les jeunes opposants au régime de Hosni Moubarak. «Nous commencerons à vivre ou à mourir le 25 janvier», proclame l'un des 80.000 internautes qui ont promis de participer aux manifestations. Si la moitié d'entre eux descend effectivement dans la rue, ce serait une mobilisation telle qu'on n'en a pas vu depuis longtemps en Égypte, où les manifestations sont interdites par la loi d'urgence, en vigueur depuis trente ans.

Comme lors de la «grève générale» du 6 avril 2008, qui avait dégénéré en émeutes meurtrières à Mahalla, dans le delta du Nil, le mot d'ordre a été lancé sur Facebook. Plus précisément sur la page «Nous sommes tous Khaled Saïd», un jeune Alexandrin battu à mort par la police alors qu'il sortait d'un cybercafé l'an dernier.

La date retenue est de ce point de vue symbolique, car c'est le jour de la Fête… de la police: le 25 janvier 1952, la police égyptienne s'était soulevée contre les forces britanniques à Ismaïlia. Un soulèvement annonciateur du coup d'État qui renversa la monarchie. «Nous espérons que cette journée va aussi marquer le début d'un mouvement de fond qui pourra balayer le système répressif et corrompu de Hosni Moubarak», explique Adel, un des organisateurs.

L'appel a été endossé par des personnalités comme l'écrivain Alaa el-Aswany, et des opposants comme le Prix Nobel de la paix Mohammed ElBaradei, qui a jugé le changement «inéluctable» en Égypte après la révolution tunisienne. Les Frères musulmans, principale force d'opposition, ont également annoncé que leurs jeunes pourraient participer aux manifestations. «Nous n'appelons pas à manifester en tant que mouvement, mais nous acceptons l'invitation de la Coalition nationale pour le changement», a précisé un porte­parole, Essam el-Erian.

Le succès de la journée dépendra surtout de la capacité de la jeunesse à se mobiliser. Une génération amère et frustrée, qui forme près des deux tiers de la population, n'a connu que Moubarak comme président et fournit 90% des chômeurs. Or, depuis la chute de Ben Ali, en dehors d'une dizaine de tentatives d'immolation par le feu, la contestation n'a concerné que les jeunes éduqués et s'est essentiellement exprimée sur Internet. Les mouvements politiques peinent plus généralement à trouver des relais auprès de la population, largement analphabète et concentrée sur ses soucis du quotidien.

«Éviter un dérapage»

Des Égyptiens manifestent devant l'ambassade de Tunisie, en soutien aux manifestations en Tunisie.(Crédits photo:Ahmed Ali/AP)
Des Égyptiens manifestent devant l'ambassade de Tunisie, en soutien aux manifestations en Tunisie.(Crédits photo:Ahmed Ali/AP)

Rami, 25 ans, qui vit de petits boulots, assure d'ailleurs qu'il restera chez lui. Ses amis, dit-il, feront de même, bien qu'ils aspirent tous à une vie meilleure. «Ce n'est pas qu'on veut rester les bras croisés, mais on a appris depuis tout petit à avoir peur de la police», soupire-t-il. Les organisations des droits de l'homme dénoncent régulièrement les arrestations arbitraires et la torture «systématique» dans les commissariats.

Les analystes égyptiens doutent, dans ce contexte, que le grand jour se transforme en grand soir. «Mais le contexte politique, social et religieux est tellement tendu qu'une étincelle pourrait tout faire exploser», précise un diplomate occidental, rappelant que, en 1977, des émeutes provoquées par la hausse brutale du prix du pain ont fait plus de 70 morts au Caire. «Les autorités doivent faire très attention à éviter un dérapage», estime-t-il. Des milliers de policiers antiémeute seront mobilisés ce mardi face aux manifestants, qui devraient privilégier de multiples points de rassemblement à un cortège unique. Si le ministère de l'Intérieur a promis de les traiter «de manière civilisée», des magasins et des écoles qui devaient ouvrir en ce jour férié ont reçu pour consigne de fermer leurs portes.

Le parti au pouvoir a, lui, prévu d'organiser une contre-manifestation de soutien à Hosni Moubarak. Mais il a tout intérêt à éviter une confrontation qui pourrait dégénérer, alors que la Bourse du Caire a dévissé depuis la révolution tunisienne, que la livre égyptienne est chahutée et que les investisseurs étrangers et le secteur touristique, principal pourvoyeur de devises, s'inquiètent pour la stabilité du pays.




sylvestre

Messages: 4316
Date d'inscription: 22/06/2010

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Egypte

Message  Copas le Mer 26 Jan - 3:18

sur les données brutes et basiques, la structure sociale de l'Egypte n'a rien à voir avec celle de la Tunisie et de l'Algérie.

Les indices indirects de cette situation c'est que l'urbanisation (galopante) en Egypte touche 42 à 46% de la population (c'est à dire que l'Egypte est encore en grande partie rurale) tandis qu'au Maghreb la proportion est plus qu'inversée.

Le poids de la petite-bourgeoisie et de la paysannerie seront plus importants dans les rapports de force vis à vis du gouvernement et de la bourgeoisie.

le phénomène spécifique des grandes métropoles comme Alexandrie (5 millions), Gizeh (3.5 millions) et le Caire (8-9 millions), produira des phénomènes spécifiques concentrés de radicalisation. C'est sûr on change d'échelle (rien que le Caire a une population comparable à la Tunisie) mais dans un monde encore dominé largement numériquement par la ruralité.

Copas

Messages: 6374
Date d'inscription: 26/12/2010

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Egypte

Message  Sparta le Mer 26 Jan - 6:30

Une révolution en marche en Égypte ,ils réclament le départ de Moubarak

LE CAIRE — Des milliers d'Egyptiens ont réclamé mardi le départ du président Hosni Moubarak, au pouvoir depuis trois décennies, lors de manifestations à travers le pays inspirées par la révolte populaire tunisienne...

http://djazairavanttout.over-blog.com/article-une-revolution-en-marche-en-egypte-ils-reclament-le-depart-de-moubarak-65765815.html

http://www.lexpressiondz.com/article/2/2011-01-26/85332.html

http://www.casafree.com/modules/news/article.php?storyid=54898

Sparta

Messages: 229
Date d'inscription: 05/12/2010

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Egypte

Message  Copas le Mer 26 Jan - 9:45

sylvestre a écrit:


http://blog.mondediplo.net/2010-11-27-Egypte-Iran-deux-poids-deux-mesures

Egypte-Iran, deux poids deux mesures

samedi 27 novembre 2010, par Alain Gresh

Son bilan économique n'est pas sans substance. L'Egypte - 78 millions d'habitants - a plutôt bien traversé la crise de 2008-2009. Elle affiche des taux de croissance respectables - entre 4 % et 5 % -, même si plus de 18 millions d'Egyptiens restent abonnés à une abjecte pauvreté.
[/quote]

Encore un miracle économique ?

Le développement des forces productives, de l'instruction, du prolétariat urbain, crée une situation qui rend insupportable, une dictature corrompue.



Copas

Messages: 6374
Date d'inscription: 26/12/2010

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Egypte

Message  verié2 le Mer 26 Jan - 11:18

Egypte

Message sylvestre le Ven 3 Déc - 16:14
L'ineffable Caroline Fourest a lancé un débat a propos de la situation politique en Egypte dans lequel elle dévoile une fois de plus à quel point l'islamophobie peut se révéler la caution de gauche des pires dictatures

En Tunisie, les Etats-Unis ont discrètement encouragé le départ de Ben Ali, dans l'espoir de se tailler une place dans la succession au détriment de l'impérialisme français. Mais, en Egypte, Obama a apporté son soutien à Moubarak, même s'il l'a appelé publiquement à la prudence et à la modération. L'Egypte est en effet un pion très important de l'impérialisme américain au Moyen Orient et sa déstabilisation serait lourde de danger.

Il est permis de se demander si la position de Fourest est seulement liée à son islamophobie, car, par le passé, elle s'était tout de même faite aussi le soutien de l'impérialisme occidental - et américain - contre l'axe du mal islamiste, en lui donnant comme tu le soulignes une caution de gauche féministe. Les deux sont plus ou moins liés bien sûr.

verié2

Messages: 6683
Date d'inscription: 11/07/2010

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Egypte

Message  Sparta le Jeu 27 Jan - 3:31

Egypte : heurts meurtriers entre policiers et anti-Moubarak

http://www.leparisien.fr/international/egypte-heurts-meurtriers-entre-policiers-et-anti-moubarak-26-01-2011-1243960.php

Quatre morts dans les manifestations contre son régime et pressions internationales
Hosni Moubarak sommé de quitter le pouvoir


http://www.liberte-algerie.com/edit.php?id=149758&titre=Hosni%20Moubarak%20somm%E9%20de%20quitter%20le%20pouvoir

Sparta

Messages: 229
Date d'inscription: 05/12/2010

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

rassemblement de soutien au peuple égyptien

Message  Aura le Jeu 27 Jan - 18:13

Rassemblement vendredi 28 janvier à Paris : Fontaine des Innocents - 18 h 30 - Métro Châtelet / Les Halles




A BAS LA DICTATURE DE MOUBARAK

SOLIDARITE AVEC LE PEUPLE EGYPTIEN

Les manifestations des Egyptiens contre la dictature de Moubarak sont violemment réprimées.

Cette répression contre les manifestants au Caire et dans de nombreuses villes de toute l'Egypte a déjà fait au moins 6 morts, des centaines de blessés et d'arrestations.

Comme en Tunisie où la dictature de Ben Ali a été ébranlée et le dictateur chassé par la formidable mobilisation du peuple tunisien et en particulier de sa jeunesse, le peuple égyptien et sa jeunesse sont partis à l'assaut du régime de Moubarak et crient leur refus de la dictature, du népotisme, de la corruption et de la mal-vie.

Ce mercredi 26 janvier 2011, a été lancé un comité de solidarité avec la lutte du peuple égyptien, avec comme objectif de rassembler dans l'urgence toutes les voix solidaires pour dire :

A BAS LA DICTATURE DE MOUBARAK

HALTE A LA RÉPRESSION, A LA TORTURE, AUX EMPRISONNEMENTS

HALTE A L'ETAT D'URGENCE ET A LA CENSURE

VIVE LA LUTTE DU PEUPLE ÉGYPTIEN CONTRE LA DICTATURE

Le Comité de Solidarité avec la Lutte du Peuple Egyptien

appel à deux initiatives à Paris dans l'urgence :

- ce Vendredi 28 janvier 2011 à 18h30

Rassemblement à Châtelet,
Place de la Fontaine des Innocents, métro/RER Les Halles

- et ce Samedi 29 janvier 2011 à 14h00



à rejoindre l'appel à

"Manifestation pour lutter contre la corruption du gouvernement égyptien"

lancé sur facebook ce même jour, par un groupe d'Egyptiens à Paris

Place de l'Uruguay à proximité de l'ambassade égyptienne,

16e arrondissement, Metro Kléber

Venez nombreux et nombreuses.

Comité de Solidarité avec la Lutte du! Peuple Egyptien :
Premiers signataires : Citoyens Egyptiens de France ; Fédération des Tunisiens Citoyens des deux Rives FTCR, Comité pour le Respect des Libertés et des Droits de l' Homme en Tunisie CRLDHT, Association des Travailleurs Maghrébins en France ATMF; CCIPPP (Campagne Civile Internationale pour la Protection du Peuple Palestinien) ; Union syndicale Solidaires



POUR TOUT CONTACT : Email : ! solidaritepeuple gyptien@yahoo.fr



La page du Comité de Solidarité avec la Lutte du Peuple Egyptien :
http://www.facebook.com/album.php?profile=1&id=186252268073586#!/pages/Comite-de-Solidarite-avec-la-Lutte-du-Peuple-Egyptien/186252268073586

Aura

Messages: 258
Date d'inscription: 28/06/2010

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Egypte

Message  Roseau le Ven 28 Jan - 13:26

« 22h10. Deux tirs de roquettes ont visé la police jeudi soir dans le Sinaï égyptien, là où un jeune homme a trouvé la mort, mortellement atteint d’une balle en pleine tête, mais ont raté leur cible, selon des témoins. Les roquettes antichars de type RPG ont été tirées à cheikh Zouwayed, ville du Sinaï habitée principalement par des bédouins armés qui réclament depuis des années la libération de plusieurs des leurs, détenus sans avoir été jugés. »
http://www.leparisien.fr/international/egypte-explosion-de-violences-a-suez-nouvel-appel-a-manifester-ce-vendredi-27-01-2011-1245468.php

En même temps l'Egypte semble totalement coupée d'Internet
http://id-libre.org/blogigor/2011/01/28/egypte-coupee-du-monde/



Dernière édition par Roseau le Ven 28 Jan - 13:52, édité 1 fois

Roseau

Messages: 16519
Date d'inscription: 14/07/2010

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Pour faire taire les opposants, l'Egypte coupe Internet

Message  Invité le Ven 28 Jan - 13:50

Petite dédicace à la gauche plurielle, à la sociale-démocratie, au front de gauche, aux bigleux à gauche du PS. Voilà ce que sont capables de faire les bourgeois (vos alliers) pour continuer de festoyer sur notre dos:

Pour faire taire les opposants, l'Egypte coupe Internet

Invité
Invité


Revenir en haut Aller en bas

Re: Egypte

Message  yannalan le Ven 28 Jan - 13:51

Chez les bédouins du Sinai, c'est chronique. Il y a une grande tradition de contrebande qui conduit à des affrontements avec les flics. Après les attentas à Charm el Cheikh il y quelques temps, il y avait eu des arrestations, je ne sais pas si c'est de celles-la qu'ils parlent...

yannalan

Messages: 1880
Date d'inscription: 25/06/2010

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Egypte

Message  Roseau le Ven 28 Jan - 13:58

@ yannalan: n'ai aucune info de plus, ni capacité pour la décrypter.

Par contre, pour soutenir le soulèvement populaire, infos sur la torture en Egypte, par l'Amb US!
http://wikileaks.ch/cable/2009/01/09CAIRO79.html

Roseau

Messages: 16519
Date d'inscription: 14/07/2010

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Egypte

Message  verié2 le Ven 28 Jan - 14:36

Roseau a écrit:@ yannalan: n'ai aucune info de plus, ni capacité pour la décrypter.

Par contre, pour soutenir le soulèvement populaire, infos sur la torture en Egypte, par l'Amb US!
http://wikileaks.ch/cable/2009/01/09CAIRO79.html
C'est en effet plus dramatique que la coupure d'Internet et des tel portables !

verié2

Messages: 6683
Date d'inscription: 11/07/2010

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Page 1 sur 48 1, 2, 3 ... 24 ... 48  Suivant

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut


Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum