Allez-vous retirer votre blé de votre compte-en-banque le 7 décembre ?

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Allez-vous retirer votre blé de votre compte-en-banque le 7 décembre ?

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Allez-vous retirer votre blé de votre compte-en-banque le 7 décembre ?

Message  BouffonVert72 le Ven 3 Déc - 0:09

http://www.lepost.fr/article/2010/12/01/2325181_le-bankrun-du-7-decembre-fera-il-un-flop.html


LePost.fr a écrit:

Par superpatate.

Le bankrun du 7 décembre fera-il un flop ?

Cette idée de retirer tout son argent des banques le 7 décembre mènera-t-elle à la déstabilisation du système et la remise en cause de ses fondamentaux ?

Si des millions de personnes le voulaient vraiment, il y a peu de doutes que le but serait atteint. Il menace régulièrement de s'effondrer sur lui-même, avec un peu d'aide la chute serait spectaculaire.

Mais voilà, l'idée originale semble parfois plus relever de la philosophie que d'un acte concret. On parle de retirer tout son argent, pas se rendre au DAB (Distributeur Automatique de Billets) pour retirer 200€.

Rares sont ceux qui conservent tout leur argent sur leur compte courant non rémunéré, il faudra vider les livrets A, casser les PEL malgré les pénalités et connaitre la réponse à la question cruciale : est-ce que je dois revendre mes SICAV ?

En pratique surtout vous allez devoir affronter votre banquier, imaginez donc, vous ne faites rien de moins que tenter de faire effondrer le système qui le nourrit. Ne vous attendez pas à beaucoup de soutien de sa part.

Le banquier garde une place centrale dans la relation du client avec sa banque et il conserve encore cette autorité sur le client qui rend la relation inégale. L'affrontement avec le banquier, futur décideur de vos projets d'avenir, risque d'avoir un goût amer.

Peu nombreux seront les clients des banques à réellement vider leurs comptes. Certains se contenteront simplement d'aller retirer le maximum dans un distributeur, d'autres plus courageux iront au guichet faire un acte politique symbolique, certains retireront effectivement tout ce qu'ils ont, mais on peut se douter que les plus prompts à faire s'effondrer le système ne sont pas les plus riches, et enfin les autres, la grande majorité, ne fera rien.

Alors combien de personnes videront leurs comptes ?

Le groupe facebook créé pour l'occasion regroupe moins de 30 000 inscrits, c'est déjà peu, les liquidités disponibles compenseraient largement les retraits de 30 000 personnes. Facebook semble être un bon indicateur de la popularité d'un évènement, les fameux apéros géants en sont un bon exemple. Mais si seulement un inscrit sur 4 se déplaçait pour aller à cet apéro, un acte généralement convivial entre amis, dans la douceur de l'été revenant, combien iront ce jour là, dans un froid glacial et déprimant, affronter leur banquier dans une atmosphère tendue ? Je dirais : assez peu. Multipliez ce nombre par le nombre de pays où l'initiative a pris et vous obtiendrez : pas grand chose.

La raison de cet échec annoncé ? Même Cantona, donné pour instigateur du projet, à dû confirmer à Libération qu'il serait bien à sa banque le 7 décembre. Si même lui se fait prier.

Parce que l'idée n'était pas si mauvaise et qu'elle aura au moins permis une courte réflexion sur le système bancaire, profitez-en pour regarder la vidéo originale de Cantona.

[youtube]http://www.youtube.com/v/pzJplZccaWQ&hl=fr_FR&feature=player_embedded&version=3[/youtube]


Et vous, qu'allez-vous faire ? scratch
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Re: Allez-vous retirer votre blé de votre compte-en-banque le 7 décembre ?

Message  Roseau le Ven 3 Déc - 1:55

Réponse ici:
http://www.npa2009.org/npa-tv/all/all/23124

Par ailleurs, il faut rappeler que ce ne sont pas les banques qui sont responsables de la crise.
Elles ne sont qu'un des rouages du système capitaliste, qui entre régulièrement en crise de surproduction.
Cette fois-ci, la crise a été retardée une inflation de crédit inédite, et n'en sera que plus grave.
Elle peut nous conduire aux pires cauchemars, à moins d'une révolution socialiste,
mettant un terme au capitalisme.
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Re: Allez-vous retirer votre blé de votre compte-en-banque le 7 décembre ?

Message  sylvestre le Ven 3 Déc - 13:55

http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/economie/20101201.OBS3977/banque-besancenot-veut-aller-encore-plus-loin-qu-eric-cantona.html

Banque : Besancenot veut aller encore plus loin qu'Eric Cantona

Tout en jugeant "séduisant" l'appel de l'ex-footballeur à vider ses comptes bancaires pour que "le système s'écroule", le porte-parole du NPA rappelle que "s'attaquer aux banques n'est qu'une partie du problème".

Le leader du Nouveau parti anticapitaliste (NPA), Olivier Besancenot (AFP) Le leader du Nouveau parti anticapitaliste (NPA), Olivier Besancenot (AFP)

Olivier Besancenot juge "séduisant" l'appel d'Eric Cantona à vider ses comptes bancaires pour que "le système s'écroule" mais pour le porte-parole du NPA qui s'exprime dans Libération mercredi 1er décembre, "s'attaquer aux banques n'est qu'une partie du problème".
Sur le même sujet



Une vidéo de l'ancienne star de Manchester United, sur le web depuis début octobre, suscite un buzz croissant avec un appel à vider chacun nos comptes bancaires : "s'il y a 20 millions de gens qui retirent leur argent, le système s'écroule (...) La révolution se fait par les banques".

"L'idée de s'attaquer tous ensemble aux marchés financiers est évidemment quelque chose de séduisant. Ce désir de révolution me plaît", déclare Olivier Besancenot. Car pour lui, les banques qui se sont renflouées "sur le dos des budgets publics, donc des contribuables", sont "les grandes gagnantes de la crise systémique qu'elles ont provoquée".

"La réalité, c'est que beaucoup de ceux qui rêveraient de la faire n'ont plus forcément de l'argent sur leur compte en banque. Et puis, les capitalistes ont déjà anticipé le truc puisqu'ils font crédit à tour de bras avec de l'argent qu'ils n'ont pas", poursuit-il.

Pour le leader anticapitaliste, "reste que s'attaquer aux banques n'est qu'une partie du problème. On n'est pas face à une crise financière, mais à une crise du système". Et de conclure sur l'exemple de l'Argentine au début des années 2000 : "les gens se sont précipités, les banques ont fermé, la police a frappé. Les banques sont toujours du côté du pouvoir".

(Nouvelobs.com avec AFP)
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Re: Allez-vous retirer votre blé de votre compte-en-banque le 7 décembre ?

Message  Marco Pagot le Ven 3 Déc - 14:10

Ceux qui en sont à l'initiative sur facebook; stopbanque et cie, c'est pas Cantona, simple relayeur, c'est des soraliens, conspirationnistes et obsédés du complot juif...

Attention quoi
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Re: Allez-vous retirer votre blé de votre compte-en-banque le 7 décembre ?

Message  Invité le Ven 3 Déc - 14:37

Marco Pagot a écrit:Ceux qui en sont à l'initiative sur facebook; stopbanque et cie, c'est pas Cantona, simple relayeur, c'est des soraliens, conspirationnistes et obsédés du complot juif...

Attention quoi

T'as plus d'info à propos de stopbanque et cie (sur les liens avec Soral) ?

--

EDIT : Bon je suis aller faire un tour sur le site de stopbanque. Et effectivement les auteurs cités comme références sont, dans l'ordre d'apparition dans la page "liens" :

- Michel Drac, qui intervient principalement sur Novopress, Radio Courtoisie, Fdesouche, etc.
- François Asselineau, inspecteur général des finances, ancien des cabinets de Pasqua, Panafieu, fondateur de l'UPR (Union Populaire Republicaine),
- Jacques Cheminade, de Solidarité & Progrès, la version française de Lyndon LaRouche aux USA, qui ressert de vieilles idées sur le complot d'une petite oligarchie financière mondiale qui provoquerait volontairement l'effondrement du système économique, etc.
- Etienne Chouard, un proche de Meyssan
- Alain Soral, de Égalité et Réconciliation
- Glenn Beck, un animateur radio nord-américain
- Emmanuel Todd
- Annie Lacroix-Riz
- Joseph Stiglitz
- Maurice Allais
- J.-C. Michéa
- Pierre Carles
- Michael Moore
- etc.

Et sur le site "bankrun2010" on trouve aussi dans la partie remerciements des louanges pour un certain "Pierre Jovanovic", animateur sur "Radio Ici et maintenant". On lit sur Wikipedia que "le 9 juillet 1996 le CSA censure la radio pour « Diffusion répétée, lors des émissions de libre expression, de propos racistes, antisémites ou négationnistes et d'avoir permis à des sectes de s'exprimer sur l'antenne »[1]. L'interdiction d'émettre a été cassée par le Conseil d’État le 19 mars 1997[2].

Bon, y a de quoi être méfiant.

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Le "projet Cantona"

Message  Invité le Ven 3 Déc - 16:18


CE SOIR (OU JAMAIS !), FRANCE 3, JEUDI 2 DECEMBRE A 23h10

"Je fus l’invité de Frédéric Taddéi. On a parlé de l’initiative Cantona de retirer son argent des banques." Paul Jorion



Le 7 décembre 2010 retirons notre argent des banques !

"Chers médias,

Depuis une petite semaine, la presse internationale relaie l’appel au bankrun que nous avons lancé sur Facebook pour inviter tous ceux qui souhaitent nous suivre à retirer leur argent de leur compte le 7 décembre prochain.

Depuis la publication de notre appel, des citoyens se mobilisent pour traduire le texte dans leur langue, recréer l’événement dans leur pays, faire connaître notre initiative par tous les moyens possibles et inviter leurs contacts à faire de même. Notre appel rencontre un succès que nous n’osions espérer. Nous nous en réjouissons et grâce à l’investissement personnel de tout ceux qui, comme nous, souhaitent jouir d’un système bancaire sain, équitable, abordable et responsable, nous espérons qu’au fil des semaines nous réussirons à convaincre suffisamment de gens de par le monde pour être enfin entendus par nos gouvernements respectifs.

Nous précisions que nous ne nous exprimons au nom d’aucun parti politique, ni d’aucune organisation syndicale ou religieuse. Notre action est une action citoyenne qui se désolidarise de tout propos haineux ou complotistes qui pourraient être tenus au nom de notre mouvement par des tiers au cours de leurs interventions sur les espaces de discussion qui échapperaient à notre contrôle. Nos noms n’engagent que nos propos. Nous ne cherchons à nuire à personne en particulier. C’est à un système corrompu, criminel et mortifère que nous avons décidé de nous opposer dans la mesure de nos moyens, de nos déterminations et dans le respect de la loi.

Pourquoi avons-nous lancé cette action?

Tout d’abord, nous avons tenu à sensibiliser l’opinion publique sur le fonctionnement du système monétaire.

L’écrasante majorité des titulaires d’un compte en banque, d’un compte d’épargne ou encore, d’un plan de pension, ignore la manière dont l’argent est créé ou ce que les banques font de l’argent qu’on leur confie. Ils ignorent tout du principe de l’argent dette et ils ne connaissent pas les réalités qui se cachent derrière les mots comme “bulles financières”, “bons du trésors”, « Hedge Funds » ou “titrisation”. Ils l’ignorent d’autant plus que les médias dans leur ensemble font peu d’efforts pour les informer de manière objective, transparente et accessible à tous. Tout ce que le public sait vraiment, c’est que la majorité des grands crimes financiers et des délits d’initiés restent la plupart du temps impunis et qu’ils sont les premiers à en payer les conséquences.

Non seulement nous déplorons que de nombreuses questions que se posent les citoyens ordinaires sur la situation économique restent sans réponses claires dans vos colonnes, mais nous regrettons également votre manque de zèle à dénoncer les mesures qui ont permis que la situation économique mondiale en arrive au point où elle se trouve aujourd’hui : une situation qui a mis nos chefs d’états et de gouvernements à genoux devant les agences de notations, tremblants de peur à l’idée que nos notes se dégradent.

Nos responsables politiques ne peuvent à la fois répondre aux intérêts des marchés financiers et à ceux des citoyens. Aussi, il est grand temps de leur rappeler au service de qui ils ont été élus.

Puisque les grèves et les manifestations ne servent plus à rien, puisque quoi que nous fassions, nous ne sommes pas entendus, et puisque quoi qu’ils fassent, nous ne sommes pas consultés, nous avons décidés de frapper le système dans son organe le plus vital - LE SYSTEME BANCAIRE.

Sommes-nous conscients des conséquences économiques qu’entraînerait le succès de notre action ?

Nous sommes surtout conscients des conséquences que le système financier mondialisé dérégulé et incontrôlable ont sur nos emplois, nos santés, notre éducation, nos pensions, nos industries, notre environnement, notre avenir, notre dignité, la dignité des citoyens des pays que ce système a asservi par des dettes qu’ils ne pourront jamais rembourser pour mieux s’approprier leurs ressources. C’est le sort qui attend les citoyens Occidentaux si nous ne nous prenons pas en main.

Nous sommes conscients du rôle que ce système joue dans la prospérité des empires industriels dont les intérêts sont tributaires des conflits armés, de la maladie, des pénuries alimentaires et de la misère qui règnent dans les pays qui leur fournissent mains d’œuvre et ressources naturelles à des coûts dérisoires. Nous sommes conscients que ce système-là n’aura jamais rien à gagner d’un monde où régneraient la paix et la prospérité et qu’en continuant de confier notre argent honnêtement et durement gagné à ce système malade, nous nous rendons complices de ses vols, de ses crimes, de ses guerres, et de la misère qu’il génère.

Que voulons-nous ?

Nous, les citoyens du 21ème siècle, héritiers des générations qui se sont sacrifiées pour que nous soyons et demeurions des citoyens libres et dignes, nous exigeons la création d’une BANQUE CITOYENNE, au service des CITOYENS, une banque qui mettrait notre argent à l’abri des fièvres spéculatives, à l’abri des bulles financières toutes condamnées à exploser un jour, à l’abri des opérations qui transforment nos emprunts en actifs et se servent de nos dettes pour acheter d’autres richesses.

Nous voulons des banques qui ne prêtent que les richesses qu’elles possèdent. Des banques qui aident les petites et moyennes entreprises à relocaliser l’emploi, des banques qui prêtent à taux zéro. (*) Des banques qui soutiennent les projets qui profitent aux citoyens plutôt qu’aux « marchés » Des banques où déposer notre argent tout en ayant la conscience tranquille. Des banques dont nous n’aurons plus à nous méfier. Des banques dont le succès sonnera le glas des marchands de morts, de maladies et d’esclaves. Sur les ruines de l’ancien système, nous voulons construire un système bancaire qui ne sacrifiera plus la dignité humaine sur l’autel du profit.

Nous les citoyens enfin réveillés par la pauvreté et le désespoir qui frappent les plus fragiles d’entre nous - pensionnés, allocataires sociaux ou travailleurs pauvres - et qui menacent ce qu’il nous reste encore de classes moyennes, d’entrepreneurs et d’indépendants que l’on traie comme des vaches à lait, nous voulons que soient purement et simplement annulées les dettes publiques générées par ce système malade dont nous ne voulons plus. Nous refusons que nos impôts, nos efforts, nos ressources continuent d’alimenter ce puits sans fond. Nous voulons retrouver le pouvoir de battre monnaie et nous affranchir des directives qui nous sont imposées par cette Union Européenne qui s’est construite contre le consentement de la majorité des citoyens consultés par référendum, sans parler de ceux dont le pays d’origine n’a pas organisé de consultation populaire.

(*) Ce que les banques islamiques accomplissent avec succès en refusant la pratique de l’usure pour des motifs religieux, nous pouvons l’accomplir pour des raisons citoyennes.

Pour conclure

Nous attirons votre attention sur le fait que même si parvenons à relocaliser nos emplois, les technologies de pointe et les machines ont remplacé le travail de l’homme dans un nombre croissant de domaines. Elles permettent de produire plus, plus vite, moins cher et, pour ces raisons, elles font peur à ceux qui se demandent comment ils gagneront leur vie demain. Ceci est regrettable, car la technologie, depuis l’invention de la roue, a vocation à améliorer les conditions de vie de l’homme. Si le progrès était mis au service des citoyens plutôt qu’au service du marché, nous pourrions faire un bond quantique dans le développement des technologies aujourd’hui paralysées par des groupes d’intérêts qui sont les premiers bénéficiaires de ce système.

Nous possédons déjà les connaissances pour affranchir l’humanité de ses besoins en énergies fossiles et nucléaire, et pour produire et acheminer l’eau potable partout sur la planète à moindre coût, pour produire des fruits et des légumes, de la banquise jusqu’au désert. La pauvreté n’existe sur notre planète qu’à cause du manque de volonté politique des pays industrialisés, soumis aux lois du marché. La pollution et le gaspillage des ressources ne sont que les tristes conséquences de ce système obsolète auquel il nous faut mettre un terme d’urgence.

Nous, les héritiers du chaos, nous avons un monde à reconstruire. Un monde où le travail ne sera plus vécu comme un asservissement, et l’absence de travail comme un drame, parce que nous aurons su repenser la manière dont l’homme de demain assurera sa survie, son éducation, son bien-être et ses vieux jours.

Nous invitons tous ceux qui veulent nous suivre sur cette voie - y compris vous, chers journalistes - à dépasser leurs peurs de l’inconnu et à poser les premières pierres pour la construction du système qui remplacera celui-ci et qui, avec ou sans nous, finira par s’écrouler, quand il nous aura tout pris. Nous préférons ne pas attendre que nous en soyons arrivés-là où pire encore, que pour sauver l’économie, une guerre de plus soit déclarée.

Nous remercions le footballeur Eric Cantona de nous avoir insufflé cette idée. Nous l’avons pris au mot. Les dés sont jetés. L’avenir nous dira si nous avons eu raison. (07/11/2010)

Géraldine Feuillien
41 ans, scénariste
Belgique

Yann Sarfati
24 ans, Comédien, Réalisateur
France"

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Re: Allez-vous retirer votre blé de votre compte-en-banque le 7 décembre ?

Message  BouffonVert72 le Mer 8 Déc - 20:09

http://www.lepost.fr/article/2010/12/08/2333242_apres-l-appel-canto-ils-invitent-les-gens-a-changer-de-banque.html#xtor=AL-235

lepost.fr a écrit:

08/12/2010 à 15h43 - mis à jour le 08/12/2010 à 16h56
Violaine Domon

Après l'appel de Canto, ils invitent les gens à changer de banque


L'appel d'Eric Cantona a finalement été peu suivi.

Si l'on en croit les banques et les internautes inscrits sur la page Facebook de l'événement, il n'y a pas eu d'énorme affluence aux guichets et aux distributeurs des banques.

Mais qu'importe... Les supporters de l'ex-footballeur et les participants la manifestation pensent avoir gagné leur pari : faire réfléchir les gens sur le rôle des banques.

D'ailleurs, le collectif "Sauvons les riches" en a profité pour faire buzzer le site web Jechangedebanque.org.

Leur message : retirer son argent c'est bien. Mais pour en faire quoi ?
Et le collectif d'orienter les internautes vers des établissements bancaires qu'il juge "responsables", à savoir la Nef (nouvelle économie fraternelle), le Crédit coopératif et la Banque Postale.

Mais sur quels critères ces banques ont-elle été choisies ? Quel est le but de l'opération ?

Sur Le Post, Pascal Canfin, eurodéputé Europe Ecologie - Les Verts, et soutien du mouvement, explique l'objectif du site.

Que pensez-vous de l'appel au bankrun d'Eric Cantona ?
"Il pose une question fondamentale : à quoi sert notre argent quand on le dépose sur son compte bancaire ? C'est constructif de s'interroger. Mais son appel se heurtait à 2 problèmes : que fait-on de son argent après l'avoir retiré de la banque ? Pas pensable de le garder à la maison. Ensuite, ça ne sert à rien de convoquer cet appel un jour précis. De nombreuses personnes avaient autre chose à faire hier..."

Quelle alternative propose le site Jechangedebanque.org alors ?
"On propose aux gens non pas de quitter définitivement les banques mais d'en changer, d'en trouver une qui soit plus responsable. Et on met en place un calendrier pour que les internautes disent quand ils vont quitter leur banque, pourquoi, comment... et médiatiser le tout."

Une banque "plus responsable", c'est quoi pour vous ?
"Notre classement n'est pas manichéen, d'un côté les banques éthiques et de l'autre les autres... Mais nous avons identifié les 3 banques les plus responsables : la Nef, le Crédit coopératif et la Banque Postale."

Sur quels critères basez-vous votre classement ?
"D'abord sur la politique d'investissement de ces établissements. La Nef, par exemple, finance des projets qui misent sur le développement durable, l'emploi non délocalisable, etc... Ensuite sur la présence ou non des banques dans les paradis fiscaux. La Banque postale, par exemple, n'est présente qu'au Luxembourg, contrairement à d'autres qui ont des centaines de fililales dans des paradis fiscaux, comme BNP-Paribas."

Le Crédit coopératif, que vous citez, est membre du groupe BPCE (Banque Populaire - Caisse d'épargne)...
"C'est vrai. Mais le Crédit coopératif prend ses décisions d'investissement de manière autonome."

Le fait qu'une banque fonctionne sur un modèle coopératif est-il un gage de "responsabilité" ?
"Non. Le statut n'est pas suffisant. La Nef et le Crédit coopératif fonctionnent sur ce modèle-là. Mais les Banques populaires ou le Crédit mutuel ou les Caisses d'épargne aussi. Mais ces banques-là ont beaucoup investi sur les marchés financiers, elles ont joué à l'économie-casino..."

Et si les clients veulent changer de banque, ils peuvent trouver tous les produits qu'ils veulent dans les banques citées ?
"Oui. J'ai moi-même un compte à la Nef. On peut avoir un compte courant, une carte bleue, un chéquier et des produits d'épargne comme des livrets, à rentabilité modérée. Par contre, pas de prêt à la consommation à la Nef. Elle n'offre que les fonctions bancaires de base. Et je ne vous promets pas que le Crédit coopératif offre forcément les meilleurs taux du marché..."

Et vous, prêts à changer de banque ?


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Re: Allez-vous retirer votre blé de votre compte-en-banque le 7 décembre ?

Message  nico37 le Dim 6 Mar - 14:48

Robin des banques ou cocu du capital ?

C’est commode. Comme le purin annonce l’élevage de cochons, la banque représente le guichet le plus visible du système. Et le salariat est la condition d’existence des exploités comme l’herbe est la condition d’existence des vaches. Sans notre salaire, nous survivons à peine. Faut-il alors lui préférer la petite entreprise ?

Depuis les tentatives du 19ème siècle pour « vivre ensemble autrement », les communautés et autres phalanstères se sont essayés à la production directe de leurs conditions d’existence. Pourtant, face à ce « déchaînement de forces critiques » apparent, l’exploitation capitaliste a tenu bon. Flûte, alors ! Peut-être que la production vivrière réduit un peu de l’exploitation, mais cela n’est ni un en-dehors du système, ni une révolution du monde marchand.

J’ai bien écouté. Enrique Duran-Giralt affirme « nous pouvons vivre sans le capitalisme » mais cette galéjade ne se résume qu’à un programme de décroissance. Bien sûr, l’action individuelle d’insoumission à la banque paraît retrouver les projets activistes des Jules Bonnot et autres anarchistes. C’est ce que le mensuel CQFD a encensé en parlant de « robin des banques ». Assez des amnésiques ! L’illégalisme, lui, ne s’est jamais proposé à la reconstruction d’un système d’échange, nommé pour la bonne cause, alternatif ou social. Bien au contraire, les emprunts effectués par Duran l’entraînent désormais à rester pauvre pour ne plus être solvable, c'est-à-dire pour ne pas rembourser la dette contractée.

Toutefois, le projet de Duran a peut-être quelques mérites. Dans un premier temps, il a utilisé une stratégie d'expropriation bien connue des anarchistes, même si elle ne mettra jamais à nu le capitalisme en soi. Cette manière permet de se doter des moyens pour prendre la parole. En s'associant par groupes d'affinité, les personnes peuvent développer leur colère et même s'aventurer à de nouvelles résistances.

Mais, la stratégie de Duran est incroyablement modeste au mieux, caricaturale au pire. Il ne parle plus que d’argent et de petit commerce. On se fourvoie ici. Son objectif réel est seulement de prétendre diminuer sa dépendance au capitalisme. Réduire sa dépendance n'est pas résister, c’est admettre la misère et le mercantilisme. Cette illusion de la décroissance n'a, au bout du compte, qu'une visée anti-productiviste. Elle brigue alors maladroitement de refaire un nouveau monde marchand, avec la défense du petit commerce et la morale de la pauvreté volontaire en mire.

C’est ballot. Le monde marchand ne va pas s’écrouler parce que des pauvres vont s'échanger des services et de la monnaie. Sinon il suffirait de vivre dans la misère d'une économie vivrière pour voir s’effondrer le système. Il suffirait de refuser les miettes, de vivre sans aucun des minuscules acquis sociaux, congés, sécu, retraite, rsa obtenus lutte après lutte. Le capitalisme aussi tolère ses solidarités. Mais la marchandise a besoin de garder des pauvres, même petits entrepreneurs vivriers. Se prétendre en dehors de l'économie marchande, c'est donner le faux espoir d'une préexcellence des membres d’une communauté par rapport à des exploités qui seraient, eux, davantage soumis et malvoyants. C’est une idée aveugle, une idée de cocu.

Car enfin, le capitalisme n'est pas une somme d'argent qui stagne et il est capable d'absorber des déficits autrement plus importants que la perte de quelques millions. Le capitalisme est précisément l’art de la dette. Rappelez-vous. Il y en eut pour commander de retirer le petit pécule de son compte, mais il faut être bien naïf pour penser qu’un découvert bancaire intimide le monde marchand. Faire croire qu’organiser des coopératives ou des opérations mutualistes peut nous sortir de l’économie marchande est une aberration qui n’empêche évidemment rien du rapport d’exploitation des autres. Pire, c’est annoncer péremptoirement que ceux qui n’admettraient pas la prétendue « économie solidaire» seraient eux-mêmes responsables de la continuité des saloperies du vieux monde, que les pauvres seraient des collaborateurs du monde marchand. Cette incroyable arrogance est, au mieux une illusion de bobos malvoyants, au pire un vandalisme des idées libertaires…

Non, le capitalisme n’est pas un système mal organisé qu’il suffirait d’aménager, c'est fondamentalement un rapport social d'exploitation. Il faut le redire. Il n'y a évidemment pas d'en dehors au rapport marchand. L’argent, l’économie, la monnaie « sociale » ou autre pitrerie parle toujours d’économiser nos vies. L’économie n’est que le langage de la marchandise.

Cornegidouille ! Non, il ne s'agit pas d'économiser la misère de l’exploitation, mais de changer le monde. À bas la marchandise, à bas le salariat, à bas notre condition d’existence d’exploité.


Thierry Lodé, professeur d'écologie évolutive

Article paru dans No Pasaran numéro 82 et dans Et alors numéro 9

nico37

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Re: Allez-vous retirer votre blé de votre compte-en-banque le 7 décembre ?

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