Normale Sup'
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Normale Sup'
Des étudiants bloquent Normale Sup pour défendre les précaires
Par David Perrotin | Journaliste | 09/11/2010 | 15H37
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Lundi n'était pas un jour comme les autres au 45 rue de l'Ulm, adresse de la prestigieuse Ecole normale supérieure (ENS). La future élite française a en effet décidé, à 5h30 du matin, de bloquer l'établissement. Cantine, bureau de la direction, bibliothèque sont inaccessibles. Des banderoles décorent la façade et posent une question : « Et si enfin on s'insurgeait ? »
En cause, le droit du travail, le « harcèlement moral et physique » dont se plaignent certains salariés, le sous-effectif dans certaines activités d'entretien et de maintenance et les faibles salaires des agents contractuels (détenteurs d'un CDD) de l'établissement.
Ce mouvement normalien, qui mêle étudiants, techniciens du CNRS et employés de maintenance, est né il y a plus de deux semaines, et s'est substitué à la mobilisation contre la réforme des retraites.
La direction envoie un huissier, sommé de montrer sa carte
L'occasion de vifs (et drôles) échanges entre les étudiants et
l'administration, comme lorsqu'un huissier déboule pour constater le blocage de la
cantine. (Voir la vidéo, les visages ont été floutés à la demande des bloqueurs)
Une étudiante en sciences sociales, qui préfère rester anonyme par peur de représailles de la direction, résume la raison de sa présence à l'assemblée générale, organisée à midi et qui rassemblait une centaine de personnes :
« Nous sommes réunis et déterminés à poursuivre le blocage pour plusieurs raisons : onze employés travaillent depuis de nombreuses années et n'ont toujours qu'un contrat à durée déterminé (CDD).
Nous pensons que c'est inadmissible, et encore plus lorsque l'employeur est une école aussi réputée que Normal Sup. »
« J'accumule des CDD qui ne durent pas plus de dix mois »
En effet, certains employés -des jardiniers, des cuisiniers, le personnel de la bibliothèque et d'autres encore- travaillent depuis environ dix ans pour l'ENS et n'ont toujours pas de contrats à durée indéterminée.
Un cuisinier, ému par la solidarité étudiante et furieux contre la direction, témoigne :
« Je travaille ici depuis 2005 et j'accumule les CDD qui ne durent pas plus de dix mois. Aujourd'hui, j'ai cinquante ans et j'ai peur pour mon avenir.
Je dois faire face à ma banque qui me dit que je n'ai pas le droit d'obtenir un crédit, ni d'obtenir un logement parce que je n'ai pas de contrat de travail solide. Mais grâce au blocage et au mouvement solidaire, je me sens plus fort. »
Les étudiants, plutôt inexpérimentés mais de mieux en mieux organisés, ont mis en place une caisse solidaire des grévistes salariés pour compenser leurs jours de grève (elle s'élevait à 1 200 euros mardi). Le blocage des locaux a également une visée solidaire : les employés sont empêchés d'accéder à leur lieu de travail, sans qu'ils soient obligés de se déclarer gréviste.
Un étudiant explique :
« Nos revendications ne s'arrêtent pas au CDI. Nous voulons aussi qu'ils aient une augmentation de salaire. Nous, étudiants, sommes payés pour la plupart 1 380 euros quand les employés qui font un travail très dur ne perçoivent que 1 100 euros par mois, 1 300 euros pour ceux avec deux enfants. » (Voir la vidéo)
Les étudiants ont envoyé à la direction, il y a une semaine, une lettre détaillant les raisons de leur contestation. Ils exigent la titularisation et le passage en CDI des contrats précaires, l'augmentation des salaires et des effectifs et un accès au logement facilité pour les travailleurs contractuels.
La directrice, Monique Canto-Sperber, n'a pas voulu céder aux revendications, comme l'a rappelé Coralie Waluga, secrétaire générale de l'ENS, à l'assemblée générale :
« Nous donnerons la même réponse que la semaine dernière. S'agissant de notre politique pour les contractuels [salariés en CDD, ndlr], nous organiserons une réunion mi-novembre pour étdier les statuts de certains agents.
Nous acceptons d'ores et déjà d'embaucher une nouvelle personne, mais toujours à contrat à durée déterminée. »
« Des contrats de droit public »
Les étudiants sont furieux et remettent en cause le recrutement d'un nouveau contractuel qui ne fait que « rajouter de la précarité à la précarité, ce qui ne sert à rien ». Coralie Waluga précise :
« Les étudiants et employés réunis aujourd'hui, ne font pas la différence entre le droit privé et le droit public.
Nous délivrons des contrats de droit public, rien ne nous empêche donc, de renouveler plusieurs fois des CDD. On ne peut d'ailleurs pas accorder à ces personnes, des CDI car la loi nous l'interdit. »
Désabusés, les étudiants souhaitent contacter l'inspection du travail et certains syndicats pour vérifier la véracité de ces propos.
Des cas de harcèlement physique et moral
Les revendications ne se limitent pas aux contrats de travail ni à l'augmentation des salaires. En effet, plusieurs employés rencontrés et qui veulent tous conserver leur anonymat se plaignent de harcèlement moral et physique de la part de leur hiérarchie.
Une technicienne du CNRS détaille son long combat pour que l'administration reconnaisse comme accident du travail le harcèlement moral qu'elle a subit.
« Mon directeur voulait me mettre à la porte pour des raisons politiques, mais de nombreux chercheurs m'ont soutenus. J'ai reçu de nombreuses menaces à propos du soi-disant devoir de réserve qui nous est imposé.
La direction faisait courir la rumeur selon laquelle j'étais folle. Je suis tombée malade et grâce notamment à la CGT, j'ai obtenu le statut d'accidentée du travail. »
Accusations d'insultes, d'humiliations et de violences
Un employé de la restauration assure qu'il s'était fait insulter et humilier par son chef. Il a rendez-vous dès demain avec son avocat pour entamer une
procédure judiciaire. Un de ses collègues se serait même, selon lui, fait « casser les dents » par son supérieur.
« Il a été violemment frappé, mais la direction de l'ENS a masqué l'affaire en accident du travail et lui a promis des compensations financières. »
Questionné sur ces nombreuses accusations de harcèlement physique et moral, la secrétaire générale minimise le problème :
« Il y a une employée du restaurant, en effet, qui nous a alertés à ce sujet. La plainte a cependant été classée sans suite par le procureur. Nous ne sommes donc à ce jour pas mis en cause. Et nous ne pouvons pas être responsables ni de l'interprétation de certains employés, ni de leur instrumentalisation. »
Menacés, les étudiants restent mobilisés
Les étudiants et les employés craignent les représailles de la direction. Leur statut de fonctionnaires ne semble pas les rassurer. Ils ont décidé lundi après-midi de continuer à bloquer l'accès à la cantine.
Alors que des membres du secrétariat prenaient en photo les étudiants bloqueurs pour « conserver des traces internes de ce mouvement », la direction a décidé d'envoyer une dizaine de policiers à 18 heures.
La directrice a également porté plainte et a rappelé, par l'intermédiaire de Coralie Waluga, que « l'administration se réserve le droit de retirer 1/30e du salaire des employés grévistes ».
Craignant des poursuites judiciaires, les jeunes bloqueurs ont préféré quitter les lieux. Cinq courageux sont tout de même restés dormir à l'ENS pour relancer le mouvement mardi matin.
Tous restent cependant déterminés à poursuivre ce mouvement solidaire et peu commun, jusqu'à « faire céder la direction » et empêcher, comme on peut le lire sur les murs, « l'exploitation des travailleurs ».
http://www.rue89.com/2010/11/09/des-etudiants-bloquent-normale-sup-pour-defendre-les-salaries-en-cdd-175168
Par David Perrotin | Journaliste | 09/11/2010 | 15H37
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En cause, le droit du travail, le « harcèlement moral et physique » dont se plaignent certains salariés, le sous-effectif dans certaines activités d'entretien et de maintenance et les faibles salaires des agents contractuels (détenteurs d'un CDD) de l'établissement.
Ce mouvement normalien, qui mêle étudiants, techniciens du CNRS et employés de maintenance, est né il y a plus de deux semaines, et s'est substitué à la mobilisation contre la réforme des retraites.
La direction envoie un huissier, sommé de montrer sa carte
L'occasion de vifs (et drôles) échanges entre les étudiants et
l'administration, comme lorsqu'un huissier déboule pour constater le blocage de la
cantine. (Voir la vidéo, les visages ont été floutés à la demande des bloqueurs)
Une étudiante en sciences sociales, qui préfère rester anonyme par peur de représailles de la direction, résume la raison de sa présence à l'assemblée générale, organisée à midi et qui rassemblait une centaine de personnes :
« Nous sommes réunis et déterminés à poursuivre le blocage pour plusieurs raisons : onze employés travaillent depuis de nombreuses années et n'ont toujours qu'un contrat à durée déterminé (CDD).
Nous pensons que c'est inadmissible, et encore plus lorsque l'employeur est une école aussi réputée que Normal Sup. »
« J'accumule des CDD qui ne durent pas plus de dix mois »
En effet, certains employés -des jardiniers, des cuisiniers, le personnel de la bibliothèque et d'autres encore- travaillent depuis environ dix ans pour l'ENS et n'ont toujours pas de contrats à durée indéterminée.
Un cuisinier, ému par la solidarité étudiante et furieux contre la direction, témoigne :
« Je travaille ici depuis 2005 et j'accumule les CDD qui ne durent pas plus de dix mois. Aujourd'hui, j'ai cinquante ans et j'ai peur pour mon avenir.
Je dois faire face à ma banque qui me dit que je n'ai pas le droit d'obtenir un crédit, ni d'obtenir un logement parce que je n'ai pas de contrat de travail solide. Mais grâce au blocage et au mouvement solidaire, je me sens plus fort. »
Les étudiants, plutôt inexpérimentés mais de mieux en mieux organisés, ont mis en place une caisse solidaire des grévistes salariés pour compenser leurs jours de grève (elle s'élevait à 1 200 euros mardi). Le blocage des locaux a également une visée solidaire : les employés sont empêchés d'accéder à leur lieu de travail, sans qu'ils soient obligés de se déclarer gréviste.
Un étudiant explique :
« Nos revendications ne s'arrêtent pas au CDI. Nous voulons aussi qu'ils aient une augmentation de salaire. Nous, étudiants, sommes payés pour la plupart 1 380 euros quand les employés qui font un travail très dur ne perçoivent que 1 100 euros par mois, 1 300 euros pour ceux avec deux enfants. » (Voir la vidéo)
Les étudiants ont envoyé à la direction, il y a une semaine, une lettre détaillant les raisons de leur contestation. Ils exigent la titularisation et le passage en CDI des contrats précaires, l'augmentation des salaires et des effectifs et un accès au logement facilité pour les travailleurs contractuels.
La directrice, Monique Canto-Sperber, n'a pas voulu céder aux revendications, comme l'a rappelé Coralie Waluga, secrétaire générale de l'ENS, à l'assemblée générale :
« Nous donnerons la même réponse que la semaine dernière. S'agissant de notre politique pour les contractuels [salariés en CDD, ndlr], nous organiserons une réunion mi-novembre pour étdier les statuts de certains agents.
Nous acceptons d'ores et déjà d'embaucher une nouvelle personne, mais toujours à contrat à durée déterminée. »
« Des contrats de droit public »
Les étudiants sont furieux et remettent en cause le recrutement d'un nouveau contractuel qui ne fait que « rajouter de la précarité à la précarité, ce qui ne sert à rien ». Coralie Waluga précise :
« Les étudiants et employés réunis aujourd'hui, ne font pas la différence entre le droit privé et le droit public.
Nous délivrons des contrats de droit public, rien ne nous empêche donc, de renouveler plusieurs fois des CDD. On ne peut d'ailleurs pas accorder à ces personnes, des CDI car la loi nous l'interdit. »
Désabusés, les étudiants souhaitent contacter l'inspection du travail et certains syndicats pour vérifier la véracité de ces propos.
Des cas de harcèlement physique et moral
Les revendications ne se limitent pas aux contrats de travail ni à l'augmentation des salaires. En effet, plusieurs employés rencontrés et qui veulent tous conserver leur anonymat se plaignent de harcèlement moral et physique de la part de leur hiérarchie.
Une technicienne du CNRS détaille son long combat pour que l'administration reconnaisse comme accident du travail le harcèlement moral qu'elle a subit.
« Mon directeur voulait me mettre à la porte pour des raisons politiques, mais de nombreux chercheurs m'ont soutenus. J'ai reçu de nombreuses menaces à propos du soi-disant devoir de réserve qui nous est imposé.
La direction faisait courir la rumeur selon laquelle j'étais folle. Je suis tombée malade et grâce notamment à la CGT, j'ai obtenu le statut d'accidentée du travail. »
Accusations d'insultes, d'humiliations et de violences
Un employé de la restauration assure qu'il s'était fait insulter et humilier par son chef. Il a rendez-vous dès demain avec son avocat pour entamer une
procédure judiciaire. Un de ses collègues se serait même, selon lui, fait « casser les dents » par son supérieur.
« Il a été violemment frappé, mais la direction de l'ENS a masqué l'affaire en accident du travail et lui a promis des compensations financières. »
Questionné sur ces nombreuses accusations de harcèlement physique et moral, la secrétaire générale minimise le problème :
« Il y a une employée du restaurant, en effet, qui nous a alertés à ce sujet. La plainte a cependant été classée sans suite par le procureur. Nous ne sommes donc à ce jour pas mis en cause. Et nous ne pouvons pas être responsables ni de l'interprétation de certains employés, ni de leur instrumentalisation. »
Menacés, les étudiants restent mobilisés
Les étudiants et les employés craignent les représailles de la direction. Leur statut de fonctionnaires ne semble pas les rassurer. Ils ont décidé lundi après-midi de continuer à bloquer l'accès à la cantine.
Alors que des membres du secrétariat prenaient en photo les étudiants bloqueurs pour « conserver des traces internes de ce mouvement », la direction a décidé d'envoyer une dizaine de policiers à 18 heures.
La directrice a également porté plainte et a rappelé, par l'intermédiaire de Coralie Waluga, que « l'administration se réserve le droit de retirer 1/30e du salaire des employés grévistes ».
Craignant des poursuites judiciaires, les jeunes bloqueurs ont préféré quitter les lieux. Cinq courageux sont tout de même restés dormir à l'ENS pour relancer le mouvement mardi matin.
Tous restent cependant déterminés à poursuivre ce mouvement solidaire et peu commun, jusqu'à « faire céder la direction » et empêcher, comme on peut le lire sur les murs, « l'exploitation des travailleurs ».
http://www.rue89.com/2010/11/09/des-etudiants-bloquent-normale-sup-pour-defendre-les-salaries-en-cdd-175168

Gauvain- Messages: 759
Date d'inscription: 23/06/2010
Localisation: 75/78
Re: Normale Sup'
article de l'Huma :
http://humanite.fr/09_11_2010-pas-de-retour-%C3%A0-la-normale-rue-d%E2%80%99ulm-457494
article du CIP :
http://www.cip-idf.org/article.php3?id_article=5371
Un lien vers le journal de la mobilisation :
https://docs.google.com/fileview?id=0Byz1HBBjSyvQZWYzYzBmMmMtMWYzNi00OTkyLTg5YjctZmM5Mzg3M2EwMWNi&authkey=CK3UudoL&hl=en
Et l'article du Monde d'aujourd'hui :
Pas de retour à la normale rue d’Ulm
La retraite a mis le feu à l’École normale supérieure, où les étudiants se mobilisent pour défendre les personnels.
«Mobilisés sur les retraites, nous avons invité les personnels en assemblée générale pour évoquer ce sujet, raconte Julien. Mais ils nous ont répondu qu’ils ne pouvaient pas venir, que c’était risqué. Beaucoup d’entre eux sont précaires… » Voilà comment les étudiants de l’École normale supérieure, à Paris, ont pris conscience des difficiles conditions réservées aux employés de leur prestigieuse école et se sont mis en grève pour les défendre.
Arthur travaille à la cantine depuis quatre ans et demi en CDD. Dix autres cantiniers partagent cette précarité. « Des fois, on nous dit que notre contrat ne sera pas prolongé. » Contractuel, il ne touche qu’un salaire de 1 180 euros, comme des bibliothécaires. « Nous demandons que les personnels puissent gagner au moins autant que les étudiants », précise l’un d’eux, Sandro Franceschi, soit 1 300 euros par mois. C’est ce que gagne Georges Chaimbault, le jardinier, mais au bout de vingt ans de carrière. Il demande donc une augmentation.
La directrice Monique Canto-Sperber se défend en évoquant le régime de la fonction publique : « Un concours est nécessaire pour titulariser ces personnels qui relèvent de la catégorie B ou C des fonctionnaires. » Le normalien Hubert conteste : « Elle pourrait demander des postes de ce type, mais elle a dit clairement qu’elle “préfère recruter des profs à des cuistos”, ce qui atteste de son mépris social. »
La centaine d’étudiants réunis en AG lundi et mardi n’est pas, selon elle, légitime à défendre les salariés. Sa décision de fermer les sites ne favorise pas, il est vrai, la participation de ceux-ci aux différentes actions. Pour lui rendre la pareille, un blocage est prévu aujourd’hui. Les élèves de Normale espèrent une mobilisation supérieure.
Pierre Duquesne
http://humanite.fr/09_11_2010-pas-de-retour-%C3%A0-la-normale-rue-d%E2%80%99ulm-457494
article du CIP :
Blocage à Normale sup’ contre la précarité
À l’inverse de la plupart des scolarisés, chômeurs et précaires, le normalien se voit verser un salaire (de 1340e) - sans CDI ni CDD - pour suivre une formation. La disproportion entre le possible (étudier ou chômer payé) et le réel (turbiner pour l’€tat et ses institutions, les €ntreprises, etc. pour des queues de cerises et l’inquiétude permanente) n’est pas vouée à rester constamment inaperçue, comme le montre l’action en cours à l’école normale.
Cela fait trois jours que l’ENS, rue d’Ulm, est bloquée.
Les personnels, étudiantEs et maintenant les profs revendiquent l’amélioration des conditions de travail (Cdd, harcèlement, menaces, salaires bloqués) des personnels, qui sont actuellement vraiment dégueulasses.
Il est important que cette mobilisation soit relayée un peu partout, et surtout, nous aurions besoin du soutien de personnes extérieures !
Deux rendez-vous, lundi prochain, 15 novembre :
- 15 h : réunion d’information avec le maximum de personnes (personnels, étudiantEs, et professeurEs de tous les établissements universitaires de Paris et d’ailleurs !) ;
- 17 h : rassemblement devant l’ENS. Amenez de quoi manger !
Précisons que le lendemain, mardi 16 novembre, se tiendra une commission présidée par la direction, sur la possibilité de mettre en place des primes pour les contractuelLEs. Cette commission est la seule réponse donnée par la direction (la directrice de l’E.N.S, libérale et... platonicienne, Monique Canto-Sperber), ce qui montre bien le mépris vis-à-vis des revendications et des personnes qui les portent !
Merci de diffuser ce message autour de vous, dans vos AG et ailleurs.
La lutte continue.
Lundi 8, Mardi 9 et Mercredi 10 novembre, la majeure partie des services de l’ENS ont été perturbés : la cantine, les cuisines, la bibliothèque, les ateliers, les bureaux de la direction...
Une partie du personnel (dont les femmes de ménage et les jardiniers) s’est également mise en grève.
Nous dénonçons par ces actions les conditions de travail inacceptables d’une grande partie des personnels contractuelLEs de l’ENS : CDD à répétition (souvent pendant plusieurs années), salaires bloqués à 1100€ par mois, absence de promotions, harcèlement moral.
Ces personnes ont expliqué lors de nos réunions qu’elles n’osaient pas se mettre en grève ni se mobiliser pour améliorer leur situation, par peur de représailles, qui se sont déjà produites en des circonstances similaires.
*****************
Nous avons élaboré ensemble une liste de revendications, qui a été portée à la direction (en leur accordant un délai de réflexion d’une semaine) :
- la titularisation des personnels précaires - ou au minimum un CDI pour toutes et tous ;
- l’augmentation de 300€ des salaires des personnels - afin qu’aucun de leur salaire ne soit inférieur à celui des normaliens ;
- l’augmentation des effectifs pour mettre fin à la surcharge de travail ;
- la facilitation de l’accès au logement ;
- la cessation immédiate de toutes les violences physiques et morales exercées par leur hiérarchie ;
Jusqu’à présent, trois réponses nous ont été données :
- « l’impossibilité » de satisfaire nos revendications, en particulier sur les contrats précaires
- la création d’une « commission de réflexion » pour améliorer les conditions des contractuels (qui devait se réunir le 23 novembre, finalement avancée au 16)
- la création d’un poste en cuisine (il s’agira bien sûr d’un nouveau contrat précaire)
Elles ont été jugées insuffisantes par les Assemblées Générales qui ont suivi les différentes rencontres avec l’administration.
Nous insistons sur le fait que la direction refuse catégoriquement de remettre en question les contrats précaires, et *assume leur existence*, en se réclamant de la réglementation sur le sujet.
*****************
Nous ne nous laisserons pas décourager, malgré les pressions de la direction, les menaces nominatives et la présence de policiers en civil dans l’École. (sans parler de la "tactique" plutôt étrange de la direction qui a décidé, le 9, de bloquer elle-même certains lieux de l’École : Cour aux Ernests, Salle informatique, Service courrier et... bibliothèques)
La direction ne nous a pas laissé le choix ; le blocage s’est avéré être la seule solution pour faire entendre ces revendications et pour que les personnels puissent s’exprimer sans subir des pressions individuelles.
*****************
AFIN QUE CES SITUATIONS INACCEPTABLES SOIENT CONNUES PAR TOUS ET TOUTES, NOUS VOUS CONVIONS LUNDI PROCHAIN (15 NOVEMBRE), À UNE RÉUNION D’INFORMATION AVEC LES PERSONNELS, À 15H, EN SALLE DUSSANE *
Cessons d’accepter les drames qui se jouent ici quotidiennement !
LE COMITÉ DE MOBILISATION.
Quelques liens et informations complémentaires, à toutes fins utiles :
- Blocage, le journal de comité de mobilisation
- un article publié sur "Rue89" sur la situation à l’ENS
- le journal "Le Parisien" nous a également consacré un article en page 4 de son édition du 9, intitulé « En CDD depuis 10 ans à Normale Sup’ »
- nous faisons actuellement circuler une pétition de soutien à nos revendications dans l’École, qui compte déjà plus de 300 signatures."
- un article publié dans l’Humanité
http://www.cip-idf.org/article.php3?id_article=5371
Un lien vers le journal de la mobilisation :
https://docs.google.com/fileview?id=0Byz1HBBjSyvQZWYzYzBmMmMtMWYzNi00OTkyLTg5YjctZmM5Mzg3M2EwMWNi&authkey=CK3UudoL&hl=en
Et l'article du Monde d'aujourd'hui :
L'Ecole normale supérieure de la rue d'Ulm teste la grève par procuration
Personnels, étudiants en lutte des classes ", pouvait-on lire mercredi 10 novembre au frontispice de la prestigieuse Ecole normale supérieure (ENS) de la rue d'Ulm, à Paris. Drôle d'ambiance dans ce temple du savoir, le jour même où la commission d'examen des candidatures retient le nom de l'actuelle directrice, la philosophe Monique Canto-Sperber, pour un second mandat de direction de cinq ans.
Rue d'Ulm, la mobilisation contre la réforme des retraites a pris une tournure assez particulière. Dès le 28 octobre la mobilisation étudiante, faible à l'ENS, s'est orientée sur les contrats précaires. Ce jour-là, les étudiants bloquent les cuisines, créent une caisse de grève pour les jardiniers, et rédigent leurs revendications sur le statut précaire des personnels. Difficile, en effet, de porter des revendications étudiantes, dans une école où ceux-ci reçoivent un salaire brut d'environ 1 500 euros.
Dix jours plus tard, alors que le mouvement agonise dans les universités, des étudiants et personnels de l'ENS persistent. " Nous, ce qu'on demande, c'est pas grand-chose, c'est simplement un CDI ", explique Hamid, en contrat précaire depuis 2005 au " Pot " - la cafétéria de l'ENS. " On a découvert leur situation lorsque les employés nous ont dit qu'ils ne pouvaient pas se mettre en grève à cause de leur statut de contractuels, explique Léa, étudiante. C'est pour ça qu'on a décidé de tout bloquer. "
Logique rigoureuse
Mercredi matin, une assemblée générale (AG) réunit une petite centaine de personnes à la cantine. Des chaînes ont été installées par l'administration aux issues de secours. " On n'interdit pas aux gens d'aller à l'AG, on leur interdit juste d'entrer dans la cantine ", explique une responsable. Conflit ou pas, la logique la plus rigoureuse continue de prévaloir dans ce haut lieu de la pensée.
Presque philosophiques, les discussions de l'assemblée s'orientent rapidement sur le concept de " grève par procuration ". Il s'agit de bloquer les services pour permettre aux membres du personnel d'être en " grève " sans prise de risque ni perte de salaire. " Bloquez la cabane, et nous, on est couverts ", résume un des jardiniers. Une stratégie qui n'empêche pas les pressions, selon Maya, une précaire. " Si vous allez en AG, vous êtes considéré comme gréviste ", l'auraient menacée ses supérieurs hiérarchiques.
Après une tentative de rencontre, mercredi 3 novembre, entre salariés et direction, le dialogue est quasi rompu. Depuis lundi 8, chaque camp reste sur ses positions. D'un côté, les blocages de services se multiplient, de l'autre, la direction fait venir des huissiers pour faire constater les occupations, et renforce les effectifs des vigiles.
A quelques jours de sa nomination pour un second mandat, Monique Canto-Sperber minimisait l'étendue du conflit. " Ce sont très peu d'élèves qui font beaucoup d'agitation ", s'insurgeait-elle. Et de rappeler son problème : " si je crée des postes de jardiniers ou de cuisiniers, il me faut supprimer des postes de professeurs, mais dans ce cas-là, c'est l'ENS qui change d'orientation ".
Mathieu Gaulène

Gauvain- Messages: 759
Date d'inscription: 23/06/2010
Localisation: 75/78
Re: Normale Sup'
Les élèves de Normale défendent les précaires
Les blocages continuent pour dénoncer les conditions de travail des personnels.
Les élèves multiplient les actions depuis le 28 octobre.
Les élèves multiplient les actions depuis le 28 octobre.
Photo : DR
Depuis le 28 octobre, les élèves et les personnels contractuels ont engagé un bras de fer avec la direction de l’Ecole normale supérieure (ENS) pour dénoncer les conditions de travail précaires de certains agents et salariés (jardiniers, cuisiniers, personnels de la bibliothèque...).
“Les CDD à répétition, parfois depuis plus de dix ans, les salaires bloqués à 1 180 euros pour les agents contractuels alors que les élèves touchent 1 300 euros, l’absence de promotions et les harcèlements en tous genres sont inadmissibles", dénonce Guillaume, étudiant affilié à SUD.
En quinze jours, pourtant, presque rien n’a bougé. La direction fait valoir le régime de la fonction publique... Et porte plainte. “On nous a fait savoir que deux plaintes ont été déposées : une pour 'dégradation', lorsque nous avions collé des affiches et des banderoles, et l’autre pour 'utilisation frauduleuse du matériel', parce qu’on s’était fait un café dans la cuisine lors d’un blocage.”
Un nouveau rassemblement est organisé lundi soir, à 17 heures, devant la prestigieuse école du 45, rue d’Ulm (Ve) et une réunion est prévue mardi avec des représentants de la direction.
http://www.metrofrance.com/metro-paris/les-eleves-de-normale-defendent-les-precaires/mjkn!cGe1yXhJ506/
A noter, des alliés inattendus :
http://www.lemonde.fr/societe/article/2010/11/12/le-gouvernement-veut-reprendre-les-concertations-sur-la-precarite-dans-la-fonction-publique_1438946_3224.html

Gauvain- Messages: 759
Date d'inscription: 23/06/2010
Localisation: 75/78
Re: Normale Sup'
Et hop ! En une de L'Huma :
http://humanite.fr/sites/default/files/toutehuma/une/hq_2010-11-17.pdf
http://humanite.fr/sites/default/files/toutehuma/une/hq_2010-11-17.pdf

Gauvain- Messages: 759
Date d'inscription: 23/06/2010
Localisation: 75/78
Re: Normale Sup'
Dans L'Huma, toujours :
http://humanite.fr/16_11_2010-paris-rue-d%E2%80%99ulm-les-invisibles-de-normale-sup%E2%80%99-sortent-%C3%A0-la-lumi%C3%A8re-457909
http://humanite.fr/18_11_2010-la-lutte-se-poursuit-%C3%A0-l%E2%80%99ecole-normale-sup%C3%A9rieure-458048
Normalement, il y a aussi un articulet dans le Tout est à nous de ce jour.
Paris, rue d’Ulm, les invisibles de Normale Sup’ sortent à la lumière
Les élèves de la grande école s’engagent, sur la vague des retraites, dans un conflit pour réclamer la titularisation des contractuels. «La colère n’est pas retombée, on a encore du jus !» préviennent-ils.
La loi portant sur la contre-réforme des retraites est promulguée. Les syndicats pas vraiment rangés, mais à quoi bon, puisque le gouvernement, lui, est remanié ? Voilà, c’est fini… Allez, ouste ! chacun rentre chez soi. À la célèbre École normale supérieure (ENS) de la rue d’Ulm, plusieurs centaines d’élèves consacrés, après avoir réussi le concours d’entrée, « fonctionnaires stagiaires » rémunérés 1 340 euros net pendant leurs quatre années d’études, ont pris l’ordre de dispersion au pied de la lettre : dispersion, dissémination, marcottage. Un retour à l’anormal, en somme : dans les coulisses de ce havre du savoir, temple de l’excellence républicaine française d’où sortent les meilleurs philosophes, mathématiciens, physiciens, etc., ils s’accrochent ensemble au rideau du prestige scientifique, le déchirent un peu par hasard, à l’occasion d’une assemblée générale sur les retraites, et derrière, voilà qu’ils tombent sur les invisibles, ces ombres, des précaires qui, souvent depuis des années, font tourner leur restaurant ou leurs bibliothèques, mettent des fleurs dans leurs jardins et entretiennent leurs bâtiments… Ceux-là aussi, ils sont contre le projet du gouvernement, mais comment le faire entendre quand leurs statuts les bâillonnent ?
À Normale Sup’, tous en témoignent aujourd’hui, on ne découvre pas le phénomène, bien sûr, mais là, on en mesure l’ampleur. « À la cantine, la moitié des effectifs sont des contractuels et, à la bibliothèque, il y a plus d’un tiers du personnel qui est précaire, rapporte Édouard, technicien CNRS. On n’est plus sur des systèmes dérogatoires, là, c’est devenu la norme. Et si on devait prendre en compte l’externalisation, avec tous les précaires qui travaillent pour des entreprises auxquelles l’École sous-traite telle ou telle activité, ça gonfle encore les chiffres. Selon les rapports officiels, il y a déjà 30 % des personnels employés par l’ENS qui sont contractuels. » Et tous ensemble, élèves et enseignants ont une idée : « Moins de petits-fours, plus de CDI », articulent-ils.
Ce lundi après-midi, après une semaine de blocages sporadiques mais ciblés des espaces de travail des contractuels (restaurant, bibliothèques, etc.) – afin, bien sûr, de porter les revendications des précaires sans les exposer directement aux conséquences d’une grève –, la grande école est comme un camp retranché. « En raison du plan Vigipirate », hasarde un panneau à l’accueil. Atmosphère : à toutes les entrées, trois ou quatre vigiles qui ne laissent passer que ceux qui montrent cartes blanches – celles de l’ENS ; dans les couloirs, d’autres colosses qui veillent ; et même, dans l’un des amphithéâtres, la salle Dussane, où se tient une « réunion d’information » sur le mouvement. « Pour le moment, on peut dire que la seule réponse de la direction de l’ENS, c’est de botter en touche et de mettre des vigiles partout dans l’établissement », dénonce Guillaume, représentant de SUD Étudiant. Parmi la centaine de participants, les petites mains sont là, mais d’un commun accord, elles restent sur la réserve. Leurs témoignages, de toute façon, ont été publiés dans le Blocage, la feuille de lutte. Il y a par exemple Georges, le cantonnier, qui avertit : « Si vous ne me payez pas plus, je ne ferai plus que le balayage et les poubelles… Et vos fleurs, vous ne les aurez plus ! » À la tribune, un seul d’entre les précaires prend la parole. « Je m’appelle Hamid, je suis rentré à l’ENS en 2005 ! lance l’homme en se raclant la gorge. J’ai eu un CDD quand je suis arrivé. Puis mon CDD a été renouvelé sur dix mois, puis un nouveau CDD de deux mois, et ainsi de suite. Six ans plus tard, je suis toujours en CDD. J’aimerais que ma situation change, Je voudrais remercier les élèves qui ont enclenché ce mouvement si important pour nous. On avait envie qu’il se passe quelque chose, que notre situation soit posée publiquement, mais on n’avait pas les moyens de nous révolter, on est dans l’insécurité… On ne les remerciera jamais assez, les élèves de l’ENS, c’est grâce à eux que nous pouvons sortir au grand jour et dénoncer ces situations inacceptables. »
Dans l’aile de la direction de l’ENS, alors que des discussions avec les syndicats viennent de démarrer, on pointe du doigt « un problème national qui ne concerne pas que cet établissement » et on assure qu’il n’y aura « pas de sanctions contre les précaires » dans le mouvement. « Il y a la liberté d’opinion et l’ENS. Ce n’est pas le diable, quand même ! », argue Estelle Oudot, directrice ajointe Lettres aux côtés de Monique Canto-Sperber. Pour son homologue, Yves Guldner, « il n’y a pas de postes de fonctionnaires associés aux missions des contractuels dont nous parlons » : « Et en tant qu’établissement d’enseignement supérieur et de recherche, si nous allions voir notre ministère de tutelle pour demander des postes dans les restaurants, il nous rirait au nez. On peut demander des postes d’enseignants, de techniciens, de secrétaires pour les services, mais ça, non ! En même temps, on ne va pas vous dire qu’on est heureux de la situation de ces contractuels de catégorie C, mais ça n’est pas de notre fait… »
À l’extérieur, les « normaliens » persistent et signent, rejoints par plusieurs centaines de manifestants pour un « apéro » rue d’Ulm. « On a réussi à briser la loi du silence », se félicite François, syndicaliste CGT à Normale Sup’. « Le mouvement sur les retraites se termine peut-être, mais on sent bien que la colère, elle, n’est pas encore rentrée », promet Ludovic. Ian Brossat, président du groupe PCF-PG au Conseil de Paris, promet le soutien des parlementaires, qui interrogeront le gouvernement ces prochains jours. Un peu en retrait, Jacques Rancière, ancien élève de l’école de la rue d’Ulm et philosophe de l’émancipation, observe avec attention. « Je viens voir, c’est intéressant, glisse-t-il. Il y a une forme de jonction entre des salariés et des élèves. Malheureusement, tout ce qui se passe se heurte au fait qu’on gère désormais l’enseignement comme une entreprise. Voyez comment se comporte la directrice de cet établissement en utilisant le langage des patrons. C’est aussi cela qui donne une exemplarité à cette lutte : les arguments patronaux déployés par la direction servent à couvrir l’autorité. »
À quelques pas, Jean-Pierre, cuisinier contractuel à l’ENS, ne perd rien non plus du moment. « On nous rétorque qu’on n’est pas légitimes, que rien n’est possible pour nous, que c’est la loi, mais les lois, ça se change. Ici, c’est une grande école de la République française, celle qui n’arrête pas de dire “Liberté. Égalité. Fraternité” sur tous ses frontons, mais quand des élèves viennent fraterniser avec des gens comme nous, on leur dit que c’est pas leur affaire ; que la fraternité, il faut qu’il la garde entre eux… Si demain, je rencontre un scientifique, un intellectuel dans la galère, pourquoi je ne devrais pas être fraternel et solidaire avec lui ? »
Thomas Lemahieu
http://humanite.fr/16_11_2010-paris-rue-d%E2%80%99ulm-les-invisibles-de-normale-sup%E2%80%99-sortent-%C3%A0-la-lumi%C3%A8re-457909
La lutte se poursuit à l’Ecole normale supérieure
La direction a déjà lâché une prime pour les personnels. Cela n’arrête pas la mobilisation entretenue par les étudiants, pour obtenir la titularisation de ces employés précaires.
Reportage audio. Les Normaliens n’ont pas obtenu les titularisations de la quinzaine de cantiniers et de bibliothécaires en CDD sans qui leur école ne peut fonctionner. Du coup, les élèves de cette vitrine prestigieuse de l’excellence républicaine de la rue d’Ulm continuent le combat pour demander une augmentation de salaires pour les employés et la titularisation des contractuels.
L’ensemble de l’établissement a encore été bloqué mercredi, à l’exception de la cantine et de la bibliothèque. Les étudiants ont convoqué une nouvelle assemblée générale lundi prochain, et lancé une invitation aux autres Normaliens basés sur le site de Cachan.
Lundi 15 novembre, « la direction a proposé une prime de Noël de 800 euros à tous les précaires », indique Sandro Franceschi, un des leaders étudiants. « S’ils sont capables de lâcher de l’argent si rapidement c’est qu’il y a quand même des fonds. Beaucoup d’employés savent qu’une prime ce n’est pas forcément durable, et qu’il s’agit d’un cadeau pour les appâter. » Après des semaines au cours desquelles les étudiants ont joué un rôle moteur dans ce mouvement, la journée interprofessionnelle et intersyndicale du 23 novembre prochain contre la réforme des retraites sera l’occasion de voir si les employés embrayent, à leur tour, en se mettant en grève.
A Normale, les premières concessions obtenues, et la possibilité, à demi avouée par la direction, d’une titularisation de ceux qui ont plus de six ans d’ancienneté entretiennent l’espoir d’une victoire.
Écoutez le reportage de Quentin Lade sur la lutte à Normale Sup'.
Pierre Duquesne
http://humanite.fr/18_11_2010-la-lutte-se-poursuit-%C3%A0-l%E2%80%99ecole-normale-sup%C3%A9rieure-458048
Normalement, il y a aussi un articulet dans le Tout est à nous de ce jour.

Gauvain- Messages: 759
Date d'inscription: 23/06/2010
Localisation: 75/78
Re: Normale Sup'
Appel issu de l’Assemblée générale de l’ENS ouverte à d’autres établissements du supérieur et de la recherche le 22 novembre
A l’appel de l’AG des élèves, étudiants et personnels de l’ENS en lutte, une Assemblée générale ouverte aux autres établissements de l’enseignement supérieur et de la recherche s’est tenue lundi 22/11. Etaient présents des représentants de réunions de personnels et étudiants de l’ENS de Cachan, de l’Institut Curie (rattaché à Paris VI Jussieu), de l’université Paris-I Tolbiac et de l’IUFM de Paris, le secrétaire de la section CGT des personnels de l’université d’Evry, une syndicaliste CGT de la ville de Paris et quelques étudiants d’autres universités (Paris 3, 4, 8...).
Nous avons pu constater la convergence des problèmes rencontrés par les personnels de l’enseignement supérieur et de la recherche, comme dans le reste de la Fonction publique : explosion de la précarité, dégradation des conditions de travail, bas salaires, déstructuration et privatisation du service public... Nous avons été alertés contre le projet gouvernemental de légaliser et généraliser la précarité dans la Fonction publique, notamment par l’extension des CDI en lieu et place de personnels titulaires. Nous avons souligné aussi que la précarité frappe massivement les étudiants, condamnés aux petits boulots, au manque et à la cherté des logements, à la dégradation des conditions d’études, notamment à l’augmentation des frais d’inscription. Les élèves, étudiants et personnels de l’ENS ont indiqué que leur mobilisation contre la précarité, pour l’augmentation des salaires des personnels, pour la facilitation de l’accès au logement et pour l’embauche des effectifs nécessaires s’inscrit dans la continuité de la lutte pour le retrait de la réforme des retraites. Le mouvement continue de se développer en reposant sur lacombinaison des blocages (restaurant, bibliothèque, services de la direction, ménage, atelier, bureaux...) et de la grève, l’unité des élèves/étudiants et des personnels, l’unité des contractuels et des titulaires, l’auto-organisation de la lutte par des AG souveraines, avec le soutien des syndicats locaux et de leurs élus au CTP. Tout cela fait peur à la direction, qui a fait appel à des vigiles et des flics en civil, fermé administrativement l’Ecole, exercé des pressions sur les personnels mobilisés... même si elle a été obligée aussi de faire quelques premières concessions, pour le moment minimes. L’AG a adopté la motion suivante :« Dans le cadre d'un mouvement pour la résorption de la précarité, les personnelLEs, élèves, étudiantEs, enseignantEs et chercheur-ses, travailleur-ses de l'enseignement supérieur et de la recherche, réunis en Assemblée Générale le 22 novembre 2010, réaffirment leur attachement au statut de fonctionnaire et appellent à amplifier la lutte contre l'exploitation dans l'enseignement supérieur et la recherche. Dans ce sens, nous exigeons :- l'intégration à la fonction publique des non-titulaires ;- la revalorisation du point d'indice et l'augmentation des salaires de 300 euros pour l'ensemble des employés de la fonction publique ;- l'ouverture de postes supplémentaires ;- le maintien du statut de fonctionnaire.Par ailleurs, l'Assemblée Générale se déclare solidaire des luttes en cours dans les universités européennes contre l'augmentation des frais d'inscription et pour des conditions d'étude décentes. L'Assemblée Générale s'adresse aux fédérations, syndicats nationaux, unions locales, unions départementales et confédérations afin qu'elles soutiennent ces revendications. »
L’Assemblée générale propose aux personnels de l’enseignement supérieur et de la recherche de se mobiliser tous ensemble pour imposer la satisfaction de nos revendications, qui concernent aussi les autres salariés et les étudiants. Elle soumet la proposition d’une manifestation la semaine prochaine, qui pourrait passer par les différentes universités parisiennes. Elle appelle à en décider et à se rencontrer lors d’une prochaine Assemblée générale des personnels du supérieur et de la recherche lundi 29 novembre à 18h 30, ENS (45 rue d’Ulm, Paris 5è).
nico37- Messages: 3193
Date d'inscription: 10/07/2010
Re: Normale Sup'
Les salariés sont en grève reconductible depuis un mois maintenant et organisent une cantine autogérée afin de financer leur grève.
Les décisions continuent à être prises en Assemblée Générale, de manière non bureaucratique, démocratique et indépendante des syndicats.
Les négociations ont été plus ou moins ouvertes avec la direction, mais les revendications ne sont pas satisfaites alors pour l'instant la grève continue.
Les décisions continuent à être prises en Assemblée Générale, de manière non bureaucratique, démocratique et indépendante des syndicats.
Les négociations ont été plus ou moins ouvertes avec la direction, mais les revendications ne sont pas satisfaites alors pour l'instant la grève continue.

Aura- Messages: 248
Date d'inscription: 28/06/2010
Re: Normale Sup'
Pour ceux qui arrivent à lire des vidéos :
il paraît qu'une interview des grévistes passe dans cette émission (qui était à la télé mardi 8 février au soir) :
http://www.lcp.fr/Pourquoi-l-UMP-veut-il-privatiser-11044.html
il paraît qu'une interview des grévistes passe dans cette émission (qui était à la télé mardi 8 février au soir) :
http://www.lcp.fr/Pourquoi-l-UMP-veut-il-privatiser-11044.html

Aura- Messages: 248
Date d'inscription: 28/06/2010
Lettre des organisations syndicales à Pécresse
Paris, le 24/02/2011
Madame Valérie PECRESSE
Ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche
1 rue Descartes
75231 - PARIS cedex 05
Monsieur Georges TRON
Secrétaire d'Etat chargé de la Fonction Publique
139 rue de Bercy
75 572 – PARIS cedex 12
Madame la Ministre
Monsieur le Secrétaire d'Etat
Vous le savez, nos organisations sont très attentives à la situation des agents précaires de la
fonction publique.
Nous attirons particulièrement votre attention sur le conflit qui se déroule à l'Ecole Normale
Supérieure de la rue d'Ulm, Paris 5ème, depuis déjà plus de trois mois.
Les agents en situation de précarité, en particulier le personnel des cantines, sont en grève
depuis plus de cinq semaines, et 1100 personnes pâtissent de la fermeture de la cantine.
Les personnels, sous contrat à durée déterminée reconduit depuis des années (pour certains
bien plus de six années), demandent à être titularisés.
Pour les organisations syndicales signataires, il n’est pas envisageable que cette situation
conflictuelle perdure. Aussi, nous vous demandons, Madame la Ministre, de recevoir le plus
rapidement possible les délégués des grévistes, d’entendre et de prendre en compte leurs
revendications.
Les personnels précaires de l'ENS comptent sur vous pour aider à débloquer la situation
actuelle.
Dans l'attente d'une réponse favorable, nous vous prions d'agréer, Madame la Ministre,
Monsieur le Secrétaire d'Etat, l'expression de nos salutations distinguées.
Pour les organisations syndicales
CFDT – CFTC – CGT – FSU - SOLIDAIRES
THI-TRINH LESCURE
Déléguée adjointe Solidaires FP
Madame Valérie PECRESSE
Ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche
1 rue Descartes
75231 - PARIS cedex 05
Monsieur Georges TRON
Secrétaire d'Etat chargé de la Fonction Publique
139 rue de Bercy
75 572 – PARIS cedex 12
Madame la Ministre
Monsieur le Secrétaire d'Etat
Vous le savez, nos organisations sont très attentives à la situation des agents précaires de la
fonction publique.
Nous attirons particulièrement votre attention sur le conflit qui se déroule à l'Ecole Normale
Supérieure de la rue d'Ulm, Paris 5ème, depuis déjà plus de trois mois.
Les agents en situation de précarité, en particulier le personnel des cantines, sont en grève
depuis plus de cinq semaines, et 1100 personnes pâtissent de la fermeture de la cantine.
Les personnels, sous contrat à durée déterminée reconduit depuis des années (pour certains
bien plus de six années), demandent à être titularisés.
Pour les organisations syndicales signataires, il n’est pas envisageable que cette situation
conflictuelle perdure. Aussi, nous vous demandons, Madame la Ministre, de recevoir le plus
rapidement possible les délégués des grévistes, d’entendre et de prendre en compte leurs
revendications.
Les personnels précaires de l'ENS comptent sur vous pour aider à débloquer la situation
actuelle.
Dans l'attente d'une réponse favorable, nous vous prions d'agréer, Madame la Ministre,
Monsieur le Secrétaire d'Etat, l'expression de nos salutations distinguées.
Pour les organisations syndicales
CFDT – CFTC – CGT – FSU - SOLIDAIRES
THI-TRINH LESCURE
Déléguée adjointe Solidaires FP

Aura- Messages: 248
Date d'inscription: 28/06/2010
Re: Normale Sup'
http://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/250211/la-direction-de-normale-sup-envisage-dinterdire-certains-debats-politiq
La direction de Normale Sup envisage d'interdire certains débats politiques
Un article de Lucie Delaporte
L'école Normale Sup ne souhaite plus accueillir le débat politique dans ses murs. Après l'interdiction très critiquée, le mois dernier, d'une conférence-débat avec Stéphane Hessel sur la campagne de boycott des produits israéliens fabriqués dans les territoires occupés, la direction de l'ENS de la rue d'Ulm a décidé de convoquer, lundi 28 février, un conseil d'administration extraordinaire pour statuer sur la tenue de «réunions publiques à caractère politique» dans l'école.
Il s'agit, selon le texte obtenu par Mediapart et qui sera débattu lors de ce conseil d'administration (le texte est à lire ici), d'encadrer une longue tradition de l'école qui a toujours accueilli les multiples expressions du débat politique français, même les plus radicales, depuis la fin du XIXe siècle. L'école de Jaurès, Péguy, Sartre, Aron, Badiou et Balibar n'entend en tout cas plus servir de «caution à des causes extérieures à ces missions», selon l'expression de sa directrice Monique Canto-Sperber.
Alertés tardivement de la tenue de ce CA, une trentaine d'élèves de l'ENS se sont réunis en assemblée générale, mardi en fin d'après-midi. Une élève militant au sein du collectif Palestine-ENS a expliqué qu'à la suite de «l'affaire Hessel», la direction avait voulu montrer des signes d'apaisement. «Nous avons été reçus par trois membres de la direction qui nous ont assuré qu'il n'avait jamais été question de nous censurer, que tout cela relevait du malentendu», a-t-elle expliqué.
Mais lorsque ces mêmes élèves ont présenté, quelques jours plus tard, un programme de débats pour la semaine du 8 au 15 mars lié à la Israel Apartheid Week, le refus a été immédiat. «Nous leur avions pourtant proposé d'inviter pour cet événement n'importe quelle personnalité de leur choix pour respecter une certaine pluralité. Cela a été refusé. Je crois que c'est la Palestine qui pose problème», estime cette élève membre du collectif.
Tous ont évoqué la traditionnelle ouverture de l'école aux questions politiques. «Pendant la campagne des régionales, il y a même eu un meeting du Front de gauche à l'ENS», rappelle François Avisseau, élu CGT au CA, qui cite l'article 811-1 du code de l'éducation, selon lequel l'expression politique est un droit dans l'établissement. «On nous a déjà indiqué qu'il y aurait des possibilités de dérogation. Sur quels critères? Ce sera laissé à la libre appréciation du prince ou, en l'occurrence, de la baronne», tranche un élu du CA. «Tout cela donne l'impression d'être fait en catimini et à toute vitesse», estime de son côté Sandro Franceschi, représentant de Sud-Etudiant.
Manifestation lundi devant le rectorat
Après plusieurs jours d'une vaine attente pour obtenir le texte qui sera débattu lundi, les élèves ont finalement été reçus par Monique Canto-Sperber. «Nous sentions que nous avions besoin de règles. Un consensus s'est dégagé sur la question. Il fallait faire un texte qui résumait nos conclusions et tienne compte des caractéristiques de l'école qui n'est pas un établissement comme les autres», a expliqué la directrice, tout en refusant toujours de communiquer ce texte. Monique Canto-Sperber a insisté sur le fait que ces nouvelles dispositions concerneront « les réunions publiques et pas celles organisées par les élèves... Disons qu'il s'agit des réunions qui ont vocation à réunir un large public».
«Vous serez donc seule juge?», a lancé un élève dans la salle.
«Rien n'est tranché à ce jour mais nous avons pensé qu'il serait bon d'avoir une petite cellule pour statuer», a répondu la directrice.
«Pourquoi avoir interdit la tenue de conférences à l'occasion de l'Israel Apartheid Week pourtant proposées par des élèves et des profs ?», répète cette militante de Palestine-ENS.
«Je ne souhaite pas faire une réponse individuelle, explique la directrice. La conférence n'est pas interdite, simplement, nous ne souhaitons pas l'accueillir. L'Israel Apartheid Week est un groupe de pression international qui veut promouvoir le boycott des universitaires israéliens. Il est essentiel que l'école ne soit pas instrumentalisée pour quelque cause que ce soit. L'école a un rôle dans la vie intellectuelle. Elle est utilisée comme caution, vous le savez bien.»
«Pourtant l'an dernier vous avez accueilli la conférence intitulée “Comment le sionisme légitime l'Etat d'Israël” et la plupart des personnes présentes n'étaient pas de l'école», affirme un élève.
«Il s'agissait de répondre aux livres de Shlomo Sand, dont les thèses sont extrêmement contestables d'un point de vue scientifique, dit alors la directrice. Les élèves voulaient étudier les bases théoriques du livre de Shlomo Sand... Qu'on organise un débat où il y aura une certaine diversité de points de vue! Je ne mets pas de barrières à la réflexion politique mais avec un souci de connaissance et d'approfondissement.»
«Que vous le vouliez ou non, ni vous ni personne n'empêchera la liberté d'expression dans cet établissement», prévient François Avisseau, élu CGT au conseil d'administration. Une manifestation est prévue lundi matin devant le rectorat où doit se tenir le conseil d'administration.

Aura- Messages: 248
Date d'inscription: 28/06/2010
Re: Normale Sup'
http://lemonde-educ.blog.lemonde.fr/2011/02/25/normale-sup-et-la-palestine-suite/
25 février 2011
Normale Sup’ et la Palestine, suite
L’Ecole normale supérieure et la Palestine ne semblent pas faire bon ménage. Après l’annulation d’une conférence consacrée à Israël, où Stéphane Hessel devait témoigner le 18 janvier, l’école de la rue d’Ulm a décidé d’annuler de nouvelles réunions publiques que souhaitait organiser le collectif ENS Palestine pendant l’“Israel apartheid week”. “Il s’agit d’une série de conférences qui vise à réfléchir à la pertinence de la qualification juridique d’apartheid pour la question israélo-palestinienne “, explique Sandro Franceschi, élève de l’ENS et membre du collectif Palestine ENS et de SUD étudiant : “Ce débat a été purement et simplement interdit, alors même que nous avions proposé à la direction de choisir elle-même des contradicteurs… Ce qu’elle n’a pas fait”.
Au lieu de cela, explique-t-il, la direction a décidé de convoquer un conseil d’administration extraordinaire ce lundi 28 février. Un CA qui doit examiner, “et non voter”, insiste Monique Canto-Sperber, la directrice de l’école, un texte qui précise les modalités d’organisation de conférences publiques au sein de l’ENS. Dans ce texte, rendu public par le collectif ENS Palestine, l’ENS précise qu’elle “doit pouvoir exercer son pouvoir d’appréciation des événements publics qu’elle accueille, elle ne doit pas servir de caution pour les causes qu’ils défendent”.
CENSURE OU MESURE ?
De même, poursuit le texte, “l’ENS n’a pas pour vocation d’abriter des meetings de partis politiques ou des réunions organisées par des groupes militants, nationaux ou internationaux, dans lesquels s’exprimerait un point de vue univoque”. Enfin, précise-t-il “dès qu’il s’agit d’échanges, où s’expriment le souci d’une pluralité de points de vue et le souhait d’un approfondissement dans la connaissance et la réflexion, l’école joue pleinement le rôle qui est le sien d’accueillir, ou mieux d’anticiper, des débats difficiles”.
Pour le collectif, il s’agit ni plus ni moins de “censurer” toutes les réunions organisées par des “groupes militants”, dans une période remarquablement tendue pour l’ENS. Outre les réunions interdites, l’établissement est secoué depuis octobre 2010 par un mouvement des personnels précaires de l’ENS. Dans un communiqué commun signé de syndicats et du collectif Palestin ENS, la suppression de tout débat “toucherait donc toutes les personnes de l’Ecole qui souhaitent s’exprimer et débattre autour d’une idée politique, syndicale ou autre. Imaginons que nous devions imposer à tout économiste ou à tout philosophe son contradicteur. La Direction estime-t-elle que les élèves et étudiants n’ont pas assez d’esprit critique pour entendre sans recul un discours politique, au même titre qu’un discours scientifique ?”
Pour Monique Canto-Sperber, qui expliquait dans une tribune pourquoi elle avait annulé la conférence avec Stéphane Hessel, “le texte qui circule n’est qu’une base de discussion pour le conseil d’administration. Il serait de fait extrêmement difficile de mettre en place des critères pour apprécier ce qui peut ou ce qui ne peut s’organiser à l’école”. Reste, poursuit la philosophe, “que l’Ecole normale supérieure ne peut accepter d’accueillir n’importe quelle réunion, notamment politique. L’ENS n’est pas la mutualité ! Elle doit rester neutre. Cela ne veut pas dire qu’aucun débat ne peut être organisé. Sur la question du boycott d’Israel, j’entends bien organiser une réunion pour débattre de ce thème difficile avec des personnalités aux points de vue argumentés”.
Ses opposants n’en appellent pas moins à une manifestation, lundi, devant le rectorat de Paris où doit se tenir le conseil d’administration de l’ENS.
Philippe Jacqué

Aura- Messages: 248
Date d'inscription: 28/06/2010
Re: Normale Sup'
Contre la censure à l'ENS
La Direction de l'Ecole demandé pour lundi 28 février la convocation d'un Conseil d'Administration extraordinaire ayant pour objet la « tenue des réunions publiques à caractère politique à l'école normale supérieure ».
Outre la brièveté des délais (ce CA a été annoncé par mail aux élus jeudi dernier), le texte qui sera discuté est issu d'une réunion entre la Direction certains directeurs de départements ainsi que certains membres du CA, laquelle excluait les élus du CA, dont vos élu-e-s élèves et étudiant-e-s.
Dans ce projet, la Direction prévoit la censure systématique des réunions publiques organisées par les « groupes militants » de l'ENS et dont le contenu serait « univoque »: cette mesure toucherait donc toutes les personnes de l'Ecole qui souhaitent s' exprimer et débattre autour d'une idée politique, syndicale ou autre. Imaginons que nous devions imposer à tout-e économiste ou à tout philosophe son contradicteur/trice. La Direction estime-t-elle que les élèves et étudiant-e-s n'ont pas assez d'esprit critique pour entendre sans recul un discours politique, au même titre qu'un discours scientifique ?
Dans l'esprit de la Direction, il s'agit en réalité explicitement de légitimer de précédentes décisions, qui resteraient sinon purement arbitraires (et dont elle avoue qu'elles le sont donc pour l'instant):
- La conférence de Stéphane Hessel a été annulée il y a quelques semaines, ridiculisant l'ENS et sa directrice, empêtrée dans des argumentations divergentes et incohérentes.
- Le cycle de conférences organisé par Palestine ENS dans le cadre d'Israel Apartheid Week, qui visait à réfléchir à la pertinence de la qualification juridique d'apartheid pour la question israélo-palestinienne a été purement et simplement interdit, alors même que les élèves organisateurs/trices avaient proposé à la Direction de choisir elle-même des contradicteurs/trices.
- L'autorisation d'une conférence de presse intersyndicale consacrée à la précarité dans la fonction publique, demandée par les grévistes de la cantine, a été suspendue à l'adoption du nouveau texte: il est vrai que le mouvement social en cours est sans doute le fait de manipulateurs/trices extérieur-e-s tout à fait désireux d'imposer leur point de vue univoque...
Dans chacun de ces cas, il s'agit bien plus de faire taire certain-e-s que d'élaborer les véritables règles d'une vraie démocratie des idées au sein de l'ENS. En plus de contrôler l'accès aux listes mails, la Direction voudrait désormais pouvoir décider de qui s'exprime et qui se tait dans ce qu'elle considère comme « son » établissement. Ce n'est donc pas la diversité qu'il s'agit de défendre mais bien une forme de loi du silence qui a déjà fait ses preuves, notamment dans les différents services sujets aux harcèlements en tous genres. Celles et ceux qui n'ont pas besoin de la parole pour exercer leurs dominations ont une fois de plus tout intérêt à disqualifier les voix discordantes en les taxant de polémiques, alors même qu'elles ne sont que le reflet de la dureté de situations hélas bien réelles.
Pour protester contre l'arbitraire et sa légitimation par une instance elle-même dépourvue de tout caractère démocratique,
Rassemblement lundi 28 février 9h15
à l'angle de la rue Saint-Jacques et de la rue des Ecoles, devant l'Académie de Paris (46 rue St Jacques, 5ème), où doit se tenir le CA extraordinaire.
Départ groupé de l'ENS, 9h dans le hall du 45 rue d'Ulm
Signataires:
Vos élu-e-s du Front Unitaire de Lutte soutenu-e-s par:
Sud-Etudiant ENS, CGT Ferc-Sup ENS, Palestine ENS, NPA ENS, PG ENS, PCF ENS

Aura- Messages: 248
Date d'inscription: 28/06/2010
Communiqué de l'association Palestine ENS
Après l'annulation de la conférence-débat du 18 janvier à laquelle devait participer entre autres Stéphane Hessel, plus de 600 professeurs, élèves, employés et chercheurs de l'ENS avaient signé une pétition appelant la Direction à ne plus faire obstacle aux activités du collectif Palestine ENS. Le 4 février, le collectif a présenté une demande pour réserver une salle, afin d'organiser des conférences lors de l'Israeli Apartheid Week.
Le collectif voulait réfléchir à la pertinence de la qualification juridique d'apartheid pour décrire la situation israëlo-palestinienne, et avait pour cela invité Omar Barghouti, Raji Sourani, la réalisatrice Simone Bitton pour la projection de son film « Mur » ainsi que des étudiants israéliens et palestiniens. Plus de deux semaines plus tard, la Direction a rejeté cette demande sans motiver sa décision.
Considérant qu'il s'agissait d'une violation manifeste des libertés fondamentales de réunion et d'expression, le collectif a présenté le 24 février une requête au Tribunal Administratif pour faire annuler cette décision. Le tribunal a jugé en faveur du collectif, reconnaissant que « La directrice de l'ENS, dans l'exercice de ses fonctions a porté une atteinte grave et manifestement illégale à la liberté de réunion qui constitue une liberté fondamentale », et a ordonné à la Direction "de réexaminer la demande de salle présentée" par le collectif "dans un délai de trois jours".
Monique Canto-Sperber était défendue notamment par Maître Patrick Klugman, membre du comité directeur du CRIF - elle avait déclaré dans Le Monde du 27 janvier : "Je n'ai eu aucun contact avec le CRIF". Ce jugement intervient alors que, désireuse de justifier ses actes de censure répétés, la Direction a convoqué lundi 28 février un Conseil d'Administration extraordinaire, où elle souhaite faire adopter un texte restreignant la liberté d'organiser des conférences publiques à caractère politique à l'ENS.
Palestine ENS
collectifenspalestine@gmail.com
Le collectif voulait réfléchir à la pertinence de la qualification juridique d'apartheid pour décrire la situation israëlo-palestinienne, et avait pour cela invité Omar Barghouti, Raji Sourani, la réalisatrice Simone Bitton pour la projection de son film « Mur » ainsi que des étudiants israéliens et palestiniens. Plus de deux semaines plus tard, la Direction a rejeté cette demande sans motiver sa décision.
Considérant qu'il s'agissait d'une violation manifeste des libertés fondamentales de réunion et d'expression, le collectif a présenté le 24 février une requête au Tribunal Administratif pour faire annuler cette décision. Le tribunal a jugé en faveur du collectif, reconnaissant que « La directrice de l'ENS, dans l'exercice de ses fonctions a porté une atteinte grave et manifestement illégale à la liberté de réunion qui constitue une liberté fondamentale », et a ordonné à la Direction "de réexaminer la demande de salle présentée" par le collectif "dans un délai de trois jours".
Monique Canto-Sperber était défendue notamment par Maître Patrick Klugman, membre du comité directeur du CRIF - elle avait déclaré dans Le Monde du 27 janvier : "Je n'ai eu aucun contact avec le CRIF". Ce jugement intervient alors que, désireuse de justifier ses actes de censure répétés, la Direction a convoqué lundi 28 février un Conseil d'Administration extraordinaire, où elle souhaite faire adopter un texte restreignant la liberté d'organiser des conférences publiques à caractère politique à l'ENS.
Palestine ENS
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Dernière édition par Aura le Lun 28 Fév - 2:19, édité 1 fois

Aura- Messages: 248
Date d'inscription: 28/06/2010
Re: Normale Sup'
Scandales à Normale Sup'
Censure à l'ENS
A la suite de l’interdiction de plusieurs conférences par la direction…
Le Tribunal Administratif de Paris donne tort
à la directrice de l'ENS
Celui-ci déclare le 26 février :
« La directrice de l'ENS, dans l'exercice de ses fonctions a porté une atteinte grave et manifestement illégale a la liberté de réunion qui constitue une liberté fondamentale. »
La directrice de l'ENS était défendue par un avocat membre du comité directeur du CRIF alors qu'elle niait que le CRIF avait influé sur sa décision d'annuler la conférence de Stéphane Hessel et qu'elle affirmait dans Le Monde du 27 janvier :
« Je n'ai eu aucun contact avec le CRIF » !
Harcèlement moral et violences physiques sur plusieurs employé-e-s de l'ENS
La direction le savait depuis longtemps mais étouffait les affaires.
Témoignage d'une des anciennes employées de l'ENS :
« J'ai pour ma part subi un harcèlement psychologique en plus d'un acte de violence physique [...] constaté par un médecin (hématomes sur les bras et la poitrine). J'ai fourni un certificat médical mais il n'a pas été pris en compte, l'[ancienne] secrétaire générale m'a interdit de porter plainte pour 'l'image de l'école'. »
CDD illégaux à répétition à l'ENS
Grève à l'ENS depuis bientôt deux mois !
Les précaires demandent leur titularisation et au minimum un CDI.
Défendons la liberté d'expression !
Soutenons les grévistes précaires !
Après l'annulation de la conférence de Stéphane Hessel, plus de 600 professeur-e-s, élèves, employé-e-s et chercheur/euse-s de l'ENS avaient signé une pétition appelant la direction à ne plus faire obstacle aux activités du collectif Palestine ENS. Le collectif a présenté une demande pour réserver une salle, afin d'organiser des conférences lors de l'Israeli Apartheid Week. Le collectif voulait réfléchir à la pertinence de la qualification juridique d'apartheid pour décrire la situation israélo-palestinienne. La Direction a rejeté cette demande sans motiver sa décision. Le collectif a présenté le 24 février une requête au Tribunal Administratif pour faire annuler cette décision. Monique Canto-Sperber était défendue notamment par Monsieur Klugman, membre du comité Directeur du CRIF - elle avait déclaré dans Le Monde du 27 janvier : « Je n'ai eu aucun contact avec le CRIF ». Le TA a jugé en faveur du collectif, reconnaissant que « La directrice de l'ENS, dans l'exercice de ses fonctions a porté une atteinte grave et manifestement illégale a la liberté de réunion qui constitue une liberté fondamentale. », et ordonné à la Direction « de réexaminer la demande de salle ».
Ce jugement intervient alors que, désireuse de justifier ses actes de censures répétés, la Direction a convoqué lundi 28 février un Conseil d'Administration extraordinaire, où elle souhaite faire adopter un texte restreignant la liberté d'organiser des conférences publiques à caractère politique à l'ENS. C'est un déni de la liberté d'expression. C'est aussi une violation de l'article L811-1 du Code de l'éducation :
« Les usagers du service public de l'enseignement supérieur […] disposent de la liberté d'information et d'expression à l'égard des problèmes politiques, économiques, sociaux et culturels. Ils exercent cette liberté à titre individuel et collectif, dans des conditions qui ne portent pas atteinte aux activités d'enseignement et de recherche et qui ne troublent pas l'ordre public. Des locaux sont mis à leur disposition. […]. »
Dans son projet, la Direction prévoit la censure systématique des réunions publiques organisées par les « groupes militants » de l'ENS et dont le contenu serait « univoque » :
« L’Ecole normale supérieure doit pouvoir exercer son pouvoir d’appréciation des événements publics qu’elle accueille, elle ne doit pas servir de caution pour les causes qu’ils défendent. Elle n’a pas pour vocation d’abriter des meetings de partis politiques ou des réunions organisées par des groupes militants, nationaux ou internationaux, dans lesquels s’exprimerait un point de vue univoque. »
Cette mesure toucherait donc toutes les personnes de l'École qui souhaitent s'exprimer et débattre autour d'une idée politique, syndicale ou autre. Imaginons que nous devions imposer à tout-e économiste ou à tout-e philosophe son contradicteur/trice. La Direction estime-t-elle que les élèves et étudiant-e-s n'ont pas assez d'esprit critique pour entendre sans recul un discours politique, au même titre qu'un discours scientifique ?
Pour la Direction, il s'agit en réalité de légitimer de précédentes interdictions purement arbitraires :
-La conférence de Stéphane Hessel, à l'initiative d'élèves de l'école, a été annulée sans aucune raison valable.
-Le cycle de conférences organisé par Palestine ENS a été interdit, alors même que les élèves organisateurs/trices avaient proposé à la Direction de choisir elle-même des contradicteurs/trices.
-Une réunion publique sur l'agriculture organisée par des élèves du Front de Gauche a été interdite.
Mais cette mesure fait aussi suite au mouvement social contre la précarité qui a lieu depuis octobre dernier à l'École. La grève des précaires de la cantine dure depuis sept semaines maintenant et entraîne la fermeture totale de la cantine depuis janvier. La conférence de presse de l'intersyndicale nationale du 9 mars consacrée à la précarité dans la fonction publique, demandée par les grévistes de la cantine, est donc aussi menacée par ce texte.
Dans chacun de ces cas, il s'agit bien plus de faire taire certain-e-s que d'élaborer les règles d'une véritable démocratie des idées au sein de l'ENS. En plus de contrôler l'accès aux listes mail, la Direction voudrait désormais pouvoir décider qui s'exprime et qui se tait dans ce qu'elle considère comme « son » établissement. Ce n'est donc pas la diversité des opinions que la direction veut défendre dans ce texte mais bien une forme de loi du silence qui a déjà fait ses preuves, notamment sur les employé-e-s de l'école sujet-te-s aux harcèlements en tous genres voire à des violences physiques. Celles et ceux qui n'ont pas besoin de la parole pour exercer leur domination ont une fois de plus tout intérêt à disqualifier les voix discordantes en les taxant de polémiques, alors même qu'elles ne sont que le reflet de la dureté de situations hélas bien réelles.
Les élu-e-s CA du Front Unitaire de Lutte, Sud-Etudiant ENS, CGT Ferc-Sup ENS, Palestine ENS, NPA ENS, PG ENS, PC ENS
Censure à l'ENS
A la suite de l’interdiction de plusieurs conférences par la direction…
Le Tribunal Administratif de Paris donne tort
à la directrice de l'ENS
Celui-ci déclare le 26 février :
« La directrice de l'ENS, dans l'exercice de ses fonctions a porté une atteinte grave et manifestement illégale a la liberté de réunion qui constitue une liberté fondamentale. »
La directrice de l'ENS était défendue par un avocat membre du comité directeur du CRIF alors qu'elle niait que le CRIF avait influé sur sa décision d'annuler la conférence de Stéphane Hessel et qu'elle affirmait dans Le Monde du 27 janvier :
« Je n'ai eu aucun contact avec le CRIF » !
Harcèlement moral et violences physiques sur plusieurs employé-e-s de l'ENS
La direction le savait depuis longtemps mais étouffait les affaires.
Témoignage d'une des anciennes employées de l'ENS :
« J'ai pour ma part subi un harcèlement psychologique en plus d'un acte de violence physique [...] constaté par un médecin (hématomes sur les bras et la poitrine). J'ai fourni un certificat médical mais il n'a pas été pris en compte, l'[ancienne] secrétaire générale m'a interdit de porter plainte pour 'l'image de l'école'. »
CDD illégaux à répétition à l'ENS
Grève à l'ENS depuis bientôt deux mois !
Les précaires demandent leur titularisation et au minimum un CDI.
Défendons la liberté d'expression !
Soutenons les grévistes précaires !
Après l'annulation de la conférence de Stéphane Hessel, plus de 600 professeur-e-s, élèves, employé-e-s et chercheur/euse-s de l'ENS avaient signé une pétition appelant la direction à ne plus faire obstacle aux activités du collectif Palestine ENS. Le collectif a présenté une demande pour réserver une salle, afin d'organiser des conférences lors de l'Israeli Apartheid Week. Le collectif voulait réfléchir à la pertinence de la qualification juridique d'apartheid pour décrire la situation israélo-palestinienne. La Direction a rejeté cette demande sans motiver sa décision. Le collectif a présenté le 24 février une requête au Tribunal Administratif pour faire annuler cette décision. Monique Canto-Sperber était défendue notamment par Monsieur Klugman, membre du comité Directeur du CRIF - elle avait déclaré dans Le Monde du 27 janvier : « Je n'ai eu aucun contact avec le CRIF ». Le TA a jugé en faveur du collectif, reconnaissant que « La directrice de l'ENS, dans l'exercice de ses fonctions a porté une atteinte grave et manifestement illégale a la liberté de réunion qui constitue une liberté fondamentale. », et ordonné à la Direction « de réexaminer la demande de salle ».
Ce jugement intervient alors que, désireuse de justifier ses actes de censures répétés, la Direction a convoqué lundi 28 février un Conseil d'Administration extraordinaire, où elle souhaite faire adopter un texte restreignant la liberté d'organiser des conférences publiques à caractère politique à l'ENS. C'est un déni de la liberté d'expression. C'est aussi une violation de l'article L811-1 du Code de l'éducation :
« Les usagers du service public de l'enseignement supérieur […] disposent de la liberté d'information et d'expression à l'égard des problèmes politiques, économiques, sociaux et culturels. Ils exercent cette liberté à titre individuel et collectif, dans des conditions qui ne portent pas atteinte aux activités d'enseignement et de recherche et qui ne troublent pas l'ordre public. Des locaux sont mis à leur disposition. […]. »
Dans son projet, la Direction prévoit la censure systématique des réunions publiques organisées par les « groupes militants » de l'ENS et dont le contenu serait « univoque » :
« L’Ecole normale supérieure doit pouvoir exercer son pouvoir d’appréciation des événements publics qu’elle accueille, elle ne doit pas servir de caution pour les causes qu’ils défendent. Elle n’a pas pour vocation d’abriter des meetings de partis politiques ou des réunions organisées par des groupes militants, nationaux ou internationaux, dans lesquels s’exprimerait un point de vue univoque. »
Cette mesure toucherait donc toutes les personnes de l'École qui souhaitent s'exprimer et débattre autour d'une idée politique, syndicale ou autre. Imaginons que nous devions imposer à tout-e économiste ou à tout-e philosophe son contradicteur/trice. La Direction estime-t-elle que les élèves et étudiant-e-s n'ont pas assez d'esprit critique pour entendre sans recul un discours politique, au même titre qu'un discours scientifique ?
Pour la Direction, il s'agit en réalité de légitimer de précédentes interdictions purement arbitraires :
-La conférence de Stéphane Hessel, à l'initiative d'élèves de l'école, a été annulée sans aucune raison valable.
-Le cycle de conférences organisé par Palestine ENS a été interdit, alors même que les élèves organisateurs/trices avaient proposé à la Direction de choisir elle-même des contradicteurs/trices.
-Une réunion publique sur l'agriculture organisée par des élèves du Front de Gauche a été interdite.
Mais cette mesure fait aussi suite au mouvement social contre la précarité qui a lieu depuis octobre dernier à l'École. La grève des précaires de la cantine dure depuis sept semaines maintenant et entraîne la fermeture totale de la cantine depuis janvier. La conférence de presse de l'intersyndicale nationale du 9 mars consacrée à la précarité dans la fonction publique, demandée par les grévistes de la cantine, est donc aussi menacée par ce texte.
Dans chacun de ces cas, il s'agit bien plus de faire taire certain-e-s que d'élaborer les règles d'une véritable démocratie des idées au sein de l'ENS. En plus de contrôler l'accès aux listes mail, la Direction voudrait désormais pouvoir décider qui s'exprime et qui se tait dans ce qu'elle considère comme « son » établissement. Ce n'est donc pas la diversité des opinions que la direction veut défendre dans ce texte mais bien une forme de loi du silence qui a déjà fait ses preuves, notamment sur les employé-e-s de l'école sujet-te-s aux harcèlements en tous genres voire à des violences physiques. Celles et ceux qui n'ont pas besoin de la parole pour exercer leur domination ont une fois de plus tout intérêt à disqualifier les voix discordantes en les taxant de polémiques, alors même qu'elles ne sont que le reflet de la dureté de situations hélas bien réelles.
Les élu-e-s CA du Front Unitaire de Lutte, Sud-Etudiant ENS, CGT Ferc-Sup ENS, Palestine ENS, NPA ENS, PG ENS, PC ENS

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Re: Normale Sup'
Le Collectif ENS Palestine vient d’obtenir gain de cause à sa requête auprès du TA, qui a ordonné à Monique Canto-Sperber "de réexaminer la demande de salle présentée" par le collectif "dans un délai de trois jours". Il s’agissait d’une demande de salle déposée le 4 février dernier pour accueillir Omar Barghouti, Raji Sourani, la réalisatrice Simone Bitton pour la projection de son film « Mur » et un débat sur l’apartheid en Israël.
Communiqué du Collectif ENS Palestine :
Communiqué du Collectif ENS Palestine :
Le TA donne tort à la Directrice de l’ENS
Après l’annulation de la conférence-débat du 18 janvier à laquelle devait participer entre autres Stéphane Hessel, plus de 600 professeurs, élèves, employés et chercheurs de l’ENS avaient signé une pétition appelant la Direction à ne plus faire obstacle aux activités du collectif Palestine ENS.
Le 4 février, le collectif a présenté une demande pour réserver une salle afin d’organiser des conférences lors de l’Israeli Apartheid Week. Le collectif voulait réfléchir à la pertinence de la qualification juridique d’apartheid pour décrire la situation israëlo-palestinienne, et avait pour cela invité Omar Barghouti, Raji Sourani, la réalisatrice Simone Bitton pour la projection de son film « Mur » ainsi que des étudiants israéliens et palestiniens.
Plus de deux semaines plus tard, la Direction a rejeté cette demande sans motiver sa décision.
Considérant qu’il s’agissait d’une violation manifeste des libertés fondamentales de réunion et d’expression, le collectif a présenté le 24 février une requête au Tribunal Administratif pour faire annuler cette décision. Le tribunal a jugé en faveur du collectif, reconnaissant que « La directrice de l’ENS, dans l’exercice de ses fonctions a porté une atteinte grave et manifestement illégale à la liberté de réunion qui constitue une liberté fondamentale », et a ordonné à la Direction "de réexaminer la demande de salle présentée" par le collectif "dans un délai de trois jours".
Monique Canto-Sperber était défendue notamment par Maître Patrick Klugman, membre du comité directeur du CRIF - elle avait déclaré dans Le Monde du 27 janvier : "Je n’ai eu aucun contact avec le CRIF". Ce jugement intervient alors que, désireuse de justifier ses actes de censure répétés, la Direction a convoqué lundi 28 février un Conseil d’Administration extraordinaire, où elle souhaite faire adopter un texte restreignant la liberté d’organiser des conférences publiques à caractère politique à l’ENS.
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