Guyane en situation de double pouvoir...

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Guyane en situation de double pouvoir...

Message  Toussaint le Dim 26 Mar - 17:29

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Toussaint

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Re: Guyane en situation de double pouvoir...

Message  MO2014 le Lun 27 Mar - 9:52

Les informations arrivent ici au compte goutte alors merci pour les liens (le lien vidéo indique que le flux est déconnecté).

sinon un communiqué de Reuters

Guyane
27 mars 2017 Par Agence Reuters
Les Guyanais sont appelés ce lundi à la grève générale illimitée pour réclamer un plan d'investissement massif pour leur collectivité territoriale, théâtre d'un mouvement de grogne sociale à moins d'un mois du premier tour de l'élection présidentielle.

PARIS (Reuters) - Les Guyanais sont appelés ce lundi à la grève générale illimitée pour réclamer un plan d'investissement massif pour leur collectivité territoriale, théâtre d'un mouvement de grogne sociale à moins d'un mois du premier tour de l'élection présidentielle.

La grève, qui a conduit Air France et Air Caraïbes à annuler leurs vols et poussé les Etats-Unis à déconseiller tout voyage vers ce territoire à leurs ressortissants, a été votée samedi à l'unanimité par les 37 syndicats réunis au sein de l'Union des travailleurs guyanais (UTG).

Afin de tenter de déminer le conflit, une mission interministérielle de haut niveau est arrivée samedi à Cayenne mais s'est vue opposer une fin de non recevoir par les élus locaux qui réclament la venue d'un membre du gouvernement avant d'entamer toute négociation.

"Les conditions du dialogue ne sont pas réunies", a estimé lundi matin la ministre des Outre-mer Ericka Bareigts sur RTL. "Nous ne fermons aucune porte, il peut y avoir la possibilité de mon départ pour la Guyane, mais je souhaite que les conditions soient réunies pour une rencontre efficace".

"J'en appelle au calme pour la Guyane, parce que nous devons absolument être dans le dialogue", a-t-elle ajouté.

A l'issue d'une réunion dimanche soir à Matignon, elle avait assuré, dans un communiqué commun avec le ministre de l'Intérieur Matthias Fekl, que le gouvernement était "pleinement à la tâche, mobilisé pour parvenir à l’amélioration rapide de la situation sur le terrain."

"La mission interministérielle sera rapidement amenée à annoncer un certain nombre de mesures immédiates répondant à des revendications déjà identifiées", ont souligné les deux ministres. "Elle entendra tous ceux qui, dans le cadre de l’Etat de droit et dans un esprit républicain, souhaitent, comme le gouvernement, trouver les meilleures réponses pour la Guyane."

CAMPAGNE PRÉSIDENTIELLE

Le territoire français d'Amérique du Sud, qui abrite la base spatiale de Kourou et compte quelque 250.000 habitants, est confronté à un manque d'équipements publics et un taux de délinquance élevée. La Guyane est le territoire de France où l'on compte le plus d'homicides - 42 en 2016 - et le taux de chômage (22,3%) y est deux fois plus élevé que la moyenne française.

A l'origine du mouvement de protestation, qui s'est traduit ces derniers jours par la mise en place de barrages routiers, le collectif "Pour que la Guyane décolle" qui réunit des salariés d'EDF, des mouvements citoyens de lutte contre l'insécurité, des transporteurs ou encore des artisans.

A un mois de l'élection présidentielle, le conflit social en Guyane s'est invité dans la campagne électorale.

Le candidat de la droite et du centre François Fillon a estimé que la situation dans le territoire était "la conséquence de l’échec de la politique de François Hollande". La présidente du Front national Marine Le Pen a pointé elle le "service cruellement minimum" des gouvernements successifs à l'égard de la Guyane.

Le candidat socialiste Benoît Hamon a pour sa part estimé que la Guyane avait droit "à l'égalité et la sécurité" quand le leader d'En Marche! Emmanuel Macron a lancé un appel au calme lors d'un déplacement à la Réunion.

Face à ces prises de position, le gouvernement a mis en garde dimanche soir contre toute "instrumentalisation d’une crise sociale, ni à des fins de trouble à l’ordre public ni à des fins électoralistes".

"L’invective, l’outrance et l’approximation dont (certains candidats-NDLR) ont fait preuve contribuent à attiser les désordres qui perturbent la vie de nos concitoyens guyanais", soulignent Matthias Fekl et Ericka Bareigts.

"Ces mêmes candidats, qui ne semblent découvrir les outre-mer qu'à l'occasion des campagnes électorales, portent des propositions dangereuses qu'il convient de rappeler comme la modification de la rémunération des fonctionnaires ou de la défiscalisation des aides à l'investissement", ajoutent-ils dans leur communiqué commun.

MO2014

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Re: Guyane en situation de double pouvoir...

Message  yannalan le Lun 27 Mar - 16:03

C'est qui les "500 frères" ?

yannalan

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Re: Guyane en situation de double pouvoir...

Message  Toussaint le Lun 27 Mar - 19:03

Salut, Yannalan, Guyane 1ère est le meilleur site.
Salut, MO, le flux va et revient, mais en général, cela fonctionne, c'est une chaîne d'info télévisée...
Les 500 frères, c'est un collectif contre l'insécurité qui a fédéré plusieurs structures protestant contre l'inaction du pouvoir sur la question de l'insécurité en effet assez délirante. Je ne parle même pas des braquages et des vols, ni des viols, mais des assassinats, des meurtres.
Ils se présentent cagoulés ils sont à peu près 300 (1 guyanais sur 1000, donc, au cas où certains se gausseraient du nombre).
Visiblement sexistes, souvent flirtant avec la xénophobie, c'est aussi un groupe de types qui ont l'intelligence de rattacher la situation de l'insécurité à la débâcle de la Guyane française. Les questions économiques et sociales, le chômage et la grande misère de la population, l'humiliation permanente, la grande misère de l'Education Nationale avec les jeunes sans affectation après la 3ème, les milliers de jeunes entre 6 et 16 ans non scolarisés, etc... etc... Ils ne prennent pas en charge les revendications des syndicales, pour ne pas se substituer à eux, mais clairement, sans eux le mouvement n'aurait pas démarré.
Quequ'un parlait de "collectif fascisant". Ben, oui, un peu, mais non. Il a été le catalyseur d'un extraordinaire mouvement de lutte, qui se radicalise à la fois sur les questions sociales et sur la question nationale, qui est en train de prendre forme.
En même temps, il a mis en lumière les limites du MDES, et ses ambiguïtés, ainsi que celles de l'UTG. Je suis membre du STEG-UTG, mais je dois reconnaître que nous avons été faibles sur ce coup, parce que l'EDF, certes organisé très majoritairement par l'UTG, avait démarré en début de semaine dernière, ainsi que les travailleurs de la santé au sujet de la privatisation du centre de santé de la CR à Kourou, carrément vendu à un groupe nord américain. Les transporteurs aussi, les travailleurs des ports, UTG aussi. Nous avions clairement les moyens de prendre l'initiative de ce mouvement attendu par toute la population, mais ce sont es frères qui ont pris l'initiative... D'ailleurs, la visite de la Ségolène avait tourné court, elle a décampé sans inaugurer le pont avec le Brésil motif de son voyage. Faut dire que les 500 frères avaient fait fort, regardez sur G1ère, vous n'allez ne pas pleurer.... C'est sur le site de G1ère. Et elle s'était heurté à des manifs... A partir de là, c'est parti avec des barrages et sous l'impulsion des frères, immensément populaires dans tout le pays. Et l'UTG, comme les autres syndicats, notamment les syndicats français, a pris en grande partie le train en marche. pour autant, l'UTG, c'est de très loin la plus grosse force sociale en Guyane, et elle jette son poids dans la balance avec la grève générale.
Les élus, (dont l'inénarrable Léon Bertrand, condamné très récemment en Cassation à 3 ans fermes et que le procureur en Guyane a décidé de ne pas envoyer au gnouf... Ce type, condamné 3 fois à de la taule ferme, continue de trôner sur St Laurent...) ne peuvent pas s'écarter du mouvement, pour le moment, sous la vigilance des frères et de tout le mouvement social. Les indiens avancent leurs revendications et elles sont soutenues par les autres composantes du mouvement... même si je pense qu'ils feront partie, comme d'hab, de ceux qui au final ne seront pas satisfaits...
A part Mélenchon, et le NPA (LO, je ne sais pas, mais de toute façon, c'est Mélenchon qui a été le plus audible), le reste des politiques se ridiculisent. L'état se ridiculise, et en fait ne contrôle vraiment que le CSG En plus sa fameuse délégation "de haut niveau" a menti d-s son arrivée en justifiant le refus d'envoyer des ministres par la "réserve électorale". Le lendemain, Cazeneuve annonçait que des ministres viendraient parapher, si, etc... Autrement dit, recul, mais aussi démenti de la ministre des DOM (mais quel clown, celle-là...). Très bien aussi, les déclarations des français de tous bords qui se lâchent en parlant de "leur donner l'indépendance", se croyant malins et montrant ainsi aux guyanais qu'ils ne sont pas français, et qu'ils sont méprisés par de larges pans de la population et des politiques. La cerise, c'est peut-être Macron qui a parlé de la Guyane comme d'une île. Succès massif et explications alambiquées de son porte-parole.
Ici, et en métropole, la très grande majorité des guyanais sont fiers de se mettre en lutte, fiers de leurs 500 frères et tout contents malgré les durs inconvénients. Une lycéenne, hier, disait avoir l'impression de vivre un Mai 68. Des débats commencent à se tenir, notamment sur la question du statut, ce qui veut dire pour nous, la question nationale... A suivre....
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Re: Guyane en situation de double pouvoir...

Message  yannalan le Lun 27 Mar - 19:09

Oui, je voyais ça un peu comme les Bonnets Rouges, à part que les syndicats guyanais interviennent au lieu de bloquer.

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Re: Guyane en situation de double pouvoir...

Message  Toussaint le Mar 28 Mar - 13:05

Le parallèle est réel.
La différence, de taille, c'est que la Guyane est une colonie, d'une part, d'autre part, les forces sociales sont bien plus faibles qu'en Bretagne, près de 50% de la population active est sans travail. La principale ressource est la CAF pour celles et ceux qui ont des papiers, et le travail, le commerce informel, les activités illégales, quelles qu'elles soient, de l'orpaillage à la drogue, la prostitution pour tous les autres. Et pas que pour les autres, la question du chômage est centrale, sans la CAF, la majorité serait sans revenus légaux. Une partie de la population de l'Ouest et des 2 grands fleuves vivent aussi grâce à la différence de prix avec les pays voisins, Brésil et Suriname. Ce dernier est un narco-état.
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Re: Guyane en situation de double pouvoir...

Message  Toussaint le Mar 28 Mar - 17:16

Je reviens de la manif. Enorme manif, les gens étaient fiers et contents.
J'en suis encore ému.
Grosse présence de l'UTG, clairement centrale à présent, en tout cas à l'Ouest, où elle n'est pas forte (l'UL de SLM a 2 ans).
Explicitement cités comme faisant partie du "peuple guyanais" par la porte parole du collectif organisateur, les "immigrants", les surinamiens, les haïtiens, les brésiliens,, les dominicains, les guyaniens, les sans papiers. La fille qui faisait scander les slogans reprenait le rythme et les techniques des sans papiers lillois... Je n'avais jamais entendu un discours aussi clair, et c'était ovationné par une foule énorme pour la Guyane. On devait être entre 8 et 10000 personnes, ce qui est énorme à St Laurent. La ville déserte, pas une boutique, rien. Des Indiens en tenue de cérémonie avec leurs tambours. Ce soir, à Terre Rouge, réunion-débat organisé par le comité amérindien. Très bien.
Un calme impressionnant, le sous-préfet est sorti, seul, devant la porte de sa préfecture écouter les discours. Aucune insulte, aucun geste ordurier. Mais comme disait la porte parole "Première sommation, ceci n'est pas un exercice"... Very Happy La grève était TOTALE.... Rien ouvert, à part les urgences et la gendarmerie, la police municipale...
Ceci dit, quelques clivages de classe apparaissent, sur notamment la "Montagne d'Or" et la construction d'une prison à St Laurent. Les Indiens veulent des écoles, pas une prison, et ils refusent le projet de "Montagne d'Or". Et bien sûr, ce n'est pas la seule divergence.
Mais la question d'un SMIG guyanais est bien là, et la défense du service public, des fonctionnaires, le refus de la privatisation, par exemple du centre médical de la CR à Kourou dont le gouvernement a "suspendu" la vente. Le mouvement exige sa confirmation comme établissement public. La gratuité des transports et de la restauration scolaire, des internats, la construction massive d'établissements scolaires publics, et... Un service de transport public, etc... Et bien sûr la question du statut de la Guyane commence à être posée. C'est à dire la question nationale.
Bref, c'est intéressant!
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Re: Guyane en situation de double pouvoir...

Message  yannalan le Mar 28 Mar - 18:10

Toussaint, ça t'embêterait si je mets ce compte rendu sur Facebook ? Les camarades de Breizhistance seraient intéressés, je pense. (on signerait "un syndicaliste ou autrement, comme tu eux...)

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Re: Guyane en situation de double pouvoir...

Message  MO2014 le Mar 28 Mar - 22:51

Pour information: quelques publications TERRA-HN sur la Guyane et les mouvements sociaux outre-mer 2009-2017

Olivier Pulvar, "Montrer différemment pour se regarder autrement : la TOM, un « média éphémère » dans le mouvement social de 2009 en Martinique ", REVUE Asylon(s), N°11, mai 2013, Quel colonialisme dans la France d’outre-mer ? , url de référence: http://www.reseau-terra.eu/article1276.html

Ary Gordien, "Guadeloupe, l’après LKP : Anticolonialisme, identité et vie quotidienne ", REVUE Asylon(s), N°11, mai 2013, Quel colonialisme dans la France d’outre-mer ? , url de référence: http://www.reseau-terra.eu/article1275.html

Patrick Bruneteaux, Véronique Rochais, "Les voies et les voix des colonisés. Compte rendu de quatre ouvrages ", REVUE Asylon(s), N°11, mai 2013, Quel colonialisme dans la France d’outre-mer ? , url de référence: http://www.reseau-terra.eu/article1286.html

Dorothée Serges, "Stratégies matrimoniales entre migrantes brésiliennes et envoyés métropolitains, où les effets du postcolonialisme sur les rapports de domination en Guyane ", REVUE Asylon(s), N°11, mai 2013, Quel colonialisme dans la France d’outre-mer ? , url de référence: http://www.reseau-terra.eu/article1281.html

Isabelle Hidair, "L’immigration étrangère en Guyane : entre stigmatisation et stratégie de récupération ", REVUE Asylon(s), N°4, mai 2008, Institutionnalisation de la xénophobie en France, url de référence: http://www.reseau-terra.eu/article742.html

Dorothée Serges, "Compte-rendu du livre de Frédéric Piantoni, "Migrants en Guyane" (Actes Sud 2011)", Recueil Alexandries, Collections Recensions, avril 2012, url de référence: http://www.reseau-terra.eu/article1239.html

Marc Bernardot, Patrick Bruneteaux, "Quel colonialisme dans les DOM-TOM ? - Une introduction ", REVUE Asylon(s), N°11, mai 2013, Quel colonialisme dans la France d’outre-mer ? , url de référence: http://www.reseau-terra.eu/article1274.html

Patrick Bruneteaux, "Les Outre-mer au prisme des Imperial Studies. Réflexions théoriques autour de l’ouvrage collectif “Imperial Debris. On Ruins and Ruination”, Stoler, A. L. (dir.), 2013, Duke University Press", Recueil Alexandries, Collections Recensions, 2017, url de référence: http://www.reseau-terra.eu/article1392.html

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Re: Guyane en situation de double pouvoir...

Message  Toussaint le Mer 29 Mar - 0:04

Salut, Yannalan, j'ai fait deux ou trois commentaires sur Libé, en réponse à un article portant sur la Guyane qui reprend son souffle malgré la grève paru hier où un lepéniste disait que les guyanais étaient proches de MLP... Si tu veux aussi les récupérer et en faire un mix avec d'autres infos, tu vois... Je ne suis pas très droit d'auteur, et encore moins sur ce genre de mouvement Very Happy ...
MO, merci des articles.
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Re: Guyane en situation de double pouvoir...

Message  Toussaint le Mer 29 Mar - 16:39

Tiré des commentaires de Médiapart
https://www.facebook.com/onag973/posts/620247288165141 3

https://www.facebook.com/C.premieresnations/photos/a.1023198037775455.1073741828.1023051534456772/1241613649267225/?type=3&theater 3



29/03/2017 14:52
Par claire tauzia


Triste de constater qu'une fois encore, l'impasse est faite sur les revendications des Peuples Autochtones de Guyane relatives à l'orpaillage. Elles sont au nombre de trois, et viennent avant l'éducation et la santé. Les voici :

6. La mise en place d'un moratoire sur la méga exploitation minière des sociétés Colombus Gold et Northgold à "Montagne d'or", ainsi que l'arrêt immédiat de tous les projets de ce type déjà engagés. La méga-industrie minière est l'une des plus polluante au monde. Elle n'est ni solidaire ni équitable en terme de retombées économiques. Elle ne dévellopera pas notre pays mais, bien au contraire, minera les bases mêmes de notre patrimoine naturel, à savoir ses ressources énergétiques et hydriques, son attractivité touristique potentielle et sa biodiversité.

7. La participation des Peuples Autochtones à la Commission Départementale des Mines. Nous demandons pour cela la mise en oeuvre effective de l'aricle 24 bis de la loi pour l'égalité réelle en Outre-Mer qui prévoit désormais que des représentants des organismes représentatifs des communautés locales concernées siègent dans cette commission. Ceci afin d'exprimer un droit de veto sur les projets d'exploitation aurifère qui ne démontrent pas protéger notre environnement.

8. L'éradication totale de l'orpaillage illégal, dans les secteurs sud-est et sud-ouest de la Guyane. Le rétablissement des postes fluviaux des forces publiques à Elaé et Camopi aux limites des zones à accès règlementé (ZAR) https://www.facebook.com/isa.guillard/posts/10211395512076868?pnref=story 3

https://www.facebook.com/La1ere/videos/1392660607423596/?pnref=story 3
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Re: Guyane en situation de double pouvoir...

Message  Toussaint le Mer 29 Mar - 16:40

Médiapart, bon article.


Mobilisée, la Guyane attend Paris

29 mars 2017| Par MARION BRISWALTER


Des milliers d’habitants sont descendus mardi 28 mars dans les rues de Cayenne, de Saint-Laurent et le long des berges du Maroni. Mathias Fekl et Ericka Bareigts arrivent ce mercredi en Guyane.

Cayenne (Guyane), correspondance.- Ils étaient « 8 000 » à Cayenne, « 3 500 » à Saint-Laurent selon la préfecture et près de « 200 » à Maripasoula selon une organisatrice, à répondre mardi matin à l’appel à la « marche » lancé moins de 24 heures plus tôt par les “collectifs”. La journée est une réussite sur le plan comptable, puisque l’affluence est « historique pour la Guyane ».


À Cayenne, le cortège a emprunté une voie symbolique, menant du siège social d’EDF – contre lequel converge le fort lobby syndical de l’Union des travailleurs guyanais (UTG) – à la préfecture. Il était ouvert par les « 500 frères contre la délinquance » et offrait un bel éventail multiculturel, semblant promettre une réinvention collective des solidarités. Image qu’il faudra confirmer, car une forte empreinte identitaire accompagne depuis le début le mouvement. Salariés du privé, fonctionnaires d’État, lycéens, syndicalistes, chefs d’entreprise, personnels de la santé, avocats, réunis sous la forme des “collectifs” d’intérêts communs (pour l’éducation, pour la santé, socioprofessionnels…) ont montré, dans un élan pacifiste, qu’ils attendent de Paris des annonces budgétaires substantielles pour un « rattrapage structurel ».

« C’était une manifestation très belle. Il y avait un tas de gens de toutes couleurs et opinions, qui étaient tous ensemble pour dire qu’il y en a assez de ne pas pouvoir fonctionner et évoluer », commente le porte-parole des agriculteurs.

Maurice Pindard, fondateur du Mouvement de décolonisation et d’émancipation sociale (MDES), fulmine : « La Guyane connaît trop de maux pour que nous restions silencieux : l’accès aux terres confisquées par l’État, le chômage de masse de notre jeunesse (50 % des jeunes), le manque de formations (30 % des enfants arrivent jusqu’au bac), la santé avec deux hôpitaux en souffrance et un en vente [la vente vient d’être refusée par la ministre de la santé, Marisol Touraine – ndlr]. 60 % des décès à l’hôpital auraient pu être empêchés si les patients avaient été pris en charge dans un hôpital en France ! Tous les blocages et freins sont liés à notre condition de colonie déguisée en département puis région et enfin collectivité. »

« Depuis dix, quinze ans, les demandes des services déconcentrés de l’État ne sont jamais exaucées, exprime un fonctionnaire. Ici, les services sont totalement exsangues, que ce soit la police, la justice… Les problèmes sont de plus en plus complexes, d’une ampleur sans nom. »

Cette marche est une démonstration de cohésion à la barbe de la République française. Avec une telle adhésion populaire, les collectifs valorisent leur refus de négocier avec la délégation interministérielle dépêchée par le gouvernement samedi dernier.

Plus d’un ministre a tenté par le passé de prendre des mesures depuis la cité parisienne, mais tous ont finalement dû se résoudre à faire le déplacement. En 2014, la ministre de l’enseignement supérieur, Geneviève Fioraso, qui validait l’université de plein exercice. Six ans plus tôt, Yves Jégo, le secrétaire d’État à l’outre-mer, qui concédait une baisse de 50 centimes sur les carburants. Baisse qui aura fait long feu puisque, aujourd’hui, les prix sont parmi les plus élevés de France. En 1996, c’est le ministre de l’éducation, François Bayrou, qui était venu rencontrer les lycéens après quasiment un mois de manifestations acharnées, pour offrir à la Guyane une académie.

Participant donc à cette tradition républicaine, Mathias Fekl, ministre de l'intérieur, et Ericka Bareigts, ministre des outre-mer, ont annoncé mardi soir leur venue dans le territoire amazonien.

Mais les « cahiers de revendications » parviennent au compte-gouttes à la préfecture. Le gouvernement presse les groupes de faire connaître « les points de revendications » pour que se poursuivent au mieux les « négociations ». Et c’est là que les choses se gâtent. Car en interne, ce mouvement d’agrégats est parcouru de nombreux soubresauts. « C’est toujours compliqué quand on est nombreux, mais on a l’avantage d’avoir des revendications suffisamment fortes pour nous rassembler tous », expose un membre du collectif des socioprofessionnels. Le groupe rassemble « dix-huit » entités, telles que les moyennes et petites industries, les transporteurs, le Medef, les agriculteurs…

« Ce n’est pas en claquant des doigts en deux jours qu’on va réussir à travailler ensemble. Maintenant, il y a une volonté de le faire, même s’il y a des problèmes d’égos », exprime Vincent Touchaleaume, du Steg UTG. « La particularité de ce mouvement est la rapidité avec laquelle, en une semaine, tout le pays s'est embrasé, prenant de court les organisations syndicales patronales ou de salariés », note Maurice Pindard.

« Il faut rappeler la logique du mouvement. Le collectif de départ associé aux “500 frères” n'ayant pas confiance en les élus ou en les syndicats, a privilégié le travail des collectifs. Il est vrai que c'est bien de voir les groupes travailler partout, c’est la démocratie. Pour le contexte, c'est autre chose. Les menaces et vociférations, c'est inadmissible et c’est un très mauvais message pour les plus jeunes », estime un cadre syndical. Les collectifs de citoyens, de salariés grévistes, balayent « les corps intermédiaires », mais « pour qu’il y ait une aura sociale, il faut une organisation syndicale qui a une légitimité », ajoute le syndicaliste.

« Même si on partage les grands axes de revendications, on a nos propres demandes, ajoute Jean-Philippe Chambrier, coordinateur général de la Fédération des organisations autochtones de Guyane (FOAG). Nous voulons la ratification de la convention 169 de l’OIT (Organisation internationale du travail), la rétrocession foncière. Il a été décidé que nous restions solidaires des collectifs, mais quand il va falloir négocier, on veut être là ! »

Le gradient « d’oubli » par les institutions s’accentue à mesure qu’on s’éloigne du chef-lieu. « Nous sommes enclavés et demandons un meilleur transport aérien, fluvial, un lycée. Nous avons des problèmes de santé », exprime Lydina, organisatrice du mouvement à Maripasoula et professeure des écoles. « Il nous faut des antennes pour les démarches administratives, car sinon il faut aller à Cayenne », la “capitale” – à une heure d’avion dans le meilleur des cas – de ce bassin de 25 000 habitants qui connaît une croissance annuelle de 7 à 10 %.

Si quelques revendications sont farfelues, au bout du compte, les voix convergent vers une amélioration de la prise en charge hospitalière, une redistribution foncière, la construction d’établissements scolaires, le renforcement de la sécurité publique, une vraie place donnée aux langues régionales et à « l’histoire du territoire ». Vers une amélioration des services de base, dans un pays qui se targue de tenir la « continuité territoriale ». La crise est institutionnelle. Paris et les élus locaux, champions du cumul de mandats, sont semble-t-il avertis.
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Re: Guyane en situation de double pouvoir...

Message  Toussaint le Mer 29 Mar - 16:42

Pour quelques données de base...
Les chiffres-clés pour comprendre la situation en Guyane
Un appel à la grève générale a été lancé dans le département d’outre-mer où les habitants réclament des investissements pour répondre aux défis socio-économiques.
LE MONDE | 27.03.2017 | Par Eléa Pommiers
Chômage record, insécurité chronique, accès aux soins limité… la tension en Guyane, région d’outre-mer située en Amérique du Sud, a conduit le principal syndicat local, l’Union des travailleurs guyanais (UTG), à lancer un appel à la grève générale à compter de lundi 27 mars. Tour d’horizon de la situation économique et sociale.
Une population plus jeune et plus pauvre qu’en métropole
Avec 250 000 habitants pour 83 534 km², la Guyane est la région française la moins peuplée après Mayotte. Elle a également l’une des densités de population les plus faibles de France (3 habitants au kilomètre carré). En revanche, elle est la région où la population croît le plus rapidement : 2,4 % en moyenne. Elle n’augmente que de 0,5 % dans l’Hexagone, et diminue en Guadeloupe et Martinique. Les Guyanais sont ainsi deux fois plus nombreux qu’en 1990.
Conséquence du nombre élevé de naissances (plus de 3,5 enfants par femme contre 1,98 en métropole), les moins de 20 ans représentent 43 % de la population (24 % en métropole). Ils sont aussi les plus touchés par la précarité économique : 40 % des 15-24 ans sont au chômage. Pour ces jeunes, les grévistes réclament surtout des mesures en faveur de l’accès à l’éducation : la moitié seulement des 15-24 ans est scolarisée (60 % en métropole), seuls 12 % d’entre eux ont le baccalauréat et ils sont plus d’un quart à présenter de graves difficultés de lecture (4 % en métropole).
La population guyanaise se caractérise également par sa précarité, supérieure à celle observée en métropole. Selon l’Office de l’eau en Guyane, 46 000 personnes n’ont pas d’accès direct à un service d’eau potable. Le taux de chômage global est de 22,3 %, soit plus de deux fois plus que sur le territoire métropolitain, mais également plus qu’en Martinique (19,4 %, chiffre de 2014) ou à Mayotte (19,6 %, chiffre de 2014). Le revenu annuel moyen du département d’outre-mer est inférieur de plus de 44 % à celui de l’Hexagone et on compte près de quatre fois plus de bénéficiaires du revenu de solidarité active (RSA) et de la couverture maladie universelle (CMU) complémentaire. Cette dernière permet un remboursement intégral des dépenses de santé pour les foyers disposant, par exemple, de moins de 2 000 euros mensuels pour 5 personnes.
Un coût de la vie plus élevé que dans l’Hexagone
Outre des mesures pour lutter contre cette précarité, les Guyanais manifestent contre le coût élevé de la vie. D’après un rapport de l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) publié en 2015, les prix à la consommation y sont supérieurs de près de 12 % à ceux de la métropole (12,5 % en Guadeloupe, 12,3 % en Martinique). Cet écart s’est réduit depuis 2010 mais il reste considérable sur les produits alimentaires (45 % plus chers en Guyane qu’en France métropolitaine) et sur les logements (20 % plus chers).
Pour les biens de consommation, ce « surcoût » s’explique principalement par deux facteurs : un marché local peu développé et la taxation des produits importés. Ces derniers sont notamment soumis à la taxe de « l’octroi de mer », qui vise à protéger le marché local contre la concurrence des productions extérieures mais renchérit le coût de la vie.
Deux fois moins de médecins qu’en métropole
Sur le plan social, les Guyanais réclament une amélioration de l’offre de soins. L’espérance de vie dans le département est de deux ans inférieure à celui de la métropole et certaines causes de décès y sont surreprésentées, comme la mortalité infantile et la mortalité liée au VIH. Par ailleurs, le département ultramarin est très touché par la dengue, le chikungunya et le Zika, qui nécessitent une prise en charge médicale importante.
Or, la Guyane compte moitié moins de médecins généralistes que la métropole ; près de 4 fois moins pour les médecins spécialistes (24 médecins spécialistes pour 100 000 habitants). Le département dispose de deux centres hospitaliers et de deux maternités, mais les disparités sont fortes. Un cinquième de la population est à plus de trente minutes d’un service d’urgence. Un rapport de l’Insee de 2014 soulignait que certaines femmes étaient à plus de 400 kilomètres d’une maternité, et devaient parfois s’y rendre en pirogue. En effet, les inégalités sont amplifiées par le mauvais état de nombreuses infrastructures routières : 7 communes sur 22 sont inaccessibles par la route et leurs habitants ne peuvent se rendre aux urgences que par hélicoptère.
Des taux de délinquance importants
La région est particulièrement touchée par l’insécurité et le problème est à l’origine du mouvement social en Guyane. Les chiffres témoignent notamment d’une violence plus importante qu’en métropole : en 2016, le ministère de l’intérieur y a recensé près de 3 fois plus de violences volontaires, 4 fois plus de vols violents sans arme et 13,5 fois plus de vols avec arme. Les chiffres sont également parmi les plus élevé de tout l’outre-mer. En janvier, le procureur de Cayenne, Eric Vaillant, estimait qu’avec 42 homicides en 2016 pour une population de 250 000 habitants, la Guyane était le « département le plus meurtrier de France en valeur relative », c’est-à-dire rapporté au nombre d’habitants. En octobre 2016, Bernard Cazeneuve, alors ministre de l’intérieur, avait promis de renforcer les effectifs de police et gendarmerie pour tenter d’endiguer la délinquance et la criminalité.
Une situation migratoire difficile
La situation migratoire s’ajoute à ces difficultés. La Guyane est le seul DOM-COM français habité à ne pas être une île, et le seul territoire de la France et de l’Union européenne à avoir une frontière terrestre avec des pays d’Amérique latine. Elle exerce ainsi une forte attractivité économique et sociale, notamment pour les Haïtiens, les Brésiliens et les Surinamais.
En conséquence, le département a enregistré plus de 40 % des demandes d’asile reçues par la France dans l’outre-mer en 2013, et ces demandes ont considérablement augmenté en 2015. La population de nationalité étrangère représente 35 % de la population totale. C’est moins qu’à Mayotte (40 %) mais beaucoup plus qu’en métropole (6,4 %), qu’en Martinique (1,9%) ou en Guadeloupe (4,7%). Parmi eux, le ministère de l’intérieur estimait le nombre d’étrangers en situation irrégulière sur le territoire entre 30 000 et 60 000 en 2012. La présidente du Front national, Marine Le Pen, a ainsi soutenu le 26 mars que « l’immigration massive » en Guyane était à l’origine de la criminalité, argument simpliste que rien ne permet de confirmer.
Si plus de la moitié des détenus en Guyane était de nationalité étrangère en 2012, le bilan statistique du ministère de l’intérieur pour 2016 souligne que 88 % des mis en cause (personnes auditionnées par la police et signalées aux autorités judiciaires car des indices graves ou concordants indiquent qu’elles ont pu participer à la commission d’un crime ou d’un délit) en Martinique, Guadeloupe et Guyane sont français. Par ailleurs, l’Insee relevait en 2013 que le solde migratoire pour la région, positif durant des décennies, était négatif depuis 2012.
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Re: Guyane en situation de double pouvoir...

Message  Toussaint le Mer 29 Mar - 16:52

A noter la débandade du gouvernement colonial.
Alors que l'infortunée ministre de l'Outre-Mer jouait la "droite dans ses bottes" et se livrait à quelques provocations, assez vite le premier ministre intervenait, en faisant mine aussi de bomber le torse, mais en réalité en acceptant d'envoyer des ministres. "Avant la fin de la semaine". Résultat, après les manifs, ils seront là aujourd'hui.
Ensuite, les élus et "personnalités", entre autres le sénateur Karam, sinistre personnage se disant "révolutionnaires" (sic), bouffeur à tous les râteliers, membre du gouvernement Fillon, la pathétique Taubira, ulcérée que son offre de bons offices la semaine dernière sur les barrages ait été accueillie par un silence assourdissant, relaient les positions de Cazeneuve, notamment pour essayer de mettre les 500 frères sur la touche et redonner le pouvoir de décision à des élus discrédités.
Le Karam notamment opposant la représentativité des élus au "pouvoir de la rue"... Pour le moment, ces marionnettes du pouvoir colonial n'ont strictement aucune importance, mais avec les négociations, ils vont appuyer le patronat, notamment la FEMDOM, et les partisans d'une "zone franche". On verra bien.
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Re: Guyane en situation de double pouvoir...

Message  Roseau le Mer 29 Mar - 21:28

Vidéo qui résume bien la situation en 3 mn
https://youtu.be/LaxBkTie-sw
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Re: Guyane en situation de double pouvoir...

Message  Toussaint le Jeu 30 Mar - 15:30

Les négociations commencent... par des provocations de l'état colonial.
D'abord, les ministres annoncent qu'ils rentrent dans leur tanière parisienne demain à 21 heures, autrement dit c'est un ultimatum, personne ne peut penser à une négociation sérieuse sur tous les points à discuter...
Et il s'agit ainsi forcer le mouvement social à continuer à "négocier" avec des sous-fifres et puis, dans x semaines, une fois la mobilisation terminée, signatures d'accords à Paris, comme d'hab...
L'UTG et les 500 frères qui pour le moment fonctionnent en parfaite synergie, ont déjà refusé cette perspective...
Ensuite, un des ministres a déclaré en gros qu'il n'y avait "pas d'argent".
Ensuite, les ministres ont joué la provoc et la division ce matin à l'ouverture des négociations.
D'abord, ils ont bloqué l'accès à pratiquement tous les collectifs. Par la soldatesque coloniale.Intervention des 500 frères, cagoulés. La soldatesque cède.
Ensuite, annonce du préfet, la salle a 30 places assises. Donc pas plus de 2 personnes par collectif. Là dessus, les agriculteurs négocient et obtiennent 9 représentants... Heureusement, intervention du représentant des 500 frères qui recadre et impose une solidarité de tous les collectifs.
Après, avec 2 personnes par collectif, qui seront debout et assises, les délégations étaient prêtes. Mais les barrières maintenaient la population et les 500 frères à plus de 100 mètres de l'endroit des négociations. Et la presse devait rester en dehors de la préfecture, avec la population et les 500 frères...
Alors, de nouveau, grosse tension, réunion sous l'impulsion des frères et de l'UTG, et les collectifs donnent un ultimatum de lever les barrières, laisser entrer la presse sous peine d'un retrait unanime de toute négociation... Et le pouvoir colonial a reculé, de nouveau...
On en est là. Sur proposition de certains collectifs, principalement les frères et l'UTG, les délégations écouteront les propositions des ministres et reviendront pour en débattre, les faire connaître à la population mobilisée
La préfecture a mis la pression en gueulant (pas d'autre mot) à la presse qui cherchait à entrer dans la salle de négociation de "reculer". Le porte parole de l'UTG a aussitôt précisé: "PAS D'INTIMIDATION, LA PRESSE DOIT ASSISTER AUS ECHANGES, CE N'EST PAS NEGOCIABLE".
Auparavant, l'infecte Taubira avait attaqué les  frères et leurs cagoules, soutenant Cazeneuve. Bad move... les frères l'ont taclée et remise à sa place, renvoyée à son bilan personnel. Pas mal.
Clairement, ce qui dérange les autorités coloniales et leurs laquais locaux, les Karam, Taubira et Alexandre, liste non exhaustive, c'est la dimension dualité de pouvoir et la volonté populaire de savoir ce qu'on va discuter, ce qui sera décidé pour l'accepter et le refuser. Les flics et la préfecture sont furieux, à la limite de la crise de nerfs...
A suivre sur Guyane lère sur Internet ou le satellite...
Aux dernières nouvelles, si la presse n'est pas admise dans la salle des négociations, les délégations se retireront. Ultimatum aux ministres. Les délégations ont quitté la salle pour attendre la décision des autorités coloniales...
Un mot sur l'UTG. C'est un syndicat lutte de classes, et qui porte la question nationale guyanaise. Avec des différences internes, mais globalement, LDC et anticolonialiste. Avec des militants impressionnants parfois. Et je pèse mes mots, impressionnants, femmes comme hommes. En gros, sur une ligne voisine de celle du MDES, mais je dirais plus clairement LDC.
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Re: Guyane en situation de double pouvoir...

Message  Toussaint le Jeu 30 Mar - 15:50

Les collectifs ont cédé, la presse n'aura qu'une demi heure, dommage, et c'est un premier recul du mouvement. Certains collectifs ne doivent pas non plus vouloir trop de transparence lorsque les divisions vont apparaître...
Sur les 500 frères, et leurs cagoules, ce que ne disent pas les Karam et Taubira, a fortiori l'état colonial, c'est que déjà dans le passé, il y a eu des assassinats, des arrestations sommaires, des disparitions. La secrétaire-adjointe de l'UTG a dit ce matin à la radio qu'il faudra à l'issue du mouvement "protéger les 500 frères"...
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