"Voyage à travers le cinéma français" (Tavernier)

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"Voyage à travers le cinéma français" (Tavernier)

Message  Byrrh le Ven 21 Oct - 15:35

J'ai vu ce documentaire hier soir, dans une salle de Nancy. Evidemment, assistance habituelle des cinémas d'art et d'essai : vieux profs, bobos intellos... ce qui n'a d'ailleurs pas empêché le débat qui a suivi (en présence du réalisateur) d'être assez creux et inintéressant.

On le sait, si Bertrand Tavernier a eu par le passé des prises de position sympathiques, il n'a jamais été immunisé contre la mythologie républicaine et le "patriotisme de gauche". On aurait donc pu craindre que son hommage au cinéma français ait une dimension un peu trop cocardière.

C'est le cas à certains moments, mais au cours de ces trois heures d'extraits de films et de commentaires, il n'oublie pourtant pas de resituer le contexte de cet "âge d'or" qui va des années 1930 au début des années 1970. En effet, plutôt qu'un cinéma "national", le cinéma français de cette époque a été un cinéma cosmopolite, où le monde s'est donné rendez-vous, et qui a profité de multiples apports extérieurs. S'il est question de Gabin, Jouvet, Arletty ou Signoret, sont aussi évoqués des noms d'origine étrangère : Joseph Kosma, Alexandre Trauner, Charles Spaak, Erich von Stroheim, Eddie Constantine, Serge Reggiani, Lino Ventura, ou encore Kurt Weill, qui eut une influence décisive sur les compositeurs français de musique de films...

Il est également question de l'opportunisme d'un Jean Renoir qui, après avoir tourné Le crime de Monsieur Lange (dialogues de Prévert), Toni (sur la classe ouvrière d'origine italienne) ou La bête humaine, et avoir été un compagnon de route des staliniens (La vie est à nous, La Marseillaise), se découvrit des sympathies fascistes et antisémites, avant finalement de se barrer poursuivre sa carrière aux USA...

Tavernier a sélectionné des extraits d'une centaine d’œuvres de cinéastes connus (Renoir, Carné, Duvivier, Becker, Vigo, Bresson...) et oubliés (Jean Sacha, Edmond T. Gréville, Henri Calef...). Parmi ces films, des chefs-d’œuvre de renommée internationale, mais aussi des curiosités à découvrir.

A l'époque de leur sortie, la plupart de ces films pouvaient être vus par à peu près n'importe qui, pouvaient être projetés dans un cinéma luxueux comme dans une salle à la clientèle populaire : c'était avant la segmentation entre "films grand public" et "films d'intellos"... Que ce temps paraît lointain !...

Byrrh

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