"Ça s'est passé à Rome", de Mauro Bolognini (1960)

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"Ça s'est passé à Rome", de Mauro Bolognini (1960)

Message  Byrrh le Ven 8 Jan - 16:02



Dans la nuit du 17 au 18 janvier 2016 (dimanche à lundi), à 1 heure du matin (!!!), le "Cinéma de minuit" de France 3 diffusera le film Ça s'est passé à Rome (La giornata balorda) de Mauro Bolognini (Italie/France, 1960), d'après Alberto Moravia, scénario de Pier Paolo Pasolini. Avec Jean Sorel, Lea Massari, Isabelle Corey, Rik Battaglia, Paolo Stoppa.

Je ne l'ai pas vu, mais voici ce qu'en dit le site www.avoir-alire.com :

L’argument : Davide, jeune homme des quartiers populaires de la périphérie de Rome, est sans emploi. Pour épouser la jeune Ivana, mère de son enfant, il part à la recherche d’un travail.

Notre avis : Récemment et magnifiquement restauré, La giornata balorda éblouit d’emblée par la splendeur presque terrassante de sa photo noir et blanc signée Aldo Scavarda et par la virtuosité de la composition des plans et des mouvements de caméra.

La scène d’ouverture est proprement magistrale : un lent et majestueux travelling observe, en une saisissante contre-plongée, le théâtre d’une cour d’immeuble populaire entourée de balcons où s’affairent les ménagères, la musique dissonante (jazzy minimaliste) de Piero Piccioni ne s’arrêtant que brièvement, au moment où la caméra passe sous une traverse, pour laisser place au cri d’un brocanteur et à quelques échanges verbaux. Le même travelling, inversé, sera repris à la fin, clôturant la journée d’errance du protagoniste à la recherche d’un emploi dans une Rome estivale écrasée de chaleur.

Les étapes de sa pérégrination, entre l’EUR et la plage de Fregene, sont pour le trio de scénaristes, Bolognini-Pasolini-Moravia, l’occasion de développer autant de saynètes aux tonalités variées : bouffonnerie morbide imprégnant l’épisode du cadavre abandonné dans la chambre mortuaire, vague atmosphère policière dans l’épisode du trajet en camion pour livrer une marchandise qui ne doit pas tomber aux mains de la police, satire sociale dans celui du chantage exercé sur l’homme d’affaires peu scrupuleux, savoureusement incarné par Paolo Stoppa, ou lors de la confrontation du prolétaire et de la haute société oisive (une séquence à l’atmosphère quelque peu antonionienne).

La giornata balorda est inspirée des recueils de nouvelles Racconti Romani et Nuovi racconti Romani de Moravia dont on reconnaît la note de dérision existentielle, voire de cynisme (la bague du cadavre), omniprésente mais contrebalancée par la sacralité documentaire pasolinienne et le bonheur manifeste de Bolognini à déployer les fastes de sa mise en scène. Celle-ci célèbre les beautés conjuguées de l’été, de Rome et des corps de ses jeunes actrices et acteurs, le parcours initiatique du protagoniste prenant l’allure d’un rituel dionysiaque.

Byrrh

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