Chen Duxiu, communiste chinois (1879-1942)

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Chen Duxiu, communiste chinois (1879-1942)

Message  Byrrh le Lun 31 Aoû - 18:10

Sur le site du NPA, on peut lire le texte de Chen Duxiu et l'échec de la révolution prolétarienne en Chine, exposé donné par une camarade du courant "Anticapitalisme & Révolution" lors de l'Université d'été 2015 du NPA, dans le cycle "Figures du mouvement ouvrier".

Chen Duxiu peut être présenté comme un homme aux vies multiples, et à la fois traversée par une constante : celle du rejet de toutes les formes d'oppression et de soumission. Tour à tour journaliste, enseignant, conspirateur, membre de gouvernement, chef d'un parti révolutionnaire, chef de l'opposition dans ce même parti révolutionnaire, les rejets qui ponctuent son itinéraire et son engagement intellectuel sont autant d'étapes historiques : l'Empire mandchou et l'Ancien régime, Confucius, l’impérialisme et le stalinisme.

Chen Duxiu, de son vrai nom Chen Qiansheng, fut à la fois le principal fondateur du parti communiste chinois et la figure la plus emblématique du mouvement trotskiste chinois, écrasé par trois vagues successives ou simultanées d'ennemis ligués ou séparés : la bourgeoisie nationaliste alliée aux impérialistes, la Troisième Internationale stalinienne et le Maoïsme.

Byrrh

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Re: Chen Duxiu, communiste chinois (1879-1942)

Message  hadrien le Mar 1 Sep - 2:56

Cette lettre montre comment les autorités françaises en Chine voyaient la situation sociale explosive....

INTRODUCTION

Le Parti communiste chinois est constitué en 1921 avec Chen Duxiu pour secrétaire général ; ses débuts sont modestes, il a 57 membres fondateurs. Mais il naît dans la foulée de la révolution en Europe et particulièrement en Russie et dans la montée ouvrière révolutionnaire en Chine....

On est encore à l’époque où les thèses de l’Internationale communiste affirment que la révolution en Chine doit être prolétarienne et socialiste et pas une étape bourgeoise démocratique, comme l’affirmera le stalinisme. Bien qu’arriérée, en grande partie féodale et en majorité paysanne, la Chine connaît un essor du prolétariat et le courant communiste reconnaît dans ce jeune prolétariat la force capable de diriger y compris la révolution bourgeoise à son terme ce dont la bourgeoisie nationale est incapable. Le maoïsme et le stalinisme n’avaient pas encore droit de cité...

C’est dans la concession française de Shanghai qu’a lieu, en juillet 1921, l’événement considéré comme l’acte de naissance du Parti communiste chinois, son premier congrès. Ce n’est pas un hasard : Shanghai, ville de forte concentration ouvrière et place-forte du capitalisme, foyer de rassemblement d’intellectuels modernistes au lendemain de la seconde guerre mondiale, est le laboratoire où peuvent naître et se développer les mouvements révolutionnaires. Le régime des concessions, par la relative protection qu’elles offrent, permet en outre à ces théories de s’exprimer avec plus de liberté. Les principes de démocratie, de droits de l’homme, les idéaux de la révolution française y sont revendiqués par la jeune intelligentsia, qui dénonce en même temps la présence étrangère. La direction du PCC s’installe donc dans la concession, et particulièrement, son secrétaire général, Chen Duxiu, professeur de littérature, francophile, converti au marxisme en 1920. Cependant la tolérance dont les autorités françaises font preuve n’est pas sans arrière-pensée ni restriction. D’une part, et selon une remarque du consul lui-même, " cette solution permet à notre police de se tenir au courant des faits et gestes des communistes chinois et de leurs relations avec leurs camarades de l’Internationale ". D’autre part, la libre expression politique trouve sa limite dans les fonctions de maintien de l’ordre et de la sécurité publique assumées par les services municipaux.

Ainsi le premier congrès du Parti communiste et ses activités n’échappent-ils pas à la surveillance policière. Chen Duxiu, qui tient dans sa maison de la rue Vallon, une école de langues tenant lieu d’officine de traduction et de diffusion de textes émanant du Komintern et passant pour subversifs est l’objet d’une dénonciation et arrêté le 4 octobre 1921 puis en 1922. Ses activités et celles de ses compagnons suscitent la sympathie des intellectuels français compagnons de route du Parti communiste, tel l’écrivain Henri Barbusse qui lui propose de participer au mouvement Clarté .

Par ailleurs, Chen Duxiu est l’un des inspirateurs du mouvement Travail et Etudes qui, dès 1919, permet à 2 à 3000 étudiants-ouvriers - parmi lesquels les deux fils de Chen Duxiu - de s’embarquer vers Marseille. Le mouvement souffre des mauvaises conditions économiques en France à cette époque et il se termine assez mal en 1925. Le 30 mai, la police de la concession internationale a tiré sur un cortège de manifestants qui soutenaient les ouvriers en grève d’une filature japonaise de la banlieue ouest de Shanghai, faisant 13 morts et déclenchant la colère à travers tout le pays et un mouvement révolutionnaire préfigurant les évènements de 1927. A Paris, les étudiants chinois soutiennent le mouvement, obtiennent l’appui des communistes français, lancent des appels à l’insoumission aux marins envoyés par la France pour protéger la concession. Mais, ayant pénétré de force dans les locaux de la Légation de Chine à Paris pour protester contre le refus d’une autorisation de tenir un meeting, ils sont expulsés ou partent d’eux-mêmes pour rejoindre le centre révolutionnaire qu’est devenu Shanghai.

Lorsque le PCC tint son Deuxième congrès national ouvrier, le jour de la Fête du Travail du 1er mai 1925, ses organisations représentaient 570 000 ouvriers. Son influence croissante entraina une vague de luttes militantes de la classe ouvrière.

Au cours des grèves dans les usines textiles japonaises à Shanghai, un travailleur communiste fut tué par balle, provoquant des protestations anti-impérialistes dans la ville. Le 30 mai, des milliers d’étudiants et d’ouvriers protestèrent devant un poste de police de Shanghai pour exiger la libération des manifestants arrêtés. La police britannique ouvrit le feu, tuant 12 personnes et en blessant des douzaines d’autres. La grève de Canton-Hong Kong en 1925

Cet « Incident du 30 mai » provoqua une éruption sans précédent dans la classe ouvrière qui marqua le début de la Deuxième révolution chinoise. 125 grèves eurent lieu, impliquant 400 000 ouvriers, en même temps que des protestations de masse et des émeutes à travers le pays. Trois semaines plus tard, en juin 1925, lorsque des ouvriers et des étudiants manifestèrent à Guangzhou, la police militaire franco-anglaise fit feu et tua 52 personnes. A l’annonce du massacre, les ouvriers de Hong Kong répondirent par une grève générale. 100 000 ouvriers quittèrent Hong Kong et un boycott des produits britanniques fut déclaré, sous la direction d’un comité de grève de Canton et Hong Kong. Cette assemblée élue de délégués des ouvriers, avec ses milliers de travailleurs armés dans les piquets de grèves, était l’embryon d’un soviet.

La radicalisation de la classe ouvrière contraignit la direction du PCC à reconsidérer ses relations avec le KMT. En octobre 1925, Chen Duxiu proposa à nouveau que le PCC quitte le KMT et ne collabore avec lui que de l’extérieur, mais le Komintern rejeta sa proposition. La clique stalinienne préféra essayer d’utiliser la mort de Sun pour installer des dirigeants « de gauche » ou pro-moscovites, tels que Wang Ching-wei ou Tchang à la direction centrale du KMT.

Après l’embrasement de la classe ouvrière en 1925, Staline ne prit pas de tournant vers la gauche, mais fonda toute sa politique sur une approche incontestablement menchevique. En opposition avec les leçons de 1917 en Russie, il renforça l’illusion que le KMT bourgeois était un parti « des ouvriers et des paysans », capable de mener la lutte révolutionnaire. Plus tard il alla même plus loin, soutenant que dans des pays tels que la Chine, l’oppression impérialiste réunissait toutes les forces « progressistes » — la bourgeoisie nationale, l’intelligentsia petite bourgeoise, la paysannerie et la classe ouvrière — en un « bloc des quatre classes ».

La transformation par Staline du PCC en un appendice du KMT ouvrait la porte à de graves menaces vis-à-vis du parti au moment où le KMT prenait un tournant inévitable dans le sens de l’opposition au mouvement révolutionnaire. Le 20 mars 1926, Tchang réalisa un coup de force afin de resserrer son emprise sur le KMT. Il ne renversa pas seulement la dénommée « aile gauche » de la direction du KMT, mais procéda également à l’arrestation de 50 personnalités communistes et plaça tous les conseillers soviétiques en résidence surveillée. Il désarma le Comité de grève de Canton — Hong Kong et s’établit de facto comme dictateur militaire au Guangzhou.

Trotsky engagea une lutte politique systématique contre la politique stalinienne chinoise. En septembre 1926, Trotsky conclut que le PCC devait quitter immédiatement le KMT. « Le mouvement vers la gauche des masses ouvrières chinoises », écrivait-il, « est un fait aussi assuré que le mouvement vers la droite de la bourgeoisie chinoise. Dans la mesure où le Kuo-Min-Tang a été établi sur l’union politique et organisationnelle des ouvriers et de la bourgeoisie, il doit maintenant éclater sous l’effet des tendances centrifuges de la lutte des classes. Il n’y a pas actuellement de formules politiques magiques ou des stratagèmes tactiques astucieux possibles pour contrecarrer ces tendances et il n’y en aura pas davantage à l’avenir.

« La participation du PCC au Kuo-Min-Tang était parfaitement correcte durant la période où le PCC était un cercle de propagande qui se préparait seulement à une activité politique future indépendante mais qui, en même temps, cherchait à prendre part à la lutte de libération nationale en cours. Au cours des deux dernières années, on a pu voir le développement d’une puissante vague de grèves parmi les ouvriers chinois… Cette situation confronte le PCC à la tâche de passer de l’état de préparation où il se trouve actuellement à une étape plus avancée. Sa tâche politique immédiate doit maintenant consister à lutter pour une direction résolument indépendante de la classe ouvrière en éveil — non pas bien sûr dans le but de soustraire la classe ouvrière du cadre de la lutte nationale-révolutionnaire, mais pour lui assurer le rôle, non seulement du combattant le plus résolu, mais aussi celui de dirigeants ayant une prédominance dans la lutte des masses chinoises. » (Leon Trotsky on China, Monad Press, New York, 1978, p. 114, traduit de l’anglais).

L’analyse de Trotsky fut confirmée par les évènements. Au lieu de développer une perspective prolétarienne indépendante, le PCC consacra son énergie à soutenir l’expédition du Nord de Tchang contre les seigneurs de la guerre en appelant les ouvriers et les paysans à soutenir l’Armée nationale révolutionnaire. Les masses fournirent des renseignements et établirent des unités de guérilla pour interrompre le transport et pour saboter l’approvisionnement à l’arrière des lignes ennemies. Sans ce soutien populaire et l’héroïsme exceptionnel des commandants communistes de l’armée, Tchang Kaï-chek n’aurait pas pu, comme il le fit, atteindre la vallée du fleuve du Yangtsé en moins de quatre mois.

Cependant, les tensions de classes allaient vers l’explosion étant donné que les victoires militaires du KMT étaient considérées par les masses chinoises seulement comme le début de la révolution. Lorsque le corps expéditionnaire libéra Hunan, par exemple, quatre millions de paysans affluèrent dans des associations paysannes en seulement cinq mois et un demi-million d’ouvriers rejoignirent l’Union générale du Travail dirigée par le PCC. Au Wuhan, un centre industriel majeur de la vallée du Yangtsé, 300 000 ouvriers formèrent l’Union générale de Hubei, sous la direction du PCC. De plus, le mouvement de masse se radicalisait rapidement. Les ouvriers prirent spontanément le contrôle des concessions britanniques à Hankou. Le mouvement paysan évolua, commençant par demander des réductions du prix des fermages pour en arriver à des luttes armées pour expulser les propriétaires terriens. Avril 1927 : Le coup de Shanghai

Alors que les masses se soulevaient, Tchang Kaï-chek évoluait rapidement vers le camp de la grande entreprise, des compradores et des représentants de l’impérialisme dans l’Est de la Chine, pour supprimer la révolution. Moscou proclamait que l’évolution droitière de Tchang pouvait être contrecarrée en reconstruisant la « gauche » autour de Wang Ching-wei à la direction centrale du KMT, désormais située au Wuhan. Cependant, le désaccord entre la gauche et la droite du KMT était purement tactique. Les deux étaient d’accord pour établir un gouvernement bourgeois « national ». Leurs désaccords portaient essentiellement sur des questions de stratégie militaire, de partage du pouvoir et, le plus important, sur quand et comment rompre l’alliance du KMT avec le parti communiste.

En dépit des protestations vides de sens adressées par Tchang à Staline qu’il n’établirait pas la domination bourgeoise en Chine, une épreuve de force était inévitable alors que les armées du KMT approchaient de Shanghai — le centre économique du pays avec une classe ouvrière importante et radicalisée.

Le PCC tenta de prendre le contrôle de la ville avant l’arrivée des troupes du KMT, mais la politique de Staline d’éviter un conflit « prématuré » avec Tchang Kaï-chek et de maintenir le « bloc des quatre classes » sapa et finit par étrangler cette initiative. Les ouvriers de Shanghai prirent le pouvoir, seulement pour le rendre à la bourgeoisie et faire face ensuite à la furie meurtrière des gangs de voyous de Tchang.

Sous la pression de la montée des luttes de masse, la direction du PCC lança un appel à briser la barrière entre les tâches nationales démocratiques et la révolution socialiste. Le parti fit appel à la classe ouvrière pour accomplir « sur le champ » la révolution chinoise, en « concentrant le rail, le transport maritime, les mines et la grande industrie sous le contrôle de l’Etat et en procédant à la transition vers le socialisme » (History of Sino-Soviet Relations 1917-1991, Shen Zhihua, Xinhua Press, p31, traduction de l’anglais).

Hostile à toute tentative par le PCC de violer sa théorie des « deux étapes », Staline réduisit cette initiative révolutionnaire dans la deuxième moitié de mars 1927 en émettant les ordres suivants :

1) pas de prise de pouvoir des concessions étrangères à Shanghai de façon à éviter une intervention impérialiste ;

2) manœuvrer entre l’aile gauche et l’aile droite du KMT, s’abstenir de toute opposition envers l’armée, et préserver les forces du PCC ;

3) le PCC devait se préparer à des luttes armées, mais devait dissimuler ses armes pour l’instant compte tenu de ce que l’équilibre des forces était défavorable à la classe ouvrière. La marche victorieuse des travailleurs de Shanghai après l’insurrection armée

Ces directives permirent que ce qui se présentait comme une situation révolutionnaire exceptionnellement favorable se transforma en un désastre meurtrier. Le 21 mars 1927, le PCC organisa une insurrection armée, soutenu par une grève générale de 800 000 ouvriers de Shanghai. La classe ouvrière écrasa les forces des seigneurs de la guerre et pris le contrôle de la ville, à l’exception des concessions étrangères. Toutefois, le PCC fut empêché par la politique stalinienne d’établir un gouvernement des ouvriers et au lieu de cela forma un gouvernement « provisoire » qui incluait des dirigeants de la bourgeoisie. Sa tâche principale n’était pas de faire avancer les intérêts de la classe ouvrière, mais d’accueillir Tchang Kaï-chek et ses troupes.

Tchang Kaï-chek resta volontairement à l’extérieur de Shanghai pendant des semaines pour laisser les ouvriers s’épuiser dans le combat contre les seigneurs de la guerre, pendant qu’il planifiait son coup de force en collaboration avec les grands entrepreneurs de Shanghai et des gangsters, ainsi qu’avec les puissances impérialistes. Le complot de Tchang n’était pas un secret pour la direction du PCC, qui avait déduit des évènements que la classe ouvrière de Shanghai devait s’armer et se tourner vers des soldats sympathisants à l’intérieur de la deuxième et de la sixième armée du KMT.

Cependant le 31 mars, le Komintern, en accord avec l’injonction de Staline d’éviter un conflit « prématuré » adressa un télégramme à Shanghai ordonnant au PCC de donner l’instruction à des milliers d’ouvriers armés de cacher leurs armes. L’un des dirigeants du PCC, Luo Yinong dénonça avec colère cet ordre comme « une politique suicidaire ». Le PCC fut quoi qu’il en soit contraint d’obéir.

Trotsky et l’opposition de gauche avertirent sans relâche du danger et appelèrent à la formation de soviets en tant qu’organes indépendants du pouvoir des masses ouvrières. Mais le 5 avril, lors d’un discours tristement célèbre dans la Salle des colonnes à Moscou, Staline insista pour dire que le PCC devait maintenir son bloc unitaire avec Tchang.

« Tchang Kaï-chek se soumet à la discipline. Le Kuo-Min-Tang est un bloc, une sorte de parlement révolutionnaire, avec la droite, la gauche et les communistes. Pourquoi faire un coup d’Etat ? Pourquoi écarter la droite alors que nous avons la majorité et quand la droite nous écoute ?... En ce moment nous avons besoin de la droite. Elle a des personnes compétentes, qui dirigent toujours l’armée et la conduise contre les impérialistes. Tchang Kaï-chek n’a peut-être pas de sympathie pour la révolution mais il dirige l’armée et ne peut faire autrement que de la diriger contre les impérialistes. En outre, les gens de la droite sont en relation avec le général Chang Tso-lin [le seigneur de la guerre mandchou] et savent très bien comment les démoraliser et les amener à passer du côté de la révolution, avec armes et bagages, en évitant tout conflit. Ils sont aussi en rapport avec les riches marchands et peuvent lever des fonds chez eux. Aussi il faut savoir les utiliser à cette fin, les presser comme des citrons et ensuite s’en débarrasser » ((The Tragedy of the Chinese Revolution, Harold R. Isaacs, Stanford University Press, 1961, p. 162, traduit de l’anglais). Peloton d’exécution de Tchang décapitant un ouvrier communiste

Le 12 avril, seulement une semaine après le discours de Staline, Tchang frappa, envoyant des gangs de voyous détruire l’Union générale du Travail de la ville. Le jour suivant, le PCC appela à une grève qui rassembla 100 000 ouvriers, mais Tchang Kaï-chek répondit avec des troupes et des fusils automatiques, massacrant des centaines de personnes. Au cours du règne de « terreur blanche » des mois suivants, des milliers d’ouvriers communistes furent assassinés, non seulement à Shanghai, mais dans d’autres villes sous le contrôle de Tchang.


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