Indigènes de la République

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Re: Indigènes de la République

Message  MO2014 le Dim 26 Juin - 9:53

Eric Zemmour réhabilite Vichy mais la Dilcra occupée à pourchasser le PIR se tait, c'est normal ça ?

Zemmour fait cairement du révisionnisme, relativise le statut des Juifs sous Vichy "qui n'a rien à voir avec l'extermination des juifs", exonère le régime de Pétain qui n'est pas complètement responsable car "il n'avait aucun pouvoir", laisse entendre que l'antisémitisme de l'entre deux guerres serait dû à "l'afflux d'immigrés juifs", crédite Pétain du fait qu'il ne s'en est pris "qu'aux juifs étrangers", et par là effectue un lien on l'aura compris entre l'afflux d'immigrés aujourd'hui et le développement du racisme. Tout ça dans la grande synagogue de la Victoire transformée e salle de meeting politique.
En 1945, ça lui aurait valu une cour martiale au père Zemmour, aujourd'hui ça lui vaut une salve d'applaudissements, écoutez un peu.

C'est super, imaginez une seconde qu'un musulman fasse une conférence à la grande mosquée de Paris pour expliquer que le mufti de Jérusalem n'a rien à voir avec le génocide de juifs ( ce qui à la différence de Pétain, en dehors de son alliance détestable avec Hitler, est vrai) et vous verrez les réactions.

Dites moi Clavreul son projet c'est quoi, à part de poursuivre la "muslimsphère" comme il dit, les anti racistes politiques et les propalestiniens ?

Quand les vrais fachos et les sionistes parlent, menacent et insultent, la Dilcra est aux abonnés absents.
YB



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Re: Indigènes de la République

Message  yasujiro le Lun 27 Juin - 22:08

Salut MO2014,

MO2014 a écrit:De quelle message en boucle ? Celui du PIR, du FUIQP -qui n'est pas le PIR, celui d'Alain Gresh qui n'est pas au PIR?
Oui, tu as tout à fait raison, il ne s'agit pas d'un communiqué du Parti des Indigènes, ni de celui du Front Uni de l'Immigration et des Quartiers Populaires. Mais le débat qui nous occupe se pose néanmoins en ces termes. Voici le communiqué du FUIPQ du 2 Juin :

COMMUNIQUÉ DU FUIQP N° 2 12 JUIN 2016 SOUTIEN TOTAL À AYA RAMADAN : http://fuiqp.org/communique-du-fuiqp-n-2-12-juin-2016-soutien-total-a-aya-ramadan/

Le délégué interministériel à la lutte contre le racisme et l’antisémitisme, Gilles Clavreul a annoncé son intention de saisir la justice pour « apologie du terrorisme » contre Aya Ramadan, une militante du PIR. Il lui est reproché un message sur son compte Twitter disant « Dignité et fierté ! Bravo aux deux Palestiniens qui ont mené l’opération de résistance à Tel-Aviv ». Le FUIQP apporte son soutien plein et entier à Aya Ramadan dont le seul crime est de soutenir la résistance palestinienne. L’attaque contre Aya n’est qu’un nouvel épisode d’une vaste et longue campagne visant à criminaliser l’antisionisme en France. Le développement d’un vaste mouvement de solidarité dans les quartiers populaires avec la lutte du peuple palestinien depuis les Intifadas fait peur aux défenseurs de l’État sioniste de l’hexagone. Ne pouvant contrecarrer cette prise de conscience massive dans les quartiers populaires, ils veulent tout simplement l’interdire. De l’accusation d’antisémitisme à chaque prise de position antisioniste, à celle « d’apologie du terrorisme » à chaque soutien aux actions de la résistance palestinienne, en passant par les procès intentés contre des militants de la campagne BDS, une même logique se dévoile : celle de la criminalisation de la solidarité anti-coloniale.

Il n’appartient pas au FUIQP de choisir les formes de lutte que doit choisir le peuple palestinien. Celles-ci sont le résultat du contexte et du rapport des forces. Il est en revanche de son droit et de son devoir de les soutenir. Toute l’histoire des luttes anticoloniales démontre que le recourt à la violence par les colonisés n’est que le résultat de la violence du dominant. Elle démontre également que les actes de résistance ont toujours été taxés de « terrorisme » par les mêmes dominants. Les nazis appelaient les résistants des terroristes,  l’Etat colonial français appelait les indépendantistes algériens des terroristes et Mandela était lui-même taxé de  terroriste  par le régime de l’apartheid.

Le délégué interministériel semble n’avoir rien d’autre à faire que de réagir aux réseaux sociaux. Il déclare lui-même avoir saisi le parquet à 42 reprises. Pourtant les discriminations racistes massives et systémiques constituent quotidiennement des ruptures d’égalité qui détruisent les vies de nombreux habitants de l’hexagone. La lutte contre le racisme c’est d’abord et surtout s’attaquer à ces discriminations.

Face à ces attaques nous n’avons qu’une seule arme : la solidarité sans faille. Face à la tentative de criminalisation du soutien à la résistance palestinienne nous ne devons avoir qu’une réponse : renforcer ce soutien.

Je considère comme erronée l'affirmation suivante : "Il n’appartient pas au FUIQP de choisir les formes de lutte que doit choisir le peuple palestinien. Celles-ci sont le résultat du contexte et du rapport des forces. Il est en revanche de son droit et de son devoir de les soutenir.". Les "formes de lutte" ne sont pas "choisies" par le peuple palestinien comme un tout indifférencié et sans désaccords sur ces formes entre les parties palestiniennes en luttes contre la politique d'Israël. Il s'agit ici - donc - d'un choix du FUIQP de soutenir des formes pilotées par le Hamas, qui n'a rien d'un parti communiste, et qui n'hésite pas parfois à la répression contre les prolétaires palestiniens eux-mêmes.

Pour ce qui est de "soutenir sans faille" quelque chose qu'on ne choisit pas... cela laisse rêveur sur la conception du parti que recouvrent les communiqués de telles directions, que ce soit celle du FUIQP ou celle du PIR.

Voilà donc comment "la solidarité sans faille avec le peuple palestinien" se transforme en justification du tweet d'Aya Ramadan comme seul soutien possible, un "droit et un devoir" (pourquoi l'a-t-elle effacé, alors ?). Ni la lutte armée ni l'Intifada ne me posent de problèmes, mais ce genre d'actes aveugles contre des civils oui ! Et ce "soutien total 'de loin'" plus encore !

Je n'ai aucun conseil à donner, ni ne fais de critique aux palestiniens en lutte armée légitime, mais que je sache le PIR et le FUIQP ne sont pas - en dépit de leur discours - un mouvement palestinien en France. Je suis favorable à l'auto-organisation des luttes indigènes en Palestine comme en France, et particulièrement - chez nous - celles des prolétaires racialisés des quartiers populaires. Mais... pas à leur encadrement par des partis dictant leurs conditions politiques de représentation.

MO2014 a écrit:Un tweet mal exprimé ou une faute politique (c'est selon) d'une militante engagée contre le sionisme, l'impérialisme et la colonisation ne nous ferons pas oublier les crimes d'Israël comme ceux de 2014 contre les populations civiles palestiniennes. Nous ne tromperons pas d'ennemi, le principal reste le colonialisme.

Je suis d'accord avec la formule "générale". Qui ne le serait pas sur ce forum ? Mais le principal ennemi, en France comme ailleurs, n'est pas seulement le colonialisme/post-colonialisme, loin s'en faut. Ce sont toutes les catégories du capitalisme et de ses impérialismes divers (et variables). Le jour où le PIR déclarera cela sans ambages, je crois que tous les communistes applaudiront à deux mains.

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Re: Indigènes de la République

Message  MO2014 le Mar 28 Juin - 0:08

yasujiro a écrit:

MO2014 a écrit:Un tweet mal exprimé ou une faute politique (c'est selon) d'une militante engagée contre le sionisme, l'impérialisme et la colonisation ne nous ferons pas oublier les crimes d'Israël comme ceux de 2014 contre les populations civiles palestiniennes. Nous ne tromperons pas d'ennemi, le principal reste le colonialisme.

Je suis d'accord avec la formule "générale". Qui ne le serait pas sur ce forum ? Mais le principal ennemi, en France comme ailleurs, n'est pas seulement le colonialisme/post-colonialisme, loin s'en faut. Ce sont toutes les catégories du capitalisme et de ses impérialismes divers (et variables). Le jour où le PIR déclarera cela sans ambages, je crois que tous les communistes applaudiront à deux mains.

Juste une question, quels communistes ? LO ? Le PCF ? ...

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Re: Indigènes de la République

Message  Toussaint le Mar 28 Juin - 2:11

Je n'ai aucun conseil à donner, ni ne fais de critique aux palestiniens en lutte armée légitime, mais que je sache le PIR et le FUIQP ne sont pas - en dépit de leur discours - un mouvement palestinien en France. Je suis favorable à l'auto-organisation des luttes indigènes en Palestine comme en France, et particulièrement - chez nous - celles des prolétaires racialisés des quartiers populaires. Mais... pas à leur encadrement par des partis dictant leurs conditions politiques de représentation.
Very Happy
Moui... sauf que le PIR et le FUIQP ne dictent pas leurs conditions politiques à qui que ce soit. Il y a pas mal d'assos et de groupes que l'on voit régulièrement agir en commun avec le PIR et le FUIQP (qui ne sont pas la même chose) et on ne voit pas le PIR et le FUIQP dicter quoi que ce soit. Sauf si par "dicter", on entend exprimer leurs conceptions sans se censurer. En effet, le PIR et le FUIQP ne se censurent pas.
Ensuite, c'est bien de se dire favorable à l'auto-organisation des luttes indigènes en France, des prolétaires racialisés.
C'est bien aussi de savoir que ces concepts mêmes sont le résultat du travail du PIR depuis 10 ans et du FUIQP, dans la continuité des Mémoire Fertile, MIB et bien d'autres comme le MAI et le CSP 59, et de nombreuses autres structures qui continuent souvent de bosser en symbiose. Ces concepts mêmes font l'objet encore de violentes attaques et de procès en racisme. Comme pour le terme philosémitisme repris aujourd'hui par des structures comme l'UJFP, mais couramment attaquées ici par exemple comme antisémite...
Donc, oui, le PIR et le FUIQP ont ce mérite, d'avoir mis sur la table une conception autre de l'antiracisme, qui s'attaque au racisme structurel et vient bousculer l'antiracisme de façade moraliste et compassionnel, paternaliste qui occupa si longtemps la scène, "touche pas à mon pote", lequel n'avait plus qu'à attendre le résultat du débat entre blancs.

Quant au Hamas et aux autres forces palestiniennes, notre devoir est la solidarité contre l'occupation coloniale raciste et impérialiste. Certainement pas de commencer à polémiquer au sujet des formes de lutte qu'ils adoptent. Si on doit parler de terrorisme en Palestine, il est clair que le premier terroriste en Palestine, ce fut le sionisme, et l'état d'Israël demeure aujourd'hui, de très loin, la principale force terroriste en Palestine historique. L'état israélien est un état colonialiste, raciste et terroriste. Nous pouvons penser que telle ou telle forme d'action peut être contre-productive, nous sommes bien dans l'incapacité de proposer quoi que ce soit de crédible aux Palestiniens. Et nous pouvons encore moins mêler nos voix à celles de l'ennemi, ici et là bas. La solidarité est la base, si les Palestiniens peuvent sembler faire des choses dictées par le désespoir, le responsable de la violence est avant tout l'occupation sioniste.

Quant à l'anticapitalisme du PIR, il est clair et dès l'origine. Il suffit de lire les textes et d'abord le texte de l'Appel, très clair, les textes de Sadri, très clairs aussi. Mais le colonialisme et la construction du système de domination sur les pays coloniaux ont des conséquences sur la structure du système de domination dans les pays colonisateurs et esclavagistes. Proclamer qu'il n'y a qu'un seul ennemi, le capitalisme ne mange pas de pain parce que cela fait l'impasse sur le racisme structurel et donne la base de la soumission que demandent les partis blancs. L'ennemi principal comme dirait Christine Delphy. Or les discriminations sont une pièce maîtresse du système de domination dans les métropoles impérialistes. Et c'est cela que nient pas mal de "communistes" blancs.
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Re: Indigènes de la République

Message  Kock le Mar 28 Juin - 10:49

Mais l'âge aussi, le sexe, la condition sociale....sont aussi "des pièces maîtresses du système de domination" .....qui peut s'en servir aussi pour faire diversion par rapport au fondamental du marxisme, l'exploitation de l'homme ( blanc, jaune ou noir, croyant ou non, jeunes ou non...) par l'homme (blanc, jaune ou noir, croyant ou non, jeune ou non...) !

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Message  verié2 le Mar 28 Juin - 15:02

MO2014
L'état israélien est un état colonialiste, raciste et terroriste.
Nous sommes d'accord sur cette question et c'est le cas de l'immense majorité des Etats impérialistes, même si l'oppression qu'ils exercent sur d'autres peuples est moins directe, moins évidente. Mais ça ne justifie en aucun cas de tuer aveuglément des citoyens des pays impérialistes, ce qui revient à rendre toute la population, toutes classes confondues, responsable des crimes de l'impérialisme.

D'un point de vue nationaliste, ces crimes ne sont pas nécessairement contre-productifs : il contribuent à creuser le fossé entre les peuples, et c'est généralement ce qu'ils cherchent. Mais, non seulement ils sont contraires à notre "morale socialiste" (oui nous en avons une !), mais ils divisent les travailleurs, empêchent les les travailleurs des pays impérialistes de comprendre que leurs intérêts fondamentaux sont les mêmes que ceux des peuples opprimés.

Alors, oui, nous devons fermement condamner les assassinats aveugles de citoyens israéliens. Tout comme ceux du Bataclan ou d'ailleurs. Et c'est d'ailleurs la meilleure façon de soutenir la lutte du peuple palestinien.

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Re: Indigènes de la République

Message  yannalan le Mar 28 Juin - 15:39

On n' a pas plus à les condamner que les attentats du FLN algérien en son temps ou de l'ANC.

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Re: Indigènes de la République

Message  Lorry le Mar 28 Juin - 20:52

yannalan a écrit:On n' a pas plus à les condamner que les attentats du FLN algérien en son temps ou de l'ANC.

Je ne sais pas qui représente ce "ON" mais à l'époque de la guerre d'Algérie, au delà de la légitimité du combat pour l'indépendance, tous les courants, groupes ou militants du mouvement ouvrier n'ont pas eu de positions unanimes vis à vis du FLN et de ses méthodes ou de sa caractérisation.
Il en est de même aujourd'hui vis à vis des luttes des palestiniens, de l'OLP, du Hamas, de leurs méthodes, de leur politique et des objectifs politiques des uns et des autres.
Ce que dit Vérié2 n'est donc pas plus illégitime que ce que disent les uns et les autres. Les marxistes révolutionnaires, solidaires du peuple palestinien, peuvent avoir des positions très différentes sur les méthodes de lutte; tous, loin s'en faut, ne légitiment pas le terrorisme aveugle visant des civils.

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Re: Indigènes de la République

Message  verié2 le Mer 29 Juin - 10:35

yannalan a écrit:On n' a pas plus à les condamner que les attentats du FLN algérien en son temps ou de l'ANC.
Qu'"on" (les communistes révolutionnaires) ne mette(nt) pas sur le même plan les crimes, atrocités commis par les opprimés et ceux commis par les oppresseurs est une chose, qu'on les approuve en est une autre ! Dans les pays impérialistes, les médias ne parlent surtout que des crimes commis par les opprimés et oublient ou présentent de façon positive les crimes commis à l'échelle industrielle par les oppresseurs - les bombardements par exemple, présentés comme des "frappes", des "traitements d'objectifs" etc. Donc nous devons éviter de joindre notre voix à ces médias et politiciens pour taper sur les opprimés quand ils commettent un centième ou un millième des crimes des oppresseurs. Ca n'empêche pas que, si nous militions en Palestine, nous devrions nous opposer à l'assassinat de civils israéliens...

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Re: Indigènes de la République

Message  MO2014 le Mer 29 Juin - 11:17

verié2 a écrit:
Qu'"on" (les communistes révolutionnaires) ne mette(nt) pas sur le même plan les crimes, atrocités commis par les opprimés et ceux commis par les oppresseurs ...

Pas sur le même plan donc... les crimes colonialistes du 51ème état du pays le plus puissant du monde et une population privé de tout droits, discriminées et assassinées (plus de 1000 morts civiles en 2014). Oui bien sur comment ne pas regretter les victimes civiles, mais la responsabilité des actes entrainant des victimes  est bien celle de l'état d’Israël qui a imposé depuis des dizaines d'années,  la forme de lutte qui se noue dans ce conflit : la violence extrême.

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Re: Indigènes de la République

Message  MO2014 le Sam 2 Juil - 10:24


Quand la DILCRA fait campagne contre les soutiens à la Palestine.

La militante Aya Ramadan est actuellement accusée d’apologie du terrorisme par Gilles Clavreul, délégué interministériel à la lutte contre le racisme et l’antisémitisme (DILCRA), suite à son tweet de soutien aux deux Palestiniens qui ont mené une attaque à Tel-Aviv causant la mort de quatre citoyens israéliens le mercredi 8 juin au soir. Je souhaite questionner le discours politique de la militante, et la criminalisation qui s’en est suivie, de la part d'une institution antiraciste étatique qui se prétend neutre d’un point de vue éthique, mais semble plutôt proposer une moralisation et une négation du racisme politique. Cette officine, la DILCRA, a donc déposé une plainte contre Aya Ramadan au parquet de Bobigny et une enquête est actuellement en cours.

Tout d'abord, je propose de revenir sur le terme de « terrorisme » dont on accuse Aya Ramadan de faire l’apologie, en regard des contextes politiques en France, et en Israël/ Palestine occupée. D'entrée de jeu, il serait utile de convoquer l'histoire car il s'agit là d'une situation coloniale des plus classiques qui a commencé entre 1947 et 1949 avec l'expulsion de 900 000 Palestiniens de leur terres1. C'est la Nakba, la catastrophe, qui n'en finit pas pour les Palestiniens. Nous sommes dans une situation de guerre coloniale que mène Israël à la Palestine où le rapport de force est totalement disproportionné que ce soit en terme d’armement ou de soutiens occidentaux (étasunien principalement). Israël est en position de force ce qui l’autorise à continuer sa colonisation sur les terres palestiniennes et à imposer une violence quotidienne aux populations arabes.

Depuis notre position de spectateurs engagés ou non pour la cause palestinienne, à Paris, notre interprétation des enjeux conflictuels en Palestine n'est-elle pas aussi conditionnée par des rapports de force médiatico-politiciens ? Nous devrions être donc particulièrement sensibles à la terminologie employée pour qualifier les attaques menées par des civils palestiniens. Selon les points de vue, les commentateurs parleront de résistance, de crime de droit commun ou de terrorisme. En ce qui concerne le terrorisme, ce terme est historiquement employé dès qu’il s’agit de disqualifier un groupe ou des individus qui font usage de la violence dans une visée politique, dès lors que cela nuit aux intérêts de l’État. Or, à ce que je sache jusque là l'Etat français n'est pas l’État israélien. Il n'a pas à reprendre les termes de « terroristes » de façon systématique comme Israël le fait. Les Palestiniens luttent contre le colonialisme israélien. Ils nuisent aux intérêts de l’État sioniste, mais pas français. Alors comment comprendre la non neutralité de l’État français ?

Gilles Clavreul a été nommé par Manuel Valls à la tête de la délégation interministérielle à la lutte contre le racisme et l’antisémitisme en 2014. Le préfet n’a pas hésité à fustiger le meeting contre l’islamophobie organisé en 2015. Il fait par contre acte de présence lors de la réunion du CRIF en 2015, lors de laquelle il disqualifie tout soutien à la Palestine en qualifiant d’antisémite ce qu’il appelle une « critique disproportionnée » de l’État d’Israël. Plus tard, il apporte une dimension officielle à son propos alors qu’il représente la France lors d’une réunion internationale de l’Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe en juin 2015. Il y nie toute la dimension colonisatrice et oppressante de l’État d’Israël, et annonce sa volonté de fusionner les termes «antisioniste» et «antisémite», dans le cadre de la politique de lutte contre le racisme telle qu’elle est conçue par l’État français2. L’attaque du fonctionnaire envers la militante antisioniste intervient un an après cette déclaration publique. On comprend qu’il y a la volonté chez ce représentant de l’anti-racisme à la sauce du gouvernement Valls de se servir de cet exemple comme d’un levier de communication. Dans un pays par ailleurs deux fois touché en un an par des attentats revendiqués par DAESH, qualifier de terrorisme les actes des Palestiniens et d’apologie du terrorisme les paroles de Aya Ramadan est un moyen facile de faire propagande contre la résistance palestinienne.

Aussi, en terme politique, cette criminalisation de la parole d’une militante, sous état d'urgence, rappelons-le, engendre plusieurs interprétations. L’État français cherche-t-il à assurer sa légitimité en renforçant son industrie et ses alliances militaires ? La vente d'armes et les interventions militaires tiennent une part non négligeable dans les relations commerciales et diplomatiques de la France, et on peut observer sur son territoire à quel point sa police est sur-équipée. Ce processus est justifié par la mise en cause des militants qui dénoncent son sectarisme et ses dérives sécuritaires. En gros, s’il y a insécurité en France, ce serait à cause de la parole des personnes qui militent contre l’impérialisme français, ce qui justifie la répression (ce processus est généralisable à toute critique actuelle de l’Etat français). En s’alliant à Israël, l’Etat propose une fusion entre démarches de politique de sécurité intérieure et extérieure, en brandissant le spectre d’un ennemi commun qui se trouverait dans sa population ou dans le monde arabo-musulman.

Du point de vue de la Palestine, quels sont les leviers de défense et de résistance dont disposent les Palestiniens avec un Etat inexistant, non reconnu, qui n’a aucune marge de manœuvre face à l’ennemi ? Et comment, l’Etat israélien peut-il prétendre assurer la sécurité de ses citoyens, alors qu’il les met dans une position d’oppresseurs - puisque de colons - face à la population palestinienne ?

Enfin, ce qui me questionne, et m'inquiète, c'est que nous, descendants de l'immigration postcoloniale, qui nous sentons solidaires, par notre histoire, au peuple palestinien, devrions être condamnés au silence par la criminalisation de notre parole, par un sentiment de culpabilité sans cesse instillé au plus profond de notre être, dès lors qu'on souhaite revendiquer notre émancipation ou le refus de subir un racisme hérité de la position coloniale de l'Occident, et qui se perpétue en Orient par des politiques d’interventions et de soutiens militaires contre les populations palestiniennes.

Probablement, Aya Ramadan, habituée aux commentateurs indignés qui qualifient les crimes envers la population israélienne de terroristes a-t-elle voulu s’y opposer par réaction.

Ainsi, c'est dans cette optique que je soutiens Aya Ramadan et encourage les lecteurs à rester critique dès lors qu’un État qui ne peut pas être neutre par ses engagements militaires et économiques, parle de racisme comme d’un enjeu moral.



1. Cf. PAPPE Ilan, Le nettoyage ethnique de la Palestine entre 1947 et 1949, éditions Fayard



2. L'histoire ici est encore précieuse, rappelons que le 10 novembre 1975 l'Assemblée générale des Nations unis avait voté à la majorité la résolution 3379 explicitant que le sionisme était une forme de « racisme et de discrimination raciale ».
https://blogs.mediapart.fr/leila-elyaakabi/blog/010716/quand-la-dilcra-fait-campagne-contre-les-soutiens-la-palestine-3

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Re: Indigènes de la République

Message  MO2014 le Dim 3 Juil - 10:17

Curieux mais personne ne demande la dissolution des nombreuses organisations fachos, antisémites ou sionistes, non, la seule orga dont on demande la dissolution est le PIR. Bizarre, non ?

Liste non exhaustive des organisations et personnes qui souhaitent la dissolution ou disparition du PIR. Elle parle d'elle-même. Notons qu'en général ce sont les mêmes qui récusent le terme d'islamophobie, qui refusent de considérer le racisme anti musulman comme étant un véritable racisme et qui dénoncent un prétendu racisme blanc émanation des populations issues de l'immigration post coloniale.

Manuel Valls
Gilles Clavreul
La LDJ
Riposte Laïque
Le bloc des identitaires
La Ligue du Sud
Egalité & Reconciliation
Le Betar
Brice Hortefeux et l'UMP
L'Agrif
La Licra
Marine Le Pen et le FN
Philippe de Villiers
Marianne
Le Figaro
Dreuz
La Revue des néoconservateurs Français: Le meilleur des mondes
avec notamment Pierre André Taguieff, Pascal Bruckner, Guy Millière.
Caroline Fourest

Etc.

Que du beau linge !


YB

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Re: Indigènes de la République

Message  MO2014 le Mer 6 Juil - 18:45

On peut être en désaccord avec les idées de Houria Bouteldja, alors débattons
6 juillet 2016 à 10:54

Son livre appelle le débat, la critique robuste mais ne mérite aucunement une campagne de lynchage.

Avec les idées d’Houria Bouteldja, certains d’entre nous ont des divergences et de francs désaccords, d’autres non. Mais depuis la publication à la Fabrique de son livre, Les Blancs, les Juifs et nous, vers une politique de l’amour révolutionnaire, elle est traitée dans plusieurs médias d’antisémite, d’homophobe, de communautariste anti blancs, et même suspectée de trouver des circonstances atténuantes à Omar Mateen, le tueur d’Orlando. Comme tout texte, son livre appelle le débat, la critique robuste mais ne mérite aucunement cette campagne de lynchage. Ce qu’elle montre, c’est qu’en France aujourd’hui il n’est pas anodin d’être une militante politique autonome et arabo-musulmane de surcroît, qui exprime avec force des opinions qui ne vont pas dans le sens général de la marche. Surtout dans une maison d’édition dont les livres ne se coulent pas, eux non plus, dans le consensus ambiant. Dans un climat politique aussi délétère qu’inquiétant, le livre d’Houria Bouteldja est pourtant une invitation à penser la conjoncture. Il n’a rien à faire dans le camp de l’horreur.

Enfin, cette campagne diffamatoire ouvre aujourd’hui la voie à une offensive émanant des plus hautes sphères de l’État qui vise à interdire le Parti des Indigènes de la république, l’organisation dont Houria Bouteldja est membre fondatrice : l’autoritarisme étatique frappe à tout va, ne le laissons pas faire brèche.

Rony Brauman, médecin, essayiste, Maxime Benatouil, animateur du réseau Transform, Sonia Dayan-Herzbrun, sociologue, Alain Gresh, journaliste, Didier Lestrade, fondateur d’Act-up et de Têtu, Michèle Sibony (bureau de l’UJFP – Union Juive Française pour la Paix), Maboula Soumahoro historienne, Isabelle Stengers, philosophe, Françoise Vergès, politologue
http://www.liberation.fr/debats/2016/07/06/on-peut-etre-en-desaccord-avec-les-idees-de-houria-bouteldja-alors-debattons_1464166

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Re: Indigènes de la République

Message  Kock le Ven 15 Juil - 17:31

"Aux USA, tout le développement de la situation donne une brûlante actualité à la nécessité d'un parti noir comme composante d'un Labour Party, prenant appui sur les syndicats et exprimant les intérêts de tous les exploités et de tous les opprimés des Etats-Unis", ce qui implique la rupture totale avec les 2 partis de l'impérialisme ( Parti démocrate et Parti républicain)" : Alain Benjamin.
Comme le disait Saladin Muhammad, l'un des responsables de l'organisation Black Workers for Justice: "La lutte des Noirs pour leur autodétermination s'intègre à la lutte pour modifier le rapport de force entre l'impérialisme, la classe ouvrière et les peuples opprimés. Ignorer ce fait, c'est nier la réalité historique du racisme et de la place de la suprématie blanche dans le système d'oppression existant aux Etats-Unis.....Une organisation politique noire, dirigée par des travailleurs, peut indiquer la voie à suivre. La lutte des Noirs n'a pas seulement permis la conquête de droits démocratiques élémentaires pour les Noirs, mais pour tous. C'est le grand mouvement pour les droits civiques de 1960 qui a mis fin à la période de réaction maccarthyste."

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Re: Indigènes de la République

Message  Lorry le Ven 15 Juil - 21:09

On peut être en désaccord avec les idées de Houria Bouteldja, alors débattons

Tout le monde s'en fout, sauf peut-être les médias qui l'utilisent comme repoussoir afin de discréditer les mouvements anti-impérialistes et ceux qui manifestent leur solidarité avec la population palestinienne.
Plus elle parle, plus il faut se démarquer de ses haines et donc perdre du temps qui serait plus utilement consacré à la lutte contre les oppressions et exploitations;
Un boulet.

Lorry

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Re: Indigènes de la République

Message  MO2014 le Sam 16 Juil - 9:39



Fusillade d’Orlando, homophobie et monopole – blanc – du cœur : réponse à un plumitif parisien
Publié le 13 juillet 2016 par Houria Bouteldja, membre du PIR

Houria Bouteldja réagit à une tribune violente de Fabrice Pliskin parue dans les pages web du Nouvel Obs, le 13 juin dernier, intitulée : « L’homophobie est-elle une résistance farouche à l’impérialisme occidental ? » .

Le Nouvel Obs a publié une version courte* de la réponse d’Houria Bouteldja sous le titre : « Fusillade d’Orlando et homophobie : réponse à Fabrice Pliskin » . La version longue est sur le site du PIR.


Monsieur,

Je n’ai aucun mal à imaginer votre jubilation au moment où l’idée de commettre votre article[1] a germé dans votre esprit. C’était sûrement le soir même de la fusillade d’Orlando, entre la poire et le dessert ? Je ne vous connais pas, mais je devine votre mine réjouie comme si je vous avais en face de moi. Tout d’un coup, vous vous êtes souvenu de la colère qui s’est emparée de vous à la lecture des textes que vous me reprochez aujourd’hui. Vous vous êtes souvenu de l’indignation qui vous a saisi. Ou peut-être de la haine qui vous a submergé lorsque vous m’avez vue, dans quelque émission de télé, croiser le fer avec certains intellectuels de votre sérail ? Ah, la gueule satisfaite du type qui croit s’être offert la tête de l’arrogante péronnelle.

Laissez-moi d’abord vous dire combien je me sens flattée d’être à ce point honorée par l’éditocratie française. Pas moins de sept articles en seulement quelques jours ![2] Vous m’avez longtemps snobée. Vous avez prolongé cette feinte indifférence à la sortie de mon livre[3], vous avez tenté d’organiser le silence mais nos succès vous troublent et vous obligent à changer de stratégie. L’heure est au lynchage. Et s’il faut, pour nous livrer à la vindicte populaire, user de l’infamie, vous le ferez avec la lâcheté qui caractérise ceux qui savent ne prendre aucun risque.

Je serais donc selon vous l’inspiratrice de la fusillade d’Orlando. « Comment Mme Dupont, vous ne savez pas que l’esprit qui arme les tueurs écrit depuis Barbès ? »

Si c’était le cas, Monsieur, je n’aurais aucun mal à le reconnaître car voyez-vous, je ne vous crains pas. Jusqu’ici, j’ai assumé toutes les ruptures auxquelles mon combat m’a contrainte. Et j’accepte d’en payer le prix.

Mais votre accusation n’est pas seulement lâche et abjecte, elle est fausse. Ne vous méprenez pas. Je ne crains pas d’être salie. Toutes mes ruptures m’ont salie aux yeux des vôtres et de vos dépendances[4]. Seulement, je voudrais être sûre d’être bien comprise. Elle est fausse parce que je ne suis pas de votre monde, pas plus que de celui du tueur. Aussi, ne puis-je pas être lue à travers votre grammaire, pas plus qu’à travers votre humanisme. Le monde qui produit ces monstres, je le vomis tandis que vous vous y vautrez. Il est à vous et je vous le laisse volontiers.

Dans le chapitre « vous les Blancs » de mon livre, je vous fais cette déclaration que je vous invite à lire comme une profession de foi :

« Je ne suis pas vous et me refuse à le devenir. La seule chose que je veux vraiment, c’est vous échapper autant que je peux. »

Plus loin, dans le chapitre « Nous, les indigènes », je m’adresse à celles et ceux qui partagent ma condition de sujet post-colonial et leur dis ceci :

« Des larves ou des monstres, des valets ou des coupeurs de têtes, des cireurs de pompes ou des kamikazes. Voilà l’alternative qui s’offre à nous. Nous avons réalisé la prophétie blanche : devenir des non-êtres ou des barbares. »

Un monstre ou un kamikaze, c’est ce que je ne serai jamais si je réussis à me dérober à votre monde. Car, voyez-vous, c’est cette effrayante déchéance que je pressens quand je prends position (entre autre) contre l’homonationalisme ou l’impérialisme sexuel sous sa forme gay ou évangéliste.

Il va de soi que vous n’avez aucun intérêt à me croire. Voilà qui bouleverserait tout votre édifice moral, et pourtant…c’est bien parce que je crains, comme James Baldwin (légitime ici à plus d’un titre), pour la « beauté » de l’indigène[5] que j’assume le passage que vous citez en croyant m’embarrasser : « Il serait temps, une bonne fois pour toute, de comprendre que l’impérialisme – sous toutes ses formes – ensauvage l’indigène : à l’internationale gay, les société du sud répondent par une sécrétion de haine contre les homosexuels là où elle n’existait pas ou par un regain d’homophobie, là où elle existait déjà (…) ». D’ailleurs, vous pouvez compléter le processus de « décivilisation » en remplaçant « international gay » par « féminisme impérialiste », ou par « sionisme ». Le premier produit de l’homophobie, le deuxième de la misogynie et le troisième, la haine des Juifs. Ainsi l’ « ensauvagement » que je redoute tant se réalise. « Des larves ou des monstres… ».

Vous m’accusez d’y déceler une forme de résistance. Je vous le redis sans sourcilier : oui. Je persiste et signe. Car les réactions hostiles à l’homosexualité revendiquée (sous sa forme LGBT) chez les post-colonisés sont autant des formes d’intégration[6] que des formes de résistance : intégration dans l’histoire de l’homophobie européenne, et résistance à des normes qui paraissent exogènes et imposées de manière autoritaire à des sociétés qui ne supportent plus l’ingérence blanche. A la lumière de cette explication qui ne peut en rien être entendue comme une préconisation, votre « interprétation » de mes analyses : « Casser du pédé, c’est se décoloniser, c’est arracher ses chaînes, c’est se soustraire à la catastrophe de l’intégration, de l’assignation, de la sommation. Bravo. Hourra Houria » devrait vous faire rougir de honte car ce que je dis c’est précisément le contraire : notre « ensauvagement » est le signe de notre parfaite intégration/aliénation dans la modernité occidentale. Mais connaissez-vous la honte ?

On sait que les injonctions faites par le monde blanc et la violence tant symbolique que politique qui les accompagne produisent de l’homophobie. La promotion de l’homosexualité comme identité politique produit des dégâts tant sur le vécu des homosexuels dont la vie peut-être mise en danger[7] que sur les rapports sociaux surtout quand la protection due aux minorités sexuelles devient une exigence politique et éthique internationale à l’aune de laquelle se mesure la maturité civilisationnelle des nations néo-colonisées. La littérature en la matière ne manque pas. Avez-vous seulement pris la peine de vous pencher sur ces nombreux travaux de chercheurs du Grand Sud qui démontrent que l’homophobie est une importation récente dans une grande partie du continent africain[8], qui expliquent que la « radicalisation actuelle de l’homophobie relève de cette nouvelle tendance à utiliser les notions sexuelles occidentales alors que les systèmes locaux qui assuraient la paix et le bien-être social ont été détruits » (par des gens comme vous). Savez-vous, comme eux, qu’il devient impossible de discuter des droits de l’homme en Afrique dans un cadre impérialiste parce que celui-ci impose des catégories et crée de l’identité là où il y avait des pratiques.[9] Et que dire de ce constat : « Au Cameroun, où la pratique homosexuelle tente de se rendre publique, la question du glissement des normes symboliques – entre anciennes puissances coloniales et Nations « décolonisées » – semble prendre le pas sur tout le reste ; d’où cette cristallisation du débat sur la question morale qui opposerait le Cameroun et l’Afrique à la France et l’Occident (…). Cela se fait par l’entremise des détaillants de la liberté sexuelle (activistes gays, militants de la lutte contre le sida, touristes, médias transnationaux), que les commentateurs locaux associent à des détaillants de l’«impérialisme identitaire» »[10]. Seriez-vous plus légitimes que ces homosexuels africains qui accusent le gouvernement américain de la dégradation de leur condition ?[11] Enfin, seriez-vous plus avisés que ces juristes qui expliquent en quoi l’homophobie du code pénal tunisien est une survivance coloniale ?[12] Car avancer vers le progrès, c’était aussi civiliser la sexualité arabe, faire des pratiques hétérosexuelles – les seules légitimes aux yeux des Européens à l’époque – la norme de leurs sociétés. Par contraste, les périodes de l’histoire des Arabes connues pour leur tolérance envers les pratiques homo-érotiques étaient relues comme des périodes de déchéance et de régression.

Mais cette réalité est bien trop gigantesque pour le provincial que vous êtes. Vous n’aurez jamais assez d’yeux pour la voir. Au bout de ce processus « d’ensauvagement », il ne manquera pas de belles âmes – comme la vôtre – pour vous émouvoir, pousser des ah ! et des oh ! vous absolvant ainsi de toute responsabilité. Et pour pallier votre propre inconséquence, vous n’avez qu’un seul recours : la calomnie. Ainsi, vous me faites passer, moi qui m’inquiète de la « sécrétion de haine contre les homosexuels là où elle n’existait pas ou par un regain d’homophobie, là où elle existait déjà », pour « homophobe ». Remarquez, vous dites tout haut ce que tout le monde pense tout haut. Hélas, ils sont nombreux ceux qui tiennent à leur confort moral. Et vous ajouterez, facétieux que vous êtes, que ce brave « ensauvagé » qu’était Omar Mateen, ne vivait pas dans ce Grand Sud mais au cœur de l’empire (mon dieu ! j’y pense. J’espère que vous savez faire la différence entre « sauvage » et « ensauvagé » ?). En quoi serait-il concerné par l’impérialisme sexuel ?

Je vous répondrais que je n’en sais pas assez sur la personnalité trouble d’Omar Mateen et que je me garderais bien de commenter son geste. Il n’en reste pas moins que l’impérialisme sexuel a son pendant domestique : l’homonationalisme. Marine Le Pen ne s’y trompe pas lorsqu’elle déclare : «dans certains quartiers, il ne fait pas bon être femme, ni homosexuel, ni juif, ni même Français ou blanc». Elle emboite le pas aux autres extrêmes droites européennes qui ont tôt fait d’intégrer la cause des homos à leur logiciel. Et ça marche, Monsieur[13]. C’est ce qui fera dire à un copain lui-même homo : « Le mariage gay a eu un effet pervers, c’est devenu le décret Crémieux des pédés. »

« Décret Crémieux », vous avez bien lu. C’est ce texte de loi qui, de 1870 à 1940, octroie la citoyenneté française aux Juifs d’Algérie pour les arrimer au nouveau régime (3ème république) de l’Etat colonial et à en faire des complices. L’homonationalisme procède de la même logique : faire correspondre les intérêts des communautés gays aux intérêts nationaux et impérialistes. Ainsi, en intégrant ces communautés au projet libéral et ethnocentrique européen, les pouvoirs élargissent leur base sociale et partant, leur pérennité. Là encore, vous êtes sûrement plus intelligent que Judith Butler qui, il y a quelques années, s’est émue de ce phénomène de confiscation à des fins nationalistes et racistes ?

Creusons encore un peu avec Baldwin. Dans un texte remarquable écrit en 1967 (que les gens comme vous ne lisent pas) « les Noirs sont antisémites parce qu’anti-Blancs » il explique les effets paradoxaux du racisme sur les Noirs[14]. Il perçoit déjà le rôle que l’Amérique dévolue aux Juifs. Il dit par exemple, je cite : « A Harlem, il (le Juif) joue le rôle que les Chrétiens lui ont depuis longtemps assigné : il fait leur sale boulot ». Ou encore « Et si on reproche au Juif d’être devenu un Américain blanc, il n’est pas exclu, si l’on est Noir, que ce soit uniquement par jalousie. »

Cela me rappelle ces jeunes de banlieue qui un jour m’ont refusé un tract contre l’islamophobie m’expliquant que cela ne servait à rien, parce qu’en France « même les homos passent avant les quartiers ». Derrière un dédain certain pour les homosexuels, il y avait aussi l’idée d’un privilège accordé aux uns et pas à d’autres ? Avaient-ils tort lorsqu’on sait que la France vote d’un côté des lois islamophobes et de l’autre des lois qui accordent de nouveaux droits aux communautés LGBT créant ainsi par le haut une « concurrence des victimes » qu’on viendra ensuite reprocher aux habitants des quartiers.

Quant à Omar Mateen, avec lequel vous me prêtez de grotesques accointances, il semble être parti avec son mystère. Avait-il une sexualité non assumée, s’en vengeait-il sur la communauté LGBT non blanche qui lui semblait affranchie des troubles qui l’habitaient ? Vivait-il un déchirement entre son identité musulmane et son identité gay ? Peut-on lire son acte criminel à travers les injonctions paradoxales du progressisme blanc : s’intégrer en tant que gay, se nier en tant que musulman ? Etait-il un simple psychopathe comme sait les produire l’Amérique ? Ce ne sont ici qu’hypothèses mais il n’est pas improbable que l’analyse qui précède ces interrogations puisse fournir des clefs de compréhension.

Au terme de cette mise au point, vous l’aurez compris, non seulement vous n’avez pas le monopole du cœur mais, au contraire, vous participez du malheur de ce monde. Aussi, ferais-je mieux de m’en tenir là et vous laisser mariner dans le jus de votre misérable et insondable grossièreté.

Houria Bouteldja, membre du PIR

Notes

[1] Fabrice Pliskin, «L’homophobie est-elle “une résistance farouche à l’impérialisme occidental? ».

[2] Laurent Cantamessi, «Houria Bouteldja: l’amour-haine…… pour les “souchiens” ».

Jean-Paul Brighelli, «Du racisme autorisé. Quand le camp du Bien joue avec la guerre civile ».

Jack Dion, «Houria Bouteldja ou le racisme pour les nuls ».
Benoît Rayski, «Et voilà comment Houria Bouteldja des Indigènes de la République fut sacrée intellectuelle ! ».
Clément Ghys, «La dérive identitaire de Houria Bouteldja ».
Jean-François Kahn, «A propos d’un racisme inversé ».

[3] Houria Bouteldja, Les Blancs, les Juifs et Nous, vers une politique de l’amour révolutionnaire, éditions La Fabrique.

[4] Elles sont nombreuses. Il y en a même au Monde Diplo.

[5] Houria Bouteldja, « Qu’adviendra-t-il de toute cette beauté ? ».

[6]La rédaction, « Omar Mateen ? Un tueur « made in America » ».

[7]« Ahmed, menacé de mort pour la défense des homosexuels en Tunisie ».

[8]Charles Gueboguo, « L’homosexualité en Afrique : sens et variations d’hier à nos jours ».

Val Kalende, « Africa: homophobia is a legacy of colonialism ».

[9] http://africasacountry.com/how-do-senegalese-talk-about-gay-identities/

[10]Patrick Awondo, « Identifications homosexuelles, construction identitaire et tensions postcoloniales entre le Cameroun et la France ».

[11] NORIMITSU ONISHI, « U.S. Support of Gay Rights in Africa May Have Done More Harm Than Good ».

[12] Farhat Othman, « L’homophobie du Code pénal est une survivance coloniale ».

[13]Aude Lorriaux, « La tuerie d’Orlando va exacerber la haine des gays contre les musulmans ».

[14] James Baldwin, retour dans l’œil du cyclone, Christian Bourgeois Éditeur.

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Re: Indigènes de la République

Message  MO2014 le Jeu 4 Aoû - 0:49

Halte à la répression politique par l'Etat-PS sur FaceBook
Youssef Boussoumah

Houria Bouteldja vient une fois de plus de se voir suspendre son compte FB pour un mois, après déjà un mois de suspension, le PIR vient de se voir supprimer sa page de 18 000 abonnés, purement et simplement, définitivement. Sans aucun motif.

On ne voit pas en quoi les règles de la communauté FB n'ont pas été respectées alors que le FB n'a jamais porté atteinte à qui que ce soit, ni insulté qui que ce soit, ni appelé à la haine contre qui que ce soit, ou alors les preuves sont à apportées. Et ce alors que prolifèrent les pages de groupes identitiares ou racistes.

Il est clair que le pouvoir français, l'Etat-PS fait pression sur FB et autres réseaux sociaux pour que soit supprimée la liberté d'expression des militants de l'anti racisme politique qui l'importunent et qu'ils soient chassés systématiquement des réseaux sociaux. Et cela via un ensemble d'OLSB, c'est à dire les fameuses Organisations Lucratives Sans But dénoncées ainsi en son temps par le regretté Mouloud Aounit, ex président du MRAP.
Nous avons de fortes raisons de penser que cela fut décidé après le colloque du printemps dernier soit disant consacré à "la haine sur internet" organisé par SOS racisme, l'UEJF et la DILCRA de Gilles Clavreul, qui, avec un bel intitulé consacré à "la lutte contre l'extrémisme et l'intolérance" a au passage visé nos organisations et militants en les désignant comme dangereux aux responsables des réseaux sociaux FB, Tweeter. Ces derniers se voyant imposer un véritable chantage au cas où ils ne réagiraient pas assez fermement contre nous.

C'est ainsi que Nadine Morano par exemple peut parfaitement continuer à déclarer "qu'elle redoute une invasion musulmane" sans que son compte FB soit suspendu, le FN, la LDJ, le Betar peuvent continuer à diffuser leur venin raciste islamophobe, négrophobe, romophobe ou anti palestinien sur des dizaines de comptes FB sans êtres suspendus, idem pour de nombreux groupes fascistes identitaires. A côté de ça de nombreux militants et organisations de l'anti racisme politique en France et en Belgique sont interdits de parole.

Les organisations de l'anti racisme officiel n'ont pas intérêt évidemment à voir se développer un véritable anti racisme, donc politique, en France. Ce serait pour eux la fin de l'illusion qu'ils entretiennent depuis 30 ans, depuis l'arrivée du PS au pouvoir. Comme par exemple faire croire qu'entrer en boîte de nuit est la principale revendication des jeunes des couches populaires, pourtant ciblés par le racisme d'Etat discriminatoire et même meurtrier. Il suffit d'aller faire un tour du côté de Persan Beaumont ou de Villiers le Bel, pour réaliser ce que pensent les jeunes du pseudo anti racisme officiel.

En effet si réussit à s'imposer aujourd'hui en France l'anti racisme politique porté entre autres par des militants, journalistes ou personnalités indépendantes, comme Sihame Assebague, Marwan Muhammed, Nadir Dendoune, ou des organisations comme le CCIF, Stop contrôle au Faciès, Urgence, notre police assassine, la BAN ou le PIR bien entendu, cela signifie la fin des haricots pour l'anti racisme officiel, la fin de la manne financière que déverse généreusement vers lui, l'Etat chaque année et dont vivent grassement les animateurs de celui-ci.
Comment justifier les millions d'euros depuis des années tirés de nos impôts pour cet anti racisme officiel si les gens s'en détournent ? Le principal objectif de celui-ci est, dés lors, de faire taire ceux qu'il considère comme une simple concurrence commerciale.

Car l'anti racisme politique a comme particularité, mis à part le fait d'être mis en place par les concernés eux-mêmes, d'être le produit de véritables luttes politiques ou sociales, mais aussi d'être parfaitement indépendant politiquement de l'Etat quand les représentants de l'anti racisme officiel en étant les simples courroies de transmission de l'Etat-PS et de son discours nauséabond ont fait perdre au pays, un temps et une énergie précieuse.

Tout cela montre la peur panique du PS devant le développement de cet anti racisme politique dont le PIR depuis dix ans est un des porteurs. Les choses lui échappent, des populations qu'ils croyaient rivées à lui pour l'éternité parce que pensait-il, elles n'ont pas le choix, lui glissent entre les mains. Que les premiers concernés eux mêmes prennent entre leurs mains leur sort est un véritable cauchemar pour le PS et ses affidés.

Bien entendu plus il y aura de gens qui réagiront et moins ces pratiques d'un autre temps pourront se perpétuer.

Une enquête journalistique sérieuse prouverait aisément l'existence de cette véritable chasse aux sorcières orchestrée contre nos militants expulsés de FB pour des temps plus ou moins longs et pour certains définitivement. A la suite de quoi, des pétitions et pourquoi pas des plaintes auprès de la justice pourraient même être déposées.

Bon après ça, je crois que moi aussi je suis bon pour le purgatoire Smile. Et puis faut positiver, un bon nombre d'hommes de gauche ou d'extrême gauche, nouveaux chiens de garde de l'idéologie dominante, doivent être ravis de nos déboires.

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Re: Indigènes de la République

Message  MO2014 le Jeu 11 Aoû - 16:53

Au café avec Houria Bouteldja
Par Jean-Bernard Gervaisaoût 10, 2016
Cet article est extrait du numéro « Frontières »

Je n'avais jamais été inquiétée sur Facebook », m'explique Houria Bouteldja, à Paris au début du mois de juin. « Et d'un coup, je reçois un avertissement au milieu du mois de mai, qui m'avertit que je suis suspendue une journée », continue-t-elle, pas vraiment chagrinée. « Un jour après, je suis suspendue trois jours. Au bout de ces trois jours, je suis suspendue une semaine. Et au bout d'une semaine, Facebook m'écrit pour me dire que je suis suspendue un mois. Actuellement, mon compte principal est bloqué. »

Censurée, insultée, agressée : Houria Bouteldja, militante antiraciste et porte-parole du Parti des indigènes de la République (PIR), semble avoir écopé d'une place de choix dans le purgatoire médiatique français. Qu'il s'agisse de Facebook, Libération, SOS Racisme, la Ligue de défense juive, ou encore l'éditorialiste Jean-François Kahn, à droite comme à gauche, tous l'étrillent et la voue aux gémonies. De fait, qui est-elle ?

Le plus simple est de la présenter. D'elle-même, Houria Bouteldja, 43 ans, dit peu de chose. Sur la quatrième de couverture de son essai Les Blancs, les Juifs et nous, qui défraie actuellement la chronique, on y apprend qu'elle est « issue d'une famille d'immigrés algériens arrivés en France dans les années 1960 », et qu'elle a coécrit un premier ouvrage intitulé Nous sommes les indigènes de la République. Présentation lacunaire, mais qui a le mérite d'être factuelle. Houria appartient à ce qu'on appelle avec pudeur la deuxième génération issue de l'immigration, et se définit en tant qu'indigène de la République. Le mouvement des Indigènes de la République a été créé en 2005 à la suite de la révolte des banlieues françaises, provoquée par la mort de deux adolescents à Clichy-sous-Bois, Zyed et Bouna, pourchassés par la police. Depuis plus de dix ans, ce mouvement devenu parti politique lutte contre les inégalités faites aux descendants des indigènes des colonies dans la société française : les Arabo-musulmans et les Africains subsahariens, donc.

La deuxième manière de présenter Mme Bouteldja est de se reporter à ce que l'on dit d'elle. Là, stupeur. Elle est régulièrement présentée comme un croisement d'Alain Soral et de Marine Le Pen, version indigène. Selon Libération, Houria aurait pondu « un brûlot odieux » et « dangereux », qui ferait « sienne la rhétorique de l'extrême-droite ». Marianne, le 9 avril 2016, titrait pour sa part : « Houria Bouteldja ou le racisme pour les nuls ». Aussi, le politologue Thomas Guénolé sur le plateau de l'émission Ce soir (ou jamais), a condamné, sans possibilité d'appel, l'irrédentiste indigène à la peine de mort médiatique : « Je pense que ce qui a changé, c'est qu'il y a une partie de l'antiracisme qui est devenue raciste – je parle de vous, Mme Bouteldja. »

En réalité, le dernier livre de Houria Bouteldja parle, ni plus ni moins, de lutte contre le racisme – en choisissant comme point de vue, celui des colonisés. Intitulé Les Blancs, les Juifs et nous, ce pamphlet a été, dès sa publication, taxé de communautariste. Notamment parce qu'il analyse, à l'aune de grilles de lecture héritées de Frantz Fanon et des Black Panthers, les dégâts du racisme dans trois socio-races – les races, pour Houria Bouteldja, étant comprises comme autant de constructions sociales.

Ainsi, l'auteur déconstruit la figure du Blanc, en empruntant à Karl Marx et en démontrant que cette « classe ethnique » a été conceptualisée par la bourgeoisie occidentale au contact d'autres populations afin de contrer une possible alliance entre colonisés et prolétariat occidental. Et pour dominer. Elle démontre, de la même manière, comment le « peuple juif » est instrumentalisé par cette même bourgeoisie afin de servir de peuple tampon entre « Blancs » et « Indigènes ».

Il y a du Césaire et du Fanon, chez Houria, qui n'hésite pas à se saisir de concepts explosifs – races, question juive et féminisme –, pour provoquer un électrochoc en vue d'aboutir à la paix. Poétique, tout autant que politique, Les Blancs, les Juifs et nous, pèche cependant par un manque de solutions politiques, concrètes, face à ce constat.

Intrigué par ce torrent de boue déversé sur cette enfant d'immigrés qui serait devenue pire qu'une crevure néonazie, j'ai décidé de parcourir son profil Facebook. Là, je suis tombé sur plusieurs messages d'alerte, constatant que ledit profil venait d'être suspendu. Curieux, donc.

« Facebook m'a supprimé quatre posts, et à chaque fois ce sont des messages qui faisaient référence à des débats sur l'intégration – ou qui contenaient le mot "juif". » Houria me cite l'un des posts incriminés. Il s'agit d'un texte qui relatait une rencontre dans le métro avec un homme de confession juive, lequel lui avouait avoir adoré son essai. « On sent que cette censure est le résultat d'une campagne orchestrée, poursuit-elle. Ces suspensions de comptes [deux autres militants du PIR en ont été victimes, N.D.L.R.] correspondent à la campagne de SOS Racisme et de l'UEJF contre Facebook et Twitter. »

L'Union des étudiants juifs de France (UEJF), et SOS racisme seraient-ils à l'origine des déconvenues 2.0 d'Houria ? Pour SOS Racisme, les responsables auraient relevé sur Twitter, Facebook et YouTube 587 posts problématiques. Au téléphone avec moi, ils ont ajouté : « Si le compte de Mme Bouteldja a été suspendu, cela signifie que l'on y trouve des contenus haineux. Nous invitons la porte-parole du PIR à arrêter de jouer la victime. »

Sur une tout autre affaire, le tribunal de grande instance de Paris ne semble pas partager l'opinion de SOS Racisme à propos de sa prétendue victimisation. Car Houria Bouteldja ne se contente pas de dénoncer la censure qui l'accable. Il lui arrive aussi de porter plainte. Et de remporter ses combats. Le 24 octobre 2012, à Paris, trois membres de la Ligue de défense juive (LDJ) agressaient Houria en pleine rue, en lui déversant de la peinture rouge sur le visage et le corps. Le 31 mai dernier, la justice française rendait son verdict : « L'un de mes agresseurs a pris un an de prison ferme, me dit Houria. Deux autres ont pris six mois avec sursis et le dernier une amende. Tous ont été condamnés à payer nos dédommagements [plus de 10 000 euros, N.D.L.R.]. » Houria semble satisfaite. C'est une parenthèse de justice dans un océan d'insultes. Injures qui se sont multipliées depuis la sortie de son dernier livre.

Elle analyse avec sang-froid l'hystérie qui s'est emparée de la sphère médiatique contre son pamphlet. Elle y distingue deux publics. « Du point de vue de notre base sociale, l'accueil de mon livre a été extrêmement favorable. Aux États-Unis, j'ai été invitée à l'université de Berkeley, où j'ai bénéficié d'un excellent accueil. Je suis allée également en Espagne, dans des milieux militants et universitaires. J'ai été invitée à Montpellier, Strasbourg, Lyon, et en région parisienne : Fontenay-sous-Bois, Villejuif, etc. »

En revanche, parmi les éditorialistes, l'accueil du livre fut, disons, plus mitigé. « Les éditocrates me sont tombés dessus. À commencer par Thomas Guénolé, qui a cité des extraits de mon essai hors contexte. Et sans le contexte, on ne comprend pas de quoi il s'agit. Lorsqu'on isole certaines phrases, on peut penser que je suis antisémite, raciste anti-Blancs, homophobe ou même misogyne ! Sauf que lorsqu'on le lit, on s'aperçoit que c'est précisément le contraire. »

En effet, au lieu de prendre des éléments du texte de Bouteldja au hasard et de les lier à telle ou telle idéologie dangereuse, il est aussi simple de la lire sans arrière-pensée. Évidemment, on réalise vite que la manière dont on la présente est erronée. Par exemple lorsqu'on la lie à l'ancien président iranien Mahmoud Ahmadinejad. Voici ce qu'elle écrit de lui : « Il ment. C'est tout. » Lorsqu'elle revient sur la communauté juive séfarade, voici – tout le mal – qu'elle en dit : « Je n'arrive pas à penser au Maghreb sans vous regretter. Vous avez laissé un vide [...] dont je suis inconsolable. » Houria homophobe ? Encore une fois, non. Pas du tout. « Il faut rendre justice aux Tziganes, aux homosexuels et aux Soviétiques », scande-t-elle.

On pourrait multiplier les exemples à l'infini, et faire dire à Houria ce que l'on veut qu'elle dise, pour mieux la condamner, ou l'encenser. Mais l'on passerait, dans les deux cas, à côté de son message.

Parce qu'au final, que dit-elle qui dérange tant ? La réponse est dans son livre. Le sous-titre nous fournit un indice : « vers une politique de l'amour révolutionnaire ». Loin de prôner une guerre des races, des genres ou des religions, Houria défend en réalité l'amour. Elle le définit simplement : « vivre tous ensemble, paisiblement », écrit-elle. En se posant néanmoins cette question : « Comment envisager l'amour entre nous, si les privilèges des uns reposent sur l'oppression des autres ? » C'est toujours la même question, bien sûr.
http://www.vice.com/fr/read/au-cafe-avec-houria-bouteldja-v10n7

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Re: Indigènes de la République

Message  Lorry le Ven 12 Aoû - 18:38

https://www.monde-diplomatique.fr/2016/08/HALIMI/56087

Le monde de Bouteldja est simple : il y a eu une France colonisatrice humiliée par le IIIe Reich, et une France résistante qui allait devenir exterminatrice. Inutile d’objecter que le pays défait en juin 1940 ne se résume pas à la colonisation. Ou que d’autres que Genet ont salué la « divine surprise » de sa déconfiture, dont un certain maréchal Pétain, qui, quinze ans plus tôt, avait férocement réprimé les insurgés marocains du Rif. Quant aux résistants, quelques-uns ont aussitôt fustigé les massacres de Sétif et de Guelma en 1945 et combattraient plus tard la torture en Algérie. Mais ce ne sont là que des broutilles, et nous sommes pressés, n’est-ce pas ?

La provocation relative à Adolf Hitler pouvait cependant ne pas suffire à faire surgir un intellectuel médiatique de son abri. Bouteldja met donc toutes les chances de son côté : « Je ne suis pas innocente. Je vis en France. Je vis en Occident. Je suis blanche. Rien ne peut m’absoudre. » Irrémédiablement coupable d’être blanche, et toujours aucune réaction ? Même pas une tribune indignée de Pascal Bruckner ? Alors, nouvel axe d’attaque. Bouteldja écrit : « “Il n’y a pas d’homosexuels en Iran.” C’est Ahmadinejad qui parle. Cette réplique m’a percé le cerveau. Je l’encadre et je l’admire. (…) Ahmadinejad, mon héros. (…) La Civilisation est indignée. (…) Et moi j’exulte. » Étrange jubilation de sa part, tout de même, à entendre le président d’un pays qui exécute les homosexuels prétendre qu’ils n’existent pas.

Mais les livres sont aussi écrits pour que leurs auteurs en éprouvent du plaisir. En bonne logique, ce chapelet de facéties n’appellerait donc aucun commentaire. Seulement, Bouteldja ne s’amuse pas ; elle entend donner des leçons d’émancipation à la gauche. Laquelle est sommée de tout subordonner — la domination sociale, la domination masculine, la persécution des minorités sexuelles — au combat contre l’hégémonie « blanche ». Et de le faire adossée à une réflexion théorique ne comportant en définitive qu’une variable, « Occident » contre « Indigènes », symétriquement conçus en blocs presque toujours homogènes, solidaires, immuables.

Entre le salarié de M. Bernard Arnault, ouvrier mais « blanc » comme son patron, donc responsable au même titre que lui du crime colonial, et l’homme « indigène » qui bat sa sœur ou sa compagne, Bouteldja a choisi. La condition de dominé du premier ne l’intéresse pas vraiment, puisqu’il est par ailleurs solidairement coupable du pire. Le second doit en revanche être, sinon encouragé, en tout cas « protégé » par ses victimes, que Bouteldja invite à « deviner dans la virilité testostéronée du mâle indigène la part qui résiste à la domination blanche » afin de canaliser sa violence vers d’autres destinataires (2). Mais, en dernière analyse, priorité « à ma famille, à mon clan, à mon quartier, à ma race, à l’Algérie, à l’islam ».

Pour s’assurer que toutes les balises historiques du combat multiséculaire pour l’émancipation humaine (le rationalisme, le syndicalisme, le socialisme, le féminisme, l’internationalisme…) seront balayées par les torrents essentialistes et religieux qu’elle appelle de ses vœux, Bouteldja conclut son propos par une oraison furieusement anti-Lumières. Le « potentiel égalitaire » du « cri Allahou akbar ! » tient à ce qu’il « remet les hommes, tous les hommes, à leur place, sans hiérarchie aucune. Une seule entité est autorisée à dominer : Dieu ». L’universalisme, en somme, mais comme le clergé le prêchait au temps de Louis XIV. S’il faut vraiment choisir, dans ce genre de bréviaire, Bossuet était plus inspiré.

Serge Halimi

Lorry

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Re: Indigènes de la République

Message  augustin le Sam 13 Aoû - 12:44

Dans l'article posté ci-dessus, je retiens le mot "commutarism".

Je dois vous avouer que je vis loin de la France depuis de très nombreuses années, donc je ne suis pas au fait de tous les faits de société.

Donc, en France, qu'entend-on par "commutarisme"?
Pourquoi est-ce perçu comme quelque chose de péjoratif (aux vues du contexte de l'article).

Merci.

augustin

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Re: Indigènes de la République

Message  Kock le Dim 28 Aoû - 11:24

PAR JEAN RENARD
Une magnifique pensée politique qui a pour effet de caser chacun(E) dans une catégorie simpliste : islamophobe/antiislamophobe, colonisateur/colonisé Musulman/Juif/Chrétien Racisé/Non racisé Noir/Rebeu/Caucasien



A se demander où se fabrique le racisme. Le choix d'exclure les non racisés démontre la difficulté se confronter à l'autre qui suppose d'abord de lui reconnaître une existence, une dignité au lieu de l'exclure.

Il est plus simple d'exclure de stigmatiser et de s'en prendre à une personne ou un groupe de personnes que de se confrontrer avec elles dans le débat sur des convictions. et qu'elle n'a donc rien à faire là dans ces débats sue seuls les "colonisés" peuvent comprendre.

Cette exclusion repose sur l' idée que la société française coloniale blanche ne comprend rien à un racisme qu'elle ne vit pas. Car elle porte en elle une tare, ou une maladie, honteuse, et peut être contagieuse - le racisme, le colonialisme -

La manipulation des jeunes en vue de les mobiliser pour mener la guerre civile anticoloniale, anti islamophobie, antiRromophobie, anti négrophobie est lancée par ces militants identitaires.

Les non racisés, les caucasiens, trop blancs sont désignés comme on désigne un ennemi. Ils ne sont pas et ne peuvent être des humains, des concitoyens, des amis peut être. , Ce sont des mauvaises personnes dont il faut avoir peur, se méfier...Des racistes dit t'on.

De la méfiance à la peur, de la peur à la violence...Ces débats nauséabonds initiés par le FUIQP mènent droit à la guerre civile. La bêtise conduira les plus hardis à vouloir agresser ces sales blancs , à formuler des menaces à leur encontre, et encourager ceux qui seraient tentés d'aller plus loin dans la médisance. Les armes ne sont pas si chères qu'on le croit. Il ne reste qu'a hâtiser la haine et la violence viendra immanquablement qui fera selon eux avancer la cause décoloniale.

Qui sera la prochaine victime du processus qui s'engage ainsi? Avis à celles et ceux qui s'aviseront de ne pas pratiquer avec assez de ferveur les nouvelles valeurs : islamophilie, essentialisme, victimisation, théorie du complot, révolution décoloniale.

Et ceux qui n'adhèrent pas à cette idéologie nazie : il faudra les exclure tous..?! Qui sera le prochain(E) ? Nier l'autre est le début de l'inhumanité. Il existe d'autres façons de se confronter à une opinion contraire, d'entendre l'expression d'une minorité au sein d'un collectif et de cheminer sans a priori dans la diversité des convictions de chacun(e).

Parviendront ils à convertir les populations "racisées" au bien fondé de cette ligne ? Oui si nous n'y prêtons garde. Oui si nous ne combattons pas avec fermeté ces idées nauséabondes véhiculées par des islamistes et des islamo-gauchistes très actifs au sein de la jeunesse et des quartiers.

Alors battons nous pour défendre une certaine idée de la France. Mais qui se fout de savoir qui est islamophile ou islamophobe, qui attendu le messie ou qui l'a déjà trouvé, qui emmerde les curés et qui vénère son dieu rédempteur ou qui médite encore en attendant .. Ces catégories de pensée sont stériles. Elles instaurent le racisme et divisent les gens.

Cette doctrine anti-coloniale se résume à prôner....la haine. Elle nous enferme dans un schéma de pensée détestable, et pas seulement parce qu'il est étroit. Mais parce qu'il oppose les communautés les unes contre les autres.

Je propose que ces militants anti- coloniaux soient dérangés dans leurs pseufo certitudes. Et volontairement en plus. Pourquoi ? Par racisme ? Par esprit colonial ? Par goût de la provocation ? Pour le plaisir de la querelle ? Non : pour dénoncer cette dérive en espérant que de la dispute naisse la réflexion, le dialogue !

Oui il y a un problème avec le fait de penser le monde avec ces catégories islamophobe/antiislamophobe, colonisateur/colonisé Musulman/Juif/Chrétien De copieuses parties de rigolades en perspective ! !!

L'ironie pour combattre la bêtise qu'il y a à penser avec ces catégories merdiques dans lesquelles ces militants engluent la jeunesse dans nos quartiers. Ce débat dépasse seretrouve plus largement dans l'ensemble de la société.

Nous retirerons de cette dispute l'exigence de rester soi avec bien plus de force encore afin d'exiger le respect de chaque personne quelle que soit sont apparence physique ou ses convictions intimes. J'espère bon vent pour une société confrontée à des défis majeurs pour les années à venir.

Kock

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Re: Indigènes de la République

Message  MO2014 le Dim 28 Aoû - 20:20

Kock a écrit:
...Alors battons nous pour défendre une certaine idée de la France.

Tout est dit la sainte alliance d'un certain trotskisme, du bisounoursisme et du nationalisme franchouillard Razz Razz Razz
On dirait du Mélenchon ...

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Re: Indigènes de la République

Message  verié2 le Lun 29 Aoû - 9:11

MO2014 a écrit:
Kock a écrit:
...Alors battons nous pour défendre une certaine idée de la France.

Tout est dit la sainte alliance d'un certain trotskisme, du bisounoursisme et du nationalisme franchouillard Razz Razz Razz
On dirait du Mélenchon ...
J'ignore qui est Jean Renard. Kock n'indique pas l'origine du texte qu'il reproduit. Mais je ne vois pas en quoi on peut l'associer au "trotskisme", tout comme Kock lui-même dont les propos sont caricaturaux... Shocked

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Re: Indigènes de la République

Message  Kock le Lun 29 Aoû - 9:47

Aucun rapport avec le Trotskisme, simplement un texte repris du forum de Médiapart pour alimenter la réflexion et la discussion !

Kock

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Re: Indigènes de la République

Message  MO2014 le Lun 29 Aoû - 20:09

Rapide analyse des dits et non-dits de Bernard Cazeneuve, ministre de l'intérieur.

Où les musulmans de France deviennent une catégorie bien à part.

Ainsi quand il pronostique:

"Une loi anti-burkini serait "inconstitutionnelle, inefficace".

Inefficace pour quoi ? Pour éradiquer le burqini ?

Mais aussi quand il ordonne:

"les musulmans doivent continuer à s’engager avec nous pour l’égalité hommes-femmes, l’intangibilité des principes républicains, la tolérance qui fait le vivre-ensemble".

Cela veut il dire que "les" musulmans dans leur ensemble auraient une prédisposition à nuire à l'égalité Hommes- femmes; aux principes républicains et au Vivre-ensemble, sinon pourquoi le rappeler ?

Quand il exhorte :

"Cela suppose aussi que tous les musulmans, avec l’ensemble des Français, s’engagent dans une défense totale de la République face au terrorisme, face au salafisme, car la République est bien leur première appartenance."

Ceal veut-il insinuer que ce n'est pas le cas ? Et pourquoi pas aussi face au racisme islamophobe, à la négrophobie et romophobie et contre les inégalités ? Le sport favori de ce gouvernement et de son 1er ministre...

Quand il annonce que :

La "Fondation pour l'islam de France" traite de la relation entre la République et les musulmans, qu'elle aura vocation à assurer "le développement de la recherche en islamologie".

Cela veut dire d'une part qu'il y a d'un côté, la République et de l'autre, les musulmans, alors que la république française a été une nation musulmane pendant au moins 2 siècles.
Enfinn depuis quand l'Etat français bafoue t-il à ce point la loi sur la laïcité pour se préoccuper officiellement d'islamomogie ?

La mise à distance verbale d'une catégorie de citoyens par un dirigeant, leur externalisation, augure toujours une mise à distance physique.

Il dit avec "les" musulmans et non avec "ses" musulmans. Cette mise à distance des musulmans comme si ils venaient d'un autre pays, comme si il n'étaient pas aussi citoyens de ce pays, sonne de manière problématique.Il aurait été plus juste de dire "avec l'Islam".
Le procureur de Bastia de l'affaire de Sisco, quand il précise "une famille maghrébine" pour désigner la famille d'estivants corses agressée va aussi dans le sens de cette mise à distance.

La question n'est pas de savoir si la France a besoin ou pas de cette relation apaisée.
Un peu comme "les immigrés peuvent rester car ils ont contribué à reconstruire le pays, et contribuent à la richesse de ce pays."
Quand bien même elle n'en aurait pas besoin, ce qui nous préoccupe c'est que la loi soit la même, pour tous ! Qu'on puisse éventuellement la changer dans un sens progressiste, pour tous.

Aux Etats-Unis, les racistes disent les Noirs et non les Américains Noirs, les nazis disaient les Juifs et non les Allemands Juifs.
Y. Boussoumah

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Re: Indigènes de la République

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