Se battre

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Se battre

Message  Babel le Lun 30 Mar - 20:12

C'est un film-documentaire sorti en 2014, que je n'ai pas vu, mais dont je viens juste d'entendre parler, au détour d'un entretien radiophonique (France Culture en grève diffuse encore quelques émissions de grande écoute, tout en maintenant un niveau de mobilisation élevé : il faudrait parler de cette grève du personnel de Radio France, remarquable de détermination...)

Renseignements pris sur le site consacré à sa diffusion ( http://www.sebattre.com/autour-du-film#dvd  ), il apparaît clairement qu'il s'agit d'une entreprise dont l'originalité mérite d'être saluée : il n'est pas fréquent qu'une caméra pointe son objectif sur les "oubliés de la crise", ces millions d'anonymes, d'invisibles et d'exclus qui constituent
aujourd'hui un cinquième de la population française.

Je sais que le film tourne actuellement dans quelques villes de l'hexagone. Si quelqu'un a l'occasion d'assister à sa projection, qu'il n'hésite pas.

Présentation
Aujourd’hui, pour plus de 13 millions de Français, la vie se joue chaque mois à 50 euros près. Derrière ces statistiques, se livrent au quotidien des combats singuliers menés par des hommes et des femmes qui ont la rage de s’en sortir et les mots pour le dire. À leurs côtés, des bénévoles se donnent sans compter pour faire exister un monde plus solidaire.

Le mot des auteurs
Il y a dans ce film ce que nous sommes, ce qui nous anime en tant que citoyens et cinéastes.

Nous sommes arrivés à Givors en novembre 2011 pour ouvrir le chantier du film. Pourquoi Givors? C’est une ville moyenne de 20000 habitants, sise entre le Rhône et le Gier, adossée à la campagne et traversée par l’autoroute qui de Lyon conduit à Saint-Étienne. Elle fut une grande ville ouvrière, son bassin industriel a créé beaucoup d’emplois et attiré nombre d’immigrés venus de toute part. Et puis tout s’est écroulé très rapidement, il n’y a pas si longtemps.
 
Givors nous semble être emblématique d’une histoire telle que la connaissent une grande majorité de Français. Les personnes que nous avons filmées sont quelques-unes parmi les millions qui, dans notre pays, ont des fins de mois difficiles, qu’elles aient un travail ou non.

Ce n’est pas un film sur la précarité ou la pauvreté. C’est un film fait avec des êtres  qui traversent cette précarité dans la banalité du quotidien, du chômage, de la survie ou du travail mal payé. Ils sont le paysage à découvrir avec leur vitalité, leur détermination à vivre, leur culture de résistance. En effet, ce n’est pas parce qu’on est pauvre, qu’on est dénué de parole, de rêves, de sentiments, ou qu’on n’est pas dépositaire de mémoire et d’envie de transmettre à ses enfants l’idée d’un monde meilleur.

Nous sommes en train d’accepter petit à petit en France l’idée d’une société à deux vitesses, entre ceux qui ont plus au moins, et ceux qui n’ont plus. Mais être pauvre aujourd’hui chez nous, c’est aussi ne plus être entendu, ne plus être vu ou regardé, c’est se cacher, se taire, et subir un vrai racisme social. Tous ces mots par lesquels on les stigmatise, assistés, déclassés, et tant d’autres qui font mal, provoquent ainsi chez eux un sentiment de culpabilité, tout en les séparant de plus en plus de nous.

Filmer, c’est prendre soin de l’autre. Chacun de nous construit sa vie en se confrontant aux regards des autres. Si ce regard n’existe plus, la vie s’arrête.

C’est pourquoi nous voulions aussi rendre hommage au travail des bénévoles des associations d’entraide, une véritable armée de l’ombre, qui aux côtés des plus démunis essaye de ne pas les laisser seuls. L’évidence avec laquelle certains êtres aident les autres, leur don de soi, est quelque chose d’admirable.

Nous avons eu le sentiment de filmer à Givors la substance d’un pays, sa moelle. Nous avons rencontré le peuple français tel qu’il est tel et tel qu'il maintient vive sa culture de résistance et de générosité, sa part de singularité.
A condition de lui prêter attention. A condition de le considérer et ne pas le laisser dans la solitude.

Jean-Pierre Duret et Andréa Santana

Une vidéo.
Jean-Pierre Duret présente "Se battre" : https://www.youtube.com/watch?v=4NBQ1Jz242c

Un article de Mediapart
Lundi, avant-première de « Se battre » de Jean-Pierre Duret et Andréa Santana
14 FÉVRIER 2014 |  PAR SOPHIE DUFAU

Plus qu'un documentaire sur la précarité, Se battre est aussi un film sur la solidarité, la fraternité, la générosité qui permettent à ceux dont les fins de mois se pensent en fin de journée, en fin de semaine, de vivre encore avec des rêves, sans être complètement reclus. En décembre dernier, Yves Faucoup, dans le club de Mediapart, soulignait déjà toute l'émotion qui émane de ce film dont la sortie en salle est programmée au 5 mars 2014.

Jean-Pierre Duret et Andrea Santana ont tourné Se Battre à Givors, non loin de Saint-Etienne et Lyon, ville ouvrière au passé révolutionnaire, victime depuis les années 1970 de la désindustrialisation. Leur caméra rencontre ceux qui ne mangent plus que grâce aux colis du Secours populaire ; celle qui à 60 ans se retrouve « dans le caniveau » après avoir vécu très confortablement, du temps où elle était cadre supérieure dans une maison d'édition ; ceux qui s'attachent aux animaux des jardins ou à leur chien car ce sont bien souvent les seuls êtres avec lesquels ils peuvent partager des plaisirs quotidiens… Toute une population invisible, des ombres, « la face noire et muette de notre société » écrivent les réalisateurs.

Autour de ces ombres s'affairent d'autres ombres, la foule des bénévoles des associations d'entraide qui vont aider au jardin partagé, vont récupérer les invendus des grandes surfaces, tiennent l'épicerie solidaire, chargent et déchargent tout ce que l'on jette pour l'offrir à quelques-uns des 13 millions de Français pour qui la vie se joue chaque mois à 50 euros près. La bagarre pour aider face à la bagarre pour survivre. Mais de ces combats on retiendra aussi les sourires, l'énergie, la rage et les colères qui ouvrent à ceux qui sont exclus de nos sociétés la possibilité de vivre encore dans un monde que d'autres s'acharnent jour après jour à rendre plus solidaire.

Babel

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