marxisme et religion

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Re: marxisme et religion

Message  Duzgun le Jeu 29 Jan - 21:22

Non, ce qui ne me donne aucune envie de lire, c'est le pavé monstrueux et le style hautain de son auteur, en plus de ses prises de positions que je connais (malheureusement) déjà et qui ne donnent aucune envie d'en lire plus.

Duzgun

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Re: marxisme et religion

Message  alexi le Jeu 29 Jan - 21:41

Un pavé certes, mais pas plus long que ceux qui sont mis ici en masse en faveur de la thèse du PIRE et de ses amis.

alexi

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Re: marxisme et religion

Message  Dinky le Jeu 29 Jan - 23:35

alexi a écrit:La haine marxiste de la religion II : Les héritiers directs


27 juillet 2013 |  Par Yann Kindo

Ce billet est le deuxième d'une série qui vise à explorer, en voyageant dans les textes, l'attitude des fondateurs du marxisme face à la religion. Cette série est une réponse directe aux falsifications grotesques de Pierre Tévanian, qui essaie d'expliquer que l'athéisme serait devenu « l'opium du peuple de gauche », et que la critique contemporaine de la religion serait une rupture avec les classiques du marxisme. Dans le premier billet, j'avais montré quelles étaient les analyses de Marx et d'Engels sur le sujet, et en quoi les déformations intéressées de Tévanian relèvent en fait du contresens : http://blogs.mediapart.fr/blog/yann-kindo/010413/la-haine-marxiste-de-la-religion-episode-i-marx-et-engels Je signale que, depuis la parution de ce billet, un autre bloggeur de Médiapart, Germinal Pinalie, a publié un billet très érudit qui montre comment Tévanian triture les différentes traductions disponibles des textes marxistes pour essayer de les faire coller le plus possible avec ce qu'il a envie de montrer : http://blogs.mediapart.fr/blog/germinal-pinalie/100613/les-mots-de-marx-sont-importants-sur-la-haine-de-la-religion-de-pierre-tevanian Dans ce deuxième billet, on poursuit le voyage dans les textes classiques, en s'intéressant à la « deuxième génération » des fondateurs du marxisme, ceux qui œuvrent au tournant du siècle pour diffuser et approfondir les théories marxistes. La génération « Deuxième internationale », en quelque sorte. Je m'appuie toujours sur ce que propose le site marxists.org, qui souffre de quelques fautes de frappes ponctuelles mais qui est d'une très grande richesse et très pratique pour se livrer à ce genre d'explorations : http://www.marxists.org/francais/index.htm Plus encore que dans le dernier billet, je me contenterai de largement laisser parler les textes eux-mêmes, parce qu'ils sont très explicites et qu'il n'y a pas grand chose à rajouter, mais aussi parce que j'ai surtout envie de les faire connaître, et peut-être donner envie de les lire, plutôt que de les commenter pour le plaisir de commenter. L'ordre alphabétique des choix opérés appelle en premier lieu un classique relativement connu [si tant est que les textes marxistes aient jamais été « connus », au sens de « largement diffusés dans la population »] : « La femme et le socialisme », publié par le dirigeant du SPD allemand Auguste Bebel en 1891 : http://www.marxists.org/francais/bebel/bebel_fs5.htm Le livre de Tévénian ayant en fait pour origine pratique les débats autour du voile islamique, il n'est pas inintéressant de commencer par un texte abordant la question religieuse sous l'angle de l'oppression des femmes : « Il serait facile de produire encore des centaines de citations empruntées aux plus considéra­bles des hommes que l'on appelle des lumières de l’Église. Tous ont enseigné dans le même sens ; tous, par leurs prédications constantes, ont contribué à répandre ces idées monstrueuses sur les choses sexuelles et les relations de l'homme et de la femme, relations qui sont pourtant une loi de la nature dont l'application est un des devoirs les plus essentiels des fins humaines. La société actuelle souffre encore cruellement de ces doctrines et elle ne s'en guérit qu'avec lenteur.   Pierre dit aux femmes avec insistance : « femmes, soyez dociles à vos maris. » Paul écrit aux Éphésiens : « l'homme est le maître de la femme comme le Christ est le chef de l’Église » ; aux Corinthiens : « l'homme est l'image et la gloire de Dieu, et la femme est la gloire de l'homme. » D'après tout cela, le premier niais venu peut se croire au-dessus de la femme la plus distinguée, et, dans la pratique, il en est ainsi, même à présent. » Bebel poursuit plus loin en répondant aux apôtres du caractère progressiste du christianisme, au moins comme facteur de civilisation : « Ce qui a progressivement amélioré le sort de la femme dans ce qu'on est convenu d'appeler le monde chrétien, ce n'est pas le christianisme, mais bien les progrès que la civilisation a faits en Occident malgré lui. Ce n'est donc pas la faute du christianisme si la situation de la femme est aujourd'hui supérieure à ce qu'elle était lorsqu'il naquit. Ce n'est qu'à contre-cœur et la main forcée qu'il a renoncé à sa véritable façon d'agir à l'endroit de la femme. Les fanatiques de la « mission libératrice du christianisme » sont d'un avis opposé sur ce point comme sur beaucoup d'autres. Ils affirment audacieusement que le christianisme a délivré la femme de sa basse condition primitive ; ils s'appuient surtout pour cela sur le culte de Marie, mère de Dieu, qui surgit postérieurement dans la religion nouvelle et qui devait être considéré par le sexe féminin comme un hommage à lui rendu. L’Église catholique, qui observe aujourd'hui encore ce culte, devrait hautement protester contre cette assertion. Les Saints et les Pères de l’Église - et nous pourrions facilement en citer bien d'autres, parmi lesquels les premiers et les plus illustres - se prononcent tous, sans exception, contre la femme. Le concile de Mâcon, que nous avons déjà cité, et qui, au VIème siècle, discuta sur la question de savoir si la femme avait une âme ou non, fournit un argument probant contre cette version de la bienveillance des doctrines du catholicisme pour la femme. L'introduction du célibat des prêtres par Grégoire VII , la furie des réformateurs, de Calvin en particulier, contre les « plaisirs de la chair », et avant tout la Bible elle-même dans ses mons­trueuses sentences d'hostilité contre la femme et le genre humain, nous démontrent le contraire. » On retrouve des années plus tard le même son de cloche féministe irréductiblement hostile au christianisme du côté de la dirigeante bolchévique Alexandra Kollontaï, qui dans sa «  IVe Conférence à l'université Sverdlov sur la libération des femmes » (1921), dresse un portait unilatéralement négatif de la religion chrétienne : http://www.marxists.org/francais/kollontai/works/1921/0a/kollontai_conf_04.htm « Toutes les religions marquées par le patriarcat se sont rendues coupables de discriminations envers les femmes, essentiellement pour avoir érigé en loi divine l'infériorité de la femme par rapport à l'homme. Le christianisme, au départ religion des esclaves, mais dont les riches et les puissants ont su rapidement tirer parti, a de ce point de vue particulièrement frappé les femmes. Le christianisme doit sa formidable expansion au Moyen Age à son empressement à légaliser la propriété privée, l'abîme creusé entre les classes et la violence envers les pauvres. Le christianisme élevait la pauvreté, la douceur et la patience au rang de vertus que les serfs sans droits avaient le devoir de pratiquer et pour lesquelles un jour, dans l'au-delà, ils seraient largement récompensés. L'effet soporifique de la religion sur la pensée et la volonté empêchait tout réveil : « Crois sans douter !» La classe des grands propriétaires terriens avait besoin d'être appuyée par Dieu lui-même pour assurer sa suprématie. Se « mortifier » était extrêmement désagréable. Les chevaliers, les propriétaires terriens ou même les représentants fanatiques de l'Eglise respectaient-ils ces saintes règles de vie ? Non, d'aucune manière ! Ils menaient une vie de débauche écœurante et abandonnèrent aux moines et aux ermites le soin de « mortifier leur corps ». Ils versaient des dons aux couvents pour le rachat de leurs péchés. Le christianisme était donc, et à tous égards, une religion très commode pour les puissants, puisqu'elle confirmait les classes non possédantes et dominées et en particulier les femmes appartenant à ces classes dans leur oppression et les terrorisait. L'appel au Tout-Puissant légalisa le droit du plus fort au sein de la famille et l'assujettissement de la femme à la tyrannie de l'homme. Ce qui eut naturellement des conséquences catastrophiques sur le futur destin de la femme. Le christianisme reprochait à la femme d'inciter l'homme à l'amour charnel. Les pères de l'Eglise du Moyen Age remplirent d'énormes grimoires pour tenter de prouver la nature pécheresse de la femme. Ils rendirent les femmes responsables de leur propre concupiscence. Et le peuple, simple et inculte, qui n'avait pas appris à penser par lui-même, croyait aveuglément les enseignements de l'Eglise. » « Le christianisme soutenait la paresse de l'esprit et le conservatisme, reculait devant toute innovation et considérait naturellement toute forme de travail intellectuel comme néfaste. Les sciences, par exemple, étaient persécutées parce que l'Eglise soupçonnait les savants capables de découvrir le charlatanisme religieux et de dessiller les yeux des croyants. Tous ceux qui exerçaient une influence spirituelle sur leur entourage sans porter soutane étaient énergiquement poursuivis par l'Eglise. » Toujours en Russie, quelques années plus tôt, dans une lettre de 1907 intitulée « Réponse à une enquête faite par le Mercure de France sur l'avenir de la religion », Plekhanov, qui était le fondateur du marxisme en Russie et à cette époque une influence majeure de Lénine, discute la question de l'avenir de la religion, et rassure ceux qui voient dans l'effacement de celle-ci une menace pour la morale. Il présente les religions, en tant que croyances et pas seulement en tant qu'Eglises constituées, comme des survivances archaïques appelées à disparaître au fur et à mesure du progrès scientifique et du progrès social, qui allaient de paire dans l'esprit des fondateurs du marxisme : « L'alliance qui semblait indissoluble entre la religion et la morale est condamnée à disparaître de par le progrès de l'esprit humain. L'explication scientifique des phénomènes est forcément matérialiste. L'intervention des êtres spirituels, qui, aux yeux du sauvage, explique tous les phénomènes, n'explique rien aux yeux d'un Berthelot ; sa valeur diminue de plus en plus pour l'homme civilisé qui peut s'assimiler les résultats du travail scientifique. Si nombre de gens croient à l'existence d'êtres spirituels et surnaturels, c'est que — pour diverses raisons — ils n'ont pu surmonter les obstacles qui les empêchent de se placer au point de vue scientifique. Une fois ces obstacles écartés — et il faut croire que ce sera l'oeuvre de l'évolution sociale — toute conception surnaturelle s'évanouira, et alors la morale sera forcée de reprendre son existence indépendante. La religion, dans le sens de sa définition maximum, aura vécu. — Quant au sentiment religieux, il disparaîtra évidemment avec la dissolution de l'idée religieuse. Mais il y a plus de conservatisme dans les sentiments que dans les idées. Il peut y avoir et il y aura certainement des survivances qui engendreront des conceptions plus ou moins bâtardes, mi-spiritualistes, mi-matérialistes, du monde. Mais à leur tour ces survivances sont condamnées à disparaître, surtout quand disparaîtront certaines institutions sociales que la religion paraît sanctionner. Le progrès de l'humanité apporte avec lui l'arrêt de mort de l'idée et du sentiment religieux. Les gens timides ou intéressés ont peur pour la morale. Mais, je le répète, la morale peut mener une existence indépendante. La croyance en des êtres spirituels, même à l'heure qu'il est, est loin de renforcer la morale. Bien au contraire, les religions des peuples civilisés actuels sont, pour la plupart, en arrière du développement moral de ces peuples. » Allons voir maintenant du côté des dirigeants socialistes français, avec les deux figures qui sont généralement opposées, celle de l' « orthodoxe » Jules Guesde et celle du socialiste républicain Jean Jaurès. Il n'est pas question ici de commenter leurs positions politiques en général, que ce soit sur la participation gouvernementale ou sur le patriotisme [un mal dont il étaient tous les deux affectés, ce qui en fait des marxistes d'un genre particulier]. Il s'agit uniquement de constater leur divergence sur la manière d'aborder la question de la religion, dans le contexte particulier de la campagne laïque qui s'est développée sous la IIIe République, jusqu'à institutionnaliser la notion. Voici ce que dit Jules Guesde, dans un « Discours au Congrès d'Amsterdam » (1904), qui est précisément une intervention dans le cadre d'une polémique avec Jaurès lors d'un Congrès Socialiste international : http://www.marxists.org/francais/guesde/works/1904/08/guesde_19040813.htm «  "La victoire de la laïcité", dont s'est vanté Jaurès, est encore à venir. Depuis le temps qu'on expulse des moines de tout sexe et de toute robe, il n'est pas même prouvé qu'il y en ait un de disparu - et encore ! Ce n'est que dans un délai de dix ans que devront avoir été fermées toutes les écoles congréganistes, et rien n'a été fait contre les congrégations les plus dangereuses, celles qui spéculent sur la misère, la faim et la maladie ouvrières. L'anticléricalisme dont on fait parade a surtout pour but de détourner les travailleurs de leur lutte contre le capitalisme. C'est une "comédie", comme on a pu en juger tout à l'heure, lorsque, après avoir annoncé triomphalement le prochain dépôt par M. Combes d'un projet de séparation de l'Eglise et de l'Etat, Jaurès a suffisamment indiqué qu'il ne croyait pas à une majorité pour la voter. Mais en fût-il autrement, dût le Concordat être supprimé avec le budget des cultes qu'on n'aurait pas le droit de parler d'"affranchissement des consciences" et de "liberté intellectuelle" à propos d'une mesure qui a été prise depuis longtemps, depuis toujours, aux Etats-Unis, sans que pour cela le cléricalisme, catholique ou protestant, ait cessé d'empoisonner la grande république américaine. C'est que, comme le déclarait la première Internationale, la servitude économique est la source de toutes les servitudes, politiques et religieuses. L'émancipation intellectuelle ou morale ne précèdera pas, elle ne peut que suivre l'émancipation matérielle. Ce n'est que dans la société socialiste qu'il en sera fini de toute religion ou superstition, seul le paradis réalisé pour tous dans la vie pouvant et devant faire disparaître jusqu'à l'idée du paradis dans la mort. » En juillet de la même année (1904) dans un discours à Castres intitulé « L'enseignement laïque », Jean Jaurès exposait ses propres vues sur la question : http://www.marxists.org/francais/general/jaures/works/1904/07/laique.htm « Et si la démocratie fonde en dehors de tout système religieux toutes ses institutions, tout son droit politique et social, famille, patrie, propriété, souveraineté, si elle ne s'appuie que sur l'égale dignité des personnes humaines appelées aux mêmes droits et invitées à un respect réciproque, si elle se dirige sans aucune intervention dogmatique et surnaturelle, par les seules lumières de la conscience et de la science, si elle n'attend le progrès que du progrès de la conscience et de la science, c'est-à-dire d'une interprétation plus hardie du droit des personnes et d'une plus efficace domination de l'esprit sur la nature, j'ai bien le droit de dire qu'elle est foncièrement laïque, laïque dans son essence comme dans ses formes, dans son principe comme dans ses institutions, et dans sa morale comme dans son économie. » « Ceux-là vont contre cette grande œuvre, ceux-là sont impies au droit humain et au progrès humain, qui se refusent à l'éducation de laïcité. Ouvriers de cette cité, ouvriers de la France républicaine, vous ne préparerez l'avenir, vous n'affranchirez votre classe que par l'école laïque, par l'école de la République et de la raison. » Où l'on voit que, pour le coup, c'est le laïcard républicain pas très marxiste qui ne fait pas preuve de beaucoup de « haine de la religion » dans son texte, se contentant de prôner la séparation des ordres, mais sans aucune critique de fond du christianisme et de la religion. Alors que Guesde, lui, qui ironise contre la campagne anticléricale comme étant une manœuvre de diversion, affiche l'objectif de la disparition des religions et autres superstitions. L'islamo-gauchisme contemporain de Tévanian et des Indigènes de la République n'est donc ni du côté de Guesde ni de celui de Jaurès, il est ailleurs, et en général totalement étranger au marxisme. Paul Lafargue est un autre dirigeant socialiste français, notamment connu pour son ouvrage « Le droit à la paresse ». En 1909, dans Le déterminisme économique de Karl Marx. Recherches sur l'origine et l'évolution des idées de justice, du bien, de l'âme et de Dieu, il consacre de longs développements à la question de la religion, que nous allons suivre maintenant de manière détaillée : http://www.marxists.org/francais/lafargue/works/1909/00/laf_19090000i.htm Dès première phrase de cette section de l'ouvrage, il ne critique pas les libre-penseurs pour leurs excès antireligieux mais pour leurs insuffisances sur ce plan : « La libre-pensée bourgeoise, sous les auspices de deux illustres savants, Berthelot et Hœckel, a été dresser à Rome sa tribune en face du Vatican, pour tonner ses foudres oratoires contre le catholicisme qui, par son clergé hiérarchisé et ses dogmes, prétendus immuables, représente pour elle la religion. Les libres-penseurs, parce qu'ils font le procès du Catholicisme, pensent-ils être affranchis de la croyance en Dieu, la base fondamentale de toute religion ? - Croient-ils que la Bour­geoi­sie, la classe à laquelle ils appartiennent, peut se passer du Christianisme, dont le Catho­licisme est une manifestation ? Le Christianisme, bien qu'il ait pu s'adapter à d'autres formes sociales, est, par excellence, la religion des sociétés qui reposent sur la propriété individuelle et 1'exploitation du travail salarié ; c'est pourquoi il a été, est et sera, quoi qu'on dise et qu'on fasse, la religion de la Bourgeoisie. » On peut être d'accord ou pas avec ces analyses, mais la question ici est plutôt de constater qu'elles ne témoignent d'aucune neutralité ni encore moins de sympathie à l'égard du christianisme, c'est à dire de la religion quasi unique dans l'Europe du XIXe siècle. Lafargue s'efforce de lier la bourgeoisie à la croyance en général, dans ce beau passage qui ravira les rationalistes et les athées : « Les fortes têtes de la libre-pensée ont affirmé et affirment encore, malgré l'évidence, que la science désencombrerait le cerveau humain de l'idée de Dieu, en la rendant inutile pour comprendre la mécanique de l'univers. Cependant, les hommes de science, à quelques excep­tions près, sont encore sous le charme de cette croyance : si dans sa propre science, un sa­vant, selon le mot de Laplace, n'a pas besoin de l'hypothèse de Dieu pour expliquer les phé­no­mènes qu'il étudie, il ne s'aventure pas à déclarer qu'elle est inutile pour se rendre compte de ceux qui ne rentrent pas dans le cadre de ses recherches ; et tous les savants reconnaissent que Dieu est plus ou moins nécessaire pour le bon fonctionnement des rouages sociaux et pour la moralisation des masses populaires. Non seulement l'idée de Dieu n'est pas complè­tement dissipée dans la tête des hommes de science, mais la plus grossière superstition fleurit, non dans les campagnes enténébrées et chez les ignorants, mais dans les capitales de la civilisation et chez les bourgeois instruits : les uns entrent en pourparlers avec les esprits pour avoir des nouvelles d'outre-tombe, les autres s'agenouillent devant saint Antoine-de-Padoue pour retrouver un objet perdu, deviner le numéro gagnant de la loterie, passer un examen à l'École Polytechnique, etc., consultent des chiromanciennes, des somnambules, des tireuses de cartes pour connaître l'avenir, interpréter les songes, etc. Les connaissances scientifiques qu'ils possèdent, ne les protègent pas contre la plus ignare crédulité. » Il développe ensuite la thèse peut-être excessivement optimiste de Marx et Engels selon laque le prolétariat est lui particulièrement vacciné contre la croyance religieuse. On est bien loin de la dite « théologie de la Libération » : « Mais, tandis que dans toutes les couches de la Bourgeoisie le sentiment religieux reste vivace et se manifeste de mille façons, une indifférence religieuse irraisonnée, mais inébran­lable, caractérise le Prolétariat industriel. » « L'indifférence en matière religieuse, le plus grave symptôme de l'irréligion, selon Lamen­nais, est innée dans la classe ouvrière moderne. Si les mouvements politiques de la Bour­geoi­sie ont revêtu une forme religieuse ou antireligieuse, on ne peut observer dans le Prolétariat de la grande industrie d'Europe et d'Amérique, aucune velléité d'élaboration d'une religion nouvelle pour remplacer le Christianisme, ni aucun désir de le réformer. Les organisations économiques et politiques de la classe ouvrière des deux mondes se désintéressent de toute discussion doctrinale sur les dogmes religieux et les idées spiritualistes, ce qui ne les empê­che pas de faire la guerre aux prêtres de tous les cultes, parce qu'ils sont les domestiques de la classe capitaliste. » Lafargue ne s'arrête pas à ces constats, et cherche à expliquer les origines sociales de ces attitudes différenciées par rapport à la religion. Comment un savant bourgeois éduqué peut-il continuer à croire en Dieu, alors que le prolétaire privé d'éducation tend lui spontanément à abandonner ces fariboles ? La clé de l'explication de la crédulité bourgeoise serait à trouver dans le refus d'étendre le champ de la pensée scientifique aux phénomènes sociaux : «  On était en droit d'espérer que l'extraordinaire développement et vulgarisation des con­nais­sances scientifique et que la démonstration de l'enchaînement nécessaire des phéno­mènes naturels auraient établi l'idée, que l'univers, régi par la loi de nécessité, était soustrait aux caprices d'une volonté humaine ou surhumaine et que, par conséquent, Dieu devenait inutile puisqu'il était dépouilla des multiples fonctions que l'ignorance des sauvages l'avait chargé de remplir ; cependant on est obligé de reconnaître que la croyance en un Dieu, pou­vant à sa guise, bouleverser l'ordre nécessaire des choses, subsiste encore chez les hommes de science et qu'il se rencontre des bourgeois instruits qui lui demandent, comme les sauvages, des pluies, des victoires, des guérisons, etc.  Même si les savants étaient parvenus à créer dans les milieux bourgeois la conviction que les phénomènes du monde naturel obéissent à la loi de nécessité, de sorte que déterminés par ceux qui les précèdent, ils déterminent ceux qui les suivent, il resterait encore à démontrer que les phénomènes du monde social sont, eux aussi, soumis à la loi de nécessité. Mais les économistes, les philosophes, les moralistes, les historiens, les sociologues et les politiciens, qui étudient les sociétés humaines et qui, même, ont la prétention de les diriger, ne sont pas parvenus et ne pouvaient pas parvenir à faire naître la conviction que les phénomènes sociaux relèvent de la loi de nécessité, comme les phénomènes naturels ; et c'est parce qu'ils n'ont pu établir cette conviction que la croyance en Dieu est une nécessité pour les cerveaux bour­geois, même les plus cultivés. » D'où vient cette nécessité, selon Lafargue ? Du fonctionnement anarchique du système capitaliste, et de l'incapacité de ses profiteurs et thuriféraires à penser son fonctionnement, pour ne pas mettre en lumière leur propre caractère parasitaire. Du coup, face à ce chaos social, comparable au chaos de la nature aux yeux du « sauvage » primitif, l'idée de Dieu reste nécessaire pour expliquer les phénomènes inexplicables : « Le monde économique fourmille pour le bourgeois d'insondables mystères, que les écono­mistes se résignent à ne pas approfondir. Le capitaliste, qui grâce à ses savants, est parvenu à domestiquer les forces naturelles, est tellement ahuri par les incompréhensibles effets des forces économiques, qu'il les déclare incontrôlables, comme l'est Dieu, et il pense que le plus sage est de supporter avec résignation les malheurs qu'elles infligent et d'accepter avec reconnaissance les bonheurs qu'elles accordent. Il dit avec Job : "l'Eternel me l'avait donné, l'Eternel me l'a ôté, que le nom de l'Eternel soit béni." Les forces économiques lui apparais­sent fantasmagoriquement comme des êtres bienfaisants et malfaisants . Les terribles inconnus d'ordre social qui environnent le bourgeois et qui, sans qu'il sache pourquoi et comment, le frappent, dans son industrie, son commerce, sa fortune, son bien-être, sa vie, sont pour lui aussi troublants que l'étaient pour le sauvage les inconnus d'ordre naturel, qui ébranlaient et surchauffaient son exubérante imagination. Les anthropologistes attribuent la sorcellerie, la croyance à l'âme, aux esprits, et en Dieu de l'homme primitif, à son ignorance du monde naturel : la même explication est valable pour le civilisé, ses idées spiritualistes et sa croyance en Dieu, doivent être attribuées à son ignorance du monde social. L'incertaine continuité de sa prospérité et les inconnaissables causés de ses fortunes et infortunes, prédisposent les bourgeois à admettre, ainsi que le sauvage, l'existence d'êtres supérieurs, qui selon leurs fantaisies agissent sur les phénomènes sociaux, pour qu'ils soient favorables ou défavorables, comme le disent Théognis et les livres de l'Ancien Testament ; et c'est pour les propitier qu'il se livre aux pratiques de la plus grossière superstition, qu'il communique avec les esprits de l'autre monde, qu'il brûle des cierges devant les saintes images et qu'il prie le Dieu trinitaire des chrétiens ou le Dieu unique des philosophes. Le sauvage, vivant dans la nature, est surtout impressionné par les inconnus d'ordre natu­rel, qui au contraire inquiètent médiocrement le bourgeois : celui-ci ne connaît qu'une nature d'agrément, décorative, taillée, sablée, ratissée, domestiquée. Les nombreux services que la science lui a rendus pour son enrichissement, et ceux qu'il attend encore d'elle ont fait naître dans son esprit une foi aveugle dans sa puissance, il ne doute pas qu'elle finira un jour par résoudre les inconnus de la nature et même par prolonger indéfiniment sa vie, comme le promet M. Metchnikoff, le microbomaniaque : mais il n'en est pas de même pour les inconnus du monde social, les seuls qui le troublent ; il n'admet pas qu'il soit possible de les comprendre. Ce sont les inconnaissables du monde social et non ceux du monde naturel, qui insinuent dans sa tête, peu imaginative, l'idée de Dieu, qu'il n'a pas eu la peine d'inventer et qu'il a trouvée toute prête à être appropriée. Les incompréhensibles et insolubles problèmes sociaux rendent Dieu si nécessaire qu'il l'aurait inventé, s'il avait été besoin. » Toujours dans le registre d'une psychologie sociale marxiste, j'aime bien ce développement qui met en lumière l'utilité de la croyance en la vie éternelle du point de vue du bourgeois, à son propre égard ou à l'égard de l'ouvrier : « La perpétuelle et générale contradiction entre les actes et les notions de justice et de morale, que l'on croirait de nature à ébranler chez les bourgeois l'idée d'un Dieu justicier, la consolide au contraire et prépare le terrain pour celle de l'immortalité de l'âme, qui s'était évanouie chez les peuples arrivés à la période patriarcale ; cette idée est entretenue, fortifiée et constamment avivée chez le bourgeois par son habitude d'attendre une rémunération pour tout ce qu'il fait et ne fait pas . Il n'emploie des ouvriers, il ne fabrique des marchandises, il ne vend, achète, prête de l'argent, rend un service quelconque, que dans l'espoir d'être rétri­bué, de tirer un bénéfice. La constante attente d'un profit fait qu'il n'accomplit aucune action pour le plaisir de l'accomplir, mais pour encaisser une récompense : s'il est généreux, chari­table, honnête, ou même s'il se borne à n'être pas déshonnête, la satisfaction de sa conscience ne lui suffit pas ; il lui faut une rétribution pour être satisfait et pour ne pas se croire la dupe de ses bons et naïfs sentiments ; s'il ne reçoit pas sur terre sa récompense, ce qui est géné­ralement le cas, il compte l'obtenir au ciel. Non seulement il attend une rémunération pour ses bonnes actions, et pour son abstention des mauvaises, mais il espère une compensation pour ses infortunes, ses insuccès, ses déboires et même ses chagrins. Son Moi est tellement envahissant que pour le contenter il annexe le ciel à la terre. Les injustices dans la civilisation sont si nombreuses et si criantes, et celles dont il est la victime prennent à ses yeux des proportions si démesurées que sa jugeote ne peut admettre qu'elles ne seront pas un jour réparées et ce jour ne peut luire que dans l'autre monde : ce n'est qu'au ciel qu'il a l'assurance de recevoir la rémunération de ses infortunes. La vie après la mort devient pour lui une certitude, car son Dieu bon, juste et agrémenté de toutes les vertus bourgeoises ne peut faire autrement que de lui accorder des récompenses pour ce qu'il a fait et n'a pas fait, et des réparations pour ce qu'il a souffert : au tribunal de commerce du ciel, les comptes qui n'ont pu être réglés sur terre seront apurés. Le bourgeois n'appelle pas injustice l'accaparement des richesses créées par les salariés ; ce vol est pour lui la justice même ; et il ne peut concevoir que Dieu ou n'importe qui ait sur ce sujet une autre opinion. Néanmoins, il ne croit pas qu'on viole la justice éternelle, quand on permet aux ouvriers d'avoir le désir d'améliorer leurs conditions de vie et de travail ; mais comme il sait pertinemment que ces améliorations devront être réalisées à ses dépens, il pense qu'il est d'une sage politique de leur promettre une vie future, où ils vivront en bom­bance, comme des bourgeois. La promesse du bonheur posthume est pour lui la plus écono­mique manière de donner satisfaction aux réclamations ouvrières. La vie par delà la mort, qu'il se plaît d'espérer pour contenter son Moi, se change en instrument d'exploitation. » Avec Lafargue, on est bien à des années-lumières de l'idée de Tévanian selon laquelle l'athéisme serait l'opium du peuple de gauche, et la critique de la bourgeoisie porte également sur son incapacité à se débarrasser de l'idée de Dieu. Chez Lafargue, la religion est l'opium du peuple, mais aussi la cocaïne du bourgeois: « La croyance de la Bourgeoisie en Dieu et en l'immortalité de l'âme est un des phénomènes idéologiques de son milieu social ; on ne l'en débarrassera qu'après l'avoir dépossédé de ses richesses volées aux salariés, et qu'après l'avoir transformée de classe parasitaire en classe productive. La Bourgeoisie du XVIII° siècle, qui luttait en France pour s'emparer de la dictature sociale, attaqua avec fureur le clergé catholique et le christianisme, parce qu'ils étaient les sou­tiens de l'aristocratie ; si dans l'ardeur de la bataille, quelques-uns de ses chefs : Diderot, La Mettrie, Helvétius, d'Holbach, poussèrent l'irréligion jusqu'à l'athéisme, d'autres, tout aussi représentatifs de son esprit, si ce n'est plus, Voltaire, Rousseau, Turgot, n'arrivèrent jamais jusqu'à la négation de Dieu . Les philosophes matérialistes et sensualistes, Cabanis, Maine de Biran, de Gérando, qui survécurent à la Révolution, rétractèrent publiquement leurs mécréantes doctrines. On ne doit pas perdre son temps à accuser ces hommes remarquables d'avoir trahi les opinions philosophiques qui, au début de leur carrière, leur avaient assuré la notoriété et des moyens d'existence ; la Bourgeoisie seule est coupable ; victorieuse, elle perdit son irréligieuse combativité et ainsi que les chiens de la Bible elle retourna à son vomi, le christianisme, qui comme la syphilis, est une maladie constitutionnelle qu'elle a dans le sang. Ces philosophes subirent l'influence de l'ambiance sociale : ils étaient bourgeois, ils évoluèrent avec leur classe. Cette ambiance sociale, à l'action de laquelle ne peuvent se soustraire les bourgeois les plus instruits et les plus émancipés intellectuellement, est responsable du déisme d'hommes de génie, comme Cuvier, Geoffroy Saint-Hilaire, Faraday, Darwin, et de l'agnosticisme et du positivisme de savants contemporains, qui n'osant pas nier Dieu s'abstiennent de s'en occuper. Mais cette abstention est une implicite reconnaissance de l'existence de Dieu, dont ils ont besoin pour comprendre le monde social qui leur semble le jouet du hasard au lieu d'être régenté par la loi de nécessité, comme le monde naturel. » A l'autre bout de la chaîne de production, le salarié est lui au contraire placé dans une position qui favorise l'irréligiosité : « La vie que mène l'ouvrier de la grande industrie le soustrait encore plus que le bourgeois aux influences du milieu naturel, qui entretiennent chez le paysan la croyance aux revenants, aux sorciers, aux maléfices et autres idées superstitieuses. Il lui arrive de n'apercevoir le soleil qu'à travers les fenêtres de l'atelier et de ne connaître de la nature que la campagne environnante de la ville où il travaille et de ne la voir qu'à de rares occasions : il ne saurait dis­tin­guer un champ de blé d'un champ d'avoine et un pied de pommes de terre d'un pied de chanvre ; il ne connaît les productions de la terre que sous la forme qu'il les consomme. Il est dans une complète ignorance des travaux des champs et des causes qui influent sur le rendement des moissons : la sécheresse, les pluies torrentielles, la grêle, les ouragans, etc., ne lui font jamais songer à leur action sur la nature et ses récoltes. Sa vie urbaine le met à l'abri des inquiétudes et des troublantes préoccupations qui assaillent l'esprit du cultivateur. La nature n'a pas de prise sur son imagination. Le travail de l'atelier mécanique met le salarié en rapport avec de terribles forces natu­relles que le paysan ignore : mais au lieu d'être dominé par elles, il les contrôle. Le gigantes­que outillage de fer et d'acier qui emplit l'usine, qui le fait mouvoir, comme un automate, qui parfois l'agrippe, le mutile, le broie, au lieu d'engendrer chez lui une terreur superstitieuse, comme le tonnerre chez le paysan, le laisse impassible et impavide, car il sait que les mem­bres du monstre métallique ont été fabriqués et montés par des camarades et qu'il n'a qu'à déplacer une courroie pour le mettre en marche ou l'arrêter. La machine, malgré sa puissance et sa production miraculeuses, n'a pour lui aucun mystère. L'ouvrier des usines productrices d'électricité, qui n'a qu'à tourner une manivelle sur un cadran pour envoyer à des kilomètres la force motrice à des tramways, ou la lumière aux lampes d'une ville, n'a qu'à dire comme le Dieu de la Genèse : "Que la lumière soit", pour que la lumière soit... jamais sorcellerie plus fan­tastique n'a été imaginée ; cependant pour lui cette sorcellerie est chose simple et natu­relle. On l'étonnerait fort si on venait lui dire qu'un Dieu quelconque pourrait, s'il le voulait, arrêter les machines et éteindre les lampes quand il leur a communiqué l'électricité ; il répondrait que ce Dieu anarchiste serait tout bonnement un engrenage dérangé ou un fil con­duc­teur rompu et qu'il lui serait facile de chercher et de mettre à la raison ce Dieu pertur­bateur. La pratique de l'atelier moderne enseigne au salarié le déterminisme scientifique, sans qu'il ait besoin de passer par l'étude théorique des sciences. » La conclusion de Lafargue développe ce qui fait la différence entre l'athéisme marxiste et l'athéisme « bourgeois » des libre-penseurs : la volonté de transformer au préalable la société pour éradiquer la religion. Mais il n'y a aucun doute dans l'esprit de Lafargue, contrairement à ce qui se passe dans les esprits confus des philosophes post-modernes et autre penseurs « critiques » gramsco-chiants : l'objectif est bien, pour Lafargue comme pour Marx et Engels, de développer la méthode scientifique et de se débarrasser des croyances religieuses : « La libre et impartiale étude de la nature a fait naître et a fermement établi dans certains milieux scientifiques la conviction que tous ses phénomènes sont soumis à la loi de nécessité et que l'on doit rechercher leurs causes déterminantes dans la nature et non pas en dehors d'elle. Cette étude a de plus permis la domestication des forces naturelles à l'usage de l'homme. Mais l'emploi industriel des forces naturelles a transformé les moyens de production en organismes économiques. si gigantesques qu'ils échappent au contrôle des capitalistes qui les monopolisent, ce que démontrent les crises périodiques de l'industrie et du commerce. Ces orga­nismes de production, quoique de création humaine, bouleversent le milieu social, lorsque les crises éclatent, aussi aveuglément que les forces naturelles troublent la nature lors­qu'elles se déchaînent. Les moyens de production modernes ne peuvent plus être contrôlés que par la société ; et pour que ce contrôle puisse s'établir, ils doivent au préalable devenir propriété sociale : alors seulement ils cesseront d'engendrer les inégalités sociales, de donner les richesses aux parasites et d'infliger les misères aux producteurs salariés et de créer les perturbations mondiales que le capitaliste et ses économistes ne savent attribuer qu'au hasard et à des causes inconnues. Lorsqu'ils seront possédés et contrôlés par la société, il n'y aura plus d'Inconnaissable d'ordre social ; alors, et alors seulement, sera définitivement éliminée de la tête humaine la croyance en Dieu. » Prochain épisode : L'attitude de Lénine et Trotsky face à la religion. Yann Kindo

Ça amène un peu d'oxygène (et d'étonnement) de lire des choses intelligentes et intelligibles qui permettent aux matérialistes communistes de se démarquer des superstitions réactionnaires et de ceux qui les soutiennent.
(il me semble que ces compromissions avec le pire n'ont pas amené à un élargissement de l'assise militante, quantitativement et qualitativement, de ceux qui bradent les fondamentaux marxistes)

Après avoir humé les effluves du PIR et de ses compagnons de route, on a l'impression d'avoir ouvert la fenêtre et de retrouver un peu de lutte de classe internationaliste, antiraciste et ne puant pas l'obscurantisme religieux..

Dinky

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Re: marxisme et religion

Message  Toussaint le Jeu 29 Jan - 23:42

Beaucoup d'excellentes choses mais qui en aucun cas ne permettent de justifier le mépris des croyants et leur répression avec l'aide de l'appareil d'état que toi et tes pareils exaltez continuellement.

Ensuite, la question de la lutte contre la religion est ici constamment la lutte contre les églises et les illusions religieuses, d'une part, d'autre part il n'y a nulle part la lutte contre les colonisés sous prétexte de leurs illusions, ou cela m'a échappé. Et cela échappe sans doute à ta compréhension, mais la question n'est pas de ne pas lutter contre les illusions religieuses mais de savoir comment lutter. Lorsque pour lutter contre l'aliénation religieuse dans l'islam on évoque Atatürk, on est très loin des écrits de Marx, Guesde, je vous le laisse...

Il y a aussi pas mal de sottises et d'analogies qui valent bien celles entre Trotsky et Staline, ou des allusions au passage qui seraient bien difficiles à étayer, tant les situations et les faits politiques ainsi rapprochés sont différents sur tous les plans.

Toussaint

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Re: marxisme et religion

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