Le droit au travers des espèces

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Le droit au travers des espèces

Message  Copas le Sam 6 Déc - 14:06

Gouteux (et terrifiant sur ce que ça sous-entend pour les humains) :

«Contrairement aux êtres humains, les chimpanzés n'ont aucun devoir, ne sont soumis à aucune responsabilité sociale et ne peuvent être tenus légalement pour responsables de leurs actes», expliquent les juges d'une cour d'appel new-yorkaise. Par conséquent, ils ne peuvent pas prétendre aux mêmes droits que les humains"

Les chimpanzés ne sont pas des personnes, tranche une cour new-yorkaise

Une association demandait que quatre chimpanzés, actuellement en captivité dans l'Etat de New York, puissent rejoindre un sanctuaire pour y vivre librement jusqu'à la fin de leurs jours...

Une cour d'appel new-yorkaise a estimé jeudi que les chimpanzés ne pouvaient pas bénéficier des mêmes droits que les humains, déboutant ainsi des défenseurs des primates qui plaidaient pour leur droit fondamental de vivre en liberté.

L'association «Nonhuman Rights Project» demandait que quatre chimpanzés, actuellement en captivité dans l'Etat de New York, puissent rejoindre un sanctuaire pour y vivre librement jusqu'à la fin de leurs jours.

«Ils n'ont aucun devoir, ne sont soumis à aucune responsabilité sociale»

Ces militants, déboutés en première instance, avaient expliqué en octobre devant cette cour d'appel que les chimpanzés avaient les mêmes caractéristiques que les humains et qu'ils devaient, de ce fait, être reconnus comme des «personnes légales» et bénéficier des mêmes droits fondamentaux.

Mais des juges de la ville d'Albany, capitale de l'Etat de New York, ont refusé d'élargir la définition légale de la personne. «Un chimpanzé n'est pas une personne qui peut bénéficier des droits et des protections garantis par l'habeas corpus», ont-ils écrit dans leur décision rendue jeudi.

L'habeas corpus énonce, dans les législations anglo-saxonnes, la liberté fondamentale de ne pas être emprisonné sans jugement.

«Contrairement aux êtres humains, les chimpanzés n'ont aucun devoir, ne sont soumis à aucune responsabilité sociale et ne peuvent être tenus légalement pour responsables de leurs actes», expliquent les juges. Par conséquent, ils ne peuvent pas prétendre aux mêmes droits que les humains", estiment-ils.

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Re: Le droit au travers des espèces

Message  gérard menvussa le Dim 7 Déc - 16:50

Gouteux (et terrifiant sur ce que ça sous-entend pour les humains) :
Il faudrait développer sur ce que tu trouve de "gouteux" et de "terrifiant". Et en quoi cela est "terrifiant" pour les humains ? Personnellement, je pense plutôt que cela est terrifiant pour tous les autres animaux (qui n'ont aucuns droits, et aucun devoir)
Comme le disait la premiére internationale :
Pas de droits sans devoirs, pas de devoirs sans droits
Ce qui s'opposait à la problématique (bourgeoise) des "droits de l'homme", qui sont des droits "sans condition". Et donc qui contiennent un "droit des annimaux" (voir même un "droit du vivant") tout aussi inconditionnel !

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Re: Le droit au travers des espèces

Message  Copas le Dim 7 Déc - 19:05

gérard menvussa a écrit:
Gouteux (et terrifiant sur ce que ça sous-entend pour les humains) :
Il faudrait développer sur ce que tu trouve de "gouteux" et de "terrifiant". Et en quoi cela est "terrifiant" pour les humains ? Personnellement, je pense plutôt que cela est terrifiant pour tous les autres animaux (qui n'ont aucuns droits, et aucun devoir)
Comme le disait la premiére internationale :
Pas de droits sans devoirs, pas de devoirs sans droits
Ce qui s'opposait à la problématique (bourgeoise) des "droits de l'homme", qui sont des droits "sans condition". Et donc qui contiennent un "droit des annimaux" (voir même un "droit du vivant") tout aussi inconditionnel !

C'est bien les interprétations de ce genre de déclaration qui peuvent aboutir à estimer que les enfants et une partie des handicapés ne sont pas à classer parmi les êtres humains;

C'est en cela que c'est terrifiant dans les risques portés.

Par ailleurs je fais partie de ceux qui estiment l'humanité est une espèces animale et qu'il n'y a pas de saut gigantesque entre les humains et les grands singes, même si la "petite" différence a d'immenses conséquences.

Les 5 grandes espèces,  chimpanzés, bonobos, gorilles, Orang Outans et humains, sont très proches.
Il y a donc là un  problème particulier.

Pour ce qui est des droits applicables aux êtres humains : libertés en tous genres, etc, je pense que cela fait partie de notre programme de libération.
Si c'est bourgeois, bah tant pis... Mais c'est toujours rigolo de voire certains accuser des prolétaires d'être bourgeois, un vieux système, parce qu'il défendent leurs libertés et celles des autres ... et mettent en garde contre des jugements qui peuvent tout aussi bien se retourner contre une partie de l'espèce humaine.

En revenant au sujet après le détournement opéré, il faut bien regarder l'origine du procès :

Libérer quatre chimpanzés vieillissants, en prison, pour qu'ils puissent rejoindre un sanctuaire pour y vivre librement jusqu'à la fin de leurs jours... voilà un truc fondamentalement bourgeois...

Vive les libertés bourgeoises pour nos vénérables quadrumanes !!!  

Mais bon, tout cela a avorté car nos honorables hominidés n'étaient en fait que de sacrés petits-bourgeois dégénérés par l'idéologie des maîtres des forges, aspirant à d'intolérables libertés bourgeoises pour leurs vieux jours et pas passer ceux-ci derrière des barreaux...

Sans la sagacité proverbiale de notre ami (et celle des juges américains à l'âme prolétarienne bien connue en acier trempé) , ils n'auraient pas été débusqués et passeraient impunément leurs vieux jours de profiteurs bourgeois dans la nature...

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Re: Le droit au travers des espèces

Message  Babel le Dim 7 Déc - 21:30

Il y a un bouquin vachement bien qui aborde de façon romanesque la question que vous soulevez : il s'agit des Animaux dénaturés, de Vercors.

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Re: Le droit au travers des espèces

Message  gérard menvussa le Dim 7 Déc - 22:46

Je n'ai pas effectué de "détournement", j'ai juste rappellé que le "pas de droits sans devoir, pas de devoirs sans droits" était la devise de la premiére internationale... Et elle est également rappelé dans les paroles de "l'internationale" :
L'Egalité veut d'autres lois :
« Pas de droits sans devoir, dit-elle
Egaux, pas de devoirs sans droits »

Et que les "droits humains" étaient qualifiés de "droits bourgeois" par tout une catégorie de communistes. Dont je ne fais pas partie...
ce genre de déclaration qui peuvent aboutir à estimer que les enfants et une partie des handicapés ne sont pas à classer parmi les êtres humains
Je ne vois pas pourquoi : les enfants (et les handicapés) ont des devoirs (ceux qui s'imposent à tous) : ils ont donc des droits !
Par contre, je ne te suivrais pas dans le fait de construire une sorte de différence entre les primates et les autres mamiféres, et entre les mamiféres et les autres annimaux... Cela dit, c'est une autre discussion (celles du "droit du vivant") Pour celle ci, on pourra peut être commencer par lire le texte plein d'intéret qu'avait écrit Daniel Bensaid sur le sujet : http://danielbensaid.org/Des-animaux-et-des-hommes




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Re: Le droit au travers des espèces

Message  Copas le Dim 7 Déc - 23:30

gérard menvussa a écrit:Je n'ai pas effectué de "détournement", j'ai juste rappellé que le "pas de droits sans devoir, pas de devoirs sans droits" était la devise de la premiére internationale... Et elle est également rappelé dans les paroles de "l'internationale" :
L'Egalité veut d'autres lois :
« Pas de droits sans devoir, dit-elle
Egaux, pas de devoirs sans droits »

Et que les "droits humains" étaient qualifiés de "droits bourgeois" par tout une catégorie de communistes. Dont je ne fais pas partie...
ce genre de déclaration qui peuvent aboutir à estimer que les enfants et une partie des handicapés ne sont pas à classer parmi les êtres humains
Je ne vois pas pourquoi : les enfants (et les handicapés) ont des devoirs (ceux qui s'imposent à tous) : ils ont donc des droits !
Par contre, je ne te suivrais pas dans le fait de construire une sorte de différence entre les primates et les autres mamiféres, et entre les mamiféres et les autres annimaux... Cela dit, c'est une autre discussion (celles du "droit du vivant") Pour celle ci, on pourra peut être commencer par lire le texte plein d'intéret qu'avait écrit Daniel Bensaid sur le sujet : http://danielbensaid.org/Des-animaux-et-des-hommes


Tu pars d'un point de vue établi sans le discuter, puisque dans l'internationale il est dit pas de devoirs sans droits, pas de droits sans devoirs il faut donc partir de ce point de vue pour etc etc etc...
L'internationale part de l'attitude prédatrice de la bourgeoisie et de son manque de devoirs envers l'humanité :

L'Etat comprime et la loi triche,
L'impôt saigne le malheureux ;
Nul devoir ne s'impose au riche,
Le droit du pauvre est un mot creux

C'est assez languir en tutelle,
L'Egalité veut d'autres lois :
« Pas de droits sans devoir, dit-elle
Egaux, pas de devoirs sans droits »

Sans mettre en contexte, la lutte contre les prédateurs, le « Pas de droits sans devoir,  en oubliant le pas de devoirs sans droits , en ne le contextualisant pas on justifie le déni d'humanité aux enfants et aux handicapés, on justifie l'enfermement d'une partie des handicapés en estimant que, tous comme nos vénérables chimpanzés, ils n'ont pas satisfaits à leurs devoirs vis à vis de l'humanité.

C'est une machine argumentaire redoutable.

On notera par ailleurs qu'il n'y a pas que la 1ere internationale et la chanson qui donnent des versions du pas de droits sans devoirs, mais également la morale (bourgeoise) et les juges des appareils d'état bourgeois, comme tous les appareils idéologiques bourgeois, termes implicitement convenus dans arbeit macht frei symbolisés là au niveau du travail, passeport de la liberté, mais tombé dans une justification odieuse, on trouve cela en permanence dans les offensives idéologiques de la bourgeoisie pour restreindre des droits au motif que les gens (jeunes et pauvres) n'assument pas leurs devoirs. C'est un discours récurrent de la bourgeoisie depuis des années.

Là il s'agit d'avoir une réponse appropriée.
Quels devoirs 4 chimpanzés au crépuscule de leur vie pourraient avoir vis à vis de l'humanité qui les a baladé, emprisonné, enlevé, maltraité, exposés, exploités, arrachés à leurs familles, pour justifier qu'ils n'aient pas le droit de vivre leurs derniers jours sans trop de contraintes, d'exploitation et de mauvais traitements par une autre espèce ?

Car c'est de là qu'il faut partir.  

Il faut donc se méfier des justifications en ritournelles de slogans, bien comprendre et détailler les détournements par les prédateurs d'aspirations libératrices, et surtout ne pas lâcher et laisser le flambeau des libertés aux mains débiles et assassines de la bourgeoisie.
Si il y a un aspect dégénéré dans une partie de la gauche avec l'avènement de soutiens à des régimes exploiteurs c'est bien l'agressivité envers les batailles pour les libertés (là on parle des hommes) en laissant la bourgeoisie presque seule idéologiquement sur ce champ de bataille.

Mais c'est là une digression.

Dans tout cela et pour lever les brumes des abstractions inappropriées, il convient de porter des analyses concrètes de situations concrètes, pour vérifier que des principes correspondent bien.

Que des juges d'un appareil d'état bourgeois, suivant les textes applicables de la justice bourgeoise américaine, aient estimés qu'une autre espèce n'ait pas droit à la liberté, demeure condamnée dans sa vieillesse à rester en prison jusqu'à la mort au motif que ces individus n'avaient pas de responsabilité (envers qui ? envers l'humanité ?), demeure d'une logique confondante qui a envoyé à d'autres époques des cochons à la peine de mort pour leurs crimes .

Il est marrant de voire là que ce n'est pas le "niveau d'intelligence" qui est mit en cause mais bien l'absence de responsabilité qui ne peut être là que vis à vis de l'humanité (et non l'espèce animale correspondante).

Ce jugement est délirant.

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Re: Le droit au travers des espèces

Message  Copas le Mer 24 Déc - 21:05




Sandra, orang outang de 28 ans, devra être libérée et avoir le droit de vivre ses vieux jours en liberté.

Ainsi en a décidé un tribunal argentin en reconnaissant à Sandra le statut de personne non humaine.

Sandra ne comprend pas ce qui se joue devant elle. Dégustant paresseusement des fruits, l'orang-outan semblait lundi 23 décembre impassible face aux objectifs des médias locaux, venus la filmer et la photographier après l'annonce du jugement pendant le week-end.                

La Chambre de cassation pénale de la capitale a décidé d'appliquer une ordonnance d'Habeas Corpus (le droit de ne pas être emprisonné sans jugement) à l'animal, considérant ainsi que, même s'il ne s'agit pas d'un être humain, il a des sentiments et le droit à une plus grande liberté. C'est l'Association de fonctionnaires et avocats pour les droits des animaux (AFADA) qui avait saisi le tribunal pour demander la libération de Sandra, une orang-outan de 50 kilos, haute d'1,50 mètre
.

Deux visions s’opposent

Pour l’un des responsables du zoo, Sandra vit bien sa condition en captivité. "Elle vit depuis vingt ans dans un grand espace, avec des spécialistes qui s'occupent de son alimentation, contrôlent sa santé, et de manière générale, elle vit dans de très bonnes conditions", a assuré Adrian Sestelo, responsable du département biologique du zoo.

Mais pour l'association AFADA, Sandra "est une personne non humaine car elle a des liens affectifs, elle réfléchit, elle ressent, elle se frustre d'être enfermée, elle prend des décisions, elle est dotée de conscience et de perception du temps, elle pleure quand elle perd (un proche), elle apprend, elle communique et elle est capable de transmettre son savoir".
Que va-t-il se passer pour Sandra ?

Même si, légalement, elle peut désormais recouvrer la liberté, les experts estiment que Sandra ne connaît pas son habitat naturel et ne pourrait pas y survivre. Le zoo a quant à lui indiqué qu'avant ce jugement, il étudiait déjà la possibilité de la transférer dans un sanctuaire naturel au Brésil ou aux États-Unis.
           

Le droit à la liberté des animaux      

Une demande similaire avait été rejetée en décembre 2013 par la justice de New York : une organisation de défense des animaux demandait alors que quatre chimpanzés en captivité soient considérés comme "personnes non humaines" et bénéficient du droit à la liberté.

Copas

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Re: Le droit au travers des espèces

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