Le Testet

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Message  nico37 le Mer 26 Nov - 3:55

Sème ta ZAD au Testet, du lundi 24 au dimanche 30 novembre, c’est à la fois :
- des expérimentations socio-agricoles dans la vallée du Testet, et
- des réflexions sur la possibilité de faire germer des ZAD partout ailleurs.


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Message  Roseau le Mer 26 Nov - 13:07

Manifestations à Toulouse : la fuite en avant d’un État assassin
http://www.npa2009.org/actualite/manifestations-toulouse-la-fuite-en-avant-dun-etat-assassin
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Message  Roseau le Mer 26 Nov - 14:59

Communiqué NPA - Amnistie et relaxe de tou-te-s les inculpé-e-s !


Avec les étudiant-e-s toulousain-e-s et des milliers de manifestant-e-s :
A bas le tournant répressif et liberticide du gouvernement,
amnistie et relaxe de tou-te-s les inculpé-e-s !

‎Les révélations du rapport d'enquête sur la mort de Rémi Fraisse ont démontré que le crime d'Etat s'est doublé d'une tentative de dissimulation du côté des autorités. Mais le gouvernement ne s'est pas arrêté là. Depuis un mois, il a fait le choix de la répression tous azimuts, remettant à de multiples reprises en question un droit aussi élémentaire que celui de manifester, militarisant l'espace public dans des villes comme Toulouse, Nantes ou Saint-Denis, faisant des exemples avec les manifestants arrêtés, jusqu'à de la prison ferme. Le 12 novembre, la présidence de l'Université de Rennes 2 prenait la décision de fermer tout un site pour... empêcher la tenue d'une assemblée générale. Aujourd'hui, c'est celle de l'université Toulouse Jean-Jaurès (ex Mirail) qui cherche à interdire la journée de mobilisation appelée par 1500 étudiant-e-s réunis en AG jeudi dernier, à grand renfort de vigiles privés, de chiens, de RGs.

Cette fuite en avant répressive et liberticide constitue avant tout une démonstration de la perte de légitimité qui est celle de ce gouvernement. A Sivens, pour un barrage destructeur qui ne profitera qu'à une poignée d'agriculteurs, il a voulu démontrer qu'il pouvait tenir bon malgré la mobilisation, malgré même un rapport d'expert accablant contre le projet. C'est ce qui a conduit à l'assassinat de Rémi Fraisse après des mois de violences policières, c'est ce qui conduit aux démonstrations de forces et à la montée de tension répressive savamment et médiatiquement orchestrée de ces dernières semaines, et c'est ce qui conduira aux futures « bavures » en marges de manifestations. C'est la même logique qui s'exprimait cet été quand les manifestations de soutien au peuple palestinien étaient interdites.

Dans ce contexte, il est nécessaire que l'ensemble des forces de gauche, ouvrière et démocratiques, fassent front contre les différents cas de répression, et soutiennent la mobilisation en cours, notamment à Toulouse, pour la défense des ces libertés fondamentales que sont celles de s'exprimer et de manifester.

Le jeudi 4 décembre se tiendra le premier procès des inculpé-e-s de Toulouse, parmi lesquels se trouve notre camarade Gaétan, étudiant du Mirail. Avec de nombreuses autres organisations, avec l'AG des étudiant-e-s toulousain-e-s, nous exigeons l'arrêt immédiat des poursuites contre ces jeunes, ainsi que l'amnistie de celles et ceux qui ont déjà été condamné-e-s. Un grand meeting suivi d'un concert de soutien aura lieu à l'université du Mirail le mercredi 3, ainsi qu'un rassemblement de solidarité à la Fontaine Saint-Michel à Paris, à 18h. Nous y serons et invitons à nous y rejoindre largement.

Montreuil, le 25/11/2014
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Message  nico37 le Mer 26 Nov - 17:47

L'UE ouvre une procédure contre la France 26/11

Bruxelles a ouvert aujourd'hui une procédure d'infraction contre la France à propos du barrage de Sivens pour non-respect des normes environnementales de l'UE, a-t-on appris de source européenne.

La Commission a pris cette décision car, "sur la base des informations dont elle dispose, les autorités françaises ont lancé le projet nonobstant la détérioration de l'état écologique de la masse d'eau qu'il est susceptible d'entraîner", a-t-on précisé.

Prévue par l'article 258 du Traité de fonctionnement de l'Union européenne, la procédure d'infraction permet de sanctionner les États qui ne mettent pas en œuvre les normes communautaires.

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Message  Roseau le Mer 26 Nov - 19:43

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Message  nico37 le Ven 28 Nov - 5:17



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Message  nico37 le Dim 30 Nov - 1:03

Repaire du jeudi 4 decembre sur le barrage de Sivens 20h00 à la galerie Dékapé, 64 rue de la république, 31 Grenade/Garonne (0620804027)

Ce jeudi 4 décembre les repaires la-bas si j'y suis se retrouve pour un quarantième débat autour de la problématique du barrage de Sivens.Dans un premier temps nous aurons un exposé sur l'historique du projet, puis un débat autour du thème " SIVENS et la Démocratie : l'état et les mouvements citoyens " Comme d'habitude vous pouvez venir avec un petit truc à grignoter.

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Message  nico37 le Dim 30 Nov - 21:12

De Ferguson à Paris : Christiane Taubira, une indignation à géographie variable Chloé Fraisse, Amal Bentounsi, Farid El Yamni, Raymond Gurême

La ministre de la Justice, Christiane Taubira, a fait une sortie remarquée sur les réseaux sociaux, mardi 25 novembre, pour fustiger la décision, aux Etats-Unis, du grand jury populaire de ne pas poursuivre le policier blanc qui a tué Michael Brown, 18 ans, à Ferguson. Cette décision, qui a provoqué de nouvelles émeutes dans cette ville du Missouri, intervient après la mort d'un adolescent noir Tamir Rice, 12 ans, qui jouait avec un pistolet factice, dans un square de Cleveland. Cette indignation de la Garde des Sceaux, des proches de victimes de violences policières la partagent, dont Chloé Fraisse, la sœur de Rémi Fraisse, mais elle leur fait mal et s'en expliquent dans cette lettre ouverte publiée sur Saphirnews.

Madame la Ministre,

Lorsque nous avons appris la nouvelle de la mort d'un enfant de 12 ans, tué par la police américaine, comme vous, nous avons eu mal. Lorsque nous avons su que le policier qui a tué l'adolescent Mike Brown cet été ne serait même pas jugé, comme vous nous avons été abattus. Votre indignation, nous la partageons. Mais venant de vous, aujourd'hui, elle nous a surtout fait mal.

Mal, parce que vous savez, pour avoir pleuré avec nous, que nombreuses sont les familles de victimes de crimes policiers qui subissent des injustices et se battent chaque jour contre l'impunité policière en France.

Mal, parce que lorsque vous avez été nommée Garde des Sceaux grâce aux votes de ceux qui clamaient simplement la Justice, nous avons eu l'espoir de voir la fin d'un système qui offre unPermis de Tuer à ceux dont la mission est, en théorie, de nous protéger.

Mal, par ce que depuis que vous êtes Garde des Sceaux, vous vous êtes battue contre vents et marées pour des réformes qui vous tenaient à cœur, mais ceux à qui vous disiez de garder espoir et de se battre n'ont vu que plus de morts et d'injustices.

Mal, parce que si vous, Christiane Taubira, en êtes à déplorer les morts américains en fermant les yeux lorsque ceux qui tombent sont vos concitoyens, alors en qui pouvons-nous croire, pour prendre ses responsabilités face à la mensualisation de la mort par la police en France ?

Oui, l'impunité policière tue les Noirs, jeunes et moins jeunes, sur le territoire américain. Mais elle tue aussi les Noirs, les Arabes, les Rroms, les jeunes de quartiers, et récemment un simple manifestant écologiste, sur le territoire français. Aucune personnalité politique n'a eu le courage de le dénoncer. Or, rien ne justifie ces morts. Rien ne justifie le silence et l'inaction politiques face à ces morts.

Lors des dix ans de la première loi Taubira, vous mettiez votre auditoire : « La République française a construit sa réputation sur des valeurs. Mais elle ruse avec ses valeurs. Il faut se battre pour l'empêcher de ruser ! »

Madame la Ministre, nous nous battons, toujours et encore, contre les ruses de la République. Aujourd'hui, vous êtes au pouvoir, mais la ruse n'a pas cessé. Que devons-nous, désormais, penser ?

****
Chloé Fraisse est la sœur de Rémi Fraisse, mort le 26 octobre 2014, suite au lancer d’une grenade offensive par un gendarme, Amal Bentounsi, sœur de Amine Bentounsi mort d'une balle dans le dos le 21 avril 2012 et
Farid El Yamni, frère de Wissam El Yamni, mort le 1er janvier 2012 de suite de violences portées par 25 policiers
sont co-auteurs de Permis de tuer (éd. Syllepse, 2014).
Raymond Gurême, 89 ans, rescapé des camps de la mort, a porté plainte pour violences policières survenus à son domicile en septembre 2014.

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Message  nico37 le Mar 2 Déc - 1:43


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Message  nico37 le Dim 7 Déc - 0:04

Ce que Bruxelles reproche au barrage de Sivens Fanny LESBROS 04/12

La Commission a rendu public le rapport concernant la procédure d'infraction.

La France doit revoir sa copie. Après dix ans de projet autour du barrage de Sivens (Tarn), mais surtout après la mort de Rémi Fraisse, jeune écologiste opposant au projet, la Commission européenne a adressé à l’Etat français une liste de reproches, pointant une «détérioration prévisible de l’état écologique de la masse d’eau». Il s’agit d’une mise en demeure, pour «violation présumée de la directive sur l’eau dans la réalisation du projet». La semaine dernière, Bruxelles avait fait savoir qu’elle allait lancer une procédure d’infraction contre la France. Son rapport argumenté vient d’être rendu public.

DES ÉCOSYSTÈMES MENACÉS

Bruxelles pointe notamment du doigt l’insuffisance des études mesurant l’impact écologique de ce projet. La Commission reproche par exemple «aux autorités françaises d’avoir sous-évalué les impacts du projet sur les habitats aquatiques, l’hydrologie et la continuité piscicole», et d’avoir entamé une rupture de la continuité écologique. En clair, plus on installe des ouvrages dans le lit d’une rivière (barrage, moulin…), plus on nuit à la migration des poissons et aux déplacements des sédiments. Or, dans le cas du projet de Sivens, compte tenu de sa hauteur (13 mètres) et de l’absence de passe-à-poisson, « le barrage ne sera pas franchissable par les espèces piscicoles » .

Le changement des niveaux et de débits d’eau dans la rivière, de même que le remplissage de la retenue risquent de perturber le fonctionnement « physique et biologique du cours d’eau » , avec notamment « des conséquences très fortes» sur la ponte de poisson et sur « le régime hydrologique naturel » de la rivière. « Le projet se traduira par une modification profonde des habitats aquatiques sur une longueur significative de la rivière » dit le rapport. Conséquence : « Cette perte nette et indéniable d’habitat » réduira la population piscicole.

Pour étayer ces critiques, la Commission s’appuie notamment sur le cas d’un autre barrage : Thérondel, construit à côté de celui de Sivens. Pour Bruxelles, « les conditions hydrauliques ont été pires qu’avant sa création » . Ce projet n’est donc pas justifié aux yeux de la Commission européenne. Les autorités françaises auraient dû démontrer que les « objectifs bénéfiques » du projet de barrage ne pouvaient être obtenus par d’autres biais plus soucieux de l’environnement.

« ON A PERDU DU TEMPS »

Si Didier Houlès, vice-président du conseil général du Tarn, favorable au projet, n’a pas souhaité nous répondre, pour Ben Lefetey, porte-voix de l’opposition au barrage, le rapport européen est une très bonne nouvelle. « Il s’agit d’une reconnaissance de notre lutte par l’Europe. Mais nous aurions aimé que cela aille plus loin en évoquant notamment le problème du recouvrement des coûts par les bénéficiaires, à savoir une vingtaine d’agriculteurs qui veut faire de l’irrigation pour le maïs. Ce sont les collectivités publiques qui financent et les agriculteurs qui vont en bénéficier. »

L’eurodéputée Europe Ecologie-Les Verts, Catherine Grèze, qui a alerté la Commission cinq fois est satisfaite elle aussi.« Bruxelles a décidé d’aller de l’avant et ce n’était pas gagné. A présent, on peut se dire que les directives européennes peuvent aussi nous protéger mais Bruxelles aurait pu le faire dès novembre 2013, au moment où on avait tiré la sonnette d’alarme pour la première fois. C’est dommage. On a perdu du temps. »

Même si les écologistes sont un peu apaisés, le combat est loin d’être terminé. La France a deux mois pour se justifier auprès de Bruxelles. Cette mise en demeure n’est que la première étape de l’éventail juridique bruxellois. « En attendant, cela m’étonnerait que le projet sorte tel quel. Parmi les autorités françaises, il y a encore deux discours : celui du conseil général du Tarn qui soutient ce projet. Et celui du ministère de l’Ecologie qui souhaiterait une alternative. » Ségolène Royal a assuré en effet qu’il faudrait « respecter » les critères européens et a même publié sur le site web du ministère la lettre de mise en demeure. Une façon peut-être de donner du grain à moudre aux associations.

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Message  nico37 le Mer 10 Déc - 3:15

La gendarmerie s’appuie sur la fachosphère David Perrotin 04/12

Après la mort de Rémi Fraisse, tué le 26 octobre par une grenade offensive alors qu’il manifestait contre le barrage de Sivens, l’enquête officielle était très attendue. Elle se révèle un peu bancale.

L’inspection générale de la gendarmerie nationale (IGGN) a conclu mardi, après un mois d’investigations, que les gendarmes n’avaient commis « aucune faute professionnelle ».

La source gênante du rapport de l’IGGN

Sauf que si le rapport est très détaillé et régulièrement sourcé, il peine parfois à convaincre. Soit parce que les inspecteurs établissent des conclusions étonnantes à partir de vidéos postées sur Internet (comme l’a relevé le site Numerama). Soit parce qu’ils s’appuient sur des sources très contestables.

Comme l’a remarqué sur Twitter un collaborateur du groupe EELV à l’Assemblée, Pierre Januel, les enquêteurs ont par exemple utilisé une référence plutôt gênante pour une enquête officielle commandée par l’Intérieur.

« Des journalistes très souvent pris à partie »

A la page 6 du rapport [PDF], l’IGGN veut démontrer la « radicalisation progressive des opposants à la retenue d’eau [au barrage de Sivens] », et détaille la stratégie médiatique des activistes. Le rapport conclut :

« Au cours des affrontements les plus violents de fin août, septembre et fin octobre, les journalistes sont contraints pour leur sécurité de rester au sein du dispositif des forces de l’ordre et sont très souvent pris à partie verbalement, en particulier par des activistes cagoulés qui ne veulent pas être filmés.

Après le décès de Rémi Fraisse, les médias classiques ne sont en possession que des seules images émanant des opposants au projet de retenue d’eau. »

Pour justifier ces remarques, le rapport mentionne en bas de page sa source qui n’est autre que TV Libertés, une chaîne d’info sur le Web proche de la « fachosphère ».

La note précise :

« Dans une interview filmée par Liberté TV et insérée sur Youtube le 14 novembre 2014, le journaliste Pierre-Alexandre Bouclay indique avoir réalisé un reportage en infiltration pour contourner les obligations imposées par les zadistes, à savoir de séjourner au plus 2 heures par jour sur le site, de porter un brassard pour être identifié, de ne pas parler aux opposants sans autorisation et de visiter uniquement sous leur contrôle, avec des consignes indiquant ce qui doit être filmé.

Il a observé des confrères journalistes se faire expulser sans ménagement de la ZAD. Il met en évidence deux techniques des opposants : mettre devant le fait accompli les autorités et considérer comme légitimes toutes les violences commises par les zadistes ».

Un identitaire à la tête de TV Libertés

TV Libertés est une chaîne seulement accessible sur le Web et clairement portée sur les thèmes de l’extrême droite. Aux commandes de TV Libertés, on trouve Philippe Milliau (Réseau Identités) et Martial Bild (ancien dirigeant du Front national, cofondateur du Parti de la France). Le présentateur Jean-Yves Le Gallou est un ancien cadre du FN, connu pour avoir théorisé le concept de la « préférence nationale ».

En citant cette télévision, l’inspection veut mettre en avant l’interview du journaliste Pierre-Alexandre Bouclay. Mais elle omet d’indiquer qu’avant de travailler pour l’hebdomadaire Valeurs actuelles (il est l’auteur du dossier nauséabond intitulé « Roms l’overdose »), cet « infiltré de la ZAD » était, selon PressNews, le rédacteur en chef du journal d’extrême droite Minute.

Des conclusions du rapport contestées

Au-delà du choix très particulier de ces références, les conclusions du rapport sont également discutables. Dans ce même paragraphe de la page 6, l’IGGN écrit :

« Un journaliste de BFMTV est molesté, des journalistes de France 3 subissent des violences physiques et la dégradation de leur véhicule. Seule une journaliste de M6 ose porter plainte pour la dégradation de sa voiture le 8 octobre. »

Si France 3 nous confirme des agressions, la chaîne nous précise n’avoir jamais été empêchée de tourner des images dans la ZAD. Nous n’avons pas réussi à joindre M6. Contactée par Rue89, la journaliste de BFMTV Amélie Pateyron, qui a monté de nombreux sujets à Sivens, nous déclare :

« Je suis arrivée à Sivens le 27 octobre et je suis restée une semaine. Nous avons parfois reçu des insultes mais comme dans de nombreuses autres manifestations.

En revanche, je n’ai pas connaissance d’’un journaliste de BFMTV molesté. Et je pense que si cela avait été le cas, nous aurions été avertis. »

Une autre journaliste sur cette même chaîne confirme :

« Nous n’avons jamais été agressés par les manifestants et nous n’avons jamais été empêchés de tourner des images après la mort de Rémi Fraisse. Oui, ils étaient très vigilants et encadraient nos déplacements mais c’est tout. »

Déplacements encadrés certes, plus ou moins selon les médias, mais tout de même beaucoup d’images tournées par les journalistes eux-mêmes, à commencer par celles que nous avons mises en ligne.

« Pour la presse, pas d’explication de texte »

Alors comment expliquer que l’IGGN s’appuie seulement sur les dires de TV Libertés pour dénoncer la « stratégie médiatique des zadistes » ? Joints par Rue89, les inspecteurs refusent de s’expliquer :

« Nous ne répondrons à aucune de vos questions. Le rapport est public, mais avant tout destiné aux parlementaires. Pour la presse, nous ne faisons pas d’explication de texte. »

Nous n’en saurons pas davantage du côté du ministère de l’Intérieur : le cabinet de Bernard Cazeneuve préfère également garder le silence.

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Message  nico37 le Mer 10 Déc - 19:34

L'ONG FNE va déposer plainte pour infractions au code de l'environnement AFP 20/11

L'ONG France nature environnement (FNE) a annoncé jeudi le dépôt d'une plainte contre X vendredi matin, auprès du parquet d'Albi, pour plusieurs infractions au code de l'environnement lors des travaux préparatoires à la construction du barrage de Sivens (Tarn).

"Nous avons des éléments qui montrent que plusieurs infractions au code de l'environnement et au code forestier ont été commises lors des travaux", a indiqué à la presse Me Alice Terrasse, en citant la "destruction de zone humide sans autorisation", le "non-respect d'un arrêté préfectoral", la "destruction d'habitat d'espèces protégées" et "un défrichement lancé sans autorisation".

Parallèlement à son dépôt de plainte, le réseau associatif national FNE a indiqué avoir écrit au préfet du Tarn pour "solliciter l'abrogation de toutes les autorisations délivrées" étant donné les infractions mises en avant par la fédération d'associations et les insuffisances relevées par le rapport d'experts pour minimiser l'impact environnemental.

"Il est écrit qu'en cas de non-respect des règles énoncées dans l'arrêté, le préfet doit prononcer la déchéance de l'autorisation des travaux", a avancé Anne Roc, juriste à FNE, lors d'une rencontre avec des journalistes.

Me Alice Terrasse, qui représente FNE et les opposants locaux réunis au sein du Collectif pour la sauvegarde de la zone humide du Testet, a expliqué que les arrêtés préfectoraux autorisant les travaux comprenaient "la nécessité de préserver trois hectares de zone humide situés immédiatement en aval de la future digue" et qu'il "s'avère que la moitié de cette zone a été détruite".

Cette zone devait permettre de conserver un îlot riche en biodiversité (faune et flore), capable d'alimenter les parcelles voisines. Elle devait aussi servir d'abri temporaire -dans l'attente de la création de mares- pour les espèces protégées vivant dans les 13 hectares de zone humide dont la destruction était prévue.

En plus d'être des réservoirs pour la biodiversité animale et végétale, les zones humides servent à "amortir les variations climatiques", a expliqué au côté de FNE le chercheur à l'université Paul Sabatier de Toulouse Laurent Pelozuelo, spécialiste des zones humides.

"En cas de crue, elles peuvent absorber une partie du surplus d'eau et en cas de sécheresse, elles peuvent aussi fonctionner comme des éponges et atténuer l'assèchement de certains cours d'eau", a-t-il détaillé.

"Elles ont aussi une fonction d'assainissement, car les bactéries qu'elles abritent peuvent capter une partie des nitrates présents dans l'eau", a ajouté l'universitaire.

Le barrage de Sivens vise à créer une retenue d'eau de taille modeste (1,5 million de m3) pour soutenir l'irrigation de terres agricoles.

Ce projet oppose depuis des années des associations locales au maître d'ouvrage, la compagnie d'aménagement des coteaux de Gascogne, à qui le Conseil général du Tarn a délégué la maîtrise d'ouvrage pour cet aménagement.

La contestation a pris un tour dramatique avec la mort de 26 octobre d'un manifestant de 21 ans, Rémi Fraisse, membre de FNE Midi-Pyrénées. Les travaux sont depuis suspendus.

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Message  Roseau le Jeu 11 Déc - 4:23

Mort de Rémi : grenades offensives, "en cloche ou à ras de terre ?
http://npaherault.blogspot.com/2014/11/montpellier-remi-fraisse-on-noublie-pas.html
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Message  nico37 le Sam 13 Déc - 0:51

Manifestation devant une armurerie à Pont-de-Buis contre les violences policières Stéphane Grammont 03/12

Entre 200 et 300 manifestants convergent vers l'usine de cartouches Nobel Sport à Pont-de-Buis dans le Finistère. L'entreprise fabrique également des grenades et des flashballs pour l'armée et la police.

L'enquête administrative a conclu que la gendarmerie n'avait "commis aucune faute" dans la mort de Rémi Fraisse lors des manifestations contre le barrage de Sivens. Le rapport de l'Inspection générale de la gendarmerie nationale confirme également que "la mort de Rémi Fraisse est imputable à l'explosion d'une grenade offensive".

Un collectif finistérien contre les violences policières avait appelé à manifester devant ce lieu symbolique. L'usine Nobel Sport produit des cartouches pour la chasse de loisir mais aussi des armes non létales pour l'armée et la police.

"Nous nous opposons à l'utilisation d'armes qui ont mutilé dans des manifestations, entre autres à Nantes, et qui ont tué un jeune homme" a expliqué Gérard, qui venait de Quimper.

Les manifestants protestent également contre une arrestation arbitraire avant la manifestation du 22 novembre à Nantes.

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Message  nico37 le Sam 13 Déc - 21:42

Retour sur l'action du 3 décembre à Nobelsport

Environ 200 personnes présentes à la manif, à noter la présence de pas mal de personnes de Rennes et de Notre-dame-des-landes.

Nous nous sommes tout d’abord tous retrouvés au bourg de Pont de buis, avant de partir en cortège avec le camion sono vers le site de nobelsport. Pendant la marche, nous n’avons croisé que deux ou trois personnes de Pont de buis.
Arrivés devant la grande porte, des clôtures du site ont été ouvertes, et un groupe a pu entrer sur un petit périmètre du site. Les gendarmes étaient là, une vingtaine peut être, surtout des jeunes, certainement encore en formation à Châteaulin.
D’autres clôtures ont sauté, laissant plusieurs ouvertures sur le site, et obligeant les gendarmes à se répartir sur les différentes brèches.
Les banderoles ont été installées, des inscriptions peintes.

Puis la cantine s’est installée pour servir à manger aux personnes, réparties entre les ouvertures du site, les différents gendarmes et la cantine. Temps convivial donc, temps de discussion en petits groupes, avec feu et musique.
Vers 14h30-15h, nous nous sommes regroupés pour discuter de l’action, faire un bref retour sur comment la journée avait été organisée, et sur les suites à donner.

Beaucoup d’idées ont été proposées, ce qu’il en ressort je trouve c’est la motivation et la détermination des personnes: un prochain rendez-vous a été fixé au week-end du 9-10 janvier à Brest pour organiser une autre action, et entre temps, une invitation à multiplier ce genre d’actions sur ces cibles.

Lors de l’assemblée générale a été adoptée l’idée de “désécuriser” le site lors de la marche retour vers bourg.
Nous sommes donc repartis en musique et les différents portails du site ont été forcés, et des clôtures ont de nouveau sauté, faisant courir les flics sur le site d’une porte à l’autre.

Retour au bourg vers 17h, sans soucis, et avec beaucoup de sourires aux lèvres.

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Message  nico37 le Ven 19 Déc - 0:59


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Message  nico37 le Sam 20 Déc - 3:25

A Sivens, le quotidien toujours explosif entre pro et anti-barrage Sylvain Mouillard 18/12

« Libération » fait un tour des «zones à défendre», emblématiques de la lutte contre les grands projets d'aménagement. Troisième étape à Sivens, où les tensions restent très vives depuis la mort de Rémi Fraisse.

« Oh, regarde, ils ont monté un truc de pelluts !» Le « truc » en question, ce sont deux bottes de foin posées au milieu d’un rond-point. Les « pelluts » (prononcer « pélutse » ), c’est le sobriquet censément désagréable dont se retrouvent affublés les zadistes opposés au projet de barrage de Sivens : les « chevelus » , par extension « hippies » , en occitan. Il est 9h30 ce jeudi matin dans la vallée du Tescou. La bruine qui couvre la région n’a pas découragé une cinquantaine d’exploitants agricoles du coin. Avec l’aide de la FDSEA et des Jeunes agriculteurs, ils ont décidé de manifester pour redire leur soutien à la « retenue » d’eau, ils n’aiment pas le terme de « barrage » .
Les banderoles ne font pas dans la dentelle : « Ecolos au pouvoir = Guerre civile » , « Zadiste = Jihadiste » . Le programme du jour est bien défini. Opération escargot sur la départementale 999, avant de « casser la croûte » et de filer dans la forêt de Sivens pour passer un « coucou franc » aux zadistes, voire leur « souhaiter un joyeux Noël » . L’opération a été baptisée « Manche de pioche » , signe que les intentions ne sont pas si pacifiques.

« DES GENS VENUS D’AILLEURS POUR SOUILLER LA VALLÉE »

Jérôme, fils d’un paysan à la retraite, s’emporte : « Il faut que les zadistes dégagent et ne viennent pas nous emmerder chez nous. » Pour lui, Rémi Fraisse « n’a pas été tué par un gardien de la paix » , il a « vu une vidéo qui le montre » [c’est pourtant bien une grenade offensive lancée par les forces de l’ordre qui a provoqué le drame, NDLR]. Et d’ailleurs, « s’il [Rémi Fraisse, NDLR] était resté bien au chaud chez lui, il serait encore en vie » .

Pour ces pro-barrage, les occupants de la ZAD de Sivens sont des « étrangers », « des gens venus d’ailleurs pour souiller la vallée » . « Là-bas, il y a des Brésiliens, des Roumains, des Russes, prétend Jacques, un retraité de Salvagnac. Il faut que le gouvernement les évacue de chez nous. » Il avertit : « On va être de plus en plus dans la démarche de défendre nos droits, et ça pourrait créer du grabuge. »

DANS LA VALLÉE, LA MACHINE À RUMEURS

Ces relations tendues, voire explosives, entre les zadistes et une frange des gens du coin ne sont pas nouvelles. Dans la vallée du Tescou, qui n’a pas une histoire (forcément édifiante) à raconter sur le compte des « pelluts » venus d’ailleurs ? Vols, dégradations, provocations… les rumeurs naissent, circulent, s’amplifient. « Souvent, les pro-barrage ne sont jamais allés sur la ZAD, explique un agriculteur local. Ils ont peur parce qu’ils ne connaissent pas. Et le message politique transmis par le camp d’en face, à savoir pratiquer l’agriculture de manière plus durable, ils ne sont pas prêts à l’entendre. »

Pourtant, tous les exploitants ne soutiennent pas le projet. « Beaucoup, de toute façon, ne pourront pas pomper dans la future retenue d’eau, explique l’un d’entre eux. Moi, j’ai le courage de dire que c’est une connerie. J’aimerais que les silencieux se manifestent. » Une démarche pas évidente à accomplir : « On se croise régulièrement au marché, dans les coopératives. Certains de mes collègues ne m’adressent plus la parole. »

« PERSONNE NE RENTRE AUJOURD’HUI »

11h30, à l’entrée de la « Zone à défendre » de Sivens. Les occupants sont sur les dents, ils n’ont pas beaucoup dormi. La venue de journalistes, alors que les « pro-barrage » menacent de leur rendre visite, divise. D’interminables palabres s’engagent pour franchir la première barricade. « C’est pas contre vous, mais les médias racontent trop de bêtises » , explique un zadiste. D’un checkpoint à l’autre, on donne son avis par talkie-walkie interposé. « Personne ne rentre aujourd’hui » , affirme un homme. Deux types cagoulés, casque de fortune sur le crâne, masque à gaz autour du cou, et gourdins de récup' à la main, viennent prêter main forte.

Une jeune fille soupire. « Depuis le 25 octobre et le décès de Rémi, c’est très dur. Les gens sont fatigués par deux mois d’affrontements avec les gendarmes, on dort dans de mauvaises conditions, on s’engueule. » Elle envisage de partir bientôt, vers la ZAD de Roybon ou la maison de Bure. Après une heure de discussion, la barrière s’ouvre. « C’est rare que ça se passe aussi mal qu’aujourd’hui » , rassure notre guide, qui rappelle les consignes. « Pas de photos des lieux de vie, des visages, des véhicules. On vérifiera à la fin. »

Après avoir vécu à Notre-Dame-des-Landes, il est arrivé à Sivens il y a un an. « J’essaye de m’installer un certain temps aux endroits où je passe, ça facilite le travail en commun. » Ces dernières semaines, le « turnover » parmi les habitants a compliqué la donne. Beaucoup de zadistes sont allés à Roybon, d’autres à Sainte-Colombe. Aujourd’hui, une cinquantaine de personnes vivent sur le site : à la « Métairie » , une bâtisse de pierre, dans des cabanes en bois, des tentes, des camionnettes…

UN TAG « ICI VIT BEN LADEN »

Plusieurs projets se sont montés, notamment un espace potager, avec des fèves, de l’ail, des oignons. Quelques arbres fruitiers ont été plantés. A plus long terme, l’un des zadistes rêve de créer une « forêt comestible à la place de la pinède dévastée » par les machines du conseil général du Tarn. « On peut essayer, expérimenter, c’est ça qui est bien. »

Un autre habitant assure que les relations avec les riverains se passent « de mieux en mieux » . Certains continuent d’ailleurs d’apporter des denrées alimentaires sur le site. Selon lui, les problèmes ne subsistent qu’avec quelques dizaines de personnes, les « pro-barrage » les plus virulents. Sur la ZAD aussi, les exemples de dérapages du camp d’en face ne manquent pas. Un jeune homme assure ne plus faire de stop dans les environs, car « certaines voitures font des écarts dans le bas-côté ». D’autres racontent des embuscades tendues par des « milices » , qui s’attaquent aux véhicules isolés, frappent les conducteurs, cassent les pare-brise, urinent sur les sièges.

Parmi les faits avérés, il y a ce tag sur les murs de la maison de Ben Lefetey, porte-parole du collectif d’opposants : « Ici vit Ben Laden ». Ou cette lettre, envoyée au préfet du Tarn le 8 décembre, évoquant la mobilisation, une semaine plus tôt, d’un groupe de pro-barrage prêts à en découdre : « Ils en ont été dissuadés par l’intervention des gendarmes sur le lieu de leur rassemblement, au rond-point de Ste Cécile d’Avès. »

Quant à l’opération escargot de ce jeudi, elle n’a pas tourné à la confrontation. Les quelque 250 gendarmes déployés pour l’occasion ont évité tout face-à-face. « Un jour, il faudra bien qu’on se parle, dit pourtant un zadiste. Car certains d’entre nous veulent rester ici, et les agriculteurs ne bougeront pas. »

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Re: Le Testet

Message  nico37 le Mar 3 Fév - 3:57

Les opposants aux projets inutiles se coordonnent pour faire avancer la démocratie Marie Astier 02/02

Réunie à Bagnolet, la Coordination des opposants aux grands projets inutiles s’est concentrée sur le chantier de la démocratie participative. Celui-ci a été lancé par François Hollande, mais suit une logique administrative, à l’écart des citoyens.

Notre-Dame des Landes, le barrage de Sivens, le Center Parcs de Roybon, la ferme des 1.000 vaches, etc. Samedi 31 janvier, les opposants à tous ces Grands projets inutiles et imposés (GPII) ont laissé de côté le terrain local pour une journée de réunion à Bagnolet (Seine-Saint-Denis). C’est la deuxième fois qu’ils se retrouvent dans la capitale pour tenter de fédérer les luttes. « Le but est de sortir la tête de l’eau de nos luttes locales pour agir au niveau national », explique Ben Lefetey, porte-parole du collectif d’opposition au barrage du Testet.

A l’ordre du jour : « Le chantier de la démocratie participative » annoncé par le président de la république en novembre dernier lors de la conférence environnementale.

"Tout doit être fait pour que sur chaque grand projet, tous les points de vue soient considérés, que toutes les alternatives soient posées, que tous les enjeux soient pris en compte et que l’intérêt général puisse être dégagé", avait alors insisté François Hollande. Il disait ainsi vouloir éviter de un nouveau « drame national » comme la mort de Rémi Fraisse au Testet.

« Le risque est que ça décide dans les cabinets ministériels »

Sauf que pour l’instant, « le gouvernement n’a fait signe à aucun de nous, déplore Françoise Verchère, co-présidente du collectif des élus doutant de la pertinence de l’aéroport de Notre-Dame des Landes. Cela s’annonce mal, si la rénovation de la démocratie participative est faite par ceux qui nous ont mis dans le pétrin... » « Le risque est que ça se décide dans les cabinets ministériels, loin du terrain », poursuit Ben Lefetey.

Un vrai risque, puisque le gouvernement a décidé que c’est le Conseil national de la transition énergétique (CNTE) qui plancherait sur la réforme. L’instance rassemble certes des élus locaux, des parlementaire, des syndicats et des associations environnementales, mais aucun représentant de la coordination des GPII n’y est présent.

Et même le CNTE pourrait être marginalisé par l’exécutif. Car comme Reporterre l’a relaté, l’article 28 de la loi Macron compte donner la possibilité au gouvernement de prendre les mesures par ordonnances. La réforme de la démocratie participative se ferait donc sans débat parlementaire... Raison pour laquelle cet article de la loi Macron est pour l’instant très critiqué à l’Assemblée Nationale.

Des propositions de terrain

Collectivement, les opposants aux Grands projets inutiles ont donc décidé de ne pas attendre l’invitation de l’exécutif. « On va faire des propositions pour éviter de se retrouver dans la situation de blocage que l’on connaît un peu partout, expose Françoise Verchère. On va lister les dysfonctionnements constatés sur chacune de nos luttes, pointer les défauts des procédures, puisqu’à nous tous on en a déjà exploré toutes les failles ! »

Par exemple, les enquêtes publiques, étape cruciale de la consultation des citoyens, peuvent être améliorées. « Pour le barrage de Sivens, il manquait dans le dossier deux documents essentiels : le rapport défavorable au projet de l’ONEMA [Office national de l’eau et des milieux aquatiques-NDLR] et le document d’origine, celui qui explique pourquoi les élus ont décidé de construire le barrage, raconte Ben Lefetey. S’il y avait eu un désir sincère de débat avec le public, il aurait fallu mettre ces documents sur la table ! »

Les mots d’ordres sont donc : plus de transparence dans les procédures (pour bien informer tous les publics concernés), plus d’indépendance de ceux qui décident de leur mise en œuvre (pour notamment éviter les conflits d’intérêts) et plus de place aux citoyens (pour notamment prendre en compte les contre-expertises qu’ils peuvent fournir).

« Un vrai changement culturel chez les élus »

L’ensemble des propositions, accompagnées d’exemples précis de bonnes pratiques, seront bientôt sur le bureau du Président de la république et de tous les ministères concernés.

« Plus un projet est discuté en amont, plus on évite les crises », assure le représentant des anti-barrage. Mais cela ne suffit pas : « Il faut aussi un vrai changement culturel parmi les élus, qu’ils aient sincèrement envie de partager le processus de décision. »

Pour faire valoir leurs propositions, les membres de la coordination comptent bien accentuer la pression au niveau national. Les propositions seront accompagnées de mobilisations sur le terrain partout en France. « On veut éviter de nouveaux projets inutiles et imposés, explique le Militant. Sinon on peut passer toute notre vie à lutter contre ce type de projets. »

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Message  Richard Heiville le Ven 6 Mar - 19:30

L'évacuation de la ZAD de Sivens terminée

L'évacuation de la «Zone à défendre» (ZAD) de Sivens est terminée. Alors que les élus du conseil général du Tarn, à majorité socialiste, se sont prononcés ce vendredi  pour un projet de barrage de dimension réduite (par 43 voix contre 3), les forces de l'ordre ont pénétré sur le site en fin de matinée pour en déloger la cinquantaine d'occupants. «On ne va pas résister car ils sont dix fois plus nombreux que nous et dix fois plus énervés», racontait un zadiste, joint au téléphone.

En début d'après-midi, selon le site de la Dépêche du midi qui suit les opérations en direct, 400 gendarmes encerclaient la vingtaine de zadistes regroupés autour du mausolée en hommage à Rémi Fraisse. Le jeune militant écologiste, 21 ans, a été tué le 26 octobre par l’explosion d’une grenade offensive lancée par les forces de l'ordre. Les gendarmes se sont ensuite emparés des derniers militants, qui tentaient une résistance passive en s’accrochant les uns aux autres. A 14h45, aucun blessé n'était recensé par les autorités. Par ailleurs, douze personnes ont été interpellées et placées en garde à vue.

Soumis depuis le début de la semaine à la pression musclée voire violente d’agriculteurs pro-barrage, qui ont mis en place un blocus de la zone, les habitants de la ZAD s'étaient réunis en assemblée générale dans la matinée pour discuter de la marche à suivre. A Libération, ils expliquaient ne tolérer «absolument pas le projet de demi barrage, qui cause les mêmes dégâts écologiques».

Avant l'intervention des forces de l'ordre, le ministère de l’Intérieur avait pris contact avec le collectif «Tant qu’il y aura des bouilles», proche des zadistes, pour «les aider à sortir dans de bonnes conditions, sous protection». Quatre personnes avaient ainsi quitté la ZAD, de leur propre chef et dans le calme. «Tous ceux qui veulent s’en aller seront aidés par les gendarmes», expliquait-on au ministère de l’Intérieur. Philippe Jougla, président de la FDSEA du Tarn (Fédération départementale des syndicats d’exploitants agricoles) assure avoir demandé à ses sympathisants de «laisser sortir» les zadistes qui le souhaitent. Mais le blocus du site sera maintenu «jusqu'à l'évacuation totale» de la ZAD.
Un nouveau projet assez flou

Le Premier ministre Manuel Valls avait promis vendredi une «réponse extrêmement déterminée, extrêmement ferme de l’Etat» à l’encontre de ceux qui s’opposeraient «à la légitimité des élus» du Tarn, qui avaient réclamé l'expulsion sans délai des occupants. La justice a déjà prononcé plusieurs arrêtés d’expulsion de différentes parcelles de la ZAD. Mais la préfecture s'était engagée à ne pas les mettre à exécution avant la décision du Conseil général.

Ce dernier, s'il a accepté de «redimensionner le projet initial», comme l'avait exigé la ministre de l'Ecologie Ségolène Royal, n'a pas donné d'indication sur le volume précis du futur barrage. Les experts du ministère avaient proposé deux solutions de remplacement : une diminution de moitié de la retenue pour la porter à 750 000 m3 d’eau, et située toujours à Sivens mais 330 mètres en amont, ou la création de quatre retenues plus petites.

Le président socialiste du Conseil général, Thierry Carcenac, a annoncé que des études complémentaires allaient être menées. «Nous verrons où ce redimensionnement se positionnera», a-t-il expliqué, ajoutant qu’il existait une «marge de manoeuvre de plus ou moins 10%» sur la contenance de l’ouvrage.

http://www.liberation.fr/societe/2015/03/06/vers-une-evacuation-sous-escorte-pour-les-zadistes-de-sivens_1215285
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