Ignace Garay nous a quitté

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Re: Ignace Garay nous a quitté

Message  Roseau le Jeu 17 Juil - 13:00

Voici la photo dans l'article de La Dépêche


Et voici la suite et fin de l'article de La Dépêche après sa mise à jour ce matin, et dont le début est reproduit par Panchoa ci-dessus:
«Ignace lutte, ces mots sont aussi évidents que le soleil brille ou la pluie mouille», dit un camarade du NPA. «C'était un intellectuel de la classe ouvrière qui aimait confronter son marxisme à la rue, à l'usine. Ignace c'était celui qui nous tenait la tête hors de l'eau quand on buvait la tasse.»

Hier, il y avait son frère d'armes, ancien délégué CGT de l'usine, Jean-Louis Cavaillé, qui soufflera après un discours plein de révolte et d'émotion difficilement contenue, que son ami, son frère, était tout simplement «un mec bien». Hier, il y avait aussi ses frères de rugby de l'AS Caoulet, où Ignace était 1re ligne après avoir joué chez les juniors du SUA puis à Fumel :«Sur le terrain comme dans la vie, Ignace ne pouvait être ailleurs qu'au cœur de la mêlée, au soutien.»

«Continuer la lutte»

Et si Ignace était un peu le père de la révolte fuméloise, il était aussi le papa d'Iker et Hégoa. Celle qui répondait, petite fille, à la maîtresse que le métier de son père c'était «faire la grève», a trouvé la force de lui rendre le plus beau des hommages, hier au centre culturel, mêlant dans ces mots les langues françaises et espagnoles : «Il était le père de tout le monde et cela ne nous dérangeait pas car il avait assez d'amour et de générosité pour tout le monde. Il va me manquer dans les moments importants de ma vie. Mais il m'a appris les bases et ça suffit pour construire un monde.»

Les larmes d'Hégoa chantant «La Paloma» ont probablement mouillé le drap écarlate du cercueil, rendant le rouge plus ardent. Son épouse, Marie-Fé, engagée elle aussi dans les mêmes combats, rappelait à toute la salle qu'Ignace «croyait profondément qu'il fallait que vous vous défendiez.» Avant d'être appuyée par une amie indépendantiste basque : «Le meilleur moyen, de lui rendre hommage, c'est de continuer la lutte. Jusqu'à la victoire.»

Hasta siempre.

Ignace Garay sera inhumé ce matin à 11 h 30 au crématorium de Lafox.

Jérôme Schrepf


Article intégral
http://www.ladepeche.fr/article/2014/07/17/1919922-rouge-hommage-a-ignace-garay.html
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Re: Ignace Garay nous a quitté

Message  panchoa le Jeu 17 Juil - 14:22

oui il fallait du cœur et de l'amour pour que sa fille chante la Paloma avec le cris du coucouroucoucou et également à sa maman, Marifé de diriger l'hommage. chapeau. hasta siempre linda brujula panchoa

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Re: Ignace Garay nous a quitté

Message  Copas le Jeu 17 Juil - 20:09


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Re: Ignace Garay nous a quitté

Message  Gayraud de Mazars le Jeu 17 Juil - 20:19

Salut camarades,

Salut fraternel, au combattant, que fut, le camarade Ignace Garay !

On n'aime pas perdre des frères de lutte, ils nous manquent déjà tous, ils restent cependant dans nos mémoires, avec nous, pour toujours, ils nous porteront toujours, pour nous donner toujours plus de courage...

Le camarade Ignace Garay ne sera pas oublié !

Fraternellement,
GdM
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Re: Ignace Garay nous a quitté

Message  Copas le Jeu 17 Juil - 20:51

Ignace a été un point de repaire du mvt ouvrier.

Il a beaucoup apporté en richesses sur une série de questions .
La LCR puis le NPA ont ainsi sécrété une série de militants travailleurs exceptionnels. Encore récemment une série de nos militants sont très actifs dans des batailles importantes.

Nous avions parlé à l'avant dernière UE du NPA sur les petits recoins des évolutions de petits groupes issus du PC, avec de très vieilles fractures et des blessures jamais refermées.
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Message  Roseau le Ven 18 Juil - 0:09

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Hasta siempre Iñaki

Message  Roseau le Ven 18 Juil - 16:47

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Re: Ignace Garay nous a quitté

Message  A.C33 le Sam 19 Juil - 13:00

Bonjour

C'était un sacré camarade!

J'ai eu l'honneur de le rencontrer pour un débat à AGEN ou je "défendais" un point de vue pas forcèement consensuel entre militants sur les suites tragiques de divisions entre antifascistes , après la Retirada de 39.!
.
Comme nous étions , avec des divergences débattues sans aucune complaisance mais avec respect qui devrait toujours animer les révolutionnaires, moi le dirigeantPCF 33 d'alors(et donc le"stal"..Smile) et lui, le gars de la LCR (et donc le"gauchiste" affraid 
.......... s'ensuivirent  quelques trop rares échanges, un rdv manqué(par mafaute ) et au moment des Régionales 2008, deux coups de fil ou les oreilles des carrieristes du FDG ont du siffler.!



Ce qui reste important-pour moi du moins- c'est (j'ai constaté la m^me chose en discutant avec MERCIEr de LO, qui se bat avec ses"c..es" de classe dans la Cégèt, ou avecmon "comaptriote" POUTOU de FORD Blanquefort,) c'est combien la passion révolutionnaire peut rendre d'autant  plus ridicule, méprisable,  la "bassesse" de quelques pauvres types, qui voient dans celui qui ne se résigne pas à ce que "lutte de classes, communisme" soient enterrés par la nov-langue du défaitisme baptisé "ralisme", un dangereux contestataire qui "hurle avec les loups"!

IGNACE,  comme mes copains de FRALIB -Gemenos,  qui viennet avec leur Cégète d'une Fédé del'AGRO..de faire mettreun pied àterra u mastodonte UNILEVER, fait partie de ces HOMMES( j'inclus les FEMMES bien sur)qui , comme moi dans ma trop longue vie , peuvent se TROMPER, parfois.
Mais qu'on enterre , points levés et douleur au coeur et aux tripes, parce qu'ils  ont eu le souci de ne jamais TROMPER les travailleurs.

Mes écritset mes cates,  concernant ce que je crois urgent de construire en terme de"NEUF" dans le domaine de l'"ORGANISATION " de la classe ouvrière , ne m'ont  jamais empêché de consdérer qu'un MILITANT qui se "lève avant le jour" pour tenter de faire partager ce qu'il CROIT  ^tre le chemin à emprunter pourempêcher que la Barbarie ne terrasse nos gosses, mérite un coup de chapeau plein d'humilité.


A la famille d'IGNACE et sesproches, à ses copains de la CGT, à ses camaros du NPA, ma tristesse communiste, fraternelle.

Alain Chancogne
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Re: Ignace Garay nous a quitté

Message  Roseau le Sam 19 Juil - 16:13

un MILITANT qui se "lève avant le jour" pour tenter de faire partager ce qu'il CROIT être le chemin à emprunter pour empêcher que la Barbarie ne terrasse nos gosses, mérite un coup de chapeau plein d'humilité.
Tout est dit! Merci AC! Et bienvenue. Heureux de te lire ici.
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Re: Ignace Garay nous a quitté

Message  Copas le Sam 19 Juil - 16:37




COOPERATIVE, CONTROLE OUVRIER :  
Retour sur l’expérience de Sadefa à Fumel

Entretien avec Ignace Garay, réalisé par Robert Pelletier

Dans la continuité du dossier « Nationalisation et appropriation sociale » publié dans le précédent numéro de cette revue, l’expérience de la longue lutte menée dans l’usine Sadefa à Fumel (47) méritait d’être relatée…

Tout d’abord qu’est-ce que la Sadefa à Fumel ?

C’est la Société aquitaine de fonderie automobile, longtemps entreprise phare et parmi les plus rentables du groupe Saint-Gobain-Pont-à-Mousson. L’usine est située dans une région où se côtoient les mines de fer et les barrages hydro-électriques à la base des fonderies et aciéries.

En 1970, nous sommes près de 4 000, avec 3 500 CDI et 500 intérimaires et CDD et des sous-traitants. Nous fabriquons des tuyaux pour la voirie, l’adduction d’eau, des pièces pour l’automobile, la SNCF, des chemises pour pistons de poids lourds, bateaux, des tuyaux spéciaux pour la chimie, la papeterie et l’agro-alimentaire, la voirie, l’adduction d’eau, des plates-formes off-shore et... Beaubourg et La Villette.

Dans l’usine, deux mondes cohabitent. D’un côté, la fonderie avec un grand nombre de travailleurs d’immigration récente (marocains, portugais), plus ancienne (espagnols, italiens) et encore plus ancienne, fort mélange de population : russes blancs, hongrois, juifs arrivés avant la Deuxième Guerre mondiale (planqués dans l’usine en se faisant appeler les Belges), réfugiés espagnols, anarchistes de la guerre d’Espagne. En 1970, un groupe anarchiste espagnol regroupe plus de 50 salariés. De l’autre, l’atelier d’usinage de 800 personnes, l’aristocratie ouvrière où est particulièrement implanté le PCF. Si tous les syndicats sont présents, la CGT est largement majoritaire.

Restructurations et luttes


À partir de 1975, les effectifs commencent à diminuer et la direction s’attaque à nos conditions de travail. C’est l’année d’une grande grève contre la remise en cause du temps de casse-croûte compris dans le temps de travail : trois semaines de grève extrêmement dure, piquets, affrontements avec la police. La direction renonce.
La combativité s’exprime au quotidien contre la hiérarchie, pour les déroulements de carrière et l’évolution des OS et surtout les conditions de travail qui sont très dures. Dans les équipes en 3x8, ceux de la journée font des pièces en avance pour les gars du soir et, la nuit, tu finis à minuit. Pour arrêter le travail, il suffit qu’un délégué monte sur un marbre, un coup de sifflet, et tout s’arrête. On fait toute sorte de grèves : par chantier, par atelier, les uns après les autres, on contrôle, ou plutôt on dérègle régulièrement la production, on choisit à l’entrée de l’usine qui fait grève et qui ne fait pas grève. Au total, jusqu’en 2000, tous les plans de licenciements sont annulés et nous touchons près de 14 mois de salaire.

En 1993, nouveau plan de licenciement prévoyant 300 suppressions de postes. La grève démarre dans l’atelier acier puis s’étend à la fonderie à plat puis à la fonderie chemise. C’est l’affrontement quotidien. Fumel c’est presque Belfast ! Nous retirons les 30 millions du compte du comité d’entreprise et commençons à les distribuer aux salariés. La direction recule. Il n’y a aucun licenciement. Mais, dans la foulée, la direction entame une violente répression pour briser la CGT : six camarades de la CGT seront, après des mois de bagarres et de procédures, licenciés par décision de justice.

Au début des années 1990, Pont-à-Mousson vend l’usine à un repreneur à la « Tapie » qui en 2000 la revend à UBS (Union des banques suisses) et la rebaptise Valfond. Les difficultés s’aggravent et la réduction d’effectif est régulière, même si elle est amortie par des départs anticipés pour travail en haut-fourneau (100 % à 55 ans), et pré-retraite amiante.

La suite ... / ...  
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encore une couche

Message  panchoa le Dim 27 Juil - 15:24

"Ignace, hommage à tes combats" si quelqu'un peux mettre le lien de ce beau texte sur une belle vie de combat. ce témoignage est arrivé en point d'orgue facétieux en fin de l'hommage rendu aux combats de Ignacio. oui de quoi rire dans un au revoir a Ignace. panchoa

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Re: Ignace Garay nous a quitté

Message  iztok le Dim 27 Juil - 15:31

Petite précision, ce camarade a finalement fini son discours en allumant une clope sur scène (et dans le funérarium le lendemain où il a fait ce même discours), en précisant qu'Ignace détestait qu'on l'empêche de fumer où que ce soit. Un pied de nez final, salutaire, et émouvant !

Ignace, hommage à tes combats



Un millier de militantEs se sont rassemblés à Fumel (47) la semaine passée pour rendre hommage à notre camarade Ignace Garay, décédé vendredi 11 juillet dans un accident de la route. Mercredi, depuis l’usine ex-Sadefa jusqu’au centre culturel pour une longue série de témoignages et le lendemain au funérarium de Lafox pour un dernier rendez-vous.

Lors de l’hommage, les militantEs de la région se sont succédé, relayés par Philippe Poutou et Olivier Besancenot, pour évoquer quelques-uns de ses combats. Infatigable syndicaliste dans la fonderie de Fumel, de la lutte quotidienne à celle contre la fermeture de l’usine, jusqu’à la création de la Scop en passant par le combat contre l’amiante. Au côté des salariés en lutte de toute une région, sur une route de laquelle il allait, le jour de l’accident, d’un rendez-vous avec ceux d’UPSA à un autre avec ceux des parquets Marty. Soutien constant de la cause basque des deux côtés de la frontière. Et de toutes les luttes. Un ouvrier capable de décortiquer un plan comptable, d’expliquer Marx mais tout aussi féru de littérature. Un internationaliste de souche et un pilier du club de rugby autogéré. Toutes et tous se sont engagés à continuer son combat.
Nous publions ici l’émouvant témoignage de son copain Jean-Jacques. Tous les autres témoignages et bien d’autres documents sont disponibles sur le site du NPA.

J’ai rencontré Ignace à la fin des années 1950. Il habitait avec ses parents dans un immeuble de la rue Lafayette à Agen, à proximité de la clinique Esquirol. Le dernier étage était occupé par le siège du PCF, le rez-de-chaussée par La Bonbonnière, un établissement que les bien-pensants appelaient une maison de plaisir – nous, on appelait ça un bordel.
Donc, le jeune Ignace a débuté sa vie avec Staline sur sa tête et Madame Claude à ses pieds. Cet environnement pour le moins disparate allait, à mon sens, être déterminant pour le sens de sa vie. La suite nous le prouvera.
Nos rencontres successives jusqu’à l’âge adulte se résumèrent aux nombreuses fêtes de quartier dont Agen, à cette époque, était copieusement pourvue. La rencontre déterminante se déroula en 1975 à l’occasion d’une grève des établissements Housty à Sainte-Livrade. Le syndicat CGT de l’Équipement, dont j’étais le secrétaire, avait apporté son soutien au Comité de grève créé dans l’entreprise, au grand effroi de l’UD-CGT de l’époque ainsi que du PCF. Conséquence de cette hérésie, j’ai donc reçu à mon domicile la visite d’Ignace accompagné d’Henri Thoueille et de Pétacle. Ils étaient membres de la CGT et membres de la LCR. Personnellement, je militais à cette époque dans un cercle libertaire animé par Roger Petit. La rencontre fut à la dimension du coup de foudre amoureux : complices, nous n’allions plus nous quitter.
Ignace correspondait totalement à l’idée que je me faisais du militantisme. Un mélange qui, à la lutte des classes, intégrait à la fois l’hédonisme, Épicure et Rabelais. Ignace détestait l’austérité, l’austérité économique mais aussi, et surtout, l’austérité du comportement. Cela me convenait absolument.
Je n’oublierais jamais, vivant à cette époque une grave crise existentielle, comment Ignace, Marifé et Jacques Giraldou se sont comportés avec moi. Ils étaient mes cadets et ils ont été mes grands frères.
Ni poussé ni sollicité, j’ai adhéré à la LCR en 1984. Je n’ai pas oublié la lettre, calligraphiée à l’encre mauve, qu’Ignace m’a adressée à cette occasion.
Maintenant, et pour la facilité de l’écriture, je vais paraphraser Georges Perec.
Je me souviens de l’authentique et énorme culture d’Ignace, tant politique que littéraire, cinématographique, musicale, artistique. Héritage de la tradition trotskyste et libertaire qui, au-delà de la formation politique, amenait à la culture générale.
Je me souviens qu’Ignace connaissait son Marx par cœur, mais ne négligeait pas Blondin, Audiard, Céline ou Michel Simounet.
Je me souviens d’avoir amené Ignace et Marifé, jeunes mariés, dans un périple en Galice.
Je me souviens d’une soupe délicieuse dégustée chez l’oncle de Marifé.
Je me souviens de l’injonction de Marifé à Ignace : « Enlève ton short, mets un pantalon, sois digne devant ma famille ! »
Je me souviens de nos errances dans les bars de Bilbao.
Je me souviens du regard étonné de Marifé lorsque nous évoquions, après un bon repas, les personnages du quartier de La Capelette…
Je me souviens que nous évoquions, dans les mêmes circonstances, la rue Rabelais, aujourd’hui disparue…
Je me souviens de nuits à faire revivre les défuntes fêtes de quartier…
Je me souviens que nous avions recensé les trois terrains de quilles de 9 : un à La Capelette deux au Passage.
Je me souviens qu’avec Ignace, on ne parlait pas de sexe, non, on parlait simplement de cul. On se racontait des histoires à faire pâlir Caroline Fourest et Clémentine Autain, et ça, ça nous faisait encore plus rire.
Je me souviens qu’on parlait de bouffe. Ignace aimait le Guernica de Picasso, mais sa vision préférée était un frigo bien rempli (de victuailles). Comme Montalban, il considérait que le meilleur plat du monde était des œufs frits au chorizo. Mais notre plat préféré, c’était… les curés. On adorait bouffer du curé, avec du franc-maçon en entrée si possible !
Je me souviens qu’à un certain moment de la soirée, Ignace adorait raconter ses frasques, elles furent innombrables et il m’est impossible de les dénombrer…
Je me souviens que, souvent, nous évoquions le rugby, celui des vrais, des durs, pas des tatoués...
Je me souviens qu’Ignace nous racontait par le détail ses grandes confrontations avec l’équipe de Brive lorsqu’il jouait avec Fumel…
Je me souviens qu’après une réunion LCR impasse Guéménée à la Bastille, nous avions fait un duel à la poire Williams et étions rentrés à Agen dans le Ford rouge qu’heureusement Antoine conduisait.
Je me souviens qu’Ignace aimait danser le rock, allant parfois jusqu’à nous faire des entrechats inspirés de Noureev.
Je me souviens qu’à la main, il pouvait passer une serpillière sur le sol sans plier les genoux.
Je me souviens qu’il pensait qu’un moteur Diesel possédait un carburateur.
Je me souviens qu’avec une mauvaise foi désarmante, il affirmait que les poussifs camions espagnols Pegaso étaient les meilleurs du monde…
Je me souviens avoir bu avec Ignace un verre, plusieurs verres au Bar des Deux Mondes sur les traces d’Hemingway.
Je me souviens d’avoir bu, un Premier Mai à La Havane, deux bouteilles de rhum avec deux employés des postes cubains et Ignace.
Je me souviens d’avoir partagé avec Ignace des soirées somptueuses chez Michel et Michèle à Puymirol.
Je me souviens d’Ignace écroulé de rire, repêchant Calanque dans la mare de la Pastoure.
Je me souviens d’une semaine de folie au Cap Ferret avec Ignace, Marifé, les enfants, les copains, des tonnes d’huîtres et d’Entre-deux-Mers.
Je me souviens, au Cap Ferret encore, avoir, en compagnie d’Ignace et Marifé, méticuleusement trié un grand sac poubelle pour récupérer une minuscule boulette de shit…
Je me souviens d’Ignace tel un lutteur basque portant un énorme panier de victuailles sur l’épaule, traversant la passerelle d’Agen afin d’aller faire un pique-nique au bord de Garonne.
Je me souviens qu’Ignace avait une légère surcharge pondérale et que, régulièrement, il me brisait des chaises.
Je me souviens de la pression chaleureuse de sa main sur mon épaule lorsqu’arrivant chez moi il me disait : « Ça va, vieux ? »
Je me souviens de la vision d’Ignace, effondré de douleur devant la gare d’Agen après, qu’en compagnie de Claude et Gisèle, nous lui avions annoncé le décès prématuré de son fils Igor.
Je me souviens d’Ignace apposant avec moi un drapeau rouge sur le cercueil de mon père.
La classe ouvrière vient de perdre un de ses plus acharnés défenseurs. Moi, je viens de perdre un frère. Désormais, ma vie, nos vies seront différentes. Celle que j’ai vécue avec Ignace ne sera pas marquée d’une pierre blanche mais d’un énorme menhir rouge.
Ignace, Marifé, Hegoa, Iker, Féli, Yon, Anna, Laura,
Je vous aime. On vous aime.

Jean-Jacques Tournié
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