Les leçons du scrutin par le NPA

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Re: Les leçons du scrutin par le NPA

Message  Prado le Jeu 29 Mai - 11:04

[quote="Richard Heiville"]
Européennes : NPA, fin de partie ?

Le titre de l'article est provocateur, mais le contenu reste assez réservé.
Par contre, il donne trop d'importance aux résultats de l'élection de 2014. La différence entre le 3,4% (LCR+LO) de 2004 et le 1,6% (NPA+LO) de 2014 a-t-elle une grande signification politique ? Plus que jamais, les électorats sont très flottants, les électeurs hésitent, passent d'un vote à un autre, et leur choix final peut dépendre de facteurs bien aléatoires. Ce que confirment les écarts entre les sondages et les résultats le jour du vote.

Prado

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Re: Les leçons du scrutin par le NPA

Message  Richard Heiville le Jeu 29 Mai - 14:15

La,Richard,je te conseillerais de réflechir avant d'écrire

Je ne suis pas l'auteur de l'article que j'ai mis en lien. Je tenais seulement à en partager avec vous la lecture.
C'est aussi une habitude sur ce forum de flinguer le messager?  albino
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Re: Les leçons du scrutin par le NPA

Message  Pedrolito le Jeu 29 Mai - 15:22

gérard menvussa a écrit:Riposte sociale et politique : urgence !


Avec 25,6 % des voix en moyenne sur l’ensemble du pays, 31,2 et 29 % dans les vieilles régions industrielles du Nord-Ouest et de l’Est, l’extrême droite réalise son score le plus élevé.

L’extrême droite le arrive largement en tête et confirme une implantation nationale. L’abstention massive n’autorise pas à se rassurer. Rien ne dit que celles et ceux qui ne sont pas allés voter auraient fait un choix sensiblement différent.

Ni rire ni pleurer, comprendre
Le FN profite de la division de la droite classique, des affaires, et de la corruption qui éclatent au grand jour, de la crise de l’UMP qui l’empêche d’engranger le désaveu du PS. Quant au Parti socialiste, il a bien mérité de tomber à moins de 14 %. Il n’a pas volé sa défaite, payant ainsi la politique favorable au patronat menée depuis plus de deux ans. C’est donc tout le système institutionnel fondé sur l’alternance entre l’UMP et le PS qui est ébranlé.
Dans la plupart des pays d’Europe, une sanction similaire touche les gouvernements qui ont mis en œuvre les diktats de la Commission européenne, de la BCE et du FMI contre les travailleurEs et les peuples. Elle sanctionne aussi une Europe capitaliste antidémocratique et éloignée des préoccupations de la majorité des populations.

Résister
Le FN a réussi à usurper la représentation du rejet du gouvernement et d’un système qui décidément ne représentent en rien les 99 %. Le poids politique accru de ce parti augmentera la visibilité et la légitimité de ses réponses autoritaires et nationalistes. Il ne peut que libérer l’expression décomplexée du racisme et du sexisme, de la haine de l’autre, et constitue un danger que nous ne devons pas sous-estimer.
Cela appelle un combat unitaire, une riposte antiraciste, féministe, pour l’égalité des droits, la solidarité internationale. Un an après l’assassinat de Clément Méric, les manifestations du samedi 7 juin sont une première échéance qui doit permettre de rassembler le plus largement celles et ceux qui ne veulent pas laisser la voie libre à l’extrême droite et à ses idées nauséabondes.

Reconstruire
Dimanche les urnes ont montré la désespérance sociale de celles et ceux qui souffrent des politiques d’austérité mises en œuvre par les gouvernements successifs. C’est – aussi et surtout– la conséquence de l’effondrement du mouvement ouvrier, qu’il soit politique ou syndical, incapable de constituer un rempart face aux coups répétés d’un système capitaliste en crise mais qui fait payer durement celle-ci aux populations.
Car là est bien le cœur du problème. Le Parti socialiste est directement et irrémédiablement responsable et coupable des politiques de baisse du « coût du travail », des  privatisations, de la mise à mort des services publics et de la protection sociale qui détruisent nos emplois et nos vies au nom de la compétitivité et de la croissance. Dès lundi, Manuel Valls s’est empresser d’affirmer : « Je ne changerai pas de feuille de route », et Hollande a confirmé. Sans surprise, il n’y a rien à attendre du côté du gouvernement. Mais à sa gauche aucune force, ni politique, ni syndicale, ni sociale, ne parvient à apparaître comme utile et efficace pour résister. Ces outils sont à reconstruire.

Mobiliser
Les résultats électoraux doivent opérer un choc salutaire. Ils doivent résonner comme un appel pressant à donner des suites à la marche du 12 avril. Cette première initiative a permis d’unir dans la rue non seulement les forces politiques qui s’opposent au gouvernement mais aussi des secteurs mobilisés et des forces syndicales qui refusent l’inaction des directions confédérales.
Ce premier pas doit être suivi de beaucoup d’autres. Nous avons collectivement besoin de reconstruire des solidarités et des résistances concrètes qui fassent la preuve de leur efficacité contre les expulsions, contre les licenciements... Nous avons besoin de mobilisations unitaires et massives contre le budget d’austérité, contre le Tafta, ce traité transatlantique qui laisserait aux multinationales la liberté totale d’exploiter, d’empoisonner et de polluer...
Nous avons besoin d’une victoire, c’est peut-être possible à Notre-Dame-des-Landes, et nous devons y mettre toutes nos forces. Et nous avons aussi besoin d’élaborer une alternative globale à ce monde en crise capable d’engendrer les pires catastrophes, politiques, sociales et écologiques.
Pas d’autre choix que de nous atteler à toutes ces tâches, sans attendre : il y a urgence !

Christine Poupin

Je trouve qu'il y a des bons passages, mais il y a un élément non développé sur le vote FN : bien sûr qu'il y a l'effondrement d'une droite empêtrée dans les affaires, mais ce vote est également dû à la faillite du PS et à sa politique anti-ouvrière depuis 30 ans. D'après certaines études (qui semblent sérieuses) ces dernières années, on a pu constater que l'électorat FN était de plus en plus alimenté par des déçus du PS (contrairement à ce qu'on a voulu nous faire croire pendant des années : un électorat FN renforcé par des anciens du PCF - même si je ne nie pas quelques cas isolés). On peut supposer que ces anciens électeurs PS sont principalement issus des classes populaires. En votant FN, ils montrent qu'ils croient plus que jamais au mythe du sauveur suprême (comme environ 98,4% des électeurs ayant exprimé un suffrage). Il doit y avoir un travail à faire là-dessus (facile à dire).

Après, je trouve que ce texte vire un peu trop au "gauchisme" par moment, au moins sur la forme (mais le vocabulaire est important !). Exemple type : "les 99%". Si on veut redonner aux travailleurs la conscience d'appartenir à une même classe (et ce sera long, dans un contexte rendu difficile par plusieurs facteurs, mais je  ne m'étalerai pas ici pour ne pas dévier de mon propos), peut-être faut-il commencer par (re-)parler le langage de la lutte des classes. Dans ce texte, sauf erreur, on ne trouve pas "travailleurs", "classe ouvrière", "prolétariat", "bourgeoisie", termes auxquels l'auteure a substitué un langage "gauchiste de la gauche". Dans un contexte de décrédibilisation de TOUTE la gauche, il faut se placer sur un terrain de lutte des classes, en établissant les antagonismes prolétariat/bourgeoisie, exploiteurs/exploités, et non gauche/droite.

Sinon, il y a d'autres points que je relève :
- "Dans la plupart des pays d’Europe, une sanction similaire touche les gouvernements qui ont mis en œuvre les diktats de la Commission européenne, de la BCE et du FMI contre les travailleurEs et les peuples. Elle sanctionne aussi une Europe capitaliste antidémocratique et éloignée des préoccupations de la majorité des populations" : comme si les États-nations, capitalistes par nature, n'étaient pas moins antidémocratiques et éloignés des préoccupations des classes populaires. La commission est juste là pour faire appliquer la volonté des bourgeoisies quand elles trouvent un terrain d'entente et quand elles ont des intérêts communs. Les États-nations font la même chose pour leurs propres bourgeoisies.
- "ce traité transatlantique qui laisserait aux multinationales la liberté totale d’exploiter, d’empoisonner et de polluer" : la liberté des grands groupes capitalistes est déjà énorme dans ces domaines. Même si le tafta est évidemment critiquable, je ne suis pas certain qu'en faire un axe de lutte soit porteur. Est-ce que les classes populaires sont touchées par la tafta ? En gros, est-ce que ça leur parle ? Perso, je pense pas plus que ça.

Avis purement personnel. Je suis plutôt sympathisant LO, je ne m'en cache pas, mais je n'ai pas exprimé cet avis pour faire le troll. J'ai essayé de développer d'une manière un minimum constructive. Je ne veux pas que ce soit pris pour du dénigrement. J'espère plutôt des réponses constructives (si mon post le mérite évidemment !), pour confronter les idées.

Edit :
P.S. : et je ne détiens (malheureusement) pas une quelconque vérité suprême.
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Re: Les leçons du scrutin par le NPA

Message  Eugene Duhring le Jeu 29 Mai - 17:09

Pedrolito a écrit:
Je trouve qu'il y a des bons passages, mais il y a un élément non développé sur le vote FN : bien sûr qu'il y a l'effondrement d'une droite empêtrée dans les affaires, mais ce vote est également dû à la faillite du PS et à sa politique anti-ouvrière depuis 30 ans. D'après certaines études (qui semblent sérieuses) ces dernières années, on a pu constater que l'électorat FN était de plus en plus alimenté par des déçus du PS (contrairement à ce qu'on a voulu nous faire croire pendant des années : un électorat FN renforcé par des anciens du PCF - même si je ne nie pas quelques cas isolés). On peut supposer que ces anciens électeurs PS sont principalement issus des classes populaires. En votant FN, ils montrent qu'ils croient plus que jamais au mythe du sauveur suprême (comme environ 98,4% des électeurs ayant exprimé un suffrage). Il doit y avoir un travail à faire là-dessus (facile à dire).

Après, je trouve que ce texte vire un peu trop au "gauchisme" par moment, au moins sur la forme (mais le vocabulaire est important !). Exemple type : "les 99%". Si on veut redonner aux travailleurs la conscience d'appartenir à une même classe (et ce sera long, dans un contexte rendu difficile par plusieurs facteurs, mais je  ne m'étalerai pas ici pour ne pas dévier de mon propos), peut-être faut-il commencer par (re-)parler le langage de la lutte des classes. Dans ce texte, sauf erreur, on ne trouve pas "travailleurs", "classe ouvrière", "prolétariat", "bourgeoisie", termes auxquels l'auteure a substitué un langage "gauchiste de la gauche". Dans un contexte de décrédibilisation de TOUTE la gauche, il faut se placer sur un terrain de lutte des classes, en établissant les antagonismes prolétariat/bourgeoisie, exploiteurs/exploités, et non gauche/droite.

Sinon, il y a d'autres points que je relève :
- "Dans la plupart des pays d’Europe, une sanction similaire touche les gouvernements qui ont mis en œuvre les diktats de la Commission européenne, de la BCE et du FMI contre les travailleurEs et les peuples. Elle sanctionne aussi une Europe capitaliste antidémocratique et éloignée des préoccupations de la majorité des populations" : comme si les États-nations, capitalistes par nature, n'étaient pas moins antidémocratiques et éloignés des préoccupations des classes populaires. La commission est juste là pour faire appliquer la volonté des bourgeoisies quand elles trouvent un terrain d'entente et quand elles ont des intérêts communs. Les États-nations font la même chose pour leurs propres bourgeoisies.
- "ce traité transatlantique qui laisserait aux multinationales la liberté totale d’exploiter, d’empoisonner et de polluer" : la liberté des grands groupes capitalistes est déjà énorme dans ces domaines. Même si le tafta est évidemment critiquable, je ne suis pas certain qu'en faire un axe de lutte soit porteur. Est-ce que les classes populaires sont touchées par la tafta ? En gros, est-ce que ça leur parle ? Perso, je pense pas plus que ça.

Avis purement personnel. Je suis plutôt sympathisant LO, je ne m'en cache pas, mais je n'ai pas exprimé cet avis pour faire le troll. J'ai essayé de développer d'une manière un minimum constructive. Je ne veux pas que ce soit pris pour du dénigrement. J'espère plutôt des réponses constructives (si mon post le mérite évidemment !), pour confronter les idées.

Edit :
P.S. : et je ne détiens (malheureusement) pas une quelconque vérité suprême.
Curieux quand même que toute l'EG échappe à la critique, un peu comme si elle était un élément étranger à la classe ouvrière contemplant du haut de ses certitudes la société se décomposer.
Jamais l'EG depuis trente ans n'a connu une telle marginalisation et n'a si peu représenté une quelconque issue, une quelconque perspective pour les travailleurs. Bien pire en fait, puisque le FN tend petit à petit à se substituer comme hérault de la critique sociale dévolue hier à l'EG.
Aucune remise en question donc, qu'il s'agisse de LO, du NPA et du POI, de la stratégie employée depuis des lustres et de leurs responsabilités dans cette décomposition.

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Re: Les leçons du scrutin par le NPA

Message  alexi le Jeu 29 Mai - 17:12

Petrolito à propos de Carhaix :
Et sûrement d'autres explications encore.

L'alliance avec des indépendantistes bretons par exemple ?

alexi

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Re: Les leçons du scrutin par le NPA

Message  Roseau le Jeu 29 Mai - 17:35

Pedrolito a écrit:
gérard menvussa a écrit:Riposte sociale et politique : urgence !


Avec 25,6 % des voix en moyenne sur l’ensemble du pays, 31,2 et 29 % dans les vieilles régions industrielles du Nord-Ouest et de l’Est, l’extrême droite réalise son score le plus élevé.

L’extrême droite le arrive largement en tête et confirme une implantation nationale. L’abstention massive n’autorise pas à se rassurer. Rien ne dit que celles et ceux qui ne sont pas allés voter auraient fait un choix sensiblement différent.

Ni rire ni pleurer, comprendre
Le FN profite de la division de la droite classique, des affaires, et de la corruption qui éclatent au grand jour, de la crise de l’UMP qui l’empêche d’engranger le désaveu du PS. Quant au Parti socialiste, il a bien mérité de tomber à moins de 14 %. Il n’a pas volé sa défaite, payant ainsi la politique favorable au patronat menée depuis plus de deux ans. C’est donc tout le système institutionnel fondé sur l’alternance entre l’UMP et le PS qui est ébranlé.
Dans la plupart des pays d’Europe, une sanction similaire touche les gouvernements qui ont mis en œuvre les diktats de la Commission européenne, de la BCE et du FMI contre les travailleurEs et les peuples. Elle sanctionne aussi une Europe capitaliste antidémocratique et éloignée des préoccupations de la majorité des populations.

Résister
Le FN a réussi à usurper la représentation du rejet du gouvernement et d’un système qui décidément ne représentent en rien les 99 %. Le poids politique accru de ce parti augmentera la visibilité et la légitimité de ses réponses autoritaires et nationalistes. Il ne peut que libérer l’expression décomplexée du racisme et du sexisme, de la haine de l’autre, et constitue un danger que nous ne devons pas sous-estimer.
Cela appelle un combat unitaire, une riposte antiraciste, féministe, pour l’égalité des droits, la solidarité internationale. Un an après l’assassinat de Clément Méric, les manifestations du samedi 7 juin sont une première échéance qui doit permettre de rassembler le plus largement celles et ceux qui ne veulent pas laisser la voie libre à l’extrême droite et à ses idées nauséabondes.

Reconstruire
Dimanche les urnes ont montré la désespérance sociale de celles et ceux qui souffrent des politiques d’austérité mises en œuvre par les gouvernements successifs. C’est – aussi et surtout– la conséquence de l’effondrement du mouvement ouvrier, qu’il soit politique ou syndical, incapable de constituer un rempart face aux coups répétés d’un système capitaliste en crise mais qui fait payer durement celle-ci aux populations.
Car là est bien le cœur du problème. Le Parti socialiste est directement et irrémédiablement responsable et coupable des politiques de baisse du « coût du travail », des  privatisations, de la mise à mort des services publics et de la protection sociale qui détruisent nos emplois et nos vies au nom de la compétitivité et de la croissance. Dès lundi, Manuel Valls s’est empresser d’affirmer : « Je ne changerai pas de feuille de route », et Hollande a confirmé. Sans surprise, il n’y a rien à attendre du côté du gouvernement. Mais à sa gauche aucune force, ni politique, ni syndicale, ni sociale, ne parvient à apparaître comme utile et efficace pour résister. Ces outils sont à reconstruire.

Mobiliser
Les résultats électoraux doivent opérer un choc salutaire. Ils doivent résonner comme un appel pressant à donner des suites à la marche du 12 avril. Cette première initiative a permis d’unir dans la rue non seulement les forces politiques qui s’opposent au gouvernement mais aussi des secteurs mobilisés et des forces syndicales qui refusent l’inaction des directions confédérales.
Ce premier pas doit être suivi de beaucoup d’autres. Nous avons collectivement besoin de reconstruire des solidarités et des résistances concrètes qui fassent la preuve de leur efficacité contre les expulsions, contre les licenciements... Nous avons besoin de mobilisations unitaires et massives contre le budget d’austérité, contre le Tafta, ce traité transatlantique qui laisserait aux multinationales la liberté totale d’exploiter, d’empoisonner et de polluer...
Nous avons besoin d’une victoire, c’est peut-être possible à Notre-Dame-des-Landes, et nous devons y mettre toutes nos forces. Et nous avons aussi besoin d’élaborer une alternative globale à ce monde en crise capable d’engendrer les pires catastrophes, politiques, sociales et écologiques.
Pas d’autre choix que de nous atteler à toutes ces tâches, sans attendre : il y a urgence !

Christine Poupin

Je trouve qu'il y a des bons passages, mais il y a un élément non développé sur le vote FN : bien sûr qu'il y a l'effondrement d'une droite empêtrée dans les affaires, mais ce vote est également dû à la faillite du PS et à sa politique anti-ouvrière depuis 30 ans. D'après certaines études (qui semblent sérieuses) ces dernières années, on a pu constater que l'électorat FN était de plus en plus alimenté par des déçus du PS (contrairement à ce qu'on a voulu nous faire croire pendant des années : un électorat FN renforcé par des anciens du PCF - même si je ne nie pas quelques cas isolés). On peut supposer que ces anciens électeurs PS sont principalement issus des classes populaires. En votant FN, ils montrent qu'ils croient plus que jamais au mythe du sauveur suprême (comme environ 98,4% des électeurs ayant exprimé un suffrage). Il doit y avoir un travail à faire là-dessus (facile à dire).

Après, je trouve que ce texte vire un peu trop au "gauchisme" par moment, au moins sur la forme (mais le vocabulaire est important !). Exemple type : "les 99%". Si on veut redonner aux travailleurs la conscience d'appartenir à une même classe (et ce sera long, dans un contexte rendu difficile par plusieurs facteurs, mais je  ne m'étalerai pas ici pour ne pas dévier de mon propos), peut-être faut-il commencer par (re-)parler le langage de la lutte des classes. Dans ce texte, sauf erreur, on ne trouve pas "travailleurs", "classe ouvrière", "prolétariat", "bourgeoisie", termes auxquels l'auteure a substitué un langage "gauchiste de la gauche". Dans un contexte de décrédibilisation de TOUTE la gauche, il faut se placer sur un terrain de lutte des classes, en établissant les antagonismes prolétariat/bourgeoisie, exploiteurs/exploités, et non gauche/droite.

Sinon, il y a d'autres points que je relève :
- "Dans la plupart des pays d’Europe, une sanction similaire touche les gouvernements qui ont mis en œuvre les diktats de la Commission européenne, de la BCE et du FMI contre les travailleurEs et les peuples. Elle sanctionne aussi une Europe capitaliste antidémocratique et éloignée des préoccupations de la majorité des populations" : comme si les États-nations, capitalistes par nature, n'étaient pas moins antidémocratiques et éloignés des préoccupations des classes populaires. La commission est juste là pour faire appliquer la volonté des bourgeoisies quand elles trouvent un terrain d'entente et quand elles ont des intérêts communs. Les États-nations font la même chose pour leurs propres bourgeoisies.
- "ce traité transatlantique qui laisserait aux multinationales la liberté totale d’exploiter, d’empoisonner et de polluer" : la liberté des grands groupes capitalistes est déjà énorme dans ces domaines. Même si le tafta est évidemment critiquable, je ne suis pas certain qu'en faire un axe de lutte soit porteur. Est-ce que les classes populaires sont touchées par la tafta ? En gros, est-ce que ça leur parle ? Perso, je pense pas plus que ça.

Avis purement personnel. Je suis plutôt sympathisant LO, je ne m'en cache pas, mais je n'ai pas exprimé cet avis pour faire le troll. J'ai essayé de développer d'une manière un minimum constructive. Je ne veux pas que ce soit pris pour du dénigrement. J'espère plutôt des réponses constructives (si mon post le mérite évidemment !), pour confronter les idées.

Edit :
P.S. : et je ne détiens (malheureusement) pas une quelconque vérité suprême.
Puisque Pedrolito souhaite discuter de ce texte,
réponse rapide sur chaque point
1) la responsabilité de la politique PS, c'est l'analyse du NPA,
mais c'est toujours important de le matraquer.
2) le vocabulaire: "gauche/droite", oui à manier désormais avec des pincettes.
Quant à 99% cela parle, et c'est juste, à condition de rappler en permanence
l'opposition de classe.
3) la dépendance de la Commission vis à vis des gouvernements européens:
le texte ne peut tout rappeler, mais aucune ambiguité, c'est exactement l'analyse du NPA.
4) Tafta: je connais bien le sujet (voir info sur fil dédié)
et suis d'accord: ce ne peut être axe de bataille que pour écurie élecorale oportuniste type FdG
L'axe de bataille proposé justement par la porte-parole du NPA, c'est
"Nous avons collectivement besoin de reconstruire des solidarités et des résistances concrètes qui fassent la preuve de leur efficacité contre les expulsions, contre les licenciements..."


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Re: Les leçons du scrutin par le NPA

Message  Pedrolito le Jeu 29 Mai - 18:59

@Roseau

Non, je ne tiens pas absolument à en discuter, mais ce sont des points qui m'avaient interpellé quand je l'avais lu. Comme je voulais un minimum développer, je n'ai pris le temps de souligner tout cela qu'aujourd'hui.
Ceci dit, je suis content que tu aies répondu ! Wink
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Re: Les leçons du scrutin par le NPA

Message  verié2 le Jeu 29 Mai - 19:23

L'analyse de Kaldy-LO me semble globalement assez juste et le NPA la partage certainement pour l'essentiel. Certains passages me semblent toutefois ambigus. On ne sait pas trop si Kaldy pense que le FN aux affaires ferait la même politique que les gouvernements précédents au service de la bourgeoisie ou marquerait une nouvelle étape dans la politique de la bourgeoisie face aux classes exploitées.

La bourgeoisie n'est pas unique, doté d'un comité central. Elle est parfois partagée sur la politique à mener. Suffit de voir Parisot traiter Gattaz d'esclavagiste - même s'il y a évidemment une bagarre d'individus qui exacerbe la polémique. De plus, les partis bourgeois, même s'ils servent évidemment tous la bourgeoisie par définition, peuvent avoir une relative autonomie : leur politique n'est pas unique, dictée par ce comité central de la bourgeoisie. Ils peuvent même influencer eux-mêmes la bourgeoisie sur certains points voire s'opposer à des fractions de la bourgeoisie. Rien ne dit que le FN jouirait de cette autonomie et l'utiliserait, mais c'est une hypothèse à ne pas négliger.

L'influence néfaste du FN ne se limiterait pas à favoriser le développement, dans son sillage, de groupes plus extrémistes encore. Son arrivée au gouvernement pourrait démoraliser encore davantage les secteurs militants et combatifs de la classe ouvrière. Ce ne serait pas un fait anodin en période de crise. Inversement, cette participation encouragerait sans doute une partie des patrons à se montrer plus répressifs etc.

Enfin, Kaldy écrit :
Le combat pour empêcher la résistible ascension du FN commence par redonner à la classe ouvrière confiance en elle-même, dans la légitimité de ses exigences de classe contre la bourgeoisie.
Voilà en effet une vérité un peu générale en conclusion d'un article à la tonalité un peu "journalistique", "objective" comme l'a remarqué un intervenant, selon la tradition de LO, qui craint toujours de lancer de grandes consignes ronflantes dans le vide.

Mais, pour "redonner confiance à la classe ouvrière", l'un des premiers objectifs (bis) n'est-il pas de tout faire pour favoriser la convergence des luttes, ce que n'a pas fait LO lors de la grève de PSA, au cours de laquelle ses militants ont tenu dans les médias un langage ne se distinguant que très peu de celui de la CGT ?

Et les camarades de LO croient-ils sincèrement qu'ils seront, à eux seuls, l'ultime recours vers lequel se tourneront les travailleurs un jour plus ou moins lointain ?

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Re: Les leçons du scrutin par le NPA

Message  mykha le Jeu 29 Mai - 19:32

Et les camarades de LO croient-ils sincèrement qu'ils seront, à eux seuls, l'ultime recours vers lequel se tourneront les travailleurs un jour plus ou moins lointain ?

Il n'y a rien à croire ou ne pas croire, parce que personne ne sait ou peut prédire l'avenir.
Il faut d'agir pour renforcer le camp ouvrier et les outils nécessaire à sa contre-offensive, en militant pour pouvoir y jouer un rôle.
Et tant mieux si d'autres veulent faire la même chose et se préparer à ce rôle au service de la classe ouvrière et des perspectives communistes.
Même si aujourd'hui, on ne sent pas une concurrence massive sur ce terrain et dans ces perspectives.
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Re: Les leçons du scrutin par le NPA

Message  GGrun le Jeu 29 Mai - 21:42

mykha a écrit:
Et les camarades de LO croient-ils sincèrement qu'ils seront, à eux seuls, l'ultime recours vers lequel se tourneront les travailleurs un jour plus ou moins lointain ?

Il n'y a rien à croire ou ne pas croire, parce que personne ne sait ou peut prédire l'avenir.
Il faut d'agir pour renforcer le camp ouvrier et les outils nécessaire à sa contre-offensive, en militant pour pouvoir y jouer un rôle.
Et tant mieux si d'autres veulent faire la même chose et se préparer à ce rôle au service de la classe ouvrière et des perspectives communistes.
Même si aujourd'hui, on ne sent pas une concurrence massive sur ce terrain et dans ces perspectives.
Pourtant chacun-e-s sait que le sympat qui ne croit pas au groupepartisecte lo, ne peut devenir militant-e-s. Alors lo parle pour les autres mais lui les trots (dans les livres).
Quand à l'ami qui lit pas dans le texte de Christine la responsabilité du PS, je suis pas oculiste. Désolé.
Le solo du prolétariat se transforme en chant funèbre. Les bougies allumées par les sectateur-trices, n'y change rien.
Ni rire ni pleurer, comprendre. Pas ce réfugier dans des croyances hors sol

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Re: Les leçons du scrutin par le NPA

Message  mykha le Jeu 29 Mai - 21:57

Pourtant chacun-e-s sait que le sympat qui ne croit pas au groupepartisecte lo, ne peut devenir militant-e-s.

Je dirais plutôt:

Pourtant chacun-e-s sait que le(la) sympat-e qui ne croit pas au groupepartisecte lo, ne peut devenir militant-e-s.

pour que ce soit beaucoup plus clair pour tous-tes les lecteurs-trices.
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Re: Les leçons du scrutin par le NPA

Message  Pedrolito le Jeu 29 Mai - 23:49

mykha a écrit:
Pourtant chacun-e-s sait que le sympat qui ne croit pas au groupepartisecte lo, ne peut devenir militant-e-s.

Je dirais plutôt:

Pourtant chacun-e-s sait que le(la) sympat-e qui ne croit pas au groupepartisecte lo, ne peut devenir militant-e-s.

pour que ce soit beaucoup plus clair pour tous-tes les lecteurs-trices.

Bon-ne initiatif-ve ! X-D
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Re: Les leçons du scrutin par le NPA

Message  alexi le Ven 30 Mai - 9:46

A propos de la manif contre le FN :

LIBERATION
30/05/14

(...) Pour Mimosa, originaire de Rennes,«c’est à cause de la politique d’austérité que l’on fait monter les scores du FN», qu’elle qualifie «d’alarmants». Elle arbore sur son sweet noir un autocollant appelant à la résistance antifasciste. Agée de 25 ans, cette étudiante en lettres milite au NPA depuis six ans et refuse de «laisser la rue au FN». Non, elle n’a pas voté dimanche, car elle considère que «c’est d’abord par les luttes et dans la rue que l’on change les choses».

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Re: Les leçons du scrutin par le NPA

Message  Egor la combine le Ven 30 Mai - 18:55

Estirio Dogante a écrit:
Roseau a écrit:Et sur le fond, pour rester sérieux ?
Rester sérieux à 0.52%?

C'est de la franche rigolade de voir la petit scarabée nous jouer la vieille fable des raisins verts. Le NPA n'a même pas la "force" de faire une campagne électorale, voilà la raison de leur faible score. Bref, ils sont pourris jusqu’à la moelle. Avec un tel "parti" on ne va même pas acheter des cigarettes
.
Quoique ceux qui sont bien contents d'avoir senti de loin l'odeur des raisin ce n'est pas terrible non plus. (1,2%)

Ce sont des lourdes défaites après avoir frôlé les 10%! Il faut regarder les choses en face ou laisser la place à d'autres. Qui hélas se complaisent à "l'abstentionnisme" cachés au fond d'une cour obscure et sombre.

Les uns, les errements les ont conduit au néant (mais avec la dissolution de la LCR ils y étaient déjà). Les autres errent comme des zombies sans être foutus de trouver une tactique convenable. Les maos, si on peut parler des maos du tas de mini groupes avec des idées aux antipodes, se cachent...

Il n'y a pas d'EG en France. Point barre.

Parce que prétendre que c'est cela la représentation politique de la glorieuse classe ouvrière française, ce n'est pas sérieux.

Et que fais tu toi pour construire quelque chose, pour remédier à cette absence d'EXt Gauche en France?

Egor la combine

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Re: Les leçons du scrutin par le NPA

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