Allemagne

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Message  sylvestre le Mer 22 Sep - 12:44

http://www.investir.fr/infos-conseils-boursiers/actus-des-marches/infos-marches/allemagne-greves-sur-les-salaires-dans-la-siderurgie-283539.php

Allemagne - Grèves sur les salaires dans la sidérurgie

BERLIN, 20 septembre (Reuters) - Une partie des 85.000 employés du secteur sidérurgique allemand feront grève mercredi, alors que leurs salaires seront négociés avec les employeurs le 29 septembre, a annoncé lundi le syndicat allemand IG Metall.

Ce dernier a dit que ces "grèves préventives" devaient être interprétées comme un message envoyé aux employeurs, qu'IG Metall rencontrera le 29 septembre pour un troisième tour de table de négociations salariales.

"Les grèves préventives montreront que nous sommes sérieux quant à l'équité des salaires versés aux contrats intérimaires, aux stagiaires et aux travailleurs expérimentés", a déclaré dans un communiqué le chef de file d'IG Metall en Rhénanie-du-Nord-Westphalie, Oliver Burkhard.

"Nous sommes préparés et prêts pour le conflit", a-t-il ajouté.

(Brian Rohan, Alexandre Boksenbaum-Granier pour le service français, édité par Gwénaëlle Barzic)
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Re: Allemagne

Message  sylvestre le Mer 13 Oct - 14:21

Cool ! Le Daily Show Etasunien (commentaire sarcastique de gauche sur l'actualité) connaît une version allemande - ici sur la répression à Stuttgart et la hausse de 5 € des allocations chômage :

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Re: Allemagne

Message  sylvestre le Mar 26 Oct - 15:47

http://www.lemonde.fr/europe/article/2010/10/26/le-trafic-ferroviaire-allemand-fortement-perturbe-par-des-greves_1431202_3214.html


Le trafic ferroviaire allemand fortement perturbé par des grèves
LEMONDE.FR avec AFP | 26.10.10 | 09h56

Des grèves d'avertissement perturbaient fortement le trafic ferroviaire en Allemagne, mardi 26 octobre au matin, tout particulièrement les liaisons régionales, sur fond de conflit sur les salaires. Les débrayages ont commencé dans la nuit, et devaient se prolonger jusqu'à 11 heures, affectant les mouvements pendulaires autour des grandes villes. Le mouvement touche la compagnie publique Deutsche Bahn et six opérateurs privés plus petits.

Pratiquement aucun train ne circulait vers la capitale financière, Francfort, ont indiqué les syndicats de cheminots Transnet et GBDA, à l'origine du mouvement. Le trafic était également fortement perturbé autour de Cologne et Düsseldorf. Deutsche Bahn transporte environ cinq millions de passagers par jour sur ses lignes régionales. Certaines grandes lignes, par exemple depuis le bassin de la Ruhr vers Berlin, ou encore entre Munich et Nuremberg au sud, étaient également touchées, mais pas les liaisons internationales de Deutsche Bahn.

GDBA et Transnet veulent faire monter la pression alors que les négociations pour une grille salariale unique pour tous les salariés du secteur ferroviaire, qu'ils travaillent pour la compagnie publique Deutsche Bahn ou pour les compagnies privées concurrentes, sont dans l'impasse. Les syndicats s'inquiètent de voir les compagnies privées, qui payent moins leurs salariés, rafler des contrats pour des liaisons régionales au détriment de Deutsche Bahn. Ils critiquent aussi l'attitude de la compagnie publique, qui selon eux profiterait du système via des filiales à bas salaires.
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Message  sylvestre le Mar 16 Nov - 13:21

http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5jmbczIKeksOuKoC8WzBiEtyuxVsg?docId=CNG.fa6fe584ad777e7ecdad73959c5f79a1.2c1

Près de 100.000 manifestants contre les coupes sociales en Allemagne

(AFP) – Il y a 2 jours

BERLIN — Près de 100.000 personnes ont manifesté samedi dans plusieurs villes allemandes pour protester contre les coupes dans les prestations sociales, a indiqué la confédération des syndicats allemands (DGB), organisateur du mouvement.

"A Stuttgart (sud-ouest), Dortmund (ouest), Nuremberg (sud), Erfurt (est) près de 100.000 syndicalistes ont manifesté contre les injustices sociales", a indiqué le DGB, qualifiant de "grand succès" cette action. Aucun incident particulier n'a été rapporté par la police.

Avec pour slogan: "la justice sociale, c'est autre chose. Nous avons besoin d'une nouvelle politique", les manifestants entendaient protester contre le gouvernement, qui, selon eux, fait porter les conséquences de la crise économique aux moins fortunés.

"Les conditions de travail et de vie des gens se détériorent", ont dénoncé les manifestants. Dans leur collimateur, notamment: la retraite à 67 ans --actuellement à 65 ans, elle doit être portée graduellement d'ici à 2029 à deux ans de plus--, les coupes dans le système de santé et les salaires pas assez élevés.
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Message  nico37 le Dim 21 Nov - 13:57

Secours rouge - 21 nov 2010
Allemagne : Librairies visées dans une opération policière contre la revue Interim

Le 26 octobre 2010, la police criminelle du Land de Berlin a perquisitionné les librairies oh21 et Schwarze Risse ainsi que dans l’infokiosque M99 en cherchant des exemplaires du journal Interim. Publié depuis 1988, le journal Interim est un espace important de communication et de débat interne aux milieux autonomes allemands. Le comité de rédaction travaille de manière clandestine et peut changer selon les numéros. Le journal publie de nombreux textes et communiqués de différents groupes autonomes.

Ce n’est pas la première fois que la Justice entre par la force et mène des perquisitions dans des librairies et espaces politiques. L’année passée rien qu’à Berlin, les deux librairies Schwarze Risse ont été perquisitionnées six fois, l’infokiosque M99 cinq fois, la librairie oh21 quatre fois et l’infokiosque de l’Antifa Fusion/ Red Stuff deux fois. La plupart du temps, ces rafles concernaient des journaux incriminés. A chaque fois, elles étaient justifiées par l’article 130a du code pénal « incitation à des délits » et l’article 40 de la législation sur les armes (armes interdites et l’interdiction de fabriquer ou d’inciter à la fabrication de ces armes).

Ce qui est nouveau concernant ces mandats de perquisition est que les gérants des librairies et infokiosques en question se retrouvent dans la position d’inculpés. Le parquet affirme que les inculpés auraient eux-mêmes déposé les exemplaires d’Interims tout en connaissant le contenu. Tout comme l’article 130a ne punit pas un acte concret mais rend punissable la simple « incitation » à un tel, par cette initiative politique, le parquet essaie maintenant de faire découler de la simple présence de certains écrits l’accord des libraires avec les contenus afin de criminaliser ces derniers. Une situation où les libraires et les lectrices et lecteurs ne savent pas si le journal politique qu’elles tiennent dans leurs mains sera criminalisé le lendemain (et elles et eux en même temps) vise concrètement la déstabilisation et l’intimidation.

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Message  sylvestre le Ven 31 Déc - 16:16

http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5h1_8eHkUKANSl9BvijSSHSjL89pQ?docId=CNG.0c7aeb100569f631ea74c2a56fd387fa.411

Allemagne: une bataille de boules de neige tourne à la bataille rangée

(AFP) – 30 nov. 2010

BERLIN — Une bataille de boules de neige a tourné à la bataille rangée à Leipzig, dans le sud-est de l'Allemagne, où plus de 500 personnes ont pris pour cible des automobiles, des autobus, mais surtout des policiers, selon les autorités.

La bataille de boules de neige, engagée par une quarantaine de personnes lundi soir à un carrefour du quartier de Connewitz, a très rapidement attiré quelque 500 personnes qui ont lancé non seulement des boules de neige, mais des pierres et des feux d'artifice, en direction de policiers, selon un communiqué de la police.

Deux policiers ont été blessés et une voiture de police endommagée. Un automobiliste a également été légèrement blessé par le jet d'une bouteille de bière, selon la police.

Nombre des participants à la bataille étaient habillés de noir et appartiendraient, selon la police, à des groupes gauchistes qui, par le passé, ont déjà pris prétexte de telles batailles de boules de neige pour s'attaquer aux autorités.
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Message  Invité le Ven 7 Jan - 20:58

La rage de la classe moyenne

par Karl-Heinz Lewed

(rentrée littéraire 2010)

http://palim-psao.over-blog.fr/article-la-rage-de-la-classe-moyenne-par-karl-heinz-lewed-64405753.html

S’il est vrai que depuis le Krach de la « nouvelle économie », les promesses grandiloquentes de mode de vie postmoderne se sont petit à petit dissipées pour laisser place à des risques toujours plus menaçants, l’effondrement actuel de l’économie mondiale nous confronte à une nouvelle réalité de crise. L’exclusion hors du système des rapports de travail salarié, tant au niveau réel que formel, ne touche plus uniquement les « classes inférieures », mais avance inlassablement vers le « ventre mou » de la classe moyenne. Dans le processus de crise du travail abstrait, la « production séculaire de déchets humains » (Zygmunt Bauman), c’est-à-dire l’exclusion d’humains inutiles au processus de la valorisation, ne s’arrête pas devant la classe moyenne, même si celle-ci aime à se raconter une autre histoire. Il n’est donc pas étonnant qu’un sentiment irrationnel de menace continue à frayer son chemin et domine de plus en plus l’air du temps en proposant des réponses régressives face à l’exclusion sociale.

L’intervention de Sarrazin, « De la classe au lieu de la masse » dans Lettre Internationale, représente en ce sens une rupture idéologique. La prise de position de l’ancien ministre des Finances de Berlin a touché le nerf raciste et culturaliste de la classe moyenne, et a déclenché une vague d’approbation chargée de ressentiments. A tel point que les rédacteurs de l’hebdomadaire Die Zeit, qui n’ont pas peur du ridicule, se sont montrés choqués de cette soudaine apparition d’une « colère refoulée », bien que ce soit eux qui depuis des années l’aient attisée dans leurs éditoriaux. Néanmoins, il faut bien donner raison à Jörg Lau, journaliste à Die Zeit, sur un point : « C’est la haine déchaînée de la classe moyenne qui pose question. » La peur rôde dans cette classe moyenne, la peur de la perte des gratifications de la société du travail et de la consommation, la peur de sa propre dégringolade et de l’exclusion sociale. En même temps, ce sentiment de menace fait basculer la société vers la construction d’une « société du mérite » (1). Ce qu’il y a de nouveau, c’est que l’exclusion sociale est reliée aux questions culturelles et ethniques. La beauferie raciste de la classe moyenne enfle et peut s’appuyer sur un développement qui, sous la forme du néolibéralisme, a déjà transformé le climat social au cours des dernières années et décennies.

L’idéologie libérale de la responsabilité économique individuelle ne faisait pas seulement partie de l’auto-idéologisation de la classe moyenne en tant que « société du mérite », mais visait surtout les « exclus de la modernité » (Zygmunt Bauman). La possibilité de réussite professionnelle et d’épanouissement dans la consommation pour les uns entraînait la menace d’exclusion et d’appauvrissement pour les autres. Provisoirement, cette polarité d’intégration et d’exclusion pouvait être maintenue en équilibre par l’idéologie de la liberté et de la responsabilité individuelle. La réussite face à la concurrence, ainsi que les promesses de l’univers de la consommation, seraient l’expression de la volonté de réussite individuelle. De l’autre côté, l’échec révèlerait les déficits personnels, et c’est sur ces déficits qu’on demande à ceux qui sont déjà perdus pour le système de travailler. S’ils ne le font pas bien, on les « aide » volontairement avec les moyens coercitifs de l’Etat social sous la bannière du slogan cynique d’« aider et exiger ». La caractéristique centrale du processus de crise capitaliste, c’est-à-dire le fait qu’une partie de plus en plus grande de la population devient superflue, peut ainsi disparaître derrière la façade de la responsabilité individuelle. Le fait que « ça » n’allait plus très bien, qu’il devenait difficile de s’en sortir, que les dettes s’accumulaient, tout cela relevait uniquement de la responsabilité des sujets individualisés. L’évacuation de la logique capitaliste de l’exclusion, à travers la projection sur l’individu, va de pair avec la création d’une société basée sur la volonté de la réussite et du mérite. L’exclusion hors du système du travail et de la valorisation entraîne l’expulsion hors du « collectif du mérite ». Si par contre on veut y rester intégré, cela demande une autodiscipline inconditionnelle ainsi qu’une soumission aux impératifs de la concurrence.

Depuis 2008, la grande crise que subit le système capitaliste actuel nous démontre que ce ne sont ni une discipline de fer, ni la soumission au principe de compétitivité qui feront reculer l’exclusion, ce qui n’empêche pas ces principes d’être imposés avec une agressivité toujours plus grande. L’intervention de Sarrazin va dans ce sens. La crise de Berlin ne serait pas seulement économique ou sociale, il s’agirait surtout d’une crise de l’histoire des mentalités ou encore plus des cultures. Il désigne deux facteurs liés comme étant responsables : l’initiative personnelle et la volonté de compétitivité, gangrenées par une économie de subventions, ainsi que l’hédonisme et le laisser-aller de la génération 68. Pour le Berlin de l’après-guerre, Sarrazin constate en résumant : « L’élite économique (…) a quitté Berlin. Sont arrivés les soixante-huitards et tous ceux qui voyaient Berlin plus comme un espace de vie. Des gens qui aimaient bien être actifs professionnellement étaient remplacés par ceux qui aimaient bien vivre (…). A Berlin traînaient des gens engraissés par les allocations et qu’on a dû, au prix d’un sevrage douloureux, habituer de nouveau à la réalité. Une telle chose ne peut se faire que par le remplacement d’une population, on ne change pas les gens. Si quelque chose doit changer à Berlin, cela ne sera que par le changement de générations. » Il y a donc une part importante de la population qui, pour des raisons de laisser-aller assisté, de « je m’enfoutisme berlinois » ou de décadence individuelle, ont retardé le progrès économique afin de vivre la belle vie aux frais de la communauté. Cela serait caractéristique de Berlin, mais évidemment aussi de toute l’Allemagne.

Puis se pose la question de la valorisation économique de ces « allocataires obèses »: « A Berlin encore plus qu’ailleurs, se pose le problème d’une couche inférieure qui ne participe pas au circuit économique usuel. » Berlin comporterait une part non négligeable « de gens, environ 20% de la population, qui sont économiquement inutiles, 20% vivent de Hartz IV et d’allocations. (...) Cette partie doit disparaître. Une grande partie des Arabes et des Turcs dans cette ville, dont le nombre a augmenté à cause d’une mauvaise politique, n’a pas de fonction productive, mis à part le commerce de fruits et légumes, et ne va probablement pas développer d’autres perspectives. Cela s’applique aussi à une partie de la classe inférieure allemande. (…) Berlin a un problème économique avec la taille de la population existante. » On mêle à l’idéologie de la « société du mérite » un racisme culturaliste agressif qui vise en premier lieu les « Arabes et les Turcs » et qui, depuis quelques années, sous l’étiquette du « choc des civilisations », avait déjà profondément pénétré le discours social. La confrontation entre la « communauté de compétitivité » encore intégrée et ceux qui sont déjà victimes de l’exclusion économique est menée à travers les mêmes schémas que ceux de la guerre des cultures entre Allemands (ou de manière plus générale les tenants de la culture occidentale) et musulmans. Les ressentiments culturels, en mettant uniquement l’accent sur les différences, servent systématiquement à cacher les contradictions et les contraintes sociales comme causes de l’exclusion. « L’origine musulmane » des exclus et des marginalisés serait la vraie raison de leur incompétence face au principe de compétitivité. C’est alors l’être culturellement différent qui est à l’origine de la désintégration sociale. Sarrazin dit à ce propos: « Ceux qui font un contraste défavorable sont les Arabes et les Turcs. (...) Beaucoup parmi eux ne veulent pas ou alors ne sont pas capables de s’intégrer. Nombreux sont ceux qui ne veulent pas d’intégration, mais veulent juste vivre leur vie. En plus de cela, ils entretiennent une mentalité qui est agressive et atavique. »

Cet ostracisme culturaliste ne s’interroge pas sur la coïncidence entre d’un côté, leur prétendue inutilité du point de vue de la logique de la valorisation économique – c’est-à-dire l’absence de toute « fonction productive » des « Arabes et des Turcs » – et de l’autre leur prétendu manque de volonté d’intégration. Cette mise en corrélation naît d’un désir irrationnel de trouver un support de projection pour écarter la menace anonyme engendrée par la défaillance de la valorisation économique qui touche de plus en plus de secteurs. Si « nous les Allemands, nous embrassons de plus en plus la mentalité turque, nous allons avoir un gros problème ». C’est à travers la personnification des contraintes autonomisées du système que se défoule la « fausse conscience », en rendant responsable un certain groupe.

Si l’exclusion est justifiée de manière culturelle, alors il faut être partie prenante de la « vraie culture ». La « vie rejetée » (Zygmunt Bauman) sert de ligne de démarcation négative en vue d’une autodéfinition culturaliste de ceux qui font partie de la « société du mérite ». Pour cela, il faut dire à ceux « qui ne veulent pas être les porteurs du principe de compétitivité qu’ils peuvent très bien aller ailleurs s’ils souhaitent ne rien faire. Moi, j’utiliserai un ton tout à fait différent : chacun qui sait faire quelque chose, et qui essaie, est le bienvenu chez nous, les autres peuvent aller ailleurs… Ainsi, il serait clair que nous voulons une ville des élites et non pas la ‘capitale des assistés’. Ce n’est pas la chaleur du foyer turc qui va faire avancer la ville ». Ainsi se crée un mythe du progrès et de notre propre avenir qui voit sa réalisation menacée par les « bons à rien ». C’est de leur faute si toute la potentialité productive ne se réalise pas pleinement et que la société du mérite tombe en désuétude. Pour rendre ce scénario de déclin et de naufrage plus éloquent, Sarrazin use du stéréotype raciste, devenu depuis un lieu commun, de la conquête biologique des Musulmans par le biais de la démographie : « Les Turcs envahissent l’Allemagne de la même manière que les Kosovars ont envahi le Kosovo : par un taux de natalité plus élevé. »

Si le processus d’exclusion sociale était jusqu’à présent essentiellement interprété comme une défaillance ou une faute personnelle, le durcissement de la crise voit naître des fantasmes idéologiques qui se situent de plus en plus dans des sphères culturalistes. On thématise de moins en moins la marginalisation sociale. Celle-ci fait désormais l’objet d’une réinterprétation : un moyen d’expansionnisme musulman qui viserait la désintégration et la déchéance de la « société du mérite » occidentale. « L’élimination du déchet humain » (Zygmunt Bauman) par le processus de crise paraît dans la construction culturaliste comme un acte de légitime défense et en même temps comme un acte de désespoir de la « société du mérite » devenue folle. Et ils criaient tous à l’unisson: « On a bien le droit de dire tout haut ce que tout le monde pense tout bas ! »

Karl-Heinz Lewed
Membre du groupe allemand Krisis
Traduction Paul Braun


(1). Un des concepts centraux dans cette argumentation pose problème à la traduction : die Leistungsgesellschaft. Leistung peut être traduit par exploit ou performance (sport, arts, sciences, etc.), mais également par travail (exécuté ou accompli). Ce concept définit donc une société où il faut une volonté individuelle et une assiduité au travail pour réussir et au final pour faire partie de la communauté. (NdT)


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Message  nico37 le Jeu 3 Fév - 0:20

Berlin: La manif de solidarité avec Liebig 14 vire à l'émeute

Samedi dernier (29 janvier 2011), une manifestation contre l'expulsion de Liebig 14, un des derniers grands squats de Berlin, a réuni plus de 3 000 personnes.
L'expulsion est censée avoir lieu ce mercredi 2 février, plus de 2 000 flics anti-émeutes seront déployés dans le quartier pour effectuer l'expulsion, accompagnés de canons à eau, hélicoptères et autres forces spéciales de la police...
Déjà pour la manifestation de samedi, environ 1 000 flics anti-émeutes et des canons à eau étaient présents. Ce qui n'a pas empêché la manif de partir en émeute à la fin de son parcours. Des affrontements avec les forces de l'ordre ont eu lieu, plusieurs personnes ont été arrêtées, d'autres ont été blessées par les flics (parfois les mêmes...). Une vingtaine de flics auraient également été blessés.
Et pour la blague, "même" un photographe de presse a été tabassé par les flics et a dû être emmené à l'hôpital.
La manifestation était constituée principalement d'un énorme black bloc, la tête de manif étant protégée de grandes banderoles installées en U.
Des feux d'artifice ont été tirés depuis le toit de Rigaerstrasse 94, un autre grand squat berlinois menacé d'expulsion puis du toit-même de Liebig 14, d'où des squatters brandissaient des drapeaux anarchistes.
Galerie de photos de la manif
Infos (en anglais ou allemand), photos et vidéos:
l14soli.blogsport.de
de.indymedia.org
demotix.com

Berlin police mount huge operation to evict tenants of former squat
Up to 2,500 officers are deployed to quell protests against plan to clear 25 residents from Liebig 14 tenement block
Helen Pidd in Berlin guardian.co.uk, Wednesday 2 February 2011 12.22 GMT

Around 2,500 police officers were deployed in Berlin today to evict inhabitants of one of the capital city's last former squats.
The 25 residents of the Liebig 14 tenement block have refused to leave after losing a lengthy legal battle which has become a touchstone for the city's anti-gentrification movement.
The local Green MP, Hans-Christian Ströbele, said alternative housing projects such as Liebig 14 were one of Berlin's trademarks and should be protected rather than destroyed.
More than 1,000 protesters gathered outside the building in the former east Berlin district of Friedrichshain. They waved banners, banged wooden spoons on saucepans and shouted at officers from the German Special Forces who had managed to climb onto the roof during the night. On the street, police in full riot gear blocked all access routes.
By 11.45am local time (10.45 GMT) 23 protesters had been arrested, but police had not managed to gain full access.
Demonstrations and publicity stunts are planned across Berlin throughout the day. Already, protesters claim to have paintballed the famous department store KaDeWe, Berlin's answer to Harrod's, along with the town hall in the district of Schöneberg, where John F Kennedy gave his"Ich bin ein Berliner" speech in 1963.
The building, which has 25 bedrooms, four kitchens and five bathrooms, was first squatted in 1990, shortly after the fall of the Berlin Wall. After Berlin's housing board took ownership of the house in 1992, the squatters signed a lease making them the legal residents.
After it was sold to private developers, the lease was passed on to the current occupiers, who range from 19 to 40 years old and hail from around the world. One British resident, a 24-year-old PhD student, gave her name as Sarah.
"We were told we have to leave because the landlord wants to renovate the house and divide it up into expensive flats, which is what has already happened to other alternative housing projects like ours," she said.
"People with not much money are being forced out of Berlin city centre. This is not just about 25 people losing their home, it's a protest against the gentrification of the city and ordinary people all over being priced out of their local housing market."
Sarah refused to say how much rent she paid, but it is widely believed to be a token amount. German media has reported that the rent is still set at 1992 levels, which equates to just €1 (85p) per square metre per month.
The district mayor, Franz Schulz, criticised the eviction. "It is not a good day. We're losing an important alternative project," he told Inforadio.
Most of today's protesters were in their 20s or 30s, but standing by the police line on the south side of Liebigstrasse were an older couple from Munster, who looked on with concern.
"Our daughter is one of the residents," said the 60-year-old university professor, who did not want to be named.
"She has lived there for 10 years now. We come and visit every month or two. It's almost like our second home. I know many of her housemates and they are nice, peaceful people. It's crazy that the city of Berlin is allowing this to happen."
Berlin police said 2,500 officers were engaged in the operation, "but not all are stationed here; they are spread out all over the city to deal with the planned demonstration.”

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Re: Allemagne

Message  sylvestre le Mer 16 Fév - 17:32

http://www.lesinrocks.com/actualite/actu-article/t/60064/date/2011-02-14/article/dresde-neo-nazis/

Dresde en état de siège pour le défilé des néo-nazis

14/02/2011 | 10H53
Crédits photo:  Manifestation néo-nazie à Dresde le 13 février 2011 (Florian Targa)

C'est une tradition, le 13 février, plusieurs centaines de militants d'extrême-droite ont défilé à Dresde, en Allemagne, pour commémorer le bombardement de la ville. Et cette année encore, les néonazis n'étaient pas seuls: habitants et militants antifascistes étaient la pour défendre la mémoire de leur ville.

(De Dresde) Dresde, 11 heures du matin. Des barrières sont érigées tout autour de la gare centrale, les entrées sont filtrées par la police. Les rues grouillent d’uniformes, le quartier est en état de siège. Comme chaque année, un rassemblement de néonazis est attendu pour commémorer le bombardement de la ville par les Alliés en 1945. Environ 25 000 personnes avaient péri lors de cette nuit, dont le spectre ne cesse depuis d'hanter l'histoire de la ville.

Ils sont environ 1300 à avoir répondu à l'appel de la JLO (Junge Landsmannschaft Ostdeutschland), association nationaliste qui a pour but de protéger l'héritage culturel allemand. Beaucoup de militants néonazis typiques: jeunes, vêtements noirs et lunettes de soleil, crânes rasés ou capuches enfoncées sur la tête. Mais aussi un grand nombre de personnes âgées et d'anonymes qu'on pourrait trouver dans n'importe quel autre cortège.

Parmi les drapeaux, ceux noir blanc et rouge du parti nationaliste NPD. Au milieu des flambeaux, les banderoles dénoncent pêle-mêle «l'holocauste des bombes» et les «crimes contre l'humanité des Alliés». Des haut-parleurs crachent une musique classique qui flirte avec le tragique. L'ambiance est volontairement lourde:

«On est venu pour commémorer des victimes allemandes de la guerre, pas pour s'éclater entre potes, explique Josef, aux avant-postes du cortège. J'emmerde ceux qui ne supportent pas que nous soyons aussi forts et que nous ayons aussi le droit d'être ici. Je vous jure, ils ont pas finis de nous voir.»

Dresde, champs de bataille de la mémoire

De l'autre côté, près de 3000 militants antifascistes réunis à l'appel des collectifs Dresden-nazifrei et No Pasaran pour empêcher les néonazis de manifester. D'abord dispersés, ils se réunissent vite sur les lieux de blocage qui s'organisent par le bouche à oreille.

«Le problème ce ne sont pas les nazis, c'est la ville et les flics qui les laissent défiler et font tout pour nous empêcher d'agir», s'énerve une jeune femme.

Un hélicoptère patrouille. La nuit tombée, les puissants projecteurs des canons à eau sont allumés. La tension est palpable, mais n'éclate pas: les colonnes de policiers caparaçonnés y veillent. «No pasaran! Ils ne passeront pas!», s'écrient les antifascistes.

Mais les blocages avortent, et les militants en sont réduits à pourchasser à distance le cortège de l'extrême-droite. À chaque nouveau coin de rue ses nouvelles barrières et ses nouveaux policiers. Ceux-ci procèdent à quelques interpellations éclairs et ciblées, sous les sifflets de la foule en colère.

Face aux troupes sans cesse plus nombreuses de l'extrême-droite les réseaux antifascistes ont fait du 13 février, par réaction, leur cheval de bataille. Ils ont d'ailleurs remporté une grande victoire l'année dernière en bloquant le défilé néonazi, annulé à la dernière minute par les autorités pour raisons de sécurité.

«Dresde sert de catalyseur à l'extrême-droite pour montrer sa force, nous explique Stefan Zielke, responsable presse du collectif Dresden-Nazifrei. C'est en quelque sorte l'enfant chéri des nazis. L'effet symbolique d'un blocage est d'autant plus important.»

«C'est votre fascisme qui est responsable des bombes»

Loin des affrontements et des rassemblements de policiers, la mairie a de son côté organisé une chaine humaine. Cora et Thomas, deux amis, y participent, comme 17 000 autres personnes. Ils arborent fièrement une banderole où l'on peut lire: «C'est votre fascisme qui est responsables des bombes.»

Pour eux, commémorer le souvenir du bombardement ne signifie pas réduire la culpabilité du troisième Reich et des Allemands. «Ce sont deux choses différentes, et cela doit le rester», explique Thomas, évasif.

Pourquoi, après tout, ne pas tout simplement interdire le défilé, comme l'exigent de nombreux politiciens de tous bords? Car c'est juridiquement impossible, comme l'a rappelé le professeur Jürgen Schwabe, lors d'un débat organisé à Berlin au mois de janvier:

«Ce défilé est une maladie contre laquelle on peut rien faire car il est protégé par la constitution allemande.»

Le défilé des néonazis est non seulement juridiquement protégé, mais les tentatives de blocage de leurs opposants sont, elles, illégales: elles vont à l'encontre du droit à manifester des néonazis. Mais, comme l'explique Stefan Zielke, cela ne va pas les arrêter:

"On se fout des jugements et des lois car la désobéissance civile est toujours légitime quand ce sont des Nazis en face!".

«Aujourd'hui c'était la Blitzkrieg, la semaine prochaine, ce sera Stalingrad»

Malgré les apparences, c'était un 13 février plutôt calme. Mais la tempête est annoncée pour samedi prochain. Des milliers de manifestants antifascistes venus de toute l'Allemagne seront présents pour bloquer le second défilé des néonazis. Ralf, jeune étudiant en philosophie à Berlin, sera là, convaincu que «si aujourd'hui c'était la Blitzkrieg, la semaine prochaine ce sera Stalingrad».

Julius Tweer et Florian Targa



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Re: Allemagne

Message  sylvestre le Mer 23 Fév - 13:54

http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2011/02/19/97001-20110219FILWWW00352-dresde-des-milliers-contre-les-neo-nzais.php

Dresde: des milliers contre les néo-nazis
AFP
19/02/2011 | Mise à jour : 12:32 Réactions (31)
Plus de 10.000 personnes se sont rassemblées aujourd'hui dans les rues de Dresde contre une manifestation de néo-nazis prévue dans l'après-midi, a indiqué la police.

Des affrontements ont déjà eu lieu entre certains manifestants d'extrême gauche et les forces de l'ordre qui ont fait usage de canons à eau et de gaz lacrymogènes.

Environ 2000 personnes seraient encerclées par petits groupes dans différents endroits par les policiers afin qu'elles n'entrent pas en contact avec les néo-nazis, selon l'organisation "Dresde sans nazi", qui a appelé à cette contre-manifestation.

La police attend jusqu'à 20.000 manifestants contre les néo-nazis, dont 3000 personnes d'extrême gauche. Les militants d'extrême droite, jusqu'à 4000 personnes selon les estimations des forces de l'ordre, devraient défiler en trois cortèges distincts. Quelque 5000 policiers sont mobilisés pour tenter d'éviter les affrontements entre les deux groupes.

Dimanche dernier, le 13 février, des milliers de personnes avaient protesté contre une manifestation de néo-nazis qui avait lieu à l'occasion du 66e anniversaire du bombardement de Dresde par les Alliés.

Et victoire :

http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2011/02/19/97001-20110219FILWWW00428-neo-nazis-affrontements-a-dresde.php

Néo-nazis: affrontements à Dresde
AFP
19/02/2011 | Mise à jour : 17:13 Réactions (17)
De violents affrontements ont eu lieu aujourd'hui lors d'une manifestation de plus de 10.000 personnes contre un rassemblement néo-nazi à Dresde (est), selon la police.

Des militants d'extrême gauche ont jeté des pierres sur les forces de l'ordre et érigé des barricades enflammées, tandis que la police faisait usage de canons à eau et de gaz lacrymogènes. Sur les 4.000 néo-nazis attendus par la police, seuls 600 s'étaient pour l'instant rassemblés dans les lieux autorisés.

Selon l'organisation "Dresde sans nazi", qui a appelé à la contre-manifestation, 15.000 personnes se sont réunies pour protester contre l'extrême droite. Quelque 5.000 policiers étaient mobilisés pour tenter d'éviter les affrontements entre les deux groupes.

Dimanche dernier, le 13 février, des milliers de personnes avaient protesté contre une manifestation de néo-nazis qui avait lieu à l'occasion du 66e anniversaire du bombardement de Dresde par les Alliés.
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Re: Allemagne

Message  sylvestre le Ven 25 Fév - 12:12

http://www.lalibre.be/actu/international/article/644959/plus-de-200000-manifestants-en-allemagne-contre-la-precarisation-du-travail.html

Plus de 200.000 manifestants en Allemagne contre la précarisation du travail

AFP

Mis en ligne le 24/02/2011

Environ 210.000 salariés ont manifesté jeudi à travers l'Allemagne contre la précarité au travail, selon le syndicat de l'industrie IG Metall, organisateur de cette journée d'action.

Environ 210.000 salariés ont manifesté jeudi à travers l'Allemagne contre la précarité au travail, selon le syndicat de l'industrie IG Metall, organisateur de cette journée d'action.

"En cette période de croissance, nous nous élevons contre la dégradation des conditions de travail en raison du recours massif au travail intérimaire et aux emplois précaires", a déclaré à Brunswick (nord) Berhold Huber, président du syndicat, selon un communiqué.

"Nous voulons envoyer un signal aux employeurs et responsables politiques: il faut arrêter cette course au dumping au détriment de l'humain", a ajouté M. Huber, selon qui c'est aussi la capacité d'innovation du pays qui en pâtira au final.

Alors que lundi les principaux partis politiques allemands sont parvenus à un accord sur une importante réforme de l'aide sociale après des mois de négociations, son collègue Detlef Wetzel a qualifié les mesures concernées de "placebo" qui n'aide pas à combattre l'abus du recours au travail temporaire.Les partis de gouvernement -conservateurs CDU/CSU et libéraux FDP- et les sociaux-démocrates (SPD, opposition), sont convenus d'augmenter l'allocation de soutien aux plus démunis de 5 euros par mois et par personne cette année, et 3 euros supplémentaires au 1er janvier.

L'allocation va passer de 359 euros à 364 euros par adulte, rétroactivement au 1er janvier 2011, et à 367 euros l'an prochain après approbation de la réforme par le Bundesrat, Chambre haute du Parlement.

Elle est destinée en priorité aux chômeurs mais beaucoup de personnes qui travaillent et gagnent peu en bénéficient aussi pour pouvoir vivre décemment.Après avoir consenti des sacrifices importants pendant les années de crise, les salariés allemands réclament des retombées de la croissance exceptionnelle enregistrée par le pays en 2010 (+3,6%), et notamment des hausses de salaires et la fin du recours au travail précaire.

Car si le nombre de chômeurs a fortement reculé dans le pays et devrait descendre sous le seuil symbolique des 3 millions en moyenne cette année, ce chiffre cache une réalité plus sombre, selon IG Metall et la confédération des syndicats allemands DGB.

Ainsi 43% des nouveaux emplois créés en 2010 étaient des contrats intérimaires, 42% des contrats à durée déterminée (CDD) et seulement 15% d'entre eux des contrats à durée indéterminée (CDI), selon un sondage d'IG Metall auprès de plus de 7.000 comités d'entreprise.



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Re: Allemagne

Message  fée clochette le Jeu 10 Mar - 23:43

http://news.fr.msn.com/m6-actualite/article.aspx?cp-documentid=156428438

En grève jeudi, les conducteurs de trains en Allemagne menacent de récidiver
Le trafic ferroviaire passager et fret en Allemagne a été perturbé jeudi en raison d'une grève des conducteurs de locomotives qui réclament l'instauration d'une nouvelle grille de salaires, et leur syndicat GDL a menacé jeudi soir d'un nouveau mouvement de grève.


AFP
"Ceux qui nous connaissent savent que nous pouvons aller très loin", a déclaré Claus Weselsky, qui a aussi exhorté les employeurs du secteur, Deutsche Bahn en tête, à présenter "une offre digne de ce nom".

Selon lui, il y a "suffisamment de raisons" de faire grève sur le long terme. Aucune nouvelle date de grève n'a toutefois été évoquée.

Environ un tiers du trafic ferroviaire en Allemagne, passager et fret, a été annulé jeudi matin, selon les chemins de fer allemands. Environ 40% des trains grandes lignes n'ont pas circulé, selon un porte-parole de la Deutsche Bahn.

La compagnie a tenté de limiter la paralysie sur les liaisons internationales en affectant en priorité les conducteurs prêts à travailler sur les trains desservant l'étranger, selon lui.

Les grands noeuds ferroviaires, Francfort, Cologne, Berlin ou Munich, par où passent les liaisons internationales, ont été particulièrement touchés.

Cet arrêt de travail a démarré mercredi à 20H00 (19H00 GMT) pour les trains de marchandises et à jeudi 04H00 (03H00 GMT) pour ceux transportant des passagers. Il s'est achevé pour tout type de trains à 10H00 (09H00 GMT), selon le syndicat des conducteurs de train GDL.

Selon GDL, 80% des trains à travers le pays ont été soit annulés soit retardés.

La grève a particulièrement touché la région de Berlin et du Land qui l'entoure, le Brandebourg, où 90% des trains régionaux et de banlieue n'ont pas roulé.

Un responsable de la Deutsche Bahn, Ulrich Homburg, a fustigé ce mouvement de grève, devant les caméras de la chaîne de télévision ZDF. "Nous n'avons pas la moindre compréhension" face à cette action "totalement inacceptable" de GDL, a-t-il déclaré. Selon lui, la Deutsche Bahn "offre les meilleures conditions de la branche à ses conducteurs de trains".

Deutsche Bahn est toujours de loin le premier opérateur ferroviaire d'Allemagne (5 millions de passagers et 1 million de tonnes de fret transportées par jour). Il existe aussi six opérateurs privés, le plus grand étant Veolia Verkehr, filiale du français Veolia.

GDL avait déjà organisé trois grèves d'avertissement de quelques heures ces dernières semaines. Le syndicat réclame l'instauration d'une grille salariale propre aux conducteurs de train, distincte de celle des autres salariés du rail en Allemagne, et commune à toutes les compagnies, publique comme privées.

Dans un entretien à la télévision ZDF jeudi matin, le membre du directoire de la Deutsche Bahn, responsable du personnel, Ulrich Weber, a appelé GDL à "revenir à la table des négociations".

Le syndicat, qui dit fédérer 75% des 26.000 conducteurs de train actifs en Allemagne, avait déjà paralysé le trafic ferroviaire pendant plusieurs semaines en 2007. A l'époque, cette grève n'avait concerné que les conducteurs de Deutsche Bahn.
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Saxe-Anhalt: les Verts doublent leur score à 7%, Die Linke passe devant le SPD à 23 %

Message  Roseau le Dim 20 Mar - 21:14

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Re: Allemagne

Message  sylvestre le Sam 26 Mar - 23:37

http://www.liberation.fr/monde/01012327992-plus-de-200-000-allemands-manifestent-contre-le-nucleaire-et-merkel

Monde 26/03/2011 à 16h52
Plus de 200 000 Allemands manifestent contre le nucléaire et Merkel

52 réactions


Plus de deux cent mille manifestants à travers l'Allemagne ont réclamé samedi la fermeture des centrales nucléaires, à la veille d'une élection régionale qui fait figure de plébiscite sur la politique énergétique d'Angela Merkel.

L'un des organisateurs, l'association "Ausgestrahlt", a annoncé que 250.000 personnes avaient défilé dans quatre grandes villes d'Allemagne pour réclamer la fin immédiate de l'exploitation des 17 réacteurs nucléaires du pays.

Selon cette association, 120.000 étaient présentes à la manifestation berlinoise, la police de la capitale allemande, interrogée par l'AFP, estimant pour sa part qu'elles étaient "plus de 100.000".

A Munich, sous la pluie, la police évoquait "au moins 25.000 personnes" et les organisateurs 40.000, tandis qu'à Hambourg et à Cologne, les organisateurs en ont compté respectivement 50.000 et 40.000 qui se sont ralliées au mot d'ordre : "Fukushima nous exhorte à éteindre tous les réacteurs".

"Ce sont les plus grandes manifestations contre le nucléaire en Allemagne à ce jour", s'est réjoui le collectif des organisateurs dans un communiqué commun.

Dans une opinion publique de longue date majoritairement hostile au nucléaire, la catastrophe à la centrale japonaise a servi de "piqûre de rappel", a expliqué à l'AFP Curd Knüpfer, un étudiant berlinois de 26 ans.

"Les antinucléaires qui manifestent aujourd'hui ne sont pas apparus du jour au lendemain", mais Fukushima a "remobilisé ceux qui avaient déjà manifesté en nombre contre le prolongement de la durée de vie des centrales, lorsque Merkel l'avait décidé", a-t-il rappelé.

"Il faut tirer les leçons du Japon : rien n'est impossible", pouvait-on par exemple lire à Berlin sur une pancarte, tandis qu'un char de carnaval construit par les Verts représentait un réacteur nucléaire basculant "dans la poubelle de l'histoire".

"Je suis venue demander l'arrêt des centrales nucléaires parce que j'ai la ferme intention de mourir de vieillesse, et pas à cause des radiations", a déclaré Monika Flemming, 53 ans, vendeuse en pré-retraite, originaire du Brandebourg (est).

Opposante de longue date au nucléaire, elle manifeste pourtant pour la première fois. "Je trouve que cela n'a jamais été aussi urgent que maintenant. J'ai le sentiment que c'est le moment de faire bouger les choses, que l'opinion publique est prête à évoluer".

La chancelière allemande avait annoncé, peu après la catastrophe de Fukushima, la fermeture temporaire des réacteurs les plus anciens et un audit de trois mois sur tout le parc nucléaire allemand.

Mais cette réaction, cinq mois après avoir prolongé la durée de vie des 17 réacteurs nucléaires de 12 ans en moyenne, a été considérée comme une manoeuvre politicienne par une majorité d'Allemands, selon les sondages.

Les chances de voir le parti de Mme Merkel, la CDU, conserver dimanche la tête du Bade-Wurtemberg, riche Etat régional du sud-ouest, qu'il contrôle depuis 1953 sans interruption, se sont considérablement amenuisées depuis.

Les sondages des derniers jours donnent unanimement quatre à cinq points d'avance aux Verts et au SPD face à la coalition CDU et Libéraux du FDP.

Dans l'Etat régional voisin de Rhénanie-Palatinat, qui vote également dimanche, mais qui n'a plus de réacteur en activité, la candidate CDU qui semblait pouvoir contester la suprématie du ministre président social-démocrate Kurt Beck, en poste depuis 1994, a vu son élan stoppé par la volte-face de Mme Merkel sur le nucléaire.

(Source AFP)
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Re: Allemagne

Message  nico37 le Jeu 7 Avr - 23:24

A Jamel, d'irréductibles Allemands luttent contre les néo-nazis 07/04/11 09:36

JAMEL (Allemagne) - Bienvenue à Jamel, bourgade d'ex-Allemagne de l'est avec ses curiosités locales: ses "Sieg Heil" sonores au coin des rues, ses slogans néo-nazis placardés sur les murs et ses militants d'extrême droite qui paradent.

Ce petit village vit sous la férule d'un groupe de militants néo-nazis installés là et clamait encore récemment sur un panneau: "Communauté de Jamel: libre, sociale et nationale", dans une allusion à peine voilée au national-socialisme. Un écriteau en bois indiquait aussi la direction de Braunau am Inn, lieu de naissance d'Adolf Hitler. Mais les deux pancartes ont été retirées récemment. Une affiche du parti d'extrême droite NPD reste, elle, encore bien en vue.

Dans ce hameau d'une dizaine de maisons, six sont habitées par des néo-nazis, affirment Birgit et Horst Lohmeyer, un couple bien décidé à faire savoir au monde entier ce qui se trame à Jamel. Les demeures d'extrême-droite, "toutes peintes de la même couleur: une espèce de brun-rouge", se repèrent au premier coup d'oeil, explique à l'AFP Birgit, 52 ans, dans la cuisine de sa ferme.

Les Lohmeyer se sont installés là en 2004, fuyant Hambourg (nord) et la vie urbaine pour leur nouvelle résidence rustique au milieu d'une campagne bucolique. Mais ce rêve a tourné au cauchemar, alors que les néo-nazis emménageaient toujours plus nombreux dans le voisinage.

"Nous savions que Sven Krüger, militant d'extrême-droite notoire et déjà condamné, habitait ici avec sa mère et sa soeur, mais on est venu quand même. Nous étions persuadés que nous nous y ferions", raconte Birgit. Mais d'autres camarades ont rejoint Krüger au village. "Ils pensent qu'il leur appartient et agissent en conséquence", glisse-t-elle.

nico37

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Re: Allemagne

Message  Invité le Mer 27 Avr - 19:29


L’Allemagne, pays le plus endetté d’Europe
Le 27 avril 2011 par Morgane Remy
Drapeau allemand
© Warein Holgado - Flickr - C.C.

L’endettement des pays de la zone euro se creuse. D'après la dernière étude publiée par Eurostat, l’Allemagne est le pays dont la dette en valeur est la plus importante. Le pays reste néanmoins plus solvable que beaucoup d’autres pays européens.

La zone euro souffre d’un endettement au dessus de la symbolique barre des 80% du PIB, nous apprennent les statistiques publiées ce mercredi. Les événements économiques de ces dernières semaines pourraient laisser supposer que les PIGS sont avant tout concernés : le Portugal, l'Irlande, la Grèce et Espagne (Spain, en anglais). Mais finalement la nation européenne la plus endettée en valeur ne fait pas partie de ce quatuor en difficulté. Le pays dont la dette est la plus lourde en valeur est bien l’Allemagne.

Plus précisément, la dette publique allemande représente 2 079 milliards d’euros, soit 83,2% de son PIB. Elle s’est ainsi alourdie de 10 points en un an, passant pour le pays le plus endetté d’Europe avant l’Italie (2e) et la France (3e). L’Allemagne décroche par la même occasion, et pour la première fois, la médaille de bronze des pays les plus endettés au monde, détrônant l'Italie.

un déficit public limité

Malgré tout, si l'on rapporte la dette au PIB, l’Allemagne ne fait pas partie des plus mauvais élèves. Cinq États membres ont affiché un ratio de dette publique supérieur à 90% du PIB en 2010 : la Grèce (142,8%), l’Italie (119,0%), la Belgique (96,8%), l'Irlande (96,2%) et le Portugal (93,0%). Suivent alors l’Allemagne (83,2%) et la France (81,7%).

Par ailleurs, l’Allemagne a réussi, grâce à la reprise économique outre Rhin, à limiter son déficit public en 2010 à 3,3%. Beaucoup mieux que la France qui enregistre un déficit public de 7% du PIB.

Les chiffres les plus élevés, rapportés au PIB, sont observés du côté des PIGS et d'autres pays européens. En Irlande avec 32,4%, en Grèce à 10,5%, au Royaume-Uni à 10,4%, en Espagne à 9,2%, au Portugal à 9,1%, en Pologne à 7,9%, en Slovaquie à 7,9%, en Lettonie à 7,7%, ou encore en Lituanie à 7,1%.
Malgré des attaques d'ampleur contre tout ce qui alourdit le coût du travail en Allemagne, la dette s'accroit. Il est d'ailleurs significatif que les pays où les droits ouvriers sont malmenés et les acquis laminés, sont aussi les pays qui à moyen terme creusent le plus leur dette (voir les ricains).
Double peine pour les prolétaires : et d'un ils paient la perte de leurs droits et de deux il doivent en plus s'acquitter de la dette des capitalistes.
Y a pas de justice mon brave monsieur !

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A propos de dettes publiques

Message  Roseau le Mer 27 Avr - 20:30

La répudiation des dettes vis à vis des banquiers et autres capitalistes est politiquement juste. Cela suffit pour en faire un mot d'ordre.
Voici quelques arguments de plus:

Quelques fondements juridiques de l’annulation de la dette
10 décembre 2010 par Eric Toussaint

http://www.cadtm.org/Quelques-fondements-juridiques-de

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Re: Allemagne

Message  Vérosa_2 le Mer 18 Mai - 16:48

Retraites et congés payés, pour toutes ces choses futiles A. Merkel détient LA solution : le nivellement par le bas.

Allez hop les Grecs, les Portuguais et autres prolétaires des pays du "sud" ! On vous ponctionne déjà sur la dette, on vous privatise à tout-va, on généralise votre précarité. Qu'à cela ne tienne, il faut maintenant vous faire à l'idée que vos retraites et vos congés payés c'est du luxe ! Emballez, c'est pesé ! Comme dit Merkel, "que tous fassent un peu les mêmes efforts, c'est important" (c'est important). Et d'ajouter un propos frappé au coin du bon sens, "nous ne pouvons pas avoir une monnaie commune et certains avoir beaucoup de vacances et d'autres très peu, à la longue cela ne va pas" (ça ne va pas). Donc finis les congés payés injustifiés des prolétaires privilégiés du "sud".

Merkel s'en prend aux vacances et aux retraites des pays d'Europe du Sud


BERLIN - La chancelière Angela Merkel a fustigé les vacances et systèmes de retraite des pays d'Europe du Sud, qu'elle juge bien trop généreux, dans des propos qui faisaient couler beaucoup d'encre en Allemagne mercredi.

Il faudrait que dans des pays comme la Grèce, l'Espagne, le Portugal on ne parte pas à la retraite plus tôt qu'en Allemagne, que tous fassent un peu les mêmes efforts, c'est important, a déclaré Mme Merkel mardi soir au cours d'une manifestation de son parti conservateur, l'Union chrétienne-démocrate (CDU), dans la petite ville de Meschede, dans l'ouest du pays.

Nous ne pouvons pas avoir une monnaie commune et certains avoir beaucoup de vacances et d'autres très peu, à la longue cela ne va pas, a-t-elle ajouté, selon des propos rapportés par l'agence de presse allemande dpa.

Un porte-parole du gouvernement les a indirectement confirmés dans un point de presse régulier mercredi, où ils ont fait l'objet de plusieurs questions. Rien que le fait que nous en parlons ici vous montre que ces déclarations étaient à prendre au sérieux, a déclaré ce porte-parole, Christoph Steegmans.

Il a rappelé qu'une harmonisation de l'âge de la retraite était l'une des pistes de réforme mentionnées dans le pacte pour l'euro, sur lequel les dirigeants européens se sont mis d'accord fin mars et qui doit contribuer à renforcer la compétitivité de certains pays pour remédier aux déséquilibres en zone euro.

Il n'en reste pas moins que les propos de Mme Merkel, dont le Spiegel relevait mercredi qu'ils allaient vraisemblablement susciter la colère dans les pays visés, contrastent avec le ton mesuré adopté d'ordinaire par la chancelière.

Ils ont immédiatement été critiqués par l'opposition. Le chef de file des écologistes au Parlement européen, Daniel Cohn-Bendit, a déclaré au Spiegel Online: Quand on parle de convergence sociale et économique, il faut laisser les clichés et les préjugés au vestiaire.

Le patron du Parti social-démocrate (SPD), Sigmar Gabriel, a lui accusé Mme Merkel d'attiser le sentiment anti-européen.

L'Allemagne s'était fait prier l'an dernier pour accorder une première aide à Athènes, face à une opinion publique réticente à soutenir les maillons faibles de la zone euro. Finalement Berlin a approuvé le soutien à la Grèce, puis à l'Irlande et tout récemment au Portugal.

Mme Merkel souligne fréquemment l'engagement européen de son pays, et le bénéfice qu'il tire de la monnaie unique. Mais dans les rangs de sa majorité (conservateurs du CDU/CSU et libéraux du FDP), la grogne monte contre des mécanismes d'assistance qui mettent potentiellement à contribution le contribuable allemand.

(©AFP / 18 mai 2011 14h25)


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Re: Allemagne

Message  Invité le Mar 31 Mai - 15:57

Hans Horch
Eloge de la raison
Les lumières de Thilo Sarrazin

http://theoriecritique.free.fr/encours.html

Au Parlement allemand, il n’y a pas un seul député qui soit membre d’un parti féru de diatribes xénophobes. Pour être représenté, il faudrait déjà qu’un tel parti soit en mesure d’atteindre la barre des cinq pour cent de voix aux élections.

Car les Allemands ont appris une chose : l’extrémisme politique n’est pas convenable. Aussi, les émotions sont à bannir du discours politique. L’opinion devrait pouvoir se former à partir de l’observation lucide des faits, suivie de l’analyse claire, logique et scientifique de ces derniers – et ce justement lorsqu’il s’agit d’un sujet aussi passionné que celui de l’immigration. Ainsi l’opinion publique allemande demeure-t-elle épargnée des Wilders, Strache, Blocher, Le Pen ou encore d’une Kjaersgaard. Cette grâce faite à l’Allemagne bénéfice également à Thilo Sarrazin. Celui-ci, en effet, s’entend à merveille pour justifier de façon purement rationnelle ses verdicts implacables au sujet des immigrés et des couches sociales défavorisées, en s’appuyant sur des chiffres et des données ainsi que sur une connaissance poussée des références spécialisées, et en se servant d’une science aussi exacte que la biologie pour étayer le point de vue d’une économie politique bien trop souvent spéculative. Alors que dans les pays voisins, force est de reconnaître qu’on exhorte aux passions et à la haine, Thilo Sarrazin élève la voix du bon sens en Allemagne devant un public qui n’attend que cela. Sarrazin se senti incompris à la suite d’une interview parue à l’automne 2009 dans la revue « Lettre international », où il déclara « Si les 1,3 milliard de Chinois sont aussi intelligents, mais plus travailleurs et bientôt plus qualifiés que les Allemands, alors que ces derniers adoptent de plus en plus la mentalité turque, on va avoir de gros problèmes » (« Wenn 1,3 Milliarden Chinesen genauso intelligent sind wie die Deutschen, aber fleißiger und in absehbarer Zeit besser ausgebildet, während wir Deutschen immer mehr eine türkische Mentalität annehmen, bekommen wir ein größeres Problem. »)

En réaction aux critiques, il sacrifia gracieusement le peu de temps libre que lui laissait le directoire de la Bundesbank et rédigea une étude à prétention hautement scientifique qu’il intitula de manière aussi sobre que cela lui fut possible : « Deutschland schafft sich ab » ou « L’Allemagne court à sa perte. »

Dans son entretien, partant du fait certes vérifiable, selon lequel les personnes peu qualifiées sont touchées plus durement par le chômage de longue durée, il en déduit à sa manière que le manque de qualification serait la seule origine du chômage. Toujours selon lui, la réussite économique de chaque individu dépendrait du niveau de formation, tout comme la réussite d’une économie politique dépendrait de l’intelligence moyenne de sa population. Il en serait de même de la répartition géographique des forces économiques : car les investissements iraient là où se trouverait le meilleur capital de ressources humaines et, douterait-on encore de l’intelligence supérieure de Thilo Sarrazin, nous en aurions pour preuve son implacable analyse.

De même, les grandes entreprises industrielles ainsi que le tertiaire se trouveraient à Cologne, Munich, Hambourg ou encore à Francfort, en raison de la concentration des meilleurs managers, des développeurs les plus renommés, des plus fameux avocats, de consultants, d’ingénieurs, de scientifiques, etc. La situation économique désastreuse de Berlin s’expliquerait, pour sa part, du fait qu’un trop petit nombre de piliers économiques contre un trop grand nombre de personnes improductives, et donc peu intelligentes, y vivraient. Non contente d’être très large, la couche sociale inférieure, en outre, se reproduirait biologiquement plus rapidement que la couche supérieure, celle des performants, de cette population infatigable qui ne serait plus en mesure de suivre le rythme, et ce pour une raison bien simple : cette couche sociale se comporte en grande partie d’Arabes et de Turcs certes économiquement improductifs, mais se prévalant d’un taux de reproduction démographique élevé. Toujours selon Thilo Sarrazin, invoquant les taux de chômage qui frappent ces groupes, leur comportement parasitaire envers leur environnement serait irrévocable puisque inné.

La couche sociale inférieure se développant plus vite que celle des qualifiés et des performants, le degré moyen d’intelligence de la population risquerait de baisser de génération en génération, dans l’imaginaire de Sarrazin. Que faire alors ? Il offre une seule et logique réponse : un échange de populations serait nécessaire ! Il faudrait freiner la croissance de la couche inférieure, voire même l’inverser. Le retrait des allocations ainsi que l’interdiction des mariages empêcheraient les immigrés improductifs de se reproduire et les inciteraient à quitter le pays. A eux de « cesser de se reproduire » ou, pour citer encore une réponse de T. Sarrazin, de « disparaître. » En revanche, les familles des peuples intelligents et travailleurs seraient invitées à immigrer en Allemagne, plus spécialement les Juifs d’Europe de l’Est, dont le quotient intellectuel dépasserait de 15 % la moyenne allemande, chiffre qu’il croit provenir d’exacts calculs scientifiques. Non, Sarrazin ne se présente pas comme étant xénophobe, ni d’extrême droite. Il se contente de penser en termes économiques et biologiques. D’ailleurs, l’appel à la haine et au pogrom relèverait pour lui d’un comportement typique de la couche sociale inférieure. Il vise pour sa part des mesures étatiques, prises dans un cadre législatif.

Sachant que Sarrazin prône également des mesures relatives à l’éducation, comment à vrai dire ne pas être quelque peu déconcerté ? En effet, si lors de l'interview au cours duquel il prônait l’échange de population, il avait certes déclaré inutile toute prise en charge éducative d’éléments condamnés par nature à l’improductivité économique, il n’en demeure pas moins que dans son livre, il exige leur pure et simple scolarisation. Une fois la façon de penser de Sarrazin bien comprise, cette contradiction cesse d’être apparente et se révèle rusée : les écoles dissuaderaient en toute évidence les doctes familles susceptibles d’immigrer en Allemagne du fait qu’elles accueilleraient des enfants des couches inférieures.

Nonobstant le respect que nous devons à l’argumentation de Sarrazin, sa théorie sur la baisse de la moyenne d’intelligence se heurte néanmoins à un fait significatif, à savoir le succès de son propre livre. Bien que l’auteur exige du lecteur un niveau intellectuel élevé, deux millions d’exemplaires s'étaient déjà vendus fin 2010. Les lecteurs sondés affirment retrouver chez l’auteur, sous une forme scientifique, ce qu’ils penseraient spontanément. Qu’à cela ne tienne ! Comment ne pas en déduire que les personnes intelligentes ne s’opposeraient pas au nombre croissant de sots ? Que tout individu serait en mesure de promouvoir son intelligence ? Ne serait-ce pas la preuve ultime que les citoyens instruits auraient enfin appris à ne plus expliquer sociologiquement les faits biologiques manifestes ? Qu’ils auraient admis que la réussite économique par la performance implique une sélection fondée sur l’utilité ? Que celui qui mise sur une régulation publique du marché du travail plutôt que d’être son propre employeur doit disparaître ? Qu’il s’agirait de barrer la route à ceux-là mêmes qui entraveraient la concurrence et la course à la productivité en raison de la paresse récompensée par des mesures de politique sociale, et la performance individuelle punie par des impôts collectifs ? Ceux-là ne poignarderaient-ils pas dans le dos les actifs, auxquels ils sont redevables de leur bien-être ? Que la nation risque de perdre la lutte qu’elle mène à l’échelle mondiale pour sa survie économique en tolérant trop d’existences inaptes dans ses rangs ? Que par conséquent, ce qui semble humain nuit à l’homme ?

On le sait, de par le passé, les érudits en Allemagne étaient enclins à interpréter la société et la politique avec des constructions métaphysiques ou à corriger le monde en fonction de leur moralité supérieure. Aujourd’hui, c’est fini. Les lecteurs allemands de Sarrazin sont revenus à la raison froide. Ils ont finalement reconnu et approuvé la réalité de la société dans laquelle ils vivent. Voilà ce qu’ils expriment en plébiscitant ce livre et son auteur. Ce dernier, quant à lui, a fait preuve d’une grande intuition pour déceler ce qui agite le centre de la société et l’a projeté avec brio sur la scène publique. Un acte digne des Lumières s’il en est !

Hans Horch
Traduit de l'allemand par Pascale Jahns-Petit

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Message  sylvestre le Jeu 9 Juin - 15:01

Pliant devant les accusations injustifiées d'antisémitisme, la fraction parlementaire de Die Linke a adopté la résolution suivante :


http://www.neues-deutschland.de/artikel/199484.dreipunktekatalog-gegen-antisemitismus.html

Nous ne participerons ni aux initiatives au sujet du conflit au Moyen-orient qui demandent une solution à un Etat, ni aux appels au boycott contre des produits israëliens ni au voyage de cette année d'une "flottille pour Gaza". Nous attendons de nos collaborateurs-trices personnel-les comme des collaborateur-trices de la fraction qu'il défendent cette position.

Voir aussi http://www.jungewelt.de/2011/06-09/076.php pour plus de détails sur la décision, qui est bien sûr une offensive de la droite du parti contre sa gauche.
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Message  Roseau le Jeu 9 Juin - 15:34

Mais cela fait longtemps que Die Linke, associé ici et là aux éxécutifs de gestion du système,
n'est pas plus anticapitaliste, ou révolutionnaire que le FdG.
Espérons que c'est la trombe qui fera déborder la vase qui unit révo et réformistes dans ce parti.
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Message  sylvestre le Jeu 9 Juin - 16:20

Analysons Die Linke comme une réalité en mouvement, plutôt que de ricaner d'un air satisfait que "ça fait longtemps" qu'elle est ceci ou cela !

Car en l'occurrence, cette position est tout à fait nouvelle : trois députés de Die Linke avaient participé à la flotille pour Gaza de l'année dernière.
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Message  Roseau le Jeu 9 Juin - 17:15

Bien sûr depuis longtemps compromis avec le parti du système le SPD, et cela ne devrait pas faire ricaner.
Céder maintenant à l'impérialisme sur un point clé ne me surprend pas du tout, pas plus que Mélenchon sur le Libye...
Très mince consolation: le FdG n'a plus de modèle...

Voici ce que Daniel Bensaid rappelait en 2009, parlant de Die Linke, du Bloco et du NPA...
"...Die Linke dès lors que sa coalition avec le SPD, déjà très contestée dans la municipalité de Berlin, pourrait se généraliser ainsi que semble l’annoncer l’alliance nouée dernièrement dans le land de Brandebourg.

Se dessine ainsi le choix stratégique auquel la nouvelle gauche va se trouver confrontée. Ou bien se contenter d’un rôle de contrepoids ou de pression sur la gauche traditionnelle en privilégiant le champ institutionnel ; ou bien, privilégier les luttes et les mouvements sociaux pour construire patiemment une nouvelle représentation politique des exploités et des opprimés.
Cela n’exclut nullement la recherche de l’unité d’action la plus large avec la gauche traditionnelle contre les privatisations et les délocalisations, pour les services publics et la protection sociale, pour les libertés démocratiques et la solidarité avec les travailleurs immigrés et sans-papiers.
Mais cela exige une rigoureuse indépendance par rapport à une gauche qui gère loyalement les affaires du capital au risque de dégoûter de la politique les nouvelles forces émergentes.
La crise sociale et écologique n’en est qu’à ses débuts. Par delà de possibles reprises ou embellies, le chômage et la précarité continueront à des niveaux très élevés et les effets du changement climatique à s’aggraver. Il ne s’agit pas, en effet, d’une crise comme le capitalisme en a connu périodiquement, mais d’une crise de la démesure d’un système qui prétend quantifier l’inquantifiable et donner une commune mesure à l’incommensurable.
Il est donc probable que nous ne sommes qu’au début d’un séisme dont le paysage politique, de recompositions en redéfinitions, sortira d’ici quelques années bouleversé.
C’est à cela qu’il faut se préparer en refusant de sacrifier l’émergence d’une alternative à moyen terme à des opérations politiciennes et à des gains immédiats hypothétiques qui se traduisent par d’amères désillusions.
source: http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article16042
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Message  sylvestre le Ven 10 Juin - 11:01

Roseau a écrit:Bien sûr depuis longtemps compromis avec le parti du système le SPD, et cela ne devrait pas faire ricaner.
Céder maintenant à l'impérialisme sur un point clé ne me surprend pas du tout, pas plus que Mélenchon sur le Libye...


J'ai comme l'impression que rien ne te surprend - c'est un peu triste. Et le fait que le PG participe à BDS et un bateau pour Gaza, ça ne te surprend pas non plus ?
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