Racisme, une passion d'en haut

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Racisme, une passion d'en haut

Message  Oudiste le Mer 15 Sep - 23:57

«Racisme d'Etat» et «racisme intellectuel "de gauche"» concourent ensemble à «l'amalgame entre migrant, immigré, arriéré, islamiste, machiste et terroriste», expliquait le philosophe Jacques Rancière, samedi 11 septembre à Montreuil (93), lors du rassemblement «Les Roms, et qui d'autre?» Mediapart publie ici sa contribution.

Racisme, une passion d'en haut


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Je voudrais proposer quelques réflexions autour de la notion de « racisme d'Etat » mise à l'ordre du jour de notre réunion. Ces réflexions s'opposent à une interprétation très répandue des mesures récemment prises par notre gouvernement, depuis la loi sur le voile jusqu'aux expulsions de roms. Cette interprétation y voit une attitude opportuniste visant à exploiter les thèmes racistes et xénophobes à des fins électoralistes. Cette prétendue critique reconduit ainsi la présupposition qui fait du racisme une passion populaire, la réaction apeurée et irrationnelle de couches rétrogrades de la population, incapables de s'adapter au nouveau monde mobile et cosmopolite. L'Etat est accusé de manquer à son principe en se montrant complaisant à l'égard de ces populations. Mais il est par là conforté dans sa position de représentant de la rationalité face à l'irrationalité populaire.

Or cette disposition du jeu, adoptée par la critique «de gauche», est exactement la même au nom de laquelle la droite a mis en œuvre depuis une vingtaine d'années un certain nombre de lois et de décrets racistes. Toutes ces mesures ont été prises au nom de la même argumentation: il y a des problèmes de délinquances et nuisances diverses causés par les immigrés et les clandestins qui risquent de déclencher du racisme si on n'y met pas bon ordre. Il faut donc soumettre ces délinquances et nuisances à l'universalité de la loi pour qu'elles ne créent pas des troubles racistes.

C'est un jeu qui se joue, à gauche comme à droite, depuis les lois Pasqua-Méhaignerie de 1993. Il consiste à opposer aux passions populaires la logique universaliste de l'Etat rationnel, c'est-à-dire à donner aux politiques racistes d'Etat un brevet d'antiracisme. Il serait temps de prendre l'argument à l'envers et de marquer la solidarité entre la «rationalité» étatique qui commande ces mesures et cet autre –cet adversaire complice– commode qu'elle se donne comme repoussoir, la passion populaire. En fait, ce n'est pas le gouvernement qui agit sous la pression du racisme populaire et en réaction aux passions dites populistes de l'extrême-droite. C'est la raison d'Etat qui entretient cet autre à qui il confie la gestion imaginaire de sa législation réelle.

J'avais proposé, il y a une quinzaine d'années, le terme de racisme froid pour désigner ce processus. Le racisme auquel nous avons aujourd'hui affaire est un racisme à froid, une construction intellectuelle. C'est d'abord une création de l'Etat. On a discuté ici sur les rapports entre Etat de droit et Etat policier. Mais c'est la nature même de l'Etat que d'être un Etat policier, une institution qui fixe et contrôle les identités, les places et les déplacements, une institution en lutte permanente contre tout excédent au décompte des identités qu'il opère, c'est-à-dire aussi contre cet excès sur les logiques identitaires que constitue l'action des sujets politiques. Ce travail est rendu plus insistant par l'ordre économique mondial. Nos Etats sont de moins en moins capables de contrecarrer les effets destructeurs de la libre circulation des capitaux pour les communautés dont ils ont la charge. Ils en sont d'autant moins capables qu'ils n'en ont aucunement le désir. Ils se rabattent alors sur ce qui est en leur pouvoir, la circulation des personnes. Ils prennent comme objet spécifique le contrôle de cette autre circulation et comme objectif la sécurité des nationaux menacés par ces migrants, c'est-à-dire plus précisément la production et la gestion du sentiment d'insécurité. C'est ce travail qui devient de plus en plus leur raison d'être et le moyen de leur légitimation.

De là un usage de la loi qui remplit deux fonctions essentielles : une fonction idéologique qui est de donner constamment figure au sujet qui menace la sécurité; et une fonction pratique qui est de réaménager continuellement la frontière entre le dedans et le dehors, de créer constamment des identités flottantes, susceptibles de faire tomber dehors ceux qui étaient dedans. Légiférer sur l'immigration, cela a d'abord voulu dire créer une catégorie de sous-Français, faire tomber dans la catégorie flottante d'immigrés des gens qui étaient nés sur sol français de parents nés français. Légiférer sur l'immigration clandestine, cela a voulu dire faire tomber dans la catégorie des clandestins des «immigrés»légaux. C'est encore la même logique qui a commandé l'usage récent de la notion de «Français d'origine étrangère». Et c'est cette même logique qui vise aujourd'hui les roms, en créant, contre le principe même de libre circulation dans l'espace européen, une catégorie d'Européens qui ne sont pas vraiment Européens, de même qu'il y a des Français qui ne sont pas vraiment Français. Pour créer ces identités en suspens l'Etat ne s'embarrasse pas de contradictions comme on l'a vu par ses mesures concernant les «immigrés». D'un côté, il crée des lois discriminatoires et des formes de stigmatisation fondées sur l'idée de l'universalité citoyenne et de l'égalité devant la loi. Sont alors sanctionnés et/ou stigmatisés ceux dont les pratiques s'opposent à l'égalité et à l'universalité citoyenne. Mais d'un autre côté, il crée au sein de cette citoyenneté semblable pour tous des discriminations comme celle qui distingue les Français «d'origine étrangère». Donc d'un côté tous les Français sont pareils et gare à ceux qui ne le sont pas, de l'autre tous ne sont pas pareils et gare à ceux qui l'oublient !

Le racisme d'aujourd'hui est donc d'abord une logique étatique et non une passion populaire. Et cette logique d'Etat est soutenue au premier chef non par on ne sait quels groupes sociaux arriérés mais par une bonne partie de l'élite intellectuelle. Les dernières campagnes racistes ne sont pas du tout le fait de l'extrême-droite dite «populiste». Elles ont été conduites par une intelligentsia qui se revendique comme intelligentsia de gauche, républicaine et laïque. La discrimination n'est plus fondée sur des arguments sur les races supérieures et inférieures. Elle s'argumente au nom de la lutte contre le «communautarisme», de l'universalité de la loi et de l'égalité de tous les citoyens au regard de la loi et de l'égalité des sexes. Là encore, on ne s'embarrasse pas trop de contradictions; ces arguments sont le fait de gens qui font par ailleurs assez peu de cas de l'égalité et du féminisme. De fait, l'argumentation a surtout pour effet de créer l'amalgame requis pour identifier l'indésirable: ainsi l'amalgame entre migrant, immigré, arriéré, islamiste, machiste et terroriste. Le recours à l'universalité est en fait opéré au profit de son contraire: l'établissement d'un pouvoir étatique discrétionnaire de décider qui appartient ou n'appartient pas à la classe de ceux qui ont le droit d'être ici, le pouvoir, en bref, de conférer et de supprimer des identités. Ce pouvoir a son corrélat: le pouvoir d'obliger les individus à être à tout moment identifiables, à se tenir dans un espace de visibilité intégrale au regard de l'Etat. Il vaut la peine, de ce point de vue, de revenir sur la solution trouvée par le gouvernement au problème juridique posé par l'interdiction de la burqa. C'était, on l'a vu, difficile de faire une loi visant spécifiquement quelques centaines de personnes d'une religion déterminée. Le gouvernement a trouvé la solution: une loi portant interdiction en général de couvrir son visage dans l'espace public, une loi qui vise en même temps la femme porteuse du voile intégral et le manifestant porteur d'un masque ou d'un foulard. Le foulard devient ainsi l'emblème commun du musulman arriéré et de l'agitateur terroriste. Cette solution-là, adoptée, comme pas mal de mesures sur l'immigration, avec la bienveillante abstention de la «gauche», c'est la pensée «républicaine» qui en a donné la formule. Qu'on se souvienne des diatribes furieuses de novembre 2005 contre ces jeunes masqués et encapuchonnés qui agissaient nuitamment. Qu'on se souvienne aussi du point de départ de l'affaire Redeker, le professeur de philosophie menacé par une «fatwa» islamique. Le point de départ de la furieuse diatribe antimusulmane de Robert Redeker était... l'interdiction du string à Paris-Plage. Dans cette interdiction édictée par la mairie de Paris, il décelait une mesure de complaisance envers l'islamisme, envers une religion dont le potentiel de haine et de violence était déjà manifesté dans l'interdiction d'être nu en public. Les beaux discours sur la laïcité et l'universalité républicaine se ramènent en définitive à ce principe qu'il convient d'être entièrement visible dans l'espace public, qu'il soit pavé ou plage.

Je conclus: beaucoup d'énergie a été dépensée contre une certaine figure du racisme –celle qu'a incarnée le Front National– et une certaine idée de ce racisme comme expression des «petits blancs» représentant les couches arriérées de la société. Une bonne part de cette énergie a été récupérée pour construire la légitimité d'une nouvelle forme de racisme: racisme d'Etat et racisme intellectuel «de gauche». Il serait peut-être temps de réorienter la pensée et le combat contre une théorie et une pratique de stigmatisation, de précarisation et d'exclusion qui constituent aujourd'hui un racisme d'en-haut: une logique d'Etat et une passion de l'intelligentsia.

Jacques Rancière, 11 septembre 2010
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Message  gérard menvussa le Jeu 16 Sep - 8:37

Pour compléter, cette intervention d'Eric Fassin toujours à Médiapart


Pourquoi les Roms?
12 Septembre 2010 Par Eric Fassin

… Ces voyageurs, pour lesquels est ouvert

L’empire familier des ténèbres futures.

(Baudelaire, « Bohémiens en voyage »)

Pourquoi les Roms? Pourquoi, aujourd’hui, en France, s’en prendre à ces populations qu’on résume d’un nom – « les Roms »? La réponse, il ne faut pas la chercher de leur côté. On n’imaginerait pas d’expliquer l’antisémitisme par quelque propriété des Juifs. De même, ce ne sont pas les musulmans qui sont la clé de l’islamophobie, ni les homosexuels de l’homophobie, ni les femmes de la misogynie. Il ne faut pas prendre l’objet de la phobie pour sa cause. Comme toujours, l’explication de la politique est d’ordre politique.





La campagne contre les Roms, c’est justement un membre du gouvernement qui nous en révèle la logique. Le 29 août, lors de l’université d’été du Nouveau Centre, Hervé Morin, ministre de la défense, a en effet donné lecture du « texto d’un ami musulman »: « Après 50 ans de bons et loyaux services, c’est avec beaucoup d’émotion, mais il est vrai avec un certain soulagement, que les Français d’origine maghrébine, ainsi que moi-même, sommes très fiers de passer officiellement le relais aux Roms, comme boucs émissaires et responsables de tous les maux de la France. J’espère qu’ils seront et resteront dignes de cet héritage prestigieux. Bon courage à eux ! » Bien sûr, les Roms n’ont pas attendu l’été 2010 pour occuper en France la place du bouc émissaire. Sans remonter plus loin dans l’histoire, la logique qui se fait entendre aujourd’hui était déjà inscrite dans le discours du premier gouvernement Fillon.



Le 25 novembre 2007, Brice Hortefeux répondait ainsi à une question sur les Roms. Un journaliste de M6 l’interpellait sur la politique du chiffre : si la Roumanie et de la Bulgarie sont en train de rejoindre l’Union européenne, « on ne peut plus les expulser ! ». Celui qui était alors ministre de l’immigration et de l’identité nationale protestait pourtant : « Non, non, attendez, moi je ne laisse pas [dire] les choses comme ça. Je ne peux pas dire qu’on ne les expulse plus. Je veille à ce que ceux qui ne se conduisent pas bien soient expulsés ». Et le prédécesseur d’Éric Besson d’ajouter : « si vous rêvez d’une société idéale dans laquelle il n’y aurait que des citoyens honnêtes, propres… » La logique était claire : la politique du chiffre réclamait des expulsions ; et si les Roms entraient dans l’Europe, il devenait nécessaire, pour pouvoir continuer de les expulser, de ne pas les considérer comme des citoyens « propres » et « honnêtes ». La stigmatisation des Roms permettait de justifier leur expulsion en vue d’atteindre les quotas annuels.



La nouveauté, c’est plutôt que la logique implicitement inscrite dans l’action gouvernementale, explicitée par le ministre au détour d’un entretien, est devenue pendant l’été 2010 le cœur du discours présidentiel, et la vitrine de son action. On ne se contente plus d’une pratique discrète ; on revendique hautement, et l’on affiche de façon spectaculaire. Aussi le fameux texto, qui semble avoir circulé d’abord dans la « communauté musulmane », dit-il bien la vérité de notre actualité. La stigmatisation ne suppose pas un objet fixe ; au contraire, son efficacité passe non seulement par la répétition (parions que le gouvernement, entre la polygamie et la burqa, n’en a pas fini avec les musulmans), mais aussi par la démultiplication (avant ou avec les Roms, les musulmans, la « racaille » et tant d’autres « catégories de populations »).



Il y a donc bien une circulation rhétorique : le projecteur se déplace, au gré de l’actualité, entre ces « Autres » multiples, c’est-à-dire entre ces groupes sociaux « altérisés ». Pour rendre compte de ce fonctionnement, je propose de parler de « signifié flottant ». Je m’explique. Claude Lévi-Strauss inventait en 1950 le concept de « signifiant flottant » : le « mana » étudié par Mauss ne serait pas plus mystérieux que certains mots que nous utilisons tous les jours – comme « truc » ou « machin », dont le sens se renouvelle selon les contextes. Un même signifiant peut renvoyer à de multiples signifiés, au gré des besoins. « Simple forme », le signifiant flottant est donc « susceptible de se charger de n’importe quel contenu symbolique ».



Inversons l’analyse : les Roms, les musulmans, mais aussi les « jeunes d’origine immigrée », les Noirs ou les « couples mixtes », sont les signifiants variables d’un même signifié flottant ; et c’est précisément le caractère hétéroclite de la liste qui en est le révélateur. Qu’ont-ils en commun ? À l’évidence, rien – si ce n’est que les uns et les autres se trouvent disponibles, si l’on ose dire, pour la rhétorique politique de stigmatisation actuelle. Quelles propriétés symboliques, et non pas sociales, les Roms partagent-ils avec ces groupes divers ? La réponse ne nous dira rien sur les causes de cette phobie ; en revanche, elle en éclairera le fonctionnement. Elle permettra de comprendre, non pas pourquoi, mais comment les Roms se trouvent pris dans la rhétorique gouvernementale. L’hypothèse qu’on voudrait développer ici, c’est que tous ces groupes stigmatisés sont à la frontière entre « eux » et « nous » – ni dedans, ni dehors, ou plutôt les deux à la fois. Le « problème », c’est qu’ils ont en même temps un pied dedans et un pied dehors.



Fin juillet, quand le gouvernement a mis en place sa rhétorique de stigmatisation, les critiques ont dénoncé « l’amalgame »: nos gouvernants n’étaient-ils pas en train de confondre les Roms étrangers avec les gens du voyage français ? Sans doute ; reste qu’un tel amalgame n’a rien d’accidentel ; il est essentiel. La dérive est inscrite dans le principe. Les populations qui posent problème, autrement dit, qui sont construites comme « problématiques », ce ne sont plus tant les étrangers que celles et ceux dont la situation remet en cause le partage, supposé aussi simple et évident que l’intitulé du nouveau ministère opposant l’immigration à l’identité nationale, entre « eux » et « nous ».



C’est vrai des musulmans. Songeons à la tribune du président de la République sur l’islam, à l’occasion du référendum suisse sur les minarets, dans Le Monde daté du 9 décembre 2009 – soit en plein « débat » sur l’identité nationale. Tout en les invitant au respect mutuel, il distinguait « ceux qui arrivent », les musulmans, de « ceux qui accueillent », présumés non-musulmans ; autrement dit, il faisait comme si l’islam était étranger à la France. L’amalgame est crucial : il revient à traiter en immigrés des populations constituées, pour une part, d’étrangers, et pour une autre, de Français.



Il en va de même pour les Noirs : certains, venus d’outremer, sont Français depuis de nombreuses générations ; d’autres sont issus de l’immigration subsaharienne plus récente. La stigmatisation des Noirs repose sur cette double position, à la fois interne et externe. D’ailleurs, c’est le même président de la République qui, lors d’un voyage officiel aux États-Unis, s’émerveillait le 6 novembre 2007 d’un pays dont les trois derniers responsables de la politique étrangère n’auraient pas été « canal historique » (autrement dit, « de souche ») : c’était considérer Condoleezza Rice, à l’instar de Madeleine Albright ou Colin Powell, comme immigrée ou issue de l’immigration – à l’évidence, parce qu’elle est noire.



La logique est double. D’un côté, constituer les étrangers en problème ne manque pas d’avoir des effets sur tous ces Français qui, d’une manière ou d’une autre, « ont l’air » étrangers – par leur origine ou leur culture, mais aussi, tout simplement, par leur couleur de peau ou leur patronyme. C’est bien pourquoi la fermeture en matière d’immigration ne saurait être compensée par quelque ouverture dans le registre de la diversité : c’est la fable, en guise d’avertissement, du loup de la xénophobie et de l’agneau de la diversité. D’un autre côté, en même temps, cette inévitable confusion entre frontières externes et internes, ou cette contagion inéluctable, des premières aux secondes, constitue la frontière, au moment même de la tracer autour de l’évidence supposée de l’identité nationale, en un lieu problématique : comment distinguer ceux qui ont l’air étranger, sans l’être, et ceux qui le sont, sans en avoir l’air ?



Les « couples mixtes » sont un des signifiants de ce signifié flottant, que définit son ambiguïté. En effet, pourquoi font-ils l’objet d’un soupçon systématique, que révèle l’obsession des mariages blancs, et même, depuis Éric Besson, des mariages gris ? Précisément parce qu’ils sont à la frontière entre « eux » et « nous » : par leurs amours, ces couples binationaux la remettent en cause. C’est pour la même raison que les Roms posent aujourd’hui problème : ils campent sur le seuil de l’identité, tant nationale qu’européenne. Cette situation liminale interroge en effet doublement nos frontières. D’une part, ils peuvent être français ou étrangers ; mais d’autre part, bulgares ou roumains, ils sont au seuil de l’Europe, sans en avoir encore tout à fait les droits. Ils pourraient reprendre à leur compte, en l’élargissant, la formule célèbre de Césaire : Européens à part entière, ou entièrement à part ?



Le seuil identitaire, signifié flottant dont les Roms sont actuellement un signifiant privilégié, les condamne-t-il sans rémission au rôle de bouc émissaire ? Le Parlement européen, qui a adopté le 18 juin 2008 la « directive de la honte », durcissant les conditions de détention et d’expulsion des immigrés, vient pourtant de voter, le 9 septembre 2010, une résolution qui s’inquiète de « la vague de stigmatisation des Roms et de dénigrement général des Tsiganes dans le discours politique », et invite la France à « suspendre immédiatement toutes les expulsions de Roms. »



Inconséquence, voire hypocrisie ? Peut-être. Il n’empêche. De même qu’en France, j’en ai fait récemment l’hypothèse, la xénophobie politique bute peut-être contre un « seuil d’intolérance », il se pourrait, hypothèse complémentaire, que l’Europe comprenne enfin que la phobie liminaire ne saurait toucher exclusivement les étrangers extra-européens. Tôt ou tard, les effets de cette politique retombent sur des citoyens européens. D’ailleurs, il en va de même, à l’échelle nationale, pour les Français suspects – des conjoints d’étrangers aux victimes du « délit de solidarité », en passant par celles et ceux qui peinent à renouveler leurs papiers, alors qu’ils se pensaient à l’abri. C’est justement l’effet du « seuil ». Et c’est pourquoi l’Union européenne se découvre une conscience de la « honte » : on croyait s’en prendre aux seuls non-Européens ; on comprend désormais que les Européens n’échapperont pas à cette logique phobique.



« L’empire familier » de la phobie, que les Roms, quelque nom qu’on leur donne, ou plutôt qu’ils se donnent, ont déjà subie naguère, augure-t-elle des « ténèbres futures » qui nous menacent ? Ou bien la « tribu prophétique », dont parle aussi Baudelaire, ne nous engage-t-elle pas en même temps à rêver que le pire n’est pas toujours sûr – et qu’il faut donc combattre sans relâche pour prévenir son résistible avènement, y compris en imaginant des renversements encore inespérés ?
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Message  panchoa le Jeu 24 Mar - 14:09

A la Une > Politique

Patrick Buisson, l'homme qui droitise Nicolas Sarkozy
| 24.03.11 | 12h20 • Mis à jour le 24.03.11 | 12h22

Si vous voulez combattre le Front national, utilisez des arguments de fond, plutôt que d'adopter des postures morales" : Nicolas Sarkozy a rappelé à l'ordre, mercredi 23 mars, ses ministres qui manifestaient des états d'âme sur la consigne donnée pour les élections cantonales : ni FN ni front républicain.
Le président agit par pragmatisme ou cynisme électoral : les sympathisants UMP ne veulent pas de consigne de vote, comme en atteste le sondage Harris Interactive publié jeudi 24 mars par Le Parisien. Surtout, le chef de l'Etat refuse de diaboliser l'électorat du Front national, dont il a besoin pour être réélu.

Il s'appuie sur deux conseillers curieusement réunis : le gaulliste social Henri Guaino, 54 ans, et l'ancien directeur de la rédaction de Minute puis Valeurs actuelles Patrick Buisson, 61 ans, qui baigne depuis l'enfance dans l'univers de Charles Maurras. Le premier incarna avec son mentor Philippe Séguin la fracture sociale de Jacques Chirac en 1995, le second prédit le non au référendum européen de 2005 et bluffa ainsi M. Sarkozy.

Patrick Buisson, en 1987 à Puteaux, à l'époque directeur du journal "Minute".AFP/PIERRE VERDY


Au début de son quinquennat, M. Sarkozy déclarait "pour ma gauche, j'ai Guaino, pour ma droite, j'ai Buisson". Aujourd'hui, tous deux sont opposés au front républicain et défendent la France du non, une France populaire qui souffre dans la mondialisation. Ils avaient aidé en 2007 le candidat UMP à siphonner les voix du FN et à attirer les classes populaires. M. Sarkozy croit pouvoir rejouer cette partition.

EXPLOITER LA PEUR DE L'IMMIGRATION

Lundi, à l'Elysée, avec ses conseillers, le président a examiné les résultats des cantonales. Le scrutin conforte les analyses de M. Buisson, qui arrive toujours bardé de notes et d'analyse de sondages : la société française connaît comme toute l'Europe un glissement à droite et une poussée populiste. La gauche ne progresse pas. Le vote du nord de la France montre que l'aile sociale de l'UMP, incarnée par Jean-Louis Borloo, ne fait pas de meilleurs scores que la droite dure. Il n'y a pas de demande centriste en France, comme le serine depuis des mois M. Buisson, qui n'a pas retourné notre appel.

Il faut donc pousser toujours plus à droite, toujours plus populiste. "Patrick Buisson recommande depuis plusieurs semaines de mettre la priorité sur l'immigration", explique un responsable de l'UMP. Certes, les classes moyennes et populaires sont insatisfaites, frappées par le chômage et la stagnation du pouvoir d'achat provoqué par la hausse des prix de l'essence et de l'immobilier. Mais M.B uisson estime qu'on ne gagne pas une élection sur un bilan ou des projets économiques et sociaux. Les électeurs ne feraient plus confiance aux politiques en ce domaine.

L'Elysée veut donc exploiter, diront les détracteurs, contrer, diront ses défenseurs, la peur de l'immigration que susciteraient, selon la droite, les révolutions arabes. M.Sarkozy a assisté impuissant à la visite de Marine Le Pen à Lampedusa. Il s'inquiète d'une opinion qui peut se retourner très vite sur la guerre en Libye. Il faut donc agir. Le nouveau ministre de l'intérieur, Claude Guéant, se campe en ministre de l'immigration.

INTOUCHABLE

Patrick Buisson est intouchable depuis la campagne présidentielle de 2007. En mars de cette année-là, le centriste François Bayrou monte dangereusement dans les sondages, Nicolas Sarkozy décide alors avec Patrick Buisson de donner un coup de barre à droite, en proposant la création du ministère de l'identité nationale. La manœuvre réussit.

Lorsqu'il lui remet la Légion d'honneur en septembre 2007, M. Sarkozy explique que c'est grâce à ce conseiller venu de l'extrême droite qu'il a été élu. Le chef de l'Etat lui propose un poste de conseiller spécial à l'Elysée. M. Buisson refuse, préfère rester dans l'ombre et facturer moult prestations et sondages, avant que la Cour des comptes n'y mette le holà. M. Buisson fait partie de ceux qui peuvent avoir au téléphone le président chaque jour. Il était l'un des rares à pouvoir faire passer des notes sans passer le filtre du secrétaire général de l'Elysée, Claude Guéant.

Quand tout va bien, M. Buisson est moins présent. Ainsi connut-il une éclipse, à partir de la présidence française de l'Union européenne, fin 2008, avant de revenir un an plus tard, en pleine polémique sur le fils du président, Jean Sarkozy, pressenti pour présider le quartier d'affaires de la Défense. "Lorsque le président se sent fragilisé, il appelle Buisson au secours", estime un ancien conseiller de l'Elysée.

ACCUSÉ DE DÉRIVES DROITIÈRES

Devant les responsables de l'UMP, M. Sarkozy s'est voulu rassurant : en 2002, Jean-Marie Le Pen avait créé la surprise deux semaines avant l'élection. Là, le choc se produit un an avant l'élection. L'Elysée juge difficile de contrer Marine Le Pen. Naguère, il suffisait de rappeler les déclarations de son père sur la Shoah pour clore le débat. Marine Le Pen, elle, évite soigneusement ces erreurs. En mettant en avant la divergence UMP-FN sur l'euro, Jean-François Copé a fait sauter un verrou : "On rentre dans le débat politique, alors que 50 % des Français ont voté contre à Maastricht", estime ce conseiller.

Patrick Buisson, qui plaida pour envoyer des signaux à l'électorat catholique, n'est pas à l'origine de tout. Bruxelles voyait la main d'Henri Guaino à chaque fois que M. Sarkozy prenait une décision jugée anti-européenne. De même, beaucoup accusent M. Buisson d'être à l'origine de toutes les dérives droitières. A l'Elysée, nul n'en doute : les décisions, c'est le président qui les prend.

Arnaud Leparmentier

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Re: Racisme, une passion d'en haut

Message  Vals le Mer 27 Avr - 17:53

mardi 26 avril 2011


Rencontre Sarkozy-Berlusconi : triste pantalonnade en Italie


Sarkozy et Berlusconi se sont rencontrés ce mardi, dans un sommet franco-italien, pour discuter immigration. Sarkozy et Berlusconi sont deux des hommes les plus réactionnaires dans la confrérie des chefs d’État, qui en compte pourtant beaucoup, les adorateurs les plus ouverts aussi du clinquant, de l’argent et de tous ceux qui en possèdent. Ils ont en commun avec les Le Pen père et fille de faire de la démagogie contre l’immigration et les immigrés leur principal argument électoral. Chacun à sa façon s’est emparé de l’immigration tunisienne pour exacerber cette démagogie. Tous de pousser des cris d’orfraie en dépeignant l’Europe comme étant menacée d’être submergée par une vague d’immigration.

Si elle n’était pas aussi abjecte, cette démagogie serait ridicule, bien à l’image des trépignements de ces deux hommes, auxquels il faut ajouter la dynastie Le Pen qui s’en différencie seulement en poussant des cris plus stridents contre les immigrés, contre ceux qui travaillent, car les riches, ils les aiment, français ou pas.

Les 20 000 Tunisiens dont l’arrivée a déclenché tout ce vacarme, c’est beaucoup pour la petite île de Lampedusa où accostent leurs bateaux après un voyage où ils risquent leur vie, mais ce n’est rien par rapport à la population de l’Italie ou de la France où beaucoup d’entre eux voudraient bien arriver. C’est moins que rien par rapport aux près de 500 millions d’habitants de l’Union européenne.

La « dangereuse vague d’immigration » est un mensonge grossier. Ce qui n’empêche pas Sarkozy et Berlusconi d’organiser un psychodrame autour. Pour faire de la démagogie anti-immigrés, Berlusconi a joué malin : il leur a donné des papiers provisoires leur permettant d’aller ailleurs en Europe en vertu des accords de Schengen. Du coup, Sarkozy a répliqué en bloquant à Vintimille les trains entre la France et l’Italie et menace de suspendre les accords de Schengen.

La liberté de circulation en Europe sans contrôle aux frontières, réglementée par ces accords, est un des rares aspects humainement positifs de l’Union européenne. Pour le reste, l’Europe est faite pour donner la liberté totale de circuler aux marchandises et aux capitaux.

Quel que soit l’accord qui sortira de la rencontre Sarkozy-Berlusconi, chacun aura joué sa petite comédie pour redorer son blason bien terni par leurs frasques respectives et pour faire remonter leurs courbes de sondage.

Une fois l’opération accomplie, ils concocteront, en louchant vers l’extrême droite, d’autres produits toxiques du même genre. De la poudre aux yeux pour tenter de dissimuler une réalité sociale qui se dégrade, le chômage qui s’aggrave d’un côté comme de l’autre des Alpes, la baisse dramatique du pouvoir d’achat, alors que les prix commencent à s’emballer. Toute sorte de choses dont ne sont en rien responsables les 20 000 Tunisiens qui errent désespérément sur les routes pour trouver du travail et un toit. Pas plus que n’en sont responsables l’ensemble des travailleurs immigrés qui, eux, travaillent, produisent des richesses pendant que les possesseurs de capitaux continuent à exploiter en toute liberté, à bloquer les salaires alors que leurs profits s’envolent, pour placer et déplacer leurs capitaux là où ça rapporte le plus, quitte à fermer des usines et à fabriquer de nouveaux chômeurs.

Le petit duo entre Sarkozy et Berlusconi pourrait n’être qu’une lamentable pitrerie s’il ne se faisait pas sur le dos des immigrés fuyant la Tunisie. Un pays pauvre parce que pillé non seulement par son dictateur « dégagé » mais bien plus par les capitalistes, les mêmes qui sévissent en France et paient là-bas des salaires bien plus lamentables qu’ici en y créant encore moins de travail.

Mais ne nous y trompons pas : les victimes de cette agitation démagogique contre les immigrés ne seront pas seulement les candidats à l’émigration en Tunisie. Nous le serons tous ici en France, travailleurs de toutes origines avec ou sans papiers, car c’est avec cette démagogie diffusée par Sarkozy comme par les Le Pen et leurs seconds couteaux, qu’on essaie de nous diviser entre travailleurs, de nous dresser les uns contre les autres, de nous affaiblir. Et c’est surtout par cette démagogie, transformant en boucs émissaires les travailleurs immigrés, une partie de nous-mêmes, qu’on voudrait nous empêcher de comprendre que nos seuls ennemis sont ceux qui nous exploitent, les patrons capitalistes, les actionnaires et tous les parasites qui s’enrichissent même par temps de crise en aggravant les conditions d’existence du monde du travail.

Arlette Laguiller



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"L'idéologie raciste" un livre de Colette Guillaumin

Message  ramiro le Jeu 28 Juil - 10:18


Penser le minoritaire avec Colette Guillaumin

source : No Pasaran

Difficile de parler du croisement entre oppressions sexiste et raciste en France sans évoquer la pensée de Colette Guillaumin. Son ouvrage L’Idéologie raciste (Gallimard, 2002), publié en 1972 sur la base d’une recherche menée en 1967-68, marque un tournant dans les études du phénomène raciste. Je voudrais donc en présenter ici quelques aspects particulièrement utiles pour comprendre et lutter contre les dispositifs de minorisation des opprimé-e-s.

Ce livre naît d’une insatisfaction générale de Guillaumin par rapport aux études classiques sur le racisme. Selon elle, ces études reproduisent la pensée raciste en n’interrogeant pas les modes de construction sociale des catégories qui permettent de penser la race. En effet, elles considèrent les groupes raciaux comme donnés, et limitent les phénomènes racistes aux attitudes hostiles contre ces groupes. En ce sens, elles prennent comme référence implicite la construction majoritaire, dominante, des groupes racisés et du racisme. Or, selon Guillaumin, l’idéologie raciste fonctionne tout à fait différemment de ce que ces études présentent : d’une part, elle s’exerce de façon tout à fait similaire contre les divers groupes victimes du racisme, qu’il s’agisse des noirs, des juifs, des arabes, mais aussi des ouvriers ou des femmes. D’autre part, l’idéologie raciste se situe endeçà de l’hostilité, elle commence dès le travail de catégorisation du groupe racisé, et peut tout à fait s’accompagner de jugements mélioratifs.

La raison en est que le racisme ne se situe pas dans un rapport à « l’autre réel », mais à la construction symbolique de la différence. Loin d’être une réaction (moralement condamnable, mais justifiée physiquement) à une différence réelle de l’autre, le racisme est tout entier du côté de la création imaginaire de cette différence : « le racisme est un monde du fantasme » (p.65). Ce n’est pas un hasard si les formes paroxystiques du discours raciste, sous la plume de Gobineau, de Drumont, des Protocoles des Sages de Sion, ou d’Hitler, sont baignées dans un univers symbolique bien particulier, marqué par une vision catastrophiste d’un monde en déliquescence, menacé par des forces obscures et par le pourrissement. Peu importe alors que la différence racisée ait un substrat biologique (sexe physique, couleur de peau etc.) ou non (judéité, classe sociale), du moment que dans l’univers symbolique il y a croyance en la différence de nature entre soi et l’autre. La biologisation des rapports sociaux est donc un moment historique du racisme particulièrement important, mais elle n’est pas absolument nécessaire : le passage du vocabulaire de la race à celui de l’ethnie, de la culture ou de l’identité reste dans l’univers raciste, dès lors que se perpétuent des conduites de « mise à part revêtue du signe de la permanence » (p.110), critère de la symbolique raciste.

Puisqu’elle se situe dans un univers symbolique particulier, l’idéologie raciste n’est pas un invariant de la nature humaine, et doit être analysée dans son déploiement historique. Si le rejet de l’autre peut se produire dans de nombreuses situations sociales et historiques, le racisme est une forme particulière de ce rejet, apparue dans le monde atlantique dans des circonstances précises. Guillaumin la fait naître au XIXème siècle : elle naît au moment d’une conjonction particulière entre des changements économiques (l’industrialisation), idéologiques (égalitarisme et inclusion de tou-te-s dans l’espèce humaine), scientifiques (biologisme, historicisme), en lien indissociable avec le projet colonial, comme adaptation des discours de la domination aux conditions de la modernité. L’idéologie raciste est en effet centrée sur le maintien de la domination sociale. Si elle a pour but la mise à part permanente de la différence, son apparition dans un monde où règnent des inégalités sociales fortes donne au racisme un rôle particulier dans la perpétuation d’un système de domination qui aurait dû être rendu illégitime par l’égalitarisme des Lumières et des révolutions modernes. C’est pourquoi les groupes racisés sont des groupes minoritaires, c’est-àdire des groupes qui « ont en commun leur forme de rapport à la majorité, l’oppression. Oppression économique d’abord, oppression légale (ou coutumière) ensuite. Les formes de ce rapport d’oppression économique et légale sont différentes selon les groupes mais constantes : ces groupes se définissent par leur état de dépendance au groupe majoritaire. Ils sont, au sens propre du terme, en état de minorité. » (p.119) C’est donc en lien avec la domination que l’idéologie raciste doit être comprise : elle permet aux dominants de justifier le maintien des groupes racisés dans un état de dépendance par rapport au minoritaire ; dépendance physique, par l’oppression économique et légale, et dépendance symbolique, puisque c’est par les catégories mêmes du majoritaire (qui se définit comme le général) que les minoritaires (toujours particuliers) existent.

Cette présentation succincte permet peut-être de donner quelques indications sur les formes d’une lutte exigeante contre l’idéologie raciste. La première est qu’il est impossible de lutter contre un racisme particulier (antisémitisme, misogynie, homophobie, mépris de classe etc.) de façon efficace, car les mécanismes symboliques racistes fonctionnent de façon unifiée. La seconde est qu’il ne peut y avoir de réponse politique au racisme par le biais d’une condamnation morale, ou d’une simple lutte contre les comportements d’hostilité : c’est une structure symbolique complexe, ancrée dans des institutions précises et dans des situations d’inégalité socio-économique, qu’il s’agit de subvertir. La troisième est qu’il ne faut pas sous-estimer la force actuelle du racisme et du sexisme sous prétexte que les dispositifs légaux ou que la violence physique serait atténuée : le maintien, évident à l’extrême-droite mais présent aussi de façon plus diffuse dans l’ensemble de la société, d’un discours du Même et de l’Autre, qui assigne aux corps des identités strictement définies, montre que l’idéologie raciste n’a rien perdu de sa vigueur. A nous de nous donner les moyens de la faire reculer.
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un vent mauvais souffle sur l'Europe ?

Message  ramiro le Jeu 28 Juil - 18:25

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fiche de lecture de Didier Epsztain sur le livre de Rokhaya Diallo "racisme mode d'emploi"

Message  ramiro le Lun 1 Aoû - 9:06

Rokhaya Diallo : Racisme mode d'emploi Imprimer
Autres informations - Livres et revues signalés
Samedi, 30 Juillet 2011 10:34

Rokhaya Diallo : Racisme mode d'emploi

Editions Larousse, Paris 2011, 220 pages, 17 euros



Le sens que nous donnons à l'ordre que nous créons n'est que pure invention



« La majorité a toujours décrété l'universel en fonction d'elle-même. Dans l'histoire du monde telle qu'elle nous est contée dans les livres, c'est la centralité des majoritaires qui oriente le récit. Les minorités n'y apparaissent que comme victimes ou des ennemis. Le curseur de l'universalité est placé sur la norme du majoritaire qui est aujourd'hui en France masculin, blanc et hétérosexuel. Les minorités qui ne correspondent pas à cette norme sont priées de s'y ajuster et de taire toute revendication propre qui serait perçue comme particulariste et donc hostile à l'universalisme ainsi dessiné. »

Je choisis de commencer ma lecture par cet extrait du chapitre « Être blanc » car je partage avec l'auteure que « la ''blanchité'' reste un impensé français ».

Dans une chronique récente sur l'Histoire des Cahiers du féminisme, j'avais indiqué « Lorsque des groupes sont racialisés, cela induit une universalisation du « neutre » des autres. Ainsi, des femmes et des hommes sont déclaré-e-s de couleur, universalisant le « neutre » de la couleur blanche, acceptée de fait comme la référence non questionnée. »

Rokhaya Diallo, quant-à elle, indique que « La plupart des Blancs ne se perçoivent pas comme blancs » et que « La plupart du temps, être blanc, c'est se payer le luxe de ne pas avoir à y penser ».

Cela me semble une introduction nécessaire à un livre sur le racisme de la part d'un homme blanc, même s'il porte un nom qui interroge sur ses ''origines'' ! Comme l'indique l'auteure « Pour cesser de circonscrire la réflexion antiraciste à la question des minorités, il faut s'interroger sur la norme blanche » et comme l’indique Pierre Tévanian cité par Rokhaya Diallo « les Blancs comme les non-Blancs ont un rapport au monde intrinsèquement lié au racisme ».



Ce livre commence par la découverte de l’altérité « Ah bon, je suis noire ? » et l'auteure souligne la persistance de certaines personnes à la « maintenir dans l'altérité ». Elle nous rappelle aussi que les un-e-s et les autres sont par le « hasard de leur naissance » français-e-s ou non.

Rokhaya Diallo emploi « le terme de minoré » et parle « « aussi de racisé » ; ces choix me semblent non seulement judicieux mais les mieux à même de rendre compte des « catégories socio-politiques construites par les rapports historiques. »



Le livre est divisé en petits chapitres, très lisibles. Les analyses de l'auteure sont très complètes et s'ouvrent sur des interrogations élargies, dénaturalisant bien des idées reçues.



Subjectivement je souligne quelques citations :

« Le racisme forgé par les processus historiques est indissociable de la modernité »

« La déportation des esclaves africains constitue un tournant dans la construction des identités raciales »

« C'est donc dans la perception de tous que les races se construisent et entrent dans le champ de la réalité sociale. Si bien que les interactions entre êtres humains, lorsqu'elles sont orientées par cette idée se construisent en fonction de ces races pourtant imaginaires. La prise en considération des interactions raciales et des conséquences de la perception sociale des races est par conséquences nécessaire aux sciences sociales pour lesquelles les ''races'' sont des catégories sociales effectives. C'est le racisme qui fait exister les races et non l'inverse. »

« Mais si l’identité est composite, elle n'est pas divisible. »

« La différence n'existe pas en tant que telle, c'est le rapport entre deux entités qui la crée. »

« Le bricolage d'un passé commun, inventé pour mieux donner l'illusion d'un ciment national univoque, est en réalité destiné à exclure les indésirables. »

« la suspicion permanente d'extranéité qui pèse sur les non-blancs »



Rokhaya Diallo montre aussi comment a été construite une « question musulmane » après le 11 septembre et dénonce l'usage indifférencié des termes « musulmans », « islamistes », « salafistes » ou « fondamentalistes ». ? Elle souligne aussi que « Le foulard ne porte pas un sens univoque » et que « L'espace public n'est pas régit par la laïcité ». L'auteure met en garde « quant aux usages du terme islamophobie ».

L'auteure traite aussi « Le sexisme c'est les autres », « Le syndrome de l'Oncle Tom », « Vous êtes belle pour une Noire ! », « Le culte du ''métissage'' » ou les stratégies pour discréditer l'antiracisme.



Le dernier chapitre s'intitule « Le racisme, ça se soigne ». Rokhaya Diallo y indique, entre autres « Que l'expression du racisme prenne une tournure violente ou non, la solution pour en sortir ne se trouve que dans la capacité à bousculer nos piliers les plus structurants. L'essentiel n'est pas d'être exempt de tout préjugé mais d'être conscient du fait qu'on en est potentiellement porteur » ou « L'évolution actuelle du racisme ne pourra être infléchie qu'à une seule condition : que les fondements du fonctionnement de notre société soient remis en cause ».



Un livre plus qu'utile en ces temps où « la ''lutte contre les discriminations'' s'est imposée pour finalement être supplantée par le concept de ''diversité'', traduisant le glissement d'une dénonciation explicite du racisme vers la promotion d'une ''diversité'' très floue. »



J'aurais aimé des interrogations concernant l'intégration du racisme et des discriminations dans le fonctionnement « objectif » du système capitaliste, soit d'un coté « un travailleur libre, indifférencié et interchangeable » et d'autre part la division sexuelle et racialisée du travail.



Parmi les nombreux ouvrages complémentaires possibles, je n'indique que le remarquable livre de Pap Ndiaye : La condition noire. Essai sur une minorité française ( Calmann-Lévy, réédition Folio actuel, Paris 2009)

http://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2010/05/17/minore-e-s-et-discrimine-e-s/



Rokhaya Diallo : Racisme mode d'emploi

Editions Larousse, Paris 2011, 220 pages, 17 euros


Didier Epsztajn

http://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/
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Re: Racisme, une passion d'en haut

Message  sylvestre le Jeu 13 Oct - 16:33

http://leplus.nouvelobs.com/contribution/202516;le-maghrebin-fait-il-peur-a-starbucks.html

Le maghrébin fait-il peur à Starbucks ?

LE PLUS. Jean-Baptiste Soufron pensait boire sereinement un café quand il est tombé sur cette affiche...

C'est fou les photos qu'on peut prendre avec un téléphone.

 

Par exemple l'affichette ci-dessous qui s'étale tranquillement au Starbucks Saint-Augustin à Paris : un jeune homme de couleur plutôt caramel macchiato en train de regarder différents objets de valeur (sac, portefeuille, ordinateur, téléphone portable) avec un regard envieux et le petit message "Restez méfiant face à une attitude peu habituelle de la part d'un inconnu. Ne laissez pas les pickpockets gâcher votre moment de détente chez Starbucks. Surveillez vos affaires"...

 

La France a peur ! Et pas seulement à Saint-Augustin, puisque des amis m'ont confirmé avoir vu cette affiche dans différents Starbucks de la capitale.

 

dr

(DR :Jean-Baptiste Soufron)

 

La décoration des Starbucks étant une faute de goût en elle-même, on laissera de côté le caractère profondément raté du dessin de la photo. Un grand groupe américain qui sous-traite sa communication à des gamins de maternelle, c'est moche. 

 

Sur le fond, on est franchement dans le stéréotype raciste le plus classique : les noirs et les maghrébins sont des voleurs potentiels, surveillez vos affaires et méfiez vous ! 

 

Une fois la photo envoyée sur Internet, c'est d'ailleurs ce que confirme avec humour @baratunde qui affirme avoir passé son séjour à Paris à voler les clients des Starbucks

 

Reste que la réaction des autres internautes est plus surprenante. Beaucoup se demandent si le personnage représenté ne serait pas plutôt un client... drôle d'idée mais pour certains, comme @desgonzo, il faut bien se persuader que les gérants de Starbucks ne sont pas capables d'avoir les mêmes idées qu'Eric Zemmour

 

On en trouve même pour prétendre franchement que les immigrés sont responsables de l'insécurité. Et si on pense le contraire, c'est qu'on est soit con, soit ouin ouin. Ou alors qu'on en veut à Starbucks ! La culture whistleblower a encore du chemin à faire en France.  

 

Allez on reprend un café noir à la fée verte du coup. Et on va éviter les Starbucks pour un moment. 

 

 

Mise à jour à 16 heures

Après avoir discuté avec la direction de la communication de Starbucks France par téléphone, celle-ci nous confirme qu'il s'agissait en fait d'un test originaire de Grande Bretagne et qu'elle va retirer l'ensemble de ces affiches représentant une personne afro-américaine de ses restaurants.

 

 

A lire aussi : Le droit de réponse de Starbucks



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histoire de racisme ordinaire ??

Message  panchoa le Lun 20 Aoû - 15:54


Société : libe

«C’est pas les Arabes qui vont nous...»

16 août 2012 à 21:36

Reportage A Aigues-Mortes, les soutiens à un couple, condamné pour avoir tiré sur des jeunes en tenant des propos racistes, ne se cachent pas.

Par ALICE GERAUD Envoyée spéciale à Aigues-Mortes

Le pépé sourit, puis il dit : «Ils ont mal visé. Les Arabes, faut tous les massacrer.» A côté de lui, une brochette de retraités attendent que l’après-midi passe à l’ombre des remparts de la petite ville d’Aigues-Mortes, dans le Gard. Ils disent : «C’est bien vrai.» Ou pire. Bien pire. Un bras lance un salut nazi. Rires. A quelques mètres d’eux, des touristes les dévisagent effarés. Les retraités ne s’en rendent pas compte. Dix jours plus tôt, un fait divers est venu briser l’apparente tranquillité de la bourgade camarguaise et réveiller le démon raciste chez certains.

Le 4 août, peu après minuit, dans le petit quartier du Bosquet, à l’extérieur des remparts, un couple passe au ralenti à bord d’une Picasso verte devant le parking de l’épicerie Vival où les jeunes du coin viennent étirer les soirées en été. L’un d’eux s’approche demandant s’ils ont besoin d’un renseignement. La voiture repart. Elle revient quelques minutes plus tard. Un canon de fusil de chasse sort de la fenêtre conducteur. Un homme d’une quarantaine d’années crie : «C’est pas les Arabes qui vont nous donner des renseignements. On est en France.» Sa compagne dit : «On est chez nous.» L’homme tire deux coups en l’air. Puis pointe son arme sur les jeunes et les prend en chasse. La plupart sont partis se cacher, où ils pouvaient. L’un d’eux raconte avoir attendu dans un buisson, un autre a sauté dans le jardinet d’un pavillon tout proche.

Plombs. En tout, une dizaine de coups de feu. Dont deux sur la voiture d’une femme rentrant dans le quartier avec sa fille de 9 ans. L’homme tire, sa passagère recharge. «C’était comme une chasse à l’homme, elle disait "courez, courez" en rigolant. Il faisait sombre, on ne comprenait rien. J’ai pensé que j’allais mourir», raconte l’un des jeunes, encore fébrile. Un seul sera blessé, légèrement. Sur son bras, son dos, l’entrejambe, il y a quatre petits trous de plombs. William Vidal, 44 ans, employé municipal passionné de chasse, avait pris des cartouches «petit gibier».

Lors de leur garde à vue, William Vidal et Monique Guindon minimiseront les faits en assurant n’avoir tiré qu’en l’air et en expliquant avoir répondu à des «insultes» proférées par les jeunes. Ils nieront la dimension raciste de leur geste. Ils disent juste ne plus supporter les personnes qui «squattent» le soir devant l’épicerie et qui les insulteraient régulièrement. Les dépositions approximatives du couple, par ailleurs passablement alcoolisé, ne tiennent pas face aux treize témoignages concordants recueillis dans la foulée par les gendarmes, et aux constatations faites sur place. Jugés trente-six heures plus tard en comparution immédiate, il écopera de quatre ans ferme, elle de deux. Le caractère raciste sera retenu comme circonstance aggravante.

Le geste n’a pas ému grand monde. Les victimes ont le sentiment d’avoir vécu une agression «très grave» traitée en simple fait divers. Ils ne peuvent s’empêcher de penser à ce qui se serait passé «si un Arabe avait tiré sur des Français de souche». Le maire socialiste n’a pas souhaité réagir publiquement. Le lendemain des faits, il était cependant allé rencontrer les jeunes. «Il nous a dit que c’était intolérable. Il nous a parlé du massacre des Italiens à Aigues-Mortes en 1893 [1]. Le parallèle est bizarre : on est français, on est nés ici», explique une des victimes. Pour lui, cette «confusion» en dit long sur le «malaise face aux enfants d’immigrés». Après l’agression, ils ont tenté de contacter la Licra et SOS Racisme. «Ils ont dit qu’ils nous rappelleraient», constate un des jeunes un peu amers. «On se sent seuls», ajoute un autre.

désinhibiteur. D’autant que la condamnation du couple à de la prison ferme, elle, a suscité de très vives réactions. Quelques jours après, un comité de soutien était monté sur Facebook par des proches du couple afin, notamment, de recueillir des dons pour aider à l’éducation de leurs enfants durant leur incarcération. Puis une pétition «contre l’emprisonnement de William Vidal et Monique Guindon» était lancée sur Internet, recueillant plus de 800 signatures en quelques jours. Sur le texte, il est stipulé sans raison que les jeunes «fêtaient le ramadan». Un lien renvoie vers un article du Midi libre rappelant que l’auteur des tirs, ancien pompier volontaire, avait sauvé un enfant de la noyade deux ans auparavant. Ces soutiens ont été vite débordés par l’emballement violemment raciste. Le compte Facebook a été supprimé cette semaine. Sur Internet, l’affaire est devenue un aimant à extrémistes racistes et islamophobes.

A Aigues-Mortes, chez certains, elle s’est révélé un terrible désinhibiteur. L’un des jeunes, un ingénieur biomédical qui a grandi ici, s’interroge. «On sait qu’il y a du racisme dans la région, on passait outre, parce qu’il n’y a pas que ça, loin de là. Mais, depuis qu’il y a eu ce passage à l’acte, on n’est pas bien.» Un de ses amis raconte avoir le sentiment «qu’en devenant victime [il est] devenu coupable». «J’ai l’impression de voir dans le regard des gens qu’on est responsables de les avoir mis en prison.»

Le Gard est le seul département français où le Front national est arrivé en tête au premier tour de la présidentielle. A Aigues-Mortes, dans la circonscription où a été élu Gilbert Collard, les votes FN ont frisé les 40% aux législatives. Devant les remparts de la vieille ville, les retraités qui soutiennent «William» espèrent que l’avocat frontiste s’emparera de l’affaire pour le procès en appel.

Red’One, l’auteur de cette chanson, est l’une des victimes. Il l'a écrite «parce qu’il fallait que ça sorte».

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Re: Racisme, une passion d'en haut

Message  sylvestre le Mar 11 Sep - 15:26

http://www.laprovence.com/actu/faits-divers-en-direct/au-college-lagent-de-service-refuse-doter-son-tee-shirt-sigle-algerie-un

Au collège, l'agent de service refuse d'oter son tee-shirt siglé "Algérie" : un mois ferme
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Publié le lundi 10 septembre 2012 à 11H59

C'est au nom du principe de neutralité qui doit être de mise dans un établissement scolaire que le principal du collège Anselme-Mathieu d'Avignon a demandé le 31 mai 2010 à un agent de service de bien vouloir aller se changer : Mohamed, 44 ans, qui arborait un tee shirt vert siglé "Algérie" a refusé. Le ton est monté et très vite Mohamed a outragé le chef d'établissement qui a été fortement choqué. Mohamed a ensuite quitté le collège et s'est rendu au commissariat pour déposer une plainte pour discrimination. Ce n'est qu'après un mouvement de protestation du personnel, agacé par la posture de Mohamed, que le Conseil général de Vaucluse, qui l'emploie, a muté quinze jours plus tard cet agent dans un autre collège. Le 19 juin, lorsque Mohamed est revenu à Anselme-Mathieu pour y récupérer ses affaires, il a cette fois outragé l'intendant du collège.

Convoqué devant le tribunal correctionnel d'Avignon, Mohamed ne s'est pas présenté pour répondre de ces outrages. Une absence déplorée par le représentant du ministère public mais aussi par Me Tartenson, qui, au nom de la partie civile, aurait aimé rappeler à cet homme le devoir de neutralité. Au-delà du respect de la laïcité, il est exigé des élèves une neutralité dans l'apparence. Ceci pour éviter justement toute discrimination. Il n'y a qu'une communauté, c'est la communauté scolaire et au nom de ce principe les adultes doivent, eux aussi, ne pas arborer de signes ostentatoires. Un discours relayé par le procureur adjoint Villardo qui demande une peine d'un mois de prison afin de susciter une réaction du prévenu.

Après délibéré, Mohamed écope de cette peine d'un mois de prison ferme. Il est alloué une somme totale de 1200€ au principal et 700€ à l'intendant.
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Re: Racisme, une passion d'en haut

Message  yannalan le Mar 11 Sep - 15:43

N'importe quoi ! Il se serait pointé avec "USA", ou un maillot de l'équipe de France, aussi bien on lui aurait rien dit. Quand on voit le nombre de gosses affublés de tee-shirt ou de sweat-shirt avec des marques capitalistes débiles...

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Plainte du NPA contre le sénateur-maire Mayet

Message  Roseau le Dim 30 Juin - 18:41

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Re: Racisme, une passion d'en haut

Message  Roseau le Mer 25 Sep - 16:00

A lire : un extrait de "Dans le blanc des yeux" (de Maxime Cervulle)
http://www.contretemps.eu/lectures/lire-extrait-dans-blanc-yeux-maxime-cervulle
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Re: Racisme, une passion d'en haut

Message  Roseau le Jeu 7 Nov - 0:55

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Communiqué NPA 34

Message  Roseau le Mar 12 Nov - 19:08

Le NPA 34 condamne sans détour l'agression raciste dont s'est rendu coupable le journal fasciste Minute. Il renouvelle son appel à se mobiliser devant le danger que représentent les groupes et leurs relais médiatiques qui, se plaçant dans le sillage de la fausse respectabilité du FN, multiplient les provocations de plus en plus ouvertement fascistes contre les noirs, les Roms, les musulmans... Soyons assurés que très vite le mouvement ouvrier et les démocrates deviendront une de leurs cibles importantes (nous n'oublions pas notre camarade Méric !) : sans pour autant se répéter nécessairement, l'histoire regorge d'indices clairs sur la volonté de ces gens de profiter de la crise pour diviser les salariés et les dévoyer vers des réponses politiques, qu'un FN, dans une parfaite répartition des rôles, pourrait capitaliser électoralement. C'est en cela que fascistes et extrême droite participent ensemble du réservoir de réponses du patronat à la crise du capitalisme!

Il convient à ce propos de souligner que notre solidarité entière avec Christiane Taubira pour l'attaque indigne qu'elle subit s'articule à notre critique totale du gouvernement auquel elle participe : Christiane Taubira est aussi victime aujourd'hui d'une politique qu'elle cautionne par sa présence, sans mot dire sur la question, aux côtés d'un Manuel Valls qui n'a de cesse, depuis le début, d'alimenter les pires positionnements, verbaux et pratiques, antiRoms et antimusulmans. Attitude qui renforce le racisme et plus globalement les partis qui s'en rélament ouvertement.

Le NPA 34 rappelle donc que, si l'unité la plus large, y compris en direction du PS, est incontournable, elle ne peut fonder une politique antifasciste ou antiFN conséquente qu'en pointant la responsabilité de la politique antipopulaire et sécuritairement complaisante envers la droite et l'extrême droite des Hollande et Ayrault. Voilà pourquoi le NPA 34 participe activement, aux côtés d'autres partis, syndicats ou associations mais aussi de personnes sans aucune affiliation, au Collectif Antifa 34. Voilà pourquoi il invite à le rejoindre et à participer à ses actions comme celle du "comité d'accueil" de Le Pen à Montpellier
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Re: Racisme, une passion d'en haut

Message  verié2 le Mer 13 Nov - 11:02

Il convient à ce propos de souligner que notre solidarité entière avec Christiane Taubira pour l'attaque indigne qu'elle subit s'articule à notre critique totale du gouvernement auquel elle participe : Christiane Taubira est aussi victime aujourd'hui d'une politique qu'elle cautionne par sa présence, sans mot dire sur la question, aux côtés d'un Manuel Valls qui n'a de cesse, depuis le début, d'alimenter les pires positionnements, verbaux et pratiques, antiRoms et antimusulmans. Attitude qui renforce le racisme et plus globalement les partis qui s'en rélament ouvertement.
Un bon communiqué, qui ne souligne toutefois pas suffisamment la nécessité d'une riposte sociale, seule capable de venir à bout de cette montée du racisme et de la xénophobie.

Quoi qu'il en soit, l'audace des racistes ne connait plus de limites. A remarquer aussi le silence de Hollande qui n'a pas eu un mot pour le moment pour condamner ces attaques ignobles contre une de ses ministres.

verié2

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Re: Racisme, une passion d'en haut

Message  Roseau le Mer 13 Nov - 16:38

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Re: Racisme, une passion d'en haut

Message  verié2 le Mer 13 Nov - 17:21

A l'occasion de cette infecte attaque raciste contre Taubira, on peut noter que Riposte laïque, qui avait démarré sur le seul créneau de l'islamophobie tout en se proclamant toujours de gauche et antiraciste (RL chantait même les louanges de LO !)est désormais passée au racisme tout'azimuts. Son site soutient Minute et on y trouve des dessins de l'antisémite et négationniste Konk (qui fut dessinateur du Monde avant de s'en faire virer... et d'échouer à Minute !)

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Re: Racisme, une passion d'en haut

Message  artza le Mer 13 Nov - 18:09

Ben voyons il fallait bien mêler LO à cette histoire!

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Re: Racisme, une passion d'en haut

Message  verié2 le Mer 13 Nov - 19:35

artza a écrit:Ben voyons il fallait bien mêler LO à cette histoire!
Ca donne une idée de l'évolution de Riposte laïque, comme de l'aveuglement de certains camarades de LO qui défendaient cette organisation.

verié2

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Re: Racisme, une passion d'en haut

Message  mykha le Jeu 14 Nov - 2:55

verié2 a écrit:
artza a écrit:Ben voyons il fallait bien mêler LO à cette histoire!
Ca donne une idée de l'évolution de Riposte laïque, comme de l'aveuglement de certains camarades de LO qui défendaient cette organisation.
En tout cas, ce que tu racontes commence sérieusement à sentir le faisandé et tes hargnes anti-LO, éructées à tout propos n'ont plus grand chose à voir avec la politique mais relèvent d'un autre domaine.
C'est bien triste de finir dans ces misérables règlements de vieux comptes, dans une période où les communistes s’attellent à bien d'autres tâches autrement sérieuses et nécessaires.

De profundis.
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Re: Racisme, une passion d'en haut

Message  verié2 le Jeu 14 Nov - 10:00

Mykha
ce que tu racontes commence sérieusement à sentir le faisandé et tes hargnes anti-LO
Je comprends parfaitement que l'évocation de Riposte laïque, que tu as longtemps soutenue en la prenant pour une organisation laïque combattant l'obscurantisme, te mette mal à l'aise. Mais, plutôt que de m'insulter, et d'insulter ceux qui ont eu une compréhension plus claire de la nature de cette organisation, ce serait bien de t'interroger sur les raisons de ton erreur...

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Re: Racisme, une passion d'en haut

Message  Achille le Jeu 14 Nov - 11:53

verié2 a écrit:
Mykha
ce que tu racontes commence sérieusement à sentir le faisandé et tes hargnes anti-LO
Je comprends parfaitement que l'évocation de Riposte laïque, que tu as longtemps soutenue en la prenant pour une organisation laïque combattant l'obscurantisme, te mette mal à l'aise. Mais, plutôt que de m'insulter, et d'insulter ceux qui ont eu une compréhension plus claire de la nature de cette organisation, ce serait bien de t'interroger sur les raisons de ton erreur...
En quoi est-ce une insulte? Tout le monde peut constater que tes attaques contre LO sont récurrentes voire systématiques et comme Pénélope  Cent fois sur le métier tu remets l'ouvrage du dénigrement...

Achille

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Re: Racisme, une passion d'en haut

Message  Achille le Jeu 14 Nov - 11:54

Metronews - Mis à jour : 13-11-2013 22:40

Racisme envers Christiane Taubira : "La gauche est aussi responsable"

INTERVIEW - Alors que la une raciste du journal d'extrême droite Minute sur Christiane Taubira défraie la chronique, le sociologue Eric Fassin analyse pour metronews le climat qui y a mené.

Une ministre de la République comparée à un singe… Comment en est-on arrivé là ?
Le fait que l'extrême-droite mobilise un discours raciste n'est pas nouveau. La nouveauté, c'est sa légitimation dans la société par le discours politique. Depuis des années, nos gouvernants ont banalisé un discours oscillant entre la xénophobie et le racisme. C’était particulièrement vrai sous Nicolas Sarkozy : la droite chassait sur les terres de l'extrême droite en parlant d’identité nationale et d’immigration, des musulmans et des Roms. Ainsi s’est installée l’opposition systématique entre "eux" et "nous".

Mais aujourd'hui c'est la gauche qui est au pouvoir : les esprits ne se devraient-ils pas être apaisés ?
A son tour, la gauche a chassé sur les terres de la droite, cédant le terrain idéologique. Pour la "gauche populaire", il faudrait ainsi choisir entre la défense des minorités sexuelles ou raciales et celle des classes populaires. Autant dire que les Noirs, les homosexuels et les musulmans (voire les femmes) ne font pas partie du peuple ! Et puis, il y a le discours de Manuel Valls sur les Roms : hier encore, la gauche l’aurait taxé de racisme. Aujourd'hui, ce ministre s’indigne, comme si le racisme sophistiqué n’avait rien à voir avec le racisme vulgaire… Le gouvernement a tardé à soutenir Christiane Taubira ; mais aujourd’hui, il tente de se refaire une virginité sur son dos, comme s’il n’avait aucune responsabilité dans cette dérive raciste !

Comment ce discours s'est-il cristallisé sur la personne de Christiane Taubira ?
Avant la loi Taubira sur le mariage pour tous, il y a eu la loi Taubira de 2001 sur la traite et l'esclavage, reconnus comme crimes contre l’humanité. Elle incarne donc un idéal de gauche décomplexée, au moment où la gauche complexée qui est au pouvoir s’incline devant la droitisation de Manuel Valls, censé répondre aux inquiétudes sécuritaires et identitaires en jouant le "riverain" contre le "bobo". Minute ne s'y était pas trompé, fin août, avec une couverture prenant parti contre elle : "Vas-y Manuel, mords-y l'œil !"

L'homophobie qui s'est libérée durant le débat sur le mariage pour tous a-t-elle préparé le terrain au racisme ?
Effectivement, on assiste aujourd'hui à une convergence de toutes les "phobies" (homophobie et xénophobie, racisme et sexisme…). Ce n’est pas un hasard si Christiane Taubira en est la victime : pendant le débat sur le mariage pour tous, elle n’a pas hésité à faire le rapprochement avec son autre combat – contre l’esclavage. Pour les racistes et homophobes, elle est l’ennemie principale !

Avec cette parole libérée, les racistes et les homophobes ont-ils gagné?
Les droits des homosexuels avancent ; les homophobes ont donc perdu la bataille, d’où leur exaspération. En revanche, les racistes se portent bien : leur discours est légitimé au plus haut niveau. Reste, pour ne pas sombrer dans le désespoir, que le fait majeur, c’est qu’une femme noire est ministre ; seule l’extrême droite ose le déplorer. Certes, il y a les attaques racistes, mais elles font scandale. Bref, comme le reconnaît la Une de Minute, c’est Christiane Taubira qui a gagné : elle restera dans l’Histoire. Quant à ses détracteurs racistes, ils sont voués aux poubelles de l’Histoire…

Achille

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Re: Racisme, une passion d'en haut

Message  verié2 le Jeu 14 Nov - 12:27

La droite chassait sur les terres de l'extrême droite en parlant d’identité nationale et d’immigration, des musulmans et des Roms. (...)A son tour, la gauche a chassé sur les terres de la droite, cédant le terrain idéologique. Pour la "gauche populaire", il faudrait ainsi choisir entre la défense des minorités sexuelles ou raciales et celle des classes populaires. Autant dire que les Noirs, les homosexuels et les musulmans (voire les femmes) ne font pas partie du peuple !
Tout à fait juste. C'est pourquoi il faut combattre pour que l'islamophobie soit dénoncée avec la même vigueur que les autres formes de racisme. Et, sur ce plan, on ne peut que constater que les Unes abjectes et à répétition de Valeurs actuelles et du Point
contre l'islam n'ont pas suscité une même levée de boucliers.
Achille
En quoi est-ce une insulte? Tout le monde peut constater que tes attaques contre LO sont récurrentes voire systématiques
Ce sont les termes employés par Mykha qui sont insultants : "hargne", "faisandé" etc. Ces termes ne devraient pas faire partie d'un débat entre camarades. Je n'en jamais employé de comparables, ni à l'encontre de LO, ni à l'encontre de Mykha.

C'est une façon classique de déconsidérer toute critique. J'insiste sur la nécessité de combattre un des phénomènes les plus dangereux de la période que nous vivons : la montée de l'islamophobie et, par voie de conséquence, l'aveuglement de ceux qui, à l'extrême-gauche, comme une partie des militants de LO, ont été jusqu'à soutenir des campagnes infectes comme celle de Gérin et refusent d'apporter leur solidarité à des mères de famille parce qu'elles portent un foulard. Et alors ? Aurais-tu démoli de la même façon, par simple esprit de contradiction et volonté de nuire à tes contradicteurs politiques, ceux qui, dans les années trente, répétaient qu'il fallait lutter contre l'antisémitisme ? Ce serait une honte d'insister, même lourdement, sur des sujets aussi graves ?


Dernière édition par verié2 le Jeu 14 Nov - 12:28, édité 1 fois

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