Ensemble

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Message  verié2 le Mer 23 Déc - 12:00

Les militants de Ensemble défendent Myriam Martin en affirmant qu'elle ne fait pas partie de la majorité qui gère la région Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées, mais qu'elle a seulement accepté de présider une commission - ce qui ne ferait pas partie de "l'exécutif".
Dans son texte, elle dit qu'elle n'a pas signé d'accord de majorité et qu'elle se prononcera contre toute mesure qu'elle désapprouve.

C'est un peu la même argumentation que celle de LO aux municipales de 2008, quand des militants élus sur des listes d'Union de la gauche avaient eux aussi accepté des postes du genre de celui d'adjoint à la jeunesse ou de responsable de la commission X...

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Message  Prado le Jeu 24 Déc - 1:18

verié2 a écrit:Les militants de Ensemble défendent Myriam Martin en affirmant qu'elle ne fait pas partie de la majorité qui gère la région Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées, mais qu'elle a seulement accepté de présider une commission - ce qui ne ferait pas partie de "l'exécutif".
Dans son texte, elle dit qu'elle n'a pas signé d'accord de majorité et qu'elle se prononcera contre toute mesure qu'elle désapprouve.

C'est un peu la même argumentation que celle de LO aux municipales de 2008, quand des militants élus sur des listes d'Union de la gauche avaient eux aussi accepté des postes du genre de celui d'adjoint à la jeunesse ou de responsable de la commission X...
Il y a actuellement tout un débat dans Ensemble, portant sur la situation politique, sur le bilan des élections régionales, notamment là où les militants d'Ensemble se sont divisés au 1er tour, sur l'avenir du Front de Gauche, l'apparition autonome d'Ensemble, son fonctionnement, que beaucoup jugent peu démocratique etc...

Une grande partie des militants d'Ensemble étaient opposés à la fusion du second tour. En région parisienne, le vote qui s'est déroulé en "assemblée générale" était vicié du fait que la voix des délégués mandatés par leur comité pesait du même poids que celle des militants ne représentant qu'eux-mêmes

Il est probable qu'une partie des militants n'est pas d'accord avec ce qui se passe à Toulouse. Mais, de toute manière, il faut noter que le conseil régional possède un vice-président à l'éducation, à la jeunesse et au sport, et que ce n'est pas Myriam Martin, contrairement à ce que le message de Duzgun peut laisser penser.
Voici la déclaration de Myriam Martin :
Myriam Martin a écrit:Un « accord de majorité » a été présenté et signé ce lundi 21 décembre à Toulouse pour la nouvelle mandature régionale, lors d'une conférence de presse entre Carole Delga et Gérard Onesta.

Le mouvement Ensemble ! (membre du FDG) que je représente, n'a pas souhaité faire partie de la majorité régionale en participant à l'exécutif.

Nous apprécions positivement qu'un certain nombre de points que notre liste « Nouveau Monde en commun » a défendu dans la campagne avant le premier tour, se retrouve dans le texte d'accord.

Cependant nous regrettons par exemple, que la critique des politiques d'austérité qui impactent, entre autres, les collectivités territoriales, ne soit pas formulée dans ce texte.

Il n'en demeure pas moins qu'avec les autres élu-e-s du Front de Gauche et dans le cadre du groupe d'élu-e-s « Nouveau Monde en commun », j'agirai et serai porteuse des orientations que nous avons défendues au premier tour et qui ont reçu le soutien de 210 602 électrices et électeurs.

Comme cela est acté dans le 9ème point de l'accord, avec les autres élu-e-s issu-e-s de la liste « Nouveau Monde en commun », nous conservons toute liberté d'action, de proposition et de vote.

Je voterai en faveur de toutes les mesures qui me paraîtront aller dans le sens du bien commun, de la protection des populations et de l'environnement et je voterai contre les mesures qui iraient en sens inverse.

Professeure dans un lycée professionnel et syndicaliste, je prendrai un temps partiel car je tiens à la fois à assumer avec sérieux mes tâches d'élue mais en même temps à conserver un ancrage professionnel. J'ai décidé d'accepter la Présidence de la commission « Education  Jeunesse » et cela ne m'engage qu'à une seule chose : faire avancer le Service Public auquel je suis très attachée, en lien avec les personnels, les lycéen-ne-s, les parents d'élèves et leurs organisations représentatives.

Myriam Martin, conseillère régionale « Nouveau Monde en commun », membre d'Ensemble ! (Front de Gauche). Le 22 décembre 2015.


Dernière édition par Prado le Jeu 24 Déc - 12:56, édité 2 fois

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Message  Duzgun le Jeu 24 Déc - 3:51

Ce serait à en rire si ce n'était à pleurer...

Bref, la place de Myriam Martin est bien dans le cadre d'une répartition "dans un souci de complémentarité thématique et politique dans le respect des équilibres de la majorité" (texte de l'accord, dit "accord de majorité").
Donc même en tortillant les choses comme on veut, il s'agit bien d'une participation à l'exécutif régional, dans le cadre d'une co-gestion au sein d'une majorité commune aux listes PS-PRG et FDG-EELV-NGS, qui avaient fusionné au second tour dans le cadre d'un accord politique.

On peut noter qu'à la différence d'Ensemble, les élus PG ont refusé de prendre des postes dans l'exécutif (à moins qu'on ne leur ait pas proposé, ce qui est tout à fait possible également, mais en tout cas ils ont écrit pour le revendiquer).
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Message  Prado le Jeu 24 Déc - 13:59

Duzgun a écrit:
Donc même en tortillant les choses comme on veut, il s'agit bien d'une participation à l'exécutif régional

Pour moi, cela n'a rien d'évident, et il n'est pas évident non plus que présider une commission soit plus compromettant qu'être élu sur la même liste que le président de région.
Ce qu'on appelle l'exécutif, c'est le président et les vice-présidents, si je ne me trompe. Les vice-présidents ont une compétence déléguée par le Président, qu'ils représentent chacun dans leur domaine, et travaillent en relation directe avec les commissions consultatives. Mais ces commissions et leurs président(e)s ne dépendent pas de l'exécutif.
Sur le site de la commission régionale sortante Midi-Pyrénées, voici comment est défini le rôle de ces commissions (où les différents partis sont représentés) :
"Les Conseillères et Conseillers régionaux participent en amont des décisions à des commissions sectorielles, qui balayent le champ des compétences de l’institution. Chaque commission a sa/son Président-e et son bureau ; leur rôle est d’examiner les projets présentés par les maîtres d’ouvrages, instruits par les services administratifs. Les commissions émettent un avis pour éclairer la décision finale prise par la Commission permanente ou l’Assemblée plénière".
Cela se rapproche du rôle des commissions de l'Assemblée nationale, dont certaines sont présidées par quelqu'un de l'opposition.

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Message  verié2 le Jeu 24 Déc - 17:08

Pradp
il n'est pas évident non plus que présider une commission soit plus compromettant qu'être élu sur la même liste que le président de région.
Mais, en l'occurrence, Myriam Martin a fait les deux : elle s'est présentée sur la même liste que la Présidente PS ("fusion technique") et elle a accepté (ou négocié) un poste de président de commission. De plus, il s'agit d'une commission permanente, puisqu'elle a annoncé qu'elle se mettait à mi temps sur le plan professionnel pour s'y consacrer. Ce n'est pas une de ces missions ponctuelles confiées à l'opposition.

Alors, certes on peut ergoter, sur le sen des termes "majorité", "exécutif", "accord" etc, mais aux yeux de l'immense majorité des gens, Myriam Martin participe à la gestion de la région. Ce n'est sans doute pas la trahison du siècle. Puisqu'elle a affirmé qu'elle soutiendrait tout ce qui lui semble positif et s'opposerait à ce qui lui parait négatif, on verra si elle se tient à cet engagement. Si c'est le cas, elle ne devrait pas tarder à démissionner de son poste, car on ne peut douter une seconde que le PS ménera au niveau de la région la même politique anti-sociale qu'il mène au niveau national. Pour commencer, on attend que le PS local et la présidente de région condamnent l'infecte mesure de déchéance de la nationalité...

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Message  Prado le Sam 26 Déc - 12:50

verié2 a écrit:
Pradp
il n'est pas évident non plus que présider une commission soit plus compromettant qu'être élu sur la même liste que le président de région.
Mais, en l'occurrence, Myriam Martin a fait les deux : elle s'est présentée sur la même liste que la Présidente PS ("fusion technique") et elle a accepté (ou négocié) un poste de président de commission.
Bien sûr, elle ne peut pas être présidente de commission sans être élue. Ce que je conteste c'est le commentaire de Duzgun (et d'autres affirmations lues ailleurs) : "Enfin la consécration? Ou plutôt le résultat d'une dérive vitesse grand V...". Devenir président(e) de commission découle simplement d'une fusion "technique" avec répartition proportionnelle. C'est un choix, erroné ou pas, de tactique politique, pas un nouveau pas franchi dans une dérive.
verié2 a écrit:
De plus, il s'agit d'une commission permanente, puisqu'elle a annoncé qu'elle se mettait à mi temps sur le plan professionnel pour s'y consacrer. Ce n'est pas une de ces missions ponctuelles confiées à l'opposition.
Il semble que cela se passe différemment dans les conseils régionaux, mais à l'assemblée nationale la commission (permanente) des finances est présidée par un député de droite.
verié2 a écrit:
Alors, certes on peut ergoter, sur le sen des termes "majorité", "exécutif", "accord" etc, mais aux yeux de l'immense majorité des gens, Myriam Martin participe à la gestion de la région. Ce n'est sans doute pas la trahison du siècle. Puisqu'elle a affirmé qu'elle soutiendrait tout ce qui lui semble positif et s'opposerait à ce qui lui parait négatif, on verra si elle se tient à cet engagement. Si c'est le cas, elle ne devrait pas tarder à démissionner de son poste, car on ne peut douter une seconde que le PS ménera au niveau de la région la même politique anti-sociale qu'il mène au niveau national. Pour commencer, on attend que le PS local et la présidente de région condamnent l'infecte mesure de déchéance de la nationalité...
Une commission sectorielle n'est pas chargée d'exécuter les décisions du conseil régional mais d'effectuer des travaux et de préparer des rapports visant à éclairer ses prises de décision. Les dossiers qu'elle étudie sont fixés par l'exécutif, mais pas le contenu des rapports.
Pour moi, la question qui se pose est la suivante : Myriam Martin aura-t-elle la possibilité de ne pas être satellisée par l'exécutif en tant que présidente de la commission "Education, jeunesse" ? Pourra-t-elle au contraire utiliser ce poste pour mettre en application ce qu'elle a écrit dans sa déclaration ("faire avancer le Service Public (...) en lien avec les personnels, les lycéen-ne-s, les parents d'élèves et leurs organisations représentatives") et ce qu'elle a écrit sur sa page Facebook : "on doit être des élu-es hors norme, c'est à dire des élu-es en phase avec le mouvement social, avec les résistances. Pour ma part je serai une élue des luttes". Elle y a également écrit : "Il y a deux orientations à gauche, et je n'ai rien oublié de celle de la "gauche" gouvernementale. Je n'ai rien négocié et je ne négocierai rien avec le PS."

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Message  verié2 le Sam 26 Déc - 17:30

Prado
Pourra-t-elle au contraire utiliser ce poste pour mettre en application ce qu'elle a écrit dans sa déclaration ("faire avancer le Service Public
Si c'était possible, il me semble qu'on le saurait depuis longtemps. On peut supposer que c'est possible dans certaine limites, à condition d'utiliser son poste pour favoriser une mobilisation et de s'appuyer sur cette mobilisation. Dans la période actuelle et récente, il n'y a pas d'exemple. Les conseillers municipaux LO se sont contentés de dénoncer certaines décisions négatives des municipalités et d'apporter leur soutien, généralement sous forme de communiqué ou de visite, à des catégories de travailleurs et d'habitants en lutte, mais n'ont pas, à ma connaissance, impulsé quoi que ce soit, ni fait avancer quoi que ce soit. Ce serait d'ailleurs intéressant que LO fasse un bilan public de cette expérience...

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Message  Prado le Sam 26 Déc - 20:37

Duzgun a écrit:
On peut noter qu'à la différence d'Ensemble, les élus PG ont refusé de prendre des postes dans l'exécutif (à moins qu'on ne leur ait pas proposé, ce qui est tout à fait possible également, mais en tout cas ils ont écrit pour le revendiquer).
Tu te trompes.
Ensemble ! et le PG ont exactement la même attitude dans cette région :
1) ils ont déclaré tous deux qu'ils ne participeraient pas à l'exécutif.
2) une de leurs militantes présidera une commission sectorielle :
        -Myriam Martin (Ensemble !) la commission "Education jeunesse" ;
        - Muriel Ressiguier (PG) la commission "Economie de proximité".

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Message  Roseau le Dim 27 Déc - 13:45

Le désastre de cette politicaillerie, c'est que les travailleurs se souviendront de tous ces élus comme PS ou "élus avec le PS", dont le programme économique est sur bien des points pas plus à gauche que celui du FN...Et au FdG, on croit s'opposer au FN!
Le parcours de Martin est au moins symbolique des errements du NPA à sa création: sa porte parole termine élue par la grâce du PS.

Maintenant, parmi les politiciens aux dents longues et en mal de gamelle, il faut donner la première médaille à la porte-parole d'Ensemble, Autain, élue vice-présidente d'Agglo, pas par la grâce du PS, mais de l'UMP... Mais est-ce "beaucoup pire", diront de plus en plus de travailleurs ?
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Message  Prado le Dim 27 Déc - 19:44

Roseau a écrit:les travailleurs se souviendront de tous ces élus comme PS ou "élus avec le PS"
Les travailleurs qui regardent France 3 auront peut-être un autre souvenir puisque, si l'on en croit Le Figaro  :
Les trois élus PG vont donc garder leur " totale liberté de vote et d’action" .
Ils ne sont pas les seuls à affirmer cette position parmi ceux qui ont été élus sur la liste conduite par Carole Delga au second tour. Ainsi la seule représentante du mouvement « Ensemble! » (Front de Gauche), Myriam Martin avait-elle affirmé dès le soir du second tour sur le plateau de France 3 qu’elle continuerait à lutter contre la politique du gouvernement et du PS !

Roseau a écrit:Le parcours de Martin est au moins symbolique des errements du NPA à sa création: sa porte parole termine élue par la grâce du PS.
Par la grâce du PS ou par la grâce des rapports de forces ?
A l'issue du 1er tour des régionales, le PS (24% des voix) risquait de perdre la région Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées au profit du FN (32%) s'il ne concluait pas une alliance avec la liste Nouveau Monde (EELV,FdG etc., 10% des voix). S'il n'y avait pas été contraint, tu crois qu'il aurait conclu un accord qui prévoit qu'après l'élection de l'exécutif, les élus de la liste fusionnée seront libres de leurs votes, y compris sur le budget ?

PS : Myriam Martin n'était pas porte parole du NPA à sa création (janvier 2009). Elle l'est devenue 2 ans plus tard et ne l'est restée qu'une année. A sa création, le débat qui a clivé le NPA portait sur les conditions d'une alliance avec le FdG aux élections européennes. Myriam Martin et la majorité des dirigeants du NPA ayant ensuite formé la GA avec elle ne se distinguaient pas par un grand esprit d'ouverture envers le FdG. C'est le moins qu'on puisse dire.

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Message  Toussaint le Lun 28 Déc - 4:39

Myriam Martin et la majorité des dirigeants du NPA ayant ensuite formé la GA avec elle ne se distinguaient pas par un grand esprit d'ouverture envers le FdG.

Ah? J'avais un souvenir différent, mais évidemment vu de loin. Mais je te crois sur parole, simplement cela remet en question ma vision de l'époque. Tu peux préciser?
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Message  Prado le Lun 28 Déc - 12:43

Toussaint a écrit:
Myriam Martin et la majorité des dirigeants du NPA ayant ensuite formé la GA avec elle ne se distinguaient pas par un grand esprit d'ouverture envers le FdG.

Ah? J'avais un souvenir différent, mais évidemment vu de loin. Mais je te crois sur parole, simplement cela remet en question ma vision de l'époque. Tu peux préciser?

Je pense plus particulièrement à ton ami PF Grond, à Frédéric Borras, Ingrid Hayes, Myriam Martin, Guillaume Liégard.
Lors du congrès de fondation du NPA (2009), ils ont soutenu la fin de la motion majoritaire pour les élections européennes  qui visait "un accord durable de toutes les forces qui se réclament de l'anticapitalisme" et était rédigée de manière à rendre quasi impossible un accord avec le PCF : pas d'accord s'il n'y a pas accord sur le nucléaire, pas d'accord pour les européennes s'il n'y a pas par avance un accord sur les élections régionales de l'année suivante "dans l'indépendance  vis-à-vis du PS" (donc le FdG devait s'engager à ne pas participer aux prochains exécutifs régionaux).
En revanche, je suis à peu près sûr que d'autres dirigeants du NPA qui participeront eux aussi à la GA en 2011 (et dans le cas d'Aguirre, mort entre temps, au courant précédant la GA) avaient voté en 2009 une autre version de la motion pour les européennes, qui ne contenait pas ces préalables et parlait de faire "émerger une alternative portée par les forces anticapitalistes et antilibérales face au PS".

Fin 2009, lors de la consultation sur les élections régionales, les premiers votaient encore avec Yvan Lemaître, Christine Poupin, Olivier Besancenot (36% des voix) et proposaient la recherche d'accords régionaux avec certaines composantes du FdG, tandis que les seconds votaient avec le courant Convergences et Alternative pour demander la poursuite des négociations au niveau national (31,5%). Une troisième position (28,5%) demandait d'arrêter de rechercher des accords avec le PCF et le PG même au niveau régional.

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Message  Roseau le Jeu 31 Déc - 0:07

Tout cela les travailleurs s'en moquent, et ils ont raison. Ce qu'il retiendront beaucoup plus, c'est la dérive, depuis le NPA jusqu'à se faire élire sur liste avec les pire bourgeois, que ce soit PS ou compris représentante du MEDEF, après avoir dénoncé la candidature d'un ouvrier, Poutou, et fait campagne pour un politicien bourgeois, Mélenchon, sur un programme totalement bourgeois, "L'humain d'abord". La coupe est pleine. Affaire scellée.
Mais c'est vrai, il y a toujours pire dans la direction d'Ensemble: la porte-parole, Autain et le seul élu, Asensi, se sont fait élire vice-président d'Agglo en alliance non pas avec le PS, mais contre le PS, en alliance avec l'UMP !
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Message  Prado le Jeu 31 Déc - 1:25

Roseau a écrit:Tout cela les travailleurs s'en moquent, et ils ont raison. Ce qu'il retiendront beaucoup plus, c'est la dérive, depuis le NPA jusqu'à se faire élire sur liste avec les pire bourgeois, que ce soit PS ou compris représentante du MEDEF, après avoir dénoncé la candidature d'un ouvrier, Poutou, et fait campagne pour un politicien bourgeois, Mélenchon, sur un programme totalement bourgeois, "L'humain d'abord".
Le fait qu'Ensemble ! ait participé à la dite fusion technique ne peut qu'embrouiller les esprits encore plus qu'ils ne le sont déjà. Mais que retiendront "les travailleurs" ? Je crois qu'il ne faut pas trop extrapoler sur ce que retiendra cette catégorie sociale peut-être plus hétérogène que jamais qu'on appelle "les travailleurs".
Ces mêmes "travailleurs" de quoi se moquent-ils aujourd'hui et ont-ils raison ? Ce que tendent à montrer les résultats des élections régionales dans la région concernée, c'est que l'énorme majorité des travailleurs ayant voté :
- ou bien auraient reproché au Front de Gauche, s'il avait agi autrement, de ne pas s'allier au PS au second tour pour faire barrage à la liste du Front national, arrivée largement en tête ;
- ou bien reprochent au Front de Gauche cette alliance parce qu'elle a empêché la victoire du Front national.

Mais les abstentionnistes ? Une enquête après je ne sais plus quelle élection récente avait montré que les  abstentionnistes n'étaient pas plus conscients que ceux qui votaient et auraient voté à peu près comme eux si le vote était obligatoire.

Est-ce que "les travailleurs" font grief à Myriam Martin de ne pas avoir soutenu la candidature d'un ouvrier, comme tu sembles le penser ? Peut-être 1% d'entre eux. Je ne me rappelle pas qu'elle ait dénoncé cette candidature, et sans doute "les travailleurs" pas davantage que moi. Combien sont-ils à penser que le programme "L'humain d'abord" est "totalement bourgeois" ? La proportion doit être infinitésimale. On peut le regretter, mais telle est la situation.

Une précision qui n'est pas sans importance si on veut faire une analyse sérieuse de la situation politique : non, il n'y avait pas de "représentante" du MEDEF sur la liste du PS, et non, Daniela Cobet n'a pas eu raison d'écrire sur le site web de sa fraction un article intitulé "Quand des « anticapitalistes » font liste commune avec le Medef". En effet, Marie-Thérèse Mercier, présidente du MEDEF  local (Montpellier-Sète-Centre-Hérault) s'est présentée à titre personnel et, comme on peut l'imaginer, cette décision n'a pas été du goût du patronat. Elle va d'ailleurs quitter ses fonctions au sein du MEDEF au mois de janvier.

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Message  Duzgun le Jeu 31 Déc - 1:28

Prado a écrit:
Duzgun a écrit:
On peut noter qu'à la différence d'Ensemble, les élus PG ont refusé de prendre des postes dans l'exécutif (à moins qu'on ne leur ait pas proposé, ce qui est tout à fait possible également, mais en tout cas ils ont écrit pour le revendiquer).
Tu te trompes.
Ensemble ! et le PG ont exactement la même attitude dans cette région :
1) ils ont déclaré tous deux qu'ils ne participeraient pas à l'exécutif.
2) une de leurs militantes présidera une commission sectorielle :
        -Myriam Martin (Ensemble !) la commission "Education jeunesse" ;
        - Muriel Ressiguier (PG) la commission "Economie de proximité".
Bien vu, merci pour l'info!

Pour le reste, on peut jouer sur les mots mais les présidences de commission ne sont pas données aux élus d'opposition. C'est a minima le signe de l'appartenance à la majorité PS.
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Message  Duzgun le Jeu 31 Déc - 1:39

Prado a écrit:
Toussaint a écrit:
Myriam Martin et la majorité des dirigeants du NPA ayant ensuite formé la GA avec elle ne se distinguaient pas par un grand esprit d'ouverture envers le FdG.

Ah? J'avais un souvenir différent, mais évidemment vu de loin. Mais je te crois sur parole, simplement cela remet en question ma vision de l'époque. Tu peux préciser?

Je pense plus particulièrement à ton ami PF Grond, à Frédéric Borras, Ingrid Hayes, Myriam Martin, Guillaume Liégard.
Lors du congrès de fondation du NPA (2009), ils ont soutenu la fin de la motion majoritaire pour les élections européennes  qui visait "un accord durable de toutes les forces qui se réclament de l'anticapitalisme" et était rédigée de manière à rendre quasi impossible un accord avec le PCF : pas d'accord s'il n'y a pas accord sur le nucléaire, pas d'accord pour les européennes s'il n'y a pas par avance un accord sur les élections régionales de l'année suivante "dans l'indépendance  vis-à-vis du PS" (donc le FdG devait s'engager à ne pas participer aux prochains exécutifs régionaux).
En revanche, je suis à peu près sûr que d'autres dirigeants du NPA qui participeront eux aussi à la GA en 2011 (et dans le cas d'Aguirre, mort entre temps, au courant précédant la GA) avaient voté en 2009 une autre version de la motion pour les européennes, qui ne contenait pas ces préalables et parlait de faire "émerger une alternative portée par les forces anticapitalistes et antilibérales face au PS".

Fin 2009, lors de la consultation sur les élections régionales, les premiers votaient encore avec Yvan Lemaître, Christine Poupin, Olivier Besancenot (36% des voix) et proposaient la recherche d'accords régionaux avec certaines composantes du FdG, tandis que les seconds votaient avec le courant Convergences et Alternative pour demander la poursuite des négociations au niveau national (31,5%). Une troisième position (28,5%) demandait d'arrêter de rechercher des accords avec le PCF et le PG même au niveau régional.
En fait, la grande majorité des dirigeants de la GA se trouvaient sur cette position à l'époque, qui consistait à entretenir une ambiguïté permanente sur le rapport au FDG (et que tu présentes de manière fort caricaturale quand même... Wink ). C'est vrai que leur basculement a été très rapide, mais c'est ce qui arrive quand on mise tout sur des raccourcis électoraux et qu'on veut des élus à tout prix...
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Re: Ensemble

Message  Duzgun le Jeu 31 Déc - 1:42

Prado a écrit:Le fait qu'Ensemble ! ait participé à la dite fusion technique ne peut qu'embrouiller les esprits encore plus qu'ils ne le sont déjà.
Petite correction : ce n'était en rien une fusion dite "technique" mais bien une fusion politique avec partage des postes à la clé!
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Re: Ensemble

Message  Prado le Jeu 31 Déc - 10:14

Duzgun a écrit:
Prado a écrit:Le fait qu'Ensemble ! ait participé à la dite fusion technique ne peut qu'embrouiller les esprits encore plus qu'ils ne le sont déjà.
Petite correction : ce n'était en rien une fusion dite "technique" mais bien une fusion politique avec partage des postes à la clé!
Je suis d'accord. Il va être intéressant (quoique anecdotique) de voir ce que Myriam va faire la semaine prochaine lors de l'élection de la présidente de région. En principe, vu ce qui est écrit dans l'accord entre la liste Nouveau Monde et celle du PS, elle doit soutenir la candidate PS. Mais je crois me souvenir qu'en 2010 Christian Picquet s'était absenté de la salle au moment du vote.

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Message  Roseau le Ven 1 Jan - 13:10

[quote="Prado"]
Roseau a écrit:Tout cela les travailleurs s'en moquent, et ils ont raison. Ce qu'il retiendront beaucoup plus, c'est la dérive, depuis le NPA jusqu'à se faire élire sur liste avec les pire bourgeois, que ce soit PS ou compris représentante du MEDEF, après avoir dénoncé la candidature d'un ouvrier, Poutou, et fait campagne pour un politicien bourgeois, Mélenchon, sur un programme totalement bourgeois, "L'humain d'abord".
Je maintiens "ce qu'ils retiendront" à ceci près qu'il ne s'agit pas particulièrement de Martin, et que le jugement prendra encore quelques années pour atteindre la barbarie, avec ou sans Le Pen. Je jugement sera facile. Mais en attendant, il faut rappeler (car les dégénérescences de militants "révolutionnaires" sont nombreuses et s'expliquent bien, à différentes époques, dont la notre) que sa dérive l'a conduit à s'associer avec eux, d'abord sur un programme programme bourgeois, et en faisant campagne contre un ouvrier et pour un bourgeois, puis sur liste avec les ripous PS et logiquement la représentante locale du MEDEF. C'est le parcours PARFAIT...
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Message  verié2 le Lun 4 Jan - 20:54

Myriam Martin a donc voté l'investiture de la présidente "socialiste" Carole Delga qui, outre le fait qu'elle cumule les mandats, soutient l'état d'urgence et la politique anti-sociale de Hollande/Valls/Macron.
(Les élus PG se sont abstenus.)

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Message  Prado le Mar 5 Jan - 22:27

verié2 a écrit:Myriam Martin a donc voté l'investiture de la présidente "socialiste" Carole Delga qui, outre le fait qu'elle cumule les mandats, soutient  l'état d'urgence et la politique anti-sociale de Hollande/Valls/Macron.
(Les élus PG se sont abstenus.)
Oui, et un quatrième conseiller régional élu sur la même liste s'est également abstenu : l'économiste et ancien député européen, Liem Hoang-Ngoc, qui a quitté le PS au mois de juin et créé la Nouvelle gauche socialiste.
www.ladepeche.fr a écrit:Quatre voix ont manqué à Carole Delga pour faire le plein des suffrages de la coalition de gauche PS-PRG-EELV-FG, forte de 93 élus. Celles de Muriel Ressiguier, Jean-Christophe Sellin, Guilhem Serieys, membres du Parti de Gauche, et de Liem Hoang-Ngoc, de la Nouvelle gauche socialiste. «Ce n'est pas un vote de défiance, mais un vote fidèle à nos engagements. Nous regrettons que Carole Delga et Sylvia Pinel n'aient pas démissionné de leurs fonctions de parlementaires. Nous nous inquiétons aussi d'un exécutif régional qui ne serait pas clairement indépendant des politiques gouvernementales. Le projet de réforme constitutionnelle permettant la déchéance de nationalité de personnes nées en France est ainsi pour nos consciences républicaines une ligne rouge» a déclaré Guilhem Serieys en guise d'explication de vote.

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Re: Ensemble

Message  verié2 le Mer 6 Jan - 18:40

On n'est jamais mieux servi que par soi-même...
Elue avec les voix du PCF, d'EELV et d'Ensemble (Myriam Martin), Carole Delga fait voter l'augmentation des indemnités des élus du Conseil régional de 2 280 à 2 661 euros par mois. Rappelons que le gouvernement a choisi d'augmenter les Smicards de 6 centimes par mois...

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Ensemble en phase terminale

Message  Roseau le Lun 15 Fév - 23:08

Dans article sur ce Bel Ensemble...
http://www.revolutionpermanente.fr/Fusion-technique-Carole-Delga-PS-elue-presidente-de-la-region-Avec-les-voix-du-PCF-et-d-Ensemble

la conclusion revient à Kouvelakis dans un texte posté sur son profil Facebook:

« Pour les (faibles) forces restantes qui se conçoivent comme antagonistes au capitalisme (et dans la mesure où elles se conçoivent de la sorte et non comme des forces de "refondation des valeurs de la gauche" comme je le lis si souvent ces derniers temps), le ralliement derrière les forces les plus gestionnaires et les plus systémiques au nom du "barrage anti-FN" relève d’un suicide pur et simple. Ou plutôt de la phase terminale de leur subalternisation/digestion par un social-libéralisme ayant viré à un néolibéralisme de plus en plus musclé et autoritaire. »


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Re: Ensemble

Message  gérard menvussa le Ven 26 Fév - 18:02

Sur le site d'Ensemble, un article de Philipe Marlière pas vraiment favorable à la "candidature Méluchon"

Mélenchon candidat à la présidentielle : il tourne le dos à l'histoire de la gauche

Le 11 février, Jean-Luc Mélenchon "a proposé sa candidature" à l’élection présidentielle de 2017 sur TF1. Cette décision unilatérale semble porter le coup de grâce à un Front de gauche déjà mal en point.

Il inscrit son action dans la pratique de la Ve République

Cette annonce n’est pas anodine, tant sur la forme que sur le fond. Elle revêt même un caractère exceptionnel, car les propos et la démarche de l’ex-président du Parti de gauche tournent le dos à l’histoire et la philosophie de la gauche de transformation sociale.

Jean-Luc Mélenchon positionne sa candidature dans la continuité de celle de 2012. Sa "légitimité", il estime la puiser là : il est celui qui a déjà représenté la gauche radicale – "J’ai déjà été candidat en 2012" – comme si ce précédent lui garantissait ipso facto le statut de candidat "légitime" ou "naturel" en 2017.

En 2012, Mélenchon fut choisi comme représentant du Front de gauche après que ses composantes se soient mises d’accord sur un programme – "L’Humain d’abord" – que le candidat s’était engagé à défendre. Il est donc paradoxal d’entendre Mélenchon affirmer qu’il part aujourd’hui en guerre contre la "monarchie présidentielle où un homme décide de la guerre ou de la paix seul".

Car en déclarant unilatéralement sa candidature, sans en avoir averti ses alliés, il inscrit son action dans la pratique de la Ve République, non contre elle. Il conçoit l’engagement politique, non comme un élan collectif et négocié, mais comme le fait du prince et l’expression de désirs ou d’une ambition personnelle.

Républicanisme conservateur et nationaliste

Lors de cette intervention télévisée, Mélenchon a confirmé ce qu’il annonçait dans son ouvrage "L’Ère du peuple" : il a cessé de se référer à la gauche, et ne pense plus que les conflits majeurs opposent des possédants/dominants à des catégories exploitées/dominées, mais le "peuple" à "l’oligarchie" (deux notions-clé jamais clairement définies).

Ce "peuple" n’est pas, dans le discours mélenchonien, une population conscientisée par la lutte des classes, mais une masse indistincte de "gens".

Le député européen précise son propos en puisant directement au cœur de la tradition républicaine jacobine – sa culture politique :

"Ce n’est pas une affaire de gauche ou de droite, c’est une affaire de représentation de l’intérêt général et des intérêts de la France", ou encore : "cela va être mon mot d’ordre central : l’intérêt général humain doit prévaloir."

Dans la tradition jacobine, l’intérêt général est envisagé comme une finalité d’ordre supérieur aux intérêts individuels, car il prétend esquisser un projet plus ambitieux que la somme des intérêts individuels.

L’individu doit donc se soumettre à cet intérêt général, fût-il contraire à ses intérêts propres (c’est au nom de l’intérêt général que les femmes furent longtemps privées du droit de vote, que la pratique des langues régionales fut privatisée voire interdite ou que les populations indigènes furent colonisées par l’Empire français).

En menant le combat au nom des "intérêts de la France" – le tropisme des républicains des deux rives de Valls, Chevènement à Dupont-Aignan – Mélenchon embrasse un courant républicain conservateur et nationaliste.

Un logiciel républicain qui date de la IIIe République

Cet holisme, indifférent à l’égalité concrète de tous, le détourne d’une réflexion de fond sur les dominations contemporaines qui touchent des individus réels. Il l’éloigne notamment du combat contre les discriminations liées au genre ou à l’ethnie. Pour Mélenchon, ces questions essentielles constituent un angle mort puisque seule compte la voix majoritaire de l’intérêt général.

Jusqu’à présent, l’intérêt général jacobin a abstraitement imposé le principe d’une citoyenneté a-genrée et a-ethnique, ce qui fait que la France est aujourd’hui à la traîne en ce qui concerne l’égalité des sexes et la lutte contre les discriminations raciales. Ces lacunes sont problématiques dans une société française de plus en plus diversifiée sur les plans culturel, social et politique.

Jean-Luc Mélenchon continue de raisonner à partir d’un logiciel républicain positiviste datant de laIIIe République : énoncer des normes et des principes abstraits, engager la majorité des électeurs derrière ces valeurs, et gouverner ensuite de manière verticale, en vertu du principe d’une souveraineté nationale réputée "indivisible".

Ainsi, cet intérêt général est consubstantiel à celui d’intérêt national, qui reflète les intérêts d’une entité abstraite – la nation – qui s’exprime sous la forme d’une loi majoritaire qui s’impose à tous. Mélenchon rejoint ici la nébuleuse souverainiste qui, de Manuel Valls à Marine Le Pen, est devenue la nouvelle doxa des élites politiques françaises.

La stratégie plébiscitaire est indéniable

À la question de savoir qui soutient sa candidature, il répond : "des convictions et, peut-être, le peuple français". La stratégie plébiscitaire est indéniable : c’est le rapport direct, quasi-charnel, entre un homme providentiel et le peuple qui fera ou défera le candidat Mélenchon.

Juan Perón, Charles de Gaulle ou Hugo Chávez ont usé jusqu’à la corde de ce procédé pour établir une relation "privilégiée" avec le peuple ; un rapport de fausse proximité bâti sur les émotions et l’affection plutôt que sur un élan collectif réflexif. Personne ne doute des "convictions" de Mélenchon, mais comment pourra-t-on démontrer que le "peuple" se range derrière lui ?

L’ex-sénateur socialiste pense disposer d’un moyen de reconnaissance :

"Il faut que des milliers de Français veuillent bien aller appuyer sur le bouton" de son site de campagne.

Une extrême personnalisation du combat

On notera, en passant, l’extrême personnalisation du combat entrepris : en 2012, le site de campagne de Mélenchon s’intitulait www.placeaupeuple2012.fr ; aujourd’hui, il s’agit de www.jlm2017.fr.

Jean-Luc Mélenchon remet au goût du jour la "démocratie participative 2.0" qu’inaugura Ségolène Royal en 2007. Mélenchon en fut très critique à l’époque, mais il a bien entendu le droit de changer d’avis. Il avait sur TF1 des accents très ségoléniens quand il expliquait le modus operandi de son entreprise :

“Tout le monde peut se joindre à moi pour travailler sur le programme et agir. Voilà comment on mène une élection, dans un rapport direct aux citoyens, pas dans une carabistouille entre partis politiques" ; "je ne demande la permission à personne, je suis hors cadre des partis, je suis ouvert à tout le monde ; les organisations, les réseaux, mais les citoyens d’abord."

Le site Désir d’avenir grouillait de contributions d’internautes-citoyens, dans la bonne humeur et le plus grand désordre. Lorsque la candidate socialiste décida, au terme d’un processus opaque, de ne retenir que les propositions qui lui convenaient, une bonne partie de ses supporteurs en fut fortement marri.

Une démarche verticale

Le précèdent du Mouvement pour la 6e République, imaginé, lancé et piloté par Jean-Luc Mélenchon en 2014-15, avant qu’il ne s’en détache, n’incite pas à l’optimisme pour la présente campagne. Conçu selon le même procédé de contributions interactives d’internautes, le site s’est vite enlisé dans des micros-discussions qui n’aboutirent à rien de concret. De toute façon, le webmaster a, dans ce type de situations, toujours le dernier mot.

La thématique de la 6e République, pensée et énoncée verticalement, n’a pas rassemblé le peuple et n’a donc créé aucune dynamique politique. L’inverse aurait été surprenant. La candidature de 2017 s’inspire pourtant de la même démarche verticale du Mouvement pour la 6e République en tentant, une fois de plus, de mobiliser à froid un mouvement citoyen inexistant.

Jean-Luc Mélenchon s’est référé à une "sortie des traités européens", tellement abstraite et ambivalente qu’on peut se demander ce que les téléspectateurs ont pu comprendre :

"Nous ne pouvons rien faire dans le cadre des traités, donc il faut en sortir."

Des thèmes de campagne trop abstraits

Il a ensuite énoncé les deux thèmes principaux de sa campagne : la perspective de l’adoption sans référendum du traité transatlantique et le changement climatique. Il a raison : ce sont deux thèmes essentiels dont la gauche sociale doit s’emparer. Mais il est étonnant de la part d’un homme politique aussi expérimenté de vouloir en faire le cœur d’une campagne présidentielle.

Les Français ne seront sensibles à ces questions majeures mais "difficiles", que si un candidat de gauche les y amène au terme d’un parcours pédagogique qui relie ces grandes questions à leur vécu quotidien : l’emploi, les salaires, l’état des services publics, la peur du terrorisme, l’ethnicisation de la question sociale, etc., toutes considérations qui étaient absentes du discours mélenchonien.

C’est exactement ce que fait Bernie Sanders, à qui Jean-Luc Mélenchon a cru possible de se comparer. Le socialiste étatsunien aborde les questions qui soucient directement le salariat de son pays : le coût de la vie, les inégalités économiques et culturelles, le racisme et l’islamophobie.

Ses meetings publics ne sont pas de longs monologues au style lyrique, mais des échanges joyeux et interactifs pendant lesquels Sanders pose des questions et la foule lui répond !

Il s’auto-parodie de plus en plus en bateleur politique

Jean-Luc Mélenchon persiste dans l’utilisation d’un parler "cru et dru", qu’il a même théorisé. C’est une erreur fondamentale sur la forme qu’il refuse de rectifier, et qui lui est grandement préjudiciable sur le plan de l’image.

Les Français ont ri de sa blague sur "le capitaine de pédalo". C’était en 2011. Depuis, ses attaques ad hominem et ses charges souvent violentes ont lassé, voire rebuté une large partie du public.

"Je ne m’occupe que d’une chose, je veux représenter, incarner la France insoumise et fière de l’être, celle qui n’a pas de muselière, ni de laisse.”

Cette métaphore canine est aussi maladroite que déplaisante. Qui sont les Français qui portent une muselière et une laisse ? Sont-ce les 90% d’électeurs qui ne votent pas pour le Front de gauche ?

Mélenchon s’auto-parodie de plus en plus en bateleur politique, à l’instar du Georges Marchais des années 1980. Cette stratégie médiatique avait pourtant contribué à démonétiser politiquement le dirigeant communiste. Il en va de même pour le député européen qui est en train de s’auto-caricaturer en figure souverainiste autoritaire.

Un récit souverainiste et patriotique de plus

La gauche de transformation sociale est dans la tourmente. Elle doit lutter contre les tendances plébiscitaires que l’élection présidentielle porte en germe. Il lui faut aussi proposer un récit qui tranche avec le discours national-chauvin et raciste qui sature la classe politique et les médias.

Mélenchon ne se donne pas les moyens de ces ruptures essentielles. Au contraire, il ajoute sa propre contribution souverainiste et patriotique à un champ politique qui en regorge déjà.

Affirmer : "mon adversaire, c’est la résignation, la soumission" ou encore "moi, je dis qu’on serait tellement mieux à marcher aux avant-postes de l’humanité", ne permettra aucunement à la candidature Mélenchon de se distinguer de celles des partisans du statu quo. Se contenter de parler sur un mode cocardier du caractère exceptionnel de la France n’aidera en rien à régler les problèmes majeurs de la France.

Jean-Luc Mélenchon pourrait pourtant être utile en mettant son expérience et ses idées au service de son camp. Il pourrait, dans la confrontation des idées, l’aider à se doter d’un programme et d’un-e candidat-e qui permettront à la gauche de transformation sociale de sortir de l’impasse dans laquelle elle se trouve.

Philippe Marlière. Publié sur le site du Nouvel Obs' Le Plus.
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Message  cerise75 le Sam 27 Fév - 7:32

bah c'est un article de media part , encore un type qui crache  sa bile sans vraiment d'arguments ( voir Aussi tous les commentaries des lecteurs), a Côte il y a plein d'autres articles en faveur  de la candidatures de jlm
plus de 65000 personnes soutiennt  maintenant sa candidature et des groupes d' appui se mettent en place dans toute la France .

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