CASES REBELLES | Noir-e-s et en colère

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CASES REBELLES | Noir-e-s et en colère

Message  Invité le Ven 29 Nov - 16:14

www.cases-rebelles.org
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NOTRE COLLECTIF

Cases Rebelles est un collectif politique de femmes et d’hommes noir-e-s, africain-e-s et caribéen-ne-s. Il existe depuis Janvier 2010. L’une de nos principales activités est la web-émission radiophonique mensuelle du même nom. Mais nous produisons aussi des écrits et d’autres réalisations. Et nous faisons aussi d’autres choses.
Tout ce qui est produit par Cases Rebelles est en usage libre mais nous préférons être averti-e-s quand des extraits, radios ou écrits, sont diffusés. Nous souhaitons également que les personnes, groupes, usant d’extraits de Cases Rebelles questionnent grandement la pertinence et la sincérité de leur démarche.
C’est une évidence que les cultures noires ont été et sont régulièrement instrumentalisées, pillées, appropriées, détournées.
Nous n’hésiterons pas à nous signaler quand nous aurons des doutes sur les motivations ou sur les cadres dans lesquels des productions du Collectif Cases Rebelles sont citées ou reprises.

Le texte qui suit, NOUS SOMMES, est la genèse de Cases Rebelles. Ce texte est sorti comme un cri en Janvier 2010 ; c’était un appel à l’unité politique des Noir-e-s contre toutes les dominations. L’émission n°1 est ensuite venue comme une évidence…


* * *
NOUS SOMMES

Nous sommes sœurs et frères d’Afrique et des Antilles.

nous, afro-descendant-e-s, nous définissons comme Noir-e-s ;

Noir-e-s et pas un des mots issus de la stigmatisation ou de l’euphémisation.

Depuis l’Europe nous lançons, en tant que noir-e-s, nos désirs de révolte et d’émancipation, contre tous les systèmes de domination.

Nous considérons que les peuples noirs d’Afrique et des diasporas ont tout intérêt à se reconnecter autour de luttes communes et à mettre en relation les nombreux foyers de colères et de résistance qui existent.

***

Nous ne croyons pas en un passé antécolonial idéal originel où auraient existé des sociétés africaines égalitaires et harmonieuses.

Nous refusons la lecture prioritairement ethnique des problèmes en Afrique. Les identités complexes coexistant sur le continent africain ont été niées par les découpages nationaux arbitraires. Les Ethnies – réelles ou fantasmées, les appartenances religieuses, les découpages territoriaux et autres composantes identitaires ont été et sont encore utilisées et instrumentalisées de manière récurrente pour servir les desseins des dominants : colonialistes, militaires, organisations religieuses, autocrates, multinationales.

Il n’existe pas une UNIQUE croyance noire, pure et originelle ni même de religion faite SUR MESURE pour les noir-e-s. Il existe des noir-e-s de toutes les religions et des noir-e-s athé-e-s.

Nous respectons les croyantes et les croyants mais nous méprisons les religions quand elles servent la soumission ; nous les méprisons aussi quand elles opèrent la colonisation des territoires et des imaginaires.

L’Histoire et la conscience des peuples noirs ne commencent pas avec l’abolition de l’esclavage ou les Indépendances. Il est pour nous nécessaire et vital d’explorer et partager les Histoires de l’Afrique et de ses diasporas, de leurs productions sociales, politiques, culturelles, techniques. Nos recherches et apprentissages permanents doivent s’affranchir du conditionnement occidental.

Nous refusons que les divisions issues de la Traite négrière perdurent.

Toute critique venant d’Afrique reprochant leur manque « d’africanité » aux descendant-e-s d’esclaves est une honte. De même que toute critique venant des descendant-e-s d’esclaves vantant leur propre « développement » et moquant l’état actuel de l’Afrique. Nous crachons sur les combats d’authenticité noire et les hiérarchies issues du colorisme colonial.

Nous voulons l’unité des africain-e-s et afro-descendant-e-s progressistes par delà les distances issues de la traite, de la migration, des langues.

La Traite des noir-e-s, leur mise en esclavage et la colonisation ont été des formes brutales et sans déguisement du capitalisme que nous combattons aujourd’hui et dont nous refusons tout aménagement.

Nous enrageons des obstacles opposés au premier peuple noir qui s’est libéré de l’esclavage et a conquis son indépendance : le peuple haïtien.

Les attaques et recours multiples pour entraver cette libération furent  exemplaires, annonçant l’acharnement et les manipulations des puissances coloniales pour garder le contrôle sur les populations asservies et les  territoires exploités.

Nous ne reconnaissons qu’une seule dette : celle des puissances coloniales et néocoloniales à l’Afrique et à ses diasporas. Nous considérons qu’il est juste d’exiger des réparations économiques.

Le FMI, la Banque mondiale et leurs politiques sont des chaînes injustifiées et inacceptables. Nous devons nous battre pour l’indépendance économique et politique des états issus de la décolonisation.

La tutelle coloniale n’a fait que muter en passe-droits occidentaux achetés aux dictateurs africains pour la surexploitation des sols, des sous-sols, des mains d’œuvres ; la pollution et la dévastation de l’environnement ; l’alimentation et l’instrumentalisation des conflits ; l’absence de droits pour les travailleur-euse-s ; la dévalorisation ou l’anéantissement de l’agriculture vivrière ; l’asservissement des populations par le tourisme…

Le soi disant « sous-développement » résulte de l’organisation des échanges économiques mondiaux à l’avantage de l’Occident et au détriment des populations du « reste du monde ». Les rapports inégalitaires, dits Nord-Sud perdurent, et continuent d’organiser l’appauvrissement du Sud. Coopération et aides humanitaires en sont également les outils.

Nous contestons l’objectif occidental hégémonique de « développement ». Il n’y a pas « retard » : il y a asphyxie. Le « développement » n’abolit pas les rapports de domination, intrinsèques à l’économie capitaliste, il les entretient.

Nous pleurons nos sœurs et frères d’Afrique dont la santé est sacrifiée  aux spéculations de l’industrie pharmaceutique et au business humanitaire.

Nous considérons ne devoir que du mépris à nos élites corrompues, qui ont vendu leurs sourires, les luttes de libération et les sous-sols au capitalisme brutal.

Nous sommes solidaires de tous les peuples qui subissent ces mêmes schémas d’exploitation.

***

Nous aimons nos musiques et nos danses, de lutte, de joie, d’amour et nous refusons qu’elles soient  piégées dans le folklore et le spectacle.

Nous méprisons l’iconographie des luttes noires quand elle masque la nécessité de se battre.

Les élites politiques noires ne sont ni nos modèles, ni nos représentant-e-s. Ce qu’elles représentent, ce sont leurs intêrets et ceux des dominant-e-s qu’elles servent.

Nous nous moquons de nos intellectuel-l-e-s présentables et de leur prix littéraires, des athlètes noir-e-s mutiques et performant-e-s sur les stades, de leurs apolitismes traîtres et criminels.

Nous ne voulons pas participer d’un label blanc de « mixité sociale ».

Nous refusons d’être pourvoyeur-euse-s d’exotisme et nous déclarons la guerre au tourisme occidental.

***

Nous prônons une unité antisexiste débarrassée des comportements sexistes et homophobes d’où qu’ils aient été hérités. Notre lutte ne vaudra que si elle est menée par toutes et tous :  femmes et hommes – trans ou cisgenres- et intergenres.

Nous méprisons les frères qui méprisent les sœurs au nom de pseudo valeurs noires : ce sexisme racialisé n’est qu’une excuse lamentable.

Nous méprisons les discours définissant l’homosexualité comme « la maladie apportée par le blanc ».

Nous méprisons les discours lesbo/homo/trans/bi/phobes.

Nous méprisons celles et ceux qui se cachent derrière les questions sexuelles pour assouvir leur négrophobie, qui nous assiègent en permanence de leurs suspicions de sexisme ou d’homophobie.

Nous estimons qu’il est nécessaire de se réapproprier honnêtement les histoires des sexualités noires. Pour ce qui est du genre et des sexualités nous avons conscience d’user de catégorisations occidentales. Nous estimons capital d’intégrer les mots de celles et ceux qui se pensent et s’auto-définissent autrement.

***

Nous ne prônons pas de modèle identitaire univoque. Nous croyons en des identités  mouvantes qui s’entrecroisent et  se réinventent en permanence.

Nous croyons aux alliances avec les peuples et les individus qui sont clairement débarrassés de la négrophobie.

Nous croyons aux alliances avec les victimes de l’exploitation capitaliste de toute la planète, s’ils sont informés des histoires qui ont conditionné et conditionnent les rapports interraciaux.

Nous soutenons et encourageons toute résistance, toute révolte contre l’hégémonie économique culturelle politique blanche et occidentale.

Nous ne prônons pas la guerre raciale mais la guerre sociale.

www.cases-rebelles.org/nous-sommes/

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